Arabe
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Arabe
العربية (al ʿarabīya)
Parlée dans les 22 Flag of the Arab League.svg pays de la Ligue arabe dont la Palestine
Drapeau du Tchad Tchad
Drapeau d'Érythrée Érythrée
Drapeau d'Israël Israël
Nombre de locuteurs 240 millions[1]
Typologie VSO flexionnelle
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de 22 Flag of the Arab League.svg pays de la Ligue arabe dont la Palestine,
Drapeau du Tchad Tchad
Drapeau d'Érythrée Érythrée
Drapeau d'Israël Israël
Codes de langue
ISO 639-1 ar
ISO 639-2 ara
ISO 639-3 ara
IETF ar
Échantillon
Article premier de la Déclaration des droits de l'homme en arabe standard (Texte en français)

المادة 1

يولد جميع الناس أحرارًا متساوين في الكرامة والحقوق. وقد وهبوا عقلاً وضميرًا وعليهم أن يعامل بعضهم بعضًا بروح الإخاء

La langue arabe[2] (العربية, al ʿarabīya[3]) est originaire de la péninsule Arabique. L'expansion territoriale au Moyen Âge et la diffusion du Coran répandent la langue arabe, devenue langue liturgique de l'islam, en Asie (Moyen-Orient et Proche-Orient), en Afrique du Nord et en Europe (Chypre, Crète, Péninsule ibérique, Malte et Sicile). Parlée d'abord par les Arabes, cette langue sémitique[4] qui se déploie géographiquement sur plusieurs continents s'étend sociologiquement à des peuples non arabes, et devient aujourd'hui langue officielle de plusieurs organismes internationaux.

La diglossie est un caractère de la langue arabe qui permet de distinguer l'arabe vernaculaire et l'arabe littéraire. Le niveau de langue littéraire comprend l'arabe classique (pré-coranique, coranique, et post-coranique) et l'arabe standard moderne. Le niveau de langue vernaculaire comprend toutes les variétés des dialectes arabes régionaux.

Les vecteurs du rayonnement culturel de la langue arabe sont la religion islamique, la littérature poétique et prosaïque, et les médias audiovisuels contemporains dont la toile (internet). Un vecteur historique important de rayonnement est l'intrusion lexicologique de termes arabes dans des langues étrangères, telles les langues romanes dont le français.

L'étude linguistique de l'arabe est propédeutique et grammaticale et se complète par des sciences annexes telle la lexicologie.

L'étude propédeutique se penche sur la prononciation de l'arabe et se spécialise en phonétique, phonologie et orthophonie de la langue arabe ; à l'orthophonie se rattachent les normes de la cantillation coranique. L'étude propédeutique vise ensuite l'écriture de la langue arabe, qui s'écrit de droite à gauche, à deux points de vue complémentaires : le système graphique et les modalités de l'écriture arabe. Le système graphique se compose d'un alphabet arabe dérivé de l'alphabet phénicien, de type abjad, qui note exclusivement les consonnes, complété par des signes diacritiques (dont la hamza) et des chiffres dérivés d'écritures indiennes.

La grammaire de la langue arabe, langue flexionnelle, étudie la formation des mots (morphologie) et la composition des mots en phrases (syntaxe).

Des sciences linguistiques complémentaires à l'étude de la grammaire sont la sémantique et la stylistique de la langue arabe, ainsi que la lexicographie qui étudie le vocabulaire et permet l'élaboration de dictionnaires.

Sommaire

Origine de l'arabe

L'arabe proviendrait du sémitique occidental.

L'origine de la langue arabe remonte au IIe siècle, dans la péninsule Arabique, dans une forme assez proche de l'arabe standard moderne actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus arabes disparues auraient parlé cette langue dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l'écriture arabe, telle qu'on la connaît de nos jours, remontent au IIIe siècle[5].

Les Abd Daghm étaient les habitants de Taïf et ce sont les premiers à inventer l'écriture arabe[6].

