Coran
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Le Coran

Le Coran (arabe : القرآن ; al Qur'ān, « récitation ») est le livre sacré de l'islam. Sa tradition le présente comme le premier ouvrage rédigé en langue arabe claire[N 1], affirmation à la base de la notion d'« inimitabilité » du Coran[N 2].

Le Coran regrouperait les paroles que Dieu aurait révélées au prophète et messager de l'islam Mahomet (محمد, Muḥammad) par l'archange Gabriel (جبريل). Cette révélation s'étendrait sur une période de vingt-trois ans. Le Coran est parfois appelé simplement al-kitâb (le livre) ou adh-dhikr (le rappel). Il constituerait une des deux parts de la révélation à Mahomet, l'autre part étant constituée des hadiths dits prophétiques. Les musulmans le considèrent comme une manifestation d'un attribut divin, le kalam, qui représenterait la capacité de Dieu (Allah en langue arabe) à transmettre à ses prophètes certaines informations relatives au Tawhid, proclamation de l'unicité divine et message central du Coran, au bien et au mal, à la vie et à la mort, au paradis et à l'enfer, ainsi qu'aux lois fixant les limites entre le licite et l'illicite. En ce sens, il est, pour les musulmans, l'expression incréée de cet attribut d'Allah adressée à l'intention de toute l'humanité, c'est-à-dire détenteur d'une vocation universelle, tout comme Jésus-Christ qui est considéré comme Le Logos (Le Verbe, La Parole de Dieu) dans La Bible (L'ancienne et la Nouvelle Alliance particulièrement les Évangiles.

Sommaire

Description

Le Coran est divisé en chapitres appelés sourates, au nombre de 114 et débutant par la première appelée Al Fatiha (parfois traduite par « la liminaire » ou « le prologue » ou encore « l'ouverture »). Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés âyât (pluriel de l'arabe âyah, « preuve », « signe », et que l'on retrouve notamment dans le mot ayatollah). Les versets sont au nombre canonique de 6 219[1].

Ordre des textes

Page d'un coran d'Andalousie

La tradition rapporte que, du temps de Mahomet, les ayats (versets) étaient écrits sur plusieurs supports, tels que des feuilles de palmier, des os plats (omoplates de chameau), des peaux ou des pierres, et étaient appris par cœur par les croyants, en entier ou en partie. La mort de plusieurs de ces « mémoires vivantes » a amené par prudence à la compilation de sourates. La tradition veut que Mahomet ait reçu ces dernières dans l'ordre que l'archange Gabriel lui indiqua, en tant que messager d'Allah.

Suite à la mort de Mahomet, son successeur Abou Bakr ordonna à Zaid ibn Thabit de rassembler tous les versets du Coran qui étaient éparpillés[Godin 1]. Il accomplit sa tâche, bien qu'extrêmement délicate, en faisant témoigner, pour chaque verset, deux hommes parmi les compagnons de Mahomet. Grâce à cette entreprise, le Coran a pu être préservé. Les générations suivantes, par le principe de la chaîne de transmission et de l'affirmation de l'intégrité des hommes constituant ces chaînes, ont continué à garantir l'authenticité de ce texte[réf. nécessaire].

Les partisans de ce classement y voient l'affirmation de l'unité profonde du Coran dont aucune partie ne peut être envisagée indépendamment du tout. Il a aussi ses détracteurs, moins nombreux, qui dénoncent une altération grave à la chronologie de la révélation voulue par Dieu lui-même. Cependant, l'arrangement des versets et des sourates fut fixé par le Prophète lui-même sur l'ordre de l'ange Gabriel et sauvegardé par transmission orale[Godin 2].

Diverses tentatives plus ou moins concordantes ont été faites pour reconstituer l'ordre chronologique, y compris par des orientalistes européens, tels que Blachère. Cet agencement ferait apparaître des correspondances éclairantes avec les événements de la vie de Mahomet tels qu'ils sont rapportés par la sunna. Des interprétations nouvelles de certains passages peu clairs ont ainsi pu être avancées. Il existe cependant une liste chronologique des sourates remontant à Ibn abbas d'après une liste donnée par Ibn ad-Dourîs, dans Fadâylou al-qor'ân[Godin 3].


Amin Ahsan Islahi montre que les sourates fonctionnent par paires. Tout le Coran serait selon lui organisé en sept grands groupes[2]. Michel Cuypers vérifie par un autre procédé que les sourates fonctionnent par paire dans certaines parties du Coran qu'il a étudié, et que ces paires fonctionnent souvent par groupe de 2,3 ou 4 paires[3]. Pour Michel Cuypers le Coran n'est pas un recueil désordonné comme on l'a souvent dit, et la classification de la plus longue à la plus petite sourate n'est pas une explication suffisante (au vu des nombreuses exceptions), mais le Coran est agencé selon des règles bien précises, recensées récemment sous le nom de rhétorique sémitique.

Séparation chronologique

On sépare traditionnellement le Coran en deux parties qui se démarquent par des différences de style et de thèmes abordés :

  • Les sourates de La Mecque, antérieures à l'hégire, généralement ce sont des sourates plus courtes, d’orientation religieuse et liturgique ;
  • et les sourates de Médine, postérieures à l'hégire, plus longues et d’orientation nettement politique, sociétale, législative.

Il est significatif que l'An I de l'Islam commence à l'Hégire quand Mahomet devient un chef politique. Ainsi, l'Islam est bien une doctrine politico-religieuse dont la mission, assignée par le Coran, est l'organisation politique et sociale des Musulman(e)s. La période mecquoise antérieure à l'hégire doit néanmoins être considérée comme le début de la prophétie.

Sourates mecquoises

Feuillet du Coran bleu provenant à l'origine de la bibliothèque de la Grande Mosquée de Kairouan[4]

Les sourates de la première période, mecquoises, affirment principalement l'idée de monothéisme et définissent ce qu'est Dieu pour le musulman. On y trouve, entre autres, l'idée de la résurrection des morts au jour du jugement dernier, l'unicité de Dieu, etc.

Les orientalistes allemands G. Weill et Nöldeke ont établi trois divisions dans les sourates révélées à La Mecque :

  • Dans le premier des groupes, Dieu invite les hommes à ne pas douter et à suivre ses prescriptions afin de ne pas attirer sa colère. Il parle de la création ;
  • Les sourates du deuxième groupe décrivent les devoirs de tout croyant : la profession de foi (chahada), les prières (salat), le jeûne (ramadan), le pèlerinage (hajj), l'aumône (zakat) qui sont les cinq piliers de l'islam. Ces sourates invitent l'homme à se perfectionner à travers son dévouement à Dieu ;
  • Dans la troisième partie, se trouvent les récits des prophètes de l'islam, une description du châtiment qu'ont subi les peuples qui ont refusé de croire à leurs messages.

Sourates médinoises

Les sourates médinoises sont des "ordres". Elles posent les bases fondamentales d'une société nouvelle, dans laquelle le respect et obéissance sont dus à Mahomet et à sa famille, où les louanges vont à ceux qui combattent et meurent dans le djihad (lutte) sur le chemin de Dieu, et où l'on lutte contre l'oppression des ennemis de l'Islam. Près de 500 versets regroupent les réglementations, civiles, pénales, militaires et serviront de base au droit musulman. D'autres sourates médinoises définissent également les devoirs et les croyances du musulman.

Divisions en vue d’une récitation

Article détaillé : Sourate.
Manzil Juz’ Hizb Début Fin
sourate verset sourate verset
1 1 1 I 1 II 74
2 II 75 II 141
2 3 II 142 II 202
4 II 203 II 252
3 5 II 253 III 14
6 III 15 III 91
4 7 III 93 III 170
8 III 171 IV 23
5 9 IV 24 IV 87
10 IV 88 IV 147
6 11 IV 148 IV 176
2 V 1 V 26
12 V 27 V 82
7 13 V 82 VI 35
14 VI 36 VI 110
8 15 VI 111 VI 165
16 VII 1 VII 87
9 17 VII 88 VII 170
18 VII 171 VIII 40
10 19 VIII 41 IX 33
20 IX 34 IX 93
11 21 IX 93 X 129
3 X 1 X 25
22 X 26 XI 5
12 23 XI 6 XI 83
24 XI 84 XII 52
13 25 XII 53 XIII 18
26 XIII 19 XV 1
14 27 XV 1 XVI 50
28 XVI 51 XVI 128
Manzil Juz’ Hizb Début Fin
sourate verset sourate verset
4 15 29 XVII 1 XVIII 98
30 XVII 99 XVIII 74
16 31 XVIII 75 XIX 98
32 XX 1 XX 135
17 33 XXI 1 XXI 112
34 XXII 1 XXII 78
18 35 XXIII 1 XXIV 20
36 XXIV 21 XXV 20
19 37 XXV 21 XXVI 110
38 XXVI 111 XXVII 25
5 XXVII 26 XXVII 59
20 39 XXVII 56 XXVIII 50
40 XXVIII 51 XXIX 44
21 41 XXIX 46 XXXI 21
42 XXXI 22 XXXIII 30
22 43 XXXIII 31 XXXIV 23
44 XXXIV 24 XXXIV 54
6 XXXV 1 XXXVI 21
23 45 XXXVI 28 XXXVII 144
46 XXXVII 145 XXXIX 31
24 47 XXXIX 32 XL 40
48 XL 41 XLI 46
25 49 XLI 47 XLIII 23
50 XLIII 24 XLV 37
26 51 XLVI 1 XLVIII 17
52 XLVIII 18 XLIX 18
7 L 1 LI 30
27 53 LI 31 LIV 55
54 LV 1 LVII 29
28 55 LVIII 1 LXI 14
56 LXII 1 LXVI 12
29 57 LXVII 1 LXXI 28
58 LXXII 1 LXXVII 50
30 59 LXXVIII 1 LXXXVI 17
60 LXXXVII 1 CXIV 6
  • En vue de sa récitation, le Coran fut divisé postérieurement en sept parties manzil (مَنْزِل [manzil], pl. مَنازِل [manāzil]) ce qui permet de le réciter en entier au cours d’une semaine, il est aussi divisé en trente parties juz' (جُزْء [juz’], pl. أَجزاء [ajzā']) pour sa récitation en un mois. Un signe particulier «  ۞» marque le début de ces divisions.
  • Chaque juz’ est divisé en deux sections ou hizb (حِزْب [ḥizb], pl. أَحْزاب [aḥzāb])
  • Chaque hizb est divisé à son tour en quatre quarts ou rub‘ (رُبْع [rub‘], pl. أَرْباع [arbā‘]).

