Allemand
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue allemande. Pour les autres significations du mot « allemand », voir Allemand (homonymie).
Allemand
Deutsch
Parlée en Drapeau d'Allemagne Allemagne
Drapeau d'Autriche Autriche
Drapeau de Suisse Suisse
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein
Drapeau de Belgique Belgique
Drapeau d'Italie Italie
Drapeau de Namibie Namibie
Drapeau de Mongolie Mongolie[1]
Nombre de locuteurs 125 millions
Typologie V2 et SOV flexionnelle accentuelle
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Drapeau d'Autriche Autriche
Drapeau de Belgique Belgique
Drapeau d'Allemagne Allemagne
Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
POL województwo opolskie flag.svg Voïvodie d'Opole, Pologne
Sopron wappen.JPG Ville de Sopron, Hongrie
Drapeau de Suisse Suisse
KrahuleWappen.gif Krahule/Blaufuß, Slovaquie

Blumenau

Flag of Trentino-South Tyrol.svg Trentin-Haut-Adige, Italie
Drapeau de Namibie Namibie (langue co-officielle régionale)

Drapeau du Vatican Vatican (langue officielle de la garde suisse pontificale)

Codes de langue
ISO 639-1 de
ISO 639-2 ger, deu
ISO 639-3 deu
Linguasphere 52-ACB-d
jusqu'à 52-ACB-i
IETF de
Échantillon
Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Artikel 1

Alle Menschen sind frei und gleich an Würde und Rechten geboren. Sie sind mit Vernunft und Gewissen begabt und sollen einander im Geist der Brüderlichkeit begegnen.
Carte du monde où on parle l'allemand.
Connaissance de l'allemand dans l'Union Européenne et quelques pays voisins.

L’allemand (Deutsch en allemand) est une langue indo-européenne appartenant à la branche occidentale des langues germaniques. Avec plus de 100 millions de locuteurs, l'allemand est l'une des langues les plus parlées en Europe et la plus parlée au sein de l'UE. Du fait de ses nombreux dialectes, l'allemand constitue dans une certaine mesure une langue-toit.

Sommaire

Répartition géographique

L'allemand n'est langue officielle d'aucun État fédéré des États-Unis malgré une assertion récurrente fondée sur une confusion historique[2].

Populations germanophones, c'est-à-dire parlant l'allemand standard ou l'un des dialectes allemands, classées par nombre estimé de locuteurs.
Pays Nombre de locuteurs Remarque
Allemagne 82 250 000 langue officielle
Autriche 8 123 000 langue officielle
Suisse 5 200 000 langue co-officielle
États-Unis 2 000 000
Brésil 1 900 000
France 1 400 000 [3] langue régionale (Alsace-Moselle)
Russie 850 000
Kazakhstan 350 000
Italie 300 000 langue régionale
Argentine 300 000
Luxembourg 300 000 langue co-officielle
Canada 250 000
Chili 200 000
Pologne 190 000
République tchèque et Slovaquie 150 000
Australie 150 000
Paraguay 150 000
Hongrie 145 000
Kirghizistan 100 000
Belgique 73 100[4] langue co-officielle
Roumanie 70 000
Bolivie 50 000
Afrique du Sud 45 000
Ouzbékistan 40 000
Pays-Bas 40 000
Mexique 40 000
Ukraine 38 000
Équateur 32 000
Liechtenstein 30 000 langue officielle
Namibie 30 000 langue co-officielle régionale
Uruguay 28 000
Danemark 20 000
Slovénie 20 000
Croatie 11 000
Belize 10 000
Moldavie 7 000
Lettonie 4 000
Lituanie 2 000
Togo 1 500

Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.

Langues dérivées

  • Le yiddish est une langue dérivée du moyen-haut-allemand médiéval, dans lequel ont été introduits des mots d'origine slave ou hébraïque.
  • L'unserdeutsch est un créole formé à partir d'un lexique allemand.
  • Le suisse allemand : les Suisses parlent de multiples dialectes germaniques, parfois assez différents entre eux. En revanche, les documents officiels, la presse, l'édition et l'enseignement utilisent principalement l'allemand standard.

Histoire

Animation montrant le développement de l'aire linguistique allemande à travers le temps.

Première mutation consonantique

Articles détaillés : Loi de Grimm et Loi de Verner.

Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du Ve siècle av. J.‑C., naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :

  • k → h : cor en latinHerz en allemand, heart en anglais, hart en néerlandais
  • p → f : pater en latin — Vater en allemand, father en anglais, vader en néerlandais
  • t → th : tres en latin — drei en allemand, three en anglais, drie en néerlandais
  • d → t : decem en latin — zehn en allemand, ten en anglais, tien en néerlandais
  • g → k : gula en latin — Kehle en allemand, keel en néerlandais
  • bh → b : bhrātā en sanskrit (frater en latin) — Bruder en allemand, brother en anglais, broeder en néerlandais
  • dh → d : adham en sanskrit — Tat en allemand, deed en anglais, daad en néerlandais
  • gh → g : *ghostis en indo-européen (hostis en latin) — Gast en allemand et en néerlandais, guest en anglais

Seconde mutation consonantique

Article détaillé : Seconde mutation consonantique.

On commence à parler de langue allemande (ou, en linguistique « haut-allemand ») lorsque les dialectes parlés dans le sud-ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le VIe siècle), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand).

Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais [5]:

  • k → ch : ikich (je) ; ookauch (aussi) ; make/makenmachen (faire)
  • d → t : dag/dayTag (jour) ; bed/bedBett (lit); do/doentun (faire)
  • t → s : what/watwas (quoi) ; street/straatStraße (rue) ; eat/eetessen (manger)
  • t → (t)z : sit/zittensetzen (être assis) ; two/tweezwei
  • p → f : sleep/slapenschlafen (dormir) ; ship/schipSchiff (bateau) ; help/helpenhelfen (aider)
  • p → pf en début de mot : pepper/peperPfeffer (poivre) ; paardPferd (cheval)
  • v, w, f → b : beloven/believebelauben (promettre, croyance) ; avond/eveningAbend (soir)

pour résumer, *k / *p / *t ➜ ch / pf (ou f) / ts (ou s)

Les dialectes du nord qui n'ont pas ou peu subi cette seconde mutation phonétique sont qualifiés de bas-allemand. Cette appellation est jugée abusive par certains linguistes, notamment néerlandais (qui ne sont pas « allemands »). Mais le terme « allemand » n'est ici qu'un terme linguistique, un peu comme « roman », « slave » ou « scandinave ».

Moyen Âge

Entre le Xe siècle et le XVe siècle eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononciation en utilisant la langue française):

  • û (ou), → au (aou): hūsHaus (maison) ; mūsMaus (souris)
  • î, (î) → ei (aille) : wīseWeise (manière) ; zītZeit (temps)
  • iu (û) → eu (≈oï): liuteLeute (des gens) ; hiuteheute (aujourd'hui)

Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et parfois mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le XIIIe siècle, bien que l'influence sur la langue vulgaire fût quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :

Influence de la Réforme

En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fût pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le XIVe siècle — il n'en reste pas moins que la Réforme protestante contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne, qui finit par l'adopter.

Mais, jusqu'au début XIXe siècle, le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Sud, apprenaient comme une langue étrangère.

L'allemand en Europe centrale

Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du XIXe siècle, les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.

Normalisation de l'orthographe et de la grammaire

Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1860, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. La normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.

Classification

C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.

Langues régionales

bas-allemand

haut-allemand

Écriture

L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole graphique spécial ß, eszett ou scharfes S (ligature de S long et de « s » ou « z ») , utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, qui sont différentes versions de l'alphabet latin.

Orthographe

L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Mais les fortes disparités régionales dans la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les principales difficultés orthographiques de l'allemand résident dans :

  • les Fremdwörter (mots d'origine étrangère) : ils sont souvent écrits conformément au mot d'origine (par ex. Milieu, Mayonnaise) mais la récente réforme de l'orthographe (voir plus loin) autorise la germanisation des termes importés comme l'écriture de Jointventure en un mot ;
  • les lettres ä et e (e ouvert ou fermé), dans certains cas homophones et dans d'autres de prononciations voisines (par ex aufwendig dérivé de Aufwand, où l'orthographe réformée permet d'aussi écrire aufwändig) ;
  • la distinction entre consonne simple et consonne double qui, dans un nombre limité de mots et contrairement à la règle habituelle, n'a pas d'influence sur la longueur de la voyelle (par ex. Tip mais tippen, Platz [tz est considéré comme un double z] mais plazieren) (voir plus loin : Prononciation) ;
  • la séparation entre les mots (par ex. radfahren « aller à vélo » à côté de Auto fahren « aller en voiture ») et la (non-)capitalisation de certaines expressions (par ex. im dunkeln lassen « laisser incertain » à côté de (jemanden) im Dunkeln lassen « laisser (quelqu'un) dans un endroit obscur »).

Afin de supprimer une partie des difficultés décrites ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et est devenue obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901 et portait entre autres sur la suppression du h dans Thor et sur l'ajout du e pour les voyelles longues et accentuées dans la conjugaison des verbes, par exemple kritisirtkritisiert).

Les principaux changements concernent :

  • l'homogénéisation de la graphie des mots de même famille (aufwändig de Aufwand, mais toujours aufwenden) ;
  • l'utilisation du ß uniquement après les voyelles longues et les diphtongues (on aura alors toujours der Fuß, die Geiß, mais der Fluss, ce qui est analogue aux règles pour les autres consonnes) ;
  • dans les mots composés (voir agglutination/Linguistique), aucune lettre ne sera plus supprimée (Geschirr + Rückgabe > Geschirrrückgabe ou, alternativement, Geschirr-Rückgabe) ;
  • la généralisation plus exhaustive de l'écriture en plusieurs mots des expressions figées (auseinander reißen), ce qui est la chose la plus critiquée et qui a aussi créé des nouveaux problèmes : « Furcht erregend » (intimidant, traditionnellement « furchterregend ») mais toujours « noch furchterregender » (encore plus intimidant)
  • la systématisation de la capitalisation des substantifs (der Dritte) ;
  • la simplification de la césure et de l'emploi de la virgule ;
  • la simplification (phonétisation) de termes issus du grec et l'abandon du ph (Fotografie)

Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le parlement régional) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie conventionnelle.

Prononciation

Article détaillé : Prononciation de l'allemand.

Contrairement à des langues telles que l'anglais, l'allemand classique (Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit et contient très peu d'exceptions (les sons se prononcent souvent de la même façon), hormis pour les mots d'emprunt. Presque toutes les voyelles se prononcent clairement, voire longuement, même sans être suivies de lettre muette servant à insister sur la lettre précédente.

