Feminisme

Féminisme

Le symbole astrologique de la planète Vénus, aussi appelé le « miroir de Vénus », devenu symbole du genre associé, fut repris comme emblème des mouvements féministes.

Le féminisme est un ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir ce qu'il considère être les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. La pensée féministe vise en particulier l'amélioration du statut des femmes dans les sociétés où le féminisme considère que la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe. Le féminisme travaille à construire de nouveaux rapports sociaux et développe des outils propres à la défense des droits des femmes et de leurs acquis. Ce mouvement est soutenu par diverses théories sociologiques et philosophiques.

Né après l'âge industriel[1], le féminisme se réclame de mouvements plus anciens ou de combats menés dans d'autres contextes historiques. Il est parfois présenté comme une lutte menée afin d'abolir l'oppression dont les femmes seraient victimes au quotidien. Le féminisme est soutenu principalement par des femmes, bien qu'il soit également activement défendu par des hommes. Les féministes cherchent à faire progresser les femmes dans leurs contextes sociaux, politiques et économiques, mais également dans la perception qu'elles ont d'elles-mêmes. Ils défendent l'idée que « le personnel est politique » et font avancer la cause des femmes en les aidant à se structurer en tant que personnes autonomes, capables de gérer leur propre corps et, de façon plus générale, toutes les dimensions de leur vie.

Sommaire

Historique

Le terme « féminisme », longtemps attribué à tort à Fourier, ne prend son sens actuel qu’à la fin du XIXe siècle. Mais c'est au cours de la révolution française, avec l’affirmation des droits naturels, que naît le mouvement de revendication sociale et politique qu'il désigne. Dans la première moitié du XIXe siècle, le mouvement féministe apparaît en pointillé, sans parvenir à fédérer d’organisations durables. Il épouse les grandes secousses politiques du siècle, à l’occasion desquelles ressurgissent ses revendications. L’objectif large de cette « première vague du féminisme » est de réformer les institutions, de sorte que les hommes et les femmes deviennent égaux devant la loi : droit à l’éducation, droit au travail, droit à la maîtrise de leurs biens et droit de vote des femmes constituent les revendications principales de cette période. Avec l’émergence des démocraties occidentales, le mouvement féministe s’incarne progressivement dans des groupes organisés, sans jamais présenter un visage monolithique, au point que les études contemporaines mettent l’accent sur la diversité des féminismes[2].

Les configurations nationales imposent souvent leurs cadres et leurs calendriers ; les objectifs et les méthodes varient selon les groupes constitués et les débats sont constants pour définir les orientations stratégiques et les étapes intermédiaires à atteindre en priorité. Les féminismes se trouvent en particulier confrontés à un dilemme : doivent-il pour mener leur combat mettre en avant les qualités spécifiques qui sont attribuées aux femmes ou au contraire affirmer l’universalité des propriétés humaines ? La première position au risque de figer la nature des femmes ; la seconde au risque de choquer l’évidence de la différence des sexes sur laquelle s’appuient les représentations et la structure sociale.

La révolution française et le droit des femmes

Olympe de Gouges, féministe du 18e siècle

Malgré les contributions féminines à la rédaction des cahiers de doléances et le rôle que jouent les femmes du peuple parisien - notamment lors des manifestations d’octobre 1789 pour demander du pain et des armes -, les femmes ne se voient pas attribuer de droit particulier dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; et si le nouveau régime leur reconnaît une personnalité civile, elles n'auront pas le droit de vote à cette époque.

Elles n'en continuent pas moins à investir l'espace public, organisées en clubs mixtes ou féminins et en sociétés d’entraide et de bienfaisance, et participent avec passion -à l'instar des hommes- à toutes les luttes politiques de l'époque. Parmi les personnalités féminines notoires des débuts de la Révolution, il faut retenir Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Théroigne de Méricourt qui appela le peuple à prendre les armes et participant à la prise de la Bastille, ce dont elle sera récompensée par le don d'une épée par l'Assemblée nationale. C’est par des femmes comme Claire Lacombe, Louison Chabry ou Renée Audou que fut organisée la marche sur Versailles qui finit par ramener Louis XVI dans la capitale.

Toutes deux proches des Girondins, elles connurent une fin tragique : Théroigne de Méricourt devenant folle après avoir été fouettée nue par des partisanes de leurs adversaires et Olympe de Gouges, guillotinée. Si les femmes ont été privées du droit de vote, cela ne les a pas préservé des châtiments réservés aux hommes et nombreuses connurent la prison ou l'échafaud suite à leurs actions publiques ou politiques.

