Revest-du-Bion


Revest-du-Bion
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44° 05′ 01″ N 5° 32′ 57″ E / 44.0836111111, 5.54916666667

Revest-du-Bion
Le village sur sa butte
Le village sur sa butte
Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Banon
Code commune 04163
Code postal 04150
Maire
Mandat en cours
Raymond Le Moign
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Banon
Démographie
Population 536 hab. (2007)
Densité 12 hab./km²
Gentilé Revestois
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 01″ Nord
       5° 32′ 57″ Est
/ 44.0836111111, 5.54916666667
Altitudes mini. 833 m — maxi. 1 365 m
Superficie 43,45 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Revest-du-Bion est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Revestois.

Sommaire

Géographie

Situé sur le plateau d'Albion, le village est situé à 960 mètres d’altitude[1]. Établi sur une légère butte et anciennement fortifié, il est montagnard par son altitude.

Accès

L'accès à Revest des Brousses se fait par la RD18, par Simiane-la-Rotonde, ou par la RD950, entre Saint-Trinit (Vaucluse) et Redortiers.

Communes limitrophes

Relief

Le plateau d'Albion à une altitude comprise entre 615 et 1 600 mètres. Le Revest, situé sur sa butte, en est le village le plus élevé[2].

Géologie

La commune, comme toutes les autres du plateau d'Albion, est située sur un substrat de couches de calcaires à faciès urgonien (Crétacé). Ce calcaire se présente selon un modelé karstique avec lapiaz, avens et dolines. Il est associe à des couches sédimentaires du bédoulien et de calcarénites du Barrémien (Secondaire), recouvertes par des colluvions et alluvions siliceuses et des argiles de décalcification du Quaternaire[3].

Sismicité

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque nul. Le canton de Banon auquel appartient la commune de Revest-du-Bion est située dans une zone à risque très faible[4].

Hydrographie

La commune est traversée par le Ravin du Brusquet[5], cours d'eau de 18,60 Km sous-affluent de la Durance, via le Calavon.

Climat

Le plateau d'Albion, sur lequel se situe la commune, possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le chaînon le plus occidental. Du climat méditerranéen en partant de la plus basse altitude, elles évoluent, au fur et à mesure, vers un climat tempéré puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[6].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -1,0 -1,0 2,0 4,0 8,0 12,0 14,0 14,0 11,0 7,0 3,0 -1,0 5,5
Température moyenne (°C) 3,5 5,5 7,5 10,0 14,0 18,5 21,0 21,0 17,0 12,5 7,5 2,0 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8,0 10,0 13,0 16,0 20,0 25,0 28,0 28,0 23,0 18,0 12,0 8,0 17,0
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44,0 40,0 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
26.9
 
8.0
-1.0
 
 
24.3
 
10.0
-1.0
 
 
23.8
 
13.0
2.0
 
 
44.0
 
16.0
4.0
 
 
40.0
 
20.0
8.0
 
 
27.9
 
25.0
12.0
 
 
20.9
 
28.0
14.0
 
 
32.7
 
28.0
14.0
 
 
45.9
 
23.0
11.0
 
 
53.5
 
18.0
7.0
 
 
52.4
 
12.0
3.0
 
 
30.7
 
8.0
-1.0
Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm)

Flore et faune

Flore

Chêne sessile ou rouvre

Sur le plateau d'Albion, et donc sur le territoire de la commune, la flore et les espèces arbustives sont de type montagnard ou supra-méditerranéen et oro-méditerranéen. La sylve est composée de chêne pubescent, chêne sessile, hêtre, tremble, bouleau, pin sylvestre, pin maritime, genêt à balais, bruyère callune et châtaignier[7].

On rencontre aussi sous forme de landes ou de garrigues la bugrane striée, le brome dressé, le thym, le genêt cendré et la lavande à feuilles étroites. Plus spécifiques des champs, des talus ou des dolines se multiplient la gagée des champs, l'ophioglosse des marais, la danthonie des Alpes, la ventenatée douteuse et le ciste à feuilles de laurier[7].

Plus rares, mais spécifiques au plateau, on trouve l'adonis flamme, l'aspérule des champs, la Caméline à petits fruits, le gaillet à trois pointes, le grand polycnémum, le buplèvre à feuilles rondes, la nielle des blés, l' androsace à grand calice et la vachère d'Espagne[7].

Champignons

Liées à une ou quelques espèces d'arbre, les champignons abondent, en saison, sur le plateau. On y trouve, le lactaire délicieux, dit pinin, le lactaire sanguin (lacterius sanguifluus), dit sanguin, les bolets dont le cèpe tête-de-nègre, les chanterelles dont la girolle (cantharellus cibarius), sans oublier le pied-de-mouton, (hydnum repandum) et surtout le petit gris ou griset du Ventoux (tricholoma myomyces)[8].

