Liberalisme

Libéralisme

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Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né d'une opposition à l'absolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières (XVIIIe siècle), qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelles sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux qu'aucun pouvoir ne peut violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations sociales imposées par le pouvoir au profit du libre choix de chaque individu.

Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s'oppose à l'assujettissement de l'individu, d'où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d'un maximum de liberté, notamment en matière économique. Pour la plupart des libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » n'existe donc pas, puisqu'il s'agit de l'application d’une même doctrine dans des domaines différents.

Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d'expression des individus dans le respect du droit du pluralisme et du libre échange des idées. Elle doit joindre d'une part dans le domaine économique, l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché, d'autre part, des pouvoirs politique et économique bien encadrés par la loi et les contre-pouvoirs. Elle valorise donc le mérite comme fondement de la hiérarchie. Cela suppose idéalement un État centré sur ses fonctions régaliennes, état de droit élu et responsable devant les représentants du peuple, transparent et garantissant le respect des minorités.

Il existe au sein du courant libéral des différences d'opinion quant aux justes limites à fixer à l'action de l'État, ainsi qu'aux modalités de l'action publique (notamment aux rôles respectifs de l'action administrative et de la loi). La plupart des libéraux considèrent que l'action de l'État est nécessaire à la protection des libertés individuelles, et nombre d'entre eux (comme Adam Smith, Raymond Aron, Karl Popper ou Benedetto Croce) acceptent voire recommandent certaines interventions de l'État dans l'économie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À l'opposé, les libertariens (ou anarcho-capitalistes) refusent à l'État toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.

Sommaire

Présentation générale

L'individu est au centre du libéralisme. La plus haute tâche de l'État est d'assurer et de défendre la liberté individuelle qui est considérée comme imprescriptible. La liberté individuelle étant aux yeux des libéraux la norme fondamentale et le fondement de la société humaine autour de laquelle l'État, l'ordre politique et économique doivent être structurés.

Mais, alors que pour les libéraux classiques, la primauté de la liberté individuelle est un principe absolu qui s'applique à tous les domaines de la vie en société, il est devenu courant de subordonner l’application de ce principe aux circonstances, de considérer que les volets philosophique, politique, social et économique du libéralisme sont indépendants les uns des autres, voire de réduire le libéralisme à ses aspects économiques comme le fait l'usage moderne français.

Les différents courants au sein du libéralisme

Il existe plusieurs courants de pensée libéraux qui se différencient notamment par leurs fondements philosophiques, par les limites et les fonctions qu’ils assignent à l'État, et par le domaine auquel ils appliquent le principe de liberté (économie, institutions politiques, domaine social). Il est ainsi courant de distinguer le libéralisme classique d'un Adam Smith du social-libéralisme et du libertarianisme (minarchisme, agorisme et anarcho-capitalisme). Du point de vue de la théorie économique on distinguera l'école néoclassique de l'école autrichienne.

Doctrines et systèmes politiques auxquels s'oppose le libéralisme

Doctrine individualiste, le libéralisme s’oppose aux doctrines holistes telles que le socialisme, l'étatisme ou le communautarisme qui définissent la personne comme faisant partie d’un corps social (groupe social, société...) porteur d'un intérêt collectif auquel certain de ses comportements et ses choix sont ou doivent être subordonnés. Il s'oppose aussi au totalitarisme et à toutes les formes d'abus de pouvoir qui limitent voire détruisent la liberté des individus ou imposent la collectivisation totale de l'économie (comme le communisme).. En prônant la liberté individuelle, notamment par rapport aux traditions, le libéralisme peut s'opposer également au conservatisme et a été condamné au dix neuvième siècle par les courants moralistes (catholicisme traditionnel.) Certains libéraux s'opposent aux courants prônant l'interventionnisme étatique, la régulation de l'économie par l'État (comme le keynésianisme).

Le mot « libéralisme » est utilisé dans des sens différents, plus ou moins larges, et quelquefois contradictoires. En partie à la faveur de ce flou sémantique, le libéralisme est l’objet de controverses nombreuses et souvent violentes et ce surtout en France, qui résultent souvent d’un désaccord sur le sens même du terme. Si la reconnaissance et l'acceptation des aspects du libéralisme social et politique dépassent le seul courant libéral, le versant économique du libéralisme, lui, est beaucoup moins accepté (nombreuses prestations étatiques obligatoires, tentatives de contrôle de l'économie par le collectif). Certains opposants le considèrent comme une idéologie responsable de la plupart des maux du monde actuel, ou comme un courant de pensée étant aujourd'hui détourné de sa vocation d'origine, considérant que la liberté économique n'est pas automatiquement factrice de libertés individuelles pour tous les acteurs économiques.