À partir de 1792, l'entrée en guerre de la France conduit certaines à se battre aux frontières tandis qu'en 1793 se développe à Paris un militantisme féminin, porté par des femmes du peuple parisien proches des sans-culottes. Les deux cents femmes du Club des citoyennes républicaines révolutionnaires créé le 10 mai 1793 par Claire Lacombe et Pauline Léon, les « tricoteuses », occupent les tribunes publiques de la Constituante et apostrophent les députés, entendant représenter le peuple souverain. Leurs appels véhéments à la Terreur et à l'égalité, leur participation à la chute des Girondins et les autres manifestations spectaculaires des « enragées » allaient leur valoir une image de furies sanguinaires qui nourrirait longtemps les répulsions du pouvoir masculin. Claire Lacombe propose d’armer les femmes.

Cependant, plus que les excès d'une violence largement partagée à l'époque, ce sont d'abord les réticences des hommes au pouvoir qui excluent ces femmes de la sphère politique. La plupart des députés partagent les conceptions exposées dans l’Émile de Rousseau d'un idéal féminin restreint au rôle de mères et d'épouses, rares étant ceux qui, comme Condorcet, revendiquent le droit de vote des femmes en vertu des droits naturels inhérents au genre humain qui à la même époque inspirent la lutte contre le despotisme et l’esclavage.

En novembre 1793, toute association politique féminine est interdite, mais les femmes vont cependant continuer à jouer un rôle jusqu'à l’insurrection du printemps 95, dont le mot d’ordre est « du pain et la Constitution de 93 », avant que la répression généralisée qui marque la fin de la Révolution ne mette un terme provisoire à cette première prise de parole politique, pour les femmes comme pour les hommes.

Échos en Grande-Bretagne

En 1792, une femme de lettre britannique, Mary Wollstonecraft fait paraître « Vindication of the Rights of Woman », un ouvrage traduit en français la même année sous le titre de « Défense du droit des femmes ». L'auteur, qui participe aux débats passionnés suscités outre-Manche par la Révolution en France, n'hésite pas à y rapprocher le mariage de la prostitution. Elle oppose et rapproche l'exploitation dont sont victimes les femmes les plus pauvres, contraintes au travail salarié ou à la rémunération de leurs services sexuels, au sort des jeunes femmes de la petite et moyenne bourgeoisie privées de toutes perspectives professionnelles par les préjugés et le défaut d'éducation, et réduites à faire un beau parti.

Mary Wollstonecraft sera vite oubliée en France, avant d'être redécouverte par Flora Tristan en 1840.

Le XIXe siècle

Monarchie de Juillet

Éteintes sous l’Empire et la Restauration, les revendications féministes renaissent en France avec la Révolution de 1830. Un féminisme militant se développe à nouveau dans les milieux socialistes de la génération romantique, en particulier chez les saint-simoniens et les fouriéristes de la capitale. Les féministes participent à l'abondante littérature de l'époque, favorisée par la levée de la censure sur la presse. La Femme Libre et La Tribune des femmes paraissent en 1832 ; Le Conseiller des femmes, édité à Lyon par Eugénie Niboyet, est le premier journal féministe de province.

Sur le plan politique, la constitution de la Monarchie de Juillet privant de ses droits la majorité de la population, leur combat rejoint celui des premiers défenseurs des ouvriers et des prolétaires, mais elles se mobilisent aussi contre le statut civil de la femme, soumise en matière juridique et financière à son mari — « La femme doit obéissance à son mari » affirme le Code civil — et pour le rétablissement du divorce interdit sous la Restauration en 1816.

Certaines femmes revendiquent le droit à l’amour libre, au scandale de l'opinion publique. Claire Démar se livre ainsi dans son Appel au peuple sur l'affranchissement de la femme (1833) à une critique radicale du mariage dans lequel elle dénonce une forme de prostitution légale. Elle n’est toutefois pas suivie par l’ensemble des saint-simoniennes qui tiennent à se démarquer des accusations d’immoralisme qui frappent le mouvement[3].

Les débuts du régime laissent entrevoir quelques espoirs d’évolution. Les pétitions en faveur du rétablissement du divorce le place sur l’agenda politique : en 1831 et 1833, les députés votent par deux fois en faveur de la loi qui est toutefois repoussée par la Chambre des pairs[4]. Les revendications féministes deviennent inaudibles. Quand Louise Dauriat adresse en 1837 aux députés une demande en révision des articles du Code civil qui lui paraissent contraires aux droits des femmes, elle ne récolte en retour que les rires de l’assemblée[5].

Les « femmes de 1848 »

Révolution française de 1848

Comme en 1789, les femmes participent activement aux journées révolutionnaires de février 1848. Elles s'expriment publiquement par le biais d’associations et de journaux. Les lois proclamant la liberté de la presse profitent ainsi à nouveau à la presse féministe : Eugénie Niboyet crée, le 20 mars, La Voix des femmes qui est dans un premier temps le principal relais des revendications féminines, écartées de la presse traditionnelle. Puis viendront en juin La Politique des Femmes de Désirée Gay ou encore L’Opinion des femmes publiée en janvier 1849 par Jeanne Deroin.