Toutefois, les francophones qui apprennent l'allemand rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous.

Tous les sons n'y figurant pas se prononcent toujours de la même manière qu'en français (a, b, d, f, i, k, l, m, n, o, p, ph, q, r, t, x).

Lettres à umlaut (notre « tréma » français)

  • Ä - ä correspond au [ɛ] ~ è français : Ärzte, März, Länder, zählen, Träger, schämen, Männer, Bär
  • Ö - ö correspond au [ø] ~ eu français (plus ou moins) : öffnen , Österreich, Höhle, Hölle, Höhe, König, Vögel
  • Ü - ü correspond au [y] ~ u français : über, für, Tür, Bücher, Strümpfe

Les umlauts indiquent également l'accentuation. Ils marquent souvent le pluriel ou le diminutif (avec « -chen » et « -lein ») des mots.

Lorsque les Umlauts ne sont pas accessibles (clavier étranger, Internet…), ils sont représentés par e" : ae pour ä, oe pour ö, ue pour ü.

En Alsace, on remplace habituellement les umlauts : Koenigshoffen, Haut-Koenigsbourg, Hoenheim (dans ces exemples, c'est le ö qui est remplacé)

Lettres

  • E - e :
    Il correspond au [é] ou au [è], marque un « temps mort » ou sert à allonger le i :
    • suivi au minimum de deux consonnes (ou que la seule lettre le suivant soit une consonne), il est prononcé è :
      er- (er, der, Erwachsene, ertragen, erreichen, erlauben, ertrinken, ernst), es, essen, elf, Ente, Ende, express, nennen, Stern, rennen, brennen, Pfeffer, Feld, gelb, Fest, des, der
      Cette règle n'est cependant qu'une généralité. Par exemple, le e des mots Pferd, Erde et Schwert se prononce é.
    • suivi d'une seule consonne (ce qui sous-entend qu'après cette consonne, il y ait à nouveau une voyelle), il est prononcé é :
      eben, edel, egal, Regal, ehe, eher, Ekel, Elefant, Esel, Etikett, ewig, Erste, Nebel
    • en fin de mots, dans les dernières syllabes -en et -er et dans les premières syllabes ge-, ver- et be-, il est prononcé [eu] très atténué (le fameux "temps mort"), mais n'est pas à omettre[7] :
      -e : eine, Woche, Nase
      -en : eisen, machen, werden, Blumen
      -er : Pfeffer, Briefträger, Wetter
      -el : Edel, Esel, Ekel
      ver- : vergessen, Verlag, verlassen, vergleichen, verwechseln, vertrauen, verlieben
      ge- : Geschäft, Gesehen, gegangen, gesucht
      be- : besuchen, bearbeiten, betrachten, beobachten
      zer-  zerreißen, zerplatzen
    • eh : suivi d'un h, le e donne le son [é] étiré, à l'instar du son [ee] :
      Ehe, mehr, Kehl, weh
    • ee : doublé, le e donne le son [é] étiré, à l'instar du son [eh] :
      Klee, See, Meer
    • ie : précédé par i, le e muet étire le son i :
      Krieg, kriegen, Biene, Biest, Fliege, viel, nie, Wiese, Riese, Liebe
  • G - g :
    Il correspond au [g] de gâteau et guitare : le son j de genou et jambon n'existe que pour les mots d'emprunt en allemand (job, Journalist)
    • Derrière i et en fin de mot, il se prononce chuinté ou [ch] léger :
      zwanzig, lustig, fertig, wahnsinnig, großartig, Honig, Leipzig, Ludwig, schwierig, eilig, traurig
      Cependant, il est prononcé k ou g (de gâteau) dans certaines régions ou certains cas.
  • H - h :
    Il est aspiré comme en anglais.
    Article détaillé : H aspiré.
    • Précédé par a, ä, e, o, ö, u et ü, il ne se prononce pas, mais allonge la voyelle précédente :
      fahren, Fahrer, mahlen, Zahn, Zählen, Zähne, ähnlich, Mehl, mehr, Fehler, Lehrer, lehren, stehen, wohnen, Wohnung, ohne, Ohr, Sohn, wohl, Möhre, kühl, Mühle, Kehl
    • Lorsqu'il suit le e, il donne le son é étiré
  • J - j :
    Il correspond au [y] français :
    ja, Jagd, jemand, Jahr, Maja, Jesus, jammern, Maracuja, Jerusalem, Januar, Juni, Juli, Johann, jung, "juhu!", jubeln, hormis le J des mots étrangers (joker, jockey, James, job, Journalist)
  • S - s :
    • En début de mot, s’il est suivi des consonnes p ou t, il se prononce comme le ['ch] français ou le sh anglais (= le [sch] allemand de Schuhe, ou encore le [ch] dur) :
      Sport, Spiel, Sprechen, spannen, Spanien, Stern, Stuhl, still, Stein, Stunde, Stab, Stadt, stoßen, Stube, Stufe, Stehen, Straße, Straßburg, spülen, Strümpfe
    • En début de mot, s’il est suivi d’une voyelle, a un son se situant entre le [z] et le [s] français :
      Sonne, suchen, so, sehen, Silber, Salbe, sein, suppe, sammeln, selbst
    • Après une voyelle et entre la première et la dernière lettre du mot, il correspond au z français :
      Eisen, Hose, Nase, Mäuse
    • À la fin d'un mot indivisible, il se prononce [s] (s dur) : Maus, Sams|tag, Geburts|tag (attention donc aux mots composés)
    • Se prononce également [s] (s dur) le S de MaryS Hund (le chien de Mary), SamstagS Mittag (le midi du samedi ~ samedi midi)
  • ß - ß (majuscule comme minuscule) :
    Il correspond au son [s] (s dur) : Groß, Weiß, naß
  • U - u :
    Il correspond au son [ou] français : Ufer, Blume
  • V - v :
    Il correspond généralement au son [f] français : Vogel, Vorsicht, von, viel, Vater
    • exceptions (mots d'emprunt) : Revolution, November
  • W - w :
    Il correspond au son [v] français : Wetter, Wasser, Weg, Wagen, willkommen, wohnen, wo, wenn, wann, was, wie, etwa, Wache, Westen, Woche
    • exceptions (mots d'emprunt) : Far-West
  • Y - y :
    Il correspond au [u] français et au son [ü] allemand : Gymnasium, Labyrinth, Hygiene
    • s'il est précédé par un un A ou un E, il correspond au Y français et change le E en A, à l'instar du son [ei] correspondant au i anglais : Meyer, Speyer
    • exceptions : Bayern ; mots d'emprunt : yahoo, yepee
  • Z z :
    Il correspond au son [ts] (t + s dur, mais quelques nuances existent) : Zeit, Zeitung, Zirkus, Satz, Salz, März, Marzipan, Zimmer, schwarz, Katze, Zoo, Zunge, Grenze, Zählen, Zelt, Zoll, Zell, Zacht

