Gascogne


Gascogne

43° 58′ 37″ N 0° 10′ 34″ W / 43.977, -0.176

La Gascogne : des contours variables en fonction des époques

La Gascogne (en gascon Gasconha [gasˈkuɲɔ / gasˈkuɲə]) était au Haut Moyen Âge une principauté du sud-ouest de la France[1]. Le duché de Gascogne s'émiette à partir de 1032 pour disparaître en tant qu'entité politique en 1063. À cette date, Bernard II Tumapaler, comte de Gascogne, est défait à la bataille de La Castelle par Guillaume VIII, duc d'Aquitaine, et abandonne la Gascogne à l'Aquitaine. Après le traité de Paris de 1259, le duché d'Aquitaine prend le nom de duché de Guyenne, terme qui désigne alors l'ensemble des possessions françaises du roi d'Angleterre.

Malgré ces évolutions, une identité gasconne culturelle et linguistique subsiste à travers tout l'Ancien Régime et ce, jusqu'à nos jours.

Gascogne a pu aussi désigner, sous sa forme latine Gasconia, le Pays basque[2].

Sommaire

Étymologie et usage actuel

Le nom Gascogne dérive de Guasconia et du latin Wasconia, nom mentionné pour la première fois par les Wisigoths, provenant lui même du nom du peuple des vascones (prononcer ouascones).

À proprement parler, les Vascon sont avant tout une tribu protobasque[réf. souhaitée] vivant à l'époque antique au Sud des Pyrénées, dans les actuelles Navarre et Aragon. Mais des liens culturels, politiques et commerciaux existent en grand nombre avec l'autre versant, la futur Gascogne, et tend à montrer une sorte de koiné euskarienne (ni celte, ni ibère) existant sur ce qui est aujourd'hui les pays Basques, la Navarre, la Gascogne, le val d'Aran et une partie de l'Aragon[réf. souhaitée]. Le mot "vascon" proviendrait de la racine eusk/ausk (que l'on retrouve dans le peuple aquitain des Auscii). Elle est le véritable lien entre tous ces termes dans lesquels on la retrouve: vascons, basques, gascons.

Contrairement à d'autres provinces (comme la Bretagne ou la Normandie par exemple), le nom de Gascogne a disparu avec la province qu'il désignait et n'a été repris pour désigner aucun des départements ou régions de la France.

Il tend néanmoins à faire sa réapparition depuis quelques années comme appellation touristique pour désigner limitativement son cœur historique oriental : le Gers.

On retrouve sa trace dans les appellations :

Géographie

La Gascogne s'appuie sur les contreforts montagneux des Pyrénées et s'ouvre sur l'océan Atlantique (golfe de Gascogne). La grande masse de la forêt des Landes occupe une place centrale dans l'espace géographique de la Gascogne actuelle. Les deux fleuves principaux sont la Garonne et l'Adour.

Départements concernés

Paysage de Gascogne, laissant apparaître la chaîne des Pyrénées en arrière-plan

Elle comprend les départements :

et en partie ceux :

Le Val d'Aran, bien qu'appartenant à l'Espagne, fait partie linguistiquement de la Gascogne.

Villes

Carte de l'aire d'influence du Gascon

Les principales villes sont :

À noter, La Bastide-Clairence, enclave gasconne en territoire basque

Cours d'eau

Les principaux cours d'eau gascons qui drainent cette région sont les rivières du Plateau de Lannemezan et le bassin de l'Adour.

Langue vernaculaire

La langue régionale est le gascon, en général[3] classé parmi les dialectes occitans, parfois considéré comme une langue romane indépendante[4].

Économie

Les principales ressources économiques sont :

Figure emblématique

  • Le Gascon le plus connu à travers le monde n'est autre que le célèbre d'Artagnan, de son vrai nom Charles de Batz Castelmore, comte d'Artagnan.

Blason

Ce sont des armes créées par Louis XIV pour compléter son armorial, la province n'ayant jamais eu d'armes propres (la soumission de Bernard d'Armagnac au duc d'Aquitaine est antérieure à l'introduction des blasons). Le lion évoque celui des Armagnac et des Mauléon. L'écartelé évoque une province frontalière.