Usages du terme

Dans la tradition la plus ancienne, la liberté individuelle est un principe général qui s'applique à tous les domaines de la vie en société. Selon ce point de vue, c'est une erreur de séparer différentes formes de libéralisme, car toutes sont des conséquences indissociables d'un seul et même principe philosophique de liberté. Ce courant est souvent appelé « libéralisme classique » pour le distinguer des autres usages modernes du mot libéralisme.

D'autres auteurs ne voient pas le principe de liberté comme absolu et le prônent selon le domaine. Ils sont rejoints par des spécialistes qui ne s'intéressent qu'à un domaine bien précis, et qui pour cette raison évitent de parler du libéralisme en général. On distingue alors trois domaines principaux :

  • le libéralisme politique au sens étroit (organisation des droits politiques) ou large (coutumes, mœurs, éventuellement religion) ;
  • le libéralisme économique ;
  • le libéralisme en matière de mœurs et sur les questions de société.

Les historiens des idées politiques, de leur côté, s'intéressent aux courants qui se sont réclamés du libéralisme à différentes époques et en différents lieux. Ils distinguent ainsi plus finement un grand nombre de variétés dans les courants libéraux[1]. C'est pourquoi le terme « libéralisme » recouvre aussi des réalités diverses selon les pays et leur histoire politique.

  • Aux États-Unis, on appelle liberals les sympathisants de gauche. Ce sont des progressistes à peu près équivalents aux sociaux-démocrates européens mais en moins étatistes, ce qui les place à la gauche, voire à l'extrême gauche de l'échiquier politique : l'accent est mis sur la liberté de mœurs et l'égalité en droits (notamment concernant les droits civils). Les liberals américains s'opposent également à la droite sur les questions de politique étrangère : ils accordent d'avantage d'importance aux organes de sécurité collective et aux institutions internationales. Il existe aussi les libertarian, qui s'opposent à l'autorité de l'État fédéral et défendent un libéralisme économique absolu (dont une des formes les plus radicales est l'anarcho-capitalisme).
  • En France, au contraire, le qualificatif « libéral » sert la plupart du temps à désigner une personne favorable au libéralisme économique, sans nécessairement faire référence à la philosophie libérale. L'usage est plus nuancé en Europe, les Britanniques désignant par exemple par classical liberals les libéraux au sens propre et les Allemands par Liberal les mêmes personnes.

Histoire du libéralisme

Bien que le terme « libéralisme » pour désigner un courant de pensée ne soit apparu qu’en 1823 dans le Dictionnaire universel de la langue française, les origines de ce mouvement sont lointaines.

Origines

Pour certains historiens des idées comme Philippe Nemo[2] ou Murray Rothbard, ce que l'on définit aujourd'hui généralement comme la tradition libérale prolongerait un mouvement d’idées perceptible depuis la liberté politique qui fut parfois accordée dans les Cités grecques, et la méfiance que l'on pouvait y trouver à l'encontre d'un gouvernement arbitraire. Ainsi la représentation libérale du monde n'aurait pas surgi ex nihilo aux environs du XVIe siècle mais aurait déjà été en germe par exemple sur l'agora, où l'exposition et la critique de théories furent parfois possibles.

Dans le même mouvement, depuis Aristote, Épictète et les Stoïciens, Diogène et les Cyniques, un courant peut être identifié, affirmant la primauté de l’individu. Par certains côtés, le monothéisme abrahamique (judaïsme, christianisme et islam) affirment la responsabilité de l'individu. L’humanisme de la Renaissance, modifie profondément la définition du rapport de l'homme à la création, au pouvoir, à l'éducation ou au religieux, en particulier par l'affirmation du rôle central du libre arbitre. La fidélité à l'ordre de la tradition est remise en cause au profit de l'arbitrage de la raison de l'individu éclairé.

Dès le XVIe siècle, les philosophes de l'école de Salamanque reformulent la notion de droit naturel héritée d’Aristote, des Stoïciens, de Cicéron[3] et de Thomas d’Aquin, et en déduisent les principes de souveraineté du peuple et de séparation des pouvoirs. Dans le domaine économique, ils justifient la propriété privée, la libre circulation des personnes et des biens et défendent le libre marché. Au XVIIe siècle, le mouvement libéral s’incarne en particulier dans les levellers de la révolution anglaise de 1642.

Naissance du libéralisme

John Locke

La pensée libérale se construit entre le milieu du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des philosophes des Lumières, en opposition à l’absolutisme politique légitimé par des conceptions religieuses.

John Locke pose ce qui deviendra les fondements de la philosophie libérale moderne, en organisant et en développant ses thèmes principaux : théorie des droits naturels, limitation et séparation des pouvoirs, justification de la désobéissance civile, affirmation de la liberté de conscience, séparation de l’Église et de l’État.

Hume, Condillac, Montesquieu développent les conséquences de leurs positions philosophiques libérales dans les domaines politique et économique. Des penseurs plutôt connus en tant qu'économistes, comme Turgot, Adam Smith ou John Stuart Mill, prennent soin de rattacher leurs positions économiques aux racines philosophiques du libéralisme. L’école libérale dite « classique » se constitue alors comme une pensée cohérente englobant tous les domaines de l’action humaine étudiés à cette époque.