Faune

Guêpiers d'Europe

On trouve des insectes dont les plus caractéristiques sont le grand capricorne, la lucane cerf-volant et l'écaille chinée, des reptiles tels que la vipère aspic, venimeuse mais qui fuit au moindre bruit, et un batracien le pélodyte ponctué[9].

De nombreux oiseaux nichent sur plateau dont les pies grièches (pie-grièche à tête rousse, pie-grièche écorcheur, pie-grièche méridionale, pie-grièche à poitrine rose), les bruants (bruant fou, bruant ortolan, bruant proyer). S'y ajoutent des granivores (caille des blés, moineau soulcie), des insectivores (fauvette orphée, guêpier d'Europe, huppe fasciée, œdicnème criard, pic épeichette, râle des genêts, torcol fourmilier) et des espèces omnivores (cochevis huppé, bécasse des bois, outarde canepetière)[9].

En plus de ces espèces, on retrouve nombre de rapaces diurnes prédateurs de la faune locale d'une part, tels que le circaète Jean-le-blanc, le busard cendré, l'aigle royal, l'aigle botté, l'autour des palombes, le faucon hobereau et la bondrée apivore, ou nocturnes d'autre part, comme le petit-duc scops, le grand-duc d'Europe, la chouette chevêche et la chouette de Tengmalm[9],

Se rencontrent aussi fréquemment des grands et petits mammifères tels que le cerf élaphe, le sanglier, le renard, le lièvre et le lapin. Il est à signaler la présence de chauves-souris, espèce prédatrice et nocturne (grand rhinolophe, petit rhinolophe, noctule de Leisler)[9].

Transports urbains

L'installation de la force stratégique nucléaire sur la plateau d'Albion, dans le courant des années 1970, a grandement amélioré la qualité du réseau routier. Deux ligne de bus relient Revest-du-Bion aux communes voisines, pour l'accès à leur marché :

  • Le mardi matin vers Banon (trajet gratuit)
  • Le samedi matin vers Apt (trajet payant)

Urbanisme

Type d'habitat

Maison en hauteur

Maison en hauteur à l'intérieur du village

Ce type de maison est assez généralisé dans le village. Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus », suivant une tradition méditerranéenne. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[10].

L'édification de ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[11].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[12]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[11].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[13].

Maison à terre

Maison à terre à la sortie du village près de Notre-Dame de l'Ortiguière

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé qui se retrouve dans la basse vallée du Rhône, dans celle de la Durance et plus ponctuellement dans les vallées annexes comme celle du Calavon[14]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture »[15].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[15].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiment se chevauchent généralement en dégradé[16].

Grande bastide et son pigeonnier

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[15].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[15].

Cabanon

Cabanon à Revest-du-Bion

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui de la sédentarité. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[17].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[17].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considéré comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[17].

Borie

Borie protégeant un aiguier au Revest-du-Bion

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[17]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[18].

Histoire

Antiquité

Plusieurs campagnes de fouilles ont été menées sur le territoire de la commune en particulier par Guy Barruol et ses équipes. Des habitats gallo-romains ont été identifiés aux Eyssarettes, avec plusieurs fours, au Plan de Barruol, avec une allée de sépultures, aux Jaconnets où a été identifiée une enceinte circulaire. Des fondations caractéristiques d'une villa rustica ont été mises au jour au Labouret et à Saint-Clair[2].

Moyen Âge

Raymond de Turenne par Girolamo di Benvenuto (fresque de l’Ospedale Santa-Maria della Scala à Sienne)

La première trace écrite concernant le territoire du Revest date de 1080. C'est un acte de donation signé par Ripert de Mévouillon aux moines de l'abbaye de Cluny. Il n'existe pas de village mais un simple lieu-dit dénommé Vorze. Ce fut là que les bénédictins construisirent leur prieuré, un hospice et un moulin. Par précaution, ils comblèrent trois avens[2],[1]. Le premier castrum fut édifié entre 1204 et 1242. Et en 1271 le castrum de Revesto Albionis, comptait 200 feux[2],[19].

Le village et son château furent détruits comme beaucoup d’autres en Provence par les troupes de Raimond de Turenne, en 1392. Venues de Banon, où elles avaient installé leur nid d'aigle, elles dévastèrent l'église paroissiale ainsi que la chapelle de Notre-Dame de la Forêt d'Albion connue aujourd'hui sous le nom de Notre-Dame de l'Ortiguière. Les survivants se réfugièrent à Sault et le village resta déshabité pendant près d'un siècle[19].

