Auguste
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Auguste
Empereur romain
Image illustrative de l'article Auguste
Statue d'Auguste dite de Prima Porta, Ier siècle av. J.-C., Musée Chiaramonti, Vatican, Rome
Règne
16 janvier 27 av. J.-C. à 19 août 14 (~41 ans)
Période Julio-Claudiens
Prédécesseur(s) Jules César, en tant que dictator perpetuus et père adoptif d'Auguste
Successeur(s) Tibère
Biographie
Naissance 23 septembre 63 av. J.-C. - Rome
Nom originel Caius Octavius Thurinus
Décès 19 août 14 (76 ans) - Nola, Italie
Inhumation Mausolée d'Auguste
Père Gaius Octavius[1]
Mère Atia Balba Caesonia[1]
Épouse(s) (1) Clodia Pulchra (?-40 av. J.-C.)
(2) Scribonia (40 - 38 av. J.-C.)
(3) Livia Drusilla (38 av. J.-C. - 14)
Descendance Julia l'Aînée (de Scribonia)
Adoption(s) Lucius et Caius Caesar
Agrippa Postumus et Tibère
Liste des empereurs romains

Auguste (Latin : Caius Octavius Thurinus à sa naissance, Imperator Caesar Divi Filius Augustus à sa mort), d'abord appelé Octave puis Octavien, né le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome et mort le 19 août 14 ap. J.-C.[2] à Nola, est le premier empereur romain et le fils adoptif de Jules César.

Petit-neveu et fils adoptif de Jules César, il arrive au pouvoir dans les proscriptions et les guerres civiles qui suivent l'assassinat de ce dernier puis l'élimination de ses propres rivaux. Il parvient à laisser à la postérité l'image du restaurateur de la paix, de la prospérité et des traditions. Par son ami et conseiller Mécène, son règne est caractérisé par une floraison remarquable des arts et des lettres, valant au « siècle d’Auguste » de rester une référence culturelle mythique.

Pour ce qui est de son apparence, on peut se référer à l'historien romain du Ier-IIe siècle, Suétone et à son ouvrage Vie des douze Césars: « Auguste était d'une rare beauté, qui garda son charme tout le long de sa vie […] Ses yeux étaient vifs et brillants ; il voulait même faire croire qu'il y avait dans son regard une autorité divine et, comme il le fixait sur quelqu'un, il aimait à lui voir baisser la tête, comme ébloui par le soleil. »[3]


Sommaire

Biographie

À la conquête du pouvoir

Auguste est né à Rome sur le mont Palatin, sous le nom de Caius Octavius, le même nom que son père Gaius Octavius. On lui donne dans son enfance le surnom de Thurinus (soit en l'honneur de la ville d'origine de ses ancêtres, Thurii, soit en l'honneur d'une victoire de son père à proximité de cette ville, peu après la naissance de son fils[4]). Son père appartient à une famille de l'ordre équestre importante mais peu connue ; il est gouverneur de la province de Macédoine jusqu'à sa mort en 59 av. J.-C. Sa mère, Atia Balba Caesonia, est la nièce de Jules César[1].

Après l'assassinat de Jules César aux ides de mars (le 15 mars) 44 av. J.-C., alors qu'il est encore à Apollonie, il décide de rentrer à Rome pour récupérer son héritage. En effet, César, sans descendance légitime, a adopté Octave dans son testament. En débarquant à Brindisi, le jeune homme alors âgé de 19 ans affiche très tôt l'ambition de s'imposer en politique. Il revendique l'usage des tria nomina de César, Caius Iulius Caesar Octavianus, selon l'usage en vigueur à Rome qui veut que l'adopté prenne le nom de son adoptant en y ajoutant souvent un rappel de ses origines. Pour plus de facilités, notre usage veut qu'on l'appelle Octavien à son adoption, ou César dit « le Jeune » après que le sénat a ratifié officiellement son adoption par Jules César. Une comète passant dans le ciel au moment où il célèbre les Ludi Victoriae Caesaris et des jeux en l'honneur des victoires de César, que son père a promis avant sa mort, l'encouragent à continuer ses efforts, arguant que la comète est son père qui, devenant divin, part prendre sa place auprès des dieux.