Suite à leurs protestations, les femmes se voient accorder le droit au travail au même titre que les hommes ; les ateliers nationaux leur sont ouverts, avec retard, le 10 avril. Elles goûtent aux prémisses d’une participation citoyenne en élisant des déléguées à la Commission du Luxembourg[6], en proposant des réformes de leurs conditions de travail, la création de crèches ou de restaurants collectifs[7].

Le droit de vote pour l’élection de la future Assemblé nationale constituante est au centre de leurs préoccupations : Jenny d'Héricourt, la fondatrice de la Société pour l’émancipation des femmes, imagine qu’une fois conquis, il permettra d’agir par la voix législative sur l’ensemble de leurs revendications au nombre desquelles figurent toujours l’abrogation du Code civil et le droit au divorce. Elles pétitionnent, sont reçues par les instances politiques. Le Comité des droits des femmes, présidé par Allix Bourgeois, se voit répondre par la voix d’Armand Marrast, le maire de Paris, que la décision ne pourra être prise que par la future instance législative[8].

Les pétitions en faveur rétablissement du divorce ne rencontrent pas plus de succès que leurs devancières des années 1830 : la proposition du Ministre de la Justice Adolphe Crémieux à la Chambre en mai 1848 est accueillie sous les quolibets[9]. On s’inquiète notamment de la menace que la parole libérée des femmes ferait peser sur la famille. Le Club des femmes, ouvert en avril 1848, est un lieu de débat qui provoque de virulentes réactions ; certaines de ses séances tournent à l’émeute et sa présidente- Eugénie Niboyet- est âprement caricaturée dans la presse[10]. Il sera finalement fermé pour ne pas troubler l’ordre public.

En Allemagne

En Allemagne, un premier courant féministe trouve son origine dans les idées libérales du Vormärz et émerge véritablement à la faveur de la Révolution de Mars 1848. Louise Aston ou Louise Dittmar tentent de lancer les premiers journaux dédiés à la cause des femmes. Mais Louise Otto, élevée dans ce milieu bourgeois qui aspire à des réformes libérales, est la première à réussir à pérenniser son entreprise ; le Frauen-Zeitung (1849-1852) qui s’adresse prioritairement à la classe moyenne relaie des revendications essentiellement économiques, insistant sur l’éducation des femmes, leur indépendance économique et le refus des mariages arrangés. Le retour à l’ordre freinera pour quinze ans ce premier élan[11].

Aux États-Unis

Si la première manifestation collective du féminisme américain coïncide chronologiquement avec le Printemps des peuples européens, ses origines intellectuelles diffèrent sensiblement. Les sectes protestantes dissidentes, en particulier celle des Quakers, sont le principal vecteur des idées favorables à l’émancipation des femmes. Mouvement abolitionniste et mouvement du droit des femmes (Women’s right movement) sont étroitement imbriqués ; les sœurs Angelina et Sarah Grimké, Lucretia C. Mott ou Elisabeth Cady Stanton figurent en première ligne sur ces deux fronts. Mott et Stanton organisent de concert en 1848 la Convention de Seneca Falls dont le texte final - la « déclaration de sentiments »-, calqué sur le modèle de la déclaration d’indépendance américaine, est traditionnellement considérée comme l’acte fondateur du féminisme américain[12].

Second Empire

Le Second empire permet des avancées dans le domaine de l'éducation des femmes comme l'obtention du baccalauréat par Julie-Victoire Daubié, l'inscription en faculté de médecine de Madeleine Brès, la création d'écoles professionnelles par Elisa Lemonnier, la prise en charge des enfants en salle d'asile par du personnel formé...

En Grande-Bretagne, l'économiste John Stuart Mill publie en 1869 un essai important intitulé De l'assujettissement des femmes, sans doute avec l'aide de son épouse Harriet Taylor, elle-même philosophe et militante des droits des femmes.

Premières organisations

Troisième République

La Troisième République se caractérise en France par la constitution d’organisations féministes réformistes, plus durables et structurées. La Société pour l’amélioration du sort des femmes, présidée par Maria Deraismes voit le jour en 1878 ; la Ligue française pour le droit des femmes, d’orientation modérée, est créée en 1882 par Léon Richer[13]. En 1891, la Fédération françaises des sociétés féministes symbolise l’entrée du terme « féminisme » dans le vocabulaire militant.

Le Conseil national des femmes françaises, fondé dans le sillage de la loi sur les associations de 1901, se veut apolitique et laïque. Ses militantes, issues principalement de la bourgeoisie, sont des républicaines, des socialistes ou des protestantes, initiées à l’action publique à travers les activités sociales et philanthropiques. L’Union française pour le suffrage des femmes fédèrent en 1909 les féministes favorables au droit de vote des femmes[14].

Refusant l’activisme des suffragettes britanniques, ces grandes fédérations réformistes entendent prouver la responsabilité des femmes et s’intègrent dans le modèle républicain en tissant des liens avec le monde politique masculin (le Parti radical notamment), avec l’objectif d’influer sur l’activité législative[15].

