Communisme
Karl Marx, théoricien du communisme.

Le communisme est un courant de pensée de philosophie politique qui prône l'instauration d'une société sans classes, ainsi qu'une organisation sociale sans État, basée sur l'abolition de la propriété privée des moyens de production et d'échange et fondée sur leur mise en commun (propriété commune).

D'un point de vue politique, le communisme est un courant du socialisme, et s'inspire majoritairement des théories politiques, économiques et sociales exposées par Karl Marx et Friedrich Engels (par exemple dans le Manifeste du Parti communiste de 1848). Cette alternative au capitalisme y est décrite comme « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous »[L1 1].

Le communisme désigne une variété de mouvements qui affirment chercher à établir une telle société. Parmi les communistes, on trouve une considérable variété d'interprétations, principalement portées par les courants marxistes, mais aussi anarchistes, et de façon marginale chrétiens. La première division s'est opérée entre anarchisme et marxisme au sein de l'Association internationale des travailleurs (Première Internationale).

Vladimir Ilitch Lénine, chef du premier gouvernement à s'être, dans l'histoire, réclamé du communisme.

D'un point de vue historique, les régimes dits socialistes se sont rapidement transformés en dictatures, avec la suppression des libertés individuelles, comme en URSS par exemple. De ce fait, le communisme, idéologie déjà combattue à partir du XIXe siècle par les partisans de la propriété privée et de l'économie de marché, est l'objet d'âpres débats pour savoir si le bilan effroyable du « communisme appliqué » est la conséquence de certains de ses principes fondamentaux (position anti-communiste) ou s'il est l'œuvre de régimes politiques qui n'avaient de communistes que le nom (position communiste, soutenue par divers historiens majeurs du communisme[1]). Quoi qu'il en soit, la société communiste telle que Marx l'avait imaginée, n’a jamais été réalisée et demeure théorique. Dès lors, le mot « communisme » désigne des réalités différentes selon les personnes qui l’utilisent, et son emploi rend nécessaire la distinction entre « idéaux communistes » et « régimes communistes ».

Le concept de communisme est donc l'objet de divergences sémantiques, selon deux axes qui interfèrent :

  • débat « interne », entre communistes revendiqués (qui peuvent s'opposer politiquement et théoriquement), où divers courants s'attribuent le terme parfois à l'exclusion des autres ;
  • débat « externe », entre anticommunistes et communistes : les premiers rendent responsable l'idéologie communiste des désastres humains, sociaux et environnementaux, ou des crimes de masse commis ou provoqués par les régimes communistes ; les seconds répondent que ces crimes ne sont pas dus aux idées communistes mais à des dérives[n 1] et considèrent que ces régimes n'étaient pas communistes : pour eux, le communisme reste un projet de société qui n'a pas encore été réalisé. Ils mettent ces crimes et désastres écologiques sur le fait du totalitarisme, du productivisme ou bien encore pour une partie d'entre eux sur le stalinisme et ses dérivés.

Sommaire

Origine et emplois du terme

Formation du terme

Le terme « communisme » vient du latin communis formé du préfixe com- signifiant « avec » et d'une racine dérivée du substantif munus renvoyant au « devoir », à l'« office », à l'« emploi » mais pouvant aussi signifier la « fonction » ou la « tâche ». Ce substantif est lui-même issu d'une racine indo-européenne mei signifiant « changer », « aller », « échanger » et dont les dérivés (monnaie, municipalité, immunité, etc.) se réfèrent aux échanges de biens et services dans une société selon les lois et les règles établies. À cette racine préfixée s'adjoint le suffixe « -isme » désignant une « doctrine »[2].

Le mot « communisme » daterait de 1850, selon le dictionnaire Le Robert mais Sainte Beuve l'emploie dès 1840 et le définit comme un « socialisme préconisant la suppression de la propriété privée »[2]. Le terme fait notamment suite au mot « Commune » employé par les socialistes utopiques.

Acception du terme

L'usage courant du terme communisme s'identifie depuis plus d'un siècle (de la fin du XIXe siècle) avec le mouvement marxiste. Cependant, le terme « communisme » désigne un projet de société défendu par plusieurs courants du socialisme, y compris des socialistes utopiques, des anarchistes, et des divers courants du marxisme, léninistes ou non.

Emplois

Communisme et collectivisme

Le communisme est souvent assimilé au mouvement marxiste. Cependant, le marxisme n'est que l'une des composantes du communisme, tout comme l'anarchisme. Selon Jules Guesde, les marxistes se posent en« double qualité de communiste – comme but – et de collectiviste – comme moyen – »[3].

Ces derniers se font appeler les collectivistes. En effet, dans son sens ancien, le communisme prescrivait la mise en commun de tous les biens. C'est par « collectivisme » qu'on désignait les doctrines de mise en commun des seuls moyens de production.

Cependant, « Le collectivisme ne se distingue pas du communisme scientifique, tel qu'il est sorti de la critique maîtresse de Karl Marx. Si cette appellation a prévalu en France, c’est que, pour les besoins de notre propagande, il y avait lieu de nous distinguer des divers systèmes communistes qui, forgés de toutes pièces par des hommes de plus ou moins de bonne volonté ou de génie, versaient tous dans l’utopie.  »[4] d'après Jules Guesde.

Ainsi, peu après la Commune de Paris en 1871, certains marxistes se sont désignés comme « collectivistes » et la majorité des anarchistes comme « communistes », du fait que le premier courant voulait utiliser un État dirigé par les travailleurs et la collectivisation comme outil de transition, au contraire du second qui voulait utiliser directement des moyens libres et autonomes pour atteindre le but recherché[5].