La transcription du Coran

Première sourate du Coran, nommée traditionnellement la Fatiha (ouverture).

Selon la tradition musulmane, le Coran a été révélé à Mahomet par l'intermédiaire de l'archange Gabriel (arabe : جبريل [jibrīl]). Pour les musulmans, le Coran est un livre saint qui n'a pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps. Cette promesse est mentionnée dans le verset suivant : {En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien.} [5]. En fait, la conservation et la transmission du texte tel qu'on le connaît aujourd'hui ont fait l'objet de l'attention des premiers califes et des autres compagnons du prophète de l'islam.

La révélation

Selon la tradition musulmane, la révélation aurait commencé dans la grotte de Hira où Mahomet avait pour coutume de se retirer, vraisemblablement dans un but de méditation. L'ange Jibrïl serait apparu, et lui aurait communiqué les premiers versets du Coran : « Lis ! (ou récite !) Au nom de ton Seigneur » (sourate 96, verset 1). Le mot rendu par lire est iqra'. Dérivé du mot qara'a qui signifie le fait de rassembler ce qui est dispersé ou épars... Le mot Coran (Qur'an en arabe) est également un dérivé de ce même mot arabe. Couramment, en arabe on rend le mot iqra' par la lecture comme par la récitation... La réponse de Mahomet aurait été par trois fois « Je ne sais pas lire », car Mahomet était illettré, comme la quasi-totalité des Arabes et comme la majorité des hommes de son temps.

Il semble qu'au tout début de la révélation, le Coran ait été d'abord mémorisé. La tradition parle même de certains compagnons de Mahomet venant l'interroger sur la manière de réciter tel ou tel chapitre[6]. Par la suite, Mahomet aurait dicté les sourates, après chaque révélation, à plusieurs scribes qui les auraient transcrits sur des supports divers (morceaux de cuirs, tessons de poterie, nervures de palmes, omoplates..), fragments qui se seraient alors dispersés auprès de différents compagnons (rapporté par Al-Bukhari).

D'après Jalâl Ad-Dîn As-Suyûtî[Suyuti 1], Mahomet dictait à ses scribes non seulement le texte révélé mais aussi la sourate où il fallait l'insérer. La classification des versets les uns par rapport aux autres ne se faisait pas selon l'ordre chronologique de leur révélation, mais suivant un ordre psalmodique, qui aurait suivi les indications de Mahomet qui lui-même les aurait reçues par Dieu, via l'archange Gabriel.

Dès lors, et durant 23 ans[Suyuti 2], la révélation aurait continué, au fil des années et des événements, en une diversité d'endroits. Le dernier verset révélé serait selon un avis parmi les commentateurs « اليوم اكملت لكم دينكم » {Aujourd'hui, J'ai Parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon Bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous.} Coran 3: 5. Ce verset est révélé lors du sermon d'adieu de Mahomet en 632. Celui-ci a vécu 82 jours après ce dernier verset...Selon un autre avis, cité par la plupart des commentateurs, le dernier verset à avoir été révélé serait en fait le suivant : {Et craignez le jour où vous serez ramenés vers Allah. Alors chaque âme sera pleinement rétribuée de ce qu'elle aura acquis. Et ils ne seront point lésés.} (Coran 2 : 281). D'après Suyouti, le Prophète décéda neuf jours après la révélation de ce verset. Cette opinion est basée sur un Hadith rapporté par Ibn Abi Hâtim. La tradition rapporte que, la dernière année de sa vie, il aurait révisé deux fois le Coran dans son intégralité avec l'archange Gabriel au cours du mois de ramadan.

Si selon la tradition, Mahomet avait indiqué, au sein de l'ensemble du texte coranique déjà révélé, la place où devait être insérée chaque nouvelle révélation, s'il avait encouragé ses compagnons à mémoriser le texte coranique (la plupart le connaissaient intégralement[Suyuti 3]) et s'il avait veillé à ce que chaque fragment révélé soit également couché sur un support matériel, il n'aurait pourtant pas fait préparer une copie rassemblant tout le texte coranique. D'après la tradition, cela s'expliquerait par le fait que la révélation se serait poursuivie jusqu'à la fin de la vie de Mahomet et que jusqu'au dernier moment de nouveaux versets auraient pu être révélés. Ceux-ci auraient donc du être insérés au milieu du texte coranique déjà présent. Il faut noter toutefois que le dernier verset dans l'ordre chronologique annonce la fin de la révélation (5:3): la religion de l'islam est alors déclarée « parachevée »[7].

Compilation du texte coranique sous Abû Bakr, le premier calife

Une première compilation du texte coranique se fait moins d'un an après la mort de Mahomet[8], sous le premier calife Abû Bakr (632 - 634). Celui-ci, conseillé par ‘Umar qu'effraie la mort (au cours de la bataille de Yamama en 633[Godin 4]) de 70 compagnons connaissant par cœur l'intégralité du texte ( à la mort du Prophète, on comptait au moins quatre Ansârites qui connaissaient par cœur le Coran en entier[9]. Toutefois, les biographes confirment la mémorisation du Coran en entier par un très grand nombre de compagnons[Godin 5].), charge Zayd ibn Thâbit, qui avait été scribe de Mahomet et connaissait le Coran en entier, de rassembler les divers supports écrits et de préparer une copie du texte coranique intégral. Afin d'éviter toute erreur, ces supports n'étaient acceptés que s'ils étaient écrits en présence de Mahomet, et à condition que chaque support fût contrôlé par deux témoins de confiance ayant entendu Mahomet réciter le passage en question. De plus, il fallait au moins deux attestations écrites pour chaque verset à transcrire, et ne pas se fier à la mémoire seule selon les ordres d'Abû Bakr. C'est ce que l'on fit, à l'exception de deux versets pour lesquels on ne trouvait qu'une seule attestation écrite, mais ils furent confirmées par la mémoire de plusieurs compagnons[8].

Le texte est alors rédigé sur des feuillets (sahifa). Une fois complétés et vérifiés par les compagnons de Mahomet, ces feuillets qu'on nomma mashaf ( collection de feuilles) sont confiés à la garde d’Abû Bakr. Après la mort de ce dernier, le deuxième calife, ‘Umar (634–644) les reçoit. Après sa mort, ils sont confiés à sa fille Hafsa, veuve du Prophète. (Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, n° 4 701. Voir également Fath ul-bârî tome 9 pp. 19–20, et Al-Itqân, pp. 184–185).

D'autres compilations ont été faites, notamment le corpus d'ibn Mas'ûd qui perdura trois siècles[6]. Elles différaient en certains points du texte, ainsi que sur le nombre et l’ordre des sourates.

Certaines formes de récitations marginales ont été transmises selon la procédure de la transmission du hadith, qui sont citées chez les exégètes anciens, tels qu'ibn Kathir, Qurtubî, et les autres... Cependant le sens n'est jamais éloigné au point de transfigurer le sens des versets. Tous les écrits anciens retrouvés à ce jour correspondent au Coran sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui partout dans le monde, comme le souligne Hamidullah qui a fait des recherches considérables sur les manuscrits musulmans anciens ; ainsi il écrivait :

« À travers la guerre, l'incendie, l'inondation et d’autres malheurs les copies ou les fragments de la première époque sont venus jusqu'à nous. À Tachkent tout comme à Istanbul, il y a des copies du Coran attribuées au calife Othmân : à Istanbul, une feuille attribuée au calife ‘Umar ; à la bibliothèque nationale de Paris, des fragments que les experts modernes datent des IIe et IIIe siècles de l’hégire. Il y a des copies très anciennes au Caire, à Sana’a, en Iran, en Afghanistan, etc. On les a comparées, et il est émouvant de constater que du Maroc à la Malaisie, de Tachkent à Ceylan, des millions d’exemplaires manuscrits ou imprimés existent qui n’offrent d’autres variantes que les fautes de copistes.[10] »

Universalisation des copies sous ‘Othmân, troisième calife

Le rôle d'Othmân

Selon la tradition musulmane, un compagnon Hudhayfah ibn Al-Yaman remarqua, sous le califat de ‘Othman, troisième calife (644-656), que les peuples des régions, actuellement, de Syrie et d'Irak se disputaient sur les différentes prononciations de certains mots du Coran, tandis que les nouveaux musulmans des provinces en dehors d'Arabie ne savaient pas bien prononcer les mots du Coran. Le calife ‘Othman percevant les risques de division, décide alors d'officialiser un type unique de prononciation de l'arabe du texte coranique et d'établir une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres.

Ainsi il demande à Hafsa de lui faire parvenir son manuscrit du Coran. Il fait préparer alors plusieurs copies (mus'haf) en utilisant la prononciation du prophète. Cette tâche fut confiée à Zaid ibn Thabit, Abdullah ibn Az-Zubair, Sa‘id ibn As-‘As, et Abdur Rahman ibn Harith ibn Hisham.

Une fois la tâche achevée en 647, ‘Othman renvoie le manuscrit original à Hafsa et fait parvenir les copies aux différents points importants du territoire musulman. Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, n° 4 702.

Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette prononciation. L’écriture (la police) utilisée est une écriture nommée « ar-rasm al-uthmanî ». Quelques-unes de ces copies anciennes existeraient encore aujourd’hui, l’une se trouverait à Istanbul (Turquie), l’autre à Tachkent (Ouzbékistan).