Extension de l'arabe

Extension géographique

Article détaillé : Liste des pays de langue arabe.
Extension des différents langues vernaculaires dans le monde arabe


Diglossie de l'arabe

Article détaillé : Diglossie.

La linguistique distingue différents registres de la langue arabe. La diglossie oppose langue littéraire et langues vernaculaires.

Langue arabe littérale

L’arabe est un terme générique qui regroupe quatre périodes historiques de la même langue au cours desquelles se déploie successivement l'arabe classique et l'arabe standard moderne.

Arabe classique

Article détaillé : Arabe classique.

L’arabe ancien est celui de la poésie préislamique.

L’arabe coranique est la langue du texte sacré des musulmans, le Coran, et les textes religieux.

L’arabe classique proprement dit est la langue de la civilisation arabo-musulmane.

Arabe standard moderne

Article détaillé : Arabe standard moderne.

L’arabe standard moderne ou « arabe littéral » naît au début du XIXe siècle en Égypte, après l’introduction de l’imprimerie et les publications de livres modernes. Il a été adopté par les pays de l’Afrique du Nord un siècle et demi plus tard. C’est la langue écrite commune de tous les pays arabophones ;

Langues arabes vernaculaires

Article détaillé : Arabe dialectal.

Les langues vernaculaires orales, différentes l’une de l'autre dans chaque région, et influencées par l’arabe standard sont appelées arabe dialectal[7], les substrats, superstrats et emprunts différant selon les régions.

  • Les différences entre des dialectes moins éloignés, comme l’algérien, le tunisien et le marocain, ne sont pas très grandes, mais celles entre « l’arabe tunisien » et « l’arabe syrien » le sont. (On remarquera cette différence à travers la prononciation et la dérivation des mots translatés de dialecte en dialecte. "Mon père", par exemple, passant de "abi" dans les pays du proche-orient à "bouya" dans les pays d'Afrique du nord). L'arabe est tout de même généralisé au travers de l'arabe littéraire, enseigné à tous dans le système scolaire arabe.
  • Les dialectes les plus importants sont l’égyptien, le chami, le maghrébin, hedjazi... Le chami est parlé en Syrie, au Liban, en Jordanie et Palestine, le Hassanya parlé en Mauritanie, au Maroc, au Sahara occidental et dans quelques zones de l'Afrique de l'Ouest.
  • Généralement, entre eux, les locuteurs de dialectes différents utilisent plutôt l’arabe littéral, ou une forme simplifiée de l’arabe littéral.

Regroupements de dialectes

Les langues arabes, regroupées en 4 groupes principaux sont difficilement intercompréhensibles à l'intérieur de ces groupes, on peut donc distinguer une quinzaine de langues très différentes (au moins autant que les langues latines) au sein desquelles les variantes dialectales sont suffisamment fortes pour être notées.

Les variantes arabes sont issues d'une matrice elle-même diverse, la Fassiha, forme sémitique hétérogène, langue des poètes et sa forme "lingua franca" des négociations inter-tribales.

Au Maghreb par exemple, l'arabisation a commencé par l'implantation de camps arabes en Espagne et en province d'Afrique (Tunisie et Algérie orientale), à l'origine des deux langues andalouses et ifricyennes, il s'est poursuivi par arabisation par contamination commerciale et administrative sur la population "romaine" autochtone, tandis que la ruralité "barbare" a gardé la langue amazighe, les communautés urbaines maures sont apparues avec cette constante influence andalouse et ifricyenne, notamment à Fès, Tétouan, Tlemcen (etc.) et les nécessités liturgiques arabes dans ces centres universitaires, puis de l'arabisation administrative, surtout à partir des mérinides (XIIIe siècle) En parallèle, depuis le XIe siècle, et surtout le XIIIe siècle, des populations arabes bédouines (sinaïtes, libyennes, cyréniennes et peut-être yéménites) ont peuplé le Maghreb central et oriental, ainsi que les espaces sahariens, influençant, chacun avec leur dialecte propre (lié à leur origine singulière et leurs développements autonomes propres...) les populations berbères les plus sensibles.

