Occitan
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Occitan
Occitan, Lenga d'òc
Parlée en Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Monaco Monaco[1]
Région Midi de la France, Limousin, Auvergne, ouest du Piémont, Val d’Aran en Catalogne, Guardia Piemontese en Calabre
Nombre de locuteurs 0,79 à 12 millions[2] (dont plus sûrement 6 à 7 millions de bilingues passifs ou actifs).
Typologie accentuelle, flexionnelle, SVO
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Catalogne Catalogne en Espagne
Codes de langue
ISO 639-1 oc
ISO 639-2 oci
ISO 639-3 oci
Linguasphere 51-AAA-f, 51-AAA-g
IETF oc
Échantillon
Article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

Languedocien, norme classique
Article un (1)

Totes los èssers umans naisson liures e egals en dignitat e en dreches. Son dotats de rason e de consciéncia e se devon comportar los unes amb los autres dins un esperit de fraternitat.

L’occitan ou langue d’oc (en occitan : occitan Ltspkr.png, lenga d'òc Ltspkr.png ou óucitan, lengo d’o) est une langue romane[3] parlée dans le tiers sud de la France, les Vallées occitanes et Guardia Piemontese (en Italie), le Val d’Aran (en Espagne) et à Monaco[1]. L’Occitanie est l’aire linguistique et culturelle de l’occitan.

L’occitan présente une grande variabilité (six dialectes, plusieurs normes littéraires[4], plusieurs normes graphiques), une importante production culturelle et une littérature prestigieuse[5].

Un locuteur de cette langue parle un des dialectes d’oc car il n’existe pas de standard oral unifié. Les dialectes de l’occitan sont le languedocien, le limousin, le provençal, le gascon, l'auvergnat et le vivaro-alpin[6].

Le nombre de locuteurs de l'occitan est estimé selon les sources de 789 000 à 12 000 000 de personnes. L'occitan est connu comme une langue littéraire écrite à partir du XIIe siècle, époque où les troubadours vont commencer à la rendre illustre dans toutes les cours d’Europe; en France et en Italie, elle fut aussi une langue administrative et juridique en concurrence avec le latin pendant tout le Moyen Âge. Cet usage se poursuivra parfois jusqu’à l’époque contemporaine, puis elle fut remplacée progressivement par le français ou l’italien. La disparition de l’écrit officiel (l’impact de l’ordonnance de Villers-Cotterêts fait débat[7]) a précédé celle de l’usage oral, liée à une politique de dévalorisation et de répression[8], qui met la langue en danger d’extinction[9].

Sommaire

Étymologie

Carte des langues d'Europe selon le marquis d’Argenson (1859).

Le terme « langue d’oc » et son équivalent latin lingua occitana apparaissent à la fin du XIIIe siècle[10]. De ce terme latin est issu le mot occitan qui s’est imposé chez les romanistes dans la seconde moitié du XXe siècle[11].

« Langue d’oc », « occitan » et « provençal »[12] sont synonymes dans la linguistique romane. La totalité du mouvement culturel depuis le XIXe siècle parle d'occitan et de langue d'oc. Ces deux termes sont synonymes et sont employés conjoints dans les textes administratifs récents[13].

Origines de l’occitan

Suite à la domination romaine, les populations locales adoptent un latin vernacularisé. Ce processus prend plusieurs siècles, il est fort complexe dans son déroulement. Cette langue évolue en se superposant aux parlers autochtones qui finiront par être absorbés et assimilés. La chute de l'Empire romain, au Ve siècle, et les invasions barbares aboutissent à la transformation du latin en un certain nombre de parlers nouveaux dont l'occitan. La formation de la langue d'oc a été favorisée par certaines circonstances qui ont donné à l’occitan son originalité :

  • la structure orographique. L’espace occitan se caractérise par son emplacement au sein de barrières naturelles que sont la mer Méditerranée et l’océan Atlantique ainsi que les remparts naturels des montagnes : Massif central, Pyrénées, Alpes[14].
  • la présence de « marches séparantes » entre les populations: zones ultra-sèches[14], forêts épaisses séparant le Nord du Sud de la France sauf aux abords de l’océan (la Brenne, la Sologne, le Bourbonnais, le Nivernais, la Bresse, le Jura central…), marais ou landes impropres à l’agriculture et rebelles à toutes colonisations étrangères (régions entre Loire et Garonne, plateau désertique aragonais).
  • la fixité des peuples préhistoriques et protohistoriques[14]
  • leur moindre celtisation[15] : populations celtes peu importantes mais la celtisation s’est implantée plus durablement que dans d’autres régions.
  • une longue et profonde romanisation. Selon M. Müller, « la bi-partition linguistique de la France commence avec la romanisation même »[16]
  • un lexique original : bien que celui de l’occitan se situe à mi-chemin entre le gallo-roman et l’ibéro-roman[17], il « possède […] quelque 550 mots hérités du latin qui n’existent ni dans les parlers d’oïl ni en francoprovençal »
  • une faible germanisation (contrairement au français ou au francoprovençal)[16] : « le lexique francique » et son influence phonétique « s’arrête […] assez souvent » au sud de la ligne oc/oïl[16]
  • l’Occitanie a toujours été un carrefour des langages, grâce à de nombreux échanges commerciaux. Ceci se retrouve dans un vocabulaire d’origines très variées. Le rabbin espagnol Benjamin de Tudèle décrit en 1173 l’Occitanie comme un lieu de commerce où viennent « chrétiens et Sarrasins, où affluent les arabes, les marchands lombards, les visiteurs de la Grande Rome, de toutes les parties de l’Égypte, de la terre d’Israël, de la Grèce, de la Gaule, de l'Espagne, de l’Angleterre, de Gênes et de Pise, et l’on en parle toutes les langues. »[18]

Locuteurs

Le nombre de ses locuteurs varie fortement en fonction de la méthodologie employée pour le calculer. En effet, l’évaluation qui en est faite varie:

  • D'après les données fournies par Étienne Hammel, Philippe Martel[19] avance le chiffre de 583 000 personnes. Mais il reconnaît lui-même la faible probabilité du chiffre énoncé: "du point de vue quantitatif, il y a peu à attendre d’une telle enquête ... Disons-le: nous ne savons pas combien il y a d’occitanophones dans ce pays".
  • Selon la Délégation générale à la langue française et aux langues de France: 526 000 [20]. Ce chiffre estimé dans un premier temps par l'INED a été ré-estimé à 789 000.
  • En 2009, elle serait toujours parlée par 2 millions de personnes selon SIL International[21].
  • Trois millions et demi en rassemblant les données issues de sondages, enquêtes et recensements sur plusieurs régions[22].
  • Un numéro de « Courrier International »[23] donnait 3 600 000 locuteurs uniquement en France, dont 2 millions parleraient auvergnat plus précisément. Toutefois, toujours en France, ce seraient environ sept millions de personnes qui comprendraient l’occitan sans pratiquer (bilinguisme passif).
  • Certains chercheurs lui donnent jusqu’à sept millions de locuteurs en France, en Italie et en Espagne (Quid France 2004).
  • Dix à douze millions selon le linguiste Jean-Marie Klinkenberg[24].

Les différentes sources confondent souvent la pratique active et la connaissance passive, sans compter les différents contextes d'usages de la langue (diglossie). Par ailleurs, l'évaluation du nombre d'occitanophones peut être restreinte localement ou être étendue à plusieurs régions du monde. En réalité, il n’existe aucune enquête indépendante, globale et approfondie sur laquelle s’appuyer. Malgré les différences statistiques, toutes s'accordent à montrer que le français est aujourd'hui plus parlé que l'occitan en Occitanie sous l'effet de la politique linguistique française. L'occitan, du statut de langue majoritaire encore en 1900 est passée à celui de langue minoritaire. En 1864, lors de la dernière enquête linguistique précise et quantifiée sur les parlers en France : c’est en Occitanie que l’on connaissait la plus forte proportion de français ignorant la langue nationale. Sur 21 départements, 40% de la population était occitanophone unilingue, avec des résultats montant à 9/10 ème de la population dans certains départements. Les situations intermédiaires et de diglossie étaient, en revanche, difficiles à évaluer[25].

Noms de l’occitan

À partir du XIIIe siècle et jusqu'au début du XXe siècle[26], on rencontre fréquemment le terme de provençal pour désigner l'occitan. Le terme, originaire d'Italie, fait référence à la provincia romaine et on trouve encore parfois ce terme en anglais pour toute la langue d'oc (provençal).

Entrée oucitan dans le Trésor du Félibrige de Frédéric Mistral

L'appellation « provençal » présente des ambiguïtés car elle désigne également le dialecte provençal, que par ailleurs certains considèrent comme une langue distincte[27]. D’autre part l’expression de « langue d’oc » fait penser d’emblée au dialecte languedocien (occitan central). Peut-être pour ces raisons le terme généralement considéré comme le plus clair est « occitan ». Certains Valenciens nomment occitan l’ensemble occitano-roman (catalan et occitan[28]).

L’occitan fut appelé autrefois:

  • lenga romana ou romans[29] aux XIIIe et XIVe siècles. Certains auteurs médiévaux ont employé le terme de "lenga romana" afin d'accentuer le prestige de l'occitan, langue écrite comme le latin. "Roman" a souligné la conscience claire de l'origine latine de l'occitan. Ce terme fut utilisé au XIXe siècle pour désigner l’ancien occitan.
  • limousin apparu entre 1190 et 1213[30]. Utilisé surtout pendant le XIIIe siècle parce que certains troubadours étaient réputés être originaires du Limousin. Pendant le XVIIIe siècle et le XIXe siècle, le nom de llemosí a été utilisé pour désigner l'occitan médiéval qui est à l'origine de la littérature catalane.
  • mondin ou raimondin.
  • gascon au XVIe siècle, XVIIe siècle et XVIIIe siècle [31]. À cette époque, la Gascogne était un centre important de la littérature occitane et les Gascons ont eu l'habitude de représenter la "France du Sud" (l'Occitanie) aux yeux des Français du Nord.
  • catalan utilisé parallèlement au terme de langue limousine.
  • provençal aux XIIIe et XIXe siècles .
  • lingua occitana au XIVe siècle et langue d’oc. L’expression « langue d’oc » fut créée vers 1290 puis fut diffusée par Dante. On trouve l’expression lingua occitana (langue occitane) peu après dans certains textes administratifs en latin. Cependant, les termes « occitan » et « Occitanie » ne se sont généralisés que depuis le XIXe siècle et davantage encore depuis la seconde moitié du XIXe siècle.
  • languedocien[32].
  • occitanique et occitanien.

Les Occitans eux-mêmes disaient lo romans (roman), lo lemozi(n) (limousin) ou lo proensal (provençal) au XIIIe siècle .

Les Occitans ont utilisé et utilisent toujours d’autres formules pour désigner leur langue, comme « la lenga nòstra » (notre langue) « parlam a nòstra mòda » (nous parlons à notre manière) ou encore en Gascogne « Que parli » (je parle).

Dans certaines régions, les locuteurs les plus âgés utilisent le terme de patois (Larousse : parler local, rural et d’extension restreinte) pour désigner leur langue mais ce terme est également rejeté de nos jours pour ses connotations dépréciatives.

Ailleurs, dans les régions à forte identité, le nom de la province sert à désigner la langue, parfois en discordance avec les variations de celle-ci[33]. On dit : « l’auvergnat, le rouergat, le limousin, le gascon, le béarnais, le provençal, le nissart, ... ».

On peut trouver des appellations selon la variété locale de la langue (neugue), un terme géographique (aspois, médocain), ou encore une délimitation administrative (girondin).

Distribution géographique

Article détaillé : Occitanie.

L'aire d’expansion géographique de l'occitan couvre 33 départements du sud de la France (39 en comptant les départements minoritairement occitans), 14 vallées occitanes (dans les Alpes piémontaises) et Guardia Piemontese en Italie, le Val d’Aran en Espagne.

Régions occitanes

Géographie supra-dialectale de l’occitan
Autre carte des dialectes occitans
  • Aquitaine : sauf la partie bascophone des Pyrénées-Atlantiques à l’ouest du département et une petite partie de la Gironde et du Périgord en zone d'oïl.
  • Auvergne : le Forez et la Basse-Auvergne ont connu un recul de l’occitanophonie, à la différence du Cantal, de la Haute-Loire et de la Lozère où la langue est encore parlée par une partie de la population[34].
  • Calabre : La commune sud-italienne de Guardia Piemontese, situé dans la province de Cosenza, est une enclave linguistique. Un dialecte occitan de type vivaro-alpin, qui se nomme le gardiol[35], est encore usité dans cette commune. 74,6 % de ses habitants déclarent le parler couramment[36]. Sa présence est due à la fondation de ce village par des Vaudois piémontais[37] au XIIIe siècle qui importèrent en ces lieux l’occitan[38]. Le village de San Sisto dei Valdesi, commune de San Vincenzo La Costa est un ancien village vaudois qui tente de réactiver l’usage de l’occitan[39].
  • Catalogne: on parle une forme du gascon, l’aranais dans le Val d'Aran. L'occitan, dans sa forme aranaise, est une langue officielle de la région, au même titre que le catalan.
  • région Centre : une zone en bordure sud de la région. Voir l'article le Croissant (lo Creissent en occitan).
  • Languedoc-Roussillon : à l’exception de la majeure partie des Pyrénées-Orientales, où l’on parle catalan (seuls le Fenouillèdes est occitan). La langue est très affaiblie dans la plaine mais se maintient dans les Cévennes gardoises (autour d’Alès) et en Lozère (avec le parler gévaudanais).
  • Ligurie : une zone en bordure ouest de la région.
  • Limousin : L’occitan est parlé dans toute la région par les gens de plus de 40 ans, la langue trouve un nouveau souffle avec la formation de professeurs d’occitan[réf. nécessaire].
  • Poitou-Charentes : le recul de l’usage de l’occitan a été brutal juste après la guerre de Cent Ans, particulièrement dans le sud de la région (voir les dialectes du Nord-Ouest). Le tiers Est de la Charente dont la Charente limousine et cinq communes du département de la Vienne[40] sont toujours occitanophones.
  • Midi-Pyrénées : la langue est très affaiblie dans la partie languedocienne, menacée dans la partie gasconne, mais beaucoup de jeunes Gascons la reprennent. Elle se maintient particulièrement bien en Haute-Guyenne (c’est-à-dire l’Aveyron et la moitié nord du Lot).
  • Monaco : une forme d’occitan, italianisé, a été parlée marginalement par les ouvriers nissophones venus travailler en Principauté, à côté du ligure monégasque[41]. L'éventuelle présence de l'occitan avant cette époque est débattue. En 2006, la proportion de locuteurs du niçois, une variante de l'occitan, était évaluée à 15 %[1].
  • Piémont : région italienne dont seules les hautes vallées (Val de Suse…), dites vallées occitanes sont restées occitanophones (nord-occitan). Le versant italien du col de Tende parle provençal. Dans la plus grande partie de la région, on parle cependant italien, piémontais ou lombard, des parlers gallo-italiques.
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur : dans cette région on parle le provençal (rhodanien, le maritime, niçart) et le vivaro-alpin (classé par certains dans le provençal). Cependant dans les hautes vallées de la Roya et de la Bévéra on parle des dialectes ligures alpins. À noter aussi quelques isolats ligures (figoun) qui se trouvent dans le Var et dans les Alpes-Maritimes : Biot, Vallauris, Mons et Escragnolles. Le mentonasque a un statut intermédiaire entre l´occitan et le ligure.
  • Rhône-Alpes : le sud de la région est occitanophone : l'Ardèche (dans sa quasi-totalité), la plus grande partie de la Drôme et le sud de l'Isère. En revanche, le Lyonnais, le Forez et le Dauphiné septentrional qui étaient des zones de parlers intermédiaires entre l'occitan et le francoprovençal sont devenues francophones précocement. L’occitan fut la langue de la noblesse lyonnaise lors de l’apogée de la culture des troubadours.

L’occitan dans le monde

Des communautés de langue occitane ont existé ailleurs dans le monde. Leur présence peut être liée au départ des protestants de France, à la colonisation française, à l'immigration vers le Nouveau monde ou même aux croisades.

Il peut arriver que certaines personnes parlent encore aujourd’hui l’occitan ou plus sûrement ont conservé quelques mots mêlés à la langue locale[47].

Famille linguistique

L’occitan constitue avec le catalan le groupe occitano-roman des langues romanes occidentales : il fait la transition entre le gallo-roman et l'ibéro-roman, d’après le linguiste Pierre Bec[48]. On le voit bien dans les équivalents occitans de essere (« être » en latin populaire) : esser (Ariège), èstre ou èsse (Allier, en provençal et encore une grande partie de toute la France du Sud-Est [10]), estar en castillan, en catalan et dans l'Ariège, le Gers, la Gironde, les Hautes-Pyrénées, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, èster en Gascogne également.

L’occitan et le catalan sont proches linguistiquement et permettent l’intercompréhension[49]. Certains romanistes (toutefois minoritaires) comme A. Sanfeld incluent ces deux langues sous la même dénomination linguistique d’occitan. Le terme de langue limousine a été utilisé par les Catalans pour désigner soit le catalan, la langue des troubadours, l'occitan ou l'ensemble des langues occitano-romanes.