En 1474, sur ordre de Louis XI, un acte d'habitation fut passé avec deux chefs de famille venus des Baronnies[19].

Guerres de religion

Tour des anciens remparts

Pour faire face à toute éventualité d'attaque venue des Baronnies, en 1546, les consuls Maurel et Michel firent fortifier le village. Ils passèrent un prix-fait avec le dénommé Dauphin, maître d'œuvre originaire de Cucuron. Celui-ci fit édifier une muraille pentagonale, haute de 18 cannes (9 mètres) et épaulée par cinq tours d'angle circulaires[19].

Le Revest y resta à l'abri jusqu'en 1591. Cette année-là, Lesdiguières arriva à la tête de ses troupes pour aller mettre le siège devant Sault. Pour assurer ses arrières, il fit bombarder les murailles jusqu'à ce qu'une brèche fut ouverte. Les protestants s'y engouffrèrent et investirent le village[19].

La paix revenue, vingt ans plus tard, fut planté près de l'église Saint-Clair l'ormeau dit de Sully. Atteint par la graphiose, son tronc évidé a été ôté à la fin du XXe siècle[19].

Période moderne

Tout au cours du XVIIIe siècle, le Revest acquiert une prépondérance décisive sur les autres communes du plateau. Le village devient un centre économique important où se tiennent foires et marchés, où résident à demeurent notaire et chirurgien, où s'ouvrent des auberges et où exercent de nombreux artisans[19].

La Révolution française le détache du Dauphiné, duquel il était dépendant administrativement, et l'inclus dans le département des Basses-Alpes[2].

Monument aux morts

Ayant particulièrement bien résisté à l'exode rural[19], à la fin du XIXe siècle, le Revest était relié à Apt, un jour par semaine, le samedi jour de marché. Le voyage aller durait quatre heures, celui du retour dix heures[20].

Article détaillé : Marché d'Apt.

La première Guerre mondiale eut pour conséquence la mort de 24 jeunes Revestois.

Période contemporaine

La commune, comme toute celles du plateau d'Albion, de 1971 à 1996, vit s'installer sur son territoire des bases de lancement de missiles à charge atomique. Ces sites furent les endroits les plus secrets et les mieux gardés de France[21].

Article détaillé : Plateau d'Albion.
Site de réception du radar GRAVE, près de Notre-Dame de l'Ortiguières

L'Office national d'études et de recherches aérospatiales a installé le récepteur du radar GRAVES sur une des anciennes zones de lancement près du Revest[22],[23]. Le radar Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale[24] a été mis en service le 15 décembre 2005 afin de permettre la détection des satellites espions américains et chinois . C'est actuellement le seul système de veille satellite opérationnel en Europe de l'Ouest. Seuls la Russie et les États-Unis disposent de systèmes de ce type[25].

Il présente la particularité d'avoir le site d'émission dissocié du site de réception. Le site d'émission est situé sur l'ancienne base aérienne de Broyes-lès-Pesmes près de Broye-Aubigney-Montseugny, le site de réception est sur le plateau d'Albion, au Revest, à environ 400 km du site de réception, près de Notre-Dame-de-l'Ortiguière 44° 04′ 17″ N 5° 32′ 05″ E / 44.0715, 5.5346[26]. Le système de réception est basé sur la détection Doppler et des calculs de traitement du signal effectués par un calculateur temps réel dédié de la B.A. 115 d'Orange[27].

Toponymie

Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1272 (de Revesto Albionis), est tiré de l’occitan revèst, variante de revers, et désignant un site exposé au nord[28].

Héraldique

Blason de Revest-du-Bion

D'argent au loup ravissant d'azur[29]

Administration

Municipalité

Mairie du Revest
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 réélu en 2008[30] Raymond Le Moign    

Intercommunalité

Revest du Bion fait partie de la Communauté de communes du Pays de Banon, qui regroupe 10 communes.

Environnement et recyclage

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et la protection et mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de la Communauté de communes du Pays de Banon.

Budget et fiscalité

L'imposition des ménages et des entreprises à Revest-du-Bion en 2009[31]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 5,90 % 0,55 % 5,53 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 15,41 % 1,32 % 14,49 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 70,63 % 4,18 % 47,16 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 10,00 %* 0,94 % 10,80 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[32]).

