Corse

42°9′N 9°5′E / 42.15, 9.083

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Corse
Armoiries
Détail
logo
Administration
Préfecture Ajaccio
Départements Corse-du-Sud (2A)
Haute-Corse (2B)
Chefs-lieux Ajaccio
Bastia
Arrondissements 5
Cantons 52
Communes 360
Conseil régional Collectivité territoriale de Corse
Président
Mandat
Paul Giacobbi (PRG)
(Conseil exécutif)
Dominique Bucchini (PCF) (Assemblée de Corse)
2010-2014
Site web www.corse.fr
Préfet Patrick Strzoda
Démographie
Population 302 966 hab. (2008)
Densité 35 hab./km²
Gentilé Corse
Géographie
Superficie 8 680 km²
Corse region locator map.svg

La Corse est une île de la mer Méditerranée et une région française, ayant un statut spécial (officiellement « collectivité territoriale de Corse »), composée de deux départements : la Corse-du-Sud (2A) et la Haute-Corse (2B). Elle fut indépendante le 30 janvier 1735, puis fut conquise par la France lors de la bataille de Ponte Novu, le 9 mai 1769. Elle a pour hymne le Dio vi Salvi Regina. Elle est surnommée Île de Beauté.

Sommaire

De l'origine des noms Corsica et Cyrnos

Bien des légendes existent sur l'origine du nom donné à l'île de Corse. Parmi les plus tenaces, celle qui veut que les Grecs l'aient appelée Kallistê (en grec ancien Καλλίστη : « la plus belle »), et dont on sait aujourd'hui qu'elle est fausse[Note 1].

Des historiens ont écrit :

  • « De vieux auteurs l'assurent et, dans la légende qu'ils nous ont transmise, une réalité précise apparaît sans doute. Une femme de la côte de Ligurie, voyant une génisse s'éloigner à la nage et revenir fort grasse, s'avisa de suivre l'animal dans son étrange et longue course. Sur le récit qu'elle fit de la terre inconnue qu'elle venait de découvrir, les Liguriens y firent passer beaucoup de leurs compagnons. Cette femme s'appelait Corsa, d'où vint le nom de Corse. C'est la légende éponyme que nous retrouvons à l'origine de toutes les cités antiques ; mais elle est de formation récente, car le premier nom de l'île est Cyrnos et non pas Corsica.
La difficulté n'était point pour embarrasser les vieux chroniqueurs, grands amateurs de merveilleux et habitués à ne douter de rien. Il y a d'autres légendes, et plus prestigieuses, sinon moins fantaisistes. Un fils d'Héraclès, Cyrnos, aurait colonisé la Corse en lui donnant son nom. Giovanni della Grossa croit que la Corse a été peuplée par un chevalier troyen, appelé Corso ou Cor, et une nièce de Didon, nommée Sica, que Corso a bâti les villes de l'île et leur a donné les noms de ses fils et de son neveu, Aiazzo, Alero, Marino, Nebbino. C'est ainsi que la Grande-Bretagne a eu son Brut, la France son Francus et que la Corse a son Corso, neveu d'Enée »[1].
  • « L'île de Corse, nommée Cyrnos par les Grecs, était baignée au nord par la mer de Ligurie (Ligusticum mare), à l'est par la mer Tyrrhénienne, au sud par le détroit Taphros ou Gallicum qui la séparait de la Sardaigne (Sardinia), à l'est par la mer Ibérique »[2].
Plus loin, dans son étude sur l'occupation de l'île, Xavier Poli écrit : « L'unique texte sur lequel nous pouvons nous appuyer, pour avancer que les Libyens ont occupé la Corse, est tiré de la Phocide de Pausanias, qui écrivait au IIe siècle de notre ère : « A peu de distance de la Sardaigne il est une île appelée par les Grecs Cyrnos et par les Libyens qui l'habitent Corsica ». Une partie non minime de la population, écrasée dans une sédition, passa de cette île dans celle de Sardaigne et se tailla dans la montagne un territoire où elle s'établit. Les Sardes nomment ces émigrés du nom qu'ils ont apporté de leur pays, Corses »[3].
« La légende est plus précise, Sardus fils d'Hercule et fondateur mythique de la Sardaigne aurait eu un frère Cyrnos. A la tête d'une nombreuse armée de Libyens, l'un et l'autre auraient quitté l'Afrique pour venir s'installer, le premier en Sardaigne, le second en Corse, donnant leurs noms aux deux îles »[2].
Selon Ptolémée « L'île de Cyrnos, qui est aussi appelée Corsica, (Variantes: Corsa, Corsi, Corsia), est bornée au nord et à l'ouest par la mer de Ligurie, à l'est par la mer Tyrrhénienne, au sud par la mer qui la sépare de l'île de Sardaigne ... »[2].
Et Xavier Poli de conclure : « C'est de Chalcis, principale ville de l'Eubée, que partit la plus ancienne colonie que la Grèce envoya vers l'Occident ; elle alla fonder Cumes entre le XIe et VIIIe siècles av. J.‑C.. Nous savons qu'un des points du territoire de Carystos, une des plus jolies villes de l'Eubée, portait le nom de Cyrnos. Il semblerait donc vraisemblable que Corsica fut baptisée Cyrnos par les colons de Cumes ; mais il convient aussi de dire que Cyrnos est un nom propre d'homme que nous trouvons dans Hérodote et dans Stobée »[2].

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Corse.
Photo satellite de la Corse (NASA)

Site et situation

La Corse est située à 177 km environ au sud-est de la Côte d'Azur, à l'ouest de la Toscane (85 km) et au nord de la Sardaigne (12 km). Île plutôt boisée et montagneuse, sa côte méridionale est formée de hautes falaises (Bonifacio).

La distance la plus courte entre la France continentale et l'ile, de Cap Martin à la pointe de la Revellata, est de 170 km ; l'île est située à 85 km de l'Italie continentale et à 28 km des îles de l'archipel toscan (Capraia).

La Corse se situe avec la Sardaigne sur une microplaque continentale séparée de celle de la France ou de l'Italie, et appelée bloc corso-sarde.

La distance[4] entre le point Nord et le point Sud de la Corse est de 184 kilomètres[5].

Environnement

Le golfe de Porto, patrimoine mondial de l'UNESCO

Bien que de nombreuses espèces endémiques aient disparu lors de la préhistoire ou peu après, comparativement au continent et aux îles bretonnes, la Corse bénéficie d'un environnement relativement préservé, tant sur terre que sur la côte et en mer.

L'île abrite un parc marin international, des réserves naturelles (de Scandola, Finocchiarola, Biguglia, Cerbicale, Bouches de Bonifacio et Tre Padule de Suartone) et le Parc naturel régional de Corse, et des zones communautaire pour les oiseaux. Un observatoire conservatoire des insectes de Corse vise à conserver les espèces patrimoniales et de la biodiversité ordinaire. Le risque d'incendie constitue une menace pour la biodiversité, alors que (en 2006) plus de 50 % des dégâts découleraient de 12 % des mises à feu liées aux pratiques d'entretien de pâturages ou chemins et zones de chasse. 15 % des incendies seraient dus à la foudre, mais n'étant responsable que de 1 % des destructions (en surface). Durant la canicule de 2003, près de 20 000 ha ont brûlé avec environ 500 mises à feu[6], le problème des incendies pourrait croître avec le réchauffement climatique. 402 000 hectares sont couverts de forêt en Corse.

L’Assemblée de Corse (loi du 13 mai 1991) bénéficie d'une compétence particulière en Environnement, avec un Office de l'environnement de la Corse[7] et un Observatoire de l'environnement.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Corse.
Article détaillé : Constitution Corse.

Préhistoire

Dans son étude sur la Corse, de ses origines à l'expulsion des Sarrasins[2], Xavier Poli se propose de remonter aux sources, de réunir tous les textes des écrivains grecs et romains et toutes les inscriptions intéressant la Sardinia en général, et la Corsika en particulier. Il débute son ouvrage avec ces propos :

« Les savantes recherches du capitaine Ferton, du commandant Caziot, des docteurs Deperet et Caujolle, du professeur Testut nous font faire connaissance avec le squelette de l'homme de ces temps reculés et posent des bases sûres à une question qui ne peut manquer de passionner les esprits que l'histoire de la Corse intéresse.

La race néolithique corse aurait été d'assez grande taille. Par son crâne allongé et sous-dolichocéphale, par la ligne âpre et assez saillante de son fémur incarné, par son tibia remarquablement platycnémique, le squelette retrouvé présente les caractères principaux de la race néolithique de l'Europe occidentale.

Cet homme, ajoute M. Ferton, utilisait pour la confection de ses armes et de ses outils, non-seulement les roches du pays : le silex, le quartz et diverses roches des terrains granitiques, mais aussi les os d'animaux, et une roche étrangère à la Corse, l'obsidienne, qu'il devait recevoir du Monte-Arci, en Sardaigne. ... Les relations de commerce entretenues à Bonifacio, avec les peuplades de la Sardaigne, l'emploi coûteux qu'on y faisait de l'obsidienne, bien que le silex du pays, d'égale valeur, fût connu et utilisé, permettent de supposer que le Bonifacien des temps néolithiques était un immigré venu de la Sardaigne, peut-être originaire de l'Afrique. »  »

et de poursuivre : « La conclusion du capitaine Ferton serait sans réplique s'il était prouvé, après de sérieuses recherches, que l'obsidienne ne se trouve pas en Corse où l'on constate des roches d'origine volcanique. »

  • à partir de -10000, fréquentation humaine de l'île
  • vers -6500, présence humaine sur l'ensemble de l'île qui a laissé des traces, avec la Dame de Bonifacio, et au Cap Corse Petra curbara.
  • -5000 : début de la civilisation proto-corse, issue probablement de populations venues de la de la péninsule italienne (Ligures, Italiques), de la péninsule ibérique (Ibères) et d'Afrique du Nord (Libyques).
  • -1500/-1300 : début de la civilisation Torréenne ; construction de statues-menhirs et de tours par les Torréens