Histoire de la Gascogne

La région a été conquise par l'Empire romain, puis par les Wisigoths, par les Vascons (qui lui ont donné leur nom), et enfin par les Francs. Avec ces différentes dominations, la Gascogne a émergé comme un État indépendant pendant un temps et, à ce jour, la Gascogne a gardé la réputation d'être habitée par un peuple têtu et indépendant.

L’Antiquité

Lorsque les Romains conquirent la Narbonnaise, ils se heurtèrent, au-delà de Toulouse à un peuple nouveau pour eux. Ce n’étaient ni des Ligures, ni des Celtes, ils s'appelaient les Aquitains bien que César reconnaisse qu’ils avaient beaucoup d’analogies avec les Ibères du sud des Pyrénées. Les anthropologues et les linguistes reconnaissent à ces peuples distincts des Gaulois le caractère de populations proto-basques.

Le territoire de l'Aquitaine était alors habité par une trentaine de tribus d’une importance inégale :


D’abord spectateurs de la conquête de la Gaule par les Romains, les Aquitains en devinrent les acteurs en 56 av. J.-C. lorsque Crassus fut chargé par César de soumettre l’Aquitaine. Ce fut la célèbre bataille de Bégaar près de Tartas, précédée du siège de l'oppidum de Sos où les Sotiates furent battus. Crassus poursuivit ensuite son œuvre qu’il mena à bien assez rapidement.

C'est après la conquête qu'il faut noter l'apparition des celtes Bituriges Vivisques (Bordelais), déportés par Rome.


La domination romaine

Articles détaillés : Novempopulanie et Vascons.

En 27 av. J.-C., Auguste réorganise l’administration de la Gaule en rétablissant la Narbonnaise et en divisant le reste de la Gaule en trois provinces : l’Aquitaine qui s’étend des Pyrénées et de l’Atlantique à la Loire, la Lyonnaise qui comprend l’Armorique et la Belgique.

C’est au IIe siècle que les peuples d'Aquitaine obtiennent leur séparation du reste de l’Aquitaine celtique. L’inscription portée sur une stèle de l'église d’Hasparren montre que neuf peuples ont été séparés des Gaulois. C’est la création de la Novempopulanie avec pour capitale Eauze.

Le reste de l’Aquitaine va être divisé en deux parties : l’Aquitaine seconde, avec pour capitale Bordeaux et l’Aquitaine première, avec pour capitale Bourges.

La Novempopulanie comptera bientôt douze peuples mais n’en gardera pas moins son nom. En 297, Dioclétien divise la Gaule en 120 cités réparties en 17 provinces. La Novempopulanie comprend alors 12 cités :

Les populations empruntèrent beaucoup de choses aux vainqueurs romains et notamment leur langue. Ils finirent par adopter donc le latin, mais en le déformant en fonction de leur langue d'origine et donnèrent ainsi naissance à une langue nouvelle : le gascon. Parti des villes, le latin gagna de proche en proche les campagnes. Seules les populations des vallées des Pyrénées échappèrent à la contagion et leurs descendants parlent encore la langue d’origine : le basque.

L’administration romaine assura l’ordre et la paix en Novempopulanie durant trois siècles environ. Puis, la décadence de l’Empire Romain entraîna celle de la Gaule entière, préparant ainsi les invasions barbares.

Les Barbares

Les Vandales, les Alains et les Suèves, poussés à l’est par les Huns, traversent la frontière du Rhin dans les derniers jours de 406.

Ils ne font que passer en Novempopulanie qu’ils abandonnent, après l’avoir dévastée, en 409 pour s’installer en Espagne. Ils sont remplacés par les Wisigoths.

En 412, le roi wisigoth Athaulf, successeur d'Alaric Ier, obtient de l’empereur romain Honorius, en échange de ses services, un établissement en terre gauloise (voir Jordanes). Ataulf est assassiné à Barcelone en septembre 415 et est remplacé par Walia (Valia) qui règnera de 415 à 418. Ce dernier négocie avec l’empereur Honorius qui lui donne l'Aquitaine seconde et des villes voisines. Le nouveau royaume wisigoth qui avait pour capitale Toulouse comprenait Poitiers, Angoulême, Saintes, Périgueux, Bordeaux et la Novempopulanie.

