Autopsie
La Leçon d'anatomie du docteur Tulp, de Rembrandt, représente une autopsie.
Salle d'autopsie de Charité Berlin.


L'autopsie (ou examen post-mortem ou nécropsie) est l'examen médical des cadavres. Le terme vient du grec « Le voir de vos propres yeux ».

Sommaire

Réalisation

L'autopsie commence par l'ouverture du corps (à la différence de la virtopsie), pour en extraire les viscères qui sont inspectés, pesés, et disséqués. Des examens histologiques (ou anatomo-pathologiques) peuvent aussi être effectués, en laboratoire.

La principale incision pour l'examen des viscères abdomniales et thoraciques consiste en une longue incision de la base du cou au pubis. On pratique aussi l'incision en Y ; celle-ci consiste en une incision qui comme son nom l'indique, part de deux branches espacées sur le torse pour finir en une seule à l'approche du pubis. Le cerveau est examiné après ablation du scalp, et ouverture de la boîte crânienne à l'aide d'une petite scie circulaire. Les autres parties du corps (face et membres) sont rarement examinés par la dissection. Après avoir remis les organes en place, les incisions sont recousues aussi soigneusement que possible, pour la levée de corps et les funérailles du défunt.

Buts

L'objectif de l'autopsie médicale est d'établir la cause de la mort (cause principale, et causes indirectes s'il y a lieu), de déterminer l'état de santé du sujet avant son décès, et si les éventuels traitements reçus étaient bien choisis. De nos jours, l'allongement de l'espérance de vie et les polypathologies font que bien souvent, un individu meurt porteur de plusieurs maladies (6 à 15). Dans ces cas, la cause de la mort n'est pas toujours évidente, et l'autopsie intervient parfois pour établir la réalité des faits. Ainsi, une autopsie pourrait révéler jusqu'à 25% d'erreurs de diagnostics, le quart de ces dernières pouvant modifier significativement la prise en charge du patient[1].

Les autopsies fœtales sont pratiquées dans deux indications : en cas de mort fœtale in utéro et après interruption médicale de grossesse pour malformations fœtales. Dans le premier cas elle permet de déterminer ou de préciser le diagnostic, d'apporter des informations complémentaires, de corriger une estimation de la probabilité de récidive lors d'une grossesse ultérieure. Dans le second cas, les autopsies, rarement normales, permettent un diagnostic de qualité du diagnostic prénatal, d'estimer un risque de récidive (modification des conseils en vue d'une grossesse ultérieure).

Un second type d'autopsie est celles réalisées par les étudiants en médecine sur les corps d'individus ayant donné leur corps à la science, en vue d'apprendre l'anatomie humaine.

Enfin, l'autopsie telle que la pratique le médecin légiste est demandée dans les cas de mort brutale ou suspecte, sur demande de la justice. Le cas le plus caricatural est sans doute celui des homicides maquillés en suicide, où l'autopsie devra déterminer si des éléments matériels objectifs prouvent que l'individu a été assassiné et ne s'est pas suicidé.

Fréquence

Dans les pays occidentaux, le nombre d'autopsies pratiquées est en diminution constante depuis les années 1950. En France, par exemple, le taux de nécropsies est passé de moins de 15% en 1988 à moins de 4% en 1997. Le taux est variable suivant les pays, sensiblement plus important en Scandinavie, elle est de 12,4% aux États-Unis (1993)[2]. De nombreux médecins et scientifiques s'élèvent aujourd'hui pour dénoncer l'abandon des pratiques nécropsiques, qui tend à détériorer la qualité des soins en ne donnant plus cet œil objectif sur la prise en charge médicale qu'ont eu les défunts[3].

Législation

Elle dépend des pays et du but recherché (médicolégal ou scientifique).

L'autopsie à but médical ou scientifique est autorisée dans certains pays (Hongrie, Autriche...) sans qu'il soit nécessaire d'avoir le consentement de la famille, la plupart cependant demandent l'accord des proches[réf. nécessaire].

La conservation des tissus post-mortem pose également des problèmes légaux[4].

En France, l'autopsie médicale effectuée dans un but thérapeutique ou scientifique, nécessite l'absence de refus du défunt, explicitement formulé, ou rapporté par sa famille (article L1232-1 alinéa 2 du Code de la Santé Publique[5]). Si le défunt était un mineur ou un majeur protégé (c'est-à-dire placé sous tutelle ou curatelle), l'accord écrit de chacun des titulaires de l'autorité parentale ou du tuteur (dans le cas du majeur protégé) est requis (article L1232-2 du Code de la Santé publique[6]). Dans tous les cas, « la famille doit être informée des prélèvements effectués »(article L1232-1 alinéa 3 du Code de la Santé publique[5]), et les protocoles médicaux doivent être transmis à l'Agence de la biomédecine (article L1232-3 du Code de la Santé publique[7]).

En ce qui concerne la restitution du corps aux proches, les obligations du médecin-légiste diffèrent selon la nature de l'autopsie :

  • S'il s'agit d'une autopsie médicale, le médecin est tenu de s'assurer de la « meilleure restauration possible du corps » avant restitution (article L1232-5 du Code de la Santé Publique[8]).
  • S'il s'agit d'une autopsie judiciaire, aucune disposition légale relative à la restauration et à la restitution du corps n'est en revanche prévue[9]. Certaines dérives ont en conséquence été observées[9]. Le Médiateur de la République, averti de ces problèmes, a demandé au Ministère de la Justice de combler ces lacunes juridiques[10].

Notes et références

  1. Shojania KG, Burton EC, McDonald KM, Goldman L, Changes in rates of autopsy-detected diagnostic errors over time: a systematic review, JAMA, 2003;289:2849-2856
  2. Burton JL, Underwood J, Clinical, educational, and epidemiological value of autopsy, Lancet, 2007; 369:1471-1480
  3. Shojania KG, Burton EC, The vanishing nonforensic autopsy, New Eng J Med, 2008;358:873-875
  4. « Autopsies de fœtus : une règlementation assez floue », TF1.fr, mis en ligne le 3 août 2005
  5. a et b Voir Légifrance
  6. Voir Légifrance
  7. Voir Légifrance
  8. Voir Légifrance
  9. a et b « Le vide juridique des autopsies judiciaires », Le Monde, daté du 5 août 2009 ; LeMonde.fr, mis en ligne le 4 août 2009
  10. « Des autopsies judiciaires encadrés juridiquement », Site officiel du Médiateur de la République

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Autopsie d'un meurtre, Centre des sciences de Montréal (site web interactif portant sur les sciences et techniques judiciaires)

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  • AUTOPSIE — s. f. Vision intuitive ; état de l âme dans lequel, suivant les païens, on avait un commerce intime avec la divinité. AUTOPSIE, en termes de Médecine, Inspection de toutes les parties d un cadavre, examen de l état où elles se trouvent. On a… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • AUTOPSIE — n. f. T. de Médecine Inspection de toutes les parties d’un cadavre, examen de l’état où elles se trouvent. On a ordonné l’autopsie de ce cadavre. L’autopsie n’a fourni aucune preuve d’empoisonnement. Procès verbal d’autopsie. Traces relevées à… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

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