Protestantisme
Sobriété : le petit temple de Waldersbach, l'ancienne paroisse du pasteur Oberlin.

Le protestantisme ou le christianisme protestant regroupe l'ensemble des courants religieux chrétiens nés de l'opposition aux orientations prises par le catholicisme romain durant le Moyen Âge (et qui ont été définitivement affirmés par Rome au concile de Trente.) Cette rupture est connue comme Réforme et a été menée sous l'impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli parmi tant d'autres. John Wyclif, Jan Hus, Lefèvre d'Etaples sont considérés comme des précurseurs de la Réforme.

Le terme protestant est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de Martin Luther se sont déclarés contre les décisions prises par la diète impériale à Spire à majorité catholique. Les protestants français, d'abord appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires ». Il s'agit de l'abréviation de « ceux de la Religion prétendue réformée », appellation officielle du protestantisme dans les actes royaux[1].

Au sein de la seule Fédération Protestante de France on compte 26 unions d'Églises[2], tandis qu'au plan international ce sont environ 320 Églises issues du protestantisme qui participent au Conseil oecuménique des Eglises, de même qu'une trentaine d'Églises orthodoxes ou vieilles-catholiques. Au début du XXIe siècle, on dénombre près de 500 millions de chrétiens protestants dans le monde.

Sommaire

Origine du protestantisme et du terme « protestant »

On fait généralement remonter les débuts du protestantisme à la date du 31 octobre 1517, lorsque les étudiants du moine augustin allemand et docteur en théologie Martin Luther réagissent à la campagne d'indulgences lancée par l'un des plus hauts dignitaires de l'Empire, Albert de Hohenzollern, prince-électeur et archevêque de Mayence en affichant sur la porte de l'église de Wittenberg une lettre rédigée par Martin Luther constituée de 95 thèses, à la fois constat des dérives de l' Église, critique virulente des abus et solutions. On pourrait toutefois aussi considérer l'année 1521 comme déterminante : en janvier, Martin Luther est excommunié ; en avril, sommé par l'envoyé du Pape de se retracter devant la Diète de Worms, il répond qu'il ne le peut ni ne le veut, étant lié par la Parole de Dieu et par sa conscience. (« [Da] … mein Gewissen in den Worten Gottes gefangen ist, ich kann und will nichts widerrufen, weil es gefährlich und unmöglich ist, etwas gegen das Gewissen zu tun. Gott helfe mir. Amen. ») Invoqués ici pour la première fois, l'appel direct à Dieu et à la conscience individuelle sont des marqueurs du protestantisme.

Parmi les idées de Luther, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elles provoquent au printemps 1525 la Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique.

Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1526 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme.

Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés « protestants ».

« Part. passé adj. et subst. de protester* d'après l'allemand Protestant (lui-même emprunté au latin protestans, -antis, part. prés. de protestari, v. protester) nom qu'on donnait aux partisans de Luther, parce que en 1529, à l'issue de la Diète de Spire (19 avril) ils protestèrent publiquement d'appeler du décret de l'Empereur, à un Concile général : « so protestieren und bezeugen wir hier mit öffentlich vor Got…, dass ». »

— CDM, Quelques Mots Sur Les Protestants

La pensée protestante

Les protestants modernistes hésitent à parler de "doctrine" ou de "religion". Ils préfèrent convictions, engagements ou valeurs.

Ils préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour leurs expressions de foi, même les plus conservatrices.

Les Six Grands Principes

Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :

L'homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne dépend que de l'amour de Dieu, et non de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social.
Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo Christo, par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d'amour de Dieu.
(A mettre en rapport avec le sacerdoce universel et l'éclairage indispensable du Saint Esprit)
Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l'Église et formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d'autres prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages humains qu'elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun.
Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, aucune entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.
  • Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)
Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé par l'Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité que l'on ne peut renier), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l'«infaillibilité pontificale».
Principe de la Réforme protestante[3], que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines Églises protestantes, cela a évolué en fonction des pays et des époques.

Pratiques et croyances Protestantes

  • La doctrine protestante repose exclusivement sur les Écrits sacrés, à savoir la Bible, uniquement constituée de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les écrits apocryphes ont été considérés par les Réformateurs comme intéressants mais non fondateurs de la foi[4] et ne sont plus imprimés dans les Bibles protestantes depuis le XIXe siècle.
  • Le protestant croit donc à la résurrection et à la vie éternelle (voir les Évangiles). A l'instar de toutes les confessions chrétiennes, la résurrection de Jésus-Christ peut sans doute être considérée comme le point essentiel de la foi protestante. (cf. 1ère Epitre de S. Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 14 : "si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.")
  • Les pratiques majeures sont communes avec celles de l’Église catholique (prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie, dénommée la Sainte-Cène).
  • Le protestantisme comporte toutefois notablement moins de "rites" que les autres branches du Christianisme. Par exemple, les protestants ne pratiquent pas le signe de croix et n'utilisent pas d'eau bénite, car ils considèrent qu'il s'agit là de superstitions. L'appartenance à l'Eglise est concrétisée chez les protestants par la confession de foi[5] et non par la participation aux rituels sacrementels qui a la préférence des catholiques.
  • Les protestants célèbrent les fêtes de Noël, des Rameaux, de Pâques (ils célèbrent le Jeudi Saint et le Vendredi Saint mais sans procession ni chemin de croix), de l’Ascension et de la Pentecôte.
  • Le Baptême et la Sainte-Cène sont les deux seuls sacrements chez les protestants, qui partent du principe que, d'après le témoignage des textes bibliques, seuls ces deux actes ont été institués par Jésus-Christ. Dans certaines Églises protestantes, le baptême n'est administré qu'à l’âge adulte tandis que d'autres laissent le choix et pratiquent assez largement le baptême des enfants.
  • Le mariage est la bénédiction divine d'un amour humain et, bien que le Protestantisme n'encourage pas la pratique du divorce, l'idée qu'un divorce peut être préférable à une vie de couple devenue très difficile est largement partagée ; le remariage de divorcés est possible.
  • Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Évangile et la promesse de résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un passage de la Bible et prières pour les familles. Il n'y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire.
  • Les autopsies, les prélèvements d’organes ainsi que la crémation sont en général autorisés.

