Maroc

34° 02′ 00″ N 6° 51′ 00″ W / 34.03333333, -6.85

المملكة المغربية (ar)
Al Mamlakatu'l-Maghribiya (ar)
ⵜⴰⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵍⵎⴰⵖⵔⵉⴱ
Tagldit n Lmaɣrib
(ber)
Royaume du Maroc (fr)
Drapeau du Maroc Armoiries du Maroc
(Drapeau du Maroc) (Armoiries du Maroc)
Devise nationale :

Arabe : الله، الوطن، الملك
Français : Dieu, la Patrie, le Roi tamazight: ⴰⴽⵓⵛ . ⴰⵎⵓⵔ . ⴰⴳⵍⵍⵉⴷ

La zone hachurée sur la carte désigne le Sahara occidental, revendiqué et majoritairement contrôlé par le Maroc,mais dont la souveraineté n'est pas reconnue à l'ONU.
La zone hachurée sur la carte désigne le Sahara occidental,
revendiqué et majoritairement contrôlé par le Maroc,
mais dont la souveraineté n'est pas reconnue à l'ONU.
Langue officielle arabe, amazighe[1][2] .

Autres langues : dialecte arabe darija (hassani dans le sud), français, espagnol.

Capitale Rabat
34°02′ Nord 6°51′ Ouest
Capitale économique Casablanca
Forme de l’État Monarchie constitutionnelle
 - Roi
 - Premier ministre
Mohammed VI
Abbas El Fassi
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 58 (40[3])e
446 550 (710 850[3]) km2
1,059 %
Population
 - Totale (décembre 2009)
 - Densité
Classé 37e
31 671 474[4],</ref>[5] hab.
70,92 (44,55[3]) hab./km2
Indépendance
 - Date
De la France (pour le Maroc « central »), de l'Espagne (pour le Rif, l'enclave de Sidi Ifni, le protectorat de Cap-Juby et les provinces du Sud (contestées))
- 2 mars 1956 (pour la zone française)
- 7 avril 1956 (pour le protectorat espagnol du Maroc)
- 30 juin 1969 pour l'enclave d'Ifni
- 14 novembre 1975 pour les deux tiers nord du Sahara Occidental (contesté)
- 14 août 1979 pour la récupération de Oued Eddahab (contesté)
Gentilé Marocains, Marocaines
IDH (2010) en augmentation 0,567 (moyen) (114e[6])
Monnaie Dirham marocain (MAD)
Fuseau horaire UTC +0 ou +1 en été
(2010 : du 2 mai au 7 août)
Hymne national Hymne chérifien
Code ISO 3166-1 MAR, MA
Domaine internet .ma
Indicatif
téléphonique
+212
Organisations internationales
ONU (12 novembre 1956[7])

Le Maroc, en forme longue le Royaume du Maroc, en arabe al-Maghrib, المغرب et Al Mamlakatu'l-Maghribiya, المملكة المغربية, en Berbère Lmaɣrib, ⵍⵎⴰⵖⵔⵉⴱ et Tagldit n Lmaɣrib, ⵜⴰⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵍⵎⴰⵖⵔⵉⴱ, ou encore le Royaume chérifien, est un pays d'Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Sa capitale politique est Rabat alors que la capitale économique et la plus grande ville du pays est Casablanca. Le pays est bordé par l’océan Atlantique à l’ouest, par l’Espagne, le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée au nord, par l’Algérie à l’est. Au sud, le Maroc est bordé par le Sahara Occidental, territoire non autonome selon l’ONU, mais annexé — en partie — par le Maroc qui, de ce fait, contrôle notamment la partie Sud de sa frontière avec la Mauritanie.

Sommaire

Régime politique

Le Maroc a pour régime politique une monarchie constitutionnelle dont le souverain actuel est le roi Mohammed VI, de la dynastie alaouite, établie depuis 1666 la plus ancienne du monde contemporain[réf. nécessaire]. Le Maroc est membre des organisations suivantes : Organisation des Nations unies, Ligue arabe, Union du Maghreb arabe, Francophonie, Organisation de la conférence islamique, Groupe des 77, Union pour la Méditerranée, Communauté des États sahélo-sahariens. Le Maroc est le seul pays africain à ne plus faire partie de l'Union africaine, mais peut bénéficier des services de cette organisation tels que les services de la banque africaine de développement. En 1987, le Maroc a tenté, sans succès, d'adhérer à la CEE, et s'est vu octroyer en 2008 un « statut avancé » auprès de l'UE[8]. Le 15 mai 2009, il a rejoint le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe[9]. En juin 2004, en reconnaissance des liens étroits qui unissent les deux pays et en appréciation du soutien résolu du Maroc à la guerre contre le terrorisme, le président des États-Unis désigna le Maroc comme l'un des alliés majeurs hors-OTAN[10].

Selon l'historien Bernard Lugan, c'est entre autres l'attrait des richesses provenant du commerce du Sud (Sahara) vers le Nord (l'Occident) qui va attirer les convoitises de diverses tribus avec pour ville carrefour Marrakech qui deviendra naturellement la capitale de diverses dynasties, en particulier celles venant du Sud (Almoravides, Almohades, Saadiens) ; toute l'histoire du Maroc (des Idrissides aux Alaouites) est ainsi marquée par le commerce des richesses du Sud vers le Nord. L'histoire et l'origine du Maroc furent, sont et seront marquées par le lien avec le Sahara[11].

Toponymie

Caravane saharienne au sud du Maroc
Village typique du Haut Atlas
Saidia plage

Le Maroc se dit en berbère lmruk (ⵍⵎⵔⵓⴽ en tifinagh), nom qui dérive de la prononciation Amur n'wakuc (« Amour » qui signifie « pays » et « Akouch » qui veut dire « Dieu » ce qui donne la « Terre de Dieu » ou la « Terre sainte »)[12]. Une autre étymologie donne l'interprétation de « terre de parcours[13]. » C'est aussi ce mot qui a donné le nom de Marrakech[14].

Le Maroc se dit en arabe al-Maghrib (المغرب), ce qui signifie « le couchant » ou « l’Occident[15] » (littéralement : « le Maghreb »).

Ce même mot, en arabe, désigne aussi le Maghreb au sens large[16] ; aussi, lorsqu'il est nécessaire de préciser, on nomme le Maroc al-Maghrib al-’aqṣaą (المغرب الاقصى), signifiant « le Couchant lointain » ou « l’Extrême-Occident », et on désigne le Maghreb par al-Maghrib al-°arabiy (المغرب العربي), soit « l'Occident arabe ».

Le nom français Maroc dérive quant à lui de la prononciation espagnole de Marrakech, Marruecos, ville du centre du pays fondée en 1062 et qui fut la capitale de trois dynasties (celle des Almoravides, des Almohades et des Saadiens). De cette prononciation dérivent également Marrocos (en portugais), Marocko (en suédois), Morocco (en anglais), et Marokko (en allemand, norvégien et néerlandais), les Persans l’appelant eux Marakech. Les Turcs l’appellent Fas qui vient du nom de l’ancienne capitale du Maroc sous les dynasties mérinide, wattaside et alaouite (avant 1912), Fès. Dans l’Antiquité, les Grecs appelaient les habitants de la région les Maurusiens. À partir de cette appellation, la région composée du Maroc et de l'Algérie occidentale sera connue sous le nom de Maurétanie (à ne pas confondre avec la Mauritanie). La région sera par la suite divisée en deux Maurétanies provinces par les Romains : la Maurétanie Tingitane avec Volubilis pour capitale (ancienne cité berbère d'Oulil) et la Maurétanie Césarienne avec Cesarea (Tipaza) pour capitale (centre et ouest de l'Algérie). Le Maroc est le pays où les Grecs anciens situaient le mythique jardin des Hespérides.

Le Maroc fut connu sous le nom de Royaume de Marrakech sous les trois dynasties qui eurent cette ville comme capitale, puis sous le nom de Royaume de Fès sous les dynasties qui résidèrent à Fès. Sous la dynastie des Alaouites, le Maroc est aussi connu sous le nom d'Empire chérifien. Cette appellation, très utilisée avant 1956, l'est aussi jusqu'à nos jours car le souverain alaouite, descendant du prophète de l'islam Mahomet, est « cherif » c'est-à-dire noble. Au XIXe siècle, les cartographes européens mentionnaient toujours un « Royaume de Maroc » en en indiquant l'ancienne capitale « Maroc » (pour Marrakech). À l'indépendance, le pays prit le nom officiel de Royaume du Maroc et le sultan Mohamed ben Youssef en devint le roi sous le nom de Mohamed V.

Histoire

Article détaillé : Histoire du Maroc.

Fondation du Maroc

La fondation du Maroc, pays se considérant arabo-berbère, africain et musulman, se fait avec les Idrissides qui allièrent à leur cause diverses tribus contrôlant des petits royaumes ou territoires indépendants de tout pouvoir central. Au fur et à mesure des alliances, les Idrissides vont étendre leur influence territoriale avec des populations autochtones et lancer les bases de l'organisation d'un État constitué (Makhzen) reprises par les dynasties suivantes. Si les Idrissides vont commencer à dessiner les bases de l'État et des frontières de l'actuel Maroc ce sont les Almoravides qui en créant leur capitale Marrakech donneront au pays son nom (le nom Maroc est due à déformation linguistique française de Marrakech) ; ils consolideront et élargiront l'œuvre débutante et fragile des Idrissides ; les dynasties suivantes hériteront de l'expérience étatique précédente.

Même si d'autres civilisations du bassin méditerranéen (Rome, Carthage etc..) ont enrichi l'histoire du pays et même, si des populations de l'actuel Maroc vont participer à l'essor de ces civilisations, les historiens du Maroc les considèrent comme appartenant à des puissances étrangères, de surcroît non musulmanes, point important dans la définition du pays.

À partir des Idrissides, les dynasties qui suivirent et qui durent, elles aussi, établir des alliances avec des tribus de l'actuel Maroc, seront considérées comme marocaines par les historiens.

Monnaie Idrisside année 840, marque de la création d'un État

À l'époque des Idrissides, le Maroc s'appelle le Royaume de Fez.

À propos du Maroc, le terme Empire est parfois utilisé car par définition, un empire est un ensemble d'États ou de royaumes (voir les différentes cartes du Maroc). Ceci explique l'appellation « villes impériales » utilisée encore de nos jours pour qualifier les villes de Fès, Marrakech, Meknès et Rabat[17].

Lorsque le Maroc se fonde, le reste du Maghreb est éclaté sous forme de royaumes ou territoires indépendants, parfois concurrents ou en guerre, sans pouvoir central c'est-à-dire non organisés en État dirigé par des populations autochthones.

L'organisation en État organisé permit aux Saadiens et aux Alaouites de s'opposer à l'avancée ottomane[réf. nécessaire] qui s'arrêta à la Moulouya et qui s'étendait sur une grande partie des autres pays arabes actuels.

Des désaccords apparus au début du XXe siècle dans la famille alaouite et dans le Makhzen plus globalement suite à des problèmes de gestion du pays, créèrent une période d'instabilité (comme le Maroc en connut dans le passé) dont vont profiter plusieurs puissances coloniales (Allemagne, Angleterre, Espagne, France) pour essayer de s'emparer du pays qui possède entre autres une position géostratégique intéressante, à la veille de la Première Guerre mondiale. Après bien des tractations houleuses et secrètes qui faillirent déclencher dès 1912 la Première Guerre mondiale, le Maroc fut partagé entre la France et l'Espagne.

Préhistoire et protohistoire

Articles connexes : Préhistoire et protohistoire.

Les premières traces d'une présence d'hominidés sur le territoire marocain datent d'environ 700 000 ans. De cette période dite acheuléenne, on a retrouvé un certain nombre d'outils, notamment dans la plaine de la Chaouïa et plus précisément à proximité immédiate de l'agglomération casablancaise. Outre l'outillage, on a découvert un certain nombre de fragments humains notamment dans les carrières Thomas, près de Casablanca (mandibules, maxillaires et fragments crâniens d'Homo erectus)[18].

De l'époque moustérienne (120 000 à 40 000 ans BP), le site le plus explicite est celui de Jbel Irhoud situé à mi-chemin entre les villes de Marrakech et de Safi et où ont été découverts deux crânes d'hominidés, des outils associés à l'industrie levalloiso-moustérienne ainsi que d'importants restes d'animaux aujourd'hui disparus.

Extension de la culture ibéromaurisienne

L'époque atérienne (60 à 40 000 ans BP[19]) a apporté son lot d'outils pédonculés retrouvés dans de nombreuses grottes situées sur le littoral atlantique (Dar Soltane 2)[20]. Néanmoins cette période a surtout été marquée par de profonds bouleversements climatiques ayant entrainé une désertification sans précédent du territoire marocain ainsi que la raréfaction voire la disparition d'un grand nombre d'espèces animales et végétales. Cette dynamique a cependant été contrecarrée par le rempart naturel que constituent les chaînes de l'Atlas et du Rif, que ce soit au Maroc ou dans le reste du Maghreb.

L'arrivée d'Homo sapiens au Maghreb avant l'Épipaléolithique a été démontrée puisque les industries atériennes ne sont pas l'œuvre de l'homme de Néandertal, dont l'aire de répartition est exclusivement eurasiatique, mais bel et bien d'Homo sapiens présentant des caractéristiques archaïques.

Il y a environ 21 000 ans, la civilisation ibéromaurusienne voit le jour. Elle se caractérise par des rites funéraires plutôt évolués et par un raffinement de l'outillage utilisé. Néanmoins, il n'est pas encore question d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la région d'Oujda correspond au plus grand gisement de l'époque.

Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble du Maghreb avant de se métisser progressivement vers le neuvième millénaire avant notre ère avec les populations capsiennes, ancêtres des Berbères modernes. Les premiers éléments découverts correspondant à cette période (Néolithique) datent d'environ 6 000 ans. Ceux-ci témoignent d'une sédentarisation déjà avancée ainsi que d'une maîtrise relative des techniques agricoles.

Le Maroc antique

Ruines romaines de Volubilis

À partir des années -3000 se développe au Maroc la culture campaniforme. Dès lors le Maroc entre dans l'âge du bronze et on assiste à la diffusion d'une céramique noire spécifique dont la présence est attestée dans un certain nombre de sépultures de la région rifaine.

À partir du XIe siècle av. J.‑C., les hardis commerçants phéniciens venus du Liban actuel atteignent les côtes marocaines et notamment la côte atlantique. Ils fondent de nombreux comptoirs qui serviront de bases à de nombreuses cités romaines puis arabes (dont les principaux furent Tingis et Lixus, actuelles Tanger et Larache). Au passage, c'est à cette période déjà que l'on date les toutes premières installations de populations juives au Maroc.

L'autonomie progressive de Carthage profite aux comptoirs phéniciens fondés sur les côtes marocaines dans la mesure où ils seront davantage mis en valeur du fait de la proximité relative avec la nouvelle capitale de l'empire punique. L'influence de la civilisation carthaginoise se fait grandement sentir auprès des populations indigènes dont l'organisation s'améliore parallèlement. Ainsi les tribus berbères se fédèrent progressivement, fondant des royaumes cohérents dont le premier sera le royaume de Maurétanie d'abord confiné dans le nord-ouest de l'actuel Maroc, et dont les souverains portent le titre d'Aguellid à l'instar des rois de Numidie. Le sud du pays est occupé par les Gétules et l'est par les Numides.

Du fait du soutien apporté par la Maurétanie à l'Empire romain lors de la destruction de Carthage, il se nouera une étroite amitié entre les deux États (d'où l'éviction du chef numide Jugurtha). Le roi Bocchus se voit même décerné le titre d'Ami du Peuple par le Sénat romain et gagne l'amitié du consul Caius Marius. Sous le règne de Juba II la Maurétanie devient un royaume vassal, réputé pour ses exportations de pourpre et de produits maritimes, assez riche pour tailler sa propre monnaie d'or. Une brillante civilisation urbaine se développe, influencée à la fois par l'héritage carthaginois et par les courants artistiques de la Grèce antique et de l'Égypte antique. De telles influences sont sans doutes dues au mécénat de la propre épouse de Juba II, la reine Cléopâtre Séléné, qui n'est autre que la fille de Marc Antoine et de Cléopâtre VII. Mais cette richesse attise la convoitise de Rome, et Ptolémée de Maurétanie, fils et successeur de Juba II, va en subir les conséquences.

Lors d'une invitation de Ptolémée à Rome, le dernier roi maurétanien est assassiné par l'empereur Caligula, ce qui entrainera après deux années de troubles une annexion de la Maurétanie (42 ap. J.-C.) que l'on désignera dès lors sous le nom de Maurétanie Tingitane, décrétée officiellement province impériale par l'empereur Claude Ier. Là encore, seul le nord de l'actuel territoire marocain est effectivement sous contrôle romain, le reste du territoire restant aux mains de tribus indépendantes. Les Romains fondent une cité prospère à Volubilis (non loin de l'actuelle Meknès). Néanmoins la capitale administrative demeurera Tingis, future Tanger, siège du procurateur, le gouverneur de la province, de rang militaire et appartenant à l'ordre équestre (chevalier romain). Durant toute cette période une grande autonomie est accordée aux différentes tribus (comme en témoignent les fameuses tables de Banasa), mais la constante pression des peuplades méridionales puis les crises internes à l'Empire auront progressivement raison de la Maurétanie Tingitane. Au IIIe siècle sous le règne de Dioclétien la province est réduite à la côte nord et à Sala (actuelle Salé). Au cours de l'occupation romaine les cités, colonies de droit romain ou latin, se dotent de monuments civiques et utilitaires (temples, forums, basiliques, arcs de triomphe, thermes, et même théâtre à Lixus) et de résidences privées ornées d'œuvres d'art (sculptures, mosaïques) et destinées à l'élite maure romanisée. Les plaines cultivées sont partagées par l'aristocratie locale, qui s'enrichit notamment de l'exploitation de l'olivier dont les produits sont exportés dans les provinces voisines. Les terrains de parcours plus lointains sont laissés aux tribus nomades ou semi-nomades. Les ports de Tingis et de Sala connaissent une intense activité commerciale.

Les autorités recrutent des auxiliaires militaires parmi les Maures, destinés à servir notamment dans la cavalerie. Le plus célèbre d'entre eux, Lusius Quietus, fils du chef d'une grande tribu nomade des confins du Rif et des monts de l'Atlas, réalise une brillante carrière sous le règne de Trajan. Au nom de l'Empire, il combat les Daces et les Parthes, et conquit l'Arménie, la Médie et la Babylonie, puis pacifie la Judée en proie aux révoltes anti-romaines. Le prestige de Lusius Quietus devient tel qu'il est même envisagé pour monter sur le trône impérial à Rome en lieu et place d'Hadrien.

En 429, des tribus vandales originaires de Germanie traversent le détroit de Gibraltar mais dans leur imperturbable course vers ce qui demeurait de la mythique Carthage, ils ne contrôlent guère que le littoral méditerranéen, se désintéressant totalement de l'intérieur des terres. Un siècle plus tard, les Byzantins commandés par le général Bélisaire, désireux d'anéantir le royaume vandale pacifieront le nord du territoire, désenclavant par la même occasion les tribus maures du reste du pays. Le gouvernement de Constantinople sous Justinien Ier crée la province de Maurétanie Seconde, qui regroupe Tanger, Ceuta, Lixus et l'extrême sud de l'Hispanie, l'ensemble étant administré par un exarque et par des comes (comtes). Cette occupation byzantine perpétuellement menacée par les Goths au nord et par les Berbères au sud, va cependant subsister jusqu'à la conquête arabo-islamique.

Rôle des tribus au cours de l'histoire du pays

Comme dans l'histoire de très nombreuses nations à travers le monde, aucune dynastie marocaine (des Idissides aux Alaouites) ne pourra s'imposer par elle-même. Toutes devront, pour étendre et asseoir leur influence géographique sur des périodes plus moins longues, passer des alliances (intéressées, religieuses, maritales, forcées, pacifiques ou négociées) avec les différentes autres tribus musulmanes et parfois juives du pays. L'islam sera le principal ciment entre les différentes tribus qui composent le royaume mais ses interprétations feront naitre des conflits. Le fait que certaines dynasties se soient réclamées chérifiennes ne sera pas un atout suffisant à leur persistance.

Le Maroc restera longtemps un pays fortement tribal cela même après l'indépendance du pays en 1956. C'est la raison pour laquelle, de nos jours encore, les représentants des différentes tribus du pays continuent à réitérer leur allégeance au Roi au cours de la fête annuelle du Trône. Compte tenu des dissensions familiales et des luttes de pouvoir au sein des différentes dynasties marocaines successives tous les membres (sans exception) de la famille royale sont également tenues de prêter allégeance au Roi. Cette fête du Trône a pour but de souder et de rappeler le lien entre le monarque et le peuple en particulier à des moments difficiles de l'histoire du pays.

Royaume de Sijilmassa (758-1055)

Un émirat fondé par les Zénètes émerge dans la région du Tafilalet à partir de 758. Dirigé par la dynastie des Midrarides (dont le fondateur est Semgou Ibn Ouassoul), il prend pour capitale la cité de Sijilmassa. Ce royaume professe officiellement le kharidjisme de rite sufrite mais finit par reconnaître à partir de 883 la suprématie religieuse du califat sunnite des Abbassides. Les Midrarides se consacrent cependant à maintenir une alliance avec les autres États kharidjites, comme le royaume des Rostémides de Tahert, et à établir un fructueux commerce caravanier de l'or avec le royaume du Ghana, à l'époque maître des plus importants gisements aurifères de l'Afrique de l'Ouest. L'émirat de Sijilmassa atteint ainsi son apogée au IXe siècle grâce à son rôle de plaque tournante du trafic des métaux précieux, et sa renommée s'étend ainsi jusqu'aux pays méditerranéens et au Moyen-Orient. C'est précisément cette position de débouché de l'or africain qui excite les convoitises des Omeyyades et des Fatimides qui s'affrontent pour sa domination. Ce sont finalement les Almoravides qui s'emparent du royaume midraride en 1055. Par la suite, la fondation de Marrakech éclipse définitivement le prestige de Sijilmassa.


