Basilique Saint-Denis
Basilique Saint-Denis
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Denis
Présentation
Nom local Basilique de Saint-Denis
Culte Catholique romain
Type Abbatiale puis Cathédrale
Rattaché à Diocèse de Saint-Denis (siège)
Style(s) dominant(s) Gothique
Protection  Classé MH (1862, 1926)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Île-de-France
Département Seine-Saint-Denis
Ville Saint-Denis
Coordonnées 48° 56′ 08″ N 2° 21′ 35″ E / 48.935556, 2.35972248° 56′ 08″ Nord
       2° 21′ 35″ Est
/ 48.935556, 2.359722
  

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Basilique Saint-Denis

La basilique Saint-Denis est une église de style gothique située à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Fondée en tant qu'abbatiale, elle a aussi le statut de cathédrale du diocèse de Saint-Denis depuis 1966.

Elle fut la nécropole des rois de France depuis les Robertiens et Capétiens directs, même si plusieurs rois mérovingiens puis carolingiens choisirent d'y reposer.

La basilique Saint-Denis fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1]. Le jardin qui l'entoure fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 août 1926[1].

Sommaire

Position géographique

La basilique de Saint-Denis se trouve au centre-ville de la ville de Saint-Denis, elle-même située 5 kilomètres au nord de Paris. Elle est aisément accessible par le métro, la station Basilique de Saint-Denis se trouvant à moins de cent mètres de la basilique.

Histoire de la Basilique

Une église et une nécropole contemporaine de la christianisation de la Gaule

Dès le Bas-Empire, un cimetière gallo-romain est attesté sur le site de Saint-Denis. Au IVe siècle, un mausolée fut élevé à l'emplacement du maître-autel actuel et fit déjà l'objet d'un culte. Puis, vers 475[2], sainte Geneviève acheta les terres alentours et fit construire une église.

Une nécropole royale parmi d'autres sous les Mérovingiens et les Carolingiens

L'église sous les Mérovingiens

Un premier agrandissement du mausolée est attesté par une prolongation de 11 mètres plus à l’ouest. Alors que Michel Fleury le situait entre 540 et 550, soit sous le règne de Childebert Ier, Patrick Périn l’a récemment estimé aux années 451-459, proposant d’y reconnaître l’église de sainte Geneviève.

De fait, le lieu avait un grand prestige comme en témoigne la découverte en 1959 du sarcophage de la reine Arégonde, épouse de Clotaire Ier et bru de Clovis, morte entre 573 et 579, première personne royale qui y fut inhumée[3].

L'église fut agrandie une seconde fois sous Dagobert Ier qui y fit placer vers l'an 630, les corps de saint Denis (premier évêque de Paris) et ses deux compagnons, le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère.

Dagobert Ier est le premier roi des Francs qui fut inhumé en l'église de Saint-Denis. Sous les Mérovingiens et les Carolingiens, cette nécropole royale partagea ce privilège avec d'autres églises. Vers 650, sont créés le monastère et une série de sanctuaires secondaires dédiés à saint Barthélemy, saint Paul et saint Pierre.

L'église sous les Carolingiens

Les liens privilégiés que l’abbaye entretenait avec la royauté mérovingienne se renforcent sous les Carolingiens.

  • En 741, les funérailles de Charles Martel inaugurent une deuxième série d’inhumations royales dans la basilique.
  • Vers 750, un nouveau sanctuaire fut entrepris vers 750 par Pépin le Bref. L’abbé Fulrad, en tant que représentant de Pépin le Bref, avait effectué plusieurs voyages à Rome d’où il tira son inspiration pour reconstruire Saint-Denis. La consécration eut lieu en présence de Charlemagne le 24 février 775. Cette nouvelle église, de plan basilical à trois nefs comprenait un transept faiblement débordant et ouvrant à l’Est sur une abside semi-circulaire. La nef présentait deux files de colonnes, neufs travées et mesurait intérieurement 20,70 mètres de large. Certains fûts de colonnes torsadées ont été prélevés dans des monuments antiques d’Italie, notamment plusieurs fragments de marbre de Synnada (Turquie). Sous l’abside, une crypte annulaire, bâtie à la manière de celles de Rome, permettait aux pèlerins d’accéder à une confession dans laquelle devaient être exposées les reliques de saint Denis et de ses deux compagnons, saint Rustique, l’archiprêtre, et saint Eleuthère, l’archidiacre. On peut encore voir dans la crypte actuelle les vestiges de ce corridor qui longeait l’intérieur de l’abside.
  • Vers 800, sont aménagés un baptistère dédié à St-Jean Baptiste ou St-Jean-le-Rond, une chapelle dédiée à la Vierge en 832 qui fut le caveau royal au XIXe siècle.
  • En 832, l’abbé Hilduin agrandit la crypte vers l’Est. Il fit édifier une chapelle à trois vaisseaux dédiée à la Sainte Vierge, à saint Jean et à tous les saints. Les murs de la partie centrale conservaient les reliques de la Passion et étaient décorés de pierres dorées. Il y avait aussi un puits aux eaux réputées curatives.
  • En 869, Charles II le Chauve devant la menace des invasions des Vikings fortifia le monastère.

Le fait que les abbés Fulrad (750-784), Fardulf (797-807), Hilduin (814-843) et Louis (843-867) aient tous été des conseillers des rois prouvent l'importance de l'église Saint-Denis dans la vie du royaume des Francs. Leur implication dans la vie politique va tellement progresser qu’en 867 l’empereur Charles II le Chauve finit par s’approprier le titre d’abbé de Saint-Denis.