Les différences avec l'Église catholique

Il existe de nombreuses différences entre le culte protestant et le culte catholique. Les différences principales sont :

  • Les protestants se référent uniquement à la Bible comme source de doctrine (sola scriptura). Ils récusent en particulier la tradition, autre source dogmatique admise par le catholicisme. Ils insistent sur le rôle de l'Esprit saint pour accéder à une compréhension véritable du sens du message biblique.
  • Les protestants ne reconnaissent pas l'autorité du Pape, ni celle des cardinaux. Pour des raisons historiques, il existe une multitude de communautés protestantes non affiliées les unes aux autres. Les Eglises protestantes sont organisées soit autour d'évêques parfois appelés inspecteurs ecclésiastiques (d'après le sens du mot grec episkopos), on parle alors de système épiscopalien (cas des Luthériens et des Anglicans), soit autour de conseils presbytéraux souverains, les paroisses adhérant volontairement à des unions d'Églises régies par une sorte d'assemblée générale dénommée synode, on parle alors de système presbytérien-synodal (cas des Églises réformées). Ces unions qui sont cantonnées à l'échelon national se regroupent par obédience (luthérienne, réformée, anglicane, baptiste, méthodiste, etc.) au sein de fédérations internationales qui sont en général elles-mêmes affiliées au Conseil Oecuménique des Eglises (COE).
  • Les protestants n'accordent pas à leur clergé un rôle spécifique de prêtres. Les pasteurs sont des conseillers et des savants dont le rôle est de former les croyants, de leur indiquer la direction à suivre. Ils président le culte et administrent la Sainte-Cène mais, moyennant une officialisation par l'Eglise pour des raisons de bon ordre et de discipline, des laïcs peuvent parfaitement en faire autant, y compris la prédication moyennant formation théologique. C'est l'ensemble des croyants qui est investi de la prêtrise (doctrine dite du sacerdoce universel, fondée notamment sur des textes de l'Epître aux Hébreux). Dans l'Eglise catholique, le prêtre en prononçant les paroles de l'absolution au sein de la confession accorde effectivement le pardon de Dieu, le pasteur se borne à rappeler au cours de la liturgie la promesse de pardon acquise "à ceux qui se repentent et qui croient"; le reste se passe directement entre le croyant et Dieu. (Exception : les anglicans utilisent le mot prêtre, sans toutefois y mettre le sens catholique.)
  • Comme explicité au paragraphe précédent, les protestants ne reconnaissent que deux sacrements (le baptême et l’eucharistie ou Sainte-Cène) contre sept chez les catholiques (le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordination et l'onction des malades). Certains de ces rites existent toutefois sur un mode mineur : la confirmation (qui se pratique environ deux ans plus tard que chez les catholiques lorsque l'enfant a développé son sens critique et sa personnalité), la confession des péchés (soit collective au cours du culte soit personnelle dans le secret de la prière, mais jamais auriculaire à la manière catholique ; les protestants n’ont donc pas de sacrement de réconciliation (le dialogue avec un prêtre) et le pasteur n'a pas le pouvoir de remettre les péchés), le mariage, l'ordination (des pasteurs luthériens) ou la reconnaissance des ministères (des pasteurs réformés) remplacent l'ordination des prêtres mais en sont très éloignées dans la forme comme dans le fondement théologique, la question de la prêtrise restant au fond la grande différence entre les conceptions catholiques et protestantes de l'Eglise.
  • La question dite de la présence réelle de Jésus lors de la Cène est particulièrement embrouillée. Les protestants ne croient pas à la transsubstantiation, doctrine catholique qui affirme la transformation physique et matérielle des deux espèces de la communion en véritable chair et en véritable sang du Christ lors de l'eucharistie. La majorité des protestants croit à la présence réelle de Jésus de manière spirituelle lors de la Cène. Le fait que l'expression présence réelle - considérée comme un tant soit peu pléonastique - ne soit guère utilisée par les Protestants ne doit pas faire croire qu'ils réduisent la Cène à un symbole. Cette position existe toutefois également (depuis Zwingli) mais reste minoritaire. Il est intéressant de noter que la communauté de Taizé avait trouvé une formulation qui convenait à l'ensemble des Églises chrétiennes, parlant d'un "mémorial sacrificiel"[6]
  • Les concepts de purgatoire (lieu de souffrance auquel on accède après la mort pour se racheter et se purifier de ses péchés avant d'accéder au paradis), canonisation (pratique catholique, mais aussi orthodoxe, par laquelle un homme ou une femme est reconnu comme Saint ou Sainte) et d'indulgence (à l'époque il y avait possibilité pour un catholique de verser une somme d'argent au Pape en échange du pardon de ses péchés, aujourd'hui c'est surtout le pardon donné par le Pape pour les grandes fêtes, par exemple l'Indulgence Plénière de Noël, ou dans d'autres occasions) n'existent tout simplement pas.
  • La notion de saint, signifiant "mis à part", s'applique depuis Luther à tous les chrétiens puisque tous sont rachetés par Jésus-Christ et de ce fait sanctifiés. Il n'existe donc pas d'"élite" composées de chrétiens qui seraient plus saints que les autres[7]
  • On croit souvent à tort que l'excommunication (pratique par laquelle le Pape exclut quelqu'un de l'Église et de fait l'empêche temporairement ou définitivement de recevoir des sacrements) n'existe pas chez les protestants. Mutatis mutandis, ce n'est effectivement pas le Pape qui la prononce, mais elle est théoriquement possible, soit sous l'autorité de l'évêque (organisation de l'Église selon le système épiscopalien), soit sous celle du conseil presbytéral (système presbytéro-synodal). Elle est en général tombée en désuétude sauf chez certains évangéliques, elle joue même un rôle de maintien de la cohésion des communautés Amish où l'excommunié est ipso facto mis au ban de la communauté au plan social.
  • Les protestants ne donnent pas une place particulière à Marie. Ils ne croient pas à son Immaculée Conception, qui n'est pas un dogme du Protestantisme. Néanmoins, ils adhèrent à la naissance virginale de Jésus et Marie fait partie des témoins privilégiés au même titre que les disciples du Christ.
  • Les protestants ne font pas appel à des intercesseurs comme Marie et les Saints dans leurs prières. Selon eux le croyant est seul responsable devant Dieu et ne doit pas passer par des intermédiaires pour dialoguer avec Lui.
  • Les protestants croient que Jésus est le seul intermédiaire entre Dieu le Père et eux mêmes. Ils ne croient pas à l'utilité de la pratique catholique de la confession (voir plus haut le paragraphe sur la prêtrise.)
  • Les Pasteurs Protestants ont le droit (voire le devoir) de se marier et les femmes peuvent être Pasteur.

