Republique Populaire de Chine

République populaire de Chine

Pour la Chine en général et sa civilisation, voir Chine
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir RPC et Chine (homonymie).
中华人民共和国
中華人民共和國
Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó
(zh)
République populaire de Chine (fr)
Drapeau de la Chine emblème de la République Populaire de Chine
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Compter sur ses propres forces
carte
Langue officielle mandarin[1]
Capitale Pékin
39° 55' N, 116° 23' E
Ville la plus peuplée Shanghai
Forme de l’État
 - Président
 - Premier ministre
République populaire (depuis 1949)
Hu Jintao
Wen Jiabao
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 3e
9 641 144 km²
2,8%
Population
 - Totale (2008)
 - Densité
Classé 1e
1 360 445 010 hab.
141 hab./km²
Indépendance
 - Guerre civile chinoise
Antiquité [2]
Déclarée le 1er octobre 1949


Gentilé Chinois(e)
PIB (PPA) (2008) $7 916 milliards[3] ( 2e)
PIB (nominal) (2008) $4 401 milliards[4] ( 3e)
IDH (2008) Augmentation 0,781 (moyen) ( 81e)
Monnaie yuan Renminbi (CNY)
Fuseau horaire UTC +8
Hymne national La Marche des Volontaires
Domaine internet .cn
Indicatif
téléphonique
+86


La République populaire de Chine (RPC ; en sinogrammes simplifiés 中华人民共和国 ; en sinogrammes traditionnels 中華人民共和國 ; en pinyin Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó), couramment appelée Chine[5], est un pays d'Asie de l'Est. Avec plus de 1,3 milliards d'habitants, soit environ un cinquième de la population mondiale, c'est le pays le plus peuplé du monde[6]. Depuis 1979, afin d'éviter une surpopulation, un contrôle strict des naissances est appliqué sur les Chinois Han. Avec 9 641 144 km2 de superficie[7], la Chine est également le plus grand pays d'Asie orientale et le troisième plus grand pays au monde, après la Russie et le Canada.

La République Populaire de Chine est proclamée le 1er octobre 1949, suite à la victoire militaire du Parti communiste chinois sur le Guomindang. Cependant, la Chine est l'une des plus anciennes civilisations existant encore de nos jours, étant présente il y a déjà plus de 4000 ans. Elle est aujourd'hui une République socialiste dirigée par un parti unique et exerce un contrôle sur vingt-deux provinces, cinq régions autonomes, quatre municipalités et deux régions administratives spéciales (Hong Kong et Macau).

La Chine est un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que membre de l'Organisation de coopération de Shanghai. Actuellement, l'« empire du Milieu »[8] est classé deuxième puissance économique mondiale selon le calcul du produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat et troisième selon le critère monétaire traditionnel[9],[10]. Officiellement pays communiste, la République populaire de Chine a adopté une économie socialiste de marchélibéralisme économique et contrôle politique autoritaire se côtoient en une formule spécifique.

Sommaire

Origines de la République populaire de Chine

Articles connexes : Chine et Histoire de la Chine.

En 1949, les dictateurs communistes achèvent de prendre le contrôle de la Chine continentale (île de Hainan incluse), mettant fin à une longue période de guerre civile et de morcellement politique. Le 1er octobre, Mao Zedong déclare la fondation de la République populaire de Chine sur la place Tian'anmen, à Pékin. Les partisans du Guomindang se replient dans l'île de Taïwan, et quelques îles du Fujian.

Le nouveau pouvoir veut mettre en place un nouvel ordre économique et social à la fois inspiré de l'exemple soviétique et adapté aux réalités chinoises. Dans un premier temps, cherchant d'abord à reconstruire un pays ravagé, il se contente de réformes relativement modérées, inspirées de celles déjà mises en place dans ses anciens bastions du temps de la guerre civile. Le rythme des réformes s'accélère pourtant rapidement, et de nombreuses personnes, soupçonnées de ne pas collaborer avec le régime, sont exécutées[11].

En 1950, la Chine envahit le Tibet[12].

En 1957, prenant acte des insuffisances du régime, Mao lance la campagne des Cent Fleurs : il invite la population à un débat critique. Les critiques formulées par les intellectuels sont parfois très violentes et inquiètent le parti. Celui-ci réplique par une « campagne antidroitière » et lance en 1958 le Grand Bond en avant, vaste mobilisation pour la modernisation économique qui se solde par une famine. À partir de ce moment, Mao, très contesté par certains des responsables les plus éminents du parti, perd de son autorité. De nouvelles politiques économiques sont mises en place.

