Lille
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50° 38′ 14″ N 3° 03′ 48″ E / 50.637222, 3.063333

Lille
La Vieille Bourse et le beffroi de la Chambre de commerce et d'industrie de Lille Métropole depuis la place du Général-de-Gaulle
La Vieille Bourse et le beffroi de la Chambre de commerce et d'industrie de Lille Métropole depuis la place du Général-de-Gaulle
Armoiries
Détail
logo
Détail
Administration
Pays France
Région Nord-Pas-de-Calais (préfecture)
Département Nord (préfecture)
Arrondissement Arrondissement de Lille (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de neuf cantons
Code commune 59350
Code postal 59000, 59033, 59777, 59800
Maire
Mandat en cours
Martine Aubry
2008 - 2014
Intercommunalité Lille Métropole Communauté urbaine
Site web mairie-lille.fr
Démographie
Population 225 784 hab. (2008[1])
Densité 6 482 hab./km²
Aire urbaine 1 150 530 hab. (2008)
Gentilé Lillois, Lilloise
Géographie
Coordonnées 50° 38′ 14″ Nord
       3° 03′ 48″ Est
/ 50.637222, 3.063333
Altitudes mini. 18 m — maxi. 46 m
Superficie 34,83 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Lille est une commune du nord de la France, préfecture du département du Nord et chef-lieu de la région Nord-Pas-de-Calais. Surnommée la « Capitale des Flandres », Lille est, avec ses 225 784 habitants au 1er janvier 2008, la principale ville, aux côtés de Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq, de Lille Métropole Communauté urbaine, intercommunalité qui regroupe 85 communes et compte 1,1 million d'habitants[2]. Dans sa partie française, l'unité urbaine de Lille est au quatrième rang en France par sa population, avec 1 012 634 habitants au 1er janvier 2008[3], derrière Paris, Marseille et Lyon, et son aire urbaine est la cinquième de France avec 1 150 530 habitants[4]. Plus largement, elle appartient à une vaste conurbation formée avec les villes belges de Mouscron, Courtrai, Tournai et Menin qui a donné naissance en janvier 2008 au premier Groupement européen de coopération territoriale, l'Eurométropole Lille Kortrijk Tournai, qui totalise près de deux millions d’habitants. Avec les villes de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, elle participe aussi d'un ensemble métropolitain de plus de 3,5 millions d'habitants, appelé « aire métropolitaine de Lille ».

Son nom en ancien français (L’Isle), comme en flamand français (Ryssel [ri:səl], et Rijsel [reɪsəl] en néerlandais; de « ter Yssel ») proviendrait de sa localisation primitive sur une île des marécages de la vallée de la Deûle où elle a été fondée. Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, ancien territoire du comté de Flandre ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand occidental. Ville de garnison, Lille a connu une histoire mouvementée du Moyen Âge à la Révolution française. Connue pour avoir été la ville la plus assiégée de France, elle a appartenu successivement au comté de Flandre, au royaume de France, à l'État bourguignon, au Saint-Empire romain germanique et aux Pays-Bas espagnols avant d'être définitivement reprise par la France au terme de la guerre de Succession d'Espagne. Elle est encore assiégée en 1792 lors de la guerre franco-autrichienne et très durement éprouvée par les deux conflits mondiaux du XXe siècle au cours desquels elle est occupée.

Cité marchande depuis ses origines, manufacturière depuis le XVIe siècle, la révolution industrielle en fait une grande capitale industrielle, principalement autour des industries textiles et mécaniques. Leur déclin, à partir des années 1960, ouvre une longue période de crise et ce n'est qu'à partir des années 1990 que la reconversion vers le secteur tertiaire et la réhabilitation des quartiers sinistrés donnent un autre visage à la ville. La construction du nouveau quartier d'affaires Euralille à partir de 1988, l'arrivée du TGV en 1993 et de l'Eurostar en 1994, le développement d'un pôle universitaire qui accueille au début des années 2000 près de 100 000 étudiants, le classement Ville d’art et d’histoire en 2004 et les manifestations de Lille 2004, Capitale européenne de la culture, constituent les principaux symboles de ce renouveau.

Sommaire

Géographie

Situation

Lille est située dans le nord de la France, au centre du département du Nord (59) et à proximité de la Belgique, à une vingtaine de kilomètres de la région flamande au nord et de la région wallonne à l'est.

Elle s'est établie dans la vallée de la Deûle dont plusieurs bras, aujourd'hui pour la plupart couverts, parcourent la ville. Naviguée depuis l'époque gallo-romaine, la rivière, aménagée récemment en canal à grand gabarit, traverse la ville du sud-ouest au nord pour rejoindre la Lys.

Dès le milieu du IVe siècle, au déclin de l'empire romain d'Occident, des peuples Germains se sont installés au nord de la route Boulogne-sur-Mer-Cologne : la frontière linguistique passait alors au sud de Lille comme le signale la toponymie en hem de Wazemmes, Esquermes, Hellemmesetc.[5]. Pourtant, Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, c'est-à-dire aux anciens territoires du comté de Flandre ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand occidental, contrairement à Dunkerque ou Bailleul. Au XIe siècle, lors de la naissance de Lille, la frontière linguistique passait déjà à l'ouest de la ville[6]. Ainsi, à l'opposé d'une idée assez répandue, Lille n'a jamais été une ville de langue flamande, mais de dialectes romans.

Lille est à la croisée de grands itinéraires européens, routiers, mais aussi ferroviaires ou maritimes, Est/Ouest entre l'Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et le Royaume-Uni, Nord/Sud entre les Pays-Bas, la Belgique, la France et l'Espagne.

Par la route, Lille est distante de 80 km de Dunkerque, de 110 km de Calais, de 230 km de Paris, de 110 km de Bruxelles, de 90 km d'Ostende, de 125 km d'Anvers, de 300 km d'Amsterdam, de 305 km de Luxembourg, de 225 km de Londres (+ 55 km en shuttle), de 330 km de Cologne et de 345 km de Bonn.

À vol d'oiseau, Lille se situe à 93 km de Calais, 205 km de Paris, 408 km de Strasbourg, 796 km de Toulouse, 100 km de Bruxelles, 242 km du centre de Londres, 230 km d'Amsterdam et 405 km de Francfort.

Communes limitrophes

Les communes de la LMCU

Lille est située au centre de l'intercommunalité Lille Métropole Communauté Urbaine. Toutes les communes limitrophes en font partie. Il n'y a aucune rupture du tissu urbain entre Lille et ces communes, sauf à l'ouest entre Lomme et les communes de Ennetières-en-Weppes, Capinghem, Prémesques, Pérenchies et Lompret qui restent assez largement rurales.

Relief et géologie

Topographie de la ville de Lille.

La ville de Lille est située à environ 20 mètres d'altitude[7] dans un élargissement de la vallée de la Deûle. À cet endroit, les derniers affleurements crayeux (Sénonien et Turonien) de la région naturelle du Mélantois plongent à l’ouest sous les Weppes, et, au nord, sous le Barœul, deux régions de reliefs modérés développés dans le sable landénien et l’argile yprésienne. La couverture sédimentaire récente (pléistocène) est omniprésente, sous forme de lœss sur les versants ou d’alluvions en fond de vallées[8].

Hydrographie

La Deûle est une rivière au débit faible perdue dans une large vallée. Très fortement anthropisée dès le Moyen Âge, les multiples états de ses canalisations et aménagements, dans un contexte de relief très peu marqué, rendent difficile la perception de son tracé originel.

La ville se serait développée initialement sur un point de rupture de charge de la Deûle, nécessitant le déchargement des bateaux jusqu’à une section plus navigable de la rivière. De fait, jusqu’au creusement du canal de l’Esplanade au XVIIIe siècle, les marchandises transportées par voie d’eau devaient transiter par voie de terre entre la « Haute » et la « Basse » Deûle[9].

La ville ancienne était traversée par de nombreux canaux, pour certains issus du cours originel des petites rivières qui convergeaient vers la Deûle (les nombreux bras du Fourchon et de l’Arbonnoise, le Bucquet, la Riviérette, le Ruisseau de Fives, etc.), pour d'autres issus des fossés des enceintes successives ou creusés pour des besoins spécifiques. Soumis à un fort envasement et considérés comme des agents infectieux, la plupart ont été asséchés et comblés, transformés en égouts ou recouverts au cours du XIXe siècle. Le dernier canal important, le canal de la Basse-Deûle, où était établi l'un des deux ports historiques de la ville, a été comblé au début des années 1930 pour devenir l'avenue du Peuple-Belge[10].

En 2009, trois bras de la Deûle subsistent en partie : le bras de Canteleu ou de la « Haute » Deûle, qui longe le quartier des Bois-Blancs ; le bras de la Barre et de la « Moyenne » Deûle, qui affleure Quai du Wault, entre la citadelle et le Vieux-Lille ; et le bras de la « Basse » Deûle qui émerge au bout de l'avenue du Peuple-Belge. Dans le cadre du plan bleu métropolitain, ce dernier bras devrait rouvrir jusqu'à l'IAE[11].

Ressources en matériaux de construction

Le lœss a alimenté de nombreuses briqueteries qui ont fourni la ville, jusque dans la seconde partie du XXe siècle. La craie, appelée localement pierre de Lezennes a été largement exploitée pour la construction, en carrières souterraines (à la périphérie de Lille, principalement à Loos-lez-Lille et à Emmerin, au sud, et à Lezennes, au sud-est)[8]. Ces anciennes carrières sont matérialisées dans les champs par des ouvertures clôturées (les têtes de catiches), effondrement ou fontis mettant en relation les réseaux souterrains avec la surface. La craie en moellons, matériau bon marché, était traditionnellement utilisée en mélange avec la brique (créant les rouges barres). Sinon elle était destinée à la fabrication de chaux.

Climat

On rencontre à Lille les principaux traits des climats tempérés océaniques : les amplitudes thermiques saisonnières sont faibles, les précipitations ne sont négligeables en aucune saison. Les hivers y sont doux et les étés frais[8].

Tableau comparatif des données climatiques de Lille[12]

Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Lille-Lesquin 1 617 687 19 19 69
Paris 1 630 642 15 19 13
Nice 2 668 767 1 31 1
Strasbourg 1 633 610 30 29 65
Brest 1 492 1 109 9 11 74

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour la période 1971-2000 ainsi que l'ensoleillement pour la période 1991-2000.

Relevé météorologique de Lille
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,0 1,0 3,1 4,7 8,4 11,0 13,1 12,9 10,7 7,4 3,8 2,1 6,6
Température moyenne (°C) 3,4 3,8 6,6 8,9 12,9 15,5 17,9 18,0 15,0 11,1 6,6 4,4 10,4
Température maximale moyenne (°C) 5,7 6,7 10,1 13,1 17,5 20,0 22,7 23,1 19,4 14,7 9,3 6,6 14,1
Ensoleillement (h) 63,3 70,5 119,1 159,9 199,7 202,8 213,0 218,2 141,7 117,4 64,7 47,0 1 617,3
Précipitations (mm) 57,0 43,6 57,5 50,4 62,5 68,1 61,2 52,8 63,6 66,8 71,5 68,1 723,1
Source : Fiche climatologique de Lille-Lesquin par Météo France[13]


Le tableau ci-dessous indique les records de valeur quotidienne la plus basse et la plus élevée pour la période 1947-2009.

Relevé météorologique de Lille
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc.
Record de froid (°C)
(année du record)
-19,5
(1982)
-17,8
(1956)
-8,8
(1970)
-4,7
(1968)
-2,3
(1967)
0,0
(1962)
3,4
(1964)
3,9
(1956)
1,2
(1979)
-4,4
(1950)
-7,8
(1998)
-17,3
(1964)
Record de chaleur (°C)
(année du record)
15,2
(2007)
18,9
(1960)
22,7
(1968)
29,5
(2009)
31,7
(2005)
34,8
(1947)
36,1
(1959)
36,6
(2003)
33,8
(1949)
27,5
(1985)
20,1
(1995)
15,9
(2000)
Record de pluie en 24 h (mm)
(année du record)
24,6
(1990)
21,8
(1996)
26,3
(1989)
28,7
(1953)
34,2
(1948)
48,6
(1951)
41,4
(1964)
49,0
(1975)
50,7
(1970)
33,6
(1964)
32,9
(1966)
34,8
(1999)
Source : Fiche climatologique de Lille-Lesquin par Météo France[14]


Urbanisme

Vue de la grand-place de Lille, la nuit.

Morphologie urbaine

Article détaillé : Développement urbain de Lille.

Le tissu urbain

Trois dimensions principales ont contribué, souvent conjointement, à façonner le tissu urbain de la ville actuelle : les extensions successives de la place forte, depuis les origines de la cité jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, lorsque les fortifications ont été déclassées ; les destructions survenues lors des principaux conflits qu’elle a connu au cours de son histoire ; les restructurations volontaires de l’espace urbain, à l’initiative des entrepreneurs lors de son industrialisation ou des pouvoirs publics dans le cadre de sa modernisation.

Les extensions de la place forte
L'enceinte du Second Empire et les enceintes précédentes depuis le XIIIe siècle.

L’enceinte fortifiée de Lille a connu sept extensions successives qui ont fait passer l’espace intra-muros de dix à 1 000 hectares sur une période de 800 ans[15]. Les trois principales surviennent : au XIIIe siècle, lors de l’annexion des paroisses Saint-Maurice et Saint-Sauveur ; en 1670, lors de la construction de la citadelle et du renforcement du système de défense de la ville par Vauban, lequel s’est accompagné de l’annexion des faubourgs de Saint-André et de la Madeleine ; en 1858, à la suite de l’annexion de Wazemmes, Moulins, Esquermes, Fives et du faubourg Saint-Maurice, au terme de laquelle les trois premières communes se trouvent largement inscrites dans le nouveau périmètre fortifié. La première extension définit un périmètre d’urbanisation dense d’origine moyenâgeuse sous influence flamande ; la seconde une adjonction d’époque classique française et une infrastructure militaire particulièrement prégnante ; la troisième l’inscription d'une véritable ville nouvelle, déjà marquée par l’industrialisation naissante, et une emprise de plus en plus considérable des fortifications. Déclassées en 1919, ces fortifications et les terrains militaires qui les entouraient ont offert une réserve foncière à l’implantation d’infrastructures modernes depuis l’entre-deux guerres jusqu’aux années 1990 (nouvelle faculté de Droit, cité administrative, logements sociaux, voies rapides, espaces verts, cité hospitalière, Lille Grand Palais et Euralille, etc.)[16] Cette césure entre la partie intra-muros de l'ancienne ville et les quartiers hors les murs reste par conséquent aujourd'hui encore très sensible.

Les destructions militaires

Régulièrement endommagée par les nombreux sièges qu’elle a subis, Lille est toujours reconstruite. Les destructions les plus massives sont aussi les plus récentes. D’abord au cours de la Révolution et du siège de la ville de 1792. À la vente des biens nationaux, souvent voués à la démolition, s’ajoutent les dégâts du siège autrichien au cours duquel un grand nombre d’édifices publics ou religieux et 2 000 maisons sont endommagés tandis que 500 sont complètement détruites, en particulier dans le quartier populaire de Saint-Sauveur[17]. La Première Guerre mondiale, dont la ville sort exsangue après quatre années d’occupation, laisse à son tour des traces indélébiles[18]. Les bombardements de 1914, l’explosion de 1916, les réquisitions et la destruction des infrastructures par l’occupant laissent une ville en ruine et les baraquements dans les zones sinistrées ne disparaîtront que lentement entre 1924 et 1930[19]. La Seconde Guerre mondiale se révèle moins dramatique au plan des infrastructures industrielles, mais les dommages sont néanmoins considérables : 1 675 immeubles et édifices publics ont été totalement détruits, 1 709 gravement endommagés, 2 208 plus ou moins touchés[20].

Les restructurations urbaines
Les quartiers de Lille et les grands axes de la trame urbaine

Les premières opérations de restructuration à l’initiative de la puissance publique datent du XVIIe siècle espagnol lorsque le Magistrat fait percer et paver de nouvelles rues et impose un nombre défini de types de constructions. C’est l’époque de l’édification de la Vieille Bourse, de l’essentiel des bâtiments de l’Hospice Comtesse, des bâtiments d’inspiration hollandaise (comme le rang des Arbalétriers) et des maisons à arcures dont on trouve encore de nombreux exemples dans le vieux Lille. La seconde vague survient aussitôt après, avant la fin du siècle, lorsque Louis XIV ordonne la construction d’un nouveau quartier dans les faubourgs annexés qui font face à la citadelle, et se poursuit tout au long du XVIIIe siècle. C’est la naissance du quartier royal, avec ses hôtels particuliers, ses maisons de premier et second rang à un étage et, plus largement, l’édification dans le centre de rangs de maisons de même hauteur à façade identique (rang du Beauregard, rang Anselme Carpentier, rangs de la rue de la Monnaie, maisons de la place aux Oignons, etc.) Une nouvelle vague, déterminante, couvre la seconde moitié du XIXe siècle après l’annexion des communes limitrophes. À la limite sud et ouest de la ville ancienne, de nouvelles avenues larges et rectilignes prennent la place des fortifications démantelées (en particulier, l’actuel boulevard de la Liberté avec la Place de la République en son centre). La ville nouvelle est par ailleurs structurée par un quadrilatère formé par la rue Nationale, le boulevard Montebello et le boulevard Victor Hugo autour desquels se bâtissent des immeubles bourgeois. C’est l’époque de la construction de grands édifices publics (Préfecture, Palais des Beaux-Arts) et des quartiers universitaires, catholique dans le quartier Vauban, laïc dans le quartier Saint-Michel. C’est aussi l’époque du percement de l’actuelle rue Faidherbe, qui relie la gare à la Grand Place, puis de l’actuelle avenue de la République, qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing, prolongée par le boulevard Carnot jusqu’à la Grand Place, et qui entraîneront d’importantes destructions de la ville ancienne[21]. C’est enfin l’époque où la plupart des nombreux canaux à ciel ouvert disparaissent et où se met en place un système de voirie. En revanche, dans les quartiers qui échappent à ces opérations urbanistiques d’envergure, c’est le développement anarchique de l’habitat ouvrier qui se déploie à proximité d’usines qui ne cessent de grandir. Le XXe siècle, enfin préoccupé de salubrité publique, devra, pour faire face au problème récurrent du logement exacerbé par les destructions des deux guerres, composer avec cet état de fait, souvent en procédant à des destructions massives avant que ne s’impose l’idée de préservation du patrimoine[22]. Ce sera le cas pour l’ancien quartier Saint-Sauveur, déjà partiellement démoli lors de l’édification du nouvel hôtel de ville dans les années 1920, et complètement rasé dans les années 1960 pour faire place à de nouvelles voies et à des ensembles immobiliers modernes.

