Plateau d'Albion


Plateau d'Albion
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44° 06′ N 5° 36′ E / 44.1, 5.6

Plateau d'Albion
Image illustrative de l'article Plateau d'Albion
Le plateau à Saint-Trinit

Pays Drapeau de France France
Subdivision administrative Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes
Subdivision administrative Vaucluse
Drôme
Alpes-de-Haute-Provence
Villes principales Sault
Superficie approximative 490 8 km²
Géologie massif karstique
Relief Collines, dolines et avens
Productions Lavande
Épeautre
Élevage ovin
Communes Ferrassières
Aurel
Revest-du-Bion
Saint-Trinit
Saint-Christol
Simiane-la-Rotonde
Sault
Population totale 3 969 hab. (2007)
Régions et espaces
connexes
Mont Ventoux
Montagne de Lure

Image illustrative de l'article Plateau d'Albion
Vue aérienne du plateau au-dessus de Ferrassières

Le plateau d'Albion est situé à cheval sur trois départements : le Vaucluse, la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence. Il se subdivise administrativement en sept communes : Sault (Vaucluse), Ferrassières (Drôme), Aurel (Vaucluse), Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence), Saint-Trinit (Vaucluse), Saint-Christol (Vaucluse), Simiane-la-Rotonde (Alpes-de-Haute-Provence). Il a accueilli, de 1967 à 1999, le site de lancement de missiles nucléaires sol-sol balistiques de la Force de dissuasion nucléaire française, dont les installations militaires s'étendaient au-delà du plateau sur la commune de Lagarde-d'Apt.

Sommaire

Toponymie

Ici, dans l'Antiquité résidèrent les Albienses, qui faisaient partie de la fédération des Albiques. En provençal classique, le plateau se nomme Plan d'Aubion et Plan d'Aubioun en provençal de norme mistralienne.

Géographie

Géologie

Entrée de l'aven de la Moutte au Revest-du-Bion
Doline
Faciès karstique avec lapiaz

Au Jurassique, sur une épaisseur de plus de 1 000 mètres se sont déposées alternativement des couches de calcaire, de marne et d'argile[1].

Le plateau est situé sur un substrat de couches de calcaires à faciès urgonien (Crétacé). Ce calcaire se présente selon un modelé karstique avec lapiaz, avens et dolines. Il est associe à de couches sédimentaires du Bédoulien et de calcarénites du Barrémien (Secondaire), recouvert par des colluvions et alluvions siliceuses et des argiles de décalcification du Quaternaire[2].

Ce plateau calcaire, percé d'avens, est un énorme bassin aquifère qui va de la Montagne de Lure jusqu’au Mont-Ventoux. Les rivières souterraines du Plateau alimentent la résurgence de Fontaine-de-Vaucluse. On a recensé plus de deux cents gouffres ou avens aux ouvertures parfois très étroites et difficilement repérables. Les plus profonds sont l'aven Jean Nouveau, avec son puits vertical de 168 mètres, et l'aven Autran, qui dépassent les 600 m de profondeur.

Climatologie

Le plateau possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le chaînon le plus occidental. Du climat méditerranéen en partant du village de Simiane-la-Rotonde, elles évoluent en fonction de l'altitude vers un climat tempéré puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[3].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -1,0 -1,0 2,0 4,0 8,0 12,0 14,0 14,0 11,0 7,0 3,0 -1,0 5,5
Température moyenne (°C) 3,5 5,5 7,5 10,0 14,0 18,5 21,0 21,0 17,0 12,5 7,5 2,0 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8,0 10,0 13,0 16,0 20,0 25,0 28,0 28,0 23,0 18,0 12,0 8,0 17,0
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44,0 40,0 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
26.9
 
8.0
-1.0
 
 
24.3
 
10.0
-1.0
 
 
23.8
 
13.0
2.0
 
 
44.0
 
16.0
4.0
 
 
40.0
 
20.0
8.0
 
 
27.9
 
25.0
12.0
 
 
20.9
 
28.0
14.0
 
 
32.7
 
28.0
14.0
 
 
45.9
 
23.0
11.0
 
 
53.5
 
18.0
7.0
 
 
52.4
 
12.0
3.0
 
 
30.7
 
8.0
-1.0
Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm)

Faune et flore

Sylve

chêne pubescent, chêne sessile, hêtre, tremble, bouleau, pin sylvestre, pin maritime, genêt à balais, bruyère callune et châtaignier[4].

