Clement V

Clément V

Clément V
Pape de l’Église catholique romaine
Image du pape Clément V
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Armoiries pontificales de Clément V
Nom de naissance Bertrand de Got
Naissance vers 1264
Villandraut en Gironde
Élection
au pontificat
5 juin 1305
Pérouse, Italie
Intronisation: 14 novembre 1305
Lyon
Fin du
pontificat :
20 avril 1314
Roquemaure diocèse d'Uzès
Prédécesseur : Benoît XI
Successeur : Jean XXII
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Antipape :
Listes des papes : chronologie · alphabétique
Projets Catholicisme et Histoire · Modèle

Bertrand de Got naquit vers 1264 en France, près de Villandraut (actuellement en Gironde), et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (actuellement dans le Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste, en Gironde. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux, avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Sous son égide furent aussi construits dans le Sud Gironde les châteaux dits « clémentins » : Villandraut, Roquetaillade, Budos, Fargues, La Trave.

Sommaire

Biographie

Camée à l'effigie de Clément V
Monnaie du pape Clément V

Son élection

Après un court pontificat, la mort de Benoît XI, en juillet 1304, fit ouvrir le conclave de Pérouse et laissa éclater les dissensions du Sacré Collège. Les discussions s’éternisèrent jusqu’au mois de juin 1305. Les cardinaux virent alors arriver Robert d’Anjou à la tête de « trois cent cavaliers aragonais armés et d’une multitude d’almogavares qui ne l’étaient pas moins ». Impressionné par tant de lances, le 5 juin 1305, les cardinaux français et italiens qui étaient représentés à égalité dans le conclave s’empressèrent de se mettre d’accord sur une seule chose : choisir un pontife hors de leur rang. Aussi ils désignèrent Bertrand de Got, l’archevêque de Bordeaux. Le nouveau pape choisit de régner sous le nom de Clément, le cinquième, le 24 juillet 1305[1].

Son refus de rejoindre Rome

Bertrand de Got aurait voulu se faire sacrer à Vienne comme son lointain prédécesseur Gui de Bourgogne qui en fut l’archevêque de 1083 à 1110 et qui régna, jusqu’en 1124, sous le nom de Calixte II. Mais Philippe le Bel préféra Lyon et le nouveau pape obtempéra. Dans un froid glacial[2], Clément V se dirigeait vers la vallée du Rhône, puis remonta vers la capitale des Gaules, pour son couronnement. La cérémonie déploya ses fastes devant le roi de France, en la basilique Saint-Just, le 15 novembre 1305.

Peu décidé à se rendre à Rome, où régnait le marasme le plus total, il semblerait que la prime intention de Clément V fut de passer son pontificat à Bordeaux. Entre février et mars, il séjourna à Cluny, Nevers et Bourges avant de rejoindre son ancien archevêché, traînassant d’abbayes en diocèses de France et nommant des cardinaux à sa dévotion[3].

Quand il s'approcha de Bordeaux, les Aquitains tout au long du chemin le saluait et l'acclamait. Il trouva une ville en liesse lors de son arrivée en juillet 1305. Cela entraîna la prise de mesures de sécurité et de ravitaillement par le sénéchal d'Aquitaine. Le 4 septembre, le pape quitta son ancienne ville épiscopale et, en chemin, passa à Villandraut, où il était né et dont il était le seigneur.

L'affaire des Templiers

Clément V fut d'abord le pape du procès de l'Ordre du Temple. Philippe le Bel, le 17 novembre, avait fait parvenir à Clément V les aveux de hauts dignitaires templiers. En Guyenne, le pape, malade, malgré ces premiers aveux et la promesse royale de lui remettre tous les coupables, manquait d’enthousiasme[4]. Cela était insupportable à Guillaume de Nogaret. Le Garde des Sceaux pensa avoir trouvé la parade en faisant prononcer par Pierre Dubois, avocat de Coutances, une violente diatribe en place publique « contre ceux qui refusaient de faire manger le pain du roi » aux chevaliers du Temple[5].