De la conquête arabe aux troubles anarchiques

Article détaillé : Dynastie Idrisside.
Ancienne Medersa idrisside de Fés

En 649, débute la conquête du Maghreb par les troupes arabes. C'est 35 ans plus tard que ces troupes pénètrent véritablement dans le territoire marocain. Les tribus berbères installées aussi bien dans les contreforts montagneux de l'Atlas et du Rif que dans les fertiles plaines atlantiques soutiendront dans un premier temps les Byzantins installés sur les côtes méditerranéennes qu'ils préféreront aux Arabes notamment à cause d'erreurs diplomatiques. La destruction des installations byzantines aux alentours de l'an 700 aura finalement raison de la résistance berbère qui se convertira dès lors à l'islam apporté par les conquérants arabes. Les berbères du Maroc étaient alors très faiblement christianisés tandis que les populations juives ne se convertirent que très faiblement à l'islam. Par ailleurs, l'islam ne sera dès lors plus jamais contesté au Maroc, contrairement à ce qui a pu se passer en Algérie ou en Tunisie. D'autre part, l'année 708 correspond à l'intégration du Maroc au sein de l'empire des Omeyyades. Dans le sillage des succès marocains, les armées arabes traverseront le détroit de Gibraltar sous le commandement de Tariq ibn Ziyad et atteindront la Navarre dès 715.

En 740, les tribus berbères adoptent le kharijisme jugé plus proche des principes de « démocratie tribale » que la doctrine omeyyade. Le califat qui refuse cette hérésie se replie, fragilisé depuis Damas par l'irrésistible ascension des Abbassides. Le Maroc connait l'anarchie.

L'histoire des Idrissides est indissociable de la personne d'Idriss Ier, descendant d'Ali et de Fatima, gendre et fille du prophète de l'islam Mahomet, qui fuyant les massacres dont était victime son entourage et sa famille vint se réfugier dans le Moyen Atlas, à Volubilis, ancienne cité romaine déchue. Obtenant l'aval des tribus locales, il fonda en 789 la ville de Fès dans la plaine du Saïss dont il fit la capitale de son nouveau royaume, le Maroc, proclamé en 791. Assassiné par un envoyé du calife Haroun ar-Rachid, son fils Idris II lui succède après une régence. Il étend sa capitale ainsi que son royaume et avance au-delà de Tlemcen, pris par son père dès 789 et assujettit de nombreuses tribus Zenata. Son successeur Mohammed fera construire la prestigieuse mosquée Quaraouiyine, une des toutes premières universités de l'Histoire. À cette période, Fès devient un des principaux centres intellectuels du monde arabe et attire d'éminents scientifiques et théologiens. Le royaume du Maroc étend régulièrement ses frontières mais se retrouve menacé par la puissante dynastie des Fatimides à l'est. Indiqués califes de Cordoue au début du Xe siècle, les Idrissides subiront également au nord la pression des Omeyyades. En 985, les Fatimides et leurs vassaux d'Algérie poussent les Idrissides à se réfugier en Andalousie.

Dès le milieu du Xe siècle, l'affaiblissement des Idrissides du fait non seulement des pressions externes mais surtout des dissensions internes entraine un regain d'activité des grandes tribus berbères qui fondent et conquièrent de nombreuses cités. Les états de Sijilmassa dans le sud et de Nekor dans le nord se maintiennent et gagnent de l'ampleur durant cette période.

Références aussi en liens externes

Royaume des Berghouata (entre les VIIIe et Xe siècles)

Article détaillé : Berghouata.

Les Barghawata (ou encore Barghwata ou Berghouata) forment un émirat berbère, appartenant au groupe de l'ethnie des Masmoudas. Après que les kharijites ont échoué dans leur rébellion au Maroc contre les califes de Damas, ils établissent (7441058) un royaume dans la région de Tamesna sur les côtes de l’Atlantique entre Safi et Salé sous l’égide de Tarif al-Matghari. La particularité de cet État est de créer une religion purement berbère, s'appuyant sur un livre saint inspiré du Coran, et dirigé par un gouvernement théocratique fixant les rituels d'un nouveau culte empruntant à la fois à l'islam, au judaïsme et aux antiques croyances locales. Les Barghwata maintiennent leur suprématie dans la région des plaines atlantiques durant quatre siècles, et entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec le califat omeyyade de Cordoue qui voit probablement en eux des alliés potentiels contre les Fatimides et leurs alliés zénètes. Il semble que sur les 29 tribus constitutives de ce royaume, douze aient adopté réellement la religion barghwata, les dix-sept autres étant restées fidèles au kharijisme[21].

  • voir aussi liens externes

Dynastie idrisside (789-985)

Article détaillé : Idrissides.

L'histoire des Idrissides commence lorsqu'un prince arabe chiite de la famille de `Ali (quatrième calife de l'islam) et son affranchi Rachid Ben Morched El Koreichi se réfugient dans le Moyen Atlas. Fuyant la menace des Abbassides (qui avaient massacré des Alides et leurs partisans chiites lors de la bataille de Fakh près de la Mecque), ils séjournent en Égypte avant de s'installer à Walilah (Volubilis), sous la protection de la tribu berbère des Awarbas. Réussissant à rallier les tribus à sa cause, Idriss est investi imam et fonde la ville de Fès en 789 sous le nom d'Idriss Ier. C'est le début de la dynastie des Idrissides.

Idris Ier est assassiné par un émissaire du calife abbasside Haroun al-Rachid, un certain Sulayman al Zindhi. Ne se doutant point que la femme d'Idris Ier (Kenza) est enceinte, le maître de Bagdad pense que la menace est vaincue. Mais quelques mois plus tard, Idris II naît. Son éducation a été confiée à l'affranchi de son père Rachid. Onze années plus tard, il est proclamé imam. Au fil des années, sa sagesse et son sens pour la politique s'affirment, il réussit à fédérer plus de tribus, le nombre de ses fidèles s'accroît et la puissance de son armée (dans laquelle s'engagent notamment des Kaisites issus des tribus du nord de la péninsule arabique) se développe. Le royaume idrisside englobe ainsi toute la portion de territoire s'étendant de Tlemcen à l'est jusqu'au Souss au sud. Il semble que la dynastie idrisside, du moins à ses débuts, ait professé le chiisme et plus précisément le zaïdisme, réputé être le plus modéré des rites chiites[22].

Se sentant à l'étroit à Walilah, Idriss II quitte l'antique cité romaine pour Fès, où il fonde le quartier des Kairouanais sur la rive gauche (Idris Ier s'était établi sur la rive droite, le quartier des Andalous). Les Kairouanais sont issus de puissantes familles arabes et arabo-perses (du Khorassan) établies en Ifriqya depuis l'époque abbasside. Elles sont expulsées de Kairouan en raison des persécutions politiques infligées par les Aghlabides. Les Andalous qui s'installent à Fès sont quant à eux des opposants aux Omeyyades, originaires des faubourgs cordouans (notamment du faubourg du Rabad, d'où le nom de Rabadis attribué aux éléments de cette première vague d'immigration en provenance d'Al-Andalus)[23]. Le royaume idrisside connaît de manière générale une importante phase d'urbanisation, illustrée par la création de villes nouvelles comme Salé, Wazzequr et Basra, inspirée de la Bassorah d'Irak. Ces cités sont des foyers de diffusion de culture arabe et des vecteurs d'islamisation. À cette même époque, les Vikings venus de la lointaine Scandinavie et dirigés par le redoutable chef Hasting se signalent par leurs incursions dévastatrices sur les côtes nord du Maroc (notamment dans les régions d'Asilah et de Nador).

En 985, les Idrissides perdent tout pouvoir politique au Maroc et sont massivement exilés en Al-Andalus. Installés à Malaga, ils récupèrent peu à peu leur puissance, au point d'engendrer une dynastie pendant l'époque des taifas, les Hammudites. Ces derniers prétendront même au califat à Cordoue en lieu et place des Omeyyades en 1016[24].

Incursions d'autres tribus zénètes

Articles détaillés : Maghraouas, Banou Ifren et Meknassa.
Oujda est fondée par les zénètes Maghraouas

Vers 954 et selon Ibn Khaldoun, trois grandes confédérations tribales zénètes[25] s'emparent de plusieurs villes et régions du Maghreb el Aksa (appellation arabe du Maroc), à savoir Fès, Oujda (fondée en 994 par le Maghraoui Ziri Ibn Attia), Salé (fondée au cours du Xe siècle par les Banou Ifrens, Sijilmassa), ou encore les régions du Souss et du Haouz, et ce consécutivement à l'affaiblissement de la dynastie arabe chérifienne des Idrissides.

Pendant la conquête, les points de vue des Maghraouas, Banou Ifrens et Meknassas divergèrent provoquant une instabilité sur l'ensemble du territoire. Les diverses tribus maghraouas étaient tantôt alliées aux Omeyyades tantôt aux Fatimides. Les Banou Ifrens demeurèrent réfractaires à toute alliance avec les puissances arabes.

Les Fatimides profitent de ces divisions entre les 3 tribus zénètes et envoient les Zirides de l'Ifriqiya pour conquérir le Maghreb el Aksa (le Maroc actuel). Le Ziride nommé Ziri ibn Menad réussit à conquérir une partie du Maroc actuel. En 971, son fils Bologhine ibn Ziri affirme sa souveraineté sur la majorité des villes importantes. Durant cette période, les Berghouatas (confédération tribale masmouda et sanhadja) seront donc attaqués par les Zirides. Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyades. Ces derniers acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires, en particulier ceux des Maghraouas de l'ouest du Maghreb. Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant l'armée omeyade venue d'Andalousie par voie maritime et qui s'installe à Ceuta[26]. Par la suite, Ziri Ibn Attia des Maghraouas entre en conflit avec les chefs des Banou Ifrens et des Meknassas. Une lutte au pouvoir sera acharnée entre les fractions zénètes. Les Banou Ifrens attaquent les Berghouata et prennent plusieurs fois Fès, place forte maghraoua. Ces derniers rétabliront finalement l'équilibre du Maghreb el Aksa[26]. Le règne des 3 tribus zénètes s'achèvera par l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides vers le XIe siècle en 1059. Les Zénètes seront évincés par les Almoravides du Maghreb el Aksa[27]. De tout temps, les Zénètes étaient seuls maîtres des routes et du commerce dans la région. Cette période est caractérisée par une certaine prépondérance des pratiques démocratiques tribales, comme ce fut déjà le cas deux siècles auparavant lors des révoltes kharijites[28]. Les Zénètes ont démontré par leur histoire qu'ils pouvaient négocier avec toutes les tribus au Maghreb. Plusieurs alliances et traités ont été élaborés pendant cette période. La construction s'est développée et plusieurs villes ont connu un véritable essor (construction de mosquée[29], de kalaâ, ksours, etc). En 1068, les trois « dynasties » chutent tant à cause du zèle manifeste de certains chefs que du fait de leur détermination à se lancer dans des guerres saintes[30].

Les Meknassa et les Maghraoua

Articles détaillés : Maghraouas et Meknassa.

Le pouvoir meknassien s'appuie sur son ribat de Taza. Il doit sa puissance presque légendaire à Moussa Ben Abi Elafia Ben Abi Bassil qui parvient à conquérir Fès, Taza, Tanger et Larache en 924, avant de s'emparer, par la suite, d'une part importante des régions marocaines suite aux allégeances des diverses tribus. Il chasse les Idrissides de leurs positions. Ces derniers se retranchent dans la forteresse de Hisn Hajar Annasr[25],[31]. En 932, ils s'emparent de Tlemcen puis de Tekkour (Haute Moulouya) et sa région. Ils s'allient au calife omeyyade de Cordoue Abd al-Rahman III, mais sont défaits par les Fatimides. En conséquence ils se replient à Guercif, Tekkour et Taza.

On attribue aux Meknassa la construction des forteresses de Taza et de Meknès, ainsi que de la ville de Tsoul (détruite plus tard par les Almoravides).

Vers 954, Selon Ibn Khaldoun, les Zénètes s'emparent de plusieurs villes au Maghreb el Aqsa, comme Fès, Oujda, Salé, Sijilmassa en profitant de l'éclipse politique des Idrissides. Pendant la conquête, les Maghraouas, les Banou Ifrens et les Meknassa ont des points de vue divergents, ce qui provoque une instabilité dans la région.

Les Fatimides désormais installés au Caire profitent de ces divisions entre les trois tribus zénètes et envoient les Zirides de l'Ifriqiya pour conquérir le Maghreb el Aqsa. Le Ziride Ziri ibn Menad réussit à conquérir une partie du Maroc actuel. En 971, son fils Bologhine ibn Ziri affirme sa souveraineté sur la majorité des villes importantes.

Durant cette période, les Berghouata (confédération de tribus Masmoudas et Sanhadja pratiquant une religion particulière, devenue distincte de l'islam) sont donc attaqués par les Zirides. Les Maghraoua demandent donc l'aide des Omeyyades. Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant l'armée omeyyade venue d'Andalousie par voie maritime, et qui débarque à Ceuta[26]. Par la suite, Ziri Ibn Attia entre en conflit avec les chefs des Banou Ifrens et des Meknassa. Une lutte au pouvoir acharnée éclate entre les fractions zénètes. Les Banou Ifren attaquent les Berghouata et prennent plusieurs fois Fès aux Maghraouas. Ces derniers rétablissent l'équilibre du Maghreb el Aqsa[26]. Ces périodes d'instabilité ne permettent à aucune de ces trois tribus de constituer une dynastie durable.

Les Ifrenides

Article détaillé : Banou Ifren.
Drapeau ifrenide
Dynastie Ifrenide (entre le VIIIe siècle1066

Régnant sur la région de Tlemcen dès le Xe siècle, les Ifrenides, ou Banou Ifren, occuperont presque la totalité du Maroc actuel aux côtés des Maghraouas, vassaux des Omeyyades de Cordoue, et ce jusqu'à l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides. Au XIe siècle, les Banou Ifren conquièrent le territoire des Berghwata[32]. Ils restent maitres des régions qu'ils ont conquises et des villes qu'ils ont fondées et exerceront périodiquement le pouvoir à Fès[33]. Vaincus par les Almoravides dès 1057, ils perdent tout pouvoir pendant le règne de ces derniers. Ce n'est qu’à la chute des Almoravides que les Ifrenides reprendront le contrôle de la région de Tlemcen, mais ils seront de nouveau vaincus par les Almohades et leur territoire conquis par ces derniers. Vers 1437, les Banou Ifren chasseront les Mérinides du Maghreb central et établiront de nouveau leur pouvoir à Tlemcen[34].

Dynastie almoravide

"Empire almoravide"
Conquêtes almoravides (XIe siècle), au début de leur pénétration
Article détaillé : Almoravides.

Alors que le « Maroc utile » est en proie aux convoitises des entités politiques voisines ainsi qu'aux déchirements internes, trois grandes tribus berbères se partagent les régions sahariennes. Les Lemtouna, Massoufa et Goddala (ou Gadala, lointains descendants des antiques Gétules), tous trois membres de la confédération Sanhaja et islamisés deux siècles et demi plus tôt, guerroient et vagabondent régulièrement en direction du sud où ils menacent l'empire du Ghana et d'autres états soudanais. De la tribu Lemtouna, l'émir Yahya Ibn Ibrahim se rend vers 1035 accomplir le pèlerinage à La Mecque. Là bas, il prend conscience de la nécessité de parfaire l'islam de ses congénères des régions de l'Adrar. En halte à Kairouan, il tente pour cela d'obtenir un appui logistique de la part d'éminences religieuses locales, mais sans résultat. Ce sera dans la région de Taroudant qu'un dénommé Ou Agg ben Zellou lui indiqua l'existence d'un prédicateur dans le désert, un certain Abdallah Ibn Yasin originaire du sud marocain. Yahya Ibn Ibrahim et Abdallah Ibn Yasin s'en retournèrent donc tous deux dans l'Adrar convertir les Djoudala (tribu des Lemtouna) au malékisme puritain. Si au départ leurs enseignements sont plutôt bien accueillis, leur austérité et leurs méthodes radicales (instruments de musique et habits de couleurs vives bannis) finirent par lasser. Yahya Ibn Ibrahim et Abdallah Ibn Yasin errèrent donc dans le désert et s'en allèrent donc fonder un ribat sur l'île de Tidra entre la baie du Lévrier et le cap Timiris. Là ils conceptualisèrent une véritable doctrine qui leur valut le nom d'Almoravides (de Al-murabitun, المرابطون), les gens du ribat.

Le climat d'exaltation mystique qui régnait au couvent militaire attira de nombreux fidèles de toutes les contrées du Sahara occidental et même au-delà. De 1042 à 1052, les Almoravides conquièrent tout l'ouest du Sahara et tournent leurs regard vers le nord. Yahya Ibn Ibrahim fut tué et remplacé par Abu Bakr Ibn Omar. Dès lors l'expansion des Almoravides est irrésistible. Aoudaghost, place forte de l'empire du Ghana et importante étape du commerce transaharien est prise et détruite. L'année suivante, c'est au tour de Sijilmassa de céder à la pression almoravide et de voir ses maîtres Zénètes impitoyablement exterminés. La même année (1056), Taroudant et le Souss entier se rendent aux envahisseurs. Les Almoravides n'ont alors qu'une idée : soumettre les plaines fertiles du Maroc utile et les intrépides tribus de l'Atlas. Néanmoins, les combats contre les hérétiques Berghouata s'éternisent et s'avèrent plus ardus que prévu. Yahya Ibn Ibrahim est même mortellement blessé et inhumé sur un des affluents du Bou Regreg. Abou Bakr doit alors se rendre à nouveau dans le désert pour mettre fin à des luttes intestines et il confie alors le commandement des terres septentrionales nouvellement conquises à son cousin, un certain Youssef Ibn Tachfin. En 1072, ce dernier empêche le retour d'Abou Bakr et fait dès lors de Marrakech, fondée deux ans plus tôt, sa capitale. La rigueur morale de ces « Voilés » et leur attachement aux valeurs de l'islam attira les nombreux déçus des années du climat d'anarchie ambiant et Youssef Ibn Tachfin constitua sans mal une armée de 20 000 hommes qu'il arma d'arbalètes. Toutefois, la soumission des intrépides tribus Zénètes ne fut pas des plus aisées. Ces derniers se rallièrent même ponctuellement aux élites bourgeoises de Fès et de Tétouan, bien décidées à repousser ces tribus dont le puritanisme était aux antipodes des aspirations de raffinement et de luxe qu'ils avaient importé d'Andalousie. Des villes du nord, Meknès tomba la première, puis ce fut au tour de Fès (1060 ou 1061), des villes du Rif, de Tlemcen (1069) et enfin d'Oujda (1081). Tanger et Ceuta, fiefs de la dynastie hammudite de Malaga ne cédèrent que vers 1084 après un éprouvant siège et subirent de terribles supplices. À l'est, les Almoravides avancèrent jusqu'à Alger (Ténès et Oran furent gagnées en 1082).

Tombeau du célèbre prince et poète Al Mutamid Ibn Abbad, condamné à finir sa vie dans une prison d'Aghmat au sud de Marrakech

Alors que dans la brillante Andalousie, les princes musulmans subissaient les premiers revers face aux chrétiens ligués autour de la personne d'Alphonse VI, les extraordinaires prouesses militaires de ces « Voilés » aux mœurs rigides résonnent comme une bénédiction. Al-Muttawakil de la Taifa de Badajoz fait appel aux Almoravides dès 1079. En 1082, c'est au tour d'Al Mutamid Ibn Abbad de solliciter les maîtres du Maroc. En 1086, pour répondre à ces appels et pour enrayer la « décadence » de la civilisation d'Al-andalus (arts florissants, consommation de vin...), Youssef Ibn Tachfin fait embarquer de Ceuta la bagatelle de 7000 cavaliers et 12 000 fantassins. Rapidement, les rois des différentes taifas rallient les armées Almoravides. Les victoires s'enchainent et les armées d'Alphonse VI sont mises en déroutes non loin de Badajoz le 23 octobre 1086. Youssef Ibn Tachfin rentre au Maroc régler des affaires internes mais le désordre en Andalousie le pousse à revenir. Il est néanmoins poussé par les fakihs à revenir, du fait des difficultés lors du siège à Aledo et surtout des divisions entre taifas qu'il considérait personnellement comme une honte pour l'islam. En 1090, un concile almoravide à Algésiras déclara la guerre aux reyes de taifas accusés d'impiété. L'alliance de certains de ces derniers avec des princes chrétiens n'empêcha pourtant pas l'irrésistible avancée des Almoravides à Al-andalus, qui s'acheva en 1094 avec la prise de Badajoz et l'impitoyable mise à mort d'Al-Mutawakil et de sa famille. Les victoires s'enchainent encore face au Cid retranché à Valence.