Mouvement pour le droit de vote des femmes

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, un mouvement pour le droit de vote des femmes se développe à partir de 1866, date du dépôt de la première pétition adressée au Parlement pour en faire la requête[16] ; le philosophe John Stuart Mill en est le principal relais dans l’enceinte parlementaire. À l’initiative de Barbara Bodichon et Emily Davies, un Women’s suffrage committee (Comité pour le droit de vote des femmes) est constitué ; il est rapidement décliné en de multiples comités locaux coordonnés au niveau national par la National society for women’s suffrage (1867)[17]. Un mouvement de masse s’organise rapidement ; 1 500 lors de la pétition initiale de 1866, les féministes sont capables de réunir 250 000 signataires en 1894[18].

Proche d’aboutir à plusieurs reprises mais bloqué par la frange conservatrice du Parlement, le mouvement se radicalise en 1903 avec la création de la Women's Social and Political Union par Emmeline et Christabel Pankhurst. Ses militantes, désignées sous le nom de « suffragettes », optent pour de nouvelles formes d’action, parfois violentes et illégales (incendies volontaires, bris de vitres, grèves de la faim...)[19]. La popularité du mouvement s'accroît encore et en 1908 les organisations suffragistes réunissent 500 000 personnes lors d’une manifestation à Hyde Park[20]. Le bras de fer engagé avec les autorités dure jusqu’au début de la Première Guerre mondiale. Pendant la guerre des négociations sont ouvertes par le gouvernement Asquith avec les représentantes de la National Union of Women's Suffrage Societies de Millicent Fawcett, qui présente une orientation plus modérée. Elles aboutissent au Representation of the people act qui autorise le vote des femmes de plus de trente ans[21].

Suffrage parade, New York City, 6 mai 1912
États-Unis

Aux États-Unis, le front commun entre féministes et antiesclavagistes s’effrite progressivement après la guerre de Sécession. Alors qu’on s’oriente vers un XVe amendement pour le droit de vote des Noirs, une partie des féministes souhaiterait y voir également associées les femmes qu’elles estiment laissées pour compte par les leaders masculins du mouvement[22]. Deux organisations rivales naissent en 1869 des désaccords survenus au sein de l’American Equal Rights Association. Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton constituent la National Woman's Suffrage Association qui milite pour un amendement à la Constitution qui garantirait le vote des femmes. Ses revendications qui dépassent le cadre des droits politiques s’inspirent du texte élaboré lors de la Convention de Senecca Falls. L’organisation rivale- l’American Woman Suffrage Association créée par Lucy Stone – est plus modérée et préfère concentrer son action sur le seul droit de vote, délaissant le niveau fédéral pour agir au niveau des Etats[23]. En 1890, les deux associations finissent par se regrouper dans la National American Woman Suffrage Association. Dans l’intervalle, les territoires du Wyoming et de l’Utah ont autorisé en 1869 et 1870 le vote des femmes blanches.

En 1920, le 19e amendement est ratifié au niveau fédéral : toutes les Américaines blanches obtiennent le droit de vote.

Contrôle des naissances

La question de l’amour libre et du contrôle des naissances divise profondément les féministes de la seconde partie du XIXe siècle.

Au Royaume-Uni, une partie du mouvement féministe est engagé durant la période victorienne dans un combat pour la régénération morale de la nation. À partir de 1869, elle se mobilise contre une série de lois visant à lutter contre les maladies vénériennes- les Contagious Diseases Acts- qui imposent un examen gynécologique aux prostituées. Bien que d’orientation conservatrice, ce mouvement, mené notamment par Josephine Butler, prend parti pour les prostituées et réclame la criminalisation des clients et la fermeture des maisons de prostitution. Il entend plus largement rétablir la pureté des mœurs, la moralité publique et défendre la famille. Le point d’orgue de cette mobilisation constitue un meeting réunissant 250 000 personnes dans Hyde Park en 1885[24].

Face à ce mouvement, les militantes favorables à l’amour libre et au contrôle des naissances sont isolées. Quelques-unes adhèrent au mouvement néomalthusien, très actif en Grande-Bretagne mais aussi en France. Annie Besant est ainsi condamnée en 1877 pour avoir publié The Fruits of Philosophy un pamphlet de Charles Knowlton, sans avoir reçu le soutien qu’elle réclamait des féministes conservatrices[25]. À la fin du siècle, les écrits d’Edward Carpenter ou d’Havelock Ellis contribuent cependant à répandre plus largement ces idées. Elles trouvent parmi les féministes un relais dans la revue The Freewoman (1911) qui réunit les signatures de Rose Witcop, Stella Browne ou Marie Stopes[26].