Influence grandissante en Occident

Montesquieu

Le libéralisme a exercé une profonde influence sur la révolution américaine de 1775. Une partie des élites, notamment bourgeoises, ayant soutenu la Révolution française de 1789 et dirigé le pays après la chute de la monarchie constitutionnelle, était partisane du libéralisme qui se traduisait en France par une pensée subversive à l'encontre de la monarchie absolue de droit divin. Certains des principes fondateurs du libéralisme sont contenus dans le préambule de la Constitution américaine de 1787, ainsi que dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. La révolution américaine est riche d'auteurs libéraux, de Thomas Jefferson et Benjamin Franklin à Thomas Paine.

Le début du XIXe siècle voit l’approfondissement des idées libérales, avec, par exemple dans le domaine politique, Benjamin Constant et le cercle de Coppet qui rassemble des opposants libéraux à Napoléon, et Jean-Baptiste Say dans le domaine économique. Les libéraux s’efforcent de diffuser largement leurs idées, qui s’opposent aux idées étatistes prédominantes dans les cercles du pouvoir. Au milieu du siècle sont publiés les célèbres pamphlets de Frédéric Bastiat.

Les idées libérales se diffusent dans la vie politique occidentale, au point de devenir la « basse continue » des systèmes politiques à partir du XVIIIe siècle selon Pierre Manent[4]. Pour Raymond Aron, parlant de l'exemple britannique dans la première partie de L'Opium des intellectuels (1955), les idées libérales s'imposent au point d'être présentes dans les programmes de tous les partis et de ne plus nécessiter de parti spécifique.

De la Révolution industrielle à nos jours

À partir de la fin du XIXe siècle, des divergences apparaissent au sein du courant libéral qui portent sur le rôle et la nature des interventions de l'État. Un courant progressiste apparait avec L.T.Hobhouse qui tente de prendre davantage en considération les conditions sociales qui permettent la liberté de chacun.

Au XXe siècle, les deux guerres mondiales et les grandes crises économiques (1929) entraînent une redéfinition du rôle et des contours de l'État dans le sens d’une intervention croissante. Les controverses et les débats autour du libéralisme portent surtout sur l’économie considérée de façon indépendante. La philosophie libérale classique reste néanmoins vivace bien que très minoritaire, portée notamment par des philosophes comme Mario Vargas Llosa ou, en France, par Alain, Bertrand de Jouvenel, Raymond Aron et Jean-François Revel, ainsi que par des auteurs de la tradition dite autrichienne, surtout connus comme économistes (Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Murray Rothbard, Pascal Salin).

Les fondements du libéralisme

Les droits naturels

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

Le fondement de la pensée libérale est une théorie du droit selon laquelle chaque être humain est seul maître de lui-même et possède des droits fondamentaux et inaliénables qui découlent de sa simple existence et sont inhérents à la nature humaine, indépendamment des structures sociales dans lesquelles il est (ou n'est pas) inséré. Ces droits sont le droit à la liberté et le droit à la propriété.

Du droit à la vie découlent le droit de légitime défense contre toute agression, le droit à la sûreté et le droit de résistance à l’oppression.

La définition de la liberté individuelle la plus courante est celle de l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. »

Certains philosophes des Lumières lui préfèrent la définition suivante :

« La liberté est l'autorisation de n'obéir à aucune autre loi extérieure que celles auxquelles j'ai pu donner mon assentiment » (Kant, note de la 2e section de Vers la paix perpétuelle).

La liberté se traduit par le droit pour chacun d'agir comme il le décide afin de poursuivre ses objectifs propres par ses moyens propres, d'échanger, de s’associer et de contracter librement, de s'exprimer librement et de choisir librement ses sources d’information.

Le droit de propriété est le droit pour chaque individu de disposer à sa guise du fruit de son activité et des richesses qu'il a créées ou acquises de façon légitime, ainsi que de s’approprier toute chose (par exemple l’espace qu’il occupe ou l’air qu’il respire) qui n'est pas déjà la propriété d'un autre individu. Ces droits ont un caractère universel. Ils sont applicables à tous les êtres humains, à tout moment et en tout lieu, ce qui fonde l’égalité en droit.

Un droit naturel se distingue d'un droit positif en ce que son exercice ne suppose rien quant à l’action d’autres personnes et qu'il ne découle pas d'une définition législative. « Personnalité, Liberté, Propriété [...] sont antérieures et supérieures à toute législation humaine »(Bastiat).

La thèse des droits naturels est largement développée par John Locke. De cette théorie est issue la conception moderne des droits de l'homme qui a fourni historiquement une partie de la justification idéologique de la Révolution américaine et de la Révolution française.