La reconstruction de la nécropole royale des Capétiens

L'église du XIIe siècle

Dans la première moitié du XIIe siècle, entre 1135 environ et 1144, l'abbé Suger, conseiller des rois Louis VI et de Louis VII, agrandit l'abbatiale en remaniant le narthex d'une façade dotée pour la première fois d'une rose et de trois portails de grandes dimensions. Il modifia aussi le chœur en lui ajoutant des chapelles rayonnantes. L'abbaye bénédictine de Saint-Denis devint un établissement prestigieux et riche, grâce à l'action de Suger, abbé de 1122 à 1151. Ce dernier souhaita rénover la vieille église carolingienne afin de mettre en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau chœur : pour cela, il voulut une élévation importante et des baies qui laissent pénétrer la lumière.

Suger décida donc de la reconstruction de l'église en s'inspirant du nouveau style entraperçu dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens. En 1140, il fit édifier un nouveau massif occidental, en s'inspirant des modèles normands de l'âge roman comme l'abbatiale Saint-Étienne de Caen. L'abbaye fut consacrée le 11 juin 1144, inaugurant le francigenum opus, appelé plus tard l'art gothique. Reprenant le principe du déambulatoire à chapelle rayonnante en le doublant, Suger innova en prenant le parti de juxtaposer les chapelles autrefois isolées en les séparant par un simple contrefort. Chacune des chapelles comporte de vastes baies jumelles munies de vitraux filtrant la lumière. Le voûtement adopte la technique de la croisée d'ogives qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers.

L'église du XIIIe siècle

La nef de la basilique reconstruite au XIIIe siècle.

Par la suite, l'édifice devint encore plus important. Le besoin d’espace pour la nécropole royale imposa la reprise des travaux de reconstruction là où Suger les avait arrêtés. L’église présentait jusqu’ici une nef carolingienne, vétuste, coincée entre l’avant-corps et le chevet de Suger. Elle n’avait donc été reconstruite au XIIe siècle qu’à ses deux extrémités. On entreprit donc la reconstruction de la nef et d’un vaste transept, ainsi que le rehaussement du chœur de Suger et la reconstruction des deux tours de la façade, dont la flèche Nord qui culminait à 86 mètres de hauteur (elle sera détruite en 1846). De l’église du XIIe siècle, on ne conserve donc que la façade et la partie basse du chevet.

Ces travaux de grande ampleur ont été menés de 1231 à 1281, soit en moins de cinquante ans. la reconstruction fut entreprise grâce à l’association de trois figures d’exception : le jeune roi Louis IX, sa mère Blanche de Castille, régente durant la minorité de Louis et durant sa première croisade, et l'abbé de Saint-Denis, Eudes Clément (1228-1245).

On conserva le déambulatoire de Suger et les chapelles rayonnantes. On détruisit en revanche les parties hautes du chœur de Suger. L’abbé Eudes Clément voulut que le nouveau plan puisse s’ajuster à la hauteur de la façade de Suger, avec un chœur et un transept plus hauts. Du coup, les colonnes de Suger furent enlevées et remplacées par des supports plus lourds composés d’une série de tambours horizontaux avec des fûts en saillie orientés vers l’autel. La croisée du transept, plus large que le chœur, entraîna un évasement de la première travée du chœur vers le transept à l’ouest, aussi bien du côté nord que du côté sud. L’idée du nouvel architecte était de raccorder les constructions conservées de l’église de Suger, abside et narthex, avec le plan plus large du nouvel édifice. La jonction du transept et de la nouvelle nef à l’ancien chevet aboutit d’ailleurs à une astuce de l’architecte : les arcs des arcades s’élèvent au fur et à mesure que l’on se dirige vers l’ouest. En outre, la base du triforium monte aussi dans chaque travée en direction des piliers de la croisée. Les dimensions changent donc graduellement depuis les volumes intimes du chœur de Suger, jusqu’au projet monumental et définitif du transept et de la nef. Ce changement est accompli avec une grande subtilité pour la transition ne puisse pas se voir.

Ce dernier estimait sans doute que l’abbaye avait un rôle politique à jouer dans les premières années de la minorité de Louis IX pour réaffirmer l’antiquité et la dignité de la famille capétienne. De fait, après l’achèvement du grand transept dans les années 1260, le nouveau programme des monuments funéraires royaux visait à faire apparaître la continuité des trois races royales franques. En 1267, eut lieu l’inauguration du nouvel ensemble sépulcrale par Louis IX. La disposition avait été conçue pour illustrer visuellement l’explication des liens entre les trois dynasties royales que Vincent de Beauvais inclut dans son grand ouvrage historique, le Speculum historiale, achevé en 1254, et qu’il reprend dans le De morali principis institutione, écrit entre 1259 et 1261 pour Louis IX et son gendre Thibaut V de Champagne. Les idées de cet érudit dominicain, proche de la famille royale, sur la légitimité dynastique et royale sont très semblables à celles de la cour. Vincent affirmait le « retour du royaume des Francs à la race de l’empereur Charlemagne » en la personne de Louis VIII, père de Louis IX, dont le sang carolingien lui avait été transmis par sa mère Isabelle de Hainaut. Les monuments de Philippe Auguste et de Louis VIII situés au centre de l'édifice témoignaient de l'union en leur personne des lignages mérovingien et carolingien d'une part (dont les rois avaient leurs tombeaux au sud) et capétien d'autre part (dont les rois avaient leurs tombeaux au nord)[4].

Le transept aux tombeaux royaux faisait ainsi le lien entre le haut chœur où se trouvaient les reliques à l’Est, et le chœur des moines à l’Ouest où retentissaient quotidiennement les prière au saint patron de la monarchie.

Le 22 août 1291, une bulle du pape Nicolas IV, datée d'Orvieto, confirmant elle-même une bulle de Célestin III, accorda aux religieux de Saint-Denis le privilège de n'être soumis à aucune sanction canonique, émanée de qui que ce fût, hormis de leurs abbés, sans une licence spéciale du souverain pontife.