Le groupe Maghrébo-Hassani, et les 3 types de langue maghrébine ("aroubi", "maure", ifriquien) et la Hassânya, tout en gardant des différences fortes, n'ont cessé d'échanger à l'intérieur d'espaces cohérents, et sont désormais avalés par les dialectes nationaux standards.

Ils ne sont pas du tout intercompréhensibles, mais une forme de maghrébin simplifié permet une intercompréhension entre les commerçants par exemple, mais souvent le français prend le pas dans la diplomatie et le grand commerce.

Au Moyen-Orient
  • Chami
    • Cilicien
    • Alepo-Homçi
    • Damasco-Libanais
    • Jordano-Palestinien
  • Jazirien
  • Irakiei
  • Arabe du Golfe
  • Hedjazo-Najdi
  • Yemeno-Hadramaoui
  • Égyptien, cyrénien, Ghazaoui
Groupe bédouin
  • Bédouin : il s'agit d'un groupe qui connait une unité très claire et une similitude avec les dialectes sédentaires locaux, surtout le tripolitain, le jazirien, cyrénien, jordano-palestinien et Najdi, le hadramaoui...
    • Libyen
    • Syro-bédouin du nord, nord Syrie, (Liban), sud-jazirien
    • Syro-bédouin du sud (Palestine-Jordanie-sud-Syrie)
    • bédouin péninsulaire (Arabie saoudite et Jordanie)
    • bédouin néguévo-sinaïtique (Égypte et Palestine).
Au Maghreb
  • Darija du Maghreb (arabe maghrébin)
    • Dialectes « citadins » (non-hilaliens) du Maroc  : parlers anciens de Rabat, Salé, Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Taza.
    • Dialectes pré-hilaliens montagnards : parlers des Jbalas, Ghomaras
    • Dialectes hilaliens des plaines atlantiques : parlers de Doukkala,Rhamna, Sraghna, Tadla, Gharb
    • Dialectes hilaliens de l'est du Maroc.
    • Parlers "urbains" (koinés) à forte influence hilalienne du Marocain : parlés dans les grandes villes du Maroc, résultat du brassage de différents dialectes suite aux migrations des populations rurales vers les grandes villes
    • Arabe du Sud (transitionnel Hassani) : parlers de Tafilalet, Giri, Tata
    • Algérien : koinés urbaines, parlers citadins et parlers campagnards d'Algérie
    • Tunisien  : koinés urbaines, parlers citadins et parlers campagnards de Tunisie
  • Hassâniya, entre le Sénégal et le Niger au sud et l'anti-atlas au nord.
    • groupe « marocain » (Daoublali, Yahiaoui, Baamrani...), transitionnel avec "l'arabe du sud"
    • groupe sahraoui (de la Sagya à l'Adrar)
    • groupe trarza-tagant
    • oriental (entre Tichit et Niger)

Le maltais parlé à Malte est proche des dialectes arabes maghrebins.

Groupe Subsaharien
  • Tchadien
    • standard
    • arabya (langue ethnique)
    • darfouri
  • Soudanais
    • khartoumi et post-nubien
    • "arabya" (langue ethnique)
    • nilotique

Vecteurs de rayonnement de l'arabe

Un premier vecteur de rayonnement est la religion islamique. L'arabe est resté une langue liturgique dans la plupart des pays musulmans, bien que l'arabe coranique soit aujourd'hui éloigné de la langue arabe moderne.

Un second vecteur de rayonnement est la littérature en prose et poétique. Des écrivains non arabes ont utilisé la langue arabe pour leurs publications, par exemple le médecin et philosophe perse Avicenne. Les rois normands de Sicile se piquaient de parler l’arabe.

Un troisième vecteur de rayonnement sont les médias contemporains, journaux, radio, télévision (chaînes d'information panarabes, telles Al Jazeera ou Al-Arabiya), et les possibilités multiples de la toile (internet).

Un vecteur important plus ancien est l'emprunt à l'arabe de mots et expressions par les langues non-arabes, telles les langues romanes, dont le français.

La religion musulmane

Article détaillé : Termes arabes utilisés en islam.

