Roumanie

45° N 25° E / 45, 25

România (ro)
Roumanie (fr)
Drapeau de la Roumanie Armoiries de la Roumanie
(Drapeau de la Roumanie) (Armoiries de la Roumanie)
carte
Langue officielle Roumain[1]
Capitale Bucarest
44° 25' N; 26° 06'E
Plus grande ville Bucarest - 2 082 000 (2003)
Forme de l’État République semi-présidentielle
 - Président
 - Premier ministre
Traian Băsescu
Emil Boc
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 78e
238 391 km2
3,0 %
Population
 - Totale (2011)
 - Densité
Classé 49e
19 599 506[2] hab.
82 hab./km2
Indépendance
 - Date
De l'Empire ottoman
9 mai 1877
Gentilé Roumains, Roumaines
IDH (2010) en augmentation 0,875 (élevé) (45e)
Monnaie Nouveau leu roumain
(lei au pluriel) (RON)
Fuseau horaire UTC +2
Hymne national Deșteaptă-te, române! (Éveille-toi, Roumain!)
Code ISO 3166-1 ROU, RO
Domaine internet .ro
Indicatif
téléphonique
+40


La Roumanie, en roumain România, est un État d’Europe de l'Est, membre de l’Union européenne et de l'OTAN. La Roumanie est le 7e pays le plus peuplé de l’Union européenne et le 9e par sa superficie.

Possédant un héritage linguistique latin, le pays est entouré par des pays soit slaves comme la Bulgarie, la Serbie et l’Ukraine, soit finnois comme la Hongrie. Au nord-est, un autre pays à majorité roumanophone, la République de Moldavie, ne fait plus partie de la Roumanie depuis 1940. La Roumanie débouche à l'est sur la mer Noire, et c'est un pays stratégique pour l'Union européenne de par ses relations étroites avec les autres pays riverains de la mer Noire.

La création de l'État roumain moderne date du XIXe siècle, son territoire actuel du XXe siècle, et résulte de la réunion des anciennes principautés médiévales : Valachie, Moldavie (1859) et Transylvanie (1918). Mais les Roumains s'identifient surtout par leur langue latine et se considèrent volontiers comme les héritiers de l'ancienne Dacie (pays des Thraces du nord, conquis par l'empereur romain Trajan en 106) et de l'Empire romain.

Une autre composante de l'identité roumaine vient de l'Empire byzantin, dont les Roumains ont hérité leur foi, orthodoxe à plus de 85 %. À l'époque moderne, c'est la France des Lumières qui a inspiré, en 1859, la création de la Roumanie avec ses idéaux d'émancipation et de progrès, qui traduisent une troisième composante de l'identité roumaine: la composante révolutionnaire. La monarchie constitutionnelle initiale a évolué en démocratie parlementaire entre 1918 et 1938, puis un régime autocratique s'installa, bientôt suivi par deux totalitarismes qui ont lourdement marqué le pays : fascisme des années 1940, et communisme initialement imposé par l'URSS stalinienne dans la seconde moitié du XXe siècle jusqu'à la Libération de 1989 (chute de la dictature communiste).

Pendant la période de transition qui a abouti à son adhésion à l'Union européenne le 1er janvier 2007, la Roumanie est devenue l'un des alliés des puissances occidentales tout en gardant ses relations privilégiées avec les pays du Tiers-monde, avec ceux de l'ancien Pacte de Varsovie et avec la Chine, relations héritées du régime communiste. Pendant cette période de contradictions, l'ancienne nomenklatura communiste s'est maintenue aux affaires, en adoptant le nationalisme, le libéralisme et la démocratie comme idéologies de rechange ; un nombre important d'entreprises et d'entrepreneurs sont alors apparus. Même si ces entreprises ne sont pas très compétitives sur le plan international, le développement est visible : le commerce prospère, la construction explose (ainsi que le nombre de voitures), les voies de communication s'améliorent (bien que le choix du tout-routier au détriment du rail se traduise par des encombrements chroniques), l'équipement des ménages se modernise…

Sommaire

Toponymie

Article détaillé : Étymologie du nom « Roumanie ».

România, le nom du pays, est un néologisme du XIXe siècle, mais il s'appuie sur le nom par lequel les locuteurs de la langue roumaine se désignaient eux-mêmes depuis leurs origines, et qui est attesté par écrit dès le XVIe siècle. Cet endonyme de români est relié à l'Empire que nous appelons aujourd'hui byzantin mais dont le nom réel et officiel était Ρωμανία (Romania), de Rome, ancienne capitale de l’Empire romain. On sait que les Grecs jusqu'au XIXe siècle se définissaient eux-mêmes comme Ρωμαίοι (Roméi) ou Ρωμιοί (Romii)[3] et non Έλληνες (Hellènes, mot qui ne désignait alors que les grecs antiques) et encore moins Βυζαντινοί (Byzantins, mot inventé en 1557). En fait tous les habitants de l'Empire romain d'orient se définissaient comme Ρωμαίοι (Romées), qu'ils fussent Albanais, Arméniens, Aroumains, Grecs ou Roumains. Ce n'est que peu avant la guerre d'indépendance que les Grecs, toujours qualifiés de « Roumis » par les Turcs, vont commencer à se désigner comme Έλληνες (Hellènes), tandis que Roumains et Aroumains continuent à être désignés par l'exonyme de « Valaques ».

L'endonyme români par lequel s'identifiaient les Roumains, ne désignait pas au Moyen Âge une nationalité, mais simplement une origine et une langue communes (limba românească)[4]. Les roumanophones s'identifiaient par leur origine géographique : moldovean (Moldave), ardelean (Transylvain), muntean (de Valachie centrale), oltean (d'Olténie), maramureșean (du Maramureș), bănățean (du Banat) ou dobrogean (de Dobrogée). Ce sont Émile Ollivier, Élisée Reclus et Edgar Quinet, inventeurs du principe selon lequel on doit désigner un peuple par le nom qu'il se donne lui-même, qui ont imposé dans les langues étrangères le terme de « Roumains » à la place de « Valaques », « Moldo-valaques », « Moldaves », « Moldaviens », « Vlachs », « Volokhs », « Wallachiens » et autres « Romounes » devenus d'ailleurs flous et parfois péjoratifs (voir Origine des roumanophones).

Données spatiales et physiques

Article détaillé : Géographie de la Roumanie.
Roumanie
carte : Roumanie
Continent Europe
Région Europe de l'Est
Coordonnées 45°00'N, 25°00'E
Superficie
Côtes 225 km
Frontières Total: 2 508 km
Bulgarie 608 km, Ukraine 531 km, Hongrie 443 km, Moldavie 450 km, Serbie 476 km
Altitude maximale 2 544 m (Moldoveanu)
Altitude minimale 0 m (Mer Noire)
Plus long cours d’eau Danube (1 075 km)
Plus importante étendue d’eau Bicaz

Site et situation

Située au sud-est de l'Europe, la Roumanie a des frontières avec (dans le sens horaire) la Bulgarie au sud, la Serbie au sud-ouest, la Hongrie à l'ouest, l'Ukraine au nord, la Moldavie au nord-est, de nouveau l'Ukraine au nord-est et ouverture sur la mer Noire à l'est.

Le bassin central transylvain est séparé de la plaine de Moldavie à l'est par les Carpates et de la plaine de Valachie au sud par les Alpes de Transylvanie.

Les Carpates

Pays limitrophes

Bulgarie, Hongrie, Serbie, Moldavie et Ukraine

Possessions maritimes

La Roumanie a 24 milles nautiques de zone contiguë et 12 mille nautiques de mer territoriale.

Frontière avec l'Ukraine

Concernant l'extrémité orientale de leur frontière commune, la Roumanie et Ukraine ont porté devant la Cour internationale de justice de La Haye un conflit qui les oppose sur cinq îles du bras danubien de Chilia et sur le partage du plateau continental autour et au sud de l'Île des Serpents, dont les 12 200 km2 contestés pourraient receler 100 milliards de mètres cubes de gaz[5]. Il s'agit de territoires occupés par l'URSS en 1948, après le Traité de Paix de Paris de 1947. Concernant le plateau continental, la Cour a rendu son arrêt le 3 février 2009, attribuant 2 500 km2 à l'Ukraine, et 9 700 km2 à la Roumanie[6].

Régions traditionnelles

Article détaillé : Régions historiques de Roumanie.

La Roumanie moderne s'étend sur plusieurs régions historiques, héritées de la géographie médiévale, dont certaines appartiennent pour partie à ses voisins.