En 1106, après la prise de Valence et alors que les Baléares sont occupées, Youssef Ibn Tachfin décède et son fils, Ali Ben Youssef hérite du trône. Fils d'une esclave chrétienne affranchie, il devient par la même occasion maître d'un empire s'étendant du Tage au fleuve Sénégal, des côtes algériennes à Tombouctou. Il nomme son frère Temyn gouverneur d'Al-andalus. Les armées almoravides défont Sancho, fils d'Alphonse VI lors du siège du château d'Uclès. Alphonse VI décèdera l'année suivante, en 1109. Ali revient alors en Andalousie et remporte les sièges de Madrid, Guadalajara et Talavera. À l'ouest, les armées almoravides poussent jusqu'à Porto, menaçant même les côtes galiciennes. À l'est, les Baléares servent de base logistique aux razzias menées contre Barcelone. Cependant, les innombrables exploits militaires ne parviennent pas à pallier le mécontentement ambiant en Andalousie où le fragile équilibre entre Mozarabes, juifs et Arabes est quelque peu rompu par la rigueur religieuse imposée par les conquérants. L'autodafé des écrits du très populaire Al-Ghazali ne fait qu'amplifier le malaise des élites culturelles, nostalgiques de l'âge d'or du califat omeyyade. La sollicitation par l'armée divine des milices chrétiennes de Reverter pour maintenir l'ordre au Maroc même est mal comprise par les tribus montagnardes du Haut-Atlas, de jour en jour plus mécontentes de l'autoritarisme almoravide.

Dynastie almohade

Article détaillé : Almohades.
Empire almohade entre 1147 et 1269 (apr JC)
Drapeau almohade

Mohammad Ibn Toumert, futur Mahdi et fils d'un amghar, chef de village de la tribu des Harga, dans le Haut Atlas. Très précocement animé par un zèle religieux, il entreprit dès sa jeunesse de multiples voyages l’amenant à visiter Baghdad, Le Caire et peut-être même Damas où il découvre tout l'ampleur de la tradition musulmane, et notamment le soufisme. Rapidement, il entretient une profonde aversion pour l'étroitesse du malékisme régnant en maître en sa patrie. C'est en 1117 qu'il regagne le Maghreb, via Tripoli, puis Tunis et enfin Béjaïa où ses prêches pieuses galvanisent les foules. À Melalla, il se lie d’amitié avec le Zénète Abd El Moumen. C'est en compagnie de ce dernier qu'Ibn Toumert d'Almohades (d'« Al-Muwahidûn », الموحدون), les Unitaires. C'est à Tinmel, au cœur de la très isolée vallée du N'fis, qu’il établit sa « capitale ». Ses prêches rencontrent un écho considérable et il clame ouvertement son intention de liguer toutes les tribus insoumises des montagnes contre les Almoravides. Son aura grandissante suscite de jour en jour davantage d'inquiétudes de la part des Almoravides qui lancent contre lui en 1121 une expédition militaire commandée par le gouverneur du Souss, Abou Bakr Ben Mohammed El-Lamtouni. L'expédition est littéralement écrasée. Suite à cette déconvenue, ses désirs s'estompèrent un temps mais en 1127 (ou 1129), une nouvelle expédition parvint dans les contreforts du Haut-Atlas aux environs d’Aghmat dans l'espoir de frapper un grand coup en pays Hintata, fief de la doctrine « Unitaire ». Mais Abd El Moumen et El Béchir contrarièrent ce plan et profitant de l'effet de surprise, ils parvinrent même à assiéger ponctuellement Marrakech, capitale almoravide. Cependant, leurs faiblesses en combat de plaine les poussèrent à se retrancher en toute hâte (El Béchir mourut). Quelques mois plus tard, en septembre 1130, Ibn Toumert mourut.

Intérieur de la mosquée de Tinmel, fief originel de la doctrine almohade

Abd El Moumen succéda d'abord secrètement au fondateur de la secte et privilégia une politique d'alliance avec les tribus de l'Atlas. Pour ce faire, il joua non seulement de ses origines zénètes mais aussi de ce qui restait de cercles d'initiés qu'avait fondé son prédécesseur. Dès 1140, une intense campagne permet aux Almohades de s'attirer les faveurs des oasis du sud. Taza puis Tétouan sont les premières grandes cités à tomber. À la faveur du décès d’Ali Ben Youssef en 1143, il s'empare de Melilla et d'Al-Hoceima, faisant ainsi du nord du Maroc sa véritable base logistique. La mort du redoutable Reverter en 1145 suivie la même année de celle de Tachfin Ben Ali permet aux Almohades les prises respectives d’Oran, de Tlemcen, d'Oujda et de Guercif. S'ensuit ensuite le long et éprouvant siège de Fès qui durera la bagatelle de neuf mois durant lesquels Abd El Moumen se charge personnellement de prendre Meknès, Salé et Sebta. La conquête du Maroc s'achèvera finalement en mars 1147 par la prise de Marrakech, capitale du désormais déchu empire almoravide et dont le dernier roi Ishaq Ben Ali sera ce jour-là impitoyablement tué. Pour fêter cette victoire, Abd El Moumen fit bâtir la très célèbre Koutoubia sur les ruines de l'ancien Dar El Hajar.


Kasbah des Oudaïas de Rabat construite par les Almohades

De manière assez inédite, les premiers efforts militaires d'Abd El Moumen désormais « intronisé » se tournent vers l'est du Maghreb, sous la menace des Normands de Sicile menés par Roger II (qui ont pris le contrôle de Djerba et Mahdia et menacent la prospère Bejaïa) et des cohortes bédouines envoyées depuis Le Caire par les souverains Fatimides, furieux de voir Zirides et Hammadides échapper à leur contrôle. Les opérations lancées s'avèrent largement fructueuses puisque les bédouins sont complètement écrasés à Béjaïa puis Sétif en 1152. En 1159, une puissante armée terrestre est levée depuis Salé, secondée par une flotte de soixante-dix navires, obligeant les Normands à se retrancher sur Sfax et Tripoli. Ainsi l'empire Almohade s'étendait-il à la fin des années 1150 de l'Océan Atlantique jusqu'aux portes de la Libye. En Andalousie la fin de la période almoravide a permis la résurgence des reinos de taifas et un regain de vigueur des Chrétiens. En 1144 ils prennent même le contrôle de Cordoue. À l'ouest, Lisbonne et Santarem sont prises également. Almeria est également prise par les Aragonais pour une décennie entière. Dos au mur, les taifas se voient obligés de faire de nouvel appel aux maîtres du Maghreb. Ainsi, avant même la prise de Marrakech par les Almohades, Jerez et Cadix s'offrent à ces derniers. Dans le sillage de la prise de Marrakech, des corps expéditionnaires permettent la conquête de tout le sud de la péninsule (Grenade, Séville, Cordoue ...) puis de Badajoz. En 1157, Almeria est reprise. Abd El Moumen décèdera finalement en 1163 à Salé. Son fils Abu Yaqub Yusuf lui succède, d'abord reconnu à Séville puis à Marrakech. Il s'efforcera jusqu'à son décès en 1184 de régner en véritable « despote éclairé », soucieux de desserrer l'étau d'orthodoxie religieuse pesant sur le Maghreb. Sous son impulsion fleurissent des arts autrement plus épanouis que sous la dynastie précédente. L’architecture en particulier atteint un véritable âge d’or, se traduisant par la construction de la Giralda à Séville, fraichement honorée du statut de capitale andalouse, ainsi que de la Tour Hassan à Rabat (dont le minaret ne fut jamais achevé) et de la Koutoubia à Marrakech, toutes trois bâties sur un modèle sensiblement équivalent. Dans d’autres registres, le palais de l’Alhambra est érigé sur les hauteurs de Grenade et les Jardins de l'Agdal sont plantés à Marrakech (cf. l'article Art almoravide et almohade). C’est également sous les Almohades que vécut le brillant philosophe Averroès (de son vrai nom Ibn Rûshd ابن رشد) ainsi que Maïmonide qui ira néanmoins s’exiler au Caire afin de pouvoir pratiquer librement sa religion (il était de confession hébraïque). À la mort d’Abu Yaqub Yusuf, les Almoravides demeurés maîtres des Baléares s’en vont porter le glaive là où jadis sévissaient les Normands. Ils arrachent Alger, Miliana, Gafsa et Tripoli aux Almohades et subventionnent des tribus bédouines d’Ifriqiya qui s’en iront mener des razzias dans tout le Maghreb médian et descendront même jusque dans les oasis du Drâa. Matées par les vigilantes milices d’un certain gouverneur Abu Yusf, ces tribus bédouines seront par la suite sédentarisées dans l’ouest marocain, dans l’ancien pays bergouata où elles contribueront à l’effort d’arabisation des plaines du Gharb et de la Chaouia. Après la victoire d’Alarcos durant laquelle Alphonse VIII est battu par le souverain Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, les derniers fauteurs de troubles Almoravides sont écrasés dans le sud tunisien. C’est l’âge d’or almohade.

Tour Hassan construite par le sultan almohade Yacoub El Mansour à Rabat

Muhammad an-Nasir succède à son père en 1199. Le 16 juillet 1212, son armée de 200 000 hommes est mise en déroute par une coalition de près de 220 000 chrétiens venus de France, d’Aragon et de Catalogne, de León et de Castille. C’est la Bataille de Las Navas de Tolosa que l’histoire retiendra comme l’évènement charnière de la Reconquista. L’autorité des Almohades sur leur empire sera durablement affaiblie par cette débâcle, au point que le Muhammad an-Nasir renoncera à son trône l’année suivante, le cédant à son fils. À 16 ans, Yusuf al-Mustansir accède donc au trône. Dépourvu d’autorité, il voit rapidement le Maghreb médian lui échapper. Il en va de même en Andalousie où le gouverneur almohade de Murcie réclame une régence et franchit le détroit pour le faire savoir. À Séville, Al-Mamoun fait sensiblement de même. Les taïfas renaissent de leurs cendres et imposent le malékisme. À Marrakech même les cheikhs souhaitent procéder à l’élection d’un nouveau calife, ne laissant d’autre choix au jeune souverain que la fuite pour un temps. Son fils, Abd al-Wahid al-Makhlu lui succède en 1223. Il mourra étranglé l’année même. Les cheikhs de Marrakech procèderont alors à l’élection d’Abu Muhammad al-Adil. Les Hafsides, du nom d’Abû Muhammad ben ach-Chaykh Abî Hafs, autrefois vizir de Muhammad an-Nasir déclarent leur indépendance en 1226, sous l’impulsion de Abû Zakariyâ Yahyâ. La mort d’Abu Muhammad al-Adil marquera le début de l’ingérence du Royaume de Castille dans les affaires marocaines. Ferdinand III de Castille soutiendra Abu al-Ala Idris al-Mamun tandis que les cheikhs soutiendront le fils de Muhammad an-Nasir, Yahya al-Mutasim. C’est le premier qui prit pour un temps l’ascendant, parvenant à prendre Marrakech et à massacrer les cheikhs. Il renia la doctrine religieuse almohade au profit du malékisme et consentit en paiement de sa dette à construire l’église Notre-Dame de Marrakech en 1230. L’édifice fut détruit deux ans plus tard. En 1233, son fils Abd al-Wahid ar-Rachid reprit Marrakech et chassa de Fès les Bani Mari futurs Mérinides (ces derniers faisaient payer à la ville et à sa voisine Taza un tribut depuis 1216), permettant de réunifier le Maroc. En Andalousie, Cordoue tombe aux mains de Ferdinand III de Castille dès 1236. Valence lui emboitera le pas deux ans plus tard, puis ce sera au tour de Séville en 1248. Entre temps, Abu al-Hasan as-Said al-Mutadid parviendra à rétablir un semblant d’unité sur le Maroc mais accumulera les échecs face aux Mérinides dont l’avancée est irrésistible sur le Maroc septentrional. Pour une trentaine d’année, les Almohades survivront, recroquevillés sur la plaine du Haouz et payant un tribut à leurs voisins septentrionaux. En 1269, Marrakech tombe. En 1276, c’est au tour de Tinmel. Un siècle et demi plus tard, la boucle almohade est bouclée.

Le Maroc au cours des croisades

Le califat almohade, sous le règne d'Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, établit un partenariat stratégique avec l'Égypte du sultan Saladin. Le point d'orgue de cette relation est l'ambassade d'Abou al Harith Abderrahman Ibn Moukid envoyé par Saladin auprès de la cour de Marrakech. Cette mission se concrétise par la participation de la flotte marocaine aux opérations maritimes contre les Croisés (sur les côtes du Proche-Orient et en mer Rouge). Lors de la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, l'établissement de Marocains y a augmenté[35]. Ils établirent ainsi un quartier qui porte le nom de « Quartiers des Marocains », détruit en 1967 ; des Palestiniens descendent de ces Marocains installés en Terre sainte[35].

Dynastie des Mérinides

Article détaillé : Mérinides.
Empire mérinide à son apogée (1347-1348[36]), à la veille de la défaite de Kairouan (1348)
Emblème de la dynastie mérinide
Drapeau des Mérinides

Contrairement aux deux dynasties précédentes, la montée en puissance des Mérinides n’est pas à mettre sur le compte d’une démarche personnelle associable à un individu mais plutôt à l’affirmation collective d’une tribu. L’autre rupture que marque l’accession au pouvoir des Mérinides est l’abandon du leitmotiv de la purification religieuse au profit d’une conception de la conquête du pouvoir plus classique, plus conforme à l’identité tribale des protagonistes.

La Medersa de Salé, construite par les Mérinides.

La tribu en question est une tribu zénète dont les origines sont issues des Wassin[37]. Toujours est-il que les Beni Merin (ou Bani Marin) constituent tout au long du XIIe siècle l’archétype d’une tribu berbère lambda, nomadisant entre le bassin de la Haute-Moulouya à l’ouest (entre Guercif et Missour) et le Tell algérien, au sud de Sidi bel Abbès à l’est. La première occurrence de la tribu des Beni Merin dans l'historiographie marocaine coïncide avec leur participation en tant que groupe à la bataille d'Alarcos (1196), bataille finalement remportée par le camp almohade. C’est à cette occasion que s’illustre Abd al-Haqq considéré comme le véritable fondateur de la dynastie mérinide. De retour au pays, la tribu retombe dans un anonymat relatif jusqu’à la cinglante défaite almohade de Las Navas de Tolosa à l’issue de laquelle les troupes Mérinides iront défaire 10 000 soldats almohades. Suite à ce succès, les Mérinides s’installent temporairement dans le Rif, soutenus par des Miknassas sédentarisés au nord de Taza. Dès 1216, ils se faisaient payer tribut par les cités de Fès et Taza. Les Almohades soucieux de restaurer leur autorité sur tout leur territoire lancent de nombreuses contre-offensives, le plus souvent vaines. C’est au cours d’une de ces manœuvres que décède Abd al-Haqq. Son fils Uthman ben Abd al-Haqq lui succède. Dès 1227, toutes les tribus entre le Bou Regreg et la Moulouya ont fait allégeance aux Mérinides. En 1240, Uthman ben Abd al-Haqq décède, assassiné par son esclave chrétien. C’est son frère Muhammad ben Abd al-Haqq qui lui succède, assiégeant avec un succès relatif Meknès. Il décède en 1244, tué par des milices chrétiennes au service des Almohades. Au milieu de la décennie 1240, les troupes Almohades sont mises en déroutes à Guercif. Les Mérinides s’engouffrent alors dans la très stratégique Trouée de Taza, tremplin qui leur permit d’entreprendre le siège de Fès en août 1248 et d’envisager la prise de toute la moitié nord du Maroc. Mais la moitié sud n’est pas en reste. Abu Yahya ben Abd al-Haqq ayant précédemment succédé joue des amitiés traditionnelles des Beni Merin avec les Béni-Ouaraïn du Moyen Atlas et d’autres tribus du Tafilalet pour contrôler les oasis et détourner les revenus du commerce transsaharien de Marrakech vers Fès, désignée comme capitale mérinide.

En 1258, Abu Yusuf Yaqub Ben Abd Al-Haqq succède à son frère enterré dans l’antique Nécropole de Chella qu’il avait commencé à réhabiliter[38]. Le début de son règne est marqué par une lutte avec son neveu qui réclamait la succession. Ce dernier parvient à prendre Salé. La situation à l’embouchure du Bou Regreg profite à la Castille qui prendra la cité en otage durant deux semaines. L’ouest du Rif fut également en proie à de nombreuses insurrections Ghomaras tandis que Ceuta et Tanger étaient alors aux mains d’un sultan indépendant, un dénommé El Asefi. Rapidement le nouveau souverain exprima son désir d’en découdre rapidement avec les Almohades retranchés dans le Haouz, l’est des Doukkala et une partie du Souss. Une première tentative en ce sens se solda par un échec en 1262. Les Almohades pressèrent alors les Abdalwadides d’attaquer leurs rivaux Mérinides par surprise. Yghomracen, célèbre souverain abdalwadide fut défait en 1268. L’année suivante, Marrakech fut définitivement prise[39].

Durant les années qui suivirent, il bouta les Espagnols hors de tous leurs établissements atlantiques jusqu’à Tanger. En 1276, Fès, nouvelle capitale du royaume se voit augmentée d’un nouveau quartier, à l’écart de l’ancienne ville, où se côtoient notamment le nouveau palais royal et le Mellah. C’est Fès El Jedid. Globalement la ville connaîtra sous l’ère mérinide un second âge d’or, après celui connu sous les Idrissides. Après la pacification totale du territoire et la prise de Sijilmassa aux Abdalwadides, le sultan franchit le détroit et tente de reconstituer la grande Andalousie musulmane des Almohades. Les entreprises espagnoles des Mérinides furent complexes mais n’accouchèrent que de peu de résultats concrets. Suite au siège de Xérès, un traité de paix stipulant le retour de nombreux documents et ouvrages d’art andalous (tombés aux mains des chrétiens lors des prises de Séville et Cordoue) vers Fès. En 1286, Abu Yusuf Yaqub Ben Abd Al-Haqq décède à Algésiras. Il est inhumé à Chella. Son fils Abu Yaqub Yusuf[38], plus tard dit an-nāsr, lui succède et se voit confronté dès son intronisation à un durcissement des révoltes dans le Drâa et à Marrakech et à un désaveu de certains membres de sa famille, s’alliant tantôt avec les Abdalwadides ou les révolté. Il rendit Cadix aux Nasrides de Grenade en guise de bonne volonté mais 6 ans plus tard, en 1291, ces derniers, alliés aux Castillans dont ils sont les vassaux, entreprennent de bouter définitivement les Mérinides de la Péninsule Ibérique. Après quatre mois de siège, Tarifa est prise par les Castillans. Mais les yeux d’Abu Yaqub Yusuf an-Nasr sont plutôt rivés sur Tlemcen, capitale des éternels rivaux des Beni Merin que sont les Abdalwadides. Il se dirige vers Tlemcen à la tête d’une armée cosmopolite puisqu’essentiellement composée de mercenaires chrétiens (Castillans et Aragonais principalement), de Turkmènes Oghouzes et de Kurdes. Le siège durera 8 ans et se poursuivra jusqu’à l’assassinat du souverain, des mains d’un des eunuques de son harem, en 1307.

Jusqu’à l’avènement d’Abu al-Hasan ben Uthman en 1331, la dynastie est marquée par une forme de décadence dont les principaux symptômes sont la multiplication :

  • Des querelles de succession
  • Des révoltes populaires (des difficultés dans le Rif, à Ceuta et Tanger se surajoutèrent au climat insurrectionnel croisant à Marrakech et dans le Souss)
  • Des révoltes militaires (c’est la première fois dans l’histoire du Maroc que les généraux de l’armée royale auront leur mot à dire dans la gestion des affaires royales).

En 1331 donc, Abu al-Hasan ben Uthman succède à son père, quelques mois seulement après avoir obtenu son pardon. Rapidement, l’obsession de ses aînés pour Tlemcen le rattrape. Il entame un nouveau siège sur la ville qui s’avèrera vain. Il évince ceux qui dans son entourage familial le jalousent mais sait faire preuve d’une grande dextérité dans sa gestion des ambitions tribales. Tlemcen tombe enfin en 1337. Abu al-Hasan ben Uthman est auréolé de gloire. Cette victoire lui ouvre la voie du Maghreb médian mais avant de s’engouffrer dans cette brèche ouverte en direction d’Ifriqiya, le souverain tient à venger la mort de son fils Abu Malik, surpris par les Castillans après son succès à Gibraltar en 1333. La bataille de Tarifa, le 30 octobre 1340 se solde par une lourde défaite qui signera la fin définitive des ambitions marocaines en terre espagnole. Sept années plus tard, le sultan et ses armées parviennent à soumettre l’Ifriqiya. L’année suivante pourtant, les Mérinides essuient une cuisante défaite à Kairouan. L’écho de la déconvenue est grand, au point que nait et se répand une folle rumeur selon laquelle Abu l’Hassan serait mort au combat. À Tlemcen, Abu Inan Faris est alors intronisé. C’est de sa volonté qu’émanera la construction de la medersa Bou Inania de Fès. Il a d’ailleurs également parachevé la construction de la Medersa Bou Inania de Meknès, entamé par son aîné. Ce dernier tentera un vain retour via Alger puis Sijilmassa. Il est finalement défait et tué par les armées de son fils sur les rives de Oum Errabiaa. Abu Inan Faris, profondément chagriné par ce décès, tentera alors de faire asseoir son autorité sur l’ensemble du royaume, de nouveau fragilisé par la recrudescence des volontés insurrectionnelles. Il s’entoure à ces fins d’Ibn Khaldoun, penseur de génie et véritable précurseur de la sociologie moderne. Son neveu, maître de Fès, est exécuté, mais à l’occasion de ce déplacement au Maroc, c’est Tlemcen qui se soulève. Une intense campagne permet un certain regain de vigueur des Mérinides mais Abu Inan est étranglé des mains d’un de ses vizirs, un certain al-Foudoudi, le 3 décembre 1358, neuf ans seulement après son accession au pouvoir.