Les liens entre l’occitan et le catalan

À un stade ancien, comme pour toutes les langues romanes, le catalan et la langue d'oc ne pouvaient pas être différenciés. Le fait qu’on écrive quasi exclusivement en latin durant le haut Moyen Âge rend très délicate toute catégorisation formelle. En tout cas, les premiers textes en langues vulgaires, bien que très semblables montrent déjà quelques différences, lesquelles se sont accentuées à la moitié du XIIe siècle[50]. Le gascon a été souvent considéré comme un dialecte occitan ; tandis que le catalan, plus proche du languedocien d’un point de vue linguistique que d’autres, a été considéré comme une langue différente. Les poètes catalans écrivirent en occitan jusqu’au XIVe siècle, époque où le Valencien Ausiàs March marque le début du Siècle d'Or de la langue catalane. Dans l’œuvre du philologue du XIXe siècle Friedrich Christian Diez le catalan est considéré comme une part intégrante de l’occitan (appelé « provençal ») ; cependant il en signale les différences. En 1934, des intellectuels catalans ont proclamé solennellement que le catalan contemporain était une langue distincte de l’occitan[51] dans le manifeste Desviacions en els conceptes de llengua i de pàtria[52] rejetant ainsi l'idée d'une nation panoccitane incluant les pays catalans. L’occitan et le catalan se distinguent par la manière d’écrire la langue (graphie). Les Occitans d’aujourd’hui ont majoritairement choisi d’utiliser une graphie qui essaye de rassembler des héritages de la langue médiévale avec des ajouts contemporains importants. Les choix qui ont opéré en Catalogne, ont conduit les locuteurs à écrire avec une graphie centrée à la fois sur les manières de prononcer (pas de n final à català par exemple) mais aussi à conserver des origines latines, par exemple en ajoutant le -r final qui est « caduc » dans certains dialectes.

La prononciation varie entre catalan et occitan, par exemple :

  • Le « o »/ « ó » se prononce toujours comme [u], sauf quand il a un accent grave « ò » : [ɔ] (pònt -pont- : /pɔnt/, onze : /'unze/, antropologia : /antrupulu'dʒiɔ/)
  • Quand un mot termine avec -a, ou l’accent fermé, « á », celui-ci se prononce comme [o]/[ɔ] (plaça : /plásɔ/, sentiái -jo sentia- : /sentj'ɔj/) sauf quand il a l’accent grave « -à » : [a].
  • L’occitan évite la prononciation de deux consonnes de suite, souvent en ne prononçant pas la première et en renforçant la deuxième (abdiquer : abdicar. « cc » se prononce « ts » en languedocien, occitan se prononce « utsità »).
  • En occitan, la syllabe tonique des mots s’est rapprochée du français avec le temps, sous l’influence de ce dernier. La plupart des syllabes accentuées sur l’antépénultième en catalan changent en occitan (MÚsica (cat) muSIca (oc), PÀgina (cat) paGIna (oc), boTÀnica (cat) botaNIca (oc), inDÚstria (cat) indusTRIa (oc)...). Seuls le niçois et le vivaro-alpin des vallées Occitanes ont maintenu la prononciation originale, proche du catalan.

Pour les catalanophones, la graphie classique de l'occitan a l’avantage de ressembler assez à la catalane. Cela est dû pour une bonne part à ce que dans les travaux d’actualisation et de fixation de cette graphie, conduits par Loís Alibèrt en 1937, on a suivi des critères très semblables à ceux suivis par Pompeu Fabra pour le catalan. Les deux graphies se sont basées sur la graphie médiévale, formée quand les deux langues étaient plus proches de leurs origines communes et qu’en plus les contacts étaient plus intenses (la poésie en Catalogne a été écrite principalement en occitan même au XIVe siècle). Malgré tout, il y a quelques différences dont il faut tenir compte pour lire avec facilité les textes occitans :

  • On conserve le « n » final des mots, bien que dans la plupart des dialectes occitans, il ne se prononce pas (les exceptions sont le provençal, et le gascon, qui inclut l’aranais). Exemples : « occitan », « concepcion ».
  • Le « h » ne s’écrit pas quand il ne se prononce pas (le « h » est mis en catalan) : i a un òme (cat: hi ha un home). Le « h » se met en gascon pour indiquer qu’il se prononce aspiré, lorsqu’il remplace habituellement le « f » des autres dialectes occitans et du catalan. Exemple : en gascon « hèsta », dans les autres dialectes « fèsta », en catalan « festa ».
  • Les digrammes « lh », « nh » et « sh » correspondent en catalan à « ll », « ny » et « ix ». Les digrammes « lh » et « nh » ont aussi été adoptés depuis le Moyen Âge par les normes portugaises et de façon récente dans la graphie romane de la langue vietnamienne.

L’aspect politique, culturel et religieux est important aussi. La Catalogne, contrairement à l’Occitanie a bénéficié longtemps d’une moindre dépendance étatique alliée à un fort développement économique. De plus, l’espace occitan est globalement défini par son appartenance à la France, le catalan est majoritairement défini par son appartenance à l’Espagne. Encore récemment les langues continuent d’évoluer séparément : le catalan est un ensemble de dialectes qui ont tendance à s’hispaniser au contact du castillan ; l’occitan, lui, a tendance à se galliciser au contact du français. Le poids important des langues espagnole et française dans le monde pèse lourdement sur les rapports de domination linguistique au sein de la France et de l’Espagne.

Il ne faut toutefois pas en conclure que l’occitan et le catalan soient très différents. Il existe une assez bonne intercompréhension entre catalanophones et occitanophones.

Comparatif occitan/catalan

Voici un texte dans sa version languedocienne (occitan méridional-ouest) et catalane majorquine (catalan des îles Baléares) et catalane barcelonaise (catalan de Barcelone). La forme du catalan majorquin moderne est parfois précisée dans les remarques.

Français Languedocien Majorquin Barcelonais Remarques
Hachez les viandes à la machine (ou demandez au boucher de le faire) Passatz la carn a la maquina de capolar (o demandatz al boquièr d’o far) Passau sa carn per sa màquina de capolar (o demanau en es carnisser que ho faça/faci) Passeu la carn per la màquina de picar (o demaneu al carnisser que ho faci)
Mélangez tous les ingrédients de la farce Barrejatz/mesclatz totes los ingredients del fars Mesclau tots es ingredients des farciment Barregeu tots els ingredients del farciment
Etendre le lièvre sur un bon morceau de gaze (on peut en acheter en pharmacie) Espanditz la lèbre sus un bon tròç de gasa (se pòt crompar en farmàcia) Esteneu sa llebre damunt un bon tros de gasa (se pot comprar a l'apotecaria) Esteneu la llebre damunt d'un bon tros de gasa (es pot comprar a la farmàcia) En languedocien « farmacia » est un néologisme ; en catalan « damunt » = « sus »;
Répartir la farce sur toute la longueur de l’animal, l’enrouler dans la gaze Repartitz lo fars sus tota la longor de l’animal, lo rotlar dins la gasa Repartiu es farciment dedins s'animal, enrotlau-lo dins sa gasa Repartiu el farciment dins l'animal, enrotlleu-lo dins la gasa
Ficeler sans trop serrer. Faire rôtir les ingrédients au four E ficelatz pas tròp sarrat. Facetz rostir los ingredients pel forn Fermau-lo no massa fort. Feis rostir es ingredients dedins es forn. Lligueu-lo no gaire fort. Feu rostir els ingredients dins el forn.
  • L’ensemble géographique occitano-roman représente environ 23 millions de personnes sur un espace de 259 000 km2. Les régions ne sont pas égales face au pourcentage de locuteurs de la langue. La France ne compte plus dans certaines régions qu’un quart de la population qui soit vraiment occitanophone (50 % de la population comprend la langue, sans pouvoir la parler couramment)[réf. insuffisante][53],[54]. À l’inverse, la communauté autonome de Catalogne bat des records du nombre de locuteurs. Selon les enquêtes réalisées par la Communauté de Catalogne en 1993, les habitants du Val d’Aran (dont 72 % sont originaires) parlent : aranais (gascon) à 64 % ; castillan (espagnol) à 28 % ; catalan à 8 %.

Caractérisation linguistique

Jules Ronjat a cherché à caractériser l’occitan en s’appuyant sur 19 critères principaux et parmi les plus généralisés. Onze critères sont phonétiques, cinq morphologiques, un syntaxique, et deux lexicaux. On peut ainsi noter la moindre fréquence des voyelles semi-fermées (en français standard : rose, jeûne). C’est une caractéristique des occitanophones grâce à laquelle on reconnaît leur accent « méridional » même quand ils parlent en français. Il existe aussi la non-utilisation du pronom personnel sujet (exemple : canti/cante/chante/chanto je chante ; cantas/chantas tu chantes). On peut trouver encore d’autres traits discriminants. Sur les dix-neuf critères principaux, il existe sept différences avec l’espagnol, huit avec l’italien, douze avec le francoprovençal et seize avec le français.

Codification

Standardisation

A l'époque des troubadours (entre le XIe siècle et le XIIIe siècle), l'occitan a vraisemblablement connu une norme littéraire unifiée appelée koinè.

Par la suite, toutes les graphies de l'occitan (classique, mistralienne, bonnaudienne, de l'École du Pô) ont été conçues d'abord en notant les parlers, sans fixer une variété standard de l'occitan. Cependant la norme mistralienne a entraîné depuis la fin du XIXe siècle l'apparition de trois normes littéraires régionales: une en provençal général, une en niçard et une en gascon (béarnais). On peut dire en outre que la norme provençale mistralienne est une langue standard (avis des partisans de la norme dite moderne) ou préfigure une langue standard (avis des partisans de la norme classique).

La norme classique, à partir du XXe siècle, a poursuivi le développement de ces trois formes littéraires mais a favorisé également des formes régionales supplémentaires en limousin et en languedocien. Depuis l'officialisation de l'occitan dans le Val d'Aran en 1990 puis dans toute la Catalogne en 2006, la norme classique favorise également une variété codifiée de gascon aranais[55]. La norme classique a vocation à écrire l'ensemble des dialectes de la langue occitane. Cette norme se base sur la tradition médiévale des troubadours et lui ajoute un processus de codification des mots modernes.

L'occitan large

Outre ces expériences de normes littéraires, du côté de la norme classique, la volonté consciente de fixer une variété standard en occitan est apparue dans les années 1970 avec les recherches des linguistes Pierre Bec, Robert Lafont, Roger Teulat, Jacme Taupiac, suivis dans les années 1980 par Patrick Sauzet. La variété standard est appelée selon les auteurs occitan référentiel, occitan standard ou plus récemment occitan large (occitan larg, P. Sauzet). Selon le consensus de la majorité des spécialistes qui travaillent sur ce projet, l'occitan large se compose :

  • d'une variété générale qui se base sur le dialecte languedocien, considéré comme dialecte intermédiaire, sans aucune notion de supériorité,
  • d'adaptations régionales du standard, prenant en compte certains traits dialectaux typiques, tout en conservant une grande convergence et une conception unitaire. C'est une manière de fédérer dans l'occitan large les différentes normes littéraires régionales qui se sont développées au cours du XIXe et du XXe siècles.

Normes graphiques

Comparaison des deux graphies principales
Norme classique Norme mistralienne
Mirèlha, Cant I (F. Mistral)
(transcription)

Cante una chata de Provença.

Dins leis amors de sa jovença,

A travèrs de la Crau, vèrs la mar, dins lei blats,

Umble [Umil] escolan dau grand Omèra [Omèr],

Ieu la vòle seguir. Coma èra

Ren qu'una chata de la tèrra,

En fòra de la Crau se n'es gaire parlat.

Mirèio, Cant I (F. Mistral)
(texte d'origine)

Cante uno chato de Prouvènço.

Dins lis amour de sa jouvènço,

A travès de la Crau, vers la mar, dins li blad,

Umble escoulan dóu grand Oumèro,

Iéu la vole segui. Coume èro

Rèn qu'uno chato de la terro,

En foro de la Crau se n'es gaire parla.

Comparaison entre les quatre principales normes en Occitan: extrait de la Déclaration universelle des droits de l'homme
norme classique norme mistralienne
(et normes dérivées)
norme bonnaudienne norme de l'Escòla dau Pò
Provençal
Totei lei personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotadas de rason e de consciéncia e li cau (/fau) agir entre elei amb un esperit de frairesa.
Provençal
Tóuti li persouno naisson liéuro e egalo en dignita e en dre. Soun doutado de rasoun e de counsciènci e li fau agi entre éli em' un esperit de freiresso.
Niçois Provençal
Toti li personas naisson lib(e)ri e egali en dignitat e en drech. Son dotadi de rason e de consciéncia e li cau agir entre eli emb un esprit de fratelança.
Niçois Provençal
Touti li persouna naisson lib(e)ri e egali en dignità e en drech. Soun doutadi de rasoun e de counsciència e li cau agì entre eli em'un esprit de fratelança.
Auvergnat
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en dreit. Son dotadas de rason e de consciéncia e lor chau (/fau) agir entre elas amb un esperit de frairesa.
Auvergnat
(norme de l’Escolo Auvernhato)
Toutos las persounos naissou lieuros e egalos en dinhitat e en drèit. Sou doutados de razou e de counsciéncio, mas lour chau agi entre guessos dinc un eime de frairesso.
Bas-Auvergnat
Ta la proussouna neisson lieura moé parira pà dïnessà mai dret. Son charjada de razou moé de cousiensà mai lhu fau arjî entremeî lha bei n'eime de freiressà.
Haut-Auvergnat
Touta la persouna naisson lieura e egala en dïnetàt e en dreit. Soun doutada de razou e de cousiensà e lour chau ajî entre ela am en esprî de freiressà.
Vivaro-alpin
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotaas de rason e de consciéncia e lor chal agir entre elas amb un esperit de fraternitat.
Vivaro-alpin
Toutes les persounes naisoun liures e egales en dignità e en drech. Soun douta de razoun e de counsiensio e lour chal agir entre eles amb (/bou) un esperit de freireso.
Gascon
Totas las personas que vaden libras e egaus en dignitat e en dreit. Que son dotadas d'arrason e de consciéncia e que las cau hèr l'ua a l'auta dab esperit de fraternitat..

Gascon du nord
Totas las personas vasen libras e egalas en dignitat e en dre(i)t. Son dotadas de rason e de consciéncia/consciença e las i fau agir entre eras damb un esprit de fraternitat.

Gascon
(norme fébusienne)
Toutes las persounes que nachen libres e egaus en dinnitat e en dreyt. Que soun doutades de rasoû e de counscienci e qu'ous cau ayi entre eres dap û esperit de fraternitat.
Limousin
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotadas de rason e de consciéncia e lor chau (/fau) agir entre elas emb un esperit de frairesa.
Languedocien
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotadas de rason e de consciéncia e lor cal agir entre elas amb un esperit de frairesa.
Le même texte dans les langues voisines et en anglais pour la comparaison.
Catalan
Tots els éssers humans neixen lliures i iguals en dignitat i en drets. Són dotats de raó i de consciència, i han de comportar-se fraternalment els uns amb els altres[56].
Francoprovençal
Tôs los étres homans nêssont libros et ègals en dignitât et en drêts. Ils ant rêson et conscience et dêvont fâre los uns envèrs los ôtros dedens un èsprit de fraternitât[56].
Français
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité[56].
Italien
Tutti gli esseri umani nascono liberi e uguali in dignità e in diritti. Sono dotati di ragione e di coscienza e devono comportarsi fraternalmente l'uno con l'altro (vers.alternative:agire con spirito di fratellanza[56].
Espagnol
Todos los seres humanos nacen libres e iguales en dignidad y derechos y, dotados como están de razón y conciencia, deben comportarse fraternalmente los unos con los otros[56].
Anglais
All human beings are born free and equal in dignity and rights. They are endowed with reason and conscience and should act towards one another in a spirit of brotherhood[57].


Comparaison entre les quatre normes existantes en occitan : graphèmes typiques
Norme classique Norme mistralienne Norme bonnaudienne Norme de l'École du Pô
-a final -o (-a, -e) -o (-a)
ò o o o
o, ó ou ou ou
uè, ue ue, iue eu (ue) ue (ö)
lh i/h (lh) lh lh
nh gn nh nh
s, ss
c(e), c(i), ç
s, ss
c(e), c(i), ç
s, ss s
z
s entre deux voyelles
z
s entre deux voyelles
z z
à è ò
á é í ó ú
à è ò ì ù
é óu
à è eù où
é
â ê î û
à è ò ì ù où
é
Toutes les consonnes finales muettes sont notées. Certaines consonnes finales muettes sont notées. Certaines consonnes finales muettes sont notées. Aucune consonne finale muette n'est notée.


Graphie bonnaudienne

Article détaillé : norme bonnaudienne.

Graphie de l'Escòla dau Pò

Article détaillé : norme de l'école du Pô.

Graphie fébusienne

Article détaillé : norme fébusienne.

Graphie mistralienne

Article détaillé : norme mistralienne.

Graphie classique

Article détaillé : norme classique de l'occitan.

La graphie classique de l'occitan a été mise au point au XIXe et au XXe siècle par Simon-Jude Honnorat[58], Joseph Roux[59], Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Louis Alibert[60] et Joseph Salvat[61]. Elle a été stabilisée et étendue à l'ensemble des dialectes occitans entre 1950[62] et 1969[63],[64],[65]. Elle a plus particulièrement été adaptée à l'aranais[66], au gardiol[67] et au vivaro-alpin parlé dans le Piémont[68].

Article connexe : alphabet occitan.
Prononciations de l'occitan classique
Article connexe : Prononciation de l'occitan.