Le pape s'installe près d'Avignon dans le Comtat Venaissin

Clément V

Troublé par la tournure des événements et pour tenter d’amadouer le roi de France, Clément V décida de s’installer en pays plus neutre que la Guyenne anglaise. Il choisit le Comtat Venaissin, fief pontifical[6]. Sa Sainteté y arriva avec sa suite le 9 mars 1309 et s’installa d’abord dans le couvent des dominicains[7]. Personne ne se doutait à cet instant que neuf pontifes allaient se succéder dans cette ville pendant plus d’un siècle.

Le concile de Vienne

Clément V, traînait tellement les pieds, qu’en définitive le concile, au cours duquel le premier pape du Comtat devait condamner les templiers, ne fut convoqué qu’en 1311 et encore sur ferme injonction du roi de France. Le Souverain Pontife quitta sa résidence de Notre-Dame du Groseau[8], près de Malaucène, le 18 septembre pour rejoindre Vienne.

Le verdict si prévisible fut seulement proclamé le 13 avril 1312, en séance plénière du concile de Vienne, et en présence du roi de France Philippe IV le Bel, il promulgua la bulle « Vox in excelso » qui supprimait l'Ordre du Temple. Ce qui n’était pas prévu par le roi de France était que tous les biens des templiers fussent attribués aux chevaliers de Rhodes[9].

Un mois plus tard, le Pape décréta, par la bulle « Ad providam » la dévolution des biens du Temple à l'ordre de l'Hôpital Saint-Jean de Jérusalem, et régla le sort des Templiers par la bulle « Considerantes dudum » fulminée le 2 mai 1312.

Mais en Provence, qui jouxtait Avignon et le Comtat Venaissin, ni Charles II ni son successeur Robert d’Anjou ne cédèrent de bonne grâce les commanderies templières aux joanites. Certaines d’entre elles étaient encore en possession du comte de Provence en 1319.

La mort de Clément V

Mais pour l’instant, dans le Comtat Venaissin, Clément V était au plus mal. Sans doute atteint d'un cancer des intestins, ses « physiciens » (médecins), pour tenter d’apaiser ses douleurs lui faisaient ingurgiter des émeraudes pilées. Rongé par la maladie, il publia le 24 mars les décrétales du concile et quitta sa retraite de Monteux, avec l’espoir de rejoindre Villandraut, le fief de sa famille près de Langon. Le pape atteignit les rives du Rhône le 5 avril 1314 pour s’éteindre, quinze jours plus tard, le 20 avril 1314, à Roquemaure dans la demeure du chevalier Ricard qui l’avait hébergé.

La dépouille de Clément V fut ramenée à Carpentras pour des hommages solennels. Durant la veillée funèbre, un cierge renversé mit le feu au catafalque et carbonisa le mollet du pontife défunt[réf. nécessaire].

Son transfert en Aquitaine

Gisant de Clément V dans la Collégiale d'Uzeste (Gironde)

Le 1er mai 1314, le Sacré Collège arriva à Carpentras pour élire un nouveau pape. On sait que le jeune Pétrarque assista au défilé préalable au conclave qui réunissait vingt-trois cardinaux dont quinze cisalpins et huit transalpins. Les luttes de tendances entre Italiens, Gascons et Français furent telles que deux longs mois passèrent sans qu’un accord fût possible pour trouver un successeur à Clément V.

Sous l’inventif prétexte de donner une vraie sépulture au pontife défunt, le 24 juillet, le conclave fut attaqué aux cris de « Patria Venaissini[10] ! Mort aux Italiens ! Nous voulons un pape ! ».

Les responsables de ce coup de force étaient Bertrand de Got, seigneur de Monteux, et Raymond Guilhem de Budos, Recteur du Comtat, neveux de Clément V. Ils pillèrent la ville, incendièrent nombre de demeures et surtout emportèrent avec eux le trésor de guerre de leur oncle, un million de florins destinés à la croisade. Affolés les cardinaux s’égayèrent comme des moineaux.

À la fin du mois d’août 1316, ses restes furent transférés à Uzeste, dans la collégiale comme il en avait exprimé le souhait dans son codicille du 9 avril 1314. Dante, qui ne l’aimait pas, le plaça en son Enfer tout en le traitant, pour sa servilité face au roi de France, de pasteur sans principe capable des œuvres les plus basses.