Régions historiques de la Roumanie et de ses voisins
  • Au nord-ouest, la région appelée globalement Transylvanie comprend l'ancienne Principauté de Transylvanie proprement-dite, vassale de la Hongrie (aujourd'hui au centre de la Roumanie) et, à l'ouest, des parties de régions ayant jadis appartenu au royaume de Hongrie lui-même (partium) : Banat (partagé avec la Serbie), Crisana (partagée avec la Hongrie) et Marmatie (partagée avec l'Ukraine : la partie roumaine s'appelle Maramureș, l'ukrainienne Ruthénie subcarpatique).
  • Au sud, la région appelée globalement Valachie comprend l'Olténie, la Munténie et, selon les auteurs, la Dobrogée (d'autres auteurs comptent à part cette région partagée avec la Bulgarie : Dobrogea en roumain et Dobroudja en bulgare).
  • Au nord-est, la région appelée globalement Moldavie comprend l'ancienne principauté de ce nom, qui a subi deux partages :
    • le premier, ancien, en a détaché successivement l'ancienne Bessarabie en 1484-1538, la Bucovine en 1775 et la nouvelle Bessarabie (moitié orientale du pays) en 1812 ; les noms de ces deux dernières régions ont été définis lors de cet ancien partage ;
    • le second partage, toujours en vigueur, date de 1940 : il laisse en Roumanie la moitié sud de la Bucovine et la moitié ouest de l'ancienne principauté, en République de Moldavie les deux tiers de la nouvelle Bessarabie (moitié est de l'ancienne principauté), et en Ukraine la moitié nord de la Bucovine, un fragment de la Moldavie occidentale (Herța) et un tiers de la nouvelle Bessarabie (Hotin au nord, Boudjak au sud).

S'il arrive parfois que des partis nationalistes agitent le passé roumain de ces régions, la Roumanie n'a aucune revendication territoriale et a reconnu par des traités avec ses voisins toutes ses frontières, à l'exception de quelques petites îles en litige avec l'Ukraine le long du Bras de Chilia des Bouches du Danube dont la répartition a été fixée par une décision de la Cour internationale de justice.

Topographie et hydrographie

Carte topographique de la Roumanie
Article détaillé : Cours d'eau de Roumanie.

Couvrant une grande aire elliptique de 237 499 kilomètres carrés, la Roumanie est à la 79e place mondiale et à la 12e européenne par sa superficie. Située au nord-est des Balkans, elle occupe la plus grande partie du bassin inférieur du Danube et les régions montagneuses du bassin moyen du même fleuve. Le pays s'étale sur les deux versants des Carpates, qui forment la barrière naturelle entre les deux bassins du Danube.

Géologie et pédologie

Géologie de la Roumanie et de ses voisins.
Article détaillé : Géologie de la Roumanie.

La position de la Roumanie aux confins des boucliers pannonique, mésique et scythique détermine sa structure géologique articulée autour de l'orogénèse alpine, dont les Carpates sont un prolongement, et dont la boucle sud-est est souvent l'épicentre de séismes. À l'intérieur de cette boucle, le plateau transylvain est surélevé (altitude moyenne 220 m) par rapport aux plaines moldave et valaque. La première est vallonnée par une érosion accentuée au Messinien, alors que le niveau hydrologique de base était très bas et que les cours d'eau ont profondément entaillé le substrat. Ultérieurement, le fond de ces entailles a été en partie comblé. La seconde, comblée plus généreusement au Cénozoïque par les alluvions fluviatiles du Danube, est plus plate. Les roches les plus anciennes, d'âge hercynien, affleurent au sud-est, en Dobrogée. Au Néozoïque des sédiments récents, continentaux, voire éoliens, se sont déposés sur les alluvions fluviatiles et sur les plateaux, avant d'être remaniés par la fonte post-Würmienne. La plaine valaque est fréquemment recouverte de dépôts de lœss.

Risques géologiques

De forts tremblements de terre cycliques supérieurs à 7 degrés sur l'échelle ouverte de Richter ont lieu dans la région de Vrancea (à raison de deux, trois ou quatre fois par siècle) et causent de lourds dégâts et des victimes, surtout dans le sud et le nord-est du pays sur l'axe Bucarest - Iași. Les tremblements de terre précédents de 1908 (6 octobre), 1940 (10 novembre) et 1977 (4 mars) ont eu des effets en Bulgarie, Moldavie (République de), Ukraine et même en Russie.

Parmi les plus forts tremblements de terre connus ceux de 1620, 1681, 1701, 1738, 1790 (tous ces tremblements de terre avaient entre 7 et 8 degrés sur l'échelle de Richter), 1802 (7,9 degrés), 1829 (7,3), 1838 (7,5), 1894 (7,0), 1908 (7,1), 1940 (7,7), 1977 (7,4), 1986 (7,1), le dernier a produit des dommages et victimes en particulier en Moldavie (des bâtiments se sont effondrés à Chisinau).

Les tremblements de terre de moins de 7 degrés sont les plus fréquents mais n'ont causé ni dommages importants ni blessés ces dernières années : en 1990 (6,9), en 1990 (réplique, 6,4), en 2004 (6,0), en 2009 (5,5), en 2009 (5,8).

Météorologie et climat

La position de la Roumanie lui confère un climat continental, notamment en Valachie et en Moldavie, et dans une moindre mesure en Transylvanie, où le climat est plus modéré. Des hivers longs et parfois sévères (de décembre au début mars), des étés chauds (juin à début septembre), et un automne prolongé (septembre à novembre) sont les saisons principales, avec une transition rapide entre le printemps et l'été. À Bucarest, la température minimale en janvier est généralement de -5 °C, et la température maximale en juillet est de 28 °C.

Biogéographie

  • Utilisation des terres :
    • terres arables : 41 %
    • pâturages permanents : 21 %
    • forêts et zones boisées : 29 %
    • autres : 6 % (en 1993)
    • terres irriguées : 31 020 km2 (en 1993)

Faune

Nombreuses espèces ornithologiques présentes autour du delta du Danube : pélican blanc et frisé, cigogne blanche, guêpier d'Europe, rollier d'Europe, hirondelles de rivage, héron pourpré, crabier chevelu, parfois ibis falcinelle.

Flore

Réseaux de communication et de transport

Article détaillé : Transports en Roumanie.

Par sa situation géographique, la Roumanie se trouve à l'intersection de plusieurs principales lignes de transport reliant l'Europe du Nord au sud et de l'ouest à l'est, ce qui est potentiellement une situation économiquement favorable. En outre, le réseau de transport en Roumanie fait la liaison entre le réseau communautaire des transports et celui d'États non limitrophes d'Europe et d'Asie[7]. Toutefois les infrastructures de transport existantes ne répondent pas aux besoins de l'économie d'aujourd'hui et sont loin derrière celles d'Europe de l'Ouest, en raison d'une part du manque d'investissements publics (réparations et entretien adéquats), d'autre part de choix logistiques déséquilibrés (tout-routier, diminution des transports alternatifs, abandon des voies ferrées et des infrastructures fluviales souvent vétustes, perte quasi-totale de la flotte maritime)[8],[9].

Routes

L'A3 à proximité de Cluj.
Article détaillé : Réseau routier roumain.

Dernièrement, des efforts ont été faits pour raccorder les routes principales de la Roumanie au réseau des couloirs européens[10]. Plusieurs projets visant à moderniser le réseau de corridors européens ont été lancés, financés par l'ISPA[11] et garantis par des prêts des institutions financières internationales. Le gouvernement est également à la recherche de sources de financement externes ou de partenariats public-privé afin de poursuivre la modernisation du réseau routier, en particulier des autoroutes[12]. En janvier 2010, la Roumanie en avait terminé 321,9 km[13].

Les seules autoroutes de Roumanie sont l'A1 de Bucarest à Pitesti et l'A2 de Bucarest à Cernavoda[14]. La construction de l'A3, ou Autoroute de Transylvanie, reliant Brasov à Oradea, a commencé en juin 2004 et devrait être finalisée en 2013[15]. Les autres tronçons à divers stades d'avancement sont Bucarest - Brasov, Cernavoda - Constanta, Nadlac - Arad - Timisoara, Bucarest - Roșiori de Vede - Craiova[16],[17].

Transport ferroviaire

Article détaillé : Căile Ferate Române.
ÖPNV-Systeme in Südosteuropa.png

Aéroports

Carte des principaux aéroports Roumains.

La Roumanie dispose de 62 aéroports, dont 25 aéroports avec des pistes en dur (en béton, en bitume ou en asphalte) et 37 aérodromes avec des pistes en terre battue. Les plus importants aéroports du pays sont ceux de Bucarest (OTP et BBU), de Cluj (CLJ) et de Timișoara (TSR). En 2008, les 17 aéroports civils du pays ont enregistré un trafic de 9,1 millions passagers[18].