Il n'y a pas une prononciation unique de l’occitan puisque par définition la norme classique permet de lire les différents dialectes. Elle se fait selon des règles de lecture propres à chaque dialecte et il existe donc de nombreuses exceptions. À partir de lettres de base, l’occitan utilise des symboles modificateurs qui changent la prononciation de certaines lettres ou simplement marquent une tonicité dans le langage comme : l’accent fermé (´), l’accent ouvert (`) et la diérèse (¨) ou le point de séparation entre s et h ou n et h (s∙h ; n∙h) en Gascon.

  • Résumé de la prononciation de l’occitan (languedocien) :
Voyelles
  • a:
    • -a-, a- et à se prononcent [a]
    • -a et á final se prononcent [ɔ], ou [a] (selon les dialectes) de même que -as et -an: a atone. Il peut exceptionnellement se pronconcer [u] pour la terminaison du présent de l'indicatif du premier groupe : cantan [kantun]
  • e:
    • e ou é se prononcent [e]
    • è se prononce [ɛ]
  • i ou í se prononcent [i] ou [j]
  • o
    • o ou ó se prononcent [u] ou [w]
    • ò se prononce [ɔ]
  • u se prononce [u], [y] ou [ɥ] en position semi-vocalique, excepté quand il est après une voyelle [w]. Ex : lo capeu [kapeu] : le chapeau (Provençal)
Consonnes
  • b: [b]/[β]
  • c: [k]. [s] devant « e » et « i ». Quand il est double cc: [ts]
  • ch: [tʃ]
  • ç: [s]
  • d: [d]/[ð]
  • f: [f]
  • g: [g]/[ɣ] devant « a », « o », « u ». [dʒ] devant « e » et « i ». Quand il est final, il se prononce [k], dans certains mots [tʃ]. gu devant « e » et « i » se prononce [g]/[ɣ]
  • h: muet
  • j: [dʒ]
  • k: [k]
  • l: [l]. Un double ll, se prononce [ll]. (lo capel en dialecte languedocien : le chapeau)
  • lh: [ʎ], en final: [l]
  • m: [m], final [m] (en Gascon) ou [n] (en dialecte languedocien). En double mm, [mm]
  • n: [n]. Muet en final. [m] devant « p », « b » et « m ». [ŋ] devant c/qu et g/gu. [ɱ] devant « f ». nd et nt [n]
  • nh: [ɲ]. En position finale [n]
  • n∙h : [nh] : eth con∙hòrt (le confort)
  • p: [p]
  • qu: [k] devant « e » et « i »; [kw] autrement
  • : [kw]
  • r: [r] et [ɾ]. En position finale, il est muet dans la majorité de mots. rn et rm [ɾ]
  • s: [s]. [z] entre voyelles. ss donne [s]
  • sh : [ʃ]
  • s∙h : [sh] : l'es∙hlor (la fleur)
  • t: [t]. ts : [ts] ; tg/tj: [tʃ]. tl: [ll]. tn: [nn]. tm: [mm]. tz: [ts] th : [tt] (eth/lo capèth : le chapeau en Gascon) ou [s] (capvath)
  • v: [b]/[β]
  • w: [w], [b]/[β]
  • x: [ts], [s] devant une consonne
  • y: [i]/[j]
  • z: [z], [s] en position finale

Unité ou négation de la langue d'oc

Une langue différente du français ?

La délimitation des langues romanes[69], au XIXe et au XXe siècle, a fait l'objet de débats, essentiellement en France, sur l'appartenance ou non de l'espace d'oc au français. Alors que les premières grammaires des langues romanes[70] séparent nettement le provençal (au sens large de langue d'oc) du français, tout un courant autour de Gaston Paris s'attache à présenter l'unité des dialectes gallo-romans (français, francoprovençal, occitan) en développant la théorie du continuum des parlers romans (l'enquête de Charles de Tourtoulon et d'Octavien Bringuier, en 1876[71], est lancée par le Félibrige pour contredire cette théorie). Cette négation de l'occitan, de son existence en tant que langue indépendante, se traduit par des appellations diverses :

  • premièrement, l'insistance sur la dichotomie langue d'oc et langue d'oïl : le français ancien aurait connu deux modalités, qui auraient en quelque sorte fusionné dans le français moderne[72]
  • secondement, des appellations purement géographiques : dialectes romans du Midi de la France, langue romane du Midi de la France, français du Midi[73], littérature méridionale[74] ; ce déni va se poursuivre jusque dans les publications récentes[75].

Une langue d'oc ou plusieurs ?

Alors que cette dichotomie a fait place, dans la plupart des ouvrages sur les langues romanes[76],[77],[78] à une reconnaissance assez large de l'occitan comme langue distincte du français, c'est l'unité de la langue qui a été remise en cause à partir de la fin des années 1960 par un certain nombre de mouvements régionalistes.

Louis Bayle, écrivain et linguiste provençal[79], anime l'Astrado, association et maison d'édition provençale. Après avoir critiqué l'adaptation de la graphie classique au provençal[80],[81], il multiplie les publications hostiles à l'occitanisme[82],[83] et même au Félibrige avec lequel il finira par rompre[84]. En 1975, l'Astrado publie, en collaboration avec Pierre Bonnaud[85] un document sous la signature de la CACEO (Confédération des associations culturelles et enseignants d'oc), qui remet en cause l'unité de la langue d'oc[86]. Cela se traduit, début 1976, par une circulaire du ministère de l'éducation (René Haby) utilisant pour la première fois le terme au pluriel « langues d'oc ». L'Astrado publiera par la suite, en 1980, un ouvrage de Jean-Claude Rivière[87], Langues et pays d'oc, qui développe le concept de langues d'oc au pluriel[88].

Dès 1976[89], le Secteur de linguistique de l'Institut d'études occitanes a rejeté l'ensemble de ces arguments en rappelant :

  • que l'IEO ne préconise aucune langue unifiée, mais s'appuie au contraire sur l'enseignement ;
  • que les partisans des « langues » au pluriel font la confusion entre la langue objet de description (et de prescription) linguistique et la langue comme moyen de communication.

Cette utilisation officielle de « langues d'oc » au pluriel (par ailleurs sans suite) soulève des protestations d'autant qu'elle est assortie, en Provence, à l'interdiction de toute graphie autre que mistralienne[90] (alors qu'au contraire, en Auvergne, les partisans de P. Bonnaud et de la graphie classique finissent par se « partager » le terrain[91]). À la suite du changement de majorité politique en France, en 1981, la pluralité des graphies est rétablie.

Les tensions s'apaisent un temps pour aboutir à la création, fin 1991, du CAPES d'occitan-langue d'oc (il porte les deux noms, et le premier jury est composé d'un panel d'occitanistes tel Gérard Gouirand et de provençalistes comme Claude Mauron). Dans la même période, Philippe Blanchet propose une nouvelle théorie sociolinguistique pour expliquer la séparation du provençal de l'occitan[92].

Néanmoins, les partisans des « langues d'oc » au pluriel (l'Astrado a rejoint un Collectif Provence[93] plus large) reçoivent de nouveaux soutiens dans les années 2000 avec d'une part l'émergence d'un Enstitut Biarnés e Gascoûn, en Béarn[94], et d'autre part Aigo Vivo, en Cévennes[95]. Les manifestations biannuelles pour l'occitan, organisées par l'Institut d'études occitanes, le Félibrige, la FELCO, la Confédération des calandretas et Oc-Bi (Carcassonne, 2005, Béziers, 2007, Carcassonne, 2009[96], 13 000 personnes selon la police) sont assorties de contre-manifestations « pour les langues d'oc ». La dernière en date, qui s'est déroulée le 3 octobre 2009 entre Beaucaire et Tarascon[97],[98], a regroupé 500 personnes. En parallèle, plusieurs hommes politiques, dont Michel Vauzelle, Jean-Claude Gaudin ou Michel Charasse ont soutenu publiquement cette revendication[99].

Article connexe : Sécessionnisme linguistique.

Langue littéraire unifiée

Entre le XIe siècle et le XIIIe siècle, il existe une langue littéraire nommée par les troubadours du nom générique de « langue romane » ou « roman » pour la différencier du latin. Les auteurs modernes l’ont nommée koiné (car la koinê grecque, qui était une forme de grec relativement unifié sous la période hellénistique (300 av. J.-C. - 300 ap. J.-C.), même si cette dernière langue était plus diverse régionalement qu’on le croit trop souvent). À partir du XIXe siècle l’hypothèse dominante lancée par Camille Chabanneau en 1876 fut que la « langue romane » utilisée par les troubadours avait pour base le dialecte limousin. La présence de certains des premiers troubadours originaires du Limousin et de la Gascogne à la cour de Guillaume X (1126-1137) fils du premier troubadour Guillaume IX, explique la diffusion de cette langue littéraire au sein du duché d'Aquitaine. Le futur Languedoc et la Provence ne connurent les troubadours que par la suite dans la seconde moitié du XIIe siècle. L’autre hypothèse avancée d'une origine poitevine s'appuie sur l'idée que le dialecte poitevin parlé à la cour de Guillaume IX de Poitiers faisait partie de la langue d’oc et que le prestige du duc aurait permis ensuite la diffusion de cette langue dans tout l’espace troubadouresque. La dernière hypothèse apparue dans les années 1950 considère la langue littéraire comme une langue classique forgée à partir des textes trouvés dans l’occitan central, région où ont été conservées les plus anciennes chartes en langues d’oc datant du XIe siècle.

Pierre Bec, spécialiste des troubadours indiquait dès 1967 qu’« Il est d’ailleurs difficile de juger de cette langue avec précision puisque nous n’en connaissons qu’une pâle copie, celle que les scribes ont bien voulu nous transmettre dans les différents manuscrits. Si substrat dialectal il y a, c’est souvent celui du copiste qui se manifeste à son insu. Et là, bien souvent, règne l’arbitraire le plus absolu : à un vers d’intervalle, tel ou tel mot se présente, non seulement avec une autre graphie, mais avec un phonétisme appartenant à un dialecte absolument différent. Et que dire encore si l’on compare, à propos d’un même texte, les diverses leçons léguées par les manuscrits ! Il est impossible de dire exactement dans quelle langue ont été écrites les poésies des troubadours. »[100]

En dehors de la littérature des troubadours, on ne peut pas trouver d’éléments prouvant l’usage d’une norme linguistique unifiée dans les chartes et les autres documents du Languedoc, de Provence, d’Auvergne, de Catalogne, du Limousin ou de la Gascogne. Pour résumer, les pratiques écrites étaient assez distinctes d’une région à l’autre et les perceptions accréditant l’idée d’une unification linguistique sur tout l’espace couvrant toutes ces régions ne sont bien souvent que le résultat d’une graphie relativement homogène car issue de la graphie utilisée pour le latin.

La place du catalan et du gascon

Le gascon et le catalan posent un problème de classification au vu de certains traits ibéro-romans[101]. Dans son ouvrage Linguistique romane, le romaniste Martin-Dietrich Glessgen opte pour classer le gascon dans l'ensemble occitan. La place du catalan a longtemps fait débat, les mouvements de renaissance de la langue (Félibrige, occitanisme des années 1930) l'ayant longtemps inclus dans la langue d'oc[69].

Classification des parlers occitans

Variation dialectométrique de l'occitan selon Hans Goebl.

L'occitan forme un continuum linguistique. Cependant, pour des raisons de catégorisation linguistique, des dialectes ont été définis. Selon Ronjat[102], le gascon constitue le seul dialecte clairement différencié, les limites entre les autres dialectes restant floues. En dehors de la classification dialectale usuelle, il existe d'autres méthodes de classification scientifique des parlers occitans. Ainsi, un modèle réaliste du continuum occitan est proposé par les méthodes dialectométriques, développées notamment par Hans Goebl[103].

Dialectes de l'occitan

Classification des dialectes occitans selon la synthèse de D. Sumien

L’occitan est généralement[104] classé en six dialectes :

  • l’auvergnat
  • le gascon, considéré parfois avec ses spécificités comme une langue distincte se rapprochant de l'ibéro-roman à l’instar du catalan
    • l’aranais est la variété de gascon pyrénéen en usage dans le Val d’Aran (en Catalogne), où elle a un statut de langue officielle.
    • le béarnais a été considéré comme une langue distincte du gascon jusque aux années 1930. Il s'agit en fait du gascon parlé sur le territoire de la Vicomté de Béarn.
    • la langue sifflée pyrénéenne était utilisée à Aas, dans la vallée d’Ossau (Béarn). Elle se base sur la phonétique du gascon de cette région. Les langues sifflées sont rares dans le monde. Dans le cas des Pyrénées, elle permettait une communication à longue distance. Documents sur une langue sifflée pyrénéenne
  • le languedocien
  • le limousin
  • le provençal
    • le chouadit ou judéo-provençal est considéré comme éteint depuis 1977. Toutefois, les travaux de René Moulinas, Les Juifs du Pape, montrent que les Juifs provençaux parlaient provençal comme leurs compatriotes chrétiens. Les Juifs du Comtat Venaissin (Vaucluse) parlent la langue d’oc dans la même proportion que les autres Comtadins encore aujourd’hui. Le « judéo-provençal » a été très étudié par l’ancien empereur Pierre II du Brésil, une fois que celui-ci fut détrôné. Il parlait la langue d’oc (notamment dans sa variante provençale) et avait une bonne connaissance de l’hébreu.
    • le niçois est généralement rattaché au provençal, malgré son originalité phonétique[105]
  • le vivaro-alpin [106]

Le catalan est considéré par la plupart des auteurs comme une langue séparée mais d'autres incluent les parlers catalans dans l'occitan.

Classifications supradialectales

Classification supradialectale classique

La classification supradialectale classique[107] de l'occitan est la suivante :

Classification supradialectale de l'occitan selon P. Bec

Pierre Bec établit une autre classification[108] selon les lignes suivantes :

Classification supradialectale de l'occitan selon D. Sumien

Domergue Sumien[110] propose un autre groupement :

  • Arverno-méditerranéen (Arvernomediterranèu)
    • Nissardo-alpin (Niçardoaupenc)
    • Transoccitan
  • Pré-ibérique (Preïberic)
    • Occitan central
    • Aquitano-pyrénéen (Aquitanopirenenc)

Anciens dialectes et zones interférentielles

Anciens dialectes du nord-ouest

Les anciens dialectes d’oc du nord-ouest : du Poitou, de la Saintonge, de l’Aunis ainsi que de l’Angoumois sont remplacés par des dialectes d’oïl[34],[111]. Les parlers d’oïl actuels de ces régions conservent de nombreux traits d’origine occitane. Ainsi Liliane Jagueneau (linguiste, Université de Poitiers) déclare « Le lexique poitevin-saintongeais a un grand nombre de termes en commun avec l’occitan, et on peut dire que sur le plan lexical en particulier, le poitevin-saintongeais est le prolongement de l’occitan en domaine d’oïl »[112]. Pierre Bonnaud (université de Clermont-Ferrand) avait auparavant quant à lui établi une liste de 1200 vocables communs au poitevin-saintongeais et à l'occitan et déclaré « Dans ce domaine, il n’est pas exagéré de dire que quelqu’un qui voudrait choisir ses mots avec soin en poitevin-saintongeais pourrait pratiquement parler un occitan en phonétique d’oïl ! »[113]. Jacques Pignon (linguiste, université de Poitiers) avait quant à lui dès 1960 établi la présence en poitevin de 9 traits phonétiques et de 7 formes grammaticales communs avec l'occitan[114]. Cette région avait apparemment un dialecte occitan spécifique, très proche du limousin. Il était le dialecte d’expression poétique du troubadour Richard Cœur de Lion (Richard Còr de Leon), roi d’Angleterre et prince-duc d’Aquitaine. La capitale de l’Aquitaine était Poitiers à cette époque, c’est pourquoi de nombreux troubadours (occitanophones) étaient originaire de cette région, par exemple Jauffré de Pons et Rigaut de Barbezieux.

L’existence de parlers de type occitan, ou tout au moins de type intermédiaires, est confirmée par de nombreux noms de lieux du sud de la Saintonge et du Poitou. Henri Malet a tracé en 1940 la ligne de démarcation entre les toponymes en -ac, de caractère occitan : Cognac, Jarnac ou Jonzac, et de l’autre les toponymes en -ay, -é (ou -y) de type septentrional, provenant des noms de villas gallo-romaine en -acum : Beurlay, Plassay ou Tonnay-charente[115]. En 1960 Jacques Pignon (linguiste : Université de Poitiers) invalide en partie le tracé d'Henri Malet, montrant la présence de toponymes en -ac et en -ade (indiquant une ancienne présence occitane) dans le nord-ouest de la Charente (Ruffécois), le nord-est de la Charente-Maritime (région d'Aulnay), le sud des Deux-Sèvres (région de Melle) et dans le sud et l’est de la Vienne (régions de Civray, Montmorillon, Chauvigny et sud de la région de Poitiers)[116]. O. Herbert l’a démontré dans son travail de diplôme « Les noms de lieux de la Vienne à la limite des domaines français et provençal ». Jacques Pignon estime que l’on a usé d’un parler de type occitan dans le Sud-Est du Poitou jusqu’à la fin du XIIe siècle, jusqu'à une ligne approximative Rochefort-Est de Niort, Poitiers-Chauvigny. Ce serait l’influence de Poitiers qui a fait peu à peu triompher les formes d’oïl sans éliminer totalement tous les traits occitans. Pierre Gauthier (linguiste : Université de Nantes) démontre par la suite la présence de toponymes en -ac en sud Vendée (Bas-Poitou), jusqu'à Fontenay-le-Comte et Talmont[117], il en déduit en 2002 que l'ancienne zone occitane montait jusqu'à « une ligne Poitiers, Niort, Fontenay-le-Comte » [118].