Les faits marquants de son pontificat

Cardinaux ayant participé au conclave de Pérouse et qui élirent Clément V

  • Niccolò Alberti di Prato, évêque d’Ostie et Velletri, doyen du Sacré Collège,
  • Giovanni Minio, évêque de Porto et Sainte-Rufine, sous-doyen du Sacré Collège,
  • Giovanni Boccamazza (ou Boccamiti), évêque de Frascati,
  • Teodorico Ranieri de Orvieto, évêque de Palestrina,
  • Leonardo Patrasso, évêque d’Albano,
  • Pedro Rodríguez, le cardinal d’Espagne, évêque de Sabine,
  • Robert de Pontigny, titulaire de Sainte-Pudentienne,
  • Gentile Portino da Montefiore, titulaire des saints Sylvestre et Martin au Mont,
  • Walter Winterbourne, titulaire de Sainte-Sabine,
  • Napoleone Orsini Frangipani, diacre de Saint-Adrien,
  • Landolfo Brancaccio, diacre de Saint-Angelo in Pescheria,
  • Guglielmo de Longhi, diacre de Saint-Nicolas in Carcere Tulliano,
  • Francesco Napoleone Orsini, diacre de Sainte-Lucie in Silice (alias in Orphea),
  • Francesco Caetani, diacre de Sainte-Marie in Cosmedin,
  • Luca Fieschi des comtes de Lavagna, diacre de Sainte-Marie in Via Lata.

Cardinaux absents

Ne purent participer au conclave :

  • Matteo Orsini Rosso, diacre de Sainte-Marie in Portico,
  • Jean Lemoine, titulaire des saints Marcellin et Pierre,
  • Giacomo Caetani Stefaneschi, diacre de Saint-Georges in Velabro,
  • Riccardo Petroni, diacre de Saint-Eustache.

Se trouvaient dans l’impossibilité de participer les cardinaux déposés par Boniface VIII :

  • Giacomo Colonna
  • Pietro Colonna.

Les trois consistoires

Le 15 décembre 1305, à Lyon, le nouveau pontife désigne ses premiers cardinaux. Il remet leurs chapeaux à cinq de ses neveux : Bérenger Frédol le Vieux, Arnaud Frangier de Chanteloup, Arnaud de Pellegrue, Raymond de Got et Guillaume Ruffat de Fargues. Sont aussi de la promotion : Pierre de la Chapelle Taillefer, Pierre Arnaud, Thomas Jorz, dit Anglicus, confesseur d’Édouard II, Nicolas Caignet de Fréauville, confesseur de Philippe le Bel et Étienne de Suisy, vice-chancelier du roi de France.

Le 19 décembre 1310, il procède à sa seconde nomination de cardinaux. Ils sont au nombre de cinq : Arnaud de Falguières (ou Faugères), Bertrand des Bordes, Arnaud Nouvel, Raymond-Guillaume de Fargues, son neveu, et Bernard Jarre (ou Garve) de Sainte-Livrade, son parent.

Le 24 décembre 1312, pour la troisième fois, il désigne ses cardinaux. Rentrent dans le Sacré et Antique Collège : Guillaume de Mandagout, Arnaud d’Aux de Lescout, Jacques Arnaud Duèze, le futur Jean XXII, Béranger Frédol le Jeune, petit-cousin du pape, Michel de Bec-Crespin, Guillaume-Pierre Gaudin, Vital du Four et Raymond Pierre.

Clément V est passé dans l'histoire pour avoir ordonné la suppression (sous la pression de Philippe le Bel) de l'ordre des Templiers et pour avoir, en 1309, déplacé le Saint-Siège à Avignon. Or, ce dernier point est une erreur largement répandue : en effet, Clément V établit sa curie à Carpentras et non à Avignon. Autre indice : Clément V, en tant que pape, ne fut pas évêque d'Avignon. Clément V fut un pape « transitoire », nomade pour ainsi dire. Le réel premier pape d'Avignon fut en fait son successeur Jean XXII qui, en tant que pape, fut évêque de la ville (voir la Liste des évêques et archevêques d'Avignon).