Cicéron lui apporte son soutien contre l'ancien lieutenant et collègue de César au consulat pour l'année 44 av. J.-C., Marc Antoine, qui a décidé d'écarter ce jeune ambitieux qui revendique l'héritage césarien alors qu'Antoine espérait en récolter les fruits. Allant contre toute légalité, Cicéron fait voter au sénat les pouvoirs de propréteur pour Octave alors qu'il n'a pas exercé les charges de questeur ni de préteur et qu'il est très en dessous de l'âge minimal requis. Cicéron lance cette phrase célèbre dans sa cinquième Philippique : « la valeur n'attend pas le nombre des années ».

Ayant levé une armée, Octave bat d'abord Antoine à Modène dans une bataille où périssent les deux consuls en exercice Aulus Hirtius, mort au combat, et Caius Vibius Pansa Caetronianus, décédé des suites de ses blessures. Octave est alors acclamé imperator par ses troupes. Mais en dépit de l'avis de Cicéron, prêt à assumer le consulat avec Octave comme collègue, le Sénat refuse cet honneur au jeune homme au motif de son âge, ainsi que l'ovatio.

Octave, vexé, s'allie à Marc Antoine grâce à la médiation de Lépide, et ils décident à trois de créer une nouvelle magistrature collégiale qui chapeauterait la République romaine, le Triumvirat. Les Triumvirs s'emparent alors de Rome et décrètent la proscription de tous leurs adversaires, dont Cicéron, mis à mort par les sbires d'Antoine. Plusieurs centaines de chevaliers et de sénateurs périssent, notamment ceux qui ont pris part de près ou de loin à l'opposition à César et au meurtre de ce dernier. Selon Suétone, Octave fait à plusieurs reprises preuve de cruauté personnelle lors de ces proscriptions. Les Triumvirs sont alors chargés, par un Sénat tremblant de peur, de réorganiser la République avec chacun le titre de triumvirs rei publicae constituendae pour 5 ans. Ils se partagent alors les provinces de l'occident romain, car les provinces orientales sont aux mains des « césaricides ».

En octobre 42 av. J.-C., à la bataille de Philippes en Grèce, Octave et Antoine écrasent Brutus et Cassius, âmes de la conjuration anticésarienne de 44 av. J.-C. Cassius, vaincu par Antoine, se suicide et Brutus, vaincu trois semaines après, le 23 octobre 42 av. J.-C., se suicide à son tour. L'année suivante, le frère de Marc Antoine, Lucius Antonius Pietas, alors consul et la femme de Marc Antoine, Fulvie, s'opposent à Octave, qui décide des opérations militaires contre Pérouse. En février 40 av. J.-C., la guerre de Pérouse se termine et les Triumvirs, réconciliés grâce à l'entremise d'Asinius Pollion et de Mécène, se partagent à nouveau le monde romain : Antoine reçoit l'Orient, Octave l'Occident, et Lépide l'Afrique.

En 39 av. J.-C., Sextus Pompée est solidement ancré en Sicile et se voit reconnaître son autorité sur la Sicile, la Sardaigne et la Corse. Les relations entre Octave et Sextus se dégradent progressivement, notamment en 38 av. J.-C., quand Octave répudie son épouse, Scribonia, belle-sœur de Sextus Pompée. Octave entreprend une campagne contre Sextus en Sicile. Il confie le commandement de sa flotte à son fidèle ami Marcus Vipsanius Agrippa, qui défait finalement Sextus Pompée à Nauloque en 36 av. J.-C. Lépide, qui est alors basé en Afrique, est accusé d'avoir soutenu Sextus et de ne pas être intervenu à Nauloque. Il est alors écarté du triumvirat, ne conservant que son titre de Pontifex Maximus.

Auguste jeune, vers 30-20 av. J.-C., musée du Louvre

L'année suivante, en 35 av. J.-C., les relations entre Antoine et Octave se détériorent rapidement. Antoine exige que les provinces anciennement attribuées à Lépide soient partagées équitablement. Il demande aussi l'autorisation de lever des légions romaines pour sa campagne en préparation contre les Parthes. Octave refuse catégoriquement les deux demandes, appuyé par un Sénat qui perçoit Antoine de plus en plus comme un étranger soumis à la reine d'Égypte, Cléopâtre, et se comportant comme un monarque oriental. Antoine oppose à Octave, l'héritier testamentaire de César, le fils illégitime de celui-ci qu'il a probablement eu avec Cléopâtre, Césarion.