En 1966, Mao lança la Révolution culturelle, qui lui permit de revenir au pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays contre les élites du parti en poste alors. Une période de chaos s'ensuivit[13]. La situation est progressivement reprise en main par Zhou Enlai. Peu après la mort de Mao, Deng Xiaoping, considéré comme le leader des réformistes, parvint à se hisser au pouvoir. Suite à quoi, la veuve de Mao, Jiang Qing, et ses associés, la Bande des Quatre, furent arrêtés et jugés. Depuis, le gouvernement a considérablement réduit le contrôle gouvernemental de la vie privée des individus et opéré une transition de l'économie de type planifié à une économie mixte.

Le leitmotiv des partisans de la réforme économique est l'ouverture progressive du marché chinois, pour parvenir à la constitution d'une classe moyenne urbaine (15 % de la population actuelle) et à l'amélioration du niveau de vie[réf. nécessaire] (qui s'est vérifié par une augmentation spectaculaire du revenu annuel, du niveau de consommation, de l'espérance de vie, de l'alphabétisation).

Les critiques adressées à ces réformes économiques, émanant généralement des paysans les plus pauvres, des observateurs étrangers et des dissidents politiques, notent que ces réformes ont créé de grandes disparités au sein du pays, une importante pollution, une corruption rampante, un chômage croissant et une mauvaise gestion des entreprises d'État. Cette situation est potentiellement menaçante pour la stabilité du régime. Certains acteurs de la vie politique chinoise, journalistes et magistrats, critiquent également le manque de réformes politiques vers plus de démocratie[14].

Le pays adopte progressivement une économie de marché et s'insère de plus en plus dans le système économique libéral mondial. En 2001, il adhère à l'Organisation mondiale du commerce. Toutefois, le Parti communiste chinois en conserve le contrôle politique exclusif et maintient sa politique répressive vis-à-vis de groupes menaçant son hégémonie. Ces opposants sont majoritairement des personnes issues de certaines minorités (notamment du Tibet et du Xinjiang), certains Hans issus de la classe urbaine[réf. nécessaire] ou des dissidents vivant à l'étranger. La question des droits de l'homme reste un des sujets les plus sensibles concernant la République populaire de Chine dans l'opinion occidentale.

Stigmatisant les violations des droits de l'homme, les événements de la place Tian'anmen, le 4 juin 1989, ont entraîné un embargo sur les ventes d'armes à la Chine. L'Union européenne souhaitait en 2005 lever cet embargo [15].

Géographie

Frontières de la République populaire de Chine

La République populaire de Chine connaît plusieurs problèmes quant à la délimitation de ses frontières. Le plus important concerne l'île de Taïwan[réf. nécessaire] que les Taïwanais qualifient de République de Chine, se désignant comme Chinois indépendamment de leurs divergences politiques. Bien qu'aucune modification n'ait été faite dans la constitution, la République de Chine ne revendique plus la souveraineté sur le continent dans les faits et reconnaît implicitement la République populaire de Chine[16]. L'île de Taïwan est un territoire indépendant de facto non reconnu par la communauté internationale (Organisation des Nations unies entre autres) sur lequel la République populaire de Chine revendique la souveraineté. La République populaire de Chine a proposé à la République de Chine une réunification sous le principe « un pays, deux systèmes », idée émise au départ par Deng Xiaoping en 1979[17], et mise en forme en 1981 par la déclaration en neuf points de Ye Jiangying[18]. Cette proposition a toujours été rejetée par les gouvernements successifs de la République de Chine[19],[20],[21].

Le contrôle de la mer de Chine méridionale est également un sujet conflictuel entre États riverains (République populaire de Chine, Malaisie, Viêt Nam, Indonésie). La contestation porte sur une série d'îlots stratégiques, dont les îles Spratley et Paracel. Le terme « Chine continentale » fait référence à la République populaire de Chine sans Taïwan, Hong Kong et Macao. Ces deux derniers territoires sont des régions administratives spéciales (régies selon le principe « un pays, deux systèmes »). Voir aussi l'article Zone économique spéciale.

Environnement et réchauffement climatique

La Chine a ratifié le protocole de Kyōto en 2002[22].

