Asie Mineure

Anatolie

L'Anatolie ou Asie Mineure se situe à l'est du Bosphore, entre la mer Noire et la Méditerranée

L’Anatolie (ἀνατολή, « Orient » en grec, anadolu en turc), connue également sous le nom d'Asie Mineure, est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie.

Elle correspond aujourd’hui à la partie asiatique de la Turquie (96 % du territoire total de la Turquie, les 4 % restants étant situés en Thrace). Le terme d'Asie Mineure est encore très courant de nos jours. Anatolie, en grec ancien, veut dire « le pays où le Soleil se lève ».

Sommaire

Histoire

Origine et Antiquité

L’Anatolie a vu s’épanouir plusieurs civilisations et ce dès la préhistoire. Parmi les sites néolithiques on peut citer Çatal Hüyük, Cayönü, Nevali Cori, Hacilar, Göbekli Tepe et Mersin. L’occupation du site mythique de Troie, situé à l’ouest de l’Anatolie, débute aussi pendant le Néolithique.

Parmi les civilisations et les peuples qui se sont installés ou ont conquis l’Anatolie, il convient de citer : les Hattis, les Hittites, les Phrygiens, les Cimmeriens, les Perses, les Galates (peuples celtes), les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Goths, les Byzantins et les Ottomans.

Ces peuples sont d’origines ethniques et linguistiques très diverses, ce qui se ressent dans le patchwork linguistique qui s’est succédé dans la région. Ainsi, au début de la période historique, les Anatoliens parlaient non seulement des langues indo-européennes et sémitiques, mais aussi de nombreuses langues isolées et difficiles à rattacher à des familles.

Certains auteurs ont proposé l’Anatolie comme foyer originel des langues indo-européennes hittites et louvite et source du rayonnement de celles-ci. D’autres auteurs ont proposé une origine anatolienne aux Étrusques de l’Italie antique. Ces deux positions sont fortement contestées et minoritaires.

La plus importante des civilisations qui s’y développa fut celle des Hittites (de -1900 à -1200).

Ce sont eux qui vont faire une découverte encore plus importante que le bronze, l'étain et le plomb. En chauffant certaines pierres rouges, ils vont découvrir le fer, plus dur que le bronze, qui va le remplacer pour la confection d'armes et d'outils. Fondateurs du premier grand État centralisé d'Asie Mineure, les Hittites se partagèrent avec les Égyptiens l'hégémonie du Proche-Orient. Pendant quatre siècles, ils ont influencé la politique dans le monde méditerranéen. Spécialistes de l'art militaire, ces guerriers ont sans doute inventé le char de combat et gravé dans la pierre la première langue indo-européenne. La Porte royale de Hattusha, capitale hittite (1500 avant J.-C.), était formée de blocs cyclopéens. La ville de ce premier État centralisé du monde méditerranéen fut détruite par les Peuples de la mer.

Cette région est aussi historiquement peuplée en grand nombre par les Arméniens : ceux-ci pourraient êtres d'origine thraco-phrygienne et se seraient déplacés vers le centre de l'Anatolie, puis vers le Caucase (et l'Arménie historique, dont seulement 1/10 du territoire correspond au pays actuel, jouxtait l'Anatolie centrale, d'autre part, l'Arménie mineure se situait presque au centre de l'Anatolie[1],[2].

Elle vit ensuite fleurir les empires de Troie du XVe au Xe siècle av. J.-C., et de Lydie (du Xe au VIe), les colonies grecques d'Ionie, d'Éolie et de Doride, puis les royaumes de Bithynie, de Paphlagonie, de Pont et de Cappadoce, qui, après avoir été longtemps indépendants, furent tous réunis à l'empire du roi de Perse (548 av. J.-C.).

Sous la domination persane, l'Asie Mineure forma quelquefois une seule satrapie et une espèce d'apanage, notamment sous Artaxerxès II Mnémon (-404 à -401), qui la donna à son frère Cyrus le Jeune.