En 32 av. J.-C., le triumvirat prend fin selon ce qui avait été établi en 37 av. J.-C., prorogé pour 5 nouvelles années. Les deux consuls pour 32 av. J.-C., Cn. Domitius Ahenobarbus et Caius Sosius, sont des partisans d'Antoine. Octave prend le Sénat en y entrant accompagné de quelques soldats. Les consuls et près du tiers des sénateurs (soit environ 300) se réfugient auprès d'Antoine. Du côté d'Antoine, Lucius Munatius Plancus fait défection. Le Sénat donne carte blanche par un sénatus-consulte à Octave pour lancer une campagne contre l'Égypte. En 31 av. J.-C., se vantant d'être auréolé d'un serment donné par tous les citoyens italiens et les pérégrins d'occident, il se lance dans sa campagne.

Après avoir vaincu Marc Antoine à la bataille navale d'Actium en septembre 31 av. J.-C., il devient seul détenteur du pouvoir. Il prend ensuite position autour d'Alexandrie au cours de l'année 30, année des suicides d'Antoine et de Cléopâtre.

En 28 av. J.-C., le sénat lui confère le titre de Princeps senatus, « le premier du sénat », ce qui signifie qu'il est le premier à prendre la parole devant l'assemblée et l'année suivante, il lui donne même le titre d’Augustus, qui signifie « sacré ». Nous sommes en 27 av. J.-C. et Octavien devient alors le premier empereur romain.

Octavien devient Auguste

Ce titre est assez particulier. Conformément à la tradition romaine, il s'agit d'un surnom ou cognomen qu'on rajoute aux prénoms d'Auguste, tout comme on ajoute au nom d'un général vainqueur un surnom formé sur le nom du peuple vaincu. Il est décerné au général si le territoire de Rome a été accru par la victoire. Le terme Augustus est à forte connotation religieuse : avant d'être décerné à Octave, il n'est employé comme adjectif qu'à l'égard d'un dieu. En effet, le terme est rattaché à une double étymologie : augur, le devin, et augere, faire croître naturellement. Par ce titre, on considère donc qu'Octave est doué d'une auctoritas ou autorité naturelle, et qu'il est celui qui augmente perpétuellement l’ager publicus.

Instauration du Principat

CAESAR AVGVSTVS DIVI F PATER PATRIAE

Le 13 janvier 27 av. J.-C., au terme d’un long discours au Sénat, Octave se voit attribuer le pouvoir proconsulaire pour dix ans. L’empire est divisé en provinces sénatoriales (pacifiées) et impériales (où se trouvent les forces armées). Les provinces sénatoriales sont les plus anciennes : Espagne, Afrique, Sicile, Narbonnaise, Asie. Les provinces impériales sont administrées par des gouverneurs qui peuvent être des sénateurs.

Le 16 janvier, il reçoit le titre sacré d'Auguste[1] sur l’initiative du sénateur Lucius Munatius Plancus. Par ce règlement constitutionnel, le régime personnel, régime d’exception jusque-là, entre dans sa période organique. Octave, reconnu comme Princeps, ce qui signifie le « premier des citoyens », devient le chef officiel de l’État romain. Il prend le contrôle absolu de l’armée, dont il assure le financement et est protégé en permanence par la garde prétorienne, stationnée dans l’Urbs (jusqu’alors aucune troupe n’avait résidé à Rome). Par définition, le régime comporte un partage d’attribution entre le nouveau pouvoir — le Princeps — et les pouvoirs traditionnels — assemblées législatives, magistratures et sénat —. En fait, politique extérieure et armée mise à part, le sénat conserve ou reçoit d’importantes prérogatives dans les domaines de l’administration civile (Rome, Italie, provinces), des finances, de la justice et de la monnaie. Auguste entend qu’il soit, en face de l’armée, le seul élément civil qui compte dans l’État. Il contrôle l’élection des magistrats par un système de recommandation officielle, la commendatio. La destinatio permet également l’intervention d’un organisme spécial de chevaliers et de sénateurs répartis en dix ou quinze centuries pour la désignation des candidats (tabula hebana, inscription découverte à Magliano). Les assemblées législatives ont perdu tout contrôle véritable. L’empereur fait entrer au sénat des provinciaux (à l’époque de César, 45 familles patriciennes sont représentées ; on n’en trouve plus qu’une seule à la fin du Ier siècle). Pour les remplacer, il y a des Gallo-romains (ceux de Lugdunum et de Vienne, très tôt), puis des Hispaniques, des Africains et même des Orientaux.

