Constantin IX
Constantin IX
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Constantin IX
Mosaique à Hagia Sophia représentant Constantin IX
Règne
11 juin 1042 - 11 janvier 1055
&&&&&&&&&&&0459712 ans, 7 mois et 0 jour
Période Macédonienne par mariage
Prédécesseur(s) Zoé et Michel V le Calfat
Co-empereur(s) Zoé (1028 - 1050)
Successeur(s) Théodora Porphyrogénète
Biographie
Naissance v. 1000
Décès 11 janvier 1055 (~55 ans)
(Constantinople)
Père Théodose Monomachos
Épouse(s) Inconnue
Pulchéria Sklèros
Zoé
Descendance Anna
Liste des empereurs byzantins

Constantin IX Monomaque (grec: Κωνσταντίνος Θ΄ Μονομάχος, Kōnstantinos IX Monomakhos), (v. 1000 - 11 janvier 1055) est empereur byzantin du 12 juin 1042 au 11 janvier 1055.

Au cours de son règne de plus de 12 ans Constantin Monomaque qui n’a pratiquement jamais quitté le palais impérial doit faire face à un complot, deux séditions militaires une attaque des Russes sur la capitale, ainsi qu’à l’apparition de nouveaux ennemis avec le début des attaques des turcs seldjoukides à l’est, l’invasion des Petchenègues sur le Danube et l’agression des Normands en Italie du sud.

Constantin IX, par sa « folle prodigalité »[1], notamment par la construction de somptueux monastères dans le quartier des Manganès et dans l'île de Chio où il avait été accueilli pendant son exil[2], a lourdement contribué à l'épuisement du trésor impérial qu'avaient accumulé ses prédécesseurs. Ce trésor manquera cruellement pour la lutte décisive qui s'engagera plus tard contre les Turcs.

Sommaire

Biographie

Famille

Constantin[3] est le fils de Théodose Monomachos, bureaucrate important sous Basile II et Constantin VIII et issu d’une noble famille byzantine. Il est le grand-père de Vladimir II Monomaque, grand-duc de Kiev. « Monomaque », leur nom de famille, signifie « celui qui combat seul »[4].

Sa seconde épouse Pulchéria Sklèros est la nièce de Romain III Argyre. Compromis dans un complot sous le règne de Michel IV il est exilé par Jean l'Orphanotrophe dans l'île de Mytilène[5]. Il est rappelé par l’impératrice Zoé qui le choisit comme prince consort et qui l’épouse le 11 juin 1042 la veille de son couronnement. Après la disparition de Zoé à l’âge de 72 ans en 1050 il demeure seul empereur jusqu’à sa propre mort d’une pleurésie le 11 janvier 1055. Il est inhumé aux côtés de Maria Sklèraina dans le somptueux tombeau qu’il s’était fait édifier dans le monastère de Saint-Georges dans le quartier des Manganès.

Événements intérieurs

Le Christ entre Constantin IX Monomaque et Zoé. Mosaïque de Sainte-Sophie

Le général Georges Maniakès, renvoyé en Italie par Zoé en avril 1042, châtie les villes qui ont fait appels aux Normands . Il se révolte lorsque son ennemi Romain Sklèros[6] obtient son rappel et il se fait proclamer empereur par ses troupes en octobre 1042. Georges Maniakés s’embarque pour Dyrrachium et marche sur la capitale grâce à son alliance avec le chef serbe Étienne Vojislav de Dioclée. Dès la première rencontre avec l’armée envoyée contre lui il est mortellement blessé.

Un complot mené l’année suivante par Étienne le « Sébastophore » contre le nouvel empereur échoue (juillet 1043).

Une seconde révolte militaire est menée par Léon Tornikios. Ce dernier quitte la capitale le 14 septembre 1047 avec plusieurs chefs d’armée. Proclamé empereur il marche sur la ville impériale à la tête d’une armée rebelle. Après plusieurs assauts vains contre la ville, il bat en retraite lors de l’arrivée de l’armée d’Orient il est capturé et aveuglé (25 décembre 1047).

Le samedi 16 juillet 1054 la rupture (schisme de 1054) est consommée entre les églises de Rome et de Constantinople du fait de l’intransigeance des protagonistes, le patriarche Michel Ier Cérulaire et des trois légats du pape mort le 19 avril précédent : Humbert de Moyenmoutier, l’archevêque Pierre d’Amalfi, et le cardinal Frédéric de Lorraine.

