Napoleon III

Napoléon III

Napoléon III
Empereur des Français
Franz Xaver Winterhalter Napoleon III.jpg
Napoléon III par Franz Xaver Winterhalter

Règne
2 décembre 1852 - 4 septembre 1870 (officiellement 1er mars 1871 )
Investiture 2 décembre 1852
Dynastie Maison Bonaparte
Prédécesseur Lui-même (président de la République)
Successeur Louis Jules Trochu
(Chef du Gouvernement de la Défense Nationale)
Héritier Louis Napoléon, prince impérial
Président(s) du Conseil Émile Ollivier
Charles Cousin-Montauban

Autres fonctions
1er président de la République
Louis-Napoléon Bonaparte
Période
20 décembre 1848 - 2 décembre 1852
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Prédécesseur Eugène Cavaignac
(président du Conseil, chef de l'État de facto)
Successeur Lui-même
(empereur des Français)

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Biographie
Nom de naissance Charles Louis Napoléon Bonaparte
Naissance 20 avril 1808
France Paris, France
Décès 9 janvier 1873
Flag of the United Kingdom.svg Chislehurst,
Royaume-Uni
Père Louis Bonaparte
Mère Hortense de Beauharnais
Consort(s) Eugénie de Montijo
Descendance Prince Louis Napoléon Bonaparte,
prince impérial
Résidence(s) Palais de l'Élysée (1848)
Palais des Tuileries (1852)

Coat of Arms Second French Empire (1852–1870).svg
Présidents de la République française
Monarques de France

Charles Louis Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte (20 avril 1808 - 9 janvier 1873), est le premier président de la République française, élu le 10 décembre 1848 avec 74 % des voix au suffrage universel masculin, ainsi que le troisième empereur des Français (1852-1870) sous le nom de Napoléon III à partir du 2 décembre 1852. Il est donc à la fois le premier président de la République française et le dernier monarque français.

Issu de la maison Bonaparte, prince français à sa naissance et prince de Hollande, il est le neveu de Napoléon Ier, il est le troisième fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande, et de Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine. Il devient l'aîné de la famille impériale après les morts successives de ses frères aînés et du duc de Reichstadt (Napoléon II, roi de Rome).

Ses premières tentatives de coup d'État, mal conçues et sans bases populaires, échouent. Mais il profite des suites de la Révolution française de 1848 pour s'imposer en politique.

Son coup d'État du 2 décembre 1851 met fin à la Deuxième République, et lui permet ensuite de mener la restauration impériale à son profit, exerçant un pouvoir personnel sans partage, même si le caractère très autoritaire du Second Empire s'atténue après 1859 pour faire place progressivement à « l'empire libéral ».

Le futur Napoléon III fait connaître tôt sa philosophie politique dans Idées napoléoniennes et dans L'Extinction du Paupérisme (1844), mélange de romantisme, de libéralisme autoritaire, et de socialisme utopique. Admirateur de la modernité britannique, il marque son règne par un développement industriel, économique et financier considérable, et par la transformation de Paris par le préfet Haussmann. La fin de son régime est scellée par sa défaite de 1870 lors de la guerre franco-prussienne.

La très vive opposition de Victor Hugo à Napoléon III est restée célèbre au travers de plusieurs textes[1]. Napoléon III a été récemment redécouvert par l'historiographie contemporaine mais reste un sujet hautement controversé.

Sommaire

Jeunesse

« Les quatre Napoléon ».
En haut : Napoléon Ier et Napoléon II, roi de Rome.
En bas : Napoléon III et le prince Louis Napoléon, dit Napoléon IV.

Troisième fils de Louis Bonaparte et de Hortense de Beauharnais, le futur empereur voit le jour à Paris le mercredi 20 avril 1808 à une heure du matin, onze mois après le décès de son frère aîné Napoléon Louis Charles Bonaparte. Ils sont, avec le roi de Rome, les seuls princes de la famille qui naquirent sous le régime impérial ; aussi furent-ils les deux seuls qui reçurent à leur naissance les honneurs militaires. Des salves d'artillerie annoncèrent la naissance du prince Louis Napoléon dans toute la vaste étendue de l'Empire. Son oncle l'empereur Napoléon étant absent, on ne prénomma l'enfant que le 2 juin suivant[2].

La loi du 1er janvier 1816, bannissant tous les Bonaparte du territoire français, contraint la reine Hortense de Hollande, divorcée, à s'exiler en Suisse où elle achète en 1817 le château d'Arenenberg, dominant le lac de Constance. Elle s'y installe avec ses deux fils survivants.

Sans soucis d'ordre matériel, Louis-Napoléon est élevé par sa mère en Suisse ou à Rome. Il y rencontre sa grand mère paternelle Laetitia Bonaparte. Bien que se plaignant de n'avoir conservé que peu de souvenirs de son oncle, il l'a toutefois connu, enfant.
Il est élevé dans le culte de Napoléon I et dans la certitude de sa vocation dynastique. Il reçoit à Constance l'enseignement de nombreux professeurs, en particulier de Philippe Le Bas, fils d'un conventionnel jacobin. Un ancien officier de son oncle Napoléon Ier, lui enseigne, par ailleurs, l'art de la guerre.

Proche de la charbonnerie, il tente, avec son frère ainé Louis, lors d'un complot à Rome en 1830, de favoriser la cause de l'unité italienne : ils projettent alors de faire prisonniers les cardinaux, afin de déposséder le Pape de son pouvoir séculier. Après leur expulsion en Suisse, son frère regagne l'Italie lors du soulèvement des duchés centraux en 1831, durant lequel il trouve la mort[3], à Forlì. Hortense ramène son dernier fils, malade[4], à Paris, où elle obtient de Louis Philippe un sauf-conduit vers la Suisse.

Volontaire dans l'armée suisse depuis 1830, Louis-Napoléon accède au grade de capitaine d'artillerie en 1834. Il obtient la nationalité suisse dans le canton de Thurgovie, en 1832, ce qui fera dire à certains historiens que Louis-Napoléon Bonaparte aura été « le seul Suisse à régner sur la France »[5].

Tentative de soulèvement à Strasbourg

Après la mort du duc de Reichstadt le 22 juillet 1832, et dans la mesure où son frère aîné est mort en 1831, Louis-Napoléon se considère comme l'héritier de la couronne impériale, après avoir rencontré son oncle Joseph Bonaparte. Il organise ses réseaux en France, et prépare sa prise de pouvoir.

Le 30 octobre 1836, le prince Louis-Napoléon Bonaparte, avec une poignée de complices, effectue une tentative de soulèvement de Strasbourg[6]. Il espère soulever la garnison et, ensuite, marcher sur Paris et renverser la monarchie de Juillet. Son plan est de rassembler sur son passage les troupes et les populations, sur le modèle du retour de l'île d'Elbe en 1815. Strasbourg, importante place militaire, est aisément accessible depuis l'Allemagne et, surtout, c'est une ville de gauche et patriote.

Sur place, l'âme du complot est le colonel Vaudrey, qui commande le 4e régiment d'artillerie, dans lequel Napoléon Bonaparte a servi à Toulon en 1793, et qui s'estime mal traité par la monarchie de Juillet.