Antiquité

Chronologie

  • -660 : les Étrusques, installés en Toscane en -780, commercent avec les Vanacini, peuplade du Cap Corse qui travaillaient le fer et cultivaient la vigne et le blé
  • -616 : les Carthaginois installent des comptoirs en Corse, commerçant avec Cagnano
  • -565 : les Phocéens fondent Alalia, la cité du sel (actuelle Aléria)
  • -535 : après une longue bataille navale où les Phocéens perdent environ soixante de leurs navires, les Étrusques de Toscane alliés aux Carthaginois chassent les Grecs ; cette bataille marque l'effondrement de la thalassocratie phocéenne. Les Corses utilisent l'alphabet qu'ils apportent.
  • -453 : les Syracusains de Sicile menés par Gélon chassent les Étrusques. Apelles, amiral de Syracuse, fonde Syracusenus Portus (actuelle Porto-Vecchio)
  • -384 : Denys (Dionysos) Ier, tyran de Syracuse et successeur de Gélon, décide d'anéantir les prétentions puniques sur toute la mer Thyrrénienne. Pour cela il occupe les petites îles, les points forts de la côte orientale et fait de Syracusenus Portus une base avancée dont il se sert pour surveiller les régions alentour
  • -280 : les Carthaginois, appuyés par des mercenaires torréens servant déjà dans les rangs de l'armée depuis le Ve siècle av. J.‑C., chassent les Syracusains
  • -259 : à la suite d'une décision prise cinq ans plus tôt au début de la Première guerre punique, les Romains entreprennent la conquête de la Corse. À la tête d'une importante flotte, Lucius Cornelius Scipio, dit Scipion l'Africain, surprend Alalia de nuit. À l'époque, il semblerait que la cité était libre, peuplée à la fois d'Étrusques et de Carthaginois. Scipion la brûle et la rebaptise Aleria
  • -238 : seconde expédition romaine menée par Tiberius Gracchus. La Corse est réunie à la Sardaigne et devient la province romaine de Corse-Sardaigne. Les Corses traités en vaincus et non en "libérés" s'insurgent
  • -235 : cinquième expédition de Rome en Corse dirigée par Spurius Carvilius Maximus
  • -232 : les Annales romaines citent un jeune Romain nommé Cristino comme étant celui qui a donné la victoire à Carvilius
  • -227 : à la suite d'une nouvelle révolte, Rome accorde à la Corse un régime provincial ainsi que les « droits des peuples latins »
  • -162 : début de la « paix romaine » après un siècle de guerre et une douzaine d'expéditions. Malgré quelques aides puniques, les Corses se sont fait massacrer : en un siècle, les deux tiers des Corses sont tués
  • -105 : fondation de Mariana (au sud de l'actuelle Bastia)

Sources

Lorsqu'ils évoquent la Corse, les écrivains antiques sont unanimes à y représenter l'homme - à l'image de la nature qui l'environne - comme hostile[8] :

"L'île de Cyrnos est connue des Romains sous le nom de Corsica. La vie y est partout misérable, la terre n'est que rocs, la plus grande partie du pays totalement impénétrable. Aussi les bandits qui occupent ses montagnes et vivent de rapines sont-ils plus sauvages que des bêtes fauves. Parfois les généraux romains y font des incursions, et après les avoir vaincus ramènent de très nombreux esclaves, et Rome voit alors avec stupéfaction à quel point ils tiennent du fauve et de la bête d'élevage. En effet, ils se laissent mourir par dégoût de la vie, ou excèdent à tel point leur propriétaire par leur apathie et leur insensibilité qu'ils lui font regretter son achat, si peu qu'il ait dépensé. Il y a cependant certaines portions de l'île qui sont, à la rigueur, habitables, et où l'on trouve même quelque petites villes, telles que Blésinon, Charax, Eniconiae et Vapanes".

Haut Moyen Âge

Le port de Bonifacio

Période de Pise, d'Aragon et de Gênes

  • 1077 : Grégoire VII confie l'administration de la Corse à Londolphe évêque de Pise; et le charge de réorganiser les diocèses de l'île.
  • 1092 : Le pape Urbain II nomme archevêque Daibertus évêque de Pise qui devient métropolitain-suzerain des 6 diocèses corses : Nebbio, Mariana, Accia, Sagone, Ajaccio et Aleria.
  • 1130 : sous l'influence de l'Église, les morts jusque là enterrés aux bords des routes, sont inhumés autour et dans les églises.
  • 1133 : les évêchés sont séparés en deux groupes (1 pour Gênes et 1 pour Pise). Gênes obtient du pape Innocent II les diocèses de Nebbio, Mariana, Accia, Pise conservant Sagone, Ajaccio et Aleria.
  • 1195 : installation de Gênes à Bonifacio
  • 1268 : Sinucelli della Rocca, dit Giudice della Rocca ou de Cinarca, est maître de la Corse sauf Cap Corse et Bonifacio, avec l'aide de Pise. Gênes porte la guerre en Balagne et s'installe à Calvi, édifiant une citadelle
  • 1284 : bataille navale de Meloria ; Henri da Mare (fils d'Ansaldo, cosseigneur de Rogliano, amiral de Gênes) défait la marine pisane
  • 1284 : la Corse devient la propriété de Gênes qui devient dominante en Méditerranée ; Pise est évincée
  • 1297 : le pape Boniface VIII crée le royaume de Sardaigne et de Corse, concédé en zone féodée à la couronne d'Aragon
  • 1336 : mort de Jean Avogari (fils d'Oberto) ; son fief est partagé entre ses fils : Brando à Piero, Nonza à Lucchino et Canari à André.
  • 1347 : les Génois décident l'occupation entière de l'île. Avec le consentement des seigneurs et des populations, la Corse est génoise
  • 1347 - 1348 : la peste noire ne laissa en Corse que le tiers des habitants aux dires du chroniqueur florentin, Giovanni Villani[1]
  • 1348 : mort de Galeotto da Mare (dit Giachetto, arrière-petit-fils d'Ansaldo) ; son fief est partagé entre ses enfants : Babiano a tout sauf Centuri pour Crescione ; Morsiglia va à Nicolas (fils de Crescione) mais il est peu après aussi seigneur de Centuri ; Pino va à Bartolomeo (frère de Crescione)
  • 1358 : Sambucucciu d'Alandu dirige une révolte populaire et chasse de leurs fiefs les seigneurs, remplacés par des Caporali. Tous les châteaux sont démolis à part 6 dont ceux de Nonza et San Colombano. Le peuple s'administre et les communes émancipées s'unissent en une confédération de la Terra del Comune, opposée au Cap Corse et à la Terra dei Signori
  • 1359 : le territoire compris entre Brandu et Aléria, Corte et la mer, qui s'est libéré du joug féodal, s'allie à la commune de Gênes
  • 1363 : persécution et extermination des Ghjuvannali, confrérie prônant la non-violence. 20 000 personnes excommuniées et massacrées
  • 1372 : l'Aragon réalise ses droits sur la Corse. Il aide Arrigo della Rocca, descendant de Giudice, comte de Corse. Gênes inféode l'île à des gentilhommes génois. Arrigo s'entend avec eux pour fonder la société de la Maona et être gouverneur de la Rocca
  • 1378 : 27 août, Gênes afferma l'île à une société industrielle et financière, composée de six membres et désignée sous le nom de Maona
  • 1385 : la Maone se brouille avec Arrigo, le combat mais doit capituler.
  • 1383 : fondation de Bastia par Gênes
  • 1394 : Arrigo della Rocca chasse tous les seigneurs de leurs châteaux et se déclara seigneur de l'île tout entière.
  • 1397 : Arrigo, maître de presque toute la Corse durant douze ans, est vaincu par Gênes.
  • 1401 : mort du comte de Corse Arrigo della Rocca. Son fils passe dans le camp de Gênes
  • 1405 : Vincentello d'Istria, neveu d'Arrigo, soutenu par l'Aragon, est élu comte de Corse à Biguglia
  • 1418 : victoire décisive de Vincentello d'Istria contre l'armée génoise à Biguglia. Il est nommé vice-roi par l'Aragon
  • 1420 : intervention, avec sa flotte, du roi Alphonse V d'Aragon. Vincentello d'Istria prend Bastia, échoue à Bonifacio après son siège, et ne peut conserver longtemps Calvi.
  • 1430 : rejetant la tutelle de Vincentello, les caporali de Terra del Comune proclament Simon 1er da Mare, frère d'Urbain, gouverneur général de la Corse. Ce dernier d'abord battu à Biguglia, bloque Vincentello dans Bastia en 1433.
  • 1434 : le comte et vice-roi de Corse Vincentello d'Istria est décapité à Gênes
  • 1434 : Simon 1er da Mare se retrouve comte de Corse, mais ne règne durant quelques années que sur les deux tiers de l'île, malgré l'appui de Gênes, des Caporali et de son fils Carlo.
  • 1439 : mort de Simon 1er da Mare.
  • 1453 : à la demande des Corses, l'île est gérée par l'Office de Saint Georges, avec l'assentiment du pape. La domination génoise devient fondée en droit. L'Office massacre 22 seigneurs de Cinarca hostiles, expatrie de nombreux Corses, vide le Niolu de tous ses habitants et le ruine sans cesse de 1460 à 1530 car hostile à Gênes
  • 1454 : le château de Petralerata est cédé à l'Office Saint-Georges par son occupant, Carlo di Luciano, suivant une convention ratifiée par l'Office le 13 février
  • 1455 : après la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, les Barbaresques commencent à razzier les côtes (ils le feront durant environ 3 siècles). Les villages côtiers commencent à être abandonnés. Pour rassurer les populations, Gênes impose la construction de tours littorales aux frais des pievi et communautés
  • 1457 : la Banque conçoit le projet de construire une forteresse à Ajaccio.
  • 1460 : devant la Cortès catalane, Jean d'Aragon jure l'union perpétuelle de la Sicile et de la Sardaigne à la couronne. Il n'est plus question de la Corse. C'est la reconnaissance tacite de la souveraineté génoise
  • 1463 : la promesse d'aider Giocante da Leca en révolte contre Gênes, sera la dernière manifestation des droits que l'Aragon pouvait prétendre sur la Corse
  • 1464 : Francesco Maletta vient prendre possession de la Corse au nom du duc de Milan ; Polo della Rocca et les seigneurs de Cap Corse lui font leur soumission.
  • 1481 : Rinuccio di Leca soulève le peuple et offre la Corse à Appiano IV, seigneur de Piombino, qui envoie immédiatement son frère Gherardo, comte de Montegna, sur l'île où on l'acclame comte de Corse.
  • 1492 : la citadelle d'Ajaccio est en construction. Le 2 mai 1492, Alfonso d'Ornano à qui ont été confiés les travaux, écrit aux Protecteurs de San-Giorgio que les murailles de la ville étaient assez avancées pour « couper les jambes à toute espèce d'ennemis »[1].
  • 1507 : pour soumettre la Rocca, l'amiral génois Andrea Doria ruine le pays
  • 1511 : mort du dernier seigneur souverain de la Rocca, Rinuccio Della Rocca, fait assassiné par Andrea Doria. Il meurt dans une embuscade que lui avaient tendue les descendants d'Antonio della Rocca, ses irréconciliables ennemis. Toute l'île passe sous le pouvoir direct de Gênes
  • 1515 : mort en exil à Rome du dernier comte de Corse, Giovan Paolo de Leca
  • 1526 : début d'une période d'épidémie de peste qui dure 4 ans
  • 1540 : les Génois conduits par Zannetino Doria neveu d'Andrea Doria, capturent à Girolata Dragut amiral turc et l'un des corsaires les plus célèbres de l'Empire ottoman.
  • 1551 : Sampiero Corso occupe la Corse avec les Turcs pour le compte de la France
  • 1553 : 23 août, de Thermes prend possession officielle de la Corse (l'isle de Corsègue) au nom du roi Henri II de France.
  • 1555 : les Français s'allient aux Turcs qui ravagent Bonifacio, et le Cap Corse. Le corsaire turc Acarèse base ses galiottes dans l'anse d'Agnellu et occupe durant plusieurs années le pays d'Ersa.
  • 1559 : traité du Cateau-Cambrésis. La Corse est rendue à Gênes
  • 1564 : Sampiero Corso essaie de reprendre la lutte contre Gênes. Il libère le centre de l'île, mais est tué en 1567 ; son fils Alfonso d'Ornano continue la lutte, mais en 1569 se résigne à s'embarquer à Calvi pour la France.
  • 1569 : Gênes dote l'île de "Statuts civils et criminels" (en vigueur presque jusqu'en 1789).
  • 1571 : octobre - Ambroise de Negroni et 4 felouques cap-corsines construites à Santa Severa participent à la victoire de Lépante (les Ottomans perdent leur légendaire invincibilité et 117 navires).
  • 1573 : le drapeau de la Corse apparait pour la première fois. Dans un atlas des possessions de Philippe II roi d'Espagne avec des armoiries pour chaque province qu'il établit en 1573, le géographe italien Mainaldi Galerati décide d'y faire figurer la Corse. Comme il n'en connaît pas les armes, il décide d'y mettre une tête de maure[11].
  • 1579 : épidémie de peste à Gênes et en Corse
  • 1583 à 1590 : famine et misère en Corse. Les Barbaresques razzient toutes les côtes de l'île. Des personnes sont enlevées, 76 villages sont ruinés ou abandonnés dans le sud, 21 dans le nord.
  • 1594 : parution de la première histoire de la Corse
  • 1676 ; 14 mars, arrivent des exilés Grecs à qui les Génois accordent le territoire de Paomia
  • 1715 : les Corses obtiennent l'interdiction des armes moyennant une imposition supplémentaire de deux seini par feu
  • 1725 : naissance de Pascal Paoli
  • 1726 : Alessandro Saluzzo est élu gouverneur
  • 1728 : Felice Pinelli qui lui succède, surexcite les Corses par sa maladresse et sa rigueur
  • 1729 : premier soulèvement des Corses contre Gênes à la suite de mauvaises récoltes et de nouvelles taxes
  • 1730 : juin, arrivées du nouveau gouverneur Giovanni Francesco Gropallo, et du commissaire Camillo Doria chargé des pleins pouvoirs militaires
  • 1730 : en décembre, consulte de Saint-Pancrace ; la Corse déclare son indépendance
  • 1731 : à la demande de Gênes, des troupes impériales commandées par le baron de Wachtendonck arrivent en Corse
  • 1732 : 14 janvier, le colonel de Vins avec 600 soldats allemands tentent d'occuper Calinzana et subit une lourde défaite
  • 1732 : 26 mars, Paolo Battista Rivarola est nommé commissaire général
  • 1732 : 7 avril, Le prince de Wurtemberg arrive à Calvi avec de nouvelles troupes allemandes
  • 1732 : paix de Corte qui ne sera pas respectée
  • 1733 : Wachtendonck et les dernières troupes allemandes quittent la Corse

