Heracles

Héraclès

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Héraclès portant un arc, sa massue et la peau du Lion de Némée, détail du Cratère des Niobides, v. 460-450 av. J.-C., musée du Louvre

Héraclès (en grec ancien Ἡρακλῆς / Hêraklễs), de son premier nom Alcide, fils de Zeus et d’une mortelle : Alcmène, est l'un des héros les plus vénérés de la Grèce antique. La mythologie grecque lui prête un très grand nombre d’aventures qui le voient voyager à travers le monde connu des Doriens puis de toute la Méditerranée à partir de l’expansion de la grande Grèce, jusqu’aux Enfers, et dont les plus célèbres sont les douze travaux. Il apparaît déjà chez Homère, ce qui témoigne de l'ancienneté de sa geste héroïque.

Il correspond à l’Hercule romain, avec qui il est souvent confondu, bien qu’Hercule se montre parfois moins violent que son alter ego grec et connaisse quelques aventures spécifiques en Italie.

Il est intéressant d’en rapprocher l’épopée babylonienne de Gilgamesh : certains auteurs établissent ainsi une filiation entre l’épopée de Gilgamesh, La Gloire d’Uruk, rédigé dans la Mésopotamie du XVIIIe siècle av. J.-C., et le mythe d'Hercule, La Gloire de Héra, consigné par Homère au VIIIe siècle av. J.-C. avant Jésus-Christ. En effet, la similitude est frappante entre un Gilgamesh[1], roi de Uruk, deux tiers dieu et un tiers humain, effectuant une série d’œuvres devant le mener à l’immortalité, et Hercule, « Gloire d'Héra », moitié dieu et moitié homme, effectuant douze travaux qui le mèneront à son tour à l’immortalité.

Sommaire

Mythe

Conception et naissance

Héraclès naît à Thèbes de Zeus et d'Alcmène, femme du roi Amphitryon[2]. Le roi des dieux a en effet décidé d'avoir un fils capable de venir en aide aux hommes comme aux dieux[3]. Profitant de l'absence du mari, en guerre contre les Taphiens et les Téléboéens[4], Zeus descend de l'Olympe et, prenant l'aspect d'Amphitryon[5], couche avec Alcmène après avoir persuadé Hélios, dieu du soleil, de ne pas se lever pendant trois jours, faisant ainsi durer sa nuit avec la femme d'Amphitryon[6]. Dans la même nuit, Alcmène est également visitée par son mari de retour de campagne.

Alors qu'elle va accoucher, Zeus promet que l'enfant à naître ce jour-là règnera sur tous ses voisins[7]. Pour se venger des infidélités de son mari, Héra retarde la délivrance d'Alcmène en retenant les Ilithyes, déesses de l'accouchement ; elle-même fait naître avant terme Eurysthée, fils du roi Sthénélos d'Argos[7]. Ainsi Eurysthée, reçoit la royauté de l'Argolide à la place d'Héraclès[7]. Alcmène peut alors accoucher ; elle donne naissance à deux enfants : Héraclès, fils de Zeus, et Iphiclès, fils d'Amphitryon[8].

Enfance

Héra allaitant Héraclès, lécythe aryballisque apulien, v. 360-350 av. J.-C., British Museum

Peu de temps après la naissance d’Héraclès, Hermès enlève l’enfant et le place dans le lit d’Héra endormie : aucun des fils de Zeus ne peut devenir immortel s'il n'a tété au sein de la déesse[9]. Affamé, le bambin s'approche de celle-ci et commence à téter. Se réveillant, Héra aperçoit l'enfant et indignée, le repousse ; le lait divin se répand dans le ciel en une traînée blanchâtre, la Voie lactée[10]. Dans une autre version, Alcmène abandonne son enfant par crainte de la vengeance d'Héra. Athéna convainc cette dernière d'allaiter le bébé, mais Héraclès tète trop goulument et Athéna doit le rendre à sa mère[11].