Jumelage

Localisation des villes jumelées avec Revest-du-Bion.
Localisation de la ville
Revest-du-Bion

Population et société

Démographie

Évolution démographique
Années 1271 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 180[34] 671 634 796 730 685 770 761 721 734
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
Population 745 743 784 785 806 751 743 703 619 594
Années 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
Population 629 611 316 553 507 481 456 420 410 601
Années 1975 1982 1990 1999 2006 2007 - - - -
Population 474 494 512 463 527[35] 536[36] - - - -
Notes, sources, ... Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Insee[37], EHESS[38]
Courbe d'évolution démographique de Revest-du-Bion depuis 1793

Éducation

L'école Eugène Martel accueille 55 enfants de la maternelle à la primaire[39].

Équipements et services

La commune dispose plusieurs services :

  • Une bibliothèque, créée en 1979,
  • Une "Maison du temps libre" (salle municipale mise à disposition des associations et ds particuliers)
  • Un CCAS
  • Un bureau de Poste
  • Une crèche halte-garderie (associative)

Sports

Il y a une association de foot, l'US. Revestoise[40].

Santé et services sociaux

Il y a un cabinet médical généraliste[41] et un ESAT qui accueille 61 personnes handicapées au domaine de la Haute-Lèbre[42].

Église paroissiale Saint-Clair

Culte

La commune fait partie du secteur paroissial Montagne de Lure qui comprend Banon, Redortiers, Saumane, La Rochegiron, l'Hospitalet, Lardiers, Ongles, Revest-des-Brousses, Revest-du-Bion, Carniol, Simiane-la-Rotonde, Montsalier, Saint-Étienne-les-Orgues, Cruis, Mallefougasse-Augès, Fontienne, Montlaux et Revest-Saint-Martin. Le culte est célébré alternativement dans chacune des églises du secteur[43].

Économie

Le village vu par des ethnologues

En 1971, des étudiants en ethnologie dans le cadre du CERESM, mis en place par l’Université de Provence d'Aix-en-Provence, étudièrent le village au point de vue de ses spécificités tant environnementales qu'économiques[44].

Établi sur une butte, au centre de la commune, le village est le carrefour vers lequel convergent chemins, drailles et routes qui desservent ses exploitations agricoles dispersées ou qui le relient à l'extérieur[45]. Cette structuration oblige même de passer par le village pour se rendre d'une exploitation à l'autre[46]. Ce qui a donné à celui-ci une importance capitale comme centre de distribution des produits d'usage et de consommation au travers de ses commerces et de diffusion des nouvelles à partir de ses lieux publics[47].Cette « attraction du centre » a son revers puisque les chemins partant d'une exploitation et pouvant permettre de rejoindre une autre commune, en particulier dans la partie septentrionale du Revest, sont rarement entretenus et praticables[46].

Elle a déterminé aussi un sentiment identitaire fort « Je suis Revestois »[47], qualification signifiant « Je suis du Revest et de vieille souche »[48]. Ce sentiment de longue appartenance communautaire, s'est traduit par des définitions originales de celui qui est étranger à la commune. S'il est originaire du plateau, il est qualifié d'estrangié du dedans, s'il vient de la région c'est un estrangié du dehors, et tout autre origine le fait considérer comme un estrangié pas d'ici[47].

Lavoir de la Combe du Pommier

Il existe même un clivage dans la population communale entre ceux qui résident dans le village et ceux qui vivent à l'extérieur. Il marque le contraste, sans ostracisme, entre la paysannerie qui vit en quasi autarcie dans son « quartier », et l'urbanité des villageois qui ont à leur disposition sur place espaces et services publics, commerces et lieu de culte[48].

Sur le plateau, la dénomination de « quartier » s'applique a des zones habitées ou non. Il peut avoir une désignation patronymique, au Revest c'est le cas du Plan des Barruols, Les Cléments, Le Michalet, Le Gendre ou Les Morards, ou une désignation géographique Combe de Bordeaux, Font d'Artigues, Combe du Pommier ou Le Médéric[48]. Jusqu'au milieu du XXe siècle, ceux qui vivaient des ces écarts devaient, trois fois par semaine, descendre au village pour faire leurs courses et prendre leurs pains chez le boulanger à qui ils avaient fourni la farine[49].

Lavoir et fontaine au Revest

C'est là qu'ils retrouvaient le « lieu cenral de la sociabilité villageoise », la place publique. Celle-ci concentrait dans un espace réduit un certain nombre de points attractifs. C'était un lieu de rencontre (bancs, cafés, lavoir), de loisir (boulodrome), de relations économiques (commerces, services publics), un pôle des références (horloge publique) et aussi un lieu d'ostentation verbale et vestimentaire[50].