La langue de l'islam étant l'arabe, de nombreux mots du domaine religieux sont d'abord apparus en arabe. Ainsi, certains mots religieux n'existent qu'en arabe, ou possèdent un sens plus précis en arabe.

L'arabisation, on l'a vu, est fortement liée à l'influence culturelle, commerciale et administrative d'États se revendiquant tout d'abord de la religion coranique.

Ainsi, en dehors du monde arabe proprement dit, de très nombreuses langues, de très nombreux peuples sont (ou ont été) marqués avec plus ou moins d'importance par la langue arabe et ont été écrits en caractères arabes.

  • En Europe :
    • Le castillan, le portugais et le ladino (judéo-espagnol) sont fortement marqués par la langue arabe, la variante espagnole andalouse (qui a été largement écrite en caractère arabe : langue mudéjare), absorbée et annihilée par la période castillane (1240 à nos jours) en est une des composantes les plus frappantes, mais l'influence de celle-ci sur les deux idiomes plus nordiques se double de l'influence générale de la civilisation islamique sur les royaumes « galiciens ». Depuis le XIIIe siècle, et a fortiori le XVIe siècle, le castillan a perdu une bonne partie de son vocabulaire arabe.
    • Le sicilien en particulier et l'italien du Sud dans une moindre mesure sont largement marqués par la période arabe (IXè-XIe siècle) et la poursuite de sa civilisation sous les Normands au XIIe siècle. L'arrivée massive d'arabophones serviles originaires de Libye s'est poursuivie au cours de l'époque moderne pour l'exploitation sucrière et a contribué à entretenir et à renouveler le vocabulaire arabe de cette langue latine sicilienne.
    • Le serbo-croate, en particulier celui de Bosnie, et l'albanais ont été islamisés à l'époque ottomane, ils ont ainsi reçu de nombreuses terminologies religieuses, administratives, théoriques, issues de l'arabe via le turc ottoman.
    • Le turc de Turquie, le kurde et l'azerbaïdjanais du Sud comprennent plus d'un tiers de vocabulaire arabe, en dépit d'une entreprise, menée au XXe siècle par la République de Turquie, pour la remplacer par des importations turkmènes et des néologismes, l'emploi du vocabulaire turc-ottoman et anatolien, très arabisé, est resté très fort.
    • Le tatar a été influencé indirectement par le biais du persan et du turc séldjoukide (XIII-XVe siècle, puis le turc ottoman à l'époque de l'État de Crimée(XVI-XVIIIe siècle), mais, comme les langues caucasiennes plus tardivement musulmanes (XVII-XIXè) (abkhazes, tcherkesse, tchétchène, daguestani, et même l'azerbaïdjanais du nord), a été très rapidement russifié.
  • En Asie :
    • Le persan et les autres langues iraniennes sont tellement influencées par le vocabulaire arabe, dans tous les domaines, que certains linguistes y ont vu une langue sémitique[8] au XIXe siècle, seul le tadjik du nord a subi une nette influence russe au XIXe siècle et surtout XXe siècle.
    • Les langues turques d'Asie Centrale (ouzbek-ouïghour, kazakh-kirghize, turkmène) sont elles aussi très marquées par une influence persane certaine, les néologismes, comme en persan, sont souvent issus de néologismes de l'arabe standard contemporain.
    • Les langues ourdou-hindi, sindhi, panjâbî, rajastani et marahsti, et dans une moindre mesure le bihari, le bengali et certaines langues dravidiennes, sont très fortement influencées par la langue arabe, l'ourdou ayant de son côté volontairement opté pour la "politique du hindi le plus arabisé" pour créer la langue pakistanaise, et, comme ses voisins afghan et iranien, a conservé les caractères arabes.
    • Le hui de Chine est orthographiable, encore aujourd'hui, en caractères arabes, les originalités du dialecte ont mené à distinguer leur langue du mandarin et du jin, les deux groupes han voisins, ils composent jusqu'à 20% de la petite région autonome du Ningxia.
    • Le javanais et le malais sont superficiellement arabisés, sensiblement autant que le tatar, le kazakh ou le wolof.
  • En Afrique :
    • Au Maghreb le processus d'arabisation est entamé dès le VIIIe siècle, la langue arabe devient alors langue religieuse et commerciale et le vocabulaire arabe fait son chemin dans les dialectes puniques et berbères des plaines et des cités les plus importantes. Les invasions hilaliennes accélèrent l'arabisation des populations, introduisant encore plus de vocabulaire courant, bien au-delà du vocabulaire religieux ou d'origine proprement coranique.
    • Les populations musulmanes du Tchad, du Soudan et de la corne de l'Afrique(toubou, nubiens, darfouris, afars, oromos, somalien) sont à des degrés divers si arabisés que la plupart des hommes sont arabophones et la langue en a subi une influence directe et très certaine depuis plus de 5 siècles (plus encore pour la Somalie).
    • Les populations bantoues de l'est sont toutes largement marquées par la civilisation swahili, qui, aussi complètement que le persan, a une structure certes non arabe, mais un vocabulaire, qui atteint jusqu'à 50% d'arabe, il s'écrit toujours abondamment en caractères arabes.
    • En Afrique de l'Ouest, de la même manière, l'islamisation et l'arabisation du commerce au Moyen Âge, puis les invasions bédouines ont produit deux couches de forte arabisation, leurs langues s'écrivaient depuis le XIIe siècle en caractère arabe, ce qui a augmenté l'influence, surtout sur les peuples sahélo-sahariens : songhai, peuls, touaregs, et dans une moindre mesure en wolof, bambara, mossi et haoussa; même si ces langues ne furent réellement influencées par l'islam qu'en fin d'époque moderne.