Alors qu'Héraclès est encore bébé, Héra envoie des serpents pour le tuer, mais celui-ci les étrangle sans difficulté. Alertés par les cris des femmes, Alcmène et Amphitryon accourent et trouvent les serpents morts. Amphitryon convoque alors le devin Tirésias, qui prophétise les hauts faits du héros et son apothéose[12].

Dans une autre version, Amphitryon dépose lui-même les serpents pour découvrir lequel des deux enfants est le sien et lequel est le fils de Zeus[13]. Ce récit implique qu'Amphitryon soit au courant de l'infidélité de sa femme. Sur quelques vases de Grande Grèce, on le voit d'ailleurs empiler du bois autour d'un autel près duquel Alcmène s'est réfugiée ; il s'apprête à y mettre le feu quand Zeus envoie un éclair pour dissuader Amphitryon et deux nuages pour éteindre les flammes[14].

Selon certains récits, Héraclès porte d'abord le nom d'Alcide[15] (en grec Ἀλκείδης / Alkeídes, dérivé d'ἀλκή / alkế, « force, vigueur ») ; Héra le rebaptise Héraclès, c'est-à-dire « gloire d'Héra », parce que c'est à cause de ses ordres que le héros a acquis sa renommée[16]. Alternativement, c'est la Pythie de Delphes qui lui conseille de changer de nom après qu'il a tué ses enfants, poussé par Héra qui l'a rendu fou (voir plus bas) ; il prend ce nom de manière propitiatoire après avoir expié son crime[17]. Selon d'autres, le nom original du héros est Alcée, en référence à son grand-père paternel Alcée fils de Persée ; la responsabilité du changement de nom incombe alors soit à la Sibylle[18], soit aux Argiens[19].

Formation

Comme beaucoup de héros grecs, Héraclès est l'élève du centaure Chiron[20]. Des sources tardives lui donnent un grand nombre de maîtres : Castor (probablement le Dioscure) pour le maniement des armes, Amphitryon pour la conduite des chars, Eurytos ou encore Rhadamante pour le tir à l'arc[21].

Linos enseigne les lettres et la musique à Héraclès et Orphée. Contrairement à son demi-frère, le héros est indiscipliné et turbulent ; frappé par Linos, Héraclès tue celui-ci à coups de tabouret[22] ou, selon la version, à coups de lyre[23]. Héraclès est accusé de meurtre, puis acquitté après avoir invoqué une sentence de Rhadamanthe consacrant le principe de légitime défense[21]. Parce que la fougue d'Héraclès et son manque de maîtrise de soi deviennent une menace, Amphitryon l’éloigne de la cour[24]. Le héros est envoyé surveiller ses troupeaux à la campagne où son éducation est reprise par Teutoros, un bouvier scythe qui lui enseigne le tir à l’arc[21]. Il se signale déjà par sa force et sa stature : il atteint la taille considérable de quatre coudées[24].

Chez Thespios

Le jeune Héraclès, tenant sa massue, assis sur un autel, 450-400 av. J.-C., musée régional archéologique de Palerme

À 18 ans[25], Héraclès est invité par le roi Thespios, souverain de Thespies. Soucieux d'avoir le héros comme père de ses petits-enfants[25], Thespios lui envoie chaque soir l'une de ses cinquante filles ; Héraclès croit retrouver toujours la même jeune fille et devient ainsi le père de cinquante fils, les Thespiades[25]. Dans d'autres versions, l'exploit est accompli au cours de sept nuits[26], voire d'une seule nuit[27]. Dans ce dernier récit, l'une des filles de Thespios refuse d'entrer dans la couche d'Héraclès ; elle est punie en devenant prêtresse du héros et vouée à la virginité perpétuelle[27]. Ici, les Thespiades sont au nombre de cinquante-et-un, l'aînée et la cadette des filles de Thespios donnant naissance à des jumeaux[27].

Selon l'un des récits, la raison première de la venue à Thespies d'Héraclès est le lion du mont Cithéron, qui ravage les troupeaux d'Amphitryon et de Thespios[28]. Héraclès abat l'animal, le dépèce et se couvre la tête de sa peau en guise de casque[25].

