Marcus Vipsanius Agrippa
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Marcus Vipsanius Agrippa
Portrait d'Agrippa du type de Gabies,  vers 25-24 av. J.‑C., musée du Louvre.
Portrait d'Agrippa du type de Gabies,
vers 25-24 av. J.‑C., musée du Louvre.

Pays République et Empire romain
Titre Consul en 37, 28 et 27 av. J.‑C.
Autre titre Imperium exceptionnel
Puissance tribunicienne
Conflits 46 à 45 : Guerre civile de César
44 à 43 : Guerre civile post-César
42 : Guerre civile des Libérateurs
41 à 40 : Guerre de Pérouse
37 à 36 : Révolte sicilienne
31 : Campagne d'Actium
19 : Guerres cantabres
13 : Conquête du haut-Danube
Faits d'armes 36 av. J.‑C. : Bataille de Nauloque
31 av. J.‑C. : Bataille d'Actium
Distinctions Triomphe à Rome en 36 av. J.‑C.
Autres fonctions Tribun de la plèbe en 43 av. J.‑C.
Préteur en 40 av. J.‑C.
Gouverneur de Gaule transalpine en 39 ou 38 av. J.‑C.
Édile en 33 av. J.‑C.
Gouverneur de l'Orient entre 23 et 21 av. J.‑C. et alternativement gouverneur de l'Occident et de l’Orient entre 20 et 12 av. J.‑C.
Biographie
Dynastie Julio-Claudiens
Naissance vers 63 av. J.‑C.
Istrie ? Asisium (Ombrie) ?
Décès mars 12 av. J.‑C.
Campanie
Père Lucius Vipsanius Agrippa ?
Mère  ?
Conjoint Caecilia Pomponia Attica (v.40 - ?)
Claudia Marcella l’Aînée (28 - 21)
Julia (21 - 12)
Enfants ~36 : Agrippina (de Pomponia)
~27 : Marcella (de Marcella)
20 : Lucius (de Julia)
19 : Julia (de Julia)
17 : Caius (de Julia)
15 : Agrippina (de Julia)
12 : Postumus (de Julia)

Marcus Vipsanius Agrippa (né vers 63 av. J.‑C. - mort en mars de l'année 12 av. J.‑C.) est un général et homme politique romain du Ier siècle av. J.‑C. qui met ses qualités d'homme de guerre au service de son ami Octave, le futur empereur Auguste.

Présent au côté d'Octave dès la mort de César en 44 av. J.‑C., Agrippa permet par ses victoires militaires (bataille de Nauloque en 36 av. J.‑C. contre Sextus Pompée, bataille d'Actium en 31 av. J.‑C. contre Marc Antoine) l'affirmation de l'autorité d'Octavien, l'installation du principat et la fin des guerres civiles. Durant le principat, Agrippa participe aux nouvelles conquêtes de l'Empire, en Hispanie (20 et 19 av. J.‑C.) et sur le Danube notamment (13 et 12 av. J.‑C.). C'est aussi un savant diplomate pendant les guerres.

Agrippa est, avec Mécène, un des très proches conseillers d'Auguste. Il est consul en 37 av. J.‑C. puis en 28-27 av. J.‑C. en même temps que l'empereur. Agrippa reçoit ensuite un imperium exceptionnel, la puissance tribunicienne et assure la cogérence avec Auguste (recevant tour à tour un imperium exceptionnel en Orient et en Occident), toutefois il lui reste subordonné. Il épouse en troisième noce la fille d'Auguste, Julia, en l'an 21 av. J.‑C.

Il fait construire sur le Champ de Mars les premiers thermes à Rome, propriété privée qu'il lègue au peuple romain : les Thermes d'Agrippa. Il réalise à proximité de ces thermes la première version d'un temple dédié à toutes les divinités, le Panthéon. Il fait également construire d'autres temples, des aqueducs, notamment l’Aqua Julia et l’Aqua Virgo à Rome, des théâtres et des portiques, aussi bien dans la Ville que dans les provinces, notamment en Gaule.

En plus d'être le gendre de l'empereur Auguste, il est le beau-père de l'empereur Tibère, le grand-père maternel de l'empereur Caligula, et l'arrière grand-père maternel de l'empereur Néron.

Sommaire

Biographie

Naissance et famille

Agrippa naît entre 64 et 62 av. J.‑C. Pline l'Ancien indique qu'il est mort dans sa cinquante-et-unième année : ainsi, la naissance d'Agrippa se situerait entre mars 64 et mars 62 av. J.‑C. Un calendrier originaire de Chypre ou de Syrie comporte un mois nommé d'après Agrippa et qui commence le 1er novembre. Cela pourrait également indiquer le mois de sa naissance, entre le 23 octobre et le 23 novembre[r 1],[j 1].

Le lieu de sa naissance et son ascendance sont incertains. Il pourrait être né en Istrie ou à Asisium en Ombrie[r 2],[j 2]. Il serait le fils d'un dénommé Lucius Vipsanius Agrippa[N 1], d'une famille de rang équestre italienne relativement modeste ayant reçue récemment la citoyenneté[c 1]. Son frère aîné porte également ce nom et sa sœur s'appelle Vipsania Polla. La famille ne semble pas influente dans la société romaine[a 1].

Un partisan fidèle d'Octave : des guerres civiles à Actium

Jeunesse et guerre civile de César (jusqu'en 44)

Statue de Jules César réalisée par Nicolas Coustou en 1713.

Il est du même âge qu'Octave, le futur empereur Auguste. Éduqués ensemble, ils se rencontrent peut-être durant les cours de certains maîtres de rhétorique, dont Apollodore de Pergame, et les deux hommes seront liés par une profonde amitié[c 1],[j 3].

Malgré les liens de la famille avec celle de Jules César, son frère prend le parti adverse pendant la guerre civile de 49 av. J.‑C. et combat avec Caton contre César en Afrique. Lors de la défaite des troupes de Caton, le frère d'Agrippa est fait prisonnier mais il est libéré par Octave qui intercède en sa faveur[c 1]. Nul ne sait si les deux frères se sont combattus en Afrique mais Agrippa intègre probablement les troupes de César durant la campagne de 46 et 45 av. J.‑C. contre Sextus Pompée, à l'instar d'Octave, dont le point culminant est la bataille de Munda[c 2],[r 3],[j 4].

César envoie les deux amis étudier ensemble à Apollonie d'Illyrie, où sont situées les légions macédoniennes en prédiction de grandes expéditions militaires contre les Daces et les Parthes, pendant qu'il conforte son pouvoir à Rome[c 2]. Agrippa et Octave, au cours de leur séjour, auraient rencontré l’astrologue Théogène, qui aurait prédit à Agrippa une brillante carrière, avant de se prosterner devant la destinée exceptionnelle d'Octave[c 3],[a 2].

Les deux amis sont à Apollonie depuis six mois quand ils apprennent l'assassinat de César perpétré aux ides de Mars 44 av. J.‑C.[c 4] Agrippa et Quintus Salvidienus Rufus, un autre ami, conseillent à Octave de marcher sur Rome avec l'appui des légions de Macédoine pour éliminer les meurtriers de César, mais celui-ci décide de rallier Rome discrètement par bateau, suivant les conseils prudents de sa famille[c 5], en compagnie de ses deux amis. Leurs conseils sont pas seulement dictés par leurs ardeurs juvéniles, mais peut-être aussi par des ambitions politiques, en cherchant à profiter des guerres civiles pour s'élever dans la hiérarchie sociale aux dépens de l’aristocratie romaine dont beaucoup de membres sont mêlés dans l’assassinat de César[j 5],[c 6].

Portrait d'Octave du type de Prima Porta. Marbre, début du Ier siècle ap. J.-C.

Montée au pouvoir au côté d'Octave (44 - 40)

Octave apprend alors que César l'a désigné comme son fils adoptif. Agrippa et Salvidienus le poussent alors à accepter l'héritage contre l’avis de sa famille[c 7]. Octave se fait accompagner à Rome par Agrippa et quelques amis pour revendiquer solennellement l’héritage de César[c 8] : il reçoit alors les trois quarts de la fortune de César, et surtout son patronyme[c 9]. Octave prend le nom de « César », mais il est appelé « Octavien » par les historiens modernes durant cette période.