De nombreuses Églises et mouvements

Au XXIe siècle, l'héritage protestant se vit à travers de nombreux mouvements, car le principe même du protestantisme se veut réformateur en permanence afin d'éradiquer le poids éventuel de la tradition.

Ainsi, on dénombre une multitude de mouvements, souvent proches.

Les Églises protestantes présentes en France

Les Églises protestantes en France, pour certaines rassemblées dans la Fédération protestante de France, présentent plusieurs confessions très diverses :

Églises luthériennes et réformées

  • Les Églises luthériennes sont héritières de la théologie de Martin Luther. Elles remontent également aux origines mêmes de la Réforme et se réclament des trois affirmations centrales du message de Luther : l'autorité souveraine de la Bible, le salut par la Grâce, et le sacerdoce universel des croyants. Il existe en France deux unions d'Eglises luthériennes : l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (concordataire et aujourd'hui fusionnée dans l'Union des Églises Protestantes d'Alsace et de Lorraine), et l'Église évangélique luthérienne de France. Elles sont membres de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM : 65 millions de membres).

Églises évangéliques

La France compte de nombreuses Églises évangéliques (voir Protestantisme évangélique ou évangélisme), elles représentent 1/3 des protestants du pays et sont depuis quelques années en croissance numérique rapide. La plupart de ces Églises évangéliques sont rassemblées au sein du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), créé en 2010 à partir de l'Alliance évangélique française et du réseau Fédération Evangélique de France; plusieurs sont également membres de la Fédération protestante de France (FPF). Elles se composent d'Eglises baptistes, adventistes, méthodistes, darbystes, pentecôtistes, libristes... Plusieurs de ces Eglises sont de type charismatique tandis que d'autres sont plutôt évangéliques classiques ou traditionnelles.

Églises pentecôtistes

Le Pentecôtisme est un courant évangélique de type charismatique né de mouvements de Réveil particuliers qui se sont manifestés au début du XXe siècle, aux États-Unis sous l’impulsion du pasteur Charles Parham et de William J. Seymour. La particularité théologique des pentecôtistes est de penser que le Saint Esprit est donné au croyant lors d’une expérience particulière, distincte du baptême d’eau traditionnel : le baptême du Saint Esprit . Celui-ci confère au croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la prophétie ou la guérison divine. Les Églises pentecôtistes se font les témoins de l’Évangile aux quatre angles : « Jésus sauve, baptise, guérit, revient ». Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante évangélique et baptiste et se référent aux grands principes de la Réforme : salut par la grâce, autorité de la Bible seule, sacerdoce universel. Les plus importantes Églises pentecôtistes en France, sont les Assemblées de Dieu et l'Église de Dieu en France.

Les Églises historiques multitudinistes

Dès le début, elles sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitude »). Il s'agit[8] :

Les Églises évangéliques (Églises de professants & confessants)

En plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ((de) Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l'œuvre du Saint-Esprit.

Sont les héritières directes de la partie pacifiste de ce courant les Assemblées mennonites, dont les Amish font partie. S'y rattachent spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ». Dans ce groupe, les Quakers occupent une place à part. Fondé en 1650 en Angleterre par George Fox, ce mouvement très ancré dans la culture anglo-saxonne se distingue des autres communautés issues du christianisme par l'absence de credo, de clergé et de hiérarchie. De nombreux Quakers ne ressentent pas leur foi comme entrant dans les catégories chrétiennes traditionnelles, bien que subsiste au sein du Quakerisme un large courant évangélique.

