Organisation des Nations Unies

Organisation des Nations unies

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Organisation des Nations unies
Flag of the United Nations.svg
United Nations Members.svg
Carte des États membres

Création 24 octobre 1945 (ratification de la Charte[1])
Siège Siège des Nations unies, territoire international de Manhattan, New York
Langue(s) Anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe
Budget biennal 2008-2009 : 4 870 000 000 $ US [2]
Membre(s) 192 États
Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon
Site web Site officiel de l'ONU

L'Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale, regroupant, à quelques exceptions près, tous les États de la planète. Distincte des États qui la composent, l'organisation a pour finalité la paix internationale. Ses objectifs sont de faciliter la coopération dans les domaines du droit international, de la sécurité internationale, du développement économique, du progrès social et des Droits de l'homme. L'ONU est fondée en 1945 en remplacement de la Société des Nations (SDN), qui n'avait pas tenu son rôle en n'évitant pas la Seconde Guerre mondiale, pour mettre fin aux guerres entre les pays et pour fournir une plateforme de dialogue.

L'organisation est divisée en plusieurs organes :

D'autres agences traitent de divers sujets spécifiques et constituent à cet égard le système des Nations unies. La figure publique la plus visible de l'ONU est le Secrétaire général qui est depuis 2007 le Sud-coréen Ban Ki-moon.

En 2008, 192 États sont membres de l'ONU, soit presque tous ceux qui sont officiellement reconnus. De son siège qui se situe sur un territoire international dans la ville de New York aux États-Unis, l'ONU et ses agences spécialisées réparties dans d'autres États, prennent toute l'année diverses résolutions sur des sujets qui sont de leur domaine de compétence.

L'ONU est financée par des contributions volontaires et par les États membres, et a six langues officielles : l'arabe, le mandarin, l'anglais, le français, le russe et l'espagnol.

Sommaire

Objectifs

Là où la Société des Nations n'était qu'un espace de dialogue où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'ONU peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes. Celles-ci peuvent déboucher, par exemple, sur l'autorisation d'employer une force armée - les fameux « casques bleus » - pour maintenir ou rétablir la paix.

Dans ses opérations internationales, l'ONU utilise l'abréviation anglaise (UN) comme sigle distinctif

En vertu de sa charte précisé dans l'article 1, l'ONU s'efforce d'être un lieu où se bâtit un avenir meilleur pour tous et cela à travers quatre objectifs :

  • maintenir la paix et la sécurité dans le monde
  • développer les relations amicales entre les nations
  • réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile et en encourageant le respect des Droits de l'homme
  • être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs

L'ONU n'est pas un gouvernement mondial et ne légifère donc pas. Cependant, ses résolutions donnent une légitimité aux interventions des États et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international. Toutes ces actions se pérennisent au travers de la signature de traités ou conventions internationales entre les nations.

Les principaux travaux et débats sont interprétés ou traduits par écrit dans les 6 langues officielles de l'ONU : anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe, mais seuls l'anglais et le français sont les langues de travail du siège new-yorkais.

Composition

Organes et institutions

Article détaillé : Système des Nations unies.
Le fonctionnement de l'ONU

L'Organisation des Nations unies comprend six organes principaux :

En plus de ces six organes principaux, l'ONU a créé au fil du temps de nombreuses agences spécialisées (comme l'OMS pour la santé ou l'UNESCO pour la coopération internationale en matière de développement de l'éducation, des sciences et de la culture mais aussi l'UNICEF pour les enfants).

États-membres

Depuis l'adhésion du Monténégro en 2006, l'ONU compte désormais la quasi totalité des États du monde, soit 192 sur les 195 qu'elle reconnaît - les seuls États n'étant pas membres étant le Vatican (qui a cependant un statut d'observateur), les îles Cook et Nioué[3]. Le Vatican est toutefois le seul État pleinement souverain et reconnu par les Nations unies qui n'en soit pas membre. Il n'existe aucun obstacle à son adhésion si les autorités vaticanaises souhaitent un jour rejoindre l'organisation.

Cependant, certaines entités prétendant à un statut d'État ne sont pas représentées à l'ONU (comme c'est le cas de la République de Chine ayant pour territoire Taïwan ou du Kosovo qui n'est reconnu que par certains pays), ou prétendant former des nations (comme l'Autorité palestinienne). Ainsi, contrairement à sa dénomination, c'est le statut d'État et non de Nation qui permet l'accès à l'Organisation.

Financement

Le financement de l'organisation des Nations unies et de ses agences spécialisées est assuré par les contributions obligatoires des pays membres et par des contributions volontaires de toutes organisations, entreprises ou encore particuliers. Il existe notamment une tradition américaine de fondations qui supportents l'activité des Nations unies. Par exemple le site du siège des Nations-Unies à New-York est un don de la fondation John D. Rockefeller Jr., Ted Turner a fait un don de 1 milliard de dollars US en 1998 à une fondation qui défend la cause des Nations unies, et notamment le paiement des arriérés du gouvernement américain.