Sons composés

  • ch se prononce de trois façons : soit [r] dur comme en breton, soit [ch] léger (entre h aspiré et ch), soit [k] :
    • Après a, o et u, il se prononce rr, [χ] ou [r] dur et net comme dans creuser (son approchant du [j] espagnol dans Juan, cependant atténué) :
      Bach, machen, Nacht, Woche, Mittwoch, Wache, Tochter, Buch, Tuch, brauchen, suchen, achtung, Sprache, "ach!", acht, Koch, Loch, doch, noch, hoch
    • Après i, e, ä, ö, ü ou une consonne, il se prononce [ç] (à mi-chemin entre ch et h, une sorte de [ch] léger), comme en grec moderne dans όχι :
      ich, echt, Bücher, Küche, Licht, Wächter, Löcher, Märchen, Mädchen, München, Mönch, nicht
    • Précédant s, il se prononce [k], ce qui donne, avec le s, le son [ks] (x) :
      Fuchs (à rapprocher de l'anglais fox), Wachs, Lachs, wachsen, Erwachsene, Dachs, sechs, Ochs (à rapprocher de l'anglais ox), wechseln, verwechseln, Nächste, Büchse, höchste
    • exception (k) : Christus
  • ck correspond au [k] (en français, c ou q) :
    Glück, Glocke
  • sch correspond au son [ch] dur (ch en français et sh en anglais) :
    Schuhe, Schule, Schlüssel, Schwert, schreiben, englisch, französisch, deutsch, Schere, Schlumpf, Schublade. Attention au suffixe -chen : Mäus|chen, biss|chen (bißschen), Radis|chen
  • ng correspond au son [ng] anglais :
    Englisch, "Dring!", Zunge, Lösung, Gang, Angst, Sprung, Frühling, Hunger, Wikinger
  • nk se prononce [ng-k], tout comme en anglais (drink) :
    Dank, danke, Bank, Frank, Franken, Frankreich, Enkel, trinken, Inka (il n'y a bien sûr aucune liaison dans l'expression In Karlsruhe)
  • au est constitué de a et de u (ou en français) ; cependant, il faut bien le prononcer comme un seul son, de même façon que le son français oi, constitué de ou et de a :
    Maus, August, Strauß, genau, Stau, auch, Frau, kaum, kauen, rauchen, "aua!", blau, Verdauung
    • Dans le mot Verdauung, le premier u appartient au son au et le second u appartient au son ung.
  • äu correspond au son [], ou oille (langue d', "oyez!" et non de Mse ; similaire au son allemand eu) :
    Mäuse, Bäume, gebäude, Häuser
  • ei correspond au son [] (de ail et non de ms), similaire au i anglais :
    Ei, Eimer, einige, einmal, nein, Stein, heiß, Wein, Weihnachten, Reise, sein
  • eu correspond au son [], ou oil (de la langue d'oïl et "oyez!" et non de Mse ; similaire au son allemand äu) :
    neu, Heu, Feuer, Leute, Europa, neun

Il faut bien veiller à ne prononcer qu'un son et pas deux sons distincts pour les combinaisons de deux voyelles : par exemple, pour la combinaison [ei], il faudra prononcer ail (ou le [i] du mot anglais knife) et non le [] de na|ïf. Le son français [oi] en est l'exemple même : il ne se prononce pas directement [ou|a].