Cependant, la théorie des droits naturels a été vigoureusement contestée par Jeremy Bentham et John Stuart Mill. Selon ces deux auteurs, dont les idées sont déjà présentes in nucleo chez David Hume (Enquête sur les principes de la morale, Section V, Pourquoi plaît l'utilité, Deuxième partie), les principes du libéralisme ne ressortissent pas au respect de droits naturels dont Bentham et Mill nient par ailleurs l'existence, mais à la contribution essentielle de la liberté à notre bonheur. Pour les utilitaristes, une société heureuse est une société libre où chacun vit comme il l'entend tant que cela ne nuit pas à autrui. C'est le principe de non-nuisance développé par J.S. Mill dans son De la liberté. L'utilitarisme pose donc que les sociétés libérales sont celles qui maximisent notre bonheur.

On voit dès lors où se situe la différence entre l'école libérale des droits naturels dont Kant est un des représentants les plus marquants, et le libéralisme utilitariste. L'utilitarisme admettra par exemple le sacrifice de certains au bonheur du plus grand nombre tandis que le libéralisme d'obédience kantienne tiendra la vie humaine pour sacrée et inaliénable puisque le respect absolu de la vie d'autrui est imposée par le droit naturel. Se pose alors la question de savoir si une démocratie libérale a le droit d'enrôler ses citoyens lorsqu'elle est en danger. Faute d'envisager des cas tels que la guerre, la théorie libérale des droits naturels s'interdit de penser le rôle de l'État (dont la version extrême libertarienne conteste du reste la légitimité) dans les relations internationales. Inversement, l'utilitarisme libéral court le danger grave de justifier les raisonnements du type la fin justifie les moyens. Jusqu'où a-t-on le droit de sacrifier le bonheur de certains au bonheur du plus grand nombre ? Ou bien encore : y a-t-il place pour l'eugénisme dans une société libérale ?

L’éthique

La morale libérale peut se résumer par un seul précepte : Tu ne violeras pas les droits naturels d’un autre être humain. Elle laisse chacun libre de choisir ses propres fins, ses propres moyens et sa propre morale, dans la mesure où il n’empêche pas les autres d’en faire autant.

Réciproquement, ces droits impliquent des obligations qui forment le noyau d'une morale personnelle. Ils impliquent l’interdiction de toute agression contre l’intégrité de la personne, du meurtre, du vol et de l’esclavage sous toutes leurs formes, et de toute forme de dictature. Ils commandent la tolérance à l'égard des idées, des croyances et des actes d'autrui.

À part cela, le libéralisme ne prescrit aucun comportement particulier au niveau individuel. Il considère que la morale et les religions sont hors de son domaine et se borne à interdire l’usage de la contrainte en matière religieuse ou morale, comme dans toutes les autres matières.

La responsabilité, inséparable de la liberté et de la propriété, dit que chaque individu doit supporter les conséquences de ses actions, bonnes ou mauvaises. C'est une condition de la liberté : si autrui devenait responsable de nos actions, il devrait acquérir l'autorité pour nous imposer ses vues et donc restreindre notre liberté. C'est aussi une composante de la sûreté d'autrui.

La notion de liberté est liée à celle d'égalité en droit : la liberté des autres implique de leur reconnaître les mêmes droits que ceux qu'on s'accorde. Pour les libéraux, tous les êtres humains doivent être traités comme des égaux quelles que soient leurs différences.

Le libéralisme n'est pas l'anomie comme absence de règles de droits. Le droit est formé d’une part par le droit naturel, et d’autre part par le droit positif qui est le produit des contrats passés entre les individus.

Les différents aspects du libéralisme

Aspect social

Le libéralisme exige de la société le respect des droits naturels et la limitation des compétences de l’État comme le dit le philosophe allemand Wilhelm von Humboldt dans son Essai sur les limites de l'action de l'État (1792). Une société libérale est le résultat des choix et des actions effectués librement par l'ensemble de ses membres, ce qui lui permet théoriquement de prendre des formes très diverses.

Cependant, la plupart des auteurs libéraux forment un pronostic explicite ou implicite sur la forme que doit prendre une société libérale. Ils partent du constat que l’être humain est un animal profondément social, qui est attentif aux sentiments et au bien-être de ses semblables et sait que l'association avec eux est le moyen de sa propre survie et de sa propre satisfaction. Tout en reconnaissant l'extrême diversité des êtres humains, les penseurs libéraux ont a priori confiance dans leur action spontanée, et pensent que les individus sont conduits par leurs instincts et leur raison à coopérer et à mettre en place des solutions efficaces d'un point de vue individuel et social (principe revendiqué par les libéraux depuis Mandeville dans La Fable des abeilles, Montesquieu ou Adam Smith avec sa « main invisible » souvent mal comprise).

Rien dans le libéralisme ne s'oppose aux actions collectives, à condition que les associations qui les entreprennent soient entièrement volontaires et n'exercent aucune contrainte ni sur leurs membres, qui doivent pouvoir les quitter librement, ni sur les autres individus.