Après avoir envoyé ces copies dans chaque région, ‘Othman ordonna la destruction de toutes les copies précédentes, dont les manuscrits incomplets ainsi que ceux contenant des annotations personnelles. Parmi ces copies, il y avait celle d’Ali, gendre de Mahomet, celle d’Ubai b. Ka‘b ainsi que celle d’Ibn Mas‘ud qui furent toutes détruites.

Les soixante pages les plus anciennes d’un exemplaire du Coran

Un manuscrit comportant une soixantaine de feuillets figure à la bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand. Il s’agit des feuillets parmi les plus vieux du Coran connus au monde : leur datation par les chercheurs le font remonter aux années 50 à 100 de l’Hégire (étude paléographique et postulat d’après une analyse de l’orthographe). Aucune mesure au carbone 14 n’a été effectuée. Ces feuillets dateraient donc d’après Uthman ben Affan, décédé en 656, soit 34 ans après l’hégire selon une étude paléographique récente[11].

Notice de la BnF concernant cet écrit :

« Milieu du VIIe siècle Encre sur parchemin, 29,1 x 24,5 cm, BnF, Manuscrits orientaux, arabe 328, f. 10 à 14.
Copiées sur parchemin dans un format vertical, ces pages de Coran appartiennent à un ensemble d'une soixantaine de feuillets considéré comme le plus ancien exemplaire actuellement conservé. En l’absence de manuscrits datés avant le IXe siècle, c’est sur la base de critères paléographiques et orthographiques que l’on fait remonter ces fragments à la seconde moitié du Ier siècle de l’hégire (VIIe siècle). Ils sont écrits dans un style nommé au XXe siècle hijâzî en référence à Ibn al-Nadîm, célèbre auteur arabe du Xe siècle, qui décrivait dans son Fihrist (Catalogue) les premières écritures disparues et qui auraient été employées, selon lui, trois siècles avant lui, à La Mecque et Médine, villes du Hedjaz. »

— Les plus anciens feuillets coraniques conservés sur BnF [12].

Une étude comparative a été faite avec le Coran disponible partout actuellement et le texte des feuillets disponibles à la BnF n’a pas de différence avec celui-ci, hormis l’absence presque totale de points et traits diacritiques[13], qui ont été systématisés au temps du calife Ali ibn abu Talib, qui commanda à Abu al-Aswad al-Du‘ali (en) d’écrire un ouvrage sur la grammaire. Celui-ci inventa les voyelles, encore inexistantes dans l’écriture arabe auparavant. Ces voyelles constistant en des traits diacritiques furent appliquées dans les manuscrits du Coran de façon systématisée plus tardivement[14]. Les points diacritiques permettant de différencier certaines consonnes existaient quant à eux, mais étaient utilisés exceptionnellement jusqu’alors, pour des mots prêtant à des ambiguïtés fortes, comme en témoignent les papyrus PERF nº 558 (daté en 22H / 642), le papyrus bilingue P. Mich. 6714 (daté en 22–54H / 642–674).

La chronologie de la rédaction du Coran et l'approche paléographique

Selon l'historienne Silvia Naef qui enseigne l`histoire de la civilisation arabo-musulmane à l'Université de Genève, les premiers corans furent rédigés dans une écriture arabe sommaire : les voyelles brèves et les signes diacritiques (des points destinés à empêcher la confusion entre des mots ayant le même orthographe), ne furent ajoutés au texte qu'au VIIIe siècle, fixant ainsi le sens définitif du texte[15]. Cette question des signes diacritiques était encore discutée par les théologiens musulmans vers l'an 1000, certains considérant cet ajout comme un sacrilège, d'autres craignant que les fidèles ne se trompent sur le sens s'ils n'étaient pas ajoutés[16].

Selon le philologue Christoph Luxenberg, les points diacritiques ont commencé à apparaître en arabe au tournant du VIIIe siècle sur l'ordre de Al-Hajjaj ben Yousef, gouverneur de l'Irak (694-714). Ces signes graphiques permettant de différencier certaines consonnes existaient pourtant bien plus tôt, pour des mots prêtant à des ambiguïtés fortes, comme en témoignent des papyrus PERF 558 (en) (22H/642)[17], le papyrus bilingue P. Mich. 6714 (daté à 22-54H/642-674)[18]. Christoph Luxenberg remarque que le Coran présente souvent une langue très ambiguë et même parfois inexplicable. Il affirme que même des savants musulmans trouvent que certains passages sont difficiles à saisir et ont rédigé de nombreux commentaires dans le but d'expliquer ces passages difficiles. Néanmoins, le présupposé était de toujours maintenir l'idée que chaque passage difficile était à la fois vrai et plein de sens et qu'il pouvait être déchiffré avec les instruments traditionnels de la science islamique. Christoph Luxenberg reproche au monde académique occidental travaillant sur le Coran, d'avoir une approche timide et servile du texte, approche trop souvent adossée à des travaux de musulmans plus exégètes qu'objectifs et de ce fait, souvent biaisée. Christoph Luxenberg affirme que les savants devraient recommencer leurs études à nouveaux frais, en ignorant les vieux commentaires islamiques et en utilisant seulement des méthodes linguistiques et historiques récentes. Son argument est que Mahomet prêchait des concepts qui étaient nouveaux pour ses auditeurs arabes ; ces concepts, Mahomet les aurait lui-même trouvés au cours de conversations avec des Arabes juifs et chrétiens, ou via les chrétiens de Syrie (si l'on admet qu'il a voyagé). Ainsi, si un mot (ou une phrase) du Coran semble inintelligible en arabe, ou ne saurait avoir de sens qu'après des conjectures tirées par les cheveux, ce mot (ou cette phrase) pourrait faire sens – dit Christoph Luxenberg – en regardant du côté de l’araméen et du syriaque. Le commentaire islamique traditionnel se limite généralement à une lexicologie ; Christoph Luxenberg propose d'étendre cette recherche à d'autres langues, qui peuvent être consultées. Il affirme aussi que le Coran est fondé sur des textes antérieurs, en particulier sur des lectionnaires utilisés dans les Églises chrétiennes de Syrie et qu'adapter ces textes, fut le travail de plusieurs générations pour donner le Coran que nous connaissons aujourd'hui. Quelques citations : « Selon la tradition musulmane, le Coran daterait du VIIe siècle, alors que les premiers exemples de littérature en arabe dans le plein sens du terme ne se trouvent que deux siècles plus tard, au temps de la « Biographie du Prophète », c'est-à-dire de la vie de Mahomet telle qu'elle a été écrite par Ibn Hichâm, décédé en 828. On peut ainsi établir que la littérature post-coranique a été développée par degrés dans la période qui a suivi le travail de Khalil ibn Ahmad, mort en 786, fondateur de la lexicographie arabe (« kitab al-ayn ») et de Sibawayh, mort en 796, à qui l'on doit la grammaire de l'arabe classique. Maintenant, si nous considérons que la composition du Coran s'est achevée à la mort de Mahomet, en 632, nous avons devant nous un intervalle de 150 ans, durant lequel nous ne trouvons pas trace de littérature arabe. » ; « À cette époque, il n'y a avait pas d'écoles arabes – excepté probablement, dans les centres urbains chrétiens de al-Anbar et al-Hira, dans le sud de la Mésopotamie, dans ce qui constitue aujourd'hui l'Irak. Les Arabes de cette région avaient été christianisés et instruits par des chrétiens de Syrie. Leur langue liturgique était syro-araméenne. Cette langue était le véhicule de leur culture et plus généralement la langue de la communication écrite. » ; « Au commencement du IIIe siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangélique aux pays limitrophes, comme l’Arménie ou la Perse. Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu'aux confins de la Chine et la côte Ouest de l'Inde, en plus de la totalité de la Péninsule Arabique, jusqu'au Yémen et l'Éthiopie. Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples arabes, ils aient utilisé, entre autres langues, la langue des Bédouins, c'est-à-dire l'arabe. Afin de répandre les Évangiles, il leur fut nécessaire d'utiliser un mélange de langues. Mais à une époque où l'arabe était un ensemble de dialectes qui n'avaient pas de forme écrite, les missionnaires n'avaient pas d'autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c'est-à-dire au syro-araméen. Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l'arabo-araméen. »

À l'aide de sa méthode, qui consiste à vérifier si les termes arabes n'ont pas un équivalent syriaque, Christoph Luxenberg indique que certains passages coraniques seraient mal interprétés : le mot houri signifierait raisins blancs, et non pas vierges aux grands yeux. L'expression sceau des prophètes signifierait « témoin », voulant dire que Mahomet est témoin des prophètes venus avant lui.

Cependant cette lecture a été fortement nuancée depuis la découverte de très anciens fragments de Coran comme les manuscrits de Sana'a, ainsi François Déroche écrit : « Au cours de la période qui va jusqu'à la réforme d'Ibn Mujâhid (IVe / Xe siècle), la rédaction à proprement parler est achevée, mais le texte reçoit le complément de ces différents signes qui le précisent progressivement et le fixent de mieux en mieux. L'introduction systématique de la vocalisation et des signes orthoépiques marque véritablement la fin de cette "rédaction". La chronologie traditionnelle de cette rédaction a été remise en question récemment. John Wansbrough a défendu l'idée selon laquelle le texte, tel que nous le connaissons, a été transcris tardivement, et a suggéré comme date la plus haute envisageable pour cette opération la fin du IIe / VIIIe siècle. Les vestiges matériels d'une transmission écrite conforme à la version 'uthmânienne datant au plus tard de la fin du Ier / VIIe siècle ont toutefois définitivement écarté une telle possibilité. A l'opposé, on l'a vu, la participation de Mahomet au processus de rédaction a été envisagée par certains savants ; John Burton a même tenté de montrer qu'une récension complète de la Révélation avait été réalisée sous la direction de Mahomet, une thèse qui se heurte bien sûr aux données de la tradition. D'une manière générale, l'idée actuellement retenue est que des rédactions des révélations, au moins partielles, existaient du temps de Mahomet... L'hypothèse de Christoph Luxenberg implique enfin un processus de rédaction plus complexe puisqu'un premier texte en écriture syriaque et dans une langue faisant de larges emprunts au syriaque aurait précédé la version que nous connaissons[19] ».

