ALLEMAGNE
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Allemagne

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le pays européen. Pour les autres significations du nom « République Fédérale d'Allemagne » et « Allemagne », voir Allemagne de l'Ouest et Allemagne (homonymie).
Bundesrepublik Deutschland (de)
République fédérale d’Allemagne (fr)
Drapeau de l'Allemagne Armoiries de l'Allemagne
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Einigkeit und Recht und Freiheit
(allemand)
Union, droit et liberté
carte
Langue officielle Allemand
Capitale Berlin
52°31′N 13°25′E / 52.517, 13.417
Plus grande ville Berlin
Forme de l’État
 - Président fédéral
 - Chancelier fédéral
République fédérale
Horst Köhler
Angela Merkel
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 63e
357 046 km²
2,18%
Population
 - Totale (2008)
 - Densité
Classé 14e
82 046 000[1] hab.
230 hab./km²
Formation
 - Traité de Verdun
 - Unification
 - Création RFA
 - Création RDA
 - Réunification
 
843
18 janvier 1871
23 mai 1949
7 octobre 1949
3 octobre 1990
Gentilé Allemand (e)
PIB (nominal) (2008) $3 667 milliards[2] ( 4e)
IDH (2008) Augmentation 0.940 (élevé) ( 23e)
Monnaie Euro (EUR)
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Hymne national Deutschlandlied, 3e couplet (Einigkeit und Recht und Freiheit)
Domaine internet .de
Indicatif
téléphonique
+49


L’Allemagne (en allemand : Deutschland), appelée République fédérale d'Allemagne ou RFA (en allemand : Bundesrepublik Deutschland : BRD) dans les usages officiels, est un pays d’Europe de l'Ouest[3] entouré par la mer du Nord, le Danemark et la mer Baltique au nord, par la Pologne et la République tchèque à l'est, par l'Autriche et la Suisse au sud et par la France, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas à l'ouest.

L'Allemagne est une république fédérale constituée de 16 États fédérés (Bundesländer — officiel Länder en allemand). Le pays a longtemps été constitué de plusieurs États plus ou moins autonomes, conscients de leur propre histoire, culture et affiliation religieuse. Longtemps dominés par l'Autriche dans le cadre du Saint-Empire romain germanique (de 962 à 1806) puis de la Confédération germanique (de 1815 à 1866), en 1871, à la fin de la guerre franco-allemande, ils furent réunis dans un État dominé par la Prusse, donnant ainsi naissance à l'Allemagne unifiée moderne dite également Deuxième Reich ou Reich Wilhelminien. La défaite allemande qui suivit la Première Guerre mondiale provoqua en 1918 l'avènement de la République puis en 1933 celui du Troisième Reich lequel s'effondra en 1945 dans la défaite qu'entraîna la Seconde Guerre mondiale. D'abord occupée par les forces armées de ses vainqueurs, l'Allemagne fut séparée en deux parties en 1949 qui formèrent la République fédérale d'Allemagne (informellement Allemagne de l'Ouest) et la République démocratique allemande (informellement Allemagne de l'Est). La réunification a eu lieu le 3 octobre 1990, 11 mois après la chute du Mur de Berlin, qui marqua la réunification populaire. En 1990, sa capitale redevient Berlin.

Elle est membre du Conseil de l'Europe depuis 1950, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Union de l'Europe occidentale depuis 1954, de l’OTAN depuis 1955, de l’ONU depuis 1973, de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), membre fondateur de l’Union européenne (1957), d'Eurocontrol (1960) et de la zone euro.

Avec plus de 82 millions d'habitants recensés en 2007[4], l'Allemagne est le pays le plus peuplé de l'Union européenne et le noyau même du cœur de l’Europe. Elle est une puissance économique mondiale majeure, la première d'Europe et la quatrième derrière les États-Unis, le Japon et la Chine[5] par son PIB nominal. L'Allemagne est aussi le premier exportateur[6],[7] et le deuxième importateur[8] de marchandises dans le monde.

Sommaire

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Allemagne.

La formation du mot Deutschland révèle la longue histoire de ce pays. Au départ il y a un mot gotique thiuda signifiant peuple. Il a comme adjectif thiudisk. Thiudisk a été transformé en Theodischus par les Romains, puis en Teudischus. Teudischus est devenu diutisca en vieil allemand pour aboutir à Deutsch. En ancien français, le latin theodiscus a donné thodesche, puis tudesque. En Italien, allemand se dit tedesco. Le français moderne a préféré le mot allemand issu du latin Alama désignant le peuple des Alamans[9]. Ceci est également valable par exemple, pour le catalan (alemanys). L'italien lui, a conservé l'origine latine dans son adjectif tedesco pour dire allemand[10]. Saksa en finnois se réfère aux saxons. Dans les langues slaves, le nom renvoie au fleuve Niémen qui les séparait des peuplades germaniques. Pour les Chinois, c'est le « Pays de la Vertu » (德国), en partie pour des raisons phonétiques.

Du Saint Empire aux principautés (~843-1806)

Peuples germaniques 750 av. JC à 150 ap. JC

La linguistique et les textes latins nous montrent que la mention du peuple germain remonte à l'époque romaine. Cependant les historiens s'entendent pour trouver les origines d'un territoire allemand au partage de Verdun de 843. Louis le Germanique a obtenu, lors de ce partage, l'est de l'empire carolingien, nommé Francie orientale. C'est de la Francie orientale qu'est issu le Saint-Empire romain germanique fondé par Otton Ier, dit le Grand (936–73). Cet empire comprend, outre le territoire de l'actuelle Allemagne, l'Italie et la Bourgogne. Dès sa fondation, ce nouvel empire est entravé par le peu d'institutions sur lesquelles l'empereur peut asseoir son autorité et la faiblesse des revenus, les empereurs ne disposant que de leurs propres domaines pour financer leur politique. Le système d'élection de l'empereur par les princes-électeurs conduisit souvent à affaiblir le pouvoir du monarque. Traditionnellement, l'empereur élu entreprenait un voyage à Rome pour être couronné par le pape.