Octavien, Agrippa et leurs amis se rendent compte qu'ils ont besoin du soutien des légions. Après avoir payé celles de Macédoine, Agrippa aide Octavien à lever de nouvelles troupes en Campanie[c 10],[j 6]. On a supposé de façon incertaine qu'Agrippa est l'un des négociateurs ayant œuvré pour que les légions de Macédoines soient gagnées à leur cause[r 4]. Octavien est, semble t-il, pour la première fois, accompagné de Mécène, dont les talents de diplomate complètent ceux militaires d'Agrippa[c 10],[j 6]. Une fois qu’Octavien possède ces légions, il conclut un pacte avec Marc Antoine et Lépide en 43 av. J.‑C. : c'est le début du « triumvirat pour restaurer la République[c 11] ».

Octavien et son co-consul Quintus Pedius font juger les assassins de César par contumace. Agrippa se voit confier le cas de Caius Cassius Longinus[a 3],[a 4].

C'est peut-être la même année 43 av. J.‑C. que débute la carrière politique d'Agrippa, en étant élu tribun de la plèbe, ce qui lui ouvre les portes du Sénat[j 7],[N 2].

En 42 av. J.‑C., Agrippa participe probablement à la bataille de Philippes aux côtés d'Octavien et de Marc Antoine, si l'on en croit Pline l'Ancien[a 5].

Mouvements de légions des alliés d'Octave dans la guerre de Pérouse en 41 av. J.‑C. jusqu'au siège de la ville.

Après leurs retours à Rome, il joue un grand rôle dans le conflit commencé en 41 av. J.‑C. et qui oppose Octavien à Fulvia Antonia, épouse de Marc Antoine, et Lucius Antonius, son frère. Agrippa lève trois ou quatre légions de vétérans en Étrurie et s'empare de Sutrium qui occupe une position stratégique sur la via Cassia au nord de Rome, signant à vingt-trois ans une première victoire d'une longue liste. De son côté, Salvidienus s'empare de Sentinum puis de Nursia. Les deux hommes forcent alors Lucius Antonius à s'enfermer dans Pérouse[c 12]. Ce conflit s'achève avec la capture de la ville en 40 av. J.‑C., les alliés de Lucius Antonius qui ont tenté de forcer le siège subissant plusieurs revers infligés par Agrippa et Salvidienus[c 13],[j 8]. Toutefois, c'est Salvidienus qui est alors le général en chef d'Octavien durant cette période[r 5].

Après la chute de Pérouse, il reste de nombreux foyers de résistance en Italie. Agrippa arrive à retourner deux légions de Lucius Munatius Plancus, lieutenant d'Antoine[c 14].

Durant cette période ou peu après, il épouse Caecilia Pomponia Attica, la fille de Titus Pomponius Atticus, un ami de feu Cicéron, peut-être dès les années 43-42 av. J.‑C.[c 15],[j 9] ou autour de 37 av. J.‑C.[r 6],[j 9]

Défense de l’Italie (40 - 39)

Après la guerre de Pérouse et le départ d'Octavien pour la Gaule, Agrippa est préteur urbain à Rome. Il doit faire face au mécontentement croissant des Romains qui sont fatigués du blocus maritime imposé par Sextus Pompée, qui s'oppose aux triumvirs. Déjà maître de la Sicile, il envoie son amiral s'emparer de la Sardaigne, puis ravager les côtes étrusques et prendre pied en Corse. Agrippa doit défendre la péninsule[c 14].

Buste de Marc Antoine.

En juillet 40 av. J.‑C., alors qu'Agrippa préside les Jeux apollinaires en tant que préteur urbain, Sextus Pompée lance des raids pour piller les côtes italiennes[c 16],[j 10].

La faiblesse du triumvirat se révèle quand, en août 40 av. J.‑C., Marc Antoine et Sextus Pompée pénètrent simultanément mais de façon non coordonnée sur le territoire italien. Agrippa part à la rencontre de Pompée et le force à se retirer[r 7],[c 17]. Agrippa libère Sipontum en Apulie, alors aux mains des hommes d'Antoine, ce qui constitue le premier acte de la fin du conflit[r 8],[j 11]. Il ne peut cependant marcher plus directement contre Antoine, ne pouvant persuader ses hommes de combattre un des héritiers de César. Seul Octavien serait en mesure de convaincre ses soldats, mais tombé malade en route depuis la Gaule, il tarde à rejoindre Agrippa, et la diplomatie est finalement privilégiée[c 17].

Agrippa fait partie des intermédiaires qui parviendront à la paix entre Antoine et Octavien. Lors des négociations, il apprend que Salvidienus était sur le point de trahir Octavien et de rallier Antoine. Ce dernier ayant signé la paix avec Octavien, il dénonce Salvidienus, qui lui aurait proposé de déserter pour se joindre à lui lors de sa marche sur l’Italie. Il est arrêté, accusé de haute trahison devant le Sénat, puis meurt exécuté ou suicidé en 40 ou 39 av. J.‑C.[c 18] Agrippa devient alors le général en chef d'Octavien[r 9].

Gouvernorat des Gaules (39 - 38)

En 39 ou 38 av. J.‑C., Octavien nomme Agrippa gouverneur de la Gaule transalpine[c 18] en remplacement de Salvidienus. Il jugule la montée en puissance des Aquitains, met au pas les Belges, combat aussi les tribus germaines et devient le deuxième général romain à traverser le Rhin après Jules César[r 10],[j 12],[c 19].

Consulat et campagne contre Sextus Pompée (37 - 35)

Denier de Sextus Pompée, célébrant une victoire navale sur Octavien (42/40 av. J.‑C..

Bien que n'ayant pas atteint l'âge requis de 43 ans, il est rappelé à Rome par Octavien pour assurer le consulat en 37 av. J.‑C. Octavien vient de subir plusieurs défaites navales humiliantes face à Sextus Pompée[c 20] et a besoin de son ami pour prévoir une stratégie future. Agrippa refuse le triomphe décerné par le Sénat sur demande d'Octavien pour ses exploits en Gaule, estimant qu'il n'est pas judicieux de célébrer ses victoires alors que le parti d'Octavien vit une période de troubles[r 10],[j 13],[c 21]. Agrippa cherche peut-être aussi à ménager la susceptibilité de son ami Octavien, à qui il doit son ascension politique. Dorénavant consul, il doit mener la guerre contre Sextus Pompée[c 21], aux côtés de Lucius Caninius Gallus, qui abdique et est remplacé par Titus Statilius Taurus, qui commandera une flotte envoyée par Marc Antoine à l'aide d'Octavien[a 6],[a 7].

Tandis que Sextus Pompée contrôle les côtes italiennes, le premier objectif d'Agrippa est de trouver un port sûr pour sa flotte. Dans sa campagne précédente, Agrippa n'avait pu trouver de bases navales en Italie proche de la Sicile. Agrippa fait preuve de grands « talents d'organisateur et de bâtisseur[c 21] » : il parvient en Campanie à édifier une base navale, en creusant un chenal dans la langue de terre séparant la mer du lac Lucrin formant un port extérieur, et un autre entre le lac Lucrin et le lac d'Averne pour servir de port intérieur[r 11],[c 21]. Le nouveau complexe portuaire est nommé Portus Julius en l'honneur d'Octavien[c 21]. Il complète son dispositif en occupant l’île de Stromboli[c 22]. Pour la flotte nouvelle construite, Octavien et Agrippa affranchissent 20 000 esclaves, reprenant le procédé de Sextus Pompée en Sicile, qu'ils lui reprochaient jusque là[j 14],[c 22].

Agrippa est l'auteur de plusieurs améliorations techniques comme des bateaux plus larges et un harpon à bateaux (harpax) amélioré[r 12].

La campagne contre Sextus Pompée, prévue en 37 av. J.‑C., est repoussée d'une année. Les travaux d'Agrippa prennent du temps et Octavien est occupé à renouveler le second triumvirat avec Marc Antoine. Agrippa définit la stratégie et fait ces premiers pas en tactique navale[c 23],[j 15].

Plan d'offensive d'Octavien et Agrippa contre Sextus Pompée en 36 av. J.‑C.