Dans les siècles suivants, d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du XIXe siècle. Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est le précurseur de mouvements socio-évangéliques tels l'Armée du Salut, fondée par William Booth en Angleterre, à la fin du XIXe siècle. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent.

D'autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc.

« Églises évangéliques » est le terme générique qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants ou de confessants » et non « de multitude » : elles demandent un engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et la plupart, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou éventuellement des adolescents (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les chrétiens venus d'autres Églises, car elles ne reconnaissent que le baptême d'adultes fait par immersion.

Ce terme s'applique aussi aux courants fondamentalistes d'origine nord-américaine.

Les Témoins de Jéhovah quant à eux ne croient pas en la Trinité de Dieu et ne se revendiquent pas du protestantisme historique. Leur mouvement est né à la fin du XIXe siècle aux États-Unis et n'a aucun lien avec le christianisme protestant.[réf. nécessaire]

Le protestantisme en France

Vie quotidienne

Les femmes

Dès ses débuts, la Réforme est pour les femmes l'occasion d'une réévaluation de leur rôle dans la famille, puis dans la société. À partir du XVIe siècle, les femmes peuvent avoir, selon la Reforme, un accès à l’éducation. Elles doivent apprendre à lire pour pouvoir étudier la Bible et ainsi, élever chrétiennement leurs enfants. Les femmes protestantes se révèlent alors plus instruites que les femmes catholiques. Leur savoir les prépare à leur rôle de mère et d’épouse. Ce siècle est également marqué par l’ouverture d’écoles pour filles dans les grandes villes protestantes (Nîmes, La Rochelle…) du royaume de France. Mais le pouvoir reste aux mains des hommes, les femmes doivent rester de simples ménagères. On compte de nombreuses femmes célèbres à cette époque, essayant de faire bouger les dogmes :

  • Marguerite d’Angoulême : sœur de François 1er, elle anima la vie intellectuelle de la cour, fonction principalement détenue auparavant par les hommes.
  • Renée de France : Fille de Louis XII, elle protégea Calvin de l’Église Catholique qui voulait sa mort.
  • Marie Durand : Enfermée pendant 38 ans dans la Tour de Constance car elle refusait de renoncer au protestantisme.

Dès le XIXe siècle, elles montrent de plus en plus leur désir de prendre des responsabilités au sein de la société. Elles manifestent ce désir notamment avec la publication de la Voix des Femmes, un quotidien féministe qui réclamait l’égalité homme-femme en politique. Le XXe siècle est marqué par la création de nombreuses associations, mettant ainsi en évidence la capacité des femmes à s’investir dans la société française. On peut alors citer l’Union Chrétienne des Jeunes Filles (UCJF) chargée de soutenir moralement les jeunes filles venues des provinces pour trouver du travail ; ou encore la Fédération Chrétienne des Éclaireuses, pionnière dans le scoutisme. Mais il faudra attendre 1960 pour que les femmes soient autorisées à devenir pasteurs à l’égal des hommes. On notera cependant la particularité de l'Armée du Salut qui, dès sa fondation, considéra qu'une femme peut enseigner, à l'égal des hommes (voir plus bas).

Vie économique

Max Weber a mis en évidence dans "L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme" la contribution unique du protestantisme à la création d'une culture favorable à la liberté d'entreprendre et au capitalisme, culture qui s'est à présent imposée à l'échelle mondiale[9]. Weber met particulièrement en évidence le rôle des calvinistes et des puritains, caractérisés par un ascétisme qui mène à la thésaurisation donc à la formation de capital, et par une angoisse existentielle quant à leur élection et donc à leur salut : puisqu'il y a des élus et des réprouvés, ces protestants recherchaient partout, et notamment dans la réussite professionnelle, la confirmation de leur élection divine. Les activités industrielles, de négoce ou de banque menées par des protestants ont donc prospéré dans la durée. Des alliances réfléchies entre familles protestantes ont également permis de consolider et de diversifier ces activités économiques. De nombreuses entreprises françaises, toujours en activité aujourd’hui, ont ainsi été créées par des protestants et demeurent de véritables réussites, comme par exemple :