Les quartiers de Lille

Contrairement à la plupart des villes médiévales, Lille ne s’est donc pas développée de manière circulaire autour d’un hyper-centre, mais par la construction de quartiers entiers et en absorbant des villes avoisinantes. C'est pourquoi elle se présente plutôt comme une mosaïque de quartiers, avec chacun une physionomie et un dynamisme propre.

Vient d'abord le cœur historique qui constitue aujourd'hui une partie des quartiers du Vieux-Lille et de Lille-Centre. Ces deux quartiers couvrent toutefois également des extensions de la ville des XVIIe siècle au XIXe siècle. Viennent ensuite les quartiers issus des annexions du XIXe siècle, les quartiers des Bois Blancs, de Vauban Esquermes, de Wazemmes, de Lille-Moulins, du Faubourg de Béthune, de Lille-Sud, de Saint-Maurice Pellevoisin et de Fives. Viennent enfin les communes associées au XXe siècle, Hellemmes à l'est et Lomme à l'ouest.

Les quartiers défavorisés correspondent plus particulièrement à un croissant s’étendant au sud de la ville et, ponctuellement, à l'est et à l'ouest[23]. Les quartiers de Moulins, Faubourg de Béthune et Lille-Sud sont classés zones franches urbaines et hébergent environ 15 % de la population de la ville[24]. À l'exception de Moulins, ces quartiers peinent à se développer malgré les efforts de la municipalité.

Les quartiers du Vieux-Lille, de Wazemmes et de Saint-Maurice Pellevoisin connaissent une évolution particulièrement dynamique. Les raisons de ces évolutions sont variées. On peut citer principalement la beauté et la richesse historique pour le Vieux-Lille, la vivacité de la vie associative et artistique pour Wazemmes et la proximité de nouvelles infrastructures commerciales et de transports (Euralille, Gare de Lille-Europe) pour Saint-Maurice Pellevoisin.

La conurbation

Lille est située au sud d’une vaste conurbation transfrontalière. Tout au long de son histoire, Lille s’est trouvée enfermée dans ses fortifications. Des communes puissantes se sont alors développées dans les environs de la place forte, en particulier au cours de la révolution industrielle : si, entre 1861 et 1931, Lille enregistre une croissance de 50 % de sa population, c’est un doublement que connaît sa banlieue[25] tandis que les populations de Roubaix et Tourcoing se trouvent multipliées par 2,5. Aujourd'hui, selon l'Atlas transfrontalier de l'Insee[26], l'ensemble formé par l'agglomération transfrontalière lilloise comprend environ un million d'habitants côté français et 1,2 million d'habitants si l'on intègre le semis de villes frontalières côté belge telles que Mouscron, Comines, Wervik, etc. L'agglomération multipolaire dont fait partie Lille est ainsi la quatrième agglomération française (par sa population) derrière celles de Paris, Lyon et Marseille.

Cette agglomération appartient également à une vaste conurbation qui s’étend en Belgique avec, notamment, les villes de Courtrai, Tournai, Roulers, Mouscron, Ypres et Menin, totalisant plus de 1,9 million d’habitants[27]. Elle a donné naissance, en janvier 2008, au premier groupement européen de coopération territoriale (GECT), l'Eurométropole Lille Kortrijk Tournai[28].

Logement

En 2006, Lille compte 123 374 logements. Il s'agit, pour 29 176 d'entre eux de maisons et pour 92 244 d'appartements. La plupart des logements lillois sont des résidences principales : il y a 114 191 résidences principales, soit 92,6 % de l'ensemble des logements. On ne compte que 262 résidences secondaires et 988 logements occasionnels. Les logements vacants sont par ailleurs relativement peu nombreux (7 931, soit 6,4 %)[29].

Parmi les résidences principales, 31 646, soit 27,7 %, sont occupées par des propriétaires. Les autres sont louées, et 25 158, soit 22 % du total des résidences principales, sont des logements HLM. Le logement social est présent dans tous les quartiers, jusque dans le centre historique. Mais sa proportion est nettement plus forte au sud et à l'est que dans le centre résidentiel où l'ambition du projet urbain de janvier 2005 est de porter sa part à 20 %[30]. S'agissant du nombre de pièces des résidences principales, 22 296, soit 19,5 %, n'en ont qu'une ; 27 953, soit 24,5 %, en comptent deux ; 23 310, soit 20,5 %, en possèdent trois et 40 643, soit 35,5 %, en possèdent quatre ou plus[31].

Parmi les 114 191 résidences principales, la part des logements récents est importante : 49 087, soit 43 %, datent d'avant 1949 ; 29 879, soit 26 %, datent d'une période comprise entre 1949 à 1974 ; 16 938, soit 15 %, datent de 1975 à 1989 et 18 287, soit 16 %, datent de 1990 à 2006[32].

Si le confort de ces résidences principales reste variable, il a beaucoup évolué au cours des quarante dernières années. En 1968, seuls 48,6 % des logements ont un WC intérieur, 43,4 % une baignoire ou une douche, 33 % le chauffage central[33]. En 2006, 1 996 résidences, soit 1,7 %, n'ont ni baignoire, ni douche, et 4 590 n'ont pas de pièce réservée pour ces installations. Par ailleurs, 71 938, soit 63 %, ont un chauffage central et 39 551, soit 35 %, bénéficient d'un garage ou d'un parking.

Voies de communication et transports

Article détaillé : Transports à Lille.
Piste cyclable avenue de la République qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing

Lille dispose d’une situation géographique privilégiée. Depuis une trentaine d'années, un important réseau de transports s’est développé qui en fait aujourd’hui un carrefour européen, particulièrement au niveau routier et ferroviaire et, dans une moindre mesure, portuaire et aéroportuaire.

Au niveau urbain, Lille dispose d’une ceinture périphérique et d’un réseau relativement dense de voies rapides reliant la majorité des communes de l’agglomération. Les transports en commun (métro, bus et tramway) sont bien développés mais, comme dans la plupart des métropoles, ont l’inconvénient d’être principalement en « étoile », polarisés autour de Lille.

Pour ce qui concerne la ville de Lille proprement dite (hors Hellemmes et Lomme), la dernière enquête de 2006 sur les déplacements fait apparaître une mobilité par habitant plutôt élevée (3,99) par rapport à la moyenne de la Métropole. Le premier mode de déplacement est la marche à pieds qui représente 47 % des déplacements. Le second reste l'automobile avec 33 % des déplacements. Mais les Lillois se déplacent relativement moins en voiture et de moins en moins (-18 % de déplacements par personne en tant que conducteur entre 1998 et 2006). De fait, 41 % des Lillois appartiennent à un ménage qui ne possède pas de voiture. En revanche, ils se déplacent plus en transports collectifs urbains (17 % des déplacements) et en vélo (2 % des déplacements), ces deux modes de transport marquant par ailleurs une nette progression depuis la dernière enquête (+ 46 % pour les transports collectifs et + 39 % pour le vélo)[34].

Depuis le début des années 2000, un effort relativement important de promotion des déplacements en vélo a été entrepris. Le réseau des pistes cyclables totalise ainsi un peu plus de 450 km à l'échelle de la métropole et un maillage complet est prévu à l'horizon 2012[35]. Depuis le 16 septembre 2011, Lille est doté d'un système de vélos en libre service, le V'Lille, qui propose 1 100 vélos répartis sur 110 stations situées à Lille, Mons-en-Barœul et La Madeleine[36]. Le service offre également 3 000 vélos en location longue durée.

Projets d'aménagements

Travaux d'extension d'Euralille à Chaude Rivière en 2009

Lille est actuellement concernée par trois grands projets d'aménagement :

  • le Grand Projet Urbain (GPU)[37]. Il porte principalement sur l'aménagement de l'habitat social et de l'habitat ancien des quartiers de Lille-Sud et de la Porte de Valenciennes à Moulins. Il comprend notamment la construction de 3 400 logements neufs et la reconstruction ou la réhabilitation d'une douzaine d'équipements collectifs. Lancé en 2006, il devrait être achevé en 2012 ;
  • l'aménagement des Rives de la Haute Deûle, entre Lomme et le quartier des Bois Blancs. Il couvre une superficie de cent hectares et est organisé autour de l’aménagement d’un centre d’activités dédié aux NTIC, qui accueille le pôle d'excellence Euratechnologies, et de la création d’un parc urbain[38]. Initié en 2004 par la création de la ZAC des Rives de la Haute Deûle, il devrait s'achever en 2012 ;
  • l'extension d'Euralille, depuis le nord de la gare Lille-Europe jusqu'à la gare de fret Saint-Sauveur[39]. Le programme porte notamment sur l'extension du Grand Palais et l’implantation d'un casino tandis que la réalisation d'Euralille 2, qui accueille en particulier le nouvel Hôtel de Région et environ 800 logements, s'est achevée en 2010.

Un quatrième projet engagé dès 1994 se poursuit par ailleurs. Il s'agit du parc Eurasanté, destiné à accueillir des entreprises dans la filière de la biologie, des biotechnologies et de la santé. Le périmètre actuel du parc est de 130 hectares qui devraient être portés à 170 hectares d'ici à 2020. Le programme à l’horizon 2015 devrait comprendre 300 000 à 345 000 m2, de bureaux et laboratoires, mais aussi un centre de service, une résidence hôtelière et des logements[40].

Une partie de la friche de l'ancienne gare Saint Sauveur

Parmi les grands projets qui restent encore largement à définir, on peut citer la reconversion de l'emprise de l'ancienne gare Saint-Sauveur dans le centre (environ 20 hectares), et celles des friches de Fives Cail Babcock à Fives (une vingtaine d'hectares également) et de l'ancienne filature Mossley à Hellemmes (3,2 hectares). Cette dernière a toutefois donné lieu à la création d'une ZAC en 2006, la ZAC du Parc de la Filature, qui propose notamment la construction de 260 logements, un espace vert public de 5 000 m², une médiathèque, une crèche et une résidence-service pour personnes âgées[41].

Enfin, des études concernant la remise en eau de certains des anciens canaux sont en cours. Il s'agit principalement de la remise en eau de la basse Deûle dans le Vieux-Lille, actuellement avenue du peuple Belge. Une première partie devrait concerner la jonction de l'avenue, en face de l'ancien hospice général, avec le cours actuel du canal dans la ville de Saint-André-lez-Lille[42]. Le canal du Cirque, qui entourait la cathédrale, le canal Saint-Pierre et l'abreuvoir Saint-Jacques pourraient aussi faire partie du projet, comme la reconstruction du moulin Saint-Pierre, avec ses trois roues à aube, dont seule subsiste la façade, rue de la Monnaie.

Toponymie

Le nom de la ville provient de sa situation géographique : une île sur la Deûle où la ville a été fondée. Elle est ainsi successivement nommée Isla dans la charte de 1066, Insula en 1104, castro Insulano en 1177 et Lysle en 1259[43]. Elle sera ensuite appelée L’Isle en vieux français pour devenir finalement Lille.

Histoire

Article détaillé : Histoire de Lille.

Lille possède une longue histoire et une riche tradition de résistance armée. C'est notamment la ville la plus assiégée de France[44] et ses canonniers constituaient une confrérie très respectée. Voici ci-dessous les périodes et les faits historiques les plus marquants de la commune[45].

Héraldique

Grandes Armes de Lille d'après Robert Louis

Grandes Armes de Lille d'après Robert Louis.


Armes de Lille

Les armes de Lille se blasonnent ainsi : De gueules à la fleur de lys florencée d'argent.

Le blason de Lille date de 1199. Il porte alors une fleur de lys à cinq feuilles ou pétales. La fleur de lys à trois branches apparaît en 1235 sur la charte de Jeanne de Flandre[46]. Ces armes figureraient la ville, lilia en latin signifiant lys, florencé pour rappeler l'iris d'eau qui poussait dans les marais qui entouraient la ville[47]. Son dessin actuel date de 1926.

Armes impériales de Lille

Lille a connu d'autres blasons. En 1811, Napoléon Ier a donné à la ville de Lille des armes impériales[48] : coupé d'azur et de gueules, l'azur au drapeau en lance d'argent orlé d'or ; la gueule à la ville fortifiée et bombardée, le tout d'argent au chef cousu des bonnes villes. De tels écus sont encore visibles au niveau du dôme de la Poste située place de la République et sur la façade de la préfecture (fronton de l'aile nord).

Armes de Lille sous la 3 ème République

Sous la 3ème République, les abeilles (symbole impérial) seront remplacées par des étoiles. En 1901, le maire de Lille, Gustave Delory, rétablira finalement le blason initial[49].

Les origines

Lille aurait, selon la légende, été fondée en 640 par Lydéric. Toutefois elle n’apparaît dans les archives qu’à partir du XIe siècle[50]. Le site actuel de la ville recèle des traces d’occupation antérieure (préhistoire, époque gallo-romaine, mérovingienne, carolingienne) mais les vestiges retrouvés ne disent rien de l'urbanisation à ces époques, même s'il semble probable qu'un hameau existait au moins à l'époque romaine. Il porta peut être le nom de Treola (Treille en latin), domaine viticole mentionné à l'époque carolingienne et vocable sous lequel la Vierge est honorée à Lille. Les conditions de la naissance de la ville restent ainsi un sujet controversé, création ex nihilo de Baudouin V de Flandre pour certains, lente évolution d'un domaine rural de l'époque carolingienne pour d'autres[51].

Le Moyen Âge

Le comté de Flandre, dont Lille devient l'une des capitales avec Gand, Bruges et Saint-Omer, est constitué progressivement à partir de 866 par Baudouin Ier de Flandre.

En 1066, lorsque le comte Baudouin V de Flandre établit la grande charte de dotation de la collégiale Saint-Pierre, Lille est déjà une petite ville avec remparts, accolée à son château fort, le château de la Motte-Madame, et qui commence à se développer autour du faubourg marchand de la paroisse Saint-Étienne, situé au sud du castrum. À l'est, le village de Fins possède, lui aussi, une église, l'église Saint-Maurice. Il sera intégré à Lille au cours du siècle suivant[52].

La ville se développe grâce à son emplacement privilégié de traversée de la Deûle, au blé qu’on récoltait alentour en abondance et à ses relations avec les autres villes du prospère Comté de Flandre. Une foire au drap est ainsi fondée au XIIe siècle.

En 1127 et 1128, Lille connaît ses premiers sièges par les armées du Roi de France, Louis VI de France, lors des affrontements entre Guillaume Cliton, fils du duc de Normandie, et Thierry d'Alsace, comte d'Alsace, pour la succession du comté de Flandre.

En juin 1213, c'est Philippe Auguste qui fait le siège de Lille et remporte la ville en trois jours. Elle est reprise par Ferrand de Portugal en septembre de la même année, puis par Philippe Auguste qui incendie la ville, avant de remporter, l'année suivante, la bataille de Bouvines.

À partir de 1214, Jeanne de Flandre s'emploie à reconstruire la ville et ses fortifications. Elle fonde notamment l'hôpital Saint-Sauveur et l'hospice Comtesse.

Lille est réunie une première fois au domaine royal en 1304. Entre 1297 et 1304, Lille a connu trois sièges, par les armées de Philippe le Bel d'abord, lors des affrontements qui l'opposent à Guy de Dampierre, par Jean Ier de Namur ensuite, lors des évènements qui font suite aux matines de Bruges et à la bataille de Courtrai (1302), puis de nouveau par Philippe le Bel après la bataille de Mons-en-Pévèle.

En 1369, Lille est cédée par le Roi Charles V de France, avec Douai et Orchies, à Philippe II de Bourgogne lorsqu'il épouse la fille de Louis II de Flandre, Marguerite III de Flandre. S'ouvre alors une période de prospérité au cours de laquelle Lille devient une des trois capitales des possessions du duc de Bourgogne, avec Dijon et Bruxelles. Elle devient aussi un pôle administratif de premier plan et accueille la Cour des comptes de l'État bourguignon. Le premier chapitre de l'ordre de la toison d'or est constitué à Lille en 1431.