  • les lettres a et e doublées marquent simplement l'allongement du son, comme le h suivant une voyelle (dans ce cas, le e se prononce é):
    Haar, Paar, Leer, Schnee, Klee, nee
  • Le coup de glotte au début des mots (et de certaines syllabes) commençant par une voyelle marque une séparation nette entre les mots. Le français, en revanche, a tendance à lier les mots entre eux.
  • L'accent tonique est assez souvent placé sur l'avant-dernière syllabe (ex. : dans Dino-saurier, au est l'avant-dernière syllabe du mot-valise, mais la première du mot Saurier), contrairement à la prononciation française standard qui accentue la dernière syllabe. Il revêt une importance capitale. Deux mots apparemment identiques (par exemple übersetzen) auront des significations entièrement différentes selon que la préposition (über) ou le verbe (setzen) sera accentué.
    - übersetzen = traduire (passé composé : übersetzt)
    - übersetzen = traverser un fleuve, aller sur l'autre rive (p.c. : übergesetzt)
  • L'accentuation est aussi indispensable dans la grande majorité des prénoms :
    Anna, Maria, Maria, Sabine, Sandra, Lena, Anton, Antonia, Simone, Felix, Susanna, Julia, Isabella, Phillip, Mickaël(a), Aurelia, Peter, Stephan, Thomas, Markus, Andrea(s), Rainer, Georg, Delphine, Christine, Alexander (Axel), Claudia, Tobias, Kassandra, Ludwig, Johann(es/a), Brigitte, Barbara, Heinrich, Henrick, Bambi, Faline, Cinderella, Niklas, Sebastian… En revanche, Wolfgang ne comporte aucune voyelle à accentuer hormis l'habituelle accentuation de Gang.
  • Le -r ou l'ensemble er dans les terminaisons d'un mot ont de nos jours tendance à s'approcher du son a, à rapprocher de l'anglais :
    - Bauer, Maler, super, Käfer, Kaiser, Mutter, hier, Messer, immer, meister, Dorf, Wort, Bayern
    - Aber bitte, mein Vater, sagen Sie mir mehr als nur ein Wort !
  • En dehors des terminaisons, toutes les voyelles sont nettement prononcées, même si elles ont différentes prononciations (cf : le e), si bien qu'il est fréquent qu'il n'y ait pratiquement pas de différence entre, par exemple, les sons uh et u :
    Stuhl et Stube
  • La longueur des voyelles doit être scrupuleusement respectée. Alors qu'en français, certains ne font aucune différence entre les voyelles longues et les voyelles brèves (pâtes et pattes, âne et Anne), l'allemand exige de distinguer les deux - au risque de malentendus funestes :
    - Du bist ein As = Tu es un as !
    - Du bist ein Aas = Tu es un salaud ! (littéralement « une charogne »)

Tableau synthétique de la prononciation de l'allemand
Les consonnes
b c ch ck d dt dsch f g h j
[b], [p] [k], [t͡s] [ç], [x], [k] [k] [d], [t] [t] [dʒ] [f] [g], [k], [ç] [h], [ː] [j], [ʒ]
k l m n ng p pf ph qu r
[k] [l] [m] [n] [ŋ] [p] [pf] [f] [kv] [ʁ], [ʀ], [ɐ]
s sch ß (ss) t ts, tz tsch v w y z
[z], [s], [ʃ] [ʃ] [s] [t] [ts] [] [f], [v] [v] [y], [j], [i] [ts]
Les voyelles
courtes a ä e er i o ö u ü
[a] [ɛ] [ɛ] [ɐ] [ɪ] [ɔ] [œ] [ʊ] [ʏ]
longues a, aa, ah ä, äh e, ee, eh i, ie, ih o, oo, oh ö, öh u, uh ü, üh
[] [ɛː] [] [] [] [øː] [] []
diphtongues ai, ay, ei au äu, eu
[ai] [au] [ɔi]*

* [ɔi] est parfois retranscrit en [ɔy].

Notes :

  • b = [p] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [b] devant une voyelle (ab, absolut, Baum).
  • ch = [x] après a, o ou u, [ç] ailleurs, [k] parfois au début d'un mot.
  • d = [t] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [d] ailleurs.
  • e = [ə] dans les syllabes inaccentuées.
  • g = [k] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [g] avant une voyelle, [ʒ] dans les mots étrangers. ig = [iç].
  • h = allonge la voyelle lorsqu'il la suit, [h] ailleurs.
  • j = [ʒ] dans les mots étrangers, [j] ailleurs.
  • r = entre une voyelle et une consonne : [ɐ] ou il ne se prononce pas, [ʁ] ou [ʀ] ailleurs.
  • s = [z] au début d'un mot et entre deux voyelles, [ʃ] devant t ou p, [s] ailleurs.
  • v = [v] dans les mots étrangers, [f] ailleurs.
  • y = [y] dans les mots provenant du grec, [i] ou [j] ailleurs. dsch, ph, qu et y se trouvent majoritairement dans les mots étrangers.

Grammaire

Article détaillé : Grammaire allemande.

L'allemand est une langue flexionnelle comportant des conjugaisons et des déclinaisons.

Conjugaison

Article détaillé : Conjugaison de l'allemand.

Le principe de la conjugaison allemande est assez proche du principe de la conjugaison française. Les différences notables sont :

  • L'existence du subjonctif, essentiellement destiné à relater les propos d'autrui pour le subjonctif I, et à exprimer l'hypothèse, le souhait, ou une situation rêvée pour le subjonctif II.
  • La différence entre passif-action (Das Haus wird gebaut, la maison est [en train d'être] construite) et passif-état (Das Haus ist gebaut, la maison est construite [elle est finie]).