La Chine connaît des problèmes environnementaux majeurs. La forêt y avait déjà fortement régressé il y a huit mille ans, ce qui a engendré des problèmes de désertification, d'érosion et dégradation des sols, ainsi que d’inondations, qui ont empiré avec l’industrialisation et la croissance démographique notamment sur le littoral et dans le bassin de la rivière des Perles. Le pays possède à peu près la même quantité d'eau que les États-Unis, mais sa population y est cinq fois supérieure. La manque d'eau se fait particulièrement sentir dans le Nord, très aride, où vit près de la moitié de la population de la Chine et où la demande en eau excède de loin l'approvisionnement naturel. Le réchauffement de la planète accélère la retraite des glaciers qui alimentent les principaux cours d'eau chinois, tout en hâtant l'avancée des déserts, qui absorbent actuellement plus de 300 000 ha de prairies chaque année. Toutefois, rien n'a davantage précipité la crise de l'eau que trois décennies de croissance industrielle débridée. Dans sa course pour devenir la prochaine superpuissance mondiale, la Chine ne se contente pas de pomper sans limite ses rivières et ses nappes phréatiques ; elle pollue aussi ce qu'il reste d'eau de manière si irréversible que la Banque mondiale a sonné l'alarme en évoquant des " conséquences dramatiques pour les générations futures ". L'utilisation massive de pétrole et surtout de charbon est source d'une pollution importante. L’explosion de la croissance économique s’est traduite par de nouvelles pressions sur les ressources non renouvelables. De nombreuses villes sont en permanence couverte d’un nuage de pollution. La Chine est un des dix-sept pays mégadivers, c'est-à-dire identifiés par le Centre de surveillance de la conservation de la nature du programme des Nations unies pour l'environnement comme l'un des plus riches de la planète en termes de biodiversité. Toutefois c'est aussi un des quatre pays pour lesquels un nombre important d'espèces de mammifères sont menacés de disparition du fait de la destruction de leur habitat. Le cas le plus emblématique est probablement le panda géant, qui a été choisi comme symbole par le World Wide Fund for Nature.

La Chine a d’abord refusé le protocole de Kyōto mais en 2007, Wen Jiabao a annoncé vouloir en 2010 atteindre les objectifs du onzième plan quinquennal : réduire de 20 % la consommation d'énergie par unité de produit intérieur brut et de 10 % l'émission de principaux polluants. Des programmes de reboisement, de protection de la nature, la suppression des ampoules à filament, le développement des toilettes sèches, la multiplication des panneaux solaires sur le plateau tibétain, un parc éolien important et un projet de ville « haute qualité environnementale » témoignent des efforts faits. La flotte de pêche chinoise prend par contre une part croissante en matière de surpêche.

Pourtant, malgré le discours officiel, la Chine a ravi en 2007 aux États-Unis le titre de premier producteur de gaz à effet de serre[23]. Dans vingt-cinq ans, la Chine pourrait en produire à elle seule deux fois plus que la totalité des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques réunis. Ce qui n'est pas si surprenant puisqu'elle a construit en 2006 cinq centrales à charbon par semaine[24].

C'est avec la surpopulation le grand défi de la Chine moderne.

Démographie

Article détaillé : Démographie de la Chine.

En janvier 2005, la Chine a atteint un milliard trois cent millions d'habitants, ce qui en fait l'État le plus peuplé de la planète devant l'Inde qui n'a pas de politique de contrôle des naissances (environ un milliard d'habitants)[25]. On estime que cent trente millions de Chinois vivent avec moins d'un euro par jour[26].

Politique de l'enfant unique

D'après les estimations officielles, environ quatre cent millions de naissances ont été évitées grâce à la politique de contrôle des naissances[27]. Jusqu'au début des années 1970, la Chine connaissait une très forte croissance démographique. Afin de limiter la croissance de sa population, elle a adopté une règlementation limitant la taille des familles urbaines (à l'exception des membres des cinquante-cinq ethnies minoritaires) à un enfant, à deux enfants pour les familles rurales ayant eu une fille comme premier enfant. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 pour mille en 1990 à 12,4 pour mille en 2003. L'accroissement démographique est quant à lui de 0,6 % en 2003 contre 1,44 % en 1990[28].