La guerre contre les Minyens

Périérès, le conducteur du char de Ménécée (roi de Thèbes et père de Créon), a blessé mortellement Clyménos, roi d’Orchomène, en lui lançant une pierre alors qu'il se trouve dans le sanctuaire d’Onchestos, pendant l'une des fêtes de Poséidon[29]. Avant d’expirer, il a fait promettre à son fils, Erginos, de le venger. Erginos a vaincu le roi Créon et obligé ce dernier à lui fournir annuellement, et durant vingt ans, un cheptel de cent bêtes[29]. Afin de percevoir cette redevance, Erginos envoie annuellement une délégation.

Après son exploit sur le mont Cithéron, Héraclès redescend vers Thèbes et croise la route de ces émissaires. Ne supportant pas l’humiliation imposée à Créon, Héraclès tranche le nez et les oreilles à chacun d’eux et en fait un pendentif ; les percepteurs sont ainsi réexpédiés au palais d’Erginos[29].

Furieux, Erginos marche contre Thèbes. Équipé d'armes données par Athéna, Héraclès mène les siens au combat, et remporte la victoire, malgré la mort d'Amphitryon pendant les combats[29]. Le héros impose aux Minyens d'Orchomène le double du tribut infligé à Thèbes.

La folie d’Héraclès

La folie d'Héraclès, œuvre d'Astéas probablement inspirée par la tragédie d'Euripide, v. 340 av. J.-C., Musée national archéologique de Madrid

En récompense de sa victoire contre Erginos, Créon donne à Héraclès la main de sa fille Mégara[30], dont il a plusieurs enfants : les Alcaïdes. Leur nombre varie de deux à huit suivant les auteurs[31].

Dans la version la plus ancienne[32], Héraclès devenu fou[33] jette ses enfants au feu[34]. À son réveil, Héraclès retourne chez Thespios pour être purifié puis, après avoir consulté l'oracle de Delphes, va à Tirynthe pour servir Eurysthée[35]. Cet accès de folie est généralement attribué à Héra, qui veut l'obliger à se mettre au service d'Eurysthée[36].

Selon Euripide, l'épisode est lié à l'usurpation du trône de Thèbes par Lycos, fils de Dircé. En l'absence d'Héraclès, descendu aux Enfers pour chercher Cerbère, Lycos assassine Créon et ses fils[37]. À son retour, Héraclès tue Lycos [38]. Frappé par Iris et Lyssa (la Folie), envoyées par Héra[39], le héros devient la proie d'une rage meurtrière qui le pousse à massacrer ses enfants, les prenant pour ceux d'Eurysthée[40]. Mégara tente de sauver ses enfants, mais elle rejoint elle aussi le rang des victimes[41]. À son réveil, Héraclès revenu lucide songe d'abord à se suicider[42]. Thésée, qui vient d'arriver, le convainc de n'en rien faire et l'emmène à Athènes[43].

Exploits

Article détaillé : Travaux d'Héraclès.

Par le nombre de ses hauts faits, Héraclès se distingue de la plupart des héros grecs, comme Persée ou Bellérophon, dont la carrière est centrée autour d'un exploit unique[44]. Les plus connus sont les Douze Travaux, entrepris sur l'ordre d'Eurysthée. C'est au cours du premier d'entre eux, la chasse du lion de Némée, qu'il acquiert ses principaux attributs : la massue, taillée dans le tronc d'un olivier sauvage[36], et la léonté, c'est-à-dire la peau de lion.