Travail des femmes

Si le mot d’ordre « À travail égal, salaire égal » remporte l’adhésion de l’ensemble des composantes du mouvement féministe[27], l’idée d’une protection spécifique des femmes sur le marché du travail divise. En 1906, la Convention de Berne, ratifiée par quatorze pays, prononce l’interdiction du travail industriel nocturne des femmes[28]. Déjà en vigueur dans certains pays, comme la France où elle s'applique depuis 1892, cette législation rencontre l’opposition des féministes égalitaristes. Menées par la Hollandaise Marie Rutgers-Hoitsem, elles se regroupent dans le réseau Correspondance internationale qui recrutent principalement parmi les laïques et les libre-penseuses[29]. Après-guerre, le Bureau International du Travail reprend le mot d’ordre de protection des travailleuses. Toujours minoritaires dans les fédérations féministes internationales, les partisanes de l’égalité constituent l’Open Door Council autour de la personnalité de Chrystal MacMillan. Mouvement d’avant-garde qui réunit des intellectuelles de l’ensemble de l’Europe, il élabore un argumentaire qui s’oppose au « féminisme maternaliste » alors dominant[30] : il marque notamment son refus de voir la maternité devenir « une sorte de domaine clos où les femmes se trouveraient parquées d'office, en marge de l'ensemble de la vie sociale et culturelle... »[31].

Le XXe siècle

La première manifestation internationale des femmes a lieu le 8 mars 1911, suite à une proposition de Clara Zetkin. La revendication principale est le droit de vote. Le premier livre historique féministe est écrit par Mathilde Laigle : Le livre des trois vertus de Christine de Pisan et son milieu historique et littéraire, 1912. Auparavant, la première grande manifestation des femmes avait été celle pour la paix organisée en marge de la Première conférence de La Haye de 1899 par Margarete Lenore Selenka.

Première guerre mondiale

Durant la Première Guerre mondiale, la grande majorité des organisations féministes des pays belligérants soutient l’effort de guerre. Certaines espèrent tirer parti de ce loyalisme : à l’issue du conflit, les féministes britanniques se verront ainsi récompensées par l’obtention partielle du droit de vote. L’opposition à la guerre est surtout le fait de militantes des pays neutres et de quelques groupes isolés des pays engagés dans le conflit. Aux États-Unis, le Women Peace Party de Jane Addams revendique 25 000 adhérentes mais ne résiste pas à l’entrée en guerre du pays en 1917[32]. Le Congrès international pour la paix future est organisée par Addams et la physicienne Aletta Jacobs à la Haye. Parmi les 1 200 femmes, principalement hollandaises, qui se réunissent à cette occasion, 9 nationalités sont représentées dont une délégation allemande menée par Anita Augspurg. Les françaises en sont absentes[33].

Les milieux socialistes, et leurs organisations féminines, se sont également rangés derrière leurs nations respectives. Des voix discordantes se font néanmoins entendre : en France, Hélène Brion, Madeleine Vernet ou Louise Saumoneau. Cette dernière est présente en mars 1915 à la conférence internationale des femmes socialistes, qui réunit à Berne, à l’initiative de Clara Zetkin, les militantes restées fidèles à l’internationalisme[34].

Mouvement de libération des femmes

À partir des années 1960, aux États-Unis, l'égalité des droits progresse. En 1963, la loi sur l'égalité des salaires (Equal Pay Act) est votée. Le 2 juillet 1964, la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) abolit théoriquement toute forme de discrimination aux États-Unis.

À la fin des années 1960, une nouvelle vague militante féministe émerge aux États-Unis et en Europe de l’Ouest au sein de l’espace politique ouvert par le mouvement étudiant. Le Mouvement de libération des femmes en France et le Women's Lib dans les pays anglo-saxons désignent ce mouvement au périmètre fluctuant.

Aux États-Unis, la recomposition qui fait suite au « creux de la vague » des années 1950 débute avec la fondation en 1966 d’une organisation réformiste, la National Organization for Women (NOW) par Betty Friedan[35]. Mais c’est principalement en réaction à la division sexuelle du travail militant qui, au sein même des organisations de la Nouvelle Gauche, relègue les femmes aux positions subalternes que se constitue une multitude de groupes féministes radicaux de petites tailles (New York radical feminists, Redstockings, WITCH, Radicalesbians...)[36].

Refusant l’organisation verticale et l’orientation réformiste de la NOW, elles ont recours à des formes de mobilisation volontairement provocatrices qui visent à attirer l’attention des médias. Elles développent également des formes d’organisations originales, comme les groupes d’éveil de la conscience (consciousness-raising groups). Par le partage de l’expérience individuelle, ces groupes de discussion entendent faire prendre conscience de la communauté de condition des femmes, de la spécificité de leur oppression et de la dimension politique inscrite dans les éléments les plus banals de la vie quotidienne[37].