Le Gouvernement de Pascal Paoli (1755-1769)

Pascal Paoli
  • 1733 : juillet, Paolo Geronimo Pallavicini commissaire général en remplacement de Rivarola
  • 1733 : deuxième soulèvement des Corses contre Gênes
  • 1734 : Début septembre, Ugo Fieschi et Pier Maria Giustiniani, sénateurs, sont nommés commissaires généraux, en remplacement de Pallavicini. Ils s'annoncent comme messagers de paix
  • 1735 : 30 janvier, déclaration d'indépendance par la consulta d'Orezza
  • 1735 : 2 mai, Gênes envoie un commissaire général pour le Delà-des-Monts, Ottavio Grimaldi. Felice Pinelli revient en Corse comme commissaire général du Deçà-des-Monts
  • 1735 : première Constitution corse
  • 1736 : Fin janvier, arrive le commissaire général Rivarola
  • 1736 : un aventurier, Théodore de Neuhoff, ex-espion en Écosse pour étudier le rétablissement des Stuart, devient roi des Corses
  • 1737 : 10 novembre à Fontainebleau, convention entre la France et Gênes pour l'envoi de troupes en Corse
  • 1737 : décembre, le marquis Giovan Battista de'Mari est nommé commissaire général en remplacement de Rivarola
  • 1738 : février, Louis de Frétat, comte de Boissieux, maréchal de camp, chef du corps expéditionnaire français arrive en Corse. Il vient négocier, suivant les ordres reçus, et refuse d'ouvrir les hostilités comme lui demandent les Génois.
  • 1738 : 24 septembre, Frédéric de Neuhoff, neveu du Roi, débarque à Ajaccio et Sagone pour tenter de soulever la Corse occidentale.
  • 1738 : 18 octobre, ratification à Fontainebleau, entre la France et Gênes, d'un Règlement de gouvernement de la Corse
  • 1738 : 14 décembre, les Français qui se dirigent vers le Borgu, sont attaqués. Le détachement installé dans le village réussit à se dégager. Ils battent en retraite avec des pertes
  • 1739 : 13 janvier, le lieutenant-général Jean-Baptiste-François des Marets, marquis de Maillebois, reçoit les instructions pour aller commander l'armée du Roi en Corse, en remplacement de Boissieux malade (il meurt dans la nuit du 1er au 2 février)
  • 1739 : avril, Maillebois organise en Balagne, des compagnies de volontaires corses au service de la France. Ces compagnies constituent les premiers noyaux du futur régiment le Royal-Corse
  • 1739 : mai, les pieve de Casinca, Ampugnani, Campulori, ainsi que Corte et le Nebbiu, fournissent des compagnies de volontaires corses à Maillebois, qui disposera avec les six bataillons d'infanterie, des hussards et de l'artillerie débarqués à Bastia, d'une armée de 16 bataillons à 510 hommes chacun, deux escadrons de hussards à 100 hommes et 60 miquelets. Avec les troupes génoises, les effectifs s'élèvent à dix ou onze mille soldats
  • 1739 : décembre, l'île est en grande partie soumise. Les troupes françaises commencent à réembarquer
  • 1740 : juin, le marquis Domenico Maria Spinola, ancien Doge, est nommé commissaire général en remplacement de Giovan Battista de'Mari
  • 1740 : 3 octobre, Frédéric de Neuhoff qui s'est soumis, et sa suite quittent la Corse
  • 1741 : fin juin, publication du dénombrement de la population commandé par Maillebois (promu maréchal le 11 février) : la Corse compte 339 paroisses, 427 villages, 26 854 feux, 120 389 habitants
  • 1741 : 6 septembre, les dernières troupes françaises quittent Calvi pour Antibes
  • 1742 : pour faire face à une agitation naissante, les Génois envoient de nouvelles troupes sur l'île
  • 1743 : 1er février, Théodore réapparait à bord d'un vaisseau anglais devant L'Île-Rousse
  • 1743 : 22 février, mort à Bastia du commissaire Spinola. Gian Benedetto Speroni prend la suppléance
  • 1743 : 28 février, Théodore est dans le golfe d'Ajaccio avec cinq navires anglais. L'escadre attaque un navire espagnol placé sous la protection des canons génois. Il compte s'emparer d'Ajaccio. Ses partisans commencent le blocus de la ville que la population est autorisée à quitter. La flotte anglaise en repartira le 5 mars.
  • 1743 : dans la nuit du 16 au 17 mars, le Folkestone dépose Théodore à l'embouchure de l'Arno. Le Roi a quitté la Corse pour toujours.
  • 1747 : seconde intervention française
  • 1755 : avril, au couvent San Francescu de Caccia, la Cunsulta de Caccia, assemblée de députés convoqués par Pascal Paoli, jette les bases de la Constitution de la future Corse indépendante.
  • 1755 : 14 juillet, Pascal Paoli est proclamé général de la Nation par la consulte de Sant'Antone di a Casabianca, c'est le début de l'indépendance.
  • 1755 : seconde Constitution corse. Pascal Paoli y définit « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».
  • 1765 : ouverture de l'Université de Corse Pascal-Paoli.