  • la Banque Mallet : créée en 1713 par Isaac Mallet, elle fonda la Banque de France et finança de nombreux projets architecturaux durant la rénovation de Paris (Opéra…). Elle fut l'élément majeur de la Haute Banque Protestante. Aujourd’hui, la banque s’appelle Schlumberger.
  • la manufacture de Jouy-en-Josas : créée en 1762 par Christophe Oberkampf, on y imprime la célèbre Toile de Jouy, toujours utilisée en décoration de nos jours. L'histoire des indiennes de coton en Europe montre dès 1700 une floraison d'usines dans la région de Genève, par une multitude de réfugiés protestants ayant fui la révocation de l'Édit de Nantes. Ces usines ont ensuite essaimé dans toute la Suisse protestante puis en Alsace (notamment à Mulhouse, alors cité-état indépendante) et enfin en Angleterre.
  • DMC (Dollfus-Mieg et Compagnie) : entreprise textile créée à Mulhouse en 1756 par Jean-Henri Dollfus qui fut au cours du XXe siècle l'un des plus grands groupes de textile européens, aujourd'hui spécialiste du fil destiné aux consommateurs et à l'industrie des textiles et autres produits dérivés.
  • Peugeot : firme automobile créée en 1891 par Armand Peugeot, elle contribua à l’amélioration des conditions sociales des ouvriers (la journée de 10 heures introduite en 1871 avec 33 ans d'avance sur la loi…). Aujourd’hui, elle appartient au groupe PSA qui regroupe les marques Peugeot et Citroën et est toujours sous le contrôle du bloc familial formé par les descendants des fondateurs. La production annuelle de PSA classe ce Groupe à la 6e place mondiale.
  • Les usines de Dietrich : fondé au XVIIIe siècle, De Dietrich est aujourd’hui l’un des leaders dans la vente de produits électroménagers.
  • Alstom (précédemment Alsthom) : constructions mécaniques (locomotives), centrales électriques... issue du regroupement (en 1928) de la Compagnie Française Thomson-Houston et de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, fondée en 1839 à Mulhouse par André Koechlin.
  • Kronenbourg (brasserie sous-titrée "les bières Hatt"): fondée à Strasbourg en 1664 par Jérôme Hatt, c'est la plus connue des marques françaises. Toujours florissante, elle appartient depuis 2008 au groupe de brasserie danois Carlsberg, après avoir été un des fleurons du groupe BSN (aujourd'hui Danone) de 1970 à 1999. La brasserie Schutzenberger, fondée en 1740 et restée farouchement indépendante, a quant à elle fermé en 2006.
  • Vins et spiritueux: la liste serait longue dans le Cognac, dont les propriétaires sont presque exclusivement protestants et parfois anglais (Jean Martell, Rémy-Martin, Thomas Hine, Richard Hennessy) mais pas toujours (Augier, Delamain, Courvoisier), le Champagne, l'Alsace, le Bordelais, le Languedoc...
  • Perrier (une des premières marques d'eau minérale dans le monde): reconnue eau minérale naturelle depuis 1863, devant son nom au Docteur Perrier de Nîmes qui fut brièvement propriétaire de la source de Vergèze (Gard) et lui découvrit fort à propos une quantité de vertus thérapeutiques, la petite bouteille ronde conquit le monde en commençant par l'Empire britannique sous la férule de l'Anglais John Harmsworth : la production atteint 19 millions de bouteilles par an en 1933, date de la mort de John Harmsworth.
  • MBK (Motobécane): c'est en 1924 que Charles Benoît et Abel Bardin conçoivent leur premier motocycle, la MB1. Pour ce faire, ils créent le 11 décembre 1924 les ateliers de la Motobécane à Pantin. Charles Benoit est fils de pasteur et son gendre Eric Jaulmes, protestant également, sera le directeur technique de Motobécane de 1941 à 1981; il sera donc le père de la Mobylette, sortie en 1949. Bien que passée sous la coupe de Yamaha en 1983, MBK poursuit son activité à Saint-Quentin, où elle emploie 800 personnes.
  • Pendules et pendulettes L'Épée (horlogerie et micromécanique(boîtes à musique)) : manufacture fondée en 1839 à Sainte-Suzanne (Doubs) par Auguste L'Épée, venu de Neuchâtel, la marque est aujourd'hui retournée à un propriétaire suisse, mais l'établissement de Sainte-Suzanne, coutumier des conflits durs, a été fermé en 1997 après avoir représenté pendant 150 ans l'art et le savoir-faire français.
  • Le commerce de luxe : Hermès, Guerlain.

L'Armée du Salut

Article détaillé : Armée du salut.

L'Armée du Salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du XIXe siècle. Elle est créée, en 1878, par le pasteur anglais William Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui s'entassent dans les quartiers pauvres de l'Est londonien (East End). Pour lui, le changement ne s'opère pas au niveau des masses mais en chaque individu (contrairement à l’idéologie de Karl Marx). Le progrès social, politique et économique doit découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Évangile. Mais William Booth sait qu'avant de parler à quelqu'un de religion, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. C'est l'origine de la devise devenue populaire : "Soup, soap, salvation" (Soupe, savon, salut).

En 1881, l'Armée du Salut s'implante à Paris avec Catherine Booth. Aidée de deux camarades de son âge, elle s'installe en plein quartier populaire de Belleville-Ménilmontant. L'Évangélisation est accompagnée d'un grand travail social : hôtelleries populaires, maisons pour jeunes filles en danger. De nombreux postes de l'Armée du Salut sont créés dans toute la France. Même si l’Armée du Salut est présente en France depuis 1881, sa structure a évolué. L’Armée du Salut des débuts crée l’Association des Œuvres Françaises de Bienfaisance de l’Armée du Salut, reconnue d'utilité publique en 1931. Après avoir été interdite sous l'Occupation, l'AOFBAS renaît. Depuis le 11 avril 2000, l'Armée du Salut est scindée en deux ; la Congrégation Armée du Salut (branche historique en charge du culte) et la Fondation Armée du Salut (branche sociale, respectueuse des valeurs chrétiennes).

  • La Congrégation de l'Armée du Salut, dont la devise est "Avec Dieu, avec l'autre, avec soi", porte les valeurs de l'Armée du Salut. Elle dispose aujourd'hui de 25 postes d'évangélisation dans toute la France et anime une aumônerie dans nombre d'établissements de la Fondation.
  • La Fondation de l'Armée du Salut, dont la devise est "Secourir, accompagner, reconstruire", emploie 2000 salariés et compte 50 établissements d'action sociale en France. Elle est habilitée à recevoir legs et donations. Elle intervient notamment en période de grands froids pour secourir les sans-abris et recueille des fonds en cas de catastrophes naturelles ou de guerre dans le monde.

