BELGIQUE

Belgique

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Royaume de Belgique (fr)
Koninkrijk België (nl)
Königreich Belgien (de)
Drapeau de la Belgique Armoiries de la Belgique
(Détails) (Détails)
Devise nationale : « L'union fait la force » (français, version originale)
« Eendracht maakt macht » (néerlandais)
« Einigkeit macht stark » (allemand)
carte
Langues officielles allemand, français, néerlandais
Capitale Bruxelles (fr), Brussel (nl), Brüssel (de)
50°54′N 4°32′E / 50.9, 4.533
Plus grandes villes Anvers, Bruges, Bruxelles, Charleroi, Gand, Liège, Namur
Forme de l’État
 - Roi
Premier ministre
monarchie parlementaire fédérale
Albert II
Herman Van Rompuy
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 135e
30 528 km²
6,20%
Population
 - Totale (2009)
 - Densité
Classé 76e
10 414 336[1] hab.
346 hab./km²
Indépendance
 - Déclarée
- Reconnue
Des Pays-Bas
1830
1839


Gentilé Belges


IDH (2008) Augmentation 0,948 (élevé) ( 17e)
Monnaie Euro (EUR)
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Hymne national La Brabançonne
Domaine internet .be
Indicatif
téléphonique
+32


Le Royaume de Belgique (Koninkrijk België en néerlandais, Königreich Belgien en allemand), est un État fédéral d’Europe de l’Ouest. Il est un membre fondateur de l'Union européenne dont il accueille les principales institutions, ainsi que celles d'autres organisations internationales comme l'OTAN. La Belgique couvre une superficie de 30 528 km2 avec une population d'environ dix millions et demi d'habitants et sa capitale est Bruxelles.

La Belgique est entourée par les Pays-Bas, l’Allemagne, le Grand Duché de Luxembourg, la France et la mer du Nord. Elle s’étire sur une distance de 318 kilomètres entre La Panne et Arlon. Son relief est peu élevé : il s'étage graduellement vers le sud-est pour culminer à 694 m au signal de Botrange.

De la fin du Moyen Âge jusqu'à la révolution politico-religieuse du XVIIe siècle, ce territoire est un centre commercial et culturel prospère. La quasi-totalité de son territoire (à l'exception de la Principauté de Liège) faisait partie des Dix-sept Provinces réunies par les ducs de Bourgogne au XVe siècle. Après l'avènement du protestantisme sous la domination espagnole, les Dix-sept Provinces sont scindées et le nord – les futurs Pays-Bas – devient indépendant. La partie méridionale, catholique, passe aux mains de diverses puissances européennes (Espagne, Autriche, France) et est réunie en 1815 avec les anciennes Provinces-Unies pour former le Royaume des Pays-Bas. La partie méridionale de ce nouvel État accède à l'indépendance en 1830 suite à la Révolution belge. L'histoire récente du pays a été marquée par une industrialisation précoce, par la colonisation du Congo, par les deux guerres mondiales et par l'émergence de conflits politiques entre les deux principales communautés linguistiques du pays, les Flamands, d'expression néerlandaise, et les francophones.

La Belgique est une monarchie constitutionnelle dont le roi actuel est Albert II, sixième roi des Belges. C'est un État fédéral depuis 1994. Il existe six entités fédérées : trois régions (bruxelloise, flamande et wallonne) et trois communautés (flamande, française et germanophone). La population belge est répartie comme suit : 1,0 million d'habitants vivent en région bruxelloise (9,74 %), 6,1 millions en région flamande (57,80 %) et 3,4 millions en région wallonne (32,46 %).

La Belgique a trois langues officielles : l'allemand, le français et le néerlandais. C'est un pays de tradition catholique romaine, mais qui connaît une certaine déchristianisation[2].

Sommaire

Nom

La plus vieille utilisation des termes Belgae et Belgica qui nous est parvenue est dans la Guerre des Gaules de Jules César. Il divise la Gaule qu'il a conquise en trois parties : les Gaulois proprement dits, les Aquitains et les Belges. Ces derniers sont séparés des Gaulois par la Seine et la Marne. Sous Auguste, la Gaule est divisée par Marcus Agrippa en trois provinces et l'une d'entre elles porte le nom de Belgica. Cette dernière sera réorganisée sous Domitien qui la divise en trois nouvelles provinces, une Gallia Belgica et deux Germania. La Gallia Belgica sera encore par la suite divisée en deux : la Belgica Prima et la Belgica Secunda. La Belgique actuelle n'a que peu à voir avec ces provinces romaines, la majeure partie de son territoire se situe en Germania Inferior (plus tard appelée Germania Secunda) et en Belgica Secunda.

Ces termes disparaissent presque totalement après les grandes invasions, en ne subsistant que sous la plume de quelques ecclésiastiques. Ils ne réapparaissent qu'à la seconde moitié du IXe siècle après la scission de l'empire de Charlemagne avec la création de la Lotharingie. Les clercs de l'époque utilisent le terme Belgica pour désigner le royaume de Lothaire II situé entre la Gallia de Charles le Chauve et la Germania de Louis le Germanique. Les dénominations Belgae, Belgica, Gallia Belgica disparaissent de nouveau au XIIe siècle après la disparition de la Lotharingie[3].

Aux XVe et XVIe siècles, les différents territoires se retrouvent peu à peu sous la même autorité. Le terme Belgica réapparaît avec les humanistes de la Renaissance mais son utilisation reste limitée dans les cercles intellectuels mais répond à un besoin car on cherche des dénominateurs communs pour ces principautés. Un autre terme apparaît : Belgium, Belgia. À cette époque, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Nord de la France actuels étaient connus comme les Pays-Bas ou les Provinces belgiques, qui couvraient plus ou moins le territoire des Dix-sept Provinces, sans la principauté de Liège qui a toujours été une enclave.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le mot Belgique redevient un terme administratif et également le nom d'une allégorie représentant la nymphe des Pays-Bas. Sa portée sémantique se réduit cependant avec la division des Dix-Sept provinces après la guerre de Quatre-Vingts Ans : il est de plus en plus utilisé pour ne parler que des provinces méridionales et ses habitants mais reste un synonyme de néerlandais y compris en néerlandais. Les États-Belgiques-Unis se dit Verenigde Nederlandse Staten ou Verenigde Belgische Staten en néerlandais. Lors de l'annexion par la France[4], ainsi que la réunion de la Principauté de Liège à la République Française[5], le terme belge devient courant pour désigner les habitants des régions de l'actuel Royaume de Belgique. En 1830, le mot Belgique devient un substantif et le mot belge devient un qualificatif.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Belgique.