La Corse française

Napoléon 1er
  • 1768 : 15 mai, par le traité de Versailles Gênes cède la Corse, que dans les faits elle ne possède plus, à la France. Louis XV, qui refuse de reconnaître la République corse comme légitime, envoie son armée prendre possession de l'Ile. En échange, il annule la dette de Gênes.
  • 1768 : 9 octobre, les troupes paolistes mettent en déroute l'armée française à Borgo.
  • 1769 : 8 mai, les troupes de Pascal Paoli perdent la bataille de Ponte Novu, la Corse passe sous l'administration militaire française.
  • 1769 : 13 juin, Pascal Paoli quitte la Corse pour la Grande-Bretagne.
  • 1769 : 15 août, naissance de Napoléon Bonaparte à Ajaccio.
  • 1769 : fermeture de l'Université de Corte par Louis XV.
  • 1773 : Marbeuf, commandant en chef des troupes françaises et gouverneur de l'île, accorde aux Grecs le droit de s'installer à Cargèse
  • 1774 : Niolo, Talcini et Vallerustie se soulèvent. La ferme répression du général Narbonne saccage le Niolu, et 600 Corses sont envoyés au terrible bagne de Toulon.
  • 1786 : une enfant de Corbara, Marthe Franceschini, enlevée par des pirates en 1778, attire le Sultan alawite du Maroc, elle deviendra Davia et "impératrice" du Maroc.
  • 1789 : l'Assemblée nationale décrète que « la Corse fait partie de la France ».
  • 1789 : avril, la Corse compte 11 juridictions royales (Aiacciu, Aleria, Bastia, Bonifaziu, Calvi et Balagna, Capicorsu, Corti, A Porta d’Ampugnani, Nebbiu, Sartè, Vicu) et 65 pievi.
  • 1789 : 22 décembre, la Constituante divise la France en 83 départements.
  • 1790 : 21 janvier, dernière réaction des Génois avec une lettre de protestation du doge Pallavicini lue à l'Assemblée Nationale. Les anciennes communautés ou paroisses prennent le nom de communes.
  • 1790 : 26 février, Par décret la Corse qui était divisée en onze juridictions royales (Aiacciu, Aleria, Bastia, Bonifaziu, Calvi et Balagna, Capicorsu, Corti, A Porta d’Ampugnani, Nebbiu, Sartè et Vicu), est partagée en neuf districts (ex-juridictions) : Bastia, Oletta, A Porta, Cervioni, Corti, l’Isula Rossa, Aiacciu, Tallà et Vicu. Le district est partagé en cantons (ex-pievi), le canton en communes. Le Conseil supérieur, créé en 1768, est supprimé.
  • 1790 : 4 mars, lettres patentes du roi sur le décret du 26 février : « L’île de Corse ne formera provisoirement qu’un seul département. L’assemblée des électeurs se tiendra dans la pieve d’Orezza ».
  • 1790 : 7 juillet, l’Assemblée nationale décide que la Corse n’aura qu’un seul évêque comme les autres départements. Le siège est fixé à Bastia. La Corse comptait auparavant cinq diocèses : Aiacciu, Aleria, Bastia, Mariana et Nebbiu.
  • 1790 : 14 juillet, après avoir été accueilli à Paris, Paoli amnistié rentre en Corse via Macinaggio avec le commandement militaire insulaire.
  • 1790 : 24 septembre, Bastia est choisi provisoirement comme chef-lieu du département, avec possibilité pour le Conseil de se réunir ailleurs suivant les besoins.
  • 1790 : 30 septembre au 14 octobre, à Bastia, première session du premier Conseil général chargé de l’administration du département. Pasquale Paoli est élu président à l’unanimité.
  • 1791 : 27 mai, le département de la Corse obtient six députés pour la prochaine législature.
  • 1791 : 28 juin, l’Assemblée nationale confirme la décision du Directoire du département concernant le transfert du gouvernement de l’île à Corti et fixe le siège provisoire de l’évêché à Aiacciu.
  • 1791 : 29 septembre, en vertu du décret de la Constitution du 18 juin, l’assemblée fixe le chef-lieu du département à Corti et le siège de l’évêché à Aiacciu.
  • 1791 : 1er juillet, décret de la Convention : « 8° L’île de Corse sera divisée en deux départements, l’un en deçà et l’autre en delà des monts ; le Comité de division fera sans délai son rapport sur l’emplacement des chefs-lieux et sur la division en districts et en cantons ».
  • 1793 : 11 août, séparation de la Corse en deux départements, le Liamone (chef-lieu : Aiacciu, districts : Aiacciu, Vicu et Sartè), et le Golo (chef-lieu : Bastia, districts : Bastia, Calvi et Corti).
  • 1794 : Négociations des Anglais avec Pascal Paoli sur la cession de la Corse à la Grande-Bretagne après en avoir chassé les Français. Hood aide Paoli à occuper St-Florent, Patrimonio, Bastia, Calvi. Mais Hood saccage Centuri et Macinaggio. Les Anglais chassent les Français. Dernier bastion français, Calvi se rendra le 20 août. Mise en place du Royaume Anglo-Corse. Londres impose le vice-roi Gilbert Elliot.
  • 1796 : les troupes françaises reprennent l'île qui a été évacuée par les Britanniques.
  • 1796 : la Corse compte 150 000 habitants.
  • 1797 ; le rétablissement des lois contre le clergé provoque en Castagniccia l'insurrection de « La Crucetta » écrasée par le général Vaubois. Le général Augustin Giafferi, 80 ans, chef des insurgés, est fusillé à Bastia.
  • 1804 : Napoléon Bonaparte devient Napoléon Ier, empereur des Français.
  • 1805 : décret de surséance qui accorde un délai pour l'emploi de la langue française dans les actes publics en Corse, région de langue italienne jusqu'en 1858.
  • 1807 : février - mort de Pascal Paoli à Londres.
  • 1811 : Golo et Liamone sont réunis, le département de Corse est restauré avec Ajaccio pour chef-lieu.
  • 1812 : chaque paroisse ouvre un cimetière, les morts ne sont plus inhumés dans les églises.
  • 1814 : Napoléon Ier abdique ; il devient souverain de l'île d'Elbe. Les Anglais occupent un mois durant Bastia, Calvi, Ajaccio, Bonifacio. Napoléon retourne à Paris, mais battu en juin 1815 à Waterloo par l'Europe coalisée, il est déporté à Sainte-Hélène.
  • 1816 : mille Fium'Orbais s'insurgent contre Louis XVIII anti bonapartiste ; 8 000 soldats ne peuvent les soumettre. Le général Amédée de Villot réconcilie tout le monde
  • 1821 : Napoléon Bonaparte meurt sur l'Île Sainte-Hélène.
  • 1830 : les cantons ne portent plus les noms des anciennes pieves mais ceux des chefs-lieux.
  • 1840 : voyage de Prosper Mérimée dans l'île.
  • 1849 : 10 août : Nomination du premier « Monsieur Corse » de l'histoire.

Louis Napoléon Bonaparte alors Président de la République donne mission à Jacques Pierre Abbatucci (futur garde des Sceaux) de faire un rapport sur les besoins de la Corse, et le charge du suivi des dossiers relatifs à l'Île auprès des différents ministères concernés.

Le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III est largement soutenu en Corse, département catholique, conservateur et monarchiste ; elle fait même partie des quatre départements où aucun opposant n'est arrêté[12].

  • 1858 : 4 août, la langue française devient la seule langue officielle en Corse, la Cour de cassation ayant décrété la nullité de tout acte rédigé en italien, langue alors la plus utilisée dans l'île.
  • 1881 : la Corse compte 273 000 habitants.
  • 1890 : en l'espace d'un siècle la population de l'île a presque doublé.
  • 1905 : naissance de l'équipe de football du Sporting Club de Bastia.
  • 1907 : naissance à Ajaccio du célèbre chanteur corse Tino Rossi, né Constantin Rossi.
  • 1908 : naissance de l'équipe de football cortenaise.
  • 1910 : naissance de l'équipe de football ajaccienne Athletic Club d'Ajaccio.
  • 1918 : avec 11 300 morts au bout de quatre années de guerre, la Corse est l'un des départements qui paye, proportionnellement à sa population, le plus lourd tribut en vies humaines.
  • 1921 : 15 mai à 2 heures du matin, le paquebot délabré Rion venant de Constantinople, arrive dans la baie d'Ajaccio avec à son bord 3 422 réfugiés Russes. Après une mise en quarantaine sanitaire, les passagers débarquent. Certains restent définitivement, faisant souche sur l'île.
    Article détaillé : L'exode des Russes blancs en Corse.
  • 1939 : interdiction du journal A Muvra, considéré comme pro-italien.

La Première Guerre mondiale

48 000 hommes sont mobilisés en Corse, outre les 9 000 hommes déjà sous les drapeaux au moment où le conflit éclate. Ce chiffre relativement élevé s'explique par le fait que l'île a le statut de « place forte », qui permet l'enrôlement dans l'armée territoriale et dans sa réserve de soldats plus âgés (37 ans au minimum et 48 ans au maximum). La mission de l'infanterie territoriale est la protection des côtes et places fortes, et non l'engagement en première ligne. Toutefois, dans la confusion des premiers mois de guerre, certains soldats plus âgés sont envoyés sur le front continental, ce qui engendre en avril 1915 des protestations à l'Assemblée nationale.

Après la guerre, il sera longtemps affirmé que le nombre de tués aurait été de 30 000, voire 40 000. Ce chiffre élevé est tout à la fois dans l'intérêt des courants « jacobins », qui pensent ainsi démontrer l'engagement des corses pour le drapeau français, et des courants « nationalistes », qui affirment quant à eux que la France aurait réservé un sort défavorable aux soldats corses, en les exposant en première ligne.

En réalité, selon Sébastien Ottavi, agrégé d'histoire au lycée Fesch d'Ajaccio, ce nombre est situé dans « une fourchette de 12 000 à 15 000 tués », dont 10 000 morts natifs de Corse. Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani estiment que le nombre de corses morts au cours de cette guerre est compris entre 10 000 et 12 000 soldats insulaires[13]. Le nombre officiel de corses morts pour la France est de 9 751.

Ces chiffres ramènent la proportion de pertes chez les corses à « un pourcentage un peu supérieur à celui enregistré au niveau national, soit 18,2 % contre 16,8 % »[14].

Parmi les combattants corses de la Marne, de Verdun et des autres batailles meurtrières, se sont illustrés : le 173e régiment de ligne "Aio Zitelli", le général Grossetti et les aviateurs Jean Casale et Jean-Paul Ambrogi.

L'arrivée irrégulière des bateaux entraîne de graves problèmes de ravitaillement : le pain, le sucre, le pétrole sont rationnés. La pénurie est aggravée par l'hébergement de 2000 prisonniers de guerre allemands, cantonnés dans les couvents et pénitenciers, puis utilisés comme main-d'œuvre dans les campagnes. De plus, la Corse devient une terre d'asile pour les réfugiés (4000 Serbes et Syriens). Pour subvenir aux besoins de la population, les terres abandonnées à la friche sont remises en culture suivant les pratiques traditionnelles. En septembre 1918, la grippe espagnole ravage certains villages et oblige le préfet à prendre des mesures pour limiter l'épidémie (cercueil plombé, ensevelissement profond).

L'armistice de 1918 est accueilli dans l'allégresse et l'anxiété du retour des blessés. Des souscriptions locales permettront d'élever dans chaque village des monuments en l'honneur des morts. En 1933, la Borne de la Terre sacrée est inaugurée à Ajaccio. Ces pertes humaines affecteront durablement la vitalité de l'île, ce qui accentuera le déclin économique.

La Seconde Guerre mondiale

  • 1941: À la demande de l'Italie, l'armée allemande regroupe les prisonniers de guerre corses dans des camps spéciaux: le Stalag VB et l'Oflag VC.
  • 1942 (novembre) - 1943 (septembre), les troupes italo-allemandes envahissent l'île. À partir de novembre 1942, 80 000 soldats italiens envahissent la Corse.
  • 1943 : l'Italie capitule en septembre.
  • mars 1943, suicide de Fred Scamaroni, prisonnier à la Citadelle d'Ajaccio
  • août 1943 : exécution de Jean Nicoli à Bastia
  • 8 septembre 1943 : à la suite de la chute du régime fasciste à Rome, les troupes allemandes occupent l'île.
  • 9 septembre 1943 au 5 octobre 1943 : les italiens (80 000 soldats), des partisans locaux (1 000) et environ 4 000 soldats français (indigènes pour la plupart) combattent la Wehrmacht. Ajaccio devient la première ville française à être libérée. Plus de 700 soldats italiens auront été tués, mais les troupes italiennes laissent à l'armée française l'honneur d'entrer en premier à Bastia.
  • 5 octobre 1943 13 000 Allemands fuient l'île.
  • 8 octobre 1943, le général de Gaulle proclame à Ajaccio : « Nous devons sur le champ tirer la leçon de la page d'histoire que vient d'écrire la Corse française. (...) La Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France. Ce qu'elle a fait éclater de ses sentiments et de sa volonté, à la lumière de sa libération, démontre que ce sont les sentiments et la volonté de la Nation tout entière. »[15]
  • 1944 : l'île devient une base importante - surnommée USS Corsica, le « porte-avion » - pour la poursuite des opérations en Italie puis pour le débarquement en Provence (août 1944).
  • 1944 - Elimination du paludisme (en Corse depuis le XIIIee siècle) par épandages de DDT par les américains.
  • 1945 : procès contre les irrédentistes. Condamnation de Petru Rocca à 15 ans de prison pour collaborationnisme.