L'enquête a montré que dans le village, il y avait au cours des années 1970, une répartition de l'espace par sexe et classe d'âge. Aux hommes étaient réservés les cafés, le boulodrome, la mairie et une place du village, les femmes se retrouvaient aux fontaines, au lavoir, dans les commerces et à l'église. Les personnes âgés séjournaient et conversaient dans des lieux toujours en retrait de ceux fréquentés par les actifs. Elles avaient leurs bancs réservés, à l'ombre l'été, en plein soleil, l'hiver. Quant aux enfants, il leur était réservé la nouvelle place du village[51].

Le Portissol

Dès le début du XXe siècle, la place du Portissol joua un rôle économique. C'est là que se tenaient les quatre foires du Revest, qu'était commercialisée la lavande et que furent répartis les commerces de détail qui permirent l'approvisionnement domestique ainsi que la vente de la production ou de la cueillette des paysans[52].

Blé, pommes de terre, gibier, champignons, charbon de bois et ocre étaient vendus par le commerce local, certains produits, comme les grives ou les champignons, étaient troqués contre du café, du sucre, du chocolat, du savon ou des conserves[52].

Élevage d'ovins selon la pratique de l'élevage extensif
Zone commerciale de Sault

Si dans la seconde moitié du XXe siècle, l'approvisionnement ne se faisait plus uniquement au village, celui-ci jouait toujours son rôle pour la vente des céréales, de la laine, de la paille, du fourrage et des amandes. Tous ces produits transitaient par l'intermédiaire d'un courtier du Revest. Le miel, les champignons, les fromages, les œufs et les volailles étaient revendus en partie par les commerçants de la place du Portissol[49]. Les pommes de terre étaient revendues à Saint-Christol, les agneaux et la laine à Sault, les grives et les champignons à la conserverie de Saint-Trinit. Quant à la lavande elle était commercialisée par l'intermédiaire des courtiers de Séderon, Sault ou Carpentras[53]. La grande mutation s'est faite à la fin des années 1960 avec l'apparition à Sault, seule ville du plateau, de moyennes surfaces puis la création de la zone commerciale qui suivit[49].

Tommes de banon

Sur les communes du plateau d'Albion, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, se déroulaient nombre de foires, mais les Revestois ne fréquentaient quasi exclusivement que celles de leur village[44]. Les seules exceptions étaient celles de Sault (Rameaux, Saint-Jean, Notre-Dame et Sainte-Catherine), celle des Tommes qui se tenait à Banon pour la Saint-Pierre ainsi que la foire aux chevaux de Barret-de-Lioure[20]. Même si le village est montagnard par son altitude (950 mètres), il est situé sur un plateau permettant des communications faciles avec ses voisins[45]. La centralité du village sur le plateau lui permit d'avoir quatre foires par an, dont la plus importante était celle des Machottes, au début juillet[49]. Les foires attiraient paysans et bergers du Contadour, de Banon, de Sault, des Ferrassières et de Saint-Christol[20]. Elles jouaient un rôle important pour l'achat des chevaux et la vente des agneaux ; en ces occasions, un notaire de Banon venait au Revest pour enregistrer les transactions[49].

Au Revest, où règne majoritairement la grande propriété, compte tenu des rigueurs du climat et des différences de fertilité des sols, les exploitations agricoles se sont répartis des différents terroirs communaux (landes, bois, prés, terres labourables). Ce partage des différents finages est le corolaire du droit ancestral à l'eau et aux parcelles irrigables. Toutes les sources, puits, aiguiers et fontaines sont des propriétés communales[54].

Les landes et les bois - pour la chasse et la cueillette (champignons et châtaignes) - ainsi que les drailles - pour le passage des troupeaux - ont une gestion originale, compte tenu de leur importance économique[54]. Pour la chasse, par exemple, cela se traduit par des cotisations progressives imposés par les associations gestionnaires. Les propriétaires des terres communales ne payent qu'un minimum, tandis que les chasseurs n'ayant aucun lien avec la commune versent les plus grosses cotisations. Entre, existent des gradations de tarif pour le résident non propriétaire, pour ceux qui sont originaires du Revest mais non résidents ou pour la parentèle d'un propriétaire. Il en est de même pour la cueillette des châtaignes et des champignons[55].

Cette protection de la propriété communale se traduit aussi au niveau de la propriété familiale et singulièrement pour la maison, domaine essentiellement féminin. Être invité à entrer est le fruit de tout un rituel préliminaire et de longues palabres qui se conclut parfois par un « Achevez d'entrer »[56].