La littérature arabe

Articles détaillés : Littérature de langue arabe et Poésie arabe.

Quelques écrivains arabes célèbres sont :

Les médias contemporains

Bien que l'arabe soit une langue internationale, en dehors du monde arabe et des universités et départements spécialisés, il n'est enseigné dans à peu près aucun pays en tant que langue étrangère[1]. Le manque de volonté politique de promouvoir la langue, ainsi qu'un trop grand fossé entre arabe littéral et arabe dialectal sont aussi des obstacles à l'internationalisation réelle de l'arabe[réf. nécessaire]. Mais récemment, l'apparition de nouvelles chaînes d'information panarabes, telles Al Jazeera, Al-Arabiya, ou encore l'utilisation de l'arabe par des chaînes étrangères telles que la chaîne française France 24, BBC Arabic Television, Russia Today, la Télévision centrale de Chine, Euronews ou l'américaine Al-Hurra laissent entrevoir un possible renouveau de la langue arabe au travers les médias.

Les emprunts lexicologiques à l'arabe

L’arabe a légué une série de mots aux langues romanes (et de là aux autres langues d’Europe dont le français), surtout à l'espagnol, à l'italien et au portugais.

Emprunts arabes du français

On trouve de nombreux mots d'origine arabe en français. Ces emprunts se sont fait soit :