Son règne

Auguste règne de 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C. Il meurt à 76 ans, et laisse son trône à Tibère qui est son fils adoptif, et fils de sa troisième femme (Livie), qui l'a eu d'un précédent mariage.

Réforme de l’armée

Auguste ceint de la couronne civique

Auguste réforme l’armée, qui devient définitivement une armée de métier, poursuivant ainsi la réorganisation de Marius. La charte militaire (condito militiae) lui donne son statut légal : service de 12 ans pour les prétoriens, de 16 ans pour les légionnaires (porté plus tard à 16 et 20 ans), solde, libéralités variées, dotation en argent ou en terre le jour de la libération, accompagnée de privilèges juridiques comme la collation de la cité romaine. Les effectifs sont fixés à 28 légions (25 après la bataille de Teutobourg et le désastre de Varus en 9) fortes de 5 500 fantassins et de 120 cavaliers, de corps auxiliaires de 500 ou 1 000 hommes (cavalerie, ailes, infanterie, cohortes), de la garnison de Rome et de l’Italie, formée des neuf cohortes prétoriennes (9 000 hommes au total), des trois cohortes urbaines (3 000 hommes), des sept cohortes des vigiles (police nocturne, incendies) et de la garde privée de l’empereur, formée de cavaliers espagnols, bataves ou germains. Soit 300 000 hommes auxquels viennent s’ajouter 50 000 hommes des contingents des alliés, rois vassaux ou Barbares. Auguste crée une marine de guerre, composée de deux flottes à Misène et à Ravenne qui protégent l’Italie, de deux autres flottes de moindre importance en Syrie et en Égypte, et de flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube pour la protection des frontières.

Réforme de l’administration

En 23 av. J.-C., alors qu'il a reçu la puissance tribunicienne, c'est-à-dire le droit d'imposer ses décisions au sénat, Auguste crée un corps de fonctionnaires, nommés et appointés par lui : préfets, procurateurs, membres des grandes commissions exécutives. Il réforme le cursus honorum des principales magistratures, reconstruisant la nouvelle classe politique et aristocratique, et formant une nouvelle classe dynastique. Ainsi les carrières sénatoriales (héritage de la République) et équestre (créée de toutes pièces) fournissent le personnel administratif nécessaire. Les provinces impériales sont administrées selon le cas par des lieutenants-légats d’ordre sénatorial ou des préfets et des procurateurs d’ordre équestre. L’empereur possède un droit de regard sur les provinces sénatoriales qui se traduit par une intervention administrative, financière et judiciaire, sous la forme de l’appel.

Auguste procède à un redressement financier en aménageant les impôts existants et en améliorant l’administration fiscale. Il contrôle sévèrement la gestion des gouverneurs sénatoriaux et met fin au pillage méthodique des provinces pratiqué à l’époque républicaine. En Sicile et en Gaule, il substitue au système de la ferme la perception directe, et dans les cas où il maintient la ferme, il l’entoure de garanties (remplacement des puissantes compagnies financières (publicains) par des fermiers d’importance sociale plus modeste et contrôle étroit exercé par des gouverneurs ou des procurateurs financiers). Auguste poursuit l’œuvre de César en matière de recensement et de cadastre, qui servent de base à la fixation de l’impôt. Il dédouble la caisse financière centrale, l’aerarium, qui subsiste pour le Sénat, avec les diverses corbeilles (Fisci) et la caisse de la fortune particulière (patrimonium) pour l’empereur.