Renaissance

Le territoire de l'actuelle Belgique a connu des bouleversements démographiques, politiques et culturels au cours des deux millénaires de notre ère. Au premier siècle, les Romains, après avoir défait les tribus celto-germaniques locales, créent la province Gallia Belgica. Une immigration graduelle de tribus germaniques franques durant le Ve siècle met ce territoire dans le royaume des Mérovingiens, qui évolue en Empire carolingien au VIIIe siècle. Durant le Moyen Âge, de petits États féodaux naissent, dont beaucoup d'entre eux rejoignent les Pays-Bas bourguignons aux XIVe et XVe siècles. L'empereur Charles Quint complète dans les années 1540 l'union des Dix-sept Provinces, dont il établit l'unité par la Pragmatique Sanction de 1549, et contrôle officieusement la Principauté de Liège[6].

De 1568 au Congrès de Vienne

La guerre de Quatre-Vingts Ans, de 1568 à 1648, divise le territoire en deux : une république fédérale au nord, les Provinces Unies (Belgica Foederata), et, au sud, les Pays-Bas méridionaux (Belgica Regia) toujours dirigés par la couronne des Habsbourgs espagnols puis autrichiens. Cette partie comprend à peu près tout le territoire de la Belgique moderne, à l'exception de la Principauté de Liège. Jusqu'à son indépendance, ce territoire est convoité par les nombreux souverains et gouvernements français et est le théâtre de beaucoup de batailles des guerres franco-espagnoles et franco-autrichiennes durant les XVIIe et XVIIIe siècles, ce qui lui vaut de porter le surnom de « champ de bataille de l'Europe » — une réputation qui sera renforcée par les deux Guerres mondiales. En 1789-1790, la région acquiert une première fois son indépendance, suite à la Révolution brabançonne, sous la forme des États-Belgiques-Unis mais ceux-ci ne perdurent pas à cause des luttes intestines entre Statistes et Vonckistes et à cause de l'absence de reconnaissance et d'appui de la part des nations étrangères[7]. Après les campagnes militaires de 1794 dans les guerres de la Révolution française, les Pays-Bas belgiques — y compris les territoires qui n'ont jamais été sous la domination personnelle des Habsbourgs, comme la Principauté de Liège — sont annexés par la Première République française, mettant fin au règne hispano-autrichien sur la région. Les Pays-Bas belgiques sont réunifiés par le Royaume-Uni des Pays-Bas à la dissolution du Premier Empire français en 1815.

La réunification ne tient pas. Le pouvoir jugé trop « napoléonien » de Guillaume Ier[8], notamment en matière de libertés politique et religieuse, la sous-représentation politique et l'« exploitation fiscale » des provinces méridionales font naître une opposition catholique à laquelle s'allient les libéraux du sud du pays. Cet unionisme devient « spécifiquement belge et énonce des griefs spécifiquement belges »[9]. Le régime périclite alors dans le sud et la scission est effective, le roi ne pouvant se maintenir en Belgique que par l'usage de la force[10].

Révolution belge

Article détaillé : Révolution belge.

La révolution belge de 1830 conduit à une seconde indépendance et l'établissement d'un état neutre sous l'autorité d'un gouvernement provisoire et d'un congrès national. Avec l'installation de Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha comme premier roi des Belges, la Belgique devient une monarchie constitutionnelle et une démocratie parlementaire. L'unionisme entre catholiques et libéraux, scellé en 1827-1828, est consacré par un compromis en 1830 : la construction d'un État libéral où il n'y a pas de politique anticléricale et où le catholicisme est reconnu comme religion de la majorité, le tout basé sur une constitution intouchable à leurs yeux, qui garantit un nombre élevé de libertés comparé aux autres lois fondamentales de l'époque[11]. Cet unionisme se transforme après l'indépendance en « une coalition électorale et gouvernementale permanente, constituée de membres modérés des deux partis qui n'ont pas oublié les leçons de la Révolution brabançonne »[12]. Le pays est alors dirigé par une oligarchie élue au suffrage censitaire et capacitaire à représentation majoritaire[13], dont la seule langue est de facto le français[14]. L'unionisme persistera tant que la peur d'une annexion néerlandaise ou française sera forte. Les libéraux créent ensuite leur parti et il s'ensuivra une période avec un système bipolaire entre tendances libérales et catholiques. L'apparition d'un parti catholique organisé en 1869 voit les conservateurs en 1884 s'installer au pouvoir pendant 30 ans, et les socialistes créent le parti ouvrier en 1885. Le pays connaît le vote plural à représentation proportionnelle le 18 avril 1893 et — plus tardivement et par étapes — le suffrage universel ainsi que les premières avancées en matière de droits linguistiques comme la loi Coremans-De Vriendt en 1898. Il faut toutefois attendre le 10 avril 1967 pour voir une version complète en néerlandais de la Constitution officiellement reconnue[15] et 1991 pour la version en allemand[16].

XIXe Siècle

Grâce à une industrialisation précoce dès les débuts de la Révolution industrielle au XVIIIe siècle, favorisée par des territoires densément peuplés et par un blocus continental sous Napoléon Ier, la Belgique connaît une forte expansion économique et devient une puissance industrielle importante[17]. Par l'interventionnisme de l'État, le pays se dote rapidement du premier réseau ferroviaire du continent européen, qui restera le plus dense[18]. Il est le berceau d'avancées technologiques dans de nombreux domaines comme par exemple la chimie avec la découverte d'un procédé de fabrication industrielle de la soude par Ernest Solvay. Par l'initiative de son deuxième roi, Léopold II, qui a acquis l'État indépendant du Congo comme possession privée après la Conférence de Berlin en 1884-1885, la Belgique devient un empire colonial en 1908 après que le roi a légué la souveraineté de son domaine à l'État belge. La reprise par l'État du Congo s'impose fin 1905 après le rapport d'une commission d'enquête déplorant l'exploitation des indigènes et les abus qu'ils subissent, particulièrement pour la récolte du caoutchouc naturel[19].