Le budget ordinaire des Nations unies ( ~ 3 milliards d'Euros en 2008-2009), établi tous les deux ans, est basé sur les contributions obligatoires fixées par l'Assemblée générale. A la demande des Etats-Unis, le niveau maximum de la plus grosse contribution a été fixé à 22 % (le seuil minimal est quant à lui de 0,001 % du budget global.[4].

En 2005, la composition était la suivante : États-Unis (22 %), le Japon (19,5 %), l'Allemagne (8,6 %), la France (6,5 %), le Royaume-Uni (6,1 %), l'Italie (4,9 %), le Canada (2,8 %), l'Espagne (2,5 %), la République populaire de Chine (2 %), la Corée du Sud (1,8 %).

Depuis plusieurs années les Nations-Unies connaissent des problèmes financiers. Ils sont principalement dus aux arriérés de paiement des États-membres parmi lesquels le plus grand débiteur est les États-Unis avec 61 % du total en 1999[5]. Les contributions obligatoires ne sont pas toujours remplies à temps par les autres États membres. Seuls 31 États sur 192 l'ont fait en février 2007[6]. L'ONU étant de plus en plus souvent engagée dans des opérations de maintien de la paix dans le monde (objectifs qui n'étaient pas formellement prévus dans sa Charte), cela a un impact important sur son budget en raison du coût élevé de ces interventions. Néanmoins il s'agit d'un budget séparé du budget ordinaire. Dans ce domaine également les Etats-Unis partagent 62% de la dette avec un autre pays. Cet état de fait a été évoqué dans un bulletin de session du sénat belge en 1998[7] ainsi que dans la section « affaires étrangères » d'un projet de loi de finances du sénat français en 2001[8]. De nombreux États souhaitent une réforme en profondeur des Nations unies.

Conseil économique et social

Dépendant du conseil économique et social, on trouve deux types de commissions :

Histoire

La sculpture Non-violence sur le parvis du siège des Nations unies

Précurseur de l'ONU, la Société des Nations avait été introduite en 1919, suite au traité de Versailles et dans le but de conserver la paix. On lui a reproché de ne pas avoir pleinement joué ce rôle.

Les premières bases des Nations unies furent posées lors de l'élaboration de la Déclaration des Nations unies, qui fut signée le 1er janvier 1942 à Washington DC. L'expression Nations unies est due au président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt ; elle avait pour but de signifier que des États avaient décidé de se réunir pour prévenir les conflits armés de manière à ce que des guerres telles que la Première et la Seconde Guerre mondiale ne se reproduisent plus jamais, ayant à l'esprit que ces guerres se sont produites deux fois en « l'espace d'une vie » comme le dit la Charte des Nations unies. Mais c'est avec la Conférence de Dumbarton Oaks à Washington DC et surtout la conférence de San Francisco en 1945 qu'ont été définis exactement le but et le fonctionnement de l'ONU.

Le texte fondateur de l'ONU est la Charte des Nations unies, elle fut signée à la fin de la Conférence de San Francisco par les représentants des 50 États fondateurs le 26 juin 1945. La Pologne, qui n'avait pas été représentée à la Conférence de San Francisco, la signa plus tard, mais elle fait néanmoins partie des 51 États membres originels, parce que son gouvernement en exil avait précédemment signé la Déclaration des Nations unies.

C'est le 24 octobre 1945, lors de la ratification par la majorité des pays signataires, que l'ONU naquit officiellement. Depuis, la Journée des Nations unies est célébrée le 24 octobre de chaque année.

Contexte

La paix entre les nations est la mission fondatrice des Nations unies.

Historique des organisations pour la paix internationale :

Siège

Le siège de l'ONU à New York
Tour du secrétariat
Pavillon de l'Assemblée générale
Pavillon de l'Assemblée générale depuis la 1re avenue

Le Siège des Nations unies, à la demande des parlementaires américains, fut construit à New York le long de l'East River sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le 9 janvier 1951. Le siège des Nations unies jouit de certains privilèges diplomatiques. Propriété de l’Organisation des Nations unies, le site du Siège est territoire international. C'est-à-dire que, par exemple, aucun membre de la sécurité américaine ne peut y entrer sans la permission du Secrétaire général.

Cinq des six organes principaux de l'ONU sont localisés à New York. Seule la Cour internationale de justice (CIJ), de création plus ancienne, a son siège à La Haye aux Pays-Bas.