Le délitement du pouvoir impérial est accentué par l'obsession de certains empereurs à vouloir établir une autorité forte dans leurs possessions italiennes. Au XIIIe siècle, Frédéric II est tellement occupé par ses affaires italiennes qu'il renonce à tout pouvoir et tout contrôle dans les nombreuses principautés ecclésiastiques allemandes et qu'il abdique une grande partie de ceux-ci dans les principautés laïques. De ce fait les terres allemandes sont pratiquement indépendantes du pouvoir impérial dès cette époque.

À partir du XIe siècle, la Germanie déborde de ses limites traditionnelles entre le Rhin et l'Oder. Commence alors la colonisation de l'Europe centrale sous l'action de grands seigneurs, des rives de la mer Baltique par une croisade menée par les chevaliers Teutoniques et du sud du pays à partir du règne de Otton Ier. Des centaines de milliers d'Allemands de l'Ouest poussés par la surpopulation ont ainsi migré vers l'Est où des tenures plus vastes et des droits féodaux plus légers les attendent[11]. Les villes rhénanes et les ports se développent mais prennent une part peu active au grand commerce européen du XIIe siècle. Après 1438, l'empereur porte le titre d'un « empereur élu » après son élection formelle par les sept "électeurs" de l'Empire à Francfort. À l'époque moderne, le Saint Empire compte plus de 300 États qui n'obéissent que de très loin à l'empereur Habsbourg.

Au XVIe siècle, la réforme luthérienne continue à diviser l'Allemagne. En 1546, l'empereur Charles Quint entre en guerre contre les nombreux princes et villes allemands qui se sont convertis au luthéranisme. Son échec à réduire le protestantisme dans le Saint Empire est sanctionné par la paix d'Augsbourg de 1555 qui permet à chaque prince et ville libre de choisir sa religion mais oblige les sujets à avoir la même religion que leur souverain — cujus regio, ejus religio. L'Allemagne n'en a pas pour autant fini avec les guerres de religion. Les progrès du calvinisme en Allemagne à la fin du XVIe siècle, la volonté de l'empereur Ferdinand II d'imposer son autorité et celle de la religion catholique aux États du Saint Empire entraîne la guerre de Trente Ans qui ravage le pays de 1618 à 1648. Les traités de Westphalie entérinent l'affaiblissement du pouvoir impérial en favorisant les droits des 350 États allemands. La liberté religieuse des princes est réaffirmée.

De la Confédération germanique à l’Empire allemand (1806-1914)

L'Empire Allemand en 1871

Sous la pression de la France, le Saint Empire est dissout en 1806 et remplacé par la Confédération du Rhin sous protectorat français. Après le congrès de Vienne (novembre 1814 – juin 1815), celle-ci est remplacée par la Confédération germanique ("Deutscher Bund") qui ne regroupe plus que 39 États sous la direction honorifique des Habsbourg qui ne portent plus que le titre d'Empereur d'Autriche. En fait, cette confédération ne peut exister que si l'Autriche et la Prusse s'entendent. À partir de 1834, le Zollverein ou union douanière commence à se constituer à l'initiative de la Prusse. Il construit un espace économique sans douane intérieure et définit une même politique commerciale vis-à-vis de l'extérieur. Cet espace, progressivement élargi, exclut délibérément l'Autriche. Les révolutions de 1848 touchent la plupart des États allemands. Une assemblée élue au suffrage universel se réunit à Francfort et propose la couronne d'une Allemagne unifiée au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, qui la refuse, soucieux de ne pas tenir son pouvoir de la souveraineté du peuple. Il est prêt à accepter la couronne que lui proposent les princes allemands, mais l'Autriche force la Prusse à renoncer en 1850. L'Allemagne se retrouve dans la même situation politique qu'en 1815.

La Proclamation de l’Empire allemand (Versailles 1871), tableau d’Anton von Werner, 1877

En 1862, Otto von Bismarck devient le ministre-président du roi de Prusse Guillaume Ier. Il a compris que l'unité allemande ne se fera pas sans l'éviction de l'Autriche par la guerre. Il fait passer par la force les réformes modernisant l'armée. En 1866, l'armée prussienne écrase l'armée autrichienne à Sadowa.

La Prusse annexe les territoires entre sa partie orientale et sa partie occidentale, et dirige la Confédération de l'Allemagne du Nord. Seuls les quatre États du Sud n'y adhèrent pas.

La France en déclarant la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 permet de fédérer tous les États allemands autour d'un ennemi commun. La défaite française permet la proclamation de l'Empire allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces du château de Versailles avec Guillaume Ier de Prusse à sa tête, entraînant également l'annexion de l'Alsace (sauf Belfort), de la Lorraine germanophone et de la région de Metz, place-forte de première importance. L'unité allemande s'est faite par le haut et par la guerre comme le souhaitait Bismarck.

D’une guerre à l’autre (1914-1945)

Articles détaillés : République de Weimar et Troisième Reich.

L'Allemagne, devenue une des puissances politiques majeures en Europe s'engage dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Autriche-Hongrie (1914) et envahit la France. Après les premiers assauts, la guerre s'oriente vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d'un côté comme de l'autre. Elle prend fin en 1918, et l'empereur allemand, Kaiser Guillaume II, doit abdiquer en raison de la révolution allemande. Lors du traité de Versailles, l'Allemagne est considérée comme responsable de la guerre et condamnée à payer de très lourdes réparations.

Le couple impérial : Guillaume Ier et Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach vers 1885

L’Allemagne, chose unique dans l’histoire diplomatique, n’est pas invitée aux discussions versaillaises. Elle est jugée comme principalement responsable (avec l’Autriche-Hongrie) de la guerre. Conservant la Rhénanie, au regret de la France qui voulait fixer la frontière sur le Rhin. La France n’obtient pas la Sarre (51 millions de tonnes de charbon, soit 2/3 des besoins français) mais l’Angleterre fait pression. La Sarre est placée sous la tutelle de la Société des Nations et un référendum sera organisé 15 ans plus tard pour décider son rattachement à la France ou à l’Allemagne. Le Schleswig est rattaché au Danemark après consultation de la population. Les cantons d’Eupen et de Malmedy sont rattachés à la Belgique. La Pologne obtient un corridor, le fameux « corridor de Dantzig », avec les populations Kachoubes parlant un dialecte polonais mais étant favorable aux Allemands. La ville de Dantzig n’est rattachée ni à l’Allemagne, ni à la Pologne, c’est une ville libre sous contrôle de la SDN. Solutions de compromis qui ne plaisent à personne. 80 kilomètres séparent la Prusse-Orientale du reste de l’Allemagne. La Haute-Silésie, rattachée après plébiscite à l’Allemagne en mars 1921, est occupée par la Pologne peu après. La SDN arbitre la situation et le partage, dénoncé par les deux parties, est réalisé arbitrairement.