Le Coran, un texte sacré

Selon la religion musulmane, le Coran, parole de Dieu, est, par dogme, incréé, éternel et inimitable. Il est au cœur de la pratique religieuse de chaque croyant.

Le Coran est incréé

Selon le Coran, l'ange Gabriel (Jibril) aurait eu pour mission de faire descendre le contenu du Coran céleste et de le transmettre à Mahomet.

« Ceci est, au contraire, un Coran glorieux écrit sur une table gardée ! »

— Le Coran (LXXXV ; 21-22)

« Le Coran est la parole de Dieu révélée à Son prophète et transcrite sur les pages du Livre. »

— Ibn Khaldoun, Le livre des exemples. Muqaddima VI, X

C'est la tradition sunnite exprimée par Ibn Khaldoun. Elle laisse entendre qu'il y a un original dont le Coran matériel est la transcription partielle, le livre mère, Oum El Kittab, évoquée dans le Coran.

Du point de vue ésotérique, le Coran matériel ne serait que la représentation physique, une sorte de réplique, d'un Coran supérieur, occulté aux yeux du profane, un Coran enregistré sur une Table gardée (اللَوْح المَحْفوظ [al-lawḥ al-maḥfūẓ], « la tablette préservée ») (Le Coran, « Les Signes célestes », LXXXV, 21-22 ; (ar) البروج), un livre caché (كِتَاب مَّكْنُون [kitāb mmaknūn], « livre caché ») (Le Coran, « L’Évènement », LVI, 78 ; (ar) الواقعة) et que le Coran décrit comme « la Mère du Livre » (« mère » doit être pris dans le sens « qui contient », tournure souvent rencontré en arabe)(أَمّ الكِتَاب‏ [umm al-kitāb], « mère du livre ») (Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 7 ; (ar) آل عمران).

« Ha, Mim.
Par le Livre clair !
Oui, nous en avons fait un Coran arabe !
– Peut-être comprendrez-vous –
Il existe auprès de nous, sublime et sage, dans la Mère du Livre. »

— Le Coran, « Ornements d’or », XLIII, 1-4 ; (ar) الزخرف.

Une querelle théologique a éclaté au IXe siècle entre le mouvement motazilite qui était un ardent défenseur de l'unicité divine et qui donc prêchait le dogme de la création du Coran (Coran créé) pour éviter que ne soit associé quoi que ce soit à Allah aussi connu sous le nom de Ahl al 'aql (les gens de la raison) et le mouvement des ahl al naql (les gens de la transmission), qui prêchaient que le Coran est la parole de Dieu (Coran incréé). Le premier courant fut instrumentalisé sous le califat d'Al-Ma'mun contre le second ce qui conduisit notamment à l'emprisonnement de Ahmed ben Hanbal et le second mouvement prit sa revanche sous le califat de son successeur Jafar al-Mutawakkil qui persécuta les partisans du premier mouvement. Ils disparurent peu de temps après.

Le dogme de l’inimitabilité du Coran

Article détaillé : Inimitabilité du Coran.

Dans la religion musulmane, le Coran est vu comme parfait (car œuvre divine), et donc absolument inimitable dans son sens comme dans sa forme. C'est le dogme de l'inimitabilité du Coran[20].

Déjà du vivant de Mahomet, Musaylima déclarait recevoir des révélations et rédigeait notamment une "sourate" imitant maladroitement [réf. nécessaire] la sourate "L'éléphant". Il récitait : "Ou l'éléphant. Quel éléphant. Qui te dira quel est l'éléphant ? Il a une longue trompe. "Ibn Kathîr cite cela dans son exégèse du Coran. La sourate l'éléphant approximativement rendu en français est la suivante :

« 1. N’es-tu pas témoin de ce que Ton Seigneur a fait des gens avec l’éléphant ?
2. N’a-t-il pas déjoué leur stratagème ?
3. Et envoyé vers eux les oiseaux nommés Abâbîl.
4. Qui leurs lançaient des pierres en argile.
5. Et il en a fait comme un champ ravagé. »

— Le Coran, « L’Éléphant », CV, 1-5 ; (ar) الفيل.

Il semble que cette idée de l'inimitabilité ait été développée à partir du IIe siècle de l'histoire de l'islam[21]. Ce dogme concerne autant le contenu que la forme. Et c'est le Coran lui-même qui l'énonce dans plusieurs versets, parmi lesquels le suivant :

« dis : "Si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, même s'ils s'aidaient mutuellement. »

— Le Coran, « Le Voyage nocturne », XVII, 878 ; (ar) الإسراء.

En ce qui concerne le contenu, le Coran fait toutefois explicitement référence aux textes bibliques et donc ne se présente pas quant au fond comme entièrement nouveau. Par exemple il contient le passage suivant dont le matériau est proche de celui de Exode 5.2:

« 104. Et Moïse dit : « ô Pharaon, je suis un Messager de la part du Seigneur de l'Univers,
105. je ne dois dire sur Dieu que la vérité. Je suis venu à vous avec une preuve de la part de votre Seigneur. Laisse donc partir avec moi les Enfants d'Israël. » »

— Le Coran, « El-Araf », VII, 104--105 ; (ar) الأعراف

Le Coran d’ailleurs centre l’essentiel de son message sur l’enseignement du Tawhid soit la proclamation de l’unicité divine et ce dans la lignée de tous les prophètes antérieurs d’Adam à Jésus comme le confirme le Coran lui-même. Il n’est pas étonnant que de très nombreux passages du Coran reprennent les histoires de ces prophètes avec de grandes similarités avec celles contenues dans les textes bibliques. Les musulmans croient d’ailleurs que les versions citées dans le Coran sont les véritables versions authentiques et que les textes bibliques écrits durant des siècles par plusieurs auteurs différents ne se sont pas toujours contentés de transmettre les messages divins révélés tels quels mais qu’ils ont pu introduire plusieurs enjolivements, interpolations et détails erronés. D’ailleurs il est intéressant de noter que le texte du Coran au lieu de rentrer dans les détails précis des évènements -tel que peuvent le faire parfois les textes bibliques- se focalise plutôt sur l’exemplarité ou la moralité d'un récit parfois complet (l'histoire de Youssouf ) ou parfois très succinct mais qui dans les deux cas a pour but premier de faire réfléchir et de marquer le croyant. Le Coran insiste à plusieurs reprises sur l'importance et la perfection des paraboles qui y sont citées :" Nous te racontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce Coran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)." [22].

Mohamed Abed Al-Jabri dit à ce propos : «…Or, puisque le Coran recourt à la relation des récits non pas pour la relation en soi, mais pour servir la Da’wa (propagation du message de l’islam), la relation des récits – quand bien même ils seraient des récits des prophètes – n’est pas obnubilée par la vie des prophètes, mais elle présente à chaque fois ce qui est en adéquation avec la Da’wa a une étape donnée. » [23].

Ainsi par exemple, le Coran dit après avoir vanté les mérites des jeunes du Kahf (la caverne) – de jeunes gens pieux qui ont fui leur peuple pour pouvoir adorer Dieu cachés dans une caverne - : {Ils diront: «ils étaient trois et le quatrième était leur chien». Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu’ils étaient cinq, le sixième étant leur chien et ils diront: «sept, le huitième étant leur chien». Dis: «Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n’en est que peu qui le savent». Ne discute à leur sujet que d’une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.} [24]. Ce qui montre que ce qui est le plus important est la parabole rapportée et non le détail des évènements.

D'autres sourates ne semblent pourtant pas citer des évènements issus du matériaux biblique : en ce qui concerne la sourate l'éléphant citée plus haut, Haï Bar-Zeev[25] interprète cette guerre des éléphants comme une fusion entre d'une part la conquète de Canaan par Josué[N 3] où des oiseaux jettant des projectiles interviennent, et d'autre par la guerre des Maccabées pour les éléphants, cette dernière ayant eu lieu beaucoup plus tard, mais exactement au même endroit. Le point de vue des exégètes ou des biographes du Prophète tels qu’Al Mubarkfouri largement répandu dans la tradition est que l’historie des éléphants renvoi plutôt à un événement survenu lors de la naissance du prophète lorsque le chef éthiopien Abraha a décidé de mener une grande armée afin de détruire la Kaaba, maison sacrée de Dieu à la Mecque construite selon le Coran par le prophète Abraham. Allah coupa net cette prétention en envoyant des oiseaux par volée qui attaquaient les hommes d’Abraha en leur jetant des pierres d’argile causant mort et désolation dans son camp et anéantissant ses velléités destructrices.

En d'autres versets (par exemple, II:23, X:38, XI:13), le défi est également lancé, en plusieurs fois, aux plus éloquents des Arabes de forger quelque chose de semblable au Coran. Pourtant, vers 786, sous le règne du Calife abbasside al-Hâdî, quelques lettrés auraient tenté de relever ce défi. Au bout d'un an, ils n'auraient pas pu produire l'équivalent d'une sourate. C'est ce que prédisait les versets suivants :

« Si vous êtes dans le doute au sujet de ce que nous avons révélé à notre serviteur, apportez-nous une sourate semblable à ceci ; appelez vos témoins autres que Dieu, si vous êtes véridiques.
Si vous ne le faites pas — et vous ne le ferez pas — Craignez le feu. »

— Le Coran, « La Vache », II, 23-24 ; (ar) البقرة.

Le Coran est œuvre parfaite selon deux versets :

« Rien n'y a été oublié »

— Le Coran, « Le Bétail », VI, 38 ; (ar) الأنعام et Le Coran, « L’Abeille », XVI, 91 ; (ar) النحل.

Le caractère inimitable du Livre va permettre de fixer la langue arabe, et de développer toute une science du discours et de la rhétorique, surtout avec un certain al-jorjani vers le XIe siècle (cf. dala'il al-i'jaz ou les preuves de l'inimitabilité) ; mais il va aussi contribuer à retarder la traduction du Coran dans d'autres langues.