L'opération est engagée le 30 octobre 1836 au matin. Elle tourne court presque aussitôt. Le prince et ses complices sont arrêtés. Le roi Louis et les oncles du jeune prince condamnent aussitôt l'opération. La reine Hortense écrit à Louis-Philippe pour lui suggérer de laisser son fils quitter la France. Le roi convainc son gouvernement qui, en dehors de toute procédure légale, fait conduire le prince à Lorient où, muni d'une somme d'argent, il est embarqué sur L'Andromède le 21 novembre 1836 à destination des États-Unis d'Amérique, où il sera débarqué le 30 mars 1837.

Pendant ce temps, ses complices sont jugés à Strasbourg devant la cour d'assises, et acquittés par le jury, sous les acclamations du public, le 18 janvier 1837. Si la tentative a été un échec complet, elle a fait connaître le prince Louis-Napoléon en France et l'a identifié à la cause bonapartiste.

Retour en Europe

Le prince ne reste pas longtemps aux États-Unis. Il rentre bientôt en Europe et revient s'installer en Suisse. En juin 1838, l'un des conjurés de Strasbourg, l'ex-lieutenant Armand Laity, lointainement apparenté à la famille de Beauharnais, publie à 10 000 exemplaires une brochure, sans doute financée par Louis-Napoléon, intitulée Relation historique des événements du 30 octobre 1836, qui est une apologie du bonapartisme. La brochure est saisie, Laity est arrêté et jugé devant la Cour des pairs qui le condamne à 5 ans de détention et 10 000 francs d'amende le 11 juillet 1838. À la suite de cet incident, le gouvernement français demande à la Suisse, au début du mois d'août 1838, l'expulsion du prince Louis-Napoléon et, sûr de l'appui de l'Autriche, menace la confédération d'une rupture des relations diplomatiques et même d'une guerre, allant jusqu’à concentrer dans le Jura une armée de 25 000 hommes. Le gouvernement suisse, indigné, invoque la qualité de bourgeois de Thurgovie du prince. En définitive, celui-ci annonce, le 22 août, son intention de s'installer en Angleterre. Par une note du 6 octobre, la Diète fédérale helvétique peut donc repousser la demande d'expulsion du gouvernement français, non sans préciser que le prince Bonaparte va bientôt quitter la Suisse.

Héritant de sa mère en 1839, Louis-Napoléon a les moyens d'imprimer à 500 000 exemplaires une brochure détaillant son programme politique : Les Idées napoléoniennes, dans laquelle il fait de Napoléon Ier le précurseur de la liberté. Au début de 1840, son fidèle Fialin lance à son tour ses Lettres de Londres, qui exaltent ce prince qui « ose seul et sans appui, entreprendre la grande mission de continuer l'œuvre de son oncle »[7].

Depuis Londres, le prince prépare une nouvelle tentative de coup d'État. Voulant profiter du mouvement de ferveur bonapartiste suscité par la décision du cabinet Thiers de ramener de Sainte-Hélène les cendres de l'empereur, il débarque à Boulogne-sur-Mer, le 6 août 1840, en compagnie de quelques comparses parmi lesquels un compagnon de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, le général de Montholon[8], avec l'espoir de rallier le 42e régiment de ligne. L'opération est un échec total : Louis-Napoléon et ses complices sont arrêtés, écroués sur ordre du procureur Legagneur et incarcérés au fort de Ham. Leur procès se tient devant la Chambre des pairs du 28 septembre au 6 octobre, dans une indifférence générale[9]. Le prince, défendu par le célèbre avocat légitimiste Berryer, prononce un discours éloquent :

« Je représente devant vous un principe, une cause, une défaite. Le principe, c'est la souveraineté du peuple, la cause celle de l'Empire, la défaite Waterloo. Le principe, vous l'avez reconnu ; la cause, vous l'avez servie ; la défaite, vous voulez la venger. […] Représentant d'une cause politique, je ne puis accepter, comme juge de mes volontés et de mes actes, une juridiction politique. […] Je n'ai pas de justice à attendre de vous, et je ne veux pas de votre générosité. »[10]

Il n'en est pas moins condamné à l'emprisonnement à perpétuité[11].

À la forteresse de Ham, il écrit De l'extinction du paupérisme (1844), ouvrage influencé par les idées saint-simoniennes et développant un moyen populiste pour accéder au pouvoir : « Aujourd'hui, le règne des castes est fini, on ne peut gouverner qu'avec les masses ». Le 25 mai 1846, il s'évada de sa prison, avec le concours de Henri Conneau, après six années de détention en empruntant les vêtements et les papiers d'un peintre qui, selon certains, s'appelait Badinguet. Il s'établit à Londres, avant de revenir pendant la révolution française de 1848 pour se présenter à de nouvelles élections.

Prince-président

Louis-Napoléon Bonaparte en 1848.

Le 4 juin 1848, il est élu (dans quatre départements) et siège à l'Assemblée en septembre. Il a la chance de ne pas être compromis dans la répression sanglante des ouvriers parisiens révoltés lors des journées insurrectionnelles des 22-26 juin (journées de Juin). À la suite de la promulgation, le 4 novembre 1848, de la Constitution de la IIe République, il est candidat à l'élection présidentielle, la première au suffrage universel masculin en France. Il est élu pour quatre ans le 10 décembre 1848, avec près de 75 % des voix, issues notamment du parti de l'Ordre, profitant de la division des gauches et de la légende impériale, surtout depuis le retour des cendres de Napoléon Ier en 1840[12].

Campagne électorale 1848: Bonaparte contre Cavaignac, Illustrierte ZeitungAllemagne

Il prête serment à l'Assemblée constituante le 20 décembre 1848 et s'installe le soir même à l'Élysée.

La Constitution de 1848 limite largement les pouvoirs du Président qui est soumis soit à l'Assemblée soit au Conseil d'État. La présidence de Louis-Napoléon est ainsi marquée par son opposition à la politique conservatrice de l'assemblée élue en mai 1849 : envoi à Rome des troupes pour mater une rébellion contre le pape ; vote de la loi Falloux, favorable à l'enseignement religieux…

Le 31 mai 1850, l'Assemblée vote une loi électorale qui abolit le suffrage universel masculin en imposant une résidence de trois ans pour les électeurs ce qui élimine 3 millions de personnes du corps électoral dont des artisans et des ouvriers saisonniers. Le 4 novembre 1851 Louis Napoléon propose à l'Assemblée, sur le conseil de Morny, l'abrogation de cette loi, proposition qui est rejetée par 355 voix contre 348[13].

Au début de l'année 1851, Louis-Napoléon fait pression pour augmenter la durée de son mandat tandis que l'Assemblée nationale est opposée à tout projet de révision constitutionnelle.

Coup d’État du 2 décembre 1851

Article détaillé : Coup d'État du 2 décembre 1851.

Motifs

Depuis qu’il a été élu au suffrage universel avec 74 % des voix, avec le soutien du Parti de l'Ordre, « président des Français » en 1848 contre Louis Eugène Cavaignac, Louis-Napoléon Bonaparte est en confrontation politique perpétuelle avec les députés de l’Assemblée nationale.