En ce qui concerne la morphologie, les trois principaux types de verbes sont :

  • Les verbes faibles, qui conservent leur radical et ont un participe passé en -(e)t. Ces verbes sont le plus souvent réguliers.
  • Les verbes forts, qui modifient leur radical au prétérit, au participe passé et parfois au présent. Ils ont une terminaison de participe passé en -en. Ils sont dits irréguliers, le changement de radical n'étant pas prévisible.
  • Les verbes mixtes, parfois appelés verbes faibles irréguliers, qui modifient leur radical au prétérit et au participe passé. Ils sont conjugués au présent comme des verbes faibles, au prétérit dans leur terminaison en te- comme des verbes faibles avec modification de la voyelle du radical, et au Participe II (appelé aussi participe passé) avec une terminaison en (e)t avec modification de la voyelle du radical.

Parmi les verbes irréguliers se rangent également les auxiliaires de mode (können, pouvoir ; dürfen, avoir le droit; etc.), qui sont employés dans un nombre important de contextes différents.

Déclinaison

Article détaillé : Déclinaisons allemandes.

La déclinaison allemande comporte quatre cas, le nominatif, l'accusatif, le datif et le génitif, auxquels se combinent trois genres grammaticaux, le masculin, le féminin et le neutre ainsi que deux nombres, le singulier et le pluriel.

Le porteur essentiel de la marque de déclinaison est le déterminant, secondé par l'adjectif épithète.

Les déclinaisons sont employées :

  • La déclinaison renseigne également sur le genre du mot.

Syntaxe

Article détaillé : Syntaxe allemande.

Voir aussi grammaire allemande

L'allemand a pour particularité syntaxique principale de placer des éléments importants, soit en première position dans la phrase, soit en dernière position. L'inversion du verbe et du sujet a lieu quand un complément vient en tête de phrase ; «heute geht es ihm gut == aujourd'hui il va bien » ; le rejet est le renvoi du verbe en fin de phrase dans les subordonnées « ..., wenn er Wein trinkt = lorsqu'il boit du vin »

Autre exemple :

Er nahm gestern trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb.
Il a mis cette machine en service hier malgré toutes les difficultés.

Sont mis en valeur

  • Le sujet er (il)
  • L'action in Betrieb [nehmen] ([mettre] en service) placée en fin de phrase
  • L'objet diese Maschine (cette machine)

Avant l'action et l'objet sont énumérées les circonstances. L'ordre de la phrase peut être modifié pour insister sur un des éléments, que l'on place alors en tête de phrase :

Gestern nahm er trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb.
C'est hier qu'il a mis cette machine en service malgré toutes les difficultés.

Trotz aller Schwierigkeiten nahm er gestern diese Maschine in Betrieb.
Malgré toutes les difficultés, il a mis cette machine en service hier.

Diese Maschine nahm er gestern trotz aller Schwierigkeiten in Betrieb.
C'est cette machine qu'il a mise en service hier malgré toutes les difficultés.

Agglutination

La langue allemande peut se passer d'article au génitif en plaçant côte à côte deux mots (déterminants + déterminé) - ou même beaucoup plus. L'allemand est même connu pour sa capacité à former des composés de grande longueur que les Allemands eux-mêmes appellent par dérision Bandwürmer (vers solitaires)...

Exemples :

  • Rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetz : loi sur le transfert des responsabilités de la surveillance de l'étiquetage de la viande bovine. Ce mot est le plus long officiellement admis.
  • Rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetzesgegnerstammtischaschenbecher  : le cendrier de la table d'habitués des opposants à la loi sur le transfert des obligations de surveillance de l'étiquetage de la viande bovine[8]
  • Donaudampfschifffahrtsgesellschaftsraddampferkapitänskajütentürsicherheitsschlüssel : la clé de sûreté du quartier du capitaine du bateau à aubes de la compagnie de navigation à vapeur sur le Danube
  • Oberlokomotivfahrerswitwe = veuve de conducteur de locomotive (vu sur une tombe en Autriche)
  • Mittelgebirgsschwelle = la région de moyenne montagne allemande
  • Konstantinopolitänischerduddelsachspfeiffergeselle  : La confrérie de Constantinople des joueurs agréés de cornemuse

Cette « agglutination », qui se distingue de celles des langues agglutinantes, ne se limite pas au couple objet possédé-possesseur (du type Kapitänsmütze = casquette de capitaine) mais aussi à toutes sortes de relations :

  • origine : Kalbsschnitzel, escalope de veau
  • but : Kinderschnitzel, escalope pour enfant (petite portion)
  • temps : Sommerurlaub, vacances d'été
  • type : Milchzähne, dents de lait ; Vollmilchschokolade, chocolat au lait

En français, la possession marquée par « de » a plusieurs sens qui se rendent en allemand de trois manières distinctes :