Il semble que les rois wisigoths comprirent qu’il valait mieux ménager les populations autochtones qu’ils appelaient « les Romains ». Ainsi, l’organisation wisigothe se mit en place et, sans les problèmes de religion, tout aurait été parfait entre Goths et « Romains ».

Appelé par les évêques de Novempopulanie, Clovis vint au secours des populations. En 507, les Francs battirent Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. Les Goths ne conservèrent que la Narbonnaise et la Novempopulanie passa sous contrôle franc.

Les Francs

La domination franque n’a pas apporté grand chose à la Novempopulanie si ce n’est la misère et l’anarchie. Le VIe siècle n’est qu’une longue suite de guerres civiles, de dévastations par des bandes armées, de révoltes et de brigandages.

Une vaine tentative de se mettre sous la protection d’un roi prétendu mérovingien, Gondovald, avorta en 586 après le siège de Lugdunum Convenarum, l'actuelle commune de Saint-Bertrand-de-Comminges en Haute-Garonne. Au VIIe siècle, la domination franque, sous la pression, semble-t-il, de phénomènes sociaux accomplis silencieusement, disparaît.


La Wasconia

Article détaillé : Duché de Vasconie.

Les Wascones (nom usité par les Francs), ou Guascones (nom attribué par les Wisigoths), ou Vascons (nom utilisé aujourd'hui de manière simpliste), rentrent dans une série de révolte contre les Mérovingiens. Les deux fils de Childebert II, Théodebert II, roi d’Austrasie et Thierry II, roi de Burgondie les battent et leur imposent un duc en la personne de Genialis.

L’autorité de Genialis, comme celle de son successeur Aighinan, chef saxon, était plus ou moins effective puisqu’en 626 les Vascons semblent s’en être soustraits à la suite d’une révolte. En effet, ils étaient déjà indépendants à la mort de Clotaire II en 629, lorsque son fils Caribert II reçut en partage le "royaume de Toulouse". La Gascogne faisait certes partie du royaume que son demi-frère aîné Dagobert Ier avait créé pour lui, mais il dut en faire la conquête. Cette dernière s’achevait à peine lorsque mourut Caribert II, bientôt suivi dans la tombe par son fils et successeur, Chilpéric, décédé à l'âge de 6 mois... Toutefois, Charibert II avait eu deux filles : Phligberthe qui épousa Bertrand de Bordeaux et Ode, mère de Loup Ier qui réussira à récupérer l'héritage de son grand-père maternel.

Dagobert, devenu seul maître de la Gascogne, eut à combattre en 635 une révolte des Gascons qui, battus, lui firent alors allégeance.

Les rois fainéants qui lui succédèrent ne s’intéressèrent guère à la Gascogne qui, avec l’Aquitaine, reprit peu à peu son autonomie. Le pouvoir franc, trop occupé à se battre contre la Neustrie, puis contre les Germains laissa s’installer un nouvel ordre.

Entre 660 et 670, suite à l’alliance entre Aquitains et Gascons, le royaume de Toulouse reparut quoiqu’en cachant son nom, par le choix comme chef de Félix, patrice de Toulouse. Il fut remplacé par Loup Ier (Lupus), couronné duc d’Aquitaine et de Gascogne en 672. Ce dernier, fils de Bogue (boggis) de Comminges et de Ode d'Aquitaine (fille de Caribert II et de Gisèle de Saint-Amand d'Elnone), mourut en 710 (Bogue de Comminges étant le fils de Eudes de Comminges lui-même fils de Bertrand de Bordeaux, comte-Évêque de Bordeaux.)

