Argenteuil (Val-d'Oise)
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48° 57′ 00″ N 2° 15′ 00″ E / 48.9500, 2.2500

Argenteuil
Le pont d'Argenteuil sur la Seine
Le pont d'Argenteuil sur la Seine
Armoiries
Détail
logo
Administration
Pays France
Région Île-de-France
Département Val-d'Oise (sous-préfecture)
Arrondissement Argenteuil (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de trois cantons
Code commune 95018
Code postal 95100
Maire
Mandat en cours
Philippe Doucet
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Argenteuil-Bezons
Site web http://www.ville-argenteuil.fr/
Démographie
Population 103 250 hab. (2008)
Densité 5 996 hab./km²
Gentilé Argenteuillaise, Argenteuillais
Géographie
Coordonnées 48° 57′ 00″ Nord
       2° 15′ 00″ Est
/ 48.9500, 2.2500
Altitudes mini. 21 m — maxi. 167 m
Superficie 17,22 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Argenteuil est une Commune francaise , située dans le département du Val-d'Oise, dont elle est la ville la plus peuplée.

Ville d'origine très ancienne célèbre pour le séjour d'Héloïse au Moyen Âge et le pèlerinage de la Sainte Tunique du Christ, haut lieu de l'impressionnisme, la ville à vocation essentiellement agricole et viticole a connu une importante industrialisation à la fin du XIXe siècle avant de devenir la quatrième ville d'Île-de-France par sa population.

Sommaire

Géographie

Communes limitrophes

Description

Argenteuil est une commune chef-lieu d'arrondissement de la banlieue nord-ouest de Paris, sur la rive droite de la Seine. Elle est, de loin, la commune la plus peuplée du Val-d'Oise et la troisième ville en population de la région Île-de-France après Paris, Boulogne-Billancourt, devant Saint-Denis et Montreuil. Enfin, elle se classe au 39e rang des villes les plus peuplées de France.

Les communes limitrophes sont Bezons au sud-ouest, Cormeilles-en-Parisis au nord, Sannois et Saint-Gratien au nord-est dans le même département du Val-d'Oise ; Épinay-sur-Seine à l'est, dans le département de la Seine-Saint-Denis ; Gennevilliers et Colombes au sud dans le département des Hauts-de-Seine ; enfin, Sartrouville à l'ouest, dans le département des Yvelines.

Argenteuil est une ville étendue (1770 hectares) longée au sud par la Seine sur cinq kilomètres. La ville s'est développée en plaine mais s'étend également sur les buttes-témoins de Cormeilles (167 m) et de Sannois (124 m), ensemble nommé buttes du Parisis. Le sol est composé de dépôts géologiques de l'Éocène supérieur et de l'Oligocène inférieur, avec du gypse et des marnes. Argenteuil est une commune du Val-d'Oise, mais jouxte également les départements de la Seine-Saint-Denis à l'est, des Hauts-de-Seine au sud et des Yvelines à l'ouest.

L’habitat pavillonnaire est prédominant à Argenteuil, occupant 40,5 % de la surface communale, soit 617 hectares. Cet habitat est en grande partie constitué de pavillons du XXe siècle et plus récemment, de villas contemporaines. Il entoure un centre-ville axé sur l'avenue Gabriel-Péri, constitué d'un mélange d'habitat collectif de moyenne et grande dimension et d'un habitat continu bas de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Les principales zones d'activités se concentrent sur la rive de la Seine au sud, et en limite de Sartrouville, à l'ouest ; elles occupent 194 hectares soit 12,7 % du territoire communal. Les grands collectifs et grands ensembles se concentrent à l'ouest pour l'essentiel (Val d'Argenteuil) et dans une moindre mesure à l'est (Orgemont). En plus des parcs urbains, les principaux espaces verts ou non construits sont situés sur les buttes du Parisis, au nord et à l'est, et occupent une surface totale de 442 hectares soit 25 % de la surface communale. Argenteuil est également détentrice du panneau "ville fleurie" et possède deux fleurs. Il faut noter enfin que 189 hectares, soit 12,4 % du territoire, sont utilisés pour les voies de communication, en particulier l'importante gare de triage ferroviaire[1].

Réseau de communication

Le pont d'Argenteuil.

La commune est longée à l'est par l'autoroute A 15 à deux fois quatre voies, et longée au sud, sur les quais de Seine, par la RD 311 (Le Vésinet - Sarcelles), aménagée à deux fois deux voies avec carrefours à niveau et limitée à 90 km/heure. Ces deux axes routiers ont un trafic très élevé et constituent les principaux axes de desserte de la ville. Les autres principaux axes de la ville sont la D 909, qui naissant à Paris, porte d'Asnières, traverse le pont d'Argenteuil et se dirige vers Sannois et la vallée de Montmorency, au nord-est, en second lieu, la D 122, qui traverse le centre-ville (avenues Gabriel-Péri et de Verdun), enfin, le boulevard de la Résistance, principal axe de desserte du Val d'Argenteuil, en direction de Sartrouville. La D 392, qui relie La Défense à la Patte d'Oie d'Herblay, marque la limite occidentale de la commune.

Trois grands axes ferroviaires traversent par ailleurs la ville : la ligne Paris-Saint-Lazare - Mantes-Station par Conflans-Sainte-Honorine et la ligne Paris-Saint-Lazare - Ermont-Eaubonne, qui se débranche de l'axe Paris - Mantes au nord de la gare d'Argenteuil et se dirige vers Ermont au nord-est. Il existe également une rocade ferroviaire ouverte exclusivement à un important trafic de marchandises, la ligne de Grande Ceinture. La Seine constitue également un important axe historique de transport de marchandises : Argenteuil se situe face au port de Gennevilliers, premier port fluvial français.

Ces différentes infrastructures terrestres ont un impact souvent élevé en termes de pollution sonore selon la réglementation[2]. Les principales voies routières et ferroviaires sont classées de catégorie 1 (A 15, ligne de Grande Ceinture) ou 2 (D 311), de niveau élevé[3].