Les Douze Travaux retenus par la tradition n'épuisent pas la liste des exploits d'Héraclès. Il faut y ajouter des aventures secondaires, greffées plus ou moins artificiellement sur les Douze Travaux :

Héraclès également prend part à plusieurs expéditions qui constituent autant de cycles d'exploits. La première prend sa source dans une aventure survenue après la quête de la ceinture d'Hippolyte : Héraclès a tué le monstre marin qui ravageait la ville de Troie, sauvant au passage la princesse Hésione qui allait lui être sacrifiée. Le roi Laomédon, revenant sur sa promesse initiale, refuse de lui verser son salaire. Une fois les Douze Travaux terminés, Héraclès monte une expédition pour châtier le mauvais payeur[45] : après avoir pris Troie, il tue Laomédon et ses fils, à l'exception de Priam. Au cours de son deuxième séjour dans la cité, il s'unit à Augé, qui lui donnera Télèphe.

Pendant son trajet de retour, Héra demande au dieu Hypnos d'endormir Zeus, puis profite du sommeil de son mari pour déclencher une tempête qui jette le vaisseau sur la côte de Cos[46]. Les habitants de l'île, croyant à un débarquement de pirates, attaquent Héraclès et son équipage à coups de pierre ; le héros tue alors Eurypylos, roi de l'île, et s'unit à sa fille, Chalciope, qui lui donnera Thessalos.

Le second cycle est celui de la guerre contre Augias, qui a refusé de payer son dû après que le héros a nettoyé ses écuries. Là encore, Héraclès monte une expédition, mais son armée est massacrée par les Molionides, qui profitent d'une maladie du héros pour attaquer son camp par surprise. À son tour, Héraclès les surprend dans une embuscade, puis attaque de nouveau Augias et le tue. C'est au terme de ces aventures qu'Héraclès fonde les Jeux olympiques.

Le troisième cycle est celui de l'expédition contre Pylos où, pour se venger du refus de Nélée de le purifier après le meurtre d'Iphitos, Héraclès assiégea la ville et tua son roi ainsi que tous ses enfants hormis Nestor qui se trouva être absent.

Le dernier cycle est celui d'Œchalie. Voulant se venger de n'avoir pas obtenu la main de Iole, la fille d'Eurytos, qu'il avait gagné dans le concours de tir à l'arc, Héraclès mena une expédition contre le roi. Laissant Déjanire, sa dernière épouse, à Trachis, il partit vers Œchalie (Thessalie ou Eubée) à la tête d'une armée d'alliés. Un violent combat s'engagea, dans lequel deux des fils de Céyx furent tués. Héraclès remporta la victoire et tua Eurytos ainsi que tous ses fils. Iole, qui tenta de s'enfuir en se précipitant du haut des remparts, fut soutenu dans l'air par le vent qui enfla sa robe, et redescendit sans se blesser. Elle devint la concubine du héros qui l'envoya à Trachis avec d'autres prisonniers.


Mort et apothéose

Entrée d'Héraclès dans l'Olympe, entouré par Poséidon et Athéna, olpè d'Amasis et du Peintre d'Amasis, 550-530 av. J.-C., musée du Louvre

Héraclès épousa ensuite Déjanire, fille d’Œnée. Face au grand fleuve Événos en proie à une crue exceptionnelle, Héraclès vit que, s’il pouvait facilement le franchir, il ne pouvait le faire en portant Déjanire. Se présenta alors à eux un centaure nommé Nessos qui proposa d’aider Déjanire à franchir le fleuve, tandis qu’Héraclès nagerait de son côté. Lorsqu’Héraclès arriva, il vit que Nessos tentait d’abuser de Déjanire. Il prit alors une flèche enduite du poison de l’Hydre de Lerne et la décocha entre les omoplates de Nessos. À l’agonie, ce dernier tendit sa tunique à Déjanire et lui dit de la tremper dans son sang puis de l’offrir à Héraclès afin de s’assurer ainsi pour l’éternité de sa fidélité.

Bien plus tard Déjanire, craignant de perdre son époux qui s’était épris d’Iole la fille du roi Eurytos, remit la tunique à Lichas qui insista pour qu’il la revêtît. Héraclès sentit cependant que le vêtement le brûlait ; tentant de s’en défaire, il constata que sa peau partait avec, en lambeaux. Il comprit alors le piège dans lequel Déjanire s’était laissé prendre : le sang du centaure était souillé par le poison de l’Hydre de Lerne, qui avait tué Nessos et qui maintenant tuait le fils de Zeus. Faisant ériger un bûcher, il s’y jeta tandis que Déjanire se pendait. Zeus (Athéna ou Hermès selon les versions) le fit monter sur l´Olympe parmi les dieux .

