Ile Tromelin

Île Tromelin

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Île Tromelin
Carte de l'île Tromelin.
Carte de l'île Tromelin.
Géographie
Pays France France
Localisation Océan Indien
Coordonnées 15° 52′ 00″ S 54° 25′ 00″ E / -15.866667, 54.41666715° 52′ 00″ S 54° 25′ 00″ E / -15.866667, 54.416667
Superficie 1 km2
Administration
France France
Collectivité d'outre-mer Terres australes et antarctiques françaises
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Îles de France

L'île Tromelin est une île de l'océan Indien appartenant aux Îles Éparses, relevant du territoire de la France.

Sommaire

Histoire

La découverte

L'île, petite et plane, à l'écart des routes de navigation, n'est découverte qu'en 1722 par le navire français La Diane commandée par monsieur de La Feuillée et baptisée « île des Sables » à cause des plages de sable blanc qui l'entourent complètement. L'île est décrite comme une « île plate de 700 toises sur 300 environ ».

Les naufragés de Tromelin

L'île a aussi connu un épisode tragique surnommé les « naufragés de Tromelin »[1]. Le 31 juillet 1761, L'Utile, une flûte, navire négrier de la Compagnie française des Indes orientales commandée par le capitaine La Fargue fait naufrage sur les récifs de l'îlot. Le bateau parti de l'île de France (actuelle île Maurice) avec 120 hommes d'équipage était allé chercher un nombre inconnu de Malgaches à Foulpointe sur la côte orientale de Madagascar pour les emmener en esclavage à Maurice. Une erreur de navigation fit échouer le navire sur les récifs de Tromelin.

Lors du naufrage, l'équipage et une soixantaine de Malgaches arrivent à rejoindre l'île mais les autres Malgaches, enfermés dans les cales, périssent noyés. L'équipage récupère différents équipements, vivres ainsi que du bois de l'épave. Ils creusent alors un puits, permettant d'obtenir de l'eau juste potable et se nourrissent des vivres récupérées, de tortues et d'oiseaux de mer. Le capitaine du navire fait construire 2 campements sommaires, un pour l'équipage et un autre pour les esclaves, une forge et avec le bois de l'épave, débute la construction d'une embarcation. Deux mois après le naufrage, l'équipage de 122 hommes y prend place difficilement mais laisse les Malgaches sur l'île avec quelques vivres, le capitaine promettant de revenir les chercher. Promesse qui ne sera jamais tenue.

Les marins atteignent rapidement Madagascar puis embarquent sur un navire pour l'île de France et signalent les naufragés. Mais le gouverneur, furieux que La Fargue ait désobéi à ses ordres de ne pas importer des esclaves à Maurice (il craignait un blocus de l'île par les Anglais et donc d'avoir des bouches à nourrir supplémentaires), refuse de secourir les naufragés encore sur l'îlot[1]. La nouvelle de cet abandon arrive à Paris et agite un temps le milieu intellectuel de la capitale[1] avant que les naufragés ne soient oubliés avec le début de la guerre de Sept Ans et la faillite de la Compagnie des Indes.

En 1773, un navire passant à proximité de l'île les repère et les signale de nouveau aux autorités de l'île de France[1]. Un bateau est envoyé mais ce premier sauvetage échoue, le navire n'arrivant pas à s'approcher de l'île. Un second navire, La Sauterelle un an plus tard ne connaît pas plus de réussite. Il met une chaloupe à la mer, un marin réussit à rejoindre les naufragés à la nage mais il doit être abandonné par ses camarades qui ne peuvent accoster à cause de l'état de la mer, et le navire doit quitter les parages de l'île. Ce marin fait alors construire un radeau sur lequel il embarque avec les 3 seuls hommes et 3 femmes rescapés, mais ce radeau disparaît en mer. Ce n'est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine récupère les 8 esclaves survivants : 7 femmes et un enfant de huit mois[1]. En arrivant sur place le chevalier de Tromelin découvre que les survivants sont vêtus d'habits en plumes tressées et qu'ils ont réussi, pendant toutes ces années, à maintenir un feu allumé alors que l'île ne possède pas d'arbre. Les survivants sont recueillis par le gouverneur français de l'île Maurice qui les affranchit et décide de baptiser l'enfant… Moïse. Le chevalier de Tromelin fut le premier à décrire cet îlot qui porte désormais son nom.

L'expédition « Esclaves oubliés »

Une expédition archéologique « Esclaves oubliés » menée par Max Guérout, ancien officier de la marine française et vice-président du Groupe de recherche en archéologie navale (Gran) et placée sous le patronage de l’UNESCO a eu lieu d'octobre à novembre 2006[1], et les résultats de ses découvertes ont été rendus publics le 17 janvier 2007. Les dix membres de l'expédition ont sondé l'épave de l'Utile et fouillé l'île à la recherche des traces des survivants, dans le but de mieux comprendre leurs conditions de vie pendant ces 15 années.