Ce « crétin que l’on mènera », selon l’expression d’Adolphe Thiers qui croyait avoir affaire à un imbécile manipulable quand il l’avait soutenu pour être candidat à la présidence de la république, s’avère finalement beaucoup plus intelligent et retors. Il parvint à imposer ses propres choix et ne pas être sous le contrôle de l’Assemblée, redevenue conservatrice après la sanglante répression des journées de Juin 1848. Il s’éloigne du parti de l’Ordre, qui l’a élu, et forme le « ministère des Commis » avec le général Hautpoul à ses ordres, en 1849. Le 3 janvier 1851, il renvoie Changarnier, un opposant, ce qui provoque une crise ouverte avec son parti. Cette même année, il commence à financer des journaux anti-parlementaires, et forme un groupe de 150 députés acquis à sa cause, le « parti de l'Élysée ».

La constitution établissant la non-rééligibilité du président, Louis-Napoléon doit légalement quitter le pouvoir en décembre 1852. La première moitié de l’année 1851 est passée à proposer des réformes de la constitution afin qu’il soit rééligible ; Bonaparte organise des tournées en province, des pétitions. Les deux tiers des conseils généraux se rallient à sa cause, mais les orléanistes de Thiers s’allient à la fraction ouverte de gauche « Montagne parlementaire » pour le contrer. Cette majorité vote la défiance du ministère des Commis en janvier 1851. L’Assemblée refuse en bloc la réforme constitutionnelle le 19 juillet 1851.

Préparatifs

Le coup d’État est minutieusement préparé à partir du 20 août 1851 à Saint-Cloud. Le complot regroupe le duc de Persigny, un fidèle de Louis-Napoléon, Morny (son demi-frère, futur duc), et le général de Saint-Arnaud. Le 14 octobre, Louis-Napoléon redemande à l’Assemblée nationale de rétablir le suffrage universel (qui avait été limité le 31 mai 1850, faisant passer le nombre d'électeurs de 10 millions à 7 millions), mais elle refuse, tout comme (le 13 novembre) sa nouvelle proposition de révision de la Constitution devant lui permettre d’être rééligible en tant que « président de la République ». Organisé, il nomme le général de Saint-Arnaud au ministère de la Guerre (27 octobre), qui rappelle aux militaires leur devoir « d’obéissance passive », le 1er novembre 1851, par une circulaire qui demande de « veiller au salut de la société ». D’autres proches sont placés aux postes clés : le général Magnan est nommé commandant des troupes de Paris ; le préfet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu préfet de police de Paris. Convaincu de la nécessité d’un coup d’État du fait des derniers refus de l’Assemblée, Louis-Napoléon le fixe lui-même pour le 2 décembre, jour anniversaire du sacre de Napoléon en 1804 et de la victoire d’Austerlitz en 1805. L’opération est baptisée Rubicon, par allusion à Jules César.

Coup d’État du 2 décembre 1851

Au matin du 2 décembre, les troupes de Saint-Arnaud occupent tous les points stratégiques, des Champs-Élysées aux Tuileries. Après avoir fait arrêter les principaux opposants, et fait occuper les imprimeries, Louis-Napoléon édicte six décrets décisifs, fait afficher une « proclamation au peuple » à destination des Français, et une autre à destination de l’armée, qui déclare l’état de siège. Des six décrets, l’un dissout l’Assemblée nationale, un autre rétablit le suffrage universel, un autre déclare qu’une nouvelle Constitution est en préparation. Son Appel au peuple annonce son intention de restaurer « le système créé par le Premier Consul ».

Ce coup d’État entraîne de nombreuses résistances. Des parlementaires se réfugient dans la mairie du 10e arrondissement et 220 députés votent la déchéance de Louis-Napoléon, notamment des orléanistes libéraux comme Rémusat, Salmon ou Tocqueville, et des républicains modérés comme Pascal Duprat. Ils s'appuient sur l'article 68 de la constitution, qui stipule que « toute mesure par laquelle le président dissout l'Assemblée nationale […] est un crime de haute trahison. Par ce seul fait, le président est déchu de ses fonctions ; les citoyens sont tenus de lui refuser obéissance ; le pouvoir exécutif passe de plein droit à l'Assemblée nationale. » Ils sont aussitôt arrêtés.

Malgré le contrôle par l’armée de ce fief républicain qu'est la capitale, une insurrection parisienne débute avec à sa tête plusieurs parlementaires républicains, comme Victor Schoelcher ou Victor Hugo. Plus de 70 barricades sont dressées, l'armée passe à l'attaque et de nombreux insurgés sont abattus. Le 3 décembre, le député Jean-Baptiste Baudin est tué alors qu’il tient la barricade du faubourg Saint-Antoine. Dans l’après-midi du 4 décembre 1851, la troupe tire sur la foule : la fusillade des Boulevards fait 200 morts. Au soir, la révolte populaire est réprimée, Paris est sous contrôle militaire. Les dernières barricades, dont fait partie Hugo, ne tombent que le 5 décembre.

La résistance au plan national

La nouvelle du coup d’État se diffuse à travers la France et déclenche de nombreuses insurrections pour défendre la République. Le 5 décembre, des mouvements populaires sont signalés dans plusieurs grandes villes, mais particulièrement dans le Sud-Est (Aups, Les Mées, Apt, Digne, Manosque, etc.). Zola prendra l'insurrection du Var comme point de départ de sa grande saga Les Rougon-Macquart.

Le département des Basses-Alpes en vient même à être administré par un « Comité départemental de résistance » le 7 décembre 1851, mais l’armée, ralliée à Bonaparte, vient à bout de ces résistances. Trente-deux départements sont mis en état de siège dès le 8 décembre, les zones de « résistance » républicaine au coup d’État sont réprimées en quelques jours, des insurgés sont fusillés sommairement[14]. Les opposants sont arrêtés ou doivent s’enfuir, tel Victor Hugo qui s'exile à Bruxelles. Vingt-six mille personnes sont arrêtées, 15 000 sont condamnées dont 9 530 déportées en Algérie, 239 au bagne de Cayenne. Quatre-vingts députés sont bannis.

L’apaisement

La victoire assurée, les bonapartistes s’installent. Les députés conservateurs sont rapidement libérés, mais les députés démocrates-socialistes et d'autres républicains sont massivement condamnés à l'exil. Seule la presse conservatrice est autorisée à paraître.

Les généraux Vaillant et Harispe sont faits maréchaux de France le 11 décembre. Une constitution est en cours d’élaboration. Un référendum est également prévu afin de demander aux Français de ratifier le nouvel ordre. Le coup d’État est présenté comme une opération de sécurité face au « péril rouge »[réf. nécessaire].

Le 20-21 décembre, c’est finalement par plébiscite que les Français acceptent les réformes du « prince-président », le coup d’État est ratifié par l’immense majorité des 7 481 000 de « oui » face à 647 000 « non ». Seuls les bulletins Oui étaient imprimés, les Non devaient être écrits à la main ; de plus, on donnait le bulletin au président du bureau de vote qui le glissait lui-même dans l’urne[15]. Louis-Napoléon se voit confier les pouvoirs nécessaires pour établir une nouvelle constitution.