L’Allemagne perd 88 000 km2 et 8 millions d’habitants. Le service militaire est aboli et l’armée est réduite à 100 000 hommes dont 5000 officiers. Elle ne peut posséder ni blindés, ni artillerie lourde, ni aviation. Sa flotte de guerre se saborde à Scapa Flow le 26 juin 1919. Elle perd ses colonies, placées sous mandats aux vainqueurs par la SDN. Comme responsable de la guerre, elle doit céder du matériel et des produits agricoles. Les réparations de guerre sont évaluées en 1921 à 132 milliards de marks-or à payer en 30 ans. Tous les brevets allemands sont perdus, les vainqueurs obtiennent la clause de « nation la plus favorisée » et le Rhin, l’Oder et l’Elbe sont internationalisés, l’Allemagne perd tout pouvoir sur leurs contrôles. La rive gauche est occupée puis considérée comme démilitarisée perpétuellement.

Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permettent au NSDAP (parti nazi) d'Adolf Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Hitler élimine rapidement toute opposition et prend le contrôle absolu de l'État allemand. En 1935, l'Allemagne devient officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d’Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1er septembre 1939.

L’Allemagne domine le début du conflit. Elle conquiert une grande partie de l'Europe, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Mais en 1942–43, la guerre tourne en faveur des pays alliés : le Royaume-Uni, la France, le Canada, les États-Unis, l'URSS écrasent finalement les armées de l'Axe, envahissant notamment Berlin. Le 30 avril 1945, Hitler se suicide.

Division du pays et réunification (1945-1990)

L'ancien Palace de la République de la RDA à Berlin-Est au cours des années 80

Dévastée par la guerre (même si le potentiel industriel du pays est encore énorme), l'Allemagne et Berlin sont divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par l'une des nations victorieuses (États-Unis, Royaume-Uni, France et Union soviétique). L’Allemagne est finalement divisée en deux parties durant toute la Guerre froide : la RFA (République fédérale d’Allemagne) créée le 23 mai 1949 à l’ouest avec comme capitale et siège administratif Bonn et la RDA (République démocratique allemande) créée le 7 octobre 1949 à l’est avec comme capitale Berlin-Est. Les territoires plus à l'est sont intégrés à la Pologne et à l’URSS.

Le creux démographique provoqué par la guerre est rapidement compensé par l'arrivée d'environ 13 millions d'Allemands expulsés des anciens territoires d'Allemagne-Orientale et des pays d'Europe de l'Est ; de Prusse-Orientale, des Sudètes, des Pays baltes, de Silésie, de Transylvanie, etc.

Sous l'impulsion du plan Marshall, l'Allemagne de l'Ouest renoue rapidement avec la croissance économique, au contraire de l'Allemagne de l'Est. À la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, prélude à la réunification de l’Allemagne, les deux pays ne possèdent pas le même niveau économique. Cette différence demeure aujourd'hui, et l'Est reste plus pauvre que l'Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d'importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d'en faire une nation politiquement incontournable au sein de l'Union européenne.

Aspects culturels et politiques

Article détaillé : Culture de l'Allemagne.

Langues parlées

L'allemand est une langue du groupe germanique de même que le néerlandais, l'anglais, l'islandais ou le suédois . Le groupe germanique appartient à la famille des langues indo-européennes. 92 % de la population a l'allemand comme langue maternelle ce qui indique une très grande homogénéité linguistique. 8 % de locuteurs parlent une autre langue : le danois, le frison, le sorabe, le polonais, les parlers de deux groupes tsiganes (les Sintis et les Roms allemands) ainsi que le turc, le kurde, et le serbe.

L'allemand et ses trois groupes de dialectes (nord : bas-allemands, centre : franciques, saxon, sud : bavarois, alémanique) avant les expulsions qui firent suite à la Seconde Guerre mondiale (le néerlandais et ses différentes formes parlées aux Pays-Bas, en Belgique et en France, sont associés à l'allemand du fait de leur proximité linguistique)

Il s'agit d'une estimation car il n'existe pas en Allemagne de recensement basé sur les données linguistiques. Les immigrés ont contribué à l'élargissement du champ linguistique.

L'allemand standard, appelé en Allemagne Hochdeutsch, n'est pas la langue vernaculaire de tous les germanophones. En effet, plusieurs millions d’Allemands, parlent dans leur vie quotidienne l'un des dialectes allemands. Ces nombreux dialectes peuvent être rattachés géographiquement à trois groupes, du nord au sud : le bas-allemand (Niederdeutsch), au centre les dialectes saxon et franciques (francique mosellan, francique rhénan), et au sud le bavarois et l'alémanique souabe (voir la liste complète des dialectes dans l'article détaillé sur la langue allemande. La différenciation nord-sud (bas-allemand / haut-allemand) est apparue à partir du VIe siècle. En 1980, on estimait qu'environ 50 % des Allemands utilisaient dans leur vie quotidienne l'un de ces dialectes sans jamais l'écrire.[12]

L’allemand et ses dialectes après la Seconde Guerre mondiale
Le Goethe-Institut d'Oslo. Le Goethe-Institut assure la diffusion de la langue allemande dans le monde

Les lois fédérales reconnaissent quatre minorités nationales : les Danois, les Frisons, les Sorabes et les Tsiganes. Les quatre communautés reconnues ont fondé en 2004 un Conseil des minorités doté d’une convention commune pour promouvoir leurs intérêts devant le gouvernement fédéral. Le sorabe, une langue slave, est parlée par quelque 100 000 locuteurs près des frontières de la Pologne et de la République tchèque dans la petite région de Lusace. Les Sorabes ou Sorbes, qui constituaient une minorité protégée dans la République démocratique allemande, forment la minorité nationale reconnue la plus importante. Ils ont réussi à maintenir leur culture et leur langue malgré les tentatives de germanisation dans le passé. Tous parlent aussi l’allemand, le taux de bilinguisme atteignant près de 100 %.[12]

Naguère importants, les Allemands polonophones, victimes d'une part de la politique assimilatrice d'une RDA refusant de leur accorder le statut de minorité nationale et d'autre part d'une dynamique naturelle, ont subi une acculturation presque totale.