Champignons

Liés à une ou quelques espèces d'arbre, les champignons abondent, en saison, sur le plateau. On y trouve le lactaire délicieux, dit pinin, le lactaire sanguin, dit sanguin, les bolets dont le cèpe tête-de-nègre, les chanterelles dont la girolle (Cantharellus cibarius), sans oublier le pied-de-mouton, (Hydnum repandum) et surtout le petit gris ou griset du Ventoux (Tricholoma myomyces)[5].

Flore

bugrane striée, brome dressé, thym, genêt cendré, lavande à feuilles étroites[4].

gagée des champs, ophioglosse des marais, danthonie des Alpes, Ventenatée douteuse, ciste à feuilles de laurier[4].

adonis flamme, aspérule des champs, Caméline à petits fruits, gaillet à trois pointes, Grand polycnémum, buplèvre à feuilles rondes, nielle des blés, androsace à grand calice et vachère d'Espagne[4].

Faune

Rapaces diurnes

circaète Jean-le-blanc, busard cendré, aigle royal, aigle botté, autour des palombes, faucon hobereau,bondrée apivore[6].,

Rapaces nocturnes

petit-duc scops, grand-duc d'Europe, chouette chevêche, chouette de Tengmalm[6],

Pie-grièche

pie-grièche à tête rousse, pie-grièche écorcheur, pie-grièche méridionale, pie-grièche à poitrine rose[6].

Bruant

bruant fou, bruant ortolan, bruant proyer[6].

Granivores

caille des blés, moineau soulcie[6].

Insectivores

fauvette orphée, guêpier d'Europe, huppe fasciée, œdicnème criard, pic épeichette, râle des genêts, torcol fourmilier[6].

Mixte

cochevis huppé, bécasse des bois, outarde canepetière[6].

Grands mammifères

cerf élaphe, sanglier, renard[6].

Petits mammifères

lièvre, lapin[6].

Chauve-souris

grand rhinolophe, petit rhinolophe, noctule de Leisler[6].

Batracien et reptile

pélodyte ponctué, vipère aspic[6].

Insectes

grand capricorne, lucane cerf-volant, écaille chinée[6].

Histoire

Communes du plateau d'Albion

Communes du plateau d'Albion
Commune Blason Superficie Population Densité Altitude Coordonnées
84 Aurel
Blason ville fr Aurel (Vaucluse).svg
28,9 km2 220  hab. 7,6  hab./km2 mini. 615 m
maxi. 1 600 m
44° 07′ 50″ N 5° 25′ 45″ E / 44.1305, 5.4291
26 Ferrassières
Blason ville fr Revest-du-Bion (04).svg
29,27 km2 118  hab. 4  hab./km2 mini. 830 m
maxi. 1 389 m
44° 08′ 11″ N 5° 28′ 45″ E / 44.1363, 5.4791
04 Revest-du-Bion
Blason ville fr Revest-du-Bion (04).svg
43,45 km2 536  hab. 12  hab./km2 mini. 833 m
maxi. 1 365 m
44° 05′ 01″ N 5° 32′ 57″ E / 44.0836, 5.5491
84 Saint-Christol
Blason ville fr Saint-Christrol (Vaucluse).svg
46,08 km2 1 104  hab. 24  hab./km2 mini. 810 m
maxi. 1 108 m
44° 01′ 46″ N 5° 29′ 34″ E / 44.0294, 5.4927
84 Saint-Trinit
Blason ville Saint Trinit.svg
16,66 km2 118  hab. 7,1  hab./km2 mini. 780 m
maxi. 914 m
44° 06′ 12″ N 5° 27′ 59″ E / 44.1033, 5.4663
84 Sault
Blason ville fr Sault (Vaucluse).svg
111,15 km2 1 301  hab. 12  hab./km2 mini. 650 m
maxi. 1 591 m
44° 05′ 31″ N 5° 24′ 32″ E / 44.0919, 5.4088
04 Simiane-la-Rotonde
Blason de Simiane-la-Rotonde.svg
67,86 km2 574  hab. 8,5  hab./km2 mini. 456 m
maxi. 1 113 m
43° 58′ 52″ N 5° 33′ 48″ E / 43.9811, 5.5633

Le village du Revest-du-Bion vu par des ethnologues

En 1971, des étudiants en ethnologie dans le cadre du CERESM, mis en place par l’Université de Provence d'Aix-en-Provence, étudièrent le village au point de vue de ses spécificités tant environnementales qu'économiques[7].