Le 28 mars 2006, Zhang Weiqing, responsable de la Commission d'État pour la population et le planning familial, a indiqué dans une interview accordée au site internet du gouvernement chinois que la politique du planning familial avait aidé la Chine à éviter la naissance de quatre cents millions de bébés au cours des trois dernières décennies. Il a fait remarquer que la Chine avait mis environ trente ans pour réaliser l'objectif du contrôle de la population, alors que cela en avait pris cent dans les pays développés. « L'objectif d'assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n'aurait pas pu être réalisé si nous avions quatre cents millions de personnes supplémentaires », a souligné Zhang Weiqing. La Chine faisant actuellement face à un nouveau pic de ses naissances, la politique de l'enfant unique ne sera pas changée dans un futur proche.

Cette politique n'est pourtant pas toujours appliquée rigoureusement, en particulier dans les campagnes reculées où le contrôle administratif est moins présent. Certaines familles privilégiées préfèrent aussi payer les amendes dont le montant n'a pas été réactualisé récemment. La violation de cette politique par des personnes aisées, des célébrités et des membres du parti communiste chinois est cependant de plus en plus fréquemment réprimée[29].

La Chine compte 320 millions d'enfants de moins de quatorze ans.

Déséquilibre entre les sexes

Le ratio des naissances est de 123 garçons pour 100 filles, en 2005[30].

C'est en grande partie une conséquence de la limitation des naissances. Les garçons étant considérés comme plus avantageux économiquement dans les zones rurales, le recours à l'avortement sélectif, en théorie interdit, et aux abandons, ainsi que la reprise de la pratique traditionnelle d'infanticide des filles, ont engendré un surplus de garçons. Il existe de nombreux orphelinats pour les enfants abandonnés, mais seuls 2 % d'entre eux ne trouvent pas de parents adoptifs, et restent à l'orphelinat jusqu'à l'âge adulte[réf. nécessaire]. La République populaire de Chine a institué un programme permettant les adoptions internationales, mais celui-ci n'a qu'une faible incidence sur le nombre d'adoptions actuellement. De plus, il a été fortement limité en décembre 2006.[réf. nécessaire] En 2000, la politique de contrôle des naissances a eu pour conséquence observable un ratio de 116 garçons nés pour 100 filles, largement au-dessus de la moyenne naturelle (106 pour 100). Bien que culturellement explicable par le sexisme, les origines de ce ratio ont récemment été partiellement corrélées avec les conséquences de l'hépatite.[réf. nécessaire]

Ce déséquilibre entre les sexes a pour conséquence la mise en place de trafic humain dans le cadre de la prostitution en Chine. Dans la province du Yunnan des dizaines de femmes ont pu être libérées avant d'être vendues à des réseaux mafieux de la prostitution. Elles étaient destinées à alimenter les lieux de prostitution comme esclaves sexuelles dans les centres urbains de l'Asie du sud-est. D'autres femmes devaient rejoindre Taïwan afin de s'y marier [31][32].

Le chef adjoint des services d'enquêtes sur les crimes indique qu'entre 30 000 et 60 000 enfants disparaissent chaque année en Chine sans pouvoir indiquer toutefois le pourcentage attribué au trafic humain. En août 2009, le ministère chinois de la Sécurité publique a mis en place un programme pilote destiné à informer les populations migrantes de ce trafic[33].

Le gouvernement de la République populaire de Chine tente de réduire le problème à travers des campagnes de sensibilisation via le planning familial, mettant en valeur le rôle des filles, mais également en interdisant le diagnostic de sexe prénatal.

Cinquante-six nationalités

Article détaillé : Ethnies de Chine.

La République populaire de Chine est un État multiethnique composé de cinquante-six nationalités dont l'ensemble forme la « Nation chinoise » (中华民族 zhonghua minzu). L'égalité en devoirs et en droits de toutes ces nationalités est inscrite dans l'article quatre de la Constitution : « toutes les nationalités dans la République populaire de Chine sont égales. L'État protège les droits légitimes et les intérêts des nations minoritaires, il garantit et développe l'égalité, l'unité et l'assistance mutuelle entre toutes les nationalités de la Chine. La discrimination et l'oppression des nationalités sont interdites. Tout acte qui menace l'unité des nationalités ou qui promeut la division est interdit[34]. »

Les Hans

Les Hans, largement majoritaires, représentent 92 % de la population. Cette ethnie est relativement hétérogène, et peut être également appréhendée comme un vaste ensemble de coutumes partageant des caractéristiques culturelles et linguistiques proches (en particulier la grammaire).