Son successeur, Eudes, alias Yon Roi de Gascogne, père de Hunald dit Huon de Bordeaux, était sans doute le fils de Lupus Ier. Son avènement coïncida avec l’arrivée des Arabes en Espagne. Eudes arrête l’invasion arabe à Toulouse (09/06/721). C’est la première résistance chrétienne en Occident. Eudes est d’ailleurs déclaré le « héros sauveur de Chrétienté » par le pape Grégoire II (in Liber Pontificalis). Il va retenir l’invasion arabe jusqu’en 731 où Charles Martel l’attaquera du nord instrumentalisé par les rumeurs répandues par les Sarrasins d’Abd al Rahman. Eudes abandonne alors les défenses de sud pour soutenir l’attaque de Martel. Les Arabes vont en profiter pour détruire, dans un raid fulgurant, Bordeaux (732) et se lancer à l’assaut de Poitiers. Grâce au sacrifice de l’armée gasconne d’Eudes (et à la bataille de Brioude qui arrête les renforts arabes), Abd al Rahman arrive à Poitiers dans un état lamentable et Martel n’aura qu’à porter le coup de grâce (25/10/732) et à ramasser ainsi la gloire facile du sauveur de la Chrétienté (et de la France) qu’il faillit pourtant mettre en danger mortel par sa conduite irréfléchie (voir la lettre 740 du pape Grégoire III). Mais l’alliance avec Charles Martel permit de battre les envahisseurs à la bataille de Poitiers et de les repousser jusqu’en Espagne.

Eudes d'Aquitaine meurt en 735. Il eut, semble-t-il, cinq enfants :

  • une fille, Lampégie (lampégia), qui avait épousé Abou Nessa Munuzza (Mounouz), général et émir de Narbonne, Maure qui aspirait à se libérer de la tutelle d’Abd el Rahman et qui, trahi, fut tué par les soldats d'Abd el Rahman à Llivia, non loin de Puigcerda; Lampégie dut à sa grande beauté d’aller finir ses jours dans le harem du sultan de Damas. Celle-ci avait été courtisée par Hildebrand, frère cadet de Charles Martiaux (Marcellus) mais son père Eudes d'Aquitaine, qui voulait ouvrir une porte de sa principauté vers la Méditerranée, préféra la marier à Munuza ; cela renforça encore la haine des Pippinides envers les Mérovingiens d'Aquitaine.
  • quatre fils :
  • Hunald ou Hunaud, l’aîné duc d'Aquitaine mort à Pavie en 774,
  • Remistan, décapité sur ordre de Pépin le Bref (roi des Francs après un coup d'État fait avec la complicité papale qu'il récompensa par la mise au pas des Lombards et la création des États Pontificaux en 754), marquis du Limousin, dont l’histoire n’a gardé que quelques traces,
  • Hatton, mort après avoir été aveuglé sur ordre de son frère Hunald Ier qualifié de duc d’Aquitaine (ascendant de Eudes d'Oisy, châtelain de Cambrai nommé par Charlemagne en compensation de la perte de son héritage et des services rendus par son grand-père), comte de Poitiers et qui semble avoir possédé le Poitou,
  • Loup II

A sa mort, en 735, sa dépouille fut enterrée au monastère de l’Île de Ré qu'il avait fondé, et Hunald lui succéda, refusant de prêter serment de fidélité à Charles-Martel. Une longue lutte s’ensuivit, obligeant Hunald à abdiquer en 745. Il restera de nombreuses années à Rome pour plaider la cause des Aquitains mais les pontifes avaient déjà choisi entre les Pippinides, puissance de tout l'Occident et les Mérovingiens d'Aquitaine, simple puissance locale... son fils Waïfre (dit Gaifier) reprit le flambeau, mais il fut trahi et assassiné en 768, quand il fut en passe de rendre les armes à Pépin le Bref. Pépin, oint roi des Francs en 751, devise la Gascogne en duché d’Acquitaine (entre la Loire et la Garonne) et duché d Gascogne (au sud de la Garonne).

L’Aquitaine repassait sous domination franque et les Gascons élisaient Loup II, fils d’Eudes, alors âgé d’environ 53 ans, comme duc. Hunald II, fils de Waïfre, ayant tenté de soulever l’Aquitaine contre Charlemagne, et Loup II lui ayant donné refuge en 769, ce dernier fut obligé par Charlemagne de lui livrer le fugitif pour éviter l’invasion de la Gascogne.