Cependant, selon le français Paul Lafargue le terme de « Collectivisme est un mauvais synonyme belge pour communisme. Le communisme a un passé historique et a eu pour représentants au début du siècle Owen et Fourier. En 1847, Marx et Engels ont publié le Manifeste communiste, document incomparable au XIXe siècle... Enfin, le mot ne fait en rien l'affaire si nous propageons les idées du communisme. »[6]

Communisme et régimes de type soviéto-chinois

Les régimes politiques qui étaient en place dans l'Union soviétique, dans le « bloc de l'Est », en Chine et ailleurs en Asie sont souvent désignés aujourd'hui sous le nom de « régimes communistes ». En URSS, on désigne du nom de « communiste » les membres du parti et seulement eux[7]. La qualification « communiste » de ces régimes est contestée depuis le début (dès les années 1917-1922), en particulier par des communistes non-soviétiques ou sympathisants, des socialistes et des théoriciens s'inspirant de Marx[n 2] et qualifiés par le régime soviétique de « déviationnistes ». Certains adversaires du communisme considèrent en revanche que la nature autoritaire ou totalitaire de ces régimes découle logiquement des aspects « révolutionnaires » l'idéologie communiste, qui légitiment par les aspirations du prolétariat l'usage de la « violence de classe ». Des marxistes et des anarchistes ont très tôt analysé les régimes de type soviéto-chinois comme « capitalistes d'État »: c'est le cas, entre autres de la gauche communiste. Les trotskistes par exemple estiment qu'il s'agit d'une « monstrueuse dégénérescence de l'État ouvrier » issu de la Révolution russe. Mais la majorité des communistes du milieu du XXe siècle (dits « orthodoxes » par les média, et « staliniens » par leurs adversaires marxistes) reconnurent longtemps les « régimes communistes » comme la concrétisation plus ou moins correcte de leurs idées.

Les dirigeants de ces « régimes communistes » les déclaraient « socialistes » et utilisaient, pour s'auto-désigner, le terme de « démocratie populaire ». Ces termes furent le plus communément utilisés par ces dirigeants et par les partis communistes « orthodoxes ». Ce « socialisme » où était pratiquée une planification économique fut défini par des théoriciens léninistes comme l'étape préliminaire et nécessaire vers le communisme, la société idéale sans classes ni propriété. Ce type de régime fut appelé aussi au départ « dictature du prolétariat », terme abandonné vers 1936 pour le « socialisme triomphant » et ensuite, vers les années 1970, pour le « socialisme développé ».

Une société communiste se définit au plan théorique comme une société sans classes, sans salariat et sans État. L'URSS, ses républiques composites et satellites et tous les pays socialistes n’ont jamais réalisé l'idéal communiste, même selon leur propre idéologie : ils se disaient « en route vers » le communisme.

Symboles du communisme

La faucille et le marteau, l'un des symboles les plus familiers du communisme, représente l'union entre les travailleurs agricoles et industriels par la jonction entre le marteau du prolétariat ouvrier, et la faucille des paysans[n 3].
Un autre des symboles du communisme, l'étoile rouge, représente les cinq continents et la révolution prolétarienne.

Postulats du communisme

Économique

Le Capital dans sa version allemande, analyse communiste du capitalisme par Karl Marx.
Article détaillé : Le Capital.

Culturels

Selon Karl Marx, tout mode de production engendre, pour se pérenniser, une « superstructure ». Ainsi, la superstructure capitaliste inclut le Droit (par exemple le droit à la propriété privée), les valeurs (le mérite, la compétition...), etc., qui légitiment le modèle de production en place.

Politique

La société communiste

D'un point de vue politique et philosophique, la société égalitaire a été définie pour la première fois par Platon dans son œuvre La République où l'homme participait lui-même à la vie politique, bien qu'il n'ait pas parlé de communisme à proprement dit, il fonde sa théorie sur une communauté, où l'on retrouve la même racine étymologique[8].

Sur le plan des idées, Karl Marx avance qu'elle doit aussi être une société où les moyens de production appartiennent à la collectivité pour subvenir aux besoins de chacun. Ce projet de société est commun à la plupart des mouvements socialistes, ainsi qu'en particulier aux différents courants marxistes et anarchistes.

Plus précisément, la société communiste est caractérisée, sur le plan économique et social, par les principaux points suivants[n 4]:

  • Selon le principe « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », les rapports économiques ne sont pas réglés par un principe d'échange intéressé de marchandises, mais collectivement organisés en vue de satisfaire les besoins. Le flux de biens n'a pas besoin d'être réciproque, il est donc basé sur la gratuité. Il n'y a ni commerce, ni argent, ni tout autre rapport marchand (chacun ayant tous ses besoins couverts par le mode de productioncommuniste, il n'y a plus d'« échange » à proprement parler). La propriété privée est, sinon abolie, du moins très limitée, de sorte que la notion de « don » perd également de sa pertinence.
  • Les moyens de production (usines, terres agricoles, fermes d'élevage, moyens de transport, distribution, etc.) sont mis en commun, avec comme but de répondre aux besoins de chacun, et gérés par la population travailleuse elle-même. Ainsi, les « gaspillages » dus à la concurrence et au « contrôle d'une minorité sur la production » ne seraient plus possible[réf. nécessaire].
  • La société ne serait plus divisée en classes sociales et ne serait pas dirigée par un État (sans force de coercition au service d'une classe). Le communisme admet que tous ne sont pas aussi productifs pour tout, et qu'il doit attendre une production « de chacun selon ses capacités », mais il considère que chacun peut généralement à son gré se livrer aux occupations de son choix, qu'on peut abolir la division sociale du travail sans mettre en péril la production et donc la disponibilité des biens (vision qu'on retrouve dans la théorie, plus récente, de la société postindustrielle évoquée par Herman Kahn), et supprimer toute force coercitive, comme la police ou l'armée, et plus généralement fonctionner sans État. Il admet que certaines tâches et fonctions sont plus désagréables ou agréables que d'autres, et compte sur la démocratie directe pour juguler les conflits, notamment ceux relatifs à la production.