Hydrographie

Le territoire communal est longé sur toute sa longueur méridionale par la Seine, qui constitue également sa limite communale avec Gennevilliers et Colombes. La ville n'est traversée par aucun autre cours d'eau significatif[4].

Argenteuil est alimentée en eau par la station de traitement de Méry-sur-Oise du Syndicat des Eaux D'Ile-de-France, exploitée par la société Veolia Eau. L'eau potable à Argenteuil est de très bonne qualité bactériologique, contenant peu de nitrates, étant peu fluorée et devenue relativement peu calcaire depuis la mise en place de la nanofiltration en 1999 à l'usine de distribution[5]. L'eau distribuée est d'origine superficielle, provenant de la filtration des eaux de l'Oise[6],[7].

Quartiers

Argenteuil est divisée en six quartiers : le centre ville, Orgemont-Volembert, le Val Notre-Dame, le Val d'Argent Nord, le Val d'Argent Sud et les Coteaux. Chacun des quartiers de la ville se différencie par une très forte identité architecturale, sociale et culturelle. Les quartiers sont toutefois complémentaires les uns des autres.

centre ville

Le centre ville reste encore très marqué par une forte densité urbaine des années 1960.
Le centre ville est le symbole même de la diversité culturelle de la ville où le cœur historique, ayant fait l'objet de rénovations, avec son riche patrimoine, vit en harmonie avec le centre moderne de la ville, très animé.
Même si l'on voit apparaître de plus en plus d'immeubles modernes et de standing, la ville conserve encore aux abords de la mairie de belles demeures en pierre meulière datant du début du XXe siècle.
Au début des années 2000, le centre commercial Côté Seine ouvre ses portes dans le centre ville, à proximité de la gare d'Argenteuil et du Commissariat Central de la ville. Quartier très commerçant comprenant un quartier pavillonnaire aisé mais aussi le centre commercial de la ville Côté Seine, la gare ferroviaire et routière principale de la ville, la mairie ainsi que la cité de L'Esplanade Salvador Allende, Pierre Joly, Cité de la Liberté, l'avenue Gabriel Péri, le marché Héloïse, la Cité de L'Espace, Le Square Michelet, Antonin Georges Belin, Général de Gaulle, ZAC Basillique.

Orgemont-Volembert

Orgemont-Volembert est le quartier est de la ville.
Au bas du quartier longeant la Seine, y figurent principalement des pavillons ou maisons ouvrières marquant le passé industriel de la ville. Cette architecture est très visible autour de l'église Saint-Ferdinand.
Le haut du quartier (Orgemont), principalement pavillonnaire, préserve encore sa nature et son calme principalement grâce à la butte d'Orgemont d'où l'on a une vue imprenable sur la capitale et sa banlieue : de cette élévation, on peut avoir un panorama sur la Tour Eiffel, Montmartre, la Tour Montparnasse et La Défense ou sur le Lac d'Enghien.
Ce quartier a socialement deux visages, l’un assez aisé, l'autre très populaire, puisqu'il regroupe, d’une part, de nombreuses cités et notamment les barres HLM de la cité Joliot Curie, cité classée ZUS, ainsi que les cités Balmont, Cité des Jardins, Le Tronc, Bellevue, Gaston Monmousseau et celle de la rue d'Arras, de même que les immeubles Krüger; et que, d'autre part, on y trouve de nombreuses maisons et pavillons, par exemple sur les collines d'Orgemont et dans le quartier de la Colonie.


Val Notre-Dame

Le Val Notre-Dame, situé à l'ouest du centre ville, demeure surtout pavillonnaire avec une architecture des années 1960 et 1970 où l'on peut encore parfois apercevoir des maisons d'ouvriers (Porte Saint-Germain).
Certaines zones du quartier sont légèrement en hauteur avec les résidences les Champioux, Saint-Exupery et Hélène-Boucher, la ZAC de l'Avenue du Château ainsi que les cité le Prunet, les Lilas, les Courlis et les Violettes.
L'architecture datant des années 1970 montre un style plutôt moderne, spacieux et non conventionnel.
Le quartier quant à lui est placé ZUS en raison du fort taux de délinquance et de chômage.
La ZAC de l'avenue du Château, les Champioux et les résidences Saint-Exupery et Hélène-Boucher sont, depuis 2005, placés sous surveillance caméra en raison d'un trafic de stupéfiants important.
Quartier classé zone urbaine sensible comprenant les cités les Champioux, Hélène-Boucher, Saint-Exupéry, Santos Dumont, avenue du Château, cité du Marais, les Lilas, cité du Perreux, cité du Prunet, la Tour Billy, place du 11 Novembre et ZAC Fosse aux Loups.

Les Coteaux

Les Coteaux est le quartier le plus récent.
Longtemps délaissé au XXe siècle du fait de son accès difficile et de son éloignement du centre ville, le quartier était surtout constitué de plaines, de buttes et de terrains vierges.
Au cours des années 1980, il a su très rapidement séduire par ses atouts. Situé en hauteur, il offre, tout près du moulin de Sannois, l'une des plus belles vues de la banlieue ouest et de La Défense.
Ce quartier pratiquement exclusivement pavillonnaire présente les plus belles demeures d'Argenteuil, aux architectures contemporaines et parfois surprenantes, attirant très largement une population plutôt aisée et bourgeoise. Il comprend très peu de logements sociaux dont font partie la résidence Martin Luther King et la Cité Champagne.
Quartier le plus aisé de la ville et le plus récent situé sur les hauteurs d'Argenteuil comprenant essentiellement des pavillons et résidences bourgeoises mais aussi les cités Roussillon et Bordelais.