Dans le sud de la Saintonge, le clivage beaucoup plus brutal entre saintongeais et gascon fait penser plutôt à une cause accidentelle. L’abbé Th. Lalanne trouve l’explication dans les dévastations de la guerre de Cent Ans. En effet, la région a été très étroitement impliqué dans des luttes qui avaient déjà commencé près de trois siècles avant la guerre de Cent ans. En 1152, Aliénor d’Aquitaine, divorçait d’avec Louis VII Roi de France qu’elle avait épousé en 1137 pour se remarier deux ans plus tard avec Henri II Plantagenêt, Comte d’Anjou, et futur Roi d’Angleterre. Les luttes qui s’ensuivirent trouvèrent provisoirement leur conclusion dans le rattachement du Poitou à la couronne de France. C’est une étape importante dans l’histoire de la langue puisque le français devient alors la langue de la chancellerie.

Le Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, écrit au XIIe siècle, distingue bien le saintongeais[119]. Il faut comprendre dans ce contexte que le saintongeais était alors de l'occitan (et non pas le saintongeais actuel), et qu'on le distinguait du français, en cheminant du nord au sud.

Après la mort de Louis IX, la guerre reprit de plus belle. Poitiers devient pendant un temps la capitale de la France sous Charles VII. La Saintonge devient un des champs de bataille en raison de sa proximité avec la Guyenne tenue par les Anglo-aquitains. Les guerres qui s’y sont déroulées furent particulièrement meurtrières. À ces ravages s’ajoutèrent ceux d’épidémies de pestes répétées, dont la peste noire de 1349. Après la fin de la guerre marquée par la défaite des Anglo-aquitains à Castillon (Gironde) en 1453, la population de la région était décimée à 90 %. Il fallut faire appel de manière massive à des populations francophones (parlant la langue d’oïl) venus de régions plus au nord pour la repeupler. C’est ainsi que s’explique, semble-t-il, l’absence de tout parler intermédiaire entre langue d’oïl et langue d’oc en Saintonge.

Il s’avère que dès le début du XIIIe siècle certains documents de Saintonge (ex. Le coutumier d'Oléron[120]), et ceux d’Aunis (ex. « Le Terrier du Grand fief d'Aunis » [121]) et du Poitou (ex. : « Le vieux coutumier d Poitou »[122]) étaient déjà écrits dans une langue d'oïl, qui malgré la francisation à l'écrit, montrait déjà les principaux traits du poitevin-saintongeais. Mais à la même époque des documents de la Saintonge centrale (ex. « Charte du Mas Verlaine près de Barbezieux »[123]), ou du sud-est du Poitou (ex. : « Les Coutumes de Charroux »[124]) étaient dans une langue portant la marque de l'occitan.

Occitan cispyrénéen

  • L'occitan cispyrénéen était un dialecte parlé au sud des Pyrénées pendant le Moyen-âge. Il était proche du gascon.

Interférences ou transitions

  • Parlers de transition entre l’occitan et le français. À l’extrême nord, l’occitan de la zone du Croissant a reçu de fortes influences du français, mais les traits occitans y restent prépondérants : cela concerne le nord de la Marche et le sud du Bourbonnais.
  • Au nord-est, les zones intermédiaires entre le franço-provençal et l’occitan ont été francisées : Lyonnais, le Forez et le Dauphiné septentrional. L’occitan fut la langue de la noblesse lyonnaise lors de l’apogée de la culture des troubadours.
  • Au sud-ouest, l’arrivée récente de populations basques dans la communauté de Bayonne, Biarritz, Anglet a modifié l’usage linguistique, sans toutefois faire disparaître la communauté occitanophone.
  • Au sud-est, l’arrivée massive de populations liguriennes à Monaco a réduit l’importance de la communauté occitanophone, sans toutefois la faire disparaître[1].
  • À l’est, dans les Vallées Occitanes du Piémont (Italie), l’usage de l’occitan vivaro-alpin a mieux résisté dans les hautes vallées. Les basses vallées connaissaient une coexistence entre l’occitan, traditionnel, et le piémontais, arrivé récemment. En dehors de cette superposition récente, la limite entre les vallées alpines et la plaine du Pô coïncide avec des frontières linguistiques traditionnelles délimitant l’occitan par rapport aux dialectes italiens.
  • À l’est, il existe des parlers de transition entre l’occitan et le ligure, le royasque est considéré comme du ligure, le mentonasque, comme de l’occitan.

La langue et ses atouts

Lexique

Le dictionnaire d’occitan usuel comporte environ 50 000 à 60 000 mots, comme pour le français, mais on a aussi pu avancer des chiffres aussi élevés que 450 000 mots[41], ce qui est donné comme comparable à l’anglais[125].

Le magazine Géo[41] affirme que la littérature anglo-américaine peut être traduite plus facilement en occitan qu’en français. En faisant toutefois exception des termes technologiques modernes, que toutes les langues vivantes ont intégrés.

Le lexique est parfois très prolifique du fait de la diversité interne forte dans l'espace considéré, en particulier dans la description de la nature et de la vie rurale. Il existe ainsi 128 synonymes pour signifier l’idée d’une terre cultivée, 62 pour marécages, 75 pour désigner un éclair[41].

Cette richesse s’explique par le fait que l’occitan est composé de multiples dialectes faisant partie intégrante de la langue et dont chacun possède son lexique propre. De plus l’occitan n’a pas connu d’épuration, contrairement au français qui a été amputé de ses formes dialectales par l’Académie française aux XVIIe et XVIIIe siècles.

La langue ayant subi une éclipse pendant la période d’industrialisation, la richesse du vocabulaire lié à la vie de cette époque est moins importante que celle des périodes précédentes. Récemment, un effort particulier a été fait pour développer le vocabulaire (souvent scientifique et technologique) propre aux langues modernes[126].

Apprentissage de langues étrangères

L’occitan prédisposerait aussi, selon les sources du magazine Géo, à l’apprentissage des langues étrangères. En effet, l’oreille humaine a la capacité d’entendre 24 000 hertz. Cependant, l’usage de la langue maternelle filtre et « déforme » les sons étrangers. Les personnes de langue maternelle française percevraient 5 000 hertz, tandis que les locuteurs maternels d'un dialecte occitan en percevraient 8 000 au minimum[41].

De plus, l’occitan est une langue romane centrale, ce qui facilite la compréhension des langues latines voisines : italien, espagnol, portugais… L’occitan est la langue romane qui a le plus de points communs avec les autres langues de la même famille. Ci-dessous, une comparaison du languedocien (dialecte central de la langue), du gascon et d’autres langues latines :

Tableau de comparaison de langues romanes

Latin Français Italien Espagnol Piémontais Occitan (languedocien) Occitan (gascon) Catalan Portugais Roumain Sarde Corse Francoprovençal Vénitien
clavis | accusatif clavem clef chiave llave/clave ciav clau clau clau chave cheie crae chjave/chjavi clâ ciàve
nox | accusatif noctem nuit notte noche neuit nuèch, nuèit, nuòch nueit, nèit, nèt, nuit nit noite noapte notte notte/notti nuet nòte
cantare chanter cantare cantar canté cantar (chantar) cantar cantar cantar cânta cantare cantà chantar cantàr / cantàre
capra chèvre capra cabra crava cabra, craba, chabra craba cabra cabra capră cabra capra cabra / chiévra cavara
lingua langue lingua lengua lenga lenga lenga, lengua, luenga, lenca llengua língua limbă limba lingua lenga léngoa
platea place piazza plaza piassa plaça plaça plaça praça piaţă pratza, pratha piazza place piàsa / piassa
pons | accusatif pontem pont ponte puente pont pont, pònt pont, pònt pont ponte pod, punte ponte ponte/ponti pont pont / ponte
ecclesia église chiesa iglesia gesia (cesa) glèisa, glèia glèisa església igreja biserică creia, cresia ghjesgia églésé ciéxa
hospitalis hôpital ospedale hospital ospidal espital, espitau espitau hospital hospital spital ispidale spedale/uspidali hèpetâl ospeda£e / ospedal
caseus | bas latin formaticum fromage formaggio queso formagg formatge, fromatge hromatge , hormatge formatge queijo caş casu casgiu tôma / fromâjo fromaio

Il ne faut pas oublier que l’anglais a aussi reçu un vocabulaire latin, angevino-normand (langue d’oïl) et occitan. Il existe une certaine proximité de vocable entre l’occitan et l’anglais qui n’a jamais existé ou a disparu en français : jump (anglais) / jumpar (occitan), record / recordar (mais existait en ancien français : recorder), etc.

L’amélioration des connaissances en français

La maîtrise de l’occitan, comme celle d’autres langues romanes, entraîne un accroissement de la faculté de parler avec un langage varié en français.

Le français, notamment, a emprunté de nombreux mots d’origine occitane. Cependant, certains dictionnaires français sont mal renseignés au sujet de l’occitan. Ils peuvent se tromper d’origine ou de date d’apparition des termes. En fait, il ne faut pas oublier que l’occitan a servi de zone linguistique de transmission de termes venus du Sud de l’Europe ou du Maghreb. L’italien et le castillan, par exemple, ont fourni nombre de leurs mots au français en passant par l’occitan. Or, certains dictionnaires ne signalent que la langue-source en dernière analyse et non la langue à laquelle le mot a été emprunté. Les dictionnaires plus récents ou universitaires (Grand Robert, Trésor de la langue française) sont relativement à l’abri de ces erreurs.

À l’heure actuelle, certains mots occitans permettent de comprendre des mots en français dans un registre populaire, familier, commun ou bien relevé : abelha > abeille, balada > ballade. On peut aussi noter quelques autres mots de création occitane ou dont la forme occitane est à l’origine des mots en français : cocagne, flageolet, gabarit, mascotte, soubresaut, etc.

Langue évolutive

Tout comme dans les autres langues romanes, les emprunts au latin et au grec ancien permettent de créer de nouveaux mots très précis, par exemple pour un usage technologique ou scientifique. De plus, l’Académie de la langue catalane étant très active, l’emprunt direct au catalan est facile et rapide à réaliser, au détriment cependant d’une autonomie de la langue occitane face aux évolutions de la société.

D’un autre côté, l’écoute des néologismes d’occitanophones naturels permet aussi des évolutions en utilisant les ressources propres de la langue. Par exemple, pour le mot « parachutiste », on peut dire : « un paracaigudista » (catalanisme) ou « un paracasudista » (italianisme). Tandis que certains occitanophones naturels disent : « un paracabussaire », du verbe « cabussar » qui veut dire : « plonger, tomber la tête la première ».

L'histoire de la langue occitane

Repères chronologiques

  • Dans les années 700 à 800 : Premières apparitions de mots occitans dans des écrits en latin.
  • 1002 : Premier texte connu entièrement en langue occitane.
  • XIe au XIIIe siècle : Apogée de la poésie lyrique occitane.
  • 1229 et 1232 : Jaume I El Conqueridor (Jacques Ier), originaire de la seigneurie de Montpellier, conquiert les îles de Majorque et Ibiza ainsi que Valence sur les Musulmans Almohades. Le catalan, non encore différencié de l’occitan médiéval, remplace la langue arabe comme langue officielle.
  • Du XIIe au XIVe siècle, influence importante de la littérature occitane (koinê) et des troubadours sur le catalan.
  • 1240 : Apparition du terme provençal qui fait allusion au grand territoire romain appelé Provincia Romana qui a couvert la Provence et le Languedoc[127].
  • 1271 : Premiers textes en latin indiquant le terme occitan: sous les formes occitanus et lingua occitana, simultanément avec le territoire appelé Occitania[128].
  • 1291 : Premiers textes indiquant le terme de langue d'oc[128].
  • 1303-1305 : Diffusion du terme de langue d'oc suite à l'essai renommé De vulgari eloquentia de Dante Alighieri.
  • 1323 : Fondation du Consistori del Gay Saber et des Jeux Floraux à Toulouse
  • 1356 : Promulgation à Toulouse des Leys d'Amors rédigées par le toulousain Guilhem Molinier (traité de grammaire & de rhétorique occitanes)
  • 1492 : Publication du Compendion de l’Abaco, du niçois Francés Pellos, premier livre imprimé en provençal. Il s’agit d’un traité d’arithmétique et de géométrie.
  • 1539 : Promulgation de l’édit de Villers-Cotterêts ; François Ier impose que la justice soit rendue et signifiée « en langage maternel français et non autrement ».
  • 1562 : Obligation de l’usage écrit de l’italien par les notaires du Comté de Nice
  • 1756 : Parution à Nîmes du Dictionnaire languedocien-français contenant un recueil des principales fautes que commettent, dans la diction & dans la prononciation françoiſes, les habitants des provinces méridionales, connues autrefois ſous la dénomination générale de la Langue-d’Oc, ouvrage où l’on donne avec l’explication de bien des termes de la langue romance, ou de l’ancien languedocien, celle de beaucoup de noms propres, autrefois noms communs de l’ancien langage de l'Abbé de Sauvage (1710-1795).
  • 1790 : Circulaire de l’abbé Grégoire sur les patois de France.
  • 1791- 1794 : Lors de l’époque révolutionnaire française, première véritable politique linguistique visant à imposer le français dans toute la nation française (et dans tous les esprits révolutionnaires).
  • 1802 : Traduction en occitan d’Anacréon par Louis Aubanel.
  • 1804 : Fabre d'Olivet (1765-1825), polygraphe cévenol, publie Le Troubadour, poésies occitaniques du XIIIe siècle (supercherie littéraire : l’auteur, talentueux, de ces textes « traduits », n’est autre que Fabre d’Olivet).
  • 1819 : Publication du Parnasse occitanien et d'un Essai d'un glossaire occitanien, pour servir à l'intelligence des poésies des troubadours, par Henri de Rochegude (1741-1834), ancien officier de marine et député à la Convention.
  • 1842 : Claude Fauriel (1172-1844) Histoire de la poésie provençale, cours fait à la faculté de lettres de Paris, 1847, La poésie provençale en Italie, 1842-1843,
  • 1842 : Histoire politique, religieuse et littéraire du Midi de la France par Jean-Bernard Mary-Lafon.
  • 1840-1848 : Publication par fascicules du Dictionnaire provençal-français (en fait pan-occitan) du docteur Honnorat (1783-1852).
  • 1854 : Fondation du Félibrige par sept primadiers, parmi lesquels Frédéric Mistral, Théodore Aubanel et Joseph Roumanille.
  • 1859 : Publication de poésies patoises par Antoine Bigot à Nîmes (fables imitées de La Fontaine).
  • 1859 : Publication de Mirèio (Mireille), poème de Frédéric Mistral.
  • 1876 : Charles de Tourtoulon publie son Étude sur la limite géographique de la langue d’oc et de la langue d’oïl (avec une carte) (1876), avec Octavien Bringier
  • 1885 : Publication du Tresor dóu Felibrige, de Frédéric Mistral, dictionnaire provençal-français (en fait pan-occitan : le sous-titre indique expressément que l’ouvrage « embrasse les divers dialectes de la langue d’oc moderne »).
  • 1919 : Fondation de l’Escòla occitana.
  • 1927 : Fondation du Collège d'Occitanie par Estieu (1860-1939) et le Père Salvat, à l'Institut catholique de Toulouse
  • 1931 : La Catalogne retrouve un statut d’autonomie et soutient activement la langue occitane.
  • 1934 : Des intellectuels catalans proclament officiellement la séparation du catalan et de l’occitan.
  • 1935 : Publication de la Gramatica occitana (selon les parlers languedociens) de Louis Alibert.
  • 1941 : Le régime de Vichy autorise l’enseignement des langues « dialectales », tels le breton ou l’occitan, dans les écoles primaires. Les langues ethniques officielles dans d’autres pays ne sont pas autorisées : corse (dialectes italiens), alémanique alsacien (dialecte allemand), franciques mosellan et alsacien (dialectes allemand), flamand.
  • 1943 : Première chaire de languedocien à Toulouse.
  • 1945 : Fondation de l’Institut d'études occitanes (IEO).
  • 1951 : La « loi Deixonne » autorise, à titre facultatif, l’enseignement des langues régionales (cette loi, aujourd’hui abrogée, a été remplacée par le Code de l'éducation).
  • 1959 : Création du Parti nationaliste occitan (PNO) par François Fontan.
  • 1972 : Première université occitane d’été.
  • 1975 : Loi Bas-Lauriol (France) : l’emploi de la langue française est obligatoire (au détriment de l’occitan notamment) pour les éléments relatifs aux biens et services : offre, présentation, publicité, mode d’emploi ou d’utilisation, l’étendue et les conditions de garantie, ainsi que dans les factures et quittances. Les mêmes règles s’appliquent à toutes informations ou présentations de programmes de radiodiffusion et de télévision (cette loi est aujourd’hui abrogée).
  • 1979 : création de la première école Calandreta à Pau.
  • 1990 : L’occitan aranais est officiel sur le territoire du Val d'Aran, en Catalogne[129].
  • 1992 : création du CAPES d’occitan-langue d’oc (concours de recrutement) et premiers paiements d’enseignants d’occitan (France).
  • 1992 : Modification de l’article 2 de la Constitution française : « La langue de la République est le français ».
  • 1993 : Projet de loi Tasca adopté par le gouvernement. Il ne fut pas présenté au Parlement à cause du changement de majorité. Toutefois la loi Toubon en a repris l’essentiel.
  • 1994 : Loi Toubon : la langue française est la seule langue en France (au détriment des autres) de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Il est précisé que cette loi ne s’oppose pas à l’usage des langues régionales de France, mais cette disposition est floue et ne constitue pas une protection réelle.
  • 1999 : L’occitan fait partie des langues protégées par la loi sur les minorités linguistiques en Italie.
  • 2004 : Réduction drastique du nombre de nouveaux postes d’enseignants d’occitan en France.
  • 2005 : Publication d’une terminologie commune occitan/catalan sur des thèmes scientifiques ou technologiques.
  • 22 octobre 2005 : Manifestation de plus de 12 000 personnes à Carcassonne pour la reconnaissance de la langue.
  • 2006 : L’occitan a le statut de langue co-officielle des Jeux Olympiques d’hiver de Turin (anglais, français, italien et occitan).
  • 18 juin 2006 : L’occitan devient une langue co-officielle avec le catalan sur tout le territoire de la Catalogne (Espagne)[130]
  • 17 mars 2007 : Manifestation de plus de 20 000 personnes à Béziers pour la reconnaissance de la langue et la culture occitane.
  • 10 décembre 2007 : le conseil général du département des Pyrénées-Orientales a approuvé la "Charte en Faveur du catalan" qui concerne aussi l'occitan[131].
  • 20 décembre 2007 : le Conseil Régional Midi-Pyrénées adopte un Schéma Régional de Développement de l'Occitan.
  • 23 juillet 2008 : introduction de l'Article 75-1 dans la Constitution française: « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. »
  • 9 juillet 2009 : le Conseil régional de Rhône-Alpes vote une délibération Reconnaître, valoriser, promouvoir l'occitan et le francoprovençal, langues régionales de Rhône-Alpes [132]
  • 22 septembre 2010 : l'occitan obtient le statut de langue officielle en Catalogne[133].

