Marche

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Marcher, tacuinum sanitatis casanatensis (XIVe siècle)

La marche est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les jambes, en position debout et en ayant toujours au moins un point d'appui en contact avec le sol, sinon il s'agit de course.

Chez l'être humain, la marche est un des principaux moyens de transport et fait partie des modes dits "fatiguants", "doux" ou encore "actifs", avec la bicyclette, la trottinette ou le roller, par opposition aux modes de transport motorisés parfois dits "passifs". Elle peut également être pratiquée en tant que sport ou loisir.

Sommaire

L'histoire de la marche à pied

Les origines

La marche à pied, distincte de la marche à quatre pattes, est le mode de déplacement des bipèdes. Elle fut utilisée de façon plus ou moins adroite dès l'apparition des premiers hominiens, il y a environ 2 millions d'années. Ce mode de déplacement permit une libération des membres avant, permettant progressivement la manipulation d'outils, simultanément à la marche. Dès lors, la marche à pied n'est plus un simple moyen de déplacement, elle devient le moyen par lequel l'homme projette son action. Elle accompagne ainsi l'évolution de l'espèce humaine en créant les conditions d'un développement de ses facultés intellectuelles.

Toutefois, l'homme n'est pas le premier animal à avoir inventé la marche à pied. Le premier animal à avoir pu se déplacer tout en étant redressé sur ses pattes arrières fut vraisemblablement l'Euparkeria. La plupart des oiseaux ont conservé cette faculté qui se retrouve plus rarement chez les mammifères et les reptiles.

Du paléolithique à l'ère industrielle

La marche est longtemps restée le seul moyen de déplacement de l'homme avec la course. Même après l'invention de la roue, les légions romaines se déplacent à pied, et la marche est encore largement utilisée pour les déplacements d'usage au Moyen Âge alors que la possession d'une monture est un attribut de richesse. Ainsi jusqu'au environ de 1850, l'homme ne peut pas accélérer sa vitesse moyenne de déplacement, qui se situe aux environs de 1 mètre par seconde. La portée maximale est d'environ 200 km par jour grâce à l'utilisation d'infrastructures et de forces animale ou éolienne performantes. Par exemple, à l'apogée de l'empire inca, les messages pouvaient être transmis en quelques jours à travers tout le territoire grâce au réseau de routes et de relais longeant la Cordillère.

Cette difficulté de déplacement à conduit à deux modes de vie principaux :

Le nomadisme 
L'humanité a vécu à l'état nomade durant tout le paléolithique, le mésolithique durant lequel elle est devenue peu à peu semi-nomade pour commencer à se sédentariser durant le Néolithique. Ce mode de vie implique une connaissance aiguë des territoires parcourus, souvent avec une logique de circuit dont la latitude peut aller de 80 à 2000 km. Ce mode de vie à pour but de profiter au maximum de la richesse des ressources locales que ce soit pour la pratique de la cueillette et de la chasse ou la pratique de l'élevage pastoral. On estime qu'en 1500 environ 60% de la population mondiale pratique le nomadisme.
La sédentarité 
Apparue durant le Néolithique la vie sédentaire implique des déplacements en aller-retour depuis un point fixe. Ce mode de vie impose alors généralement un espace de vie d'un rayon de 7 km, jusqu'au début du XIXe siècle pour une grande partie de la population, ayant pour seul mode de transport la marche, la vie se déroulait entièrement dans cet espace. Les échanges de produits se font de proche en proche, 90 % des produits disponibles ont été produit dans un rayon de 7km.

L'invention de l'automobile

Il faudra attendre la popularisation de l'automobile au XXe siècle pour modifier le rapport de l'homme avec la marche à pied. Cette invention fait alors naître le fantasme d'abolition de la contrainte d'espace et de temps, que l'on retrouve dans la recherche permanente de la vitesse. Sur le plan fonctionnel, la marche est ainsi mise en concurrence avec une automobile accessible à tous, mais aussi avec le vélo et les transports en commun. Toutefois, il demeure malgré tout de nombreux adeptes de la marche à pied, de la promenade, de la flânerie, ainsi des amateurs de nature, cueilleurs de champignons, golfeurs et autres randonneurs.

Histoire militaire

Depuis des temps immémoriaux, les soldats se sont déplacés en groupes homogènes, entre autres pour défiler, et la marche est le mode de déplacement par excellence des fantassins. Ces déplacements obéissent à des règles strictes (manoeuvres à pied, MAP) dont les éléments principaux sont:

  • le style de pas (pas glissé en Grande-Bretagne, pas de l'oie de l'armée allemande sous le IIIe Reich etc.)
  • le rythme qui peut être dicté par un sergent-instructeur ("gauche-gauche...") ou par de la musique (chant entonné par les soldats eux-mêmes ou musique d'accompagnement - voir marche militaire (musique))
  • le maintien des espacements dans les virages (piétinement sur-place des soldats à l'intérieur du virage pour que le rang jusqu'à ceux situés à l'extérieur reste droit et balaie le secteur comme un rayon)
  • etc.