Aujourd'hui en France

En France, le protestantisme arrive en 3ème position après le catholicisme et l'islam. Aujourd’hui, on dénombre entre 1,8 et 2,4 millions de fidèles en France dont 1,1 million appartenant aux Églises de la Fédération Protestante de France (FPF) et la Fédération Évangélique de France (FEF). On trouve en France des Églises luthériennes, des Églises réformées, et des Églises évangéliques (dont pentecôtistes). Il existe aussi quelques paroisses anglicanes à l'attention des Anglo-saxons résidant en France.

Les protestants représentent traditionnellement environ 2% de la population française, même si un sondage les estimait à 1.5% en 1995. Un sondage plus récent (2009) révise toutefois cette estimation traditionnelle à 3%, ce que le sociologue Jean-Paul Willaime attribue à la croissance des mouvements évangéliques (Journal REFORME / 3 septembre 2009). 25% des protestants français sont évangéliques, 26% sont membres des Églises réformées et 19% sont luthériens. 40% des protestants ont moins de 30 ans. Ils sont en majorité progressistes en matière sociale (97% défendent l’utilisation d’un préservatif) et hétérogènes en politique. 78% sont pour la laïcité. 25% des pasteurs français sont des femmes.

Le protestantisme est inégalement réparti dans les régions. Il est principalement implanté en Alsace (notamment à cause du fait que pendant les guerres de religions, l’Alsace était allemande) et dans le Languedoc (Cévennes). Dans d’autres régions (Bretagne, Centre), le protestantisme est très disséminé alors que dans la reste de la France, il est surtout présent dans les grandes villes.

La Fédération protestante de France (FPF) a été créée le 25 octobre 1905 comme une union d’Églises destinée à « défendre les intérêts protestants » dans le contexte de la séparation de l’Église et de l’État. Elle fédère aujourd’hui 17 Églises et unions d’Églises. Les annuaires protestants recensent 690 paroisses luthériennes et réformées (luthéro-réformées) ainsi que 2100 communautés évangéliques actives en France.

Par ailleurs, nombreux sont les protestants issus des Églises établies qui sont très attachés à l'histoire parfois douloureuse de leur Église et aux éléments d'histoire familiale associés ; c'est à cela que l'on doit la fondation en 1852 de la Société de l'histoire du protestantisme français (SHPF), société savante fondée en 1852 afin de faciliter les recherches historiques sur le protestantisme. C'est une des plus anciennes sociétés savantes de France, qui publie depuis sa fondation le Bulletin de la SHPF (trimestriel) auquel se sont ajoutés depuis les années 1980, les Cahiers du centre de généalogie protestante. Dans la même veine, il existe un Comité protestant des amitiés françaises à l'étranger qui entretient les liens avec les communautés protestantes issues de l'émigration huguenotte dans les pays dits du Refuge (voir au paragraphe Histoire ci-après).

Histoire

  • 1521 : Devant la diète de Worms, Luther refuse de se rétracter, s’estimant soumis à l’autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu’à celle de la hiérarchie ecclésiastique. Excommunication de Luther. Il est protégé par le Duc Jean-Frédéric de Saxe (1503-1554).
  • 1536 : Calvin publie en latin l’Institution de la religion chrétienne
  • 8 guerres de religion (1562-98) : la France connaît au XVIe siècle une fracture religieuse : la majorité du pays reste fidèle au catholicisme, tandis qu'une importante minorité rejoint la Réforme. Le principe de la coexistence de deux confessions dans le Royaume se révèle inapplicable. La guerre ne peut être évitée, signe de l'échec de la tolérance civile. Huit guerres vont se succéder sur une durée de 36 ans, entrecoupées de périodes de paix fragiles.
  • 23-24 août 1572 : Massacre de la Saint Barthélemy à Paris : un Conseil royal se réunit, au cours duquel il est décidé d'éliminer les principaux chefs huguenots. Coligny et d'autres gentilshommes protestants sont assassinés tant au Louvre qu'en ville. Cette exécution d'un nombre limité de chefs huguenots est suivie d'une tuerie sauvage qui va durer jusqu'au 29 août et fait dans Paris 4 000 victimes. Le massacre s'étend alors à la province où l'on dénombre 10 000 tués. Le massacre marque le début de la quatrième guerre de religion.
  • 25 juillet 1593 : Henri IV se convertit au catholicisme, ce qui lui permet d'accéder enfin au trône de France auquel il prétendait depuis 1589. C’est à propos de cette cérémonie qu’il aurait prononcé la célèbre phrase : « Paris vaut bien une messe ».
  • 30 avril 1598: Henri IV signe l’Edit de Nantes qui reconnaît la liberté de culte aux protestants. La promulgation de cet édit met fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVIe siècle, et constitue une amnistie mettant un terme à la guerre civile. Le royaume de France est alors le seul État où deux religions coexistent officiellement.
  • 18 octobre 1685 : Louis XIV signe l' Edit de Fontainebleau révoquant l’Edit de Nantes. Le protestantisme est interdit dans le royaume de France. S’en suit alors une période de persécutions qui conduit une partie des protestants à l'émigration (le Refuge) et l'autre partie à une sorte de résistance passive. C'est la période de l'Eglise sous la Croix, où des cultes clandestins se tiennent parfois au Désert (allusion à l'errance du peuple d'Israël dans le Sinaï), c'est-à-dire souvent en pleine nature (grottes, clairières, vallons isolés).
  • 9 décembre 1905 : Aristide Briand, député socialiste, fait voter la loi sur la séparation des Églises et de l’État. Les protestants sont en grande majorité favorables à celle-ci, contrairement aux catholiques beaucoup plus hostiles à cette réforme. Ceci marque cependant l’achèvement d’un affrontement violent qui a duré presque vingt-cinq ans et qui a opposé deux visions de la France : la France catholique et la France laïque.
  • 1997 : Jean-Paul II en visite en France déclare officiellement qu'il regrette qu'en 1572 que « des chrétiens (aient) accompli des actes que l' Évangile réprouve ».
  • 1998 : Commémoration du quatrième centenaire de l' Edit de Nantes.

