Chateau-Arnoux-Saint-Auban


Chateau-Arnoux-Saint-Auban

Château-Arnoux-Saint-Auban

Château-Arnoux-Saint-Auban
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Volonne
Code Insee abr. 04049
Code postal 04160
Maire
Mandat en cours
Patrick Martellini
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la Moyenne Durance
Démographie
Population 5 126 hab. (2006)
Densité 279 hab./km²
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 39″ Nord
       6° 00′ 33″ Est
/ 44.0941666667, 6.00916666667
Altitudes mini. 403 m m — maxi. 742 m m
Superficie 18,34 km²

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Château-Arnoux-Saint-Auban (Castèu-Arnòus-Sant-Auban en provençal) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés à Château Arnoux : les Jarlandins ; à Saint Auban: les Saintaubanais.

Sommaire

Géographie

La commune est située dans la vallée de la Durance, le centre est à 440 m d’altitude[1]. Une gare SNCF sur la ligne Marseille-Briançon et un aérodrome comportant un important centre de vol à voile (planeurs) sont également présents sur le territoire de Château Arnoux.

Château-Arnoux est à la limite nord de la culture de l’olivier.

Économie

La ville a connu un développement urbain et économique à compter de l'implantation, pendant la Première Guerre mondiale, d'une usine de produits chimiques, aujourd'hui propriété du groupe Total, par sa filiale Arkema.

Cette usine est construite au début de 1916 pour fabriquer les premières armes chimiques produites en France. La production de chlorure de chaux démarre à l’été[2]. Elle produit dix tonnes de bertholite à partir de novembre 1916 jusqu’en novembre 1918. Produisant de la soude utile à l’électrolyse de la bauxite et disposant d’hydroélectricité, la construction d’une extension de l’usine dédiée à la fabrication d’aluminium commence fin 1916[3], mais diverses difficultés ne permettent de lancer la production qu’en août 1918[4].

À la fin de la guerre, la production s'est diversifiée à d'autres types de produits : le chlore et le chlorure de chaux continuent d’être produits (5 et 8 t par jour), avec de la lessive de soude, de l’eau de javel et de l’alumine[4]. La diversification se poursuit dans les années 1920 et 1930 : ammoniac, lessive de potasse, acide monochloracétique[5], puis fonte d’aluminium (remplacée en 1933 par la fabrication de magnésium et de dichloréthylène).

Les effectifs employés dépassent les mille ouvriers en 1918 ; après une baisse à 800 en 1920, l’usine emploie plus de 1200 personnes vers 1927, avant de redescendre à 750 en décembre 1931, suite à crise qui touche l’usine début 1930. À la fin des années 30, un nouveau sommet est atteint avec plus de 1600 ouvriers, niveau à nouveau atteint à la fin des années 50. En 1960, l’usine emploie plus de 2000 ouvriers[6] avec un maximum à 2126 en 1979[7] . En 1986, 1400 personnes travaillaient encore à l’usine[8].

Dans les années 1920 et 1930, tous les résidus de production sont rejetés à la rivière, la bauxite rougissant la Durance[9], malgré l’inquiétude du pouvoir local. En 1926, deux cuves de 12 t explosent : l’accident fait 22 morts[10].

L’urbanisme local (cités ouvrières et maisons d'ingénieur) est fortement marqué par la présence de cet établissement, encore aujourd'hui le plus important du département des Alpes-de-Haute-Provence. On compte près de 1200 maisons construite par l’usine[11], ce qui fait passer la population de 575 habitants (1911) à 6240 (1975).

L’activité industrielle, actuellement en déclin à Château-Arnoux, se réoriente vers de nouvelles activités : Silicium de Provence construit en 2008-2010 une usine de fabrication de silicium ultra-pur à destination des cellules photovoltaïques[12].

Histoire

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1182 (Castrum Arnuphum)[1], le village étant alors situé sur la colline Saint-Jean.

Au XIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait l’église Saint-Pierre-de-la-Durance, et en percevait les revenus[13].

Lors des guerres de religion, les ducs de Lesdiguières et de Lavalette s’y rencontrent en 1591, afin de pacifier la région.

Durant la Révolution française, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Roche-Arnoux[14]. En 1793, le château est mis aux enchères pour démolition[15], même si les travaux ne sont pas menés à terme.

Toponymie

La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1182 (Castrum Arnulfium). Le premier mot signifie village fortifié, le second est un nom de personne[16].

Héraldique

Blason Château-Arnoux-Saint-Auban.svg

Blasonnement :
d'or au château de deux hautes tours pavillonnées jointes par un entre-mur, le tout de sable, maçonné et ajouré d'argent, accosté des lettres C et A capitales aussi de sable.[17]

Armes parlantes : Le château rappelle le nom de la ville. Les lettres C et A en sont les initiales.