C'est à l'abbaye de Saint-Denis que les rois de France se rendaient pour y prendre l'oriflamme avant de partir en guerre ou en croisade.

L'église du XIVe au XVIIIe siècle

Le choeur de la basilique d'après Dom Félibien (dessin d'Eugène Viollet-le-Duc).
  • En 1378, Charles IV, empereur du Saint Empire romain germanique, s'arrête à l'abbaye pour se faire présenter les reliques et joyaux du trésor ; celui-ci jouit auprès des amateurs d'art d'un prestige croissant.
  • En 1568, débutent les travaux de la Rotonde des Valois, chapelle dont la construction a été décidée par Catherine de Médicis et dont la vocation est d'accueillir les sépultures des souverains et prince de la Maison de Valois.
  • En 1576, pendant les guerres de religion, les protestants et les catholiques s'y livrèrent une furieuse bataille, et en 1593, Henri IV y abjura le protestantisme.
  • En 1663, la réforme de l'ordre de Saint-Maur est imposée à l'abbaye de Saint-Denis par une sentence du Conseil d'Etat royal rendue le 21 juillet. Dès le mois d'août, les moines de la nouvelle congrégation prennent possession des lieux.
  • En 1665, Colbert demanda à François Mansart de concevoir un projet de chapelle funéraire des Bourbons. Commandée un an avant la mort de l'architecte, cette chapelle ne fut jamais édifiée. Son projet pour la chapelle des Bourbons aurait abouti à l'édification d'une vaste composition à plan central coiffée d'un dôme, à l'extrémité est de la basilique Saint-Denis qui en possédait déjà un, celui de la chapelle (inachevée) des Valois. Un certain nombre de chapelles à dôme, pour abriter les tombeaux, se seraient groupées autour de cet espace central circulaire qui devait être recouvert d'un dôme tronqué complexe, éclairé à l'intérieur par des fenêtres invisibles. Jules Hardouin-Mansart qui fut formé tout jeune par son grand-oncle, s'inspira souvent des de dessins de celui-ci. En particulier, le plan de Hardouin pour la chapelle à dôme des Invalides doit beaucoup au projet non exécuté de Mansart pour une chapelle des Bourbons à la basilique Saint-Denis.
  • En 1691, Louis XIV supprima le titre d'abbé. À partir de cette époque, les supérieurs de l'abbaye prirent le titre de grands prieurs. Les revenus de l'abbaye sont confiés au profit de la maison d'éducation de Saint-Cyr.
  • En 1698, Dom Arnoult de Loo, grand prieur de 1696 à 1702 et de 1708 à 1711, s'adressa à Robert de Cotte, pour dresser les plans de nouveaux bâtiments conventuels. Ce projet, qui entraine la destruction de tous les bâtiments anciens, à l'exception de la porte de Suger et de l'enceinte Ouest, fut approuvé par le chapitre général de la congrégation. Le plan publié en 1727 par Mariette présente un grand quadrilatère se développant autour d'un cloître, avec deux ailes en retour au Sud. Dans les angles formés par ces ailes, l'architecte place, comme Jules Hardouin-Mansart aux Invalides, deux pavillons hors-oeuvre, contenant à l'est le grand escalier monumental conduisant au dortoir et à l'Ouest les cuisines. Il établit à l'est un parterre. Ce dessin est conforme à l'esprit classique par sa régularité et à la tradition monastique par la disposition des bâtiments. Par son ampleur, il traduit la double fonction du lieu, abbaye et palais.
  • En 1737, Dom Castel fit reprendre les travaux interrompus douze ans plus tôt et modifia le projet pour l'aile ouest. Il souhaitait la mettre au goût du jour en l'agrémentant d'un avant-corps central et l'ouvrir vers la ville en supprimant l'enceinte et la porte de Suger, qu'il voulait remplacer par une grille "comme aux Invalides". Mais le dessin de Robert de Cotte fut conservé pour le reste des élévations.
  • En 1752, frère René Laneau, supérieur général de la congrégation de Saint-Maur à Saint-Germain-des-Prés, approuve "le plan du rez-de-chaussée de ce qui reste à faire à l'abbaye royale de Saint-Denis pour fermer le cloître et ouvrir les communications avec l'église". Le cloître fut ainsi doté de ses quatre galeries.
  • En 1774, Dom Boudier s'adresse aux architectes Samson-Nicolas Lenoir, François Franque et Charles de Wailly pour dresser le plan de la nouvelle cour d'entrée. Le projet De Wailly est retenu. Il reprend le parti déjà utilisé par lui au château de Montmusard : un portail monumental en arc de triomphe avec porte cochère entre deux portes piétonnes, donne accès à une cour d'honneur en hémicycle. Cette cour est bordée de bâtiments à un étage, rythmés par des arcades en plein cintre semblables à celles qui règnent dans l'ensemble du bâtiment. Ainsi, malgré quatrevingts ans de travaux, l'abbaye de Saint-Denis présente un décor architectural d'une grande homogénéité.
  • En 1790, l'abbaye est supprimée et il est décidé de créer un dépôt de farines à l'abbaye.
  • En 1791, le Directoire du département décida aussi de s'installer dans les bâtiments monastiques.

La profanation de la Basilique en 1793

En 1793, suite à la profanation des tombes de la basilique Saint-Denis, les révolutionnaires jetèrent les cendres de quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes, dix serviteurs du royaume, ainsi que d’une trentaine d’abbés ou de religieux divers, « entre des lits de chaux », dans des fosses communes de l’ancien cimetière des moines alors situé au Nord de la basilique.