Télécommunications et Internet

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Roumanie.
Le château de Peleș, ancienne résidence des rois de Roumanie

Les historiens distinguent quatre périodes dans l'histoire de la Roumanie :

L'histoire des populations dont sont issus les Roumains est bien documentée depuis l'apparition des Thraces et des premiers Daces (Thraces du nord), conquis par l'Empire romain, dont la domination va durer six siècles au sud du Danube et 150 ans au nord d'où Rome s'est retirée au milieu du IIIe siècle. Les populations latinophones du bassin danubien et des Balkans, sujettes ou bien de l'Empire romain d'Orient (au sud du Danube) ou bien des royaumes « barbares » (au nord du Danube), n'auront pas d'État à elles avant 1186, date de la fondation du Regnum Bulgarorum et Valachorum (« royaume des Bulgares et des Valaques ») par les dynasties Deleanu, Caloianu et Asen. Peuplé pour moitié de Bulgares, ce royaume situé à cheval sur les deux rives du bas-Danube ne dure que 63 ans avant d'être remplacé par des Tzarats bulgares (au sud du Danube) et par des banats roumains vassaux de la Hongrie (au nord du Danube). La fusion et l'indépendance des banats nord-danubiens donne au XIVe siècle les principautés de Moldavie et Valachie qui, après quatre siècles d'autonomie sous l'influence ottomane, fusionnent à leur tour en 1859 pour former le Vieux Royaume de Roumanie, dont l'indépendance totale par rapport à l'Empire ottoman sera reconnue en 1878. Le Royaume de Roumanie naît officiellement en 1881.

La fin de la Première Guerre mondiale voit la la Bessarabie, la Transylvanie (hongroise depuis 1867 au sein de la monarchie austro-hongroise), la Bucovine et une partie du Banat voter leur rattachement à la Grande Roumanie qui remplace le Vieux Royaume. Au début de la Seconde Guerre mondiale la Roumanie est pro-Alliée avec son roi anglophile Charles II qui fait tirer sur les fascistes de la Garde de fer, juger et exécuter leur chef Corneliu Zelea Codreanu, et garantir les frontières du royaume par le Royaume-Uni et la France. Par la mer Noire, la Roumanie transfère l'armée et le gouvernement polonais en territoire britannique, à Alexandrie, sur la flotte du SMR sous escorte de la marine de guerre. Allié avec Staline par le Pacte germano-soviétique de 1939, Hitler considère donc la Roumanie, à juste titre, comme une puissance hostile, et l'été 1940, après l'effondrement de la France, l'oblige à céder la Bessarabie à l'URSS, la Transylvanie du nord à la Hongrie et la Dobrogée méridionale à la Bulgarie. La Roumanie ne conserve que la moitié de son territoire de 1918.

Par la suite, Hitler et la Garde de fer renversent le roi et le remplacent par le maréchal Ion Antonescu (qui sera jugé et exécuté à la fin de la guerre). Lors de l'opération Barbarossa, Antonescu engage la Roumanie aux côtés de l'Allemagne en juin 1941 pour récupérer la Bessarabie. Mais il ne se contente pas de cela : il fait occuper par l'armée roumaine la "Transnistrie" (une partie de la Podolie ukrainienne), s'y livre à des atrocités et envoie l'armée roumaine au massacre jusqu'à Stalingrad. Un Conseil national de la Résistance se forme entre les mouvements de partisans, les leaders des partis politiques démocrates interdits, et le roi Michel, qui renversent Antonescu en août 1944: la Roumanie déclare la guerre à l'Axe, engageant 550 000 soldats contre l'Allemagne.

Le 6 mars 1945, un premier coup d'État communiste soutenu par l'URSS met fin au gouvernement issu de la Résistance, et le roi Michel est contraint d'accepter au pouvoir le Parti communiste roumain puis d’abdiquer fin 1947 : la dictature communiste s'abat alors sur le pays. La République socialiste de Roumanie durera jusqu'en décembre 1989, faisant 2 millions de morts civils (chiffre officiel) en 45 ans[19]. Après un second coup d'État, qui le 22 décembre 1989 met fin à un demi-siècle de dictature, de pénuries et d'étouffement de la société civile, le président communiste Nicolae Ceaușescu et sa femme sont condamnés à mort et exécutés suite à un procès très controversé, le jour de Noël 1989[20].

Depuis, la Roumanie évolue dans un contexte international difficile marqué par la transition compliquée vers l'économie de marché. Dans ce contexte et sans aucun Plan Marshall, la Roumanie met 17 ans à se reconstruire suffisamment pour répondre aux conditions léonines posées par l'Union européenne pour l'intégrer, en même temps que la Bulgarie, en janvier 2007[21],[22].

Chronologie

  • VIe siècle : Installation des Slaves parmi les Latins et arrivée des cavaliers turcophones bulgares qui fondent un royaume s'étendant sur les actuelles Yougoslavie, Roumanie, Moldavie, Macédoine et Bulgarie. Ce royaume adopte la langue slavonne et le christianisme : c'est la première Bulgarie, mais la moitié de sa population est latinophone (valaques). En Europe, Byzance ne garde que la Grèce et les côtes de la péninsule des Balkans.
  • XIIIe siècle : Invasion occidentale et catholique à Byzance (4e croisade). Les Occidentaux attaquent le royaume valaque mais leur chef Baudouin de Flandre est tué. Grande invasion mongole en 1223 (Tatars) : la Valaquie comme ses voisins est ravagée. En 1247 les Slavons succèdent aux roumanophones : la seconde Bulgarie remplace la Valaquie. Les Grecs reprennent Byzance en 1261 mais déjà les Turcs s'installent en Anatolie. Les peuples orthodoxes sont pris entre les catholiques à l'ouest et les musulmans à l'est : tout est déjà en place pour les futures guerres des Balkans. Au nord du Danube les canesats sont vassaux de la Hongrie, de la principauté slave de Galicie ou des Tatars. Entre les canesats vivent des populations slavonnes et iranophones (ïasses).
  • XIXe siècle : L'Empire russe annexe la moitié est de la Moldavie (actuelle République de Moldavie). Révolutions républicaines en 1821 et 1848. Fondation en 1856 de la Petite Roumanie par l'union entre Moldavie occidentale et Valachie. En réaction, annexion de la Transylvanie par la Hongrie en 1867 dans le cadre autrichien. Alliée aux Russes, la Petite Roumanie devient totalement indépendante en 1878 et aide la troisième Bulgarie (celle d'aujourd'hui) à gagner la sienne contre l'Empire turc ottoman.
  • XXe siècle : En 1918, les territoires austro-hongrois et russes peuplés de roumanophones (Transylvanie, Bucovine, Moldavie orientale dite Bessarabie) élisent des députés, proclament leur indépendance puis leur union à la Roumanie, qui avait combattu au côté des Alliés.
  • 1921-1923 : Réformes (vote des femmes, naturalisation des Roms et des réfugiés juifs, partage des grandes propriétés).
  • 1938 Dictature antifasciste du roi Carol II, qui réprime la Garde de fer fasciste et le P.C.. La Garde de fer organise des attentats, tue plusieurs ministres et intellectuels démocrates et s'en prend aux Juifs et aux Tsiganes.
  • Août 1944 : Michel Ier, fils de Carol II, renverse Antonescu et déclare la guerre à l'Allemagne.
  • 22 décembre 1989 : Alors que des manifestations contre le régime secouent le pays, les communistes réformateurs renversent Ceaușescu, forment avec quelques dissidents un Front du salut national (FSN), renoncent au communisme et permettent le rétablissement de la démocratie et de l'économie de marché. C'est la « révolution roumaine » : plusieurs centaines de soldats et de civils meurent en se tirant dessus mutuellement, chaque groupe pensant défendre la démocratie contre de prétendus partisans de Ceaușescu (le sénateur Ion Iliescu, successeur du dictateur déchu, a été accusé d'avoir lancé ces rumeurs et l'enquête est toujours en cours).
  • 27 août 1991 : Indépendance de la République de Moldavie, aussitôt reconnue par la Roumanie.

Politique et administration

Article détaillé : Politique de la Roumanie.

Principes constitutionnels

La Constitution roumaine a été adoptée par référendum en 1991, et fait de la Roumanie une République parlementaire avec une orientation présidentielle qui rappelle la Constitution française de 1958. Elle fut révisée en 2003.

Symboles

Article détaillé : Drapeau de la Roumanie.
Article détaillé : Armoiries de la Roumanie.

L'origine du drapeau de la Roumanie remonte à la révolution de 1821. Le plus ancien drapeau roumain tricolore conservé date de 1834. Initialement, les trois couleurs : bleu, jaune et rouge, étaient placées horizontalement. Lors de la révolution de 1821 comme pendant celle de 1848, le bleu (ciel) symbolisait la liberté, le jaune d'or la prospérité (champs de blé), l'égalité et la justice, et le rouge (sang) la fraternité, mais selon une légende très répandue aujourd'hui en Roumanie, ces couleurs symboliseraient les trois régions historiques du pays : Transylvanie, Valachie et Moldavie. Le drapeau actuel a été ré-adopté officiellement en 1989, mais son utilisation (dans sa forme actuelle) remonte initialement à la période 1867-1948.

Le tricolore bleu-jaune-rouge de 1848 avec les mentions « Équité Fraternité » (Dreptate, Frăție). Aquarelle de C. Petrescu.

