Goths


Goths
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Cet article traite de la tribu germanique. Pour la sous-culture du XXe siècle dont les membres se désignent par goths, voir Mouvement gothique


Une broche gothe en verre cloisonné représentant un aigle.

Les Goths (prononciation : [go][1]) sont un peuple germanique dont les deux branches, les Ostrogoths et les Wisigoths, engagées à maintes reprises dans des guerres contre Rome pendant la période des grandes invasions de la fin de l'Antiquité, constituent au Vème siècle, leurs propres royaumes avant de s'effondrer, respectivement en 553 et 711.

L'origine des Goths est controversée. Au IIIe siècle, formant un seul peuple, ils sont fixés dans la région des actuelles Ukraine et Biélorussie. Après un premier affrontement avec l'Empire romain dans le sud-est de l'Europe, ils se séparent en deux groupes : les Greuthunges à l'Est et les Tervinges à l'Ouest, plus couramment désignés comme Ostrogoths et Wisigoths.

Vers 375, les Ostrogoths sont soumis par les Huns, puis ils gagnent l'Empire d'Orient en tant que fœderati (« fédérés »). Ils s'emparent de l'Italie en 488 sous la conduite de Théodoric le Grand. Le royaume ostrogoth d'Italie s'effondre en 550 sous l'assaut des troupes de l'empereur Justinien.

Les Wisigoths, vainqueurs en 378 de l'armée romaine de l'empereur Valens lors de la bataille d'Andrinople, deviennent également des fédérés de Rome en 382. Au début du Ve siècle, ils fondent en Aquitaine le royaume de Toulouse ; un siècle après, ils sont vaincus par les Francs de Clovis et repoussés vers l'Espagne, où ils créent le royaume de Tolède. Celui-ci disparaît lors de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique en 711.

Sommaire

Introduction

Les sources

Edictum Theodorici regis (en). Fragment. 512

Les sources concernant les Goths sont très lacunaires[2].

Les Getica de Jordanès (VIème siècle), reprenant l'Histoire des Goths de Cassiodore (début VIème siècle), sont une source importante,mais les informations qu'il apporte doivent être appréhendées avec prudence.

Ammien Marcellin est la meilleure source sur la période s'étendant de l'écrasement du royaume greutungue à la bataille d'Andrinople en 378.

Zosime et les fragments de diverses œuvres d'historiens comme Olympiodore de Thèbes ou les Consularia Constantinopolitana n'apportent que des éclaircissements ponctuels sur les développements ultérieurs.

Procope de Césarée livre une histoire détaillée des guerres gothes de l'empereur Justinien.

On peut ajouter pour l'Espagne la chronique de Idace de Chaves, ainsi que diverses histoires ecclésiastiques, entre autres celles de Sozomène ou de Paul Orose : Historiae adversum Paganos et les Variae de Cassiodore ainsi que la chronique de Jean de Biclar et l'œuvre historique d'Isidore de Séville, Historia de regibus Gothorum, Vandalorum et Suevorum

On peut aussi noter les lettres du Gallo-romain Sidoine Apollinaire, qui apportent un éclairage sur le royaume wisigoth de Toulouse et les relations entre Goths et Romains.

L'archéologie apporte des informations essentielles, en particulier en ce qui concerne les premiers temps de l'histoire des Goths.

Etymologies

« goth »

La racine gaut, qui semble revenir à la fois dans les noms des Goths, des Götar et des Gutar indique toutefois qu'il s'agit d'une origine commune probable. Elle provient du gotique giutan (en allemand giessen, "verser") et signifierait « verseurs de semence » donc géniteurs, donc hommes. Notons la présence d'une divinité germanique présente dans la branche ostique, Gaut, qui correspondrait à Odin dans la branche nordique et à Wodan dans la branche westique. Ce dieu était leur dieu géniteur, d'où sa nomination de « verseur de semence ». De là viendrait le nom des Goths.

« thervingue » et « wisigoth »

« Thervingues » est l'équivalent de « gens de la forêt », du goth triu qui signifie arbre.

Vesi est une appellation flatteuse qu'ils s'attribuaient eux-mêmes, dont le sens évoque la notion d'« élite ».

« greuthungue » et « ostrogoth »

En ce qui concerne les Ostrogoths, il existe essentiellement deux formes de noms : Ostrogot(h)i, Ostrogotae et Greutungi, dont les variantes sont Greothingi, Grutungi, ou Grauthungi, que l'on peut librement interpréter comme « habitants des steppes » ou « habitants de la plage[réf. nécessaire] ».

La plus ancienne forme qui nous soit parvenue du mot « ostrogoth » est Austrogoti, citée dans l' Histoire Auguste, Vita Claudii 6,2[3]. Il s'agit d'une autodénomination provenant du dévoiement d'un lexème transmis par Wulfila, un mot composé : Austra-gutans. Austra correspond à « oriental » en français. D'autres sens comme « les Goths resplendissants du soleil levant », qui est une erreur de sens sur austro/austra, pris pour « brillant, rayonnant », du germanique ausra à rapprocher de Ostern qui signifie « Pâques » ; ou « Goths du Levant » ne peuvent être prouvés étymologiquement[4].

les dénominations Vesigoti et Ostrogothi ont glissé vers le sens de « Goths de l'ouest » et « Goths de l'est » du fait des écrits de Cassiodore, un haut fonctionnaire romain au service du roi Théodoric le Grand au début du VIème siècle.

Chronologie de l'histoire des Goths[5]

Histoire des Goths

Les origines (avant la division)

     Culture d'Oksywie, puis première culture de Wielbark      Culture de Jastorf (en bleu ciel : expansion ; en violet : régression)      Culture de Przeworsk (en orange : régression)                Expansion de la culture Wielbark au IIe siècle

La question de l'origine des Goths est un problème historique et philologique.

L'Histoire des Goths de Cassiodore et Jordanès

Dans le premier tiers du VIe siècle, Cassiodore rédige à la demande de Théodoric l'Historia Gothorum (Histoire des Goths). Il fait remonter sa chronologie bien au-delà des premiers écrits de l'Antiquité. Cette œuvre qui comportait douze volumes est aujourd'hui perdue, mais il en reste une synthèse sommaire rédigée par Jordanès vers 550, intitulée De origine actibusque Getarum, en abrégé Getica, qui demeure la seule source sur les légendes gothes primitives, légendes qui ont probablement été transmises par voie orale mais réorganisées et pour partie inventées par Cassiodore à partir des modèles historiographiques majeurs tels que Germania de Tacite. L'exploitation de Getica est compliquée par le fait que l'on ignore ce qui de l'œuvre de Cassiodore y a effectivement été conservé.

Pour rédiger son Histoire des Goths, Cassiodore a compilé beaucoup de noms de peuples scandinaves et scythes, connus par la géographie et l'ethnographie antiques depuis Hérodote. C'est notamment le cas des du nom des Gètes, fréquemment confondus avec les Goths. Il semblerait que Cassiodore se soit également inspiré des noms de leurs différents rois.

Selon l'histoire des Goths transmise par Jordanès, il descendraient du patriarche légendaire Gaut, né sur l'île de Scandza (probablement en Scandinavie[6]. Sous la conduite du roi Berig, les Goths de Scandinavie auraient débarqué de trois navires en Gothiscandza (de), sur la côte baltique. Cinq générations plus tard, ils auraient fait route vers le sud sous la direction de Filimer (de). La division du peuple entre Ostrogoths et Wisigoths serait advenue pendant la traversée d'un grand fleuve, le pont s'étant rompu. Cependant cette allégation est invérifiable, et n'est évoquée pour la première fois que sous la plume de Jordanès, désormais considéré comme peu fiable[7]. Il convient probablement de l'interpréter comme un mythe originel (voir Origo gentis (de))[8].