La période est marquée par une intense activité de théorisation de la condition féminine. Si un courant, mené en France par Antoinette Fouque avec son groupe Psychanalyse et politique, défend des positions différentialistes et essentialistes, le mouvement est majoritairement constructionniste. Il approfondit la voie esquissée en 1949 par Simone de Beauvoir avec Le Deuxième Sexe et étudie les modalités de la construction sociale de la différence des sexes, c'est-à-dire la manière par laquelle la socialisation impose des rôles sociaux différents aux personnes des deux sexes. Le terme de sexisme se répand[38] et les féministes radicales et matéralistes élaborent le concept de patriarcat pour définir le système social d’oppression des femmes. Se refusant à subordonner leur combat à la lutte des classes, elles affirment que le domaine de la reproduction (maternité, corps, famille, travail domestique...) est un espace d'exploitation privilégié des femmes. Elles rejettent l’objectif réformiste d'égalité dans le système qui a prédominé jusqu’alors. Pour elles, aucune égalité entre les sexes ne peut être obtenue à l'intérieur du système « patriarcal », sinon quelques compromis temporaires qui seraient perpétuellement menacés. Elles préconisent de renverser ce système et d'instaurer de nouveaux rapports entre les sexes.

Une tendance séparatiste s’affirme également, notamment parmi les groupes militants lesbiens des grandes métropoles que sont Londres ou New York.

Les dernières décennies

Désormais les femmes votent dans le monde occidental dont la plupart des parlements ont voté des lois sur le divorce. La légalisation de la contraception et de l'avortement n'est pas effective pour l'ensemble de l'Occident, les situations sont très variables d'un pays, voire d'une région à une autre. L'Eglise catholique, notamment le courant des catholiques intégristes, et le courant fondamentaliste des protestants évangélistes remettent constamment en cause ces droits, lorsqu'ils ne les rendent pas impossible (Italie, Irlande, Pologne..).

Au regard des études qui ont été faites et publiées lors de la Conférence de Pékin[39], promue par l'ONU en 1995 dans le but de faire le bilan de la condition féminine dans le monde, on a déclaré que ce n'était pas le cas dans de nombreux pays ; en Occident, la question reste controversée.

On se souviendra en France de la grève des mères, durant laquelle les hommes en soutien des féministes ont gardé les enfants quand les femmes sont parties manifester. Depuis la fin des années 90, divers groupements, se réclamant ou non du féminisme, se sont créés de nouveau. Parmi les plus médiatisés, on peut citer par exemple les chiennes de garde qui se réclament avant tout féministes dans l'héritage du MLF, tandis que depuis 2003, le mouvement français Ni putes ni soumises se veut avant tout interpeller sur la situation des femmes notamment dans les Citées, sans pour autant vouloir être perçues comme féministes ou se réclamer, du moins au départ, de cette appellation. Ses membres, surtout originaires de banlieues, ont ainsi fait plus largement connaître des problèmes comme les mariages forcés, les viols, l'excision. L'association, présidée par Fadela Amara s'est considérablement développée, comptant une soixantaine de comités et plus de 10 000 bénévoles, mais a subi de nombreux départs suite à l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement Sarkozy[40].

Les courants de la pensée féministe

Banderole « Les filles affranchies »
Article détaillé : Philosophie féministe.

Historiquement, ils relèvent de différents courants de pensée. Trois peuvent se distinguer, ayant connu chacun une évolution propre :

  • le courant libéral[réf. nécessaire]
  • le courant socialiste[réf. nécessaire]
  • le courant radical[réf. nécessaire]


Liste de féministes reconnues

Quelques slogans féministes

  • Un Homme sur deux est une femme : une moitié de la population a tendance à être oubliée, le masculin est considéré comme l'universel.
  • Notre corps nous appartient : ré-appropriation de son corps et notamment de sa fertilité à travers les différents moyens de contraception et le droit à l'IVG. Selon Paola Tabet dans La grande arnaque, échange économico-sexuel et sexualité des femmes, cette ré-appropriation est le chemin inverse nécessaire de l'appropriation patriarcale des femmes par les hommes, appropriation qui passait aussi par une exploitation de la sexualité et de la reproduction.
    • Un enfant si je veux, quand je veux ! : même but
  • N’attends pas le prince charmant, apprends à lire et deviens qui tu es : importance de l'éducation et de l'indépendance des femmes.
  • Une femme sans homme, c'est comme un poisson sans bicyclette: remise en cause des théories essentialistes sur la complémentarité des sexes
  • Ne me libère pas, je m'en charge ! : importance de l'indépendance des femmes et dénonciation des intérêts antagonistes de classe qui motivent le paternalisme des militants hommes (cf. Christine Delphy Nos amis et nous).
  • Travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? : les femmes continuent à exercer la plus grande partie des tâches ménagères au sein du foyer, bien que leur taux d'activité ait augmenté significativement depuis ces dernières décennies : la « double journée de travail » ne date pas des années 60 comme on le pense mais est l'économie même du patriarcat puisque les femmes ont toujours travaillé comme main-d'œuvre et serves dans les propriétés des hommes (dans l'artisanat, l'agriculture, les professions libérales et indépendantes) et en plus travaillaient comme domestique au foyer.[réf. nécessaire]
  • Le privé est politique : ce que l'on pense relever du domaine privé est en réalité influencé par notre culture et notre système politique (au sens large) : sexualité, travail domestique... tout est organisé par la hiérarchie politique entre les sexes.
  • Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme ![41] : référence à l'histoire, qui est avant tout une histoire confisquée par les hommes faite par et pour la reproduction du patriarcat, c'est à dire la négation de la productivité sociale et économique des femmes (elles semblent commencer à travailler au milieu du XXe siècle après 5000 ans d'oisiveté et de parasitisme ?!) et la promotion de la productivité masculine (confiscation de l'ouvrage du monde et des civilisations par les hommes).[réf. nécessaire]
  • Je suis une femme, pourquoi pas vous ? : souligne l'impossibilité d'identification propre au mode de pensée sexiste, qui amène encore aujourd'hui les gens à ne pas voir un génocide dans la « disparition » des femmes asiatiques mais un déséquilibre du sex ratio, et à ne pas voir un acte d'humiliation et d'agression pure dans un viol mais de la sexualité forcée.[réf. nécessaire]