En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne épouse Maximilien Ier du Saint-Empire et apporte la ville aux Habsbourg. Lille rejoint ainsi le Saint-Empire romain germanique et partage le destin des Pays-Bas pendant plus de 150 ans.

L'époque moderne

En 1549, Charles Quint promulgue la Pragmatique Sanction qui confère une large autonomie aux Dix-sept Provinces des Pays-Bas dont fait partie le comté de Flandre. Elles deviennent pleinement espagnoles en 1556, lorsque Charles Quint transmet la couronne d'Espagne à Philippe II d'Espagne.

Au XVIe siècle, Lille est touchée par les guerres de religion. Dès 1533, deux protestants sont brûlés sur la Grand Place et trois autres décapités. Une première vague de répression survient en 1555, puis la guerre des Hurlus (rebelles protestants) à partir de 1560 ; ils tentent de prendre Lille en 1580 et 1582.

En 1581, les sept provinces à majorité protestantes, situées au nord des Pays-Bas, font sécession et constituent les Provinces-Unies par l'Acte de La Haye. Les dix provinces catholiques, ou Pays-Bas du Sud, dont Lille est l'une des capitales, restent sous le contrôle de la couronne d'Espagne.

En dépit d'une prospérité retrouvée, la première moitié du XVIIe siècle est marquée par le retour de la peste, à plusieurs reprises entre 1603 et 1636, et des crises de subsistance. Puis par le retour de la guerre. En 1635, la guerre franco-espagnole éclate et les faubourgs de Lille sont ravagés par l'armée française en 1645. Elle s'achève en 1659 par le traité des Pyrénées qui donne l'Artois à la France tandis que Lille reste à l'Espagne.

Le Roi Philippe IV d'Espagne meurt en 1665 et Louis XIV réclame la Flandre au nom de son épouse, l'infante Marie-Thérèse d'Autriche. En 1667, en huit jours (19-27 août), Lille est prise par les armées françaises menées par Sébastien Le Prestre de Vauban, simultanément avec Douai[53]. Son rattachement au Royaume de France est officialisé le 2 mai 1668, par le traité d’Aix-la-Chapelle. La même année, Vauban commence à fortifier la ville et est nommé gouverneur de la citadelle[54]. En 1672, Charles de Batz de Castelmore d'Artagnan est brièvement gouverneur de la ville.

En 1708, la citadelle capitule devant John Churchill Duc de Marlborough au terme de plus de trois mois de combats lors de la guerre de Succession d'Espagne, après la bataille d'Audenarde et la défaite française de Wattignies. La ville reste aux mains de la coalition européenne jusqu'aux traités d'Utrecht de 1713.

En 1789, Lille, restée profondément catholique, ne connaît pas de véritable révolution populaire, bien que des émeutes éclatent comme ailleurs[55]. En 1790, a lieu l'installation de la première municipalité élue.

En 1792, la Révolution française pousse les Autrichiens, alors présents dans les Provinces-Unies, à assiéger Lille le 20 avril. La ville est sévèrement bombardée en septembre de la même année, mais la résistance des Lillois et la pression des armées révolutionnaires conduisent Albert de Saxe-Teschen à lever le siège le 8 octobre.

L'époque contemporaine

La ville en ruines pendant la Première Guerre mondiale.
La rue Faidherbe dévastée, en 1915.

Au début du XIXe siècle, la ville s’industrialise : le blocus continental stimule son industrie textile et la ville passe de 53 000 habitants en 1800 à 200 000 en 1891.

En 1832, lorsque la ville est touchée par une première épidémie de choléra, elle compte déjà près de 70 000 habitants. La moitié de la population appartient à la classe ouvrière. Elle est essentiellement occupée dans le travail du coton et du lin, pour moitié en usine et pour moitié à domicile (dentellières, brodeuses, tisserands, cardeurs, etc.). Il s'agit d'une population pauvre qui habite principalement les quartiers de Saint-Sauveur et de Saint-Maurice dans des conditions de logement épouvantables. Le chômage est élevé et environ 30 % de la population lilloise est considérée comme indigente et est aidée par le Bureau de Bienfaisance[56].

En 1858, la ville, surpeuplée, s'étend. Elle absorbe les communes de Wazemmes, Esquermes, Moulins et Fives et un vaste programme de restructuration urbaine est entrepris afin de les intégrer et de faciliter les communications. Il se poursuit pendant près de cinquante ans.

En 1866, une épidémie de choléra démarre dans le nord de la France, depuis le port de Dunkerque. Elle durera de mai à novembre dans l'arrondissement, où elle entrainera le décès de 6 819 personnes[57].

Le 23 juillet 1888, la chorale de la Lyre des Travailleurs, réunie dans l'estaminet A la Vignette à Lille, interprète pour la première fois le chant de l'Internationale.

En 1896, Gustave Delory est le premier maire socialiste de France. À cette époque, Lille compte une vingtaine de filatures occupant plus de 15 000 ouvriers, une activité de tissage plus modeste qui en occupe 5 000, une activité de confection qui en fait la première place de France. À côté de cette prééminence des industries du textile et de l'habillement, la métallurgie emploie également près de 15 000 ouvriers tandis que la chimie commence à se développer[58]. Mais les conditions de vie de la masse de la population restent terriblement dégradées : en 1900, Lille enregistre le plus fort taux de mortalité infantile en France, de l'ordre de 30 %[59].

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville est occupée par les Allemands d’octobre 1914 à octobre 1918[60]. Durant cette période, elle est endeuillée et pour partie détruite par la violente explosion du dépôt de munition dit « des dix-huit ponts », dont le bruit est entendu jusqu'au milieu des Pays-Bas. C'est à Lille que fut mis en place le principal réseau de renseignement à l'arrière des lignes allemandes. Créé fin 1914, il est dirigé par Louise de Bettignies. Un monument lillois rend hommage aux fusillés de ce réseau de résistance. Les Anglais du général Birdwood entrent dans Lille le 17 octobre 1918. Au sortir de l'occupation, la ville est ruinée, l'essentiel des équipements industriels ayant été pillés ou détruits, les infrastructures routières et ferroviaires très gravement endommagées.

En dépit de l'ampleur des reconstructions nécessaires, la période de l'entre deux-guerres reste marquée par l'incidence du développement du machinisme sur l'emploi local et par une succession de crises conjoncturelles jusqu'au début des années 1930, où la ville est durement touchée par la Grande Dépression : un tiers des Lillois est dans la misère en 1935[61].

La prise de la poche de Lille le 31 mai 1940 livre la ville aux Allemands. Elle est rattachée au commandement allemand de Bruxelles et ne relève pas du régime de Vichy. Totalement coupée du reste de la France, la région constitue une « zone interdite ». Elle reste profondément marquée par l’occupation allemande de la Première Guerre mondiale et des petits groupes de résistance se constituent dès juillet 1940. Après de furieux combats entre Allemands en déroute et Forces françaises de l'intérieur, Lille est libérée le 3 septembre 1944, de nouveau par les Britanniques.

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville se reconstruit sur ses industries traditionnelles (dont le textile) et doit affronter les crises industrielles à partir des années 1970. Dans ces années de crise, le patrimoine architectural est malmené. Il faut attendre les années 1990 pour que les Lillois prennent conscience de sa valeur et se remettent à le promouvoir.

Dans les années 1990, la ville se modernise (Euralille, LGV Nord, etc.) et joue de sa position géographique pour tenter de s'imposer comme plaque tournante du commerce entre le Royaume-Uni, le Benelux et la France.

Politique et administration

En 2010, la commune de Lille a été récompensée par le label « Ville Internet @@@@[62] ».

Tendances politiques

Politiquement, Lille est une ville de gauche, les électeurs ayant majoritairement voté socialiste et communiste pour les élections municipales depuis la fin du XIXe siècle, après l'élection en 1896 de Gustave Delory, membre du Parti ouvrier français. Depuis lors, les maires qui lui ont succédé se sont pour la plupart réclamés d'une sensibilité de gauche. On peut citer comme maires membres de la Section française de l'Internationale ouvrière, Roger Salengro, Alexandre Bracke-Desrousseaux, suivis de Charles Saint-Venant et Denis Cordonnier. La transition entre la SFIO et le Parti socialiste se produit lors du mandat du maire Augustin Laurent qui connut comme successeurs Pierre Mauroy, ancien premier ministre, et Martine Aubry, ministre du Gouvernement Jospin et Premier secrétaire du Parti socialiste.

À l’élection présidentielle française de 2007, le premier tour[63] a vu arriver en tête Ségolène Royal avec 32,98 %, soit 31 574 voix, suivie de Nicolas Sarkozy avec 26,40 %, soit 25 275 voix, suivi de François Bayrou avec 18,53 %, soit 17 742 voix, et enfin de Jean-Marie Le Pen avec 9,13 %, soit 8 742 voix, aucun autre candidat ne dépasse le seuil des 5 %. Au second tour[63], les électeurs ont voté à 55,92 %, soit 52 874 voix, pour Ségolène Royal contre 44,08 %, soit 41 680 voix, pour Nicolas Sarkozy, résultat inverse de celui de la moyenne nationale[64] qui fut, au second tour, de 53,06 % pour Nicolas Sarkozy et 46,94 % pour Ségolène Royal. Pour cette élection présidentielle, le taux de participation a été très élevé. On compte alors 122 606 inscrits sur les listes électorales lilloises. 80,04 %, soit 98 132 électeurs, ont participé aux votes, le taux d’abstention fut de 19,96 %, soit 24 474 électeurs, 3,65 %, soit 3 578 électeurs, ont effectué un vote blanc ou nul et enfin 94 554 suffrages, soit 77,12 %, ont été exprimés.

Administration municipale

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du conseil municipal de Lille :

Groupe Président Effectif Statut
Majorité PS-PCF-Verts-MoDem-DVG Martine Aubry 51 majorité
Union pour un mouvement populaire (UMP) Sébastien Huyghe 10 opposition

Les maires de Lille

Article détaillé : Liste des maires de Lille.

À l’avènement de la commune en 1235, grâce à une charte octroyée par Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre, les pouvoirs réglementaire, exécutif et judiciaire dans la cité sont exercés par le « Magistrat », composé initialement de 25 puis de 33 membres temporaires et dix officiers permanents. Les membres temporaires, renouvelés à chaque Toussaint, étaient choisis pour 25 d'entre eux par quatre commissaires (le gouverneur, l’intendant et deux gentilshommes de la ville) désignés d'abord par le Comte de Flandre, puis par le Roi, et, lorsque leur nombre est passé à 33, pour les 8 autres par les curés des anciennes paroisses de la ville (Saint-Pierre, Saint-Étienne, Saint-Sauveur et Saint-Maurice). C'est parmi les membres temporaires choisis par les commissaires que figuraient les douze échevins, dont le premier était le « Mayeur » et le second le « Cottereau », qui désignaient à leur tour le « Rewart », chef de la police urbaine. Ce système restera en vigueur jusqu'à la Révolution, Charles Quint en 1516, puis Louis XIV en 1668, ayant juré de respecter la constitution urbaine lilloise portant sur les « franchises, lois et coutumes[65] ».

Liste des maires récents de Lille
Période Identité Étiquette Qualité
1955 mars 1973 Augustin Laurent Parti socialiste Résistant
Ancien ministre
Ancien député du Nord
Ancien Président du Conseil général du Nord
mars 1973 mars 2001 Pierre Mauroy Parti socialiste Ancien Premier ministre
Sénateur du Nord
Ancien Président de Lille Métropole Communauté urbaine
Député de la Première circonscription du Nord (Ve, VIe, VIIIe et IXe législature)
mars 2001 en cours Martine Aubry Parti socialiste Présidente de Lille Métropole Communauté urbaine depuis 2008
Vice-présidente de l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai
Première secrétaire du Parti Socialiste Français

Finances publiques et fiscalité

Le budget principal de la commune pour l'année 2007 s’est élevé à 274 millions d'euros pour le fonctionnement et à 101,5 millions d'euros pour l'investissement. L’investissement est constitué de 67,8 millions d’euros de dépenses d’équipement et de 32,8 millions d’euros de remboursement d’emprunt. La ville s’est en effet engagée dans une démarche de désendettement depuis 2005, et l’endettement a été ramené de 209 millions d’euros en 2004 à 159 millions d’euros en 2007, soit 727 euros par habitant, sensiblement au-dessous de la moyenne de la strate des communes de plus de 100 000 habitants (1 078 €/hab en 2007). De fait, le montant des investissements d’équipement par habitant, soit 309 € en 2007, est généralement un peu inférieur à celui de la moyenne de la strate (346 € en 2007). Au total, le budget de la commune ne présente pas de déséquilibre significatif et dégage régulièrement une Capacité d'autofinancement de l’ordre de 40 millions d’euros par an (elle est exceptionnellement élevée en 2007 à 67,1 millions d’euros)[66].

Les taux d’imposition locaux sont parmi les plus élevés de France, en particulier pour la taxe d’habitation. Toutefois, le niveau moyen de prélèvement par habitant n’est pas très éloigné de la moyenne de la strate (soit, en 2007, 229 €/hab pour la taxe d’habitation et 251 €/hab pour la taxe foncière sur le bâti). La taxe professionnelle n’est pas perçue par la commune mais par la communauté urbaine (régime de la Taxe Professionnelle Unique).

Fiscalité directe 2007

Taxe Taux Euros par habitant
d'habitation 34,00 % 282
foncière sur le bâti 24,03 % 232
foncière sur le non-bâti 16,65 % 1
professionnelle (23,78 %)
Sources des données : Site du ministère de l'Intérieur, Fiscalité locale[67].
Taxes en pourcentage de la valeur locative cadastrale

Instances judiciaires et administratives

Longtemps, Douai et Lille ont été rivales, pour la suprématie commerciale d'abord, puis administrative. Aujourd'hui, Lille est la préfecture de la région Nord-Pas-de-Calais et du département du Nord. À ce titre, elle concentre la plupart des activités liées à la représentation de l’État au niveau régional et départemental. Mais c'est Douai qui a reçu le Parlement de Flandres en 1713 et qui est actuellement encore le siège de la cour d'appel de la région Nord-Pas-de-Calais.

La ville de Lille possède un tribunal de grande instance, un tribunal d'instance, un tribunal correctionnel, un tribunal de police, un Tribunal administratif, un tribunal des affaires de Sécurité sociale, un Tribunal de commerce et un Conseil de Prud'hommes. C'est aussi le siège de la Direction interrégionale des services pénitentiaires et de la Direction départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse.

Elle accueille également de nombreuses autres administrations, en particulier :

Principal pôle de décision de la région Nord-Pas-de-Calais et du département du Nord, Lille cumule également des fonctions correspondant à tous les niveaux d’organisation administrative du territoire (Conseil régional, Conseil général, communauté urbaine, etc.).

Extension lilloise

Depuis le milieu des années 1960, les différents maires de Lille ont cherché la fusion volontaire et concertée des communes limitrophes. Il s’agit du projet du Grand-Lille, projet qui se base sur un constat simple, et qui sera constamment repris par Augustin Laurent, Pierre Mauroy puis Martine Aubry : Lille, capitale du Nord-Pas-de-Calais, pèse moins de 200 000 habitants sur moins de 2 500 hectares. Pour affirmer son rôle de leader, être en capacité de se développer et entraîner dans son sillage l’ensemble de la métropole, Lille doit s’agrandir.

En 1966-1967, la proposition d’Augustin Laurent comprend Ronchin, Lezennes, Hellemmes et Lomme, mais les maires rejetèrent tous la proposition. En 1976, Pierre Mauroy propose une association-fusion à cinq communes voisines : Ronchin, Hellemmes, Lezennes, Mons-en-Barœul et Villeneuve-d'Ascq. Seule Hellemmes accepte et en avril 1977, le rapprochement est officialisé. Martine Aubry propose une association en 2000 à la ville de Lomme, et le 22 février 2000, le Conseil d'État donne le feu vert à l'association. Lille dépasse enfin les 200 000 habitants sur près de 3 500 hectares.

Depuis, l'agrandissement semble arrêté, l'absorption de nouvelles communes nécessitant désormais une ratification par référendum des populations concernées. Lors du processus de fusion association par accord des deux maires de Lille et de Lomme en 2000, les maires des 12 communes alentours, pour dénoncer l'absence de démocratie participative, ont effectué des référendums au sein de leurs communes sur une éventuelle fusion avec Lille. Le taux le plus élevé pour une fusion a été à La Madeleine avec 16 % de votes favorables[68].

Autre sujet de controverse, les deux dernières fusions sont dénoncées comme étant en fait un acte de manipulation de la carte électorale destiné à maintenir la ville à gauche et éviter les risques de virement à droite dus au relatif embourgeoisement de Lille au cours des dernières décennies.

Extension de l'influence de la ville

Dès 1905, quelques membres de la Chambre de commerce de Lille et un groupe d’ingénieurs des travaux publics lancent l’idée d’une fusion des villes de Lille, Roubaix et Tourcoing. Mais c’est Lille qui est engoncée dans ses fortifications tandis que Roubaix et Tourcoing sont alors au sommet d’un développement industriel qui semble sans limites. Elles ne songent pas un instant à s’unir à leur voisine et rivale[25]. Il faudra ainsi attendre 1967 pour que le gouvernement décide seul, sans concertation des élus locaux, la création de la communauté urbaine Lille-Roubaix-Tourcoing[69]. Depuis lors, sous l'action d'Augustin Laurent (plusieurs fois ministre) puis de Pierre Mauroy dans ses différentes fonctions (sénateur du Nord, président de Lille Métropole Communauté urbaine, ancien Président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et ancien Premier ministre), l’influence de Lille s'est considérablement accrue au sein de l'agglomération, puis du département, de la région et au-delà.