Établi sur une butte, au centre de la commune, le village est le carrefour vers lequel convergent chemins, drailles et routes qui desservent ses exploitations agricoles dispersées ou qui le relient à l'extérieur[8]. Cette structuration oblige même de passer par le village pour se rendre d'une exploitation à l'autre[9]. Ce qui a donné à celui-ci une importance capitale comme centre de distribution des produits d'usage et de consommation au travers de ses commerces et de diffusion des nouvelles à partir de ses lieux publics[10].Cette « attraction du centre » a son revers puisque les chemins partant d'une exploitation et pouvant permettre de rejoindre une autre commune, en particulier dans la partie septentrionale du Revest, sont rarement entretenus et praticables[9].

Elle a déterminé aussi un sentiment identitaire fort « Je suis Revestois »[10], qualification signifiant « Je suis du Revest et de vieille souche »[11]. Ce sentiment de longue appartenance communautaire, s'est traduit par des définitions originales de ceux qui sont étrangers à la commune. S'il est originaire du plateau, il est qualifié d'estrangié du dedans, s'il vient de la région c'est un estrangié du dehors, et tout autre origine le fait considérer comme un estrangié pas d'ici[10].

Lavoir de la Combe du Pommier

Il existe même un clivage dans la population communale entre ceux qui résident dans le village et ceux qui vivent à l'extérieur. Il marque le contraste, sans ostracisme, entre la paysannerie qui vit en quasi autarcie dans son « quartier », et l'urbanité des villageois qui ont à leur disposition sur place espaces et services publics, commerces et lieu de culte[11].

Sur le plateau, la dénomination de « quartier » s'applique a des zones habitées ou non. Il peut avoir une désignation patronymique, au Revest c'est le cas du Plan des Barruols, Les Cléments, Le Michalet, Le Gendre ou Les Morards, ou une désignation géographique Combe de Bordeaux, Font d'Artigues, Combe du Pommier ou Le Médéric[11]. Jusqu'au milieu du XXe siècle, ceux qui vivaient des ces écarts devaient, trois fois par semaine, descendre au village pour faire leurs courses et prendre leurs pains chez le boulanger à qui ils avaient fourni la farine[12].

Lavoir et fontaine au Revest

C'est là qu'ils retrouvaient le « lieu cenral de la sociabilité villageoise », la place publique. Celle-ci concentrait dans un espace réduit un certain nombre de points attractifs. C'était un lieu de rencontre (bancs, cafés, lavoir), de loisir (boulodrome), de relations économiques (commerces, services publics), un pôle des références (horloge publique) et aussi un lieu d'ostentation verbale et vestimentaire[13].

L'enquête a montré que dans le village, il y avait au cours des années 1970, une répartition de l'espace par sexe et classe d'âge. Aux hommes étaient réservés les cafés, le boulodrome, la mairie et une place du village, les femmes se retrouvaient aux fontaines, eu lavoir, dans les commerces et à l'église. Les personnes âgés séjournaient et conversaient dans des lieux toujours en retrait de ceux fréquentés par les actifs. Elles avaient leurs bancs réservés, à l'ombre l'été, en plein soleil, l'hiver. Quant aux enfants, il leur était réservé la nouvelle place du village[14].

Le Portissol

Dès le début du XXe siècle, la place du Portissol joua un rôle économique. C'est là que se tenaient les quatre foires du Revest, qu'était commercialisée la lavande et que furent répartis les commerces de détail qui permirent l'approvisionnement domestique ainsi que la vente de la production ou de la cueillette des paysans[15]. Blé, pommes de terre, gibier, champignons, charbon de bois et ocre étaient vendus par le commerce local, certains produits, comme les grives ou les champignons, étaient troqués contre du café, du sucre, du chocolat, du savon ou des conserves[15].

Zone commerciale de Sault
Élevage d'ovins selon la pratique traditionnelle

Si dans la seconde moitié du XXe siècle, l'approvisionnement ne se faisait plus uniquement au village, celui-ci jouait toujours son rôle pour la vente des céréales, de la laine, de la paille, du fourrage et des amandes. Tous ces produits transitaient par l'intermédiaire d'un courtier du Revest. Le miel, les champignons, les fromages, les œufs et les volailles étaient revendus en partie par les commerçants de la place du Portissol[12]. Les pommes de terre étaient revendues à Saint-Christol, les agneaux et la laine à Sault, les grives et les champignons à la conserverie de Saint-Trinit. Quant à la lavande elle était commercialisée par l'intermédiaire des courtiers de Séderon, Sault ou Carpentras[16]. La grande mutation s'est faite à la fin des années 1960 avec l'apparition à Sault, seule ville du plateau, de moyennes surfaces puis la création de la zone commerciale qui suivit[12].