Le roi Filimer aurait pris[réf. nécessaire][9] la décision d'émigrer avec armée, femmes et enfants dans la seconde moitié du IIe siècle, la taille du peuple ne cessant de croître. Les Goths auraient alors remonté (assez lentement) le cours de la Vistule, poursuivant leur mouvement jusqu'à la Mer Noire et le Danube. En chemin, ils supplantèrent les Marcomans, qui occupaient la Bohême, déclenchant par contre-coup, selon de nombreux chercheurs, les guerres marcomanes, qui donnèrent du fil à retordre aux Romains.

Les « Gotons » de Tacite et Strabon

cartouche de Théodoric le Grand retrouvé dans le temple de Vesta parmi les ruines de la Romece.

Dans les écrits[réf. nécessaire] de Tacite, Strabon et Ptolémée sont cités les « Gotons »[10], qui y apparaissent comme un groupement de tribus dotées d'une royauté remarquablement puissante au regard des systèmes politiques alors en vigueur chez les Germains. Au début de notre ère, cette fédération est installée au nord de la boucle de la Vistule, dans l'aire d'influence des Marcomans. Ils ont pour voisins, à l'ouest les Ruges, installés sur les rives de la mer Baltique, au sud-ouest, les Vandales et les Lugiens dont on ignore s'il s'agit d'un seul ou ou de deux ensembles tribaux.

Informations archéologiques : les cultures de Willenberg et de Tcherniakov

Si l'on s'en tient à la recherche archéologique sur la culture de Willenberg (ou Wilbark), souvent attribuée aux premiers Goths, rien n'atteste que ces derniers aient connu une migration significative depuis la Scandinavie[11]. Les recherches les plus récentes laissent plutôt penser que cette culture s'est formée à l'est de la Vistule avant de gagner progressivement le sud-est à partir du Ier siècle, certaines implantations se maintenant autour de l'embouchure du fleuve jusqu'au IVe siècle[12]. De nos jours, on admet généralement que les Goths sont un regroupement de tribus issues de souches distinctes. On peut penser qu'un certain prestige était attaché à l'appellation « Goths » , raison pour laquelle des groupes très variés s'en seraient parés, fait déjà constaté chez les Huns.

Traditionnellement, ces groupes dits « Goths » n'ont pas pour coutume d'enterrer leurs morts avec des armes, à la différence des Germains.

Beaucoup de chercheurs se fondent sur l'archéologie pour affirmer que certains éléments de la culture de Wielbark se retrouvent dans l'espace nommé culture de Tcherniakov (essentiellement dans l'Ukraine actuelle), théorie rejetée avec véhémence par les tenants d'une « ethnogenèse sur place » ou autochtone des Goths[13].

Extension approximative des cultures de Wielbark (rouge) au IIe siècle et de Tcherniakov (orange) au IIIe siècle. Seul point non discuté : les Goths surgissent au début du IIIème siècle dans le bassin du Danube et sur la côte nord-occidentale de la Mer Noire.

L'hypothèse d'une ethnogénèse tardive (IIIème siècle)

Certains chercheurs à l'instar de Michael Kulikowski (en) contestent toute relation entre la culture de Wielbark et les Goths et ne reconnaissent aucune migration des Goths avant le IIIe siècle, date de l'ethnogenèse de la tribu aui aurait eu lieu sur le Danube au contact de l'Empire romain et non sur la Vistule. Ainsi, de la même manière que dans le cas des Francs et des Alamans, ce n'est qu'à la frontière romaine que l'une des tribus souches des Goths se serait constituée. Le débat reste encore aujourd'hui ouvert.

De fait, on ne peut vraiment parler avec une relative assurance d'une « histoire des Goths » qu'à partir du moment où, franchissant le Danube en 238, ils entrent dans le champ de vision des historiens romains et grecs.

Les Goths en guerre contre Rome

Goths traversant une rivière par Évariste-Vital Luminais.

« L'assaut des Goths » intervient au moment de la plus grande crise qu'ait connu jusqu'alors l'Empire romain.

En 238, les Goths attaquent pour la première fois des provinces romaines. Les auteurs de l'époque, comme l'historien Dexippe, les nomment d'abord de façon anachronique des Scythes, terminus technicus de l'historiographie antique pour désigner les groupes barbares surgissant autour de la Mer Noire. L'assaut est mené de concert avec les Carpes contre la ville romaine d'Histros, au sud du delta du Danube. Il se retirent après avoir pillé la ville et obtenu le paiement d'un tribut annuel.

Lorsque dix ans plus tard, l'empereur Philippe l'Arabe suspend le paiement du tribut après sa victoire sur les Carpes, les Goths décident de s'attaquer de nouveau à l'empire. Ils déferlent en 250 en grand nombre sous la direction de Cniva sur la Dacie, la Thrace, la Mésie et l'Illyrie. Le nouvel empereur, Dèce, est vaincu à de nombreuses reprises avant de tomber finalement lors de la bataille d'Abrittus en 251.

Son successeur, Trébonien Galle, concède à nouveau le tribut aux Goths, avant d'être renversé par Émilien qui cesse à nouveau le paiement. Les Goths attaquent de nouveau la Thrace et la Mésie, mais cette fois sont vaincus.

Après un nouveau changement d'empereur, ils repassent à l'attaque, atteignant Thessalonique en 254. Entretemps, nombre de villes de la zone disputée se sont puissamment fortifiées tandis que les campagnes pâtissaient des ravages de la guerre. À partir de 255, les Goths entament des attaques appuyées par voie de mer, d'abord dans la partie orientale de la Mer Noire. En 256, ils s'emparent de Pitsounda et Trébizonde, avec l'aide des Boranes (de).

En 257, les Goths franchissent pour la première fois le Bosphore et s'emparent de plusieurs villes d'Anatolie.

Ils lancent une autre vague d'attaques en 268, lorsqu'une grande armada gotho-hérule appuyée par des troupes terrestres fond sur Byzance, traverse les Dardanelles et pille tout sur son chemin jusqu'au Péloponnèse. Claude II vainc les agresseurs à la bataille de Naissus et prend, pour la première fois parmi les empereurs romains, le titre de Gothicus, « vainqueur des Goths ».

Sous son successeur Aurélien, le front se stabilise sur le Danube. En dépit de ses succès l'empereur abandonne la province de Dacie, située au nord du fleuve, où les Goths finissent par s'installer.

Scission et ethnogenèses

La crise de l'Empire romain se termine sous Dioclétien, ce qui apaise provisoirement les tensions sur le Danube.

C'est à cette époque, autour de 290, que survient la division des Goths entre Thervingues et Greuthungues. Il importe à ce stade de préciser que les Thervingues ne se confondent pas avec les futurs Goths occidentaux, pas plus que les Greuthungues ne s'identifieraient simplement aux futurs Goths orientaux. L'ethnogenèse se produit en fait de façon plus complexe : une partie des Thervingues se mêle par la suite aux Greuthungues et à des tribus d'autres peuplades pour former les Ostrogoths, tandis que des groupes de Greuthungues participent à la formation du peuple wisigoth avec une majorité des Thervingues.

Chronologiquement, on peut affirmer que les Wisigoths se constituent au moment où des colonies s'installent dans l'Empire romain, de 376 au règne d'Alaric Ier, alors que les Ostrogoths se forment dans l'intervalle qui sépare le déclin de l'empire hunnique au milieu du Ve siècle de leur migration vers l'Italie en 489, au temps de Théodoric le Grand[14]. Les historiens actuels ne sont cependant pas unanimes quant à l'existence d'un sentiment communautaire chez les futurs Ostrogoths. Selon Heather, un fort sentiment d'appartenance communautaire peut très bien avoir existé, alors que Wolfram attribue le ciment de ces peuples à un noyau de traditions et à un petit groupe dirigeant[15].

En revanche, faire des Goths un groupe ethnique indépendant est certainement une interprétation erronée. Il suffisait probablement que les nouveaux venus se comportent de façon loyale pour pouvoir s'agréger au « noyau », peut-être simplement un groupe dirigeant, détenteur d'une sorte de légitimité traditionnelle. Dans les faits, on ne saurait affirmer de claires filiations ethniques, l'ethnicité étant soumise, particulièrement en cette fin de l'Antiquité, à d'innombrables remous. Les noms ou appellations devaient alors bien plus migrer que les peuples eux-mêmes.