Le Val d'Argent

Le Val d'Argent Nord & Sud est desservi par la gare du Val d'Argenteuil.
Le 11 octobre 1961 est défini un périmètre de 346 hectares pour une Zone à Urbaniser en Priorité (d'où le surnom du quartier La ZUP) appelée alors « Val d'Argent »[8]. Roland Dubrulle[9], architecte-urbaniste[10], est nommé architecte en chef de la zone et dessine le plan d'un grand ensemble d'environ 8 000 logements. Les travaux commencent en 1965 et s'achèvent en 1976 par la patinoire.
Les architectes Jean Ginsberg et Marcel Lods réalisent eux aussi un certain nombre de logements et d'équipements publics.
Le quartier, devenu Val d'Argent et accueillant 47 000 habitants, comme beaucoup de grands ensembles, se paupérise et se dégrade rapidement. Il entre dans la plupart des cadres de la Politique de la ville : des « îlots sensibles » aux « grands projets de villes »[11].
Il a subi une modernisation avec la réhabilitation de La Dalle, la rénovation de l'Institut universitaire de technologie (IUT), la reconstruction du lycée Romain Roland rebaptisé Julie Victoire Daubié et l'aménagement du quai et des abords de la gare du Val d'Argenteuil.
C'est dans ce quartier que, durant les élections présidentielles de 2007, le candidat Nicolas Sarkozy a traité les jeunes de « racailles » en s'adressant à une vieille femme effrayée par le comité d'accueil de plus de 300 jeunes qui caillassaient le Ministre[réf. nécessaire]. En juillet 2009, la police a réussi à démanteler tout un trafic de stupéfiants à la Cité de La Marche (Val d'Argent Sud) ainsi qu'un réseau sur La Dalle (Val d'Argent Nord).
Les tours Mondor, construites en 1973, ont été démolies en août 2007 puis en décembre 2010[12], d'autres ont été rénovées pendant la même période[13].
D'autres projets de démolition sont en cours[14].
La partie du quartier du Val d'Argent située au nord de la gare ferroviaire du Val d'Argenteuil comprend les cités Des Musiciens, L'Haie Normande, La Dalle, Cité Clemenceau, Le Coudray, Fernand Léger, Henry Wallon, La Bérionne, L'Écureuil, Les 4 Tours.
La partie du quartier du Val d'Argent située au sud de la gare ferroviaire du Val d'Argenteuil comprend les cités Square Aquitaine, La Marche, Cité Jaune, Square Anjou, L'Emmaüs, Cité des Roses, Poirier Fourrier, Bretagne, Boulevard Lénine, Cité Carter, Quartier de la Poste, Dalle Rouge.

Climat

Argenteuil comme toute l'Île-de-France est soumis à un climat océanique dégradé. La localisation de la commune au sein de l'agglomération parisienne provoque une très légère élévation de la température d'un ou deux degrés en fonction des conditions climatiques par rapport aux zones rurales d'Île-de-France. Cet écart est particulièrement notable au lever du jour par temps calme et anticyclonique, et la situation a tendance à s'accentuer au fil des années. La température moyenne annuelle est de 11 °C, le mois le plus le froid est janvier avec +4 °C ; les mois les plus chauds sont juillet et août avec +19 °C (moyenne journalière). Le nombre moyen de jours où la température dépasse 25 °C est de 40, dont 8 au-delà de 30 °C. Dans le sud du Val-d'Oise, depuis 1955, la durée moyenne annuelle d'ensoleillement est de 1719 heures[15].

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 6 7 11 14 18 21 24 24 21 15 9 7 14,8
Températures minimales moyennes (°C) 1 1 3 6 9 12 14 14 11 8 4 2 7,1
Températures moyennes (°C) 4 4 7 10 14 17 19 19 16 12 7 5 11,2
Source : Climatologie mensuelle - Aéroport de Roissy, France[16]

Héraldique

Armes d'Argenteuil

Les armes d'Argenteuil se blasonnent ainsi :

De gueules à la couronne dentée d’or remplis d’une fontaine et engrenant quatre pignons d’or posés en son chef, à sa pointe et à ses flancs, ces deux derniers rayonnant chacun de quatre éclairs d’argent et celui du chef accosté de deux demi-vols aussi d’argent, au chef d’azur chargé de la Sainte-Tunique d’argent accostés de deux fleurs de lys d’or

Écu timbré de la couronne murale à trois tours crénelée d’or, maçonnée et ouverte de sable. Il est soutenu par deux pampres d’or fruités chacun de trois pièces de gueules et sur lesquels pampres sont posées, mouvant de la pointe, deux bottes d’asperges d’argent liées d’or. La croix de guerre 1939-1945 au naturel appendue à la pointe de l’écu brochant sur la croisée des pampres

La composition de ces armoiries, créées en 1952, est due à l'héraldiste Robert Louis. Le chef reprend les armes de l'ancienne abbaye d'Argenteuil, reproduisant notamment la Sainte Tunique du Christ conservée dans la basilique Saint-Denys. Les engrenages et les ailes symbolisent les activités industrielles et aéronautiques qui se sont développées dans la commune[17].

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Des traces de présence humaine sur les hauteurs de la ville remontent à la période acheuléenne, vers 400 000 ans, du moustérien et de la technique Levallois (60 000 ans). De nombreuses fouilles réalisées à Argenteuil depuis 1877 en attestent. Mais les premières traces de sédentarisation embryonnaire ne remontent qu'au Néolithique récent, entre 3400 et 2700 avant J.-C.

Deux grandes sépultures collectives préhistoriques et leur mobilier de la civilisation Seine-Oise-Marne ont été mises au jour à Argenteuil, rue des Déserts en 1867 et dans la cour de l'usine Vivez en 1946. Les hommes de cette civilisation sont sédentaires et pratiquent l'élevage et l'agriculture, mais les matériaux périssables utilisés pour l'édification des habitations n'ont laissé subsister que les allées couvertes funéraires. Celles d'Argenteuil contenaient les ossements de plusieurs centaines d'individus[18].