Charlemagne devenait ainsi maître de l’Aquitaine et de la Gascogne, du moins le pensait-il puisque c’est à cette époque, en 778, que se situe l’épisode de Roncevaux où l’arrière-garde de son armée qui revenait, après avoir détruit les murailles de Pampelune (Iruñea) – laissant ainsi la ville à la merci des Maures -, fut décimée par les Gascons.

Le royaume d’Aquitaine

Article détaillé : royaume d’Aquitaine.

En 781, Charlemagne fit sacrer son troisième fils, Louis alors âgé de trois ans, roi d’Aquitaine. Ce nouvel État, royaume d’Aquitaine, comprenait l’Aquitaine proprement dite ainsi que la Gascogne et avait pour capitale Toulouse. L’administration en était assurée par Guilhem, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine.

Les Gascons avaient élevé au pouvoir, après la mort de Loup II, l’un de ses fils, Sanche Loup Ier reconnut la suzeraineté de Charlemagne et prit part, contre son sentiment mais par fidélité, à l’expédition organisée par le roi d’Aquitaine contre Barcelone en 801. Mais cette reconnaissance fut de courte durée puisqu’en 802 Pampelune avait fait allégeance à l’émir de Cordoue.

Toujours est-il qu’en 812, après une révolte menée par Semen Loup, frère aîné de Sanche Loup Ier qui l’avait remplacé à sa mort, une nouvelle expédition de Louis, fils de Charlemagne, arriva jusqu’à Pampelune en passant par Dax. Louis prit la précaution, cette fois-ci, au retour par Roncevaux de s’emparer d’otages qu’il ne libéra qu’une fois arrivé dans une zone sûre où son armée ne risquait plus d’embuscade.

À la mort de Charlemagne, Louis le Débonnaire (ou le Pieux) devint empereur et associa ses fils au gouvernement. En 817, il donna à Pépin Ier d’Aquitaine, la Gascogne, la marche (juridiction) de Toulouse et une partie de la Septimanie et de la Bourgogne.

Pendant ce temps, dans le duché de Gascogne, Garcia Semen, le fils aîné de Semen Loup avait succédé à son père mort en 816. Mais Garcia Semen mourut en 818 et fut remplacé, à son tour, par un cousin germain, Loup III. En 819, ce dernier fut dépouillé de ses biens par Pépin Ier qui le bannit. Cependant, pour se concilier les Gascons, il leur donna pour chef Aznar Ier, fils de Sanche qui l’aida à combattre les révoltes navarraises. C’est l’époque du comté de Gascogne citérieure qui sera érigé en duché de Gascogne en 852.

À la mort d'Aznar Ier en 836, ce comté puis duché de Gascogne revint à son frère Santz-Santz lui-même remplacé, à sa mort vers 855 par son neveu Arnaud qui était le fils de sa sœur Sancia et de Emenon, comte de Poitiers, puis d'Angoulême. Arnaud mourut en 864 et la succession des ducs gascons n'est en rien très claire. Une légende affirme qu'en 864, les Gascons nommèrent comme comte, Sanche III Menditarrat, un petit-fils de Garcia Semen. Ce Sanche III Menditarrat serait l'ancêtre des futurs ducs et comtes de Gascogne qui se sont succédé jusqu'en 1032, date de la mort du dernier prince de cette famille..

Les comtes de Gascogne

La chronologie difficile à démêler des ducs et comtes de Gascogne devient un peu plus claire à partir de Sanche Mittara (9).

Son fils Garcia Sanche (10) dit le Courbé le remplaça à la tête de la Gascogne avant 893. Il eut trois fils, Sanche Garcès (11) qui lui succéda vers 930 dans un duché amputé des parts de ses frères, Guillaume Garcès, tige des comtes de Fezensac et d’Armagnac et Arnaud Garcès, tige des comtes d’Astarac.