Tommes de banon

Sur les communes du plateau d'Albion, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, se déroulaient nombre de foires, mais les Revestois ne fréquentaient quasi exclusivement que celles de leur village[7]. Les seules exceptions étaient celles de Sault (Rameaux, Saint-Jean, Notre-Dame et Sainte-Catherine), celle des Tommes qui se tenait à Banon pour la Saint-Pierre ainsi que la foire aux chevaux de Barret-de-Lioure[17]. Même si le village est montagnard par son altitude (950 mètres), il est situé sur un plateau permettant des communications faciles avec ses voisins[8]. La centralité du village sur le plateau lui permit d'avoir quatre foires par an, dont la plus importante était celle des Machottes, au début juillet[12]. Les foires attiraient paysans et bergers du Contadour, de Banon, de Sault, des Ferrassières et de Saint-Christol[17]. Elles jouaient un rôle important pour l'achat des chevaux et la vente des agneaux ; en ces occasions, un notaire de Banon venait au Revest pour enregistrer les transactions[12].

Au Revest, où règne majoritairement la grande propriété, compte tenu des rigueurs du climat et des différences de fertilité des sols, les exploitations agricoles se sont répartis des différents terroirs communaux (landes, bois, prés, terres labourables). Ce partage des différents finages est le corolaire du droit ancestral à l'eau et aux parcelles irrigables. Toutes les sources, puits, aiguiers et fontaines sont des propriétés communales[18].

Les landes et les bois - pour la chasse et la cueillette (champignons et châtaignes) - ainsi que les drailles - pour le passage des troupeaux - ont une gestion originale, compte tenu de leur importance économique[18]. Pour la chasse, par exemple, cela se traduit par des cotisations progressives imposés par les associations gestionnaires. Les propriétaires des terres communales ne payent qu'un minimum, tandis que les chasseurs n'ayant aucun lien avec la commune versent les plus grosses cotisations. Entre, existent des gradations de tarif pour le résident non propriétaire, pour ceux qui sont originaires du Revest mais non résidents ou pour la parentèle d'un propriétaire. Il en est de même pour la cueillette des châtaignes et des champignons[19].

Cette protection de la propriété communale se traduit aussi au niveau de la propriété familiale et singulièrement pour la maison, domaine essentiellement féminin. Être invité à entrer est le fruit de tout un rituel préliminaire et de longues palabres qui se conclut parfois par un « Achevez d'entrer »[20].

Évolution des origines matrimoniales au Revest-du-Bion entre 1853 et 1970[21].
Revest-du-Bion Total mariages Mariages endogamiques Mariages exogamiques
1853-1862 75 32 43
1883-1898 94 41 53
1921-1941 74 11 63
1963-1970 45 1 44

L'examen des « aires matrimoniales » a démontré qu'en un siècle il y a eu un bouleversement des rapports des habitants de la commune avec celles de l'extérieur. Le mariage endogamique (entre un couple du Revest ou du plateau d'Albion) a cédé le pas à l'exogamique avec des conjoints résidant à plus de 30 kilomètres. Jusqu'en 1940, les « aires matrimoniales » collaient parfaitement à une zone de relations économiques limitée au plateau[22]. Après la seconde guerre mondiale cette limitation a commencé à voler en éclats pour atteindre une autre ampleur avec l'arrivée massive de la main-d'œuvre nécessaire à la création des infrastructures de la base et silos à missiles[17].

La base aérienne 200 Apt-Saint-Christol

Historique

C'est après la crise de Suez en 1956 que la France décide de se doter de l'arme nucléaire. La Force de frappe, doctrine influencée par le général de Gaulle, doit reposer sur trois vecteurs : les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), les bombardiers stratégiques (Mirage IV) et les silos à missiles.

À partir de 1963 des recherches sont menées en Corse, dans les Vosges, dans le Massif central et dans la Drôme. Le plateau d'Albion sera finalement choisi en avril 1965 en raison de sa faible densité humaine et de son sol, capable de permettre un bon ancrage des silos renfermant les missiles mais aussi capable d'amortir l'onde de choc en cas d'agression nucléaire. Début 1966, il est décidé de construire 27 silos de missiles, 3 postes de conduite de tir (PCT) sur un total de 785 hectares et ce qui deviendra la Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol sur un total de 406 hectares. Au final seuls 18 silos et 2 PCT seront construits (restriction de budget). Cette base de lancement de missiles sol-sol balistiques stratégique (SSBS) est placée sous le commandement de la Force aérienne stratégique.