L’apogée de la culture occitane

L’occitan fut la langue culturelle du sud de la France pendant toute la période médiévale, tout particulièrement avec les troubadours (« celui qui trouve », de trobar, « trouver » en occitan). Les troubadours ont inventé l’amour courtois en répandant l’idée novatrice de fidélité à la dame plutôt qu’au seigneur. Leurs valeurs et idéologie de la fin'amor, de la cortezia et de la conviviença se sont rapidement propagée dans toute l’Europe[134]. Ainsi, ils donnent le ton aux cours européennes après les temps tristes qui ont suivi les invasions barbares et créent le style de vie raffiné des cours seigneuriales. Témoin le fait que la littérature en occitan fut plus fournie que les autres langues romanes au début du Moyen Âge[135], même si plusieurs langues ont connu une forme écrite à peu près à la même époque. L'alphabet portugais fût créé sur la base de l'alphabet occitan. Il ne comprend que 23 lettres latines: le K, le W, le Y n'existent pas, sauf dans les mots d'origine étrangère. Les digrammes "nh" et "lh" sont utilisés[136].

  • Dante et l'occitan

Au Moyen Âge, Dante, avec son œuvre De vulgari eloquentia[137] (1303-1305) a permis la diffusion du terme de « lingua d’oco » (Langue d'Òc). Il opposait l’appellation la langue d’oc (l'occitan) à la langue d'oïl (le français et ses dialectes) et à la langue de si (l’italien, sa langue maternelle). Il se basait sur la particule servant à l’affirmation : dans la première, « oui » se disait òc en ancien occitan et en ancien catalan, mais oïl en ancien français, et dans les dialectes italiens. Les trois termes viennent du latin : hoc est (c'est ceci) pour le premier, illud est (c'est cela) pour le second et sic est (c'est ainsi) pour le troisième.

Un des passages les plus notables dans la littérature occidentale est le 26e chant en parallèle au Purgatoire de Dante, dans lequel le troubadour Arnaut Daniel répond au narrateur en occitan : « Tan m’abellis vostre cortés deman, / qu’ieu no me puesc ni voill a vos cobrire. / Ieu sui Arnaut, que plor e vau cantan; / consiros vei la passada folor, / e vei jausen lo joi qu’esper, denan. / Ara vos prec, per aquella valor / que vos guida al som de l’escalina, / sovenha vos a temps de ma dolor ».

La décadence de la langue

Sous la monarchie

Le déclin de l’occitan comme langue administrative et littéraire dure de la fin du XVe au XIXe siècle. L’occitan n’a cessé de perdre son statut de langue savante. Au cours du XVIe siècle, la graphie précédemment en usage tombe dans l’oubli (ce qu’a accentué l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose l’usage administratif du français) . Pierre Bec (op. cit.) précise qu’en 1500 encore la prononciation et la graphie correspondaient mais qu’en 1550 le divorce est consommé. En 1562, le duc de Savoie donne l’ordre aux notaires du Comté de Nice de rédiger désormais leurs actes en italien. À partir de ce moment-là, prolifèrent des graphies patoisantes prenant pour référence les langues officielles.

La langue du roi de France finira par s’imposer dans tout le pays dans l’oral (anciennes provinces occitanophones comme le Poitou, la Saintonge ou les Charentes, la Marche et la Basse-Auvergne, ainsi qu’une partie de Rhône-Alpes). Elle s’imposera seulement dans les écrits administratifs et juridiques ailleurs (régions actuellement occitanophones).

Colbert en 1666:

« Pour accoutumer les peuples à se plier au roi, à nos mœurs, et à nos coutumes, il n’y a rien qui puisse plus y contribuer que de faire en sorte que les enfants apprennent la langue française, afin qu’elle leurs devienne aussi familière que les leurs, pour pouvoir pratiquement si non abroger l’usage de celles-ci, au moins avoir la préférence dans l’opinion des habitants du pays[138]. »

Pendant la Révolution

La Révolution française confirmera cette tendance, car les jacobins, pour favoriser l’unité nationale, imposeront le français comme seule langue officielle, ce qui n’empêchera pas la langue d’oc de rester la langue parlée, voire d’être utilisée par les révolutionnaires pour propager plus efficacement leurs thèses[139].

Citations de l’Abbé Grégoire en 1793 :

« L’unité de la République commande l’unité d’idiome et tous les Français doivent s’honorer de connaître une langue (Nota : le français) qui désormais, sera par excellence celle des vertus du courage et de la liberté[138]. »

« Il serait bien temps qu’on ne prêchât qu’en français, la langue de la raison. Nous ne voyons pas qu’il y ait le plus petit inconvénient à détruire notre patois, notre patois est trop lourd, trop grossier. L’anéantissement des patois importe à l’expansion des Lumières, à la connaissance épurée de la religion, à l’exécution facile des lois, au bonheur national et à la tranquillité politique[138]. »

« Néanmoins la connaissance et l’usage exclusif de la langue française sont intimement liés au maintien de la liberté à la gloire de la République. La langue doit être une comme la République, d’ailleurs la plupart des patois ont une indigence de mots qui ne comporte que des traductions infidèles. Citoyens, qu’une saine émulation vous anime pour bannir de toutes les contrées de France ces jargons. Vous n’avez que des sentiments républicains : la langue de la liberté doit seule les exprimer : seule elle doit servir d’interprète dans les relations sociales[138]. »

Actions de la presse

La langue, malgré quelques tentatives littéraires au XVIe siècle, ne survit plus que dans les usages populaires rarement écrits et ce jusqu’au XIXe siècle avec le renouveau du Félibrige. Les médias occitans deviennent eux-mêmes d’ardents adversaires de l’occitan :

« Ce malheureux baragouin (Nota : l’occitan) qu’il est temps de proscrire. Nous sommes Français, parlons français[138]. »

— un lecteur de L’Écho du Vaucluse, 1828

« Le patois porte la superstition et le séparatisme, les Français doivent parler la langue de la liberté[138]. »

— La Gazette du Midi, 1833

« Détruisez, si vous pouvez, les ignobles patois des Limousins, des Périgourdins et des Auvergnats, forcez les par tous les moyens possibles à l’unité de la langue française comme à l’uniformité des poids et mesures, nous vous approuverons de grand cœur, vous rendrez service à ses populations barbares et au reste de la France qui n’a jamais pu les comprendre[138]. »

— Le Messager, 24 septembre 1840

Sous la République : l'école, l'administration et l'armée

L’occitan restera pour une grande majorité la seule langue parlée par la population jusqu’au début du XXe siècle. À cette époque, l’école (avant, pendant et après la Troisième République) joue un grand rôle dans la disparition de l’usage oral de la langue occitane. Après les Lois Jules Ferry, si l’école devient gratuite et obligatoire pour tous, elle continue de causer un recul important de l’occitan par le biais d’une politique de dénigrement et de culpabilisation des personnes parlant les autres langues que le français. La répression de l’utilisation de la langue au sein de l’école est très importante et consiste principalement à humilier les patoisants en leur donnant un signe distinctif. Le terme de patois est d’ailleurs contestable car péjoratif[140]. Il a eu pour but de faire oublier que l’occitan est une véritable langue et de faire croire que l’utilisation du patois était obscurantiste[141] car supposée non universelle.

« Le patois est le pire ennemi de l’enseignement du français dans nos écoles primaires. La ténacité avec laquelle dans certains pays, les enfants le parlent entre eux dès qu’ils sont libres de faire le désespoir de bien des maîtres qui cherchent par toutes sortes de moyens, à combattre cette fâcheuse habitude. Parmi les moyens il en est une que j’ai vu employer avec succès dans une école rurale de haute Provence… Le matin, en entrant en classe, le maître remet au premier élève de la division supérieure un sou marqué d’une croix faite au couteau… Ce sou s’appelle : le signe. Il s’agit pour le possesseur de ce signe (le « signeur » comme disent les élèves) de se débarrasser du sou en le donnant à un autre élève qu’il aura surpris prononçant un mot de patois. Je me suis pris à réfléchir au sujet de ce procédé… C’est que je trouve, à côté de réels avantages, un inconvénient qui me semble assez grave. Sur dix enfants, je suppose qui ont été surpris à parler patois dans la journée, seul le dernier est puni. N’y a-t-il pas là une injustice ? J’ai préféré, jusque-là, punir tous ceux qui se laissent prendre […][138]. »

— Correspondance générale de l’Inspection primaire, 1893

« Je considère qu’un enseignement du dialecte local ne peut être donné qu’en proportion de l’utilité qu’il offre pour l’étude et pour la connaissance de la langue nationale[138]. »

— Léon Bérard, Ministre de l’Instruction publique, décembre 1921

Mutations sociales et démographiques

Les changements sociaux du début du XIXe siècle et du XXe siècle sont aussi à l’origine de la dépréciation de la langue. Avec la révolution industrielle et l’urbanisation, ne parler que l’occitan constituait un handicap pour accéder à des postes importants. De nombreux parents ont alors choisi ou été contraints de ne parler que le français à leurs enfants. Pourtant, pour eux-mêmes, le français était la langue de l’école[142] et de l’administration, mais ce n’était pas leur langue maternelle.

L'occitan n'a pas non plus été la langue d'acculturation des migrants sur le territoire occitan[143] qui ont contribué "à diminuer le potentiel des emplois de l'occitan[144]

Formes modernes d'anti-occitanisme

Les adversaires de l’occitan existent encore aujourd’hui, sous diverses formes, en voici quelques citations caricaturales :

« Avec 4000 francs je pourrais acheter une mitraillette et en finir avec l’occitan[138]. »

— Le principal adjoint d’un collège de la banlieue toulousaine, années 1990

« Le nissart est inutile parce que les Niçois parlent très bien le français. »

— Un maire des Alpes-Maritimes années 1990[138]

« Notre vision des « langues » et des « cultures » régionales, aseptisée, baigne dans la niaise brume des bons sentiments écolo-folkloriques et se nourrit d’images d’un passé revisité… Ce ne peut être un objectif national. En proposant aux jeunes générations un retour à des langues qui n’ont survécu que dans les formes parlées, pour l’essentiel privées de l’indispensable passage à la maturité que donne la forme écrite, littéraire, philosophique, croit-on sérieusement leur offrir un avenir de travail, d’insertion sociale, de pensée[138]? »

— Danièle Sallenave, Partez, briseurs d’unité !, Le Monde, 3 juillet 1999

Les renaissances de la langue

Première renaissance

Alors que la langue semble fortement attaquée, différents mouvements de défense de la littérature occitane voient le jour dans la période 1650-1850, et préparent l’avènement du Félibrige. La reconnaissance de la littérature occitane peut être attribuée, notamment, à l’agenais Jacques Boé (dit Jasmin) et au nimois Jean Reboul. Pierre Bec[3] distingue les mouvements suivants :

  • Le mouvement savant

Après l’oubli des troubadours, ceux-ci connaissent dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle un renouveau d’intérêt. Dans les cercles aristocratiques méridionaux, on remet en cause la prétendue suprématie littéraire du français. On assiste à une recherche linguistique et littéraire. On retrouve le goût romantique pour le Moyen Âge. Le folklore, les romans et les contes champêtres présentent de l’intérêt. Les historiens travaillent sur la « croisade des Albigeois » et sur l’histoire du Midi.

  • Le mouvement ouvrier

« Apelavam ma lenga una lenga romana ». Ce vers est la jonction de deux courants de l’occitan renaissant. L’un : la « langue » : son « patois » quotidien ; l’autre : la « lenga romana » est une marque d’érudition. Le patois est vu comme une langue d’un rang très haut. L’amour pour le peuple et ses misères est chanté par Victor Gélu.

  • Le mouvement bourgeois et esthète

A contrario des « savants » qui sont tournés vers le passé dans un sens de recherches érudites et des « ouvriers » qui mettent en avant leurs dynamisme de prolétaires, les poètes bourgeois (ou de petite noblesse) se situeront entre les deux. Le mouvement est plus amateur, mais avec une grande passion pour la langue.

  • La recherche scientifique sur la langue d'oc

Le Dr Honnorat comprit la nécessité de plus de réalisme linguistique. La langue avait perdu sa codification orthographique et morphologique. L’indiscipline dans la grammaire ou la graphie était même revendiquée dans le mouvement ouvrier. Honnorat publia son dictionnaire provençal-français dès 1840. C’est un précurseur qui redonna à l’occitan sa dignité et sa cohérence.

Seconde renaissance

Une première tentative de retour à une norme graphique a lieu au XIXe siècle : elle est conçue par Joseph Roumanille et popularisée par Frédéric Mistral. La seconde renaissance littéraire de la langue s’est faite au XIXe siècle sous la conduite du Félibrige. À cette époque la langue est essentiellement utilisée par le peuple rural. Mistral et ses confrères du Félibrige ont redonné du prestige à la langue, en lui donnant une norme et des œuvres littéraires. Leur action a parfois été mêlée d’une volonté politique. Les félibres ont dit : « une nation qui n’a qu’une littérature, une nation qui détruit les langues périphériques, c’est une nation indigne de son destin de nation ». L’occitan, sous sa forme provençale et sa graphie avignonnaise, a été diffusé bien plus loin que les frontières de l’occitanophonie. Encore aujourd’hui la littérature mistralienne est étudiée dans des pays comme le Japon ou en Scandinavie. Mistral est le seul auteur uniquement occitanophone à avoir été récompensé pour son œuvre au plus haut point, il a reçu le prix Nobel de littérature. La réforme linguistique mistralienne trouva son meilleur ouvrier dans Auguste Fourès de Castelnaudary (1848-1891) qui, dans ses divers recueils poétiques, l’acclimata en Languedoc. Plus tard, d’autres écrivains du Languedoc ou du Limousin Joseph Roux (1834-1905), Antonin Perbosc (1861-1944), Prosper Estieu (1860-1939), tentent d’unifier la langue. Ils ont restauré la graphie classique et ont débarrassé la langue de gallicismes. Le système Perbosc-Estieu devient la base de la graphie de l’occitan « moderne ». Le lexicographe et grammairien Louis Alibert, soutenu par les catalans, publie, entre 1935 et 1937, à Barcelone : la Gramatica occitana segón los parlars lengadocians. Il perfectionne l’écrit pour établir la graphie classique inspirée de la norme ancienne et adaptée à la langue moderne.

« […] Fraires de Biarn e de Gasconha, de Lengadòc e de Provença, es vuei un màger eveniment que se complís dins lo miegjorn, onte d’una marina a l’autra, de la mar verda a la mar bluia, la lenga d’Òc reviscolada renosa son brancum sus dos cents lègas de país. E nos es una fièra jòia de vèire reüssida aquela adjuracion que vos fasián, i a quaranta ans. »
    — Frédéric Mistral, discours prononcé le 27 mai 1901 à Pau, [145]

Traduction:

« […] Frères de Béarn et de Gascogne, de Languedoc et de Provence, c'est aujourd'hui un événement majeur qui s'accomplit dans le midi, où, d'un littoral à l'autre, de l'océan à la Méditerranée, la langue d'Oc ravivée renoue ses ramifications sur deux cents lieues du pays. Et cela est pour nous une grande joie et une grande fierté de voir réussie cette adjuration que nous vous faisions , il y a quarante ans... »

— Frédéric Mistral

Exemples de graphie occitane classique

Lecture et prononciation de la graphie découlant de la norme classique de l'occitan :

  • « a » final atone : le plus souvent [o], [oe] mais [a] à Nice, Orange, Pontacq et dans les Alpes (exemple : Niça)
  • « o » = [ou] français (exemple : lo solèu)
  • « ò » = [o] ouvert français, parfois [oua], [ouo] selon les régions
  • « nh » = [gn] français (exemple : la montanha)
  • « lh » = [ill] français (exemple : la filha)

Époque contemporaine

Malgré une période de forte dévalorisation de la langue (voir le chapitre sur la décadence), de nouveaux auteurs voient le jour :

  • Max Rouquette (1908-2005) a joué un rôle irremplaçable dans le maintien de la culture occitane et dans sa revivification profonde. Il a été traduit aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, puis plus tard il traduisit lui-même ses œuvres en français. La Comédie-Française lui rend aujourd’hui hommage.
  • Bernard Manciet, (1923-2005), diplomate et entrepreneur gascon, est un des poètes paradoxaux les plus considérables.
  • Robert Lafont (1923-2009), universitaire (linguiste et historien de la littérature d’oc), poète, dramaturge, romancier et essayiste.
  • Pierre Bec (1921), spécialiste de langue et littérature d’oc et écrivain, a publié en 1997 Le Siècle d’or de la poésie gasconne (1550-1650).
  • Max-Philippe Delavouët (1920-1990) est un poète provençal.
  • Jean Boudou (1920-1975) est un romancier, un conteur et un poète qui a écrit toute son œuvre en occitan. Son nom en occitan est Joan Bodon.
  • Marcelle Delpastre (1925-1998) est une grande poète limousine, paysanne de profession, qui écrivit une oeuvre très importante, en occitan et en français.