Les cinquante-cinq autres nationalités

La République populaire de Chine reconnaît l'existence de cinquante-cinq nationalités en plus des Hans au sein de la nation chinoise. Elles sont constituées de citoyens chinois ayant une langue maternelle ou une culture non-han[35].

D'après l’article quatre de la constitution de la République populaire de Chine, « les personnes de toutes les nationalités sont libres d'utiliser et de développer leur propre langue parlée et écrite ainsi que de préserver ou réformer leurs propres us et coutumes. ».

L’article 23 de la loi sur l'autonomie des régions ethniques stipule que « lors du recrutement des cadres ou des ouvriers dans les entreprises ou dans les établissements d'une région autonome, les personnes des minorités nationales sont choisies en priorité. Le personnel peut même être recruté parmi les minorités nationales de la campagne ou des régions de pâturages, mais l'autorisation du gouvernement populaire de la province ou de la région est nécessaire. »

En outre, la loi sur le contrôle des naissances autorise certaines nationalités, notamment au Tibet et dans les régions peu peuplées de l'Ouest, à avoir plus d'un enfant par couple, contrairement aux Hans qui n'ont droit qu'à un seul enfant[36].

Cependant, certaines minorités se plaignent des différences qu'elles ressentent entre ce que prévoit la loi et son application sur le terrain.

Le cas le plus médiatisé est celui du Tibet. Les Tibétains en exil et des Occidentaux y dénoncent un génocide et des des mesures discriminatoires, notamment des atteintes à la liberté de religion, une marginalisation culturelle entraînant une marginalisation économique, ou la loi autoritaire sur le contrôle des naissances malgré les aménagements spécifiques[37],[38].

Bien que moins médiatisé, un sentiment équivalent existe chez les Ouïghours musulmans du Xinjiang, qui se considèrent victimes d'une domination han[39], et tolèrent mal la loi sur le contrôle des naissances malgré les aménagements spécifiques et la procédure d'avortement en cas d'infraction à la loi, des atteintes à la liberté religieuse et culturelle, et la politique de peuplement vers l'Ouest qu'ils considèrent comme une colonisation han[40].

D'après le gouvernement de la République populaire de Chine, ce type d'affirmations est le fait de mouvements qu'il qualifie de « séparatistes ». Il dénonce le gouvernement tibétain en exil dirigé par le quatorzième dalaï-lama[41]. Il s'oppose aussi au mouvement d'indépendance du Turkestan oriental et le mouvement islamique du Turkestan oriental est accusé d'avoir fait usage de moyens terroristes et violents[42]. L'État les accuse de fournir les Chinois qui s'entraînaient dans les camps d'Al-Qaida en Afghanistan entre autres en vue de participer à un jihad[43], démenti par ce mouvement[44].

Les cinquante-cinq groupes non-hans totalisent, en 2008, plus de 100 millions de citoyens, l'équivalent de la population du Mexique.

Une économie socialiste de marché

Libéralisation de l'économie

La société civile chinoise évolue à grande vitesse et adopte des mœurs nouvelles, compte tenu de la modernisation du pays.

Le Parti communiste chinois définit l'économie de la Chine comme une « économie socialiste de marché », une « forme de socialisme aux caractéristiques chinoises ». De 1978 à 1989, le gouvernement chinois a réformé en profondeur l'économie du pays, la faisant passer d'une économie planifiée de type soviétique à un « socialisme de marché », conservant la structure rigide de contrôle par le Parti communiste chinois, ce qui l'a fait appeler « l'atelier du monde ».

Dans ce but, la collectivisation de l'agriculture a laissé place à un système de responsabilisation individuelle des terres. Les cadres locaux ont acquis plus de marge de manœuvre, des gérants ont été introduits dans les secteurs industriels, permettant l'essor de nombreuses petites entreprises, alors nommées getihu (个体户). Cette politique a permis d'attirer de nombreux commerçants et investisseurs étrangers. Le contrôle des prix a été relâché, à l'exception notable de produits de première nécessité pour les paysans.

En 1992, l'appellation officielle du système devient « économie de marché socialiste » et le changement d'adjectifs marque le début du changement de nature de classe de l'État. Le secteur public commence à se noyer dans l'océan de l'économie marchande et passe de 73 % de la production industrielle en 1988 à 35 % en 1992. Cela a permis le passage d'une économie planifiée à une économie mixte et la redécouverte des fondements du libéralisme économique, tout en sauvegardant le communisme officiel du régime.