  • directement (alcali, alfa, alizari, almée, amiral, arack, azimut, baobab, baraka, barbacane, barde, bédouin, bled, bordj, bouracan, burnous, cadi, cafard, caïd, calife, camaïeu, came, camelote, caoua, chott, clebs, fellah, gazelle, harem, hasard, henné, jupe, kandjar, laiton, luth, maboul, maghrébin, magasin, oued, salamalec, toubib, etc.) ;
  • à partir d’une variété de l’arabe dialectal, surtout algérien (barda, bezef, kif-kif, matraque, nouba, chuiya, mechoui, couscous, mahboul, toubib, razzia, youdi, etc.), marocain (argan, méchoui, tajine, couscous, haschich, maroquinerie) et égyptien (cange, goudron, mamelouk) ;
  • par l’intermédiaire du latin médiéval ou scientifique (alcool, algèbre, alidade, amalgame, ambre, arcanne, avives, benjoin, benzine, bourrache, camphre, chiffre, momie, orcanette, safran, sirop, zénith, etc.) ;
  • par l’intermédiaire d’autres langues européennes, principalement l’espagnol (alcade, alcarazas, alcôve, alezan, alfange, algarade, alguazil, aman, arrobe, azerole, basaner, épinard, felouque, récif, etc.), l'italien (arsenal, artichaut, aval, avanie, avarie, berner, café, calfeutrer, calibre, carafe, coton, girafe, hégire, magasin, sirocco, tarif, zéro, etc.), l’occitan[9] (alambic, abricot de albricòt, almanach de almanac, alchimie de alquimia, ambre, assassin, aubergine de aubergina, auberge de aubèrja, azur, boutargue, camfre, carmin, chiffre de chifra, coton, estragon, jarre de jària, madrague de madraga, magazin, mesquin, poutargue, sacre, safran, sirop de siròp, sucre, tasse de taça, tambour de tambor, tare de tara, tarif de tarifa,etc ...) et le portugais (argousin) ;
  • par l’intermédiaire du turc (minaret, muezzin), de l'hindi (nabab) ou du persan (lascar).

D’autre part, l’arabe a transmis au français des mots originaires d’autres langues, notamment l’hindi (bonduc, candi), le persan (alkékenge, alkermès, aniline, aubergine, azur, babouche, borax, bore, douane, orange, timbale, etc.), mais aussi le grec (alambic, almanach, antimoine, etc.).

Citons enfin le cas du mot abricot, qui vient du latin praecoquum (qui a donné le doublet précoce) et qui est revenu en français sous cette forme après un voyage par l’intermédiaire du grec ancien πραικόκιον (praikókion), de l’arabe أَلْبَرْقُوق (ʾal-barqūq) (qui veut dire prune ou pruneau), de l’espagnol albaricoque ; un intermédiaire catalan albercoc avait donné aubercot, mot qui ne s’est cependant pas imposé contre albricòt de l'occitan pour abricot[10].

En ce qui concerne les noms propres, beaucoup de noms d’étoiles viennent également de l’arabe : Aldébaran, Bételgeuse, Algol, Alioth, Véga, Mizar, Fomalhaut, Altaïr, etc.

Emprunt de l’article défini de l'arabe

On reconnaît certains emprunts à l’arabe dans les langues indo-européennes au fait qu’ils commencent souvent par a- ou al, qui n’est autre que l’unique article défini présent dans cette langue (on a al normalement quand le mot arabe commence par une « consonne lunaire », c’est-à-dire principalement q, m, k et b ; et a- quand il commence par une « consonne solaire », c’est-à-dire principalement d, r, s, t et z ; pour plus de détails, consulter alphabet arabe).

Les Occidentaux n’en ayant pas conscience (phénomène de métanalyse), ils ont parfois conservé cet article défini et l’ont agglutiné au substantif. Les diverses langues indo-européennes n’ont pas toujours conservé l’article défini pour un même mot emprunté à l’arabe. Ainsi, l’espagnol et le portugais en ont conservé davantage que le français : à algodón et azúcar en espagnol correspondent coton et sucre, par exemple, ou encore, dogana en italien en face de aduana en espagnol. En français, on a l'alcool, l'alcali, l'algèbre, etc. et du temps de Voltaire on parlait de l'Alcoran.

Emprunt des chiffres arabes

Article détaillé : Chiffres arabes.

Les chiffres arabes, utilisés dans la numérotation occidentale, ont été empruntés aux Arabes, qui les avaient eux-mêmes empruntés aux Indiens[11].

Actuellement, dans le monde arabe, seuls les pays du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc, Libye, Mauritanie) utilisent les chiffres "arabes" dans leur forme occidentale ; les autres pays utilisent les anciens chiffres arabes, appelés naturellement "indiens" (mais ils sont différents des vrais chiffres hindis).