Selon certains chercheurs comme Michael Kulikowski, au tournant des années 300, l'influence romaine se manifeste fortement dans l'ethnogenèse gothe, du fait que les empereurs auraient systématiquement soutenu les Thervingues, pour pouvoir s'en faire des alliés et ainsi assurer la sécurité des frontières de l'Empire, alors que se profilaient les Grandes Invasions. Ils auraient ainsi significativement contribué à l'expansion de la puissance thervingue et renforcé une identité gothe occidentale.

Greuthungues et Ostrogoths

Les Greuthungues

Bouclier gothique datant du IVe ou Ve siècle conservé à Kertch (Crimée, Ukraine).

L'événement essentiel de l'histoire des Greuthungues est leur soumission par les Huns sous le règne d'Ermanaric, vers 375.

Les Greuthungues avant l'arrivée des Huns

L'espace dominé par les Greuthungues, était probablement considérable avant l'irruption des Huns. La principale source contemporaine, Ammien Marcellin, ne donne guère d'indications sur ce point.

Les Getica de Jordanès donnent un peu plus de détails. Il indique [16], qu'Ermanaric aurait, vers la fin de son règne, vaincu les Vénètes, un peuple slave. Il cite aussi[17] quelques peuples soumis auparavant[18]. On peut identifier ceux qu'il évoque sous le nom de « Merens » et « Mordens » aux Mériens et Mordves. Les « Imniscaris » correspondent en fait aux Mechtchériens attestés dans la Chronique des temps passés de Nestor[19]. En ce qui concerne les « Vasinabroncas » ou leur variante « Vasinabrocans », on suppose qu'il s'agit d'un peuple vivant dans de riches prairies marécageuses situées dans la même région, mais que l'on ne peut localiser avec plus de précision[20]. On associe « Rogas Tadzans » au vocable goth Rōastadjans, ce qui peut désigner les riverains de la Volga, Rhös étant la déformation mordve du nom goth du fleuve[21]. Dans l'expression « golthe scytha Thiodos », si l'on écarte le terme « scythe » qui s'y est glissé ultérieurement, on obtient Golthethiodos, qui en goth signifie « peuples de l'or ». Cette appellation pourrait avoir un rapport avec l'Oural, seul lieu de la région où a été trouvé de l'or. Si l'ordre dans lequel Jordanès énumère les peuples respecte une distribution géographique, les peuples soumis par Ermanaric s'inscrivent dans l'espace montagneux ouralien allant de la Kama et de l'Oka, deux affluents de la Volga, au fleuve Oural. L'hypothèse maximaliste d'une zone d'influence gothe qui se serait étendue de la Baltique à l'Oural, est jugée excessive par la plupart des chercheurs modernes, d'autant que rien ne prouve qu'Ermanaric ait régné sur l'ensemble des Greuthungues[22].

En tout état de cause, le centre du pouvoir greuthungue se situe alors dans l'actuelle Ukraine entre le Dniestr (Tyras) et le Don (Tanaïs) et l'empire englobe d'autres groupes ethniques que les Goths. Il est en partie fondé sur le contrôle du commerce entre l'Empire romain et les régions du Nord. Il s'agit notamment d'un trafic de peaux provenant des rivages arctiques, d'or de l'Oural, de cire et de miel. Ce dernier produit est une spécialité des Mechtchériens, dont le nom d'étymologie finno-ougrienne renvoie au butinage des abeilles. Ermanaric parvient à soumettre les Hérules, qui contrôlent la sortie de la route Volga-Don, ce qui n'a de sens que sur un plan commercial. Ainsi l'empire d'Ermanaric est-il un précurseur de l'empire varègue de la fin du premier millénaire[23].

Sur le plan militaire, les Greuthungues, influencés par les peuples iraniens de la steppe, donnent un rôle essentiel à la cavalerie lourde des cataphractaires, à la différence des Thervingues chez qui l'infanterie prédomine. Le cavalier goth pratique le duel et peut parcourir de longues traites.

La guerre contre les Huns

Vers 370, les Huns soumettent les Alains et franchissent le Don, déclarant de fait la guerre à Ermanaric. Les cavaliers huns dominent largement les guerriers goths grâce à leurs arcs ultramodernes et leur tactique de l'attaque surprise. Le roi lui-même, selon Ammien Marcellus, n'aurait voulu ni en faire l'expérience, ni en assumer la responsabilité. Ayant essuyé plusieurs défaites, il choisit de mettre fin à ses jours. Son peuple choisit un successeur dans la famille royale, Withimer[24]qui meurt dans une bataille. La résistance ostrogothe s'effondre en 375.

La majeure partie du peuple passe alors sous la domination des Huns, mais un groupe important de Greuthungues et d'Alains dirigés par Alatheus et par Safrac[25] réussit à s'allier à des Huns dissidents et à échapper à cette soumission, avant de chercher refuge dans l'Empire romain en même temps que les Thervingues de Fritigern, avec lequel il s'assemble, participant ensuite à la bataille d'Andrinople contre l'empereur Valens (378).

Les Goths de Crimée

La plupart des Greuthungues soumis aux Huns les suivent dans leur migration vers l'ouest, mais une minorité reste en Crimée où elle maintiendra très longtemps une culture autonome. EnI effet la langue gothe y est encore parlée au XVIe siècle, lorsque l'ambassadeur flamand Ogier Ghislain de Busbecq rencontre ces Goths de Crimée à Istamboul. Il a retranscris quelques mots de leur langue, très proches de l'allemand contemporain, comme reghen pour pluie, stul pour chaise ou handa qui signifie mains. Ce que l'on nomme « Gotenburgen », « les forteresses gothes », notamment leur capitale Dori, sont taillées directement dans la pierre.

La Goths dans l'empire hunnique

Priscus rapporte que le goth constitue une importante langue vernaculaire dans l'empire hunnique d'Attila. D'autre part, la coutume de la turricéphalie est attestée chez les Goths vivant sous l'autorité des Huns. Les Huns adoptent des noms goths, tout comme les Goths prennent des patronymes huns.

Néanmoins, cette relation reste ambivalente, certains groupes de Goths, tels celui mené par Radagaise au début du Vème siècle, se soustrayant à tout moment, ou du moins essayant d'y parvenir, au pouvoir de leurs suzerains.

Les Ostrogoths

La fin de l'empire hunnique

Profitant du déclin du pouvoir hunnique suite à la mort d'Attila, les Gépides et d'autres peuples vassaux se libèrent lors de la bataille de la Nedao en 454. Les Goths sont alors du côtés des Huns, mais la défaite leur apporte l'indépendance. D'après certains historiens, c'est à ce moment que les Ostrogoths se constituent en groupe distinct. Tandis que les rescapés huns se replient vers l'est, les Ostrogoths concluent un traité de fédération avec l'Empire romain et s'installent en Pannonie.

En 469, à la bataille de la Bolia (de), ils battent une coalition de plusieurs tribus ennemies commandée par le skire Edecon.

Théodoric le Grand

Théodoric le Grand, fils du roi Thiudimir, est otage à la cour de Constantinople, vraisembablement de 459 à 469. Libéré, il conquiert le pouvoir sur une partie des Ostrogoths dans les Balkans et monte sur le trône en 474. Il a cependant des rivaux parmi les Ostrogoths qui ont pris place dans la haute administration byzantine, tel le chef d'état-major Théodoric Strabon (de). Ce n'est qu'après la mort accidentelle de Strabon, en 481, que Théodoric peut définitivement s'imposer.

Le royaume ostrogoth d'Italie (fin Vème -début VIème siècle)

En 488, Théodoric part pour l'Italie pour le compte de l'empereur Zénon qui compte se débarrasser des Amales. Il emmène la majeure partie des Ostrogoths contre Odoacre, qui a déposé Romulus Augustule en 476 et dirige depuis l'Italie en qualité de patrice. C'est alors que débute la bataille de Ravenne, qui durera cinq ans. Le 5 mars 493, Theodoric assassine Odoacre à Ravenne, trahissant l'accord auquel tous deux sont parvenus. Dès lors, Théodoric règne sur l'Italie en tant que « princeps Romanus » et « lieutenant de l'empereur », Constantinople devant bon gré mal gré accepter le fait accompli. Un accord provisoire entre Ravenne et Constantinople intervient en 497, dans lequel l'empereur manifeste son acceptation de l'autorité gothe ; mais cet accord ne concerne que Théodoric et nullement ses descendants.

