Lech Wałęsa
Lech Wałęsa
Lech Walesa - 2009.jpg
Lech Wałęsa, en 2009

Mandats
5e président de la République de Pologne
(2e président de la Troisième République)
22 décembre 199022 décembre 1995
(&&&&&&&&&&&018265 ans, 0 mois et 0 jour)
Élection 9 décembre 1990
Président du Conseil Tadeusz Mazowiecki
Jan Krzysztof Bielecki
Jan Olszewski
Waldemar Pawlak
Hanna Suchocka
Józef Oleksy
Prédécesseur Wojciech Jaruzelski
Successeur Aleksander Kwaśniewski
1er président de Solidarność
198012 décembre 1990
Successeur Marian Krzaklewski
Biographie
Date de naissance 29 septembre 1943 (1943-09-29) (68 ans)
Nationalité Drapeau de la Pologne Polonaise
Parti politique Solidarność
Conjoint Danuta Mirosława Gołoś
Profession Électricien
Religion Catholique romaine

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Présidents de la République de Pologne
Prix Nobel de la paix de 1983

Lech Wałęsa écouter /'lɛx va'wɛ̃ŋsa/, né le 29 septembre 1943 à Popowo (Pologne), est un syndicaliste et homme d'État polonais.

Électricien de formation, il est président-fondateur du mouvement Solidarność co-fondé avec Anna Walentynowicz, et devient ainsi une figure emblématique de la Pologne s'affranchissant de l'influence de l'URSS à partir de la fin des années 1970. À ce titre, il est récompensé par le prix Nobel de la paix en 1983.

Engagé en politique, il est élu 5e président de la République polonaise en 1990. Cinq ans plus tard, briguant un second mandat présidentiel, il n'est pas réélu au second tour face à Aleksander Kwaśniewski. Il bénéficie encore aujourd'hui d'une importante aura internationale.

Sommaire

Création de Solidarność

Sa carrière politique a débuté par son activité de dirigeant du syndicat Solidarność (« Solidarité »), premier syndicat autonome dans la zone d'influence soviétique. Il est co-fondateur de ce syndicat avec Anna Walentynowicz. Ce syndicat est né du licenciement d'Anna Walentynowicz des chantiers navals de Gdańsk ; sous son impulsion et avec Wałęsa, ce syndicat a rapidement fédéré les ouvriers, dénonçant sans trêve la dictature. De nombreuses grèves ont alors éclaté en 1980, en particulier à Gdańsk.

Lech Wałęsa, ainsi que les membres à l'origine de Solidarność, ont été arrêtés à plusieurs reprises par les autorités du Parti ouvrier unifié polonais pendant l'état de guerre au début des années 1980. En novembre 1982, Wałęsa est libéré et rétabli aux chantiers navals de Gdańsk. Bien que placé sous surveillance, il a réussi à maintenir le contact avec les dirigeants de solidarité dans le métro. Bien que la loi martiale ait été levée en juillet 1983, nombre de restrictions ont été maintenues dans le code civil. En octobre 1983, il reçoit le prix Nobel de la paix, mais il ne peut se rendre à la cérémonie car sous surveillance policière. C'est sa femme qui fera le déplacement et lira un discours sur les problèmes rencontrés en Pologne[1].

Leader modéré de Solidarność

En 1980, suite à la grève du chantier Lénine où il travaille, Lech Wałęsa obtient une augmentation de 1 500 zlotys pour ses collègues, mais il n'a rien demandé pour les ouvriers des chantiers de réparation de Gdynia ni pour les sous-traitants. Il interrompt la grève et demande aux ouvriers de retourner travailler. Anna Walentynowicz, ne comprenant pas qu'il ne profite pas de l'occasion exceptionnelle qui est offerte d'étendre les revendications à tous les employés du bassin de Gdańsk, demande alors aux 500 des 16 000 ouvriers restés pour l'écouter de continuer une grève de solidarité pour les ouvriers des autres chantiers. Le lendemain, 18 août 1980, les ouvriers du chantier Lénine décident de poursuivre la grève interrompue par Wałęsa. 10 des 13 millions de travailleurs polonais suivront. Solidarność est né.

Le dynamisme du mouvement l'a emporté. Wałęsa, qui a fini par se rallier à l'avis des autres membres dirigeants de Solidarność, va participer aux négociations de la « Table ronde » face au vice-premier ministre Mieczysław Jagielski (cet épisode est retranscrit dans le film de Wajda l'Homme de fer). Le 31 août 1980, il signe les Accords de Gdańsk qui comprennent 21 revendications dont des augmentations salariales, la semaine de travail de 5 jours, le droit de grève, l'autorisation de création de syndicats indépendants et la reconnaissance du syndicat Solidarność. Il est probable que son attitude modérée a favorisé des compromis qui n'auraient pas été possibles avec ses camarades beaucoup plus radicaux. Les accords obtenus lors de la « Table ronde » ont abouti à une réforme en douceur de la constitution et permis d'éviter des milliers de morts dans le processus de réforme des institutions. Il devient par la suite l'un des principaux interlocuteurs du général Wojciech Jaruzelski.