Une partie du trésor de la basilique fut transformée en monnaie. Quant aux gisants, chefs-d’œuvre de l'art funéraire remontant au bas Moyen Âge pour les plus anciens, ils furent en grande partie détériorés. Ainsi Charles V le Sage a perdu son sceptre. Le gisant de son épouse a également disparu. C'est son gisant d'entrailles (sac dans ses mains) qui repose aux côtés de Charles V.

L'église sous Napoléon Ier

Après son sacre, Napoléon Ier fixa le nouveau destin de l'édifice : symbole de la continuité du pouvoir monarchique, il deviendrait le mémorial des quatre dynasties ayant régné sur la France. Le 20 février 1805, il demandait qu'on lui fît connaître l'état de l'abbatiale et deux jours plus tard que le ministère de l'Intérieur procèdât à sa restauration[5]. Un devis de 247 830 francs fut dressé, la toiture entreprise, le dallage du sol commencé (l'église était entièrement décarrelée), la crypte et les caveaux déblayé.

L'Empereur précisa sa pensée en demandant que[6] :

  • trois autels expiatoires, "en mémoire des trois races de rois dont les mânes ont été dispersées" soient dressés ;
  • l'église de Saint-Denis soit consacrée à la sépulture des empereurs ;
  • l'église soit doté d'un chapitre de dix chanoines dont les membres soient choisis parmi d'anciens évêques âgés de plus de soixante ans ;
  • le grand aumônier de l'Empire soit le chef de ce chapitre ;
  • quatre chapelles soient érigées dans l'église, dont "trois dans l'emplacement qu'occupaient les tombeaux des rois des trois races" et la quatrième pour la quatrième dynastie dans l'emplacement destiné à la sépulture des empereurs.

Ces instructions donnèrent une impulsion nouvelle aux travaux. Les baies furent garnies de verre blanc recouvert d'un vernis d'argent ou de verres jaunes ou violets qui donnèrent à la nef, dit la presse du temps, "une physionomie des plus augustes". L'ancien caveau des Bourbons (chapelle d'Hilduin) fut transformé en caveau impérial : la brèche des violeurs de tombe fut remplacée par une porte de bronze.

En 1809, Napoléon Ier décida que l'ancienne abbaye deviendrait une maison d'éducation de la Légion d'honneur. L'abbaye fut aménagée par l'architecte Peyre le jeune. Il conserva la salle capitulaire, ajourd'hui salle de Dessin, construisit une nouvelle chapelle à l'emplacement de l'ancienne, transforma les cellules en dortoirs[7]. L'école fut inaugurée le 1er juillet 1811 ; Napoléon Ier et Marie-Louise lui rendirent visite le 5 août suivant.

De même, en 1809, sur ordre de Napoléon Ier, furent lancés les travaux de construction d'une nouvelle sacristie indispensable au service canonial . Elle se situe au flanc Sud du choeur, selon un axe oblique imposé par la présence des anciens bâtiments abbatiaux. Jacques Cellerier mène le gros oeuvre : c'est un parallélipipède rectangle couvert d'un berceau en plein cintre et éclairé par deux lunettes hémicirculaires dans l'axe longitudinal. Le décor, les chapiteux et les colonnes doriques, la frise, les caissons de la voûte furent sculptés par Mézière en 1810 et 1811 ; Roguier y réalisa des anges en bois qui avaient toutefois à l'origine été prévus en plomb. Au-dessus de la porte fut posé un saint Denis revêtu de ses habits pontificaux. Vivant Denon préconisa que le caveau impérial qui avait été recouvert de peinture rapidement dégradées par l'humidité soit revêti de marbre pour ses murs et de porcelaine blanche couvertes d'abeilles d'or pour ses voûtes.

Après la visite effectuée par le comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, le 2 mai 1811, et à l'inspiration de Vivant Denon[8], un projet de décoration pour la nouvelle sacristie fut arrêté : dix toiles encastrées dans des compartiments réservés entre les colonnes doriques, célébraient l'histoire de Saint-Denis. Ce programme était destiné au regard des chanoines-évêques et des visiteurs de marque. Napoléon y apparaît comme le continuateur des rois des premières dynasties. Il comptait d'ailleurs bien effacer les traces des violences et du désordre révolutionnaires. Le souvenir des Bourbons en est totalement écarté.

Le programme fut toutefois modifié. En effet, le cardinal Fesch, oncle de l'empereur, s'opposa à un des tableaux qu'il jugeait non fondé historiquement et portant atteinte à la décence et aux bonnes moeurs. Il s'agit de "Pierre le Vénérable apportant le corps d'Abélard à Saint-Denis". Alors lui fut préféré : "Le couronnement de Marie de Médicis". La réalisation de l'ensemble ne fut pas achevée avant 1823. Dans l'intervalle, le retour des Bourbons et quelques défections d'artistes entrainèrent des changements de sujets et de peintres.

En 1811, l'empereur demanda la réalisation d'un appartement au rez-de-chaussée de la maison d'éducation, "pour les grandes cérémonies". Il demanda que les noms des rois qui ont eu leur sépulture à Sain-Denis soient gravés sur des tables de bronze ou de marbre[9]. Après avoir hésité à faire installer à nouveau les monuments funéraires des rois, il renonça à cette idée, finalement mise en œuvre sous la restauration. Opposé à ce que l'on donne à la décoration trop funéraire, Napoléon Ier fit enlever les ajouts de marbre noir ou blanc[10].

La restauration de la Basilique au XIXe siècle

Projet de Viollet-le-Duc pour la reconstruction de la façade de l'église.