Mansourah, ancien fief mérinide lors du siège de Tlemcen en Algérie

L’anarchie est alors à son paroxysme. C’est le premier grand déclin de la dynastie. Chaque vizir tente de porter sur le trône le prétendant le plus faible et manipulable. Les richesses patiemment accumulées par les souverains précédents sont pillées. Un premier prétendant venu de Castille parvient à se soustraire pour un temps à ce diktat des vizirs. Il s’appelle Abû Ziyân Muhammad ben Ya`qûb plus simplement appelé Muhammad ben Yaqub. Reconnu et acclamé dans le nord du Maroc, il règne à partir de 1362 sur un royaume dont seule la moitié nord (de la Tadla aux contreforts méridionaux du Rif) est demeurée loyale à l’autorité mérinide. Tout au long de son bref règne, il tentera de faire évincer un à un les vizirs jugés encombrants mais c’est des mains d’un de ces derniers, le grand vizir Omar, qu’il périra en 1366. Omar désincarcère alors le fils d’Abu l’Hasan, Abu Faris Abd al-Aziz ben Ali ou plus simplement Abd al Aziz. Après avoir réussi le tour de force d’évincer bon nombre de vizirs dont celui qui l’a porté au pouvoir, il parvient à mater le pouvoir parallèle en place à Marrakech (pouvoir dit d’Abou l'Fadel, vaincu en 1368). Il parvient à asseoir son autorité en pays Hintata, puis dans le Souss et à Sijilmassa. En 1370, Tlemcen, où s’était reconstitué le pouvoir abdalwadide, retombe aux mains des Mérinides. Mais deux ans plus tard seulement, il s’éteint. Le royaume est à nouveau scindé en deux, les zaouïas prenant le pouvoir à Marrakech. La peste noire se fait dévastatrice.

S’ensuivent 21 années de déclin durant lesquelles se multiplient les intrigues dynastiques, les coups politiques des différents vizirs, les ingérences nasrides et de vaines tentatives de coups d’éclat militaires face à Tlemcen. Durant les deux périodes de déclin, la pratique de la course se développe, tant dans le nord, dans les environs de Tanger et Ceuta, que sur la côte atlantique.

En 1399, alors que le Maroc est en proie à une anarchie des plus totales, le roi Henri III de Castille arme une expédition navale destinée à annihiler la pratique de la course depuis Tétouan. En fait, la ville est non seulement mise à sac mais également totalement vidée de sa population (la moitié est déportée en Castille). En 1415, c’est au tour de Ceuta de tomber aux mains des navires de Jean Ier, roi du Portugal, lui aussi en croisade contre la course.

La dynastie mérinide connait un tragique déclin[40]. Abu Said Uthman ben Ahmad dit Abu Said succède à Abu Amir Abd Allah dans des circonstances troubles. Prince taciturne, il se tourne à nouveau vers Tlemcen. Mais le vent a tourné et Abou Malek, souverain abdalwadide, pétri de haine à l’encontre des maîtres de Fès, parvient à prendre la ville et impose un souverain fantoche. Les documents concernant cette période sont très flous et se contredisent. Toujours est-il que Abu Muhammad Abd al-Haqq succède à Abu Said alors qu’il n’a qu’un an (1421). Cette accession au trône appela bien sûr une régence. Les vizirs wattassides s’avèreront incontournables.

Wattassides (1471-1554)

Article détaillé : Dynastie Wattasside.
Le Maroc au début du XVIe siècle : en rouge, le domaine des Wattasides

Les Wattassides ou Ouattassides ou Banû Watâs sont une tribu de Berbères zénètes comme les Mérinides. Cette tribu, qui serait initialement originaire de l'actuelle Libye, était établie dans le Rif, au bord de la Méditerranée. De leur forteresse de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Wattas ont peu à peu étendu leur puissance aux dépens de la famille régnante mérinide (voir l'article détaillé sur les Wattassides). Ces deux familles étant apparentées, les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides s'imposent peu à peu au pouvoir. Le dernier sultan mérinide est détrôné en 1465. Il s'en suit une période de confusion qui dure jusqu'en 1472. Le Maroc se trouve coupé en deux avec, au sud, une dynastie arabe émergente, les Saadiens, et au nord un sultanat wattasside déclinant.

En 1472, les sultans wattassides ont perdu tous leurs territoires stratégiques et n'ont plus le contrôle du détroit de Gibraltar. Les Portugais prennent possession de Tanger en 1471 puis cèdent la ville à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d'Angleterre. Durant la domination portugaise (1471-1661, avec un intermède espagnol entre 1580 et 1640), Tanger constitue la capitale de l'Algarve d'Afrique, car il existe alors deux Algarves, celle d'Europe et celle d'Afrique, toutes deux considérées comme territoires relevant personnellement de la dynastie d'Aviz puis de la dynastie de Bragance (le roi du Portugal porte aussi le titre de roi des Algarves). Durant la domination anglaise, Tanger est une place forte stratégique, dotée d'un statut spécial et élisant des représentants à la Chambre des communes à Londres, mais l'entretien d'une garnison militaire importante se relève trop coûteux aux yeux de l'opinion anglaise[41]. Cela pousse Charles II à faire évacuer la place, qui est prise par les troupes marocaines du sultan Moulay Ismail en 1684.

Sous les règnes successifs d'Alphonse V, Jean II et Manuel Ier (période marquant l'apogée de l'expansion portugaise) l'Algarve africaine englobe presque tout le littoral atlantique marocain, à l'exception de Rabat et de Salé. Les Portugais contrôlent la portion côtière s'étendant de Ceuta à Agadir et à Boujdour, avec pour points de jalon les places fortes de Tanger, Asilah, Larache, Azemmour, Mazagan, Safi et Castelo Real de Mogador. Ces possessions forment des fronteiras, équivalent portugais des presidios espagnols, et sont utilisées comme escales sur la route maritime du Brésil et de l'Inde portugaise. Néanmoins la plus grande partie du Maroc portugais est reconquise par les Saadiens en 1541. La dernière fronteira de la Couronne lusitane est Mazagan, récupérée par les Marocains en 1769. Les Espagnols pour leur part s'attribuent la côte méditerranéenne avec les présides de Melilla et le rocher de Vélez de la Gomera, ainsi que la région de Tarfaya faisant face aux îles Canaries. Ils prennent également le contrôle de Ceuta à l'issue de la débâcle portugaise à la Bataille des Trois Rois qui se solde par l'Union ibérique (1580)[42].

De cette époque émerge la figure étonnante de Mustapha Zemmouri, plus connu sous le nom d'Estevanico (ou Esteban le Maure), Marocain natif d'Azemmour revendu par les Portugais comme esclave à Andrés Dorantes de Carranza, et qui s'illustre par son exploration de l'Amérique du Nord dans les rangs des conquistadors espagnols au début du XVIe siècle.

Les Wattassides affaiblis donnent finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant d'une origine arabe chérifienne (les Saadiens) en 1554.

Liens avec Al-Andalus

En l’an 711, le gouverneur Moussa envoie son commandant Tariq ibn Ziyad à la conquête de l’Hispanie, qui est alors affaiblie par la division. Son armée est majoritairement berbère car il craint une révolte de ces derniers au Maghreb fraîchement conquis. Ils traversent le détroit de Gibraltar qui porte d’ailleurs aujourd’hui encore son nom d’étymologie arabe (Jebel Tariq en arabe, soit la montagne de Tariq) au nombre de 12 000 soldats. L’attaque musulmane est fulgurante et imprévue, toutes les contrées wisigothiques tombent l’une après l’autre, en quelques mois à peine, la plus grande majorité de la péninsule Ibérique est sous l’emprise musulmane. Les incursions arabo-berbères continuent tout de même en Occident, avec des raids et des sièges en Gaule (Prise de Narbonne en 719). Mais c’est là la fin de l’avancée inexorable de l’empire musulman, la contre-attaque Franc et les révoltes internes font essuyer à l’armée plusieurs défaites, notamment celle de Toulouse en 721 et celle de Poitiers en 732. En l’an 759, les Arabes et les Berbères sont définitivement chassés de Gaule avec la reconquête de la Septimanie par les Carolingiens.

Les révoltes berbères qui ont été l’une des principales causes de l’arrêt de la conquête en Occitanie continuent tout de même durant plus de quinze ans, parallèlement à des guerres de successions, des renversements de pouvoirs, etc. Cette période de trouble interne marque une sombre tache dans l’histoire d’Al andalus.

La Giralda, minaret de l'ancienne Grande mosquée de Séville construite sous les Almohades

Aussi insolite que cela puisse paraître, c’est le chaos qui a ramené l’ordre en Al-Andalus. Car à plus de 3 628 kilomètres de là, à Damas, la capitale de l’empire islamique, un coup d’État porté par les Abbassides contre les Omeyyades conduit au massacre de ces derniers. Mais il en reste encore un : Abd al-Rahman Ier, petit neveu du dernier Calife et légitime empereur. Il va fuir la mort et s’exiler en Al-Andalus. Né d’un père arabe et d’une mère berbère, il est l’homme idéal pour réunifier la péninsule Ibérique, c’est ce qu’il fait d’ailleurs en unifiant les tribus et en prenant le pouvoir. Il fonde alors l'Émirat de Cordoue en même temps qu’il se proclame Emir et instaure sa dynastie en 756. Petit à petit, l’émirat qui jouit enfin d’une stabilité politique prospérera. A un tel point que sous l’autorité du petit-fils d’Abd-al Rahman Ier : Abd al-Rahman III, l’Andalousie se coupe de l’autorité de Bagdad et transforme l’Emirat en Califat indépendant en 929. C’est alors l’apogée d’Al-Andalus, les arts et les lettres font partie inhérente de la culture andalouse, le roi Al-Hakam II (962-976) possédera la plus grande bibliothèque de l’époque. La grande mosquée de Cordoue est achevée, constituant ainsi l’une des plus grandes mosquées au monde et surtout l’une des plus belles et prestigieuses... Ainsi la paix aura duré plus de deux siècles en Hispanie musulmane… En 976, Al-Hakam II meurt en ne laissant pour seul héritier qu’un petit garçon de 11 ans. Le Califat est pris en main par Ibn Abi Amir, en attendant que le prince grandisse. Ibn Abi est surnommé (Almanzor, le victorieux المنصور ) pour son succès face aux royaumes chrétiens au nord. Mais à mesure qu’il réussit, il se sent de plus en plus important et tente d’imposer sa propre dynastie, provoquant une guerre civile avec les légitimistes. Les divergences politiques sont telles que l’Andalus se morcèle en une vingtaine de taïfas (minuscules parcelles de terres rivales). Nous sommes alors en 1031 et il faudra attendre cinquante-cinq ans encore pour voir Al-Andalus réunifiée.

En effet en 1086 alors que la Reconquista avance irrésistiblement en Andalousie morcelée, les Berbères Almoravides sont appelés à la rescousse par les taïfas. C’est à la fois une bonne et une mauvaise idée. Bonne parce qu’elle permet de freiner durablement la reconquista, mauvaise parce que les Almoravides prennent le pouvoir et dissolvent les taïfas, annexant les terres d’Al-Andalus à leur empire. Ainsi durant plus de 61 ans, une partie du Maghreb et d'al-Andalus ne feront plus qu’un. Mais en 1147, Al-Andalus sombre de nouveau dans une seconde période de taïfa, après la prise au pouvoir par les Almohades en Afrique du Nord. La nouvelle dynastie laissera à l’écart les taïfas pendant un moment pour s’occuper des territoires maghrébins, mais en 1163, ils se lancent à leur tour à l’assaut d’Al-Andalus et font fusionner pour une seconde fois une partie de l'Afrique du Nord et d'al-Andalus. Les Almohades repousseront nombre d’attaques chrétiennes, ce qui va inquiéter ces derniers et les unifier. Une croisade est alors lancée contre l’Al-Andalus almohade. En 1212, les armées musulmanes subissent une grave défaite à la bataille de Las Navas de Tolosa : c’est le début de la fin de l’Espagne musulmane désormais réduite au royaume nasride de Grenade. La perte de cette bataille fait s’effondrer l’empire almohade, Al-Andalus se voit une nouvelle fois plongé dans la période des taïfas… Mais les choses ont changé, alors qu’auparavant les taïfas survivaient grâce à la position de force des musulmans, aujourd’hui c’est le contraire, les croisés percent enfin les défenses musulmanes et s’approprient leurs territoires. Et aussi surprenant que ce soit, c’est un État militairement faible, l'émirat de Grenade, qui survivra encore plus de deux siècles à la Reconquista. Cette résistance s’explique sûrement par la peste noire en Europe qui détourne l’attention des royaumes chrétiens, mais aussi par le fait que les Mérinides depuis les côtes d’Afrique du Nord soutiennent activement le petit royaume nasride.

L'Alhambra de Grenade, forteresse musulmane en Andalousie, région restée huit siècles sous la domination des dynasties musulmanes


En 1492, sept siècles après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, le dernier royaume musulman en Espagne, Grenade, est conquis par les rois catholiques.

Dès le début des succès de la Reconquista au XIIe siècle, certains Andalous avaient commencé à se replier vers le Maroc ; mais la majorité d'entre eux a été contrainte de quitter l'Espagne principalement en deux temps : à la chute de Grenade en 1492, et en 1609 avec l'expulsion des Morisques.

L'exode de ce peuple, que le pays devra intégrer dans ses tissus sociaux et économiques, va marquer un nouveau tournant dans la culture, la philosophie, les arts, la politique de ce dernier. Notons que de nombreux intellectuels et artistes andalous rejoindront les cours royales.

Cependant leur arrivée sera plus délicate dans certaines villes du Royaume. Ils vont soit habiter dans d'anciennes cités, soit en construire de nouvelles ; néanmoins, les Andalous se sont principalement installés dans le nord du pays, comme à Tanger, Tétouan, Oujda, Chefchaouen, mais aussi à Rabat, Salé et Fès.

Les Moriscos installés à Rabat (dite Salé-le-Neuf) et Salé (aussi dite Salé-le-Vieil) formèrent une république corsaire vivant de courses commerciales fructueuses qui les emmenèrent à négocier avec de nombreux États (Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande, Islande...) ; le succès de ces courses commerciales rentables créa des jalousies en Occident.

Dynastie des Saadiens

Medersa Ben Youssef construite par les Saadiens
Article détaillé : Saadiens.

Au début du XVIe siècle, les Saadiens[43] ou Sa`dides[44] dirigent des tribus venues de la vallée du Draâ, exaspérées par les offensives chrétiennes, qui se révoltent contre les Berbères wattassides et les chassent du pouvoir. Les Saadiens, appelés parfois Zaydanides [7], constituent une dynastie arabe chérifienne originaire de la vallée du Draâ. Elle arrive au pouvoir en 1511 avec le sultan Abou Abdallah Mohammed et choisit Marrakech pour capitale définitive après Taroudant. À partir de 1554 elle contrôle l'ensemble du Maroc, alors que le Maghreb central et oriental est sous la domination des Ottomans. Mohammed ech-Cheikh est un adversaire résolu du sultan-calife ottoman Soliman le Magnifique. Pour conjurer la menace exercée par les gouverneurs turcs d'Alger, le sultan saadien n'hésite pas à chercher l'alliance des Espagnols qui occupent Oran et lui permettent de s'emparer de Tlemcen. Malgré un raid dévastateur contre Fès les troupes ottomanes ne pénètrent pas vraiment l'intérieur du territoire marocain, et les Saadiens peuvent étendre leur occupation sur le nord-ouest algérien[45]. La diplomatie de Mohammed ech-Cheikh lui vaut l'inimitié tenace de la Sublime Porte. En effet, en 1557 des assassins à la solde du pacha turc Hasan Corso décapitent le sultan marocain et envoient sa tête en trophée à Istanbul, où Soliman peut contempler ainsi son implacable ennemi de l'ouest. Ce meurtre n'a cependant pas d'incidence sur le front militaire et consolide même les assises de la dynastie saadienne[46].

L'apogée de cette dynastie se situe sous Ahmed al-Mansur Saadi (1578-1603) qui, tout en maintenant l'indépendance marocaine face à Istanbul, établit un État fort dont la force militaire s'inspire des innovations ottomanes (organisation de régiments et de logistiques sur le modèle turc). Après la conquête de l'Empire songhaï en Afrique de l'Ouest par le général Yuder Pacha en 1591, le Mali constitue le pachalik marocain de Tombouctou et de Gao, principal pourvoyeur d'or du makhzen saadien qui dispose ainsi des moyens de sa politique de prestige. Le sultan al-Mansur établit une alliance stratégique avec l'Angleterre d'Élisabeth Ire, dirigée contre l'Espagne de Philippe II. Ahmed al-Mansur développe également la culture de la canne à sucre notamment dans la région de Chichaoua et dans le Souss. Le sucre marocain exporté en Europe devient une source importante de revenus pour le makhzen, tout comme les produits subsahariens (l'ivoire et surtout l'or de la vallée du fleuve Niger, néanmoins concurrencé par l'or en provenance de l'Amérique espagnole). Toujours sur la scène africaine, Ahmed al-Mansur met en avant ses prérogatives califales de commandeur des croyants et se fait reconnaître comme tel jusqu'au Tchad par le royaume du Kanem-Bornou en 1582[47].

Marrakech retrouve une partie de sa gloire de l'époque almohade. Les sultans font bâtir des médersas (la célèbre medersa Ben Youssef), des mosquées, réaménagent les jardins (comme celui de la Ménara), mais c'est surtout le fabuleux palais El Badi, réalisé en matériaux précieux, qui contribue au rayonnement de la capitale saadienne et à la réputation fastueuse de la dynastie. L'attrait culturel pour le Maroc s'exprime jusqu'en Europe avec les écrits d'Agrippa d'Aubigné mais encore avec William Shakespeare et son Othello. Ahmed al-Mansur, qui maîtrise parfaitement l'italien (appris au cours de son exil de jeunesse à Alger), entretient une correspondance avec Élisabeth Ire, Henri III et Henri IV, et se montre fort intéressé par les dernières avancées techniques de l'Occident. Le prestige des Saadiens auprès des chancelleries européennes remonte à la Bataille des Trois Rois, le 4 août 1578, au cours de laquelle les troupes commandées par Abu Marwan Abd al-Malik mettent en déroute la croisade portugaise du roi Sébastien Ier du Portugal, marquant ainsi la fin définitive des grandes offensives ibériques contre le Maghreb.

République du Bouregreg (1627 - 1668)

Article détaillé : République du Bouregreg.
Localisation de la République du Bouregreg sur la côte marocaine.

L'éphémère République du Bouregreg, connue aussi sous le nom de République de Salé, fut une république maritime, qui a existé à l'embouchure du fleuve Bouregreg durant la période allant de 1627 à 1668. Elle était formée des trois cités : Salé, Rabat et la Kasbah (aujourd'hui quartier de Rabat), où siégeait le diwan. Le développement de ces deux dernières cités, situées sur la rive gauche de l'embouchure du Bouregreg, est à l'origine de l'actuelle ville de Rabat, appelée alors « Salé-le-Neuf ».

On appelle également parfois ce petit État République des pirates du Bou Regreg, car il s'agissait effectivement d'une association de pirates, ou tout au moins de corsaires. Née de l'arrivée des musulmans (habitants d'Hornachos tout d'abord, puis Morisques andalous) expulsés par décision du roi d'Espagne, cette communauté de pirates, à l'abri des attaques derrière les hauts-fonds protégeant l'entrée de l'embouchure du Bouregreg, prospéra en attaquant des navires et en effectuant des raids jusqu'en Cornouailles, et même en Islande. Elle laisse au Royaume-Uni le souvenir des Sallee Rovers (« les écumeurs des mers de Salé »), comme en témoignent les aventures de Robinson Crusoé, captif des corsaires de Salé.

Dynastie des Alaouites

Article détaillé : dynastie alaouite.

Origines : Les Alaouites (al-Alaouiyoune) (à ne pas confondre avec les Alaouites de Syrie), au pouvoir au Maroc depuis le XVIIe siècle, sont originaires du Tafilalet.

D'après la légende les Alaouites descendent de Mohamed Nefs Zakiya (« Âme Pure »), lui-même fils de Abdallah El-Kamil, fils de Hassan El-Mouthanna, fils de Hassan Sibt, fils aîné d'Ali Ibn Abi Talib, gendre et cousin du prophète de l'islam, Mahomet. Mohamed Nefs Zakya fut proclamé Mahdi en 737 et tué au combat en 762. Théologien éminent, il a laissé la réputation d'un saint homme et vécut sous le règne du calife Al-Mansour.

Les Chérifs alaouites se disent originaires de Yanboâ an-Nakhil, une oasis située dans la péninsule arabique, appelés à venir au Maroc par de nobles pèlerins berbères du Tafilalet au XIIIe siècle : Hassan Dakhil, se réclamant 21e descendant du prophète Mahomet, 17e descendant de Nefs Zakya, se serait installé alors en 1266 à Sijilmassa. Son 5e descendant, Moulay Mohamed ben Cherif, est le père du premier sultan de la dynastie alaouite, Moulay Rachid ben Chérif.

Intérieur de la Mosquée Hassan II, construite par le roi alaouite du même nom.