Conséquences

La Constitution française est donc modifiée. Celle-ci confie le pouvoir exécutif à un Président élu pour dix ans, titulaire de l’initiative législative, réduisant ainsi très fortement la marge d’action du corps législatif dans la tradition des régimes autoritaires concentrant les pouvoirs entre les mains de l’exécutif.

Le 21 décembre 1851, le corps électoral se prononce favorablement sur la révision par 7 439 216 « oui » contre 640 737 « non » (résultats provisoires du 31 décembre 1851) ou 7 481 231 « oui » contre 647 292 « non », pour les résultats définitifs publiés par le décret du 14 janvier 1852 (pour environ 10 millions d’inscrits et 8 165 630 votants dont 37 107 nuls).

La Seconde République va, en moins d’un an, muer vers le Second Empire, établi, encore une fois après référendum, par le sénatus-consulte du 7 novembre 1852. La « dignité impériale » est rétablie au profit du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, élu par le peuple français, qui devenait officiellement « Napoléon III, Empereur des Français » à compter du 2 décembre 1852, date anniversaire symbolique du coup d’État, du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz.

Empereur

Le 7 novembre 1852, un sénatus-consulte rétablit le régime impérial. Il est approuvé par le peuple lors d'un plébiscite à une très large majorité, les 21 et 22 novembre 1852. Le 2 décembre 1852 débute le Second Empire, Louis-Napoléon Bonaparte devient Napoléon III.
Les 29 et 30 janvier 1853, il épouse Eugénie de Montijo, comtesse de Teba, dont il aura un fils, Louis Napoléon, le 16 mars 1856.

Personnalité de Napoléon III

De son passé de conspirateur, Napoléon III a conservé l'habitude de ne jamais laisser transparaître ses émotions et ses pensées personnelles. D'où son visage impénétrable et sa célèbre expression énigmatique, dont la photographie et les récits des contemporains nous ont laissé trace.

L'empereur prend souvent ses décisions seul, dans le secret de sa pensée. Il ne partage son pouvoir de décision ni avec sa famille, ni avec ses proches, pas plus qu'avec sa femme ou avec ses maîtresses, dont aucune n'aura jamais eu le rôle de favorite. À partir du milieu des années 1860, toutefois, un Napoléon III vieillissant et miné par la maladie se montre plus sensible aux influences de ses proches: l'impératrice Eugénie, son demi-frère utérin le duc de Morny, son fidèle Persigny. De 1863 à 1869, son homme de confiance, Eugène Rouher, fait figure de "vice-empereur" et de Premier ministre sans le titre.

Portrait de Napoléon III en 1858
par Alfred de Dreux (1810-1860)

Parfois « entêté dans l'indécision » (Émile Ollivier), l'empereur se montre de plus en plus souvent hésitant, maladroit ou empêtré dans ses contradictions, au long de son règne. Ce qui dans son régime de pouvoir personnel pèsera immanquablement sur l'évolution générale de la politique française.

Ses contradictions sont aussi dues à la nature composite de ses idées et de son entourage. Selon sa boutade célèbre, « l'impératrice est légitimiste, Morny, orléaniste, moi je suis socialiste. Seul Persigny est bonapartiste, mais il est fou ».

Autoritaire, mais dénué de toute inhumanité ou rancœur personnelles[réf. nécessaire], Napoléon III sait aussi bien étouffer toute opposition que manifester sa préoccupation sincère pour les ouvriers, comme en atteste son ouvrage De l'extinction du Paupérisme. Par tempérament comme par politique, il aime user de mesures de clémence pour rallier les anciens adversaires et pallier son manque d'appuis dans les élites traditionnelles.

Homme moderne[16] et nullement dénué d'intelligence politique ou diplomatique, il a été constamment sous-estimé ou méprisé par beaucoup de ses contemporains, en particulier par les élites traditionnelles qui voyaient en lui un parvenu et par les adversaires monarchistes ou républicains de son régime autoritaire. Thiers en 1848 le peignait comme « un crétin que nous mènerons ». Victor Hugo invoqua systématiquement la gloire de Napoléon Ier pour rabaisser Napoléon III, dépeint dans ses ouvrages comme un vulgaire aventurier, médiocre, parjure et tyrannique. Il gouverna la France pendant 19 ans (22 ans depuis son élection à la présidence), ce qui place son régime au troisième rang, par la durée, en France depuis 1789.

Politique étrangère

En 1851, préparant la restauration impériale, Louis-Napoléon Bonaparte cherche à rassurer l'opinion française et européenne et déclare à Bordeaux : « L'Empire, c'est la paix ! » (9 octobre 1852). Pourtant, son régime se montre assez belliqueux, avec trois guerres européennes et plusieurs expéditions coloniales en moins de vingt ans.

L'empereur entend à la fois disloquer la coalition antifrançaise héritière du Congrès de Vienne (1815), et aider à remodeler la carte de l'Europe en fonction du "principe des nationalités" : chaque peuple doit pouvoir disposer de lui-même et le regroupements en États-Nations est à favoriser.

L'empereur connaît des réussites dans un premier temps, alors même qu'il doit composer avec une haute administration et des diplomates majoritairement monarchistes et opposés au césarisme de Napoléon III. Cela renforce l'isolement de l'empereur alors que les personnels étrangers et métropolitains ne sont pas forcément mis au courant de la ligne politique du gouvernement de Napoléon III.

À l'occasion de la guerre de Crimée, (1854-1856) Napoléon III confirme le retour de la France dans la vie politique européenne avec plus ou moins de succès. Coïncidant avec la naissance de son héritier le 16 mars 1856, le traité de Paris est un triomphe personnel pour lui. Il marque l'apogée de sa bonne entente avec la Grande-Bretagne de la reine Victoria.

Napoléon III en 1863 par Hippolyte Flandrin

Napoléon III joue aussi un rôle important dans la naissance de la Roumanie indépendante, en conseillant aux parlements des deux ex-provinces ottomanes de voter pour le même candidat au trône.

Sur le plan colonial, Napoléon III triple la surface des possessions françaises, lançant par exemple l'implantation en Nouvelle-Calédonie et à Djibouti par l'achat d'Obock (1862), ou laissant le gouverneur Faidherbe fonder Dakar au Sénégal (1854). En 1859-1860, ses troupes participent au côté de l'Angleterre à une expédition contre la Chine, au cours de laquelle a lieu la mise à sac du palais d'été à Pékin.

La politique arabe de Napoléon III - Il se rend en personne à Alger pour promouvoir son modèle de développement colonial. Pour Napoléon III les colonies doivent être rattachées à la personne de l'empereur et non pas à la France directement. Il déclare à Alger : « Je suis l'empereur des Français et des Arabes ».

La politique italienne de l'empereur - en faveur de l'Unification et au détriment de l'Autriche - permet à la France d'annexer après un plébiscite le Comté de Nice et la Savoie (1860), l'empereur ayant « payé de sa personne » aux batailles de Magenta et Solférino pendant la campagne d'Italie. Cependant, Napoléon III s'aliène aussi les catholiques français ultramontains, car l'unité de l'Italie du Nord met les États pontificaux en péril. D'autre part, en refusant de poursuivre la campagne victorieuse (mais coûteuse en hommes) de 1859, l'empereur laisse Venise aux mains des Autrichiens et déçoit ses alliés savoyards. Jusqu'en 1870, il empêche le nouveau royaume d'Italie de finaliser l'unité, en laissant des troupes françaises à Rome pour protéger les derniers vestiges du pouvoir temporel du pape.