  • formule possessive 1 (génitif) : das Kind der Wölfe (l'enfant des loups : ici, l'enfant appartient aux loups ou vient des loups ; l'enfant est souvent humain ici ; dans ce cas, c'est le mot Wolf qui est l'élément important) ; au singulier, la formule devient das Kind des Wolfes. En anglais, cette formule est of the, c'est-à-dire de la (du) et de les (des).
  • formule possessive 2 : Mutters Kind (l'enfant de [la] mère). En anglais, cette formule est Mother's child (noter l'apostrophe en plus pour l'anglais, contrairement à l'allemand). Généralement, si l'on veut mettre le prénom dans l'expression, on utilise cette formulation ; cependant, il y existe des cas comme certains titres de film Die fabelhafte Welt der Amélie, reprise allemande du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Die Verlorene Ehre der Katharina Blum', Die Ehe der Maria Braun. Il existe des expressions dans lesquels Mutters Kind devient Das Kind Mutters.
  • mot composé : das Wolfkind (l'enfant des loups : l'enfant-loup ou le louveteau ; dans ce cas, le mot important de l'expression composée est Kind - il s'agit du dernier mot)
  • Est plus louveteau das Wolfkind que das Kind des Wolfes, bien que la traduction exacte de louveteau ne soit pas Wolfkind.
  • Das Wolfkind n'indique pas le nombre des loups dont l'enfant est le sujet, contrairement à Das Kind des Wolfes / Das Kind der Wölfe.

Il faut savoir avant tout qu'en allemand, le premier mot dans un mot composé est, comme l'adjectif qui précède le sujet, moins mis en avant que s'il est placé après le sujet.

Prenons le titre du 3e tome de la bande dessinée Broussaille, La nuit du chat. Dans le titre (et dans l'histoire), l'élément (et le sujet) important est le chat, connu et recherché. C'est la nuit du chat, qui « appartient » au chat.

On va donc préférer la traduction Die Nacht der Katze (La nuit du chat) à Die Katzenacht (La nuit des chats). Dans cette dernière expression, c'est l'élément nuit (Nacht) qui est visé. Or, généralement, dans l'expression « La nuit des chats », les chats ne sont pas tous connus et ne sont pas comptés, on n'insiste donc pas dessus (sinon, il y aurait peut-être un nombre, comme « La nuit des trois chats », « Die Nacht der drei Katzen »), et le sujet visé devient ainsi la nuit. C'est dans ce cas qu'il serait préférable de traduire La nuit des chats par Die Katzenacht (l'élément important se situant toujours à la fin du mot composé - le n marquant le pluriel de Katzen est avalé par le n du début du mot Nacht ; ainsi, « die Katzenacht » signifie aussi bien « La nuit du chat » que « La nuit des chats »).

Cependant, il est toujours possible d'écrire Die Nacht der Katzen (La nuit des chats) s'il s'agit de la nuit « appartenant » aux chats (le titre initial, sauf que le sujet « chat » est au pluriel).

Autre exemple plus rapproché de la syntaxe française : Dans « Nuits dans les jardins d'Espagne », la traduction correcte est « Nächte in den Gärten von Spanien » et non « Nächte in den spanischen Gärten ». La traduction de « Nächte in den spanischen Gärten » est « Nuits dans les jardins espagnols ».

  • provenance : das Kind vom (von dem)/aus dem Wald (l'enfant de la forêt)
  • l'enfant de Paris : das Kind von/aus Paris

(von signifie de et aus (heraus, hinaus), SORTI de - deM signifie ici DANS)

Comme en français, il existe le de des noms, comme Jean DE La Fontaine : Konrad von Habsburg

  • Sauvé des loups : Von den Wölfen gerettet (ge marque généralement le passé) - Attention : ici, l'expression allemande est valable pour Sauvé des loups (par un chasseur par exemple) comme pour Sauvé par les loups.

Lexique

Noms de la langue allemande

La langue allemande (ainsi que le peuple) a la particularité d'avoir des appellations très différentes d'une langue à l'autre (par exemple German, Deutsch, alemán, német, etc.). En effet, six racines différentes entrent en jeu :

En hébreu classique, les pays allemands sont connus sous l’appellation de ashkenaz (אשכנז), par généalogie populaire d'après Gen. 10:3. Pour l’hébreu moderne, voir plus haut.

Emprunts

Un nombre important de mots furent empruntés aux dialectes germaniques par le roman et l'ancien français (par ex. heaume, éperon, cible, fauteuil) ; seuls les mots d'origine plus récente sont encore discernables en tant qu'emprunts lexicaux (frichti, ersatz).

Exemples

Mot Traduction Prononciation standard***
terre Erde [ˈʔe:ɐ.də]
ciel Himmel [ˈhɪml̩]
eau Wasser [ˈvasɐ]
feu Feuer [ˈfɔɪ.ɐ]
homme Mann [man]
femme Frau [fʁaʊ]
enfant Kind [kɪnt]
manger essen [ˈʔɛsn̩]
boire trinken [ˈtʁɪŋ.kn̩]
grand groß [gʁoːs]
petit klein [klaɪn]
nuit Nacht [naχt]
jour Tag [taːk]

Exemples de phrases :

  • Guten Tag/Guten Morgen, ich heisse X. Und Sie/Du → Bonjour, je m'appelle X. Et vous/toi (Guten Tag pour l'après-midi, Guten Morgen pour le matin)
  • Ich bin's → C'est moi
  • Das Wetter ist schön → Il fait beau
  • Ich liebe dich → Je t'aime
  • Ich hasse dich → Je te hais
  • Ich bin die Mutter → Je suis la mère
  • Ich spreche Deutsch → Je parle allemand

Vivacité de la langue

L'allemand crée quotidiennement de nouveaux termes en les agglutinant. Cette caractéristique de la langue ne fait pas l'objet du présent article.