L'origine des armoiries de la Roumanie remonte à 1872, quand le gouvernement adopta comme emblème national l'aigle portant la croix de la Principauté de Valachie, mais aussi l'épée, le sceptre, et les éléments des blasons de la Moldavie, de la Transylvanie et du Banat de Severin (actuels Banat de Timişoara et Olténie). Ces armoiries, à la différence des actuelles, étaient surmontés de la couronne royale roumaine. En 1921 on incorpora l'écusson de la famille royale Hohenzollern de Roumanie ainsi que les dauphins de la Dobrogée.

En 1947, avec l'instauration du régime communiste, on adopta les symboles de ce régime, qui furent, dès lors, apposés au centre du drapeau, et qui, avec quelques changements, perdurèrent jusqu'en 1989. Les manifestants de la révolution roumaine de 1989 les découpèrent, et durant ces évènements déployèrent des drapeaux portant en leur centre un vide. Les armoiries actuelles de la Roumanie, simplifiées d'après celles de 1872, furent adoptées par le parlement le 10 septembre 1992.

L'organisation des pouvoirs

La Constitution révisée de 2003 prévoit l'élection du président de la République au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans (il était de 4 ans auparavant). Ce dernier nomme le Premier ministre qui dirige l'action gouvernementale. Il peut être renversé par une motion de censure par le Parlement. Ce dernier est composé de la Chambre des Députés et du Sénat conformément à la tradition bicamérale que la Roumanie a connue avant l'instauration du régime communiste. Les deux Chambres sont élues pour un mandat de 4 ans au suffrage universel direct et disposent des mêmes pouvoirs en ce qui concerne la responsabilité politique du Gouvernement. La Cour constitutionnelle contrôle la constitutionnalité des lois, et juge de l'élection des parlementaires comme de l'élection du président de la République. Enfin elle peut être saisie par tout citoyen lors d'un procès ou par tout juge par une question préjudicielle de constitutionnalité.

Découpage administratif

Paysage transylvain : Cheile Turzii près de Cluj.

Subdivisions administratives

Article détaillé : Subdivisions de la Roumanie.

Les subdivisions administratives utilisées aujourd'hui sont les 41 județe (județ au singulier du latin judicium, ou « juge ») qui sont détaillés dans l'article de fond. La capitale, Bucarest, forme une subdivision administrative autonome au sein du județ d'Ilfov : le « municipe de Bucarest » (municipiul București du latin municipium).

Principales villes

Article détaillé : Villes de Roumanie.

Tendances politiques

L'identité politique roumaine se construit essentiellement autour de cinq composantes[23] :

  • une composante « latiniste » due aux origines romanes de la langue roumaine, composante qui comporte un volet internationaliste tourné vers les autres pays latins, et un volet isolationniste qui fait de la Roumanie une île latine au milieu d'un océan slave (ce qui est doublement faux car les Hongrois ne sont pas des Slaves, et les Slaves ont longuement cohabité avec les Proto-Roumains) ;
  • une composante « victimiaire » due à la situation géopolitique de petit pays aux marges de grands empires volontiers expansionnistes, qui consiste à exonérer les dirigeants roumains de leurs décisions les moins flatteuses pour la conscience collective, en jouant sur la nécessité de survivre ;
  • une composante « pastorale » et « chrétienne orthodoxe » liée aux origines rurales des Proto-Roumains après l'effondrement de l'Empire romain, composante qui, sous l'influence des nationalismes européens du XIXe siècle, a évolué en nationalisme à partir de 1880, avec des excès xénophobes et intolérants à partir des années 1930 ;
  • une composante « humaniste » qui s'est manifestée à partir du XVIIIe siècle, liée à l'influence des Lumières venue de France, à la base du processus d'« éveil » des roumanophones (l'hymne national de la Roumanie est "Éveille-toi, Roumain!") jalonné par la première Constitution en 1741, l’abolition du servage en 1749, la proclamation du « Supplex libellum Valachorum » en 1784, les révolutions de 1784 et de 1821, la fondation de l’Académie roumaine en 1843, la révolution roumaine de 1848, l’union des principautés de Moldavie et Valachie en 1859, la Alexandru Ioan Cuza sécularisation des biens ecclésiaux et la libération des Roms en 1862, l’indépendance du pays en 1878, l’enseignement primaire gratuit et obligatoire en 1902, l'unification politique du pays le 1er décembre 1918, la réforme agraire, la naturalisation sans condition des minorités et le suffrage universel y compris féminin en 1921-23, et enfin la 1989 ;
  • enfin une composante « européenne internationaliste » consistant à admirer et imiter ce qui se fait à l'ouest, à vouloir aligner la Roumanie sur l'Europe occidentale ou centrale, qui s'est manifestée à partir du XIXe siècle et qui s'est développée au rythme des échanges commerciaux et de l'industrialisation.

Tous les régimes politiques qui se sont succédé dans le pays ont instrumentalisé à leur manière ces cinq composantes identitaires, et les partis politiques, tant qu'ils ont pu s'exprimer (jusqu'en 1938 et à partir de 1989) se sont appuyés, chacun selon son idéologie, sur tel ou tel aspect de ces composantes.

Tour à tour ou ensemble, ces courants identitaires se sont manifestés dans la vie politique du pays, lors de la modernisation et la démocratisation sous divers gouvernements parlementaires entre 1856 et 1938, lorsqu'un régime autoritaire s'est mis en place en 1938, sous la dictature à partir de 1940, et enfin sous le totalitarisme à partir de 1945. Successivement pro-Allié en 1938, pro-nazi en 1940 et communiste en 1945, le régime est devenu de plus en plus répressif et sanglant (avec toutefois un « desserrement » dans les années 1965-1972). La société civile a tenté de résister au totalitarisme, de manière de plus en plus feutrée et passive à mesure que les résistants étaient exterminés, mais, dans les familles, les courants identitaires ont perduré, d'autant que le communisme en Roumanie s'est servi des aspects « pastoraux » pour asseoir sa légitimité (ce que Catherine Durandin a appelé le « national-communisme »).

Le communisme

Le communisme en Roumanie a connu trois périodes, correspondant à trois générations de communistes :

  • la « revanche » (sur la société démocratique bourgeoise antérieure, mais aussi sur le fascisme), phase violente de terreur, d'arrestations massives, où les minorités du pays étaient majoritaires au Parti ;
  • la « normalisation », phase de développement de la nomenklatura, où les opportunistes issus de la majorité orthodoxe rurale font carrière, marginalisent les camarades issus des minorités (dont beaucoup quittent le pays, voire sont purgés par les nouveaux dirigeants) et portent le Parti à trois millions de membres ;
  • le « national-communisme », régime à la fois répressif et nationaliste d'inspiration néostalinienne et nord-coréenne qui se traduit par une accentuation de la misère populaire, un refus de la perestroïka et une coupure entre les « conservateurs » du régime et les « réformateurs », qui aspirent à en finir avec le communisme et s'appuient sur Gorbatchev et la France pour renverser Ceaușescu en 1989. Après quoi, « conservateurs » et « réformateurs » font à nouveau bloc au sein du FSN (Frontul Salvării Naționale, Front de salut national) et gardent le pouvoir jusqu'en 1996[24].

Ces phases du communisme ont ajouté à l'identité politique roumaine une sixième composante, transversale : le « survivalisme » qui se manifeste par une attitude économique, sociale et citoyenne, donc également éthique et politique, légitimant n'importe quelle stratégie, changement brutal d'orientation, rupture d'engagements ou absence de principes (voire d'éducation) par la nécessité de survivre, étendue à celle de prospérer, soi, sa famille, son groupe d'appartenance, son entreprise, le pays[25]. Pendant et après la révolution roumaine de 1989, le président Ion Iliescu a largement joué sur cette composante transversale pour asseoir le pouvoir d'une nomenklatura populiste et isolationniste, avec le slogan Un des nôtres, pour notre tranquillité qui garantissait à tous ceux qui, sous la dictature, avaient soit profité du régime, soit laissé faire passivement, un avenir sans risque de lustration (lustration revendiquée par les étudiants et l'opposition).

Partis et élections de l'après-communisme

Les élections de 1996 ont écarté pour quatre ans la nomenklatura du pouvoir politique (mais pas du pouvoir économique), au profit d'une coalition des partis démocratiques (CDR ou Convention démocrate roumaine et USD, Union sociale-démocrate). Le géologue Emil Constantinescu a été alors le premier président roumain à condamner officiellement les crimes commis par le régime d'Ion Antonescu contre les Juifs et les Roms et par le communisme contre l'ensemble de la population[26].

Le FSN, rebaptisé PSD (Parti social-démocrate), revient au pouvoir en 2000, mais subit une nouvelle défaite en 2004 face à l'Alliance D. A. (composée essentiellement des successeurs de la CDR, le Parti démocrate et le Parti national libéral).