Selon les projets auxquels il veut participer, chaque être humain peut appartenir à un nombre quelconque de communautés, chacune ne pouvant lui demander que ce qui est nécessaire à la réalisation de son objet particulier. La société libérale idéale n’est ni une juxtaposition d’individus égoïstes étrangers les uns aux autres, ni une juxtaposition de communautés séparées, mais plutôt un enchevêtrement d’associations volontaires de toutes natures à travers lesquelles chacun peut travailler aux fins qu’il se donne, en coopérant librement avec ceux qui partagent tel ou tel de ses idéaux.

Par l’exemple et l’imitation, les objectifs, les règles et les méthodes adoptés par certains groupes peuvent se diffuser à l’ensemble de la société, faisant émerger un ordre spontané que les libéraux considèrent comme le seul légitime, à condition qu'il ne viole pas les droits naturels des individus.

Aspect politique

Le libéralisme classique admet que l’institution de l’État est nécessaire pour faire respecter l’interdiction de la violence. Chacun doit renoncer à utiliser la violence, selon le principe fondamental de responsabilité individuelle, et en confier à l’État le monopole, au service de la protection de chacun contre tous les autres.

L’État étant une organisation humaine, les libéraux pensent que le risque que les hommes qui le composent abusent de ce monopole de la violence est permanent. En même temps qu’il est le garant des libertés, l’État est donc perçu comme la plus grave menace pour ces mêmes libertés. Lui accorder « le monopole de la violence légitime » (Max Weber) a pour contrepartie nécessaire de limiter son domaine d’action de façon rigoureuse.

Pour les libéraux classiques, les seules fonctions légitimes de l’État sont celles qui assurent la protection du citoyen : police, justice, diplomatie et défense nationale. Ces fonctions forment l’État minimal limité à ses fonctions dites régaliennes. Dans l’exercice de ces fonctions, l’État doit être soumis aux mêmes lois que les citoyens, et ne pas faire de lois qu’il ne s’appliquerait pas à lui-même.

Le libéralisme classique ne se prononce pas sur la forme institutionnelle de l’État, mais seulement sur l’étendue de ses pouvoirs. Il préfère néanmoins les dispositions qui permettent de limiter effectivement ces pouvoirs, comme la démocratie et la séparation des pouvoirs.

Le libéralisme classique ne reconnaît pas de droits particuliers aux majorités, même démocratiquement élues. De la même façon qu’il interdit à un plus fort d’imposer sa volonté à un plus faible, il interdit à un plus grand nombre d’individus d’imposer leur volonté à un plus petit nombre. Le rôle de l’État libéral n’est pas de faire régner la loi de la majorité, mais au contraire de protéger la liberté des individus et des minorités contre les plus forts et les plus nombreux. En particulier, le libéralisme classique refuse qu’une majorité même démocratique puisse étendre le domaine d’action exclusif de l’État au-delà de l’État minimal.

Cette philosophie politique pourrait se résumer en trois citations[5] :

Montaigne : « Les princes me donnent prou s’ils ne m’ôtent rien, et me font assez de bien quand ils ne me font point de mal ; c’est tout ce que j’en demande » (nota : prou = beaucoup) ;
Jean-Baptiste Say : « À la tête d’un gouvernement, c’est déjà faire beaucoup de bien que ne pas faire de mal » ;
Frédéric Bastiat : « N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième ».

Ces positions ont été développées au XXe siècle par l’École des choix publics, qui analyse les actions de l’État comme celles d'une organisation comme les autres (qui défend les intérêts particuliers de ceux qui la composent ou qui la soutiennent) et constate la non-existence de l’« intérêt général » (dans la mesure où il est impossible d'en donner la moindre définition ou caractéristique). Les libéraux les plus radicaux, les libertariens ou anarcho-capitalistes, affirment que la sphère des attributions légitimes du pouvoir politique est vide, et que le risque pris en confiant à l’État le monopole de la violence est trop grand pour valoir d’être couru. Ils considèrent donc l’État comme un ennemi et prônent sa disparition totale et la fin du politique. Par opposition, les tenants des positions classiques sur l’État minimal sont souvent appelés minarchistes.

Les démocraties modernes sont qualifiées de libérales car y sont institués l’État de droit, la séparation et la limitation des pouvoirs ainsi que la liberté de la presse. Elles prennent soit la forme d’une république (exemple : Allemagne, Inde, France) soit d'une monarchie constitutionnelle (exemple : Espagne, Norvège, Pays-Bas, le Royaume-Uni et son Commonwealth, Suède).

Aspect économique

Article détaillé : Libéralisme économique.