Les personnalités du protestantisme

Cette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités impliquées dans la pensée protestante.

Personnalités protestantes françaises et suisses

Fêtes et rassemblements

Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :

Notes et références

  1. Jean-Louis Guez de Balzac dans le Socrate Chrestien, 10e discours (1623) sur la meilleure façon de nommer les protestants.
  2. Modèle:Cite
  3. Pp. 350-51 de « Priesthood of All Believers », L. Siegele-Wenschkewitz in The encyclopedia of Christianity, Eerdmans Publishing, 2005.
  4. voir l'introduction aux Livres Deutérocanoniques dans la TOB (Traduction Oecuménique de la Bible), Editions du Cerf - Les Bergers et les mages
  5. "L’Eglise locale accueille comme membres, à leur demande, ceux qui reconnaissent que « Jésus-Christ est le Seigneur »", Discipline de l'Eglise Réformée de France, voir http://www.eglise-reformee-fr.org.
  6. Une seule eucharistie, de Frère Max, de Taizé, édité par Les Presses de Taizé, 1973.
  7. Sainteté et martyre selon la tradition protestante par Gottfried Hammann, in Saints, sainteté et martyre: la fabrique de l'exemplarité: actes du colloque tenu à l'université de Neuchatel les 27 et 28 novembre 1997, éditions de la Maison des sciences de l'Homme, Paris.
  8. Liste des Églises protestantes
  9. Article paru dans les Echos du 8 avril 1998 : Management : la trace du protestantisme, http://archives.lesechos.fr/archives/1998/LesEchos/17623-143-ECH.htm