En décembre 2006, quelques jours après la cérémonie d’entrée dans l’Union européenne, le président Traian Băsescu a de nouveau condamné officiellement les crimes commis par le régime communiste. En 2007, les historiens de la commission présidentielle pour l'analyse de la dictature en Roumanie, ont officiellement évalué les victimes civiles du fascisme roumain à un demi-million de personnes, et celles du communisme à deux millions, soit environ 10 % de la population[27].

Le président Traian Băsescu du parti démocrate a été élu président en 2004 face au candidat « socialiste » (en fait, issu de l'aile conservatrice de la nomenklatura) Adrian Năstase. Au parlement, l'alliance D.A. (O.U.I. en roumain - Dreptate Adevăr voulant dire « Droiture/Justice Vérité ») entre le Parti démocrate et le Parti national libéral a pu se maintenir en place avec le but affiché de faire adhérer la Roumanie à l'Union européenne.

La vie politique s'est, depuis, de plus en plus complexifiée, tandis que les programmes passaient au second plan derrière les personnes. De nombreux partis ont changé de nom et d'alliances, beaucoup ont connu des scissions. Depuis l'été 2006, les confrontations entre Călin Popescu Tăriceanu, Premier ministre libéral, et le président ont abouti en avril 2007 à l'éclatement de l'alliance, lorsque le Premier ministre a exclu du gouvernement le Parti démocrate. Selon lui, l'alliance ne pouvait plus fonctionner « à cause des démocrates » et d’un « président qui a fait passer ses intérêts politiques personnels devant les intérêts des Roumains.»

Le 3 avril 2007, le Parlement a voté d'urgence [28], avec 302 votes pour et 27 votes contre[29], un gouvernement minoritaire représentant 22 % des parlementaires et formé entre les libéraux et les représentants de la minorité hongroise. Le Parti social-démocrate, dans l'opposition, a soutenu ce gouvernement pour une durée limitée et seulement afin de permettre la sortie de la crise politique. Le Parti de la grande Roumanie a annoncé voter contre à cause de la présence de l'alliance hongroise dans le nouveau gouvernement. Le grand perdant à court terme est le Parti démocrate, qui devrait entrer en opposition et qui depuis 2006 fait appel aux élections anticipées.

En parallèle, le Parlement a lancé une procédure de destitution du président Băsescu pour violation de la Constitution. Le 20 avril, le Parlement a voté la suspension du président[30], qui est confirmée par la Cour constitutionnelle. Mais, lors du référendum du 19 mai 2007, les Roumains choisissent à 75 % de maintenir Băsescu dans ses fonctions, désavouant ainsi leurs propres députés.

Dirigeants actuels

Voir la page Chefs d'État roumains

Justice

Ordre public et défense

Système de protection sociale et de santé

Éducation

Santé

Fiscalité et budget de l'État

Appartenance à des organisations internationales

Relations extérieures et diplomatie

Politique relative à l'OTAN

La nomenklatura a toujours entretenu de bonnes relations avec tous les états du tiers monde, y compris avec ceux que les États-Unis classent comme « États-voyous ». Les gouvernements successifs de la Roumanie n'avaient aucune raison de changer de politique, mais l'inquiétude suscitée par l'impérialisme russe et ukrainien en mer Noire ont poussé la Roumanie à rejoindre l'OTAN en 2004.

Les intérêts de la Roumanie ne sont pas toujours les mêmes que ceux des partenaires historiques comme la France et cette implication en Irak avait fait réagir la France. Selon le président Traian Băsescu, « la démocratie ne peut pas être protégée sans l'OTAN et l'UE » et l'alliance avec les États-Unis ne remet pas en cause l'engagement européen de la Roumanie. Il a aussi déclaré que l’OTAN resterait, après l’adhésion du pays à l’UE, le principal moyen de maintenir la sécurité du pays.

Politique dans l'Union européenne

La Roumanie est le premier pays de l'Europe centrale et de l'est qui a établi des relations avec la Communauté européenne, depuis 1974. Après son adhésion à l'Union européenne le 1er janvier 2007, en même temps que la Bulgarie, la plupart de ses parlementaires ont rejoint le groupe des libéraux européens (qui voient ainsi leur nombre augmenter de 17 %) et les partis de centre-droite; un moindre nombre a rejoint le groupe socialiste, et quelques-uns, l'extrême-droite européenne qui a ainsi pu se constituer en groupe. La plupart de ces euro-députés, quel que soit leur engagement actuel, ont un passé communiste.

Selon le président roumain, l’extension et l’approfondissement de l'UE peuvent se dérouler simultanément, et la Roumanie soutiendra très fortement les partenariats avec la République de Moldavie et avec les États des Balkans de l’Ouest (Albanie, pays de l'ex-Yougoslavie)[31]. La Roumanie va donner des visas gratuits pour les citoyens de République de Moldavie et pour ceux de la Serbie.

Le premier ministre italien Romano Prodi et son homologue roumain Calin Popescu-Tariceanu ont signé le 16 janvier 2007 à Bucarest une déclaration politique commune. Compte tenu des relations excellentes entre ces deux pays, ils s’engagent à ce que leurs gouvernements coordonnent les démarches dans le cadre de l’Union européenne, notamment en ce qui concerne la constitution et l'intégration des pays de l'ouest des Balkans. Cette déclaration se fait alors que les deux pays fêtent 10 ans depuis la signature du Partenariat stratégique commun. L'Italie est la destination préférée des Roumains (devant l'Espagne), environ 300 000 Roumains ont travaillé en Italie en octobre 2006, sans compter les travailleurs clandestins. L'Italie est le principal investisseur en Roumanie et le plus grand importateur (19,4 % des importations) et exportateur (15,6 % des exportations).

La Roumanie souhaite être au cœur de la stratégie énergétique de l’Union européenne[32]. Désormais, des pays pétroliers comme le Kazakhstan et l'Azerbaïdjan sont à proximité de la frontière maritime de l'UE. La mer Noire est vue à Bucarest comme une priorité qui peut permettre de réduire la dépendance énergétique de l'Union européenne, des Balkans occidentaux et de la République de Moldavie à l’égard de la Russie. De ce fait, la Roumanie devrait permettre à l'UE de mieux négocier le futur accord énergétique avec la Russie dont les discussions ont débuté en 2006.

La Roumanie se propose d’être leader régional, a déclaré le président Traian Băsescu au cours du débat « La Roumanie européenne, la Roumanie euro-atlantique, la Roumanie dans la sphère des relations internationales » organisé par l’Association George C. Marshall et l’Administration présidentielle.

Les premières élections pour élire les 35 euro-députés ont eu lieu le 13 mai 2007. Le Premier ministre Calin Popescu-Tariceanu, qui pourtant avait soutenu cette date au début, proposa un report de l'élection. Son opposant politique, le président, pensa qu'il n'était plus possible de la retarder vu que l'argent pour l'organiser avait déjà été dépensé.

Réponse aux défis globaux

La Roumanie, où est née la géonomie sous les auspices de Grigore Antipa au début du XXe siècle, est le premier pays du monde à avoir signé le protocole de Kyoto. Mais, dans la deuxième moitié du XXe siècle, l'idéologie productiviste de la lutte de l'homme civilisé contre la nature sauvage promue tant par le régime communiste des années 1945-1989, que par le régime libéral qui lui a succédé, a imprégné les décideurs et l'opinion, si bien que l'aspect environnemental est encore peu pris en compte dans le mode de développement actuel de la Roumanie, malgré les efforts du ministère de l'Environnement. À titre d'exemple, malgré le climat continental contrasté du pays, les villes ont néanmoins subi la prolifération de l'automobile, la réduction des transports électriques et sur rail, la diminution des espaces verts et les arbres isolés, ainsi que la multiplication des constructions de béton et de verre : pour compenser les effets négatifs de cette évolution, l'on abuse du chauffage l'hiver, et de la climatisation l'été. Les citadins, respirant un air vicié et soumis à des contrastes thermiques accrus, développement de plus en plus de maladies infectieuses et d'allergies[33].

Développement

Article détaillé : Développement de la Roumanie.

En octobre 2008, le salaire moyen mensuel net était de 1 327 RON (350 € à la même date)[34]. Le salaire minimum garanti par la loi ou par les conventions collectives du travail est de 1 200 RON (298 €) pour les cadres et de 600 RON (149 €) pour les autres catégories [35]. L'impôt sur le revenu est de type proportionnel (également appelé impôt à taux unique) à 16 %, et le montant moyen des retraites est d'environ 700 RON (175 €) au 22 octobre 2008 (hors retraites des agriculteurs) [36].