L'échec cinglant et coûteux de l'expédition du Mexique (1861-1867), et l'attitude de neutralité monnayée (politique dite des « pourboires », que le chancelier prussien Bismarck exploite pour déconsidérer Napoléon III dans tout l'espace allemand) lors des conflits entre l'Autriche et la Prusse en 1866, affaiblissent le régime et mettent fin à cette politique étrangère volontariste de l'empereur alors que celui-ci commence à être rongé par la maladie et par les discordes de son entourage.

Politique intérieure

Une entrée de la France dans la modernité

Sous l'Empire, la France connaît des années de progrès économiques (création d'un système bancaire, développement des chemins de fer, transformation des grandes villes).

Napoléon III est influencé par les idées saint-simoniennes de son proche conseiller Michel Chevalier.

Influencé par son séjour à Londres, Napoléon III décide de transformer Paris et d'en faire une grande capitale européenne, salubre et fonctionnelle. Il confie au baron Haussmann le chantier de Paris. L'empereur veille de très près au tracé de nombreux nouveaux boulevards, à l'érection de nouveaux édifices (dont les grandes gares, le nouveau Palais de justice et le nouvel Hôtel-Dieu ou le Palais Garnier (Opéra) qu'il ne vit jamais abouti), au développement du réseau des égouts et surtout à l'aménagement de dizaines de nouveaux squares et espaces verts (Montsouris, Buttes-Chaumont, bois de Vincennes et de Boulogne, Boucicaut…). Ces travaux du Second Empire ont modelé le visage du Paris du XXe siècle. Ils ont cependant eu un coût non négligeable, que ce soit sur le plan financier (déficit, vague de spéculation), social (refoulement des classes populaires hors du centre de Paris) et culturel (destructions de nombreux vestiges du passé) ; on a dit que les grands boulevards (très larges et droits) permettaient de mieux contrecarrer les éventuelles révoltes en empêchant la formation de barricades.

Parallèlement, Napoléon III encourage cette politique dans les autres grandes et moyennes villes de France, de Lyon à Biarritz en passant par Dieppe (les nombreuses rues impériales alors tracées sont souvent par la suite rebaptisées "rue de la République"). L'empereur multiplie les séjours personnels dans les villes d'eau telles que Vichy, Plombières-les-Bains, Biarritz, ce qui contribue beaucoup à leur lancement et à leur fortune durable.

Voiture privée de Napoléon III, utilisée lors de ses déplacements sur les chemins de fer français alors en plein essor

Capitale de l'Europe au même titre que la Londres victorienne, Paris accueille de grandes réunions internationales telles que l'Exposition universelle de 1855 et celle de 1867.

Article détaillé : exposition universelle de 1867.

Le règne de Napoléon III est marqué aussi par l'achèvement de la construction du réseau ferroviaire français supervisée par l'État : le chemin de fer dessert désormais toutes les grandes et moyennes villes françaises. L'empereur encourage la révolution bancaire, à l'origine de la naissance des établissements modernes tels le Crédit Mobilier des frères Pereire. Les Grands Magasins se multiplient (comme le Bon Marché), la bourse connaît un âge d'or, l'industrie (acier, textile) une forte croissance, du moins jusqu'au milieu des années 1860 et les mines, de charbon dans l'Est et le Nord et d'ardoise en Anjou prennent leur essor (ces dernières seront submergées par une inondation record de la Loire en 1856, occasion pour le chef de l'État de se rendre à Trélazé pour y restaurer son image ternie à la suite d'une répression politique envers une émeute républicaine un an plus tôt)

L'empereur a beaucoup fait pour développer l'instruction des filles, en 1861 la fontenaicastrienne Julie-Victoire Daubié est reçue au baccalauréat, l'empereur intervient pour que le ministre Gustave Rouland signe le diplôme. En 1862 s'ouvre la première école professionnelle pour jeunes filles par Madame Elisa Lemonnier. Madeleine Brès obtient le droit de s'inscrire à la Faculté de médecine de Paris.

Membre du gouvernement impérial de 1863 à 1869 en tant que ministre de l'Instruction publique, l'historien Victor Duruy ouvre l'enseignement secondaire aux jeunes filles et s'efforce de développer l'enseignement primaire, en dépit de l'hostilité de l'Église catholique qui craint une perte de son influence. Il fait enseigner l'histoire contemporaine, jusque-là délaissée au profit de l'étude de l'Antiquité.

De l’Empire autoritaire à l’Empire libéral

Napoléon III en 1857 par Franz Xaver Winterhalter

La constitution de 1852 laisse à Napoléon III un pouvoir personnel absolu. La presse est soumise à une censure particulièrement rigoureuse. La justice est rendue en son nom. Il est également le dernier chef d'État français à s'arroger le droit de déclarer la guerre seul, ou de conclure tout seul les traités de paix ou de commerce. Plusieurs dizaines de députés sont proscrits après le coup d'État du 2 décembre 1851, parmi lesquels Victor Hugo, qui compose alors en exil les Châtiments et Napoléon-le-Petit pour stigmatiser Napoléon III. Des milliers d'opposants sont déportés en Algérie ou en Guyane.

Les ministres, responsables devant l'empereur seul, ne forment pas d'équipe ministérielle et le gouvernement n'est pas responsable devant le Parlement, dont les débats ne sont pas publiés. La tribune du Palais-Bourbon est détruite lors du coup d'État et ne réapparaît que sur la fin du règne. Le suffrage universel masculin a été rétabli par Napoléon III mais son libre exercice est faussé par la pratique des candidatures officielles (les préfets mettent les moyens de l'administration au service des candidats du pouvoir) et par la quasi-disparition de la liberté de la presse et de réunion. Les rares opposants qui parviennent à se faire élire ne peuvent siéger que s'ils prêtent serment de fidélité à l'empereur et à son régime.

L'autorité impériale sévit également dans le domaine des arts et des lettres : Baudelaire et Flaubert sont poursuivis en justice pour leurs œuvres contraires « à la morale publique et religieuse » (1856-1857), Renan destitué de sa chaire au collège de France en 1863. En 1863, Napoléon III laisse se tenir un "salon des refusés" où exposent Courbet et les futurs impressionnistes, mais il dénonce l'Olympia de Manet comme offensant les bonnes mœurs.

Sévissant d'une main, l'empereur cherche aussi à séduire et à rallier de l'autre. Doté d'une forte pension officielle et d'une très confortable liste civile, il mène un train de vie fastueux qui frappe les esprits. Ses fêtes et ses réceptions grandioses aux Tuileries, à Saint-Cloud ou à Compiègne confèrent aussi à la "Fête Impériale" un rôle de propagande.