Durant l'époque antique, la population qui occupe le territoire d'Argenteuil se répartit en petites exploitations agricoles de type villa. Des traces de ces habitats ont été localisées : des fondations d'une maison gallo-romaine à Orgemont, et dans le centre-ville actuel, rue Defresne-Bast. Deux nécropoles gallo-romaines ont également été retrouvées dans le sous-sol, près du lycée Jean-Jaurès au Val Notre-Dame et près de la gare, en centre-ville[19]. Au IVe siècle, les romains apportent à Argenteuil la culture de la vigne.

Moyen Âge

Chapelle du XIe siècle.

En 656, un monastère de bénédictines y est fondé. C'est là que vint se retirer Héloïse après le malheur d'Abélard. L'histoire raconte que, sous Charlemagne, l'impératrice Irène envoya à ce prince la robe sans couture de Notre Seigneur Jésus Christ. L'empereur donna cette relique au prieuré d'Argenteuil, parce que sa fille Théobrade[20] en était abbesse. Lors de l'invasion des Normands, les religieuses, pour soustraire la robe de Jésus Christ à la profanation des barbares, l'enfermèrent dans une muraille, où elle resta jusqu'en 1156[21].

Le nom d'Argenteuil apparaît pour la toute première fois dans la charte de la fondation de Childebert III en 665 qui accorde le droit d'élever un monastère à Argentoialum. On ne connaît pas l'origine étymologique du nom d'Argenteuil, les trois hypothèses les plus courantes sont :

  • Argent, couleur de gypse et du plâtre affleurant (carrières), suivi du suffixe celtique -ialo (clairière), ayant évolué en -euil ;
  • Argent, dans le sens de rivière (surface miroitante...) ;
  • Ar Gen Ti Eul, qui en langue celtique signifierait « la petite maison blanche ».

À cette époque, un bourg se développe sur les rives de la Seine, grand axe commercial, le long de l'actuelle rue Paul-Vaillant-Couturier qui constitue l'axe historique de la cité. Des implantations humaines se multiplient sur cet axe et dans son prolongement, rue Henri-Barbusse, près de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, sous l'emprise du centre commercial « Côté Seine », et au sud de l'ancien château du Marais. Aux IVe et Ve siècles, les invasions germaniques ruinent la bourgade[22].

Les premières traces d'un réel développement urbain remontent aux XIIe et XIIIe siècles. L'abbaye Notre-Dame, qui apparaît pour la première fois dans les textes en 697, constitue le centre du bourg puis de la ville médiévale. Le monastère est reconstruit au IXe siècle ; il occupe une vaste surface comparativement à la ville, en bordure du fleuve (approximativement du boulevard Héloïse, alors bras de la Seine, à l'actuelle rue Notre-Dame, et de la rue du 8 mai 1945 à la ruelle de l'Hôtel-Dieu). Argenteuil est une seigneurie ecclésiastique sous le contrôle du prieur ; l'abbaye y possède de nombreuses terres qu'elle exploite ou qu'elle loue, et détient le pouvoir économique. Le marché ne s'y tient pas devant l'église paroissiale, mais devant l'église abbatiale, bien plus vaste. Durant tout le Moyen Âge, Argenteuil connaît un important développement qui n'est interrompu que par les guerres, la Grande Peste ou les famines.

Héloïse fait ses études à l'abbaye vers 1110. Elle y acquiert une culture exceptionnelle, que remarque plus tard Abélard. Une fois le secret de leur mariage connu, elle se retire à l'abbaye et en devient l'abbesse. Mais elle en est chassée en 1129 lorsque Suger obtient du pape la rétrocession du monastère à l'abbaye de Saint-Denis.

À cette époque, la culture de la vigne est très importante à Argenteuil et y fait vivre 1500 villageois. On considérait alors le vin d’Argenteuil comme un très bon vin, apprécié par le roi François Ier que ce dernier envoyait aussi comme cadeaux diplomatiques. Cette qualité changera beaucoup par la suite. Pour faire circuler le vin, notamment, une activité portuaire importante apparaît[23].

La ville possède la Sainte Tunique du Christ, offerte selon la légende par l'impératrice Irène de Byzance à Charlemagne en l'an 800, lors de son sacre comme empereur d'Occident. Ce dernier la confie au prieuré d'Argenteuil, dirigé par sa fille Théodrade[20] qui en est la chanoinesse principale[24]. C'est en 1129 peu après leur installation que des moines de Saint-Denis découvrent la relique dans un mur, probablement mise à l'abri lors des invasions normandes du IXe siècle. Le plus ancien texte évoquant l'existence de la Sainte Tunique remonte à 1156. Il s'agit de la 'Charte' dite d'Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen dont la datation est d'ailleurs contestée et qui a disparu, de manière troublante, en 1984. Ce n'est qu'au XVIe siècle que les pèlerinages sont attestés. Ils connaissent leur essor durant le XVIIe siècle[25].

Ancien régime

Argenteuil vers 1780, carte de Cassini.

Durant les XVIe et XVIIe siècles, la présence de la Sainte Tunique du Christ provoque un essor commercial et la multiplication des communautés religieuses.

En 1544, François Ier autorise la construction de fortifications autour du bourg pour protéger cette relique. Mais l'édification des remparts a également une importance économique, permettant de contrôler les denrées entrant et sortant de la cité et de les taxer. Les fortifications sont érigées en moellons et s'ouvrent par plusieurs portes donnant sur le fleuve et la campagne ; des tours de huit mètres de hauteur en assurent la défense. Les vestiges de l'une d'elles subsistent au sud du boulevard Karl-Marx. Achevées en 1549, les murailles figent la forme étirée de la cité ancienne. Assiégé par les huguenots, en 1565, Argenteuil fut pris d'assaut le 12 octobre, par le nommé Rouvray. Néanmoins, en 1567, le monastère est ravagé par les Huguenots. C'est à cette époque que commence à Argenteuil la production de figues blanches.