Les travaux débutèrent au printemps 1966 pour se terminer en 1971, les installations opérationnelles représentent 260 000 m3 de dérochage, 540 000 m3 de terrassements et de 150 000 m3 de béton. En même temps tout le réseau routier de la région est modernisé pour permettre le passage des convois militaires.

En 1967 est créé le armée de l'air française pour occuper les installations d'Albion. De nombreuses autres unités seront créées pour veiller à la sécurité du site dont l'Escadron d'hélicoptères 4/67 Durance en 1975 et l'Escadron de Protection EP 21.200 en 1968 qui regroupe une section de commandement, un cynogroupe et 4 compagnies de parachutistes. De 1971 à 1996 la BA200 et les missiles du plateau d'Albion deviendront les endroits les plus secrets et les mieux gardés de France[23].

Le 22 février 1996, outre la suspension du service national, le président Jacques Chirac annonce la fermeture et le démantèlement des installations d'Albion, en raison de l'évolution de la géostratégie européenne (chute du bloc de l'est) et du vieillissement des missiles trop coûteux en entretien et ne valant plus la peine d'être modernisés. Fin 1996, le ministère de la Défense annonce que plus de 1 000 légionnaires prendront le relais du 1er GMS sur la BA200.

Les travaux de démantèlement durèrent 2 ans et se terminèrent en 1999. Les différents escadrons ont commencé à partir en août 1998, puis ce fut le tour des équipes de l'Aérospatiale. Au total, la restructuration aura impliquée près de 3000 personnels spécialisés. La passation de pouvoir au profit de la Légion étrangère a été réalisée durant l'été 1999.

Les installations

Galerie anti-souffle du poste de conduite de tir de Rustrel (84)
Tunnel d'accès PCT1

Sur les 27 silos et les 3 PCT prévus à l'origine, seuls 18 silos et 2 PCT furent réalisés pour cause de restrictions budgétaires.

Chaque silo est nanti de son abri auxiliaire, et distant de 3 km de son voisin afin qu'une seule attaque ne puisse détruire plusieurs sites à la fois et que des frappes nucléaires simultanées annulent leurs effets (2 explosions nucléaires simultanées annulent une grande partie de leurs effets mécaniques).[réf. nécessaire]

Les missiles étaient surveillés nuit et jour et commandés à distance à partir de 2 Postes de Conduite de Tir (PCT), construits sous terre, à 400 m de profondeur. Chaque PCT est en charge de 9 zones de lancement. Le PCT 2 se trouvait dans la Drôme près de Reilhanette et l'autre, PCT 1, dans le Vaucluse près de Rustrel, à 30 km l'un de l'autre. Véritables bunkers dissimulés sous plusieurs centaines de mètres de roche, les PCT ont été conçus non seulement pour résister à toute attaque nucléaire, mais aussi pour éviter toute intrusion grâce à de longues galeries à angles droits de près de 2 km de long. Les travaux du PCT 1 ont duré deux ans de novembre 1966 à mars 1969. Le chantier du PCT 2 a démarré en juillet 1969 pour se terminer en mars 1970. 40 000 m3 de béton ont été nécessaires au PCT 1 et 46 000 tonnes au PCT 2.

Reconversion

Zone de lancement (ZL) transformée en parc à panneaux photo-voltaïques
Les radars sur la commune de Saint-Christol

Pendant l'été 1999, la BA 200 fut rebaptisée Quartier Maréchal Koenig et accueille actuellement 1000 légionnaires du 2e régiment étranger de génie. La piste d'atterrissage et la tour de contrôle sont dorénavant abandonnées. Depuis 2003, le Quartier Koenig abrite aussi une station d'écoute de la DGSE qui emploie 150 personnes.

Après le démantèlement des missiles, la plupart des silos ont été murés et laissés à l'abandon. Un des silos a été transformé en observatoire astronomique public (SIRENE)[24] et le PCT de Rustrel en Laboratoire Souterrain à Bas Bruit qui bénéficie entre autres des qualités exceptionnelles de la capsule blindée de tir (LSBB)[25], dépendant de l'Observatoire de la Côte d'Azur, du CNRS et de l'Université de Nice.