Religions

Les guerres de religions ont déchiré les Allemands aux XVIe et XVIIe siècle au cours de la guerre de Trente Ans. Aujourd'hui, le nord et l'est de l'Allemagne sont majoritairement protestants. La grande majorité des protestants allemands appartient à l'Église évangélique en Allemagne qui rassemble 30,8 % de la population. Des majorités catholiques se trouvent avant tout en Rhénanie, au sud du Bade-Wurtemberg et en Bavière où est né le pape Benoît XVI. 31,4 % de la population est catholique.[13] L'est de l'Allemagne et Hambourg sont majoritairement sans confession[14] mais la première religion reste le luthéranisme. Enfin, l’islam est pratiqué par la communauté turque, concentrée dans la Ruhr et à Berlin.

Musique

Article détaillé : Musique allemande.
Article détaillé : Schlager.

Le pays compte plusieurs orchestres de renommée internationale, au premier rang desquels l'Orchestre philharmonique de Berlin, la Staatskapelle de Dresde, l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise et l'Orchestre philharmonique de Munich.

L'Allemagne connaît aussi la pratique de musiques traditionnelles, notamment le Yodel encore connu de nos jours dans les régions alpines de Bavière.

La musique populaire allemande populaire s'appelle le Schlager.

Le pays a donné naissance à plusieurs groupes de rock allemand de renommée internationale, notamment avec Scorpions à partir des années 1980, Rammstein dans les années 1990 et surtout Scooter (groupe) de 1994 à aujourd'hui,la chanteuse Lafée a partir des années 2000 et aujourd'hui le groupe Tokio Hotel.

Politique

Article détaillé : Politique de l'Allemagne.
L'actuel président allemand Horst Köhler

Les institutions

Les alliés occidentaux ont réintroduit une structure fédéraliste en l'Allemagne en 1949. Le but était de préserver l'unité de la partie occupée par les occidentaux en empêchant le retour d'une Allemagne trop puissante sur le plan politique. Le fonctionnement du système politique allemand est donc régi depuis 1949 par une constitution appelée Loi fondamentale (Grundgesetz). La cour constitutionnelle qui siège à Karlsruhe veille à son respect. Depuis cette date, l'Allemagne est donc une république fédérale, composée d'abord de 11 (après la fondation du Bade-Wurtemberg en 1952 et l'intégration de la Sarre en 1957) Länder, puis de 16 depuis 1990. Depuis la réunification des deux Allemagnes la capitale fédérale est Berlin. Les pouvoirs exercés par la seule Fédération concernent les affaires étrangères, la défense, la nationalité, la monnaie, les frontières, le trafic aérien, les postes et télécommunications, et une partie du droit fiscal. Le Parlement allemand est composé de deux chambres, le Bundestag, élu au scrutin mixte pour quatre ans, et le Bundesrat (Conseil fédéral) qui comprend 68 représentants des gouvernements des Länder. Chaque Land donne toutes ses voix pour ou contre une loi.

Mais l’accroissement des pouvoirs du Bundesrat, met ceux-ci en mesure de bloquer l'action du gouvernement fédéral. Les compétences de l'État fédéral ont augmenté aux dépens des Länder. L'imbrication des compétences rend toute décision de plus en plus difficile. En effet, le Bundesrat doit se prononcer sur toutes les lois dont le contenu est applicable dans les Länder. En cinquante ans, la proportion de lois fédérales exigeant l'accord du Bundesrat est passée de 10 % à 60 %. En cas de différence de majorité entre les Länder et le gouvernement fédéral, il y a parfois blocage. Cela gêne même l'action de l'Allemagne dans les instances européennes.[15]

Les Länder et le gouvernement fédéral ont donc réfléchi ensemble à une réforme des institutions allemandes qui a été votée en mars 2006. Les prérogatives législatives du Bundesrat sont diminuées. Le Bundesrat ne vote que les lois qui ont un impact sur les budgets des régions. En contrepartie, l'État fédéral abandonne à celles-ci des champs entiers de compétences dans l'éducation et la recherche, l'environnement, le régime.[16]

Länder

Les Länder se nomment Bundesländer : Bundesland.


Land Capitale Aire[17]
(km2)
Habitants[4]
(millions)
Densité de population[18]
(hab/km2)
1 Bade-Wurtemberg (Baden-Württemberg) Stuttgart 35 751 10,739 300
2 Bavière (Bayern) Munich (München) 70 552 12,493 177
3 Berlin* 891 3,404 3 806
4 Brandebourg (Brandenburg) Potsdam 29 480 2,548 87
5 Brême (Bremen) Brême (Bremen) * 404 0,664 1 641
6 Hambourg (Hamburg) * 755 1,754 2 309
7 Hesse (Hessen) Wiesbaden 21 115 6,075 289
8 Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (Mecklenburg-Vorpommern) Schwerin 23 182 1,694 74
9 Basse-Saxe (Niedersachsen) Hanovre (Hannover) 47 641 7,983 168
10 Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Nordrhein-Westfalen) Düsseldorf 34 086 18,029 530
11 Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz) Mayence (Mainz) 19 853 4,053 204
12 Sarre (Saarland) Sarrebruck (Saarbrücken) 2 568 1,043 409
13 Saxe (Sachsen) Dresde (Dresden) 18 417 4,250 232
14 Saxe-Anhalt (Sachsen-Anhalt) Magdebourg (Magdeburg) 20 446 2,442 121
15 Schleswig-Holstein Kiel 15 800 2,834 179
16 Thuringe (Thüringen) Erfurt 16 172 2,311 144
Total 357 114 82,315 231

* Berlin, Brême, et Hambourg sont des 'villes-Länder' (en allemand Stadtstaat). Pour Hambourg et Brême, il s'agit d'un héritage du passé commercial de ces villes (voir Hanse). Elles sont des Länder à part entière.