En 36 av. J.‑C., Octavien et Agrippa lancent l’offensive navale depuis l'Italie contre Sextus Pompée, tandis que Lépide, depuis l’Afrique, débarque avec de nombreuses troupes à l’extrême-ouest de l’île[c 24],[j 15]. La flotte d'Agrippa est sévèrement endommagée par les tempêtes et doit se retirer. Agrippa demeure seul et tente une deuxième offensive. Grâce à son entrainement et à sa technologie supérieure (notamment grâce au harpax amélioré[c 24]), la flotte d'Agrippa remporte une victoire décisive à Mylae, dans le nord-est de la Sicile, le 2 août[j 16],[c 25].

Cette victoire permet à Octavien de débarquer trois légions en Sicile, avec à leur tête Lucius Cornificius, mais sa flotte est sévèrement battue par celle de Sextus Pompée. Le jeune triumvir est blessé et il doit abandonner ses légions à leur sort. Agrippa envoie trois autres légions à leur secours, depuis Mylae, et Cornificius réussit l'exploit de les rejoindre. Agrippa s'empare de Tyndaris toute près. Cela a un fort impact sur l’armée pompéienne, Sextus Pompée ne pouvant plus différer l'ultime combat[c 26].

C'est une bataille navale à Nauloque, en septembre, qui scelle le destin de Sextus Pompée[c 27], qui perd la quasi-totalité de sa flotte face à Agrippa qui maîtrise désormais la guerre navale. Seuls dix-sept bateaux parviennent à s'échapper, dont celui de Sextus Pompée[c 28],[j 17].

Lépide rejoint alors Agrippa qui assiège Messine et huit légions ennemies, et c'est Lépide qui reçoit la capitulation du lieutenant pompéien, voyant ces huit légions se joindre aux siennes. Il se retranche à l'arrivée d'Octavien et exige la Sicile pour lui en plus de l’Afrique. Les troupes de Lépide ne veulent pas combattre Octavien, pas plus que celles qui ont récemment capitulées, et Lépide est contraint de se rendre à Octavien, qui le force à la retraite[c 29],[j 18].

Denier représentant Agrippa avec une Corona Navalis et Auguste avec une Corona Civica.

Voyant sa puissance renforcée, Octavien rentre à Rome en temps que maître de l’Occident où il célèbre son ovation[c 30],[r 13]. Agrippa reçoit un honneur sans précédent : une couronne dorée ornée de proues de navire[c 31],[j 19]. Dion Cassius note que « c’est une décoration jamais reçue par quiconque et jamais plus décernée après lui[a 7] ».

Campagne militaire en Dalmatie au côté d'Octavien (35 - 34)

A l'été 35 av. J.‑C., Agrippa part avec Octavien pour les Alpes dinariques, dans les Balkans occidentales. En route, ils soumettent une partie des Iapydes. Ensuite, Octavien pacifie les côtes dalmates[j 20],[c 32].

Octavien, en combattant parfois en personne, et menant les armées en Dalmatie, si proche de l’Italie, passe pour le défenseur de Rome et prend une nouvelle envergure, celle d'un militaire[c 33]. Taurus et Agrippa, qui participent aux campagnes militaires d'Octavien, s'effacent pour lui laisser toute la gloire et ne pas porter ombrage au nouveau maître de l’Occident[c 34], tout en lui apportant ponctuellement assistance[j 20],[c 32]. Agrippa retourne à Rome à l'automne[r 14].

Restes de l’Aqua Marcia près de la Tibur antique.

Pour la première fois dans l’histoire de Rome, la flotte n'est pas démobilisée après un affrontement mais est conservée, entretenue et réutilisée pour les campagnes suivantes, notamment pour cette campagne en Dalmatie[c 35]. Octavien enrichit la flotte de navires appelés « liburnes », livrés par les Dalmates et les Illyriens, qui feront merveille à Actium[c 32],[j 21].

Édilité et travaux à Rome (34 - 31)

Agrippa se lance alors dans l’aménagement et l’embellissement de la ville de Rome, et pour cela, il accepte de se faire élire édile en 33 av. J.‑C.[c 36]

Agrippa approuvant la construction de l'Aqua Virgo, bas-relief surplombant la fontaine de Trévi, Rome.

Agrippa se distingue dans ses fonctions en améliorant les équipements de la ville de Rome : en premier lieu, il se préoccupe de l'extension du réseau de distribution d'eau pour fournir davantage de citoyens, notamment en réparant l'Aqua Appia, l'Anio Vetus et l'Aqua Marcia[a 8] et en construisant un nouvel aqueduc, l’Aqua Julia, nommé en l'honneur de son ami Octavien[c 36],[j 22].

Agrippa met en place une équipe de plus de 200 esclaves pour entretenir les aqueducs, les réservoirs et les fontaines. Cette équipe l'assiste lors de la rénovation et la construction des aqueducs à Rome jusqu'à sa mort, et reviennent ensuite à l'empereur[c 37],[j 23],[a 9].

Il fait aussi rénover les rues, nettoyer les égouts, la Cloaca Maxima, construire des thermes et des portiques et aménager des jardins. Il donne également une impulsion pour les expositions d'art tandis que sont organisés de somptueux spectacles[a 10].

Il est rare qu'un ancien consul exerce la fonction mineure d'édile mais le succès d'Agrippa dans cette fonction provoque une rupture avec la tradition. Octavien devenu l’empereur Auguste déclarera à propos de Rome : « j'ai trouvé une cité faite de briques et l'ai laissée faite de marbre[a 11] », suite aux immenses services rendus à la Ville par Agrippa sous son règne.

En 32 av. J.‑C., Atticus, le beau-père d'Agrippa, victime d'une maladie grave, fait venir ses amis, dont son biographe Cornélius Népos et son gendre, pour leur annoncer qu'il va se laisser mourir. Il décède le 31 mars et ses funérailles, sur sa demande, sont modestes[a 12]. Agrippa hérite probablement d'une part de l’immense fortune d'Atticus[c 38].

Campagne jusqu'à Actium (31)

Agrippa est à nouveau appelé à quitter Rome pour diriger la flotte quand la guerre contre Marc Antoine et Cléopâtre éclate, reprenant son rôle de général d'Octavien. Il retrouve le commandement de la flotte à la tête de laquelle il a fait merveille contre Sextus Pompée[c 39],[j 24].

Marc Antoine possède une forte supériorité maritime, étant probablement à la tête de cinq cents navires de combat, auxquels il faut peut-être ajouter deux cents navires égyptiens. Les deux triumvirs cherchent un affrontement naval, plutôt que d'opposer leurs légions qui se réclament toutes du Divin Jules[c 40]. Octavien et Agrippa possèdent une flotte inférieure en nombre, trois à quatre cents navires, mais plus maniable, notamment les liburnes, et surtout aguerrie lors de l'affrontement contre Sextus Pompée[c 35].

Agrippa déjoue les pièges tendus par Marc Antoine en s'attaquant à son ravitaillement dans un premier temps. Les lignes de communication et de ravitaillement de Marc Antoine s'étendent de Grèce jusqu'en Égypte tandis que sa flotte est déployée entre le sud-ouest du Péloponnèse et l'Épire. Agrippa s'attaque donc à Méthone, une cité stratégique au sud-ouest du Péloponnèse, dont il s'empare. Il se dirige ensuite vers le nord, menant des raids contre les côtes grecques et s'empare de Corcyre, l'actuelle île de Corfou, à l'extrémité nord-ouest de la flotte adverse. Les Octaviens se servent de Corfou comme base navale[r 15],[c 41],[j 25].

La bataille d'Actium par Lorenzo A. Castro, 1672.
Disposition des troupes lors de la bataille d'Actium.

Octavien embarque ses troupes et débarque en Épire avec ses légions avant de rejoindre le promontoire d'Actium. Marc Antoine s'est laissé surprendre et déplace ses troupes et sa flotte sur le site choisi par son adversaire[c 41],[j 25]. Pendant ce temps, Agrippa, avec la flotte octavienne, continue de harceler les lignes ennemies, s'empare des îles de Leucade, Ithaque, Céphalonie et de Patras, et menace Corinthe[c 42],[j 25]. Agrippa détruit la flotte d'un allié de Marc Antoine sur le site de Patras[a 13].