En 1816, Louis XVIII demanda à Alexandre Lenoir de les remettre dans la basilique réhabilitée en 1816. Le 19 janvier 1817, Louis XVIII fit ramener les restes de ses prédécesseurs, récupérés dans les fosses, dans la crypte de la basilique, où ils sont rassemblés (car la chaux a empêché leur identification) dans un ossuaire scellé par des plaques de marbre sur lesquelles sont inscrits les noms des personnages inhumés. L'ossuaire est situé dans la crypte, dans l’ancien caveau où se trouvait jusqu'en 1793 le corps de Turenne (sous l’ancienne chapelle de Notre-Dame-la-Blanche).

Par la suite, les travaux de restauration furent lancés, pour aboutir à l'état que nous connaissons aujourd'hui, notamment sous la direction d'Eugène Viollet-le-Duc qui avait par ailleurs entrepris la restitution de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, elle aussi profanée.

Trois architectes ont dirigé à la restauration de la basilique de 1813 à 1879.

  • 1813 - 1819 : Jacques Cellerier fut le premier à réutiliser le style gothique depuis l'achèvement de la Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. La basilique Saint-Denis se vit ainsi dotée d'une chapelle gothique richement décorée.
  • 1813 - 1846 : François Debret. C'est sous sa direction que des lézardes apparaissent dans la tour nord reconstruite sous ses ordres après avoir été frappée par la foudre en 1837 (celle-ci menaçant la stabilité de l’édifice sera par la suite démontée par Viollet-le-Duc). Suite à cette mésaventure, il paraît évident que l'école des Beaux-Arts ne forme pas des architectes capables d'intervenir sur les bâtiments anciens. De là découlera l'idée d'une formation spécifique pour les architectes qui se destinent à intervenir sur les monuments historiques classés à cette époque.
  • 1846 - 1879 : Eugène Viollet-le-Duc. Il reprend en main l'édifice et le sauve sans doute de la ruine, en achevant la restauration et en gommant une partie des interventions de Debret, jugées fantaisistes. C'est lui qui réorganise les tombes royales telles qu'elles se trouvent encore actuellement. Il fait appel au ferronnier d'art Pierre François Marie Boulanger pour réaliser de nombreux travaux de serrurerie et de ferronnerie, pour restaurer et compléter la crête en plomb au sommet des combles et forger deux crosses de suspension selon ses dessins[11]. C'est l'enduit qu'a fait apposer Viollet-le-Duc qui a rendu la façade de la Basilique si noire, avec le temps. Des tests pour un nouvel enduit sont réalisés depuis récemment par endroits, sur la façade. Ainsi une rénovation de la façade aura lieu prochainement. Viollet-le-Duc projeta également de reconstruire la façade occidentale, comme en témoigne un dessin de janvier 1860. Mais trop coûteuse, cette dernière opération ne put être menée à bien avant sa mort.

Outre les nombreuses œuvres d'art liées à la nécropole, la basilique abrite également le premier orgue construit par Aristide Cavaillé-Coll. Cet instrument, conçu en 1840 par ce facteur d'orgues alors âgé de vingt-trois ans, comportait un nombre considérable d'innovations qui en faisaient un prototype unique au monde, ouvrant l'ère de l'orgue romantique (bien qu'il s'inscrive encore largement dans la tradition de l'orgue classique français). Doté de soixante-neuf jeux répartis en trois claviers et pédalier (mais sur quatre plans sonores manuels), il a été conservé presque intégralement dans son état d'origine, et est sans doute l'un des plus beaux instruments de France.

Sous le Second Empire, Napoléon III décida que la basilique Saint-Denis abriterait sa sépulture, celle de son épouse et de ses successeurs, à la différence des autres princes de la famille impériale, auxquels serait affectée la crypte de l'église Saint-Augustin[8]. Ce nouveau caveau impérial n'était pas celui prévu par Napoléon Ier, l'ancienne chapelle d'Hilduin dont Louis XVIII fit un caveau royal. En 1859, il fit donc aménager par Eugène Viollet-le-Duc un nouveau caveau impérial situé à l'ouest du précédent, sous le maître-autel. Cette très grande chapelle souterraine fut démolie en 1952.

L'église au XXe siècle

Un ensemble de fouilles furent conduite par Sumner Mc Knight Crosby[12], de 1939 à 1977, par Jules Formigé puis par Édouard Salin[13] et Olivier Meyer[14] depuis la seconde moitié du XXe siècle.

En 1966, la basilique a été promue cathédrale lors de la création du diocèse de Saint-Denis.

En 1992, sous l'impulsion du maire communiste de Saint-Denis, Marcelin Berthelot (maire de 1971 à 1991), fut constitué un Comité pour la reconstruction de la tour et de la flèche nord. Le maire mit pour la première fois la question à l'ordre du jour du conseil municipal le 25 juin 1987. Pour la première fois depuis plus d'un siècle, un mouvement populaire, soutenu par la municipalité de Saint-Denis, appelle à l'achèvement d'un édifice parmi les plus importants du Moyen Âge et au rétablissement d'un signe chargé de sens, non seulement pour les chrétiens, mais aussi pour tous les habitants de la ville quelle que soit leur appartenance religieuse. Avant son démontage en 1847, la flèche Nord était le symbole de la ville de Saint-Denis. Depuis 1987, la question de la reconstruction de la tour et de la flèche nord revient régulièrement dans l'actualité.

La dégradation de la Basilique au XXIe siècle

Si la basilique a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration depuis le dix-neuvième siècle et qu'au début du vingt-et-unième siècle, plusieurs vitraux ont fait l'objet de nettoyage, la dégradation de la nécropole n'a pas été interrompue pour autant.

Ainsi, malgré la réfection du chevet, le maire de Saint-Denis a déploré à l'occasion des Journées du Patrimoine 2006 l'absence de projets de réfection de la façade sud (14 millions d'euros), de la pierre et des portails romans de la façade ouest, alors que des vitraux ont été remplacés en 2003 par du plastique[15].