Accusée de lillo-centralisme par ses détracteurs, Lille est le siège de nombreuses institutions qui, pour certains, entretiennent une confusion entre l'influence de Lille et celle de la communauté urbaine, confusion qui serait renforcée par la volonté de la communauté urbaine de communiquer sous l'appellation de Lille Métropole (ou même de Lille tout court) concernant les projets auxquels elle apporte son soutien. On peut citer ainsi :

Pour autant, formellement, Lille et la communauté urbaine Lille Métropole ne peuvent être confondues, dans la mesure où, contrairement aux autres communautés urbaines, celle de Lille a pour spécificité que la ville-phare représente moins de 20 % de la population globale.

Liste des cantons

Les cantons de Lille (hormis celui de Lomme)

Lille est divisée en neuf cantons :

Sécurité

L'effectif total de policiers de la circonscription de police de Lille (qui excède la seule commune de Lille puisqu'elle couvre une population de plus de 550 000 habitants) s'établissait en 2008 à 1 381 (ADS compris)[71].

La même année, le taux de criminalité de la circonscription a été de 109,87 actes pour mille habitants[72], en troisième position des douze villes françaises de plus de 250 000 habitants, après Nice (114,32) et Marseille (114,04), au même niveau que Paris (109,81). Comme pour toutes les grandes villes françaises, ce taux est sensiblement plus élevé que la moyenne nationale (57,51) et que la moyenne de la région d'appartenance (61,53).

En 2008, le nombre de faits élucidés par policier s'élevait à 11,1, pour une moyenne nationale de 10,6[71].

Politique environnementale

La préoccupation environnementale n'est pas récente puisque dès les années 1860, poussée par le mouvement hygiéniste, la ville tente notamment de déployer une politique d'espaces verts. À cette époque, un plan d'embellissement global de la ville est en particulier élaboré par le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Mais sa réalisation aurait supposé la mise en cause d'une partie des fortifications qui suscite l'opposition des militaires et il ne sera que très partiellement mis en œuvre[73]. De même, la loi de 1919 sur l'aménagement et l'embellissement des villes restera largement lettre morte à Lille faute de moyens[74]. Plus généralement, le développement anarchique de l'industrie et les contraintes économiques et sociales qui en résultent resteront longtemps des freins à la réalisation d'actions d'ampleur. C'est pourquoi, en dépit des besoins manifestes, l'investissement de Lille dans une véritable politique environnementale moderne n'est pas si ancien. Il s'est traduit en particulier par l'adhésion de la ville à la Charte d'Aalborg en novembre 1995, par l'adoption d'un Plan d'action pour le développement durable (PADD) en mars 1999, puis par la signature d'un agenda 21 en juin 2000[75]. Le bilan de l’état d’avancement des 180 projets engagés depuis lors serait en cours de finalisation[76]. Un grand nombre de ces initiatives s'inscrit dans le cadre plus large de la communauté urbaine et certaines sont particulièrement originales, comme par exemple le système de tri sélectif assuré par une Société d'économie mixte, Triselec, qui associe qualité environnementale et économie solidaire[77].

Lille accueille par ailleurs pour la période 2007 à 2010 le Forum mondial de l’économie responsable organisé par le Réseau Alliances en partenariat avec des institutions publiques et privées, dont la ville de Lille et Lille Métropole.

Partenariats européens et internationaux

Lille s'est engagée très tôt dans des relations de jumelages : un an après la signature du Traité de Rome en 1957, la ville décide de mettre en place un jumelage avec une ville de chacun des cinq autres pays signataires du Traité.

Jumelages

Partenariats

Population et société

Démographie

Article détaillé : Démographie de Lille.

Évolution démographique

Lille est la principale ville d'une vaste conurbation transfrontalière qui constitue l'une des zones urbaines les plus peuplées de France et de Belgique avec environ 1 900 000 habitants. Mais Lille, en tant que commune isolée, n'est que la dixième ville de France et une ville européenne de taille très moyenne.

La première expansion démographique remonte aux XIIe et XIIIe siècles, lorsque Lille se constitue en cité marchande : au tout début du XIVe siècle, sa population est déjà estimée à 25 000 à 30 000 habitants[51], si ce n'est 40 000[79]. La seconde expansion vient avec la révolution industrielle, tout au long du XIXe siècle : en moins d'un siècle, la population fait plus que tripler. Après cette très forte expansion, Lille connait trois grands chocs démographiques au XXe siècle. D’abord, celui de la Première Guerre mondiale au cours de laquelle la population est amputée de 40 % et ramenée à 130 000 habitants[80]. Beaucoup de ceux qui sont partis ou ont été déportés (on estime à 9 500 le nombre des déportés de la seule rafle d'avril 1916[81]) ne rentreront pas, et en particulier les 4 442 lillois officiellement morts au combat. Ensuite, celui de la Seconde Guerre mondiale. De nouveau, la population est ramenée à 168 000 habitants en 1941 du fait des morts, des prisonniers et déportés et des 20 000 évacués de 1940[82]. Là encore, beaucoup ne reviendront pas dans une ville dévastée, en proie au chômage et à une sévère crise du logement. Enfin, le choc de la périurbanisation avec la création de la ville nouvelle de Villeneuve-d’Ascq en 1970. Ainsi, entre 1968 et 1990, Lille perd plus de 18 000 habitants en dépit de l’intégration d’Hellemmes (soit une baisse réelle de la population de la ville de l’ordre de 20 %). Et ce n’est que dans le courant des années 1990 que Lille retrouve une croissance significative, due notamment à l’afflux d’une population étudiante.

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Lille depuis cette date :

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 66 761 54 756 61 467 64 291 69 073 72 005 72 537 75 430 75 795
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 78 641 131 727 154 749 158 117 162 775 178 144 188 272 201 211 216 276
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 210 696 205 602 217 807 200 952 201 921 201 568 200 575 188 871 194 616
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 -
Population 193 096 190 546 172 280 168 424 172 142 212 566 226 014 225 784 -
Notes, sources, ...
Sources - Nombre retenu jusque 1962 : base Cassini de l'EHESS[83] et à partir de 1968 : Insee (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[84],[85]
  • Depuis 1977, la population de la ville de Hellemmes entre dans le total de la population.
  • Depuis 2000, la population de la ville de Lomme est comptabilisée dans le total de la population.

Leurs populations s’élevaient, en 1999, à 18 371 pour Hellemmes (population totale) et 27 940 pour Lomme (population sans doubles comptes).

Immigration

Comme toutes les grandes villes européennes, Lille a connu plusieurs vagues d'immigration. La première survient au milieu du XIXe siècle lorsque, après la crise de 1845 en Flandre belge, des milliers de familles franchissent la frontière pour chercher du travail dans les usines textiles du Nord de la France. Sans être aussi importante qu’à Roubaix ou Tourcoing, la population étrangère, essentiellement belge, représente ainsi jusqu’à 25 % de la population lilloise au cours de la seconde moitié du XIXe siècle[86]. Entre les deux guerres, des Italiens et déjà plusieurs milliers de travailleurs maghrébins contribuent au repeuplement. Des Polonais viennent aussi s'installer à Lille, mais moins massivement que dans le Bassin Minier du Nord. Après la Deuxième Guerre mondiale, la ville connaît de nouveau une forte immigration, en provenance du sud de l'Europe (principalement d'Italie et du Portugal) et surtout du Maghreb (essentiellement d'Algérie et du Maroc). L'immigration en provenance de Turquie, de Chine ou d'Afrique noire est plus récente et de moindre ampleur. Au total, les principales vagues d'immigration sont relativement anciennes. En 2006, seuls 9 311 habitants, soit 4,1 % de la population totale, sont français par acquisition et 17 983, soit 8 % de la population totale, sont de nationalité étrangère. Parmi eux, les plus nombreux sont Marocains (5 161) et Algériens (3 779). Viennent ensuite 3 464 Européens, 3 368 Africains (hors Maroc et Algérie) et 2 211 ressortissants d'autres pays du monde[87].

Pyramide des âges

Lille est aussi une ville jeune : la part des moins de 20 ans atteint 24 % de la population, soit un taux proche de ceux de Marseille (23 %) et Nantes (22 %), sensiblement supérieur à ceux de Lyon (21 %) ou Toulouse (19 %)[88]. D’abord en raison d'un solde naturel (naissances - décès) relativement élevé : depuis le début des années 2000, la ville enregistre plus de 3 500 naissances domiciliées à Lille pour un peu moins de 1 600 décès[89]. Ensuite parce que c’est une ville étudiante : 20,8 % de la population est étudiante, taux comparable à ceux de Rennes ou Montpellier, voire de Toulouse (17,8 %), mais très supérieur à ceux de Nantes (15,4 %), Lyon (13,8 %) ou Marseille (10,1 %). Enfin parce que c’est une ville où l’on ne reste pas l’âge de la retraite venu : les plus de 60 ans ne représentent que 13 % de la population de la ville, contre 18 % à Nantes, 19 % à Lyon et Toulouse, 23 % à Marseille.

L'examen de la pyramide des âges de la population lilloise en 2006[90] et la comparaison avec 1982 font apparaître que les classes d'âge les plus nombreuses, qui sont aussi celles qui ont le plus fortement progressé, sont 20 à 24 ans (37 574 individus) et 25 à 29 ans (26 647 individus).

Pyramide des âges en 2006 en nombre d'individus.
Hommes Classe d'âge Femmes
3 594 
75 et +
8 293 
7 518 
60 à 74
9 656 
21 194 
40 à 59
23 466 
46 914 
20 à 39
49 450 
27 531 
0 à 19
28 397 
Pyramide des âges en 1982 en nombre d'individus.
Hommes Classe d'âge Femmes
3 338 
75 et +
8 116 
7 562 
60 à 74
11 571 
15 127 
40 à 59
16 285 
30 153 
20 à 39
30 516 
23 353 
0 à 19
22 503 

Répartition des ménages

En 2006, le nombre total de ménages lillois est de 114 178. Voici ci-dessous, les données en pourcentage de la répartition de ces ménages par rapport au nombre total de ménages.

Les ménages en 2006

Ménages de : 1 personne 2 pers. 3 pers. 4 pers. 5 pers. 6 pers. ou +
Lille 52,2 % 26,0 % 9,6 % 6,6 % 3,3 % 2,2 %
Moyenne Nationale 32,8 % 32,6 % 15,0 % 12,7 % 4,9 % 1,9 %
Sources des données : INSEE[91]

Enseignement

Établissements éducatifs

Les établissements éducatifs de la commune relèvent de l'académie de Lille[92] qui évolue sous la supervision de l'Inspection académique du Nord.

En 2010, la commune compte 50 écoles maternelles, 51 écoles élémentaires, 21 collèges, 16 lycées généraux, neuf lycées professionnels et un EREA. L'enseignement privé sous contrat y tient une part importante puisqu'il concerne neuf collèges, neuf lycées généraux, trois lycées professionnels et une école active bilingue.

Huit lycées comprennent des classes préparatoires aux grandes écoles, soit quatre lycées publics : Faidherbe (filières scientifique, économique, littéraire et commerciale), Berger (filière économique), César-Baggio (filières scientifique et réservée aux techniciens supérieurs), Montebello (filière scientifique) et quatre lycées privés : Saint Pierre (filière scientifique), Ozanam (filière scientifique), Saint Paul (filière économique), Notre Dame de la Paix (filière littéraire et commerciale)[93].

Sont par ailleurs situés dans la commune des établissements des 3 universités lilloises, l'Université Lille I (sciences et technologies), l'Université Lille II (droit et santé), l'Université Lille III (sciences humaines, lettres et arts). Leurs laboratoires contribuent au pôle de recherche et d'enseignement supérieur Université Lille Nord de France.

Les locaux de plusieurs établissements d'enseignement supérieur sont également situés dans la commune : Skema Business School, École des hautes études commerciales du Nord, École supérieure de journalisme de Lille, Institut d'administration des entreprises de Lille, Institut d'études politiques de Lille (« Sciences Po Lille »), Institut d'économie scientifique et de gestion — School of Management, ESME-Sudria, Institut catholique d'arts et métiers. Y sont également situés des laboratoires de recherche de l'École nationale supérieure de chimie de Lille, de l'École nationale supérieure d'arts et métiers et de l'École centrale de Lille.

Vie étudiante

Article détaillé : Études supérieures à Lille.
L'institut catholique de Lille

Au XVIe siècle, c'est Douai qui accueille les facultés nordistes[94]. À cette époque et jusqu'au XVIIIe siècle, Lille ne possède ni université, ni académie, mais seulement quelques collèges enseignant les humanités, successeurs des écolâtres de la collégiale Saint-Pierre de Lille établis depuis le XIIIe siècle.

Au cours du XVIIIe siècle, un enseignement artistique commence à se développer : une école publique de dessin s'ouvre en 1753, une école d'architecture en 1758 et un cours de mathématiques en 1763. Ces trois institutions fusionnent en 1766 pour donner naissance à l'Académie des Arts[95]. De même, des sociétés savantes se créent : d'abord une société littéraire, Le Brunin, fondée notamment par Charles-Joseph Panckoucke, libraire et éditeur de revue ; puis, en 1785, le Collège des Philalèthes[96], fondé par Liborio Valentino, apothicaire à Lille. Issu d'une loge maçonnique, ce collège qui enseigne les sciences et techniques est actif jusqu'à la Révolution française. Il est suivi en 1796 par l'ouverture d'une École centrale[97], dont les enseignements sont assurés au travers de chaires municipales. L'enseignement scientifique est soutenu par la société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille à partir de 1802.

Mais ce n'est qu'au cours du XIXe siècle que la vocation académique de Lille s'affirme. Une école de médecine est mise en place en 1805 ; des cours municipaux de sciences sont établis en 1817 par Charles Delezenne et Frédéric Kuhlmann ; la faculté des sciences de Lille est fondée en 1854 ; une école publique d'ingénieurs est créée en 1854 par la municipalité de Lille et devient en 1860 l'École impériale des arts industriels et des mines[98].

Dès la création de la faculté des sciences, de nombreux bâtiments sont construits pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste Lebas et la rue Jeanne d'Arc, dans le quartier Saint-Michel. C'est là que s'établissent aussi, en 1872, l’École des arts industriels et des mines rebaptisée sous le nom d'Institut industriel du Nord, devenu depuis l’École centrale de Lille, et, en 1874, la faculté de médecine et de pharmacie de Lille.

C'est à la même époque, en 1875, que sont créées les facultés catholiques (droit, lettres et sciences) qui se fédèrent en 1877 sous le terme d'institut catholique de Lille[99], lequel s'installe au cœur du quartier Vauban Esquermes. Toujours présent dans ses locaux historiques, il comprend aujourd'hui six facultés : lettres et sciences humaines, droit, sciences et technologies, médecine, théologie, sciences économiques et gestion, et une vingtaine d'écoles et instituts qui composent la Fédération universitaire et polytechnique de Lille (FUPL, connue sous le nom d'Université catholique de Lille)[100].

La bibliothèque universitaire et la faculté des Lettres de 1895

En 1887, au terme de nombreuses péripéties[101], les facultés douaisiennes de lettres et de droit sont transférées à Lille, mettant un point final à trente ans de rivalités entre les deux villes[102]. Toutes les facultés publiques sont ainsi regroupées à Lille et sont unifiées pour devenir l’université de Lille. Elle est suivie par l’École supérieure de commerce de Lille, fondée en 1892 ; l’École nationale supérieure de chimie de Lille, créée en 1894 en tant qu'Institut de chimie de Lille ; l'Institut Pasteur de Lille, établi en 1898 ; l’antenne lilloise de l’École nationale supérieure d'arts et métiers, créée en 1900[103].

Comme dans le reste du pays, les évènements de mai 1968 entrainent à Lille un déménagement vers des campus modernes en périphérie, de l'École centrale de Lille en 1968, puis de l'École nationale supérieure de chimie de Lille et de l'université entre 1970 et 1974. L’État crée alors à partir de l'université trois entités publiques axées chacune autour d’un campus spécifique : Lille I à Villeneuve-d'Ascq, Lille II à Lille et Ronchin et Lille III également à Villeneuve-d'Ascq.

Cependant, au cours des années 1990, un retour partiel dans Lille s'amorce : l'institut d'administration des entreprises dépendant de Lille I s'implante dans le quartier du Vieux-Lille et, en 1991, l'Institut d'études politiques de Lille s'installe dans le quartier de Moulins où il est rejoint par la faculté de Droit à partir de 1995.

En 2006, l'agglomération de Lille était, après Paris et Lyon, le troisième pôle éducatif de France avec plus de 115 000 élèves, étudiants et stagiaires de plus de 15 ans[104]. Le PRES université Lille Nord de France comprend le Collège doctoral européen Université Lille Nord de France[105], qui regroupe les six écoles doctorales du Nord-Pas-de-Calais, et rassemble 3 000 doctorants.

Cultes

Article détaillé : Liste des lieux de culte de Lille.