Première Guerre Mondiale

En 1914, la Première Guerre mondiale éclate. L'Empire allemand ignore la neutralité de la Belgique et l'envahit en appliquant le Plan Schlieffen pour prendre à revers les armées françaises. La majeure partie du pays, sauf la zone derrière l'Yser où se retranche l'armée belge et le roi Albert Ier, est alors occupée et le gouvernement se réfugie à Sainte-Adresse. L'occupation allemande met en place une Flamenpolitik destinée à diviser la Belgique en deux états satellites : la Flandre et la Wallonie. Après la guerre, le traité de Versailles donne la circonscription prussienne d'Eupen-Malmedy à la Belgique, rattachement sanctionné par un plébiscite controversé. Historiquement, le territoire d'Eupen avait appartenu jusqu'en 1815 au duché du Brabant (les Pays d'Outre-Meuse et le duché de Limbourg), Sankt-Vith faisait partie du duché de Luxembourg et Malmedy de la principauté abbatiale indépendante de Stavelot-Malmedy. Le vote n'est pas à bulletin secret, ce qui fait craindre aux électeurs des représailles : seuls 271 sur 33 726 électeurs déclarent leur attachement à la Prusse[20]. La libération est également l'occasion pour le roi d'instaurer le suffrage universel masculin, grâce à une « petite entorse » au droit constitutionnel belge[21].

Entre-deux-guerres

Durant l'entre-deux-guerres, l'histoire de la Belgique est similaire au reste de l'Europe occidentale : une reconstruction énergique durant les années folles, une crise économique entre 1931 et 1935, l'émergence de partis fascistes avec la flambée rexiste de 1936-1937 autour de Léon Degrelle et le VNV flamand de Staf de Clercq. Les mouvements wallons et flamands connaissent aussi une radicalisation et un raffermissement après la période de patriotisme belge à la fin de la guerre. En 1934, Le roi Albert Ier décède inopinément et son fils Léopold III lui succède. Tandis que l'instabilité ministérielle et les divisions nationales s'aggravent, des solutions de type autoritaire sont avancées par les divers partisans d'un « ordre nouveau », qui ont l'oreille complaisante du roi. En 1936, la Belgique dénonce l'alliance de 1920 avec les Franco-Britanniques et se replie dans une stricte neutralité, refusant jusqu'au bout toute coopération avec les états-majors alliés alors même que la menace hitlérienne s'affirme aux frontières.

Seconde Guerre Mondiale

Article détaillé : Armée belge en 1940.

En mai 1940, la Belgique est de nouveau envahie par l'Allemagne. L'armée belge ne résiste pas longtemps à la Blitzkrieg allemande, mais tandis que le gouvernement et le Parlement sont partisans de poursuivre la lutte hors des frontières aux côtés des Alliés, le roi estime la guerre finie pour le royaume et choisit la capitulation de l'armée au terme de la campagne des dix-huit jours (28 mai 1940). Resté en Belgique comme « prisonnier de guerre », il est déclaré « dans l'impossibilité de régner » par le gouvernement en exil d'Hubert Pierlot, réfugié à Londres et disposant du Congo belge. Le roi reste silencieux durant toute l'occupation et ne donne aucun signe d'appui à la résistance, au gouvernement de Londres et à la cause alliée.

Dans le même temps, des millions de Belges ont pris le chemin de l'exil vers la France « craignant, comme le confirme l'historien Max Lagarrigue, de subir les mêmes atrocités que durant la Grande Guerre »[22] Accueillis pour leur grande majorité dans le Midi de la France, ils rentrent pour leur majorité en septembre - octobre 1940. « Les Allemands vont faciliter et encourager leur retour afin de remettre en marche le bassin sidérurgique belge qui participera à l'effort de guerre de l'occupant »[23]

Les Belges vivent sous l'occupation jusqu'à la Libération par les forces alliées en septembre 1944. Les quatre années passées sous l'administration militaire allemande, dirigée par le général Alexander von Falkenhausen, voient notamment la déportation sans retour de 25 000 Juifs du pays vers Auschwitz-Birkenau, avec la collaboration parfois des autorités (la municipalité d'Anvers collabore aux rafles, mais celle de Bruxelles s'y refuse, tandis que le collège des secrétaires généraux de ministères reste passif ou se compromet). Aidé des collaborationnistes, l'occupant traque les résistants qui sont arrêtés par milliers, souvent torturés et déportés en camps de concentration depuis le fort de Breendonk. Près de 300 otages sont également fusillés en représailles aux attentats d'une partie de la résistance. Livré à la faim, au pillage et au marché noir, le pays voit aussi plusieurs centaines de milliers des siens envoyés travailler de force dans les usines de guerre nazies outre-Rhin. La sympathie de certains milieux flamands pour l'occupant, qui ne va pas hésiter d'attiser la division des Flamands et des Wallons pour mieux régner contribuera à nourrir de nouvelles rancœurs intercommunautaires après la libération. La collaboration économique a été forte dans l'ensemble du pays. Le fasciste Léon Degrelle, n'a pas arrêté de souligner le « caractère germanique » de la Wallonie. Après la bataille des Ardennes fin décembre 1944, les derniers soldats allemands sont chassés de Belgique.

Après la Guerre

La Libération est mouvementée. Il n'y a pas comme en 1918 une exaltation nationale. La guerre a laissé des séquelles : la répression de l'incivisme et de la collaboration se fait dans un contexte souvent passionné. Un certain nombre de personnes sont condamnées judiciairement[24] tandis que l'épuration civique se fait aussi de manière extra-judiciaire, notamment par des sanctions administratives[25]. Cette politique de répression donne lieu à des dérapages qui conduisent à la démission de plusieurs ministres de la Justice. Cela, plus une différence de climat sensible en Flandre fait émerger une nouvelle revendication dans le mouvement flamand : l'amnistie[26]. En plus de la répression et des demandes d'amnistie, la question royale pèse lourdement sur la vie politique du pays : le roi Léopold III, transféré dans le Reich en juin 1944[27], ne peut rentrer au pays après sa libération en mai 1945, car son « testament politique » rédigé au printemps 1944, peu amène avec les Alliés et le gouvernement en exil et ignorant la résistance, a montré son décalage avec le gouvernement Pierlot, l'opinion et l'évolution générale.

Remise en question du régime

La question du retour du roi se cristallise autour d'un clivage politique et communautaire : les sociaux-chrétiens et la forte majorité des Flamands y sont favorables, les autres partis et la majorité des Wallons hostiles[28]. Cette question royale conduira à l'abdication de Léopold III et à l'intronisation de son fils Baudouin en juillet 1951. Les partis politiques s'affrontent également dans une nouvelle guerre scolaire dans les années 1950 avec comme épilogue le Pacte scolaire de 1958, avec un rapport de force différent selon la région, présageant la prochaine importance du clivage linguistique et des problèmes communautaires[29],[30].

Colonies

L'aventure coloniale belge s'arrête en 1960 avec l'indépendance du Congo et 1962 avec celle du Burundi et du Rwanda dont la Belgique est, depuis l’issue de la Première Guerre mondiale, la puissance mandataire par la Société des Nations. Le génocide rwandais de 1994 suscitera d'âpres polémiques, avec la découverte des lourdes conséquences d'une politique coloniale belge qui avait monté délibérément les communautés hutu et tutsie l'une contre l'autre et exacerbé artificiellement un clivage peu développé (ainsi en imposant la mention de l'ethnie sur les cartes d'identité).