En 1931-39, l’autonomie acquise par la Catalogne, qui soutient l’occitanisme, redonna un coup de fouet au dynamisme occitan.

L’IEO (Institut d’Estudis Occitans) œuvre depuis 1945 pour la défense et la promotion de la langue occitane. Son action est responsable en grande partie de la sauvegarde et du développement de l’occitan. Il intervient dans : - la recherche - les études, colloques et publications - la promotion de l’enseignement de l’occitan - la formation : stages, rencontres d’été… - les centres de vacances jeunesse - les arts plastiques : expositions - la musique - l’édition : l’IEO est le plus gros éditeur de langue d’oc avec ses collections : prose, poésie, vulgarisation, livres pour les enfants… De plus, les sections régionales et départementales de l’IEO, les Cercles occitans locaux participent à l’animation et à la vie culturelle du pays. Si on prend le cas du Cantal, on peut citer des auteurs comme Félix Daval, Terésa Canet, Daniel Brugès ou Joan Fay qui ont publié de nombreux textes tant dans les revues que dans des livres personnels.

En 1951, la loi Deixonne autorise l’enseignement de l’occitan dans les établissements scolaires en France. Cette loi sera complétée ensuite par la création d’un CAPES (Certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement secondaire) d’occitan en 1991, bien que le nombre de postes proposés soit en dessous des besoins et de la demande.

Période récente

Statut actuel de l’occitan

22 octobre 2005 : Manifestation de plus de 12 000 personnes à Carcassonne pour la reconnaissance de la langue.
  • France :
    • Le français est la seule langue officielle mais l'article 75-1 de la Constitution reconnait que « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Avant cela, l’État français avait modifié l’article 2 de la Constitution en 1992 pour affirmer que « La langue de la République est le français ». Cet article est utilisé (Conseil constitutionnel, Conseil d’État) pour favoriser le français au détriment des autres langues, contre les langues étrangères (notices commerciales en français, etc.) mais également contre les langues minoritaires françaises (langues régionales). Ainsi, la France a signé mais n’a pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires après avis contraire du conseil constitutionnel. De nombreux politiciens français sont toujours opposés à cette ratification car ils y voient une atteinte à l’identité républicaine française[146].
    • Seul l’emploi du français est permis dans les tribunaux, sauf cas de force majeure pour de rares sujets monolingue occitan, bientôt disparus.
    • La mise en place du Code de l’éducation a aussi réduit les possibilités offertes par la loi Deixonne, qui a été remplacée par cette loi: voir la politique des langues régionales et minoritaires (lois sur les langues régionales, enseignement…)[147].
    • Dans certaines communautés de l’Occitanie, on retrouve un affichage bilingue incluant la variante locale de la langue occitane.
    • En 2005, 78 000 élèves apprenaient l'occitan dans les écoles publiques[148] ainsi que 2100 dans les écoles associatives Calandreta.
    • Ces dernières années deux grandes manifestations unitaires pour la langue occitane ont rassemblé 12 000 personnes environ à Carcassonne en octobre 2005 et octobre 2009 et 20 000 personnes environ à Béziers en mars 2007. Des gens de toutes tendances politiques et de tous dialectes occitans ont ensemble réclamé à ces deux occasions une plus grande reconnaissance des pouvoirs publics pour la langue occitane, une présence amplifiée de la langue dans les médias publics et un accès facilité à l’apprentissage de la langue à l’école publique.

Comparaison d'aides publiques pour les langues régionales en France[149]

Région Langue Population Budget[150] Ratio par habitant
Aquitaine Basque 260 000 800 000€ 3,07€
Aquitaine Occitan 2 910 000 800 000€ 0,27€
Bretagne Breton 3 139 000 7 000 000€ 2,23€
Languedoc-Roussillon Occitan 2 594 000 2 800 000€ 1,07€
Midi-Pyrénées (2009) Occitan 2 833 000 1 100 000€ 0,38€
Midi-Pyrénées (2010) Occitan 2 833 000 1 350 000€ 0,48€
  • Monaco :
    • Le français est la seule langue officielle. Le monégasque (dialecte ligure) bénéficie d’un certain soutien de l’État. Le niçois serait quant à lui compris ou parlé par 15 % de la population[1].
  • Espagne :
    • L’occitan a un statut co-officiel en Catalogne au même titre que le catalan et l’espagnol. La forme employée est celle de l’occitan utilisé dans le Val d’Aran. C’est la cinquième langue constitutionnelle de l’Espagne.
    • Dans le pré-scolaire, environ 60 % des élèves reçoivent la majeure partie de l’enseignement en occitan. Dans le primaire et le premier cycle du secondaire, l’enseignement de l’aranais est obligatoire dans tous les établissements et tous les élèves reçoivent une partie de l’enseignement en aranais. Les élèves âgés de 10 ans et plus suivent des cours d’aranais à raison de deux heures par semaine et étudient certaines matières, dont les sciences sociales, en aranais. Dans le dernier cycle du secondaire et la formation technique, bien que les élèves suivent de manière obligatoire des cours d’aranais, l’introduction de cette langue comme moyen d’enseignement est moins avancée qu’aux échelons inférieurs. Il n’y a pas d’enseignement supérieur en occitan faute d’établissement de ce niveau en Val d’Aran.
  • Italie :
    • Le parlement italien a adopté en 1999 une loi destinée aux minorités linguistiques du pays : loi du 15 décembre 1999, n° 482, « Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche », en français : « Normes en matière de protection des minorités linguistiques historiques »[151]. L’article 2 de la loi est explicite, car il énumère les minorités touchées par la loi : y sont compris les Occitans et les Catalans. En vertu de l’article 6 de la Constitution et en harmonie avec les principes généraux établis par les organisations européennes et internationales, la République protège la langue et la culture des populations albanaise, catalane, autrichienne, grecque, slovène et croate, et de celles qui parlent le français, le francoprovençal, le frioulan, le ladin, l’occitan et le sarde.
    • Sur le plan régional, les autorités du Piémont accordent un soutien financier limité aux associations occitanes de promotion et défense de l’occitan.
  • Union européenne :
    • La langue occitane n’est pas reconnue comme langue officielle. En effet, les trois pays européens concernés n’ont pas officialisé leurs langues régionales au niveau de l’Europe. Ces langues ne sont pas des langues officielles de travail et l’occitan a seulement un statut de langue régionale et minoritaire.

Utilisation

80 % des habitants de la zone linguistique occitane interrogés (locuteurs ou pas de la langue) sont favorables à l’enseignement de l’occitan. Cependant le nombre de postes offerts par l’administration est très en deçà des besoins exprimés[152].

Les deux tiers des sondés considèrent que la langue est plutôt sur le déclin[réf. nécessaire]. Le déclin est aussi souligné par les institutions européennes. Tout comme l’UNESCO qui classe les dialectes occitans comme étant "sérieusement en danger" de disparition, excepté pour le gascon et le vivaro-alpin qui sont classés uniquement "en danger"[153].

Ce déclin est peut-être l’explication au fait que seulement 5 % de la population occitanophone active de France (12 % en Aquitaine) ne transmette sa langue à ses descendants. Ce taux de transmission est très faible, bien qu’il soit meilleur que pour d’autres langues régionales de France (exemples : breton, francoprovençal…). Cependant, une jeune génération qui se ré-occitanise est apparue. Cette génération est principalement d’origine rurale, ou issue de milieux cultivés ayant effectué des études supérieures. Le nombre d’élèves suivant un enseignement en occitan (hors catalan) est de 71 912 personnes pour l'année scolaire 2000/2001 .

Certaines régions (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et l'Aquitaine) ont développé une politique en faveur de la langue et de la culture d’oc. Cela consiste à donner des aides pour l’enseignement, les mouvements culturels, les publications, à soutenir les émissions de télévision en occitan (magazines, journaux d’informations sur la télévision publique (France 3), web-tv) et à favoriser l’emploi en public de l’occitan.

La réalité occitane est une part constitutive de la culture européenne. Elle est reconnue et étudiée comme telle dans les universités étrangères : en Allemagne, aux États-Unis, en Scandinavie, au Japon même… L’occitan est étudié dans des universités du monde entier dans le cadre des études des langues romanes. La langue et culture occitanes peuvent s’étudier également un peu partout dans le monde, par exemple dans les universités en[154] : Allemagne, Belgique, Brésil, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Pays-Bas, Roumanie et en Suisse.

En Catalogne espagnole, l’apprentissage de l’occitan est possible à l’école (y compris hors de la zone occitanophone).

En France, elle a été longtemps refoulée par l’école, elle commence à être reconnue dans l’enseignement officiel : cours d’occitan en options ou bilinguisme des écoles calandretas. Même le gouvernement français, dans son rapport de 1998 sur les langues régionales, reconnaît aujourd’hui, que « l’occitan se caractérise par son extension géographique, de loin la plus importante ramenée au territoire français, et par une production culturelle -en particulier littéraire- au prestige certain, à la fois très ancienne et vivace ».

La principale difficulté pour le dynamisme de la langue Occitane est le fait que bien souvent les Occitans eux-mêmes ne sont pas conscients de la réalité occitane.

Développements récents

  • En février 2004, le gouvernement a diminué le nombre de recrutement de professeurs enseignant l’occitan (diplômés du CAPES d’occitan). Cette diminution est la conséquence d’une réduction budgétaire. Le nombre de postes de CAPES d’occitan était de dix-sept (plus un en école privée) en 2002, treize en 2003 et de quatre postes pour 2004. Remy Pech, président de l’Université Toulouse le Mirail a déclaré que c’est « en totale contradiction avec les objectifs de la décentralisation républicaine annoncée par le gouvernement ». Le Parti occitan considère alors qu'il s'agit d'« une liquidation programmée de l’enseignement de l’occitan ».
    • Alain Rainal de la Fédération des enseignants de langue et culture d’oc (FELCO) parle de liquidation de l’enseignement de l’occitan et donc de liquidation de la langue occitane. En effet, les postes de CAPES diminuent de 30% en moyenne; le CAPES d’occitan diminue, lui, de 71%. Selon lui, le gouvernement demande plus de solidarité aux plus pauvres, et demande moins aux plus riches. Il rajoute que les langues et cultures régionales, c’est quelque chose de très important, un patrimoine inestimable. Donc cela mérite de ne pas être baissé, mais au moins d’être laissé au niveau d’avant. M. Rainal rajoute : que cette nouvelle est inquiétante pour l’enseignement de l’occitan bilingue ou trilingue. Les parents d’élèves savent qu’il y a une possibilité de valoriser professionnellement cette connaissance acquise. Le nombre de postes au concours se réduisant, il faudra passer un concours pour seulement quatre postes. Cela crée une grande difficulté et n’accorde que peu de perspectives professionnelles[155].
  • mars 2004 : Occitan lenga e cultura olímpica
    • Les Jeux olympiques d'hiver 2006 de Turin se sont déroulés aussi dans des vallées occitanes du Piémont. La « Chambra d’Òc » ainsi que les institutions politiques de la province de Turin, les communautés de montagne (Val Pelis, Val Cluson, haute val Susa) et la commune de Bardonèche avaient demandé que l’occitan fasse partie des langues officielles des Jeux, demande qui n’a pas été suivie d’effet. Il y a eu de toute façon des manifestations publiques comme la présentation du festival de Rodez par exemple[156].
  • mars 2004 : Journal TV en occitan
    • La BTV (Barcelona Televisió) diffuse chaque semaine un journal télévisé en occitan appelé « Inf’òc ». Ces émissions de la télévision catalane sont tantôt en gascon, tantôt en languedocien. La zone de diffusion couvre Barcelone, bien entendu, mais aussi Gérone, Sant Cugat, Mataró.
  • juillet 2004 : Terminologie occitane et catalane commune
    • Les catalans et les occitans travaillent ensemble sur la terminologie. C’est ce qui a été décidé en juillet lors d’une réunion dans le Val d’Aran. Une convention a été passée entre l’Institut d’estudis catalans, l’Institut d’estudis occitans, le Conseil général d’Aran et Termcat pour publier des lexiques en 2005. Quatre lexiques ont été créés dans les domaines des mathématiques, de la biologie, de l’écologie, de l’internet et de la téléphonie mobile. Termcat (organisme chargé de travailler sur la terminologie du catalan) a proposé de mettre son travail à disposition. En effet, 90% du lexique catalan est directement applicable à l’occitan. Ces lexiques, et ceux qui suivront, seront particulièrement utiles aux enseignants : de l’école primaire jusqu’au lycée, et même au-delà.
    • Le dictionnaire en ligne est disponible depuis novembre 2009. La terminologie du secteur de la société de l'information est en occitan, catalan, espagnol, français et anglais Termcat.
  • mars 2005 : Nouveau statut pour le Val d’Aran
    • Le Conseil général d’Aran a demandé un nouveau statut à la région de Catalogne en Espagne. Ce statut lui permettrait d’avoir des compétences propres afin de négocier des accords avec les régions occitanes de France. De plus, le Conseil général gérerait lui-même les actions concernant la langue et la culture aranaises. Par ailleurs, une demande de co-officialité de l’occitan et du catalan dans toute la région a été formulée. Ceci aurait pour conséquence de faire reconnaître l’occitan comme une des langues officielles de l’Espagne.
    • Le 30 septembre 2005, le parlement catalan a adopté à la majorité absolue le projet de nouveau statut d’autonomie de la Catalogne. Le nouveau statut reconnait dans son article 9.5 l’officialité (dans toute la Catalogne) de « la langue occitane, dite aranès dans le Val d’Aran ». La reconnaissance de Val d’Aran dans le Statut aussi a été soutenu par les partis ERC et ICV-EUiA, alors que le PP Catalan était partisan de reconnaître dans le Statut la singularité d’Aran, mais en aucun cas de se référer à ce territoire comme une « réalité nationale occitane ». Le projet a reçu l’aval de Madrid pour que ce statut devienne loi. Le parlement espagnol avait notamment supprimé le terme « nation » de l’article premier pour qualifier la Catalogne. Certains politiciens espagnols considèrent que le projet de nouveau statut est un pas vers la division de l’État et qu’il n’est donc pas conforme à la Constitution.
    • Le 18 juin 2006, le référendum concernant le nouveau statut pour la Catalogne est largement approuvé par la population catalane : plus de 70 % de votes favorables. Trois partis avaient appelé à voter « oui » : le Parti socialiste catalan (PSC, à la tête du gouvernement régional), les communistes et les verts d’Iniciativa per Catalunya (ICV, membre de la coalition gouvernementale) et les démocrates-chrétiens de Convergencia i Unio (CiU). Les républicains indépendantistes catalans d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) avaient appelé à voter « non », de même que le Parti populaire (PP, droite centralisatrice). Les premiers reprochent au nouveau statut de ne pas reconnaître la Catalogne comme « nation » et de ne pas donner totale autonomie à la région sur les impôts, sur les ports et les aéroports. Les seconds estiment que le texte accorde trop d’autogestion, notamment fiscale, à la Catalogne et qu’il est « anticonstitutionnel ».
    • Le Statut donne l’officialité à l’aranais et considère le Val d’Aran « réalité occitane ». L’article 11, du nouveau statut dit : « Le peuple aranais exerce l’autogouvernement selon ce Statut par le Conselh Generau d’Aran (institution supérieure politique de la Val d’Aran) et les autres institutions propres ». Le second paragraphe annonce : « Les citoyens de Catalogne et ses institutions politiques reconnaissent Aran comme une réalité occitane fondée sur sa spécificité culturelle, historique, géographique et linguistique, défendue par les Aranais au fil des siècles ». « Ce Statut reconnaît, défend et respecte cette spécificité et reconnaît aussi Aran comme une entité territoriale singulière dans la Catalogne, qui est l’objet d’une protection particulière par le moyen d’un régime juridique spécial ». D’autre part, dans l’article 6, se référant aux langues de Catalogne, figure dans le nouveau Statut que « la langue occitane, appelée aranès en Aran, est la langue propre et officielle de ce territoire est aussi officielle en Catalogne, en accord avec ce qu’établit ce Statut et les lois de normalisation linguistique »[157].
  • 23 juin 2005 : le département des Pyrénées-Atlantiques adopte à l’unanimité le schéma d’aménagement linguistique « iniciativa » en faveur de la langue béarnaise/gasconne/occitane [158].
  • 16 décembre 2007 : Inauguration à Toulouse de l'Ostal d'Occitània, gérée par une fédération de 40 associations (aujourd'hui 60) réunies sous le nom de Convergéncia occitana. Action culturelle et citoyenne pour la promotion de la langue et la culture occitanes.
  • Juillet/août 2007 : un service pour l’occitan sera créé en Catalogne
  • Mai 2008 : les langues régionales entrent dans la Constitution française
    • À l’occasion d’un débat sur la modernisation des institutions, un amendement à l’article 1 de la Constitution française qui précise que les langues régionales font partie du patrimoine de la République est adopté par l’Assemblée nationale. Le Sénat refuse cet amendement.
  • Mai 2008 : création de l’Académie de la langue occitane
    • L’Académie de la langue occitane est fondée par un acte solennel à Vielha, dans le Val d’Aran, le 25 mai 2008. Cette académie devrait commencer ses travaux d’ici la fin de l’année 2008[160],[161].
  • 21 juillet 2008 : Les langues régionales dans la constitution française.
    • Suite à la réunion du congrès à Versailles, la constitution française est modifiée. L'article 75-1 reconnaît les langues régionales comme appartenant au patrimoine de la France.
  • 9 juillet 2009 : Reconnaissance de l'occitan dans la région Rhône-Alpes
    • À la suite à un débat au conseil régional de la région Rhône-Alpes l'occitan est reconnu aux côtés du francoprovençal langue régionale de cette région.
  • 22 septembre 2010 : L'occitan, langue officielle en Catalogne. L’occitan, sous sa forme aranaise, a été reconnu comme langue officielle par le parlement catalan, avec 117 voix pour et 17 contre. L’aranais doit désormais être la langue utilisée de manière générale dans le Val d'Aran par les organismes publics, dans les établissements et programmes scolaires, à la télévision et à la radio[162]. Dans le reste de la Catalogne, les locuteurs d'occitan ont le droit d'utiliser l'aranais lorsqu'ils s'adressent par écrit aux instances du Gouvernement catalan, et d'exiger que celles-ci leur répondent en aranais. De même, toutes les lois du Parlement catalan devront dorénavant être aussi publiées en aranais. Les textes de lois en version occitane auront avec un caractère officiel. Par ailleurs, le Gouvernement favorisera la mise en place dans la région, d'études philologiques de la langue occitane et de contenus sur la réalité linguistique du territoire du Val d'Aran [163].
  • Novembre-décembre 2010 : lancement d'une enquête sociolinguistique en Midi-Pyrénées sur le même modèle qu'en Aquitaine. Celle-ci concerne l'usage, les compétences ainsi que les représentations en occitan dans la région Midi-Pyrénées[164].