Les « chiffres arabes » dans leur forme actuelle ont été introduits en Europe par le mathématicien italien Fibonacci qui en a appris l’usage dans la ville de Béjaïa capitale de la petite Kabylie (Algérie) au Moyen Âge. En 1202, Fibonacci publie Liber abaci (« Le livre des calculs »), un traité sur les calculs et la comptabilité fondée sur le calcul décimal à une époque où l’Occident utilisait encore les chiffres romains et calculait sur abaque. Ce livre est fortement influencé par sa vie dans les pays arabes ; il est d’ailleurs rédigé en partie de droite à gauche. Par cette publication, Fibonacci introduit le système de notation arabe en Europe. Ce système est bien plus puissant et rapide que la notation romaine, et Fibonacci en est pleinement conscient. Il peina cependant à s’imposer avant plusieurs siècles. L’invention sera mal reçue car le public ne comprenait plus les calculs que faisaient les commerçants. En 1280, Florence interdit même l’usage des chiffres arabes par les banquiers. On jugea que le 0 apportait de la confusion et des difficultés au point qu'ils appelèrent ce système cifra (de sifr, zero en arabe), qui prit la signification de « code secret » en latin, tout comme le mot chiffre en français.

Étude linguistique de l'arabe

La linguistique tient compte de la diversité de la langue arabe qui se présente sous les formes diglossiques d'une langue classique, coranique et littéraire, mais aussi sous une multiplicité de formes dialectales.

La linguistique, appliquée à chacun de ces « niveaux de la langue », étudie successivement l'arabe aux points de vue suivants.

Prononciation de l'arabe

Article détaillé : Prononciation arabe.

La prononciation de l'arabe est étudiée par trois sciences linguistiques complémentaires qu'il convient de ne pas confondre, la phonétique, la phonologie, et l'orthophonie. Cette dernière est normative et comprend l'étude de la cantillation des textes arabes liturgiques.

Écriture de l'arabe

Exemple d'écriture arabe
Article détaillé : Écriture de l'arabe.

L'écriture de l'arabe est un phénomène qui peut être étudié, soit en tant que système graphique de l'arabe, soit au point de vue des modalités techniques de cette écriture.

L'étude du système graphique s'attache à décrire l'alphabet arabe et les signes diacritiques de l'arabe parmi lesquels se détachent les particularités de l'écriture de la hamza. Les chiffres arabes intègrent aussi ce système graphique de l'arabe. La linguistique étudie aussi les problèmes de translittération (telle la translittération baha'ie) et de transposition, mais aussi l'usage du système graphique arabe pour écrire des langues non arabes (comme le urdu) qui exige des adaptations de l'alphabet arabe à ce nouvel usage.

Les modalités techniques de l'écriture arabe sont la calligraphie, la typographie, la dactylographie, et l'usage contemporains des programmes informatiques dont voici quelques exemples :

À noter que DIN-31635 est une norme du Deutsches Institut für Normung adoptée en 1982, elle permet la translittération de l'alphabet arabe ; cette norme est la plus utilisée dans le domaine des études arabes dans les pays occidentaux.

Grammaire de l'arabe

Article détaillé : Grammaire arabe.

La grammaire arabe étudie la formation des mots, la morphologie, et leur composition en phrases, la syntaxe.

Sémantique de l'arabe

L'étude sémantique de la langue arabe s'attache au sens des mots.

Stylistique de l'arabe

Article détaillé : Stylistique de l'arabe.

La stylistique de l'arabe étudie la littéralité des textes arabes, et l'usage qu'ils font des figures de style, tant en prose qu'en poésie.

Lexicographie de l'arabe

Article détaillé : Lexicographie arabe.

La lexicographie de l'arabe étudie le vocabulaire de cette langue et la composition de dictionnaires.

Plus spécifiquement elle étudie le vocabulaire de l'islam, et la formation de prénoms arabes et de noms propres arabes.