La décennie 1990 - 1999 est extrêmement difficile et marquée par une crise économique (chute de 48 % du PIB industriel, inflation comprise entre 50 % et 300 %, l'écroulement de la monnaie nationale — en 1999 le leu vaut 1 000 fois moins qu'en 1990, de nouvelles coupures sont émises tous les ans. Le chômage passe de 2 % à 12 % et provoque des mouvements syndicaux parfois très violents. En 1990 et 1991 des dizaines de milliers de mineurs envahissent Bucarest, saccagent le siège du gouvernement et provoquent des dizaines de morts et des blessés ; en 1999 le mouvement se répète mais les gendarmes parviennent à gagner la « bataille » (selon une expression utilisée à l'époque). L'année 2000 marque une amélioration de la situation et l'économie roumaine est en très forte croissance depuis l'année 2001 (4 à 9 % par an). L'économie roumaine a été déclarée économie de marché fonctionnelle par la Commission européenne en octobre 2004. Son PIB en parité de pouvoir d'achat (247 milliards de dollars) place la Roumanie au 45e rang mondial fin 2007, au niveau du PIB tchèque[37].

La majorité au pouvoir entre 2004 et 2008 a mis en place une politique économique d'inspiration libérale, visant à réduire le nombre des entreprises d'État (encore autour de 30 % du PIB en 2006 selon une estimation de Deutsche Bank), attirer plus d'investissements étrangers (7e destination en Europe en 2006 selon Financial Times), réduire la fiscalité et le chômage (4,3 % janvier 2008 et 1,8 % à Bucarest [38], mais avec un taux de chômage de jeunes nettement plus élevé à 21,4 % fin 2006 [39]) pour pouvoir faire face à la concurrence à l'intérieur de l'Union européenne.

Démographie

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en millions d'habitants.
Article détaillé : Démographie de la Roumanie.
Évolution de la population (recensements)
  • 1859 - 8 600 000 (Valachie et Moldavie sans la Bessarabie et la Bucovine)
  • 1912 - 12 923 600
  • 1930 - 18 052 896 (la Grande Roumanie ; 71,9 % Roumains)
  • 1948 - 15 872 624 (territoire actuel de la Roumanie)
  • 1956 - 17 489 450
  • 1966 - 19 103 163
  • 1977 - 21 559 910
  • 1992 - 22 760 449
  • 2002 - 21 680 974
  • 2011 - 19 599 506[40]

Monnaie

La monnaie roumaine est le leu roumain (l'appellatif technique est RON, 1 € = 4,1344 RON, au 6 juin 2011).

Ressources naturelles

La Roumanie possède plusieurs sortes de ressources naturelles :

  • pétrole ;
  • gaz naturel ;
  • charbon ;
  • minerais de fer ;
  • sel ;
  • terres arables ;
  • ressources hydrauliques.

Revenus de la population, salaires et développement humain

Emploi

Entreprises

Principaux secteurs de l'activité économique

Article détaillé : Économie de la Roumanie.

Agriculture et agro-alimentaire

Industrie

Commerce

Finances

Tourisme

Le jugement dernier, peinture en style orthodoxe byzantin sur les murs du monastère Voroneț (construit en 1488). On y voit à gauche le Paradis, à droite les Enfers, et en haut l'image contemplative du Christ tout-puissant avec les signes du zodiaque[41]. On peut voir, en bas à gauche, l'Arbre de la Vie et la Croix de Lorraine.

Stations touristiques de la mer Noire

Les stations du littoral s'étalent sur une frange côtière allant du sud de la ville de Constanța jusqu'à la frontière bulgare. Elles bénéficient d'un long ensoleillement et d'une chaleur tempérée, la moyenne étant de 25 °C en été. 250 254 touristes les ont fréquentées en 2006.

Stations touristiques de montagne

Le delta du Danube

Vlad Țepeș

Le delta du Danube est un endroit unique en Europe, déclaré réserve naturelle par l'UNESCO.

Châteaux

Les châteaux et les places fortes.

Dracula

Il est difficile de parler de la Roumanie, sans évoquer la célèbre figure du comte Dracula popularisé par l'écrivain irlandais Bram Stoker et des dizaines d'œuvres de l'industrie cinématographique américaine. Grâce à lui, l'image de la Roumanie est associée aux mythes des vampires et de ce personnage fictif inspiré par le nom et les vies de deux princes de Valachie: Vlad II le Dragon (Vlad Dracul, membre de l'ordre du Dragon initié par Sigismond de Luxembourg) et son fils Vlad III l'Empaleur (Vlad Țepeș). Sa légende associe également (sur des critères non-historiques) la ville médiévale de Sighișoara et le château de Bran, qui sont devenus des destinations touristiques importantes, au détriment d'autres richesses plus authentiques comme la tour de Chindia à Târgoviște, moins spectaculaire mais réellement bâtie sous le règne de Vlad Țepeș.

La Transylvanie

Place de la Roumanie dans l'économie mondiale

Le PIB de la Roumanie (121,3 milliards d'euros fin 2007)[42] dépend des services pour 55,2 %, de l'industrie pour 34,7 % et de l'agriculture pour 10,1 % pour une population quasi-égale dans les trois secteurs. Le rythme de croissance économique a été de 7,7 % en 2006 et de 6,7 % en 2007. L'inflation en rythme annuel en janvier 2008 est à 7,26 % [43], le déficit budgétaire en 2007 de 2,3 % du PIB et l'endettement de l'État est à 25 % du PIB.

Le classement publié le 16 septembre 2006 par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement situe la Roumanie à la 24e place (sur 141 pays) au regard de l'attractivité pour les IDE et la dette publique représente moins de 20 % du PIB. Cinq compagnies de Roumanie ont un chiffre d’affaires supérieur à un milliard d’euros : Petrom (groupe OMV), Rompetrol, Mittal Steel (ancien Sidex, groupe Arcelor-Mittal), Metro Romania (groupe Metro AG) et Automobile Dacia (groupe Renault).

Le journal Le Monde remarque qu'en 2005 et 2006, « la Roumanie a attiré 15 milliards d'euros d'investissement (étranger), plus que les 14 milliards d'euros que le pays avait attirés de 1990 à 2004 ». En 2007, le pays a attiré près de 7 milliards d'euros de IDE[44].

Codes internationaux

La Roumanie a pour codes :

Culture et société

Article détaillé : Culture de la Roumanie.

Les Roumains décrivent souvent leur pays comme une « île de latinité dans un océan slave ». Cette expression isolationniste a été popularisée par Nicolae Iorga, historien et homme politique de l'entre-deux-guerres. Toutefois il faut y mettre un bémol car la Hongrie ne fait pas partie des pays slaves. Mais surtout, la latinité est surtout linguistique : sur les autres plans de la culture traditionnelle (architecture traditionnelle, arts, musiques, cuisines, influences religieuses, histoire, patrimoine, minorités...) la Roumanie se situe bien au carrefour de l'Europe centrale à laquelle elle appartient par la Transylvanie, de l'Europe orientale à laquelle elle appartient par la Moldavie, et des Balkans auxquels elle appartient par la Valachie et la Dobrogée. Par ailleurs, depuis l'époque des Lumières, la Roumanie a subi une très forte influence occidentale et notamment française, combattue jadis par des partisans de l'« autochtonisme orthodoxe » tels le philosphe Nae Ionescu ou l'essayiste Nichifor Crainic, et aujourd'hui par les polémistes tels Adrian Păunescu ou Corneliu Vadim Tudor.

Patrimoine linguistique

Le roumain, de structure grammaticale latine, compte environ 18 % de mots venus des langues slaves voisines, mais 75 % du lexique est d'origine latine. Les Roumains comprennent avec une relative facilité l'italien (et encore plus le napolitain[réf. nécessaire]) même sans l'avoir appris, et plus d’un quart de la population roumaine comprend et parle le français. La Roumanie est donc un pays francophone important[45]. Elle a d’ailleurs accueilli le XIe Sommet de la francophonie en 2006[46].

Il y a en tout 25 millions de roumanophones, dont 19,3 millions en Roumanie (sur 22,3 millions d’habitants) et 3 millions en République de Moldavie (sur 4,5 millions d’habitants). Approximativement, deux millions de citoyens roumains ont une autre langue maternelle que le roumain : hongrois (1 434 377 citoyens), romani (535 250 citoyens) www.recensamant.ro, allemand, russe, turc, grec, arménien… Un million et demi de citoyens moldaves aussi : russe, ukrainien, turc, bulgare. Et deux millions de roumanophones ne sont ni citoyens roumains ni citoyens moldaves : ils peuvent être citoyens ukrainiens, serbes (principaux pays à minorités roumanophones historiques), russes (suite à la déportation), italiens, espagnols, français, canadiens, américains, australiens, allemands, suisses ou belges (principaux pays de la diaspora). L'Anglais est de plus en plus parlé, surtout chez les jeunes générations, depuis la fin du communisme.il à tendance, depuis une dizaine d'années à supplanter le Français et l'italien, et il est déjà la première langue universitaire.

Cultes

Parmi les Roumains et autres ethnies qui vivent en Roumanie, 87 % sont orthodoxes, 6 % catholiques et 7 % protestants. L'Église orthodoxe a fait un retour en force depuis la chute du communisme, les fêtes religieuses sont suivies avec assiduité et plus de mille nouvelles églises ont été construites dans le pays. Toutefois des contestations se font jour à ce sujet, notamment au sujet du prix très élevé des baptêmes, mariages et enterrements, et ce d'autant que les prêtres sont (modestement il est vrai) rémunérés par l'État, en dépit de l'inscription dans la Constitution du principe de laïcité.

