Al-Mutanabbi

Abū l-T̩ayyib Ah̩mad ibn al-H̩usayn al-Mutanabbī (arabe : أبو الطيب أحمد بن الحسين المتنبّي) (né en 915, mort en 965) est un poète arabe. Ses poèmes tournent autour des louanges des rois, des descriptions de batailles, de la satire, de la sagesse et de sa philosophie de la vie que beaucoup d'hommes partagent avec lui.

Il est considéré comme le plus grand poète arabe de tous les temps, et celui qui a pu au mieux maîtriser la langue arabe et ses rouages. Il lègue un grand patrimoine de poésie avec 326 poèmes, qui raconte sa vie tumultueuse auprès des rois, et qui donne une vision sur la vie arabe du Xe siècle.

Il est connu pour sa grande intelligence, il disait ses poèmes sur le vif, sans préparation. Il dit ses premiers poèmes très jeune avant ses 10 ans. Il est aventurier et courageux, l'un de ses poèmes le tuera.

Le nom "Al-mutanabbi" voulant dire : celui qui se dit prophète, lui fut adjoint, durant sa jeunesse, quand il écrivit des textes qu'il disait être de Dieu, il réussit à convaincre quelques-uns, avec l'aide desquels il déclenchera une rébellion, vite avortée. Il avait à peine 17 ans.

Sommaire

Biographie

Al-Mutanabbi est né dans l’actuel Irak, dans la ville de Koufa. Son père était porteur d'eau, et a exercé plus tard le métier de panégyriste à gage[réf. nécessaire]. Il grandit dans un milieu bédouin d'obédience chiite, qui lui donne une formation religieuse solide.

En 924, après une attaque qarmate à Koufa, il part vivre dans le désert avec eux, apprenant leur dialecte arabe. Prétendant être un prophète, il fomente à l’âge de dix-sept ans une rébellion qarmate à Lattaquié en Syrie. Sa révolte échoue et il est emprisonné par les autorités d’Homs.

Après cette révolte, on lui donne le nom d'al-Mutannabi, « celui qui se déclare prophète ». Il sort de prison en 935, et en 948 il entre à la cour de l’émir hamdanide, Ali Sayf al-Dawla. Il loue Sayf al-Dawla, chez qui il voit le héros du jihad et le champion de l’arabité[réf. nécessaire], et tombe amoureux de sa sœur Khawla.

Mutannabi quitte cette cour après une violente dispute qui l’oppose au grammairien Khalawaih qui n’hésite pas à le gifler devant l’émir. Il rejoint donc en 957 une autre cour, celle des Ikhchidides, et écrit des poèmes pour Abu al-Misk Kafur. Pour ses poésies, il est nommé gouverneur de Sidon, mais à cause de ses poésies satiriques à l’encontre du prince, il est forcé dès 961 de quitter le pays. Il part pour Chiraz en Iran, où il travaille pour le prince bouyide, ’Adud al-Dawla. Il trouve la mort accidentellement à l’âge de 41 ans, après avoir été attaqué par des brigands dans le désert irakien.

Quelques vers et dires

  • Si tu voyais les dents du Lion surgir; Ne croit pas que le lion te sourit.
  • Je suis celui dont l'aveugle lit la littérature; et dont le sourd entend les mots.
  • C'est suivant la grandeur des gens déterminés qu'arrivent les déterminations; et vient par la noblesse des gens généreux leur générosité.
  • La gloire est pour l'épée; non pas pour la plume.
  • La mort est inéluctable et les âmes précieuses; Stupide est celui qui croit précieux ce qu'il possède
  • L'homme espère et la vie est appétissante; La vieillesse est plus digne que la jeunesse frivole
  • Aux yeux des petits, les petites choses sont immenses!; Pour les grandes âmes, les grandes choses sont si petites!

Sa description de la grippe saisonnière

Durant son séjour en Égypte dans la cour du roi Kafour, une grippe l'a emprisonné chez lui, où il écrivit ce poème dont voici un extrait:

Ma visiteuse, comme frappée par une honte,

ne me visite que dans l'obscurité.

Je lui ai offert mes membres et mes organes

pourtant elle a préféré mes os.

Ma peau nous oppresse tous les deux

et mon mal ne fait que s'accroitre.