Chaque Land a sa propre constitution (Verfassung). Il est aussi doté d'un Parlement (Landtag) et d’un gouvernement (Landesregierung) issu de la majorité du Landtag. Il est souverain en matière de culture (enseignement, théâtre, musique, etc.), d'organisation des services de police, de droit communal. La Fédération peut élargir les compétences des Länder par des prescriptions-cadres : l'enseignement supérieur, l'aménagement du territoire, la protection de la nature et la conservation des sites naturels sont passés de la compétence de la fédération à celle des Länder. Enfin, les Länder ont la responsabilité de faire respecter les décisions fédérales sur leur territoire. Chacun des Länder peut également lever des impôts. De ce fait, 36 % des impôts directs collectés reviennent aux Länder, l'État fédéral en recevant près de 50 % et les communes se partageant le reste. La loi fondamentale n'a pas délimité strictement certains domaines législatifs : Pour le droit civil, le droit pénal, le droit économique, le droit du travail, la politique du logement, la politique énergétique, la circulation routière ou encore la gestion des déchets les Länder peuvent légiférer à condition que l'État fédéral l'autorise. Celui-ci ne peut intervenir pour légiférer que pour un besoin uniforme à l'échelle nationale.

Une des particularités de la démocratie allemande est l'institutionnalisation du rôle des partis politiques : représenter les citoyens et leur apporter une formation politique.

La place de l’Allemagne dans le monde et en Europe

De 1945 à la réunification allemande de 1990, la RFA cultive l’« oubli de puissance ».[19] Elle devient le modèle de l’État-marchand civil qui renonce à toute ambition militaire et rôle important dans les relations internationales. Elle cherche à faire oublier son passé impérialiste en s'intégrant au sein du plus grand nombre d’alliances. De ce point de vue l'entrée de la RFA dans l'OTAN, la fait passer de pays occupé à partenaire stratégique des États-Unis. La RFA tient d'autant plus à cette alliance que les États-Unis sont ses principaux protecteurs face à l'Union soviétique. La participation à la CECA en 1951 et à la naissance de la CEE marquent le retour de l'Allemagne dans le jeu européen. Néanmoins, les actions de la RFA sur la scène internationale étaient de l'ordre d'une « diplomatie du chéquier,[20] » la RFA se montrant généreuse sur le plan des solidarités internationales. Le traité de l'Élysée signé en 1963, permet la réconciliation franco-allemande et une coopération profitable pour les deux pays.

Mais la chute du communisme et la réunification de l'Allemagne changent le statut de l'Allemagne. L’unification intéresse en plus les quatre vainqueurs de 1945 qui s'étaient partagé quatre secteurs d'occupation. Sans leur accord l’unité allemande était impossible, chacun ayant un droit de veto sur le processus. D’où la signature, à Moscou du traité « 4 + 2 » appelé aussi traité de Moscou mais son véritable nom est « traité portant règlement définitif concernant l’Allemagne ».[21] Ce Traité fixe le nouveau statut international de l’Allemagne unie au cœur de l’Europe en fixant définitivement les frontières (art. 1er) en plafonnant l’armée allemande à 370 000 hommes. Après 45 ans de tutelle étrangère, l'Allemagne retrouve sa souveraineté pleine et entière. Elle redevient un État comme les autres. Forte de sa puissance économique et de sa stabilité, elle s'efforce d'aider les autres États, principalement ses voisins de l'est, à acquérir cette stabilité politique. N'ayant plus de visée de puissance ou d'hégémonie, elle promeut les critères environnementaux, les droits de l’homme ou les droits sociaux, [22] elle privilégie la culture d'influence via les investissements économiques dans les PECO dont elle favorise l'intégration. Elle est devenue un des piliers de l'Europe. Des troupes allemandes sont intervenues dans le cadre des missions de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo et en Afghanistan dans le cadre de la mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN, a laquelle la Bundeswehr participe depuis janvier 2002.[23] En 2005, environ 7 000 soldats y étaient stationnés.[24]

Géographie

Carte de l’Allemagne
Carte des reliefs et principales grandes villes de l’Allemagne
La célèbre forêt-noire appelée Schwarzwald
Lever de soleil sur la montagne Ruppberg près de Zella-Mehlis Forêt de Thuringe appelée Thüringer Wald en allemand
Article détaillé : Géographie de l'Allemagne.

L'Allemagne est un État qui ne connaît aucune contrainte naturelle liée au relief ou au climat. Le Nord est occupé par une plaine aux paysages monotones, le centre par des montagnes anciennes d'altitudes peu élevées, le sud par un bassin sédimentaire et par le massif alpin. Ce pays, bordé au Nord-ouest par la mer du Nord et au Nord-est par la mer Baltique, occupe une place centrale dans l'Union européenne par sa situation, sa puissance démographique, industrielle et commerciale. Une grande partie de l'Allemagne occidentale fait partie de l'Europe rhénane, la région la plus dynamique d'Europe et l'une des plus dynamiques du monde.

Territoire

L'Allemagne a connu des changements territoriaux successifs au XXe siècle. La défaite de 1918 a sonné le glas de l'Empire allemand. Le traité de Versailles de 1919 qui règle le sort de l'Allemagne fait passer la superficie de l'Allemagne de 540 848 km2 à 468 776 km2. Celle-ci est amputée de l'Alsace-Lorraine, du Nord de Schleswig et d'Eupen et de Malmedy. De plus, pour permettre à la Pologne d'avoir un accès à la mer, la Prusse-Orientale est séparée du reste de l'Allemagne par le corridor de Dantzig.

Après la défaite de 1945, l'Allemagne est occupée par les vainqueurs. À l'Est, 11 millions d'Allemands sont chassés ou fuient vers l'Ouest. Environ 110 000 km2 à l'Est sont rattachés à la Pologne ou à l'URSS. Une des conséquences de la Guerre froide est la création en 1949 de la RFA à l'Ouest dans les zones d'occupations des occidentaux suivie par celle de la RDA dans la zone occupée par les soviétiques à l'Est. Il y a désormais deux États allemands : la RFA, une démocratie pluraliste et capitaliste et la RDA, une démocratie populaire avec un parti unique au pouvoir, le Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), et une économie calquée sur celle de l'URSS.