Patrimoine architectural

Patrimoine artistique et événements culturels

Fêtes et jours fériés

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er et 2 janvier Jour de l'An / Nouvel An Anul Nou
en avril ou en mai Pâques Paște (singulier) ou Paști (pluriel) Pâques orthodoxe
1er mai Jour du travail Ziua muncii
en mai ou en juin (le dimanche et le lundi) Pentecôte Rusalii / Pogorârea Sfântului Duh / Pogorârea Sfântului Spirit[47] 50 jours après Pâques orthodoxe
15 août Assomption Adormirea Maicii Domnului
1er décembre Jour de l'Union Ziua Unirii C'est le jour de la fête nationale roumaine. Il célèbre l'union de la Transylvanie à l'ancien Royaume de la Roumanie, le 1er décembre 1918.
25 - 26 décembre Noël Nașterea Domnului (Crăciun)

Médias

Presse locale
Télévision locale
Blogs et sites d'information locaux

Littérature

La littérature en slavon a un caractère moral et religieux, historique et littéraire, tels les romans populaires La vie d'Alexandre et Varlaam et Loasaf. Au XVe siècle paraissent les premières traductions des livres religieux en roumain ; à partir du XVIIe siècle, parallèlement à cette littérature religieuse très riche, s'affirme la littérature laïque grâce aux chroniqueurs (Ion Neculce). Le début du XVIIIe siècle est dominé par la personnalité du prince humaniste Dimitrie Cantemir. Au siècle des Lumières prend naissance le mouvement politico-culturel connu sous le nom d'École transylvaine, qui redécouvre la latinité de la culture roumaine pour en tirer arguments dans la lutte de libération nationale. La première moitié du XIXe siècle est marquée par la baisse de l'influence grecque, l'ouverture vers l'Occident. Cependant, une production nationale et originale fondée sur la mise en valeur du folklore et de l'histoire nationale est assurée par Ion Heliade Rădulescu, Constantin Negruzzi et surtout Vasile Alecsandri. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, de fortes personnalités s'imposent : Mihai Eminescu, Ion Creangă et Ion Luca Caragiale et le critique Titu Maiorescu.

Au début du XXe siècle, la littérature roumaine exalte d'une part autour des revues Sămănătorul, publiée par Nicolae Iorga, et Viata romănească, dirigée par Garabet Ibrăileanu, les valeurs populaires et surtout paysannes avec les poètes George Cosbuc, Octavian Goga et les prosateurs Duiliu Zamfirescu et, à ses débuts Mihail Sadoveanu ; et, d'autre part cultive le symbolisme avec Macedonski. Ces deux directions demeurent entre les deux guerres mondiales, l'une nationale, l'autre orientée vers la littérature européenne. Toutefois, tendant à rejoindre l'universel, la poésie prend un ton lyrique avec Lucian Blaga, innove dans le domaine de l'expression avec les modernistes, Tudor Arghezi et Ion Barbu, l'avant-garde étant représentée par Tristan Tzara. Le roman connaît un essor grandissant avec Ion Agârbiceanu, Cezar Petrescu, Hortensia Papadat-Bengescu, Camil Petrescu, Gib Mihăescu. La même diversité d'expression caractérise aussi le théâtre de l'entre-deux-guerres, tandis que la critique littéraire est représentée par Tudor Vianu. Après la seconde guerre mondiale, la littérature roumaine évolue sous le signe du socialisme.

Depuis 1968, deux tendances générales dominent : la remise en valeur du patrimoine national et l'ouverture vers les littératures étrangères, surtout celle de l'Europe occidentale et des États-Unis. Un nouvel équilibre s'établit : les poètes se veulent originaux et indépendants : Nichita Stănescu, Marin Sorescu, Mircea Dinescu. Les romanciers traitent les problèmes de l'individu, exploitent la veine des « thrillers », cultivent le pittoresque ou le réalisme magique. Le mouvement théâtral est très actif et la décentralisation très poussée. Les thèmes principaux sont les problèmes de la société contemporaine, politiques ou traitent de l'histoire des mythes.

Architecture

Peinture

Sculpture

Musique

Article détaillé : Musique roumaine.
Taraf

La musique roumaine est particulière au sein de l'Europe de l'est car la population roumaine n'est pas slave mais en majorité latine, tout comme celle de Moldavie dont la musique partage bien des aspects d'ailleurs. De plus, il existe une grande minorité tsigane particulièrement versée dans la musique et appelée les Lăutari qui accompagnent traditionnellement les fêtes et banquets (mariages…).

La musique folklorique traditionnelle est très ancienne et se reflète aujourd'hui jusqu'au sein des autres styles de musique — même les plus modernes ou populaires — joués dans le pays. Un musicien comme Gheorghe Zamfir a été l'ambassadeur de cette musique grâce à son succès de par le monde avec sa flûte de Pan (naï).

La musique religieuse inspirée de la musique byzantine s'est aussi adaptée à cette spécificité folklorique et s'est développée au sein de monastères orthodoxes au cours du XVe siècle. La polyphonie qui s'y est implantée au XVIIIe siècle vient elle de l'influence russe et européenne.

Photographie

Cinéma

Arts de la scène

Gastronomie

  • La mămăligă est une semoule de maïs, plat de base du paysan roumain, qui rappelle la polenta italienne. Elle accompagne un fromage blanc fait à partir de lait de vache ou de brebis un peu aigre ou n'importe quel plat.
  • Les sarmales sont des feuilles de chou, de betterave, de radis noir, de tussilage ou de vigne, farcies de riz, viandes, champignons, herbes et légumes.

Sport

Article détaillé : Sport en Roumanie.

La gymnastique roumaine a pris une dimension internationale après la victoire historique de Nadia Comăneci aux Jeux olympiques d'été de 1976, au cours desquels elle fut la première gymnaste à obtenir la note maximale de 10. Beaucoup d'autres gymnastes roumains se sont depuis illustrés sur la scène mondiale, comme par exemple Andreea Răducan ou Marian Drăgulescu.

En rugby à XV, la Roumanie a souvent mis en difficulté le XV de France. Le football est également un sport populaire en Roumanie.

Depuis la fin du régime communiste, le pays connaît une période d'effacement de sa présence sur la scène sportive internationale, peut-être due à ses difficultés économiques.

Sur le plan interne, la scène sportive est dominée par quelques personnes très médiatisées, comme Ilie Năstase, Nadia Comăneci, Ion Țiriac,Gheorghe Hagi et également Adrian Mutu.

Personnalités liées à la Roumanie

Roumains internationalement connus

Le nom de Dimitrie Cantemir sur la façade de la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris (colonne de droite)

Autres personnages d'envergure

Sports et spectacles

Rayonnement culturel international

Francophonie

La Roumanie fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie. À peu près tous les Roumains ayant dépassé l'école primaire, comprenaient et parlaient le français avant 1989, en partie grâce à l'héritage latin commun aux deux langues, mais surtout à cause de la francophilie héritée de l'influence des Lumières au XVIIIe siècle, et de l'aide française à l'unité roumaine durant le XIXe siècle. La composante révolutionnaire de l'identité roumaine doit beaucoup à l'influence française. Jusqu'en 1945, la Roumanie et la France avaient gardé des relations culturelles et politiques étroites, et partagé les mêmes orientations politiques. En 1968 encore, lors de sa visite à Bucarest en mai, Charles de Gaulle était spontanément ovationné à Bucarest, alors qu'il était conspué à Paris[48]. Pendant le régime communiste, certaines publications de langue française (L'Humanité, Vaillant) étaient parfois en vente libre dans le pays. La télévision et la diffusion cinématographique roumaines ont été axées sur les productions francophones (cependant modifiées : ainsi, dans la série des Gendarmes de St-Tropez, les scènes où l'on voyait un marché ont été caviardées pour éviter aux spectateurs roumains des comparaisons oiseuses avec leurs propres marchés). Mais après 1989, les Roumains découvrent une nouvelle France aux yeux de laquelle la Roumanie n'est plus une petite sœur des Balkans, ni une alliée, tandis que Bucarest n'est plus un petit Paris[49]. Aux yeux de cette nouvelle France « politiquement correcte » (à la manière libéralo-petite-bourgeoise), la Roumanie paraît être une région patriarcale, suspecte de connivence avec les valeurs bannies par les sociétés triomphantes d'après 1945. Mais, en effet, la Roumanie est un pays très complexe conservant plusieurs vitesses concernant son identité idéatique. La Roumanie de nos jours est fortement moderniste et profondément traditionaliste en même temps et dans cet espace multiculturel peuvent co-exister sans problèmes diverses mentalités traditionnelles (archaïques, folkloriques, etc) avec les opinions politiques les plus modernes, en toute liberté d'expression et dans l'esprit du respect des convictions individuelles. Depuis 1989, les produits de la presse métropolitaine et de langue française sont disparus dans les kiosques du pays. Les films francophones sont diffusés surtout sur la chaîne TV Cultural et dans les cinémas francophones du pays. Mais, somme toute, le français est en perte de vitesse face à l'anglo-américain, sauf les puissants centres francophones (Bucarest, Iași, etc). Malgré tout, les médias français conservent des antennes en Roumanie. Par exemple, RFI Roumanie (ancienne Radio Delta RFI), seule station de radio francophone en Roumanie, est aussi la plus importante filiale de RFI à l'étranger. Les émissions sont souvent en roumain, mais le soir et la nuit, la station diffuse des émissions en français[50].