Des difficultés théoriques et pratiques peuvent se poser pour l'instauration du communisme:

  • Côté théorique, il faut définir les « besoins » vers lesquels il faut orienter l'appareil de production. Tout le monde n'a pas les mêmes priorités. La réalisation du principe « à chacun selon ses besoins » implique que chaque individu définisse ses propres besoins, et non un système ou un appareil qui le fasse à sa place; une solution serait d'organiser le recensement des besoins des individus au niveau communal ou des conseils ouvriers, pour conséquemment produire le nécessaire afin de répondre à ces besoins recensés, mais cela suppose une décentralisation du pouvoir décisionnel. On rétablit ainsi une sorte de loi de l'offre et de la demande puisque quoi qu'il advienne, si la société ne produit pas « naturellement » les besoins recensés, on lui demandera un effort de production. Mais si on les recense c'est que les besoins ne sont pas évidents, et sont donc nouveaux, il y a donc une sorte d'intermédiaire.
  • Également au niveau théorique, le recours à la planification part du présupposé que l'organisation de la production selon des bases rationnelles par des autorités planificatrices permettra d'atteindre le niveau de production pouvant satisfaire les besoins de chacun.
  • Côté pratique, se pose la question du risque de voir un groupe s'auto-définir comme « l'avant-garde du prolétariat » et se constituer en classe privilégiée centralisant tous les pouvoirs.

Philosophie

Les voies de réalisation du communisme

Si le projet de société communiste peut rassembler autour de lui des courants politiques socialistes très divers (socialistes utopiques, marxistes, anarchistes), c'est essentiellement sur les moyens d'y parvenir que les avis divergent.

Compte tenu de l'ampleur de la transformation à réaliser et des capacités de résistance de la société capitaliste, l'idée de la nécessité d'une période révolutionnaire s'est imposée dans la plupart des courants marxistes et anarchistes, mais généralement pas chez les socialistes utopiques.

Les socialistes utopiques prônent le développement d'une contre-société socialiste parallèle à la société capitaliste, sans appel à la révolution ; voire d'action de l'État. La réussite du socialisme repose donc sur l'effet d'entraînement que la réussite des premières communautés « modèles » doit provoquer.

Les anarchistes (et le courant marxiste anti-étatique, minoritaire au sein du marxisme) prônent les moyens autogestionnaires et révolutionnaires d'appropriation des moyens de production, réalisant le communisme immédiatement, sans phase transitoire.

Des anarchistes appelleront les associations de travailleurs à se fédérer de manière autonome. Errico Malatesta développe dans le gradualisme révolutionnaire la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier, afin d'éviter toute avant-garde éclairée, ou de futurs gouvernements « ouvriers ». L'entraide (pour réaliser les moyens à l'émancipation sociale) et la lutte révolutionnaire directe (pour se libérer de l'exploiteur et de ses soutiens) afin de mener à des conditions favorables à la réalisation du communisme. Le communisme est considéré par les anarchistes, selon la situation, comme une économie réalisable aussitôt la révolution entreprise; des auteurs comme Pierre Kropotkine exposeront des possibilités d'économies communistes, dont la prise au tas, organisée de manière communale.

Certains courants se revendiquant du marxisme prônent une révolution et une évolution en deux phases : une phase de transition sous la direction du parti et de l'État, le « socialisme » (ce que Marx n'a jamais préconisé), partant et étendant les « 10 points » du Manifeste du Parti communiste de Karl Marx (points qu'il avait lui-même désavoué[9]), puis la disparition progressive de cet état au profit de la société communiste.

Dans la théorie marxiste, le communisme est l'aboutissement de l'évolution des sociétés humaines de la commune primitive à l'esclavagisme, de l'esclavagisme au féodalisme, du féodalisme au capitalisme, du capitalisme au socialisme ou communisme (où il n'y a plus ni propriété privée, ni classes sociales). Celui-ci ne pourrait alors en fin de processus qu'embrasser l'humanité entière.

Compte tenu de sa place centrale dans l'organisation des mouvements ouvriers, le courant marxisme a donné lieu à plusieurs interprétations différentes des moyens d'aboutir au communisme :

Trotski à gauche, Lénine au milieu et Kamenev à droite, au congrès du parti bolchevik en 1919.
  • Le léninisme (incluant le trotskisme), partant de l'idée de Karl Marx que l'État est une machine au service de la classe dominante, conçoit le passage de la société capitaliste à la société communiste comme la destruction de l'appareil d'État de la bourgeoisie dans une révolution mobilisant de larges couches de la population et emmenée par la classe ouvrière, et de la construction d'un État ouvrier, au service de la majorité de la population. Cet État doit s'approprier les grands moyens de production et organiser l'activité économique en vue de la satisfaction des besoins de la population. Cette période historique, appelée dictature du prolétariat, doit être, selon le mot de Lénine, « un million de fois plus démocratique que n'importe quelle démocratie bourgeoise[10] ». Cette période de transition doit conduire à la constitution d'une société sans classes, dans laquelle l'État sera amené à disparaître, à « s'éteindre » (Engels), afin de conduire au communisme.
  • Le réformisme (Eduard Bernstein) s'est développé au sein du mouvement ouvrier marxiste avec la croissance et les succès des premiers grands partis ouvriers, à la fin du XIXe siècle. Les réformistes suggéraient la possibilité d'un passage à une société communiste sans recourir à une confrontation violente, par l'acquisition de positions institutionnelles et les nationalisations de pans vitaux de l'économie (transports, énergie…). Ce réformisme n'a rien à voir avec l'acception actuelle du mot, qui qualifie aujourd'hui des courants visant à « améliorer » le capitalisme, et non à le supprimer.
  • D'autres courants léninistes, comme les maoïstes, envisagent la prise du pouvoir comme résultant d'une guerre populaire prolongée.