Les juridictions républicaines traditionnelles — assemblées législatives, magistratures, Sénat, tribunaux — sont remaniées. Les tribunaux civils et criminels sont réorganisés. Une juridiction impériale est créée, qui se manifeste sous trois formes : l’évocation à l’empereur, l’appel et la délégation de la juridiction aux fonctionnaires. En première instance, par la Cognito Caesaris, l’empereur, partout et toujours, au civil comme au criminel, peut évoquer une affaire à son tribunal. L’appel à l’empereur est généralisé dans tout le monde romain. Juge suprême de l’empire, l’empereur délègue ses pouvoirs judiciaires à ses fonctionnaires, tant permanents (préfets tels que Préfet des vigiles et commissions exécutives à Rome et en Italie, légats et gouverneurs dans les provinces impériales) qu’extraordinaires (commissaires spéciaux). La réorganisation judiciaire se complète, notamment à Rome, par la création d’une police.

Travaux à Rome

Portrait de l'empereur Auguste

Auguste se vante, par une formule célèbre, d'avoir « trouvé une Rome de briques, et laissé une Rome de marbre. »

Sous le principat d'Auguste, Rome est divisée en 14 « régions ». Des travaux sont entrepris pour stabiliser les rives du Tibre. Afin de lutter contre les incendies, assez fréquents dans la capitale, un corps de vigiles est instauré. De nouveaux aqueducs sont construits.

Entre autres travaux publics, Auguste fait construire le forum d'Auguste. Il modifie l'aspect du vieux forum républicain dans un sens plus dynastique, en y reconstruisant la Curie (Curia Julia), en y apposant le milliaire d'or censé marquer le départ de toutes les routes principales de l'empire, et en y terminant la basilique Julia ou encore le temple du divin Jules à l'emplacement où a été brûlé le corps de son père adoptif César, désormais divinisé.

L'empereur veille aussi à la bonne marche de la religion en construisant ou en rénovant environ 80 sanctuaires ; ainsi, le temple de Mars vengeur, le temple de Jupiter Tonnant au Capitole.

Une partie de sa propre maison au Palatin, qui a été touchée par la foudre, est transformée en temple d'Apollon Palatin, renforçant le caractère sacré de la demeure et de la personne du maître de Rome. Il ajoute au temple d'Apollon des portiques et une bibliothèque grecque et latine, et y fait transférer les Livres Sibyllins et un foyer dédié à Vesta. Auguste ne se fait jamais bâtir de palais, affectant un train de vie sobre dans cette maison très simple du Palatin, jadis celle habitée par l'orateur Quintus Hortensius Hortalus. Mais c'est bien à partir de son règne que le Palatin devient la colline de l'empereur, ouvrant la voie aux constructions de plus en plus grandioses de ses successeurs, notamment Tibère, Caligula, Domitien et les Sévères.

Auguste fait également reconstruire la basilique Julia qui a été incendiée. Elle est dédiée à ses fils adoptifs Lucius et Caius. En l'honneur de son épouse Livie, Auguste fait construire, entre 15 et 7 av. J.-C., à la limite du quartier populaire de Subure, le « portique de Livie », proche de l'Esquilin, au centre duquel se trouvait le petit temple de la Concordia Augusta.

En 13 av. J.-C., alors qu'il revient d'Hispanie et de Gaule après trois ans d'absence, pendant lesquels il a mené des opérations de pacification et organisé les provinces du sud de la Gaule, il fait construire à Rome, sur le Champ de Mars, un monument afin de célébrer la paix qui règne désormais sur les territoires romains : l’Ara Pacis, l’« Autel de la Paix ». La dédicace, c’est-à-dire la cérémonie de consécration solennelle aux dieux qui marque le début du fonctionnement de l'édifice, n'aura lieu que plus tard, en 9 av. J.-C. La date a son importance car c'est le jour de l'anniversaire de l'épouse d'Auguste, Livie : l'aspect dynastique s'en trouve nettement souligné.

Il fait encore exécuter d'autres travaux sous d'autres noms, sous ceux de ses petits-fils, de sa femme et de sa sœur : tels sont le portique et la basilique de Caius et de Lucius, le portique de Livie et celui d'Octavie, le théâtre de Marcellus.

C'est d'après ses exhortations que Marcus Philippus érige le temple de l'Hercule des Muses ; Lucius Cornificius, celui de Diane ; Asinius Pollion, le vestibule de la Liberté ; Lucius Munatius Plancus, le temple de Saturne; Cornelius Balbus, un théâtre ; Statilius Taurus, un amphithéâtre ; Marcus Vipsanius Agrippa, de nombreux et beaux édifices dont les thermes d'Agrippa et le premier Panthéon de Rome. Après son règne, les grands travaux d'urbanisme devinrent l'apanage de la famille impériale.