De plus, sous l’effet des travaux de construction du RER B, qui ont profondément modifié le cours de rivières souterraines, le sanctuaire royal est miné par une série d’infiltrations dont l’action se conjugue à la dissémination des sels de salpêtre et à la pollution moderne[16]. La solidité des caveaux est gravement fragilisée et nombre de monuments funéraires sont détériorés sous l’effet de l’humidité. Les ossuaires de tous les rois de France scellés en 1817 par des plaques de marbre sont victimes de graves infiltrations[17].

Par ailleurs, les cercueils de la crypte des Bourbons sont particulièrement détériorés. Certains sont posés sur de simples tréteaux, d’autres ont été brisés et éventrés sous l’effet de l’humidité, laissant apparaître des ossements. La crypte n’est pas du tout mise en valeur, la grille d’accès en est fermée, il n’y a aucun éclairage ou information destinée au public[18].

En outre, aucun plan de sauvetage n’a été programmé pour préserver un site qui, par ailleurs, ne bénéficie plus, depuis vingt ans, des crédits budgétaires qui lui permettraient de financer la reprise d’un chantier de fouilles pourtant jugées prometteuses par de nombreux historiens. Les chantiers de fouilles archéologiques du sous-sol sont arrêtés depuis les années 1990. Des sarcophages mérovingiens, comme le cercueil intact de la Reine Arégonde, n’ont pas fait l’objet d’études approfondies. En effet, les spécialistes souhaiteraient pouvoir accéder au sous-sol de l’entrée où se trouve la tombe du roi Pépin, père de Charlemagne. Certains archéologues ont proposé d’utiliser les caméras utilisées par les égyptologues pour étudier les nécropoles royales des Pharaons et les Pyramides[16].

Enfin, le projet d’inscrire la basilique de Saint-Denis et sa nécropole royale au patrimoine mondial de l’UNESCO semble bloqué alors que la basilique est la première église construite dans le style dit gothique du monde[16].

Maquette représentant l'abbaye au XIXe siècle.
Les grandes orgues de la basilique.
Le projet de François Mansart pour la chapelle des Bourbons.

Le trésor de Saint-Denis

Constitution du trésor

Le monastère, de par sa renommée fut à la tête d'un trésor, l'un des grands contributeurs fut Suger. Du fait de son statut de nécropole des rois de France, définitivement acquis sous les Capétiens directs, la basilique fut un lieu de travail pour les artistes au service de l'alliance entre la royauté française et l'Église catholique. Les rois enrichirent progressivement le trésor qui était sans doute le plus riche d'Occident avec celui de Saint-Marc de Venise et qui attirait avant la révolution beaucoup de visiteurs français et étrangers. Le trésor était dans un bâtiment d'un étage, sur le flanc sud de la basilique : il fut détruit au début du XIXe siècle.

En 1706, Dom Félibien représenta dans un ouvrage les cinq armoire du trésor (à la veille de la révolution, il y avait huit armoires). Si la tombe de Saint-Louis, ouvrage d'orfèvrerie, a été détruite par l'envahisseur anglais lors de la guerre de Cent Ans, la plupart des atteintes au patrimoine de cette église sont beaucoup plus récentes. De fait, périodes de dégradations et de restaurations se succèdent depuis la Révolution française qui dispersa et détruisit la majeure partie des pièces du trésor.

Le trésor de l'église contenait les regalia, objets symbolisant la souveraineté et utilisés lors du sacre[19], dont de nombreux sceptres et couronnes. Les deux couronnes du sacre du roi et de la reine étaient des pièces particulièrement prestigieuses.

Les couronnes du trésor

Le 14 août 1193, le roi Philippe Auguste épouse en seconde noce Ingelburge de Danemark. Le lendemain, elle est sacrée ; pour l'occasion le roi porte couronne. En 1223, le roi lègue par un testament (conservé à l'abbaye) sa couronne ainsi que celle de la reine au trésor de saint Denis. Peu après Louis VIII et Blanche de Castille sont couronnés à Reims avec ces deux couronnes. Le roi ne respecte pas les volontés de son père et décide moyennant une importante somme d'argent au moine de récupérer les deux couronnes. En 1226, Louis IX monte sur le trône. En 1261, ce dernier décide de rendre définitivement à l'abbaye de Saint-Denis les deux couronnes indiquant par un texte qu'elles furent faite pour le sacre des roi est des reines et que les jours de fête solennelle elles soient suspendue par des chaÏnettes au-dessus de l'autel matitutinal. C'est ainsi que ces deux couronnes du roi et de la reine furent intégrées au trésor de l'église.

L'inventaire du trésor de 1534 en donne une description précise de la couronne du roi : elle était d'or massif et pesait avec l'ensemble des pierres du bonnet et des chaines d'argent près de quatre kilogrammes. Cette couronne possédait une coiffe intérieure de forme conique et qui était surmontée par un rubis de 200 carats. C'est le roi Jean II qui fit réaliser cette coiffe de couleur cramoisie. En 1547, Henri II fit refaire un nouveau bonnet doublé de satins. En 1590, le duc de Mayenne s'empare de la couronne et la fond pour en tirer de l'argent et financer la Ligue catholique.

Par la suite, c'est la couronne de reine qui était quasiment identique qui servit pour les sacres. Ces deux couronnes furent appelées successivement[20] "couronne de Charlemagne".

Une autre couronne royale était dite abriter une épine de la couronne de Jésus-Christ et constituait avec le saint clou une des pièces principales du trésor de l'église. Au Moyen Age, on l'appelait sainte couronne puis on prit l'habitude de l'appeler couronne de saint Louis[21]. Elle servit pour le sacre de Jean II et celui d'Anne de Bretagne et fut détruite avec les autres couronnes du trésor, comme celle dite de Charlemagne, celle de Jeanne d'Evreux et celle d'Henri IV[22].