La marche comme mode de locomotion

On l'oppose ici aux modes de locomotion comme la reptation, la nage et la course.

Psychomotricité

La station debout et le fait que le déplacement de la masse corporelle se fait alors qu'elle n'est supportée que par un seul membre impliquent l'exploitation du sens de l'équilibre. La marche se définit par le fait qu'il y a toujours au moins un appui au sol, par opposition à la course à pied, dans laquelle il peut ne pas y avoir d'appui au sol à un moment donné.

L'ensemble du système musculaire et osseux est mis à contribution (sans excès) lors de la marche, ce qui en fait un sport de maintien en forme apprécié et souvent recommandé (voir ci-dessous).

Acquisition par l'enfant

Après une période pendant laquelle l'enfant explore son univers en rampant puis en marchant à quatre pattes, il va progressivement se redresser sur ses jambes, puis tenter quelques pas. Cette étape se déroule généralement entre le 12e et le 20e mois.

Comparaison aux autres modes de locomotion

La marche est le mode de locomotion non assisté le plus économe en énergie [réf. nécessaire] et le moins stressant pour l'organisme. Elle permet de se déplacer à une vitesse moyenne de 5 km/h.

Description du mécanisme

La marche est générée par le basculement en avant du corps en position debout, ce qui provoque un mouvement de chute, rattrapé par la projection d'une jambe vers l'avant. Plus en détail, la marche repose sur un mécanisme à double balancier composé des jambes et des bras. Le bassin est en effet soumis naturellement à une rotation lorsqu'une jambe est projetée en avant car ce mouvement se fait en appui sur la jambe opposée. C'est pour contrecarrer cette rotation que les bras effectuent un mouvement inverse à celui des jambes. Ainsi, le bassin conserve le même axe, ce qui permet de marcher droit. Puis, pour rattraper le mouvement de chute tant que dure la marche, la jambe arrière est à son tour projetée en avant en utilisant son énergie potentielle, ce qui permet d'économiser l'effort, pendant que les bras effectuent le mouvement inverse, également en utilisant leur énergie potentielle. La marche est arrêtée par un redressement du corps.

cycle de la marche

  • Définition

c'est l'activité qui se déroule durant le temps ou un membre inférieur se retrouve a la même position lors de la marche. Comme le pas est la distance qui sépare deux pieds posés simultanément au sol, le cycle de marche correspond à deux pas. Lors de l'analyse du mécanisme de la marche, on décompose le cycle de marche en différentes phases:

  • La phase d'appui avec ses sous phases:
  1. La phase Taligrade.

Elle a lieu entre 0 et 15% du cycle de marche. Elle correspond au passage d'appui talon au sol a pied au sol.

  1. La phase Plantigrade
  2. La phase Digitigrade.
  • La phase d'oscillation avec ses sous phases:
  1. La phase de Raccourcissement
  2. La phase d'Allongement.

La marche comme mode de déplacement

Elle peut s'opposer à différentes catégories de modes de déplacements :

  • elle est non mécanisée et non motorisée ;
  • elle est individuelle.

Part modale selon les pays

Dans tout déplacement d'un individu apte, la marche constitue la première et la dernière étape du déplacement : pour aller jusqu'à un véhicule et en revenir si le déplacement en comprend un.

On considère en moyenne que dans les pays industrialisés, la distance moyenne d'une marche dans le cadre d'un déplacement avec un objectif est de quelques centaines de mètres (rarement plus de 500). Au-delà, d'autres modes de déplacement deviennent plus intéressants et prennent le pas (vélo, transports en commun, automobile...).

Les déplacements entièrement faits à pied varient donc grandement selon la longueur moyenne des déplacements des individus dans leur cité et selon la disponibilité de modes de transport alternatifs, motorisés ou non.

La marche comme composante d'un trajet multimodal (par exemple, marche + transports en commun) dépend fortement de l'organisation et de la disponibilité des transports en commun, dans la mesure où ces derniers n'assurent pas un déplacement porte à porte.

Bénéfices individuels et collectifs

Selon les études épidémiologiques de l'OMS, l'activité physique minimum est de trente minutes de marche rapide par jour pour maintenir un "bon état de santé". Or, 20 à 50% des personnes ont une activité physique inférieure à ce niveau[1]. L'exercice qu'elle procure favorise la santé par la diminution du risque de maladie cardio-vasculaire. Non polluante, elle ne contribue pas à l'augmentation des gaz à effet de serre.