Sur l´Olympe, Héraclès put se réconcilier avec Héra, devint immortel et fut consacré dieu des ephèbes. Il y épousa en outre la déesse de la jeunesse, Hébé, et ils eurent ensemble deux enfants. Selon d'autres versions, sa mort n'aurait été qu'un passage nécessaire pour se séparer des éléments hérités de sa mère mortelle, Héraclès ayant gagné son immortalité dans son enfance après avoir tété le lait d'Héra[47].

Culte

Intaille magique avec Héraclès portant l'inscription : « Va-t’en, bile, le dieu te poursuit », Cabinet des médailles.

Le culte d'Héraclès est répandu dans toute la Grèce, à l'exception de la Crète[48] ; il s'adresse tantôt au dieu, tantôt au héros. Il arrive que les deux cultes coexistent, comme à Thasos[49] ou à Sicyone[50]. Il est plus particulièrement rattaché aux éphèbes et au gymnase[51] et se caractérise par de grands banquets de viande — la comédie se fonde sur ce trait particulier pour dépeindre Héraclès comme un glouton.

Dans la sphère privée, Héraclès est avant tout Alexikakos, celui qui protège du mal. Par conséquent, on retrouve son image sur des amulettes. Herakleis, « par Hercule », est une exclamation courante, comme le sera le mehercle latin.

Héraclès est également célébré en tant qu'ancêtre des Doriens par le biais du mythe des Héraclides.

Interprétations

Psychologie analytique

Carole Sédillot dans La Quête du soi : les douze travaux d'Hercule, a mené une recherche de sens sur cette figure en particulier au travers de celle de Hercule.

Cette dénomination d'homme primitif est issue de la psychologie analytique pour désigner des processus psychiques inconscients, ayant une importance dans la vie psychique du sujet. Ces processus se nomment des archétypes.

« L'objectif de cet ouvrage consiste à mettre en parallèle, d'une manière nouvelle et originale, l'aventure mythique d'Hercule et ses 12 Travaux avec le fonctionnement du processus d'individuation initié par Carl Gustav Jung[52]. »

Selon Carole Sédillot, le travail sur soi est une quête au cours de laquelle, le patient rencontre de multiples épreuves :

« La rencontre avec soi-même et son évolution s'accomplissent symboliquement par les épreuves, les affrontements et les victoires vécus par le héros, auquel chacun peut s'identifier. Jung a expliqué ce processus, menant à la réalisation du moi en Quête du Soi, en le juxtaposant avec, entre autres domaines, l'alchimie et le mandala.

La personnalité d'Hercule, demi-dieu qui gagne son immortalité, dans sa perspective humaine et divine, se prête à tout individu en recherche d'équilibre psychique et d'harmonie intérieure. Le parcours éprouvant qu'il choisit, en effectuant les 12 Travaux, reflète sa volonté de vivre l'expérience intime de la découverte du moi profond par la confrontation avec sa part la plus obscure, révélatrice des contenus inconscients.

La structure, les lieux, les animaux, les adversaires et les types de combats exposés dans les 12 Travaux s'associent étonnamment avec les concepts jungiens : persona, ombre, anima-animus, Soi... et offrent la possibilité de porter un regard différent sur l'épopée du héros et sur son objectif[52]. »

Pour rappel, l'homme primitif est présent dans l'animus principalement de la masculinité de la femme il est ce que l'on nomme un archétype. Mais cela concerne aussi l'homme.

Les images et pensées psychiques associées et à laquelle s'identifie la femme, tout entièrement ou en partie le sont au travers des positions intellectuelles, psychiques, d'émotions, d'actions qui renvoient inconsciemment à un modèle auquel il faudrait se tenir : un homme primitif ou en rapport a un homme primitif.