Des intellectuels comme Bronisław Geremek et Tadeusz Mazowiecki l'ont rejoint dès l'origine et l'ont aidé à négocier avec les communistes dès le mois d'août 1980 ; ils lui ont ainsi permis d'avoir une ambition et une carrure nationale. Ce mouvement se revendique pacifique, est basé sur la non-violence, symbole fort des années Wałęsa. Proche de l'Église catholique, Wałęsa s'efforcera de limiter le mouvement social en Pologne :

« L'Église nous conseille d'être toujours modérés, d'être conscients, de trouver un compromis... C'est nous qui modérons les gens. C'est grâce à nous qu'on ne tire pas sur le pouvoir, si le pouvoir n'a pas encore été rejeté... Sans nous il y aurait déjà la révolte populaire. Et c'est d'ailleurs un pouvoir conscient des dimensions de la crise économique qui a permis peut-être la création de Solidarność en sachant que nous jouerions un rôle d'amortisseur raisonnable qui protégera même le pouvoir et le Parti contre la colère populaire »

— Wałęsa lors d'une réunion de Solidarność.

Après l'échec du référendum de 1987, Walesa redevient l'interlocuteur privilégié du général Jaruzelski et propose un compromis consistant à rétablir le pluralisme syndical, donc la légalisation de Solidarité, et en reportant le rétablissement du pluralisme politique, qui "peut attendre un peu." Cet accord, accepté par le pouvoir, permettra le compromis du printemps 1989 par lequel le parlement, composé de deux chambres, Sénat et Diète (Sejm) serait élu au suffrage pluraliste, étant convenu que le Parti Communiste se réservait les deux-tiers des sièges à la Diète. Ce compromis servira d'exemple pour les mouvements contestataires des pays socialistes qui conduiront à la Chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989).

Président de la République

Lech Wałęsa et Kazimierz Konowrocki.

Lech Wałęsa brigue la présidence de la République de Pologne lors des élections libres de 1990. Arrivé en tête du premier tour, il l'emporte largement au second, réunissant 74,25 % des voix face à l'homme d'affaires Stanisław Tymiński.

Investi président de la République le 22 décembre 1990, il permet la transition vers une véritable démocratie en Pologne. Fervent catholique, il est particulièrement défendu par son compatriote, le pape Jean-Paul II.

Candidat à sa réélection en novembre 1995, Lech Wałęsa est battu par Aleksander Kwaśniewski, jeune candidat du Parti social-démocrate de Pologne et ancien ministre communiste, qui obtient 51,72 % des suffrages au second tour. De nombreux électeurs polonais reprochaient au président sortant son trop grand conservatisme moral, l'importante place de l'Église catholique dans la vie politique et surtout la mise en place de politiques économiques de rigueur, jugées néolibérales et contraires à son programme de campagne. Sa rupture avec ses anciens alliés de Solidarność et l'instabilité gouvernementale durant son mandat sont également considérées comme des facteurs de son échec.

Il se représente à l'élection présidentielle de 2000, mais ne recueille que 1,01 % des voix. Dans un État démocratique, face à de nombreux candidats rompus aux stratégies politiques et habiles orateurs, ses seuls talents de syndicaliste ouvrier de Gdańsk ne suffisent plus[réf. nécessaire].

Retraite politique

Lech Wałęsa, en 2007.

Suite à sa défaite aux élections présidentielle et législatives de 2000, il annonce son retrait du monde politique. Il jouit encore à l'heure actuelle d'un grand prestige dans son pays natal. Nombreux sont ceux qui le considèrent, aux côtés de Jean-Paul II, comme le libérateur de la Pologne du joug communiste. Son rôle a aussi été déterminant dans la chute du « rideau de fer ».[réf. nécessaire]

Lech Wałęsa cesse d'être membre du syndicat Solidarność à compter d'août 2006, mais continue à représenter officiellement ou officieusement la Pologne et l'UE lors de cérémonies (mort de Boris Eltsine) ou d'évènements politiques (crise ukrainienne).

Il entretient des relations extrêmement tendues avec Lech Kaczyński (PiS), son ancien collaborateur lors de son accession à la tête de l'État, lui-même élu président de la République en 2005[2].

En 2008, il est accusé par deux historiens d'avoir signé, dans les années 1970, une déclaration de collaboration avec la police politique communiste. Lech Wałęsa reconnaît avoir signé « un papier » après l'une de ses interpellations, mais réfute toute accusation de collaboration avec la SB. Il a d'ailleurs été blanchi de ces accusations par la justice, en 2000[3].

À l'occasion des élections européennes de 2009, Lech Wałęsa apporte son soutien à la Plate-forme civique (PO) au pouvoir, et s'exprime à la convention de Libertas, parti politique européen à tendance souverainiste[4].

Le 9 novembre 2009, lors des commémorations du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, il renverse le premier domino d'une chaine symbolisant le mur de la honte, installée à l'emplacement du mur[5].

Lors de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle de 2010, consécutive à la mort de Lech Kaczyński dans un accident d'avion, Lech Wałęsa prend publiquement position contre le candidat conservateur Jarosław Kaczyński, frère jumeau du défunt président, qu'il considère comme un « malheur »[6]. Il appelle explicitement les électeurs polonais à voter pour Bronisław Komorowski[7].

En novembre 2010, Lech Walesa, prix Nobel de la paix en 1983, se propose avec d'autres lauréats du prix Nobel, de représenter le prix Nobel 2010, Liu Xiaobo emprisonné en Chine, aux cérémonies officielles de la remise du prix à Oslo[8].

Distinctions

Lech Wałęsa est, en tant qu'ancien président de la République, Grand-Croix des ordres polonais de l'Aigle blanc et Polonia restituta.

Il a reçu de très nombreuses décorations étrangères, parmi lesquelles :

Œuvres

  • Un Chemin d'espoir, Fayard, 1987 (autobiographie)
  • Les Chemins de la vérité, l'Archipel, 2010

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes


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