Notes et références

(ro) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article en roumain intitulé « România » (voir la liste des auteurs)

  1. Constitution roumaine, art 13
  2. (en) Census 2011, INS, 2011
  3. (el)http://www.megarevma.net/ellin_i_romios.htm
  4. La dénomination de Roumain (pour roumanophone) n'apparaît pas avec la Roumanie moderne, mais la précède. Les premières attestations des Roumains se désignant eux-mêmes avec le nom de « Romains » datent du XVIe siècle, alors que des humanistes italiens commencent à rendre des récits écrits sur leurs voyages en Transylvanie, Valachie et Moldavie. Ainsi, Tranquillo Andronico écrit en 1534 que les Roumains (« Valachi ») « s’appellent eux-mêmes Romains ». En 1532, Francesco della Valle, accompagnant le gouverneur Aloisio Gritti à travers la Transylvanie, la Valachie et la Moldavie, note que les Roumains ont préservé leur nom de Romains et qu'« ils s’appellent eux-mêmes Roumains (Romei) dans leur langue ». Il cite même une phrase en roumain : « Sti rominest ? » (« Connais-tu le roumain ? », en roumain correct « Știi românește ? »), Ferrante Capeci écrit vers 1575 que les habitants de ces provinces s’appellent eux-mêmes Roumains (romanesci), tandis que Pierre Lescalopier remarque en 1574 que « Tout ce pays la Wallachie et Moldavie et la plus part de la Transilvanie a esté peuplé des colonies romaines du temps de Trajan l’empereur… Ceux du pays se disent vrais successeurs des Romains et nomment leur parler romanechte, c'est-à-dire romain … » D'autres témoignages sur le nom que les Roumains se donnaient eux-mêmes viennent des intellectuels ayant vécu dans les pays roumains ou les ayant connus de très près. Ainsi le Saxon transylvain Johann Lebel note en 1542 que les Roumains se désignent eux-mêmes sous le nom de « Romuini », alors que le chroniqueur polonais Orichovius (Stanisław Orzechowski) observe en 1554 qu’« en leur langue, les Roumains s’appellent « romin », selon les Romains, et « Valaques » en polonais, d’après les Italiens ». Le Croate Antun Vrančić remarque vers 1570 que les Roumains vivant en Transylvanie, Moldavie et Valachie se nomment eux-mêmes Romains (Roumains) et le Hongrois transylvain Márton Szentiványi cite en 1699 les expressions roumaines « Sie noi sentem Rumeni » (« Nous aussi, nous sommes Roumains », correctement en roumain « Și noi suntem români ») et « Noi sentem di sange Rumena » (« Nous sommes de sang roumain », en roumain correct « Noi suntem de sânge român »).
  5. '« Les rivières roumaines sont menacées par un "désastre écologique" », Le Monde, 31 juillet 2008, page 7.
  6. Dépêche sur le site du Tageblatt
  7. (ro) Centrul Logistic - Localizare România - Coridorul IV Pan European
  8. (ro) Transport - Business - Infrastructura rutieră ne ține în loc
  9. (ro) Rompres - România nu are infrastructura rutieră necesară dezvoltării economice
  10. (ro) Dezvoltarea și modernizarea infrastructurii de transport, Ministerul Transporturilor și Infrastructurii [lire en ligne (page consultée le 8 mars 2009)] 
  11. (ro) Euractiv - Ritmul de absorbție a fondurilor ISPA trebuie accelerat
  12. (fr) Guvernul României - Capitolul 13 - Infrastructura de transport
  13. http://www.cnadnr.ro/pagina.php?idg=20
  14. (ro) Infrastructură - Info
  15. http://cnadnr.ro/proiecte.php?tip=98
  16. (ro) (ro) Programul de construcție autostrăzi, Ministerul Transporturilor și Infrastructurii [lire en ligne (page consultée le 8 mars 2009)] 
  17. (ro) (ro) Strategia pentru România, Document al Băncii Europene Pentru Reconstrucție și Dezvoltare [lire en ligne (page consultée le 8 mars 2009)] 
  18. http://www.financiarul.ro/2009/10/29/traficul-aerian-in-romania-va-scadea-in-2009-sub-media-europeana/
  19. Dennis Deletant, Ceausescu and the Securitate, Hurst 1995, ISBN 973-28-0882-9
  20. Le Canard enchaîné du mercredi 27 décembre 1989 : « Ceausescu finit l'année très abattu »
  21. Citation de Simone Veil à Orvault en 2008 dans Philosophie Magazine no  25, Déc.08/Jan.09, préparé par Martin Duru : Espace Pédagogique - Simone Weil, L'Engagement du philosophe
  22. Eric Scavennec, La conquête de l'Est, Les dessous de Bruxelles, 2010
    • Georges Castellan, Histoire du peuple roumain, Crozon, Éditions Armeline, 2002. ISBN 2-910878-19-8
    • Neagu Djuvara, Les Pays roumains entre orient et Occident, P.U.F., Paris, 1989.
    • Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Fayard, Paris, 1995. ISBN 2-213-59425-2.
  23. Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Fayard
  24. Florin Constantiniu, Une Histoire sincère du peuple roumain, Univers, Bucarest 2002.
    • International Commission on the Holocaust in Romania (Commission Wiesel), Final Report of the International Commission on the Holocaust in Romania,Yad Vashem (The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority), 2004.
    • Jim Compton, U-Md. Teacher Heads Inquiry in Romania. Probe of Communist Past Stirs Backlash, Washington Post, Jul 28, 2006.
    • Vladimir Tismăneanu, Archéologie de la Terreur, ALL Politic, Bucarest
    • Vladimir Tismăneanu, The Crisis of marxist ideology in Eastern Europe: the Poverty of Utopia, Routledge, 1988
  25. Vladimir Tismăneanu, Dorin Dobrincu, Cristian Vasile, Rapport final de la commission présidentielle pour l'analyse de la dictature en Roumanie (Bucarest, Humanitas, 2007)
  26. La Roumanie se dote d'un gouvernement minoritaire
  27. Le gouvernement restructuré du Premier ministre Calin Tăriceanu a été approuvé
  28. Le président Traian Băsescu suspendu de ses fonctions sur roumanie.com.
  29. La Roumanie plaide en faveur de la poursuite par l’UE de la politique des portes ouvertes
  30. Roumanie : projets énergétiques pour la région de la mer Noire
  31. Source: Revista Medicală Română - Romanian Medical Journal (Ro Med J.) sur [1]
  32. [PDF] [http://www.financiarul.com/articol_18501/salariul-mediu-net-in-octombrie:-1.327-lei-mai-mare-cu-224.html
  33. http://www.zf.ro/eveniment/1-200-de-lei-salariul-minim-brut-pentru-angajatii-cu-facultate-3702781/
  34. Cele mai importante stiri business- Business.rol.ro
  35. CIA - The World Factbook - Rank Order - GDP (purchasing power parity)
  36. Rata somajului, in ianuarie, a crescut cu 0,2% fata de decembrie si a ajuns la 4,3%
  37. [PDF] http://www.dnet.at/elis/Arbeitsmarkt/aminter_ALQJugendinter_Jahr_en.pdf
  38. http://www.agerpres.ro/english/index.php/news-of-the-day/item/89649-Almost-196-ml-people-registered-in-Romanias-Population-and-Homes-Census.html
  39. Photographies plus détaillées
  40. Economia a crescut cu 6% anul trecut, peste asteptari. Leul a recuperat teren - Stiri din Economie pe Wall-Street
  41. Bloombiz : Business : Inflatia anuala s-a accentuat in ianuarie la 7 26 nivel maxim pentru ultimele 20 de
  42. Investitiile straine directe in Romania au depasit 7 mld. euro in 2007 - Stiri din Economie pe Wall-Street
  43. http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Knowledge_French_EU_map.png
  44. Sommet de la Francophonie 2006
  45. Conformément à la loi no 202/2008
  46. Sanda Stolojan, Avec De Gaulle en Roumanie, L'Herne, Paris 1991, ISBN 2-85197-283-9
  47. Paul Morand, Bucarest, Plon, Paris 1935
  48. La Francophonie dans le monde, 2006-2007, Nathan, p. 175

Voir aussi

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