Conquise par Alexandre le Grand, elle échut après sa mort à Antigone le Borgne et, après la mort de ce dernier, elle passa sous le joug des Séleucides. Néanmoins, il s'y forma bientôt plusieurs royaumes indépendants : Pont, Cappadoce, Bithynie, Pergame, Galatie, Paphlagonie, etc. Ces royaumes subsistèrent jusqu'à la conquête de l'Asie Mineure par les Romains, qui y pénétrèrent pour la première fois en l'an 189 av. J.-C. et ne la soumirent tout entière qu'au Ier siècle de notre ère. Au IVe siècle, lors du partage de l'empire, l'Asie Mineure, comprise dans l'empire d'Orient, forma le diocèse d'Asie et la plus grande partie des diocèses du Pont et d'Orient.

Moyen Âge et époque moderne

Les califes en conquirent une partie au VIIe siècle ; les Turcs Seldjoukides s'y établirent au XIe siècle et y fondèrent l'empire de Roum ou d'Iconium (Konya), ne laissant aux empereurs grecs qu'un tiers du pays. Après 1204, l'Asie grecque forma les deux empires de Nicée et de Trébizonde.

À la chute des Seldjoukides, dix petites principautés s'établirent sur leurs débris. Enfin de 1381 à 1387, Murad Ier, fils d'Orhan, soumit toute l'Asie Mineure, qui fut rattachée à l’Empire ottoman jusqu'au traité de Sèvres en 1920.

Entre 1915 et 1916, les deux-tiers des Arméniens d'Anatolie se font déporter et massacrer méthodiquement dans les déserts de Syrie et de Mésopotamie sur l'ordre du gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman. Ce fait constitue le premier génocides du XXe siècle, avec 1 200 000 morts[3].

Selon les statistiques officielles du Patriarcat œcuménique de Constantinople, 750 000 Grecs — principalement des côtes de la Propontide — sont également déportés, de 1913 à 1918, vers l'intérieur du pays dans des « camps de travail[4] » (amele taburu). 250 000 personnes y moururent. Après une courte occupation par la Grèce de la région de Smyrne entre 1919 et 1922, la totalité de l'Asie Mineure est attribuée à la République de Turquie en 1923. La population considérée comme grecque et qui n'avait pas déjà émigré (ou péri) est alors expulsée (Grande Catastrophe).

Aujourd’hui une grande partie des habitants y parlent le turc et on y trouve encore une importante communauté kurde, majoritaire dans le sud-est de la région, près des frontières avec l’Iran et l’Irak.

L'Asie Mineure

Sous l'antiquité, tout le rivage occidental était occupé par les colonies grecques : les Éoliens au nord, les Ioniens au centre, en Lydie, les Doriens au sud, y avaient fondé des villes qui le disputaient, pour la richesse, la civilisation et la puissance, à celles de la Grèce : telles étaient Éphèse, Phocée, Milet, Smyrne, Halicarnasse, Lampsaque et Cnide.

Les autres villes importantes étaient :

Les îles principales qui en dépendaient sont celles de Lesbos, Chios, Cos, Samos, Rhodes, sur la côte occidentale, Chypre au sud.

Sur la côte sud de la Turquie, certains sites archéologiques ne sont accessibles que par la mer (notamment la crique de Kekova).

Langage écrit

Si la Mésopotamie fut le berceau de l'écriture, les civilisations anatoliennes jouèrent un rôle déterminant dans l'évolution du langage écrit. Ce fut d'abord le règne du cunéiforme de style assyrien (signes gravés, de la forme d'un coin), puis s'imposèrent les hiéroglyphes, signes figuratifs ou idéographiques. Les Hittites maîtrisèrent les deux modes de graphisme. L'alphabet grec fut très tôt adopté dans les royaumes de l'Asie Mineure antique.

Source

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Notes et références

  1. Claude Mutafian & Éric Van Lauwe, Atlas historique de l'Arménie, collection Atlas / Mémoires
  2. Annie et Jean-Pierre Mahé, L'Arménie à l'épreuve des siècles, éditions Gallimard, collection « Découvertes ».
  3. Yves Ternon, Les Arméniens, histoire d'un génocide, Éditions du Seuil, 2006.
  4. http://www.ime.gr/chronos/13/en/foreign_policy/choros/06.html (anglais)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Notes et références


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