Dion Cassius relate qu'en chemin pour Actium, Agrippa croise la flotte d'un lieutenant de Marc Antoine, Gaius Sosius, qui effectue une attaque surprise sur un escadron d'un allié d'Octavien[c 43],[j 25]. L'arrivée inespérée d'Agrippa permet d'emporter la victoire[a 14],[a 15],[N 3].

Selon Dion Cassius[a 16], alors que la bataille est imminente, Octavien apprend que Marc Antoine et Cléopâtre projettent de forcer son blocus naval qui ferme l'accès à la mer Ionienne et de s'échapper. Il estime qu'en laissant passer les navires amiraux, il pourrait les rattraper avec ses vaisseaux légers provoquant ainsi la reddition de la flotte ennemie constatant la lâcheté de ses chefs. Agrippa réfute que les bateaux ennemis, plus grands, pourraient dépasser la flotte octavienne en forçant l'allure et qu'il vaut mieux oser une attaque immédiate, la flotte de Marc Antoine ayant été endommagée par une tempête. Octavien suit les conseils de son ami[c 44],[j 26].

Le 2 septembre 31 av. J.‑C., la bataille d'Actium a lieu. Cléopâtre et Marc Antoine abandonnent leurs forces à leur sort et s'enfuient. Agrippa et Octavien continuent à bloquer l’entrée du golfe, la bataille ne semblant pas encore décisive. Après quelques hésitations, la flotte puis les légions antoniennes se rendent à Octavien. La bataille d'Actium devient alors une victoire décisive, due principalement au mérite d'Agrippa, et donne à Octavien le pouvoir sur Rome et l'Empire[c 45],[r 16],[j 27].

Un administrateur talentueux à Rome : de grands travaux

Retour à Rome et nouveaux consulats (31 - 27)

Suite à la victoire d'Actium, Octavien prépare une campagne contre l'Égypte : cependant, toutes les légions d'Antoine présentes à Actium se sont jointes aux siennes. Il décide de démobiliser la moitié de son armée qui retourne en Italie, et renvoie Agrippa à Rome pour faire face au mécontentement des vétérans qui n'ont pas encore reçu de récompenses. En l'absence d'Octavien, Agrippa et Mécène exercent l'intérim à Rome et en Italie. Cependant, ni l'un ni l'autre n'exerce de magistrature, étant tous deux de simples privatus. Le prestige des compagnons d'Octave suffit à asseoir leur autorité. Les deux hommes peuvent utiliser le sceau d'Octavien et ouvrir les lettres qu’il adresse au Sénat[c 46],[j 28].

Agrippa éprouve de grandes difficultés à contenir le mécontentement des vétérans et fait appel à Octavien pour qu'il intervienne. Ce dernier débarque en plein hiver à Brindes pour rejoindre Rome, devant repousser sa campagne contre l’Égypte[c 47]. Octavien fait expulser des proscrits et d'anciens partisans d'Antoine d'Italie pour donner des terres aux vétérans, et refond la colonie de Carthage[c 48].

La flotte, dorénavant permanente, est tout d'abord basée à Forum Julii, puis elle sera redéployée sur les côtes italiennes, à Misène et Ravenne, Agrippa jouant sûrement un rôle important lors de ce redéploiement du dispositif naval impérial[c 48],[j 29].

Octavien dépose ses pouvoirs triumviraux, qu'on lui avait attribués pour rétablir la République, et revêt alors un sixième consulat, choisissant Agrippa comme collègue. Cela permet de donner l'illusion que les institutions républicaines fonctionnent à nouveau, via le respect de collégialité de la magistrature suprême. En outre, le choix d'Agrippa permet à Octavien d'avoir un collègue ne lui faisant pas d'ombre, et le couple consulaire est renouvelé en 27 av. J.‑C.[c 49],[j 30]

Agrippa en Neptune, héros des victoires navales d'Auguste. Statue du début du règne d'Auguste. Musée archéologique de Venise.

Cette année-là, le Sénat décerne le titre impérial d’Auguste à Octavien, donnant ainsi naissance au principat. Les deux consuls épurent les listes sénatoriales pour revenir à un Sénat de 600 membres[c 50].

En récompense de ses actions, Agrippa reçoit une décoration particulière : un étendard couleur bleu de mer. Il se voit probablement élever au patriciat et récupère le domaine de Marc Antoine sur le mont Palatin, qu'il partage avec un autre proche de l'empereur, Valerius Messalla[c 15],[j 31], tous deux étant installés près de la demeure impériale[c 51],[j 32].

Auguste donne à Agrippa, dont on ignore s'il est veuf ou divorcé d'Attica, la main de sa nièce Claudia Marcella l’Aînée en 28 av. J.‑C.[c 15],[j 31]

De grand travaux sur le Champ de Mars (27 - 23)

Auguste quitte Rome à l'été 27 av. J.‑C. pour la Gaule puis pour mener des campagnes militaires en Hispanie durant trois années, en laissant une nouvelle fois la Ville à Agrippa et Mécène[c 52].

Agrippa lance de grands travaux à Rome et poursuivit l’œuvre entamée quelques années plus tôt lors de son édilité de 33 av. J.‑C. Il lance des chantiers sur le Champ de Mars, alors peu urbanisé, étant jusque là consacré à l'entraînement militaire et aux activités civiques[c 53]. Agrippa poursuit alors trois buts[c 54] :

Maquette d'Italo Gismondi des réalisations d'Agrippa sur le Champ de Mars : les Saepta Julia en haut, le Panthéon à gauche et les thermes d'Agrippa à droite, de part et d'autre de la basilique de Neptune, et en bas les jardins d'Agrippa au milieu duquel on retrouve l’étang qu'il a aménagé.
  • contribuer au bien-être des citoyens de la Ville ;
  • embellir Rome par la construction de grands monuments ;
  • et célébrer la gloire et la grandeur de l’Empire et d'Auguste.

Agrippa a amassé une grande fortune à l'issue des guerres civiles, ayant récupéré plein de biens de proscrits et des partisans d'Antoine, dont des terrains sur le Champ de Mars, et a aussi hérité de son richissime beau-père Atticus. Il a récupéré de grandes propriétés en Sicile après la défaite de Sextus Pompée ainsi qu'en Égypte avec celle de Marc Antoine et Cléopâtre VII[c 55],[j 33].

De plus, il possède aussi de nombreuses mines et fabriques qui lui facilitent ses projets, ainsi qu'une abondante main d'œuvre et des personnes très qualifiées parmi ses nombreux esclaves et affranchis. A cela s'ajoute des architectes et des techniciens de son entourage, dont notamment Vitruve[c 38],[j 34].

En premier lieu, Agrippa se lance dans l'achèvement des projets de Jules César, en remplaçant l'enceinte de bois autour des Saepta, renommées Saepta Julia, qui abrite les réunions des comices, par des murs en marbre entourés par un portique. Il complète le tout par un bâtiment rectangulaire à colonnades, orné de nombreuses sculptures, et qui devient un lieu privilégié fréquenté des Romains[c 56],[j 35]. Il édifie aussi des thermes ouverts publics, apportant de nombreuses innovations pour ce type d'édifice : les Thermes d'Agrippa[c 57],[j 36]. Il fera aussi aménager un étang et approvisionnera ce dernier, ses thermes et plus généralement le quartier du Champ de Mars[a 17] en construisant un nouvel aqueduc, l’Aqua Virgo, qui sera inauguré en 19 av. J.‑C.[a 18]

Le Pantheon d'Hadrien à Rome. Il comporte une mention M·AGRIPPA·L·F·COS·TERTIVM·FECIT, signifiant « Marcus Agrippa, fils de Lucius, Consul pour la troisième fois, le construisit ».