Sanche Garcès (11) eut, semble-t-il, au moins trois fils :

  • Sanche, Guillaume et Gombaud,

Sanche Sanche (12) ne laissant aucun enfant, son frère Guillaume Sanche(13), dont le fait d'arme fut sa victoire sur les Vikings[5],[6] lui succéda vers 961 et régna sur la Gascogne jusqu’en 996 au moins. Il eut, de sa femme Urraca, fille de Garcia Sanchez, roi de Pampelune cinq enfants : Bernard Guillaume, Sanche-Guillaume, Brisce, épouse de Guillaume V de Poitiers, comte de Poitiers, duc d’Aquitaine, Garsende, épouse d’un grand seigneur de Bourgogne et Toda, femme de Bernard Ier, comte de Besalú.

Bernard Guillaume (14), duc de Gascogne et comte de Bordeaux, étant mort le 25 décembre 1009 sans laisser de postérité, le pouvoir échut à son frère Sanche Guillaume (15) qui le garda jusqu’à sa mort, le 4 octobre 1032.

Son neveu, Eudes ou Odon de Poitiers (16) hérita du duché de Gascogne puis du comté de Bordeaux. Il mourut en 1039 et Bernard (17) dit Tupamaler, comte d’Armagnac fut reconnu comte de Gascogne

Bernard (Bernat) était, en effet, le petit-fils de Brisce de Gascogne et était donc le descendant le plus direct de Guillaume-Sanche (13) au sens de la coutume. Mais le frère d'Eudes, Guy-Geoffroy ou Guillaume VIII, duc d’Aquitaine, lui contesta le pouvoir, étant devenu comte de Bordeaux vers 1044. Après nombre de péripéties, les Poitevins l’emportèrent à la bataille de la Castelle en 1063. Guy-Geoffroy, plus connu sous le nom de Guillaume VIII d’Aquitaine, fut suivi par Guillaume IX, le fameux troubadour, puis par Guillaume X de Poitiers qui mourut en 1137, laissant la couronne d’Aquitaine à sa fille Aliénor.

En 1152, par le mariage d’Aliénor avec Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie, le duché d’Aquitaine et celui de Gascogne furent unis à l'empire Plantagenêt qui comprenait l'Angleterre, la Normandie, l'Anjou-Maine-Touraine.

En réalité, il ne restait plus grand chose de la Gascogne de Sanche Mittara, elle-même déjà réduite par rapport à la Novempopulanie par la création du Comté de Comminges (Xe siècle) comprenant alors le Couserans. Les partages successifs entre les descendants du Courbé virent la création d’une mosaïque de seigneuries indépendantes qui reconnaissaient, ou non, la souveraineté des ducs suivant les circonstances et les alliances du moment.

L'histoire de la Gascogne unie comme territoire politique s'arrête là, mais pas l'histoire de la Gascogne médiévale. On pourrait dire qu'au niveau politique, il y a des « Gascognes ». Mais la principale division sera celle entre une Gascogne occidentale, située autour de Bordeaux, de Dax et de Bayonne, unie à l'Angleterre (jusqu'en 1451/1453) et une Gascogne orientale, située autour des comtés d'Armagnac, de Foix-Bearn et de Bigorre, qui sera pro-française pendant la guerre de Cent Ans. Il faut signaler que l'identité gasconne perdure et que le département du Gers veut se renommer Gascogne même s'il ne représente pas l'intégralité du pays. Ainsi, le département des Landes veut modifier son appellation en Landes de Gascogne.

Gascons célèbres

Sportifs célèbres

Notes et références

  1. Charles Dartigue, Histoire de la Gascogne, PUF, Que sais-je ?, Paris, 1951
  2. Raúl GONZÁLEZ ARÉVALO, La costa del Reino de Granada en la documentación náutica italiana (siglos XIV-XVI)
  3. Pierre Bec, La langue occitane, PUF, Que sais-je ?, Paris, 6e édition, 1995
  4. Voir Gascon
  5. Histoire de l'Europe et de la Méditerranée
  6. HISTOIRE DE LA GASCOGNE

Voir aussi

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