Histoire : Lointains descendants d’Ali, gendre du prophète de l'islam, Mahomet, cette dynastie gouverne aujourd’hui encore le Royaume du Maroc. Originaires du Tafilalet, leur fondateur n’est autre que Moulay Ali Chérif du Maroc qui, en 1631 règne sur sa région natale. Après sa mort prématurée en 1636, son successeur décide de reprendre les rennes et continue ce que son père avait commencé. Prenant les devants, il va prendre le pouvoir aux Saadiens de façon stratégique. Son frère, Moulay Rachid, va l’aider en s’emparant du Rif et de Fès. Les rivaux potentiels, comme la zaouïa de Dila et le Tazeroualt des Semlalides, entités à base théocratique et tribale, sont vaincus et soumis. Moulay Rachid deviendra sultan en 1666 et écrasera les révoltes qui sévissent à Marrakech. Une chute de cheval qui lui est fatale projette son successeur, Moulay Ismail à la tête du sultanat en 1672.

Cette date rime avec autorité, le nouveau sultan purge à coups de sévères répressions toute forme d’opposition à son régime. Ce qui permettra enfin à l'Empire chérifien d'accéder à la puissance, à la sécurité et à la crédibilité auprès de ses protagonistes étrangers. Moulay Ismaïl forme une grande armée composée essentiellement d'esclaves-soldats noirs originaires du Sénégal, du Mali et de Guinée (les Abid al-Bukhari, équivalent marocain des Janissaires et des Mamelouks de l'Empire ottoman) et de soldats issus de tribus militaires arabes comme les Oudayas. Grâce à cette force dont l'effectif atteint 150000 hommes[48], Moulay Ismail chasse les Ottomans venus d’Algérie qui tentent d'occuper Oujda, les Espagnols qui tenaient Larache et Asilah et les Anglais installés à Tanger. Les prisonniers de guerre seront détenus dans la célèbre prison de Meknès, sa capitale, et leur rançon permettra de financer d’importantes rénovations. Parallèlement, le Maroc se tourne vers les puissances étrangères et nouera des relations diplomatiques et commerciales avec ces dernières. L’une des plus connue étant la demande de mariage avec l’une de filles de Louis XIV, la princesse de Conti (Marie Anne de Bourbon (1666-1739)). La mort du célèbre sultan entraînera une nouvelle période de troubles internes. La famine et la peste font des ravages parmi la population. Sept fils de Moulay Ismail tentent de se faire reconnaître comme souverains de l'Empire chérifien, mais sont périodiquement renversés par les Abids tandis que l'anarchie gagne les tribus, les provinces et les villes aux ambitions autonomistes. L'anarchie ou siba gagne en importance et met à mal l'autorité d'un makhzen affaibli par les querelles dynastiques.

Mais en 1757 la montée de Mohammed III du Maroc au trône, un profond croyant dont le principal souci est le développement de son sultanat, amorce le début d’une nouvelle ère. Alors que Moulay Ismaïl était intransigeant et ferme, Mohammed III penchait plus pour une politique plus souple. Il allège les impôts et conclut la paix avec les Espagnols après avoir repris Mazagan aux Portugais. Tout aussi soucieux de l’économie, il signe des traités commerciaux avec le Danemark, la Suède, l’Angleterre, l'Espagne, le royaume de Naples, la République de Venise et les jeunes États-Unis. Le Maroc est d'ailleurs le premier pays à reconnaître l’indépendance américaine. Moulay Yazid Ben Abdallah règne deux ans sur l'empire après la mort de Mohammed III en 1790. Ses successeurs subissent la politique expansionniste européenne, et de par ce fait participent avec les Algériens dans leurs guerre contre la France (Bataille d'Isly et défaite en 1844, puis guerre hispano-marocaine de 1860). Ces tensions avec les puissances occidentales se poursuivront durant plus de trente ans. Et le Maroc, en jouant habilement des rivalités étrangères, parviendra tant bien que mal à préserver son indépendance, du moins jusque sous le règne de Hassan Ier. En 1906, la Conférence d’Algésiras placera le Maroc sous contrôle international et accordera à la France des droits spéciaux[49]. Ces droits sont néanmoins contestés par l'Allemagne de Guillaume II, qui convoite l'Empire chérifien et se heurte aux appétits français (affaires marocaines de la crise de Tanger et du coup d'Agadir en 1905 et 1911). En 1912, à l’issue d’âpres négociations entre Berlin et Paris, le pays devient un protectorat espagnol au Nord et au Sud, tandis que le centre revient à la France. Dans le système de protectorat, le sultan et le makhzen traditionnel sont maintenus, mais la réalité du pouvoir appartient au résident général qui représente la puissance de tutelle (française à Rabat, espagnole à Tétouan). La ville de Tanger constitue une zone internationale. Ce système est contesté par le mouvement nationaliste à partir des années 1930, et surtout à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Le Maroc accède officiellement à l'indépendance en 1956.

Le pays redevenu royaume se trouve confronté dès lors à des enjeux d'ordre politiques, économiques et sociaux ; il se doit en effet supporter sa nouvelle économie et surmonter les difficultés dues à l’indépendance; il est également opposé à l’Algérie lors d’un conflit armé en 1963 (Guerre des sables). Deux ans plus tôt, Mohammed V décédait, laissant le trône à son fils Hassan II. Le pays est marqué en 1965 par les émeutes de Casablanca et basculera dans l’état d’exception jusqu’en 1970. Les deux ans qui suivront seront marqués par deux coups d’état militaires avortés, à l’issue desquels la constitution est modifiée. En novembre 1975, l’ensemble des partis politiques joignent leurs efforts au souverain dans son projet de Marche Verte. Au fil du temps, le royaume retrouvera sa stabilité politique. Durant les deux dernières décennies du XXe siècle, une succession d'années de sècheresses entraîneront une crise économique et sociale.

Le Roi Hassan II décède en juillet 1999. Son fils, Mohammed VI, lui succède.

Géographie

Maroc
carte : Maroc
Continent Afrique
Région Maghreb
Coordonnées 32°00′N 5°00′W
Superficie
Côtes 1 835 (3 600 avec le Sahara occidental) km
Frontières total: 2017,9 km
Algérie 1559 km
Sahara occidental: 443 km
Espagne (Ceuta): 6,3 km
Espagne (Melilla) 9,6 km
Altitude maximale 4 165 m (Jbel Toubkal)
Altitude minimale −55 m (Sebkha Tah)

Le Maroc est un pays du nord-ouest de l'Afrique. Sa longue côte donnant sur l'océan Atlantique se termine au-delà du détroit de Gibraltar sur la Méditerranée.

Au sud du Maroc se trouve le territoire contesté Sahara occidental, revendiqué et contrôlé en grande partie par le Maroc. À l'est et au sud-est, le Maroc est limitrophe de l'Algérie. À quelque distance de la côte atlantique se trouvent les îles Canaries et Madère. Au nord du détroit de Gibraltar se trouve l'Espagne.

La capitale administrative est Rabat. Parmi les grandes villes remarquables on trouve Casablanca, Agadir, Fès, Marrakech, Meknès, Tétouan, Tanger, Oujda, Ouarzazate et Laâyoune (au Sahara occidental).

Géographie physique

Le massif du Toubhkal

Les montagnes

Les montagnes occupent plus des deux tiers du territoire marocain et atteignent des hauteurs non négligeables. Plusieurs sommets franchissent la barre des 4 000 m. Le Jbel Toubkal, le plus haut sommet du pays, culmine à 4 167 m. Le Maroc renferme quatre principales chaînes de montagnes, et c'est le seul pays du Maghreb à disposer d'une immense chaîne de montagne l'Atlas.

D'abord au nord du pays, les montagnes ou djebel du Rif bordent la Méditerranée. Le plus haut sommet du Rif atteint 2 456 m et il a pour nom djebel Tidirhine. Le Rif propose des surfaces variées selon les altitudes de ses régions. En fait, à l'ouest, on retrouve surtout une végétation épineuse (des sapins, des pins et des cèdres). De l'autre côté, il y pousse des steppes arides et des maquis et encore plus à l'est, on y retrouve le chanvre, qui n'est cependant pas récolté. Plus loin des rivages méditerranéens et plus à l'intérieur du pays, il est possible de remarquer trois autres immenses chaînes: le Moyen Atlas, le Haut Atlas et l'Anti-Atlas, où nous retrouvons encore une fois une diversité des paysages.

Le Moyen Atlas, qui est le « château d'eau » du Maroc est séparé du Rif par les plaines arides de l'est et fertiles de l'ouest. Les deux chaines sont séparées par la fameuse trouée de Taza. Le Moyen Atlas se compose de deux parties au paysages très différents. À l'est, on retrouve les massifs escarpés avec des sommets à plus de 3 100 m comme Jbel Bou Naceur ou Bouiblane. Ces sommets connaissent des chutes de neiges importantes. Vers l'ouest, la chaine s'adoucit pour laisser place à des reliefs plus abordables et laissant place à quelques petits plateaux. La chaine du Moyen Atlas est bordée au sud par le Haut Atlas

C'est dans le Haut Atlas, chaine majestueuse qui ceinture le pays d'est en ouest que le Toubkal culmine à près de 4 167 m.

Les plaines

Ces plaines ont souvent de très grandes étendues, s'étirant des montagnes du Rif jusqu'au Moyen Atlas, le bassin de Sebou (36 000 km2) se compose de bas plateaux, de cours d'eau, quelques collines et des plaines fertiles qui permettent la culture de plusieurs aliments.

Dans la plaine du Gharb, on trouve des champs de betteraves sucrières, de riz, de cannes à sucre et de tabac . Cette plaine se distingue des autres par la présence de la forêt de Maâmora où on y fait l'exploitation de chênes-lièges et d'eucalyptus.

De vastes plaines apparaissent aussitôt qu'on dépasse le pays de Zaïr et le plateau des phosphates. On retrouve la Chaouia, Doukkala et plus à l'est au pied du Moyen Atlas Tadla. Plus au sud, on retrouve la plaine du Haouz dans la région de Marrakech et celle du Souss qui fait le triangle entre océan, Haut Atlas et Anti-Atlas.

On retrouvent d'autres plaines et vallées fertiles de moindre tailles surtout au nord (Lukos, Nekkor, Trifa, Vallée des oueds Ouergha, Baht, Inaouen ...).

Le désert

Dans le sud du pays, l'Erg Chebbi, à proximité de la frontière algérienne, est la plus vaste étendue de pierres et de sable à l'intérieur du Maroc. Certaines dunes peuvent atteindre 200 m de hauteur.

Frontières terrestres

Climat

Le climat marocain est à la fois méditerranéen et atlantique, avec une saison sèche et chaude doublée d'une saison froide et humide, la fin de la période chaude étant marquée par les pluies d'octobre.
La présence de la mer atténue les écarts de température, tempère les saisons et accroît l'humidité de l'air (400 à 1000 mm de pluies sur le littoral). Dans l'intérieur, le climat varie en fonction de l'altitude. Les étés sont chauds et secs, surtout lorsque souffle le sirocco brûlant ou le chergui, vent d 'été venant du Sahara. À cette saison, les températures moyennes sont de 22 °C à 24 °C. Les hivers sont froids et pluvieux avec gel et neige . La température moyenne évolue alors de - 2 °C à 14 °C et peut descendre jusqu'à - 26 °C. Dans les régions montagneuses, les précipitations sont très importantes (plus de 2000 mm de précipitations au Rif ou encore 1800 mm au Moyen-Atlas). Le Maroc pré-saharien et saharien a un climat désertique sec.

Éco-système au Maroc

Hydrographie

Vue sur les cascades d'Ouzoud, à 150 km de Marrakech

Le Maroc possède beaucoup de cours d'eau (fleuves et oueds) tels que :

Les grands fleuves tels que le Bouregreg, l'Oum Errabiaa, la Moulouya, et le Sebou, ont des débits très variables entre les saisons, et aussi d'année en année.
De nombreux cours d'eau moins importants (les oueds) peuvent même être à sec une partie de l'année (ou même plusieurs années de suite dans les zones pré-désertiques).
Le manque d'eau, mais aussi la grande variabilité des débits, représentent un grand problème pour le Maroc, notamment pour l'agriculture (irriguée ou non)...

Faune du Maroc

Un lion de l'Atlas

La diversité de la faune est en principe un véritable trésor, mais elle est absolument mise à mal par toutes sortes de destructions. Parmi quelques espèces exceptionnelles, on peut citer :

  • les échassiers
  • l'aigrette garzette
  • la Courvite isabelle
  • le flamant rose
  • le vautour percnoptère
  • l'aigle royal
  • le cerf de Barbarie
  • l'écureuil de Barbarie
  • le dromadaire
  • le hérisson d'Algérie et le hérisson du désert
  • le chacal doré menacé; il a disparu de régions entières... Au Maroc, on le confond avec le loup qui n'existe pas en Afrique.
  • la hyène rayée, en voie rapide d'extinction
  • le fennec, rare.
  • le renard de Rüppell, très rare
  • le renard roux
  • le Lynx caracal, menacé d'extinction.
  • le serval, menacé d'extinction.
  • la panthère. Un individu a été tué il y a trois ans dans le Haut Atlas par un braconnier. Elle est menacée d'extinction immédiate dans l'indifférence totale.
  • les gazelle dorcas et gazelle de Cuvier en raréfaction
  • le magot, menacé par la mort lente de la cédraie et les captures par les trafiquants.
  • le dauphin
  • la sous-espèce du cobra d'Égypte, Naja haje legionis ou cobra d'Afrique du Nord s'est considérablement raréfiée et a disparu de régions entières, victime des spectacles hérités des temps barbares sévissant encore dans certains hôtels d'Agadir et d'ailleurs, et sur la place Djemaa-El-Fna de Marrakech au soi-disant profit des touristes.
  • De nombreuses couleuvres et quelques vipères. Au Maroc, contrairement aux préjugés locaux, la majorité des serpents sont inoffensifs (17 espèces sur 25) et les quelques espèces de serpents venimeux existantes n'attaquent jamais.
  • une espèce de tout petit boa fouisseur, Eryx jaculus
  • les requins
  • une trentaine d'espèces de scorpions (de nouvelles espèces sont presque chaque année identifiées au Maroc), dont une ou deux seulement sont potentiellement dangereuses pour l'homme (par ex. Androctonus mauretanicus), notamment pour les petits enfants. Toutefois, un scorpion n'attaque presque jamais.

Le lion de l'Atlas a disparu (exterminé) à l'état sauvage, le dernier en 1943. Il en existe toutefois bien que mélangés avec d'autres sous-espèces une cinquantaine dans différents zoos du monde dont une vingtaine au zoo de Temara. Des gravures récemment découvertes dans des grottes près de Ouarzazate indiquent que des crocodiles, des léopards et des éléphants vivaient dans ces lieux avant leur extinction naturelle ou leur extermination par l'homme. Des gravures similaires existent également dans tout le Sahara. Par contre, les oiseaux sont encore relativement très présents avec une grande diversité d'espèces, bien que l'Autruche à cou rouge, par ex., ait été totalement exterminée, ainsi au Sahara que l'Outarde houbara. Un assez grand nombre d'espèces de serpents (25 dont 17 espèces non dangereuses ; les 8 autres restantes n'attaquent jamais et sont moins répandues!), et de lézards sont présentes au Maroc, dont un pourcentage important d'endémiques. Toutefois nombreuses sont les espèces menacées. Elles sont victimes de l'ignorance, de la cruauté de la population et de l'irresponsabilité en matière d'écologie.

Flore du Maroc

Cédraie, région de Khénifra

Le Maroc possède une flore riche du fait de sa position stratégique, en effet il possède deux façades maritimes totalisant plus de 3 500 km dont 500 en Méditerranée il reçoit de ce fait les courants chargés de pluie de l'océan qui s'accumulent contre la barrière montagneuse de l'Atlas ce qui permet de fortes précipitations à Rabat, Casablanca,Fès et la formation des neiges à Ifrane et Azrou et dans les hauts sommets de l'atlas, pendant que le sud et l'est restent arides. Plus de 4500 espèces configurent la flore marocaine. Les variations du climat et du relief sont des éléments fondamentaux pour expliquer une telle richesse florale. L'intérêt botanique du Maroc est intense et on citera seulement les 2 500 000 hectares de forêt qui contiennent :

Climat

Article détaillé : Climat du Maroc.

Le climat au Maroc peut être divisé en sept sous-zones, déterminées par les différentes influences que subit le pays : influences océaniques, méditerranéennes, montagnardes, continentales et sahariennes.

L'environnement

Article détaillé : Liste des écorégions du Maroc.

Géographie humaine

Subdivisions

Article détaillé : Subdivisions du Maroc.
Carte des régions du Maroc.
NB : Les provinces notées 06, 07 et 11 sont partiellement ou intégralement situées au Sahara Occidental

Le Maroc compte seize régions ayant chacune à sa tête un wali, ainsi qu’un Conseil régional, représentatif des « forces vives » de la région. Ces régions ont le statut de collectivité locale[50].

L’article 101 de la Constitution indique : « Elles [Les collectivités locales] élisent des assemblées chargées de gérer démocratiquement leurs affaires dans les conditions déterminées par la loi. Les gouverneurs exécutent les délibérations des assemblées provinciales, préfectorales et régionales dans les conditions déterminées par la loi. »

Les numéros de la liste ordonnée sont ceux figurant sur la carte ci-contre ; sont indiquées également entre parenthèses les codes ISO 3166-2 correspondants (toujours à deux chiffres) :

  1. Chaouia-Ouardigha (09) ;
  2. Doukhala-Abda (10) ;
  3. Fès-Boulemane (05) ;
  4. Gharb-Chrarda-Beni Hssen (02) ;
  5. Grand Casablanca (08) ;
  6. Guelmim-Es Smara (14) (inclut une partie du Sahara occidental, la province d’Es Smara) ;
  7. Laâyoune-Boujdour-Sakia el Hamra (15) (inclut une partie du Sahara occidental) ;
  8. Marrakech-Tensift-Al Haouz (11) ;
  9. Meknès-Tafilalet (06) ;
  10. L'Oriental (04) ;
  11. Oued Ed-Dahab-Lagouira (16) (situé au Sahara occidental) ;
  12. Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (07) ;
  13. Sous-Massa-Drâa (13) ;
  14. Tadla-Azilal (12) ;
  15. Tanger-Tétouan (01) ;
  16. Taza-Al Hoceima-Taounate (03).

Villes principales

Vue sur Marrakech 1re ville touristique du royaume
Agadir 1re destination balnéaire du royaume avec vue sur la corniche
Vue sur la vieille Médina de Fès capitale spirituelle du royaume
Vue sur Rabat capitale administrative du royaume
Laâyoune, capitale revendiquée des provinces sahariennes du Maroc
Article détaillé : Liste de villes du Maroc.
Article détaillé : Villes impériales du Maroc.

La capitale administrative et politique du Maroc est Rabat. La capitale économique du pays et la plus grand ville du Maroc est Casablanca.

Liste des villes ayant plus de 100 000 habitants en 2010 - Estimations[51]
Ville Divers Population (2010)
Casablanca
  • Capitale économique
  • 1re métropole du Maroc et du Maghreb
  • Chef-lieu du Grand Casablanca
3 299 179
Rabat-salé
  • Capitale du royaume
  • Chef-lieu du Rabat-Salé-Zemmour-Zaër
  • Ville impériale
1 819 812
Fès
  • Chef-lieu du Fès-Boulemane
  • Capitale spirituelle
  • Ville impériale
1 040 563
Marrakech
  • Chef-lieu du Marrakech-Tensift-Al Haouz
  • Ville impériale
  • 1re ville touristique du royaume
920 142
Tanger
  • Chef-lieu du Tanger-Tétouan
  • 1re zone franche
  • le plus grand port de commerce
762 166
Meknès
  • Chef-lieu du Meknès-Tafilalet
  • Ville impériale
  • Capitale agricole
596 108
Agadir
  • Chef-lieu du Souss-Massa-Drâa
  • Capitale agricole, et 2e pôle économique[52]
  • le plus grand port de pêche
570 700
Oujda
  • Chef-lieu de l'Oriental
  • Capitale du aai marocain
  • Berceau de la musique aarfa

Ancêtre Alaouï et Reggada

427 533
Kénitra
  • Chef-lieu du Gharb-Chrarda-Beni Hssen
403 262
Tetouan 352 351
Safi
  • Chef-lieu du Doukhala-Abda
  • Important port d'exportation de sardines
304 871
Laâyoune
  • Laâyoune-Boujdour-Sakia el Hamra
224 132
Mohammedia
  • Principal port pétrolier du pays
203 748
Beni Mellal
  • Chef-lieu du Tadla-Azilal
182 841
Khouribga
  • Capitale du phosphate
173 778
El Jadida
  • Chef-lieu du Doukkala-Abda
  • Port Jorf Lasfar, premier exportateur du Phosphate et ses dérivés
164 122
Taza
  • Corridor de Taza reliant l'est à l'ouest marocain, entre l'Atlas et le Rif
152 796
Nador
  • 2e centre bancaire et premier pôle sidérurgique du pays
145 608
Settat
  • Chef-lieu Chaouia-Ouardigha
132 349
Berrechid 117 801
Larache 117 765
Khémisset 115 284
Ksar el-Kébir 114 310
Guelmim
  • Chef-lieu Guelmim-Es Smara
109 931

Villes du Sahara occidental contrôlées par le Maroc (provinces du Sud)[53]:

Économie

Le Maroc est la cinquième puissance économique d’Afrique. Il est la deuxième puissance économique maghrébine, après l'Algérie. Le taux de croissance du Maroc était en 2008 d'environ 6,5 %.