Au début des années 1850, le 15 août devient la fête nationale en France. Cette célébration permet à Napoléon III d'imposer avec succès un modèle de fête nationale populaire qui sera aussi repris par la République. Le 15 août deviendra alors la fête de la Saint-Napoléon.[17]

Aux élections de 1858, cinq députés républicains sont élus à Paris, ville d'opposition à l'Empire, dont Jules Favre, Ernest Picard et Émile Ollivier. L'empereur refuse de remettre en cause le suffrage universel comme le lui demande son entourage inquiet. Mais un attentat à la bombe perpétré contre le couple impérial par le patriote italien Felice Orsini lui permet de lancer une vague de répression brutale contre l'opposition républicaine, pourtant innocente dans cette affaire. Le général Espinasse, ministre de l'Intérieur de janvier à juillet 1858, utilise la "loi de sûreté générale" pour faire déporter sans jugement plusieurs centaines de républicains. La loi reste théoriquement en vigueur jusqu'à la fin du règne.

Le 15 août 1859, l'empereur promulgue une amnistie générale à l'occasion de sa victoire en Italie du Nord. Certains comme Victor Hugo refusent d'en profiter : « quand la liberté rentrera, je rentrerai ». Edgar Quinet, rappelant que Napoléon III avait violé la constitution par son coup d’État, déclare : « Ceux qui ont besoin d'être amnistiés, ce ne sont pas les défenseurs des lois, ce sont ceux qui les renversent. »

À partir de cette date, le régime prend une tournure plus libérale. Pour se gagner de nouveaux soutiens dans la société, Napoléon III multiplie les concessions à destination notamment des ouvriers. Il fait ainsi légaliser le droit de grève en 1864 par la loi Émile Ollivier. Il s'est en effet privé du soutien des catholiques que sa politique italienne inquiète et de celui du patronat, ulcéré par son traité de libre-échange conclu en 1860 avec la Grande-Bretagne (négocié et ratifié par l'empereur seul, il fait figure de « coup d'État douanier »). Napoléon III laisse une délégation d'ouvriers conduite par Tolain se rendre à Londres où elle découvre la puissance du syndicalisme britannique. L'Association Internationale des Travailleurs est autorisée à ouvrir un bureau en France. Mais les efforts de l'empereur pour prendre lui-même la tête d'un mouvement ouvrier officiel échouent : les ouvriers restent dans leur masse républicains. Napoléon III dissout le bureau parisien de l'AIT en 1867, ses dirigeants sont emprisonnés, et la troupe intervient dans plusieurs grèves dures qui marquent la fin du règne.

Au fil des années 1860, il desserre aussi progressivement la censure, libéralise le droit de réunion et les débats parlementaires. Sous l'influence notamment de son demi-frère le duc de Morny, il se dirige lentement vers une pratique plus parlementaire du régime.

En 1869, Napoléon III fait appel à un nouveau « Premier ministre » de fait, Émile Ollivier, issu des bancs de l'opposition républicaine à l'Assemblée nationale. C'était la reconnaissance du principe parlementaire. Ollivier constitua alors un gouvernement d'hommes nouveaux en associant bonapartistes libéraux (centre droit) et orléanistes ralliés à l'Empire libéral (centre gauche), mais en excluant les bonapartistes autoritaires (droite) et les républicains (gauche). Il prit lui-même le ministère de la Justice et des Cultes, le premier dans l'ordre protocolaire et apparut comme le véritable chef du ministère.

Cherchant à concilier ordre et liberté, il convainc l'empereur de procéder à une révision constitutionnelle d'ensemble pour mettre sur pied un système semi-parlementaire. Les procédés de candidature officielle furent abandonnés et le préfet Haussmann, jugé trop autoritaire, fut renvoyé (5 janvier 1870). Un senatus-consulte proposant un régime plus libéral est soumis à l'approbation du peuple lors d'un plébiscite (le troisième depuis 1851) : le 8 mai 1870, les réformes sont approuvées avec plus de 7 millions de oui en dépit de l'opposition des monarchistes légitimistes et des républicains qui ont appelés à voter "non" ou à s'abstenir. C'est ainsi que se met en place la constitution du 21 mai 1870. Napoléon III se serait exclamé à cette occasion : « J'ai mon chiffre ! »[18]. Émile Ollivier crut pouvoir dire de l'empereur : « Nous lui ferons une vieillesse heureuse »[19].

Cependant, lâché par les républicains et contesté par les bonapartistes autoritaires, Ollivier était de plus en plus isolé et ne se maintenait plus que grâce à la faveur de Napoléon III. Dès les premiers revers militaires d'août 1870, il fut limogé par l'impératrice Eugénie, régente, qui nomma à sa place le bonapartiste autoritaire Cousin-Montauban, comte de Palikao. Un mois après, l'empereur était prisonnier et l'empire discrédité par la défaite disparaissait sans opposition de quiconque.

Guerre de 1870

Napoléon III et Otto von Bismarck, Après la défaite de Sedan, entrevue avec Bismarck à Donchery 1870 (peinture de 1878)
Napoléon III sur son lit de mort (Journal Illustrated London News, du 25 janvier 1873).

Bien que tous deux personnellement favorables à la paix, Ollivier et Napoléon III se laissèrent dépasser par les partisans de la guerre dont l'impératrice Eugénie. Ollivier et Napoléon III se rallièrent tous deux à l'opinion majoritaire pro-guerre exprimée au sein du gouvernement et au parlement, y compris chez les républicains, les plus résolus (malgré les avertissements lucides de Thiers et de Gambetta) à en découdre avec la Prusse.

À la suite de tensions avec la Prusse à propos de la succession d'Espagne et abusé par la fameuse Dépêche d'Ems - version dédaigneuse par Bismarck, d'une annonce polie de Guillaume de Prusse -, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Débute la Guerre franco-allemande de 1870.

Les premiers revers sont imputés à Napoléon III et à Ollivier, fournissant à la Chambre l'occasion de renverser Ollivier, à une écrasante majorité, le 9 août 1870, laissant l'empereur seul sur la ligne de front, qu'elle soit politique ou militaire.

Sous la pression de l'impératrice, Napoléon III renonce à se replier sur Paris et marche vers Metz au secours du maréchal Bazaine encerclé. Ses troupes sont elles-mêmes alors encerclées à Sedan. Le 2 septembre 1870, n'ayant pu trouver la mort au milieu de ses hommes, Napoléon III dépose les armes au terme de la bataille de Sedan. Il tente de négocier avec Bismarck prés du village de Donchery. Pendant la discussion, il nie ses responsabilités personnelles en invoquant une guerre à laquelle il aurait été « poussé par l'opinion publique ». Bismarck, peu dupe, réplique : « l'opinion publique poussée par le ministère ! »

Le captif assiste avec le roi Guillaume de Prusse à l'acte de reddition de l'armée française au château de Bellevue situé près de Frénois au sud de Sedan. Le 3 septembre 1870, L'empereur, désormais prisonnier, se rend en Belgique à Bouillon, ensuite il prend le train pour être interné au château de Wilhelmshöhe à Kassel en Allemagne.