En commémoration de la bataille d'Actium, Agrippa fait construire et dédicace le bâtiment qui fera office de « Panthéon » jusqu'à sa destruction en 80 ap. J.-C. L'empereur Hadrien utilisera le modèle d'Agrippa pour son propre Panthéon, celui que nous pouvons toujours voir aujourd'hui à Rome. Une inscription présente sur ce nouveau bâtiment construit en 125 conserve le texte de celle qui était présente sur le bâtiment d'Agrippa durant son troisième consulat en 27 av. J.‑C.[c 58] Non loin du Panthéon, il fait édifier une basilique, dite « de Neptune », pour célébrer les victoires navales d'Auguste contre Sextus Pompée et Marc Antoine, auxquelles Agrippa a tant contribué[c 59],[j 37].

Sa demeure sur le mont Palatin, anciennement celle de Marc Antoine, est détruite par un incendie en 26 ou 25 av. J.‑C., et il est invité par le Prince à s'installer dans la demeure impériale[c 54].

En 25 av. J.‑C., le neveu de l'empereur, Marcus Claudius Marcellus, se marie avec la fille d'Auguste, Julia, Agrippa officiant en l'absence d'Auguste[c 60]. Auguste est tombé malade en Hispanie et s'inquiète alors pour sa succession : il confère alors de grands honneurs à son neveu devenu gendre, qui devient alors l’héritier de l'empereur aux yeux du peuple[c 60].

En 23 av. J.‑C., de retour d'Hispanie, Auguste est mourant, et il décide de remettre son sceau authentifiant les actes officiels à Agrippa en présence de tous les magistrats et des principaux sénateurs et chevaliers de la Ville[c 61],[1]. Par contre, il remet ses documents militaires et financiers, ainsi que ses archives, à son co-consul Cnaeus Cornelius Piso, un ancien républicain tout juste rallié. Si l'empereur décède, Agrippa, à titre privé, hérite de la fortune du Prince et de sa clientèle, tandis que le Sénat et le Peuple romain récupère officiellement ses pouvoirs par l'intermédiaire de Piso. Cependant, c'est bien Agrippa qui récupèrerait une position forte suite à ces dispositions prises par l'empereur, qu'il aurait pu transmettre à Marcellus lorsque ce dernier et le peuple auraient été prêts[c 62],[j 38].

Buste d'Agrippa, photo de la fin XIXe - début XXe siècle, Florence.

Gouvernorat des provinces orientales (23 - 21)

Finalement, l'empereur se rétablit à la surprise de tous. Les auteurs antiques allèguent que l'amitié d'Agrippa avec Auguste semble avoir été assombrie par la jalousie envers son beau-frère Marcellus, probablement à l'instigation de Livie, la troisième épouse d'Auguste. On explique communément le départ d'Agrippa de Rome au motif de cette jalousie plutôt que sous celui du gouvernorat des provinces orientales, considéré comme un exil honorable. Cependant, Auguste devait se rendre dans ces provinces, mais encore convalescent, il envoie son plus proche collaborateur, Agrippa, qui reçoit un imperium supérieur à tout autre en Orient[1],[c 63],[j 39].

Toutefois, Agrippa envoie son légat en Syrie tandis que lui-même reste à Lesbos et exerce son pouvoir par procuration. Il aurait aussi été chargé d'une mission secrète, celle de négocier avec les Parthes[c 64] au sujet du renvoi des aigles des légions romaines dont ils s'étaient emparés à Carrhes. En effet, peu après son arrivée en Orient, arrivent à Rome des ambassadeurs du roi des Parthes, Phraatès IV. Auguste décide de libérer le fils du roi, Phraatès V, à condition que les insignes de Crassus et les prisonniers de la guerre de 53 av. J.‑C. soient retournés à l'État romain[2],[a 19].

Si on place ces évènements pendant la crise politique de 23 av. J.‑C., il est peu probable que l'empereur, en proie à l'instauration d'un nouveau régime politique, synonyme de bouleversement, ait « exilé » un homme pour diriger le plus gros des troupes romaines. Il s'agit plus probablement d'une décision politique prudente et Auguste aurait mandaté Agrippa pour diriger les légions d'Orient avec la possibilité de s'en servir si l'instauration du principat requérait un soutien militaire rapide. Auguste doit en effet faire face à un complot en 23/22 av. J.‑C. après sa maladie[c 65],[j 40].

Alors qu'Auguste a mis en place sa succession, avec un cogérant dévoué et efficace et un jeune héritier prometteur[c 66], ce dernier, Marcus Claudius Marcellus, décède brusquement en 23 av. J.-C. Auguste prononce l'éloge funèbre de son gendre et Marcellus est le premier membre de la famille impériale à reposer dans le mausolée d'Auguste[c 67],[j 41].

L'empereur, resté à Rome, rencontre de plus en plus d’hostilité de la part de l'aristocratie romaine, son emprise sur la politique étant trop évidente. Il choisit alors, comme cinq années auparavant lors de son départ pour l'Hispanie, de s'éloigner de Rome. Il a pour objectif de rejoindre Agrippa en Orient, et fait une première étape en Sicile[c 68]. Mais les élections consulaires pour l'année 21 av. J.‑C. amènent de forts troubles à Rome, deux candidats cherchant à s'imposer par la force[c 69].

Le « co-empereur » et héritier d'Auguste

Retour à Rome et mariage avec Julia (21 - 20)

On dit que Mécène aurait alors conseillé à Auguste, préoccupé par sa succession et par les troubles à Rome, de se rapprocher davantage d'Agrippa en en faisant son gendre. Mécène aurait fait remarquer à Auguste qu'il a rendu Agrippa si puissant qu'il fallait soit l'éliminer, soit se le lier[c 70],[j 42]. Auguste n'a eu qu'une fille, de ses trois mariages (avec Clodia Pulchra, Scribonia puis Livie). Il aurait donc incité Agrippa à se défaire de Marcella et à épouser sa fille Julia, la veuve de Marcellus, louée pour sa beauté, ses capacités et une débauche sans scrupule[c 71],[j 43]. Agrippa quitte Mytilène avant la fin de l’hiver 22/21 av. J.‑C. pour épouser Julia à Rome[c 72].

Auguste continue quant à lui son voyage en Orient, laissant le soin à Agrippa, dont le mariage avec la fille d'Auguste lui donne une légitimité suffisante, pour faire face aux troubles à Rome[c 72].

Le nouveau couple se fait construire une villa sur la rive droite du Tibre, près du Trastevere, où ont été retrouvé nombre de peintures qui témoignent de l’intérêt d'Agrippa et de son épouse pour les œuvres d'art[c 71],[j 44]. Un pont sera aussi édifié pour joindre la villa au reste de la cité : le pont d'Agrippa.

Agrippa, qui a le même âge que l’empereur et donc l'âge d'être le père de sa femme, est sûrement pour Auguste un intermédiaire et un protecteur des enfants à naître du nouveau couple. La naissance de Caius et Lucius Julius Caesar Vipsanianus en 20 et 17 av. J.‑C. comble de joie l'empereur qui les adopte, ces derniers devenant ses héritiers[1],[c 73],[j 45]. Entre les deux, Agrippa et Julia ont aussi une fille : Vipsania Julia Agrippina, née en 19 av. J.‑C.[c 74]

Administration de la Gaule et guerres cantabres (20 - 19)

Milliaire de la via Agrippa (cathédrale de Valence, Drôme).

En 20 av. J.‑C., Agrippa quitte Rome pour une mission périlleuse en Occident[c 74],[j 46]. Agrippa se rend d'abord sur le Rhin, où il repousse les incursions germaniques et fonde une colonie à Cologne, sur la rive droite du Rhin, en déplaçant une tribu alliée de Rome, les Ubiens[c 75],[j 47],[3].

Il jette les bases de l'organisation de la province des Gaules, réformant l'administration provinciale, le système de taxes et construisant un important réseau d'aqueducs. Il entreprend, sur ordre d'Auguste, la construction du réseau des voies romaines[c 75],[j 47]. Lugdunum se retrouve au cœur du réseau routier qu'il a créé en Gaule, la ville devenant alors la capitale des Gaules sous son impulsion[c 76]. La colonie de Nemausus fondée par Auguste sous la direction d'Agrippa quelques années plus tôt, devient le siège d'un atelier monétaire et de nombreux monuments y sont construits[c 77],[j 48].

Opérations militaires romaines menées durant les guerres cantabres de 26 et 25 av. J.‑C. par Auguste et ses lieutenants.