Autres pièces célèbres du trésor

L'aigle de Suger.

Souvent constitués de parties antiques réutilisées, d'éléments de différentes époques assemblés, restaurés et modifiés au cours du temps, la classification proposée ici est purement indicative.

  • Les vases de Suger :
  • Les insignes royaux :
    • Joyeuse (épée) et éperons (musée du Louvre)
    • Sceptre de Charles V (musée du Louvre)
    • Couronne de sacre de Louis XV (musée du Louvre)
    • le sceptre à la rose des reines de France (disparu pendant les guerres de religion)
    • le sceptre dit de saint Louis (en argent doré, datant de vers 1300, doté d'un sommet en forme de feuillage et était en argent doré)

L'autel matutinal

L'autel matutinal.

L'autel matutinal de l'église était célèbre pour sa splendeur. Une peinture du Maître de Saint Gilles permet de se le représenter précisément. La messe de Saint Gilles constitue une source de premier ordre sur l’organisation de l'espace entourant l'autel matutinal à la fin du Moyen Age. On y trouvait une succession spectaculaire d’autels, de croix monumentales et de tombes, marquant l’axe du chœur liturgique.

Selon la tradition dyonisienne, c’est le pape Etienne II qui aurait consacré le 28 juillet 754 l’autel majeur ou grand autel, dédié aux apôtres Pierre et Paul. Charles II le Chauve l’avait orné par devant du fameux panneau d’or repoussé et gemmé que Suger fit compléter sur les trois autres côtés. Au-dessus de la table d’autel s’élevait la célèbre croix dite de « Saint Eloi ».

Suger le désignait comme autel des saints martyrs « sanctorum martyrium altaria », autel du Saint Sauveur « sancti Salvatoris altare », ou autel principal « principale beati Dionysii altare ».

A la suite d’un remaniement, sans doute au XVe siècle, le panneau d’or de Charles II le Chauve qui ornait le devant de l’autel, fut monté en retable.

Charles VI offrit à l’abbaye la châsse de saint Louis. Il fut monté en 1398 sur le ciborium derrière l’autel majeur.

Une balustrade en bois sculpté fermait le chœur élevé au-dessus de la crypte. Deux portes étaient situées derrière l’autel ; l’une permettait d’accéder à la chapelle Saint-Démètre de la crypte et l’autre au chœur supérieur.

La vasque du cloître

La vasque du cloître des moines de Saint-Denis avait un diamètre d'environ 3,80 mètres ; cette œuvre du XIIIe siècle était située dans le pavillon du lavabo du cloître abbatial. Elle servait à la fois de lieu d'ablutions pour les moines et de point de ravitaillement en eau. Ce célèbre lavabo était constitué d'un bassin circulaire, d'une vasque supportée par des colonnettes et d'une fontaine. La vasque, bombée, permettait l'évacuation de l'eau par une série d'orifices, ornés de petits personnages, répartis régulièrement sur tout le pourtour.

Lors de la Révolution française, elle est sauvée par Alexandre Lenoir (1761-1893) qui l'exposa dans son musée des Monuments français installé dans le couvent des petits-Augustins, à Paris. Sous le Premier Empire, il fut envisagé d'intégrer cette vasque dans la nouvelle fontaine des Invalides où elle aurait cohabitée avec le lion de Saint Marc de Venise mais l'architecte Guillaume Trepsat n'utilisa finalement pas la lavabo des moines.

Depuis 1954, la vasque est déposée dans l'orangerie abbatiale, réserve lapidaire de la basilique.

Galerie

Vues extérieures de la basilique Saint-Denis
Tombeaux de la basilique Saint-Denis
Vitraux de la basilique Saint-Denis
Quelques éléments encore existants du trésor de Saint-Denis
Portails de la basilique Saint-Denis

La nécropole de la Basilique

Monuments funéraires (non leurs tombes) de Louis XVI et Marie-Antoinette, par Edme Gaulle et Pierre Petitot en 1830.

Dès le Bas-Empire, un cimetière gallo-romain est attesté sur le site de Saint-Denis. Au IVe siècle, un mausolée fut élevé à l'emplacement du maître-autel actuel et fit déjà l'objet d'un culte. Puis, vers 475[2], sainte Geneviève acheta les terres alentours et fit construire une église pour y abriter la sépulture de saint Denis, premier évêque de Paris martyrisé au IIIe siècle.

Cette église est devenue une nécropole royale dès les origines de la royauté française puisque la reine Arégonde, bru de Clovis Ier, y repose. Dagobert fut le premier roi à se faire inhumer en ce lieu ;son gisant est placé dans le chœur central et c'est le seul à être positionné sur le côté et regardant en direction des reliques de saint Denis.

La Nécropole royale de Saint-Denis, abrite les tombes de nombreux souverains francs et français, depuis Dagobert Ier jusqu'à Louis XVIII. Cette nécropole se trouve dans la basilique de Saint-Denis. Mais si quelques rois mérovingiens puis carolingiens y établirent leur dernier séjour, c'est avec les Robertiens et les Capétiens, que la nécropole royale installée dans l'église de Saint-Denis acquiert son statut défintif de lieu de rassemblement des sépultures royales. Ainsi, les rois capétiens, à l'exception de Philippe Ier, de Louis VII et Louis XI y reposèrent tous.

Progressivement, la nécropole reçut les sépultures, non seulement des rois et reines, mais aussi des membres de la famille royale, ainsi que de grands serviteurs du royaume que les rois voulaient honorer en les autorisant à reposer auprès d'eux.