Le 4 septembre 1870, à Paris, la foule envahit le Palais-Bourbon tandis que l'impératrice Eugénie se réfugie chez son dentiste et fuit en Angleterre. Le gouverneur de Paris, Trochu, reste passif et le régime impérial ne trouve guère de défenseurs. Des députés (dont Léon Gambetta) proclament la République et mettent en place un Gouvernement de la Défense nationale qui essaie en vain de contrer l'invasion du territoire. Au terme de la guerre, la déchéance officielle de Napoléon III n'est votée définitivement par la Chambre que le 1er mars 1871. Dans la plupart des départements français, le nouveau régime républicain est souvent accueilli dans l'indifférence. Personne toutefois ne prend non plus la défense de l'Empire déchu, discrédité par la défaite.

En mars 1871, l'empereur déchu s'exile en Angleterre. Il y prépare de nouveaux plans de coup d'État, rêvant de rééditer à son profit le retour de l'île d'Elbe de son oncle Napoléon Ier. Mais une opération de la vessie a raison de lui.

Le 9 janvier 1873, Napoléon III meurt et est inhumé à Chislehurst (aujourd'hui : Bromley (district londonien)). Par la suite l'impératrice Eugénie lui construisit un mausolée à l'abbaye Saint-Michel (St Michael's abbey) de Farnborough (sud de l'Angleterre) où il repose à ce jour aux côtés de sa femme (décédée en 1920) et de leur fils unique, le prince impérial Louis Napoléon, enrôlé volontaire dans l'armée britannique et tué en Afrique du Sud par les Zoulous au cours d'une patrouille en juin 1879, lors de la guerre anglo-zoulou. Il n'avait que 23 ans.

Un règne florissant et ambivalent

5 francs 1868
Timbre à l'effigie de Napoléon III

Le Second Empire coïncide avec l'une des plus importantes époques de développement et de prospérité que la France ait connue.

Du point de vue économique, le pays s'est doté d'infrastructures modernes, d'un système financier bancaire et commercial novateur et a rattrapé en 1870 son retard industriel sur le Royaume-Uni, en partie grâce à la politique volontariste de l'empereur et à son choix du libre-échange.

Concernant l'urbanisme, Napoléon III est le commanditaire des travaux d'Haussmann à Paris, qui ont fait de cette ville réputée pour sa saleté au milieu du XIXe siècle, l'une des plus belles capitales du monde.

Cette période est en outre caractérisée par la richesse de sa littérature, de Flaubert à George Sand ou aux frères Edmond et Jules de Goncourt. Cependant, le maintien de la censure continue de condamner un certain nombre de créations originales, parmi lesquelles, les Fleurs du Mal et Madame Bovary. L'Opéra Garnier illustre l'importance accordée au monde du spectacle, élément de la « fête impériale ». Passionné d'histoire (on lui doit une monumentale Histoire de Jules César), l'empereur a aussi joué un rôle important dans la mise sur pied d'une véritable archéologie nationale, avec la création du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et l'essor donné aux fouilles de Gergovie, Alésia et Bibracte.

Les progrès sociaux furent aussi indéniables : droit de grève et d'organisation des salariés (ancêtres des syndicats, qui étaient alors clandestins) accordés en 1864, élévation du niveau de vie des ouvriers et des paysans, soupes populaires organisées pour les pauvres, premiers systèmes de retraites et d'assurance-handicap pour les ouvriers, développement de l'éducation de masse, notamment pour les filles sous l'impulsion de l'impératrice Eugénie, qui a aussi fortement soutenu les travaux de Louis Pasteur et de Ferdinand de Lesseps, qui aboutiront respectivement au vaccin contre la rage et au canal de Suez, inauguré en 1869.

Le régime de Napoléon III fut cependant longtemps discrédité. Il le dut à son caractère longtemps autoritaire et répressif et à sa fin sans gloire dans la désastreuse guerre franco-prussienne, immédiatement suivie par la guerre civile lors de la Commune de Paris. Même ses réussites ne sont pas nécessairement dénuées d'aspects ambivalents, critiqués par les contemporains. Un écrivain tel Zola rappela ainsi dans ses romans la spéculation effrénée et la corruption nées de l'« haussmanisation » et de la flambée boursière (La Curée, L'Argent), le choc que l'irruption des grands magasins représenta pour le petit commerce (Au Bonheur des Dames), la dureté des luttes sociales sous Napoléon III (Germinal).

Forgée par une génération en lutte contre le Second Empire, la IIIe République ne pouvait que faire de Napoléon III un repoussoir. L'œuvre de Victor Hugo, bâtie sur l'opposition permanente entre la gloire de Napoléon Ier et la bassesse tyrannique prêtée à Napoléon III, contribua considérablement à asseoir l'image d'un despote médiocre et sans scrupules. Le précédent d'un président devenu empereur rendit aussi impensable jusqu'en 1962 toute élection du chef de l'État au suffrage universel direct. François Mitterrand comparait ainsi avec virulence De Gaulle à Napoléon III pour instruire le procès des institutions de la Ve République (Le Coup d'État permanent, 1964).

Les années 1980-1990 voient un renouveau historiographique du Second Empire[20],[21],[22], qui va dans le sens d'une réhabilitation de Napoléon III et de son règne[23].

Maîtresses et enfants naturels

Napoléon III eut de nombreuses maîtresses, certaines lui donnèrent des enfants naturels, dont :

Caricatures

Napoléon III était surnommé par ses opposants L'homme du 2 décembre, Napoléon le Petit ou encore Naboléon (Victor Hugo), Boustrapa (de ses trois coups d’État : BOUlogne, STRAsbourg et PAris) ou encore Badinguet (du nom du peintre sous le déguisement duquel il s'échappa de la forteresse de Ham où il était détenu). Durant son règne Napoléon III fut beaucoup caricaturé. Ci-contre, Napoléon III en chauve-souris soupesant Thiers et la République. Allusion à la position de Napoléon III au moment de la Commune de Paris.

Napoléon :
De gouverner, toujours avide,
Voilà mon plan : - Il est splendide !-
Je les fais battre tous les deux,
J'attends qu'ils se mangent entr'eux
Et quand la mort a fait le vide
Je rentre à Paris…, si je PEUX !

Devant ce plan lâche et stupide
Chacun de nous, avec esprit,
À ce monstre chauve… sourit !