Selon Marx, la Commune de Paris, malgré toutes les imperfections qu'elle comportait, a été l'expérience historique la plus proche du communisme, par la mise en place d'un début de démocratie véritable[L3 1][réf. insuffisante].

Les idées connexes du communisme

On doit également citer des valeurs ou idées inventées ou reprises à son compte par le communisme :

Philosophies proche du communisme

Le nihilisme est souvent comparé au communisme, certaines valeurs sont communes parmi les conceptions communistes, dans L'Internationale la valeur de « la table rase » est prônée, néanmoins, certaines critiques[11] et certains auteurs comme Leo Strauss[12],[13] expriment que le nihilisme n'est pas communisme.

Théories partant du marxisme

Marxisme

Article détaillé : Marxisme.

On désigne parmi les premiers « marxistes » en France les Guesdistes comme Jules Guesde et Paul Lafargue qui ne se sont jamais d'ailleurs revendiqués comme marxistes; contrairement et probablement aux Broussistes dans les années 1870 et à certains Hégéliens dans les années 1890 et « autres amis de ce genre » dont Marx a dit : « je ne suis pas marxiste. »[n 5].

Marx critiqua ainsi les visions encore utopique de ces mouvements dont leur sentiment vont historiquement en France au socialiste Pierre-Joseph Proudhon et au révolutionnaire Louis Auguste Blanqui même parmi les Guesdistes (« marxistes français »). Par ailleurs, vers la fin de sa vie, n'a-t-il pas dit de ses gendres que Longuet était le dernier des proudhoniens et de Lafargue le dernier des bakouninistes ? De plus, les guesdistes, trop enthousiastes de cette nouvelle pensée, prévoient contrairement à Karl Marx une victoire rapide et facile contre les méfaits du capitalisme. Ainsi, pour les autres socialistes, les guesdistes font preuve de messianisme parce qu'ils citent constamment Marx soit d'une manière trop simpliste, soit comme un prêtre citant la Bible.

Cependant, dans son Introduction au texte de Marx sur la Commune de Paris, Engels écrit que la Commune a sonné le glas des écoles proudhoniennes et du blanquisme puisque ses élus, majoritaires, ont fait le contraire de leur pensée, c'est-à-dire essayer de construire selon Marx le Communisme, et qu'à partir de 1891, « c'est maintenant la théorie de Marx qui y règne chez les « possibilistes » non moins que chez les « marxistes ». Ce n'est que chez les bourgeois « radicaux » qu'on trouve encore des proudhoniens. ».

En 1896, Wilhelm Liebknecht dit dans ses Souvenirs sur Marx : « Il n'y avait alors au sein de la classe ouvrière elle-même qu'une infime minorité qui se fût haussée jusqu'au socialisme; et parmi les socialistes eux-mêmes, les socialistes dans l'esprit scientifique de Marx—dans l'esprit du manifeste communiste—n'étaient qu'une minorité. Le gros des ouvriers, dans la mesure où ils s'étaient éveillés à la vie politique en général, étaient encore plongés dans la brume des aspirations et des formules démocratiques sentimentales qui caractérisaient le mouvement de 1848 aussi que ses levers et baissers de rideau. ».

Léninisme

Article détaillé : Léninisme.

Stalinisme

Article détaillé : Stalinisme.
Propagande du « petit père des peuples ».

Le stalinisme désigne avant tout la pratique totalitaire du pouvoir de Joseph Staline en URSS de 1929 à 1953. Staline est Secrétaire Général du Parti communiste de l'Union soviétique dès 1922, mais il faut attendre 1929 pour qu'il dispose d'un pouvoir absolu sur les affaires soviétiques. Le stalinisme est défini par une bureaucratie et une centralisation de l'État, une propagande incessante à la gloire du chef, des violations massives des droits de l'Homme, une terreur politique et des exécutions de grande ampleur, une surveillance étroite de la population par la police politique, et le développement autoritaire de l'économie du pays, notamment de l'industrie lourde, via la planification.

À la mort de Staline en 1953, l'URSS est une superpuissance et dispose de l'arme nucléaire, mais cette puissance ne s'est acquise qu'à un coût humain terrifiant : entre 20 et 40 millions de personnes ont été tuées par le régime durant son règne[14].

Un des concepts-clé du stalinisme est le « socialisme dans un seul pays » : il ne s'agit plus de se lancer dans une révolution mondiale, mais - selon la propagande officielle - de consolider le socialisme à l'intérieur même de l'URSS.

Maoïsme
Article détaillé : Maoïsme.

Trotskisme

Article détaillé : Trotskisme.

Le trotskisme désigne davantage une idéologie qu'une pratique du pouvoir. Léon Trotski est l'un des principaux acteurs de la révolution russe ; il se réclame de Lénine, comme Staline, mais est opposé à ce dernier.

Aujourd'hui, le trotskisme est l'idéologie dont se réclament généralement les partis d'extrême gauche en France[15],[16] ; ils rejettent en effet l'héritage des régimes de l'URSS, la Chine ou encore de la Corée du Nord[15].

Titisme

Article détaillé : Titisme.

Le titisme (dérivée de l'idéologie et la pratique politique de Josip Broz, dit « Tito ») est l'idéologie communiste présente[réf. nécessaire] dans la République fédérative socialiste de Yougoslavie de 1945 à sa dissolution, en 1992, alors que le pays est dirigé autoritairement par la Ligue des communistes de Yougoslavie.

Le titisme est connu pour être une alternative au stalinisme, puisque la Yougoslavie de Tito a rompu avec l'URSS en 1948. Il n'en est pas moins que la Yougoslavie titiste est une dictature, où se mêlent propagande au profit de Tito[17] et réduction des libertés individuelles.