Lille est un haut lieu du catholicisme depuis les origines de la ville. Tout au long de son histoire, elle en a connu les excès, comme à l'époque de la Contre-Réforme, mais aussi les avancées avec, par exemple, le catholicisme social d'un Philibert Vrau. C'est également une terre d'immigration qui a amené avec elle un renouveau du protestantisme à partir du début du XIXe siècle, une petite communauté juive au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et une importante communauté musulmane à partir du début du XXe siècle.

Catholiques

La statue de Notre-Dame de la Treille dans la sainte chapelle de la cathédrale

Dès les origines, Lille connaît une vie religieuse intense qui se traduit notamment par la multiplication rapide des paroisses : en 1280, Lille en possède déjà sept[106]. Elle se traduit aussi par la fondation d'un béguinage en 1240 et le développement des fondations religieuses, comme par exemple celle des dominicains, et hospitalières, dont la plus célèbre est l'Hospice Comtesse fondé en 1236. De grandes cérémonies religieuses ponctuent l'année liturgique, notamment autour du culte de Notre-Dame de la Treille, à laquelle une série de miracles est attribuée à partir de 1254.

Entre le milieu du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, Lille devient un bastion de la Contre-Réforme[107]. Cette époque est marquée par l'arrivée des jésuites, des capucins, des augustins, des minimes, des carmes déchaussées, des brigittines, des carmélites, des urbanistes, des célestines, des ursulines, etc. qui partout bâtissent des couvents. En 1634, après quatre siècles de dévotion, la Vierge Marie devient la sainte patronne de la ville sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Treille. Elle est fêtée le dimanche après la Sainte Trinité (fin mai-début juin).

Après la Révolution française et tout au long du XIXe siècle, le militantisme catholique lillois reste très vivace. Il est notamment incarné par une bourgeoisie majoritairement monarchiste mais aussi par une partie du patronat animée d'une conception chrétienne du corporatisme et qui fut à l'origine de nombreuses initiatives comme la création de l'Université catholique de Lille en 1875. Pourtant, ce n'est que le 25 octobre 1913 que l'archidiocèse de Cambrai est divisé en deux pour donner naissance au diocèse de Lille.

Présents à Lille depuis 1224, les dominicains y sont toujours bien implantés grâce à la quarantaine de religieux du couvent Saint-Thomas-d’Aquin. La spiritualité franciscaine est également, et depuis longtemps, ancrée à Lille. Cela est moins vrai, actuellement, pour les frères du premier Ordre stricto sensus mais le Tiers-Ordre, organisé en fraternités laïques franciscaines (près de quatre-vingt membres « gravitant » autour de Lille), reste assez présent[108].

En 2008, Lille est élevée au rang d'archevêché métropolitain, siège de l'archevêque qui a autorité sur les diocèses d'Arras, Cambrai et Lille. En 2011, l'archevêque lance une série d'évènements et de manifestations, devant s'étaler sur trois ans, afin de fêter le centenaire du diocèse en 2013.

Protestants

Les premières traces de la religion luthérienne apparaissent à Lille en 1526. Mais c'est surtout à partir du milieu du XVIe siècle que se développe un important mouvement calviniste. Il sera complètement éradiqué par la répression au cours des décennies qui suivent et, à la fin du siècle, il n'en reste pratiquement pas trace, les survivants se trouvant rejetés dans la clandestinité. Ce n'est ensuite qu'au début du XIXe siècle, en 1804, qu'un lieu de culte est concédé aux protestants qui ne constituent alors qu'une toute petite communauté, principalement étrangère. Elle va se renforcer progressivement avec l'industrialisation et l'arrivée d'entrepreneurs et d'universitaires, puis, à partir de 1871, de réfugiés alsaciens et lorrains. Le protestantisme participe alors au développement du christianisme social et se diversifie avec l'arrivée d'églises adventiste, pentecôtiste, baptiste et de l’Armée du salut. Finalement, Lille serait aujourd'hui la principale zone d'implantation du protestantisme dans le Nord[109].

Orthodoxes

Une petite communauté russe orthodoxe se constitue à Lille après la révolution bolchevique de 1917. La paroisse Saint-Nicolas est fondée en 1925. En 1935, la communauté compte environ 130 membres et, en 1936, l’église Saint-Nicolas est construite dans le quartier de Fives[110]. Jusqu’au début des années 1950, elle accueillera également les fidèles grecs orthodoxes avant qu’ils ne disposent de leur propre lieu de culte, l’église Saint-Paul dans le Vieux-Lille.

Juifs

Ce n’est qu’après la révolution, à la fin du XVIIIe siècle, que les premières traces d’une communauté juive apparaissent à Lille. Mouvante, issue de colporteurs venus des Pays-Bas ou d’Allemagne dont certains se sont fixés et ont été rejoints par leur famille, elle est alors très réduite, de l’ordre de quelques dizaines de familles au début du XIXe siècle. Un local est loué en 1807 pour y établir une première synagogue. Les effectifs de la communauté doublent probablement entre 1810 et 1870 avant de connaître un essor plus significatif à partir de 1871 avec l’arrivée de réfugiés alsaciens et lorrains. Elle sera suivie de l’arrivée de juifs d’Europe centrale et orientale à partir de 1890. Lille devient le siège consistorial du Nord en 1872 et, en 1885, le conseil municipal de Lille concède un terrain rue Jean Bart pour la construction d’une synagogue à la mesure des besoins de la communauté. Elle est inaugurée en 1891. La communauté aura à souffrir d’un certain antisémitisme lors de l’affaire Dreyfus puis des lois de ségrégation et de la grande rafle du 11 septembre 1942 pendant l’occupation allemande. Actuellement, la communauté juive de Lille et ses environs compterait environ 3 000 membres[111].

Musulmans

Une communauté musulmane se constitue à Lille dès le lendemain de la Première Guerre mondiale. Cependant, le fait religieux ne commence à prendre de l’ampleur qu’au cours des années 1960 et une première mosquée officielle, la mosquée El-Forkane, voit le jour en 1972. Elle est installée dans une ancienne chapelle dominicaine, prêtée par les sœurs, qui sera plus tard rachetée par une association de la communauté musulmane. Depuis lors plusieurs mosquées ont été créées et Lille en compte aujourd’hui une douzaine. La grande mosquée, la mosquée Al-Imane, a été notamment fondée en 1982. C’est là que s’est installé, en 2003, le lycée Averroès, premier lycée musulman de France. Elle accueille aussi l’Institut Culturel Al-Imane qui dispense notamment des cours de langue arabe et de religion. Lille compte également, depuis 2006, un institut supérieur de sciences humaines et de théologie musulmane, l’institut Avicenne des Sciences Humaines[112].

Manifestations culturelles et festivités

La rue Faidherbe lors de la Braderie en 2005
On peut danser le tango dans la Vieille Bourse les dimanches soir d'été

Chaque année, le premier week-end de septembre, la ville organise la grande Braderie de Lille, l'un des plus grands rassemblements de France et le plus grand marché aux puces d'Europe. Ses origines remontent au XIIe siècle et elle reçoit de nos jours environ deux millions de visiteurs chaque année[113].

La ville accueille par ailleurs régulièrement plusieurs festivals de cinéma, de musique ou encore de photographie :

Ainsi que des évènements à caractère plus local :

Lille Grand Palais accueille également de nombreux salons et expositions périodiques parmi lesquels, depuis 2008, la Foire Européenne de l’Art Contemporain Lille Art Fair, en avril.

Santé

La tradition hospitalière lilloise remonte aux origines de la cité, qui se confondent pratiquement avec la fondation des premiers hospices[114]. Aujourd'hui, Le Centre hospitalier régional universitaire de Lille est le plus important établissement hospitalo-universitaire au Nord de l’Europe. Chaque année, il assure plus de 1 000 000 de consultations et près de 100 000 hospitalisations[115]. Premier employeur de la région avec 12 600 professionnels de la santé en 2009, il couvre 12 hôpitaux spécialisés[116]. Il est inscrit dans un campus hospitalo-universitaire, constitué des facultés de médecine, de chirurgie dentaire et des sciences pharmaceutiques et biologiques de Lille, et dans le parc Eurasanté, qui compte une centaine d'entreprise des secteurs de la biologie et de la santé. Certifié de niveau 1 par la Haute Autorité de Santé, le CHRU forme par ailleurs un millier d'élèves hospitaliers par an et concentre ses activités de recherche sur un certain nombre de thèmes d’excellence (plus particulièrement, le cancer, les maladies cardiovasculaires et métaboliques, les maladies neurologiques et mentales et les maladies inflammatoires et infectieuses).

Au côté de cet important dispositif public, Lille compte également une quinzaine d'établissements privés, dont les plus importants sont le Groupe Hospitalier de l'Institut catholique de Lille et les polycliniques de La Louvière et du Bois.

Sports

Clubs professionnels ayant joué ou jouant à Lille
Équipe Sport Fondé en Ligue Stade
Sporting Club fivois Football 1901 Fusion avec l'Olympique lillois en 1944 Stade Virnot
Olympique lillois Omnisports 1902 Fusion avec le Sporting Club de Fives en 1944 Stade Henri-Jooris
LOSC Lille Métropole Football 1944 Championnat de France de football Stadium Lille Métropole à Villeneuve-d'Ascq
Lille Université Club Omnisports 1921 Nombreuses sections professionnelles Selon discipline
Lille Métropole Rugby Club Rugby à XV 1996 Championnat de France de rugby à XV de 1re division fédérale Stade des Ormes à Lomme (et bientôt le Stadium Lille Métropole voir ci-dessous)
Lille Métropole Hockey Club Hockey sur gazon 1924 Division élite de hockey sur gazon Selon discipline (out/in door)
ASPTT Lille Métropole Omnisports 1922 Nombreuses sections professionnelles Selon discipline
Lille Métropole Athlétisme Athlétisme 2006 Fusion de l’ASPTT Lille et de l’US Tourcoing Stadium Lille Métropole à Villeneuve-d'Ascq
Lille Métropole Basket Clubs Basket-ball 1994 Pro B (basket-ball) Palais des sports Saint Sauveur

La ville de Lille, comme de nombreuses villes françaises, connaît en raison de contraintes en termes d'emplacement disponible et de transport, de recours d'associations NIMBY, et d'un transfert de compétences des infrastructures sportives des mairies vers la communauté urbaine, un départ des équipes vers les communes limitrophes :

À côté du Lille Métropole rugby club, Lille compte de nombreux clubs amateur de haut niveau, avec notamment le Tennis Club Lillois, le Lille Métropole Natation, ou l'OSM Lomme Lille Métropole (handball).

Chaque année, le semi-marathon de Lille fait l'ouverture de la braderie de Lille. Le marathon de la Route du Louvre, qui relie Lille à Lens, connaît aussi un grand succès depuis sa première édition en 2006. Il s'accompagne de randonnées familiales très fréquentées.

Le 6 août 2008, Lille décide de faire partie des villes hôte pour héberger à moindre frais qu'à Londres les participants aux Jeux olympiques d'été de 2012.

Médias

La façade de l'immeuble de la Voix du Nord

Le siège du principal opérateur régional, le groupe La Voix du Nord, est situé sur la Grand'Place de Lille. Il édite notamment les quotidiens régionaux La Voix du Nord, tiré à 300 000 exemplaires dans 24 éditions locales, et Nord éclair, tiré à 35 000 exemplaires dans cinq éditions locales, ainsi que le journal d'information gratuit Direct Lille Plus, diffusé à environ 50 000 exemplaires. Le groupe possède par ailleurs C9 Télévision, qui a diffusé sur le câble dans la majeure partie de la métropole lilloise jusqu'en avril 2009 avant d'être remplacée par la nouvelle chaîne régionale de la TNT, Wéo. Depuis le 15 avril 2009, la ville reçoit Grand Lille TV, une seconde chaîne locale de la TNT.

Lille accueille également l'une des treize antennes régionales de France 3, France 3 Nord-Pas-de-Calais Picardie, et une édition locale des journaux gratuits 20 minutes et Metro.

Au plan radiophonique, la ville est couverte par de nombreuses stations locales, qu'il s'agisse de déclinaisons régionales d'acteurs nationaux, comme France Bleu Nord (87,8 MHz), RTL 2 Nord (89,2 MHz), Virgin Radio Lille (92,0 MHz), Chérie FM Nord (93,9 MHz), Skyrock Nord (94,3 MHz), RFM Nord (96,0 MHz), NRJ Lille (101,3 MHz), ou d'acteurs locaux, comme Radio Boomerang (89,7 MHz), Radio Metropolys (97,6 MHz) et Pastel FM (99,4 MHz) qui émettent depuis Roubaix, Contact (91,4 MHz) qui émet depuis Tourcoing, Galaxie (95,3 MHz) qui émet depuis Wattrelos, RCV (99,0 MHz) qui émet depuis Lille, RPL 99 FM (99,0 MHz) qui émet depuis Lambersart, Mona FM (99,8 MHz) qui émet depuis Armentières ou Radio Campus (106,6 MHz) qui émet depuis Villeneuve-d'Ascq[118]. Plusieurs radios belges peuvent également être captées, en particulier les différents canaux de la RTBF. Les radios musicales d'Outre-Quiévrain sont d'ailleurs très prisées par les jeunes, car réputées en avance sur leurs consœurs françaises.

Concernant la presse aussi, à côté des grands opérateurs régionaux, Lille bénéficie de nombreuses initiatives locales, telles que le journal La Brique, Liberté Hebdo Lille, Presto! ou le magazine Pays du Nord.

Vie militaire

Article détaillé : Vie militaire de Lille.
Les quartiers de la caserne Négrier

Rivale de Douai pour la suprématie commerciale, universitaire et administrative, de Roubaix et Tourcoing pour la suprématie industrielle, de Cambrai pour la suprématie religieuse, seule la vocation militaire de Lille n'a jamais été disputée. Lille a toujours été une ville de garnison, laquelle comptait 4 700 hommes au début du XXe siècle. Elle a abrité de nombreuses casernes dont plusieurs sont encore en activité, comme la caserne Négrier, la caserne Kléber, la caserne Saint-André (ancienne caserne Saint-Ruth) ou encore la caserne Vandamme, qui accueille le Centre Interarmées de Reconversion de Lille[119].

Mais la vie militaire moderne de Lille, siège du Commandement des forces terrestres, est principalement marquée par la présence du 43e RI et du Corps de Réaction Rapide France au sein de la citadelle de Lille.

La ville a également reçu plusieurs distinctions :

Économie

Article détaillé : Économie de Lille.

Historiquement, Lille dispose d’un très riche passé industriel et commercial, en particulier dans les domaines de l’agro-alimentaire avec ses moulins et ses brasseries, du textile autour de la filature du lin et de la transformation du coton, de la mécanique à destination notamment de l’automobile et du ferroviaire. Marques de son passé commerçant, certaines grandes enseignes françaises sont nées à Lille, tels que les magasins d'électroménager Boulanger ou encore les boulangeries Paul. C’est aussi, de longue date, un centre financier de premier plan, dans la banque et l’assurance. Mais Lille est aujourd’hui largement recentrée sur sa vocation de capitale administrative et de fournisseur de services publics ou privés aux activités environnantes. C’est pourquoi l’appréhension de l’économie locale à l’échelle de la seule commune de Lille ne revêt qu’un sens limité.

Revenus de la population et fiscalité

Une courée dans le quartier de Wazemmes

Socialement, Lille a toujours été une ville de contrastes. En tant que cité marchande, lorsque l’opulence des bourgeois côtoie la précarité de la condition des artisans et la misère du petit peuple, mais surtout en tant que cité industrielle. C’est certainement la ville qui a incarné en France les ravages sociaux de l’industrialisation et la paupérisation des classes laborieuses. Lille tient ainsi une place de choix dans le « Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie » publié en 1840 par Louis René Villermé et c’est après un passage à Lille en 1851 que Victor Hugo écrit le poème des Châtiments « Joyeuse vie[120] » et son célèbre vers « Caves de Lille ! on meurt sous vos plafonds de pierre ! » . Ainsi, de 1850 jusqu’à la Première Guerre mondiale, 8 à 9 % de la population lilloise, constituée d’industriels, négociants, propriétaires et professions libérales, détient entre 88 % et 91 % de la fortune de la cité tandis que les classes populaires, qui représentent près des deux tiers de la population, n’en contrôlent qu’une part inférieure à 1 %[121].

Hôtels particuliers rue Négrier dans le Vieux-Lille

En 2007 encore, le revenu fiscal moyen des ménages par UC est le plus faible des principales villes françaises et inférieur de plus de 2 600 € à la moyenne nationale. L’éventail des revenus y est par ailleurs très ouvert, le rapport entre le seuil des 10 % de revenus fiscaux les plus élevés (34 676 € par UC) et le seuil des 10 % de revenus fiscaux les plus faibles (2 609 € par UC) atteignant 13,3 (contre 5,4 pour l'ensemble de la France métropolitaine)[122].

L'ampleur de cet écart provient du nombre des foyers à très faible revenu : le seuil du 1er décile se situe à 6 573 € par UC au niveau national, 2,5 fois au-dessus du seuil lillois. Ainsi, en 2007, plus de 35 % des foyers fiscaux lillois présentent un revenu inférieur à 9 400 €, soit 8,5 points de plus qu’au niveau national, et seuls 48,6 % des foyers fiscaux sont imposables, soit cinq points de moins qu'au niveau national[123]. Parmi les grandes villes, seules Montpellier et Marseille présentent des situations similaires. Pour autant, il existe également une classe très aisée à Lille, 1,2 % des foyers fiscaux étant redevables de l’impôt sur la fortune, pour un patrimoine moyen de près de 1,7 million d’euros[124].