Selon l'historien Maxime Rodinson, ce dogme de la perfection du style coranique a été mis en cause, y compris dans l'Islam : « il n'a pas manqué d'esprits libres en Islam pour mettre en doute cette incomparabilité du texte coranique. »[26]. Cette perfection serait culturellement ressentie par les musulmans, comme pour tout « texte dont on a été bercé depuis l'enfance ». « La beauté du style coranique a été contestée par ceux qui, pour une raison ou une autre, échappaient à l'envoûtement collectif ». Grand spécialiste des civilisations sémitiques et fin connaisseur de l'arabe, Theodor Nöldeke a écrit un gros article sur les défauts stylistiques du Coran[27]. Mais, pour l'autre grand arabisant français Jacques Berque, tout ce que Theodor Nöldeke imputait à un vice rhétorique n'est, à la lumière d'une analyse critique bien menée, que singularités grammaticales ou spécificités stylistiques propres au discours coranique[28].

Le Coran dans la pratique religieuse

Cité et récité dans de nombreux événements et circonstances de la vie (prières quotidiennes, Ramadan, fêtes familiales...), le Coran occupe une place importante dans la vie de tout croyant. Dans les mosquées, il n'est pas récité mais psalmodié. En effet, citant le Coran, l'imam pense citer une parole venue de Dieu : il n'est alors plus acteur utilisant sa voix mais instrument de la parole divine. Tel qu'interprété par les oulémas, ou « docteurs de la foi », ce texte est aussi à l'origine du droit musulman. L'exégèse du Coran et les conflits d'interprétations entre les divers courants de l'Islam sont ainsi à la base des plusieurs types de compréhension possibles de notions telles que la charia (loi de l'islam) ou encore le djihad (on distingue ainsi le « djihad majeur », effort de conversion tourné contre soi-même, du « djihad mineur », effort de conversion tourné contre les autres).

Le Coran et les Infidèles

Mahomet proscrit en son temps toute idolâtrie de La Mecque[29]. Cela est le résultat d'un état de fait avéré : à Mahomet l'apôtre, le politique et le législateur a succédé, par la force des choses, le guerrier[29].

Le djihad (littéralement « effort ») de l'âme, effort du croyant pour lutter contre les vices du caractère, se double désormais d'un djihad du corps, le combat pour Allah, véritable combat pour la supériorité de l'Islam[29].

Cependant, selon M. Hamidullah (dans Le prophète d'Islam, sa vie, son œuvre), toutes les batailles livrées par Mahomet auraient été défensives. Les raisons de chaque bataille livrée sont systématiquement explicitées dans tous les ouvrages biographiques traitant de Mahomet (ibn Ishaaq, ibn Hisham, etc.). Cette approche défensive du djihâd a également été revendiquée par ses premiers successeurs directs Abu Baqr et Umar. Le professeur Hamidullah précise que comme pour les Juifs et les chrétiens, les zoroastriens et les hindouistes bénéficièrent d'un statut particulier leur permettant de pratiquer leurs cultes religieux. L'interprétation des versets du Coran touchant le djihad est sujette pour cette raison à controverse.

La lecture et la science du Coran

L'étude du Coran, fondement de la culture islamique, riche de plus de 6.000 versets, a donné naissance à la science du Coran qui consiste non seulement en sa mémorisation mais aussi dans la connaissance des clés de lecture du texte et en son exégèse. Le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur conseille, "Il faut des clefs du Coran, on n'entre pas dans son monde comme cela. Le mieux est d'avoir lu des introductions à sa lecture[30]."

Parmi les disciplines consituant les sciences coraniques figurent l'ʼIʻrāb (analyse syntaxique des versets), le tabyîn (l’explicitation du sens "littéral"), ou encore le tafsir (exégèse ou interprétation). Cependant, bien qu'utile le tafsir est à prendre avec précaution à cause, selon certaines écoles musulmanes (dont Ahmad Ibn Hanbal qui le définit comme sans fondement), de beaucoup d'exagération et de récits non authentiques[Godin 6].

La science des Qirâ'at ou lectures du Coran

La science des Qirâ’at est une science coranique qui s’intéresse aux différentes variantes de lecture du Coran. Ces variantes différent notamment en termes de prononciation, de tournures de mots, d’intonation, de diction ou encore de rythmique. Plusieurs grands savants musulmans s’y sont intéressés tels que Suyuti dans son célèbre "Al Itqan fi 'ouloum al-qur'an" ou encore Tabari.

Les musulmans admettent que le texte coranique a été fixé dans son intégralité depuis l’époque du calife Uthmân exactement tel qu’il a été révélé au prophète Muhammad. Toutefois, les premières versions du Coran, écrites en Hijazi –écriture arabe primitive- sont caractérisées par l’absence de signes diacritiques, de voyelles et de séparations des versets. Si l’on considère le texte brut et vu la richesse orale de la langue arabe et de ses tournures, une multitude de lectures seraient possibles en termes notamment d’homonymes, de prononciations ou encore de tournures de mots.

Dès lors la science des Qirâ’at permettrait notamment de s’assurer du fait que les lectures du Coran sont non seulement conformes au texte brut – celui du Mushaf de Uthmân – mais également conformes à la diction faite par le prophète Muhammad ou à celles approuvées par lui et ce de manière à ne pas altérer le sens ou l’harmonie du Coran. Le Coran étant un texte divin, aucune altération volontaire des versets, de leur sens ou ajout humain n’est acceptable. De ce fait, ces lectures devront être authentifiées dans les moindres détails jusqu’au prophète par une chaine de transmetteurs ininterrompue constituée uniquement de rapporteurs intègres.

Les différentes possibilités de dictions, d’intonations ou de prononciation du Coran du temps même du prophète sont attestées par la tradition dans plusieurs Hadiths dont l’un des plus célèbres est rapporté par Al Bukhari, Ahmed et Mouslim : "J'ai entendu Hichâm ibn Hakîm ibn Hizâm réciter la sourate Al-Furqân autrement que je ne la récitais. Or l'Envoyé d'Allah (que la bénédiction et la paix soient sur lui) me l'avait fait réciter par lui-même. Je fus sur le point de l'interrompre, mais je le laissai terminer et alors, l'enroulant dans son vêtement, je le traînai jusqu'à l'Envoyé d'Allah (que la bénédiction et la paix soient sur lui) et dis à ce dernier: "Je viens d'entendre cet homme réciter la sourate "Al-Furqân" autrement que tu ne me l'as fait réciter toi-même". - "Lâche-le", me dit le Prophète (que la bénédiction et la paix soient sur lui). Puis s'adressant à Hichâm, il lui ordonna de réciter. Quand celui-ci récita de la même manière que je vins d'entendre, le Prophète (que la bénédiction et la paix soient sur lui) dit: "C'est ainsi que cette sourate fut révélée". S'adressant alors à moi, il m'ordonna de réciter. Quand je récitai, il dit: "C'est bien ainsi que cette sourate fut révélée; le Coran fut révélé sur sept ahrouf (modes ou tournures), récitez-le de la façon qui vous est la plus facile".

Plusieurs hypothèses ont données par les savants musulmans sur ces ahrouf. Certains commentateurs ont pensé que les ahruf désignent des dialectes des tribus arabes : Quraysh, Yaman, Hawâzin, Houdhayl, Thaqîf, Kinâna et Tamîm. Pour d’autres comme le célèbre compagnon Ibn Abbas, étant donné que la langue du coran est une « langue arabe claire. » (sourate 42, verset 195), les ahrouf ne seraient que des tournures du dialecte Qurayshite, dialecte du Prophète. D’ailleurs, lors de la compilation du codex coranique d’Uthmân, les compagnons sont revenus de manière systématique à la langue de Quraysh dès qu’il y avait le moindre soupçon de divergence.

Toutefois, plusieurs savants musulmans s’accordent à dire que ces ahrouf sont à l'origine des différences récitations authentifiées du Coran – communément appelés qirâ'at (القراءات) ou lectures. Pour d’autres, les 7 ahrouf renvoient tout simplement aux 7 Qirâ’at authentiques les plus célèbres utilisées aujourd’hui. Quoi qu’il en soit l’usage des ahrouf a persisté dans le cadre des différentes variantes de lectures faites par les compagnons du prophète et notamment de ceux qui mémorisaient intégralement le Coran.

Les principales Qirâ’at du Coran ont été fixées lors du IIème siècle par des Qur’aa – spécialistes des sciences de la lecture du Coran– faisant partie notamment des 2ème et 3ème générations de musulmans. Plus tard, c’est Ibn Moujahid en l’an 324 de l’hégire qui fut le premier à rassembler 7 lectures et les sélectionner comme les mieux transmises et les plus fiables : Hafs, Nafii, etc. Ces 7 lectures authentiques sont Moutawatir, c'est-à-dire transmises par un grand nombre de transmetteurs intègres à chaque génération.

Plus tard, d'autres Qirâ’at ont été également identifiées comme authentiques pour au final constituer 10 ou 14 Qirâ’at bien connues et admises par le consensus. Ces autres lectures sont également authentiques mais rapportés par un degré moindre de transmetteurs à chaque maillon de la chaine voire par un unique transmetteur. Toutefois 4 de ces lectures ayant une chaîne de transmission authentique mais singulière - avec des maillons à un seul rapporteur-, celles-ci ne sont pas utilisées dans les actes cultuels.

Condition d’authenticité d’une Qirâ’at

Les Qirâ’at sont basées sur la transmission orale du texte et de sa technique de lecture de génération en génération, par le principe de la chaîne de transmission et de l'affirmation de l'intégrité des hommes constituant ces chaînes, principes connus également dans la science du Hadith.

Pour les musulmans, cette transmission orale à côté de la mise par écrit aux premiers moments de l’islam est l’un des facteurs qui continue à garantir l'authenticité du Coran jusqu’à nos jours.