Bibliographie

  • Voir aussi la bibliographie de l'article Occitanie.
  • Pierre Bec, Manuel pratique d’occitan moderne, Picard, 1973 (2e édition 1983)
  • Pierre Bec, La Langue occitane (PUF, Que sais-je ? n° 1059, 128 pages), 1963 (5me édition 1986, 6e édition corrigée janvier 1995)
  • Werner Forner, « Le mentonnais entre toutes les chaises ? » (Regards comparatifs sur quelques mécanismes morphologiques), Université de Siegen in Lexique français-mentonnais, S.H.A.M., p. 11 à 23.

Voir aussi

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Articles connexes

Articles historiques et politiques

Liens externes

Notes et références

  1. a, b, c, d et e (en) Editorial Team, « Monaco: Language Situation », dans Encyclopedia of Language & Linguistics (Second Edition), 2006, p. 230 [lien DOI] :

    « A further 15% of the population of Monaco speaks the Niçard (Niçois) variety of Provençal, which greatly influences the French of the Monegasque region. In fact, the Niçard-speaking community comprises mainly individuals of over 50 years of age, but Provençal is increasingly gaining status as a literary language. »

     .
  2. Différentes évaluations selon les sources: voir #Locuteurs
  3. a et b Pierre Bec, La langue occitane, Paris, PUF, collection Que sais-je ?, 6e édition, 1995.
  4. Aucune norme littéraire n’est d'ailleurs parvenue à s’imposer, le provençal rhodanien de Frédéric Mistral, le languedocien littéraire de Louis Alibert, le béarnais de Simin Palay et Michel Camelat ont regroupé des adeptes, mais un plus grand nombre de créations utilise les différents dialectes et parlers
  5. Antonio Viscardi, Le letterature d’Oc e d’Oil, Florence/Milan, 1967, p. 6 et 7 : « Sono, nella nuova Europa, i trovatori i «primi» che abbiano avuto il senso dell’arte pura, dell’arte per l’arte; i primi, insomma, che siano «letterati» nel senso moderno della parola. […] Per questo, appunto, conta il moto trobadorico: per il magistero artistico che i trovatori esercitano nei riguardi di tutta l’Europa romana e germanica. […] da essi muove tutta la tradizione letteraria dell’Europa moderna. »
  6. Article occitan dans le Larousse : « La langue se divise en trois grandes aires dialectales : le nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), l’occitan moyen, qui est le plus proche de la langue médiévale (languedocien et provençal au sens restreint), et le gascon (à l’ouest de la Garonne). »
  7. Voir notamment Sylvain Soleil, L’ordonnance de Villers-Cotterêts, cadre juridique de la politique linguistique des rois de France ? (en ligne) [PDF].
  8. Un bon résumé de la question chez Hervé Lieutard, La conversion des occitanophones à l’usage du français [PDF].
  9. L’Atlas des langues en danger de l’Unesco (en ligne) classe les six dialectes de l’occitan en danger (gascon, vivaro-alpin) ou sérieusement en danger (auvergnat, languedocien, limousin, provençal).
  10. Testament de Lancelot d'Orgemont, 1286, voir à l'article Occitanie
  11. Joseph Anglade, Histoire sommaire de la littérature méridionale au Moyen Âge, 1921
  12. A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, tome II (F-PR), page 2427 : « Occitan (langue d’oc) : [...) Ce terme de "provençal", qui eut cours jusqu’au milieu du XXème siècle parmi les romanistes ».
  13. Rapport de Monsieur Bernard Poignant au premier ministre sur les langues et cultures régionales[PDF]• « L’occitan. Cette appellation a été retenue dans la nomenclature établie par la loi Deixonne. Les académies concernées par l’enseignement de l’occitan sont les suivantes : Nice, Grenoble, Aix-Marseille, Clermont-Ferrand, Montpellier, Toulouse, Limoges, Bordeaux et, pour une faible partie, Poitiers. Cette langue est également parlée et enseignée en Espagne (au Val d’Aran où elle bénéficie d’un statut officiel) et dans un certain nombre de vallées italiennes des Alpes. Parmi les langues régionales, l’occitan se caractérise par son extension géographique, de loin la plus importante ramenée au territoire français, et par une production culturelle - en particulier littéraire - au prestige certain, à la fois très ancienne et vivace. »
  14. a, b et c Walther von Wartburg, La fragmentation linguistique de la Romania (trad. de l'allemand par Jacques Allières et George Straka), 1967
  15. Même l’Aquitaine a reçu des Protoceltes de civilisation hallstatienne, mais les Celtes de la civilisation de la Tène se sont installés sur les marges de la zone occupée par les Aquitains (Agen, Bordeaux, rives nord de la Garonne).
    • « L’apport gaulois (…) n’a modifié le peuplement de notre pays que dans le nord, l’est, le centre, Celtica-Belgica. » (Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France)
  16. a, b et c Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, pages 20-21
  17. Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane, t. 2 ; on trouve donc de grandes similitudes avec le français ou le castillan
  18. Géo, juillet 2004, n° 305 - Occitanie au cœur du Grand Sud, page 73
  19. MARTEL Philippe, « Qui parle occitan ? », Langues et cité, 10, Paris, DGLFLF, 12/2007. [1]
  20. Références 2009: les Langues de France
  21. 2 048 310) d'après (en) Fiche langue dans Ethnologue.com
  22. Aquitaine Sondage du Conseil Régional d’Aquitaine réalisé par Média Pluriel Méditerranée en 1997[2]

    Pratiques et représentations de la langue occitane en Aquitaine- Décembre 1997

    Aquitaine Bordeaux (Bx) Dpt 33 Gironde (avec Bx, hors zone saintongeaise) Dpt 24 Dordogne Dpt 40 Landes Dpt 47 Lot-et-Garonne Dpt 64 Pyrénées-Atlantiques (hors Pays Basque)
    Comprend l’occitan 11% 27% 54% 48% 42% 41%
    Parle occitan 3% 13% 34% 28% 25% 22%


    Auvergne (enquête IFOP menée en juin 2006) :

    Auvergne
    Comprend l’occitan 61%
    Parle occitan 42%

    Languedoc-Roussillon (sondage réalisé en 1991 par Média Pluriel Méditerranée – Montpellier) [3] :

    • Une personne sur deux comprend l’occitan
    • Une personne sur quatre sait parler occitan
    Languedoc-Roussillon
    Comprend l’occitan 48%
    Parle occitan 28%


    Val d’Aran (Catalogne) recensement 1991 [4] :