Cet "homme" est proche de modèle culturels tels que Tarzan, l'athlète, Dionysos ou évidemment Héraclès (Hercule).

Notes et références

  1. Voir à ce sujet l’ouvrage de l’anthropologue syrien Firas Al-Sawah فراس السواح (en arabe uniquement) : جلجامش: ملحمة الرافدين الخالدة (دراسة شاملة مع النصوص الكاملة وإعداد درامي)، طب 1، دمشق، 1996 - gilgamesh: malhamat ar-râfidayn al-khâlida (dirâsa shâmila ma'a al-nuçûç al-kâmilat wa i'dâd drâmy, dimashq, 1996, Gilgamesh : l’épopée mésopotamienne éternelle (étude complète avec le récit entier et présentation dramatique), Damas, 1996.
  2. Ascendance : première mention chez Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], XIV, 323-324.
  3. Pseudo-Hésiode, Bouclier d'Héraclès [détail des éditions] [lire en ligne], v. 27-29.
  4. Bouclier d'Héraclès, v. 18-19.
  5. Déguisement de Zeus : première mention chez Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Néméennes, X, 13-18.
  6. Prolongation de la nuit : motif attribué à Phérécyde par la scholie à l'Iliade, XIV, 323 ; voir aussi l’Amphitryon de Plaute, v. 12-14 et Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 9, 2.
  7. a , b  et c Iliade, XIX, 98-124.
  8. Bouclier d'Héraclès, 49-54.
  9. Allaitement par Héra : première mention, sans détails, chez Lycophron, 38-39 et 1327-1328. Condition pour l'immortalité et intervention d'Hermès : pseudo-Ératosthène, Catastérismes, 44 ; chez Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], IX, 25, 2 c'est Zeus qui agit mais on ne précise pas pourquoi. Héra endormie : Hygin, Astronomie [détail des éditions] [(la) lire en ligne], II, 43.
  10. Catastérismes, 44.
  11. Diodore, IV, 9, 6.
  12. Serpents : première mention chez Pindare, Néméennes, I, 33–72.
  13. Phérécyde, frag. 3F69.
  14. Par exemple Tarente 4600, Londres F149 et Londres F193. Gantz, p. 377.
  15. ALCIDE, Αλϰειδης . Tout le monde sait que c'est Hercule. Les uns voient dans ce nom l'idée de la force (αλϰη) personnifiée en Hercule. Les autres en font un nom patrinomique dérivé d'Alcée. Indubitablement ces derniers ont raison. Mais on serait encore plus sûr du vrai en fondant ensemble les deux explications. L'Alcée, aïeul d'Hercule, ne diffère point d'Hercule lui-même. Il est la force, la force invincible, et il se délègue dans la force. Ajoutons qu'Hercule s'appelle aussi Alcée, non moins qu'Alcide, dans quelques auteurs, par exemples Diodore de Sicile. On trouve encore le nom d'Alcide appliqué 1° à Minerve (comp. ALCÉESSE, un de ses surnoms et les art. ALALCOMÉDE et ALCESTE); 2° à ces dieux qui évidemment ne peuvent être que des Génies subalternes. Toutefois nous ne tenterons pas d'assigner leur véritable caractère. Sont-ce des Aditias ou soleils mensuels? Sont-ce même des cabires? Le lecteur peut choisir entre ces diverses hypothèses. Biographie universelle, ancienne et moderne. Partie Mythologique, ou histoire, par ordre alphabétique, des personnages des temps héroïques et des divinités grecques, italiques, égyptiennes, hindoues, japonaises, scandinaves, celtes, mexicaines, etc.. Tome cinquante-troisième. A Paris chez L.-G. Michaud, Libraire-éditeur, rue Richelieu, n° 67 - 1832, p. 129
  16. Attribué à Pindare par le Commentaire sur Virgile attribué à Probus = frag. 291 SM.
  17. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], II, 4, 12.