Après 1960

En 1960, la Belgique est également secouée par une crise politique. Pour faire face aux difficultés dues à la perte du Congo belge et les nouvelles conditions de compétition économique en Europe, la coalition socio-chrétienne et libérale élabore un programme de relance économique et d'austérité — la loi unique — qui entraîne durant l'hiver 1960-1961 la plus grande grève générale que la Belgique ait connue. Celle-ci est initiée par la partie wallonne de la FGTB et est bien plus suivie en Wallonie où elle s'accompagne de la menace de scinder le pays de la part des militants wallons[31]. Ces événements marquent le début de la cristallisation du clivage linguistique qui entraîne de nouvelles législations linguistiques dont la fixation de la frontière linguistique, la scission de l'université de Louvain, et surtout marque la fin de l'État unitaire belge par la création des Communautés en 1970 et des Régions en 1980 par une suite de révisions de la constitution[32]. Les années 1980 sont marquées par le passage à un État fédéral qui est officiellement reconnu par la constitution de 1993.

Relations européennes

La Belgique est un des pays fondateurs de l'OTAN, avec le traité de Bruxelles en 1958 et le Traité de l'Atlantique Nord le 4 avril 1949, et de l'Union européenne avec la création du Benelux le 5 septembre 1944, la signature de la Communauté européenne du charbon et de l'acier le 18 avril 1951 et du Traité de Rome le 25 mars 1957.

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Belgique.

Le Royaume de Belgique se situe dans l'Hémisphère Nord et à l'est du méridien de Greenwich (latitude nord et longitude est). Il s'étend en latitude sur 2 degrés, de Meerle au nord (51 °30') à Torgny au sud (49 °30'), et compte moins de 4 degrés en longitude, de La Panne comme point le plus à l'ouest (2 °33') à Manderfeld à l'est (6 °24'). Son centre géographique se situe à Nil-Saint-Vincent, dans le Brabant wallon, à 50 °38' de latitude nord et 04 °40' de longitude est.

La Belgique partage ses frontières avec la République française (645,6 km), les Pays-Bas (459,6 km)[33], la République fédérale d’Allemagne (153,4 km)[34] et le Grand-Duché de Luxembourg (150,4 km) ; et possède 73,1 km de frontières maritimes[35]. La superficie du pays est de 30 528 km² ; et de 33 990 km² en ajoutant les eaux territoriales[36].

Le climat est océanique tempéré avec des précipitations régulières, 200 jours de pluie par an en moyenne[37], et fréquentes sur toute l'année (Cfb dans la classification de Köppen). Les vents dominants soufflent du secteur sud-ouest.

Trois zones géographiques peuvent être distinguées : la basse Belgique (moins de 100 m d'altitude), la moyenne Belgique (de 100 à 200 m) et la haute Belgique (de 200 à plus de 500 m). La basse Belgique commence après le littoral, une bande de plages de sable et de dunes, par des polders pour s'enfoncer à l'intérieur des terres avec la plaine flamande et la Campine. La moyenne Belgique s’élève progressivement vers les vallées de la Sambre et de la Meuse, c'est une zone qui se compose de bas plateaux limoneux fertiles avec à l'ouest le plateau hennuyer-brabançon et à l'est la Hesbaye. Au sud du sillon Sambre et Meuse commence la haute Belgique, la région la moins peuplée et la plus boisée du pays, avec le plateau du Condroz et les vallées de la Meuse et de l'Ourthe. Il y a aussi le pays de Herve qui s'étend à l'est entre la Meuse et la Vesdre, puis la région de la Fagne-Famenne au sud du Condroz, et ensuite encore plus au sud l'Ardenne et à l'est les Hautes Fagnes qui culminent à 694 m au signal de Botrange. Il y a également la Gaume, ou Lorraine belge, qui jouit d'un climat plus clément, surtout au flanc de la troisième cuesta où l'on cultive même la vigne.

À cause de sa densité de population élevée, la Belgique fait face à de sérieux problèmes environnementaux. Un rapport de 2003 suggère que la qualité des eaux de surface de Belgique est la pire des 122 pays étudiés[38]. Dans l'étude de 2008 sur l'indice de performance écologique, la Belgique a obtenu un score total de 78,4% et est classée avant-avant-dernière des pays de l'Union européenne, bien qu'elle soit 57e sur 149 pays[39].

Politique

Article détaillé : Politique de la Belgique.

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

Organisation politique

Jusqu’en 1970, la Belgique était un état unitaire mais la querelle linguistique amena, à partir de 1980, quatre vagues de réforme fédéraliste qui aboutirent aux Accords de St-Michel qui font d'elle aujourd'hui un État fédéral.

Au niveau de cet État fédéral, le pouvoir législatif se compose de la Chambre des Représentants (150 membres), du Sénat (71 sièges), et du roi. Le pouvoir exécutif est composé du Roi et des ministres (le Premier ministre étant un primus inter pares). Le pouvoir judiciaire est, quant à lui exercé par les cours et les tribunaux.

Leurs rôles sont :

Pouvoir législatif fédéral : faire les lois et contrôle le pouvoir exécutif. Il est exercé par le Parlement et par le roi. Le Parlement est constitué de deux chambres, le Sénat et la Chambre des Représentants.

Pouvoir exécutif fédéral : dirige le pays. Il fait en sorte que les lois soient appliquées de manière concrète et qu’elles soient respectées. Le pouvoir exécutif est exercé par le Roi et son gouvernement, constitué de ministres et de secrétaires d’État.

Pouvoir judiciaire : il se prononce en matière de litiges. Il contrôle également la légalité des actes du pouvoir exécutif. Exercé par les cours et les tribunaux.

La séparation des pouvoirs existe également au niveau des Communautés et des Régions. Celles-ci disposent d’un pouvoir législatif et d’un pouvoir exécutif séparé. Pour les autorités fédérales, les Communautés et les Régions, le pouvoir judiciaire est toutefois exercé par les mêmes instances.

Forme de l’état : C’est une monarchie constitutionnelle et parlementaire. Il s'agit d'un système politique démocratique. Le chef de l'État est le roi Albert II. Il partage son pouvoir avec le Parlement qui est élu. Son pouvoir devient donc limité. Depuis le 29 décembre 2008, le Premier ministre belge est Herman Van Rompuy, issu du parti CD&V.