La Corse contemporaine

  • 1957 : Création de le SETCO (Société pour l'Equipement Touristique de la Corse) pour favoriser la réalisation de complexes touristiques (hôtels, villages de vacances, etc.). Création de la SOMIVAC (Société pour la mise en valeur agricole de la Corse). 90 % des terres ayant été promises auparavant aux paysans corses seront réservées aux rapatriés d’Algérie.
  • 1957 : arrivée massive de rapatriés d'Algérie (jusqu'en 1965).
  • 1960 : en avril, le gouvernement Debré décide de créer un centre d’expérimentations nucléaires souterraines dans les mines désaffectées de l’Argentella, au sud de Calvi : manifestation de protestation unanime.
  • 1960 : la population de l'île est retombée à 160 000 habitants
  • de 1965 à mi-1970 : radicalisation des revendications d'abord régionalistes puis autonomistes et enfin nationalistes. L'île est dans un état d'isolement et de retards techniques considérables : peu de routes, des communications difficiles et coûteuses avec le continent, des installations sanitaires médiocres, une carte scolaire déplorable, pas d'université...
  • 1970 : la Corse est détachée de Provence-Côte d'Azur et devient la 22e région métropolitaine (décret du 9 janvier 1970).
  • 1972 : « affaire des boues rouges » de la Montedison, déversements de produits toxiques au large du Cap Corse. Après diverses manifestations, un commando clandestin dynamitera le navire pollueur.
  • 1975, 21 août : « affaire d'Aléria » : une douzaine d'hommes armés de fusils de chasse, représentée par le docteur Edmond Simeoni, occupe la ferme d'un viticulteur rapatrié accusé d'être mêlé à un scandale financier. 1 200 gendarmes et CRS cernent les bâtiments. Bilan : deux gardes mobiles tués et un militant gravement blessé.
  • 1975 : suite à cette affaire, entre le 23 et le 26 août, d'importantes émeutes nocturnes ont lieu à Bastia. Michel Poniatowski, ministre de l'intérieur, envoie les blindés sur Bastia.
  • 1976 : le 5 mai, au cours d'une nuit bleue création du FLNC réclamant la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse, le droit à l’autodétermination et un pouvoir populaire démocratique en Corse.
  • 1976 : mise en place de la « bidépartementalisation » : l'île est organisée en deux départements, la Haute-Corse et la Corse-du-Sud
  • 1981 : « réouverture » de l'université de Corse à Corte
  • 1982 : les lois du 2 mars et 30 juillet donnent un statut particulier à la région Corse et la première assemblée de Corse est élue au suffrage universel direct le 8 août.
  • 1983 : décès du célèbre chanteur corse Tino Rossi
  • 1991 : statut Pierre Joxe voté, l'assemblée de Corse dispose de compétences élargies
  • 1992 : aux élections territoriales, les nationalistes (toutes tendances confondues : Corsica Nazione, MPA...) dépassent 25 % des voix.
  • 1995 : Les deux principales branches issues du FLNC, de l'époque, le FLNC Canal Historique et le FLNC-Canal Habituel se livrent à des règlements de comptes « fratricides » qui font plus d'une quinzaine de morts.
  • 1998 : assassinat du préfet Claude Érignac.
Article détaillé : Assassinat du préfet Érignac.
  • 1999 : affaire des paillotes. La paillote (construite illégalement) « chez Francis » est incendiée (tout aussi illégalement) par les gendarmes du GPS au cours d'une action clandestine sur ordre du préfet Bernard Bonnet.
  • 2000 : en août, le premier ministre Lionel Jospin propose un nouveau statut pour la Corse connu sous le nom de processus de Matignon qui est voté par l'Assemblée Nationale le 4 décembre.
  • 2002 : loi élargissant à nouveau les compétences de la collectivité territoriale de Corse et lui confiant notamment de nouvelles responsabilités dans des domaines tels la gestion des ports et aéroports, la carte des formations ou la préservation des monuments historiques.
  • 2003 : 6 juillet : rejet par une majorité d'électeurs habitant sur l'île du projet de collectivité unique. Marquant une victoire des républicains conduits par Émile Zuccarelli, ce référendum est, pour ces derniers, un tournant décisif dans l'histoire politique récente avec l'arrêt des réformes institutionnelles.
  • 2008 : 12 janvier: à la suite d'une manifestation nationaliste, ceux-ci, qui devaient initialement se diriger vers la préfecture, occupent l'Assemblée Territoriale Corse pendant près de trois heures (s'ensuit un incendie qui ravage des bureaux dont celui du président de l'Assemblée)

Aux élections présidentielles, la Corse est l'une des régions de France qui votent le plus massivement en faveur de Nicolas Sarkozy (plus de 61 % des voix), candidat élu.

  • 2009 : Le PADDUC (le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse) initié par la majorité UMP de l'Assemblée de Corse suscite la polémique sur l'île. Accusé, entre autres, d'être basé sur le tout-tourisme et de ne pas respecter assez l'environnement, le projet rencontre une vive opposition. Il est finalement repoussé, et figure parmi les enjeux des élections territoriales de 2010.
  • 2010 : La gauche, menée par Paul Giacobbi, remporte pour la première fois depuis 24 ans les élections territoriales. Les nationalistes, toute tendances confondues (Femu a Corsica et Corsica Libera), atteignent le score historique 36 % des voix et se positionnent au centre du débat politique.
  • 2011 : 26 avril : La Mission de l'Université sur le droit à l'avenir de la Corse publie son rapport. Elle propose de régler définitivement la question corse par l'institution d'une citoyenneté corse fondée sur la résidence dans l'île et une maîtrise suffisante de la langue corse. Cette proposition suppose l'adoption pour la Corse d'un statut d'autonomie défini par la Constitution (Corse Matin, 27 avril 2011).
  • 2011 : 30 juin : L'Assemblée de Corse adopte à une large majorité un projet de réforme de l'accès à la propriété foncière réservant celle-ci au détenteur d'une future citoyenneté corse, dont les modalités sont à définir, et le représentant de l'Exécutif en charge de la langue annonce l'intention d'œuvrer à l'obtention d'un statut officiel pour la langue corse. Ces deux mesures devront s'insérer dans le futur statut de la Corse, que l'Assemblée devra négocier avec l'Etat. La gauche y est majoritairement favorable, tout comme les partis nationalistes. La gauche républicaine aujourd'hui minoritaire, y reste hostile. La droite, elle, s'est abstenue. Le débat institutionnel est relancé (Corse Matin, 10 juillet 2011).

Politique

Article détaillé : Politique de la Corse.

Les partis nationalistes, opposés à une économie uniquement axée sur le tourisme, ont réalisé une percée historique aux dernières élections régionales de mars 2010.

Administration

Lorsque les circonscriptions d'action régionale (CAR), équivalent des régions actuelles, ont été créées en 1960, la Corse formait alors une CAR unique avec l'actuelle Provence-Alpes-Côte d'Azur : la Provence-Côte d'Azur-Corse. La Corse en a été détachée par un décret de 1970[16].

Le 1er janvier 1976, la Corse a été divisée en deux départements, en application d'une loi de 1975[17] : la Corse du Sud (2A) et la Haute-Corse (2B).

La Corse constitue la Collectivité territoriale de Corse (CTC), statut particulier institué en vertu de la loi du 13 mai 1991. Cette loi a substitué ce nouveau statut de collectivité territoriale de la République, qui lui confère plus de pouvoir, à l'ancien statut de région.

La Corse est donc dotée d'une organisation institutionnelle originale, unique en France métropolitaine, mais comparable à celle de la plupart des autres régions européennes largement décentralisées. La spécificité de la Corse dans la République a en effet été reconnue par le pouvoir national puis traduite dans plusieurs réformes statutaires (1982, 1991, 2002) à partir d'un double fondement : favoriser l'expression du débat politique dans le cadre d'une démocratie locale rénovée, permettre la recherche de solutions adaptées aux problèmes insulaires à travers l'octroi de compétences étendues en matière d'identité et de développement. Ainsi la collectivité territoriale de Corse apparaît à l'avant-garde de la « République décentralisée » : par ses responsabilités accrues mais aussi une organisation rationalisée et des moyens plus importants, parmi lesquels le statut fiscal.

La collectivité territoriale de Corse comprend trois organes :

Le Conseil exécutif

Le Conseil exécutif de Corse est l'organe exécutif de la collectivité. Il comprend 9 membres élus par l'Assemblée parmi ses membres pour six ans.

C'est cet organe qui fait la particularité de la Corse. Alors que dans les autres régions françaises c'est le président du conseil régional qui exerce à la fois l'exécutif et la présidence de l'assemblée délibérante, ces deux fonctions sont séparées en Corse.

L'Assemblée peut cependant renverser le Conseil en votant contre lui une motion de censure par 26 voix (majorité absolue).

C'est actuellement Paul Giacobbi (PRG) qui préside le Conseil.

L'administration avant la Révolution française

Article détaillé : Liste des pievi de Corse.

Avant que soit voté à l’Assemblée nationale « L’Ile de Corse est déclarée partie intégrante de l’empire français » le 30 novembre 1789, l'île sous domination italienne (Rome, Pise, Gênes) était divisée en diocèses, pievi (paroisses), communautés et fiefs. Elles étaient administrées par des évêques, piévans ou co-évêques, des caporali (tribuns), et des seigneurs locaux (jusqu'en 1641).

Le 14 décembre 1789, les communautés et paroisses deviennent des communes par la loi d’organisation municipale votée par la Constituante...

Démographie

La Corse comptait 294 118 habitants au 1er janvier 2006[18], 302 966 au 1er janvier 2008 et une estimation de 306 906 au 1erjanvier 2009[19].

Économie

Article détaillé : Économie de la Corse.

Présentation

Les répartitions dans les trois secteurs économiques (en %) :

  • Primaire : 5,30
  • Secondaire : 15,30
  • Tertiaire : 79,40

La Corse possède une population active d'environ 109 000 habitants pour un taux de chômage de 10,6 % (en 2002). Son PIB par habitant (24 232 euros en 2008) était inférieur de 21 % à la moyenne nationale.