Notes et références

  1. a et b Jacques Leclerc, « L'arabe », Université Laval, 3 mai 2010. Consulté le 26 juin 2010
  2. Les sources de cet article comprennent :
    • Boutros Hallaq, agrégé de l'Université, professeur à l'Université de la Sorbonne nouvelle Paris III, Quarante leçons pour parler arabe, voir bibliographie ;
    • Régis Blachère et Maurice Gaudefroy-Demombynes, Grammaire de l'arabe classique, voir bibliographie ;
    • Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, voir bibliographie.
  3. Translittération DIN-31635, norme du Deutsches Institut für Normung qui permet la translittération de l'alphabet arabe en caractères « latins ».
  4. Les langues sémitiques comprennent aussi l’akkadien, le phénicien, l’hébreu, le syriaque et l’araméen.
  5. comme l'ont attesté Healey et Smith par les inscriptions de Raqush (Jaussen-Savignac 17): les plus anciennes inscriptions arabes préislamiques (date 267).
  6. Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, voir bibliographie.
  7. Le substrat berbère dans l’arabe maghrébin
  8. [réf. nécessaire]
  9. Louis Alibert dans sa Gramatica occitana donne la liste suivante : aiganafa, alambic, albricòt, alcassin, alcavòt, alcòl, alcòva, alfa, alfàbia, alfasega, almanac, alquimia, alquitran, aluda, ambre, argelat, assassin, aubergina, aubèrja, aubièca, augebit, avivas, azard, azeròla, azur, barbacana, barracan, basana, borraja, burnós, camfre, carmin, carróbia, charrabià, chifra, coton, cramesit, doana, eissauga o savega, escac, escarabida, escarchòfa, estragon, faca, farda, festuc, garbin, garrofa, gipon, jansemin, jària, julèp, laut, limona, madraga, magazin, malhuc, marfega, marrega, matalàs, mesquin, mortaisa, papagai, quermès, quintal, realgar, sabaton, sacre, safran, sagaia, sarron, senha, siròp, sucre, taça, tafatàs, tafurèl, tambor, tara, tarifa, tartana, taüc.
  10. Explication de Bernard Cerquiglini en images et Louis Alibert dans sa Gramatica occitana
  11. Encarta 2006

Voir aussi

Bibliographie

Classement par date d'édition des ouvrages :

  • T. F. Mitchell, Professeur de langue anglaise et de linguistique générale à l'Université de Leeds, Colloquial Arabic, collection « Teach Yourself Books », Hodder and Stoughton Ltd, London 1962, dixième impression 1980, (ISBN 978-0-340-26519-2)
  • Boutros Hallaq, Agrégé de l'Université, L'arabe pour tous, collection « les langues pour tous », Presses Pocket, 1984, (ISBN 978-2-266-01340-8)
  • Michel Neyreneuf et Ghalib Al-Hakkak, Grammaire active de l'arabe, collection « les langues modernes », Le Livre de Poche, Paris 1996.
  • Thomas Bauer, Arabic Writing, article paru dans The World's Writing Systems, ouvrage collectif sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, Oxford University Press, 1996.
  • Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, Éditions Isis, 1997, (ISBN 975-428-106-8) version en ligne
  • Mathieu Guidère, Arabe grammaticalement correct ! Grammaire alphabétique de l'arabe, Éditions Ellipses, Paris 2001, (ISBN 2-72980923-6)
  • Ghani Alani, L'Écriture de l'écriture : Traité de calligraphie arabo-musulmane, éd. Dervy, 2002.
  • Régis Blachère et Maurice Gaudefroy-Demombynes, Grammaire de l'arabe classique, Maisonneuve et Larose, cinquième édition, 2004.
  • Kristen Brustad, Mahmoud Al-Batal, Abbas Al-Tonsi, A Textbook for Arabic: Part Two. Georgetown University, Washington, DC, 2005 (ISBN 978-1589010963), 1e édition 1997, (ISBN 0-87840-350-7)
  • Boutros Hallaq, Agrégé de l'Université, Professeur à l'université de la Sorbonne nouvelle Paris III, Quarante leçons pour parler arabe, collection « langues pour tous », Univers Poche, Pocket, Paris 2009, (ISBN 978-2-266-18910-1)
  • Dictionnaire Mounged de poche (français arabe ─ فرنسيّ عربيّ), éditions Dar el-Machreq, dixième édition, Beyrouth.

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