Deux positions coexistent dans la tradition classique. À la suite d’Adam Smith, l’école classique anglaise (Smith, Malthus, Ricardo, Stuart Mill) légitime une certaine intervention de l'État dans la sphère économique en lui assignant d'abord trois devoirs :

« Le souverain n'a que trois devoirs à remplir [...]. le premier, c'est de défendre la société de tout acte de violence ou d'invasion de la part d'autres sociétés indépendantes [...]. Le deuxième, c'est de devoir protéger, autant qu'il est possible chaque membre de la société contre l'injustice ou l'oppression de tout autre membre, ou bien le devoir d'établir une administration exacte de la justice [...]. Et le troisième, c'est le devoir d'ériger ou d'entretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l'intérêt privé d'un particulier ou de quelques particuliers ne pourrait jamais les porter à ériger ou à entretenir, parce que jamais le profit n'en rembourserait la dépense à un particulier ou à quelques particuliers, quoique à l'égard d'une grande société ce profit fasse plus que rembourser les dépenses »

— Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Livre IV, chap. IX

Au fil de la Richesse des nations, Adam Smith ajoute d'autres prérogatives à l'État. Il prévient que la « main invisible » n'intervient que dans des situations de concurrence, comme dans le petit artisanat, et avertit que, pour leur part, les industriels conspirent toujours ensemble afin de faire monter les prix. L'État a donc le devoir de sauvegarder les conditions de la concurrence contre les capitalistes. Enfin, certaines activités de l'industrie ont des effets non souhaitables (principe des externalités) : la division du travail abrutit les hommes ; et il faut souhaiter que l'État prenne en charge ces désagréments, en assurant l'éducation de la population par exemple.

Pour les classiques français (Turgot, Condillac, Say), le libéralisme économique est essentiellement l’application de la philosophie libérale aux actes économiques : l'économie n'est qu'un des domaines de l'activité humaine où l'État n'a pas de légitimité à intervenir autrement que comme un acteur économique sans privilèges particuliers, et dans le plus petit nombre de domaines possible : la protection des citoyens, l'exécution de la justice et la défense contre d'éventuels agresseurs. Ils jugent inutile et dangereuse toute intervention supplémentaire, considérant d'une part que l'initiative privée, informée par le marché, est à même de suppléer avantageusement la plupart des fonctions de l'État, et, d'autre part, que l'extension de la sphère d'intervention de l'État conduit à une croissance non maîtrisée de la sphère publique au détriment de l'initiative privée, à des inefficacités chroniques, et même à des dérives totalitaires.

À cette forme du libéralisme classique, l’École autrichienne ajoute l'idée que tout accord librement consenti ou ensemble d'échanges librement consentis augmente la satisfaction des participants telle que perçue par chacun d'entre eux, car s’il en était autrement, celui qui se sentirait lésé refuserait cet accord qui n’aurait donc pas lieu. La liberté d’échanger et d’entreprendre est vue par ces auteurs à la fois comme un cas particulier du principe philosophique de liberté, donc un impératif moral qui s’impose indépendamment de ses conséquences, et comme un moyen qui conduit le plus probablement à la plus grande satisfaction générale.

La vision conséquentialiste du rôle de l'État est devenue prédominante de nos jours avec la conception néoclassique, qui voit dans la liberté des échanges un moyen d’arriver à un optimum économique. Pour certains néoclassiques, l’État doit alors faciliter l'enrichissement des citoyens, jouer un rôle primordial en tant qu'arbitre des échanges économiques, assurer le respect de l'exécution des contrats, encadrer les échanges marchands par une législation adaptée afin de corriger les défaillances du marché, gérer les biens publics, ouvrir des voies commerciales, etc. D'autres néoclassiques arrivent à la conclusion d'une nuisance générale des ingérences de l'État.

De même, le keynésianisme ou les diverses formes du « libéralisme de gauche »[6], tout en se réclamant du libéralisme, recommandent une intervention « raisonnable » et limitée de l’État dans l’économie pour assurer le plein emploi, la stabilité économique et la croissance ; mais aussi pour mettre en place un « plancher » sous la société libérale afin d'aider les plus démunis, tout en gardant à l'esprit qu'il importe d'interférer le moins possible avec les libertés économiques et politiques fondamentales. Pour Noam Chomsky, au-delà de la vision traditionnelle du libéralisme comme volonté de limiter les fonctions de l'État, « à un niveau plus profond, la vision libérale classique est issue d'une conception précise de la nature humaine, qui met l'accent sur l'importance de la diversité et de la libre création. Cette conception s'oppose donc fondamentalement au capitalisme industriel, qui se caractérise par son esclavage salarial, son travail aliénant et ses principes hiérarchiques et autoritaires d'organisation sociale et économique »[7].