Tito est le premier chef d'État à voir défendu une « voie nationale » dans la construction du socialisme[réf. nécessaire]. Il sera parmi les fondateurs du mouvement des non-alignés, qui proclament leur neutralité dans l'affrontement (principalement idéologique) qui oppose l'URSS et les États-Unis.

Eurocommunisme

Article détaillé : Eurocommunisme.

Communisme de conseils

Article détaillé : Communisme de conseils.

Luxembourgisme

Article détaillé : Luxembourgisme.

Autres théories

Anticapitalisme

Le mouvement politique anticapitaliste naît dans les années 1840. Porté par une classe ouvrière démographiquement croissante et pauvre, il se développe plus tard au sein de l'AIT, dont il est l'un des principaux courants. Au lendemain de la répression de la Commune de Paris en 1871, c'est la scission entre marxistes et anarchistes autour de la question de la méthode pour éliminer la propriété individuelle caractéristique du capitalisme : les marxistes estiment nécessaire une période de transition avec collectivisation des propriétés, sous le contrôle d'État « socialiste » devant dépérir progressivement, alors que les anarchistes prônent une abolition directe de la propriété, tout en organisant la fédération économique des moyens de production et de consommation. Le mouvement communiste est donc composé à l'origine de deux branches politiques principales : anarchistes communistes et marxistes.

Anarchisme

L'un des symboles de l'anarchisme.

Cependant, même après la perte d'influence du proudhonisme et la diffusion du marxisme par Guesde et Lafargue dans le prolétariat, c'est le sentiment anarchiste par « l'action directe » et la Propagande par le fait qui prédomine[réf. nécessaire]. Les événements de Fourmies en 1891 exaltés par l'anarchiste Renard, les lois scélérates en 1893, la formation de la CGT en 1895 (dominée par des syndicalistes révolutionnaires) l'attesteraient[réf. nécessaire].

Anarcho-communisme

Article détaillé : Anarcho-communisme.

Communisme chrétien

Le communisme chrétien est une forme de communisme, qui existait à l'époque des Apôtres, selon les Actes des Apôtres[réf. nécessaire]. Le curé Jean Meslier, et Wilhelm Weitling, sont les représentants du communisme chrétien de leur époque[réf. nécessaire].

Dans les Actes des Apôtres 2, 43-46 : « Tous les croyants sont unis et ils mettent en commun tout ce qu’ils ont. Ils vendent leurs propriétés et leurs objets de valeur, ils partagent l’argent entre tous, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. Chaque jour, d’un seul cœur, ils se réunissent fidèlement dans le temple. Ils partagent le pain dans leurs maisons, ils mangent leur nourriture avec joie et avec un cœur simple ».

Dans Actes des Apôtres 4, 32-37 : « Personne ne dit : « Cela, c’est à moi ! », mais ils mettent tout en commun. [...] Parmi eux, personne ne manque de rien. En effet, tous ceux qui ont des champs ou des maisons les vendent, ils apportent l’argent de ce qu’ils ont vendu et ils le donnent aux apôtres. Ensuite, on distribue l’argent, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. Il y a ainsi un certain Joseph, un lévite né à Chypre. Les apôtres l’appellent Barnabas, ce qui veut dire « l’homme qui encourage ». Il a un champ, il le vend, il apporte l’argent et le donne aux apôtres ».

Le communisme dans l'histoire

L'origine du communisme n'est pas exacte, et ne peut être situé dans le temps. Selon la thèse de Karl Popper dans son livre La Société ouverte et ses ennemis, le communisme dans sa forme d'idéal social, serait à l'origine de Platon et de son livre La République, car il est exposé de vivre dans une société où la propriété privée appartient à la Cité, donc à la communauté[18]. Il existe aussi d'autres théories selon lesquelles le communisme primitif développé par Karl Marx, Friedrich Engels et Lewis Henry Morgan, serait une forme de communisme naturelle.

Le communisme dans le monde

En Amérique

Articles détaillés : Cuba et États-Unis.

En Asie

L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques fut le premier pays du monde à être dirigé par un gouvernement dont les membres appartiennent à un parti communiste, après la révolution russe de 1917. Le pays se déclare « socialiste », c'est-à-dire « en route vers le communisme ». L'URSS va monter en puissance sous Staline (aussi bien sur le plan économique avec l'industrialisation du pays, que politiquement et militairement), et sortir victorieuse de la Seconde Guerre mondiale, bien que terriblement affaiblie par le conflit. Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'URSS sera considérée comme une superpuissance, étant la seule rivale idéologique, économique et militaire des États-Unis durant la guerre froide.

En Chine continentale, après la seconde guerre mondiale, les communistes et les nationalistes, qui s'étaient unis pour combattre le Japon, recommencent à s'affronter pour la domination du pays. Cette guerre civile chinoise se termine par la victoire des communistes, qui instaurent la « République populaire de Chine » en 1949. Les nationalistes, dirigés par Tchang Kaï-chek, se réfugient à Taïwan et installent la République de Chine, un régime d'abord autoritaire, qui va s'adoucir au fil des années.

En Europe

En France, en décembre 1920, la Section française de l'Internationale communiste est créée à la scission de la SFIO par le congrès de Tours, rebaptisée en Parti communiste (PC) en 1921, puis Parti communiste français (PCF) en 1943. Ce parti a une influence considérable dans l'après guerre, étant par exemple le premier parti aux élections législatives de 1946[19]. Son audience va néanmoins considérablement diminuer dans les décennies suivantes, plus particulièrement après la chute du mur de Berlin.