Indicateur En 2006 En 2007 En 2008 En 2009
Produit intérieur brut en milliards de dollars US 65,64 74,41 85,21 91,41
Croissance du PIB (prix constants) 7,8 % 2,7 % 6,5 %* 5,5 %*
PIB par habitant en dollars US 2.151* 2.422* 2.901* 2.868
Taux d'inflation 3,3 % 2 % 3,9 %* 4,5 %*
Sources : FMI - World Economic Outlook Database[54]

(*) Donnée estimée (1) Banque mondiale

PIB par région

Gare de Marrakech
Centre des affaires de Rabat
Rang Régions La part du PIB total PIB régionalisé (milliard de $)/équivalent
1 Grand Casablanca 18,8 % 16 709 Drapeau de Bahreïn Bahreïn
2 Sous-Massa-Drâa 12,2 % 10 843 Drapeau du Sénégal Sénégal
3 Rabat-Salé-Zemmour-Zaër 9,8 % 8 710 Drapeau du Cambodge Cambodge
4 Marrakech-Tensift-Al Haouz 8,2 % 7 288 Drapeau de Macédoine Macédoine
5 Tanger-Tétouan 7,4 % 6 577 Drapeau du Mali Mali
6 L'Oriental 7,1 % 6 310 Drapeau de Malte Malte
7 Gharb-Chrarda-Beni Hssen 6,9 % 6 132 Drapeau d'Haïti Haïti
8 Doukhala-Abda 5,4 % 4 799 Drapeau du Nicaragua Nicaragua
9 Chaouia-Ouardigha 5,2 % 4 621 Drapeau de Guinée Guinée
10 Meknès-Tafilalet 4,9 % 4 355 Drapeau de Moldavie Moldavie
11 Fès-Boulemane 4,2 % 3 732 Drapeau de Mongolie Mongolie
12 Tadla-Azilal 4,2 % 3 732 Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan
13 Provinces du Sud 3,0 % 2 666 Drapeau de Mauritanie Mauritanie
14 Taza-Al Hoceima-Taounate 2,7 % 2 399 Drapeau du Togo Togo

DEPF[55]

Atouts et points forts

Accords de libre échange:      Maroc      Accord de libre échange Maroc - États Unis      Accord de libre échange Maroc - Union Européenne      Accord d'Agadir      Accord de libre échange Maroc - Turquie      Accord de libre échange Maroc - Émirats Arabes Unis      Accord de libre échange Maroc - EFTA

Le Maroc dispose d'un produit intérieur brut fort au regard de la moyenne africaine. Celui-ci avoisinait en 2008 les 85,2 milliards de dollars, soit 9 % du PIB global du continent. Le Maroc est en outre appelé à consolider ce point, compte tenu de la croissance d'une moyenne de 8 % annuelle depuis l'accession au trône du souverain Mohammed VI en 1999. Cette croissance demeure néanmoins variable et volatile car tributaire des résultats des campagnes agricoles courantes. C'est toutefois cette caractéristique qui permettra sans doute au Maroc de bénéficier d'une croissance importante en 2009 au vu des singulières précipitations s'étant abattu sur le royaume durant l'hiver 2008/2009.

Le prometteur port de Tanger Med

La proximité du Maroc avec le continent européen a bénéficié à l'économie nationale dans la mesure où cette dernière a très largement profité des nombreuses délocalisations effectuées par les entreprises européennes. Depuis le début des années 2000, le Maroc a mis en place une politique fiscale attractive en matière d'offshoring, à tel point que l'OCDE plaçait en 2008 le royaume en troisième position dans la progression des emplois créés par le secteur de l’offshoring, derrière l’Estonie et la Chine[56]. L'exemple le plus typique en la matière est celui des centres d'appel. On peut aussi évoquer l'exemple aéronautique. Le Maroc a toujours su profiter de sa façade maritime double. Néanmoins, la construction du port de Tanger Med en 2004 a indéniablement constitué un tournant en termes de politique maritime. Construit entre la ville de Tanger et l'enclave espagnole de Ceuta, au niveau de l'embouchure de l'oued Rmel, le port se situe à 15 km de l'Espagne continentale. En 2012 ce complexe portuaire devrait pouvoir traiter 8 millions de conteneurs, ce qui ferait de lui le plus grand port africain en termes de transport de marchandises. La zone franche adjacente devrait entre autres abriter la nouvelle usine Renault.

Malgré les récentes contre-performances consécutives à la crise financière de 2008, la bourse de Casablanca consolide son statut de deuxième place boursière africaine, derrière celle de Johannesburg et devant celle du Caire.

Chômage

Le taux de chômage au Maroc est principalement estimatif, il varie entre 9 % selon les chiffres officiels (HCP, ministère du Travail) et 15 % selon des sondages indépendants. L’absence d’une prime de chômage et d’un organisme recueillant le nombre de chômeurs à une date précise ne permet pas un recensement du nombre de chômeurs effectifs. Faut-il encore préciser que les données communiquées par les sources officielles ne tiennent pas compte de la notion du sous-emploi qui touche un pourcentage important des travailleurs dans les secteurs de l’agriculture, la pêche maritime, le bâtiment, les travaux publics et le tourisme, personnes qui ne travaillent pas d’une façon permanente et stable. L’économie dite non structurée échappant à la fiscalité empêche des centaines de milliers de travailleurs d’avoir leur sécurité sociale et leur système de retraite comme c’est le cas des travailleurs dans les petites entreprises familiales ou personnelles, des gardiens de voiture, les femmes de ménage, les concierges, les vendeurs ambulants, les vendeurs sur le trottoir, le commerce illégal des produits de contrebande et de cigarettes, la mendicité, le transport clandestin…). Il en est de même du travail de milliers d’enfants de moins de 15 ans dans des ateliers exerçant dans les secteurs de l’artisanat, de la menuiserie, de la mécanique, de la peinture, de l’alimentation, etc. Aussi, un nombre indéfini de « petites bonnes » poussées par leurs familles pauvres à travailler dans les ménages à moins de 500 dirhams (50 euros) par mois, exploitées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et démunies de toute protection sociale. La CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) ne couvre que 3,5 millions d’affiliés sur une force de travail d’environ 12 millions de personnes en âge de travail.
La situation de l’emploi a souffert pendant les années 1970-80 d’événements internes et externes bouleversants : l’augmentation des naissances des familles marocaines, l’avènement des chocs pétroliers, la baisse de la parité du dirham, le plan d’ajustement structurel... autant d’événements qui ont touché les équilibres financiers de l’État et par conséquent la baisse des dépenses d’investissement et de promotion de l’emploi. Les émeutes sociales des années 1981, 1984 et 1990 n’étaient pas en marge de cet ensemble d’événements successifs.
L’Europe, vue sa proximité, a constitué depuis les années 1970 une soupape pour l’absorption de la pression sociale et démographique marocaine. Plus de 3 millions de Marocains, 10 % de la population, y vivent et y travaillent, soit théoriquement une moyenne de 100 000 personnes expatriées par an sur une période de 30 ans. Le marché de l’emploi au Maroc subit un désordre dans la répartition des revenus et un manque de contrôle de l’État, l’écart entre le salaire minimum garanti par l’État (2 000 dirhams : 200 euros) et celui du ministre (70 000 dirhams : 7 000 euros) est exorbitant, soit 37 fois le salaire minimum. Le syndicalisme est légalisé par la constitution, mais ne joue pas un rôle important dans l’amélioration des conditions des travailleurs[réf. nécessaire]. Ses interventions sont souvent théâtrales et marquées par le caractère de chantage et de supercherie[réf. nécessaire]. La gestion aléatoire et répressive du dossier des diplômés chômeurs pendant plus de dix ans prouve l’existence d’une mauvaise gestion et un manque de visibilité du ministère de tutelle[réf. nécessaire]. Depuis l’alternance politique en 1997, l’économie marocaine s’est ouverte progressivement avec le démantèlement des droits de douanes, les privatisations, la réforme du secteur bancaire, la réforme du code de travail, la création de zones industrielles, la promotion fiscale, les grands chantiers de travaux publics et d’infrastructures… donnant ainsi un certain dynamisme au marché de l’emploi. Depuis le début du millénaire, la situation de l’emploi a connu une nette amélioration par rapport aux années 1990, mais l’offre de l’emploi n’arrive pas à couvrir toutes les catégories des demandeurs d’emploi, et ne touche pas certaines régions pauvres du royaume. La mise en place récente des agences nationales pour la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) ainsi que l’instauration d’une assurance maladie obligatoire (AMO) couvrant les affiliés de la CNSS et leurs familles, viennent renforcer les efforts de l’État entrepris pour l’amélioration de ce constat. Au second trimestre 2011, le taux de chômage Marocain a vu une légère hausse à 8,7 pc[57].

Stupéfiants

Le phénomène de trafic de drogue au Maroc est d’autant plus inquiétant que le royaume est le plus grand producteur mondial de cannabis. Selon le Rapport mondial sur les drogues 2004 de l'ONU, sa culture représentait 0,57 % du PIB national en 2002[58].

Le chiffre le plus étonnant est celui du chiffre d’affaires du marché du haschisch qui est évalué à 10 milliards d’euros. Aussi, 88 % du kif en circulation en Europe provient du Maroc ainsi il serait le premier pays exportateur de drogue au monde[réf. nécessaire].

Le chanvre consommé en Europe est issu à hauteur de 88 %[59] de la région du Rif, une région montagneuse située dans le nord du Maroc, aux portes de l'Europe.

Le chanvre serait cultivé dans le Rif depuis le VIIe siècle, soit depuis plus d'un millénaire[60].

Le kif est un mélange de cannabis et de tabac brun finement haché, et typiquement fumé avec une longue pipe à petit foyer appelée sibsi.

Tourisme

Article détaillé : Tourisme au Maroc.
Jamea el Fna de Marrakech
Corniche d'Agadir
Oasis de Figuig

Le Maroc a accueilli en 2008 un total de huit millions de touristes, en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente, générant quelque 115 milliards de dirhams de recettes (+ 16 %), selon le ministère du Tourisme marocain qui a publié comme dessus, des statistiques et des chiffres officiels pour l'année 2008[61] :

Les principaux indicateurs touristiques en 2008 :

  • Arrivées aux postes frontières : 7 878 639 touristes
  • Nuitées dans les établissements classés : 16 461 517 nuitées
  • Capacité d'hébergement (en lits) : 152 936 lits
  • Taux d'occupation des chambres : 45 pour cent
  • Recettes voyages (en dirham MOR) : 56 598 milliards MAD

La ville de Marrakech est la première ville touristique du Maroc. En 2008, la ville possédait une capacité d’hébergement équivalente à 44 394 lits devant Agadir avec 28 605 lits et Casablanca avec 12 762 lits. Le Maroc est actuellement le 2e pays le plus touristique d'Afrique.

Et voici la capacité d'hébergement classée (en termes de lits) en 2008[62]:

Transport

Autoroute côtiére dans le nord du Maroc
Article détaillé : Transport au Maroc.

Le Maroc comptait en 2007 68 550 kilomètres de routes dont 69 % étaient goudronnées. Le réseau routier est généralement considéré comme de qualité satisfaisante et l'un des meilleurs d'Afrique. Le PNRR2 (Programme national de routes rurales) envisage la construction de 15 500 kilomètres de routes rurales supplémentaires à l'horizon 2015 afin de faire passer le taux de désenclavement rural de 54 % à 80 % à cette même échéance[63]. Toutefois, 22 % des localités demeurent injoignables en véhicule et 35 % sont difficiles d'accès[64].

La consolidation du réseau autoroutier est considérée comme une priorité nationale. Avec 1 145 km ouvertes à la circulation, il est déjà un des plus denses en Afrique. À l'horizon 2015, il devrait compter 1 804 km et desservir les villes de Taza et de Oujda (en 2011), respectivement 16e et 7e villes du pays en termes d'habitants.

Gare de train de Casablanca Port

Le développement des infrastructures routières au Maroc devrait aussi passer par le renforcement du réseau de voies express, alternatives intéressantes aux autoroutes puisque moins coûteuses. Le réseau qui comporte à l'heure actuelle 631 km de voies en service devrait être étendu à plus de 1 400 km d'ici 2015, permettant ainsi de relier des villes telles que Tiznit, El Hoceima, Ouarzazate (via Taroudant à l'horizon 2015).

A contrario, le chemin de fer a longtemps pâti au Maroc du manque de volontarisme de la part des pouvoirs publics. L’ONCF, entreprise publique chargée de l’exploitation du réseau ferroviaire marocain semble cependant avoir repris son destin en main. Les infrastructures actuelles (2 120 km au total dont 1 022 km de lignes électrifiées et 600 km en double voie, le reste étant en voie simple) devraient être augmentées de deux lignes de TGV :

Ces lignes sont financées à hauteur de 30 % par l'État marocain et à 50 % par des crédits français[65] Outre ces projets structurants, l’ONCF a procédé à l’achat de nouvelles rames et envisage de relier des villes telles que Nador et Beni Mellal.

Le transport aérien marocain a connu un véritable boom. Le Maroc compte désormais 25 aéroports et l’aéroport Mohammed V était en 2008 le 3e aéroport africain en termes de trafic.

Aéroport Mohamed V de Casablanca

Le trafic international a bondi en 2007 de plus de 17 %, ce qui représentait une des plus fortes progressions à l’échelle internationale. La Compagnie aérienne nationale, la Royal Air Maroc est à l’heure actuelle la deuxième Compagnie aérienne africaine derrière South African Airways.

En marge du groupe Royal Air Maroc, le Maroc compte trois compagnies aériennes privées que sont Jet4you (propriété à 66 % de la Royal Air Maroc et à 34 % groupe TUI), Air Arabia Maroc (anciennement Regional Airlines).

Opérateurs de télécommunications

Télécommunications

En 2009 la téléphonie mobile l'emporte largement sur la téléphonie fixe qui reste réservée à une minorité (9,7 %). Le nombre d'abonnés à internet est encore faible mais en forte progression (+ 44 % en 2008)[66] :

A fin juin 2010:

  • Téléphonie mobile : 27,8 millions d'abonnés (taux de pénétration de 88,47 %.)[67]
  • Téléphonie fixe : 3,682 millions dont 2,425 millions en mobilité restreinte (taux de pénétration de 11,69 %.)[68]
  • Internet : 1,499 million. En part de marché, IAM détient 53,83 %, Wana (Inwi) 30,96 % et Meditel 15,03 %. La répartition des abonnés par mode d’accès donne l’avantage à l’accès Internet 3G qui représente 67,72 % du parc global Internet suivi de l’ADSL avec 32,03 %[69].

Approvisionnement en eau potable et assainissement

L'accès à l'eau potable et, dans une moindre mesure, à l'assainissement (évacuation des excrétas) a augmenté de manière importante depuis 1990. La distribution d'eau potable est déléguée à des opérateurs privés dans plusieurs villes du pays, notamment Casablanca, Mohammédia, Rabat, Salé, Témara, Bouznika, Tanger, Tétouan..., tandis qu'elle est encore assurée par des régies municipales dans 13 autres villes et par l'Office national de l'eau potable (ONEP) dans 500 communes intermédiaires et rurales. L'ONEP assure également la production d'eau qui est revendue aux régies et opérateurs privés ainsi que l'assainissement dans une soixantaine de communes.[réf. nécessaire]

Politique

Le roi Mohammed VI

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle. Sa constitution est celle proclamée en décembre 1962 par Hassan II.[réf. nécessaire]

Elle a été modifiée et enrichie à 5 reprises en 1970, 1972, 1992, 1996 et 2011, augmentant les pouvoirs du parlement bien que ceux-ci restent toujours limités sur certains points.

En effet, l’essentiel du pouvoir est concentré entre les mains du roi, monarque héréditaire, qui nomme le premier ministre en tenant compte de la majorité du parlement.

Actuellement, le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement. Le pouvoir législatif, bicaméral, est exercé par la chambre des représentants composée de 325 membres élus tous les cinq ans au suffrage universel, et la chambre des conseillers qui comprend entre 90 et 120 membres renouvelés par tiers tous les trois ans.[réf. nécessaire]

La justice est le troisième pouvoir. Ce pouvoir en forte mutation depuis quelques années, grâce à la création de nouvelles juridictions spécialisées (tribunaux administratifs, tribunaux de commerce).

Droit des femmes

Articles connexes : Droits de l'homme au Maroc et Moudawana.

Depuis la venue au trône de Mohammed VI, des réformes sur la condition de la femme ont été accomplies. Suite aux luttes du mouvement féminin et du mouvement démocratique et malgré la farouche résistance opposée par le mouvement intégriste et les conservateurs. Le roi Mohammed VI a joué un rôle d’arbitre en sa qualité de commandeur des croyants qui lui est conféré par la constitution marocaine. Il constitua une commission consultative royale qu’il a chargé de répondre aux attentes des militantes féminines qui avaient dénoncé toutes les injustices endurées par les femmes marocaines. Après des concertations avec toutes les parties concernées qui ont duré près de trente mois, c’est le roi qui a tranché en présentant devant le parlement, le 10 octobre 2003, le nouveau projet de code de la famille, appelé Moudawana, qui a été discuté, amendé et adopté à l’unanimité par toutes les forces représentées au parlement en janvier 2004.

Le nouveau code de la famille est fondé sur l’égalité entre les sexes et abolit la tutelle exercée sur les femmes. La notion de « chef de famille » est abolie et remplacée par la co-responsabilité entre les époux.

Le mariage d’une jeune femme n'était possible qu'en présence de son père en tant que tuteur, seules les filles ayant perdu leur père pouvaient se marier sans tutelle : désormais, une femme peut se marier en toute liberté que son père soit vivant ou décédé. L’âge légal de mariage pour la jeune femme a été revu à la hausse : il est maintenant de dix-huit ans pour les filles et les garçons au lieu de quinze ans auparavant pour les filles. Enfin, et cela représente une grande avancée, la femme mariée a le droit d’obtenir le divorce de son mari sans être obligée comme c’était le cas auparavant de fournir des preuves et des témoignages pour justifier les raisons de sa demande[8].

En 2006, un nouveau chapitre ajouté au code de la Famille rend possible pour la mère marocaine de transmettre la nationalité marocaine de plein droit et automatiquement à ses enfants nés de père étranger, dans le cadre d'un mariage [70].

Le mariage de la Marocaine musulmane n’est légal qu'avec un époux musulman, et un Marocain musulman ne peut se marier avec une non-musulmane, sauf si sa religion est monothéiste.

Les Marocains de confession juive sont soumis aux règles du statut personnel hébraïque marocain[71].

En 2010, le pays compte un taux d’analphabétisme à l’échelle nationale de 30 %[72] plus élevé chez les femmes et en milieu rural. Le taux d’activité s’élève à 86,9 % chez les hommes contre 47,9 % chez les femmes[73].

Organisations internationales et régionales

Le Maroc est membre fondateur :

À l'échelle régionale, le Maroc est également membre de l'Union du Maghreb Arabe, qui réunit au sein d'une même entité régionale les pays du Maghreb tel qu'on le conçoit traditionnellement (Maroc, Algérie et Tunisie) ainsi que la Libye et la Mauritanie. Fondée à Marrakech en 1989, l'Union du Maghreb arabe a dû revoir au fil des années ses ambitions à la baisse au vu des dissensions persistantes qui existent entre les deux principales puissances régionales, à savoir le Royaume du Maroc et l'Algérie. Le siège actuel de l'organisation se trouve à Rabat.

Le Maroc est également membre de l'Union pour la Méditerranée fondée à Paris le 13 juillet 2008. Le royaume a en outre fait savoir dans un premier temps qu'il comptait abriter le siège de l'UPM. Rabat (ou Tanger pour certains) en donc en lice aux côtés de la Valette, Marseille, Barcelone et Tunis.

Le Maroc fait aussi partie de différentes organisations internationales, dont la Banque africaine de développement, l’Organisation des Nations unies, l’Organisation internationale de la francophonie, l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale du commerce et entretient des liens étroits avec L'Organisation de coopération et de développement économiques et l'OTAN

Rangs internationaux

L’indice de développement humain du Maroc en 2008 (0,706, catégorie « moyen ») le classe à la 127e place.

Standard & Poor's (S&P) a revu à la hausse la cote financière du Maroc en haussant la note de sa dette de BB à BB+ en 2005, et depuis le 23 mars 2010, Standard & Poor's a rehaussé la note du Maroc du crédit souverain de la dette à long terme en devises de « BB+ » à « BBB- » et de la dette en monnaie locale à long terme de « BBB » à « BBB+ » avec des perspectives stables. Attribuant ainsi au Maroc la note « Investment grade[75] », alors que Fitch Ratings a attribué le 19 avril 2007 l’Investment grade au royaume du Maroc. Selon cette agence, la cote attribuée au Maroc reflète les progrès remarquables accomplis aussi bien sur le plan politique, économique que social au cours des dernières années, ce qui s’est traduit par des améliorations sensibles du niveau de vie.

Droits de l'homme

Article détaillé : Droits de l'homme au Maroc.

Le bilan des Droits de l'homme au Maroc est mitigé. D'une part, le Maroc a fait des progrès considérables depuis la fin des « années de plomb » du règne du roi Hassan II (1961-1999). Néanmoins, malgré la modernisation apportée par son fils le roi Mohammed VI, des plaintes sont encore proférées contre les abus de pouvoir.

Défis du Maroc de l'indépendance à nos jours

Intégrité territoriale

Espace géographique communément revendiqué par les tenants de la thèse du Grand Maroc au vu de la carte de l'Empire du Maroc avant la colonisation franco-espagnole

Les différends territoriaux entre le Maroc et deux de ses voisins, l’Algérie et l’Espagne, sont nombreux et sont le résultat direct de la décolonisation franco-espagnole.