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin, construit en 1961, tombe. L'année suivante la RDA est absorbée par la RFA. Les Allemands sont de nouveau réunis dans un seul État, la RFA. Ce nouvel État doit surmonter le coût de la réunification allemande, c'est-à-dire investir pour rattraper le retard économique des Länder de l'Est par rapport à ceux de l'Ouest. Il s'agit de reconnecter les deux territoires coupés par le rideau de fer durant la Guerre froide : le gouvernement a notamment mis en œuvre des chantiers d'infrastructures de transport : le projet « Unité allemande » lancé en 1992, prévoit des travaux jusqu’en 2010[25] pour un montant total de plusieurs dizaines de milliards d’euros. L'effort est porté en particulier sur les autoroutes à numéros pairs, d'orientation est-ouest : par exemple, la Bundesautobahn 4 qui va de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie à la frontière polonaise en passant par la Thuringe. Les canaux sont modernisés ou complétés, comme le Mittellandkanal. L'intégration de l'ex-Allemagne de l'Est à l'Union européenne reste encore inachevée et les inégalités sont toujours présentes.

Population

Article détaillé : Démographie de l'Allemagne.

L’Allemagne est peuplée de 82,4 millions d’habitants dont 7,3 millions d’étrangers[4].

Avec ses 231 habitants par km², l’Allemagne est un des pays les plus densément peuplés d'Europe derrière les Pays-Bas et la Belgique. C'est le pays le plus peuplé de l'Union européenne. L’Ouest reste toutefois plus peuplé que l’Est. En effet, on rencontre d’importantes concentrations urbaines à l’ouest et au sud du pays :

90 % de la population vit en ville. Cependant, il n'existe pas de métropole écrasant l'espace allemand comme le font Londres et Paris pour leur territoire national. Berlin compte actuellement 3,4 millions d'habitants. Il existe aussi une quinzaine de villes qui atteint les 500 000 habitants.

Le taux de natalité de l'Allemagne est l’un des plus faibles du monde (8,25 pour mille) et son accroissement naturel est négatif depuis les années 1980 pour les 11 Länder de l'Ouest. Jusqu'au début des années 1990, les cinq Länder de l'Est avaient un taux de fécondité bien plus élevé qu'à l'Ouest, mais la natalité de l'Est est aujourd'hui aussi faible que celle de l'Ouest. Une des raisons de cette faible fécondité réside dans la difficulté pour les femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle. L'habitude voulait que les mères restent à la maison et n'aient pas recours à une aide extérieure. Pendant longtemps la RFA a été réticente à toute politique incitative qui lui rappelait l'époque nazie ou communiste de la RDA. La coalition CDU-SPD a pris une série de mesures, sous la houlette de la ministre de la famille, des personnes âgées, des femmes et de la jeunesse, Ursula von der Leyen qui bouleverse la politique familiale. En 2007 un salaire parental a été créé. Il vient s'ajouter aux allocations familiales. Le parent qui arrête son travail pendant un an, touche une allocation représentant 67 % du salaire perdu, avec un plafond de 1 800 euros et un minimum de 300 euros[26]. La ministre a décidé la construction de 500 000 places de crèches d'ici à 2013 pour les enfants de 1 à 3 ans. Aujourd'hui, seuls 5 % à 9 % des besoins des Länder de l'Ouest sont couverts. L'aménagement du temps de travail, indispensable au développement de toute politique familiale, commence à entrer dans les négociations collectives.

Actuellement, la population allemande n'augmente que grâce à un solde migratoire positif. Mais on peut constater des disparités de situation. Le solde migratoire est négatif à l'Est. Le taux de chômage y est très élevé. Les Ossis migrent vers l'Ouest à la recherche de meilleures conditions de vie.

Pour résoudre le problème du financement des retraites, les assemblées allemandes ont choisi d'élever l'âge légal du départ à la retraite de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029[27].

L’Allemagne accueille plus de 7,3 millions d’étrangers, parmi lesquels les Turcs forment la plus importante minorité avec deux millions de ressortissants[28], devant les Italiens, Polonais, les Russes et les Grecs. Cette présence turque est parfois cause de frictions, principalement dans les grands centres urbains[réf. nécessaire].

Il existe en Allemagne des minorités linguistiques historiques : les sorabes qui vivent dans les Länder de Saxe et de Brandebourg et les Frisons qui vivent au nord-ouest du Länder de Schleswig-Holstein. Il existe aussi dans cette même région une importante minorité danoise.

Économie

Éolienne en Allemagne

L’Allemagne est la première puissance économique de l'Union européenne. Elle figure au 4e rang mondial depuis 2008 derrière les États-Unis, le Japon, et la Chine[29] mais devant la France et le Royaume-Uni. Elle possède pour cela de nombreux atouts : un marché intérieur important, une population active qualifiée grâce à l'apprentissage professionnel, et un niveau de vie élevé. Les entreprises et les syndicats allemands fonctionnent en cogestion. Le PIB allemand s'élève à 2 907 milliards de dollars (GDP 2006, World Bank). Le commerce extérieur représente un tiers du PNB : avec un volume d’exportations de 734 milliards d’euros (2004). Le principal moteur de ce commerce extérieur est l’industrie, dont le pourcentage dans le total des exportations se situe à quelque 84 % (2004).

L'économie allemande dispose d'un réseau de communication de première qualité : le plus long réseau autoroutier d'Europe, un réseau ferré particulièrement dense et trois axes navigables, le Rhin premier fleuve mondial pour le frêt, la liaison Rhin-Main-Danube et le canal du Mittelland.

L’industrie

Siemens AG centrale à Munich

L’industrie est un secteur économique très important en Allemagne. Environ 33 % de la population active travaillent dans ce secteur. Les principaux secteurs en chiffre d'affaires sont la construction automobile avec 777 000 salariés en 2004, suivie par l’électrotechnique avec 799 000 salariés, la construction mécanique avec 868 000 salariés et l’industrie chimique[30]. À côté des grandes entreprises mondialement connues comme Siemens, ThyssenKrupp AG ou Bayer, les PME/PMI emploient plus de 20 millions de salariés. Dans la construction mécanique, secteur où la RFA détient 19,3 % du marché mondial, la grande majorité des entreprises a moins de 200 salariés. Ces succès sont dus à la réputation de bonne qualité des produits allemands en général. Les entreprises allemandes dépendent peu des banques pour leur financement. Grâce à leurs bons rendements, près de 70 % d'entre elles peuvent couvrir elles-mêmes leurs besoins financiers[31].