Ajaccio depuis son port de plaisance
Le port de plaisance de Bastia

L'économie corse se caractérise par la faiblesse du tissu productif et la surreprésentation du secteur tertiaire, notamment non marchand et public. La deuxième caractéristique majeure concerne les structures de production : il s'agit en très grande partie de très petites entreprises avec peu ou pas de salariés. D'un autre côté, on trouve les plus grosses structures dans la grande distribution ou dans le secteur du BTP soumis aux commandes publiques. À ceci s'ajoute une population faiblement active et vieillissante. Le secteur tertiaire, premier employeur de l'île, est marqué par la prépondérance du secteur public (fonction publique d'état et collectivités territoriales).

Le secteur primaire

L'agriculture reste le secteur productif le plus important malgré sa faible part dans le PIB. On ne peut comprendre la situation actuelle sans connaître un minimum l'histoire agraire de l'île. Les systèmes vivriers traditionnels disparaissent au début du vingtième siècle sous la pression conjuguée de la concurrence des céréales des pays neufs et de tarifs douaniers défavorables. Ces systèmes se basaient sur la culture des céréales en sec sur terrasses avec jachère biennale voire culture sur brûlis en cas de crise alimentaire, de cultures d'appoint soignées (jardins, vignes, vergers) et d'un élevage « semi-nomade inverse » alliant terres de plaine d'hivernage et montagnes d'été avec village de montagne (Niolu, Alta Rocca, Ascu, etc.). Certaines régions remplacent les cultures de céréales par le châtaignier.

Au tournant de 1945, l'intérieur est ruiné, en pleine déprise rurale et agricole. Les propriétaires fonciers ont bien souvent émigré. Se produit à 10 ans d'intervalle deux phénomènes qui vont dessiner le paysage agricole actuel : la mise en valeur de la plaine orientale et la reconquête de l'intérieur par l'agriculture et l'élevage pastoral.

Face au marasme ambiant et aux première agitations (en 1950 la Corse compte environ 150 000 habitants soit son minimum démographique) le gouvernement entreprend de drainer la vaste plaine orientale, terre d'hivernage des bergers de brebis. Il s'agit d'y installer une agriculture moderne au sens des lois Pisani. À l'origine conçue pour les Corses, cette politique vient à propos pour accueillir les pieds noirs de retour d'Algérie. C'est l'origine d'une agriculture essentiellement orientée vers les cultures permanentes (Vignes, Agrumes, Kiwis, Fruitiers), exercée au sein de grosses structures, à fort capital, grande SAU, employeuse de main d'œuvre salariée souvent d'origine marocaine. Cette agriculture a connu des cycles : vin de table, kiwi, agrumes mais connaît des difficultés récurrentes dus à la forte capitalisation nécessaire et à l'endettement important. SI les performances se sont améliorées, l'avenir reste sombre car les exploitations ont du mal à honorer leur en-cours.

Au contraire, l'intérieur a connu une certaine reprise agricole dans les années 1970 en liaison avec le slogan « vivre au pays/campà in paese ». Il s'agit au contraire de structures légères (peu d'investissements) d'élevages de petits ruminants laitiers organisés en systèmes de types pastoraux : races rustiques, surfaces vastes mais peu productives, résultats techniques moyens ou médiocres mais grande stabilité. On peut y rattacher la castanéiculture et l'oléiculture. S'y ajoutent souvent une production de produits fermiers pour valoriser la main d'œuvre familiale : fromages, agneaux, cabris, huile d'olive, veaux, charcuterie, miel. C'est un secteur en pleine évolution et organisation qui construit des démarches de qualité mais qui doit faire face à des problèmes de maîtrise du foncier, de manque de repreneurs, de difficultés financières de mises aux normes des ateliers de transformation.

La viticulture en cave particulière combine des caractéristiques hybrides : forte capitalisation mais orientation vers une production labellisée. Ceci n'empêche pas que de vastes zones de l'intérieur soient devenues presque vides d'habitants et que certains villages n'aient plus assez de résidents permanents pour constituer un conseil municipal[réf. nécessaire].

Le secteur secondaire

Le secteur industriel est presque entièrement concentré dans le BTP qui dépend pour ses carnets de commande : des offres publiques pour les plus grosses entreprises et de la demande locale ou touristique pour les plus petites. On note cependant l'apparition du secteur des IAA qui dérive à l'origine des entreprises de transformation de la matière première locale. On pourra relever sans être exhaustif, le secteur des eaux minérales (Saint Georges, Zilia, Orezza), des boissons (notamment la brasserie Pietra qui développe outre les bières, les sodas et limonades; on peut aussi citer Torra), de la biscuiterie produisant selon des recettes locales, des plats cuisinés corses, de la charcuterie de type corse (sans aucune garantie sur l'origine de la matière première) mais aussi des fromageries et laiteries semi-industrielles. D'autres ressources sont exploitées mais de façon plus marginale (bois, lauze, pierres ornementales ou de construction). L'énergie utilisée est en partie d'origine hydraulique, mais surtout issue de centrales thermiques. L'éolien se développe mais rencontre des résistances.

Le secteur tertiaire

Le tertiaire privé marchand est marqué par une très forte saisonnalité liée à la quasi monoactivité touristique. Un grand nombre d'emplois offerts sont peu qualifiés et saisonniers. Avec le commerce, c'est pourtant le secteur qui est le plus dynamique ; mais il se cantonne souvent aux secteurs non délocalisables ou non concurrentiels.

Fiscalité

Article détaillé : Statut fiscal de la Corse.

La Corse bénéficie depuis le Consulat d'un régime fiscal dérogatoire motivé par son insularité et son état de sous-développement relatif. La dernière mesure législative qui régit le statut fiscal particulier de l'Île de Beauté date de 1994.

Des avantages fiscaux dont bénéficient les entreprises touchent notamment à l'impôt sur les sociétés dans les zones franches, et à la taxe professionnelle, réduite sur toute l'île. Les particuliers bénéficient d'avantages en matière de TVA, de taxe foncière sur les propriétés non bâties (pour préserver certains secteurs de l'île), de TIPP. Ils sont par ailleurs exonérés totalement de droits de succession (avantage limité à partir du 1er janvier 2012) . Toutefois sur ce dernier point, n'oublions pas de préciser qu'en France continentale, 95 % des héritiers sont "de fait" également exonérés de droits de succession[20].
L'État reverse au profit des collectivités le manque à gagner sur les taxes locales. Le coût brut est réduit : le manque à gagner en matière de recette fiscale du fait de ce statut dérogatoire était de 230 millions d'euros en 2004.

Depuis 1976, la Corse bénéficie également du concept de continuité territoriale. Elle a bénéficié de subventions au titre des fonds structurels européens relevant de l'objectif 1 (qui concerne les régions dont le PIB est inférieur à 75% de la moyenne européenne).

La Corse, qui ne fabriquait de produits manufacturés, était, par exception, autorisée à en importer hors taxe d'Italie ; pour éviter que l'île serve d'entrée aux produits italiens sans taxe, on a donc taxé les exportations vers la France continentale. En revanche, les produits agricoles corses étaient vendus en France continentale hors taxe[21].

Criminalité

Au cours de l'année 2009, 682 homicides volontaires ont été commis en France[22], dont 28 en Corse[23]. Le taux d'homicide volontaire s'établit ainsi à un pour 10 800 habitants sur l'île, contre un pour 95 000 habitants sur le continent.

Transports

Article détaillé : Transport en Corse.

Transport ferroviaire

Article détaillé : Chemins de fer de Corse.

La Corse possède un réseau ferroviaire de deux lignes seulement : Bastia - Corte - Ajaccio et Ponte-Leccia - L'Île-Rousse - Calvi. Ce réseau est géré par la CFC (Chemins de Fer de la Corse) et est à voie métrique.

Transport maritime

Les liaisons maritimes entre la Corse et le continent européen sont assurées par trois compagnies principales :

Transport aérien

Les liaisons aériennes sont notamment assurées par deux compagnies aériennes, Air France et CCM Airlines, qui proposent des liaisons régulières. D'avril à octobre, et surtout pendant l'été, de nombreuses liaisons de charters relient sans escale la Corse à de grandes villes européennes.

La Corse possède quatre aéroports:

Transport routier

Culture

Article détaillé : Culture de la Corse.

Langue corse

Article détaillé : Corse (langue).
Les montagnes corses

À l'époque romaine, les habitants de l'île parlaient un latin encore très proche de celui du continent. Pour schématiser : on retiendra que la langue corse est une langue issue du bas latin et du toscan médiéval. Certaines variétés de la langue corse sont parmi les langues les plus proches de l'italien standard, car elles ont été largement influencées par le toscan (lui-même à la base de l'italien). Ceci fait que l'intercompréhension avec les Italiens est excellente mais que quelqu'un parlant corse comprend difficilement des dialectes de l'italien comme le calabrais, le vénitien ou même le piémontais -et vice-versa. L'hymne corse «Dio vi salvi Regina» est d'ailleurs écrit en italien standard et chanté en corse sans que de grandes modifications soient perceptibles entre l'écrit et l'oral ; la seule différence est que le o italien devient un u latin en corse (même dans le titre qui est parfois «Dìu vi salvi Regina»). Ce phénomène de l'interchangeabilité du u et du o n'est cependant pas un phénomène proprement corse puisqu'on le retrouve en sicilien, en calabrais, en occitan, en catalan et en portugais. Toutefois, les variétés de la langue corse dites "taravaise" ou "sartenaise" sont plus éloignées du toscan, mais nettement plus proches des langues sicilienne ou galluraise.

La langue corse actuelle a été influencée selon les micro-régions de l'île par le toscan, au nord, tandis que l'extrême sud restait soumis à l'influence du bas latin. Cela se révèle notamment dans la forme des pluriels masculins (issus du neutre latin dans l'extrême sud) et dans la forme initiale de termes restés proches du latin tels u casgiu pour le fromage directement issu de caseus en latin[Note 3]. Les linguistes décrivent ces différentes variétés comme une forme de polynomie. Les différentes variétés sont intercommunicantes mais variées.

La langue corse est le véhicule de la culture corse, riche de ses chants, ses polyphonies, ses proverbes, et de ses expressions.

Elle est l'objet de nombreuses revendications concernant sa protection et son enseignement. L'État affiche une volonté politique de promouvoir l'enseignement de la langue et de la culture corse. Il a mis en place un enseignement facultatif d'un maximum de 2h par semaine, géré par les professeurs des écoles dans le primaire. Ces mesures sont vues par certains comme trop faibles, comparées à ce qui est fait en Espagne pour le catalan et le basque, par exemple. En 2011, la majorité de gauche au pouvoir a annoncé dans l'enceinte de l'Assemblée son intention d'aller vers un statut officiel de la langue corse, qui pourrait permettre sa réintroduction généralisée dans la société, à l'instar de ce qui a été fait en Catalogne espagnole. Cette officialisation passe cependant par une révision de la Constitution[24], qui est rejetée par l'Académie française [25].