Les boutiques se développent le long de la Grande Rue et autour du monastère, dont de nombreuses auberges ou commerces de souvenirs pieux. Les Augustins s'installent dans la ville en 1632, les Bernardines en 1635 puis les Ursulines en 1647[26]. À la fin du XVIIIe siècle, plusieurs moulins à vent sont construits sur les coteaux. Argenteuil abrite également une garnison de gardes suisses du Roi. Il faut cependant attendre le XIXe siècle pour voir la cité déborder de ses remparts et entamer une profonde mutation.

XIXe siècle

Le 2 juillet 1815, il y eut, à Argenteuil, un combat fort vif entre les Français et les Anglais. Les Français, quoique bien inférieurs en nombre, repoussèrent l'ennemi et lui prirent deux drapeaux.

Au début du XIXe siècle, Argenteuil demeure une cité peuplée en majorité de vignerons et agriculteurs. La vigne occupe l'essentiel du territoire, très morcelé avec 35 000 parcelles très étroites. Le bourg est essentiellement formé de maisons vigneronnes et maraîchères. La production s'adapte à la demande parisienne[27]. Les fortifications de la ville sont rasées et servent à combler un bras de Seine (l'actuel boulevard Héloïse). En 1832, un pont est construit sur la Seine. Il est payant jusqu'en 1910. Argenteuil voit apparaître manufactures et lotissements, et devient une destination dominicale pour les Parisiens en mal de verdure. Argenteuil possède également une industrie plâtrière, qui remonte à l'époque gallo-romaine, mais connaît son apogée au XIXe siècle grâce à la proximité du plus gros gisement de gypse d'Europe et des grands travaux haussmanniens à Paris[28].

C'est avec le chemin de fer en 1851 que la ville connaît un spectaculaire développement industriel. Sa population triple durant la seconde moitié du siècle et le groupe impressionniste y vient fréquemment pour peindre des toiles devenues célèbres : Claude Monet y séjourne de 1871 à 1878, Alfred Sisley, Édouard Manet, Gustave Caillebotte, Camille Pissarro, Van Gogh profitent aussi de la « douceur des bords de Seine » et de l'ambiance des guinguettes.

Rue de la Chaussée à Argenteuil
(« Paul Vaillant-Couturier » de nos jours)
Sisley, 1872

Les asperges d'Argenteuil, que l'on cultive entre les rangs de vignes, commencent à devenir célèbres grâce notamment à Louis Lhérault, « le parmentier de l'asperge ». La basilique Saint-Denys est construite en 1866 par l'architecte et Prix de Rome Théodore Ballu.

À partir des années 1850, les usines s'installent au bord du fleuve : les établissements métallurgiques Joly fondent une des premières à Argenteuil, elle réalise par exemple les Halles de Paris de Baltard, les piliers de la Tour Eiffel ou la gare Saint-Lazare[29], puis surtout à partir de 1890, des constructeurs de bateaux (Caillebotte, G Boucher, Claparede), d'avions (Dassault-Bréguet, Lorraine-Dietrich, Donnêt-Leveque, Schreck) ou encore l'industrie métallurgique, largement encouragée par la municipalité d'alors, et ce malgré la protestation des habitants qui en dénoncent les nuisances[30].

Le XXe siècle : une ville industrielle et ouvrière

Basilique Saint-Denys, où est conservée la Sainte Tunique du Christ. On notera au fronton la devise républicaine.

Au début du XXe siècle, Argenteuil voit cohabiter une intense activité industrielle et une importante vie agricole. Elle est la première ville industrielle et ouvrière de l'ancienne Seine-et-Oise, et accueille de nombreuses industries, liées à l'automobile naissante, aux pneumatiques et aux cycles (Lorraine-Dietrich[31], Morel, devenu Dunlop), à la construction navale (Chantiers Claparède,Boucher) et à l'aéronautique et l'hydravion (Lioré et Olivier, Leduc, puis Dassault)[30].

En 1912, Jérôme Donnet et Henri Lévêque créent sur les ateliers d’Argenteuil et Bezons la société Donnet-Lévêque, la première de France spécialisée en hydravions, qui fit d'Argenteuil l'un des berceaux des hydravions avec ses Type B biplan de 9,50 mètres d’envergure et Type C de 10,40 mètres d’envergure. Le premier est propulsé par un moteur rotatif Gnôme OMEGA de 50 chevaux, le second par un moteur identique LAMBDA de 80 chevaux. En septembre 1912, le Type C no 10 est vainqueur du concours de Tempse-sur-Escaut en Belgique[32],[33].

La ville s'étend le long de la Seine et déborde largement de ses anciennes fortifications. L'industrie influence pour une large part l'urbanisation de la ville, qui se partage entre habitations à bon marché (HBM) et cités-jardins d'une part, et développement anarchique de lotissements peu ou pas équipés d'autre part, en particulier durant les années 1920. Certains secteurs des quartiers d'Orgemont ou du Val Notre-Dame ne possèdent ni adduction d'eau, ni gaz, ni électricité ni voirie. En réponse à l'anarchie urbanistique, la municipalité réalise la cité-jardin d'Orgemont et les entreprises elles-mêmes, dans un souci d'hygiénisme paternaliste, en érigent d'autres comme celle de Lorraine. Contrairement aux lotissements, les cités-jardins possèdent des maisons bâties sur un même plan, une voirie organisée, des jardins privatifs, le tout autour d'équipements publics facilement accessibles.

En 1921, la ville dénombre environ cent entreprises industrielles et une multitude de petits ateliers. En 1924, c'est à Argenteuil qu'a lieu l'épreuve olympique d'aviron. Durant l'entre-deux-guerres, l'urbanisation incontrôlée fait sans cesse reculer les cultures viticoles et maraîchères. La crise des banlieues, le mécontentement qui s'ensuit, et la présence massive à Argenteuil de « mal-lotis » n'est probablement pas étrangère à l'arrivée d'une municipalité communiste lors des élections municipales de 1935, élément de la ceinture rouge de Paris. D'une cité agricole, la ville devient une cité ouvrière, où la culture populaire figurant l'ouvrier laborieux doté d'un savoir-faire et en lutte pour ses droits sociaux marque profondément les mentalités[34].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de la ville subissent un épisode du régime de Vichy du fait de l'existence d'un Centre de rassemblement des étrangers.