    Val d'Aran
    Comprend l’occitan 92,3%
    Parle occitan 60,9%


  23. Dossier. Langues en péril. nº 486, 24/02-01/03/2000
  24. Des langues romanes, Jean-Marie Klinkenberg, Duculot, 1994, 1999, page 228 : Le nombre de locuteurs de l’occitan est estimé tantôt à 10 tantôt à 12 millions. Le comptage est certes malaisé, (…) mais en tout cas aucun chiffre avancé ne descend jamais plus bas que 6 millions.
  25. Philippe Vigier, « Diffusion d'une langue nationale et résistance des patois en France au XIXe siècle », dans Romantisme, Persée, vol. 9, no 25-26, 1979, p. 201-203 [texte intégral, lien DOI] 
  26. A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, tome II (F-PR), page 2427.
  27. Collectif Prouvènço
  28. Welcome to the Frontpage - OC Valéncia
  29. En fait, l’appellation romans n’est nullement spécifique à l’occitan et se retrouve dans les autres langues que l’on continue à dire romanes. Au Moyen Âge, on trouve respectivement les mots romanz en français, romanç en catalan, et romance en castillan, désignant la langue vulgaire issue du latin, par opposition au latin (et à l’arabe dans la péninsule Ibérique) (cf. le Dictionnaire d’ancien français de R. Grandsaignes d’Hauterive, éditions Larousse, et le Diccionari català-valencià-balear d’Antoni Maria Alcover et Francesc de B. Moll).
  30. SCHLIEBEN-LANGE Brigitte (1991): "Okzitanisch: Grammatikographie und Lexikographie", Lexikon der Romanistichen Linguistik V, 2: 105-126 (p. 111) — Cité dans: MULJAČIĆ Žarko (1997) “Perché i glottonimi linguaggio italiano, lingua italiana (e sim.) appaiono per indicare ‘oggetti’ reali e non soltanto auspicati molto più tardi di altri termini analoghi che si riferiscono a varie lingue gallo e ibero-romanze?”, Cuadernos de filología italiana 4: 253-264
  31. GARDY Philippe (2001) "Les noms de l'occitan / Nommer l'occitan", in: BOYER Henri, & GARDY Philippe (2001) (dir.) Dix siècles d’usages et d’images de l’occitan: des troubadours à l’Internet, coll. Sociolinguistique, Paris: L’Harmattan, p. 43-60.
  32. La préface du Dictionnaire languedocien-françois de l'abbé Sauvages indique ainsi : « la première de ces dénominations, ou celle de la Langue d'Oc, fut appliquée depui le milieu du XIII. siecle jusqu'à Charles VII ; c'est-à-dire, pendant environ 300 ans, aux Provinces méridionales de la France dont nos rois avoient nouvellement acquises et au langage qu'on y parloit. Cette même dénomination prise au dernier sens est au fond synonyme de celle de Languedocien. (...) D'où il résulte que non seulement le Provençal, mais généralement tous les idiomes gascons de nos Provinces méridionales, sont du ressort de ce dictionnaire ; & qu'ils viendront, tout naturellement, se ranger sous le titre qu'il porte... » Ce dictionnaire est accessible en ligne : http://www.archive.org/details/dictionnairelan00sauvgoog
  33. Par exemple, le dialecte gascon s'étend au-delà des limites traditionnelles de la Gascogne
  34. a et b La langue occitane, Pierre Bec, Que sais-je, p.77
  35. La Gàrdia : un laboratoire calabrais pour l’occitan de demain
  36. P. Monteleone, Per una identità di Guardia Piemontese tra dati demografici, riscontri, memorie e territorio, Le ragioni di una civiltà, a c. di A. Formica, Commune di Guardia Piemontese (1999)
  37. En provenance de la commune de Bobbio Pellice, ils fuyaient les persécutions religieuses
  38. EUROPA - Éducation et formation - Langues régionales et minoritaires - Étude Euromosaïc
  39. Le projet « langue occitane » sur le site de la commune San Sisto dei Valdesi
  40. Pressac, Availles-Limouzine, Millac, Mouterre-sur-Blourde et Coulonges (cf. enquête de Tourtoulon et Bringuier)
  41. a, b, c, d et e Géo (magazine France), juillet 2004, n° 305 - Occitanie au cœur du Grand Sud, propos de Louis Combes (Cantalausa), page 79
  42. Jules Ronjat, Grammaire [h]istorique des parlers provençaux modernes, tome I, p. 23 : « D’autres parlers provençaux sont encore en usage chez quelques descendants des Vaudois chassés de la vallée du Cluson et réfugiés à la fin du XVIIe siècle dans le duché de Württemberg. » Ronjat indique dans une note à la même page : « Leur langage ne s’est conservé que dans trois villages, où je l’ai trouvé encore parlé en 1909 par une centaine à peine en tout de gens âgés : Bourcet ou Neu-Hengstett, près d’Alt-Hengstett, à l’E. de Calw ; Pinache et Serres (noms fr.) formant une même paroisse aux environs de Dürrmenz près de la frontière badoise, dans le district de Maulbronn. » Le terme de provençal doit ici s’entendre au sens d’occitan, dans sa variété vivaro-alpine.
  43. Colonies gasconnes au Pays basque
  44. Histoire de Valdese en anglais
  45. présentation et histoire de Pigüé
  46. CroixOccitane
  47. Récapitulatif de lieux d’implantation occitane et traces toponymiques occitanes
  48. BEC, P. Manuel pratique de philologie romane, Paris, Picard, 1970
  49. Voir par exemple Marc TROTTIER, Une étude historique comparative des langues poétiques de l'occitan et du catalan des origines au XXe siècle.
  50. (ca)Els primers textos en català - Textos anteriors a les Homilies d'Organyà
  51. référence
  52. Manifest, maig del 1934
  53. Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, page 120
  54. Sondage réalisé en Languedoc-Roussillon en 1991 : « 28 % déclarent la parler plus ou moins », « une personne sur deux (…) déclare comprendre l’occitan » (Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, page 120).
  55. Normes ortografiques der aranés
  56. a, b, c, d et e Universal Declaration of Human Rights (Article 1), Omniglot.com. Consulté le 2009-10-15
  57. Universal Declaration of Human Rights (Article 1), Omniglot.com. Consulté le 2009-10-15
  58. Dictionnaire Provencal-Français ou dictionnaire de la langue d’Oc ancienne et moderne, (Repos éditeur, Digne, 1846-1847)
  59. Grammaire limousine et La lenga d'aur (dictionnaire manuscrit)
  60. Gramatica occitana segon los parlars lengadocians, 1935-37
  61. Gramatica occitana, 1943
  62. IEO, La réforme linguistique occitane et l'enseignement de la langue d'oc, 1950
  63. Robert Lafont, Phonétique et graphie du provençal, 1951
  64. IEO, L'application de la réforme linguistique occitane au gascon, IEO, Toulouse, 1952
  65. Pierre Bonnaud, Pour aider à lire et écrire le nord occitan, 1969
  66. Nòrmes Ortogràfiques der Aranés 1982, 21999
  67. G. Creazzo, A. Formica, H.P.Kunert, ’O libre meu, manuale didattico per l'insegnamento della lingua occitana nella scuola, idea e progetto di A. Formica, Gnisci, Paola, 2001
  68. Normas ortogràficas, chausias morfològicas e vocabulari de l'Occitan alpin oriental. Cuneo [Coni]: Espaci Occitan - Regione Piemonte, 2008
  69. a et b Georg Kremnitz, « Sur la délimitation et l'individuation des langues. Avec des exemples pris principalement dans le domaine roman », IEC
  70. Friedrich Diez, Grammatik der romanischen Sprachen, Bonn 1836–38 & 1876–77;
  71. Charles de Tourtoulon, Octavien Bringier, Étude sur la limite géographique de la langue d’oc et de la langue d’oïl (avec une carte) (1876), Paris: Imprimerie Nationale [rééd. 2004, Masseret-Meuzac: Institut d’Estudis Occitans de Lemosin/Lo Chamin de Sent Jaume]
  72. Un exemple récent d'une telle croyance : Peter A. Machonis, Histoire de la langue : du latin à l'ancien français, University Press of America, 1990, ISBN 0-8191-7874-8, dont le chapitre 11, dialectes de l'ancien français, nomme : langue d'oc, langue d'oïl et franco-provençal
  73. Carte dans Meillet & Cohen, Les langues du Monde, 1924, sur Gallica
  74. Joseph Anglade, Histoire sommaire de la littérature méridionale au Moyen Âge, 1921, même si c'est dans cet ouvrage que cet universitaire toulousain propose de remplacer provençal par occitan
  75. Charles Rostaing, Les noms de lieux, Paris : PUF, 1980. Sa carte p. 75 inclut occitan et francoprovençal dans les limites du français
  76. Pierre Bec, Manuel pratique de linguistique romane
  77. Harris & Vincent, The Romance Languages
  78. Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes
  79. Parmi ses œuvres les plus significatives, Aièr e deman, roman de science-fiction, L'Astrado, 1971 et sa Grammaire provençale, L'Astrado, 1967, plusieurs fois rééditée
  80. Louis Bayle, L'óucitanisme, Toulon : Escolo de la Targo, 1964
  81. Louis Bayle, Dissertation sur l'orthographe provençale comparée à la graphie occitane, L'Astrado, 1968
  82. Louis Bayle, Procès de l'occitanisme, L'Astrado, 1975
  83. Louis Bayle, Huit entretiens sur l'occitanisme et les occitans, L'Astrado, 1979
  84. Louis Bayle, Considérations sur le Félibrige, L'Astrado, 1977
  85. Site du Cercle Terre d'Auvergne qui développe la doctrine de Pierre Bonnaud
  86. Voir une critique de ce document dans R. Teulat, « Occitan o lengas d'òc », Quasèrns de lingüistica occitana 4, 1976, republié dans Uèi l'occitan, IEO, 1985, ISBN 2-85910-004-0.
  87. Universitaire spécialisé dans l'occitan ancien, fortement politisé - cf. Jean-Claude Rivière, Subversion et langues régionales, UNI, 1984
  88. L'ensemble des publications utilisant développe en général la même argumentation :
    • il n'y aurait pas d'intercompréhension entre les différents dialectes d'oc
    • les occitanistes tenteraient d'imposer une langue et une graphie artificielle au détriment des langues « authentiques » et « historiques » de la Provence, de l'Auvergne...
    • les occitanistes constitueraient une menace pour l'identité régionale, voire pour l'unité nationale (alors que les groupes dénoncés, en général le parti nationaliste occitan et des groupes aujourd'hui disparus, ont eu peu ou pas de rôle dans la codification autour de la graphie classique)
    • l'occitan (la langue d'oc) n'existerait pas, puisque l'Occitanie n'a jamais existé - il s'agirait de démonter les « mythes » du « credo occitaniste » - par exemple Jean Lafitte, Guilhem Pépin, La « langue d'oc » ou les langues d'oc ? - Idées reçues, mythes et fantasmes face à l'histoire, PyréMonde/Princi Negue, 2009
    • par conséquent, les associations de défense des « langues d'oc » réclament leur reconnaissance officielle comme langues indépendantes.
    À noter que ces associations ont su se constituer un réseau, ténu mais présent, dans la sociolinguistique universitaire :
    • Philippe Blanchet (qui est l'un des animateurs actuels de l'Astrado) a présenté en 1992 une thèse sur le provençal (voir référence infra) où il développe une partie de cette argumentation et propose de mettre en avant un « droit des locuteurs à nommer leur langue »
    • Pour justifier l'inclusion dans le provençal de l'essentiel du vivaro-alpin, Philippe Blanchet a réutilisé récemment le concept de langue polynomique élaboré pour la langue corse (voir par exemple le Site de la Consulta Provenzale : http://www.consultaprovenzale.org/content/fran-ais)
    • Jean Lafitte, qui présente le béarnais et gascon comme une langue indépendante de la langue d'oc, a également soutenu une thèse sous la direction de Ph. Blanchet
  89. Communiqué publié dans les Quasèrns de lingüistica occitana, 1976
  90. René Merle, Mistralisme et enseignement du provençal, 1976-1977 (en ligne) revient sur cet épisode
  91. Etienne Coudert évoque les faits, à l'occasion du départ à la retraire de R. Teulat, dans Parlem! Vai-i qu'as paur 62
  92. Philippe Blanchet, Le provençal, essai de description sociolinguistique différentielle, Peeters, 1992, [5]
  93. Site du Collectif Provence
  94. Site de l'IBG
  95. Présentation d'Aigo Vivo
  96. Des milliers de manifestants à Carcassonne pour la défense de l'occitan, dépêche AFP sur Google Actualités
  97. AFP
  98. On pouvait y lire une banderole « J'ai mon pays, Occitanie non merci ». Manifestation pour la sauvegarde d'une pluralité des langues d'oc
  99. Michel Charasse soutient l'auvergnat
  100. Pierre Bec, La langue occitane, Paris, 1967, p. 70-71
  101. Pierre Bec (La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, 1963 / rééd. 1995) explique qu’« Il est difficile […] de séparer le catalan de l’occitan si l’on n’accorde pas le même sort au gascon […] » (p. 50), mais il précise aussitôt que « Le problème, en réalité, a été entaché de considérations extra-scientifiques plus ou moins conscientes » (id. p. 50). La séparation du catalan s’explique selon lui pas des facteurs historiques que le gascon n’a pas connus : « le catalan a été pendant des siècles l’expression externe d’un pouvoir politique et d’une hiérarchie ecclésiastique conduisant peu à peu à la création d’un noyau culturel totalement indépendant du sud de la France, à partir du XIIIe siècle » (p. 50-51). En tout cas, dans cet ouvrage, Bec analyse le gascon dans le cadre de l’occitan
  102. Ronjat appelant le gascon: « aquitain » dans Grammaire historique des parlers provençaux modernes, tome IV, Montpellier, Société d'études romanes, 1941
  103. Cartes dialectométriques de la France romane.
  104. Pierre Bec, La langue occitane et aussi la récente synthèse sur le sujet de Domergue Sumien, "Classificacion dei dialectes occitans", Linguistica occitana, 7, 2009 en ligne
  105. LAFONT (Robèrt) - L'ortografia Occitana. Lo Prouvençau. Montpelhier, Centre d'Estudis Occitanas, 1972
  106. Anciennement appelé provençal alpin, il fut souvent rattaché au provençal. Cf. BEC (Pierre) - Manuel pratique d'occitan moderne. Paris, Picard, 1972
  107. Celle reprise notamment dans les encyclopédies Larousse et Encarta
  108. a, b et c BEC, Pierre, Manuel pratique d'occitan moderne
  109. Lire Nicolas Quint, Le Languedocien - Occitan central, Assimil, 196 pages. Le titre toutefois ne renvoie pas à une classification « supradialectale ».
  110. Domergue SUMIEN (2006), La standardisation pluricentrique de l'occitan: nouvel enjeu sociolinguistique, développement du lexique et de la morphologie, coll. Publications de l'Association Internationale d'Études Occitanes, Turnhout: Brepols
  111. Carte montrant la desoccitanisation de la région entre Loire et Gironde
  112. Liliane Jagueneau, La langue, dans : Charente, Bonneton, 1992
  113. Pierre Bonnaud, Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l’occitan, dans : Aguiaine, numéro spécial, septembre 1972
  114. Jacques Pignon, L'évolution phonétique des parlers du Poitou, 1960 (page 512).
  115. Henri Malet, 1940, Les noms de lieux en Charente et les anciennes limites de la langue d’oc (paru dans Bulletins et Mémoires de la Société Archéologique de la Charente), 1940.
  116. Jacques Pignon, L'Evolution phonétique des parlers du Poitou, Editions d'Artray, 1960 (carte n°8).
  117. Pierre Gauthier, Noms de lieux du Poitou, Editions Bonneton, 1996
  118. Pierre Gauthier (professeur honoraire de l’Université de Nantes), Etude en introduction à son édition du « Rolea » (recueil de textes anonymes en poitevin du XVIIème siècle), 2002
  119. Le Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle : texte latin du XIIe siècle, 5e édition, Jeanne Vielliard
  120. James H. Williston, Le Coutumier d'Oléron : Edition et traduction annotées, Société des antiuaires de l'Ouest, 1992 : « Je me suis intéressé au Coutumier au départ parce qu'on y trouve des formes, morphologiques surtout, qui correspondent au patois moderne de la région » (page 9).
  121. Le Terrier du Grand fief d'Aunis (1246), publié par A.Bardonnet, Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1875.
  122. Le vieux coutumier du Poitou, présenté par René Filhol, Editions Tardy, 1956.
  123. Jacques Duguet, « Une charte en langue occitane (1260) » dans : Anthologie Poitou-Anis-Saintone-Angoumois, SEFCO, 1984.
  124. Les Coutumes de Charroux, publiées pour la première fois, traduites et annotées, par A.-. de la Fontenelle de Vaudoré, Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1813.
  125. Le Webster’s Third New International Dictionary, Unabridged avec ses addenda de 1993, arrive à environ 470 000 entrées, comme l’Oxford English Dictionary, 2e édition. Le site web du dictionnaire anglais Merriam-Webster estime qu’on arriverait à un nombre variant entre 250 000 et 1 million de mots.
  126. voir par ex. Université de médecine Stanford en Californie: Folding@home en occitan
  127. SCHLIEBEN-LANGE Brigitte (1991): "Okzitanisch: Grammatikographie und Lexikographie", Lexikon der Romanistichen Linguistik V, 2: 105-126 (p. 111) — Cité dans: MULJAČIĆ Žarko (1997) “Perché i glottonimi linguaggio italiano, lingua italiana (e sim.) appaiono per indicare ‘oggetti’ reali e non soltanto auspicati molto più tardi di altri termini analoghi che si riferiscono a varie lingue gallo e ibero-romanze?”, Cuadernos de filología italiana 4: 253-26.
  128. a et b LODGE R. A. (1993) French, from dialect to standard, London / New York: Routledge, p. 96 — Cité dans: MULJAČIĆ Žarko (1997) “Perché i glottonimi linguaggio italiano, lingua italiana (e sim.) appaiono per indicare ‘oggetti’ reali e non soltanto auspicati molto più tardi di altri termini analoghi che si riferiscono a varie lingue gallo e ibero-romanze?”, Cuadernos de filología italiana 4: 253-264
  129. Loi du 13 juillet 1990. Version en ligne avec traduction française
  130. Statut d'autonomie de la Catalogne. Dispositions linguistiques (en ligne)
  131. Article 9 "...le conseil général s'engage à mettre en place toutes les mesures susceptibles de conforter l'usage et la diffusion de la langue occitane..."
  132. Texte de la délibération En ligne
  133. #Développements récents
  134. "la lyrique occitane a germé et fructifié dans toute l'Europe, ... , qui ont chanté à sa suite les valeurs de fin'amors et de la cortezia" dans Auctor et auctoritas: invention et conformisme dans l'écriture médiévale, Volume 59 de Mémoires et documents de l'École des chartes - L'École des Chartes. 59, Michel Zimmermann, Éditeur: Librairie Droz, 2001, p389, ISBN 2-900791-41-3, ISBN 978-2-900791-41-7
  135. "La littérature occitane occupait au Moyen Âge une place prééminente dans la culture et l'art contemporains." dans "Hommage à Pierre Nardin: philologie et littérature françaises, Volume 29 de Annales de la Faculté des lettres et sciences humaines de Nice, Faculté des lettres et sciences humaines de Nice, p91, Pierre Nardin, Editeur: Belles lettres, 1977"
  136. Inspection académique de l'Yonne / Portugal
  137. De Vulgari Eloquentia, I:VIII: oc, oïl, sí - Yspani, Franci et Latini
  138. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l PUJOL J-P., 2004. Sottisier à propos des minorités ethniques. Le petit florilège chauvin, Éd. Lacour- Rediviva
  139. Quand le "patois" était politiquement utile: l'usage propagandiste de l'imprimé occitan à Toulouse durant la période révolutionnaire, Sociolinguistique (Paris)- Collection sociolinguistique - Sociolinguistique Harmattan (Firm) - Collection Memoires Du Xxe Siecle, M. Carmen Alén Garabato, Editeur: L'Harmattan, 1999, ISBN 2-7384-8320-8, ISBN 978-2-7384-8320-1
  140. « langage corrompu et grossier, tel que celui du menu peuple », Dictionnaire de Furetière (1690), ou « langage corrompu tel qu’il se parle presque dans toutes les provinces […] On ne parle la langue que dans la capitale… », Encyclopédie de Diderot et d’Alambert
  141. L'abbé Grégoire disait sous la Révolution française : « Car je ne puis trop le répéter, il est plus important qu'on le pense en politique, d'extirper cette diversité d'idiomes grossiers qui prolongent l'enfance de la raison et la vieillesse des préjugés. »
  142. L’école française et l’occitan. Le sourd et le bègue par : Philippe Martel
  143. M. H. Offord, A reader in French sociolinguistics, pages 73 et suivantes
  144. livre à consulter ici
  145. Brochure "langue d'Oc et d'Aquitaine" publiée par le conseil général d'Aquitaine
  146. Si je suis élu, je ne serai pas favorable à la Charte européenne des langues régionales. Je ne veux pas que demain un juge européen ayant une expérience historique du problème des minorités différente de la nôtre, décide qu’une langue régionale doit être considérée comme langue de la République au même titre que le Français. Car au-delà de la lettre des textes il y a la dynamique des interprétations et des jurisprudences qui peut aller très loin. J’ai la conviction qu’en France, terre de liberté, aucune minorité n’est opprimée et qu’il n’est donc pas nécessaire de donner à des juges européens le droit de se prononcer sur un sujet qui est consubstantiel à notre identité nationale et n’a absolument rien à voir avec la construction de l’Europe. Source(s) : discours de Nicolas Sarkozy à Besançon (13 mars 2007) [6]
  147. [7]
  148. [8], PILOTAGE ET COHÉRENCE DE LA CARTE DES LANGUES, sur le site de l'Éducation nationale
  149. Débat élections régionales du 25 février 2010 à Pau: Quelle politique linguistique et culturelle pour l'Occitan ?
  150. Données Convergència Occitana, Toulouse
  151. Loi du 15 décembre 1999, no 482 en italien et en français
  152. El 80% de la població occitana desitja que sigui preservada i promoguda la identitat pròpia, per bé que un notable percentatge d’aquestapoblació sigui d’origen forà i malgrat que la política oficial, en qüestions culturals i lingüístiques, sigui contrària al seu reconeixement. Jaume Figueras, Expert en littérature occitane, publié par la généralité de Catalogne, Occitània i l'occità , 32 p.
  153. UNESCO Interactive Atlas of the World's Languages in Danger [9]
  154. http://recherche.univ-montp3.fr/mambo/slo/fr/enseignement.html Université de Montpellier
  155. Bilans concernant la langue occitane et les revendications du « Centre regionau dels ensenhaires d’occitan » (CREO)
  156. plus d’informations sur l’occitan dans la province de Turin
  157. Comparatif des statuts 1979-2006[PDF]
  158. Schéma d’aménagement linguistique « iniciativa »
  159. La Setmana n°624 du 9 au 15 août 2007, page 2
  160. Vistedit http://www.vistedit.com/?nav=083ad9294daaa8902bf8adee3a8627f9&prd=la_setmana&num=665
  161. Conselh Generau d’Aran http://www.conselharan.org/index.php?option=com_content&task=view&id=201&Itemid=1
  162. L’occitan, langue officielle en Catalogne
  163. L'aranais est désormais officiel en Catalogne
  164. Enquête sociolinguistique en Midi Pyrénées

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  • occitan — occitan, ane [ ɔksitɑ̃, an ] n. m. et adj. • 1921; occitain 1886; lat. médiév. (lingua) occitana, latinisation de (langue) d oc 1 ♦ Langue romane du groupe gallo roman parlée dans la partie sud de la France (de l estuaire de la Gironde au nord de …   Encyclopédie Universelle

  • occitan — OCCITÁN, Ă adj., s. m. f. (locuitor) din Occitania (sudul Franţei). ♢ (s. n.) ansamblu de dialecte vorbite de occitani. ♢ (s. f.) vechea limbă provesală sau limba trubadurilor. (< fr. occitan) Trimis de raduborza, 15.09.2007. Sursa: MDN …   Dicționar Român

  • Occitan — (n.) Old or modern Provençal; langue d Oc, 1940, also the northern variant of modern Provençal; from Fr. oc (see LANGUEDOC (Cf. Languedoc)) …   Etymology dictionary

  • Occitan — Okzitanisch (occitan / lenga d òc) Gesprochen in Südfrankreich, Randgebiete Spaniens und Italiens Linguistische Klassifikation Indogermanische Sprachen Italische Sprachen Romanische Sprachen Galloromanische Sprachen Okzitanisch …   Deutsch Wikipedia

  • Occitan — noun Etymology: French, from Medieval Latin occitanus, from Old Occitan oc yes (contrasted with Old French oïl yes) + Medieval Latin itanus (perhaps as in aquitanus of Aquitaine) Date: 1958 a Romance language spoken in southern France • Occitan… …   New Collegiate Dictionary

  • Occitan — [ ɒksɪt(ə)n] noun the medieval or modern language of Languedoc (southern France), including literary Provençal of the 12th–14th centuries. adjective relating to Occitan. Derivatives Occitanian noun & adjective Origin from Fr …   English new terms dictionary

  • Occitan — /ok si tan /, n. Provençal (def. 3). * * * …   Universalium

  • Occitan — noun /ˈɑksəˌtæn/ A Romance language spoken in Occitania, a region of Europe that includes Southern France, Auvergne, Limousin, and some parts of Catalonia and Italy …   Wiktionary

  • Occitan — See Langue d oc …   Dictionary of Medieval Terms and Phrases

  • Occitan — n. Provencal, Romance language formerly spoken in southern France …   English contemporary dictionary

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