Ensuite, il part combattre les Cantabres en Hispanie pour mettre fin aux révoltes à répétition[c 75]. Au nord de la péninsule ibérique, dans le pays des Astures, des Cantabres et des Galiciens, les populations de cette région montagneuse sont farouchement attachées à leur indépendance, et les armées d'Auguste sont engagées dans une guerre de conquête depuis deux décennies. Les Astures sont soumis mais les Cantabres continuent à résister[4],[c 78].

Agrippa obtient, par la terreur, un succès définitif en 19 av. J.‑C.[4] : il fait massacrer la majorité des hommes en âge de porter des armes, en asservissant un grand nombre d'hispaniques et en installant le reste de la population dans les plaines en lieu et place des montagnes[c 77]. Comme en Gaule précédemment, il esquisse l'organisation administrative de la province, en y fondant des cités de vétérans et en développant le réseau routier[c 77],[j 49].

Retour à Rome et jeux séculaires (19 - 17)

Un denier qui comporte le buste d'Auguste sur une face et celui d'Agrippa sur l'autre.

Agrippa est alors considéré comme le « collègue » de l'empereur[1]. Le portrait d'Agrippa apparaît adossé, tel celui d'un co-empereur, à celui d'Auguste sur des monnaies[5] émises à la fin du Ier siècle av. J.‑C. dans la colonie romaine de Nemausus, ce qui montre sa position politique très élevée et son immense prestige dû à son rôle majeur dans la victoire d'Actium.

A son retour à Rome, il décline le triomphe qui lui est accordé par le Sénat, ne voulant pas faire la moindre ombre à l'empereur. Dorénavant collègue de l’empereur et héritier, il ne rend plus compte au Sénat mais seulement à l'empereur[c 79],[j 47].

En 18 av. J.‑C., Auguste voit ses pouvoirs renouvelés et tient à ce qu'Agrippa reçoive aussi l’imperium exceptionnel ainsi que la puissance tribunicienne pour cinq années[c 75],[j 50], que lui-même n'a reçu qu'en 23 av. J.‑C. pour la première fois[c 80].

En 17 av. J.‑C., Auguste décide de célébrer les Jeux séculaires, pour exalter le nouveau siècle d’or[c 81]. L'empereur et Agrippa sont alors les présidents du collège de prêtre dont relève la cérémonie : les quindécemvirs des affaires religieuses[c 82]. L'empereur et Agrippa sacrifient plusieurs animaux aux Parques, à Junon, à Diane et à Apollon[c 83]. Agrippa offre plusieurs courses de char au peuple[c 84]. C'est durant ces jeux que Lucius naît, ce qui coïncide avec le nouvel âge d'or tel le chante Horace[a 20] et Auguste l'adopte avec son frère aîné Caius[c 73].

Gouvernorat de l'Orient (17 - 12)

Quelques semaines après la fin des Jeux et la naissance de Lucius, Agrippa quitte Rome pour l'Orient en compagnie de son épouse, ce qui contrevient aux règles pour un chef militaire[c 85]. Cependant, cela renforce le prestige du gendre d'Auguste. De nombreuses dédicaces sont adressées dans les villes grecques qu'ils parcourent. Sa mission est la même que lors de sa précédente visite en Orient : veiller au rétablissement des finances des villes de la partie orientale de l’Empire[c 86],[j 51].

Le théâtre de Mérida. Construit à l'instigation d'Agrippa entre 16 et 15 av. J.‑C.

En fin d'année 15 av. J.‑C., en Grèce, naît la seconde fille du couple, Agrippina[c 86].

En 14 av. J.‑C., Nicolas de Damas est dépêché auprès d'Agrippa, qu'il rencontre en Asie Mineure, afin de plaider la cause des Juifs vivant dans les cités hellénisées. L'administration prudente d'Agrippa lui vaut le respect et les bons auspices des provinciaux, notamment des Juifs.

Cette même année, Agrippa combat un prétendu héritier du pire ennemi des premières décennies de ce siècle : Mithridate VI du Pont a combattu Rome de 88 à 63 av. J.‑C. dans les terribles guerres mithridatiques. Ce prétendant tente de s'imposer dans le royaume du Bosphore cimmérien. Agrippa le vainc et restaure le pouvoir de Rome sur les habitants de la Crimée. Agrippa reçoit de grands honneurs et même un triomphe, qu'il décline à nouveau, pour avoir vaincu un ennemi du nom de « Mithridate », ce qui a un grand retentissement à Rome, et le blé cimmérien approvisionne à nouveau la Grèce et l'Anatolie[c 87],[j 52].

Les conquêtes du principat d'Auguste.

En 13 av. J.‑C., Auguste et Agrippa, ayant respectivement gouverné l'Occident et l’Orient depuis quelques années, rentrent à Rome pour se voir renouveler l’imperium et la puissance tribunicienne pour cinq ans[c 88].

Dès l'automne, une fois ses pouvoirs renouvelés, Agrippa quitte Rome pour la Pannonie, le dernier accès direct à l’Italie pour les ennemis de Rome depuis que l'arc alpin a été soumis par Auguste. De plus, les Pannoniens ont récemment menés des incursions en Istrie. Cette campagne pannonienne s'inscrit peut-être dans un plan plus général qu'il faut couplé avec l'offensive prévue l’année suivante de Drusus en Germanie. Dans un premier temps, Agrippa intervient dans la région du haut-Danube, dans les vallées de la Save et de la Drave[c 89],[j 53].

Cependant, durant l’hiver 13/12 av. J.‑C., son état de santé se dégrade et il doit quitter les montagnes pannoniennes pour se retirer en Campanie[c 89],[j 53].

Temple d'Agrippa à Valetudo, site archéologique de Glanum[N 4].

Mort et postérité

Il meurt en Campanie entre le 19 et le 24 mars de l'année 12 av. J.‑C. à l'âge de 50 ans[1],[c 90],[j 54].

Selon Pline l'Ancien[a 21], Agrippa souffre depuis des années de violentes crises de goutte ainsi que de rhumatismes, comme en témoigne les nombreuses dédicaces à la Santé lors de son séjour en Gaule[c 91],[j 55]. Agrippa, affaibli, n'aurait pas résisté à la rigueur de l’hiver dans les montagnes pannoniennes ou aurait été emporté par une épidémie touchant l'Italie dans les premiers mois de l’année 12 av. J.‑C., à l'instar de Lépide, selon les historiens modernes[c 91],[6].

Auguste honore son ami en organisant des funérailles grandioses, conformes à celles qu'il prévoit pour lui-même. Il prononce l'éloge funèbre devant le temple du Divin Jules et porte le deuil pendant plus d'un mois[c 91]. Il s'occupera lui-même de l'éducation des enfants qu'il a adopté. Bien qu'ayant fait bâtir sa dernière demeure, Agrippa aura l'honneur de reposer dans le propre mausolée de l'empereur, devenant ainsi un membre à part entière de la famille impériale[c 92].

L'aristocratie romaine manifeste son profond mépris qu’elle avait pour Agrippa, qu'elle considère comme un parvenu, un homo novus, et refuse d'assister aux jeux funèbres. La plèbe, au contraire, rend massivement hommage au gendre de l’empereur, pour son œuvre édilitaire qui a grandement contribué au bien-être de tous les Romains, notamment par l'amélioration de l’approvisionnement en eau de la Ville[c 93],[j 56].

Agrippa sur l'Autel de la paix d'Auguste, édifié par l'empereur romain Auguste entre 13 et 9 av. J.‑C.

Agrippa lègue via son testament la majeure partie de ses biens à l'empereur[c 93], dont son équipe d'esclaves pour entretenir le réseau d'approvisionnement. Ses thermes sont légués au peuple romain, tout comme les parcs et jardins qu’il a aménagé. Auguste distribue 100 deniers d'argent aux citoyens bénéficiant de distribution de blé au nom de son gendre[c 37],[j 56].

Un portique légué par Agrippa et achevé par la sœur de l’empereur doit alors contenir une carte du Monde tel qu’il est connu avec les limites de l’Empire, carte dressée à partir des indications laissées par Agrippa[c 37],[j 57],[7].