Les disparités entre quartiers sont par ailleurs importantes : en 2002, le revenu médian s'établissait à moins de 6 800 euros par UC dans les quartiers du sud (Fives, Lille-Sud, Faubourg de Béthune), tandis qu'il dépassait 16 000 euros par UC dans les quartiers du nord-ouest (Vauban-Esquermes, Vieux-Lille et Centre)[125].

Revenu fiscal des ménages par Unité de Consommation en 2007

Ménages de : Nombre d’UC Revenu fiscal moyen Seuil du premier décile (€) Seuil du neuvième décile (€) Rapport inter-déciles (9/1)
Lille 138 294 18 127 2 609 34 676 13,3
CU de Lille Métropole 703 124 19 248 4 628 34 221 7,4
France métropolitaine 40 895 697 20 752 6 573 35 572 5,4
Sources des données : INSEE[126]

Emploi

Le niveau de l'emploi lillois n'a guère évolué au cours des 40 dernières années, mais sa structure s'est profondément modifiée. À la fin des années 1960, l'industrie emploie encore quelque 50 000 personnes. En 2006, elles sont moins de 10 000. En leur sein, les activités industrielles traditionnelles ont pratiquement disparu et l'industrie textile ne représente plus que 350 emplois. Les qualifications employées se sont aussi fortement modifiées : l'emploi industriel est en 2006 constitué pour près de moitié de cadres et professions intermédiaires, en premier lieu administratives ; l'emploi ouvrier n'en représente plus que 38 %. L'essentiel de l'emploi ouvrier est à présent de type artisanal, dans la construction et les services[127].

Emploi au lieu de travail Lille-Hellemmes-Lomme de 1968 à 2006

Secteur d’emploi 1968 1975 1982 1990 1999 2006
Agriculture 340 240 144 116 175 216
Industrie & BTP 51 900 43 500 34 588 22 406 15 351 13 958
Tertiaire 91 992 103 790 107 916 114 992 122 736 136 881
Total 144 232 147 530 142 648 137 514 138 262 151 055
Sources des données : INSEE[128]

Le secteur tertiaire, qui représentait 64 % des emplois en 1968, en représente 91 % en 2006. Les deux premiers employeurs sont l'administration publique et la santé et action sociale avec environ 24 000 emplois chacun. Viennent ensuite l'éducation avec 13 000 emplois et les activités de conseil et d'assistance aux entreprises avec plus de 10 000 emplois. Le commerce de détail et les activités financières représentent également près de 10 000 emplois pour le premier et de 9 000 pour les secondes, tandis que les services opérationnels aux entreprises et les transports en représentent près de 8 000 chacun[129].

Dans cet ensemble, les cadres et employés de la fonction publique représentent plus de 55 000 salariés, soit environ 40 % des cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires et employés. Les autres emplois sont principalement occupés par des cadres administratifs, commerciaux ou techniques d'entreprise (12 500), des professions intermédiaires administratives d'entreprise (15 000) et des employés administratifs d'entreprise (13 500). Les employés de commerce et le personnel de services aux particuliers représentent aussi environ 7 000 emplois chacun.

Parallèlement, la population active lilloise s'établissait en 2006 à 107 931 personnes, parmi lesquelles 89 784 ayant un emploi[130].

Répartition de la population active par catégorie socio-professionnelle en 1968 et 2006

  Agriculteurs Artisans,
commerçants,
chefs d'entreprise
Cadres,
professions
intellectuelles
Professions
intermédiaires
Employés Ouvriers
1968 2006 1968 2006 1968 2006 1968 2006 1968 2006 1968 2006
Lille 0,1 % 0,0 % 10,2 % 3,0 % 7,1 % 22,7 % 15,7 % 27,2 % 29,8 % 28,7 % 37,1 % 18,5 %
LMCU 1,3 % 0,3 % 9,5 % 3,8 % 5,5 % 16,7 % 15,0 % 25,5 % 24,7 % 29,1 % 44,1 % 24,7 %
France entière 12,2 % 1,9 % 9,6 % 5,7 % 5,1 % 14,4 % 12,3 % 23,9 % 22,7 % 29,6 % 38,1 % 24,6 %
Sources des données : INSEE[131]

La sociologie des actifs lillois a logiquement suivi celle des emplois, mais la rapidité de la restructuration du tissu industriel de la ville se traduit par un taux de sans emploi régulièrement supérieur de plusieurs points à la moyenne nationale depuis la fin des années 1970, en particulier parmi les populations ouvrières (4,3 % des cadres et professions intellectuelles supérieures sont sans emploi en 2006, taux conforme à la moyenne nationale (4,1 %), quand c'est le cas de 28 % des ouvriers, soit 13 points de plus qu'au niveau national (15,1 %)).

Part des sans emploi dans la population active de 1968 à 2006

1968 1975 1982 1990 1999 2006
Lille 2,9 % 4,6 % 10,3 % 14,6 % 16,9 % 15,2 %
LMCU 2,4 % 3,8 % 8,8 % 12,4 % 14,3 % 13,2 %
France entière 2,1 % 3,8 % 7,4 % 10,1 % 11,7 % 10,6 %
Sources des données : INSEE[131]

Entreprises et secteurs d'activité

La chambre de commerce

Lille est le siège de la Chambre régionale de commerce et d’industrie du Nord - Pas-de-Calais. La ville est également le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Grand Lille. Elle gère le port fluvial, l’aéroport de Lille - Lesquin, l'aéroport de Merville - Calonne ainsi que plusieurs écoles de formation supérieure et le CFA.

En 2007, Lille compte près de 21 000 établissements, soit 31 % des établissements de la métropole. Les plus nombreux sont les établissements de commerce et de services aux entreprises (respectivement 4 265 et 4 087). Les établissements de l'industrie et de la construction sont en revanche relativement peu représentés (respectivement 819 et 758) et de petite taille (respectivement 17 et 8 salariés en moyenne). À l'inverse, les établissements de l'administration et de l'éducation, la santé et l'action sociale sont très représentés et de taille importante (respectivement 1 770 et 59 salariés en moyenne et 3 217 et 43 salariés en moyenne). Les activités immobilières et des services aux particuliers sont aussi particulièrement représentées (respectivement 1 771 et 3 075 établissements)[132].

Proportionnellement, la part des établissements de services aux entreprises est particulièrement importante. Très diversifiés, ils couvrent de grandes entreprises (La Poste, France Télécom, Forclum, Apave, etc.) mais aussi un grand nombre de moyennes et petites entreprises dans les activités informatiques, l'administration d'entreprises, la publicité et les études de marché, l'architecture et l'ingénierie, les services professionnels et le contrôle, la sécurité, le nettoyage et les services divers aux entreprises.

Secteur secondaire

Lille affirme sa vocation manufacturière dès le XVIe siècle, particulièrement dans le domaine textile avec l'expansion de la sayetterie (fabrication d'étoffes légères en laine peignée) et de ses filatures de lin, puis de coton. Au début du XIXe siècle, l’avènement de la machine à vapeur et les importants gisements de charbon de la région permettent à la ville de développer une importante industrie textile (en particulier dans les quartiers de Wazemmes et Lille-Moulins) et mécanique (à Fives, Hellemmes, Bois Blancs).

Le site d'Euratechnologies

Les patrons du Nord, ardents défenseurs de la mono-industrie, se sont longtemps opposés à toute tentative de diversification[133]. Or, ces activités traditionnelles, mal préparées, entrent en crise profonde au début des années 1970. À la crise pétrolière de 1973 s'ajoute dans la région une crise charbonnière qui affecte directement l’industrie mécanique, telle Fives Cail (8 000 employés sur Fives). Puis vient celle du textile français qui va conduire à sa quasi disparition du paysage économique lillois. Aujourd’hui quelques friches textiles ont connu une belle reconversion comme la faculté de Droit de Lille II, la maison folie de Wazemmes, le théâtre du Prato ou le site d'Euratechnologies.

Ces activités industrielles ne sont donc plus qu'un souvenir et l'industrie lilloise est aujourd'hui essentiellement représentée par des sièges sociaux et quelques dizaines de PMI, notamment dans les secteurs de la pharmacie et des biotechnologies. Lille héberge en effet le plus grand complexe hospitalo-universitaire d’Europe avec Eurasanté, parc d’activités de 130 hectares dédié aux secteurs de la santé et des biotechnologies, qui accueille une centaine d'entreprises[134].

Secteur tertiaire

Pour faire face au déclin des activités industrielles, Lille a cherché à développer des activités tertiaires, notamment sous l’impulsion de Pierre Mauroy qui a favorisé la desserte de Lille par le réseau de lignes à grande vitesse et lancé le projet de centre d’affaires Euralille. Lille est sur la voie de cette reconversion depuis maintenant deux décennies.

Commerce
La rue de la Clé, l'une des rues commerçantes du Vieux-Lille

La place centrale qu'occupe la ville au sein de la métropole en fait un centre d'attraction particulièrement favorable aux activités commerciales. Lille compte ainsi 4 500 établissements du commerce et de l'artisanat.

La partie sud du Vieux Lille, qui hébergeait encore dans les années 1970 les populations les plus déshéritées de la ville, accueille désormais les commerces de luxe où sont commercialisées la plupart des grandes marques d'équipement de la personne et du foyer.

La plupart des grandes enseignes de distribution sont également présentes à Lille, dans le quartier du centre : le Printemps, les Galeries Lafayette, la Fnac, Darty, Surcouf, le Furet du Nord, etc.

Dans la grande distribution, Carrefour a implanté un magasin dans le centre commercial d'Euralille, qui accueille par ailleurs environ 120 commerces, et un autre dans le centre commercial de Lomme, qui comprend également 35 boutiques, à côté d'un magasin Ikea. Une autre galerie marchande, le centre commercial Les Tanneurs, est située dans le centre. Elle héberge une cinquantaine de commerces dont un Monoprix.

Dans le commerce de gros, Lomme accueille un Marché d'intérêt national (MIN) sur 40 hectares qui est le second en France après celui de Rungis.

Finance et assurance

La métropole lilloise est la deuxième ou la troisième place financière de France après Paris et au coude à coude avec Lyon[135]. À Lille même, l'essor de la ville au cours de la seconde moitié du XIXe siècle a conduit à la création de nombreuses banques mutualistes. Aujourd'hui, trois d'entre elles sont des acteurs majeurs de l'économie régionale. Il s'agit de la Banque Scalbert-Dupont (groupe CIC), du Crédit mutuel Nord-Europe (groupe Crédit mutuel) et du Crédit du Nord.

Depuis, de nombreuses directions régionales de grandes banques se sont implantées à Lille, parfois de façon importante comme LCL qui a fait bâtir une tour à Euralille, quartier où la Caisse d’épargne Nord France Europe a inauguré sa propre tour en 2007.

L'assurance est aussi particulièrement bien représentée. La Mondiale, Lloyd Continental, l'Union Générale du Nord et Vauban Humanis y ont installé leur siège. AXA, Cardif, la CNP, le GAN, Groupama ou la Macif y ont également installé une délégation régionale. Parmi les intermédiaires, la société Gras Savoye, fondée à Lille en 1907, est aujourd'hui la première entreprise européenne de courtage d’assurance et de réassurance[136].

Tourisme
L'office de tourisme installé dans le Palais Rihour

Lille réussit progressivement à se défaire de son image de ville industrielle sinistrée par un important travail de remise en valeur de ses quartiers historiques et le retour d'initiatives culturelles d'ambition. Après la mise en valeur du Vieux-Lille dans les années 1980 et 1990, puis de la Citadelle et de ses abords au début des années 2000, le lancement du projet Lille 2004, Capitale européenne de la culture, a été un des événements déclencheurs du devenir de Lille comme ville touristique. Bénéficiant de son excellente desserte, elle a alors attiré un nombre croissant de visiteurs, quasi exclusivement pour des courts séjours. Avec les 750 000 personnes venues pour l’inauguration de Lille 2004, la ville a su montrer qu’elle pouvait attirer les foules avec un événement de grande ampleur[137]. La municipalité a voulu prolonger cet élan en transformant l'opération en biennale à thèmes sous le nom de Lille 3000. Dans ce cadre, l'exposition François Pinault Fondation, qui s'est déroulée entre octobre 2007 et janvier 2008 au Tri Postal, a rencontré un vif succès et confirmé le positionnement de Lille comme ville tendance.

À côté du tourisme culturel, la ville a également développé un important tourisme d'affaires et de salons professionnels. Lille Grand Palais accueille aujourd'hui de très grands congrès.

Au 1er janvier 2009, l'offre hôtelière de Lille s'établissait à 3 074 chambres dans 46 hôtels homologués[138]. C'est dans la catégorie deux étoiles qu'elle est la plus abondante (1 591 chambres dans 27 hôtels). L'offre de haut de gamme restait en revanche relativement limitée (330 chambres quatre étoiles et luxe). Elle s'est toutefois étoffée début 2010 avec l'ouverture du complexe Hôtel-Casino-Théâtre Lucien Barrière à Euralille[139]. Cet établissement est classé 5 étoiles comme l'hôtel Hermitage Gantois[140]. Il existe aussi quatre hôtels 4 étoiles : le Best Western Grand Hôtel Bellevue, l'hôtel Carlton (fermeture administrative de trois mois en 2011 pour cause de proxénétisme aggravé en bande organisée[141] avec l'hôtel des Tours et l'Alizé-Opéra[142]), l'Alliance-Couvent des Minimes et le Crowne Plaza Hotel Lille-Euralille[143].

Recherche

Les locaux du CNRS dans les bâtiments réaménagés de l'ancienne caserne Souham

De nombreux organismes de recherche sont présents à Lille, en particulier la délégation Nord-Pas-de-Calais et Picardie du CNRS, la délégation régionale Lille Nord-Pas-de-Calais - Basse Normandie - Haute Normandie - Picardie de l'INSERM, le Centre de Lille - Villeneuve-d'Ascq de l'INRETS, la délégation régionale de l'INRA, le Centre de Recherche Lille Nord Europe de l'INRIA et le Centre de Lille de l'ONERA. Ils couvrent plus de 150 laboratoires relevant d'une douzaine d'établissements[144].

Cinq pôles de compétitivité sont également implantés à Lille : Nutrition, Santé, Longévité, I Trans, Industrie du commerce (PICOM), Up Tex et Matériaux à usage domestique (MAUD)[145].

Culture et patrimoine

La ville de Lille a été classée Ville d’art et d’histoire le 18 juin 2004.

Monuments et lieux touristiques

Article détaillé : Patrimoine de Lille.
Intérieur de la vieille bourse

Lille dispose d'un patrimoine très diversifié, en particulier du fait des nombreux conflits qui l'ont touché et ont amené des reconstructions partielles de la ville. Le patrimoine architectural s'étend ainsi du Moyen Âge roman (crypte de la collégiale Saint-Pierre, hospice Comtesse), aux styles gothique (églises Saint-Maurice et Sainte-Catherine), renaissance (immeuble du Beaurepaire, maisons rue Basse), maniériste flamand (Vieille Bourse, maison de Gilles de la Boë), classique (églises Saint-Étienne, Saint-André, citadelle), néogothique (immeubles de l'institut catholique, cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille), art nouveau (maison Coilliot), haussmannien (rue Faidherbe, place de la République), néo lillois (nouvelle bourse), art déco régional (hôtel de ville) et enfin contemporain (tours modernes d'Euralille)[146].

Négligé dans l'après-guerre, le patrimoine lillois fait depuis les années 1990 l'objet d'un soin tout particulier et la ville tente encore aujourd'hui de poursuivre les opérations de réhabilitation.

Patrimoine civil

L'une des plus anciennes maisons de Lille, rue de la Barre

De l’habitat médiéval, il ne reste que quelques caves voutées du XIIIe siècle dans le Vieux-Lille, ainsi que des ponts romans sous la chaussée, notamment rue des Chats-Bossus, Place du Lion-d’Or, rue de la Monnaie ou rue Saint Jacques. Car la ville est alors construite de maisons de bois et de torchis. De l'époque bourguignonne, il ne reste pratiquement rien non plus, si ce n'est les vestiges du Palais Rihour, édifié au cours de la seconde moitié du XVe siècle. Mais en termes d'habitat, la maison la plus ancienne de datation certaine se situe au 63-65, rue de la Barre. Elle appartenait à Jean du Bosquiel, seigneur des Planques, échevin puis rewart de Lille, et l’année 1595 est inscrite sur l’une de ses poutres[147].

Maisons à arcures rue Benvignat
La maison de Gilles de la Boë

Les témoignages de l’architecture renaissance du XVIIe siècle sont en revanche beaucoup plus nombreux. Le type courant de la maison lilloise au début du siècle est la maison dite à arcures, en raison de ses arcs de décharge en forme d’anse de panier. Une deuxième série de bâtiments de la même époque subit l’influence du style d’inspiration italienne de l’architecte flamand Wenceslas Cobergher. Sa principale réalisation est l’ancien mont-de-piété construit en 1626, l’hôtel du Lombard, mais on trouve trace de son influence dans d’autres bâtiments comme le rang des arbalétriers érigé dans les années 1630, place aux Bleuets, ou la maison des Vieux-Hommes construite en 1624, rue de Roubaix. Une troisième série de bâtiments est marquée par l’abondance de l’ornementation. La manifestation la plus célèbre de cette tendance d’inspiration flamande est la Vieille Bourse conçue par l’architecte Julien Destrée en 1652. On en trouve toutefois des exemples plus anciens, comme la maison de Gilles de la Boë de 1636, place Louise de Bettignies. Enfin une dernière série de bâtiments est caractérisée par l’influence du style français qui va dominer pendant plus d'un siècle après la prise de la ville par Louis XIV en 1667. Elle se manifeste directement dans les maisons de la rue Royale, construites dans le nouveau quartier qui fait face à la citadelle, mais aussi dans une synthèse avec les traditions décoratives lilloises, comme dans le rang du Beauregard érigé en 1687, place du Théâtre, ou le rang Anselme Carpentier, construit la même année, rue du Palais Rihour[148].