Tout comme le français a créé le verbe des pacsés/se pacser à partir d'une abréviation administrative de l'état-civil (PACS), l'allemand peut adapter dans le langage courant des termes rébarbatifs.

Exemple :
Le mot apprenti s'est dit pendant des siècles Lehrling du verbe lehren (enseigner) signifiant donc celui à qui l'on enseigne quelque chose, suivi du diminutif ling. Son maître était le Meister.

La réforme administrative au début des années 1970 a remplacé le terme Meister par deux termes précisant que l'un enseigne effectivement (der Ausbildende, gérondif de ausbilden, former) et que l'autre a le droit et la responsabilité de la formation (der Ausbilder, le formateur). L'apprenti devint logiquement der Auszubildende (c'est-à-dire celui qui doit être formé), en abrégé AZUBI (prononcé ATSOUBI). Le génie de la langue ajouta pour la forme féminine la terminaison habituelle in et l'on prononça le tout ATSOUBINE. Or, le terme Biene (abeille) désigne aussi une jolie fille ce qui transforma la sèche abréviation en un joli petit nom. Une autre version moins politiquement correcte rappelle que les apprentis devraient aussi aller chercher la bière pour leurs collègues plus âgés : « Arsch zum Bierholen » !

Spécificités de l'Autriche et de la Suisse alémanique

Articles détaillés : allemand suisse et allemand autrichien.
  • allemand suisse (de)
  • allemand autrichien (de)

Prononciation; certaines lettres se prononcent différemment en Autriche. Le " R" a tendance à être roulé, un peu comme dans le Sud de l'Allemagne (Bavière).

Spécificités de la République démocratique allemande (RDA)

D'une manière générale, dans la République démocratique allemande, la langue s'était enrichie de termes officiels, spécifiques au régime politique tout comme sous le régime national-socialiste. Dans le langage courant, de nombreux termes tournaient ces derniers en dérision. Par exemple, l'abréviation VEB (pour Volkseigener Betrieb, usine propriété du peuple) devenait Vaters ehemaliger Betrieb (l'ancienne usine de Papa)...

De très nombreuses abréviations tirées de l'idéologie communiste avaient cours, les étudiants devaient tous suivre des cours de ML (marxisme-léninisme), On retrouve des néologismes ou de nouvelles expressions dans un nombre important de domaines, notamment :

  • Industrie et techniques : Dans le langage technique, la matière plastique (der Kunststoff ou das Plastik à l'ouest, die Plaste à l'Est). Grande influence du russe (Kombinat, etc.)
  • Gastronomie : Des néologismes émaillaient le quotidien de créations « savoureuses », par exemple, un poulet rôti se disait Broiler (de l'anglais to broil, griller), un Broika était alors un... lapin (Broi + Ka, de Kaninchen, lapin). Le plat appelé « Harengs à la Bismarck » fut rebaptisé Delihering (Deli, abr. de « délicatesse » et Hering, hareng) du fait du rôle contestable (aux yeux des dirigeants communistes) de l'ancien chancelier de l'empereur Guillaume II. La soupe russe « Solianka » fait désormais partie du patrimoine gastronomique de l'Est qui découvrait avec quarante ans de décalage la cuisine méditerranéenne bien implantée à l'Ouest. Le vrai Coca-Cola (boisson de l'ennemi capitaliste) n'ayant pas droit de cité, un ersatz lui ressemblant vaguement fut créé, baptisé Club-Cola. Un « blue jean » (appelé eine Jeans à l'ouest) devint un « pantalon à rivets » (Nietenhose).
  • Armée : Dans les langages de spécialité, par exemple celui de l'aéronautique (qui en Allemagne de l'Ouest est truffé de termes anglo-américains), les Allemands de l'est, placés sous la tutelle de Moscou, étaient au contraire influencés par le russe ou continuaient d'utiliser les termes techniques allemands ce qui provoqua quelques difficultés de compréhension lors de l'intégration dans la Luftwaffe des restes de l'armée de l'Air de la NVA.

Notes et références

  1. [www.courrierinternational.com/article/2011/11/07/apprendre-l-allemand-a-oulan-bator]
  2. (de) Bastian Sick, Der Dativ ist dem Genitiv sein Tod, Spiegel Online, 2004. (Deutsch als Amtsprache der USA, p. 131).
  3. alémanique : 1 050 000 (61 % de la population alsacienne) et francique (extrême nord de l'Alsace et Moselle) : 350 000
  4. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/belgiqueger.htm
  5. Voir aussi Fausto Cercignani, The Consonants of German: Synchrony and Diachrony, Milano, Cisalpino, 1979.
  6. Ludwig Erich Schmitt (Hrsg.): Germanische Dialektologie. Franz Steiner, Wiesbaden 1968,p. 143
  7. Voir Schwa
  8. http://www.lexiophiles.com/francais/le-mot-le-plus-long-%E2%80%93-version-internationale - les mots allemands les plus longs
  9. c’est le même radical qui donne Dutch en anglais (pour néerlandais), teuton en français. Le bas latin thiosticus vient du vieux haut-allemand diutisc ;
  10. une autre étymologie rapproche cette racine du nom du fleuve Niémen, au-delà duquel les tribus germaniques vivaient avant l’Ostsiedlung. Par ailleurs, il existait aussi une tribu germanique appelée les Némètes, dont le nom serait d'origine celtique.

Voir aussi

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