L'église du sacre des reines de France

Les sacres des reines de France eurent lieu en général à la basilique. Selon le Cérémonial du sacre des rois de France, de Pons Augustin Alletz paru à Paris en 1775, il y eut 29 princesses sacrées reine de France

Moins ritualisé, le sacre de la reine n'était pas systématique et peut avoir lieu des années après son accession au trône. Participant à la dignité royale, mais à un degré moindre que son époux, la reine communiait sous les deux espèces, était ointe (à deux endroits seulement et pas avec le baume de la sainte ampoule), dotée d'un petit sceptre et d'une couronne. Mais, exclue de la fonction souveraine, elle ne prêtait pas serment, ne recevait ni les signes de l'autorité ni les habits sacerdotaux.

Le sacre reflète bien la dualité de son statut : soulignant son caractère royal qui la place au-dessus de la société, il marque aussi les limites de sa position d'exception, signifiant qu'elle n'est pas investie du pouvoir. La dernière reine sacrée à Saint-Denis, Marie de Médicis, l'est en 1610. On peut citer les sacres à Saint-Denis de :

Le musée de la Basilique

Actuellement, la basilique est divisé en trois espaces, dont les deux premiers sont ouverts au public :

  • la nef et les bas-côtés qui servent toujours la fonction d'église, et où ont lieu les cérémonies catholiques ;
  • le transept, le chœur et le déambulatoire, ainsi que la crypte, accueillent un musée où sont exposés les tombeaux des rois et reines de France, ainsi que de plusieurs de leurs serviteurs. Le musée est fermé pendant les cérémonies religieuses. On y remarque surtout les mausolées de Louis XII, d’Anne de Bretagne, de François Ier et de Henri II.
  • le dépôt lapidaire de la basilique regroupe dans l'ancienne orangerie et dans le jardin se trouvant à l'est du chevet de nombreuses pièces qui pourraient être mises en valeur dans le cadre d'un espace d'exposition. Le contenu du dépôt lapidaire pourrait constituer le noyau de la constitution d'un musée de l'abbaye et centre d'interprétation semblables à ceux existant à l'abbaye de Westminster.

Les abbés du monastère

Le premier abbé mentionné est Dodon en 627, jusqu'à Dom François Verneuil en 1792.

Article détaillé : Liste des abbés de Saint-Denis.

Notes et références

  1. a et b Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00079952 » sur www.culture.gouv.fr.
  2. a et b Ville de Saint-Denis : Saint Denis mort vers 250
  3. Ville de Saint-Denis : Arégonde.
  4. Alain Erlande-Brandenburg, Baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire - Clovis et les souverains mérovingiens : leur mémoire visuelle au XIIe et XIIIe siècles, Presses Paris Sorbonne, 1997, p. 798.
  5. Georges Poisson, Napoléon chez les rois de France à Saint-Denis, dans : Revue Napoléon 1er, n° 31, mars-avril 2005, p. 41.
  6. Georges Poisson, Napoléon chez les rois de France à Saint-Denis, dans : Revue Napoléon 1er, n° 31, mars-avril 2005, p. 42 et 43.
  7. Georges Poisson, Napoléon chez les rois de France à Saint-Denis, dans : Revue Napoléon 1er, n° 31, mars-avril 2005, p. 45.
  8. a et b Georges Poisson, Napoléon chez les rois de France à Saint-Denis, dans : Revue Napoléon 1er, n° 31, mars-avril 2005, p. 44.
  9. Georges Poisson, Napoléon chez les rois de France à Saint-Denis, dans : Revue Napoléon 1er, n° 31, mars-avril 2005, p. 46.
  10. Georges Poisson, Napoléon chez les rois de France à Saint-Denis, dans : Revue Napoléon 1er, n° 31, mars-avril 2005, p. 47.
  11. Raymond Subes, Pierre Boulanger, éd. Presses du Compagnonnage, Paris, 1961.
  12. Sumner Mc Knight Crosby, L'Abbaye royale de Saint-Denis, 130 photographies de Pierre Devinoy, éd. P. Hartmann, 1953, 192 pages.]
  13. Édouard Salin, Les tombes gallo-romaines et mérovingiennes de la Basilique de Saint-Denis (fouilles de janvier-février 1957), éd. Imprimerie nationale, 1958.
  14. Olivier Meyer, Archéologie urbaine à Saint-Denis, éd. Maison des jeunes et de la culture de Saint-Denis, 1979, 68 pages.
  15. Le Journal de Saint-Denis n°673, 20-26 septembre 2006.
  16. a, b et c Le Figaro Magazine, n° 20454 du vendredi 7 mai 2010, page 65.
  17. Le Figaro Magazine, n° 20454 du vendredi 7 mai 2010, page 62.
  18. Le Figaro Magazine, n° 20454 du vendredi 7 mai 2010, page 63.
  19. Alain Erlande-Brandenburg, Le roi est mort, 1975, p. 85.
  20. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve-XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 294.
  21. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve-XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 291 et 292.
  22. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve-XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 293.

Annexes

Liens internes

(M) Ce site est desservi par la station de métro Basilique de Saint-Denis.

Liens externes

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Bibliographie

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  • Wyss, Michaël « Le décor des sarcophages de plâtre », dans Les Dossiers d'archéologie, octobre 2004, no 297.
  • Wyss, Michaël « La description de la basilique de Saint-Denis en 799 », dans Les Dossiers d'archéologie, octobre 2004, no 297.
  • Wyss, Michaël « L'inscription du moine Hunus », dans Les Dossiers d'archéologie, octobre 2004, no 297.
  • Wyss, Michaël « Monnaies, de l'époque mérovingienne au XIIe siècle », dans Les Dossiers d'archéologie, octobre 2004, no 297.

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