Le Maroc revendique et contrôle majoritairement le Sahara occidental, mais sa souveraineté sur ce territoire n'est pas reconnue internationalement. Il y est confronté à un mouvement indépendantiste, le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

Certains pays soutiennent les revendications du Maroc, d'autres celles du Polisario, cependant la plupart ne prennent pas parti[76],[77],[78].

Le Maroc réclame toutes les positions espagnoles ou Plazas de soberanía sur ses côtes nord : Ceuta, Melilla, îles Chafarinas, l’île Alborán et l'îlot Leila[79].

La frontière entre l'Algérie et le Maroc, dont le tracé a été fixé en 1972 par une convention[80] (ratifiée en 1992 seulement par le Maroc), reste un sujet de disputes

Par prudence, son tracé n'est pas indiqué sur la carte Michelin du Maroc au 1/1 000 000e ; les tracés indiqués par les autres éditeurs sont en pointillés en-dessous du 34e parallèle, et contradictoires : la carte routière Rough guides indique un tracé proche de celui de la convention citée ci-avant, celle commercialisée par l'IGN français s'en écarte sensiblement.</ref> [réf. nécessaire] ; la frontière terrestre reste fermée à tout trafic depuis 1994[81].

Terrorisme

Le Maroc est confronté depuis plusieurs années au terrorisme, malgré une présence accrue des autorités sur le terrain de la lutte anti-terroriste : l’une des principales cellules islamistes est le Groupe islamique des combattants marocains (GICM). Les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca ont fait 45 morts[82] et une centaine de blessés. Fin décembre 2006, deux islamistes marocains ont été condamnés à mort[82] par le tribunal anti-terroriste de Salé pour « préparation d'actes terroristes au Maroc ».

En 2007, plusieurs attentats-suicides touchent Casablanca, dans un cyber-café le 11 mars à Sidi Moumen et trois autres dans le quartier El Farah le 10 avril, deux policiers ont été blessés lors de la deuxième explosion, un a succombé à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital, l’autre a eu des blessures moins lourdes et a survécu[83].

Le samedi 14 avril 2007, un terroriste s’est fait exploser devant le Centre américain de langue, alors qu’un autre s'est fait exploser quelques secondes après à une centaine de mètres de lui. Ces explosions n’ont fait aucun mort sauf les kamikazes eux-mêmes. La police a réussi dans la journée à arrêter le chef de la cellule terroriste ainsi que son adjoint, et a pu localiser leur laboratoire où ils fabriquaient les explosifs[84].

Les attentats de 2007 ont été perpétrés à l'aide d'explosifs artisanaux de très faible puissance. Aucun lien entre ces derniers attentats et le terrorisme islamique international n'a pu être établi de façon certaine, contrairement aux attentats de 2003.

Le jeudi 28 avril 2011, au centre de Marrakech, a lieu un attentat dans le café Argana tuant 17 personnes dont plusieurs touristes[85].

Démographie

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Populations données en milliers d’habitants.
Article détaillé : Démographie du Maroc.

Le Maroc compte environ 31 millions d'habitants. Le pays a connu tout au long du XXe siècle une forte croissance démographique qui a multiplié par 6 sa population depuis 1912. Durant la même période la proportion de citadins a augmenté constamment atteignant 55 % en 2005 : le pays compte aujourd'hui une trentaine de villes de plus de 100 000 habitants (alors qu'il n'en existait aucune un siècle auparavant ; trois agglomérations comptent plus d'un million d'habitants : Casablanca, Rabat-Salé et Fès[86].


Le Maroc est un des premiers pays d'Afrique après la Tunisie et l'Algérie à avoir entamé sa transition démographique : l'indice de fécondité synthétique a chuté de 7,2 à 2,5 entre 1962 et 2004[86].

Évolution démographique
Année 1912 1936 1952 1960 1971 1982 1994 2004
Population totale 5 7 9,1 11,6 15,4 20,4 26,1 29,9
Population urbaine 0,4 1,4 2,4 3,4 5,4 8,7 13,4 16,5
Pourcentage 8 % 20 % 26 % 29 % 35 % 43 % 51 % 55 %
Source 2005[86]

La plupart des Marocains sont arabophones et musulmans sunnites de rite malékite. Aujourd’hui les amazighophones sont estimés à environ 40 %, la majorité d'entre eux étant également considérés comme arabophones puisqu'ils parlent l'arabe marocain couramment[87] de la population. Les premières conquêtes musulmanes au Maroc datent du VIIe siècle mais l’installation de tribus arabes se fit surtout à partir du Xe siècle.

La comparaison de l’apport démographique arabe et des populations berbères, déjà présentes, laisse penser que ce phénomène fut principalement linguisto-culturel avec l’arabisation et l’islamisation[88]. Ceci explique la majorité arabophone du pays. De plus, un second apport de populations arabophones se fit au XVe siècle avec l’expulsion des Andalous et des Morisques d'Espagne, ce qui amplifia le processus d’arabisation notamment dans le nord du pays.

Enfin la traite des Noirs, commencée au VIIIe siècle, ne s’acheva qu’avec la colonisation au XXe siècle et contribua de manière non négligeable[réf. nécessaire] au métissage de la population. Après la création de l’État d’Israël, la minorité juive du Maroc a quitté le pays. Aujourd’hui il reste environ 3 000 juifs au Maroc[89].

La plupart des étrangers vivant au Maroc sont des Français et des Espagnols, principal vecteur du développement du Maroc. De plus en plus de retraités européens viennent vivre au Maroc, en particulier à Marrakech.

Quelques statistiques sur la démographie du Maroc :

  • population : 34 957 175 habitants[90] :
    • population citadine : 19 463 634 soit 55,1 % de la population totale,
    • population rurale : 15 428 074 ruraux ;
  • densité : 47,51  hab./km² ;
  • espérance de vie moyenne : 71,22 ans (en 2007)[91]
  • espérance de vie des hommes : 70,88 ans (en 2007) ;
  • espérance de vie des femmes : 74,67 ans (en 2007) ;
  • taux de croissance de la population : 1,528 % (en 2007) ;
  • taux de natalité : 29,64 ‰ (en 2007)[92] ;
  • taux de mortalité : 3,54 ‰ (en 2007) ;
  • taux de mortalité infantile : 21,85 ‰ (en 2007) ;
  • taux de fécondité synthétique : 2,2 enfants/femme en (2011) ;
  • taux de migration : - 0,82 ‰ (en 2007).

Religion

Articles détaillés : Religion au Maroc et Juifs du Maroc.

La religion la plus représentée est l’islam, qui regroupe 98,7 % des croyants. L'islam est la religion officielle, mais la coexistence avec les autres religions est effective (la pratique des autres religions révélées est d'ailleurs garantie par la constitution). La journée est rythmée par 5 appels à la prière. La vie religieuse suit le calendrier musulman. Il débute en 622, l'année où le prophète de l'islam Mahomet quitta La Mecque pour s'établir à Médine où il avait beaucoup plus d'adeptes. L'année hégirienne, année lunaire, se compose de 12 mois, mais est plus courte que l'année solaire. Le mois de Ramadan et les grandes fêtes religieuses varient par rapport au calendrier grégorien.

La vie civile est régie par le calendrier grégorien. A la différence d'autres pays musulmans, le week-end se compose du samedi et du dimanche. Le vendredi n'est pas férié mais administrations et services publics allongent leur pause-déjeuner pour permettre aux fidèles de se rendre à la prière[93]. Le judaïsme et le christianisme (ce dernier reste principalement représenté par les résidents européens) suivent avec respectivement 0,2 % et 1,1 %[94]. Le Maroc est aussi le pays arabe ayant le plus de juifs, on en comptait environ 280 000, aujourd'hui environ 1 000 000 de juifs d'origine et de souche marocaine vivent en Israël.[réf. nécessaire]

Langues

Les langues officielles du Maroc sont l’arabe, et depuis 2011 l'amazighe[1]. Le français reste très présent.

Arabe

Littéraire

La langue enseignée dans les écoles et employée à l'écrit, dans les discours formels et les media, est l'arabe littéraire. Elle n'est bien maîtrisée que par la population la plus éduquée.

Dialectal

Par un phénomène de diglossie, le dialecte arabe couramment parlé dans la rue et la vie quotidienne est la darija ou arabe marocain, langue maternelle des Marocains arabophones (environ 60 % de la population[87]) et pratiquée également par les berbérophones dans leur grande majorité (bien que beaucoup de femmes, surtout en milieu rural, ne parlent que le berbère). La darija diffère peu des autres dialectes du Maghreb mais est incompréhensible pour les locuteurs du Machrek, contrairement à l'arabe littéraire qui sert alors de lingua franca.

Le hassani, dialecte arabe utilisé dans le Sahara et les régions du sud (Guelmim, Assa, Tarfaya, Mhamid el Ghizlane), est citée elle aussi dans la Constitution, après l'arabe et l'amazighe[1].

Amazighe

Environ 40 %[87] de la population parle la langue amazighe (berbère) ou tamazight. Au Maroc, le berbère compte trois principaux parlers, le rifain au nord, le chleuh ou tachelhit au sud et le tamazight du Maroc central (ou braber) au centre du pays[95], en plus de dialectes parlés par un nombre plus restreint de locuteurs comme le chleuh de Figuig à l'est, le ghomari[96] au nord et le sanhadji des Srayr[96] dans le sud du Rif.

La reconnaissance de tamazight est une revendication ancienne des mouvements berbères qui estiment les Berbères culturellement opprimés par la politique d'arabisation menée après l'indépendance. Le 17 octobre 2001 le roi Mohammed VI a créé l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM)[97], régi par le dahir royal no 1-01-299 et qui a pour vocation de donner avis « sur les mesures de nature à sauvegarder et à promouvoir la langue et la culture amazighes dans toutes ses formes et expressions ».

Le 1er juillet 2011, la Constitution approuvée par référendum à plus de 98 %[2], fait de l'amazighe une langue officielle du Maroc, après l'arabe, et institue un Conseil national des langues et de la culture marocaine « chargé notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe ». Cette mesure, considérée par une défaite par certains arabophones[98], ne satisfait pas pleinement les amazighophones qui notent que seul l'arabe, dans la Constitution, bénéficie de la protection et des efforts de développement de la part de l'État.

Français et autres langues

Le français n'est pas langue officielle, mais le Bulletin officiel[99] est publié à la fois en arabe et en français, qui reste la langue de travail de beaucoup de ministères marocains.

C'est la langue officieuse des domaines comme l'économie, les études supérieures scientifiques et techniques, entre autres. Il est enseigné dans les écoles primaires, collèges et lycées, dans toutes les universités et dans les écoles supérieures.

À nouveau, nombre de Marocains en milieu urbain choisissent d'élever leurs enfants en français afin de leur donner un atout pour leur vie professionnelle[100].

L'espagnol reste pratiqué dans le nord du pays et dans le Sahara, du fait de l'ancienne présence espagnole.

L’apprentissage de l’anglais est de plus en plus privilégié par les jeunes Marocains, l’allemand et l’italien sont aussi très pratiqués dans le secteur touristique.

Éducation

Article détaillé : Éducation au Maroc.

L'école est obligatoire au Maroc pour les enfants de moins de quinze ans. Grâce aux efforts de l'État, beaucoup de montagnards et de campagnards vont à l'école. Le taux d'analphabétisation dans le pays est de 37 %. Il existe quatorze universités publiques au Maroc comprenant 230 000 étudiants et deux universités payantes (Alakhawayn et université internationale de Rabat). Le Maroc compte aussi un grand nombre de grandes écoles telles que l'École Mohammadia d'ingénieurs, l'Institut national de statistique et d'économie appliquée, l'École nationale d'industrie minérale, l'École Hassania des travaux publics, l'ISCAE, les ENCG….

Émigration

Article détaillé : diaspora marocaine.

Immigration

Il existe au Maroc une importante communauté algérienne issue notamment des vagues d'exil datant de la période coloniale (ces vagues concernent aussi la Tunisie). Le Maroc accueillait également en 2007 une communauté d'expatriés français de l'ordre de 120 644 individus[101]. Enfin, les divers protocoles d'accords culturels signés avec de nombreux pays africains et portant notamment sur l'octroi de bourses d'étude ont permis au Maroc d'accueillir en 2007 une communauté de 9 500 étudiants subsahariens (chiffre représentant 70 % de l'ensemble de la communauté estudiantine étrangère)[102].

Armée et police

Les différents corps d'autorité ayant un pouvoir de police sont la Direction générale de sûreté nationale (DGSN — police urbaine à statut civil), la gendarmerie royale (police rurale à statut militaire), les forces auxiliaires (garde nationale et territoriale — rurale, urbaine, aux frontières — à statut militaire), la DAG Direction des affaires générales (police préfectorale et provinciale, avec contrôle administratif et territorial par les moqqademns, chioukhs, caïds, préfets, walis), la Douane (police fiscale), la protection civile marocaine (sapeurs-pompiers de protection), la brigade des eaux et forêts (police des eaux et forêts).

Dans ces différents corps, seules la protection civile, la DAG, et la Brigade des eaux forêts ne sont pas armés. Certains corps sont régis comme paramilitaires (Gendarmerie royale, forces auxiliaires, protection civile).

La fonction d'autorité est attribuée à tous ces différents corps. La fonction de police est attribuée à la DGSN, la Gendarmerie royale, les F.A., et la D.A.G. Quant à la fonction militaire de défense , elle est attribuée aux F.A.R., aux F.A., et à la Gendarmerie.

Les armées marocaines se composent de :

  • Une armée régulière (FAR : Forces armées royales) professionnelle de 256 000 hommes dépendant de l'administration de la défense nationale (ADN)
  • Une garde nationale nommée Forces auxiliaires (FA) de 45 000 militaires (qui dépendent du ministère de l'intérieur)
  • Une réserve de 250 000 militaires réservistes.

Soit 301 000 militaires professionnels et 250 000 militaires réservistes, au total environ 550 000 soldats.

Selon ces chiffres, en nombre de soldats l'armée marocaine est la deuxième armée d'Afrique, derrière l'armée égyptienne, et la 21e armée au monde (juste derrière la France).[réf. souhaitée]

Forces armées royales

Article détaillé : Forces armées royales (Maroc).

Les Forces armées royales (FAR) sont un ensemble de 5 armes dépendant de l'administration de la défense nationale. Le roi du Maroc porte le titre de « chef suprême et chef d’état-major général des Forces armées royales ». Les Forces armées royales ont été créées le 14 mars 1956, à la fin du régime du Protectorat (la Marine royale a seulement été fondée en 1960[2]).

Elles ont combattu lors de la guerre des sables en 1963, puis sur le front du Golan en 1973 (voir Guerre du Kippour#Contribution d'autres pays), contribué à sauver le régime zaïrois en 1977 lors des guerres du Shaba, se sont illustrées lors des affrontements avec le Polisario pour le contrôle du Sahara occidental, elles surveillent le mur marocain et ont participé en 1991 à la guerre du golfe. Elles sont également intervenues en Somalie en 1993 et au Kosovo en 1999.

Le 14 juillet 1999, les Forces armées royales ont défilé sur les Champs-Élysées représentées par la garde royale marocaine, ce qui était alors exceptionnel pour une armée non française, à l'invitation du président de la République française de l'époque (Jacques Chirac)[3].

Aujourd'hui, elles participent aux missions de paix (MONUC, ONUCI, EUFOR, KFOR...) Elle est très bien entrainé et aussi considérée parmi l'une des meilleures armées africaines. De nombreux généraux mais aussi officiers et sous-officiers africains sont formés à l'école militaire de Rabat où l'ancien souverain Hassan II été formé.

Composition

Les FAR sont des armées régulières et comprennent 5 armes (325 000 soldats de métier) avec :

Les FAR disposent aussi d'une réserve de 250 000 militaires réservistes.

Les FAR correspondent ainsi à 256 000 militaires professionnels et 250 000 militaires réservistes, soit au total 514 000 soldats.

Garde royale
Drapeau de la garde royale marocaine
Article détaillé : Garde royale marocaine.

La Garde royale marocaine est un corps d'armée chargé de la sécurité du roi et des palais royaux. Il s'agit d'un force militaire d'élite assurant la sécurité du Roi et des installations royales (palais, ....).

Elle a aussi une fonction protocolaire. Elle est composée aujourd'hui de plus de 5000 hommes entre quatre bataillons d'infanterie et services, et deux Groupes d'escadrons à cheval.

La Garde Royale puise ses origines dans la prestigieuse garde noire qui fut créée en 1088 par l'Emir almoravide Youssef Ibn Tachfine pour assurer sa protection. Elle doit ce nom de garde noire à l'origine de ses troupes, traditionnellement recrutées aux confins méridionaux des territoires du sultan, dans la région du fleuve Sénégal et sur l'ancien territoire de l'Empire songhaï du Mali, appelé alors Soudan marocain, ainsi qu'en Guinée.

Gendarmerie royale
Article détaillé : Gendarmerie royale marocaine.

À l'indépendance du Maroc, la gendarmerie royale marocaine fut créée par le décret-loi (Dahir) du 29 avril 1957 et prit la relève de la légion de gendarmerie française du Maroc. Elle se compose aujourd'hui de 23 000 hommes. Le décret-loi reprend très largement le décret organique français du 20 mai 1903 et prolonge ainsi l'organisation, les principes d'action et les missions de l'ex-légion dissoute. Depuis octobre 1999, la gendarmerie royale est membre de l'association des polices à statut militaire (FIEP).

La gendarmerie fait partie intégrante de l'A.D.N. (Administration de la Défense Nationale), notamment en sa qualité de Police Militaire Judiciaire. Il s'agit d'une armée dans l'armée, tant cette gendarmerie concentre des pouvoirs et moyens (financiers et militaires) très importants (Gendarmerie marine, gendarmerie de l'air, gendarmerie de terre, gendarmerie de police administrative, gendarmerie de police judiciaire, gendarmerie de police militaire judiciaire, gendarmerie mobile, gendarmerie d'intervention (GIGR), gendarmerie de sécurité royale, et la fameuse élite de gendarmerie qui constitue le corps de la GARDE ROYALE). Ainsi l'on voit que la gendarmerie royale est l'élite des forces armées marocaines.

Elle est rattachée pour emploi au roi, chef suprême et chef de l'état-major général des forces armées royales et pour administration et gestion au secrétariat général pour l'administration de la défense nationale qui reçoit délégation du Premier ministre. Elle a assure d'ailleurs la sécurité du souverain. Elle relève également :

  • du ministre de la justice pour l'exercice de la police judiciaire,
  • du ministre de l'intérieur pour l'exercice de la police administrative.

Les principes d'action sur le service de la gendarmerie royale marocaine sont contenus dans le Dahir du 14 La gendarmerie royale assure des missions de police judiciaire (à la campagne), administrative, militaire (en temps de paix ou en temps de guerre), de service d'ordre, de maintient d'ordre...

Forces auxiliaires marocaines

Les Forces auxiliaires marocaines (anciens Makhzens auxiliaires), sont des forces paramilitaires qui « concourent avec les autres forces de police » et que l'on retrouve auprès des différents corps d'autorité du Maroc. Les agents des FA sont nommés Mkhaznis. Ils apportent renforts et soutien auprès des Forces armées royales, de la gendarmerie, de la police, de la brigade des eaux et forêts, de la Douane, de la Direction des affaires générales (DAG), et participent à la sûreté des palais royaux et à la sécurité du roi. Ils sont ainsi partout et surnommés « les yeux et oreilles du système » — du Makhzen — du fait qu'ils sont présents dans n'importe quel site, territoire, service, lieu ou établissement public (sites touristiques, mairies, annexes d'arrondissements, hôpitaux, préfectures, casernes de pompiers, casernes des FAR, commissariats de police, villages ruraux, communes urbaines, centres-villes, souks, douars, quartiers, postes frontières, mur de défense au Sahara, etc.).

Elles ont un statut militaire, mais dépendent du ministère de l'intérieur marocain, et non pas de l'administration de la défense nationale (ADN). Cependant, même si elles dépendent théoriquement du ministère de l'intérieur, elles fonctionnent concrètement à part. Le service des FA fonctionne sous forme d'Inspection générale (IGFA, Inspection générale des forces auxiliaires) et séparée[Quoi ?] en deux zones (zone nord : de Tanger à bouznika ; et zone sud : de Bouznika à Lagouira). Les missions des F.A. vont de la surveillance aux interventions (incendies, émeutes, guerres, ...). Les F.A. disposent aussi d'un service autonome de renseignement.

Les forces auxiliaires se composent de 45 000 hommes et sont divisées en deux parties :

  • le Makhzen administratif (police de sécurité publique) postée devant ou à l'intérieur des bâtiments publics (mairies, ministères, administrations, gares, aéroports, ...), dans les souks, musées, et monuments touristiques,
  • le Makhzen mobile (police mobile d'intervention) composé d'unités d'intervention rapide, qui vivent en famille dans les casernes et qui se déplacent constamment en groupes.

Les F.A. sont l'une des 6 armes du Royaume du Maroc, à côté de la Gendarmerie, l'aviation, la marine, l'armée de terre, et la garde royale. Comme armement, les forces auxiliaires possèdent des MAS 36, des AK-47, des MAG et des véhicules blindés UR 416, Panhard AML 60. Les F.A. (agents du Makhzen) sont une véritable armée, qui fonctionne en temps de paix comme des policiers (Mkhaznis) au service des institutions de l'État (Makhzen).