Administration


Liste des maires depuis 1944
Période Identité Parti Qualité
1944 décembre 1965 (démission) Camille Reymond SFIO Conseiller général, député
mars 1989 mars 2008 José Escanez PS, puis MDC, puis MRC Conseiller général
mars 2008 Patrick Martellini [20] PRG

Démographie

Évolution démographique
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
538 537 598 627 632 643 649 625 646
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
660 675 647 849 734 670 681 631 607
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
588 581 577 1657 2053 2171 2531 2935 3515
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 - -
5785 6532 6240 5576 5109 4970 5126[21] - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale en 2006
Sources : INSEE[22], EHESS[23]
Courbe d'évolution démographique de Château-Arnoux-Saint-Auban depuis 1793

Lieux et monuments

Chateau Arnoux MAM 1.JPG

Le monument aux morts de Château-Arnoux est un monument aux morts pacifiste, on y lit "La guerre est un crime".

La mairie se trouve dans un château d’époque Renaissance mais de style gothique, en partie classé et en partie inscrit monument historique[24]. Il est construit par Pierre de Glandevez, vers 1510-1515, le château étant achevé avant 1530, sur un ancien château fort. De l’ancien château, subsistent des meurtrières bouchées et une archère canonnière dans l’une des tours[25]. Il est accosté de cinq tours, deux rondes, deux carrées et une hexagonale dans laquelle se déploie un monumental escalier, de 84 marches orné de sculptures Renaissance[26] représentant des personnages mythologiques, sauf au premier étage, où le couple commanditaire (Pierre de Glandevès et Madeleine de Villemus) est représenté[27] ; les fenêtres sont à meneaux. Quelques unes sont surmontées de tympans semi-circulaires, de style Renaissance[28], les autres de simples pinacles à fleurons[27]. Il appartient à la commune depuis 1947[28]. La cheminée monumentale[29] et la porte de la Grand-Salle sont très richement décorées de gypseries. Il a été restauré en 1966 et 1979[30]. Avec son parc, il est classé site inscrit.

Le château fort de la colline Saint-Jean est en ruines, mais il reste des vestiges importants. Le Centre National de Vol à Voile est implanté sur l'aérodrome, il est très fréquenté par les vélivoles européens.

Maisons particulières

Au Petites Fillières, se trouve une ferme de 1667, voûtées d’arches surbaissées[31]. À la Font-Robert, la grande ferme aux toits à une seule pente, date du XVIIe siècle : elle abrite actuellement une salle de spectacles[31].

Des maisons en bois à structure porteuse intérieure en forme de compas ont été construites en 1943 par Jean Prouvé et Jean-Pierre Jeanneret dans un lotissement. L’une d’elles est classée inscrite comme monument historique[32]. Moulin à vent ; pont-barrage.

Génie civil

Passage du canal d'Oraison. Digue de 445 m de long.

Un pont suspendu est construit sur la Durance dans les années 1830 : la décision est prise en 1829, et le chantier dure jusqu’en 1833. Le tablier fait 114 m de long ; mais les chaînes de suspension rompent lors de l’épreuve de charge[33]. Il est reconstruit plus solide et mis en service en 1836[34] ou 1837[35] avec un tablier de 118 m en une seule portée emprunté par la RN 85. Il subit de grosses réparations en 1899 et 1919, et n’est fermé qu’en 1959[36] avec la construction du pont-barrage de l’Escale[37].

Art religieux

Le prieuré Saint-Pierre-ès-Liens du XIe siècle, classé monument historique[38], est construit à proximité du cimetière. Il reste du premier état quelques murs dans l’absidiole et la porte[39].

L’église paroissiale, placée sous le vocable de Saint-Bernard, et patronnée par saint Pierre ès liens, est construite en 1634. La nef est voûtée d’arêtes, et bordées de bas-côtés. Le clocher est une tour, construite contre le chœur, avec flèche accostée de quatre pyramidions[40].

La chapelle Saint-Jean, construite en 1667-1668, a une travée plafonnée et deux voûtées[41]. Elle offre un beau panorama sur la vallée de la Durance et les Alpes

L’église de Jésus Ouvrier à Saint-Auban est construite en 1938-1939 par Bénézech[42], où en 2007 le chœur vient d'être repeint en 3 tableaux d'inspiration locale

Personnalités liées à la commune

  • Victorin Maurel, ancien maire de la commune.
  • Ivano Ghirardini, guide de haute-montagne.
  • Alain Boghossian, footballeur professionnel, champion du monde en 1998 avec l’équipe de France, a commencé à jouer au club local, créé autour des ouvriers de l'usine de Saint-Auban. Le 14 juillet 2008, le stade Alain Boghossian est inauguré par le maire Patrick Martellini.
  • Bernar Venet, né en 1941 à Château-Arnoux-Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence, est un artiste plasticien français, vivant aux États-Unis où il s'est fait connaître internationalement pour ses sculptures d'acier et ses dessins. Il a participé à la rénovation de la chapelle Saint-Jean de Château-Arnoux (fer forgé).