Son fils posthume, né en fin d'année, Marcus Vipsanius Agrippa Posthumus, est nommé en son honneur[c 94].

Épouses et descendance

Avec sa première épouse, Caecilia Pomponia Attica, il a une fille : Vipsania Agrippina, qui sera la première épouse de Tibère.

De sa seconde épouse, Claudia Marcella l’Aînée, il a aussi une fille, Vipsania Marcella, épouse du sénateur Quintus Haterius.

De sa dernière union avec Julia, fille d'Auguste, naissent 5 enfants qui connaissent tous un destin tragique :

Pièce d'Agrippa, frappée sous Caligula, 37-41 ap. J.-C. Tête à gauche, portant la couronne rostrale / Neptune debout, tenant de petits dauphins et le trident.


Personnalité d'Agrippa

Agrippa est « tour à tour général, amiral, architecte, ministre des travaux publics, hommes de lettres, administrateur et géographe[8] ».

Les auteurs antiques, au premier rang desquels Dion Cassius[a 22], opposent souvent les personnalités des deux plus proches conseillers d'Auguste : Agrippa et Mécène. Le premier est d'origine modeste, un soldat sorti du rang suite à des exploits militaires, un homo novus. Ce sont les victoires remportées pour Octavien, ainsi que leur amitié depuis l’enfance, qui lui permet de gravir les échelons du cursus honorum. Cependant, même arrivé à la magistrature suprême et au pouvoir au côté du Prince, il affecte une grande simplicité de vie qui rappelle l'austérité des vertus romaines traditionnelles. Son origine et sa conduite lui valent le mépris de l'ancienne noblesse romaine, alors que les auteurs antiques font d'Agrippa un partisan convaincu du rétablissement de la république traditionnelle, toujours en opposition à Mécène[c 95],[j 31]. Ce dernier est par ailleurs décrit comme étant diamétralement opposé, issu d'une vieille famille étrusque, aimant le luxe, menant une grande vie et partisan d'un régime monarchique[c 96]

La rivalité ou la mésentente entre les deux amis d'Auguste, que tout semble opposer, est sûrement très exagérée. Octave n'aurait pas à maintes reprises confier les rênes de l'Italie et de Rome aux mains de deux hommes se haïssant[c 97],[j 58].

Agrippa fera preuve tout au long de sa vie d'un très grand sens politique, dans l’ombre d'Auguste, en ménageant la susceptibilité de son ami et empereur. S'il lui permet par ses victoires navales de se rendre maître de l’Occident puis de tout l'Empire, il restera toujours au second plan, refusant par trois fois les triomphes qu'on lui décerne[9],[j 59].

Ses consulats

Agrippa dans la culture populaire

Buste d'Agrippa, Altes Museum, Berlin.

Littérature

Agrippa est un personnage dans :

À l’écran

Dans Moi Claude empereur, adaptation de I, Claudius (en), par BBC Two, diffusée en 1976, Agrippa est dépeint comme un homme âgé, alors qu'il n'a seulement que 39 ans lors des faits historiques racontés dans le premier épisode (24/23 av. J.‑C.). Il est joué par John Paul (en). Son départ en Orient en 23 av. J.‑C. est expliqué par sa jalousie envers Marcus Claudius Marcellus. Excédé par le comportement de ce dernier, il « s'exile » en Orient. Agrippa consent à revenir à Rome à la seule condition qu'Auguste accepte de lui faire épouser Julia.

Dans Imperium: Augustus (en), projet britanno-italien, 2003, Auguste raconte à sa fille Julia, après la mort de son mari Agrippa, comment il est devenu le célèbre empereur romain. Dans ces flashbacks, Agrippa lui montre dans sa jeunesse à servir dans l'armée de Jules César jusqu'à sa victoire d'Actium. Il est joué par Ken Duken (en).

Dans la seconde saison de la série Rome de HBO, BBC Two et Rai 2, diffusée en 2007, Marcus Agrippa est un personnage basé sur les premières années de la carrière de Marcus Vipsanius Agrippa, entre 44 et 30 av. J.‑C. Il est joué par Allen Leech. La série crée une relation romantique entre Agrippa et la sœur d'Octavien, Octavie la Jeune, pour laquelle il n'existe aucune preuve historique.

Agrippa apparaît en outre dans plusieurs films sur Cléopâtre. Il est généralement présenté comme un vieil homme. Parmi les acteurs qui l'ont joué, on retrouve Philip Locke (en), Alan Rowe (en) et Andrew Keir.

Notes et références

Notes

  1. Voir l’inscription sur le Panthéon de Rome (CIL, VI, 896) : « M·AGRIPPA·L·F·COS·TERTIVM·FECIT », c'est-à-dire « Marcus Agrippa, fils de Lucius, consul pour la troisième fois, le fit construire ».
  2. Mentionné seulement par Maurus Servius Honoratus dans In tria Virgilii Opera Expositio, ses commentaires sur Virgile, L'Énéide, 8, 682. Mais le tribunat de la plèbe est une magistrature préliminaire nécessaire pour devenir préteur urbain, ce qui sera le cas pour Agrippa en 40 av. J.‑C. L'année de 43 av. J.‑C. pour ce probable tribunat est donc privilégié par J.-M. Roddaz, Marcus Agrippa, 1984, p. 41.
  3. Dion Cassius déclare que Sosius est tué, mais cela est une erreur, ce dernier a combattu et survécu à la bataille d'Actium (M. Reinhold, Marcus Agrippa: a Biography, 1933, p. 54 et J.-M. Roddaz, Marcus Agrippa, 1984, p. 163).
  4. L'architrave comporte la dédicace du temple : (VAL) ETUDINI M (ARCUS) AGRIPPA, signifiant « À la bonne santé, Marcus Agrippa (a offert ce monument) » (Fabienne Gateau et Michiel Gazenbeek, Carte archéologique de la Gaule, Les Alpilles et la Montagnette, Paris, 1999, pp. 305-306).