Évolution des origines matrimoniales au Revest-du-Bion entre 1853 et 1970[57].
Revest-du-Bion Total mariages Mariages endogamiques Mariages exogamiques
1853-1862 75 32 43
1883-1898 94 41 53
1921-1941 74 11 63
1963-1970 45 1 44

L'exament des « aires matrimoniales » a démontré qu'en un siècle il y a eu un bouleversement des rapports des habitants de la commune avec celles de l'extérieur. Le mariage endogamique (entre un couple du Revest ou du plateau d'Albion) a cédé le pas à l'exogamique avec des conjoints résidant à plus de 30 kilomètres. Jusqu'en 1940, les « aires matrimoniales » collaient parfaitement à une zone de relations économiques limitée au plateau[53]. Après la seconde Guerre mondiale cette limitation a commencé à voler en éclats pour atteindre une autre ampleur avec l'arrivée massive de la main-d'œuvre nécessaire à la création des infrastructures de la base et silos à missiles[20].

Commerces

Plusieurs commerces d'alimentation sont présents sur la commune : épicerie, boucherie, boulangerie, fromager (vente à la ferme). Bar, restaurant et presse tabac sont également représentés.

Artisanat

Gîte rural au Revest

Des artisants du domaine du Bâtiments et Travaux Publics sont installés sur la commune, ainsi qu'un ébéniste, et un spécialiste des travaux forestiers.

Tourisme

Les touristes peuvent trouver un hébergement en gîtes ruraux et chambres d'hôtes.

Agriculture

Lavande

Distillerie de la Combe du Pommier

Liée au soleil et aux vacances, la lavande, dont Jean Giono a dit qu'elle est « l'âme de la Haute-Provence », n'est plus actuellement l'« or bleu » du Ventoux, des Baronnies et de la montagne de Lure[a 1]. Cueillie pendant des siècles à l'état sauvage, sa récolte n'a été organisée qu'à partir du XVIe siècle en même temps que la distillation de sa fleur[a 2]. Son âge d'or se situe au début du XXe siècle. Et c'est au cours des années 1920 qu'il y a une véritable fièvre de plantation. Après la crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale, le marché est à nouveau demandeur à partir de 1955 pour entrer en crise cinq ans plus tard[a 3]. La mécanisation de la récolte, une meilleure organisation du marché et l'obtention d'une AOC pour l'« huile essentielle de lavande de Haute-Provence », en 1981, aurait dû relancer la production[a 4]. Mais celle-ci de l'ordre de 200 tonnes au début des années 1980 a chuté à 25 tonnes dans les années 1990 pour enfin remonter à 80 tonnes en 2003[a 5].

Petit épeautre

Ancien moulin à vent du XIXe siècle sur la commune du Revest

Le petit épeautre est un blé rustique dont les archéologues ont retrouvé la trace dans des couches datées de 9 000 ans avant notre ère. Cette céréale se complait dans des sols pauvres et accepte des hivers longs et froids[a 6]. Elle se sème en septembre-octobre et son cycle végétatif est de onze mois[a 1]. Cette culture, très populaire sur le plateau d'Albion et les pentes du Ventoux jusqu'au XIXe siècle, a été reprise dans les années 1980. Dans le cadre de la SICA « Céréales Ventoux », une cinquantaine de producteurs approvisionnent un marché qui absorbe 200 tonnes/an[a 1].

Fromage de Banon

Fromages AOC banon à différentes maturités

Le banon est protégé par une AOC depuis 2003. C'est le premier fromage de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à obtenir une appellation d'origine contrôlée. L'INAO a donné son accord pour sélectionner selon les « usages locaux, loyaux et constants » 179 communes dont la production du lait des élevages de chèvre de races provençale, rove et alpine peut revendiquer l'appellation, dont 111 dans les Alpes-de-Haute-Provence, 33 dans les Hautes-Alpes, 21 dans la Drôme et 14 dans le Vaucluse. Les sept communes du plateau d'Albion sont productrices[58].

C'est un fromage à pâte molle à croûte naturelle, élaboré à partir de la technique du caillé doux et moulé à la louche avant d'être emmitouflé dans des feuilles de châtaigniers brunes et liées par un brin de raphia naturel[59]. Il est auparavant trempé dans de l'alcool pour éviter les moisissures.

Miel de Provence

Miel de lavande du plateau d'Albion
Ruches à la Combe du Pommier sur la commune du Revest-du-Bion

Le miel de Provence est protégé par un label rouge associé à une indication géographique protégée tant pour le miel toutes fleurs et que pour le miel de lavande et lavandin[60]. L'apiculture mobilise nombre de producteurs. Ils sont estimés à 4 500 dont 700 possèdent entre 70 et 150 ruches. La production régionale est de 2 000 T/an soit 8% de la production nationale[61]. Nombre d'entre eux pratiquent la transhumance selon un trajet allant du littoral vers la Haute-Provence. L'été est la saison privilégiée pour le miel de lavande et les ruches sont installées dans une zone limitée au Nord par une ligne Montélimar / Digne avec au Sud le mont Ventoux, le plateau d'Albion, la montagne de Lure, les monts de Vaucluse et le massif du Luberon. Le miel toutes fleurs est élaboré dans une vaste zone limitée par Nîmes, Montélimar, Gap, Digne, Nice, Toulon, Marseille et Avignon[62].