Représentation de Clément V

Il ne reste que deux statues le représentant : L'une a la tête mutilée et est située sur son tombeau à Uzeste, et l'autre à Bordeaux.[11]

Bibliographie

Chroniques contemporaines 
  • G. de. Nangis, Chronique latine de Guillaume de Nangis de 1113 à 1300 avec les continuations de cette chronique de 1300 à 1368, T. I et II, Société de l’Histoire de France, Paris,1843.
Études générales
  • É. Baluze, Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, Vol. I et II. Paris, 1693.
  • Tessier, Histoire des souverains pontifes qui ont siégé dans Avignon, Avignon, 1774.
  • Abbé André, Histoire de la monarchie pontificale au XIVe siècle ou la Papauté à Avignon, Paris, 1845
  • J. B. Christophe, Histoire de la papauté pendant le XIVe siècle avec des notes et des pièces justificatives, T. I et II, Paris, 1853.
  • J. B. Joudou, Histoire des souverains pontifes qui ont siégé à Avignon, Avignon, T. I et II, 1855.
  • G. Mollat, Les papes d’Avignon 1305-1378, Letouzey & Ané, Paris, 1949, neuvième édition, 598 pages.
  • Y. Renouard, La papauté à Avignon, Paris, 1954.
  • É. G. Léonard, Les angevins de Naples, Presses Universitaires de France, Paris, 1954, 576 pages.
  • B. Guillemain, La cour pontificale d’Avignon, (1309 – 1376). Étude d’une société, Paris, 1962.
  • D. Paladilhe, Les papes en Avignon, Paris, 1975.
  • R.L. Mouliérac-Lamoureux, Le comtat Venaissin pontifical, 1229-1791, Publications de l’institut vauclusien d’études rhodaniennes, Vedène, 1977.
  • B. Guillemain, Les papes d’Avignon (1309 – 1376), Paris, 1998.
  • Florian Mazel, La noblesse et l’église en Provence, fin Xe- début XIVe siècle, Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2002.
  • Jean Favier, Les papes d’Avignon, Fayard, Paris, 2006, 826 pages.
Études particulières
  • Edgard Boutaric, Clément V, Philippe le Bel et les Templiers, Éd. Victor Palmé, Paris, 1910.
  • Georges Lizerand, Clément V et Philippe le Bel, Éd. Hachette, Paris, 1910.
  • Alain Pujol, Clément V, le pape maudit, Éd. Vivisques, Bordeaux, 1988, ISBN 2-907310-01-1
  • Claude Mossé et Nicole Pallanchard, Clément V, premier pape d'Avignon (1265-1314), Éd. Stock, Paris, 1998, ISBN 2-234-04988-1