Les partis politiques :

Tous les grands partis sont depuis 1970 des partis politiques des Communautés. Il s'impose de parler des partis politiques Flamands, des partis politiques francophones. À cause des querelles linguistiques, il y a des divisions marquées entre ces deux communautés. Mais chacune possède un parti libéral (l'Open-VLD pour la région flamande, le MR pour la région wallonne), un parti socialiste, (SP.a-VP/PS), un parti chrétien démocrate (CD&V/cDH) et un parti vert (groen !/Écolo)

Clivages politiques

Crise politique

Après les dernières élections fédérales du 10 juin 2007, les partis libéraux et sociaux-chrétiens tentèrent en vain de former un gouvernement national (ou fédéral). Cette grave crise de plusieurs mois, sur un fond de profond désaccord communautaire, constitua un fait sans précédent dans l’histoire politique du pays. Un accord obtenu plus de six mois après les élections, en décembre 2007, a mis un terme (provisoire) à cette crise par la mise en place d'un gouvernement « transitoire » dirigé par le premier ministre sortant Guy Verhofstadt. Le 20 mars 2008, après 9 mois de négociations, Yves Leterme devient premier ministre et le nouveau gouvernement est installé. Cependant la démission du Premier ministre Yves Leterme le 15 juillet 2008 (bien que non acceptée par le Roi des belges Albert II) replonge le pays dans l'incertitude d'une crise politique en ne permettant la prolongation du gouvernement actuel que sous une forme de plus en plus tronquée et reportant les sujets brûlants à des dates ultérieures, relançant le débat sur l'opportunité de voter anticipativement en 2009, lors du scrutin régional, et d'ainsi à nouveau unifier les élections régionales et législatives. Il propose la démission de son gouvernement les 19 et 22 décembre 2008, et, le roi Albert II accepte finalement la seconde proposition de démission.

Un sondage réalisé par les quotidiens « La voix du Nord » et « Le Soir » début juillet 2008 a révélé que 49 % des Wallons interrogés favorisent, parmi plusieurs options, un rattachement à la France en cas de scission de la Belgique, alors qu'ils n'étaient que 29 % en janvier de la même année[40].

Politique étrangère

La Belgique est membre fondateur de l'Union européenne et de l'OTAN. Son territoire abrite les principales institutions de ces deux organisations internationales. La Belgique est aussi un membre ou est affiliée à de nombreuses organisation internationales, comme ACCT, AEN, AID, AIE, AIEA, BAfD, BAsD, BEI, Benelux, BERD, BID, BIRD, BRI, CCC, CE, CERN, CIO, CNUCED, Comité Zangger, CPA, CPEA, CPI, ESA, FAO, FIDA, FISCR, FMI, Groupe d'Australie, GFN, G-10, Inmarsat, Interpol, ISO, MICR, MINUK, MONUC (observateurs), OACI, OCDE, OEA (observateur), OTAN, OHI, OIAC, OIM, OIT, OMC, OMI, OMM, OMPI, OMS, ONU, ONUDI, ONUST, OSCE, SFI, UE, UEM, UEO, UIT, UNECE, UNESCO, UNHCR, UNMOGIP, UNRWA, UPU.

Politique environnementale

Protocole de Kyoto

Signé le 29 avril 1998 et approuvé le 21 mai 2002 par l’ensemble des membres de l’UE, dont il est désormais une condition à l’adhésion, le Protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février 2005. En vertu du protocole, la Belgique doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7,5% par rapport aux émissions enregistrées en 1990. Elle a dès lors réparti son engagement de réduction entre les Régions et le fédéral de la façon suivante :

  • Région Wallonne : -7,5%
  • Région Flamande : -5,2%
  • Région Bruxelloise : +3,475%
  • Le fédéral comblera la différence par l’achat d’unités de réduction liées aux mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto (+/- 2,46 millions de tonnes de CO2/an)

Comme la compétence est très transversale entre les Régions et le fédéral, 2 institutions ont été créées :

  • La Commission Nationale Climat (Concertation sur les dossiers intra belge)
  • Le Groupe à effet de serre (Concertation sur les dossiers internationaux)

Démographie

Article détaillé : Démographie de la Belgique.

La population belge est répartie sur l'intégralité du territoire mais il y a quand même une forte densité.

Population : 10 584 535 habitants (2007). 0-14 ans : 16,5 % ; 15-64 ans : 66,1 % ; + 65 ans : 17,4 %
Densité : 342 hab./km²
La densité de population est la troisième plus importante de l'Union européenne, après celle de Malte et des Pays-Bas et avant le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Espérance de vie des hommes : 76 ans (en 2007)
Espérance de vie des femmes : 82 ans (en 2007)
Taux de croissance de la population : 0,12 % (en 2007)
Taux de natalité : 10,29 ‰ (en 2007)
Taux de mortalité : 10,32 ‰ (en 2007)
Taux de mortalité infantile : 4,6 ‰ (en 2007)
Taux de fécondité : 1,6 enfant/femme (en 2007)
Taux de migration : 1,22 ‰ (en 2007)
Taille moyenne des hommes : 1 m76

Langues

Le pays, rencontre des cultures germanique et romane, comprend différentes communautés linguistiques et culturelles. Les trois langues officielles sont le néerlandais, le français et l’allemand. Elles sont placées sur un pied d’égalité au niveau fédéral. Parmi les différentes régions, seule la Région de Bruxelles-Capitale (habitée par près de 10% de la population) est officiellement bilingue (français et néerlandais). La Région flamande (habitée par près de 58% de la population), située au nord-est officiellement unilingue néerlandophone. La Région wallonne (habitée par plus de 32% de la population), située au sud-est officiellement unilingue francophone à l'exception de la région de la Communauté germanophone de Belgique, laquelle comprend 75 000 personnes, soit moins d'un pour cent de la population belge. Des minorités linguistiques sont présentes dans les régions unilingues, leurs importances respectives ne peuvent être qu'estimées, les recensements linguistiques étant interdits par la loi en Belgique. Les néerlandophones représenteraient 57 % à 60 % de la population belge, et les francophones 40 % à 43 %[41]. À côté des langues officielles, sont parlées des langues régionales endogènes ou des dialectes. Il s’agit du brabançon, du champenois, du flamand occidental, flamand oriental, du francique ripuaire, du limbourgeois, du lorrain, du luxembourgeois, du picard et du wallon. La diversité linguistique provoque souvent des conflits politiques, liés à d’autres enjeux (la position arithmétiquement minoritaire des francophones, celle, plus socioculturelle de la langue néerlandaise au départ, la francisation de Bruxelles, la politique étrangère de l’entre-deux-guerres, les problèmes économiques wallons, surtout à partir des années 1960 etc.), qui ont engendré un système de gouvernance complexe.