Avec la proximité du port de Gennevilliers, la ville subit des bombardements et est sinistrée à 36 %, d'autant plus que les usines d'aviation et de mécanique de précision travaillant pour les Allemands (Jumo, Sagem) et les usines de la rive gauche (centrale électrique, pneumatiques, moteurs d'avions) sont des cibles de choix, malheureusement souvent manquées par les avions alliés au détriment des Argenteuillais.

L'urbanisation massive d'après-guerre

Des HLM à Argenteuil, 1974

Après guerre, l'évolution urbaine de la ville est très importante et sa population ne cesse d'augmenter : elle est passée de 13 000 habitants en 1906 à près de 80 000 en 1961. Les besoins en logements sont criants et 5000 demandes de logements sociaux sont déposés en mairie en 1960.

Durant les années 1950, le centre-ville, très éprouvé par les bombardements, est remodelé selon les conceptions de l'architecte-urbaniste Roland Dubrulle. Il imagine une percée monumentale partant du fleuve et débouchant devant l'hôtel de ville : l'avenue Gabriel-Péri, oû trône la monumentale sculpture d'Edouard Pignon au front du centre culturel, est inaugurée en 1970[35]. Il préconise par ailleurs d'édifier « un nouveau quartier de part et d'autre de la voie ferrée jusqu'à la route interurbaine de Seine-et-Oise et l'hôpital »[36]. Cet urbanisme brutal n'hésite pas à faire table rase du passé, l'esplanade Allende est ainsi édifiée à l'emplacement de caves médiévales détruites. Dès 1956, il est décidé de construire un grand ensemble à Argenteuil. Une ZUP est décidée en 1961 et est construite entre 1965 et 1976 constituant l'actuel quartier du Val d'Argent[37]. Il ne subsiste plus à la fin du siècle que quelques vergers ou lieux de culture maraichère dans le nord de la ville, maigre souvenir de plusieurs siècles de tradition rurale. Par la volonté brutale des urbanistes d'après-guerre, Argenteuil se trouve éclatée en quartiers sans cohérence urbaine globale, source des futurs maux sociaux.

Années 2000

Au début du XXIe siècle, Argenteuil cherche à mettre en valeur son histoire et ses spécificités : la Seine, son patrimoine historique, les espaces verts, la vigne, la figue, l'impressionnisme, et bénéficie d'une restructuration et revalorisation urbaine. Profitant d'une position géographique avantageuse à proximité de Paris et du quartier d'affaires de La Défense ainsi que d'une forte expansion immobilière, la ville a vu ainsi émerger en quelques années de nouveaux quartiers (les Coteaux) situés en hauteur offrant une vue panoramique sur la capitale et sa banlieue ouest attirant principalement une population plutôt aisée.

En 2003, la municipalité de droite entame son grand projet de rénovation urbaine et décide en 2007 de mettre en application le P.L.U. (Plan local d'urbanisme) permettant de définir les aménagements et équipements futurs de la ville[38]. Outre la construction de logements ou l'implantation de nouvelles entreprises, le projet phare est la restructuration du Val d'Argent, classé en zone franche urbaine depuis le 1er janvier 2004, un des plus importants projets de renouvellement urbain de France. Ce projet de rénovation a pour but d'améliorer l'attractivité du quartier par la démolition des immeubles les plus dégradés, la construction de nouveaux logements, la suppression de la voirie en impasse qui crée une situation d'enclave dans la ville. Le coût de 280 millions d'euros sur cinq ans sera financé à 11 % par la commune, le reste étant pris en charge par d'autres contributeurs, essentiellement l'ANRU et les bailleurs sociaux[39]. Ce vaste projet fait suite à la reconstruction du marché des Champioux, rouvert en novembre 2006, à la remise à neuf de la rue Paul-Vaillant-Couturier en centre-ville et à la modernisation des deux centres de santé municipaux[40].

Durant cette période, la politique culturelle est annoncée comme un autre axe majeur de développement : un nouveau cinéma a été édifié dans le parc de la mairie, et un projet de centre culturel lancé à l'emplacement de l'ancien cinéma « Le Galilée » a abouti à l'ouverture du « Figuier blanc », complexe pouvant accueillir concerts et autres manifestations en plus de salles de cinéma. Un centre de musique, la « Cave dîmière »[41], est également ouvert depuis mars 2007, proposant des concerts de jazz notamment.

Démographie

Avec l'arrivée du chemin de fer en 1851, Argenteuil, à l'image des communes voisines, connaît une forte expansion, qui ne fut ralentie que par les guerres.

Évolution démographique
(Source : Cassini[42] et INSEE[43],[44])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 356 4 609 4 249 4 423 4 542 4 536 4 377 4 586 4 767
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 857 7 269 8 176 8 389 8 990 11 849 12 809 13 339 15 116
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
17 375 19 829 24 282 32 173 44 538 70 657 59 314 53 543 63 316
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008  
82 321 90 480 102 530 95 347 93 096 93 961 102 683 103 250  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Autres données[45] :

  • 1250 : 450 habitants
  • 1520 : 3 000 habitants
  • 1870 : 7 148 habitants
  • 1901 : 16 116 habitants
  • 1921 : 32 173 habitants
  • 1931 : 50 378 habitants
  • 1936 : 59 013 habitants
  • 1959 : 73 295 habitants
  • 1968 : 90 929 habitants
  • 1978 : 106 000 habitants
  • 1990 : 93 157 habitants
  • 1999 : 95 340 habitants

Tableau démographique depuis 1900

Administration

Argenteuil est le chef-lieu du plus petit arrondissement du Val-d'Oise en superficie et accueille une des trois sous-préfectures du département. La commune est divisée en trois cantons :

Depuis 2008, la ville est dirigée par le Parti Socialiste, son maire est Philippe Doucet.