Compte tenu d'un risque naturel de constitution de cartels (ou trusts), toutes les grandes démocraties occidentales se sont dotées de lois antitrusts comme le Sherman Act, qui visent à rétablir la fluidité des rapports économiques et protéger voire institutionnaliser la libre concurrence. Cette protection de la libre concurrence est souvent dénoncée comme une imposture, par exemple par Alan Greenspan[8]. D’autres ajoutent que les lois qui régissent le comportement des entreprises doivent être les mêmes pour toutes indépendamment de leur taille, et que toute discrimination reposant sur la taille des entreprises est illégitime et contre-productive. Beaucoup considèrent à l'inverse que le libéralisme suppose l'existence de lois antitrust garantissant la pérennité de la concurrence sans obstruction des entreprises géantes, tout en demandant à l'État de garder son rôle d'arbitre, et non de joueur[9]. Faute d'un État fort, il serait par exemple difficile d'interdire les pratiques de vente liée[10], qui entravent par définition la libre concurrence. C'est pour la même raison – interdiction d'entente entre des producteurs économiques, mais cette fois-ci des ouvriers – que la grève fut quelque temps au XIXe siècle considérée comme activité illégale.

Aspect environnemental

La naissance du libéralisme correspond à l'avènement de la Révolution industrielle, et à l'apparition de modèles économiques qui ont fortement modelé la structure de l'activité économique, engendrant une hausse significative de la production et une diminution relative de la part de l'agriculture par rapport à celle de l'industrie.

L'économie post-industrielle, malgré le développement des technologies de l'information et de la communication en apparence peu consommatrices de ressources naturelles (mais il ne s'agit que d'apparences car elles consomment également des ressources) continue d'être fortement dépendante en ressources naturelles (énergies fossiles, matières premières) [11].

Dès le début du XXe siècle, Arthur Cecil Pigou, dans ses travaux sur l'économie du bien-être, va prendre en considération les effets non désirés qui peuvent découler d'une relation marchande en inventant la notion d'externalités. Pigou proposera par la suite la création d'une taxe qui portera son nom pour corriger les externalités négatives, ce qui donnera plus tard naissance au principe du pollueur-payeur en matière d'environnement.

Aujourd'hui encore, les modèles économiques continuent d'évoluer pour tenter de mieux intégrer les effets des croissances démographique et économique sur l'environnement, notamment l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables.

Critiques

Une objection, transversale à plusieurs courants de pensée, est que le « libéralisme philosophique » fait la promotion d'une liberté irréelle. Des critiques, de nature marxiste ou psychosociologique[12], opposent libertés formelles (droit de circuler, par exemple) et libertés réelles (capacité économique de réellement circuler, par exemple) et reprochent aux libéraux de favoriser les droits de l'individu sans se préoccuper des conditions d'existence de ces mêmes individus au sein de la société. Le conservateur Michel Villey rejoint sur ce point la pensée marxiste quand elle soutient que si les droits formels libéraux sont supposés profiter à tous, ils ne profitent en réalité qu'à ceux qui peuvent matériellement les exercer : les riches, les propriétaires[13].

Des auteurs[réf. nécessaire] avancent que les présupposés individualistes du libéralisme ne trouvent pas de traduction concrète : l’unité sociale est essentiellement le groupe selon leurs observations, et l’individu ne peut être appréhendé dans sa totalité sur des bases uniquement et strictement individuelles[14]. Selon le groupe qui est considéré, on trouve différentes variétés d'holisme prenant en compte des réalités collectives telles que l’entreprise, l’association, la famille. Selon ces critiques, l'individu ne peut pas être une force agissante ou se considérer de prime abord comme libre au sein d'une société de masse[15].

Ces critiques reposent sur une assimilation du libéralisme à l'individualisme bien que les doctrines ne se confondent pas et qu'un libéral comme Tocqueville par exemple dénonçait expressément l'individualisme. Locke niait que l'état naturel de l'homme soit l'isolement. Pour lui et la tradition libérale l'homme est un animal social dont les motivations individuelles incorporent une forte dose d'altruisme et de souci de l'harmonie de la société. De même pour Bastiat, l'idée que « la société est un état hors de nature, né d'un contrat » est une des « deux idées [qui] forment le caractère spécial, le cachet distinctif du socialisme »[16]. En 1927 dans Libéralisme, Ludwig von Mises reprenait cette perspective, écrivant que la société est essentielle à la vie de l'homme et que ce dernier doit en tenir compte dans ses actions[17].

De manière plus générale, des libéraux comme Pascal Salin estiment que les critiques les plus nombreuses ne reposent que sur une divergence d’interprétation du terme libéralisme, que ce qui est dénoncé sous le nom de « libéralisme » n’est qu’une construction intellectuelle éloignée de la position des libéraux eux-mêmes.

Les critiques adressées au libéralisme économique font l'objet d'un article dédié.