Affaires extérieures

Depuis la fin du siècle précédent l’empire byzantin entretenait avec les princes russes de Kiev des relations pacifiques. Le meurtre à Byzance d’un marchand de Novgorod et le refus de l’empereur de verser une indemnité à la famille du défunt entraîne une expédition de représailles. Une flotte commandée par Vladimir le fils aîné de Iaroslav le Sage attaque la capitale. Les russes sont repoussés en juin 1043 avec une lourde perte de 15 000 hommes grâce à l’utilisation du feu grégeois. Les bonnes relations ne seront rétablies qu’en 1046 après l’union de la fille de l’empereur avec le prince Vsevolod un fils cadet de Iaroslav

L’Empire byzantin renouvelle pour 10 ans en 1045-/1046 la trêve qui le lie aux Fatimides et les rapports cordiaux s’établissent avec l’Égypte. Constantin ravitaille même la Syrie musulmane pendant une famine en 1053.

En 1045 Constantin exige du roi Gagik II d'Arménie l’application d’un testament de son oncle le roi Jean Sempad qui léguait en 1021 le royaume d’Ani à l’empereur. Si l'annexion du Royaume d'Arménie bagratide repousse les limites de l'empire, elle aboutit à affaiblir la défense de ses frontières lorsque quelques années plus tard l'empereur ordonne la dissolution des milices féodales arméniennes fortes de 50 000 hommes pour les remplacer par des impôts destinés à l'administration byzantine[7].

C’est en 1048 qu'a lieu la première incursion des turcs Seldjoukides qui ravagent le Vaspourakan. Les forces byzantines appuyés par des auxiliaires Ibères les repoussent. Menées par un chef habile Katakalôn Kékauménos elles infligent une défaite sanglante à Ibrâhîm Inal, le demi-frère du sultan Toghrul-Beg à Gaboudrou le 17 septembre 1048[8]. Pour libérer le prince Liparit IV Orbélian qui avait été fait prisonnier Constantin IX doit signer une trêve avec Toghrul au début de 1050. En 1053/1054 mettant à profit l’envoie l’année précédente des armées d’Orient sur le front du Danube contre les Petchenègues le sultan Seldjoukides Toghrul-Beg lance une offensive en Arménie contre le Vaspourakan il est toutefois contenu devant Mantzikert dont il ne peut pas s’emparer et repoussé au-delà des frontières de l’empire byzantin[9].

Sur le Danube c’est également pendant l'hiver 1048/1049 que les Petchenègues du khan Tyrach fils de Vilter franchissent le fleuve. Les troupes de Constantin Areinitès duc d’Andrinople sont battu à Déampolis (1049) l’année suivante le duc est tué lors de la bataille de Basiliké Libadia. Un chef de guerre Kégénis en conflit avec le Khan se réfugie dans l’empire avec une partie des troupes. Ils entrent au service de Byzance et sont envoyés en Bithynie pour lutter contre les Turcs. Les barbares indisciplinés et mal commandés se révoltent, repassent le Bosphore et s’établissent dans la plaine de Sofia[10]. Les généraux Nicéphore Bryennos et Michel l’Acoluthe avec une armée d’auxiliaires francs et varègues remporte la victoire de Goloèo et les forcent à évacuer la Thrace. Toutefois Tyrach décime l’armée impériale aux passages des Balkans et les Petchenègues obtiennent en 1050 la paix et le droit eux aussi de s’établir en Bulgarie. Un traité est par ailleurs signé en 1053 avec Mihailo Vojislavljević prince de Dioclée et fils d'Étienne Vojislav qui avait succédé à son père.

En Italie du Sud les Normands avaient continué à progresser après que le rappel du général Argyros pour défendre la capitale contre Léon Tornikios. Après le meurtre de leur chef Drogon de Hauteville, le 11 août 1050, Argyros revient avec les titres de magistros et de duc d’Italie. En juin 1052 il fait alliance avec le pape Léon IX. Ce dernier décide de se rendre en Allemagne afin de solliciter l’aide de l’empereur Henri III. Argyros entre seul en campagne et subit trois défaites à Tarente Crotone et enfin à Siponto en juin 1053. Le pape subit à son tour une défaite complète le 17 juin 1053 à Civitate. Prisonnier des Normands à Bénévent il doit traiter avec eux et ne rentre à Rome qu’en mars 1054 pour y mourir le 19 avril suivant.

