Andrée Butillard

Andrée Butillard (1881-1955) est la fondatrice de Union féminine civique et sociale (UFCS) en 1925.

Sommaire

Biographie

L'éveil à l'apostolat social

Andrée Butillard naît le 29 août 1881 à Uchizy (Saône-et-Loire, en France), dernière de neuf enfants dont six morts en bas âge. Orpheline à quatorze ans, élevée par sa sœur ainée, elle entre au pensionnat des « Dames de Nazareth » à Lyon. A vingt ans, elle suit les cours féminins de Marie-Louise Rochebillard à la Faculté catholique de Lyon, qui l'éveillent à la condition ouvrière et à l'action sociale que les femmes catholiques peuvent entreprendre pour la justice et la charité dans l'esprit de l'encyclique de Léon XIII Rerum novarum.

Marie-Louise Rochebillard, qui a fondé les premiers syndicats féminins chrétiens, réunit autour d'elle un groupe de jeunes femmes désireuses de se consacrer à l' « apostolat social ». Andrée Butillard, qui aspirait à se consacrer à Dieu tout en conservant la vie d’une laïque, est des premières à répondre à l’appel. L'expérience est de courte durée mais Andrée y gagne une camarade d'apostolat : Aimée Novo. Toutes deux partent étudier les autres expériences de syndicat féminin puis rencontrent à Paris les personnalités du catholicisme social qui leur donneront un cadre de pensée et d'action.

A Paris, de 1909 à 1919, Andrée Butillard travaille aux côtés de Léonie Chaptal dans le quartier populaire Plaisance. Elle y fonde des syndicats pour les travailleuses à domicile, la couture, la parfumerie et les employées de banque et elle mène des actions de formation pour responsabiliser les femmes, notamment au cours des « semaines syndicales » et elle fait pression auprès de parlementaires pour l'instauration d'un salaire minimum pour les ouvrières à domicile de l'industrie du vêtement (loi du 10 juillet 1915).

Andrée Butillard et Aimée Novo fondent aussi une École normale sociale (ENS) pour former des élites sociales féminines selon les principes du catholicisme social.

En 1917, elles demandent au père Aymieu, qui les a soutenues depuis le début, de rédiger les statuts d'une nouvelle congrégation catholique nommée « Notre-Dame du travail », où Andrée, Aimée et leur petite équipe choisissent la pauvreté, le célibat et l'apostolat social. « Notre-Dame du travail » restera un engagement personnel à propos duquel elles observeront une grande discrétion.

En 1925, Andrée Butillard laisse à d'autres la direction de l'ENS qui devient un centre de formation pour les travailleuses sociales. Elle préfère concentrer son action sur les causes du mal et sur ses remèdes : elle crée alors, à quarante-quatre ans, l'Union féminine civique et sociale (UFCS).

L'Union féminine civique et sociale

Le but de l'UFCS, défini dans les statuts du 9 juin 1925, est de « grouper les personnes qui désirent travailler à promouvoir en France l'ordre social chrétien, conformément à la doctrine catholique. Elles veulent dans ce but développer l'éducation sociale des différents milieux et exercer les droits civiques que donnerait à la femme l'électorat et l'éligibilité »[1]. Contrairement aux organisations féministes qui défendent un vote féminin, l'UFCS défend prioritairement un « vote familial » où le « le nombre de voix est proportionnel à la taille de la famille »[2].

Andrée Butillard en sera la secrétaire générale (1925-1940) puis la présidente (1940-1949). Alors que les organisations féministes françaises choisissent après 1940 la voie de la dissolution, l'UFCS, sous la direction de Butillard, accepte de participer aux structures mises en place par le régime de Vichy[2].

Article détaillé : Union féminine civique et sociale.

Notes et références

  • Source principale : Thérèse Doneaud, Christian Guérin, Les femmes agissent, le monde change: histoire inédite de l'Union féminine civique et sociale, Cerf "Histoire", 2005.
  1. Cité dans Thérèse Doneaud et Christian Guérin, Les femmes agissent, le monde change : histoire inédite de l'Union féminine civique et sociale, Cerf "Histoire", 2005, p. 37.
  2. a et b Michelle Zancarini-Fournel, « Les féminismes, des mouvements autonomes ? », dans Le Siècle des féminismes, Éditions de l'Atelier, p. 232.

Bibliographie

Publications d'Andrée Butillard

  • 1942 : La Femme au service du pays, U.F.C.S., Paris-Lyon
  • 1945 : La vie politique et les femmes, U.F.C.S.
  • 1952 : Apostolat social, S.I.A.S.

Fonds d'archive

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie complémentaire

  • Joceline Chabot, Les débuts du syndicalisme féminin chrétien en France (1899-1944), PUL, 2003.
  • Thérèse Doneaud, « 50 ans de la vie d’un mouvement de femmes : l’Union féminine civique et sociale », in Éléments pour l’histoire de l'Education populaire, documents de l'I.N.E.P., no XXI, 1976.
  • Thérèse Doneaud et Christian Guérin, Les femmes agissent, le monde change: histoire inédite de l'Union féminine civique et sociale, Cerf "Histoire", 2005.
  • Henri Rollet, Andrée Butillard et le féminisme chrétien, Spes, 1960.

Liens externes


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