Site de réception du radar GRAVE, sur le plateau d'Albion, au Revest-du-Bion

L'Office national d'études et de recherches aérospatiales a également installé le récepteur du radar GRAVES sur une des zones de lancement[26],[27]. Le radar Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale[28] a été mis en service le 15 décembre 2005 afin de permettre la détection des satellites espions américains et chinois . C'est actuellement le seul système de veille satellite opérationnel en Europe de l'Ouest. Seuls la Russie et les États Unis disposent de systèmes de ce type[29].

Il présente la particularité d'avoir le site d'émission dissocié du site de réception. Le site d'émission est situé sur l'ancienne base aérienne de Broyes-lès-Pesmes près de Broye-Aubigney-Montseugny, le site de réception est sur le plateau d'Albion, au Revest-du-Bion, à environ 400 km du site de réception 44° 04′ 17″ N 5° 32′ 05″ E / 44.0715, 5.5346[30]. Le système de réception est basé sur la détection Doppler et des calculs de traitement du signal effectués par un calculateur temps réel dédié de la B.A. 115 d'Orange[31].

Habitat

Habitat perché

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[32].

Fernand Benoit souligne leur origine quelquefois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[32].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[33].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). A contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[33].

Maison en hauteur

À Ferrassières, maison en hauteur avec sa loggia, son calabert[34] et son pontin
Maison en hauteur à Saint-Trinit
Maison en hauteur avec balcon et treille, construite dans les vestiges de l'ancien château des Agoult à Sault

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigue de faire tenir des chevaux et un attelage[35].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[36].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[36].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[37]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[36].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[38].

Maison à terre

Au Revest-du-Bion, maison à terre à la sortie du village près de Notre-Dame de l'Ortiguière
En bordure de Ferrassières, maison en hauteur transformée en maison à terre avec adjonction du pigeonnier
Les lieux d'aisance ont été installés, symboliquement le pot de chambre est exposé aux regards de tous

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé[39]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture » et la lavande en fut une[40].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[40].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[40].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[40].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiments se chevauchent généralement en dégradé[41].

Maison à terre à Simiane avec son pigeonnier

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[41]. Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était sensé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[40].

Maison à cour

Maison à cour au hameau des Crottes à Aurel

Ce type d'habitation est composé de bâtiments et de dépendances ordonnés autour d'une cour centrale. Cet ensemble est caractéristique des grands domaines céréaliers et prend souvent l'aspect d'un château avec des murs flanqués d'échauguettes et des tours d'angle. Il est adapté à une vie agricole où le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles de blé avant le dépiquage, celui-ci ayant lieu aussitôt les gerbes coupées sur l'aire de terre battue. Dans ce mode culturel, les grains sont entrés en sacs dans une remise tandis que les moissonneurs élèvent les meules de paille avec comme seule protection contre la pluie un mélange de poussier et de terre glaise. Seul est rentré le fourrage[42].

Cette structure agraire est rare en Provence[42].

Maison à tours

La Tour à Aurel

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après la Renaissance. Il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de deux tours ou qui est protégée par quatre tours d'angle[43].

La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, dès le haut Moyen Âge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un héritage romain puisque nombre de villæ rusticæ furent protégées par des tours[43].

Cabanon

Jas (bergerie) à double toiture sur la commune de Ferrassières
À Sault, champ de lavande et son cabanon

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui de la sédentarité. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[44].

Cabanon à Revest-du-Bion

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[44].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considéré comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[44].

Borie

Cabane en pierre sèche à l'entrée de Ferrassières
Borie protégeant un aiguier au Revest-du-Bion

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[44]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[45].

Activités économiques

Très connue pour sa culture de la lavande, l'économie du plateau est essentiellement tournée vers l'agriculture (miel, épeautre et autres céréales, élevage caprin et ovin) et le tourisme (camping vert, randonnée, VTT, spéléologie[46], route de la lavande...).

Lavande

Distillerie de la Combe du Pommier

Liée au soleil et aux vacances, la lavande, dont Jean Giono a dit qu'elle est « l'âme de la Haute-Provence », n'est plus actuellement l'« or bleu » du Ventoux, des Baronnies et de la montagne de Lure[a 1]. Cueillie pendant des siècles à l'état sauvage, sa récolte n'a été organisée qu'à partir du XVIe siècle en même temps que la distillation de sa fleur[a 2]. Son âge d'or se situe au début du XXe siècle. Et c'est au cours des années 1920 qu'il y a une véritable fièvre de plantation. Après la crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale, le marché est à nouveau demandeur à partir de 1955 pour entrer en crise cinq ans plus tard[a 3]. La mécanisation de la récolte, une meilleure organisation du marché et l'obtention d'une AOC pour l'« huile essentielle de lavande de Haute-Provence », en 1981, aurait dû relancer la production[a 4]. Mais celle-ci de l'ordre de 200 tonnes au début des années 1980 a chuté à 25 tonnes dans les années 1990 pour enfin remonter à 80 tonnes en 2003[a 5].