De fait, la langue corse est considérée par l'Unesco comme une langue en voie de disparition, de même que 90 % des langues de la planète. On estime d'ailleurs depuis 2006 que la langue corse - ainsi que certaines langues italiques tels que le sicilien, le calabrais, le vénitien - est l'une des plus proches du bas-latin tel qu'il fut parlé à l'aube du Moyen Âge.

Les patronymes corses se retrouvent un peu partout en Italie, et notamment dans les régions centrales de la péninsule. C'est le cas, notamment de Benigni, patronyme qui trouve son origine en Toscane. On pense au comédien et réalisateur Roberto Benigni originaire, précisément de cette région d'Italie ainsi que Patrice Benigni, comédien et chanteur (cousin d'André Santini, ancien ministre sous Nicolas Sarkozy et maire d'Issy-les-Moulineaux), né à Marseille, dont les racines corses se situent à Canari. Autrefois langue orale, mélange d'origines latine, italienne, elle est actuellement codifiée et structurée par l'Université de Corte (Università Pasquale Paoli di Corti) et défendue par de nombreuses associations insulaires. Elle doit son statut de langue au fait paradoxal que la Corse fait partie de la France, ce qui lui vaut d'être séparée des autres dialectes italiens. En Italie, les dialectes régionaux ont le statut officiel de langue seulement dans leurs propres régions.

Croyances et superstitions

Le mazzérisme

Le mazzérisme est un don hypothétique de prophétie funèbre exercé la nuit par des individus pendant la période des rêves. Au cours de cette activité, le mazzeru part chasser et tuer des animaux. On le surnomme « le Chasseur d'âmes » ou encore « le Messager de la Mort ». Certains auteurs estiment que le mazzérisme est une invention de romanciers et n'a jamais existé en Corse[26].

Chants et polyphonies

Article détaillé : Chant corse.

Sportifs professionnels

Porto-Vecchio

Écrivains

Écrivains en langue française

  • Paul Antonietti, auteur de I. F. F. (I Francesi Fora), une plongée sans concession au cœur du problème corse… et français.
  • Daniel Arnaud, auteur de La Corse et l'idée républicaine et de Dernières nouvelles du front
  • Paule Calliste, auteure de Quand les pierres essaient de parler
  • Roger Caratini, auteur de la Bordas Encyclopédie
  • Xavier Casanova, auteur du Codex Corsicæ
  • Marie-Josée Cesarini-Dasso, L'Univers criminel féminin en Corse au XVIIIe siècle, Brigida Médecin au XVIIe siècle, La Bandite
  • Pierre-Paul Raoul Colonna de Cesari Rocca, auteur de Histoire de la Corse avec Louis Villat
  • Gabriel Xavier Culioli, auteur de la Terre des Seigneurs, Le Complexe corse, Terres de Corse, Les Pierres de l'apocalypse, Le Chant des Saisons, Le Grand Voyage, Légendaire corse, Bandits de Corse,
  • Jacques Denis, auteur de Forçats corses, déportations au bagne de Toulon, 1748-1873, éditions Privat, Toulouse, 2011, Brève histoire des Cunsulte de Corse, édition Fior di Carta, co-auteur Des Jurassiens à la conquête de la Corse
  • Jean-Toussaint Desanti, philosophe, auteur de Les idéalités mathématiques
  • Marie Ferranti
  • Jérôme Ferrari
  • Daniel Istria, auteur de Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIe ‑ XIVe siècle
  • Evelyne Luciani, Louis Belgodere, Dominique Taddei, auteurs de Trois prêtres Balanins au cœur de la révolution Corse
  • Paul Milleliri
  • Thierry Ottaviani, essayiste, auteur notamment de La Corse pour les Nuls
  • Paul-François Paoli
  • Jean Pasqualini, auteur de Prisonnier de Mao (7 ans de Laogaï)
  • Jean-Paul Pellegrinetti
  • Pierre Piobb
  • Michel Poli, Le cimetière des éléphants
  • Moune Poli, auteure de la Corse au poing
  • Xavier Poli, auteur de La Corse dans l'Antiquité et dans le haut Moyen Âge - 1907
  • Michel Ferracci-Porri, auteur de La Môme Moineau, Beaux Ténèbres, La Pulsion du Mal d'Eugène Weidmann., L'Affaire du Fantôme de Heilbronn
  • Pierre Poggioli, auteur de plusieurs livres sur l'histoire contemporaine corse et le nationalisme
  • Angelo Rinaldi
  • Jean-Claude Rogliano
  • Dominique Sampieri, auteur de Les Châtaigniers de Bocognano, La Faux et le fusil
  • Jeanne-Hélène Sampieri, auteur de À propos d'Ajaccio...
  • Jean-Pierre Santini
  • Marie Susini
  • Michel Zevaco, auteur de romans de cap et d'épées dont la série des Pardaillan

Écrivains en langue corse

  • Marco Angeli,
  • Ghjuvan Maria Arrighi,
  • Ghjacumu Biancarelli,
  • Marcu Biancarelli,
  • Ghjaseppu Maria Bonavita,
  • Dumenicu Carlotti (Martinu Appinzapalu),
  • Santu Casanova,
  • Ghjuvan Maria Comiti,
  • Rinatu Coti,
  • Sebastianu Dalzeto,
  • Bartulumeu Dolovici,
  • Paulu Matteiu Della Foata,
  • Paulu Desanti,
  • Alain Di Meglio,
  • Anton Francescu Filippini,
  • Jean-Joseph Flori
  • Ghjuvan Ghjaseppu Franchi,
  • Ghjacumu Fusina,
  • Prete Gentili (Anghjulu-Stefanu),
  • Dumenicu Antonu Geronimi,
  • Don-Joseph Giansily
  • Ghjacumu Gregorj,
  • Ghjuvan' Petru Lucciardi,
  • Anton Liunardu Massiani,
  • Ange-Mathieu Mezzadri,
  • Ghjuvan Luigi Moracchini,
  • Norbert Paganelli,
  • Ugo Peretti,
  • Bertino Poli,
  • Michel Poli (A umbria è à sulia),
  • Petru Rocca,
  • Ghjuvan Teramu Rocchi,
  • Ghjacumu Thiers.
  • Ghjuvan Petru Ristori

Écrivains en langue italienne

Il existe des écrivains en langue corse, notamment depuis le XIXe siècle, alors que jusqu'alors il avait plutôt existé une littérature corse en italien très importante. L'italien en Corse comme dans les autres régions italiennes était la langue écrite par les lettrés et cela jusqu'à la conquête française.

Écrivains en langue corse et en français

  • Prete Gentili (Anghjulu-stefanu), de Calacuccia (avec Pascura, un recueil de contes et proverbes)
  • Marta Renucci Cristofini
  • Antoine Trojani, d'Asco, a écrit de nombreux livres en corse et en français dont une histoire du « Sage d'Asco ».

Religion

Article détaillé : Diocèse d'Ajaccio.

La religion dominante de la Corse est le catholicisme92,2 % des habitants se déclarent catholiques[réf. nécessaire]. Le diocèse d'Ajaccio comprend 434 paroisses 103 prêtres[27].

Franc-maçonnerie

Les plus anciennes loges de Corse datent de 1902 (l'Étoile de Cyrnos), puis de 1903 (l'Émancipation Ajaccienne). Au début de la seconde guerre mondiale la franc-maconnerie a pratiquement disparu de Corse. À partir des années 1970, elle reprend force et vigueur.[réf. nécessaire] Dans une interview donnée à un magazine local, René Lotta, un haut dignitaire de la Grande Loge nationale française (GLNF) affirme même qu'un Corse sur 100 serait franc-maçon[28].

Gastronomie

La gastronomie corse est étroitement liée aux principaux produits du terroir : la culture des oliviers, de la vigne, de la châtaigne et des agrumes, la charcuterie de porc, le lait et le fromage de brebis, comme celui de chèvre.

C'est traditionnellement une cuisine de montagnards même si les produits de la pêche sont devenus plus importants, essentiellement grâce à la disparition du paludisme des côtes et à la tradition corse d'ostréiculture et de mytiliculture héritée des romains.

Il existe en Corse deux types d'huiles d'olive. L'une est plus verte ; elle est produite en décembre et janvier, à partir d'oliviers jeunes et d'olives en début de maturation. L'autre est une huile jaune, propre à la culture corse ; elle est faite à partir des olives ramassées sous des arbres centenaires vers le mois de mai.

Fromages traditionnels corses (cuisine corse).
Article détaillé : Cuisine corse.

Parmi les spécialités il faut noter :

  • l'apéritif : le Cap Corse, c'est un apéritif à base de vin et d'une plante médicinale, le quinquina. Les plus connus sont le Cap Corse Mattei et le Cap Corse Damiani
  • le Pastis Dami
  • La Liqueur du Maquis
  • la bière corse à la châtaigne : la Pietra
  • le whisky corse P&M
  • le vin de Corse (AOC)
  • la charcuterie corse : le prisuttu, la coppa et le lonzu, le figatellu, la salciccia, u salamu
  • Liste de fromages corses : le brocciu, le Niolo, a filetta, le bastelicaccia
  • les beignets ( fritelli dans le Nord de l'île, friteddi dans le Sud ) de brocciu (fromage de lait caillé de brebis)
  • le migliacciu
  • les sardines à la Bastiaise
  • la pulenda, une polenta de farine de châtaigne
  • les nicci, crêpes à base de farine de châtaigne
  • le cabri en sauce (avec sa polenta de farine de châtaigne)
  • le civet de sanglier
  • les canistrelli, biscuits parfumés au citron, à l'anis, à la châtaigne, au vin, ou nature.
  • toutes sortes de fromages : le brocciu, le fromage frais de brebis, la tomme corse et une myriade de fromages corsés.
  • la tourte de farine de châtaigne, les falculelle, le fiadone ou le pastizzu les crustulle
  • les digestifs : eau de vie, liqueur de myrte, de châtaigne, de cédrat, d'arbouse...
  • le pestu : sauce au basilic se mariant avec divers ingrédients selon les régions de Corse
  • les aubergines farcies : demi-aubergines farcies de viande hachée et d'ail gratinées au four et servies avec une sauce tomate et basilique.
  • le muscat pétillant.
  • les miels AOC de Corse.

Au temps des Romains, « les Corses se nourrissent principalement de lait, de viande et de miel. Nous sommes dans un pays de simple culture... Le miel corse que les matrones romaines utilisaient pour faire disparaître les taches de rousseur devait être fourni, au lieu et place de la monnaie, pour le paiement des impôts »[2].