Religion

Article détaillé : Religion en Belgique.

La liberté de religion est inscrite dans la Constitution. La plus répandue est la religion catholique, d’autres, telle que l’islam, le protestantisme, le judaïsme et christianisme orthodoxe sont pratiquées en Belgique.

La Belgique subventionne les églises et les organisations philosophiques non confessionnelles reconnues sur son territoire. Cette particularité est inscrite dans l'article 181 de la Constitution belge :

« Les traitements et pensions des ministres des cultes sont à charge de l'État ; les sommes nécessaires pour y faire face sont annuellement portées au budget. (…)[42]  »

À ce titre, l'État belge a dépensé en 2003[43] :

  • culte catholique romain : 458,62 millions d'euros
  • laïcité : 75,36 millions d'euros
  • culte islamique : 20,33 millions d'euros
  • culte protestant évangélique : 18,80 millions d'euros
  • culte israélite : 3,21 millions d'euros
  • culte orthodoxe : 2,36 millions d'euros
  • culte anglican : 0,46 million d'euros

Un 7e culte pourrait être reconnu : le bouddhisme. Celui-ci est fort de 30 000 à 50 000 adeptes.

Organisation de l’État fédéral belge

Article détaillé : Politique de la Belgique.
Armoiries de la Belgique

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et un État fédéral, dont le chef d’État actuel est le roi Albert II. En pratique le pays conserve quelques caractéristiques confédérales.

La Constitution fut amendée en 1993 pour adopter un système fédéral afin d’éviter la rupture entre néerlandophones et francophones. Malgré cela, les tensions politiques, culturelles, linguistiques et économiques existent toujours entre les deux communautés. Un parti politique flamand, le Vlaams Belang, prône ainsi l’indépendance de la Flandre à court terme tandis qu’un parti francophone très minoritaire, le RWF, souhaite le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France. Ces deux mouvements sont d’obédience républicaine par nature.

Le fédéralisme belge est bâti sur le concept d’équipollence des normes, c’est-à-dire que le niveau de pouvoir fédéral n’a aucune préséance par rapport aux entités fédérées. Un décret voté au Parlement wallon ne peut ainsi pas être contredit par une loi belge. De plus, comme les entités fédérées ont, pour l’essentiel, des compétences exclusives (y compris sur la scène internationale), une même compétence ne peut pas être détenue à la fois par les entités fédérées et par l’État belge.

Structure de l’État belge
Nom Territoire de compétence Législatif Exécutif
État fédéral Tout le pays Parlement fédéral composé de : Gouvernement fédéral
Communauté flamande et Région flamande Les cinq provinces de la Région flamande, ainsi que les 19 communes bilingues de la Région de Bruxelles-Capitale où elle n’exerce de compétences que pour les matières communautaires Parlement flamand (Vlaams Parlement) Gouvernement flamand
Communauté française Les cinq provinces de la Région wallonne (à l’exception des 9 communes germanophones), ainsi que les 19 communes bilingues de la Région de Bruxelles-Capitale où elle n’exerce de compétences que pour les matières communautaires Parlement de la Communauté française Gouvernement de la Communauté française
Communauté germanophone Les 9 communes germanophones des cantons de l’Est Parlement de la Communauté germanophone (Parlament der Deutschsprachigen Gemeinschaft) Gouvernement de la Communauté germanophone
Région wallonne Les cinq provinces wallonnes Parlement wallon Gouvernement wallon
Région de Bruxelles-Capitale Les 19 communes de Bruxelles Parlement bruxellois Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale
Assemblées des Commissions communautaires (Cocom, Cocof et Vgc) Collèges des Commissions communautaires (Cocom, Cocof et Vgc)

En 1980 lors de la création des Régions, les Flamands ont immédiatement transféré toutes leurs compétences régionales à la Communauté flamande, comme l’autorise la Constitution. Les six députés du Parlement flamand provenant de la Région de Bruxelles-Capitale ne votent toutefois pas les décrets concernant les matières régionales.

Le pouvoir fédéral est entre les mains du Premier ministre et de son gouvernement. Depuis les élections de juin 2007 les démocrates-chrétiens (Flandre) et les libéraux francophones (Wallonie et Bruxelles) disposent ensemble de la majorité à la Chambre des représentants (81 des 150 sièges). L’État fédéral est compétent dans tous les domaines d’intérêt national, tels que la défense et les affaires internationales, toute la sécurité sociale, 95 % de la fiscalité, l’économie, les télécommunications et d’importantes compétences semi-fédéralisées, comme dans le domaine de la recherche scientifique, et dans l’enseignement (âge de l’obligation scolaire, diplômes, etc.).

Les Communautés - française, flamande, germanophone - sont responsables de la culture et de l’éducation (écoles, bibliothèques, théâtres, audiovisuel…) ainsi que de l’aide aux personnes. Les Régions - flamande, wallonne, Bruxelles-Capitale - s’occupent des problèmes territoriaux et économiques (transports, plan d’aménagement du territoire…) pour la région qui les concerne. Communautés et Régions maîtrisent, en outre, les relations internationales relevant des matières de leur compétence, à l’exception de l’aide au tiers-monde dans ces mêmes domaines.

Chaque province et chaque commune appartient à une Région, et est soumise à sa tutelle.

Provinces Territoire de la Province (5 provinces flamandes, 5 provinces wallonnes, et la Région de Bruxelles-Capitale) La province a deux rôles :
  • Exécuter certaines décisions prises à d’autres niveaux ;
  • Développer des initiatives propres.

À Bruxelles le rôle de la province est exercé par la Région. La Région a quand même un gouverneur chargé d’exécuter les décisions du pouvoir fédéral et un vice-gouverneur chargé de faire respecter les accords linguistiques dans les administrations.

Communes Territoire de la Commune (19 communes de Bruxelles, 262 communes wallonnes et 308 communes flamandes) Sous la tutelle de la Région à laquelle la commune appartient, elle doit exercer un ensemble de missions obligatoires (CPAS, état-civil, enseignement primaire communal…)

Entités fédérées et subdivisions spécifiques

Principales villes de Belgique

Régions

Article détaillé : Régions de Belgique.

Les Régions (Région wallonne, Région flamande et Région de Bruxelles-Capitale) sont les entités fédérées principalement compétentes en matière économique.

Communautés

Article détaillé : Communautés de Belgique.

Les Communautés (Communauté française, Communauté flamande et Communauté germanophone) sont les entités fédérées qui sont compétentes en matière culturelle et gèrent l’enseignement. Les communautés sont subsidiées par l’État fédéral.