Selon Max Guérout, « il y a très vite des tensions au sein des survivants, à cause de l'eau. En trois jours, un puits de 5 mètres de profondeur est creusé. Cela représente un effort considérable ». « On a retrouvé de nombreux ossements d'oiseaux, de tortues ainsi que des coquilles d'œufs de ces deux familles d'animaux. L'arrivée de ces naufragés a dû causer une véritable catastrophe écologique pour l'île ». « On n'a pas l'impression que ces gens étaient écrasés par leur condition. Ils ont essayé de survivre avec ordre et méthode. »

Un journal de bord anonyme, attribué à l'écrivain de l'équipage a été retrouvé. Des soubassements d'habitations, fabriquées en grès de plage et corail ont été également trouvés, ainsi que 6 gamelles en cuivre, réparées à de nombreuses reprises et un galet servant à affûter les couteaux. Le feu du foyer a été maintenu actif pendant 15 ans, grâce au bois provenant de l'épave, l'île étant dépourvue d'arbres.

Une deuxième expédition organisée en novembre 2008, n'a pas permis de retrouver de sépulture, mais des récipients en cuivres témoignant de l'expérience des esclaves[2].

De 1830 à nos jours

Par la suite l'îlot connut d'autres naufrages. En 1830, le capitaine Laplace reçut mission pour reconnaître l'île et s'assurer qu'il n'y avait pas de naufragés. Ne pouvant y aborder, il se contenta d'en faire le tour, notant la présence de cabanes abandonnées. Il calcula aussi la position de l'île : 15° 38' Sud, et 52° 11' Est. Cette position, ne fut rectifiée qu'en 1955 par le révérend père Cattala qui travaillait pour l'Observatoire de Tananarive : 15° 53' Sud et 54° 31' Est. En 1947, l'île commença à intéresser les autorités françaises à des fins de météorologie tropicale pour la surveillance des cyclones. La Marine nationale française organise 2 expéditions en 1953. La Direction de la météorologie nationale française, suivant une demande de l'Organisation météorologique mondiale, installa le 7 mai 1954 une station météorologique permanente. L'île était toujours aussi difficile d'accès et lors des débarquements depuis le baliseur Marius Moutet de la mission française en avril et mai 1954, une partie du chargement tomba à la mer. Depuis 1954, une présence humaine est assurée sur l'île avec ces seuls météorologistes.

En 1960, la France place Tromelin comme les îles Éparses sous l'autorité du ministère des DOM-TOM.

Géographie

Localisation des îles éparses de l'océan Indien :
• 1 : Bassas da India
• 2 : île Europa
• 3 : îles Glorieuses
• 4 : Juan de Nova
• 5 : Tromelin
(KM : Comores, MG : Madagascar, MU : Maurice, MZ : Mozambique, RE : Réunion, YT : Mayotte)

L'île est située 450 km à l'est de Madagascar et à 535 km au nord de l'île de la Réunion. Elle est entourée de fonds marins de 4 000 mètres de profondeur. Il n'a pas encore été clairement défini si elle constitue le sommet émergée d'un volcan sous-marin ou un lagon comblé.

L’île est composée d’un terrain plat et sablonneux, recouvert d’arbustes épars, battu par les vents et chahuté par les alizés. Son point le plus haut ne dépasse pas 7 m. D'une forme ovoïde, sa côte de 3,7 km est sablonneuse. L'île est longue d'environ 1 700 m et large au plus de 700 m. Elle est ceinturée par une barrière de récifs coralliens particulièrement dangereux et rendant son accès très difficile. On ne peut accoster sur l'île uniquement que par temps calme et par un seul point au nord ouest où il existe une passe étroite. Très souvent, les lames déferlent sur les récifs, rendant tout abordage impossible.

Le climat est un climat de type tropical maritime avec des températures moyennes mensuelles qui varient de 20 à 26 °C Les précipitations se situent entre 1 000 et 1 500 mm d'eau par an, la moitié tombant de janvier à mars. Les pluies sont en général de courte durée et d'intensité modérée à forte. Les alizés de sud-est soufflent la majeure partie de l'année à une vitesse de 15 à 35 km/h. En saison chaude, on observe des périodes sans ou avec peu de vent mais entrecoupées par le passage de dépressions tropicales ou de cyclones auxquels l'île est particulièrement exposée. En 1986, elle en a ainsi subi 2 cyclones : Erinesta, très dévastateur suivi quelques semaines plus tard d'Honorina.