Petit épeautre

Ancien moulin à vent du XIXe siècle sur la commune du Revest

Le petit épeautre est un blé rustique dont les archéologues ont retrouvé la trace dans des couches datées de 9 000 ans avant notre ère. Cette céréale se complait dans des sols pauvres et accepte des hivers longs et froids[a 6]. Elle se sème en septembre-octobre et son cycle végétatif est de onze mois[a 1]. Cette culture, très populaire sur le plateau d'Albion et les pentes du Ventoux jusqu'au XIXe siècle, a été reprise dans les années 1980. Dans le cadre de la SICA « Céréales Ventoux », une cinquantaine de producteurs approvisionnent un marché qui absorbe 200 tonnes/an[a 1].

Article détaillé : Pain d'épeautre.

Fromage de Banon

Emballage de l'AOC banon dans des feuilles de châtaigniers brunes avec ligature par un brin de raphia naturel
Fromages AOC banon à différentes maturités

Le banon est protégé par une AOC depuis 2003. C'est le premier fromage de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à obtenir une appellation d'origine contrôlée. L'INAO a donné son accord pour sélectionner selon les « usages locaux, loyaux et constants » 179 communes dont la production du lait des élevages de chèvre de races provençale, rove et alpine peut revendiquer l'appellation, dont 111 dans les Alpes-de-Haute-Provence, 33 dans les Hautes-Alpes, 21 dans la Drôme et 14 dans le Vaucluse. Les sept communes du plateau d'Albion sont productrices[47].

C'est un fromage à pâte molle à croûte naturelle, élaboré à partir de la technique du caillé doux et moulé à la louche avant d'être emmitouflé dans des feuilles de châtaigniers brunes et liées par un brin de raphia naturel[48]. Il est auparavant trempé dans de l'alcool pour éviter les moisissures.

Miel de Provence

Miel de lavande du plateau d'Albion
Miel toutes fleurs IGP

Le Miel de Provence est protégé par un label rouge associé à une indication géographique protégée tant pour le miel toutes fleurs que pour le miel de lavande et lavandin[49]. L'apiculture mobilise nombre de producteurs. Ils sont estimés à 4 500, dont 700 possèdent entre 70 et 150 ruches. La production régionale est de 2 000 t/an, soit 8 % de la production nationale[50]. Nombre d'entre eux pratiquent la transhumance selon un trajet allant du littoral vers la Haute-Provence. L'été est la saison privilégiée pour le miel de lavande et les ruches sont installées dans une zone limitée au nord par une ligne Montélimar / Digne, avec au sud le mont Ventoux, le plateau d'Albion, la montagne de Lure, les monts de Vaucluse et le massif du Luberon. Le miel toutes fleurs est élaboré dans une vaste zone limitée par Nîmes, Montélimar, Gap, Digne, Nice, Toulon, Marseille et Avignon[51].

Agneau de Sisteron

Agneau de Sisteron élevé sous sa mère

L'agneau de Sisteron est un agneau de quatre mois, élevé sous la mère et originaire des Alpes provençales et de la Drôme provençale. Issus d'élevages traditionnels, avec des mères de races Mérinos d'Arles, Mourérous ou Préalpes du Sud qui les allaitent au moins pendant deux mois, sur un espace pastoral comptant moins de 10 brebis à l'hectare et comportant au minimum 10 hectares de parcours[52], ces agneaux ont droit, sous le contrôle l'INAO, au label rouge accordé par un décret gouvernemental en date du 3 janvier 2005[53]. L'Union européenne lui a accordé une indication géographique protégée depuis le 15 février 2007[54].

Cette exigence de qualité a mis un terme à la pratique de cheptels élevés dans les mêmes conditions mais provenant d'autres régions dont l'ensemble de la Provence, le Massif central et le Piémont. Chaque année, c'étaient près de 400 000 bêtes qui passaient par les abattoirs de Sisteron profitant d'un certain laxisme pour usurper une provenance recherchée[55].