La concurrence étant éliminée dans son propre camp, l'autorité de Théodoric se rattache aux pratiques administratives en Italie à la fin de l'Antiquité, à la fois l'aspiration à un équilibrage entre Goths et Romains, qui étaient ariens ou catholiques, et le renforcement du pouvoir par une politique matrimoniale et un jeu d'alliances. Il ne parvient néanmoins pas à empêcher l'expansion des Francs en Gaule.

Après la défaite des Wisigoths en 507, face aux Francs et aux Burgondes, seule la côte méditerranéenne reste provisoirement aux mains des Goths. En 511, Théodoric monte sur le trône des Wisigoths.

Les dernières années de Théodoric sont assombries par des fautes, comme l'exécution de Boethius. Il meurt le 30 août 526. Les années qui suivent sont troublées. Son successeur, Athalaric, petit-fils de Théodoric, n'a que dix ans et c'est sa mère, Amalasonte, qui exerce la régence avant d'être renversée en 534 par son cousin Théodat.

La reconquête de l'Italie par Justinien (535-552) et la disparition du peuple ostrogoth

Sous la conduite de l'empereur Justinien, Constantinople engage alors les hostilités contre les Goths. En 535, le général byzantin Bélisaire débarque en Sicile et lance une offensive qui lui permet d'atteindre Rome. Les Goths révoltés chassent Théodat et placent sur le trône Vitigès qui va tenir tête à Bélisaire jusqu'en 540.

En mai 540, une offensive de Bélisaire vers Ravenne lui permet de capturer le roi. Pourtant, en 541, ce qui reste de l'armée gothe porte Totila sur le trône. Celui-ci réussit, de façon totalement imprévue, à reconquérir en peu de temps une bonne partie de l'Italie. Il aura de toute évidence bénéficié de nombreux soutiens grâce au comportement détestable des agents impériaux.

Dans la décennie qui suit, le pays est tellement ravagé par la guerre que la culture italienne de la fin de l'Antiquité ne s'en relèvera pas. C'est une guerre terrible et incertaine. Bélisaire, à nouveau envoyé pour conduire l'armée impériale, ne parvient pas à prendre de décisions, disposant d'effectifs trop réduits au moment où le gros de l'armée est engagé dans une campagne contre les Perses sassanides. Il est rappelé et en 552, la nouvelle armée byzantine d'Italie, environ 30 000 soldats sous le commandement de Narsès, parvient à une victoire décisive à la bataille de Taginae.

C'est à la bataille du Vésuve à l'automne 552 qu'est mis un terme à l'agonie des Goths orientaux avec la chute de Teias. La plupart des Goths se soumettent alors à Narsès. Les rescapés se partagent entre la sujétion à Constantinople, quelques actions de résistance sporadiques et sans espoir, et l'assimilation culturelle aux Francs ou Lombards.

Thervingues et Wisigoths

Les Thervingues (IIIème et IVème siècles)

Vers la fin du IIIe siècle, les Thervingues s'installent en Dacie, province abandonnée pour des raisons stratégiques par les Romains. Il est possible qu'ils aient pour cela l'assentiment de l'empereur, qui cherche à constituer une sorte de glacis.

Ensuite, à l'exception de quelques razzias occasionnelles menées par les Thervingues, la situation reste calme jusqu'aux années précédant l'arrivée des Huns. En 332, Constantin le Grand leur impose un traité avec les Goths du Danube, par lequel ces derniers s'engagent à lui apporter une éventuelle assistance militaire et surtout à protéger le Danube des envahisseurs. Dans les années qui suivent, Wulfila, nommé évêque des Goths en 341, prêche le christianisme, mais sous la forme hérétique de l'arianisme.

Les Thervingues ont pour roi Athanaric à partir du milieu du Vème siècle. Resté païen, il organise des persécutions contre les chrétiens ; une opposition se forme, conduite par Fritigern, un noble converti au christianisme.

À partir de 365, des tensions apparaissent entre Romains et Thervingues. Athanaric soutient en effet l'usurpateur Procope ; il est nettement vaincu en 369 par l'empereur d'Orient Valens, qui par ailleurs soutient Fritigern.

Athanaric conserve cependant le pouvoir. La situation change avec l'apparition des Huns qui arrivent dans la région en 375, après avoir soumis les Greuthungues. Athanaric se montrant incapable de résister[26], en 376, la plus grande partie des Thervingues, conduits par Fritigern, obtiennent le droit de se réfugier dans l'Empire. Athanaric suivi par le reste préfère se réfugier dans les Carpathes.

Les Wisigoths dans l'Empire romain : la bataille d'Andrinople (378)

Parcours approximatif de la migration des Wisigoths. En l'espace de deux générations, de 376 à 418, ils traversent la moitié de l'Empire romain avant de se sédentariser dans les provinces occidentales.
L'entrée des réfugiés goths dans l'Empire (376)

Valens autorise les Goths de Fritigern à traverser le Danube et à s'établir en Thrace. Du fait d'une interdiction de l'administration locale, ils ne sont cependant pas désarmés[réf. nécessaire][27]. Ce sont finalement des dizaines de milliers de Goths qui passent le Danube devant des Romains totalement dépassés par des problèmes dans le ravitaillement, ceci tenant largement à leur mauvaise gestion de la logistique[réf. nécessaire]. L'armée romaine est elle-même totalement débordée et ne peut empêcher que se mêlent plus ou moins clandestinement au flot des immigrants goths nombre de membres d'autres tribus, ce qui mène bientôt à des « accrochages »[réf. nécessaire]. L'armée romaine régionale[réf. nécessaire] est vaincue et l'on voit des esclaves romains et des Goths romanisés passer dans le camp de Fritigern.

Les Greuthungues d'Alatheus et Safrac, ainsi qu'un autre groupe thervingue conduit par Farnobius[28], franchissent aussi le Danube à cette occasion, ainsi que des Alains et des fugitifs huns. C'est cet ensemble de réfugiés, qui forment la Confédération des Trois Peuples[réf. nécessaire][29], qui forme le groupe auquel on peut donner le nom de Wisigoths[30].

La bataille d'Andrinople (août 378)

L'empereur Valens marche alors sur la Thrace, à la tête de toute l'armée palatine d'Orient[réf. nécessaire], soit environ 30 000 hommes. Son neveu Gratien doit l'appuyer par le Nord, mais il est accroché à l'improviste par des Alamans dans le nord-ouest de l'actuelle Bulgarie, ce qui retarde son arrivée .

Valens décide néanmoins d'attaquer au matin du 9 août 378 à Andrinople. Les informations dont il dispose font état d'une troupe gothe de seulement 10 000 hommes. Pourtant, quand Valens arrive sur les lieux, il se heurte à une armée plus importante, retranchée derrière un redoutable cercle de chariots. Une négociation est engagée pour trouver une solution pacifique, mais elle est interrompue par deux unités romaines indisciplinées qui donnent inopinément l'assaut, entraînant le reste des troupes. Les Goths résistent si bien qu'ils obligent les Romains à reformer leurs rangs. Ils se lancent à nouveau à l'assaut du cercle de chariots fortifié.

C'est à ce moment que la cavalerie greuthungue, revenant du ravitaillement, entre dans la bataille, tandis que Fritigern tente une sortie. Les Romains sont pris en étau. Une attaque de leur aile gauche se brise sur la cavalerie greuthungue. C'est alors la débandade dans la cavalerie et la réserve tactique de l'armée romaine.

Les deux tiers de l'armée romaine, l'empereur Valens et la quasi-totalité des généraux et officiers de l'état major trouvent la mort dans cette bataille. Les unités les plus combatives de l'armée romaine d'Orient sont décimées.