Flore et faune

La flore est peu développée du fait des conditions météo et du manque d'eau douce. L'île, plane, étant balayée par les alizés une grande partie de l'année et par des cyclones ou des dépressions tropicales. On ne trouve donc que des herbes, des broussailles, constituées d'arbustes peu denses. Des veloutiers et des pourpiers sont présents un peu partout sur l'île. Les essais de plantations d'autres espèces n'ont pas réussi à l'exception de 3 cocotiers et d'un vacoa mais dont il a fallu artificiellement protéger la base des bernard l'ermite.

La faune est essentiellement constituée de bernard l'ermite, d'oiseaux marins, surtout des frégates et des fous (les fous masqués à palmes noires et les fous à palmes rouges) et de tortues marines pour lesquelles l'île est un important lieu de ponte. On trouve la tortue verte aussi appelée tortue franche (Chelonia Mydas) et aussi la tortue à écailles, plus connue sous le nom de caret. Les eaux des alentours sont très poissonneuses. Des espèces exogènes ont été introduites sur l'île lors des différents naufrages : rats, souris et lapins. Ces derniers ont été décimés en 1986 par le cyclone Erinesta.

Administration

Vue aérienne de l'île

L’île Tromelin a été placée sous la juridiction de l’Île de la Réunion en 1814 et a longtemps été administrée par le préfet de cette région bien qu’elle n'en fasse pas partie. En 1960, elle est officiellement rattachée au ministère des DOM-TOM. Depuis un arrêté du 3 janvier 2005, elle relève de la responsabilité du préfet qui fait office d'Administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises. C’est une possession de la France (un « domaine privé de l'État ») qui fait partie d’un groupe d’îles françaises appelées parfois « Îles éparses de l'océan Indien ». La République de Maurice en réclame la souveraineté.

Elle abrite depuis 1954 une station météo de Météo-France, stratégiquement placée pour collecter des informations à propos des cyclones de l'Océan indien. Les quelques météorologistes (habituellement 4) qui gèrent cette station en sont les seuls habitants. Ils sont installés dans un bâtiment de trois étages situé au devant de l'aérodrome. Juste à côté se trouve la station météorologique composée de nombreux équipements de Météo-France.

L’île n’offre aucun port (seul un mouillage au large est possible) mais possède un aérodrome avec une piste de 1 100 mètres environ avec radio-guidage par balise. Un phare est situé sur le toit du bâtiment principal.

Depuis la loi n° 2007-224 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer, l'île Tromelin fait partie, avec les autres îles Éparses : Bassas da India, île Europa, îles Glorieuses et île Juan de Nova, du cinquième district des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Territoire d'outre-mer.

La revendication mauricienne

Depuis 1976, Maurice revendique la souveraineté sur l'île de Tromelin comme sur les Chagos. Si l'île en elle-même ne présente pas un grand intérêt économique ou stratégique, les eaux qui l'entourent sont très poissonneuses. La France considère qu'elle a toujours possédé Tromelin et le Traité de Paris de 1814 stipule que la restitution à la France exclut « l’isle de France et ses dépendances nommément Rodrigues et les Séchelles ». Tromelin n’étant pas nommé, Paris considère que l'île appartient donc toujours à la France. Cette possession française n’a été contestée, ni par la Grande-Bretagne, ni par le gouvernement indépendant de Maurice de 1968 à 1976.

Mais Maurice oppose la version anglaise du traité de Paris. Cette dernière indique « especially Rodrigues and The Seychelles ». L'adverbe especially signifie « en particulier ». À la suite du traité donnant l’île de la Réunion à la France, les autorités britanniques de Maurice ont pris possession d'îles qui n’étaient pas mentionnées dans le traité : Diego Garcia, d’Agaléga et de Saint-Brandon. Les Seychelles seront plus tard détachées de l'île Maurice et deviendront un État indépendant. Maurice affirme également qu'elle possède des documents prouvant qu'elle a bien pris possession de Tromelin. Entre 1901 et 1956, les autorités mauriciennes ont ainsi accordé des baux à 4 Mauriciens pour exploiter le guano sur l'îlot.

En 2004, la marine nationale française a arraisonné deux navires de pêche japonais dans la zone exclusive de Tromelin. Ces deux bateaux bénéficiaient d'une licence de pêche sur cette zone accordée par Maurice.

Une revendication malgache existe sur les Îles Éparses mais sans vraiment préciser si elle y inclut Tromelin dont elle a semblé reconnaître la souveraineté mauricienne.

Notes et références

  1. a , b , c , d , e  et f [http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/les-naufrages-de-tromelin/919/0/15068 "Expédition - Les naufragés de Tromelin", Le Point, 17 janvier 2007.
  2. [pdf]Dossier de presse expédition 2008

Liens externes

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