Les 4 Madhabs ou écoles de jurisprudence ont établi 3 critères pour accepter une Qirâ’at :

  • La transmission orale authentique : En effet, la mémorisation était une façon déterminante de préserver le texte coranique et beaucoup de compagnons l’ont appris par cœur aux côtés du Prophète. Chaque compagnon l’a ensuite enseigné à des personnes de la deuxième génération de musulmans et ainsi de suite jusqu’à nos jours où un grand nombre de musulmans connaissent encore le texte par cœur. Certains grands savants religieux de la période contemporaine ont d’ailleurs pour certains un Sanad – chaine de transmission ininterrompue qui va du prophète à leur Cheikh-maître transmetteur qui garantit que l'ensemble de leur mémorisation du Coran, verset par verset est conforme à une Qirâ’at/lecture autorisée par le Prophète. Le Sanad –chaine de transmission orale ininterrompue et authentique jusqu’au Prophète- reste d’ailleurs l’une des conditions de validité les plus importantes d’une Qirâ’at.
  • La concordance avec le mushaf de Uthman – sans voyelle ni signe diacritique le texte peut donner lieu à un grand nombre de combinaisons orales et d’intonations.
  • L'exactitude vis-à vis de la grammaire arabe

Ainsi, toutes les Qirâ’at des grands lecteurs (Warch, Qualoune, Hafs, etc) remplissent ces trois conditions et toute autre lecture doit passer ce test pour être déclarée Qirâ’at authentique.

Versets abrogés et versets abrogeants

Les contradictions qui ont pu être relevées au sein du Coran sont expliquées par la science islamique par le principe des versets abrogés (mansukh) et des versets abrogeants (nasikh) : les versets les plus récents relatifs à un sujet donnés abrogent les versets les plus anciens sur le même sujet. Il y a plusieurs niveaux d'abrogations selon que l'abrogation porte sur la lecture du texte ou seulement sur sa prescription tandis que le texte reste inscrit dans le Coran. Le principe de l'abrogation repose sur deux versets du Coran (sourate 2, verset 106 et sourate 16, verset 101). Pour faire comprendre le principe de l'abrogation par Dieu de ses propres versets, les savants de l'islam utilisent souvent l'analogie avec le médecin qui fait évoluer son traitement à mesure de l'état du malade, la Révélation ne pouvant être donnée d'un coup tout entière aux Hommes.

La difficulté est de connaître, pour chaque sujet étudié, le verset révélé en dernier alors que les versets du Coran ne sont pas classés par ordre chronologique. La connaissance des mansukh et des nasikh constitue donc une science du Coran qui donne lieu à des longs débats entre savants sur l'abrogation ou non de tel ou tel verset. Selon l'islamologue français Jacques Berque sur les 114 sourates du Coran, 71 sont peu ou prou concernées par l'abrogation (25 contiennent à la fois des versets abrogeants et des versets abrogés, 6 seulement des versets abrogeants et 40 seulement des versets abrogés)[31]. Pour faciliter la lecture dans la perspective de l'abrogation, Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh a publié le Coran "par ordre chronologique selon l'Azhar, avec renvois aux abrogations".

Globalement, concernant les prescriptions de vie, les premiers versets dictés à La Mecque ont souvent été abrogés par des versets dictés plus tard à Médine, jugés plus "durs". L'exemple le plus souvent cité de l'évolution des prescriptions du Coran en fonction de la règle de l'abrogation est celui de l'interdiction de l'alcool [5]. Un autre exemple souvent cité, notamment par les adversaires de l'islam, est le verset du sabre (sourate 9, verset 5) qui abolit, selon eux, jusqu'à 114 versets antérieurs prônant la tolérance religieuse[32]. Cependant, Mahmoud Cheltout (1893-1963) qui fut Recteur de la mosquée d'Al Azhar établit dans son livre "Le Coran et le combat" la preuve que le verset "point de contrainte en religion" n'est pas abrogé[33]. Le Cheikh Mohammed al-Ghazali est plus direct, il dit :

« Ceux qui disent aussi que 120 versets sur la bonne prédication aurait été abrogés par un seul (le verset de l'épée) sont d'une stupidité incompréhensible, que nous ne pouvons expliquer que par le degré de régression qui a abruti nos raisons durant les siècles de déclin et de stagnation [...] La prédication serait annulée, pour que l'épée prenne place ? Voila une aberration qu'aucun esprit raisonnable ne peut accepter[34] ! »

L'abrogation de certains versets sont une vision totalement fausse selon lui. Tout verset peut agir sur la société à un moment donné. Il suffit de savoir quand actionner un verset, et c'est ainsi qu'on peut parler d'un Coran valable pour tous les temps et tous les lieux.

L'historien Mohamed Talbi affirme quant à lui que le "verset du sabre" est une invention de quelques exégètes afin de théoriser "l'abrogeant et l'abrogé" qui trouve son origine dans l'interprétation personnelle de l'imam Chafi'i[35].

Traductions et impressions du Coran

Première page du Alcoranus Arabice longtemps introuvable, Venise, 1537

Problèmes posés par la traduction du Coran

Coran en script Mohaqqaq traduit en Persan, XIIIe siècle, Musée national d'Iran.

Le Coran a originellement été écrit en arabe, langue utilisée dans la péninsule Arabique au temps de Mahomet. Pour autant, des mots d'origine non arabe y figurent, de même qu'une arabisation de certains termes, désignant notamment des produits d'importation inconnus du monde arabe.

Le dogme du caractère inimitable du Coran, transcription écrite de la parole divine, aurait longtemps servi à s'opposer aux traductions. Ainsi, certains courants conservateurs de l'islam prétendent que le Coran ne peut exister qu'en arabe et qu'il ne peut pas et ne devrait pas être traduit. Cette affirmation a souvent été ressentie comme une volonté d'arabisation, plus que d'islamisation, dans les populations non arabophones. Quoi qu'il en soit, la traduction et la traductibilité du Coran demeurent des enjeux à la fois linguistiques et politiques (arabisation, etc.). L'islam accorde ainsi une importance décisive à la langue (en l'occurrence, l'arabe), comme on le voit par exemple dans la tradition soufie (bien qu'elle soit critiquée par certains courants sunnites, notamment par les salafistes).

Bien que la traduction du Coran pose problème, comme toute traduction, et soit même rejetée par certains courants conservateurs, « littéralistes », le Coran a très tôt été traduit, au moins partiellement. Ainsi, la première sourate, la Fatiha est traduite du vivant de Mahomet par Salman le Perse afin d'être récitée lors de la prière par les Perses[N 4], en accord avec un hadith qui affirme qu'une prière est invalide sans la récitation de cette sourate (à laquelle est ajouté Amin Amen en fin de récitation). Une traduction complète en persan est établie en 956[réf. nécessaire] , tandis que Ja`far ibn Abî Talib, frère d'`Alî, a traduit quelques versets parlant de Jésus et de Marie en langue guèze (éthiopien classique), lorsqu'il était ambassadeur au nom de Mahomet auprès du souverain chrétien d'Éthiopie, le Négus. Enfin, l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable le fait traduire en latin en 1141[36], lors d'un séjour à Tolède. Célèbre polémiste, Pierre le Vénérable rédigea ensuite des traités réfutant les doctrines israélites et musulmanes. Avec l'aide des travaux de Robertus Retenensis, cette traduction se termine en 1143.

Cette traduction latine sera utilisée durant tout le Moyen-Age dans l'élaboration d'ouvrages de controverse notamment par Thomas d'Aquin, Denys le Chartreux, Jean de Torquemada, Nicolas de Cuse. Elle est imprimée[37], en 1543, à Bâle par le philologue protestant Theodor Bibliander, pour répondre au développement de l'intérêt pour l'islam provoqué par la pression ottomane en Europe et le développement de l'humanisme renaissant. Cette traduction latine servira de base aux traductions italienne d'Arrivabene (1547), allemande de Schweigern (1623), et néerlandaise en 1641.

Outre ces premières traductions, on recense des traductions complètes ou non dans plus d'une centaine de langues, dont, par exemple, et pour citer les moins évidentes : le breton, l'esperanto, le volapuk...

Emprunts coraniques à des langues non-arabes

Une lecture anthropologique est nécessaire pour une meilleure compréhension du Coran, qui contient beaucoup d'emprunts de termes non arabes, en particulier de la langue syro-araméenne. Al-Zarkashî citant Ibn ‘Abbâs :

« L’opinion d’Ibn ‘Abbâs, de ‘Ikrima et d’autres encore est que l’on trouve dans le Coran du non-arabe. Entrent dans cette catégorie : al-tûr, “la montagne” en syriaque ; tafaqâ, “se diriger vers” en romain ; qist et qistâs, “la justice” en romain ; innâ hudnâ ilayka (Coran, VII : 156), “nous nous repentons” en hébreu ; sijill, “livre” en persan ; raqîm, “planche” en romain ; muhl, “résidu de l’huile” dans la langue du Maghreb ; sundus, “rideau transparent” en hindou ; istabraq, “gros” en persan, sans le q ; sarî, “petite rivière” en grec, etc. »

Le dinar et le dirham, deux mots de racine grecque se trouvent aussi dans le Coran. Sont aussi empruntés au lexique grec, la « sema » (signe ou marque d’où « sémantique »), ou « zukhruf, » le titre d’une sourate (de « zooghraphô », « je peins », littéralement « j'écris le vivant », sens dérivé « je décore », « j’enjolive »)[N 5].

Cette lecture de déconstruction qui substitue une lecture anthropologique a tendance à être de plus en plus oubliée.[réf. nécessaire]

Latin

  • Theodor Bibliander, Machumetis Saracenorum Principis, eiusque successorum vitae, ac doctrina, ipseqve Alcoran : quo uelut authentico legum diuinarum codice Agareni & Turcae, alijq[ue] Christo aduersantes populi regu[n]tur, quae ante annos CCCC ... D. Petrus Abbas Cluniacensis per uiros eruditos ... ex Arabica lingua in Latinam transferri curauit : his adiunctae sunt confutationes multorum, & quidem probatissimorum authorum, Arabum, Graecorum, & Latinorum, unà cum ... Philippi Melanchthonis praemonitione ... : adiunctae sunt etiam, Turcaru[m] ... res gestae maximè memorabiles, à DCCCC annis ad nostra usuq[ue] tempora : haec omnia in unum uolumen redacta sunt, 1543, I. Oporinus, Basileae.
  • 1698, Louis Marracci publie à Padoue une nouvelle traduction en latin du Coran, accompagnée du texte arabe original[38]. Cette traduction et les notes et commentaires qui l'accompagnent sera largement utilisée par George Sale dans sa traduction en anglais.