La place aux Oignons

Lille se rénove ensuite profondément tout au long du XVIIIe siècle. Parmi les constructions remarquables de cette époque, il nous reste des rangs de maisons complets, notamment place aux Oignons, rue de Paris, rue du Pont Neuf ou rue du Palais Rihour, et de nombreux hôtels particuliers où s’exprime une nouvelle génération de jeunes architectes tels que Michel-Joseph Lequeux. C’est lui qui dessinera notamment les plans de plusieurs hôtels particuliers de style néoclassique, comme l’hôtel d’Avelin érigé en 1777, rue Saint-Jacques, et l’hôtel Petitpas de Walle construit en 1779, rue de l’Hôpital Militaire[149].

La rue Faidherbe

La seconde moitié du XIXe siècle, avec l’industrialisation et l’extension de la ville, ouvre une nouvelle époque de construction largement inspirée du modèle parisien. Le percement de grands boulevards s’accompagne de la construction d’immeubles imposants plus ou moins ostentatoires et anachroniques, de styles néoclassique (la préfecture à partir de 1865, le Palais des Beaux-Arts à partir de 1885, le nouvel Opéra à partir de 1907), néogothique (les facultés catholiques à partir de 1879), ou composite, sorte de mélange de références antiques (l’université publique et le nouveau quartier latin à partir de 1890). L’influence haussmannienne est également sensible, par exemple dans les immeubles de la nouvelle rue Faidherbe, percée en 1870, ou de la place Simon Vollant, autour de la Porte de Paris, ou encore Place de la République et boulevard de la Liberté. En contrepoint de cette architecture bourgeoise, la maison Coilliot, bel exemple d’art nouveau construit par Hector Guimard en 1898, apporte une touche de modernisme dont on trouve également des marques dans certaines maisons d’habitation, notamment rue de Châteaudun, rue Gounod, rue Saint-Étienne ou rue du Vert-Bois avec la maison de l’architecte Horace Pouillet.

La cité philanthropique

C’est à partir de cette époque que se développe aussi l’architecture industrielle dans les nouveaux espaces investis par la ville après l'absorption des communes limitrophes. Des immenses usines qui s’étendent à cette époque, il reste quelques témoignages, pour la plupart à la suite de reconversions récentes en immeubles de bureaux, d’habitation, d’enseignement ou de loisir, en particulier dans le quartier de Moulins. Il reste également de nombreuses traces de l’habitat ouvrier, quelques courées mais aussi une dernière maison de bois du milieu du XIXe siècle dans le quartier de Wazemmes et la cité philanthropique construite en 1860, rue Gantois, par l'architecte Émile Vandenbergh, l'un des plus prolifiques et originaux de la période.


C’est au cours des reconstructions de la première Guerre mondiale qu’apparaît un renouveau du style lillois d’inspiration flamande avec en particulier l’achèvement de la nouvelle bourse, inaugurée en 1921, et la construction du nouvel hôtel de ville à partir de 1924, mélange de tradition flamande et de style art déco. Ce mélange se retrouve dans un grand nombre de bâtiments, qu’il s’agisse d’immeuble de bureaux, comme celui de la Voix du Nord construit en 1934, d’habitat collectif, comme la cité jardin des 400 maisons de Salengro, rue du Faubourg d’Arras, édifiée en 1932, ou d’habitat individuel, comme certaines maisons de la rue du Molinel ou de la rue de la Bassée.

Les reconstructions de la Seconde Guerre mondiale sont souvent considérées comme moins heureuses, en particulier dans les années 1970 avec, par exemple, le nouveau palais de justice dans le Vieux-Lille, et ce n’est qu’à partir des années 1990 qu’une architecture audacieuse retrouve sa place, en particulier lors de l’édification du quartier d’Euralille pour lequel des architectes novateurs sont sollicités, comme Rem Koolhaas pour la construction du Grand Palais, Jean Nouvel pour le centre commercial Euralille ou Christian de Portzamparc pour la tour du Crédit Lyonnais[150].

Patrimoine religieux

Comme le patrimoine civil, les édifices religieux de la ville au Moyen Âge ont tous disparu. La collégiale Saint-Pierre, qui a été la grande église de Lille pendant plus de sept siècles, a été complètement détruite en 1794 à la suite des dommages causés par le siège autrichien de 1792. Il n’en reste plus aujourd’hui que les vestiges d’une crypte enfouie sous le palais de justice. Ainsi, le plus ancien sanctuaire lillois est une modeste chapelle, la chapelle Notre-Dame-de-Réconciliation, érigée au XIIIe siècle.

L'église Saint-Maurice

Des six autres églises que comptait Lille à la fin du XIIIe siècle, reste toutefois le nom, adopté par de nouveaux édifices au fil des reconstructions successives.

Le plus ancien est sans doute l’église Saint-Maurice, Hallekerke typique de l'architecture religieuse flamande, de style gothique et néo-gothique à cinq vaisseaux. Située dans le Centre, les premiers éléments de sa construction remontent au début du XIVe siècle, mais elle a été profondément remaniée au XVIIe siècle puis au XIXe siècle. Elle renferme de nombreux tableaux des XVIIe siècle et XVIIIe siècle[151].

Vient ensuite l’église Sainte-Catherine, église-halle de style gothique flamboyant à trois vaisseaux dont la nef centrale est précédée d'une tour carrée. Située dans le Vieux-Lille, elle a été érigée à la fin du XVe siècle. Plusieurs fois réaménagée, son mobilier date pour l’essentiel du XIXe siècle à l’exception de quelques tableaux[152].

La nef de l'église Saint-André

À la différence des deux précédentes, l’église Saint-André n’est pas une reconstruction en lieu et place du sanctuaire d’origine. Initialement chapelle des Carmes Déchaussés, elle a été rebaptisée de son nom lorsque qu’il a été détruit à la suite des dommages causés par le siège de 1708. L’actuelle église Saint-André, de style baroque, a pour l’essentiel été construite au cours du XVIIIe siècle sur les plans de l’architecte Thomas-Joseph Gombert. Elle renferme plusieurs tableaux des XVIIe siècle et XVIIIe siècle et surtout une magnifique chaire à prêcher en bois de chêne taillé du XVIIIe siècle[153].

L’histoire de l’église Saint-Étienne est similaire à celle de l’église Saint-André. Initialement chapelle du collège des Jésuites, elle ne prend son nom actuel qu’en 1796 après la destruction de l’église d’origine lors du siège autrichien de 1792. Elle-même détruite en 1740 par un incendie, elle est reconstruite à partir de 1743. De style baroque également, c’est l’une des plus grandes églises jésuites de France. Elle renferme une remarquable chaire en bois sculpté de François Rude et plusieurs tableaux des XVIIe siècle au XIXe siècle[154].

La chaire de l'église Saint-Sauveur

L’église Saint-Sauveur est plus récente, l’édifice d’origine ayant été détruit par un incendie en 1896. De style éclectique néobyzantin, elle recèle un exceptionnel mobilier en chêne, dont une chaire monumentale particulièrement travaillée.

La cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille

Enfin, l’église Sainte-Marie-Madeleine est désaffectée au culte depuis 1989 et a été transformée en lieu d'expositions. Elle avait été construite à la fin du XVIIe siècle pour remplacer l’édifice d’origine détruit lors de l’édification de nouvelles fortifications par Vauban. Surmontée d’un dôme, elle présente un mélange curieux de styles renaissance et baroque.

Toutes les autres églises de Lille sont d’origine récente, à commencer par la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, dont la construction débute en 1854 pour s’achever en 1999, près de 150 ans plus tard[155]. Il en résulte un édifice composite, pour partie temple néogothique à la gloire de l’industrie, pour partie hymne à la technologie moderne. Les nombreuses mosaïques sont à cet égard particulièrement remarquables. Par ailleurs, la cathédrale héberge depuis 2008 le Grand Orgue du studio 104 de la Maison de la Radio, qui compte parmi les plus grandes orgues de France. Dotée d’une crypte de 2 500 m2, elle accueille également le centre d'art sacré contemporain qui présente des œuvres sur le thème de la Passion.

Mais le patrimoine religieux à Lille, ce sont aussi les hospices. Marques de l'attention charitable très tôt portée aux pauvres, ce sont eux qui témoignent du passé médiéval de la ville.

L'Hospice Comtesse

Le plus connu, l'Hospice Comtesse, a été fondé en 1236 par Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre. Plusieurs fois la proie des flammes, il reste peu de chose de la construction d'origine. La salle des malades, du XVe siècle, est la partie la plus ancienne, la chapelle ayant été reconstruite au XVIIe siècle et les bâtiments conventuels au XVIIIe siècle. Dans le bâtiment conventuel, on peut encore visiter la cuisine et son arrière-cuisine, la salle à manger, les appartements de la prieure[156].

Un autre hospice, l'hospice Gantois, fondé en 1462 par Jean de la Cambe, riche bourgeois lillois, peut également être visité. En activité jusqu'en 1995, pendant plus de 500 ans sans interruption, il comprend notamment une chapelle, une salle des malades et des bâtiments de service organisés autour de quatre cours plantées de jardinets[157]. Repris en 2001 par une société d'investissement, il a été reconverti en hôtel de luxe et a rouvert ses portes en 2003.

Mais les nombreux couvents qu'abritait la ville ont pour la plupart disparu. L'un des plus imposants, le couvent des Minimes, situé quai de Wault, a lui aussi été reconverti en hôtel de luxe au début des années 1990. C'est finalement une construction des années 1960, le couvent des dominicains bâti sur les plans de l'architecte Pierre Pinsard dans le quartier Saint-Maurice Pellevoisin, premier couvent classé « Patrimoine du XXe siècle », qui incarne l'architecture conventuelle lilloise aujourd'hui.

Patrimoine militaire

Plan de Lille fortifiée au début du XVIIIe siècle

La citadelle de Lille est le principal ouvrage militaire de la ville. Surnommée la « Reine des citadelles », c'est la première des citadelles conçues par Vauban, nommé gouverneur de la citadelle en 1668 puis de Lille en 1684, où il passa la plus grande partie de sa vie. Sa construction, sous la direction du maître maçon Simon Vollant, débute en 1668 pour s'achever en 1671. Édifiée sur des terrains marécageux en bordure de la Deûle, elle se présente sous la forme d’un pentagone régulier avec cinq bastions royaux disposés aux angles. À l'intérieur, les bâtiments s'organisent autour de la place d'armes et comprennent des logements destinés aux soldats, à l’état-major et au gouverneur, des poudrières, des prisons, un arsenal, une chapelle, des magasins pour les vivres, un barbier, une boulangerie et un moulin[158]. Constamment militarisée depuis sa construction, elle est dans un état de conservation exceptionnel.

La porte de Paris

La citadelle s'inscrit dans un système complexe de défense qui entourait la ville. Des remparts qui la ceinturaient du Moyen Âge jusqu'au début du XXe siècle[159] subsistent :

  • la Noble Tour, qui abrite aujourd'hui le mémorial de la déportation, dernière trace des 65 tours médiévales qui entouraient la ville (début XVe siècle) ;
  • la porte de Gand et la porte de Roubaix, vestiges de l’ancienne enceinte espagnole édifiée à partir de 1621 (début XVIIe siècle) ;
  • la porte de Paris, construite en l'honneur de Louis XIV après la conquête de la ville (fin du XVIIe siècle) ;
  • des pans de fortifications noyés dans la verdure à l'extrémité de l'avenue du Peuple belge ;
  • la porte de Dunkerque, édifiée à la suite du dernier agrandissement de la ville fortifiée de 1858 (seconde moitié du XIXe siècle).

De nombreux édifices militaires ont par ailleurs été reconvertis. C'est le cas notamment de l'ancien corps de garde de la garnison de la ville qui abrite désormais le théâtre du Nord, de la caserne Souham, dont une partie des bâtiments d'origine est aujourd'hui occupée par le CNRS, de l'ancien « magasin au bled des châtellenies de Lille, Douai et Orchies », affecté à l'Armée au début du XIXe siècle et reconverti en logements d'habitation au début des années 2000[160] ou encore de l'hôpital militaire, abandonné par l’Armée en 1998 et racheté en 1999 par le Ministère de l’Intérieur en vue d’y installer les annexes de la Préfecture du Nord.

Patrimoine environnemental

La voie des combattants dans le parc de la citadelle

Le principal espace vert de Lille est constitué par le « Bois de Boulogne » où se trouvent la citadelle, le zoo et un parc d'attraction pour les enfants. D'une superficie de 70 hectares, il longe les berges du canal de la Haute-Deûle. Terrain militaire constitué de talus, de fossés, de glacis et de chemins couverts après la construction de la citadelle, il a été aménagé en parc de loisirs à partir de 1880. Le zoo, dont l'accès est gratuit, serait le plus visité de France. Créé en 1950, il présente environ 300 animaux appartenant à plus de 70 espèces sur un espace de 3,5 hectares. Ces espaces devraient faire l'objet d'une extension de dix hectares et de nouveaux travaux d'aménagement à partir de 2010[161].

Situé en face du Bois de Boulogne, de l'autre côté d'un bras canalisé de la Deûle et accessible par une passerelle, le jardin Vauban a été créé en 1863 par l'architecte paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Jardin à l'anglaise d'une superficie de 3,5 hectares, il comprend une variété d'essences, un jardin d'arboriculture fruitière, des parterres fleuris, des allées de promenade, un plan d'eau qui accueille des canards, des poules d’eau et des cygnes et une grotte artificielle[162]. On y trouve également un théâtre de marionnettes.

L'île Derborence dans le Parc Matisse

Dans le quartier d'Euralille, le Parc Matisse, d'une superficie de huit hectares, a été aménagé entre 1996 et 2003. Il comporte quatre espaces distincts : une vaste pelouse, dite grande prairie du boulingrin (de l’anglais bowling green), l’île Derborence, forêt inaccessible de 2,5 hectares perchée sur un socle de sept mètres de haut planté d’essences originaires de régions de l’hémisphère nord (Japon, Amérique du Nord, Chine), le bois des transparences, planté de pyrophytes, de bruyère et de bambous, et le jardin en creux, aménagé dans les fossés des anciennes fortifications[163]. De l'autre côté du périphérique, le parc Matisse est prolongé par le jardin des géants, jardin d'environ deux hectares composé de 45 000 végétaux qui a été inauguré en juin 2009[164].

À l'opposé du parc Matisse par rapport au centre commercial, de part et d'autre du périphérique, le parc des Dondaines, d'une superficie de 4,5 hectares, a été aménagé dans les années 1970 sur l'emplacement d'un important bidonville. Restructuré récemment, il a été amputé d'un côté pour accueillir le casino et son hôtel de luxe et agrandi d'un autre[165].

Au nord, la plaine de la Poterne et la plaine Winston Churchill suivent l'ancien tracé des remparts. La première, d'une superficie de huit hectares, est occupée par des jardins familiaux et par une Réserve naturelle régionale, le Jardin écologique du Vieux-Lille. La seconde, d'une superficie de six hectares, a été aménagée en 1993, lors des travaux de la ligne de TGV.

Au sud, le jardin des plantes a été créé par l'architecte Jean Dubuisson sur une parcelle de près de 11 hectares à l'emplacement des anciennes fortifications. Inauguré en 1948, son tracé est inspiré des jardins à la française. Il présente en particulier une importante collection de dahlias, une roseraie disposée autour d'une grande pièce d'eau, une orangerie et une serre équatoriale. C'est aussi là que se trouvent les serres de production de la ville. Il bénéfice d'un partenariat avec le jardin botanique de la faculté de pharmacie, jardin de deux hectares créé en 1970 qui appartient au réseau « jardins botaniques de France et des pays francophones ». Ce dernier présente plus d'un millier d’espèces végétales réparties en trois zones : un arboretum, une serre tempérée et une école de botanique.

Patrimoine culturel

Article détaillé : Culture à Lille.

Lille, en tant que ville principale de l'une des principales aires urbaines de France dispose d'une vie culturelle riche et diversifiée : des musées, de nombreuses salles de spectacle et de concerts, une vie associative dynamique (distribution annuelle du Ch'ti) et de nombreux événements (Lille 3000, Braderie de Lille, etc.)[166]

Musées

Le Palais des beaux-arts

Le Palais des beaux-arts de Lille est considéré comme le second musée des Beaux-Arts de France en nombre d'œuvres exposées, après le palais du Louvre. Il contient une collection de peintures qui présente de nombreuses œuvres d'artistes majeurs, notamment Brueghel, Rubens, Antoine van Dyck, Francisco de Goya, Jacob Jordaens, Jean Siméon Chardin, Jacques Louis David, Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Édouard Manet, Pablo Picasso. Il contient également un cabinet de dessins, une galerie de sculptures, une collection de céramiques, une quinzaine de plans en relief de villes fortifiées du nord de la France et de Belgique et une collection numismatique[167].