Musée Mercedes Benz à Stuttgart

La construction automobile fournit 40 % des exportations allemandes. Un salarié sur sept travaille dans ce secteur. Les grands constructeurs Volkswagen, BMW, Daimler AG, Porsche, Opel, filiale allemande de General Motors font de l’Allemagne le troisième producteur d’automobiles mondial. Environ six millions de voitures sortent chaque année des chaînes de montage allemandes et 4,8 millions de voitures de marque allemande sont produites à l’étranger.

Les autres secteurs

Comme dans toutes les économies développées, le secteur tertiaire est le premier employeur allemand. Près de 28 millions de personnes y travaillent dont 10 millions dans le commerce, l’hôtellerie, la restauration et les transports. Ce secteur est constitué à plus de 40 % de PME/PMI.

L’agriculture est également très importante, contrairement aux idées reçues ; en termes de comparaison, l’Allemagne se situe juste derrière la France en termes de production céréalière mais la devance et occupe ainsi le 1er rang européen en ce qui concerne la production de lait.

Une économie tournée vers l’espace mondial

L’économie allemande est particulièrement orientée vers le marché mondial. Les grands partenaires commerciaux de l’Allemagne sont la France, les États-Unis, l'Italie et la Grande-Bretagne. Mais l’Allemagne qui a retrouvé un rôle de pivot de l’Europe depuis la chute du communisme et la réunification cherche à développer de nouveaux débouchés. Elle a accru sa présence en Europe de l’Est. Depuis le début des années 1990, une partie de la production allemande a été délocalisée vers ces pays et en 2002, 830 000 personnes travaillaient pour des entreprises allemandes dans les anciens pays communistes en 2001, contre presque aucune avant 1990. L’Allemagne a aussi absorbé des entreprises locales comme Volkswagen qui a racheté le constructeur tchèque Skoda[32]. Au total, plus de 10 % des exportations allemandes se font vers ces pays, soit autant que vers les États-Unis.

L’Allemagne a connu pendant dix ans des difficultés. La concurrence internationale est importante et les entreprises doivent se moderniser rapidement ou délocaliser, sous peine de faillite. L’Ouest du pays est le plus dynamique, tandis qu’à l’Est (ancienne RDA), de nombreuses entreprises ont dû fermer, ce qui a provoqué une forte hausse du chômage et un exode d'Est vers Ouest. Celui-ci s'établit à 6,2 % en novembre 2008 selon l'OIT[33].

Cependant, en 2006, le PIB a crû de 2,9 %, après plusieurs années de stagnation[34]. Les entreprises profitent d'une compétitivité regagnée depuis dix ans à force de restructurations et de modération salariale. Depuis 2006 la production augmente chaque année, les carnets de commande restent remplis[35].

Les pays émergents constituent un défi de taille pour l’Allemagne. L’importance des relations économiques avec la Chine ou l’Inde ne cesse donc de croître. La balance commerciale est fortement déficitaire : 32 milliards d’importations chinoises contre 21 milliards d’exportations vers ce pays en 2004. Les échanges avec l’Inde sont plus modestes. L’Allemagne doit relever le défi de la compétitivité face à des pays où le coût de la main d’œuvre est très faible. L'Allemagne mise peu sur le faible prix de ses produits pour exporter, mais beaucoup plus sur leur qualité ou leur spécificité. On achète les produits allemands non pas parce qu'ils sont bon marché, mais parce qu'ils sont de bonne qualité, ou parce qu'on a besoin d'un produit que seuls les allemands fabriquent.

Les régions allemandes

La réunification de 1990 a changé l'organisation de l'espace allemand. L'espace rhénan reste cependant le cœur de l’Allemagne et l'axe le plus fréquenté, aussi bien sur le plan économique que sur le plan démographique malgré la nécessaire mutation de la Ruhr. Francfort et la conurbation de Région Rhin-Main continue de jouer son rôle de capitale financière du pays.

Bavière

Depuis le début des années 1960, les régions du sud, le Bade-Wurtemberg et la Bavière sont des espaces attractifs. Ce sont des régions aussi bien industrielles (technologies de pointe, complexes militaro-industriels) que touristiques. Le solde migratoire régional est fortement positif.

Depuis la réunification, le centre et le Nord jouissent d'une position privilégiée. Ils sont devenus le nouveau centre géographique de l'Allemagne. Les ports d'Hambourg et de Brême disposent de l'Hinterland de l'ancienne DDR RDA dont ils étaient privés jusqu'en 1990. Ces ports permettent au Land de Basse-Saxe d'occuper une place majeure dans l'espace mondialisé.

Les cinq Länder de l'Est constituent une périphérie en reconstruction. Le passage d'une économie socialiste à une économie de marché a entraîné la fermeture de nombreuses usines vétustes et peu concurrentielles, le développement de friches industrielles, des migrations régionales vers les Länder de l'Ouest et une forte augmentation du chômage. Le taux de chômage était, fin 2006, de 16, 4 %[36] alors qu'il est de 10,1% pour l'ensemble de l'Allemagne. Ceci est dû à une faible compétitivité qui persiste depuis plus de 15 ans, malgré les investissements consentis par le gouvernement fédéral. Cette situation a abouti à un "désamour" entre les Allemands de l'Ouest "Wessies" et les Allemands de l'Est "Ossies", les uns trouvant qu'ils ont payé trop cher l'union, les autres se sentant oubliés par les plus nantis et regrettant l'époque de la RDA. Ce dernier phénomène a été appelé Ostalgie par les journalistes. Cependant, les autorités misent sur les nouveaux élargissements de l'Union européenne à l'Est pour dynamiser l'économie des cinq Länder de l'Est.