  18. Scholie Townley du vers XIV, 324 de l'Iliade.
  19. Diodore, IV, 10, 1.
  20. Première mention sur une amphore à figures noires du VIe siècle av. J.-C. montrant Hermès conduisant Héraclès (nommé) chez Chiron, Munich 1615A ; Gantz, p. 378.
  21. a , b  et c Grimal, p. 189.
  22. Kylix à figures rouges montrant Héraclès tentant d'atteindre Linos avec un tabouret cassé, Munich 2646 ; Gantz, p. 378.
  23. Apollodore, Bibliothèque, II, 4, 9 ; Diodore de Sicile, III, 67, 2.
  24. a  et b Apollodore, Bibliothèque, II, 4, 9.
  25. a , b , c  et d Apollodore, Bibliothèque, II, 4, 10.
  26. Hérodore, frag. 31F20.
  27. a , b  et c Pausanias, IX, 27, 6-7.
  28. L'animal n'est mentionné que par Apollodore, Bibliothèque, II, 4, 10. Il s'agit probablement du double thébain du lion de Némée ; Gantz, p. 379.
  29. a , b , c  et d Apollodore, Bibliothèque, II, 4, 11 ; voir aussi un récit plus succinct chez Pausanias, IX, 37, 1-3.
  30. Première mention de Mégara comme épouse d'Héraclès dans l'Odyssée (XI, 269-270). Récompense : Diodore (IV, 10, 6) et Apollodore (Bibliothèque, II, 4, 11).
  31. Gantz, p. 380. Ils sont huit chez Pindare (Isthmiennes, IV, 61-64), cinq chez Phérécyde (3F14), trois chez Apollodore (Bibliothèque, II, 4, 11).
  32. Grimal, p. 189-190.
  33. Le thème de la folie d'Héraclès semble apparaître pour la première fois dans une épopée cyclique, les Chants cypriens (frag. 40 PEG) puis chez Stésichore (230 PMG) et Panyasis (frag. 1 PEG) préservés par Pausanias (IX, 11, 2) ; Gantz, p. 380.
  34. Phérécyde (3F14), repris ensuite par Apollodore (Bibliothèque, II, 4, 12).
  35. Apollodore (Bibliothèque, II, 4, 12).
  36. a  et b Grimal, p. 190.
  37. La Folie d'Héraclès, vers 26-35.
  38. La Folie d'Héraclès, vers 514-814.
  39. La Folie d'Héraclès, vers 820-874.
  40. La Folie d'Héraclès, vers 966-975.
  41. La Folie d'Héraclès, vers 996-1000.
  42. La Folie d'Héraclès, vers 1088-1162.
  43. La Folie d'Héraclès, vers 1163-1428.
  44. Susan Deacy, Athena, Routledge, 2008, p. 63.
  45. Déjà mentionnée par l'Iliade, V, 628-651.
  46. Iliade, XIV, 249-256 et XV, 18-30.
  47. Voir page 44 in Mythology: The Voyage of the Hero, David Adams Leeming, Oxford University Press, 1998
  48. Burkert, p. 210.
  49. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] II, 44.
  50. Pausanias, II, 10, 1.
  51. Burkert, p. 211.
  52. a  et b Carole Sédillot, La Quête du soi : les douze travaux d'Hercule, Dervy, juin 2007.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • (en) Walter Burkert (trad. John Raffan), Greek Religion [« Griechische Religion des archaischen und klassichen Epoche »], Blackwell, Oxford, 1985 (éd. orig. 1977) (ISBN 978-0-631-15624-6) , p. 208-211.
  • (en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press, 1993 [détail de l’édition], tome I, p. 374-466.
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires », Paris, 1999 (1re édition 1969) (ISBN 2-13-050359-4)  à l'article « Héraclès », p. 187-203.
  • Bernard Sergent, Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens, partie I : L'Homosexualité dans la mythologie grecque, Payot, Paris, 1996 (1re édition 1984) (ISBN 2-228-89052-9), p. 167-201.
  • M.-R. Jung, Hercule dans la littérature française du XVIe siècle, Genève, 1966

Liens externes

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