Voir aussi

Articles de Wikipédia

Liens externes

Sources

  • Christian Maurel, « André Ailhaud, dit de Volx, héros de l’insurrection républicaine bas-alpine de 1851 », p 34-81 de Provence 1851 : une insurrection pour la République, Actes des journées de 1997 à Château-Arnoux et de 1998 à Toulon, Association pour le 150e anniversaire de la résistance au coup d’État du 2 décembre 1851, Les Mées, 2000

Notes

  1. a  et b Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », Paris, 1989, Relié, 72 (non-paginé) p. (ISBN 2-7399-5004-7) 
  2. Jean-Bernard Lacroix, « Saint-Auban : un grand centre industriel issu de la guerre chimique », in Chroniques de Haute-Provence no 303, Bulletin de la Société scientifique et littéraire de Haute-Provence, 1987, p 189
  3. Lacroix, op. cit., p 192
  4. a  et b Lacroix, op. cit., p 197
  5. Lacroix, op. cit., p 201
  6. Lacroix, op. cit., tableau p 213
  7. René Blanqui, « La Cité de Saint-Auban», p 224
  8. Joseph Mouiren, « L’usine actuelle », p 227
  9. Lacroix, op. cit., p 197-198
  10. Lacroix, op. cit., p 202
  11. René Blanqui, « La Cité de Saint-Auban», p 221
  12. Philippe Maillard, « Le département, pionnier du photovoltaïque », Conseil général - Le Magazine, no 61, septembre 2008, p 10-11
  13. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », inGuy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p 217
  14. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », in La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 113
  15. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, 1986, 559 p., p 243
  16. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume III : Formations dialectales (suite) ; formations françaises § 29378, p 1677
  17. Louis de Bresc Armorial des communes de Provence 1866. Réédition - Marcel Petit CPM - Raphèle-lès-Arles 1994
  18. Pour les maires de la Révolution à 1889, Abbé Maurel, Monographie de Château-Arnoux, Imprimerie Eugène Martin, Forcalquier, 1889, p 155, en ligne [1], consulté le 13 octobre 2008
  19. a , b  et c Christian Maurel, André Ailhaud, p 43
  20. Site de la préfecture des AHP
  21. INSEE, Population municipale au 1er janvier 2006, consulté le 10 janvier 2009
  22. sur le site de l'Insee, consultée le 12 mars 2009
  23. EHESS, [ notice communale de] sur le site Cassini, consultée le 12 mars 2009
  24. Arrêtés du 28 novembre et du 1er décembre 1969, notice de la Base Mérimée, consultée le 31 octobre 2008
  25. Hélène Vésian, Châteaux et bastides en Haute-Provence aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Aubanel (Avignon), 1991. 166 p., ISBN 978-2-7006-0145-9, p 27
  26. Raymond Collier, op. cit., p 465
  27. a  et b Hélène Vésian, Châteaux et bastides en Haute-Provence aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Aubanel (Avignon), 1991. 166 p., ISBN 978-2-7006-0145-9, p 30
  28. a  et b Raymond Collier, op. cit., p 252-253
  29. Raymond Collier, op. cit., p 495-496
  30. Vésian, op. cit., p 27
  31. a  et b Raymond Collier, op. cit., p 373
  32. Arrêté du 19 mars 2001, notice de la Base Mérimée, consultée le 31 octobre 2008
  33. Josette Chambonnet, « Routes, bacs, ponts et chemins de fer », in Chroniques de Haute-Provence : Château-Arnoux, Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 303, 1987, p 173-175
  34. Josette Chambonnet, op. cit., p 175
  35. Guy Baruol et Philippe Autran, « Pour en savoir plus », in Autran, Barruol et Jacqueline Ursch, D’une rive à l’autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de lumière no 153, Forcalquier, 2006. ISBN 2-906162-81-7, p 46
  36. Josette Chambonnet, op. cit., p 177
  37. Josette Chambonnet, op. cit., p 179
  38. Arrêté du 30 mai 1978, notice de la Base Mérimée, consultée le 31 octobre 2008
  39. Raymond Collier, op. cit., p 56
  40. Raymond Collier, op. cit., p 220
  41. Raymond Collier, op. cit., p 213
  42. Raymond Collier, op. cit., p 392
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