Notes

  1. Les idées de libération de la femme prennent leurs racines dans le siècle des Lumières (voir notamment Olympe de Gouges, Mary Wollstonecraft), mais le terme de féminisme n'apparait qu'au XIXe siècle
  2. Voir par exemple sur ce point, Eliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rocherfort, Brigitte Studer, Françoise Thébaud, Michelle Zancarini-Fournel (dir.), Le siècle des féminismes, Éditions de l’Atelier, 2004.
  3. Michèle Riot-Sarcey, Histoire du féminisme, La Découverte, Paris, 2008, p. 26.
  4. Michèle Riot-Sarcey (2008), p. 26.
  5. Paulette Bascou-Bance, La mémoire des femmes : anthologie, Elytis Editions, Cestas, 2004, p. 205.
  6. Riot-Sarcey (2008), p. 38.
  7. Michèle Riot-Sarcey, « Émancipation des femmes, 1848 », Genèses, 1992, N°7, p. 196.
  8. Riot-Sarcey (2008), p. 41.
  9. Riot-Sarcey (2008), p. 43.
  10. Riot-Sarcey (2008), p. 44.
  11. Marianne Walle, « La Frauen-Zeitung de Louise Otto ou la prise de conscience politique des Allemandes », in Marita Gilli (dir.), L'idée d'Europe, vecteur des aspirations démocratiques : les idéaux républicains depuis 1848 : actes du colloque international organisé à l'Université de Franche-Comté les 14, 15 et 16 mai 1992, Presses universitaire de Franche-Comté, 1994, p. 251-261.
  12. Claudette Fillard, Colette Collomb-Boureau, Les mouvements féministes américains, Ellipses, Paris, 2003, p. 30.
  13. Riot-Sarcey, (2008), p. 57.
  14. Riot-Sarcey (2008), p. 62 et s.
  15. Karen Offen, « Des modèles nationaux ? », dans Éliane Gubin (et al.), Le Siècle des féminismes, Les Éditions de l’Atelier, Paris, 2004, p. 70.
  16. Françoise Barret-Ducrocq, Le mouvement féministe anglais d’hier à aujourd’hui, Ellipses, Paris, 2000, p. 83.
  17. Françoise Barret-Ducrocq (2000), p. 84.
  18. Françoise Barret-Ducrocq (2000), p. 85.
  19. Barret-Ducrocq (2000), p. 90.
  20. Barret-Ducrocq (2000), p. 88.
  21. Barret-Ducrocq (2000), p. 91.
  22. Fillard, Collomb-Boureau (2003), p. 37.
  23. Fillard, Collomb-Boureau (2003), p. 38.
  24. Barret-Ducrocq (2000), p. 104.
  25. Barret-Ducrocq (2000), p. 107.
  26. Barret-Ducrocq (2000), p. 109.
  27. Eliane Gubin, p. 167
  28. Eliane Gubin, « Pour le droit au travail : entre protection et égalité », in Eliane Gubin (et al.), Le Siècle des féminismes, Les Éditions de l’Atelier, 2004, p. 165.
  29. Eliane Gubin (2004), p. 166.
  30. Éliane Gubin (2004), p. 171.
  31. Cité in Éliane Gubin (2004), p. 173.
  32. Françoise Thébaud. « La Grande Guerre. Le triomphe de la division sexuelle », in Françoise Thébaud (dir.), Histoire des femmes, Tome 5, « Le XXème siècle », Plon, 1992, p. 61.
  33. Thébaud (1992), p. 62.
  34. Thébaud (1992), p. 64.
  35. Fillard et Colomb-Bourreau, p. 71.
  36. Fillard, Colomb-Bourreau (2003), p. 75 et s.
  37. Fillard, Colomb Bourreau (2003), p. 79.
  38. Fillard, Collomb-Bourreau (2003), p. 78.
  39. Cette Conférence internationale fut une sorte de réunion des « états généraux féminins ».
  40. Rue89
  41. Slogan utilisé par le Mouvement de Libération des Femmes (MLF), notamment lors de la manifestation qui eut lieu le 26 août 1970, à Paris