Notes et références

  1. Par exemple Napoléon le petit, Victor Hugo, ed. Jeffs, 1862
  2. Louis-napoleon et mademoiselle de Montijo, Arthur Leon Imbert de Saint-Amand, ed.Adamant Media Corporation
  3. Une épidémie de rougeole sévissait alors, et beaucoup de soldats, déjà affaiblis par leurs blessures, succombèrent à la fièvre.
  4. Histoire politique, anecdotique et populaire de Napoléon III, P. L. Jacob, ed.Dufour, Mulat et Boulanger, 1853
  5. Dans le livre Napoléon III (1969) de l'historien Georges Roux. Voir Edouard Boeglin, « Napoléon III, citoyen suisse », journal L'Alsace.
  6. Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2002, pp. 770-772, (ISBN 2-213-59222-5)
  7. cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2002, p. 817
  8. Personnage pour le moins douteux, fils adoptif du non moins douteux marquis de Sémonville, Charles-Tristan de Montholon est un agent double que le gouvernement français a employé, à Londres, pour surveiller le prince Louis-Napoléon. Mais Montholon a trompé Thiers en lui faisant croire que l'opération aurait lieu à Metz.
  9. L'opinion publique se passionne bien davantage pour le procès, devant la cour d'assises de Tulle, de Mme Lafarge, accusée d'avoir empoisonné son mari, et condamnée aux travaux forcés à perpétuité le 19 septembre.
  10. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 818
  11. Sur 312 pairs, 160 s'abstiennent et 152 votent l'emprisonnement perpétuel. « On ne tue pas les fous, soit ! mais on les enferme », affirme Le Journal des débats (cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 818)
  12. Alain Decaux et André Castelot (dir.), Dictionnaire d'histoire de France, Librairie Académique Perrin, 1981, p. 702-703
  13. Alain Decaux et André Castelot (dir.), Dictionnaire d'histoire de France, Librairie académique Perrin, 1981, p. 279
  14. Claude Latta, La résistance des républicains au coup d'état du 2 décembre 1851
  15. Frédéric Négrel, « Décembre 1851 à Artignosc », Verdon no 1, estieu 1999, p 84
  16. Voir le paragraphe Une entrée de la France dans la modernité
  17. Sudhir Hazareesing, «LA SAINT-NAPOLÉON, Quand le 14 Juillet se fêtait le 15 Août », traduit de l’anglais par Guillaume Villeneuve, 294 p. Édictions Paris Tallandier, 2007 (ISBN 978-2847344042)
  18. Voir François Roth, « 1870 : l'année maudite », Historia', numéro spécial n°37 de septembre/octobre 1995
  19. Voir Antonin Debidour, Histoire diplomatique de l'Europe depuis l'ouverture du Congrès de Vienne jusqu'à la clôture du Congrès de Berlin (1814-1878), tome II: « depuis l'ouverture du Congrès de Vienne jusqu'à la clôture du Congrès de Berlin (1814-1878) », F. Alcan, 1891, p. 381, Aimé Dupuy, 1870-1871, La guerre, la Commune et la presse, A. Colin, 1959, 253 pages, p. 29, ou Jean Sagnes, Napoléon III: le parcours d'un saint-simonien, Éditions Singulières, 2008, 607 pages, p. 270 (ISBN 2354780168).
  20. En particulier Philippe Séguin, Louis Napoléon le Grand, Paris, Grasset, 1990.
  21. « Sarkozy, Napoléon III, même combat ? », entretien avec Pierre Milza, auteur d'un Napoléon III (Perrin, 2004 (ISBN 2262016356),706 pages)), Le Monde, 16 novembre 2008.
  22. Fabien Cardoni, «Pierre Milza, Napoléon III, Paris, Éditions Perrin, 2004, 706 p.», Revue d'histoire du XIXe siècle, 2004-29: « Varia ».
  23. André Larané, « Napoléon III: Une réhabilitation méritée », Herodote.net

Filmographie

Napoléon III a été incarné à l'écran par Sacha Guitry, Jean Debucourt, Claude Rains, Paul Meurisse, Louis Arbessier, Lucien Nat, Lucien Rozenberg, Leon Ames, Walter Franck, Walter Kingsford, Enzo Billioti et Mariano Asquerino.

On peut citer aussi le film Violettes impériales, sorti en 1952.

Bibliographie

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Témoignages et études de l'époque :

  • Victor Duruy, Notes et souvenirs, 3 tomes, coll. « Sources de l’histoire de France », Éditions Paleo, 2005.
  • Victor Hugo :
    • Histoire d'un crime, écrit en 1852, publié en 1877. Le récit du coup d'État du 2 décembre par l'écrivain et élu de la République.
    • Napoléon le Petit, 1852.
  • Émile Zola, Son Excellence Eugène Rougon, publié en 1876. À travers le récit de la carrière politique d'Eugène Rougon (inspiré de celle d'Eugène Rouher), Zola met en scène divers personnages de l'entourage de Napoléon III, dont l'ombre plane sur toute l'intrigue du roman. Zola y déconstruit le système politique du Second Empire.
  • Emile Ollivier, L’Empire libéral, Études, récits, souvenirs, 18 tomes, Garnier, 1895-1916.
  • Comte Horace de Viel-Castel, Mémoires sur le règne de Napoléon III, 1851-1864, coll. « Bouquins », Robert Laffont, 2005.
  • Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, publié en 1852, révisé en 1869.

Études :

  • Alain Gouttman, La guerre de Crimée (1853-1856): Une croisade moderne, revue Napoléon III no, 1, mars 2008
  • Éric Anceau, Napoléon III, un Saint-Simon à cheval, Tallandier, 2008.
  • Jean Garrigues, La France de 1848 à 1870, Cursus, Armand Colin, rééd 2000.
  • Louis Girard, Napoléon III, Paris, Fayard, 1986.
  • André Castelot, Napoléon Trois, 2 tomes (* Des prisons au pouvoir ; ** ou l’Aube des temps modernes), Perrin, 1973-1974 – nouvelle édition, Napoléon III, l’aube des Temps modernes, Perrin, 1999.
  • Alain Carteret, Actes et paroles de Napoléon III, La Table Ronde, 2008 (ISBN 978-2710330363)
  • Adrien Dansette, Louis-Napoléon à la conquête du pouvoir, Hachette, 1961.
  • Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu. Analyse de la politique de Napoléon III.
  • Thierry Lentz, Napoléon III, coll. "Que sais-je ?", Presses Universitaires de France, 1995.
  • Pierre Milza, Napoléon III, Paris, Perrin, 2004.
  • Alain Plessis, De la fête Impériale au Mur des Fédérés, Points-Seuil, coll. Nouvelle Histoire de la France Contemporaine.
  • Georges Roux, Napoléon III, Paris, Flammarion, 1969.
  • Jean Sagnes, Les Racines du socialisme de Louis-Napoléon Bonaparte, Éditions Privat, 2006.
  • Jean Sagnes, Napoléon III, le parcours d'un saint-simonien, Éditions Singulières, 2008.
  • Philippe Séguin, Louis Napoléon le Grand, Grasset, 1990, rééd., Librairie générale française ("Le Livre de Poche"), 1996 (l'auteur est historien de formation mais non de profession ; son livre a cependant, en son temps, marqué le début d'un intérêt nouveau des historiens pour le sujet).
  • William H.C Smith, Napoléon III, Hachette, 1982.
  • Tulard, Jean (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.
  • Tulard, Jean, Le Paris de l'Empereur (1853-1870): Les réalisations de Haussmann, revue Napoléon III, no.2, juin 2008.
  • Theodore Zeldin, The Political System of Napoleon III, Macmillan & Co. Ltd / St Martin’s Press, 1958 (ouvrage pionnier, non traduit en français).
  • « Faut-il réhabiliter Napoléon III ? », Dossier de la revue L’Histoire, n° 211, juin 1997.
  • André Maurois, Miss Howard, La femme qui fit un empereur
  • Jean-Pierre Dufreigne, Napoléon III, roman en deux tomes (* Un si charmant jeune homme... et **Un empereur qui rêvait…), Plon, 2007.
  • Lucian Boia, Napoléon III, le mal aimé, Les Belles Lettres, 2008 (ISBN 978-2-251-44340-9)

Liens internes

Liens externes

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Chronologies

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