Sur le Forum Romanum, deux arcs de triomphe célébrèrent les victoires du prince. Il ne reste que la base de l'un d'eux.

Un âge d’or culturel

Passée à la postérité sous le nom de « Siècle d’Auguste », cette période faste de la littérature romaine est marquée par les noms des poètes Virgile, Horace, Ovide, Tibulle, Properce, ou encore de l'historien Tite-Live. Tous ces auteurs doivent beaucoup à la protection du fidèle conseiller d'Auguste : Mécène, un nom propre devenu nom commun.

Introduits auprès du Prince par l'intermédiaire de Mécène, tous ces auteurs sont des amis personnels du maître de Rome. Ils chantent sans réserves la gloire de sa personne et de sa famille, prennent parti pour lui contre Antoine. Ils soutiennent aussi sa politique traditionaliste visant à restaurer les cultes romains anciens, l'agriculture, les « mœurs des ancêtres » (mos maiorum) aux dépens des séductions de l'orientalisme et de la libéralisation des mœurs, incarnées jadis par Antoine. Telles sont du moins les apparences.

Si Auguste pardonne à Tite-Live, qu'il traite affectueusement de « pompéien », ses sympathies pour le régime républicain des anciens temps, il exile brusquement Ovide de Rome pour le restant de ses jours, en l'an 8. Diverses hypothèses ont été émises pour expliquer cette relégation, la dernière en date étant qu'Ovide a été puni pour avoir voulu révéler l'implication de l'empereur dans la mort de Virgile[5].

Portrait physique

Dans son ouvrage la Vie des douze Césars, Suétone livre une description très précise d'Auguste.

« L'empereur était très beau, malgré une négligence esthétique remarquée dans son entourage (il se coiffait et se rasait sans soin) et garda son charme naturel toute sa vie. Naturellement petit, la proportion élégante de ses membres concrétisait une autorité et une supériorité qui faisaient baisser les yeux de ses invités lorsqu'il les regardait. Ses yeux clairs et brillants étaient, d'après la rumeur, animés d'une sorte de force divine. On eût dit que le destin l'avait choisi pour succéder à son oncle: il possédait une âme de chef qui demeurait calme et sereine en toutes circonstances.

Il avait les cheveux bouclés et le corps tacheté, et boitait quelque peu du côté gauche en raison d'une faiblesse à la hanche et à la jambe. Auguste souffrait également de la vessie, et rejetait régulièrement des petits cailloux en urinant.

Vieillissant, son oeil gauche faiblit alors que diverses maladies le frappaient régulièrement. Il ne supporta bientôt plus le froid ni le chaud et ses dents devinrent clairsemées, petites et rudes. »

Famille

Auguste a épousé en premières noces, Clodia Pulchra, la fille de Fulvie et de Publius Clodius Pulcher. Ils n'ont pas d'enfants et se séparèrent en 40 av. J.-C.

Il épouse la même année en deuxièmes noces, Scribonia, fille de Lucius Scribonius Libo et de Cornelia Sulla. Il a une fille de cette union :

Finalement, en troisièmes noces, il épouse en 38 av. J.-C. Livia Drusilla dont il n'eut pas d'enfants.

Auguste adopte par ailleurs quatre enfants :

Noms et titres

Noms

Titres et magistratures

Titulature à sa mort

À sa mort le 19 août 14, Auguste est nanti de la titulature suivante :

IMPERATOR•CAESAR•DIVI•FILIVS•AVGVSTVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIAE•POTESTATE•XXXVII, IMPERATOR•XXI, CONSVL•XIII, PATER•PATRIAE[6]

Films

Notes et références

  1. a, b, c et d François Zosso et Christian Zingg, Les empereurs romains, p. 21.
  2. P. Petit, Histoire générale de l'Empire romain, t. I, Le Haut-Empire, éd. du Seuil, « Points Histoire », Paris, 1974, p. 26.
  3. Suétone, Vie des douze Césars: livre III, paragraphe 69.
  4. Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, VII, 1
  5. Auguste et les poètes
  6. Auguste fut divinisé après sa mort par le Sénat.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes





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