Les conséquences de la bataille d'Andrinople sont multiples. Les Wisigoths sont désormais considérés comme des combattants redoutables, la christianisation est encouragée tandis que Rome se voit contrainte de faire évoluer sa politique à l'égard des Barbares déjà membres de l'Empire. Cela signifie qu'ils seront désormais intégrés et que des mesures seront prises à cet effet sur les plans économique, politique et juridique. Si l'on peut douter du fait que la bataille d'Andrinople ait été l'élément déclencheur du déclin de l'Empire, comme cela a été allégué par l'historiographie d'autrefois, il en a bien résulté une réorientation de la politique étrangère romaine. Elle se recentre alors bien plus sur la diplomatie et les contributions que sur les frappes préventives. À la base, cela tient à un cruel manque de soldats qui incite par ailleurs à la « barbarisation » de l'armée.[réf. nécessaire][31]

Représentation de Théodose Ier sur une pièce de monnaie romaine.
Le traité de 382

En octobre 382, un traité de fédération est conclu entre les Wisigoths et le nouvel empereur d'Orient Théodose Ier. Les Goths sont installés entre le Danube et le massif des Balkans en tant que fédérés ; ils reçoivent des terres fiscalement franches, mais qui demeurent romaines, et des loyers[réf. nécessaire]. En contrepartie ils doivent le service militaire ; le mariage entre Goths et Romains est interdit. Le manque de sources fiables explique que le contenu exact et la signification du traité de 382 soient controversés[32].

Le traité de 382 est à l'origine d'un rapprochement sensible entre Goths et Romains d'Orient : le symbole en est Athanaric, qui se rallie et vient finir ses jours à Constantinople ; un certain nombre de Goths entrent dans les sphères dirigeantes de l'empire romain d'Orient, et d'autres s'installent à Constantinople pour y vivre de leur travail[33]. Théodose a dans l'ensemble une attitude particulièrement favorable aux Goths.

En 394, les Goths, dirigés par Alaric sont parmi les soutiens de Théodose, sous les ordres de son commandant en chef Stilicon, dans la guerre contre l'usurpateur Eugène, créature du général Arbogast.

Les déplacements ultérieurs (395-418) ; la prise de Rome (410)

Il est probable que la pression croissante des Huns ait poussé à partir de 391 quelques clans wisigoths à migrer vers le sud. C'est dans ce contexte que Fravitta (de), chef de tribu loyal à Rome, assassine son rival Eriulf.

Lorsqu'en 395, année de la mort de Théodose, les Huns franchissent massivement le Danube, la plupart des Goths implantés en 382 fuient sous la direction d'Alaric Ier et ravagent les Balkans et le Péloponnèse. Ils ne se considèrent plus comme liés par les traités[réf. nécessaire][34] passés avec Théodose.

Vaincus par le généralissime romain Stilicon, ils obtiennent en 397 la signature d'un nouveau traité qui permet leur installation en Macédoine. Ils n'y passent que quatre années, Alaric n'ayant pas obtenu des Romains un statut et des garanties correspondant à ses attentes, compte tenu de l'aide apportée dans la lutte contre Eugène.

En 401, les Goths reprennent la route et sillonnent les Balkans et l'Italie, parvenant à Rome en 408, après la mort de Stilicon. Alaric presse Avec insistance l'empereur Honorius de s'occuper de ses hommes et de les dédommager, mais cette requête est prise à la légère et rejetée par la cour romaine (qui se trouve à Ravenne), où prédomine alors un clan hostile aux Barbares. Aussi, le 24 août 410 après deux ultimatums, les troupes d'Alaric s'emparent de Rome, qu'ils pillent pendant trois jours[35].

Le ravitaillement restant des plus précaires[36], Alaric fait alors vraisemblablement une tentative pour gagner l'Afrique du Nord, mais les bateaux lui font défaut. Il meurt lors de la retraite de ses troupes vers l'Italie du Nord.

Son successeur Athaulf conduit les Wisigoths en Gaule. Au terme de nouveaux engagements militaires, notamment vers l'Espagne et après une seconde tentative de percée vers l'Afrique du Nord, les Goths subissent en 418 une défaite face aux troupes impériales. Ils obtiennent néanmoins un nouveau traité de fédération et sont établis en Aquitaine par le général en chef Constance. c'est le début du royaume wisigoth de Toulouse[37].

Le royaume de Toulouse (418-507)

Article principal : Royaume wisigoth.
Le règne de Théodoric Ier (418-451)

Au cours des décennies suivantes, de nombreux accrochages ont lieu, opposant les Romains tantôt aux Wisigoths, tantôt à d'autres tribus germaniques, avant que la menace hunnique atteigne la Gaule. En 451, la bataille des champs Catalauniques oppose les Huns et différents groupes germaniques, notamment des Ostrogoths, au camp rassemblant Romains, Gaulois et Germains fédérés, dont les Wisigoths. Même s'il est difficile de désigner un vainqueur, l'aura d'invincibilité qui nimbait Attila s'évanouit alors. Selon la légende[réf. nécessaire], le roi des Wisigoths Théodoric Ier aurait été tué par une épée lancée par un Ostrogoth, Andagis.

Le monde méditerranéen aux environs de 450. On reconnaît les espaces colonisés par les tribus germaniques à l'intérieur de l'empire romain.
Le règne de Théodoric II (453-466)

Par la suite, le royaume wisigoth s'affermit sous le règne de Théodoric II qui impose même sur le trône impérial l'aristocrate gallo-romain Eparchus Avitus. Après la mort d'Avitus, Théodoric affronte le général en chef romain Ægidius, qui en 458 avait obligé les Wisigoths à lever le siège d'Arles. Ægidius, brouillé avec le gouvernement impérial, se replie en 461 vers le nord de la Gaule. Il est attaqué par les Wisigoths qui opèrent pour le compte de Ricimer, le véritable maître à Ravenne. Avec l'appui des Francs, Aegidius parvient à vaincre ses ennemis à Orléans en 463, créant une enclave romaine qui perdurera jusqu'en 486 dans sous l'autorité d'Aegidius, puis de son fils Syagrius.

Le règne d'Euric (466-484)

Malgré cet échec, le royaume wisigoth s'étend, sous le règne du roi Euric . Celui-ci mettant à profit la faiblesse de l'empereur romain d'Occident, ne tient plus compte du traité de fédération et s'emploie à conquérir les régions gauloises limitrophes. Non seulement les Goths ne se heurtent à aucune résistance significative, mais ils supplantent les Romains dans des secteurs que ceux-ci sont incapables de tenir. L'Hispanie ne tarde pas à tomber sous l'hégémonie wisigothe, Euric s'y installant fermement. Aussi, lorsque l'Empire romain d'Occident disparaît en 476, le Royaume de Toulouse devient de facto indépendant, et atteint son apogée en s'étendant du centre de la France actuelle (régions de la Loire) jusqu'à l'Espagne qui voit déferler deux grandes vagues[réf. nécessaire] d'envahisseurs dans les années 490.

Le règne d'Alaric II (484-507) : la fin du royaume de Toulouse

Sous le règne d'Alaric II, les Wisigoths subissent une défaite majeure lors de la bataille de Vouillé en 507, face aux Francs de Clovis, qui, en 486, a déjà conquis le royaume de Syagrius, en Gaule du Nord.

Les Francs conquièrent s'emparent ensuite de l'Aquitaine y compris Toulouse. Alaric ayant été tué au combat, son fils Amalaric prend pour un temps la succession. Les Wisigoths se retrouvent cantonnés à la péninsule ibérique mais conservent la Septimanie, grâce à l'aide des Ostrogothe de Théodoric qui veut empêcher les Francs de contrôler la côte méditerranéenne.

En 511, Théodoric se proclame roi des Wisigoths.

Le royaume de Tolède (526-711)

En 526, après la mort de Théodoric, les Wisigoths retrouvent leur indépendants.

Tolède devient le nouveau siège royal[38], succédant à Merida.