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages fondateurs (par ordre chronologique)

Ouvrages d'analyse (par ordre chronologique)

  • Le Libéralisme, Georges Burdeau, Seuil, 1979, (ISBN 978-2020051486)
  • Histoire intellectuelle du libéralisme, Pierre Manent, Hachette Littérature, 1997, (ISBN 978-2012788657)
  • Anthologie du Libéralisme, Mikael Garandeau, Garnier-Flammarion, 1998, (ISBN 2080730169)
  • Libéralisme, Pascal Salin, Odile Jacob, 2000, (ISBN 978-2738108098)
  • Les Libéraux, Pierre Manent (anthologie), Gallimard, 2001, (ISBN 978-2070763412)
  • La Philosophie libérale, Alain Laurent, Les Belles Lettres, 2002, (ISBN 978-2251441993)
  • Histoire du libéralisme en Europe, sous la direction de Philippe Nemo et Jean Petitot, PUF, 2006, (ISBN 978-2130552994)
  • Le Libéralisme américain. Histoire d’un détournement, Alain Laurent, Belles Lettres, 2006, (ISBN 978-2251443027)
  • L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale, Jean-Claude Michea, Climats, 2007, (ISBN 978-2081207059)

Autres ouvrages (par ordre chronologique)

  • Droit naturel et histoire, Léo Strauss, Champs Flammarion, 1999, (ISBN 978-2080811585)
  • Le Libéralisme contre le capitalisme, Valérie Charolles, Fayard, 2006, (ISBN 978-2213630748)
  • La Théorie politique de l'individualisme possessif : De Hobbes à Locke, C.B. Macpherson, Gallimard, 2004, (ISBN 978-2070316670)
  • Les Racines de la liberté : Le débat français oublié, 1689-1789, Jacques de Saint-Victor, Perrin, 2007, (ISBN 978-2262023799)

Articles

  • Les Libéraux face aux révolutions : 1688, 1789, 1917, 1933, Perreau-Saussine, Emile,Commentaire, printemps 2005, p. 181-193. [pdf] [1]

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Voir par exemple les travaux du politologue français Jean Touchard
  2. Cf. Philippe Nemo, « Les sources du libéralisme dans la pensée antique et médiévale » in Ph. Nemo, Jean Petitot (dir.), Histoire du libéralisme en Europe, Paris, PUF, 2006, pp. 65-111.
  3. Cicéron : « Il existe une loi vraie, c'est la droite raison, conforme à la nature, répandue dans tous les êtres, toujours d'accord avec elle-même, non sujette à périr, qui nous rappelle impérieusement à remplir notre fonction, nous interdit la fraude et nous en détourne. [...] A cette loi nul amendement n'est permis, il n'est licite de l'abroger ni en totalité ni en partie. Ni le Sénat ni le peuple ne peuvent nous dispenser de lui obéir [...] » in De Republica, III, XXII.
  4. Pierre Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme, Hachette, 1987
  5. Gérard Dréan, Qu'est ce que le libéralisme, Sociétal, 1er trimestre 2008, p.23
  6. Pour une présentation succincte du libéralisme de gauche, voir Raymond Boudon, Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme, Odile Jacob, 2004,(ISBN 978-2738113986) ou encore, Thierry Leterre, La gauche et la peur libérale, Presses de Science-Po, 2000, (ISBN 978-2724608038)
  7. Noam Chomsky, Quel rôle pour l'État, Écosociété, 2005, p. 15.
  8. Antitrust, lien donné sur l'article "Concurrence" de wikibéral
  9. Voir aussi : Antitrust and the Bounds of Power: The Dilemma of Liberal Democracy in the History of the Market. Oxford: Hart.
  10. http://www.zdnet.fr/actualites/telecoms/0,39040748,39385656,00.htm?xtor=EPR-100
  11. On se référera sur ce point aux analyses de Jean-Marc Jancovici
  12. Voir par exemple le chapitre 2 « Nous sommes loin d'être aussi libres que nous le prétendons » dans Jean-Léon Beauvois, Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social, Presses universitaires de Grenoble, 2005, p. 75-160.
  13. Michel Villey, le droit et les droits de l’homme, puf, 1983, p140 et suivantes
  14. Jean-Claude Michéa, L'Empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, Climats, 2007, p. 131-160.
  15. « Lorsqu'on fait de l'individu la valeur principale, on finit par aboutir à une société désintégrée. [...] Dans la théorie individualiste, l'individu a une valeur éminente, l'homme est en lui-même le maître de sa vie, alors que dans l'individualisme pratique, on doit admettre que l'individu est soumis à d'innombrables puissances et influences, qu'il n'est en rien maître de sa vie » écrit notamment Jacques Ellul in Propagandes, Albin Michel, 1962, p. 106.
  16. Baccalauréat et socialisme, Frédéric Bastiat. L'autre idée à laquelle Bastiat fait référence est que le législateur devrait façonner la société.
  17. « L'homme qui vit en société doit, quoi qu'il fasse ou se dispense de faire, non seulement prendre en considération son avantage immédiat mais encore tenir compte de la société. Car, la vie en société n'est possible que par la société, et tout individu subirait les préjudices les plus graves si l'organisation sociale de la vie et de la production était détruite. », Ludwig von Mises, Libéralisme, 1927, Chap.1, Section 6.
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