Après la Seconde guerre mondiale, l'Armée rouge, ayant libéré les pays d'Europe de l'Est de l'occupant nazi, va être utilisée par les Soviétiques comme un moyen de pression pour instaurer autoritairement des régimes affiliés en Pologne, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, et en Allemagne de l'Est[20]. Ces régimes étaient connus sous le nom de « démocraties populaires », par opposition aux « démocraties libérales » occidentales.

Critiques du communisme

Article détaillé : Critiques du communisme.

Les critiques du communisme peuvent viser à la fois les fondements théoriques du communisme et les politiques menées dans les faits par les régimes communistes. Par contre, on trouve des personnalités appartenant à des mouvements communistes ou socialistes ayant critiqué l'URSS ou d'autre dictatures se disant communistes. Parmi ceux-là, on peut citer Ignazio Silone (membre du Parti socialiste italien, opposé au stalinisme), George Orwell (socialiste, militant de l'ILP, Orwell critiqua avec ferveur le stalinisme (comme dans sa nouvelle La Ferme des animaux ou dans 1984), Saul Alinsky (père de l'organisation communautaire), Richard Wright (membre du Parti communiste américain). De nombreux membres de la révolution bolchévique russe se sont opposés à Staline, comme Timoteï Sapronov, Grigori Zinoviev, Alexandre Chliapnikov ou Léon Trotski, qui furent tous assassinés sur ordre de Staline.

Critiques de la théorie

Sur les fondements théoriques, on peut reprocher au communisme de prôner la « révolution ouverte » ou le « renversement violent »[L1 2] de la société par la révolution. Ainsi, Yves Guyot qualifie-t-il en 1893 le collectivisme de « tyrannique »[21] en 1893 tandis que le communisme en rejetant la propriété privée s'opposerait à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789: « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. » Max Stirner, un des fondateurs de l'anarcho-individualisme, écrivait ainsi qu'« en abolissant la propriété personnelle, le communisme ne fait que me rejeter plus profondément sous la dépendance d'autrui, autrui s'appelant désormais la généralité ou la communauté »[22].

En 1876, dans une brochure du Parti ouvrier, Jules Guesde leur répond: « Pas de spoliation, mais au contraire, maintien de la propriété réellement personnelle existante, ou création pour les sans-propriété d'aujourd'hui, de la copropriété de demain. Nous sommes aujourd'hui le seul parti plus que défenseurs, créateur de la propriété pour tous. »[23].

Les économistes libéraux Ludwig von Mises et Friedrich Hayek ont également développé une critique du communisme en tant qu'économie planifiée, estimant qu'une « économie communiste » ne pouvait pas exister, en particulier à cause du rejet du mécanisme des prix et de la loi de l'offre et de la demande. Mises écrivit ainsi dans Socialisme en 1922 : « Du fait de la destruction du système des prix, le paradoxe de la « planification » tient à ce qu'il est impossible d'y faire un plan, faute de calcul économique. Ce que l'on dénomme économie planifiée n'est pas une économie du tout. C'est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. » L'économiste hongrois János Kornai poursuivit la critique économique du communisme et de l'économie planifiée, condamnée à être une « économie de la pénurie » selon lui, non à cause de défauts temporaires mais à cause des problèmes fondamentaux de la théorie.

L'Église catholique a déclaré par la voix du Pape Pie XI que le communisme est « intrinsèquement pervers » et que « l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne », dans l'encyclique Divini Redemptoris publiée le 19 mars 1937[24].

Critiques des régimes communistes

Le communisme est critiqué pour les conséquences humaines, économiques, politiques ou environnementales entrainées par les « régimes communistes ». Stéphane Courtois s'est ainsi livré à un recensement des victimes des régimes marxistes-léninistes dans Le Livre noir du communisme, écrivant dans la préface que « [l]e total approche la barre des cent millions de morts[25] » (chiffre contesté par plusieurs historiens dont une partie des co-auteurs de l'ouvrage[26][réf. insuffisante]). Sont également critiquées les conséquences économiques avec la moindre progression de la prospérité des peuples sous un régime communiste, en particulier à partir de la comparaison entre RDA et RFA ou Corée du Nord et Corée du Sud. Par ailleurs, la remise en cause des libertés fondamentales et le culte de la personnalité des dirigeants ont été soulignés (cette critique s'adressant manifestement au stalinisme). Certains philosophes ou penseurs (Leszek Kołakowski, Friedrich Hayek) estiment en particulier que la mise en place du communisme ne peut déboucher que sur un régime tyrannique ou totalitaire.

En outre, les conséquences environnementales comme l'assèchement de la mer d'Aral à la suite des décisions prises par le gouvernement soviétique ont pu être soulignées par certains auteurs.

Enfin, Zinoviev s'est livré à une critique sur la base de la vie quotidienne en URSS et revendique « d'avoir observé la réalité soviétique, d'avoir perçu comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et d'en avoir conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les confessions d'un homme en trop). Bien que les phénomènes communalistes selon Alexandre Zinoviev soient visibles dans toutes les sociétés aussi bien communistes et qu'occidentalistes, c'est en Union Soviétique et probablement dans tous les pays avec un système social communiste (« communiste réel ») que ces phénomènes suivant les lois sociales et de la nature humaine jaillissent aux quotidiens dans la vie de millions de gens d'une façon extrême et poussée à outrance.

La résolution 1481 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, datée du 25 janvier 2006 durant la session d'hiver, « condamne avec force les crimes des régimes communistes totalitaires[27] ». Le 2 avril 2009, le Parlement européen, confirmant « la nécessité d'une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires », a voté une résolution condamnant« fermement et sans réserve tous les crimes contre l'humanité et les innombrables violations des droits de l'homme commis par tous les régimes totalitaires et autoritaires[28] » et proposé de faire du 23 août, jour anniversaire de la signature du Pacte germano-soviétique, la journée européenne en mémoire des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires[29] [30].