Provinces

Article détaillé : Provinces de Belgique.

Les provinces représentent un niveau politique intermédiaire entre la Région et la commune. La Belgique (en dehors de la région bruxelloise qui constitue un territoire provincial quasiment dénué d’institutions provinciales, à l’exception d’un gouverneur), est divisée en dix provinces, qui dépendent directement des Régions :

Provinces flamandes en français et néerlandais (avec chefs-lieux entre parenthèses) :

Régions et provinces de Belgique

Provinces wallonnes en français et néerlandais (avec chefs-lieux entre parenthèses) :

Liste des provinces belges (et administrations locales)

Culture

Articles détaillés : Culture de la Belgique et Musique belge.

La vie culturelle belge a eu tendance à se développer dans chaque communauté. Les éléments intercommunautaires sont moins nombreux, en partie à cause de l'absence d'université bilingue, à part l’Académie royale, de médias communs, ni d'organisations culturelles ou scientifiques significatives où toutes les communautés sont représentées. Ces éléments précisés, la Belgique en tant que telle est culturellement connue pour son art raffiné et son architecture. Il y a lieu de remarquer que l'Internet est aussi un élément de fracture communautaire dans la mesure où les deux communautés ne participent pratiquement à aucune communication en ligne commune que ce soit sur le plan culturel, scientifique, technique ou même les hobbies, les francophones fréquentant plutôt les cercles français et les Flamands s'organisant entre eux.

La région correspondant aujourd’hui à la Belgique a été le berceau de mouvements artistiques majeurs qui ont eu une influence importante sur l’art européen. L’art mosan, la peinture flamande de la Renaissance, la peinture baroque, les architectures romane, gothique, Renaissance, baroque et Art nouveau ainsi que la musique classique de la Renaissance sont des éléments majeurs de l'histoire de l’Art.

Les surréalistes sont largement représentés en Belgique avec des artistes comme Magritte ou encore Ensor, on dit même que le surréalisme, c'est l'âme belge.

Fêtes et jours fériés

Tableau des fêtes et jours fériés nationaux[44], régionaux et communautaires :

Fêtes et jours fériés
Date Nom Remarques
1er janvier Jour de l'an (férié)
Date mobile Carnaval
Date mobile Pâques
Date mobile Lundi de Pâques (férié)
1er mai Fête du Travail (férié)
6e jeudi après Pâques Ascension (férié)
8 mai ou autre date dans la première semaine de mai Fête de l'Iris Fonctionnaire de la Région bruxelloise uniquement
2e dimanche de mai Fête des mères
7e dimanche après Pâques Pentecôte
57 jours après Pâques Doudou (Ducasse de Mons) Mons uniquement
8e lundi après Pâques Lundi de la Pentecôte (férié)
2e dimanche de juin Fête des pères
11 juillet Commémoration de la bataille des Éperons d'Or (bataille où les Français furent battus par des troupes flamandes, brabançonnes et namuroises) Fonctionnaire de la Communauté flamande uniquement
21 juillet Fête nationale belge (férié) Arrivée triomphale du premier roi des Belges Léopold Ier à Bruxelles en 1831 et sa prestation de serment constitutionnel
15 août Assomption (férié)
3e dimanche de septembre Fête de Wallonie Région wallonne uniquement
27 septembre Commémoration des Journées de septembre 1830 (pendant lesquelles les volontaires insurgés venus des quartiers de Bruxelles mais aussi des grandes villes de Wallonie chassèrent l'occupant hollandais et permirent l'indépendance de la Belgique) Fonctionnaire de la Communauté française de Belgique uniquement
1er novembre Toussaint (férié)
11 novembre Armistice (férié) Armistice de 1918
15 novembre Fête de la Communauté germanophone Fonctionnaire de la Communauté germanophone uniquement
Fête du Roi, puisque c’est la Saint-Léopold (premier roi des Belges). Férié pour les fonctionnaires fédéraux. Fonctionnaires fédéraux.
25 décembre Noël (férié) Naissance de Jésus-Christ

Enseignement

Économie

Justice

Armée

Article détaillé : Armée belge.

L’Armée belge compte, en 2005, 26 400 hommes dans l’armée de terre, 8 600 dans l’aviation, 2 400 dans la marine et 2 000 au service médical, soit un total de 39 400 hommes. Le recrutement y est essentiellement basé sur le volontariat de carrière depuis la suspension du service militaire (le 1er mars 1995). À cela s’ajoutent les principes de réserve volontaire (militaire de carrière ou civil ayant signé un engagement) et obligatoire, uniquement pour les membres du cadre et ce, pendant une durée déterminée.

Divers

La Semois, près de Bouillon
  • Lignes de téléphone fixe : 4 718 682 soit 44,9 pour 100 habitants (en 2006) ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Téléphones mobiles : 9 659 819 soit 91,9 pour 100 habitants (en 2006) ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Postes de radio : 8,075 millions (en 1997)
  • Postes de télévision : 3 556 235 (en 2001) ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Utilisateurs d'Internet : 5,5 millions (en 2006) soit 52,6% de la population ; source INS (statbel.fgov.be)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 61 (en 2000)
  • Routes : 151 372 km (en 2006) réparties comme suit[45] :
    • Région-Bruxelles-Capitale : 1 881 km
    • Région Wallonne : 79 708 km
    • Région Flamande : 69 783 km ;
  • Voies ferrées : 3 521 km (en 2005)
  • Voies navigables : 2 043 km
  • Nombre d’aéroports : 43 (dont 25 avec des pistes goudronnées) (en 2006)

Personnalités belges

Codes

La Belgique a pour codes :