Références

  1. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 23-26.
  2. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 23.
  3. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 32-33.
  4. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 34-35.
  5. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 36-37.
  6. a et b J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 39-41.
  7. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 41.
  8. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 45-61.
  9. a et b J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 81-85, pp. 185-187 et pp. 199-201.
  10. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 61-63.
  11. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 63-64.
  12. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 66-75.
  13. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 75-80.
  14. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 87-117.
  15. a et b J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 117-122.
  16. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 122-129.
  17. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 130-132.
  18. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 132.
  19. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 133-136.
  20. a et b J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 140-145.
  21. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 168.
  22. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 145-157.
  23. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 148-152.
  24. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 157-159.
  25. a, b, c et d J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 159-162.
  26. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 164-174.
  27. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 174-181.
  28. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 183-185.
  29. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 182.
  30. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 203-209.
  31. a, b et c J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 209-229.
  32. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 207.
  33. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 234-244.
  34. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 244-252.
  35. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 256-260.
  36. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 278-291.
  37. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 265-278.
  38. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 314-319.
  39. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 319-331.
  40. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 325-328.
  41. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 351-352.
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  57. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 291-293 et pp. 583-587.
  58. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 216-219.
  59. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 554.
  1. M. Reinhold, op. cit., pp. 2-4.
  2. M. Reinhold, op. cit., p. 9.
  3. M. Reinhold, op. cit., pp. 13-14.
  4. M. Reinhold, op. cit., p. 16.
  5. M. Reinhold, op. cit., pp. 17-20.
  6. M. Reinhold, op. cit., pp. 35-37.
  7. M. Reinhold, op. cit., p. 22.
  8. M. Reinhold, op. cit., p. 23.
  9. M. Reinhold, op. cit., pp. 23-24.
  10. a et b M. Reinhold, op. cit., pp. 25-29.
  11. M. Reinhold, op. cit., pp. 29-32.
  12. M. Reinhold, op. cit., pp. 33-35.
  13. M. Reinhold, op. cit., pp. 37-42.
  14. M. Reinhold, op. cit., pp. 45-47.
  15. M. Reinhold, op. cit., pp. 53-54.
  16. M. Reinhold, op. cit., pp. 57-58.
  1. a, b et c P. Cosme, op. cit., p. 15.
  2. a et b P. Cosme, op. cit., p. 18.
  3. P. Cosme, op. cit., pp. 18-19.
  4. P. Cosme, op. cit., p. 19.
  5. P. Cosme, op. cit., p. 20.
  6. P. Cosme, op. cit., p. 21.
  7. P. Cosme, op. cit., pp. 21-22.
  8. P. Cosme, op. cit., p. 33.
  9. P. Cosme, op. cit., p. 22.
  10. a et b P. Cosme, op. cit., p. 38.
  11. P. Cosme, op. cit., p. 48.
  12. P. Cosme, op. cit., p. 63.
  13. P. Cosme, op. cit., p. 64.
  14. a et b P. Cosme, op. cit., p. 65.
  15. a, b et c P. Cosme, op. cit., pp. 123-124.
  16. P. Cosme, op. cit., p. 66.
  17. a et b P. Cosme, op. cit., p. 67.
  18. a et b P. Cosme, op. cit., p. 68.
  19. P. Cosme, op. cit., p. 76-77.
  20. P. Cosme, op. cit., p. 76.
  21. a, b, c, d et e P. Cosme, op. cit., p. 77.
  22. a et b P. Cosme, op. cit., p. 78.
  23. P. Cosme, op. cit., p. 79.
  24. a et b P. Cosme, op. cit., p. 80.
  25. P. Cosme, op. cit., pp. 80-81.
  26. P. Cosme, op. cit., p. 81.
  27. P. Cosme, op. cit., pp. 81-82.
  28. P. Cosme, op. cit., p. 82.
  29. P. Cosme, op. cit., pp. 82-83.
  30. P. Cosme, op. cit., p. 86.
  31. P. Cosme, op. cit., p. 87.
  32. a, b et c P. Cosme, op. cit., p. 93.
  33. P. Cosme, op. cit., pp. 93-94.
  34. P. Cosme, op. cit., pp. 95-96.
  35. a et b P. Cosme, op. cit., p. 104.
  36. a et b P. Cosme, op. cit., p. 96.
  37. a, b et c P. Cosme, op. cit., p. 210.
  38. a et b P. Cosme, op. cit., p. 154.
  39. P. Cosme, op. cit., p. 103.
  40. P. Cosme, op. cit., pp. 103-104.
  41. a et b P. Cosme, op. cit., pp. 104-105.
  42. P. Cosme, op. cit., p. 105.
  43. P. Cosme, op. cit., pp. 105-106.
  44. P. Cosme, op. cit., pp. 106-107.
  45. P. Cosme, op. cit., pp. 107-108.
  46. P. Cosme, op. cit., pp. 109-110.
  47. P. Cosme, op. cit., pp. 110-111.
  48. a et b P. Cosme, op. cit., p. 111.
  49. P. Cosme, op. cit., p. 123.
  50. P. Cosme, op. cit., p. 124.
  51. P. Cosme, op. cit., p. 145.
  52. P. Cosme, op. cit., p. 148.
  53. P. Cosme, op. cit., pp. 152-153.
  54. a et b P. Cosme, op. cit., p. 153.
  55. P. Cosme, op. cit., pp. 153-154.
  56. P. Cosme, op. cit., pp. 154-155.
  57. P. Cosme, op. cit., p. 155.
  58. P. Cosme, op. cit., pp. 155-156.
  59. P. Cosme, op. cit., p. 156.
  60. a et b P. Cosme, op. cit., pp. 157-158.
  61. P. Cosme, op. cit., p. 158.
  62. P. Cosme, op. cit., p. 159.
  63. P. Cosme, op. cit., pp. 160-162.
  64. P. Cosme, op. cit., p. 173.
  65. P. Cosme, op. cit., pp. 166-167.
  66. P. Cosme, op. cit., p. 162.
  67. P. Cosme, op. cit., p. 163.
  68. P. Cosme, op. cit., pp. 168-169.
  69. P. Cosme, op. cit., p. 169.
  70. P. Cosme, op. cit., pp. 169-170.
  71. a et b P. Cosme, op. cit., p. 175.
  72. a et b P. Cosme, op. cit., p. 170.
  73. a et b P. Cosme, op. cit., p. 192.
  74. a et b P. Cosme, op. cit., p. 176.
  75. a, b, c et d P. Cosme, op. cit., p. 178.
  76. P. Cosme, op. cit., p. 196.
  77. a, b et c P. Cosme, op. cit., p. 197.
  78. P. Cosme, op. cit., pp. 147-152.
  79. P. Cosme, op. cit., p. 179.
  80. P. Cosme, op. cit., p. 161.
  81. P. Cosme, op. cit., p. 188.
  82. P. Cosme, op. cit., p. 189.
  83. P. Cosme, op. cit., p. 190.
  84. P. Cosme, op. cit., p. 191.
  85. P. Cosme, op. cit., pp. 192-193.
  86. a et b P. Cosme, op. cit., p. 193.
  87. P. Cosme, op. cit., p. 201.
  88. P. Cosme, op. cit., p. 200.
  89. a et b P. Cosme, op. cit., p. 206.
  90. P. Cosme, op. cit., pp. 207-208.
  91. a, b et c P. Cosme, op. cit., p. 208.
  92. P. Cosme, op. cit., pp. 208-209.
  93. a et b P. Cosme, op. cit., p. 209.
  94. P. Cosme, op. cit., pp. 209-210.
  95. P. Cosme, op. cit., p. 128.
  96. P. Cosme, op. cit., pp. 129-130.
  97. P. Cosme, op. cit., p. 130.
  • Autres sources modernes
  1. a, b, c, d et e J.-P. Martin et al., Histoire romaine, 2006, p. 213.
  2. David Magie, The Mission of Agrippa to the Orient in 23 BC, Classical Philology, vol. 3, no 2 (avril 1908), pp. 145-152.
  3. Werner Eck, La romanisation de la Germanie, Errance, Paris, 2007, p. 10.
  4. a et b J.-P. Martin et al., Histoire romaine, 2006, p. 210.
  5. In-Médias, As de Nîmes, type III : Auguste et Agrippa.
  6. Pat Southern, Augustuséd.Routledge, 1998, p. 246.
  7. Claude Nicolet, L'Inventaire du monde. Géographie et politique aux origines de l'Empire romainéd.Fayard, Paris, 1988, pp. 103-131.
  8. Pierre Salmon, « Roddaz (Jean-Michel). Marcus Agrippa », 1987, p. 190.
  9. Pierre Salmon, « Roddaz (Jean-Michel). Marcus Agrippa », 1987, p. 191.
  • Sources antiques
  1. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 96.
  2. Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 94.
  3. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 69, 5.
  4. Plutarque, Vies parallèles, Brutus, 27.
  5. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre VII, 148.
  6. Appien, Guerres civiles, V, 97-118.
  7. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLIX, 14.
  8. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 9.
  9. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 98.
  10. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLIX, 42-43.
  11. Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 27-30.
  12. Cornélius Népos, De viris illustribus, « Pomponius Atticus », 21-22.
  13. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre L, 13.
  14. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre L, 14.
  15. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 84, 2.
  16. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre L, 31.
  17. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 22.
  18. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 10.
  19. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LIII, 33.
  20. Horace, Chant séculaire.
  21. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre VII, 45 et livre XXIII, 58.
  22. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LI.

Voir aussi

Bibliographie

Biographie de Vipsanius Agrippa

  • Jean-Michel Roddaz, Marcus Agrippa, Rome, École Française de Rome, 1984, 734 p. (ISBN 978-2-72830-069-3) 
  • Pierre Salmon, « Roddaz (Jean-Michel). Marcus Agrippa », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 65, no 1, 1987, pp. 190-191.
  • (en) Meyer Reinhold, Marcus Agrippa: a Biography, Genève, W. F. Humphrey Press, 1933, 203 p. 
  • (en) Frederick Adam Wright, Marcus Agrippa: organizer of victory, Taylor & Francis, 1937, 267 p. 
  • (en) Jona Lendering, « Marcus Vipsanius Agrippa », livius.org, 2005, article revu en 2010.
  • (en) William Smith, A Dictionary of Greek and Roman biography and mythology, « Marcus Vipsanius Agrippa », Perseus, 1848.

Autres ouvrages plus généraux

Sources antiques


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