De nombreuses agences importantes des Nations unies ont leur siège à Genève, siège européen de l'ONU qui a hérité du siège de l'ancienne Société des Nations (SdN), où se déroulent toujours deux tiers des activités du système des Nations unies :

D'autres agences sont situées ailleurs dans le monde, dont :

Guerre froide

Avant 1950, l'URSS pratiquait la politique de la chaise vide pour contester la reconnaissance de la Chine nationaliste (Taiwan), au lieu de la Chine communiste (Pékin). À la suite de la Guerre de Corée, où les États-Unis ont pu faire reconnaître la Corée du Nord comme État agresseur et décider l'envoi de troupes sous l'égide des Nations unies, l'URSS s'est rendu compte qu'il était dans son intérêt de siéger et son représentant n'a plus jamais quitté son poste.

L'ONU est restée pendant très longtemps paralysée durant la Guerre froide. Les deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS étant des membres permanents du Conseil de sécurité, paralysèrent l'Organisation des Nations unies en abusant de leur droit de veto (il fut utilisé 242 fois en 45 ans).

Pour tenter de contrer cette paralysie, la résolution Acheson fut adoptée à l'initiative des États-Unis; elle permettait à l'Assemblée d'émettre des recommandations aux États membres de l'ONU. Cependant, celle-ci ne fut que très peu utilisée en pratique[9],[10].

Depuis la fin de la guerre froide, l'ONU se retrouve de plus en plus sur le devant de la scène pour prévenir ou régler les différents conflits, grâce à l'aide des casques bleus.

Avenir

L'avenir de l'ONU passe de plus en plus par une réforme en profondeur de son fonctionnement. Jusqu'à maintenant, elle fut repoussée, mais le problème du budget (sa dette) et celui du fonctionnement du Conseil de sécurité (l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence) deviennent de plus en plus pressants.

Durant son mandat, l'ancien secrétaire général, Kofi Annan, a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de sécurité, elles sont pour l'instant restées lettre morte. En particulier, John R. Bolton, représentant permanent des États-Unis en août 2005, soutient une position ne faisant pas l'unanimité et gèle ainsi les possibilités de réforme.

Le 7 mars 2006, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé, dans un rapport à l'Assemblée générale, aux États membres une vaste réforme de l'administration de l'ONU, attendue par les dirigeants mondiaux après que l'Organisation eut été secouée par une série de scandales. M. Annan a présenté une série de mesures allant de la délocalisation de certains services au renforcement du système de passation des marchés. Celui-ci a été ces dernières années mis à mal par le scandale du programme « pétrole contre nourriture » de l'ONU en Irak et lorsqu'une enquête interne a découvert des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, ayant occasionné des dizaines de millions de dollars de pertes pour l'Organisation.

Intitulé Investir dans l'Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale, ce rapport de 34 pages reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'ONU est censée relever chaque jour, 61 ans après sa création. Il souligne l'augmentation vertigineuse, depuis la fin de la Guerre froide, des activités de terrain de l'ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui absorbent plus de 70 % du budget de l'ONU, évalué à quelque 10 milliards de dollars, sans tenir compte des agences onusiennes (Unicef, PAM, PNUD...), qui ont un budget équivalent. M. Annan propose de « refondre complètement l'ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui » et de « remettre entièrement à neuf » l'ensemble de l'organisation.

Voir aussi

Articles connexes

Par ordre alphabétique

Liens externes

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Notes et références

  1. Dept. of Public Information, Nations Unies Département de l'information, United Nations, ABC des Nations Unies, United Nations Publications, 2004, 472 p. (ISBN 9212002676), p. 3 
  2. (fr) AFP 24 décembre 2008 & Le Monde 26 décembre 2008, "L'ONU approuve une hausse de 17% de son budget"
  3. Les îles Cook et Nioué ont en effet un statut juridique unique au monde, celui d'"États en auto-gouvernance" ("self-governing state"), librement associés à la Nouvelle-Zélande. Cette dernière n'y conserve qu'une seule fonction régalienne, à savoir la défense (mais pas la politique étrangère). Les îles Cook et Niue partagent également une citoyenneté commune avec l'ancienne puissance de tutelle ((en) "REGION: Cook Islands puts New Zealand citizenship first", Pacific Magazine, 14 juin 2001)
  4. Cinquième comité de la soixante-et-unième assemblée générale des Nations Unies, « Fifth Committee Approves Assessment Scale for Regular, Peacekeeping Budgets, Texts on Common System, Pension Fund, as it Concludes Session (Press Release) », 22 décembre 2006. Consulté le 7 octobre 2009
  5. UNA-Canada, « LIAISON Vol. 3, No. 6, November 1999 ». Consulté le 31.7.2009
  6. (fr) ONU : seuls 31 pays sur 192 versent leur contribution à temps - Novosti, 2 février 2007
  7. rapport au Sénat 1997-1998
  8. Rapport au Sénat (2001)
  9. (fr) La résolution Acheson
  10. (fr) Résolutions de la cinquième Assemblée générale de l'ONU
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