Notes et références

  1. Bertrand de Got, illustre canoniste, avait été évêque d’Agen, de Langres et de Comminges avant de devenir archevêque de Bordeaux où il était vassal du roi d’Angleterre mais sujet du roi de France.
  2. Toutes les chroniques de l’époque ont décrit l’hiver de 1305 comme fort rigoureux. Pour se réchauffer, le pontife se fit suivre par vingt tonneaux de vin nouveau de Bordeaux, donnés par le roi d’Angleterre.
  3. Comme il savait que sa grandeur et sa gloire seraient fortifiées par ses libéralités, et pour faire face aux luttes des factions italiennes, le nouveau pontife voulut un Sacré Collège à sa dévotion. Comme l’a expliqué J. Heers : « Le pape, aussitôt proclamé, songe inévitablement à s’imposer, à asseoir son autorité, à se réserver des revenus suffisants pour ne pas décevoir ses partisans et même accroître sa clientèle, à s’entourer d’un important groupe de fidèles. Le seul véritable appui se trouve dans la famille, dans le clan, les amis, les parents proches ou lointains que le souverain pontife, dispensateur de nombreux bénéfices, peut rassembler autour de lui, assurant leur fortune, les comblant d’avantages de toutes sortes, les plaçant aux postes de confiance et de décision ».
  4. À Beaucaire, trois commandeurs mis à la torture – moyen infaillible de connaître la vérité – avaient avoué que, dans un chapitre tenu à Montpellier, avait été exposée une « tête » et que, aussitôt, le diable était apparut sous la forme d’un chat. Tandis que ce greffier parlait avec bonté aux participants, ceux-ci l’avaient adoré puis étaient venus des démons sous la forme de femmes et chaque frère avait eu la sienne ! Geoffroy de Gonneville, précepteur d’Aquitaine, révéla que ces pratiques s’étaient répandues dans l’Ordre sous l’influence de Maître Roncelin. Gui de la Tour, frère du Dauphin d’Auvergne, expliqua que ce Roncelin, un noble natif de Fos, avait été, à partir de 1265, Maître de l’Ordre à Orange et, depuis 1281, Maître de la Milice en Provence. À la fin du XVIIIe siècle, en fouillant les archives du Vatican, l’évêque Munther de Zélande affirma avoir découvert un manuscrit qui indiquait : « Ici commence le livre du baptême du feu ou statuts secrets donnés aux Frères par le Maître Roncelinus ». D’après ce prélat une partie de ce document était chiffré et portait en exergue : « Ici commence les signes secrets que Maître Roncelinus a réunis ». Malheureusement seul le prélat hollandais a fait état de ces textes qui sont restés toujours introuvables dans la Bibliothèque du Vatican.
  5. C'est-à-dire de les remettre au roi de France pour les faire emprisonner. L’avocat de Coutances conclut son virulent pamphlet en clouant au pilori « Les indécis [qui] sont les nerfs des testicules du Liévathan » ! Ce Pierre Dubois avait d’ailleurs des idées très avancées sur son temps. Quelques mois auparavant, il avait publié un projet de paix perpétuelle intitulé « De Recuperatione Terræ Sanctæ » sous-titré « Traité de politique générale ». Il y préconisait l’union des princes chrétiens contre les infidèles et proposait de « forcer à vivre en Orient » les Ordres templier et hospitalier en suggérant au roi que leurs commanderies et prieurés fussent utilisés sur place pour installer « des écoles pour les garçons et les filles adoptés par l’œuvre des croisades, où les arts mécaniques, l’astronomie et les langues orientales seraient simultanément enseignés ». Il décéda après 1321. Ses positions laïques et progressistes déchaînèrent la haine et le firent encore qualifier, au XIXe siècle, de « Richelieu au petit pied » ou de « Robespierre en puissance ».
  6. Le Comtat Venaissin avait été cédé, en 1229, par Raymond VII de Toulouse à la papauté. Rome en pris officiellement possession quelques décennies plus tard, en 1274, après la mort d’Alphonse de Poitiers et de son épouse, Jeanne de Toulouse, fille du comte Raymond.
  7. hors les murs d'Avignon. Seul le Comtat Venaissin (ex-marquisat de Provence des comtes de Toulouse), était terre pontificale. Malgré les positions favorables à son égard du comte de Provence et du Dauphin du Viennois, Clément V n’avait pas pris en compte que la pression française sur ses fiefs de la rive gauche du Rhône devenait de plus en plus prégnante. Au bas de Villeneuve-lès-Avignon elle était matérialisée par la tour Philippe-le-Bel, véritable donjon contrôlant le pont Saint-Bénézet. Elle venait d’être achevée, en 1307, après quinze ans de travaux. Quant au pont, qui reliait Avignon (terre d’Empire) à Villeneuve-lès-Avignon (royaume de France), il avait été construit entre 1177 et 1184. Cet ouvrage mesurait neuf cent quinze mètres de long, avait vingt-deux piles et de nombreuses arches de bois.
  8. Clément V nommait sa résidence du Groseau, au pied du Ventoux, « le jardin de mes délices ».
  9. En 1310, sur proposition du Grand Maître, Foulques de Villaret, l’Ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem avait octroyé à ses membres le titre de chevaliers de Rhodes.
  10. Patria Venaissini désignait le Comtat Venaissin.
  11. étude de la tiare de Clément V dans Mémoires de L'Institut royal de France, Académie des inscriptions et belles-lettres par l'Académie des inscriptions & belles-lettres (France), 1833

Voir aussi

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