Le règne de Léovigild (567-586)

C'est seulement à partir des années 560, au terme d'une longue période de troubles, que le roi Léovigild consolide le royaume et parvient à contrôler la quasi-totalité de la péninsule ibérique. Il soumet les Cantabres et les Suèves au nord-ouest et contient les Byzantins qui, sous Justinien Ier, se sont emparés de régions méridionales autour de Carthagène[39].

Les décennies qui suivent sont émaillées de nombreuses querelles de succession. Sous l'influence romaine, la vieille royauté militaire germanique a évolué vers une monarchie élective et de puissantes familles aristocratiques s'affrontent pour le pouvoir. La maison régnante d'alors s'efforce de les contrer en instituant une monarchie héréditaire.

Fin de l'arianisme et de la langue gotique

L'Église catholique romaine représente un autre outil de pouvoir. Après de vaines tentatives pour amener la majorité de la population à l'arianisme, les rois finissent par se résoudre à prendre un virage radical : dès 587, le roi Récarède Ier se convertit au catholicisme et le IIIe Concile de Tolède en 589 fait de celui-ci la religion officielle du royaume, précipitant la disparition de l'arianisme. En outre, la nouvelle politique religieuse légalise désormais une pratique fréquente bien qu'interdite : le métissage entre Wisigoths ariens, qui représentent 2 à 3% seulement de la population totale de l'Espagne, et les autres composantes ethniques de la société. Cela entraîne également une rapide extinction de l'usage de la langue gotique au profit de la langue romane vernaculaire. Personne ne semble plus pratiquer le gotique au moment de l'invasion arabe en 711, à l'exception de la haute aristocratie. Les rois wisigoths exercent de fait pleinement leur autorité sur l'Église, sans immixtion du pape, et avec le plein consentement des évêques espagnols[40].

Le royaume de Tolède au VIIème siècle

A partir de la fin du VIe siècle, le royaume wisigoth vit un épanouissement culturel, caractérisé par une acculturation aux apports romains ; les rois eux-mêmes poursuivent jusqu'au VIIe siècle la codification du droit qui avait été entreprise par Euric.

Le roi Wamba (672-680) est le premier monarque occidental à se faire oindre, selon une pratique de l'Ancien Testament, un moyen de renforcer sa position qui sera repris quelques décennies plus tard dans le royaume des Francs.

En 710, après la mort de Wittiza, Rodéric (Rodrigo) est élu roi.

La conquêtre musulmane (711-718)

Les Musulmans, après avoir conquis toute l'Afrique du Nord, franchissent le détroit de Gibraltar avec un corps expéditionnaire d'au moins 8 000 hommes. Rodéric est vaincu à la bataille du Guadalete. Tolède tombe sans combattre. Malgré la résistance de Séville et de quelques autres grandes cités, la conquête musulmane de la péninsule ibérique est achevée en 718. En 725, les Musulmans prennent le contrôle de la Septimanie, mais concluent un accord avec un noble wisigoth nommé Théodomir (Tudmir) lui laissant le pouvoir sous contrôle musulman dans le « royaume de Tudmir (de) ».

Dans les Asturies, en principe soumises aux Musulmans, apparaît dès la fin des années 710 un foyer de résistance autour du noble goth Pélage, qui, dans les années 720 aurait infligé aux Musulmans une défaite à Covadonga. Il est à l'origine du Royaume des Asturies, dont les souverains se considéreront plus tard comme les successeurs des rois wisigoths, fondement de la future Reconquista.

La civilisation des Goths

Il est à noter qu'après leur installation, Wisigoths comme Ostrogoths, se sont plus ou moins appropriés la culture latine, même s'ils conservent des originalités. À l'inverse, dans l'Espagne médiévale, c'est la civilisation islamique qui a beaucoup emprunté aux Wisigoths, à l'image de la forme des chapiteaux sur les colonnes de leurs mosquées, ce qui est particulièrement visible en Andalousie.

Langue

Article principal : Gotique.

Le gotique est le représentant le plus significatif du rameau linguistique germain oriental, dont relèvent également le vandale et le burgonde, même s'il n'a donné naissance à aucune langue germanique actuelle. Le gotique nous est parvenu dans une version plus archaïque que le vieil anglais ou le vieux norrois par exemple, puisqu'il a acquis une forme écrite bien avant toutes les autres langues germaniques, après la traduction de la Bible par Wulfila. Celui-ci convertit les Goths à l'arianisme, une des premières hérésies du christianisme (selon le mot employé par l'église romaine) et qui contribua à stigmatiser les différences entre les Romains et les peuples germaniques dits barbares qui l'adoptèrent.

De nos jours, le gotique a totalement disparu, jusque dans les traces qu'il avait léguées au lexique des langues romanes. Il cesse d'être couramment utilisé à partir de la seconde moitié du VIe siècle en raison des défaites wisigothiques face aux Francs, de la destruction des Goths d'Italie (les Ostrogoths), de la conversion au catholicisme des Goths d'Espagne, de la latinisation et romanisation, de l'isolement géographique, etc. La langue gothe aurait néanmoins survécu au moins jusqu'au milieu du VIIe siècle en Espagne et le Franc Walahfrid Strabo mentionne qu'au début du IXe siècle, elle est encore parlée sur le cours inférieur du Danube, et il en a subsisté quelques éléments jusqu'aux XVIIe XVIIIe siècles dans le gotique de Crimée.

Religion

Une page du Codex Argenteus.

La religion originelle des Goths est à classer dans les religions germaniques. Comme pour celles-ci, il subsiste peu de sources sur la religion des Goths. Jordanès rapporte que les Goths, après une victoire, ne considéraient plus leur roi comme un homme ordinaire mais le dépeignaient comme un demi-dieu ou semidei, ansis en gotique[41]. Ce terme ansis pourrait représenter une gotisation du terme « Ases », groupe des principaux dieux de la mythologie nordique. Chez les Wisigoths, le dieu de la guerre, Týr, pourrait avoir tenu le premier rang. Rien n'atteste avec certitude de l'existence d'un Odin goth. Par ailleurs, le Danube ainsi que d'autres cours d'eau sont vénérés comme des divinités. Le dieu des fleuves fait l'objet de sacrifices humains, et des serments sont prononcés sous son invocation. Les combats s'ouvrent sur des incantations aux ancêtres et des libations d'hydromel. Dans chaque tribu, prêtres et chamans des deux sexes vénèrent des divinités locales. Pour autant, rien ne montre qu'il ait existé un culte commun à tous les Goths, voire même seulement à tous les Wisigoths.

Dès le IIIe siècle, les Goths entrent en contact avec le christianisme. En effet, des chrétiens se trouvaient parmi leurs prisonniers lors des razzias en terre romaine, et ces chrétiens entreprennent de convertir leurs ravisseurs goths. Athanaric, ennemi juré de Rome et juriste est à ce titre porte-parole des roitelets wisigoths jusqu'en 375. Au nom des divinités traditionnelles, il persécute les Goths chrétiens avant 346 et de 369 à 372.

Socialement parlant, le christianisme progresse de la base vers le sommet. Les milieux dirigeants thervingues voyaient en lui une menace à l'ordre religieux et social et soupçonnaient les chrétiens de collaboration avec les Romains. Des persécutions anti-chrétiennes s'ensuivent. C'est ainsi qu'Athanaric les fait brûler dans leurs maisons, tandis qu'un autre Goth, Winguric, les immole par églises entières. Au fil de ces tensions qui altèrent profondément la politique intérieure, Fritigern, le rival d'Athanaric passé à l'arianisme, s'allie à l'empereur Valens et figure désormais aux côtés de Rome. Lors des affrontements inter-goths de 367, Athanaric parvient à s'imposer face à Fritigern, ce qui ne manque pas d'avoir des répercussions sur les relations avec Rome et d'aggraver la condition des chrétiens.