Italien

  • L'Alcorano di Macometto : nel qual si contiene la dottrina, la vita, i costumi, et le leggi sue / tradotto nuovamente dall' Arabo in lingua Italiana., 1547, Venise.

Allemand

  • Alcoranus Mahometicus : das ist, der Türcken Alcoran, Religion und Aberglauben : aus welchem zu vernehmen wann und woher ihr falscher Prophet Machomet seinen Ursprung oder Anfang genommen hat, mit was Gelegenheit derselb diss sein Fabelwerk, lächerliche und närrische Lehrgedicht und erfunden ... / erstlich aus der arabischen in die italienische, jetzt aber in die deutsche Sprache gebracht wurde, durch, 1616, S. Schweigger, Nuremberg.

Néerlandais

  • De Arabische Alkoran : door de Zarazijnsche en de Turcksche prophete Mahometh, in drie onderscheyden deelen begrepen: van der Turcken religie, ghelove, aelmoessen, vasten, ghebeden, bedevaert na Mecha, met t'samen sijn gods-diensten, ende ceremonien, wetten ende rechten / uyt de Arabische spraecke nu nieuwelijcks in Hooghduytsch ghetranslateert met t'samen een aenhanghende voorreden, door Salomon Swigger ... ende wederom uyt het Hooghduytsch in Nederlantsche spraecke ghestelt. 1641, anonyme, Hambourg.

Français

L'Alcoran de Mahomet - 1647

Il existe plus de 170 traductions du Coran en français. Peu de ces traductions ont été produites par des auteurs musulmans, même si ces traductions ont cherché à s'approcher de l'esprit et de la beauté du texte original, sans parvenir toutefois à en traduire la poésie et le rythme, même si la versification respecte mieux le texte original en arabe. Aucune de ces traductions ne peut toutefois reproduire l'ensemble du texte, et les musulmans conseillent d'en lire plusieurs (avec aussi leur préface soulignant les passages difficiles ou ambigus ou différences d'interprétation selon les écoles coraniques) et de les comparer pour comprendre la difficulté de la tâche de traduction (il en est de même pour ceux qui maîtrisent la langue arabe moderne et peuvent se tromper sur le sens à apporter au texte original écrit en arabe médiéval, mêlé d'emprunts à d’autres langues, et de termes mystérieux). La plupart adopte la numérotation traditionnelle des sourates, rares sont celles tentant d'en reproduire l’ordre chronologique de révélation (qui fait encore débat dans le monde musulman selon les écoles et parmi les chercheurs, linguistes et historiens). Certaines sont aujourd’hui dans le domaine public :

  • L’Alcoran de Mahomet, traduit d’arabe en français par le Sieur Du Ryer, Sieur de la Garde Malezair., 1647, 1649, 1672, 1683, 1719, 1734, 1770, 1775, André Du Ryer, consul de France à Alexandrie, Paris (la plus ancienne en moyen français, traduite directement depuis l'arabe, mais non découpée selon les versets, le même auteur en a ensuite produit une version très abrégée, et très orientée). La bibliothèque nationale de France en a numérisé une version[numerisation 1].
  • Le Coran, traduit de l'arabe, accompagné de notes et précédé d'un abrégé de la vie de Mahomet, tiré des écrivains orientaux les plus estimés, deux volumes, Claude-Étienne Savary, 17821783, 1787 : ancienne orthographe, Paris, Amsterdam ; rééditions posthumes en orthographe modernisée : 1821, Paris, Amsterdam ; 1826, Paris. Réédition : Mahomet, Le Coran, Traduction, précédée d'un abrégé de la Vie de Mahomet, et accompagné de notes, Paris, 1960, Garnier Frères. Cette version a été produite après qu'une traduction anglaise réputée ne commence à faire autorité, toutefois l’auteur (qui ne savait pas lire l'anglais mais était au courant de la bonne réputation de la traduction anglaise de 1834) avait lu les versions latines et la version de Du Ryer pour en dénoncer la très mauvaise qualité, est reparti du texte arabe en allant rencontrer les musulmans d’Égypte et consulter les docteurs « mahométans » de l’époque, selon les mêmes principes que ceux qui avaient conduit les anglophones à reconsidérer les traductions anglaises faites à partir de la traduction française de Du Ryer ou des anciennes traductions latines. Nombre d'erreurs sont corrigées, mais le texte reste orienté par la méfiance envers l'islam et par un antisémitisme persistant en Europe. Cette traduction pourtant jugée assez fidèle, sera complétée elle aussi d’une version abrégée par le même auteur, dénonçant les principes de l'islamisme en opposition avec les principes issus des Lumières, et par divers ouvrages relatifs aux mœurs et lois en usage dans les pays musulmans. La earlydutchbooksonline en a une version numérisée[numerisation 2].
  • Le Koran : traduction nouvelle faite sur le texte arabe, par Albert de Biberstein-Kazimirski, 1840, 1841, 1844, Paris ; dernières rééditions 1970, 1981 Garnier Flammarion, relié, 646 p. La Bayerische Staatsbibliothek en a fait numériser une version[numerisation 3]

Les traductions suivantes sont plus récentes et font référence à des textes qui ne sont pas encore dans le domaine public ; elles ne doivent pas être reproduites sans l’autorisation de leurs ayants droit ; elles sont citées avec le nom de leur traducteur, la date de parution et l’éditeur (ces traductions ne sont pas libres de droit et ne sont pas encore éligibles sur les projets Wikimedia, on trouvera ces ouvrage à partir des numéros ISBN permettant de les acquérir auprès de diverses librairies).

Anglais

Allemand

  • Der Koran / aus dem Arabischen ins Hebräische übersetzt und erläutert von Herrmann Reckendorf., 1857 H. Reckendorf, Leipzig.

Russe

  • La première traduction en russe faite directement sur le texte arabe est due à Sabloukov. Elle fut publiée à Kazan, 2 volumes : 1877, 1879. Rééditée en 1894, elle fut ensuite publiée avec le texte arabe en vis-à-vis en 1907 et 1912. Cette édition bilingue fut réimprimée en 1991, après la fin de l'ère soviétique.

La traduction de Sablukov avait été précédée d'autres, réalisées à partir de versions occidentales :

  • Celles de Postnikov (1716) et de Veryovkin (1790) avaient été faites sur la traduction française de Du Ryer,
  • Celle de Kolmakov (1792) sur une traduction anglaise.
  • Une dernière traduction publiée de manière anonyme en 1844 avait la version de Savary comme texte source.

Notons enfin, pour mémoire seulement, que le Général D. Bougouslavski réalisa en 1871 une première traduction du Coran à partir de l'arabe, qui ne fut jamais publiée.

Impressions en arabe

La bataille de Talas en 751 aurait permis aux Arabes de découvrir des inventions chinoises, tels que le papier et la soie. Pourtant, les autorités régnant en terre d'islam ont attendu trois siècles avant d’introduire l’imprimerie, y voyant sans doute un danger pour leur domination. Ainsi, les Ottomans promulguent un édit contre l’imprimerie en 1757. Pour autant, même après l'introduction de l’imprimerie en pays musulmans, l’impression du Coran aurait longtemps été considérée comme impie. Ainsi, la première version imprimée du Coran en arabe et en terre musulmane date de 1787.

  • Alcoranus Arabice 1537, Venise, P. & A. Paganini, 464 p.
  • Al-Coranus, s., Lex islamitica Muhammedis, filii Abdallae pseudoprophetae / ad optimorum codicum fidem edita ex." 1694, Hambourg, H. Hinckelmann,
  • Koran, 1790, Saint-Pétersbourg, 477 p.
  • Corani textus arabicus : ad fidem librorum manuscriptorum et impressorum et ad praecipuorum interpretum lectiones et auctoritatem / recensuit indicesque triginta sectionum et suratarum addidit Gustavus Fluegel. 1834, Leipzig, Gustave Leberecht Flügel.

Espéranto

  • La Nobla Korano, trad. Italo Chiussi. Teherano, 1977 (serie Serio Oriento-Okcidento, n-ro 10)
  • La traduko de la Sankta Kuraano, trad. Muztar Abbasi (2000)