Notes et références

  1. Source : CIA (juillet 2009)
  2. En 2008, 43 % des Belges francophones se disent catholiques et 17 % se disent athées. Source : Le Baromètre du religieux 2008, Sonecom, http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=407536.
  3. « Ses habitants sont appelés Belgae. Aux yeux des clercs se piquant de purisme antique, le mot Lotharingia n'est qu'un monstrueux barbarisme. Belgica est beaucoup plus noble : ce nom a une véritable sonorité antique. Après le morcellement de la Lotharingie, à la fin du XIIe siècle, l'emploi des termes Belgae, Belgica, Gallia Belgica dans leur acception « lotharingienne » disparaît complètement du vocabulaire politique » Sébastien Dubois, L'invention de la Belgique - Genèse d'un État-Nation, Éd. Racines, Bruxelles, 2005, p. 64.
  4. Xavier Mabille, Histoire Politique de la Belgique, facteurs et acteurs de changement, Éditions du CRISP, Bruxelles, 2000, p. 47-48, (ISBN 978-2870750728).
  5. Jacques Liénard, A propos du vote de la réunion à la France émis au Pays de Liège en janvier/février 1973, in Wallonie-France n°77, Liège, 2008, p.17, N° dépot 0088398
  6. Marie-Thérèse Bitsch, Histoire de la Belgique: de l'Antiquité à nos jours, Éd. Complexe, Bruxelles, 2004, 299 p. (ISBN 2804800237), p. 59 
  7. Lode Wils (trad. Chantal Kesteloot), Histoire des nations belges [« Garant uitgevers »], Labor, Bruxelles, 2005, p. 119-120 
  8. « Après un quart de siècle de despotisme révolutionnaire puis napoléonien avec son cortège de guerres, une formidable lassitude saisit la population européenne.[…] Rien d'étonnant dès lors à ce que dans le nord [des Pays-Bas Unis], au moment du rétablissement de l'indépendance, la population acceptent l'important accroissement de pouvoir de la Maison d'Orange. On attendait la même passivité de la part des Belges. « Guillaume se couche dans le lit de Napoléon », a-t-on pu dire ». Lode Wils, ibid., p. 132.
  9. Lode Wils, ibid., p. 146.
  10. C'est ce que constate en février 1830 l'internonce Francesco Capaccini après un an et demi de tentatives de réconciliation entre les catholiques belges et le roi. Lode Wils, ibid., p. 147.
  11. Els Witte, Éliane Gubin, Jean-Pierre Nandrin, Gita Deneckere, Nouvelle Histoire de Belgique, vol. 1 : 1830-1905, Complexe, Bruxelles, 2000, 640 p. (ISBN 2804800660), « La Belgique unitaire de 1830 à 1847 », p. 106 
  12. Lode Wils, ibid., p. 158-159.
  13. Nathalie Schiffino, Crises politiques et démocratie en Belgique, L'Harmattan, 2003, 302 p. (ISBN 2747547558), p. 39 
  14. Els Witte, Éliane Gubin, Jean-Pierre Nandrin, Gita Deneckere, ibid., « La construction de la Belgique 1828-1847 », p. 166-167
  15. Francis Delpérée & François Jongen, Quelle révision constitutionnelle?, Bruylant, Bruxelles, 1987, 219 p. (ISBN 2870773242), p. 217 
  16. (nl) Karel Rimanque, De grondwet toegelicht, gewikt en gewogen, Intersentia, Anvers-Oxford, 2005, 434 p. (ISBN 9050952208), p. 411 
  17. Marie-Thérèse Bitsch, Histoire de la Belgique: de l'Antiquité à nos jours, Complexe, Bruxelles, 2004, 299 p. (ISBN 2804800237), p. 87 
  18. Marie-Thérèse Bitsch, ibid., p. 90.
  19. Marie-Thérèse Bitsch, ibid., p. 100.
  20. (de) Johannes Kramer, Bilinguisme dans le Bénélux, « Zweisprachigkeit in den Benelux-ländern », Éd. Helmut Buske Verlag, Hambourg, 1984, 231 p., (ISBN 3871185973), p. 144.
  21. Marie-Thérèse Hirsch, ibid., p. 152.
  22. (fr) Max Lagarrigue, 1940, la Belgique du repli. L’histoire d’une petite Belgique dans le Sud-Ouest de la France, Ed. du Hainaut, Charleroi, 2005.
  23. Max Lagarrigue., 1940, la Belgique du repli. L’histoire d’une petite Belgique dans le Sud-Ouest de la France, Ed. du Hainaut, Charleroi, 2005.
  24. Sur plus de 400 000 dossiers, seuls 53 000 se concluent en condamnation. 0,64% de la population belge fut condamnée, soit 0,73% dans la population flamande, 0,52% dans la population wallonne et 0,56% de la population bruxelloise. Xavier Mabille, Histoire politique de la Belgique, CRISP, Bruxelles, 1986 (réimpr. 1992, 1997, 2000), 505 p., p. 308 
  25. Xavier Mabille, op. cit.
  26. Xavier Mabille, ibid., p. 309.
  27. Xavier Mabille, ibid., p. 261.
  28. Xavier Mabille, ibid., p. 309.
  29. Xavier Mabille, ibid., p. 312.
  30. Lode Wils, ibid., p. 289.
  31. Lode Wils, ibid., p. 296.
  32. Xavier Mabille, ibid., p. 327-347.
  33. Il n'a pas été tenu compte des entités de Baerle-Duc.
  34. Le tracé de la Vennbahn a été exclu du calcul.
  35. Pour la limite côtière, le tracé de la digue a servi de référence, en passant par la ligne des constructions du port maritime de Zeebrugge.
  36. Géographie physique - généralités sur le site de l'Institut géographique national.
  37. http://www.meteo.be/meteo/view/fr/360361-Parametres.html#ppt_757427
  38. (en) Fred Pearce, « Sewage-laden Belgian water worst in world », 2003, New Scientist. Consulté le 3 juin 2008
  39. (en) Indice de Performance Écologique - Score et classement - Centre de Yale pour la politique et la législation environnementales et le Columbia University Center for International Earth Science Information Network
  40. (fr) lavoixdunord.fr
  41. La population belge s'établit au 1/1/2007 à 10 584 534 habitants. Elle se décompose de la façon suivante (Source : Démographie de la Belgique) :
    • Région flamande : 6 117 440 habitants ;
    • Région wallonne : 3 435 879 habitants ;
    • Région de Bruxelles-Capitale : 1 031 215 habitants.
    Le nombre de francophones peut être objectivement estimé comme suit :
    • la population de la région wallonne (moins la communauté germanophone estimée à 75000 habitants), soit 3 360 879 personnes,
    • la population francophone de la région de Bruxelles-Capitale (estimée entre 80 % et 90 %, source : Région de Bruxelles-Capitale), soit entre 824 972 et 928 093 personnes,
    • la minorité francophone de la région flamande, estimée entre 100 000 et 150 000 personnes (Source : Dossier de La Libre sur BHV)
    Soit une estimation basse de 4 285 851 personnes (soit 40,5% de la population belge) et une estimation haute de 4 438 972 personnes (soit 42,5%). Dès lors, il semble raisonnable et prudent d'estimer que les francophones représenteraient entre 40 % et 43 % de la population belge. En complément, les néerlandophones représenteraient 57 % à 60 %.
  42. LA CONSTITUTION BELGE
  43. La chambre - 1
  44. Jours fériés nationaux en Belgique sur le portail du gouvernement fédéral belgium.be
  45. SPF Economie

Voir aussi

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