Dans ce nouveau système économique, les entreprises publiques ou danwei ont du mal à trouver leur place et rencontrent de plus en plus de difficultés. Leurs pertes ont atteint le chiffre record de 102,6 milliards de yuans (12,75 milliards de dollars américains) en 2005, soit une augmentation de 56,7 % en base annuelle, selon les chiffres du Bureau d'État des statistiques (BES). Sur les deux premiers mois de 2006, les pertes des entreprises publiques ou contrôlées par l'État atteignent déjà 26,2 milliards de yuans, soit 3,25 milliards de dollars américain. L'augmentation des coûts de production, un système de fixation des prix inefficace, la surcapacité et d'importantes lacunes d'ordre technologique sont les principales causes de cette situation, selon Jiang Yuan, statisticien au Bureau d'État des statistiques.

Le gouvernement a résolument mis entre parenthèses l'égalité des classes durant cette période, menée par le mot d'ordre de Deng Xiaoping : « Enrichissez-vous ! » L'enrichissement personnel (individualisme) et la consommation (soutenue par des politiques néo-keynésiennes dès 1997) sont devenus de nouveaux moteurs économiques, accompagnés par une professionnalisation progressive des techniques de gestion, destinées à améliorer la productivité (division du travail). Le gouvernement a également œuvré pour attirer des capitaux étrangers, sources cruciales de développement économique : les zones économiques spéciales (ZES), exemptes de taxes, ont été créées à cet effet, étendues peu à peu à tout le littoral. Grâce à l'introduction du libre-échange, on observe qu'un quadruplement du produit intérieur brut (PIB) s'est produit depuis 1978.

Les incitations par taxes préférentielles sont également à l'origine d'incitations fiscales à produire en Chine, que ce soit pour l'export ou pour le marché intérieur d'un milliard trois cent millions d'individus. La République populaire de Chine tente d'harmoniser le système de taxes et règlements pratiqués sur les entreprises, aussi bien chinoises qu'étrangères. Ainsi, les taxes préférentielles dont bénéficient les exportateurs dans les zones économiques spéciales et les villes côtières sont l'objet d'une révision. Les exportations chinoises vers les États-Unis représentaient 125 milliards de dollars américains en 2002, tandis que les importations américaines atteignaient 19 milliards. Ce déséquilibre est attribué de façon récurrente par les États-Unis à un taux de change jugé défavorable entre le yuan et le dollar américain. En revanche, pour la Chine, une réévaluation du yuan telle que la souhaitent les États-Unis créerait une inflation très importante, elle-même génératrice de tensions sociales internes. Le 21 juillet 2005, la Banque populaire de Chine a annoncé qu'elle mettait en œuvre un système de fluctuation du yuan dans les limites de 0,3 % par jour par rapport au dollar américain, contre 3 % maximum par rapport à un panier de devises étrangères, dont le yen et l'euro (voir Régime de change chinois).

Rattraper le retard économique

On estime que la Chine a été la première puissance économique mondiale durant la majeure partie des vingt derniers siècles[45],[46],[47],[48]. Jusqu'au XVIIIe siècle et la révolution industrielle, c'est également en Chine que l'on trouvait le niveau de vie le plus élevé de la planète[49]. C'est sous la dynastie Qing que le développement économique de la Chine commença à ralentir, alors que les pays occidentaux passaient lentement d'une société à dominante agraire à une société industrielle. En 1820, la Chine comptait pour 33% du PIB mondial, contre 9% un siècle plus tard et 6% aujourd'hui[50]. Cependant, la Chine est peu à peu en train de ratrapper son retard économique.

En 2007, la Chine accède au rang de 3ème puissance économique mondiale[51] derrière les États-Unis et le Japon. Elle pèse en 2007, 6,04% du PIB mondial soit 3 280 milliards $ (World Bank, gross domestic product 2007). Ce développement effréné des activités économiques est dû aux investissements et aux exportations mais peu à la consommation intérieure[52]. Le développement économique actuel de la Chine est l'un des plus rapides du monde, puisque l'on y enregistre une croissance dont la moyenne, depuis dix ans, se situe entre sept et huit pour cent par an, frôlant parfois les dix pour cent, d'après les statistiques chinoises.

La République populaire de Chine est depuis 2001 membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)[53].