Alexandre Zinoviev a défini le comportement de la population soviétique après la mort de Staline envers l'idéologie communiste, à partir du concept de facteur de trahison, qui a pourtant servi à l'amélioration du quotidien, à l'émancipation des sciences et des techniques du pays sous une époque de guerre mondiale. Contrairement à Napoléon Ier et à Marx qui voyaient dans l'idéologie une aberration, un mensonge à abattre (prenant depuis un sens péjoratif), Alexandre voit dans l'idéologie (au sens premier) une notion importante pour toutes les sociétés. Ce facteur de trahison, comme une substance pervasive depuis le pouvoir proche de l'occidentisme par la politique internationale depuis 1954 jusqu'à la base dans les années 1980 en passant par les intellectuels dans les années 70, aurait ainsi contribué à la chute, lente et progressive, du régime communiste soviétique. En effet, dans l'histoire de la Russie, « le pouvoir et l'administration » et la religion orthodoxe (substitué par l'idéologie) ont toujours été les piliers de la société russe, et non les banques et la productivité comme dans les pays occidentaux. Cet occidentisme honteux aurait eu pour conséquence des plans absurdes aboutissant à des catastrophes comme par exemple la plantation de maïs en Russie entre autres. Cette chute serait ainsi dû à la victoire de l'idéologie de l'Occident contre l'idéologie communiste et non à l'écroulement des phénomènes internes, le communalisme, de la société du communisme réel. Ceci rejoint la critique de Ludwig Büchner selon laquelle « Il est faux que tous les essais communistes aient été malheureux; que là où ils ont échoué, leur insuccès a été amené par des difficultés extérieures plutôt qu'intérieures. On peut enfin faire remarquer à bon droit qu'au point de vue économique et social les avantages de la communauté des biens promettent d'être tout à fait extraordinaires, et qu'il est très possible d'imaginer un état social où, sans péril pour le but même de la société ou pour l'individualité de chacun, le travail dégagé de toute contrainte et purement volontaire, aurait uniquement pour but le bien de la communauté.  »[31]

Comparaison entre communisme et nazisme

À cause des similitudes techniques de la logistique totalitaire (quadrillage policier de la société, hiérarchie étatique étouffant l'expression de la base populaire, propagande omniprésente embrigadant la population, système répressif hypertrophié allant jusqu'aux massacres de masse dans ses actions, réseau de camps de détention), le thème de la comparaison entre le nazisme et le communisme revient régulièrement dans les média. Dans Le Passé d'une illusion, François Furet, affirme que le nazisme et le communisme puisent leur idéologie dans une même opposition à ce qu'ils nomment la « bourgeoisie capitaliste »[32]. Alain Besançon, dans son discours « Mémoire et oubli du bolchevisme » prononcé à l’Institut de France lors de la séance publique annuelle des cinq académies, le 21 octobre 1997, et dans son livre Le malheur du siècle[33] aborde également ce thème et, déplorant que l'on ne compare pas davantage nazisme et communisme, qualifie le traitement relatif des crimes staliniens et des crimes nazis d'« amnésie et hypermnésie historiques » (ce que Régis Debray a surnommé de concurrence des mémoires, thème également abordé par l'écrivain Stéphane Courtois dans son Le Livre noir du communisme).

Toutefois, des auteurs comme Michel Dreyfus, Bruno Groppo, Claudio Ingerflom, Roland Lew, Claude Pennetier, Bernard Pudal, Serge Wolikow dans leur livre Le Siècle des communismes récusent la pertinence de cette comparaison : si, sur un plan purement technique, on perçoit de nombreuses similitudes parce que les mêmes besoins appellent les mêmes moyens, sur un plan idéologique en revanche, les deux systèmes puisent à des idées tout à fait opposées.

Par ailleurs, l'historien roumain du communisme Victor Frunză, ancien membre du PCR[34] apprécie que « nazisme et communisme ne sont pas comparables, parce que le premier, resté fidèle à ses racines idéologiques naturalistes, a séduit et entraîné d'abord son propre peuple dans un projet historique conformément auquel il a terrorisé et opprimé ses opposants et des peuples étrangers ou définis comme tels, tandis que le second, tournant le dos à ses racines idéologiques humanistes, a terrorisé et opprimé non seulement ses opposants mais d'abord son propre peuple : les prolétariats des pays où il a pris le pouvoir, alors qu'il a séduit et mobilisé intellectuels, syndicalistes, ouvriers et même prêtres chez des peuples étrangers ».

Notes et références

Karl Marx et Friedrich Engels

  1. Chapitre 2 : « Prolétaires et communistes », dans les Archives marxistes sur Internet.
  2. I. Bourgeois et prolétaires
  • Autres :
  1. Karl Marx, La Guerre civile en France, 1871.

Notes explicatives

  1. Même si le terme d'« idéologie » est rejeté par une partie des communistes.
  2. Quelques exemples: Otto Rühle, Anton Pannekoek, Herman Gorter, Boris Souvarine, Ante Ciliga, Simone Weil, Guy Debord,Maximilien Rubel, Cornelius Castoriadis, Claude Lefort, Karl Korsch, Alain Guillerm, etc. Au niveau des organisations, on peut citer par exemple: le Parti socialiste de Grande-Bretagne, le Cercle communiste démocratique, le Parti ouvrier d'unification marxiste, le Parti socialiste ouvrier et paysan, le Groupe révolutionnaire prolétarien, Socialisme ou barbarie, Échanges et mouvement, etc. Au niveau des structures internationales : l'Internationale communiste ouvrière, l'Opposition communiste internationale, le Centre marxiste révolutionnaire international, la Quatrième Internationale, le Mouvement socialiste mondial, etc.
  3. Ce symbole est notamment représenté sur le drapeau de l'URSS et sur une des ébauches du drapeau de la Chine populaire
  4. Ces points sont énoncés par Karl Marx dans ses différentes œuvres
  5. Voir marxisme : « je ne suis pas marxiste »