Vie culturelle et artistique

À partir de 1045 Constantin IX procède à une vaste réforme de l’université de Constantinople qui était en déclin depuis plusieurs siècles. Il confie aux lettrés les plus hauts emplois : le juriste et futur patriarche Jean Xiphilin de Trébizonde est institué « nomophylax » (gardien de la Loi) ce qui faisait de lui le chef de la faculté de droit lors de la création de l'école de droit (avril 1047). Le maître de ce dernier, le poète et érudit Jean Mauropous devient le conseiller intime de l'empereur. Constantin Lichoudès est promu à l’office de « protovestiare » et enfin son ami, Michel Psellos est nommé « vestarque » et « protoascretis » (chef de la chancellerie). En quelques années l’université retrouve son éclat et redevient le lieu de rencontre des érudits d’Asie et d’Europe orientale.

Du fait de ses bonnes relation avec les Fatimides, l'empereur Constantin IX peut coopérer à la reconstruction de l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem et exercer une sorte de protectorat de facto sur les Chrétiens de la Terre-Sainte.

Unions et postérité

Constantin Monomaque a épousé en première noce une noble, fille d’un membre distingué de la cour impériale qui meurt de maladie[11].

Veuf il s’était remarié avec Pulchéria Skléros, fille Basile Sklèros et par sa mère Pulchéria Argyropoulina nièce de l’empereur Romain III Argyre qui est sans doute la mère de sa fille unique :

À la suite de la mort sa seconde épouse il hésite à contracter une troisième union[13] et vit maritalement avec une nièce de sa défunte femme Maria Sklèraina († entre 1042/1050).

Après avoir épousé en 1042 l’impératrice Zoé il réussit à obtenir de cette dernière le maintien de sa maîtresse au palais. L’impératrice pour le moins très complaisante officialise ce ménage à trois en accordant à la Sklèraina le titre inédit de « Sébasté ». Elle l'autorise en outre à participer au conseil en vertu d'un contrat d'amitié.

Après les disparitions de Maria Sklèraina et de l’impératrice Zoé en 1050 Constantin IX tombe amoureux de la princesse géorgienne Gorandouxt sœur du roi Bagrat IV de Géorgie, otage à Byzance qui devient sa maîtresse[14].

Notes et références

  1. Michel Psellos Chronographie Livre VI chapitre 185 & Jean Skylitzès Synopsis Historiôn chapitre 29
  2. Louis Bréhier Les institutions de l'empire byzantin, p.433.
  3. « Dernier descendant en ligne masculine d’une noble famille » selon Michel Psellos op.cit. Livre VI chapitre 14
  4. i.e en combat singulier
  5. Jean Skylitzès,op.cit, chapitre 1
  6. Le frère de la favorite Maria Sklèraina
  7. René Grousset Histoire de l'Arménie p.556-557,576-581,586-584
  8. René Grousset,op.cit., p.589-590
  9. Jean Skylitzès, op. cit., chapitre 19
  10. Jean Skylitzès,op.cit., chapitres 17-18
  11. Michel Psellos, op.ci., Livre VI chapitre
  12. Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l'Empire du VIe au IXe siècle, Paris, de Boccard, 2006, 634 p. (ISBN 978-2-7018-0226-8), p. 245 
  13. Toujours reprouvée par l’église byzantine
  14. Michel Psellos ,op.cit. Livre VI chapitre 151

Bibliographie

  • Louis Bréhier Vie et mort de Byzance Albin Michel Paris 1946 réédition 1969. p. 207-219
  • Louis Bréhier Les institutions de l'empire byzantin Albin Michel Paris 1949 réédition 1970.
  • John Julius Norwich Histoire de Byzance Perrin Tempus Paris 1999 p. 262-267.
  • Michel Psellos Chronographie Livre VI chapitres 14-203.
  • Jean Skylitzès Empereurs de Constantinople « Synopsis Historiôn » traduit par Bernard Flusin et annoté par Jean-Claude Cheynet éditions P.Lethilleux Paris 2003 (ISBN 2283604591) « Constantin Monomaque  », p. 351-394.
Précédé par Constantin IX Monomaque Suivi par
Zoé et Michel V
Justinien small.png
Empereur byzantin
1042-1055
Avec Zoé (1028-1050)
Théodora Porphyrogénète

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