La croissance de la Chine est essentiellement tirée par les exportations. Leur montant a plus que doublé en quatre ans, pour atteindre 593 milliards en 2004. L’essentiel de ce commerce se fait avec la zone régionale (Japon, Corée du Sud) mais il est à noter une forte augmentation des échanges avec les États-Unis et l'Europe. Au cours de l'année 2004, les exportations et les importations chinoises ont augmenté de 36 %. La balance commerciale dégage un excédent de trente-deux milliards de dollars américains. Les points forts des exportations chinoises sont les tracteurs, les montres et les jouets (85 % du marché mondial), les appareils photographiques et les ordinateurs portables (55 % du marché), les téléviseurs et les machines à laver (30 %), 15 % pour l'acier[54].

Shanghai, une ville dynamique et moderne.

La présence des entreprises étrangères sur le sol chinois est en grande partie à l'origine de la forte accélération de la croissance des exportations. Elles ont attiré la main-d'œuvre qualifiée dans les zones côtières où elles se sont implantées. Seulement 41 % des exportations chinoises proviennent d'entreprises intégralement chinoises. Aujourd'hui, 39 % des exportations en provenance de Chine sont réalisées par des entreprises dont le capital est à cent pour cent étranger et 20 % sont le fait de partenariat entre les sociétés étrangères et les sociétés chinoises[55]. La Chine continentale entretient son attractivité pour les entreprises avec une main-d'œuvre bon marché, non syndiquée et docile. Un ouvrier non qualifié en Chine coûte environ un dollar américain par heure, ce qui est bien en dessous des minima des pays industrialisés. La non-organisation des ouvriers chinois représente un bénéfice substantiel pour les employeurs, qui y trouvent une flexibilité d'emploi impossible à mettre en œuvre dans les démocraties libérales.

La mainmise du Parti communiste chinois sur les dissidents ou agitateurs potentiels qui résulteraient de tels syndicats explique en partie leur absence.

Un autre aspect de l'économie chinoise à relever : les bas prix d'éléments non issus de la force de travail. Cela est dû en partie à l'existence du contrôle des prix et de la garantie des sources d'approvisionnement hérités de la précédente économie de type soviétique : les entreprises d'État continuant à être démantelées et leurs ouvriers renvoyés dans des secteurs de compétitivité accrus, l'effet déflationniste induit continue à mettre la pression sur les prix pratiqués au sein de l'économie.

Les conséquences de cette croissance économique sont nombreuses. Le revenu moyen annuel d'un ouvrier chinois est de mille trois cents dollars américains. Les salaires augmentent régulièrement sur le littoral pacifique.

Crise de 2008

Comme les autres pays intégrés à l’économie mondiale, la Chine est touchée par la crise économique de 2008. La récession américaine a des effets sur la croissance du pays qui dépend en grande partie des exportations.

À la fin de l’année 2008, le taux de chômage en ville serait de 9,4 % d’après un chercheur de l'Académie des sciences sociales de Pékin Zhang Chewei, soit le double du chiffre annoncé par les autorités[56]. Selon Huang Yunlong, le vice-gouverneur du Guangdong, 600 000 migrants qui travaillaient dans la province seraient retournés dans leur ville ou leur village d’origine en 2008[56].

Énergie

La Chine est devenue la troisième consommatrice d'énergie après les États-Unis et l'Union européenne, mais elle en manque cruellement. Il faut couper l'électricité régulièrement dans le sud-est dynamique du pays. Pourtant quarante-deux gigawatts (l'équivalent de ce que produit le Royaume-Uni) ont été ajoutés au parc électrique en 2004 et en 2005.
Le charbon du sous-sol fournit 60 % de l'énergie utilisée mais il ne semble pas en quantité suffisante pour assurer le long terme alors même que les centrales thermiques au charbon causent de graves préjudices environnementaux. La part du nucléaire ne représente que 0,5 % de la production énergétique du pays. La Chine est le 5ème producteur mondial de pétrole, pourtant, la production nationale ne suffit plus. En 2005, en raison de sa forte croissance, la Chine a été contrainte d’importer 30% de sa consommation de pétrole. Si cette croissance se maintient à ce rythme, en 2025, le pays importera 82% de ses besoins en pétrole[57]. Engagée dans cette impasse, la Chine cherche à sécuriser ses approvisionnements en pétrole : la Russie, certains pays africains, les pays du Golfe et l'Iran sont ses fournisseurs. L'exploitation de nouveaux champs pétrolifères dans le sud du pays ne suffira pas pour répondre à la demande et la maîtrise de l'exploitation en mer de Chine méridionale devient un enjeu stratégique. Par ailleurs, l'efficacité économique de l'énergie consommée est l'une des plus faibles au monde avec un ratio PIB/tonne équivalent pétrole des plus faibles[58].