Autres références

  1. Par exemple Boris Souvarine.
  2. a et b Communisme sur CNRTL.
  3. Jules Guesde, « Une formule prétendue communiste », L'Égalité, 1882.
  4. Jules Guesde, Le collectivisme, 7 mars 1894
  5. http://www.drapeaunoir.org/russie/kropot/communisme.html
  6. in Jacques Macé, Paul et Laura Lafargue. Du droit à la paresse au droit de choisir sa mort, éd. L'Harmattan, 220p., 2001, p.74
  7. Note de Galia Ackerman et Pierre Lorrain in A. Zinoviev, Les confessions d'un homme en trop, éd folio actuel, p158
  8. Voir la formation du terme communisme
  9. Préface de 1872 au Manifeste.
  10. Lénine, «Démocratie bourgeoise et démocratie prolétarienne », dans La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, 1918.
  11. contre-informations.fr
  12. belcikowski.org
  13. Voir la section sur Strauss dans nihilisme
  14. Poutine honore les victimes de Staline pour la 1ère fois, sur le site internet de l’L'Express
  15. a et b C'est par exemple le cas du parti français Lutte Ouvrière, comme il le déclare dans son manifeste
  16. Voir le texte publié par le NPA Trotski et le trotskisme : « Trotski [...] fut une référence marxiste essentielle pour notre courant »
  17. Un aspect de la propagande titiste : le culte de Tito dans le quotidien Politika (1945 à 1980), Balkanologie.revues.org, juillet 1999
  18. Cours de philosophie sur internet
  19. Élections législatives de novembre 1946, France-politique.fr
  20. Ces régimes sont dirigés de manière dictatoriale respectivement par le Parti ouvrier unifié polonais, le Parti communiste bulgare, le Parti communiste roumain, le Parti des travailleurs hongrois et le Parti socialiste unifié d'Allemagne, généralement seuls partis autorisés
  21. Yves Guyot, La Tyrannie collectiviste, 1893. On peut également se référer aux Principes de 1789 et le socialisme
  22. Max Stirner, L'Unique et sa propriété
  23. Jules Guesde, L'Apôtre et la loi, Claude Willard, éd. Les Éditions ouvrières, coll. La part des hommes, 1991 (ISBN 978-2-7082-2889-4), p. 70
  24. Encyclique DIVINI REDEMPTORIS - Pie XI
  25. Stéphane Courtois, Le Livre noir du communisme, p.8.
  26. Nicolas Werth et Jean-Louis Margolin, dans Le Monde du 14 novembre 1997.
  27. (en) Résolution 1481 (2006), sur le [http://assembly.coe.int/defaultF.asp Site officiel du Conseil de l'Europe
  28. Résolution du Parlement européen du 2 avril 2009 sur la conscience européenne et le totalitarisme. sur le site de Conseil de l'Europe consulté le 27 mars 2010.
  29. (en) Europe ponders 'remembrance day' for communist, Nazi past
  30. Le totalitarisme condamné dans l'indifférence, Courrier international du 30 avril 2009
  31. L'Homme selon la science, son passé, son avenir (1869), Ludwig Büchner (trad. Letourneau), éd. Reinwald, 1885, p. 224
  32. François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Robert Laffont, 1995, p. 46
  33. Alain Besançon: « Le malheur du siècle : sur le communisme, le nazisme et l’unicité de la Shoah, Fayard, Paris, 1998, 165 p. »
  34. Victor Frunză : Histoire du communisme en Roumanie, éd. EVF, Bucarest, 1999, 588 pp. (ISBN 973-9120-05-9), p. 6

Annexe

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

Théories philosophiques
  • Tommaso Campanella, La Cité du Soleil [« La città del Sole »], Droz, coll. « Class. pensee Politique » (no 8), mars 2004, 120 p. (ISBN 2-600-00005-4) 
Origines
  • L. Coletti, Le Déclin du marxisme, Paris, PUF, 1984 
  • Maximilien Rubel, Karl Marx. Essai de biographie intellectuelle, Paris, Marcel Rivière, 1971 
  • P. Manent, Naissance de la politique moderne : Machiavel, Hobbes, Rousseau, Payot, 1977 
  • Raymond Aron, Marxismes imaginaires, Paris, Gallimard, 1970 
  • L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État 
Études et théories économiques
Études historiques
  • Panaït Istrati, Boris Souvarine et Victor Serge, Vers l'autre flamme, confessions pour les vaincus, 1929 
  • Alexandre Zinoviev, Le Communisme comme réalité, Éditions L'Âge d'Homme, coll. « Lausanne », 1981
    ouvrage sur l'URSS
     
  • Claude Bitot, Le Communisme n’a pas encore commencé, Paris, éditions Spartacus, 1994 
  • Archie Brown, The Rise and fall of communism, éditions Vintage Books, 2009 
  • Ouvrage collectif, Du Passé faisons table rase ! Histoire et mémoire du communisme en Europe, Robert Laffont, 2002 
  • Robert Service, Comrades! A History of World Communism, MacMillan, 2007 
  • Pierre Broué, Communistes contre Staline, Paris, Fayard, 2003 
  • Ouvrage collectif, Le Siècle des communismes, Paris, Seuil, 2004 
  • Ouvrage collectif, Dictionnaire du communisme, Paris, Larousse, 2007 
  • Tristan Landry, La valeur de la vie humaine en Russie (1836 - 1936) : Construction d'une esthétique politique de fin du monde, L'Harmattan, 2010 (ISBN 2-7384-9060-3).
    sur les origines du communisme russe à travers l'esthétisme.
     

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