Sport

  • En rugby à XV, un club (SC Bastia XV) évoluait en championnat national de fédérale1 mais des raisons financières les ont relégués en fédérale3. Les autres clubs sont situés en Balagne (le CRAB XV Lumio), à Bastia (Bastia XV, Casinca XV), à Lucciana (RC Lucciana), Porto-Vecchio (ASPV XV et RCOPV XV) Ajaccio(RCA), à Ventiseri, à Propriano (Alta-Rocca XV) et à Corte. Henry Savary occupe actuellement le siège de président, André Giammarchi le poste de vice-président et Fabrice Orsini est secrétaire général. Le comité régional présente au niveau national des sélections corses dans toutes les catégories de jeunes, ainsi qu'en féminines.
  • Le football est extrêmement populaire et très bien représenté en ligue professionnelle par rapport au nombre de spectateurs et à la puissance économique de l'île. Pour la saison 2007-2008, par exemple, étaient présents les clubs de l'AC Ajaccio et du SC Bastia en Ligue 2 et du GFCO Ajaccio en National. Malheureusement, le manque de moyens financiers couplé aux incohérences de gestion de certains dirigeants ont jeté l'ACA et le SCB en Ligue 2, alors que le Gazélec a été sportivement relégué en Championnat de France Amateurs pour la saison 2006-2007. À ce même niveau, le Club Athlétic Bastiais (CAB) a connu la première saison en CFA de son histoire, après une épopée en Coupe de France la saison précédente, achevée contre Istres (Ligue 2). En CFA2, enfin, les réserves professionnelles de l'ACA et du SCB sont présentes, ainsi que les Moustiques de l'AS Porto-Vecchio, le club de Corte, le FA Île-Rousse, le FC Borgo et l'Etoile Filante Bastiaise. Cependant, depuis son retour au sein de l'élite, l'ACA présente une régularité de gestion qui lui a permis d'attirer la confiance des instances nationales. La DNCG tant redoutée par de nombreux clubs n'a jamais eu de reproche à formuler envers le club ajaccien.

Ainsi, ce ne sont pas moins de 11 équipes pour 9 clubs différents qui jouent au niveau national.

  • En handball, le GFCO Ajaccio évolue en Nationale 1, le club du Hb Corte évolue en Nationale 2 et celui de Bonifacio évolue en Nationale 3.
  • En volley-ball, le GFCO Ajaccio accède en 2007 à la PRO A.
  • En compétition automobile, le Tour de Corse est un des plus grands rendez-vous des rallyes sur asphalte. De plus, les pilotes corses sont réputés rapides, à l'image d'Yves Loubet, Patrick Bernardini ou encore Paulu-Battistu Halter.
  • Il y a aussi 3 stations de ski sur l'île comme le Val d'Ese et Ghisoni-Capanelle par exemple.
  • L'absence de grandes vagues due au fait que la Corse se situe en Méditerranée, ainsi que le vent fort et régulier en fait un lieu idéal pour la pratique de la voile comme la planche à voile et le kitesurf. La baie de Figari s'est imposée comme un spot incontournable de l'île dans ce domaine.
  • En cyclisme, il existe un Tour de Corse cycliste.
  • En futsal, la Corse est présente depuis 2008 au sein de l'Union nationale des clubs de futsal (UNCFs), deux de ses clubs (Bastia Futsal et Sartène Futsal) sont présents dans les championats nationaux pour la saison 2010-2011, la ligue corse a un club européen après sa troisième année d'existence. Elle est l'une des plus dynamiques sur le plan national[réf. nécessaire] avec plus de 15 clubs en 2009, et 300 licenciés.
  • En voile, le Festival Nautic & Music regroupe plusieurs compétitions nautiques. Le Tour de Corse à la voile en équipage rassemble plusieurs dizaines de bateaux à la mi-octobre. Le Club de Voile de Bonifacio organise la régate de catamarans de sport lors du Raid des bouches de Bonifacio. Il organise également le Défi Inter-Iles (mi-septembre), compétition de windsurf entre la Corse et la Sardaigne.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Jean-Marie-Arrighi et Olivier Jehasse, Histoire de la Corse et des Corses, Colonna Edition et Perrin 
  • Francis Pomponi, Histoire de la Corse, Hachette Littératures 
  • Giovanni della Grossa, Chronique médiévale corse, Ajaccio, Éditions La Marge 
  • Silio Scalfati, La Corse médiévale, Ajaccio, Éditions Alain Piazzola 
  • Michel Vergé-Franceschi, Histoire de Corse, la pays de la grandeur, Éditions du Félin, 2010 
  • Pierre Antonetti, Histoire de la Corse, Robert Laffont 
  • Laurent-Jacques Costa, Corse préhistorique, Paris, Éditions Errance 
  • Antoine-Marie Graziani et Michel Vergé-Franceschi, Sampiero Corso, Ajaccio, Éditions Alain Piazzola 
  • Stéphane Massiani, La Corse … et ses chapelles romanes, Imprimé sur les presses de l’imprimerie A. Robert, 13011 Marseille, mai 1991, 154 p. 
  • Stéphane Massiani, , La Corse … et ses merveilles, imprimerie A. Robert, 13011 Marseille, Grand Large Ėditions 83190 Ollioules, 200 p.
    Préface : Vice-Amiral d’Escadre (2e S) de Lachadenede, Membre de l’Académie du Var
     
  • Thierry Ottaviani, La Corse pour les Nuls, Paris, First, mai 2010, 516 p. 
  • Desideriu Ramelet-Stuart, Stuart of Corsica, l'origine dévoilée, Bastia, Stuart of Corsica, novembre 2010, 80 p. 
  • Colonna de Cesari Rocca et Louis Villat, Histoire de Corse, Paris, Ancienne Librairie Furne - Boivin & Cie, Éditeurs, 1916, 279 p. 
  • Xavier Poli, La Corse dans l'Antiquité et le Haut moyen Âge, Paris, Librairie Albert Fontemoing, 1907 

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Le nom grec de la Corse à l'antiquité étant "Kurnos" ou "Kurnè". Lire Corsica Classa et Non, les Grecs ne l'appelaient pas Kallisté d'Olivier Jehasse
  2. Formées principalement de mercenaires barbares, notamment hérules et huns
  3. Le mot « fromage » vient du latin « caseus formaticus » ; le français et l'italien avec fromage et formaggio ont utilisé la deuxième partie du mot ; d'autres langues ont utilisé la première : queso en espagnol, queijo en portugais, cheese en anglais, Käse en allemand...

Références

  1. a, b et c Colonna De Cesari-Rocca et Louis Villat in Histoire de Corse Ancienne librairie Furne Boivin & Cie, Éditeurs 5, rue Palatine Paris VIe 1916
  2. a, b, c, d, e et f Xavier Poli in La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut moyen ÂgeLibrairie albert Fontemoing Paris 1907
  3. Phocide, 1. X, c. VII, §8 ; éd. Didot-Dindorf. Deinceps sûnt insulte Gymnesiœ ; prope lias Busus ac potentissima Sardinia et amabilis in mari Cyrnus, quam quidem indigense homines Corsicam appellant ; silvis autem tantum quantum illa abundat nulla. Dyonisii, Orbis descriptio, v. 457-460. (en note de bas de page)
  4. Ettori f et alii, Corse, éd Bonneton, 1992
  5. Présentation de la Corse sur e-voyageur.com
  6. Bilan 2006 des incendies sur l'ensemble de la région corse - Office de l'Environnement de la Corse [PDF]
  7. Site de l'Office de l'environnement de la Corse
  8. Strabon, Géographie, V, II, 7
  9. La Corse en l'an 1000 - La marque des sarrasins (Histoire) sur L'Express.fr (02/12/1999)
  10. a et b Philippe Pergola de l'Institut Pontifical d'Archéologie Chrétienne à Rome in Archéologie et Société - Cervioni août 1979
  11. Les origines du drapeau corse U Ribombu
  12. Jacques Olivier Boudon, Les Bonaparte : regards sur la France impériale. La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-février 2010, p. 11 (carte de Gilles Pécout)
  13. Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, "Les monuments aux morts de la première guerre mondiale en Corse", Cahiers de la Méditerranée, 81-2010, p. 239-251
  14. [1]
  15. Medias libres, Discours de Gaulle, octobre 1943.
  16. Décret no 70-18 du 9 janvier 1970 modifiant le décret no 60-516 du 2 juin 1960 portant harmonisation des circonscriptions administratives, JORF no 8 du 10 janvier 1970, p. 395-6, sur Légifrance.
  17. Loi no 75-356 du 25 mai 1975 portant réorganisation de la Corse, JORF no 113 du 16 mai 1975, p. 4947-9, sur Légifrance.
  18. La Corse en bref - édition 2009 - Population
  19. INSEE, résumé statistique pour la Corse.
  20. Marianne n°678, page 25
  21. GEO N°381 Novembre 2010 p.14
  22. http://www.france-info.com/france-justice-police-2010-08-02-chute-du-nombre-d-homicides-en-france-472154-9-11.html
  23. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-77565QE.htm
  24. http://www.lesechos.fr/journal20110729/lec1_derniere/0201536984911-vers-l-officialisation-de-la-langue-corse-199923.php
  25. http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1040405,0.html
  26. Bernard Biancarelli et Christine Bonardi, De quelques monstres anthropologiques insulaires, Ethnologie Française no 3, 2008 (ISBN 978-2-13-056600-7)
  27. The Hierarchy of the Catholic Church. Current and historical information about its bishops and dioceses
  28. Antoine Albertini, « Un Corse sur 100 est franc-maçon » sur Corsica, août 2008. Consulté le 23 juillet 2011


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  • Corse — (k?rs or k?rs; 277), n. [OF. cors, F. corps. See {Corpse}.] 1. A living body or its bulk. [Obs.] [1913 Webster] For he was strong, and of so mighty corse As ever wielded spear in warlike hand. Spenser. [1913 Webster] 2. A corpse; the dead body of …   The Collaborative International Dictionary of English

  • corsé — Envuelta o prenda para apoyo o restricción de los movimientos del torso. Algunos tipos de corsé son el corsé de Sayre y el corsé de Minerva. Diccionario Mosby Medicina, Enfermería y Ciencias de la Salud, Ediciones Hancourt, S.A …   Diccionario médico

  • Corse —   [kɔrs], französische Wirtschaftsregion, umfasst die Insel Korsika (französisch la Corse) mit den Départements Haute Corse, 4 666 km2, 142 000 Einwohner und Corse du Sud, 4 014 km2, 118 000 Einwohner …   Universal-Lexikon

  • corsé — sustantivo masculino 1. Prenda interior que usan algunas mujeres para ajustarse el cuerpo: He engordado algo, porque me aprieta demasiado el corsé. Locuciones 1. corséortopédico Área: medicina Corsé que se emplea para corregir las desviaciones o… …   Diccionario Salamanca de la Lengua Española

  • Corse — ist der Familienname folgender Personen: Montgomery Dent Corse (1816−1895), Brigadegeneral der Konföderierten im Sezessionskrieg Corse ist die französische Bezeichnung für Korsika Diese Seite ist eine B …   Deutsch Wikipedia

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