La ville a constitué en 2006 avec sa voisine la Communauté d'agglomération Argenteuil-Bezons. Les deux villes coopèrent à de nombreuses opérations et projets :

La société d’économie mixte Semarg (Rives de Seine développement)

  • La MIDEC (Mission intercommunale de développement économique du bassin d’Argenteuil-Bezons) ;
  • L’Office public intercommunal d’HLM Argenteuil-Bezons (OPIAB) ;
  • L’Epafab (établissement public d’action foncière d’Argenteuil-Bezons) ;
  • Un réseau de transports inter-urbains ;
  • Développement économique ;
  • Aménagement urbain de l’espace communautaire ;
  • Habitat et de la politique de la ville.

En 2005, la commune a reçu le label « Ville Internet @@ »[46] puis en 2007 « Ville Internet @@@ »[47].

Axe politique de la ville

Après plusieurs décennies d'administration par le parti communiste français, Argenteuil bascule en 2001 en faveur d'une majorité conduite par l'UMP qui gérera la ville pendant sept années, avant d'être à son tour remplacée par une nouvelle majorité conduite par le parti socialiste en 2008.

De 2001 à 2008, de nombreux chantiers sont engagés par la nouvelle municipalité de droite (rénovation urbaine, voirie, sécurité...)[40], mais plusieurs actions du maire Georges Mothron ont provoqué la polémique par leur tonalité politique très conservatrice : peu de temps après son élection, le boulevard Lénine et l'avenue Marcel-Cachin qui traversent la ville sont rebaptisés (respectivement, boulevard du Général-Leclerc et avenue Maurice-Utrillo), sans la moindre consultation des riverains pour choisir le nom des rues qu'ils habitent désormais, ceci pour « changer l'image » selon le maire, tout en précisant que « Maurice Thorez appartient à une époque révolue. Il est temps de passer à autre chose. » ; pour effacer le passé politique de la ville par une véritable « chasse aux sorcières » selon ses opposants[48]. En 2007, Georges Mothron créé de nouveau la polémique en dotant les équipes d'entretien de la ville d'un produit répulsif, le malodore, à diffuser en certains lieux afin d'éloigner les SDF. Les agents municipaux ayant refusé ce travail, il a finalement été confié aux agents d'entretien du centre commercial[49],[50].

L'opposition politique de gauche, restée très présente sur la ville entre 2001 et 2008, était traversée par de fortes divisions entre les différents partis : le PCF qui « gardait des vues » sur la commune, le Parti socialiste souhaitant lui prendre le leadership de l'opposition, les Verts, la Ligue communiste révolutionnaire et Lutte ouvrière.

Toutefois, le 26 septembre 2007, les socialistes argenteuillais désignent Philippe Doucet, conseiller général, pour mener une liste composée par le Parti socialiste, le Parti communiste français, Lutte ouvrière, des militants écologistes et des personnalités locales aux élections municipales de mars 2008. La liste de ce dernier remporte les élections avec 335 voix d'avance faisant re-basculer la mairie de droite à gauche[51].

Depuis le 16 mars 2008, l'équipe municipale a pris un certain nombre d'initiatives : gel des démolitions programmées de logements sociaux dans le cadre des projets de renouvellement urbain (Val d'Argent Nord et cité Joliot-Curie), création d'un hebdomadaire gratuit L'Argenteuillais, lancement du festival associatif « ARGENTEUIL fait son FESTIVAL » au mois de juin, mise en place d'un accueil de nuit pour les SDF, ouverture du nouveau centre culturel « Le Figuier Blanc », refonte de l'agglomération Argenteuil-Bezons, journée du handicap, nouveaux projets de développement économique.

Lors des élections cantonales de mars 2011, les deux cantons renouvelables d'Argenteuil (nord et ouest) basculent de gauche à droite en faveur de l'UMP malgré un contexte national défavorable. Les trois cantons de la villes sont donc désormais acquis à l'UMP.

Tendances politiques

À l’élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer en tête Ségolène Royal avec 34,58 %, suivi par Nicolas Sarkozy avec 25,82 %, François Bayrou avec 16,38 %, Jean-Marie Le Pen avec 9,36 %, enfin Olivier Besancenot avec 4,50 % et Marie-George Buffet avec 3,28 %, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 2 %. Le second tour a vu arriver largement en tête Ségolène Royal avec 57,42 % (national : 46,94 %) contre Nicolas Sarkozy avec 42,58 % (résultat national : 53,06 %)[52].

Maires d’Argenteuil

Liste des maires successifs[53]
Période Identité Étiquette Qualité
2008 2014 Philippe Doucet PS Cadre dans le secteur privé
2001 2008 Georges Mothron UMP Ingénieur chimiste
1995 2001 Roger Ouvrard PCF Conseiller général (1985-1998)
1977 1995 Robert Montdargent PCF Journaliste
1945 1977 Victor Dupouy PCF Conseiller général (1967-1976)

Budget et fiscalité

Avec un taux de taxe d’habitation de 17,93 % en 2006, la pression fiscale pour les particuliers à Argenteuil est dans la moyenne haute du département. Ce taux n'avait cependant pas augmenté depuis 2001. La part syndicale se montait à 1,17 % la même année. Le taux départemental du Val-d'Oise était fixé en 2006 à 5,88 % de la valeur locative. À titre de comparaison, ce taux était de 14,81 % à Bezons et de 15,85 % à Cormeilles-en-Parisis. En 2009, le taux de taxe d'habitation est passé à 20,42% pour Argenteuil, 16 % pour Cormeilles en Parisis et 14,81 % pour Bezons[54],[55]. En 2010, ce taux est passé à 22,26% et à 23,77% pour la taxe foncière.