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • BAUBEROT (Jean). Histoire du Protestantisme. Puf, 2007
  • BIZEUL (Yves), L'identité protestante, Paris, Méridiens Klincksieck, 1991
  • BOISSON (Didier). Consciences en liberté ? Itinéraires d’ecclésiastiques convertis au protestantisme (1631-1760). Éditions Honoré Champion, 2009. (ISBN 978-2-7453-1773-5)
  • BORELLO (Céline). Les Protestants de Provence au XVIIe siècle. Préface de M. Vovelle. Éditions Honoré Champion, 2004. 560 p., (ISBN 978-2-7453-0883-2)
  • BOST (Hubert). Ces Messieurs de la R.P.R. Histoires et écritures de huguenots, XVIIe-XVIIIe siècles. Éditions Honoré Champion, 2001. 416 p., (ISBN 978-2-7453-0503-9)
  • DARGENT (Claude). Les protestants en France aujourd'hui, Paris, Payot, 2005
  • ENCREVE (André). Les protestants en France de 1800 à nos jours, histoire d’une réintégration. Éditions Stock, 1985
  • ENCREVE (André). Protestants français au milieu du XIXe siècle, les Réformés de 1848 à 1870, Genève, Labor & Fides, 1986
  • Encyclopédie du protestantisme, sous la dir. de Pierre GISEL et Lucie KAENNEL, Paris / Genève, PUF / Labor et Fides, 2006 (2e édition)
  • DUBIEF (Henri) et POUJOL (Jacques), La France protestante, Histoire et lieux de mémoire, Max Chaleil éditeur, Montpellier, 1992, rééd. 2006
  • FATH (Sébastien). Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France de 1800 à 2005, Genève, Labor et Fides, 2005
  • FATH (Sébastien). Juifs et protestants face à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, Les Cahiers du Judaïsme, hiver-printemps 2001, n°9, 104-20
  • FATH (Sébastien), Les protestants, Paris, Le Cavalier Bleu, 2003 (collection "Idées reçues")
  • GUILLEMENOT-EHRMANTRAUT (D). L’Église réformée de langue française à Mannheim de 1652 à 1689. Éditions Honoré Champion, 2003. 512 p., (ISBN 978-2-7453-0723-1)
  • LEONARD (Emile G.), Histoire générale du Protestantisme, Paris, PUF, 1964
  • KRUMENACKER (Yves). Les Protestants du Poitou au XVIIIe siècle (1681-1789). Éditions Honoré Champion, 1997. 528 p., (ISBN 978-2-85203-742-7)
  • KRUMENACKER (Yves). Des Protestants au Siècle des lumières. Le modèle lyonnais. Éditions Honoré Champion, 2002. 368 p., (ISBN 978-2-7453-0533-6)
  • MENTZER (Raymond). La Construction de l’identité réformée aux XVIe et XVIIe siècles : le rôle des consistoires. Éditions Honoré Champion, 2006. 322 p., (ISBN 978-2-7453-1210-5)
  • MINERBI BELGRADO (Anna). L’avènement du passé. La Réforme et l’histoire. Éditions Honoré Champion, 2004. 352 p., (ISBN 978-2-7453-0934-1)
  • ROSEN-PREST (Viviane). L’Historiographie des Huguenots en Prusse au temps des Lumières. Éditions Honoré Champion, 2002. 832 p., (ISBN 978-2-7453-0587-9)
  • ROME (Catherine). Les Bourgeois protestants de Montauban au XVIIe siècle. Une élite urbaine face à une monarchie autoritaire. Éditions Honoré Champion, 2002. 592 p., (ISBN 978-2-7453-0595-4.)
  • SCHEIDECKER (Marc) et GAYOT (Gérard). Les protestants de Sedan au XVIIIe siècle. Le peuple et les manufacturiers. Éditions Honoré Champion, 2003. 302 p., 16 pl. ill. n/b. (ISBN 978-2-7453-0834-4)
  • SIBUE (Annick). Luther et la réforme protestante. Éditions Eyrolles, 2011. 183 p., (ISBN 978-2-2125-4859-4)
  • RAMBEAUD (Pascal). De La Rochelle vers l’Aunis. L’histoire des réformés et de leurs Églises dans une province française au XVIe siècle. Éditions Honoré Champion, 2003. 608 p., (ISBN 978-2-7453-0910-5)
  • YARDENI (Myriam). Le Refuge huguenot : assimilation et culture. Éditions Honoré Champion, 2002. 240 p., (ISBN 978-2-7453-0537-4)
  • YARDENI (Myriam). Huguenots et juifs. Éditions Honoré Champion, 2008. 224 p., (ISBN 978-2-7453-1639-4)
  • WILLAIME (Jean-Paul) et Jean Baubérot, ABC du protestantisme, Genève, Labor et Fides, 1990
  • WILLAIME (Jean-Paul). La précarité protestante. Sociologie du protestantisme contemporain. Genève, Labor et Fides, 1992
  • WILLAIME (Jean-Paul), Protestantisme, Le Cerf, Collection « Histoire des Religions », 2007.
  • Jean Baubérot, Histoire du Protestantisme, PUF (« Que sais-je ? »), 1998 (5e édition).
  • Encyclopédie du protestantisme : Hubert Bost, Jean Baubérot « Protestantisme » [lire en ligne]
  • Arnaud de Lassus, Connaissance élémentaire du Protestantisme, Action Familiale et Scolaire, 31 rue Rennequin 75017 Paris, mars 2004 (tel que compris par les catholiques intégralistes).
  • Laurent Gagnebin et Raphaël Picon, Le Protestantisme, la foi insoumise, Paris, Flammarion (Champs, no 591), 2005.
  • Geoffroy de Turckheim, Comprendre le protestantisme, Paris, Eyrolles (Pratique), 2006.
  • Le livre des déliberations de l’Église réformée de l’Albenc (1606-1682). Édition du manuscrit conservé à la bibliothèque d’Étude et d’Information. Fonds dauphinois. Établie par F. Francillon. Éditions Honoré Champion, 1998. 352 p., (ISBN 978-2-85203-741-0).
  • Édifier ou instruire ? Les Avatars de la liturgie réformée du XVIe au XVIIIe siècle. Textes recueillis par Maria-Cristina Pitassi. Éditions Honoré Champion, 2000. 146 p., (ISBN 978-2-7453-0220-5).
  • BOISSON (Didier). Les Protestants de l’ancien colloque du Berry, de la Révocation de l’Édit de Nantes à la fin de l’Ancien Régime (1679-1789), ou l’inégale résistance de minorités religieuses. Éditions Honoré Champion, 2000. 800 p., (ISBN 978-2-7453-0238-0).
  • YARDENI (Myriam). Repenser l’histoire : aspects de l’historiographie huguenote des guerres de religion à la Révolution française. Éditions Honoré Champion, 2000. 224 p., (ISBN 978-2-7453-0240-3).
  • La diaspora des huguenots. Les réfugiés protestants de France et leur dispersion dans le monde (XVIe-XVIIIe siècles). Préface de P. Joutard, conclusion de C. Bordes-Benayoun. Textes réunis par Eckart Birnstiel avec la collaboration de Chrystel Bernat. Éditions Honoré Champion, 2001. 208 p., (ISBN 978-2-7453-0425-4).
  • WEISS (Charles) Histoire des Réfugiés Huguenots
  • La vie intellectuelle aux refuges protestants. Tome I. Actes de la Table ronde de Münster du 25 juillet 1995, réunis par Jens Häseler et Antony McKenna. Éditions Honoré Champion, 1999. 368 p. (ISBN 978-2-7453-0008-9).
  • La vie intellectuelle aux refuges protestants. Tome II. Huguenots traducteurs. Actes de la Table ronde de Dublin, juillet 1999, édités par Jens Häseler et Antony McKenna. Éditions Honoré Champion, 2002. 192 p., (ISBN 978-2-7453-0530-5).
  • Refuge et désert. L’évolution théologique des huguenots de la Révocation à la Révolution française. Actes du colloque du Centre d’étude du XVIIIe siècle, Montpellier, 18-20 janvier 2001. Édité par Hubert Bost et Claude Lauriol. Éditions Honoré Champion,

2003. 320 p., (ISBN 978-2-7453-0751-4).

Périodiques

  • « La population française n’a plus de couleur politique majoritaire ». Le Monde, 21 octobre 2005, numéro 18892, p. 8.
  • « La situation des religions monothéistes ». Cahiers Français, septembre 2007, numéro 340, p. 72-94.
  • « La vitalité du protestantisme français ». Sciences Humaines, juillet 2006, numéro 173.

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