La Sûreté Nationale

La Sûreté Nationale est un corps d'autorité et de police nationale à statut civil, agissant dans les communes urbaines et dépendant du ministère de l'intérieur. Avec près de 60 000 policiers, la sûreté nationale est divisée en plusieurs services :

  • la S.P. : Sécurité Publique
  • les R.G. : Renseignements Généraux (renseignement)
  • la P.J. : Police Judiciaire
  • la DGST (ou DST) : Direction de surveillance du Territoire (renseignement)
  • les CMI : Compagnies Mobiles d'Intervention
  • la police scientifique
  • la DSR : Direction de Sécurité Royale

L'importance des services et attributions (surveillance, renseignements, contre espionnage, police judiciaire, sécurité royale) de la Sûreté Nationale font d'elle un puissant corps d'autorité, à statut civil mais rival à la Gendarmerie Royale.

Services secrets marocains

Sous la tutelle du ministère de l'intérieur

Sous la tutelle du ministère de la défense

Culture

Article détaillé : Culture du Maroc.

Même si la grande majorité de sa population est musulmane, le Maroc se veut un pays multiculturel de par son contact notamment avec les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Vandales, les Arabes, les Français et les Espagnols[103],[104],[105]

L'état civil marocain n'autorise pas de nombreux prénoms que des parents marocains souhaitent donner à leurs enfants pour des raisons de « rupture avec l'identité marocaine »[106]. Alors que cette mesure concernait surtout les prénoms berbères, elle « est de plus en plus élargie aux appellations d’origine arabe, liés à l'islam ou parfois inspirés des célébrités de cinéma[106]. »

Artisanat

Gare de Marrakech construite selon l'artisanat marocain
Article détaillé : Artisanat marocain.

La région est très réputée par ses tapis de campagne, ses paniers et ses différents autres objets de grande utilité. Le tissage de tapis modernes et la broderie sont très prospères surtout dans les complexes artisanaux. D'autres objets de grande utilité sont fabriqués par les artisans de la région, tels que les tajines, les jarres, etc.

Caftan marocain

Article détaillé : Caftan marocain.

Les caftans du Maroc sont originaires de l'Andalousie mauresque (Al Andalus) où les élites arabo-musulmanes de l'Empire omeyyade (dont Zyriab, le père de la musique arabo-andalouse) ont apporté à partir du IXe siècle des caftans empruntés aux Perses. Entre le IXe et le XVe siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont progressivement donné aux caftans leurs touches civilisationnelles. Rappelons que l'Andalousie mauresque s'est construite en opposition ou en concurrence vis-à-vis de l'Empire ommeyyade de Damas de même que l'Empire des Idrissides de Fez (branche Omeyyade du Maroc) vis-à-vis de l'Empire Abasside de Bagdad. Cette divergence va se traduire entre autres sur les tenues vestimentaires.

Fantasia

La célèbre fantasia marocaine
Article détaillé : Fantasia (Maghreb).

Au vu des diverses archives actuelles, il est clair que cette tradition est bien inscrite dans le patrimoine séculaire équestre marocain.

Au Maroc, pays fortement agricole et resté longtemps tribal (et cela même après l'indépendance en 1956 du pays), cette démonstration va perdurer en devenant une tradition tribale, rurale et religieuse : les tribus guerrières rurales l'associeront, avec la collaboration active de la population, aux Moussem (fête des semailles, de la moisson) et à la fête d'un saint de la tribu (ou reconnu par la tribu) et cela de façon annuelle et séculaire. La fête des saints a été instaurée au XVe siècle par les Mérinides[107]

Autres lectures

Médias

Le premier journal à apparaître au Maroc était un hebdomadaire anglophone appelé « Maghreb Al Aksa », en 1877. De telles publications n'étaient généralement pas disponibles dans les villes marocaines jusqu'en 1908.

Pendant le protectorat français, à partir de 1920, commença l'apparition des publications françaises comme L'Écho du Maroc et La Vigie marocaine. Elle fut suivie par le lancement d'un groupe de presse appelé Mas, qui publia Farmhouse ainsi que les quotidiens Le Petit Marocain et L'Écho du Maroc, bien que ces derniers continuèrent à s'adresser principalement aux étrangers.

Ensuite, les nationalistes marocains tels que Mohamed Hassan El Ouazzani commencèrent leur propres publications. En 1933, ce dernier fonda « L'action du peuple », un hebdomadaire francophone. Plus tard, Abdelkhalek Torrès et Mohamed Bennouna, à Tétouan, publièrent en arabe, respectivement deux publications : « Al Salam » et « Al-Hayat ». Ces journaux donnèrent aux nationalistes une plateforme pour exprimer leurs revendications indépendantistes vis-à-vis de la France et de l'Espagne. De plus en plus de journaux étrangers furent publiés au Maroc.

Plus tard, le Maroc édita un code de la presse le 15 novembre 1958[108].

De nos jours

Le gouvernement marocain dispose de nombreux moyens audiovisuels comme la radio et la télévision marocaine. L'agence de presse marocaine, Maghreb Arabe Presse et un quotidien en langue arabe Al-Anbaa sont des organes officiels du gouvernement. Des organes semi-officiels sont les suivants : le quotidien Assahra Al Maghribia, le quotidien de langue française Le Matin du Sahara et du Maghreb.

Les Marocains ont à leur disposition environ 2 000 publications locales ou étrangères.

Chaînes et radios

Articles détaillés : Audiovisuel au Maroc et Radio au Maroc.

Presse

Article détaillé : Presse au Maroc.

Gastronomie

Pâtisseries marocaines
Article détaillé : Cuisine marocaine.

La cuisine marocaine traditionnelle est extrêmement riche et variée, elle a une bonne place dans le classement international. Le couscous et le tajine,très connus sont considérés comme des plats traditionnels ordinaires dans cette région. Ils sont préparés à base de viande de mouton ou poisson et de légumes variés. Durant les fêtes, on mange d'autres plats typiquement marocains et plus raffinés : les pastillas (prononcé bastela), le tajine de viande au miel, aux pruneaux et amandes, le méchoui ...

Musique

Article détaillé : Musique marocaine.

La musique au Maroc est très diversifiée et se compose de quatre grands groupes ou familles de musique : la musique berbère (amazigh), la musique africaine, la musique internationale, la musique hassanie des régions du sud et la musique arabe.

Chaque groupe est lui-même constitué de sous-groupes. Ainsi la musique arabe au Maroc est-elle constituée de musique arabe moderne influencée par la musique arabe contemporaine du reste du monde arabe (Algérie, Égypte, Liban, Syrie, etc.), la musique arabe du terroir (populaire) propre à chaque région du Maroc, généralement chantée en arabe dialectal de chaque région, la musique « classique » arabo-andalouse, elle-même composée de sous-groupes de Fès, Rabat, Tétouan, Oujda (gharnati) et le berceau de la Musique Aarfa qui est la source de plusieurs musiques comme Reggada, Allaoui, nâari. Il y a aussi le Raï de la région d’Oujda trouvant sa source à proximité de la frontière algérienne (Oran, Tlemcen, Saïda).

La musique amazigh (berbère) est, elle aussi, divisée en sous-groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhite, tarifite, etc. Cette musique est aussi divisée en « moderne » et « traditionnelle ».

La musique afro-marocaine, connue sous le nom de Gnaoua est propre à la région de Marrakech, Essaouira ainsi que le sud du Maroc, les paroles sont soit en arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.

Enfin il existe une nouvelle génération de jeunes, qui crée une musique qui synthétise l’esprit marocain aux influences venues du monde entier (blues, rock, metal, reggae, rap marocain, etc.). Un des évènements les plus importants de cette scène « underground », est le Boulevard des Jeunes Musiciens qui a lieu tous les ans à Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même événement culturel.

Cinéma

Article détaillé : Cinéma marocain.

Le cinéma marocain regroupe à la fois les films, téléfilms et les productions cinématographiques produites au Maroc.

À l'opposé d'autres cinémas d'Europe ou du Maghreb, l'État marocain a longtemps laissé son cinéma trouver par lui-même les moyens nécessaires à sa survie et son épanouissement national et international, créant ainsi un déséquilibre entre cinéma commercial (souvent médiocre) et cinéma esthétisant à public essentiellement élitiste. Le Protectorat français du Maroc (1912-1956) avait établi une commission de censure ayant survécu à l'indépendance. Cet organisme de règlementation s’est occupé jusqu'aux années soixante-dix surtout de contrôler la distribution des films étrangers en raison d'une production nationale encore faible comparée à celle des pays francophones voisins[109]. De ce fait, le Maroc a laissé le champ libre à d'autres cinémas concurrents qui se sont affirmés aisément auprès du public marocain ; aujourd'hui il doit lui faire face avec plusieurs années de retard. Il en est de même pour d'autres secteurs artistiques tel que la musique par exemple.

Récemment, la politique culturelle du pays a changé (en particulier sous l'impulsion du Festival international du film de Marrakech) et le Maroc vient de se doter d'une toute neuve industrie du film (voir ci-après). À ce jour, le cinéma marocain progresse et les nombreuses perspectives d'évolution semblent prometteuses ; le cinéma marocain est de plus en plus sélectionné et/ou primé dans des festivals arabes, africains et occidentaux, ce qui encourage de plus en plus de jeunes à se lancer dans une carrière dans le 7e art (voir ci-après défis et atouts du cinéma marocain). Ce progrès sert également de référence au cinéma africain.

Littérature

Article détaillé : Littérature marocaine.

Sport

Article détaillé : Sport au Maroc.

Le Maroc s’illustre dans de nombreux sports au niveau continental et mondial et constitue la locomotive du développement du sport du continent africain et du monde arabe. À titre d’exemple, l’augmentation à cinq du nombre de pays africains à représenter l’Afrique au mondial du football grâce aux bonnes prestations que le Maroc a réalisées ces 3 dernières décennies dans le football et également dans d'autres compétitions internationales telles que l’athlétisme, la motomarine, le taekwondo, la boxe thaïe, etc. Voici quelques sportifs et équipes ayant marqué le sport marocain :

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Monuments et sites remarquables

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Codes

Le Maroc a pour codes :

Notes et références

  1. a, b et c Article 5 de la Constitution marocaine de 2011 :
    « L’arabe demeure la langue officielle de l’État.
    L’État œuvre à la protection et au développement de la langue arabe, ainsi qu’à la promotion de son utilisation.
    De même, l’amazighe constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception.
    ...
    L'État œuvre à la préservation du Hasani, en tant que partie intégrante de l'identité culturelle marocaine unie, ainsi qu'à la protection des parlers et des expressions culturelles pratiqués au Maroc »
  2. a et b Plus de 98% des Marocains ont voté « oui » au le projet de réforme de la constitution
  3. a, b et c Superficie incluant le Sahara occidental.
  4. 29 891 708 habitants selon le dernier recensement des autorités marocaines (2004) : Résultats du dernier recensement au Maroc
  5. L'horloge de la population du Haut Commissariat au Plan (HCP)
  6. http://hdrstats.undp.org/fr/pays/profils/MAR.html
  7. Site de l'ONU
  8. http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_73438.asp
  9. http://www.lematin.ma/Actualite/Express/Article.asp?id=113309
  10. http://www.bladi.net/le-maroc-designe-au-nombre-des-allies-majeurs-des-usa.html
  11. http://www.universalis.fr/corpus2-encyclopedie/117/0/Z030018/encyclopedie/MOUVEMENT_ALMORAVIDE.htm
  12. http://membres.multimania.fr/tawizaneghmis/Tawiza66/Boughanem.htm
  13. Méditerranée no 4, 1986, p. 21 ff, M. B. Lagdim Soussi, Les rapports de Marrakech avec le monde rural dans le domaine de l'artisanat
  14. Méditerranée N° 4, 1986, p. 21 ff, M. B. Lagdim Soussi : Les rapports de Marrakech avec le monde rural dans le domaine de l'artisanat
  15. ainsi nommé car c'est le pays le plus occidental du monde arabe
  16. Ensemble des pays occidentaux du monde arabe, par opposition au Machrek.
  17. http://books.google.fr/books?id=QTg65S8luoEC&printsec=frontcover&dq=Maroc++Par+Samuel+Pickens,+Fran%C3%A7oise+Peuriot,+Philippe+Ploquin&lr=&as_brr=3#v=onepage&q=&f=false
  18. Raynal, J-P. et Texier, J-P. (1989) - « Découverte d'Acheuléen ancien dans la carrière Thomas 1 à Casablanca et problème de l'ancienneté de la présence humaine au Maroc », Compte Rendu de l'Académie des sciences, Paris, t. 308, série II, p. 1743-1749.
  19. Wrinn, P. J. et Rink, W. J. (2003) - « ESR dating of tooth enamel from Aterian levels at Mugharet el ‘Aliya (Tangier, Morocco) », Journal of Archaeological Science, 30, pp. 123-133.
  20. Debénath, A., Raynal, J-P., Roche, J., Texier, P.-J. et Ferembach, D. (1986) - « Stratigraphie, habitat, typologie et devenir de l'Atérien marocain : données récentes », L'Anthropologie, t. 90, n° 2, pp. 233-246.
  21. TelQuel : Le Maroc tel qu'il est
  22. Paul Balta, Les particularités de l'islam au Maghreb - Clio - Voyage Culturel
  23. Histoire de l'Espagne musulmane: La ... - Google Livres
  24. Idrissides
  25. a et b Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale d'Ibn Khaldūn, William MacGuckin
  26. a, b, c et d Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  27. Histoire des berbères, Ibn Khaldoun
  28. Voir La Berbérie et L'Islam et la France par Eugène Guernier, tome 1, édition de l'union française, 1950
  29. Ministère du Habous et des affaires islamiques, Maroc
  30. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères
  31. Al Anis al Motrib w Rawd al Qirtas Fi Akhbar al maghrib wa molouki Fès li Ibn Abi Zarâ
  32. Encyclopedia Britannica
  33. Aḥmad ibn Khālid al-Salāwī, Kitāb el-istiqça li akhbār doual el-Maghrib el-Aqça : Histoire du Maroc, vol. 30-31, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1923 [lire en ligne (page consultée le 21 août 2011)] 
  34. L'Univers histoire et description de tous les peuples, Rozet et Carette Version du livre en ligne
  35. a et b http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_860/html_860/quand.html
  36. http://fr.encarta.msn.com/encnet/refpages/RefArticle.aspx?refid=761588662
  37. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, édition Berti, Alger, 2003, p 1181
  38. a et b http://www.memoarts.ma/documentation/merinides.asp
  39. http://www.cosmovisions.com/ChronoMarocMerinide.htm
  40. http://www.universalis.fr/encyclopedie/merinides-les/
  41. Tanger, l'époque anglaise
  42. Philippe Conrad, « Quand Portugais et Espagnols tentaient de prendre pied en Afrique du Nord », décembre 2002. Consulté le 21 août 2011
  43. arabe : as-saʿadiūn, السعديون, Les Saadiens
  44. Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Ed. P.U.F., (ISBN 978-2-13-054536-1), p. 715, article Saadiens et Dynastie des Hasanides Les Sa`dides
  45. [1]
  46. [2]
  47. [3]
  48. [4]
  49. http://www.linternaute.com/histoire/pays/evenement/36765/1/a/53136/la_conference_d_algesiras.shtml
  50. Conformément à l’article 100 de la Constitution
  51. Les villes les plus grandes avec des statistiques de la population du Maroc sur World Gazetteer
  52. [5]
  53. Les villes les plus grandes avec des statistiques de la population du Sahara occidental sur World Gazetteer
  54. Fiche pays Maroc - Indicateurs économiques
  55. http://www.scribd.com/doc/25848936/Maroc-Contribution-Sectorielle-des-Regions-a-la-Creation-de-la-Richesse-Nationale
  56. http://www.entreprendre.ma/Offshoring-Le-Maroc-doit-developper-de-nouvelles-filieres_a411.html
  57. Légère hausse du taux de chômage à 8,7 pc au 2ème trimestre 2011
  58. Nations Unies. Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, Rapport mondial sur les drogues 2004, vol. 2 : Rapport mondial sur les drogues, New York, United Nations Publications, 2004, 2004e éd., 431 p. (ISBN 978-92-1-248122-7) [lire en ligne], p. 268 
  59. [6]
  60. Historique de la culture de cannabis au Maroc d'après l'UNODC
  61. :: Royaume du Maroc : Administration du Tourisme
  62. :: Royaume du Maroc : Administration du Tourisme
  63. www.mtpnet.gov.ma/met_piecesjointes/piecesjointes/actualites/2007326162756_communiqué-presse-enfrancaisfades.doc
  64. Jean-François Troin, Mohamed Berriane, Maroc: régions, pays, territoires, Paris, Maisonneuve & Larose, 2002, 502 p. (ISBN 978-2-7068-1630-7) (LCCN 2002508989) [lire en ligne], p. 364 
  65. http://akelhawa.com/fr/tgv-marocain-larabie-saoudite-offre-200-millions-de-dollars/
  66. Rapport 2008 de l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), ANRT (Maroc), p. 22-26. Consulté le 27 novembre 2009
  67. Rapports 2010 de l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), ANRT (Maroc), p. 3. Consulté le 28 juillet 2010
  68. Rapports 2010 de l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), ANRT (Maroc), p. 3. Consulté le 28 juillet 2010
  69. Rapports 2010 de l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), ANRT (Maroc), p. 3. Consulté le 28 juillet 2010
  70. http://www.justice.gov.ma/fr/legislation/legislation_.aspx?ty=2&id_l=154]
  71. Comme l’indique l’article 2 de la Moudawana, présentée [PDF] sur ce lien
  72. http://www.yabiladi.com/articles/details/6824/maroc-taux-d-analphabetisme-reduit-pres.html
  73. Dounia N° 720 - Semaine du 14 au 20 mai 2007
  74. Said Ida Hassan, « Le Sahara Occidental hypothèque le retour du Maroc à l'OUA » sur Panapress, 1er juillet 2002
  75. http://www.finances.gov.ma/portal/page?_pageid=53,17814589&_dad=portal&_schema=PORTAL&lang=Fr&id=638
  76. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/CS9319.doc.htm
  77. Washington approuve la proposition marocaine d’autonomie du Sahara Occidental
  78. http://www.bladi.net/onu-autonomie-sahara.html
  79. http://www.insecula.com/zone/Z0007513.html#Frontières_terrestres
  80. CONVENTION RELATIVE AU TRACÉ DE LA FRONTIÈRE D'ÉTAT ÉTABLIE ENTRE LE ROYAUME DU MAROC ET LA RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE
  81. sauf exception humanitaire ; voir par exemple Algérie - Maroc : la réouverture des frontières n’est pas pour demain
  82. a et b « Arrestation d'un Marocain soupçonné d’être impliqué dans les attentats de Casablanca et Madrid » dans Le Monde du 9 mars 2007, [lire en ligne]
  83. Le Monde avec l’Agence France-Presse, « Casablanca, de nouveau la cible de kamikazes » sur Le Monde.fr, 10 avril 2007
  84. Selon la chaîne télévisée marocaine 2M
  85. http://www.leparisien.fr/international/marrakech-sept-francais-sont-morts-dans-l-attentat-29-04-2011-1428538.php
  86. a, b et c Muriel SAJOUX CITERES, Université de Tours, « [http://iussp2009.princeton.edu/download.aspx?submissionId=91394 XXVIe Congrès international de la population – UIESP 2009 Marrakech : La transition démographique au Maroc : spécificité du milieu rural et enjeux soulevés] », Université du Maine Le Mans (France)/CNRS. Consulté le 27 novembre 2009
  87. a, b et c Le Maroc sur AXL, Jacques Leclerc, L’aménagement linguistique dans le monde. CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique).
  88. Diversité génétique des populations Berbères et peuplement du nord de l’Afrique
  89. Article de Maroc hebdo
  90. Au 20 juillet 2007, selon le Haut Commissariat au Plan
  91. Source : CIA World Factbook
  92. IndexMundi : source CIA World Factbook, 1er janvier 2005
  93. http://www.anatolefrance.org/histoire_maroc.htm
  94. (en)The World Factbook, CIA (consulté le 13.4.2009)
  95. http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/afrique/maroc-map-lng.htm
  96. a et b Peter Behnstedt, "La frontera entre el bereber y el árabe en el Rif", Estudios de dialectología norteafricana y andalusí vol. 6, 2002
  97. site de l'IRCAM
  98. Selon le prince Hicham Al Alaoui, « Mohamed VI a cédé sur l'essentiel qui est l'unité nationale par la constitutionnalisation du Berbère », propos dénocés par un communiqué des Associations, Coordinations et Fédérations Amazighes du Maroc.
  99. Site du Secrétariat Général du Gouvernement
  100. http://www.courrierinternational.com/article/2010/02/18/le-francais-revient-en-force; Courrier International n° 1007 du 18 au 24 février 2010
  101. Bladi.net : http://www.bladi.net/11778-retraite-francais-maroc.html
  102. Bladi.net : http://www.bladi.net/15920-etudiants-subsahariens-maroc.html
  103. Le multiculturalisme, une caractéristique fondamentale de la société marocaine
  104. Figures et valeurs du dialogue des civilisations et des cultures
  105. Un Maroc multiculturel, Yakov M Rabkin
  106. a et b Ibrahima Koné, « Quand des prénoms marocains sont interdits dans les consulats du Maroc », Yabiladi.com, 23 novembre 2009. Consulté le 15 décembre 2009
  107. http://books.google.fr/books?id=-Mtu9IWXHsAC&pg=PA86&dq=fantasia+marocaine&lr=&as_brr=3#v=onepage&q=&f=false
  108. Source : Médias et communication - Gouvernement marocain.
  109. Giuseppe Sedia,Entretien avec Abdelhatif Laassadi. Clap noir octobre 2008.

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