Situé rue de la Monnaie, dans le Vieux-Lille, l'Hospice Comtesse abrite également un musée consacré à la vie dans les Flandres du Moyen Âge à la Révolution. Il présente une collection de peintures, principalement flamandes, et de nombreux meubles et objets d'époque (céramiques, orfévrerie lilloise, tapisseries, etc.)[168].

Installé dans un ancien couvent, rue des Canonniers, le musée des canonniers retrace l'histoire militaire de la ville et en particulier celle de ses nombreux sièges. Le musée présente des objets militaires mais aussi des témoignages de la vie quotidienne des canonniers sédentaires de la ville[169].

Fondé en 1816, le Muséum d'histoire naturelle de Lille présente quatre grandes collections : zoologique, géologique, industrielle et ethnographique. Il présente également en moyenne deux expositions temporaires par an[170].

La Maison natale de Charles de Gaulle, située rue Princesse, a été transformée en musée en 1983. Il comporte deux parties séparées par une cour-jardin : le logis familial et la « Fabrique d'histoire ». La première permet au visiteur de se situer à l'époque de la naissance de Charles de Gaulle ; la seconde, installée dans l'ancienne fabrique de tulle de son grand-père maternel, est aménagée en centre culturel[171].

À côté de ces collections permanentes, Lille possède plusieurs lieux d'expositions temporaires, comme le Tri Postal, le Palais Rameau, l'église Sainte-Marie-Madeleine, les Maisons Folies de Wazemmes et de Moulins ou, tout récemment, la Gare Saint-Sauveur.

Bibliothèques

La médiathèque Jean Lévy

La médiathèque Jean Lévy est le principal établissement du réseau de bibliothèques de Lille. Inaugurée en 1965 et récemment rénovée, c'est tout à la fois une bibliothèque de lecture publique et de prêt, une bibliothèque d'étude (650 000 documents imprimés et 11 000 titres périodiques sont accessibles sur place) et une bibliothèque de conservation (manuscrits, incunables, livres anciens, photographies, estampes, affiches, etc.) Le fonds est notamment l'héritier de la bibliothèque du chapitre de la collégiale Saint-Pierre constituée à partir du XIVe siècle. Il se caractérise aussi par des collections particulières comme le fonds musical, le fonds japonais et chinois, les fonds de biographies et portraits, d'étiquettes de fil, d'images pieuses et de chansons de carnaval[172].

Le réseau de la bibliothèque municipale est complété par sept bibliothèques de quartier dont la première a été ouverte en 1971 et la dernière en 2003.

Les archives municipales sont par ailleurs accessibles à l'hôtel de ville, où une salle de lecture est mise à disposition. Elle possède un fonds qui s'étend du XIIIe siècle à nos jours et qui comprend en particulier des actes de catholicité et d'état-civil, des comptes rendus de conseils municipaux, des plans et cartes, des permis de construire.

Le Centre d'arts plastiques et visuels de la ville de Lille détient également un fonds spécialisé en arts plastiques, histoire de l'art, peinture, sculpture, dessin, arts graphiques, photographies et nouveaux médias. Ce fonds documentaire met à disposition plus de 3 000 ouvrages (monographies d’artistes du XIVe siècle à nos jours, écrits sur l’art, catalogues d’expositions, etc.), des revues (revues spécialisées et magazines de l’actualité artistique) et des DVD (cinéma d’animation, documentaires, vidéo art, etc.)

Théâtres et salles de spectacle

Le premier théâtre lillois, la Comédie, a été inauguré en 1702. Il possédait une troupe permanente et donnait quatre représentations hebdomadaires. En 1741, Voltaire y assistera à la première de Mahomet[173]. Jugé insuffisant, un édifice plus vaste, la nouvelle comédie, est construit sur les plans de l'architecte lillois Michel-Joseph Lequeux. Inauguré en 1787, il sera détruit par un incendie en 1903.

Le théâtre du Nord

Aujourd'hui, le Théâtre du Nord, centre dramatique national situé sur la Grand'Place, est installé dans un édifice érigé en 1717 qui servait alors de corps de garde pour la garnison de la ville. Réaménagé en 1989, il comprend une grande salle, la salle Roger Salengro, d'environ 460 places, une petite salle d'une centaine de places et une salle de répétition. Issu de l'équipe de « la Salamandre » de Gildas Bourdet, le théâtre du Nord a ensuite été dirigé par Daniel Mesguich de 1991 à 1998 puis par Stuart Seide[174].

Construit à la veille de la Première Guerre mondiale, après l'incendie de la nouvelle comédie, l'Opéra de Lille a été profondément rénové et modernisé entre 1998 et 2004. Doté d'une salle à l'italienne, il comprend six loges d'avant-scène et quatre niveaux de galeries et propose 1 138 places. Il présente chaque année une quinzaine de spectacles du répertoire lyrique, de danse et de musique. Il accueille également des artistes en résidence, dont le chœur de l'Opéra de Lille, qui participent à la programmation[175].

Construit en 1903 et restauré en 1997 et 1998, le Théâtre Sébastopol est la seconde grande scène de Lille avec 1 450 places qui lui permettent notamment d'accueillir des spectacles populaires, de théâtre ou d'opérette mais aussi de variété[176].

Plus récemment, en 2004, le théâtre Le Prato s'est installé dans la Filature, ancienne usine textile située dans le quartier de Moulin. Dirigée par Gilles Defacque, la troupe propose des one-man-show burlesques, mais également des pièces de théâtre plus complexes ainsi que des spectacles de cabarets et de variétés auxquels participent de nombreux artistes extérieurs[177].

Le jeune public dispose aussi d'un lieu qui lui est dédié avec Le Grand Bleu, centre dramatique national pour l'enfance et la jeunesse qui propose des spectacles de théâtre, de danse, de cirque, de marionnettes, de hip-hop, etc.[178].

Lille possède également une école de théâtre, l'École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD)[179], créée en 2003, installée dans le quartier des Bois-Blancs et une école de cirque, le Centre régional des arts du cirque[180], situé à Lomme.

Lille compte par ailleurs de nombreuses salles de spectacle privées telles que le Zénith de Lille (7 000 places) ou encore l'Aéronef et le Biplan, acteurs de la scène rock lilloise.

Musique

C'est au cours du XVIIIe siècle que le goût pour la musique connait une forte expansion à Lille. Elle est notamment marquée par la création de la Société du Concert par le duc de Boufflers en 1726, puis, à sa suite, par de nombreuses autres sociétés de concert[181].

Le Conservatoire National de Région de Lille est l'héritier de l'Académie de musique de Lille créée en 1803. Il a obtenu le label Conservatoire à rayonnement régional en 2006. Animé par une équipe de 120 enseignants, il accueille plus de 2 000 élèves et étudiants auxquels il dispense des cours de musique, de danse et d'art dramatique. Doté d'un auditorium de 400 places, il donne des concerts tous les jeudis.

Les locaux de l'Orchestre National de Lille

Issu de l'ancien orchestre de l’ORTF Nord Pas-de-Calais, l'orchestre philharmonique de Lille, devenu Orchestre national de Lille en 1980, a été créé en 1976 avec l'aide de la région par son directeur et chef d'orchestre principal, Jean-Claude Casadesus. L'orchestre compte près d'une centaine de musiciens et est logé dans les bâtiments du Nouveau-Siècle à Lille, où il dispose d'un auditorium de 2 000 places. L'orchestre donne environ 120 concerts par an, dans toute la région, mais aussi en tournées nationales et internationales. Il est notamment l'auteur d'une importante discographie[182].

Dans un tout autre registre, une musique populaire typiquement lilloise voit le jour au début du XVIIIe siècle avec les chansons burlesques patoisantes de François Cottignies. Cette veine se développe considérablement au cours du XIXe siècle, de très nombreuses chansons étant composées, imprimées et vendues, soit par des sociétés amicales à l'occasion du carnaval, soit au bénéfice du Parti ouvrier lors des élections ou de mouvements de grève. Elle donnera naissance à une tradition de chansons ch'ti qui est restée vivace jusqu'au milieu du XXe siècle, parmi lesquelles le P'tit Quinquin d'Alexandre Desrousseaux, véritable hymne de la ville sonné toutes les heures par le carillon du beffroi de la chambre de commerce, reste la plus connue.

Enfin, bien qu'elle atteigne rarement à une notoriété nationale, le scène rock lilloise présente une certaine diversité, parfois héritière de la verve parodique de la musique populaire traditionnelle, avec des groupes comme Buzz, Gronibard, HYNNNER Vs HANT1S3, Les Blaireaux, Les Fils de Sammy, Loudblast, The Bilbocks, Curry & Coco, Stocks ou Unswabbed.

Cinéma

Le Majestic, rue de Béthune

Lille compte de nombreuses salles de cinéma en particulier dans le centre, avec deux cinémas d'art et essai, le Métropole (4 salles classées), situé rue des Ponts de Comines, et le Majestic (6 salles classées), situé rue de Béthune et un complexe, l'UGC Ciné Cité (14 salles), dans la même rue.

Plus original, L'Hybride est un cinéma bar qui propose une programmation traditionnelle mais aussi des films expérimentaux, des courts métrages et des films d'animation. Il peut être réservé pour l'organisation d'évènements publics ou privés[183].

Le quartier de Moulins abrite quant à lui le cinéma associatif L'Univers, lieu de diffusion unique dans la région du Nord Pas-de-Calais. Ancien cinéma art et essai, L’Univers a été acheté par la ville de Lille en 1995 et remis en activité fin 1999 à l’initiative d'un collectif d'associations qui assure aujourd'hui la programmation et le fonctionnement du cinéma. En moyenne, plus de 150 manifestations y sont organisées annuellement[184].

Le plus grand multiplexe de France, le Kinépolis-Château du cinéma (23 écrans), est par ailleurs installé à Lomme.

La région, et tout particulièrement la métropole lilloise, est également un lieu d'accueil important de tournage de films et de téléfilms. L'Aveu de Costa-Gavras en 1970, Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil en 1976, La femme flic de Yves Boisset en 1979, La Vie rêvée des anges d'Erick Zonca en 1998, Entre ses mains d'Anne Fontaine en 2005 ou encore Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en 2007 ont été pour partie tournés à Lille.

Depuis quelques années, les tournages dans la région se sont beaucoup développés. C'est notamment le résultat d'une politique régionale volontariste, le Centre régional de ressources audiovisuelles (CRRAV)[185] disposant d'un fond de soutien à la production de plus de 2,5 millions d'euros par an, troisième budget de France après ceux de Paris et Lyon. Lille compte ainsi une vingtaine de sociétés de production[186].

Gastronomie

Article détaillé : Brasseries du Nord-Pas-de-Calais.
La façade art-déco du restaurant L'Huitrière

La gastronomie lilloise présente des influences picardes mais relève aussi des traditions flamandes, en particulier avec la cuisine à la bière.

Autrefois important centre brassicole avec de nombreuses marques locales présentes dans ses cafés (telles que Pelforth, Pélican, Semeuse ou Coq Hardi), Lille et ses environs n'accueillent quasiment plus de brasseries sur son territoire. Des brasseries artisanales existent toujours ou ont été créées dans les environs de Lille mais la consommation de leurs productions est marginale. La culture de la bière reste néanmoins fortement ancrée dans les mœurs lilloises. Ainsi, trois plats régionaux accompagnent et, parfois, utilisent la bière :

Le petit salé lillois, équivalent du potjevleesch réalisé uniquement à base de maigre de jambon, et les moules-frites, plat obligé de la grande braderie de Lille, font également partie du patrimoine culinaire de la ville.

La pâtisserie Méert, où Madame de Gaulle mère aimait, dit-on, acheter ses gaufres lilloises

De nombreuses sucreries sont réalisées à base de vergeoise, qu'il s'agisse de la tarte au sucre, des gaufres fourrées ou des babeluttes de Lille.

Comme dans le reste de la région, la consommation de café est très importante tout au long de la journée. Il existe toujours diverses marques locales ainsi que de petites entreprises de torréfaction à Lille et dans ses environs.

La liqueur traditionnelle est le genièvre, autrefois massivement consommé dans les estaminets. Il est aujourd'hui encore distillé dans les villes voisines de Loos et de Wambrechies. Le genièvre était parfois mélangé au café, donnant alors une bistouille.

En corollaire à la résurgence de la culture régionale et à la mise en valeur du patrimoine historique local depuis une vingtaine d'années, de nombreux restaurants régionaux et estaminets ont ouvert leurs portes. Mais à côté de ces établissements qui proposent des spécialités régionales, Lille compte aussi quelques grandes tables qui, sans en faire une capitale gastronomique, contribuent à élargir l'étendue de la gastronomie locale. En 2009, deux restaurants lillois sont crédités d'une étoile au guide Michelin (Philippe Lor pour l'Huîtrière et Jean-Luc Germond pour le Sébastopol[187]).

Personnalités

Article détaillé : Personnalités liées à Lille.
Le général Louis Faidherbe

Lille a vu naître et grandir plusieurs hommes politiques et gouvernants qui ont marqué l'histoire. C'est le cas du général Louis Faidherbe, administrateur du Sénégal, et de Charles de Gaulle dont la maison natale, située dans le Vieux-Lille, est aujourd'hui un musée.

Parmi les scientifiques, le savant Louis Pasteur a été nommé professeur de chimie et doyen de la faculté des sciences de la ville de 1854 à 1857. Il fonde l'Institut Pasteur de Lille qui est l'un des plus importants de France après celui de Paris. C'est là qu'Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le BCG.

C'est à Lille que sont nés les peintres Wallerant Vaillant, Jean-Baptiste Monnoyer, Carolus Duran, Emile Bernard, François Fauck. Ainsi que les sculpteurs Agathon Leonard, Villanis, René Leleu, Emile Morlaix, Gérard Choain, le musicien Édouard Lalo, le poète Albert Samain et le réalisateur Julien Duvivier.

Lille a également accueilli de nombreux artistes, qu'il s'agisse de peintres, comme Jan Van Eyck, Jacques Daret, Louis Joseph Watteau et François Watteau, de musiciens comme Pierre Degeyter, compositeur de la musique de L'Internationale, ou d'écrivains comme Marguerite Yourcenar.

Plus près de nous, l'acteur Philippe Noiret, l'écrivain Alain Decaux, l'humoriste Maxime, les footballeurs Didier Six et Gaël Kakuta, comme le reporter et écologiste Nicolas Hulot, sont originaires de Lille.

Notes

Sources

Références

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  54. Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant. Vauban - L’intelligence du territoire. Éditions Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, Paris, 2006. Préface de Jean Nouvel. 175 p, ISBN 2-35039-028-4, p. 164
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    « Seule la candidature de Lille fut retenue et, le 10 nivôse an V (30 décembre 1796), l'École centrale de Lille ouvrit ses portes dans les locaux de l'ancien couvent des Récollets »

     
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  176. Le site officiel du Théâtre Sébastopol
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  180. Le site officiel du Centre régional des arts du cirque
  181. Philippe Marchand, Histoire de Lille, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003, p. 51
  182. Le site officiel de l'ONL
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Bibliographie

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  • Collectif, Lille, d'un millénaire à l'autre, Éditions Fayard, 1999 (ISBN 2213604568)
  • Perrine Despature (coordonné par), Le Patrimoine des Communes du Nord, Éditions Flohic, 2001 (ISBN 2-84234-119-8)
  • Jean-Marie Duhamel, Lille, Traces d'histoire, collection « Les patrimoines », Éditions La Voix du Nord, 2004 (ISBN 2-84393-079-0)
  • Alain Gérard, Les grandes heures de Lille, Perrin, 1991 (ISBN 2-262-00743-8)
  • Paulette Legillon et Jacqueline Dion, Lille : portrait d'une cité, Éditions Axial, 1975
  • Alain Lottin, Lille - D'Isla à Lille-Métropole, collection « Histoire des villes du Nord », Éditions La Voix du Nord, 2003 (ISBN 2-84393-072-3)
  • Eric Maitrot et Sylvie Cary, Lille secret et insolite, Les Beaux Jours, 2007 (ISBN 2351790111)
  • Philippe Marchand, Histoire de Lille, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003 (ISBN 2-87747-645-6)
  • Catherine Monnet, Lille : portrait d'une ville, Éditions Jacques Marseille, 2004 (ISBN 2914967020)
  • Didier Paris et Dominique Mons (sous la direction de), Lille Métropole, Laboratoire du renouveau urbain, Éditions Parenthèses, 2009 (ISBN 978-2863642238)
  • Pierre Pierrard, Lille, dix siècles d'histoire, Stock, 1979 (ISBN 2-234-01135-3)
  • Louis Trénard (sous la direction de), Histoire d'une métropole : Lille-Roubaix-Tourcoing, Privat, 1977 (ISBN 2708947168)
  • Louis Trénard, Guy Fourquin et Yves-Marie Hilaire (sous la direction de), Histoire de Lille, T1, Faculté des lettres et sciences humaines de Lille, Librairie Giard, 1970 ; T2, Privat, 1981 (ISBN 2708923812) ; T3, Privat, 1991 (ISBN 2708923829) ; T4, Perrin, 1999 (ISBN 2-262-01579-4)
  • Gwenaelle Versmée, Lille méconnu, Éditions Jonglez, 2009 (ISBN 2915807566)

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