En me quittant elle me lave si bien

comme pour nous laver d'un grand péché.

Le matin la chasse sans ménagement

Et en larmes elle fuit aux quatre coins .

J'attends avec angoisse son retour

tel un nostalgique anxieux.

Elle reste fidèle à son rendez-vous,

mais que faire de la fidélité de celle

qui vous ronge les genoux et les os.

Sa diatribe des rois

En bon poète qui ne pense jamais ce qu'il dit, il se tourne contre les rois, ceux-là même qu'il glorifia par sa plume pour dire:

"Je me vois encore faire rire mes dromadaires à chacun de mes voyages

Ils rient en regardant pour qui je leur ai fait faire de si terribles traversées

ils regardent les statues sans vie, les princes et les rois que je visite,

Mais qui hélas n'ont même pas la chasteté des statues.

Alors ce matin, ma plume s'est tourné vers moi et m'a dit :

"La gloire est à l'épée, la gloire n'est point à la plume

Écris ce que tu auras réalisé avec ton épée

Car, esclaves de ton arme, nous sommes."

Tu as bien parlé et mon remède est ce que tu dis

Et si je ne fais rien, c'est que ma maladie

Serait tellement grave, car je n'aurais rien compris."

La satire de Kafur

Dans ce poème, El-Moutanabi utilise des mots très forts pour attaquer Kafour Al Ikhchidi, le gouverneur d'Égypte qui n'a pas joué franc-jeu avec lui. Il l'a trompé, l'a utilisé et a profité de ses talents littéraires pendant une longue période pour le renvoyer par la suite. Ce fut une humiliation pour ce poète orgueilleux et ambitieux. Et là, la poésie devient une redoutable arme pour dénigrer, insulter ce gouverneur noir non reconnaissant. À l'époque, l'esclavage existait encore et El- Mutanabbi, dans l'air de son temps, composa une diatribe terrible dans laquelle il écorche méchamment son adversaire. Ceci est certes son poème le plus connu et le plus artistique, dont voici un extrait:

Pour qu’un esclave pervers assassine son maître

Ou le trahisse, faut-il qu'il passe par l'Égypte ?

Là-bas, l’eunuque est devenu le chef d’esclaves en cavale,

L’homme libre est asservi ; on obéit à l’esclave.

L’esclave n’est pas un frère pour l’homme libre et pieux

Même s’il est né dans des habits d’homme libre.

N’achète jamais un esclave sans un bâton pour l'accompagner

Car les esclaves sont infects et des bons à rien dangereux.

Jamais je n’aurais pensé vivre pour voir le jour

Où un serf me ferait du mal et en serait loué

Pas plus que je n’imaginais voir disparaître

Les hommes dignes de ce nom

Et subsister l’image du père de la générosité

Et voir ce nègre avec sa lèvre percée de chameau

Obéi par ces lâches mercenaires.

Qui a jamais enseigné la noblesse à ce nègre eunuque ?

Sa parentèle "blanche" ou ses royaux ancêtres ?

Ou son oreille qui saigne dans les mains du négrier,

Ou sa valeur, car pour deux sous on le rejetterait ?

Il faut l’excuser compte tenu de toute bassesse -

Mais une excuse est parfois un reproche -

Et s’il en est ainsi parce que les étalons blancs

Peuvent être incapables de reconnaissance, alors que dire

D’eunuques noirs ?

Ce poème a fait connaitre Kafour et a liée son nom a celui d'El-Moutanabi pour toujours.

Ce qu'il dit sur lui même

Qu'il sache celui qui joint notre assemblée

Que je suis le meilleur parmi ceux à qui on s'adresse

Je suis celui dont l'aveugle a lu la litterature

Et celui dont les paroles ont fait entendre le sourd

Je dors pleinement serein de leurs ecriture [vers]

Au moment où les autres courrent derriere et se tourmentent

Les chevaux, la nuit et le désert savent tous qui je suis

Aussi bien que l'épée, l'arc, la plume et l'encrier

Que de défauts vous nous cherchiez mais nos imperfections vous ne trouvez

Vos allégations ne sont admises ni par dieu ni par l'hospitalité

Les vices et les insuffisances sont aussi éloignés de mon honneur

Que le sont de la pérennité de la pléiade, la vieillesse et la décrépitude.

Annexes

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