Justice et sécurité

Argenteuil fait partie de la juridiction d’instance de Sannois, et de grande instance ainsi que de commerce de Pontoise. La commune accueille par ailleurs une maison de la justice et du droit (14, rue Alfred-Labrierre)[56],[57].

Le taux de criminalité de la circonscription de police d'Argenteuil (incluant Sannois et Cormeilles-en-Parisis[58]) est de 207,43 actes pour 1000 habitants (crimes et délits, chiffres 2008) largement au dessus la moyenne du Val-d'Oise (taux de criminalité de 81,32), ainsi que de la moyenne nationale (57,51 pour 1000)[59].

En 2007, la ville s'est dotée d'un système de surveillance vidéo dans certains quartiers sensibles de la ville (tels que le quartier de La Poste au Val d'Argent Sud) et a mis en place un espace municipal de sécurité dans les anciens locaux de la Banque de France après son départ.

Jumelages

Sociologie

On évoque aujourd'hui un attrait nouveau pour la ville, de la part des classes moyennes de Paris, et aussi des classes aisées venant principalement des Hauts-de-Seine. Ce mouvement très récent, s'il s'avérait réel, serait sans doute l'une des conséquences de l'augmentation très forte du prix de l'immobilier de Paris et de la proche banlieue. En conséquence, le centre d'Argenteuil pourrait constituer un nouveau paradigme en matière urbaine, puisqu'il est encore mixte socialement, et comprend des logements sociaux et privés, même si l'on assiste depuis quelques années à la construction d'immeubles de standing et à la gentrification de la ville.[réf. nécessaire]

  • Emploi: En 1999, le taux de chômage de la ville était de 16% alors que celui de la France était de 12,9% la même année. En 2008, le taux de chômage de la ville était de 22 %, c'est-à-dire bien au-dessus du taux national[61].
  • Revenus: À Argenteuil, le revenu moyen par ménage était, en 2004, de 14 515 € / an alors que celui de la France était à 15 027 € / la même année[61].
  • Immobilier: Le prix moyen de l'immobilier ( à la vente) était à Argenteuil de 2 898,55 € / m² alors que celui de la France était à 3 197 € / m² la même année[61]. Le prix moyen de l'immobilier (location) était à Argenteuil de 16,27 € / m² / mois alors que celui de la France était à 12,22 € / m² / mois la même année[61].

Économie

Le 6 novembre 2002, le centre commercial « Côté Seine » situé sur l'axe historique ouvre ses portes. Regroupant plus de soixante-dix enseignes et un hypermarché Géant, il a pour but de redonner une nouvelle dynamique commerciale à la ville, même si sa fréquentation bien en deçà des espérances après les trois premiers mois d'ouverture a compromis cet objectif. La fréquentation est toutefois en hausse depuis que le parking, autrefois payant et donc dissuasif, a été rendu gratuit durant 2 h 30 pour tous[62].

Le commerce traditionnel (chocolaterie, habillement, cavistes) est en perte de vitesse au profit d'activités commerciales plus populaires (bazars, points phone et restauration rapide). La municipalité UMP a dû freiner notamment l'implantation d'agences immobilières en sur-effectif sur la ville, près d'une vingtaine à ce jour.

Un grand projet de constructions sur les terrains dit « Pathé » le long du boulevard Héloïse mêlant enseignes commerciales bas de gamme et jardins suspendus a été annulé par la municipalité socialiste car il risquait de fragiliser encore davantage le petit commerce de centre-ville.[réf. nécessaire]

Yoplait dispose dans la ville d'un centre logitistique.

Transports

Transports routiers

Le viaduc de l'autoroute A15

La ville est aisément accessible depuis l'autoroute A15 à l'est et l'A86 au sud (sur la rive gauche de la Seine) ; la route nationale 311 longe les berges de la Seine côté Argenteuil et prive presque entièrement les habitants de l'accès aux rives du fleuve.

Cependant un projet de réaménagement des berges de la Seine et de la D 911 actuellement sous forme de voie rapide sur ce tronçon est en cours. Il a pour but de rendre l'accès aux quais de Seine aux habitants et de mettre en valeur la rive droite du fleuve[63].

Transports en commun

Histoire

La Compagnie des TPDS, absorbée en 1921 par la STCRP, exploitait plusieurs lignes de tramways desservant la ville :

  • Ligne AC puis 40 : Argenteuil-Gare - Porte de Clichy : ouverte jusqu'au Pont d'Argenteuil le 14 mai 1913, prolongée à la gare d'Argenteuil le 25 juillet suivant. Ligne supprimée le 14 avril 1936.
  • Ligne 61 : Argenteuil-Gare - Bezons-Quai : ouverte le 16 avril 1928, supprimée le 22 juin 1936
  • Ligne 64 : Argenteuil-Gare - Bezons-Quai - Paris-Porte Champerret : ouverte le 16 avril 1928, supprimée le 2 juin 1936[64]

La ligne de Grande Ceinture, est une ligne de chemin de fer qui fait tout le tour de Paris. La gare d'Argenteuil-Grande Ceinture a accueilli les voyageurs du 2 janvier 1882 au 15 juillet 1939. Cette ligne est désormais réservée au trafic de fret[65].

La desserte actuelle

Argenteuil est desservie par les gares d'Argenteuil et du Val d'Argenteuil, où s'arrêtent les trains du réseau Transilien Paris Saint-Lazare (ligne J).

Depuis le réaménagement par le STIF et la SNCF, Argenteuil s'est vue doté d'une nouvelle ligne Paris-Saint-Lazare - Ermont-Eaubonne. Cette nouvelle ligne de train ouverte en 2006, s'ajoute à la ligne Paris-Saint Lazare / Cormeilles-en-Parisis - Pontoise/Mantes-la-Jolie permettant de rejoindre directement Paris en une dizaine de minutes.

Les principales lignes de bus sont :


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Argenteuil (Val-d'Oise) de Wikipédia en français (auteurs)

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