Agneau de Sisteron

Agneau de Sisteron élevé sous sa mère

L'agneau de Sisteron est un agneau de quatre mois, élevé sous la mère et originaire des Alpes provençales et de la Drôme provençale. Issus d'élevages traditionnels, avec des mères de races Mérinos d'Arles, Mourérous ou Préalpes du Sud qui les allaitent au moins pendant deux mois, sur un espace pastoral comptant moins de 10 brebis à l'hectare et comportant au minimum 10 hectares de parcours[63], ces agneaux ont droit, sous le contrôle l'INAO, au label rouge accordé par un décret gouvernemental en date du 3 janvier 2005[64]. L'Union européenne lui a accordé une indication géographique protégée depuis le 15 février 2007[65].

Cette exigence de qualité a mis un terme à la pratique de cheptels élevés dans les mêmes conditions mais provenant d'autres régions dont l'ensemble de la Provence, le Massif central et le Piémont. Chaque année, c'étaient près de 400 000 bêtes qui passaient par les abattoirs de Sisteron profitant d'un certain laxisme pour usurper une provenance recherchée[66].

Culture locale et patrimoine

Littérature

Jean Giono a fait du Revest le village des frères Jason dans son roman Les deux cavaliers de l'orage[2].

Lieux et monuments

Clocher de l'église Saint-Clair
Notre Dame de l'Ortiguière
La fontaine du village adossée au lavoir communal

L'église paroissiale Saint-Clair, qui a pris la place de l'ancienne prieurale, a gardé très peu de vestiges romans[67]. Elle est de style gothique : sa nef est voûtée en berceau dont la brisure est très accentuée ; le chœur à chevet plat est voûté sous croisée d’ogives. Le portail occidental est en plein cintre. Elle date de la fin du XVe siècle et du début du XVIe[68]. Les bas-côtés sont ajoutés au XVIIe. Le clocher est une tour construite au-dessus du chœur en 1675[69].

La chapelle Notre-Dame-de-l’Ortiguière, isolée sur le plateau, est construite au XIIe siècle mais il ne subsiste de cette époque que le chœur à chevet plat ; encore, la voûte sous croisée d’ogives du chœur date du XIVe, avec remploi de sculptures romanes. Les nervures du chœur retombent sur des atlantes sculptés de façon primitive. Le chœur est encore orné de personnages, d’animaux, de motifs végétaux[70]. Sa première destruction intervient au XVIe siècle ; elle n’est reconstruite qu’en 1665, pour être à nouveau détruite au début du XIXe siècle[71]. Le Concordat permet sa reconstruction. Elle est restaurée une dernière fois en 1973[1]. Dans son mobilier, le calice et la patène d’argent, datant du XVIIe siècle, sont classés monuments historiques au titre objet[72]. Au cours du XVIe siècle et du XVIIIe siècle, la chapelle servit à baptiser des enfants morts avant d'avoir reçu ce sacrement. Ce « rite de suscitation » se déroulait avec parrain et marraine et l'officiant ondoyait l'enfant censé donner à ce moment-là signe de vie[73].

Le château qui se trouve au milieu du village date du XVIIe siècle. Mais sa structure a été absorbée dans les habitations. Seule reste intacte une tour d'angle circulaire[67]. Le village a gardé quelques restes des remparts de 1546, dont deux tours et le portail de Portissol[74].

Il se trouve un pigeonnier à l’Argaud[75]. Une croix de fer forgé, plantée dans la campagne, date de 1840[76], et un lavoir-fontaine à l'intérieur du village a été édifié au début du XXe siècle[67].