L'évêque goth Wulfila et ses aides rédigent la première Bible germanique après avoir fui les premières persécutions dans le royaume des Goths, et s'être installé sous la protection de l'empereur romain Constance II le long de la rive droite du Danube inférieur. Il l'écrit de 350 à sa mort en 383, en s'appuyant sur des éléments déjà traduits par des missionnaires latins et grecs. L'exemplaire le mieux conservé est le Codex Argenteus, une pièce royale rédigée à l'encre d'argent et d'or sur un vélin teint en pourpre, témoin de l'importance accordée à ces efforts fondateurs de l'identité au VIe siècle. Wulfila lui-même a vraisemblablement été baptisé à sa naissance avant d'être éduqué dans trois langues et de recevoir une formation rhétorique. C'est probablement aux alentours de 341 qu'il a été ordonné évêque des chrétiens en pays goth.

On ne sait pas grand chose de la christianisation des Ostrogoths. Les Goths de Pannonie sont encore réputés ariens au temps de Théodoric le Grand.

Les clans

On connaît quatre lignées royales chez les Goths : les Amales, les Balthes, les Berig et les Geberic. L'ancêtre fondateur de la lignée semi-divine des Amales serait Amal, arrière-petit-fils légendaire de Gapt, et dont le propre arrière-petit-fils serait Ostrogotha, le « Père des Ostrogoths ». Cassiodore les rattache aux Ases, divinités nordiques. Le premier Amale historiquement attesté est Ermanaric, et un autre illustre représentant de ce clan sera Théodoric le Grand. La geste des héros germaniques a gardé le souvenir de cette lignée sous le nom d'Amelungen. Les Balthes wisigoths (les « audacieux », à rapprocher de l'anglais « bold ») interviennent en seconde position. C'est parmi eux que l'on trouve Alaric Ier, Ricimer et Geisalic. Des Berig il ne nous reste trace que de Bérig lui-même, d'un certain Gadarig (dont on ne sait rien par ailleurs) et de Filimer. Quant aux Geberic, outre l'éponyme, il y avait probablement Cniva. L'historiographie à visée politique a retenu les Amales et les Balthes comme souverains légitimes respectifs des Ostrogoths et Wisigoths.

Mise en place de l'autorité

L'espace de souveraineté des Goths est la gutþiuda, divisée en tribus. Ces dernières sont dirigées par des chefs, les reiks, qui ont accès au gafaúrds, le conseil. En cas de danger, un homme de loi, le kindins est désigné. Celui-ci ou le conseil nomme un général, le drauhtins, pour diriger les opérations militaires. C'est l'aristocratie qui détient l'autorité civile, la gards, comme dans le château, le baúrgs, concurremment avec les haims, représentants de la collectivité villageoise.

Au fil du temps, et notamment à l'occasion des migrations, la composante militaire de la monarchie germanique s'impose : c'est l'assemblée des guerriers qui « hisse sur le pavois » le roi, appelé þiudans, une formule qui passera dans le langage courant. Cette évolution aboutit in fine à une concurrence entre monarchie élective et monarchie héréditaire chez les Wisigoths espagnols.

A contrario, le roi ostrogoth Théodoric le Grand se définissait comme citoyen romain et roi latin, Flavius rex, car il avait l'ambition d'inscrire l'histoire gothe comme un chapitre de l'histoire romaine.

Postérité

Mausolée de Théodoric le Grand à Ravenne.

La fuite de la noblesse wisigothe dans les Asturies est devenue partie intégrante de l'histoire espagnole. L'héritier du trône d'Espagne porte encore de nos jours le titre de « Prince des Asturies », quand bien même les Asturies n'ont jamais été une zone de colonisation wisigothe. Déjà auparavant, le principal noyau de Wisigoths implanté autour de Tolède s'était très largement romanisé, ce qu'atteste l'absence de traces de leur culture dans les fouilles archéologiques sur les niveaux de VIIe et VIIIe siècles. La population métissée sous le royaume wisigoth va partiellement s'islamiser sous l'émirat, ou plus tard sous le califat de Cordoue. On appellera Mozarabes ceux des chrétiens qui resteront sous l'autorité musulmane.

Au Moyen Âge, l'invocation des Goths va servir à légitimer sur un plan historique la Reconquista et la recolonisation de régions dépeuplées. Plus tard, au XVe siècle et jusqu'à l'époque moderne, certains Espagnols vont même se réclamer de Goths de Suède en s'appuyant sur l'œuvre de Jordanès, alors que le lien est pour le moins discutable, que ce soit avec les Guten installés dans le Gotland, en Suède méridionale, avec les Gauten de l'Östergötland et du Västergötland ou avec l'épopée de Beowulf.

Il ne fait aucun doute que le chef d'œuvre des Goths sur le plan artistique est le Codex Argenteus, la « Bible d'argent », rédigée à l'encre d'argent et d'or sur du parchemin teint au pourpre. Ce manuscrit d'une valeur inestimable, pièce majeure de l'Antiquité tardive, remonte au début du VIe siècle et est aujourd'hui conservé à Uppsala. En 1970, un feuillet unique a été découvert dans un reliquaire de la cathédrale de Spire.

Le trésor de Pietroasa, découvert en 1837, représente l'une des plus belles découvertes que l'on puisse attribuer aux Goths. Il est aujourd'hui conservé au Musée national de Bucarest. Il a vraisemblablement été soustrait à la curiosité des Huns. On y trouve de nombreux récipients d'argent, ainsi que les célèbres broches aquilines. Depuis l'époque de la Mer Noire, l'aigle constituait le symbole goth par excellence.

Le Mausolée de Théodoric à Ravenne ressemble un peu au tombeau de Constantin. Cependant les ossements de Théodoric ont disparu.

Le trésor mis au jour à Guarrazar, près de Tolède, contient entre autres les couronnes de sacre de deux rois wisigoths.


Bibliographie

Sources anciennes

Études contemporaines

En français[42]
  • Alain Chauvot, "Les migrations des Barbares et leur conversion au christianisme", dans J,-M, Mayeur (dir,), Histoire du christianisme tome 2, Desclée, 1995, p, 861-882,
  • Ferdinand Lot, La Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, Editions Albin Michel, coll, « L'Evolution de l'humanité », Paris, 1968, 566 p,
    Bien qu'assez ancien (première édition en 1927), cet ouvrage ne paraît pas présenter de discordances frappantes avec la page ci-dessus, en ce qui concerne la période postérieure au IIIème siècle.
En anglais
  • Sam Barnish, Federico Marazzi (Hrsg,), The Ostrogoths from the Migration Period to the Sixth Century, Londres, 2007,
  • Thomas S, Burns, A History of the Ostrogoths, Bloomington, 1984,
  • Arne Søby Christensen, Cassiodorus, Jordanes and the History of the Goths, Studies in a Migration Myth, Museum Tusculanum Press, Copenhague, 2002 (ISBN 87-7289-710-4)
  • Peter J, Heather, Goths and Romans 332–489, Clarendon Press, Oxford, 1994 (ISBN 0-19-820535-X)
    Intéressant particulièrement sur le plan des relations gotho-romaines, une approche parfois différente de celle de Wolfram.
  • Peter J, Heather, The Goths (The Peoples of Europe), Blackwell, Oxford, 1996, 1998 (ISBN 0-631-20932-8)
  • Michael Kulikowski, Rome's gothic wars, from the third century to Alaric, Cambridge Univ, Press, Cambridge (Massachussets), 2007 (ISBN 0-521-84633-1)
En allemand
  • Article "Goten", dans Reallexikon der Germanischen Altertumskunde (RGA), vol. 12, Walter de Gruyter, Berlin-New York, 1998, pp. 402–443 (ISBN 3-11-016227-X)
    (Une introduction essentielle et des références bibliographiques fournies,)
  • Volker Bierbrauer, "Archäologie und Geschichte der Goten vom 1.-7. Jahrhundert", dans Frühmittelalterliche Studien, volume 28, de Gruyter, Berlin, 1994, pp. 51–171 (ISSN 0071-9706)
    Un apport important fondé sur l'archéologie.
  • Dietrich Claude, Geschichte der Westgoten, Stuttgart, 1970
  • Christoph Eger, "Westgotische Gräberfelder auf der Iberischen Halbinsel als historische Quelle, Probleme der ethnischen Deutung", dans Cum grano salis, Likias, Friedberg, 2005, pp. 165-181 (ISBN 3-9807628-5-8)
  • Wolfgang Giese, Die Goten, Kohlhammer-Urban Taschenbücher, Stuttgart, 2004 (ISBN 3-17-017670-6)
    Un bon état des lieux de l'état actuel des connaissances, clair et concis.
  • Gerd Kampers, Geschichte der Westgoten, Ferdinand Schöningh, Paderborn 2008 (ISBN 978-3-506-76517-8),
    Un panorama à jour et relativement synthétique.
  • Michael Kulikowski, Die Goten vor Rom, Theiss, Stuttgart 2009 (ISBN 978-3-8062-2198-5)
    Une vision d'ensemble sous la plume d'un historien qui remet en question nombre d'analyses de ses prédécesseurs (Heather, Bierbrauer, Wolfram) et tient notamment pour une fable la prétendue migration massive des Goths avant 200.
  • Herwig Wolfram, Die Goten, 4e édition, C,H, Beck, Munich 2001 (ISBN 3-406-33733-3)
    Travail essentiel, mais en partie contesté, marchant sur les traces de Reinhard Wenskus.
  • Herwig Wolfram, Gotische Studien, Volk und Herrschaft im Frühen Mittelalter, Beck, Munich 2005 (ISBN 3-406-52957-7)
En d'autres langues
  • (es) José Orlandis, Historia del Reino Visigodo Español, Ediciones Rialp, Madrid, 1988, 2003 (ISBN 84-321-3469-4)
    Fondamental sur le royaume de Tolède.