Chiffres divers

Lignes de téléphone : 150,3 millions (environ 2009)
Téléphones portables : 81 millions (en 2006)
Postes de radio : 70,8 millions (en 2009)
Postes de télévision : 78,4 millions (en 2009)
Utilisateurs d’Internet : 52 millions (en 2008)
Nombre de fournisseurs d’accès Internet : 200 (en 2001)
Routes : 231 000 km (en 2005)
Voies ferrées : 47 000 km (en 2005)
Voies navigables : 7 500 km
Nombre d’aéroports : 555(en 2008)

Notes et références

  1. Statistische Ämter des Bundes und der Länder , chiffres pour novembre 2008. Consulté le 5 aout 2009
  2. PIB nominal, d'après le Fonds Monétaire International (FMI).
  3. Selon le découpage de l'Europe par l'ONU. D'autres découpages placent l'Allemagne en Europe centrale.
  4. a , b  et c L’office fédéral de statistiques: Aire et population, novembre 2007
  5. « La Chine est la troisième puissance économique mondiale », Le Monde, 19 juillet 2007. Consulté 2009-09-26.
  6. en 2006, 1112 milliards de dollars américains, soient 9,2% du total; sources : OMC, Statistiques du commerce international 2007, p. 12, rapport en ligne
  7. L’Allemagne a conservé en 2007 son rang de premier exportateur mondial, Les Échos, 18 février 2008
  8. en 2006, 908,6 milliards de dollars américains, soient 7,3% du total; sources : OMC, Statistiques du commerce international 2007, p. 12, rapport en ligne
  9. L'adjectif allemand alemannisch désigne aujourd'hui trois branches de l'allemand supérieur : le souabe, l'alsacien et le suisse alémanique
  10. Université de Laval : Données démolinguistiques sur l'Allemagne
  11. Georges Castellan, « Drang nach Osten », l'expansion germanique en Europe centrale et orientale, clio.fr, [1]
  12. a  et b Les dialectes ne s'écrivent pas pour la communication mais uniquement pour noter phonétiquement la culture régionale (théâtre, chansons et poèmes)
  13. Christen in Deutschland 2005
  14. http://www.ekd.de/download/kimi_2004.pdf
  15. Daniel Vernet, « Un fédéralisme paralysant », Le Monde, 15 mars 2005
  16. Antoine Jacob, « Allemagne : la réforme du fédéralisme renforce les compétences des Länder », Le Monde, 12 mars 2006
  17. L'office fédéral de statistiques : Aire et population, 31 décembre 2005
  18. L'office fédéral de statistiques
  19. Hans-Peter Schwartz, Die gezähmten Deutschen. Von der Machtbesessenheit zur Machtvergessenheit, Stuttgart, DVA, 1985.
  20. Philip H. Gordon, « La normalisation de la politique étrangère de l’Allemagne », Politique étrangère, 2/1994, pp. 497-516 et Paul Letourneau, « La politique étrangère allemande : style nouveau et fidélité au multilatéralisme », Revue d’Allemagne, 2/1999, pp. 333-345.
  21. P. Jardin/A. Kimmel, Les Relations franco-allemandes depuis 1963, La Documentation française (coll. Retour aux textes), Paris, 2001
  22. Barry Buzan, People, States and Fear, Hemel-Hempstead, Harvester, 1991 ; Ole Waever, « Societal Security : the Concept », in Ole Waever, Barry Buzan, Morten Kelstrup, Pierre Lemaitre (dir.), Identity, Migration and the New Agenda in Europe, Londres, Pinter, 1993, pp. 17-40.
  23. L'Allemagne n'envisage pas un retrait d'Afghanistan, où trois de ses soldats ont été tués samedi, Le Monde, 20 février 2005
  24. L'Allemagne souhaite désormais ouvertement redéfinir les relations avec les États-Unis, Le Monde, 19 février 2005
  25. Claude Mangin, L’Allemagne, Berlin, Paris, 2003, (ISBN 2701132290), p.20
  26. Daniel Vernet, « La nouvelle famille allemande », Le Monde, 2 janvier 2008
  27. « Les Allemands passent progressivement à la retraite à 67 ans », dans Le Monde du 30/03/2007, [lire en ligne]
  28. Sous la direction de J-L Matthieu; Géographie 1re, Nathan
  29. La Chine est la troisième puissance économique mondiale.[2] Le Monde
  30. Allemagne – Faits et réalités
  31. Marie de Vergès, Embellie confirmée pour l'économie allemande, mais ce renouveau peut-il durer ~, Le Monde, 29 mai 2008?
  32. Sous la direction de J-L Matthieu; Géographie 1re, Nathan
  33. [pdf] (en) Unemployment (aggregate level and rate) Dec 2008, 2008, Organisation internationale du travail. Consulté le 22-01-2009
  34. Alain Faujas et Marie de Vergès, Le ralentissement économique se confirme en Europe, Le Monde, 27 octobre 2007
  35. Des situations très contrastées chez les Vingt-Sept, Le Monde, 16 mai 2008
  36. Le Monde du 17.10.06

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Bibliographie

  • Divers articles de l'Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007.
  • Serge Berstein et Pierre Milza, Histoire du XXe s, , Hatier, 1984.
  • (de) Alexander Demandt, Über die Deutschen. Eine kleine Kulturgeschichte, Propyläen Verlag, Berlin 2007, (ISBN 9783549072943)
  • Alfred Grosser, L'Allemagne en Occident, Hachette, Pluriel, 1987.
  • Alfred Grosser, L'Allemagne de notre temps, Livre de Poche, 1978.
  • Jean Heffer, William Serman, Des révolutions aux impérialismes, Hachette-Histoire, 1973.
  • Anne-Marie Le Gloannec, Allemagne, peuple et culture, La Découverte Poche, 2005 (ISBN 9782707145482)
  • Jean-François Noël, Histoire du peuple allemand des origines à la paix de Westphalie, PUF, 1975.
  • Jacques Le Rider, L'Allemagne au temps du réalisme, de l'espoir et du désenchantement, Albin Michel, 2008.
  • Jacques Le Rider, La Mitteleuropa, PUF, Que sais-je ? n° 2846, 1994, deuxième édition revue, 1996, traductions allemande, espagnole, italienne, croate, japonaise et roumaine.
  • Francis Rapp, Le Saint-Empire romain germanique, d’Othon le Grand à Charles Quint, Point Histoire, Seuil, 2003, (ISBN 2020555271)
  • Joseph Rovan, Histoire de l'Allemagne des origines à aujourd'hui, Paris, Le Seuil, 1995.

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