Annexe

Types de féminisme

Organisations et actions féministes

Place et image des femmes dans la société

Place et image des hommes

  • Des mouvements marginaux de défense des intérêts spécifiques des hommes se sont créés en réaction au féminisme : le masculinisme et l'hominisme.[réf. nécessaire] Différents de l'antisexisme, ils font pendant aux mouvements féministes "radicaux" et se focalisent sur l'existence d'inégalités favorables aux femmes ou perçues comme telles (par exemple la garde des enfants accordées presque systématiquement à la mère).[réf. nécessaire]
  • Parmi les féministes, certains courants (comme le féminisme radical), théorisant le système patriarcal en termes de "classes sociales de sexe", en s'inspirant des théorisations marxistes du système capitaliste en termes de "classes sociales" (bourgeoise et prolétaire), considèrent les hommes comme corrompus par leur appartenance à la "classe sociale de sexe" des hommes, dominante dans le patriarcat comme l'est la classe bourgeoise dans le capitalisme.[réf. nécessaire] Certaines personnes[Lesquelles ?] estiment que ce type de théorisation du système patriarcal relève de la misandrie[réf. souhaitée]. La première personne à avoir posé les prémisses d'une telle théorisation pourrait être Engels, lorsqu'il affirmait dans ses écrits que "la femme est la prolétaire du prolétaire"[réf. nécessaire].

Bibliographie

Dictionnaires

  • Dictionnaire critique du féminisme (coordonné par Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré et Danièle Senotier). Presses Universitaires de France, collection « Politique d'aujourd'hui », Paris, 2000. XXX + 299 p. (ISBN 2-13-050009-9). Édition revue, corrigée et augmentée (2004), chez le même éditeur, même collection : XXX + 315 p. (ISBN 2-13-052417-6)

Histoire du féminisme

En Europe

  • Karen Offen, European Feminisms, 1700-1950 : A Political History, Stanford, Stanford University Press, 2000 (ISBN 0-8047-3420-8)
  • Éliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Françoise Thébaud, Michèle Zancarini-Fournel (dir.), Le siècle des féminismes, Éditions de l'atelier, Paris, 2004, (ISBN 2-7082-3729-2)

En France

  • Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Histoire du féminisme français. Éditions des Femmes, collection « Pour chacune », Paris, 2 volumes :
    • vol. 1 : Du Moyen âge à nos jours, 1977. 508 p. (ISBN 2-7210-0133-7)
    • vol. 2 : De l'Empire napoléonien à nos jours, 1978. (ISBN 2-7210-0134-5)
  • Christine Bard, Les Filles de Marianne, Histoire des féminismes, 1914-1940, Paris, Fayard, 1995 (ISBN 2-213-59390-6)
  • Sylvie Chaperon, Les Années Beauvoir, 1945-1970, Paris, Fayard, 2000 (ISBN 2-213-60542-4)
  • Laurence Klejman et Florence Rochefort, L’égalité en marche. Le féminisme sous la Troisième République, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1989 (ISBN 2-7210-0382-8)
  • Françoise Picq, Libération des femmes, les années-Mouvement, Paris, Seuil, 1993 (ISBN 2-02-012239-1)
  • Geneviève Poujol, Un féminisme sous tutelle : les protestantes françaises, 1810-1960, 2003, (ISBN 9782846210317)
  • Michèle Riot-Sarcey, Histoire du féminisme, La Découverte, collection Repères, Paris, 2002 (ISBN 978-2-7071-5472-9)
  • Christelle Taraud, Les Féminismes en questions - Élements pour une cartographie, entretiens avec Christine Bard, Marie-Hélène Bourcier, Christine Delphy, Eric Fassin, Françoise Gaspard, Nacira Guénif-Souilamas et Marcela Iacub, Paris, Éditions Amsterdam, 2005 (ISBN 2-915547-07-6)

En Grande-Bretagne

  • Françoise Barret-Ducrocq, Le mouvement féministe anglais d’hier à aujourd’hui, Paris, Ellipses, 2000 (ISBN 2-7298-5950-0)

Aux États-Unis

  • Ginette Castro, Radioscopie du féminisme américain, Les Presses de Sciences Po, Paris, 1984 (ISBN 2-7246-0506-3)
  • Colette Colomb-Bourreau et Claudette Fillard, Les mouvements féministes américains, Ellipses, Paris, 2003 (ISBN 2-7298-1307-1)

Écrits féministes

Liens externes

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