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

littérature d'inspiration religieuse

littérature d'inspiration scientifique

Bibliographie

  • Michel Cuypers, Le Festin. Une lecture de la sourate al-Mâ’ida. Collection « Rhétorique Sémitique » no 3. Paris : Lethielleux. 2007. 453 pages.
  • Régis Blachère, Introduction au Coran, Maisonneuve et Larose, Paris
  • Régis Blachère, Le Coran, Que sais-je ? no 1245
  • Mohammed Arkoun, Lectures du Coran, Maisonneuve et Larose, 1982
  • Asmaa Godin, Les sciences du Coran, Al-Qalam, 1992[Godin 7].
  • Mohamed Talbi et Maurice Bucaille, Réflexions sur le Coran, Seghers, 1989.
  • Muhammad Hamidullah avec la collaboration de M. Léturmy, Le Saint Coran, 12e édition, 1986, Maison d'Ennour.
  • Bruno Bonnet-Eymard, Le Coran, traduction et commentaire systémique, éditions CRC, 1988-1990-1997, 3 tomes, préface de Georges de Nantes.
  • Maurice Bucaille, La Bible, le Coran et la science : Les écritures saintes examinées à la lumière des connaissances modernes, Pocket, Seghers, 1976, coll. « Agora », 1998, 315 p. (ISBN 978-2-266-13103-2) 
  • Youssef Seddik, Nous n'avons jamais lu le Coran, La Tour d'Aigues, éd. de l'Aube, 2004 (ISBN 2752600267) [présentation en ligne] 
  • Youssef Seddik, Le Coran, Autre lecture, autre traduction, La Tour d'Aigues, éd. Barzakh/éd. de l'Aube, 2006 (ISBN 2752602111) [présentation en ligne] 
  • Les grands thèmes du Coran, Classement thématique établi par Jean-Luc Monneret, préface du Docteur Dalil Boubaker, Éditions Dervy (ISBN 978-2-84454-241-0), juin 2003.
  • Jacques Jomier, Les Grands Thèmes Du Coran, Ed. Le Centurion, parution 01/1978
  • Jacques Jomier, Dieu et l'homme dans le Coran, L'aspect religieux de la nature humaine joint à l'obéissance au Prophète de l'islam, paru en février 1996, 248 pages, Collection « Patrimoines - Islam », Ed. du Cerf;
  • Alfred-Louis de Prémare, Les fondations de l'islam, Entre écriture et histoire , L'univers historique, Seuil, 2002.
  • Alfred-Louis de Prémare, Aux origines du Coran, questions d’hier, approches d’aujourd’hui , Paris, Téraèdre, (« L’Islam en débats »), 2004, 144 p. Bibliogr. ISBN 2-912868-19-X.
  • Alfred-Louis de Prémare, L'histoire du Coran comme document écrit, Le Coran et la Bible, 1998, no 115;
  • Jacqueline Chabbi, Le Coran décrypté : Figures bibliques en Arabie, Fayard, 2008;
  • Olivier Carré, Mystique et politique : le Coran des islamistes, Commentaire coranique de Sayyid Qutb (1906-1966), paru en avril 2004, Collection « Patrimoines - Islam », Éditions le Cerf;
  • Edouard-Marie Gallez, Le Messie et son prophète, Aux origines de l’Islam 2 tomes, Tome 1. De Qumran à Muhammad, Tome 2. Du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire, Versailles, Éditions de Paris (un résumé sur le lien suivant : http://www.ict-toulouse.asso.fr/ble/site/659.html) cette publication a constitué la thèse de doctorat en théologie / histoire des religions qu’Edouard-Marie Gallez a soutenue à l’Université de Strasbourg II en 2004.
  • Ed.Berg, Une lecture juive du Coran de Hai Bar-Zeev, Parution : 02/09/2005, (ISBN 2911289811) résumé de l'ouvrage
  • Claude Gilliot, Un verset manquant du Coran, En hommage au Père Jomier, o.p. Études réunies et coordonnées par Marie-Thérèse Urvoy, paru en juin 2002, Collection « Patrimoines - Islam », Ed.du Cerf;
  • Mondher Sfar, Le Coran, la Bible et l'Orient ancien, 1998, Paris, Éditions Sfar, 2e édition, 447 p critiques de l'ouvrage et [6]
  • Mondher Sfar, Le Coran est-il authentique?, Ed.Sfar, Diffusion Ed. du Cerf, 158 p., 2000
  • Theodor Nöldeke, Geschichte des Qorans (Histoire du Coran), 1860 [7]

Notes

  1. ou langue arabe « pure » (lisân `arabî mubîn) ; sourates 16, 103 et 26, 195
  2. cependant l'écriture arabe se serait développée dès le début du VIIe siècle dans le nord de l'Arabie et des textes à caractère religieux circulaient déjà en Syrie puis au Hedjaz ; cf. Geneviève Gobillot, Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, 2007, « Arabe, langue et peuple », p. 70,71 
  3. Josué 10,11
  4. An-Nawawi, Al-Majmu', (Cairo, Matbacat at-'Tadamun n.d.), 380.
  5. voir l'ensemble des recherche de Youssef Seddik sur le lexique du Coran

références

  1. Le Coran (Relié) (ISBN 978-2843082870) « un livre datant du VIIe siècle, et qui contient 114 chapitres et 6236 versets »
  2. Amin Ahsan Islahi, Tadabbur-i Qur’an, Lahore: Faran Foundation, 1986
  3. Michel Cuypers, La composition rhétorique des sourates 81 à 84 Annales islamologiques 37, 2003
  4. (fr) Deux feuillets du Coran bleu (musée sans frontières)
  5. Coran 15;9, la traduction ajoute le commentaire suivant « Contrairement aux autres livres révélés confiés aux hommes (voir S. 55, v. 44) et qui ont subi toutes sortes de modifications, la conservation à travers les siècles de l’intégrité du Coran, est un miracle. »
  6. a et b Histoire de la formation du Coran, Ralph Stehly, professeur d'histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg [1]
  7. En ce qui concerne le dernier verset révélé, d’autres commentateurs citent le verset de la sourate Al Baqara : {Et craignez le jour où vous serez ramenés vers Allah. Alors chaque âme sera pleinement rétribuée de ce qu’elle aura acquis. Et ils ne seront point lésés.}17. D'après Suyuti, le Prophète décéda neuf jours après la révélation de ce verset. Cette opinion est basée sur un Hadith rapporté par Ibn Abi Hâtim.
  8. a et b Muhammad Hamidullah, "Le Prophète de l'Islam", éd.El-Najah, 1998, p.641
  9. Muhammad Hamidullah, "Le Prophète de l'Islam", éd.El-Najah, 1998, p.638
  10. Le Saint Coran, Pr. Muhammed Hamidullah, Maison d’édition d’Ennour, 12e édition, 1986.
  11. Arabe 328a, par Dutton (2001), p.74-84, BnF, Paris.
  12. L’image présentée contient d’ailleurs un passage de la sourate n°4 des versets 25 à 40 qui bien qu’il ne contient pas de signes diacritiques ou de voyelles suppose une lecture exactement conforme au coran standard actuel.
  13. Le Saint Coran, Muhammed Hamidullah, Maison d’édition d’Ennour, 12e édition, 1986.
  14. B. Dodge (Editor and Translator), The Fihrist Of Al-Nadim: The Tenth Century Survey of Muslim Culture, Volume I, Columbia University Press, New York & London, 1970, pp. 87–88.
  15. Interview de Silvia Naef par Sarah Sholl, L'écriture du Coran a été un long cheminement, article paru dans Le Courrier, 10 août 2002 : [2]
  16. Introduction à l'étude coranique par le Centre d'Etudes et de Recherches sur l'Islam (CERSI) [3]
  17. Alan Jones, Islamic Culture, 1998, Volume LXXII, No. 4, p. 95-103.
  18. A. Grohmann, Zum Papyrusprotokoll In Früharabischer Zeit, Jahrbuch Der Österreichischen Byzantinischen Gesellschaft, 1960, Volume IX, p. 2-5 and Figure 1. The Plate is also reproduced in A. Grohmann, I Arabische Chronologie. II Arabische Papyruskunde, 1966, Handbuch Der Orientalistik, E. J. Brill: Leiden/Köln, Plate III:1.
  19. Dictionnaire du Coran, de Mohammad Ali Amir-Moezzi, éd. Robert Laffont (2007) ISBN 978-2-221-09956-8. pages 735-739.
  20. (fr) Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran, éd. Le Cavalier Bleu, 2007, p. 37 Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran, Le Cavalier Bleu, 2007, coll. « Idées reçues », 126 p. (ISBN 2846701717 et 9782846701716), p. 37 
  21. Le dilemme de l’approche littéraire du Coran, Nasr Hâmid Abû Zayd., [4]
  22. Coran 12:3 »
  23. Mohammed Abed al-Jabri, Introduction au Coran. P.263-264, Les éditions maghrébines, 2010 »
  24. Coran 18:22 »
  25. Une lecture juive du Coran, ISBN 2-911289-81-1,page 161
  26. Maxime Rodinson, Mahomet, Essais Seuil, 1994, p.119
  27. Theodor Nöldeke, "Remarques critiques sur le style et la syntaxe du Coran", extrait de Beitrage zur semitischen Sprachwissenschaft, trad. par G.H. Bousquet, Paris, 1953.
  28. Jacques Berque, Le Coran: Essai de Traduction, Albin Michel, 1995, pp.739-741
  29. a, b et c Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger (ISBN 2253131113)
  30. Coran, ouvre-toi in Le Monde, 1er décembre 2001, page 15.
  31. Jacques Berque, Relire le Coran, Albin Michel, 1993.
  32. Olivier Leaman, The Qu'ran : an encyclopedia, Taylor&Francis, 2006
  33. Mohamed Talbi, "Ma religion c'est la liberté", éd. Nirvana, 2011, p.69
  34. Mohamed al-Gharalî, "Comprendre le Coran aujourd'hui", éd. Universel, 2006, p.120-121
  35. Mohamed Talbi, "Afin que mon cœur se rassure", éd.Nirvana, 2010, p.321
  36. (fr) Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran, éd. Le Cavalier Bleu, 2007, p. 38
  37. Les caractères mobiles ont été inventés par Gutenberg en 1450.
  38. Maurice Borrmans, Ludovico Marracci et sa traduction latine du Coran, Islamochristiana, 2002, n°28, pp. 73-86
  • Asmaa Godin, Les sciences du Coran, Al Qalam, 1992, 1999 
  1. p.51
  2. p.51
  3. p.119
  4. p.78
  5. p.49
  6. p187
  7. Bibliographie
  1. chapitre 18 al-eman.com
  2. chapitre 16, mais aussi chapitres 2 à 8. al-eman.com
  3. chapitre 20 al-eman.com

Versions numérisées

  1. Mahomet, traduit par Du Ryer, André (trad. Du Ryer, André (15..-1688?).), L'Alcoran de Mahomet , translaté d'arabe en français par le sieur Du Ryer,..., A. de Sommaville (Paris), 1647 [lire en ligne] [présentation en ligne] 
  2. Mahomet (trad. M. Savary.), Le Coran accompagné de notes et précédée d'un abrégé de la vie de Mahomet, Amsterdam : chez les libraires associés, 1786. [lire en ligne] [présentation en ligne] 
  3. Mahomet (trad. M. Kasimirski), Le Koran, traduction nouvelle, faite sur le text arabe, : Nouvelle édition avec notes, commentaires et préface du traducteur, Paris, Charpentier, 1841, 2 Bl. XII, 526 S. (OCLC 162477884) [lire en ligne] [présentation en ligne] 


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