Lieux-dits et hameaux

La commune compte 4 hameaux :

  • Les Bastians
  • Les Morards
  • Haut-Labouret
  • Silance

Personnalités liées à la commune

Pour approfondir

Bibliographie

  • H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, De la maison aux lointains in Pratiques et représentation de l'espace dans les communautés méditerranéennes, Publications du CNRS, Marseille, 1976.
  • Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin. Arts et traditions populaires, Éd. Aubanel, 1992, (ISBN 2700600614)
  • Patrick Ollivier-Elliott, Terres de Sault, d'Albion et de Banon, Édisud, Aix-en-Provence, 1996, 1996 (ISBN 2857448597) 
  • Patrick Saletta (sous la direction de), Haute Provence et Vaucluse - Les Carnets du Patrimoine, Les Guides Masson, Paris, 2000, 2000 (ISBN 2707204080) 
  • Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p.
  • Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a, b et c Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 (non-paginé) p. (ISBN 2-7399-5004-7) 
  2. a, b, c, d, e et f Patrick Ollivier-Elliott, op. cit., p. 79.
  3. Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : faune et flore du plateau d'Albion
  4. Sismicité dans les Alpes-de-Hautes-Provence
  5. Fiche du ravin du Brusquet sur le site du SANDRE
  6. Guy Barruol, op. cit., pp. 16-17.
  7. a, b et c Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Flore du plateau d'Albion
  8. Les champignons en Vaucluse
  9. a, b, c et d Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Faune du plateau d'Albion
  10. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  11. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  12. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  13. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  14. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  15. a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  16. Fernand Benoit op. cit., p. 56.
  17. a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  18. Fernand Benoit, op. cit., p. 71.
  19. a, b, c, d, e, f, g et h Patrick Ollivier-Elliott, op. cit., p. 80.
  20. a, b, c et d H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 63.
  21. Le plateau d'Albion sur le site de l'Office de Tourisme d'Apt
  22. Graves - Le système français de surveillance de l'espace - ONERA/DPRS
  23. GRAVES Sourcebook
  24. Article de Radionet
  25. Article du journal Le Monde
  26. Présentation du système GRAVES par l'ONERA
  27. Compilations d'informations sur GRAVES
  28. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes, § 2224, p 10661
  29. Armorial des communes des Alpes-de-Haute-Provence
  30. Site de la préfecture des AHP
  31. (fr) Impots locaux à Revest-du-Bion, taxes.com
  32. Loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 (Légifrance)
  33. Annuaire des villes jumelées
  34. Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 192
  35. Insee, Population municipale au 1erjanvier 2006, consulté le 11 janvier 2009
  36. Insee, Historique des populations par commune depuis le recensement de 1962 (fichier Excel), mis à jour en 2010, consulté le 21 juillet 2010
  37. Revest-du-Bion sur le site de l'Insee
  38. EHESS, notice communale de Revest-du-Bion sur la base de données Cassini, consultée le 28 juillet 2009
  39. Liste des écoles de la circonscription de Sisteron-Sud, Inspection académique des Alpes-de-Haute-Provence, publiée le 27 avril 2010, consultée le 31 octobre 2010
  40. US. Revestoise
  41. Médecin généraliste au Revest-du-Bion
  42. ESAT du domaine de la Haute-Lèbre
  43. Secteur Montagne de Lure
  44. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 30.
  45. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 31.
  46. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 35.
  47. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 33.
  48. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 34.
  49. a, b, c, d et e H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 48.
  50. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 38.
  51. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 45.
  52. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 47.
  53. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 62.
  54. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 53.
  55. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 54.
  56. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 56.
  57. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 57.
  58. Banon AOC sur le site de l'Institut National des Appellations d'Origine
  59. Bernard Teyssandier, Connaître les fromages de France du terroir à la table, éditions Jean-Paul Gisserot, 1994, p. 63.
  60. Site légifrance relatif à la parution au JO de l'arrêté du 30 juillet 2009
  61. Les apiculteurs en Provence
  62. La transhumance des ruches provençales
  63. Site officiel de l'agneau de Sisteron
  64. Homologation agneau de Sisteron du 3 janvier 2005
  65. IGP de l'Union européenne en date du 15 février 2007
  66. Dictionnaire de la Provence op. cit., p. 751.
  67. a, b et c Carnets du patrimoine, op. cit., p. 418.
  68. Raymond Collier, op. cit., p 180
  69. Raymond Collier, op. cit., p 212-213
  70. Raymond Collier, op. cit., p 460
  71. Raymond Collier, op. cit., p 143
  72. calice, patène, sur la base Palissy, ministère de la Culture, Arrêté du 8 juin 2000, consultée le 2 décembre 2008
  73. Notre-Dame de l'Ortiguière à Revest-du-Bion
  74. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p., p. 300.
  75. Raymond Collier, op. cit., p. 444.
  76. Raymond Collier, op. cit., p. 520.
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale 
  1. a, b et c Jean-Paul Bonnefoy, p. 124
  2. Jean-Paul Bonnefoy, p.  125.
  3. Jean-Paul Bonnefoy, p. 126
  4. Jean-Paul Bonnefoy, p. 127.
  5. Jean-Paul Bonnefoy, p. 128.
  6. Jean-Paul Bonnefoy, p. 123

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