Porc du Ventoux

Le porc du Ventoux est un label de qualité, créé en 1998, regroupant les éleveurs porcins en plein air autour du Mont Ventoux. Les porcins de cette filière sont élevés en plein air, à une altitude de 800 à 1 000 m. La zone de production est située à l'est de Sault (zone de 50 km sur le plateau), dans les monts de Vaucluse, au sud du Mont Ventoux[56]. Les animaux disposent d'un espace plein champ, d'environ 100 à 110 m2 par individu. Ils sont nourris par une alimentation variée, à plus de 70 % composée de céréales, complétée par des légumineuses. L'utilisation de produits facteurs de croissance ou de produits d'origine animale sont interdits par la charte de production de la filière.

Tourisme

Panneaux indicatifs sur les circuits VTT et randonnées pédestres à Saint-Trinit
Gîte rural sur le plateau
Camping de Sault
Gîte rural au Revest-du-Bion

Personnalités liées au plateau d'Albion

Notes et références

  1. Données karstiques sur le plateau d'Albion
  2. Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : faune et flore du plateau d'Albion
  3. Guy Barruol, op. cit., pp. 16-17.
  4. a, b, c et d Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Flore du plateau d'Albion
  5. Les champignons en Vaucluse
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Faune du plateau d'Albion
  7. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 30.
  8. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 31.
  9. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 35.
  10. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 33.
  11. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 34.
  12. a, b, c, d et e H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 48.
  13. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 38.
  14. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 45.
  15. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 47.
  16. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 62.
  17. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 63.
  18. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 53.
  19. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 54.
  20. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 56.
  21. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 57.
  22. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 62.
  23. Le plateau d'Albion sur le site de l'Office de Tourisme d'Apt
  24. Observatoire Astronomique Sirene
  25. Laboratoire Souterrain à Bas Bruit de Rustrel Pays d'Apt
  26. Graves - Le système français de surveillance de l'espace - ONERA/DPRS
  27. GRAVES Sourcebook
  28. Article de Radionet
  29. Article du journal Le Monde
  30. Présentation du système GRAVES par l'ONERA
  31. Compilations d'informations sur GRAVES
  32. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  33. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  34. Le calabert est un abri utilisé pour ranger du bois de chauffage
  35. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  36. a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  37. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  38. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  39. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  40. a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  41. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  42. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 58.
  43. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  44. a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  45. Fernand Benoit, op. cit., p. 71.
  46. Accueil Spéléologique du Plateau d'Albion
  47. Banon AOC sur le site de l'Institut National des Appellations d'Origine
  48. Bernard Teyssandier, Connaître les fromages de France du terroir à la table, éditions Jean-Paul Gisserot, 1994, p. 63.
  49. Site légifrance relatif à la parution au JO de l'arrêté du 30 juillet 2009
  50. Les apiculteurs en Provence
  51. La transhumance des ruches provençales
  52. Site officiel de l'agneau de Sisteron
  53. Homologation agneau de Sisteron du 3 janvier 2005
  54. IGP de l'Union européenne en date du 15 février 2007
  55. Dictionnaire de la Provence op. cit., p. 751.
  56. Zone d'élevage du prc du Ventoux
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale 
  1. a, b et c Jean-Paul Bonnefoy, p. 124
  2. Jean-Paul Bonnefoy, p.  125.
  3. Jean-Paul Bonnefoy, p. 126
  4. Jean-Paul Bonnefoy, p. 127.
  5. Jean-Paul Bonnefoy, p. 128.
  6. Jean-Paul Bonnefoy, p. 123

Bibliographie

  • H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, De la maison aux lointains in Pratiques et représentation de l'espace dans les communautés méditerranéennes, Publications du CNRS, Marseille, 1976.
  • Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin. Arts et traditions populaires, Éd. Aubanel, 1992, (ISBN 2700600614)Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Guy Barruol, André de Réparaz et Jean-Yves Royer, La montagne de Lure, encyclopédie d'une montagne en Haute-Provence, collectif sous la direction de Guy Barruol, Éd. Les Alpes de Lumière, juin 2004. (ISBN 2906162701)
  • Gérard Gaubert et Benoit Le Falher, Cavernes d’Albion. Hydrologie et spéléologie des territoires alimentant en eau la Fontaine de Vaucluse, Tome 1, Éd. Association de Recherches et d'Études Hydrologiques du Plateau d’Albion (A.R.E.H.P.A.), 1990.

Voir aussi

Articles connexes

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