Ne nécessitant pas de véhicule, ce mode n'implique pas le développement d'infrastructures particulières ni la réservation d'espaces dédiés au stockage (comme les stationnements).

La souplesse de la marche en tant que mode de locomotion par rapport à la nature du terrain permet de franchir des passages inabordables par des moyens mécanisés (montée d'escaliers, sentiers de montagne, ...).

Une équipe internationale de 14 chercheurs[2] a suivi 3127 adultes en bonne santé (2151 femmes et 976 hommes), âgés de 19 à 94 ans. L'étude a montré que le nombre de pas recommandés par jour pour ceux qui veulent contrôler leur poids est de 12000 pour les femmes âgées de 18 à 40 ans, 11000 pour les femmes entre 40 et 50 ans, 10000 de 50 à 60 ans, et 8000 à partir de 60 ans. Les hommes de 18 à 50 ans devraient faire 12000 pas par jour, et 11000 pas à partir de 50 ans soit 8 à 10 kilomètres par jour pour garder un poids idéal.

Risques

Le risque d'accident corporel est relativement peu élevé : en milieu urbain, sa fréquence est comparable à celle du vélo et légèrement supérieur à celle de la voiture.

L'exposition aux polluants présents dans l'air est légèrement plus grande que dans les véhicules, ce qui augmente les risques de maladies pulmonaires associées.

La marche comme loisir

La marche, en tant que sport, existe depuis bien longtemps.

La marche athlétique

Article détaillé : Marche athlétique.
Marcheur en compétition

Selon l'article 230 de l'International Association of Athletics Federations (IAAF)

« La marche athlétique est une progression de pas exécutés de telle manière que le marcheur maintienne un contact avec le sol sans qu'il ne survienne aucune perte de contact visible (pour l'œil humain). La jambe avant doit être tendue (c'est-à-dire que le genou ne doit pas être plié) à partir du moment du premier contact avec le sol jusqu'à ce qu'elle se trouve en position verticale. Il existe plusieurs distances, (20 et 50km pour les hommes, 20 km pour les femmes. » [3]

Ce sport consiste à marcher le plus vite possible et le plus loin possible, la seule contrainte étant d'avoir toujours un appui au sol. Les études menées par les sportifs et leurs entraîneurs ont produit une forme de marche assez différente visuellement de la pratique habituelle de la marche de tous les jours, optimisant la longueur du pas et sa dynamique.

Il s'agit d'un sport olympique. Les distances olympiques sont le 50 km marche pour les hommes (le record est détenu par Denis Nizhegorodov, 3h34'14" le 11 mai 2008 à Cheboksary) et le 20 km marche pour les femmes et les hommes. Un des grands champions de la discipline est Vladimir Golubnichy (vainqueur en 1960 et 1968, second en 1972 et troisième en 1964). On trouve cependant des courses beaucoup plus longues comme le Paris-Colmar qui s'étire, chaque année, sur une distance de près de quatre cent cinquante kilomètres.

La randonnée pédestre

Article détaillé : Randonnée.
Randonnée dans le Trentin-Haut-Adige près de Merano.

La randonnée pédestre, est une activité de plein air qui consiste en une pratique de la marche qui vise à suivre un itinéraire, balisé ou non. La randonnée est à la fois un loisir de découverte et une forme d'exercice physique.

C'est au XIXe siècle que la randonnée au sens où nous la connaissons apparaît. Elle se différencie de la marche, pratiquée depuis la nuit des temps comme moyen de locomotion, par son aspect récréatif. Un des pères de la randonnée est Horace-Bénédict de Saussure. Il ne s'est pas contenté de vaincre le mont Blanc mais a également parcouru de nombreuses montagnes : le Jura, les Vosges, le Forez, le Vivarais. L'Allemand Karl Baedeker (18011859) édite des guides dans lesquels il décrit ses parcours pédestres. En France, en 1837, est publié le premier guide de randonnée dans la forêt de Fontainebleau : Quatre promenades en forêt de Fontainebleau. En 1842, Claude François Denecourt (17881875) trace son premier sentier dans cette même forêt. Les « sentiers Denecourt » existent toujours. En 1872, apparaît en Alsace le Club vosgien, qui balisera les sentiers dans le massif vosgien.

Notes et références

  1. « Révélations sur l'homme : l'homme malade d'inactivité », Lise Barnéoud et Caroline Tourbe, Science et Vie, nº 1052, mai 2005, page 62.
  2. Source: Journal of Physical Activity & Health - Janvier 2008
  3. (fr) Les règles des compétitions 2006 - 2007 de l'IAAF [PDF]

Annexes

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Bibliographie

  • Rebecca Solnit, L’Art de marcher, Arles, Acte Sud, coll. « Essais Litteraires », 2002, 240x130 (ISBN 2742735844) 

Articles connexes

Liens externes


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