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

Notes et références

  1. Et [ɔstʁɔgo], [vizigo].
  2. L'article « Goths » du Reallexikon der Germanischen Altertumskunde présente un panorama sommaire. Wolfram et Heather sont un peu plus détaillés.
  3. Rudolf Much: Ostgoten. In: Reallexikon der Germanischen Altertumskunde (RGA), vol. 3 &nbsp, 1ère édition, Strasbourg 1915-16, p.389 &nbsp, §10f. (une étude d'ethnonymie exhaustive).
  4. Albert Greulich, Herwig Wolfram: Ostgoten. In: Reallexikon der Germanischen Altertumskunde. Tiré de Heinrich Beck, Dieter Geuenich, Heiko Steuer. 2ème édition , vol. 22, De Gruyter, Berlin – New York 2003 (ISBN 3-11-017351-4), p 344 &nbsp.
  5. Cette chronologie est très incomplète ; elle ne parle pas des Greuthungues et des Thervingues et ne parle presque que des Ostrogoths.
  6. Il y a des correspondances intéressantes entre le gotique, la langue des Goths, et le gutnisk, le dialecte suédois du Gotland
  7. En ce qui concerne la problématique des Getica de Jordanès en tant que source, cf Heather: Goths and Romans, p. 3 sqq. Ainsi que l'analyse exhaustive de Christensen: Cassiodorus, Jordanes and the History of the Goths.
  8. Outre Christensen, op. Cit., voir également Walter A. Goffart: Barbarian Tides: The Migration Age and the Later Roman Empire. Philadelphia 2006, p. 56 sqq.
  9. La mention concernant le roi Filimer se trouve-t-elle dans Jordanès, ou vient-elle d'une autre source ?
  10. gotique:gutans, Gutans
  11. article Goten, dans RGA, vol 12, p. 412 sqq. 428. (avec une bibliographie développée). Se reporter également à
    • Bierbrauer, Archäologie und Geschichte der Goten, p. 75 sqq.;
    • Rolf Hachmann, Die Goten und Skandinavien, Berlin, 1970 ;
    • Heather, The Goths, p. 11sqq. ;
    • Walter Pohl, Die Völkerwanderung,Stuttgart, 2002, p. 44sqq.
    • Herwig Wolfram, Die Goten, p. 50.Herwig Wolfram admet que l'on manque d'une preuve archéologique, mais croit cependant qu'un groupe mineur d'origine scandinave,pourrait bien avoir contribué à l'ethnogenèse des Goths dans le bassin de la Vistule
  12. Bierbrauer: Archäologie und Geschichte der Goten. p. 75 sqq.
  13. Les principaux avocats actuels de la thèse traditionnelle établissant le lien entre les deux cultures comme justificatif des migrations gothes sont M. Kazanski et V. Bierbrauer. S. Brather et surtout M. Kulikowski sont très sceptiques sur ce point.
  14. cf. Peter Heather, Goths and Romans, en résumé p. 309sqq.
  15. cf. Les points de vue de Peter J. Heather et Herwig Wolfram.
  16. Chapitre 119.
  17. Chapitre 116.
  18. Habebat si quidem quos domuerat Golthescytha Thiudos Inaunxis Vasinobroncas Merens Mordens Imniscaris Rogas Tadzans Athaul Navego Bubegenas Coldas.
  19. Cf. Joos J. Mikkola, "Die namen der völker Hermanarichs.", dans : Finnisch-Ugrische Forschungen: Zeitschrift für finnisch-ugrische Sprach- und Volkskunde. cahier XV, 1915, pp. 56–66. Les noms des peuples d'Ermanaric in Recherches finno-ougriennes : Revue de linguistique et d'ethnographie finno-ougrienne
  20. Theodor von Grienberger: Ermanariks Völker. In: Zeitschrift für deutsches Altertum. (Revue d'Antiquité allemande) vol.39, 1895, pp. 154–184.
  21. Gottfried Schramm, Altrusslands Anfang. Historische Schlüss aus Namen, Wörtern und Texten zum 9. und 10. Jahrhundert, Fribourg en Brisgau, 2002, p. 54.
  22. cf par ex. Heather, Goths and Romans, p. 88 sqq.
  23. Gottfried Schramm, Altrusslands Anfang. Historische Schlüss aus Namen, Wörtern und Texten zum 9. und 10. Jahrhundert, Fribourg en Brisgau, 2002, p. 56.
  24. Ferdinand Lot, page 207.
  25. Ibidem
  26. En ce qui concerne les confrontations armées, voir. Bernard S. Bachrach, Some Observations on the "Goths" at war, dans: Francia 19/1, 1992, pp. 205-214.
  27. Cette phrase est incompréhensible.
  28. Ferdinand Lot, page 208.
  29. Pour la période, Heather, Goths and Romans, et aussi Michael Kulikowski, Rome's Gothic Wars, Cambridge 2006 (jusqu'au sac de Rome, en 410). Pour les Wisigoths, lire également Kampers, Westgoten. Il serait cependant nécessaire de référencer l'appellation "Confédération des Trois Peuples", qui n'apparaît nulle part ailleurs, ni dans Wikipédia, ni sur Internet.
  30. Ferdinand Lot, page 208;
  31. Ce passage n'est pas toujours trés clair (quel est le rapport entre la bataille et la christianisation et est un peu général.
  32. Cf. Hartmut Leppin, Theodosius der Große, Darmstadt 2003, p. 45 sqq.
  33. Ferdinand Lot, page 210.
  34. Y a-t-il d'autres traités que celui de 382 ?
  35. Mischa Meier, Steffen Patzold: August 410 – Ein Kampf um Rom. Stuttgart 2010 .
  36. L'Italie, et surtout Rome, importe son blé, notamment d'Afrique du Nord
  37. Il y a controverse sur ce qu'ont obtenu les Goths : un tiers du pays ou des impôts, cf Walter A. Goffart, Barbarians and Romans, Princeton 1980, p. 103 sqq. Cf également Herwig Wolfram, Die dauerhafte Ansiedlung der Goten auf römischem Boden. Eine endlose Geschichte, in: Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung 112 (2004), pp. 11–35.
  38. À propos royaume de Tolède, voir Kampers, Westgoten, p. 155sqq.
  39. Les dernières forteresses byzantines disparaissent seulement dans les années 620
  40. cf. Giese, Goten, p. 163sqq.
  41. Voir Getica 13
  42. Il me semble qu'un peu plus de références en français, quoique d'une affligeante banalité, ne seraient pas malvenues !



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