Agriculture et industries

Article détaillé : Agriculture de la Chine.

Selon les estimations de l'Organisation de coopération et de développement économiques, le secteur agricole représente encore aujourd'hui 15 % du produit intérieur brut de la Chine et assure 40 % de l'ensemble des emplois. Une part qui s'élevait à 71 % à la fin des années 1970[59]. Ce secteur constitue donc, malgré le développement industriel récent, une part importante de l'économie chinoise. Plus de 800 millions de personnes vivent dans les zones rurales. L’agriculture, qui occupe la majeure partie de la population active (323 millions d’actifs ruraux), reste un secteur fondamental de l'économie chinoise. Les exploitations sont détenues par les collectivités villageoises qui les louent à des agriculteurs, souvent avec des baux de trente ans. Cette semi-privatisation s'est accompagnée d'un boom de la productivité et de la production.

Depuis 5000 ans, le riz domine l'activité rurale de la Chine et constitue l'aliment de base de la majorité de ses habitants. L'agriculture chinoise est pénalisée par le peu de zones cultivables. En outre, elle dispose de seulement dix pour cent de la superficie cultivable mondiale et doit nourrir 22% de la population mondiale. L'agriculture chinoise est également handicapée par son morcellement, avec 200 millions de foyers exploitant chacun, en moyenne, une superficie de 65 ares. De plus, du fait de l’urbanisation croissante, de la pollution et de la désertification, on estime que la surface cultivable diminue d’environ 2 500 km² par an. Pourtant, entre 1990 et 2003, la production agricole a augmenté de 90%.

Bien que le parti communiste, sous l'impulsion de Mao Zedong se soit appuyé sur les paysans pour prendre le pouvoir, et qu’ils constituent donc la base de sa légitimité, ces derniers ont connu des fortunes diverses, reflétant les différentes options idéologiques suivies ces dernières décennies. Le gouvernement chinois reste néanmoins très attentif au sort des paysans, qui reste plus que jamais l'une de ses priorités. Pourtant, les aides publiques ne représentent que 6% environ du revenu des agriculteurs, contre 20% aux États-Unis, 34% dans l'Union européenne et 58% au Japon.

Les revenus des agriculteurs chinois ont cependant plus que triplé entre 1980 et 2000 ce qui a largement contribué à la diminution de la pauvreté dans le pays. 400 millions de Chinois vivant dans les zones rurales sont sortis de la pauvreté entre 1979 et 2002. Ceci n'empêche pas l'inégalité croissante entre ruraux et citadins. De ce fait, la Chine est confrontée à un exode rural important. Face aux conditions de plus en plus difficiles de leur vie, les paysans émigrent massivement vers les zones urbaines. On estime qu’environ 8 millions de paysans quittent la campagne chaque année pour rechercher un emploi, et que depuis 1979, entre 80 et 200 millions de paysans auraient émigré en ville.

Les terres proches des grandes agglomérations sont convoitées pour faire face au développement urbain. Zhou Tianyong, un économiste influent, estime que, depuis le début des réformes jusqu'en 2003, environ 6 700 000 hectares ont été soustraits à l'agriculture. Les paysans n'ont été indemnisés qu'à hauteur de 10% du prix du marché[60].

Le 14 mars 2006, lors d'une conférence de presse, tenue à Pékin peu après la clôture de la session annuelle de la 10e Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), le Premier ministre chinois Wen Jiabao annonce que la Chine infligera une punition sévère à tout individu qui réquisitionnera illégalement des terres de paysans.

Il faut souligner un paradoxe. Tandis que des terres agricoles sont menacées par l'étalement urbain, la construction des voies de communication et le développement d'une industrie rurale (de sous-traitance) mais aussi par des phénomènes de désertification, de lessivage des sols et d'érosion, la Chine a sur son territoire des fronts pionniers. Ces fronts pionniers sont différents de ceux que l'on trouve au Brésil. Ils ressemblent plutôt à des oasis : en effet ils sont installés dans des zones désertiques ou semi-désertiques de manière ponctuelle. On les trouve en particulier dans la région autonome du Xinjiang, où ils sont gérés par le Corps de construction et de production du Xinjiang.

Industrie du jouet

Depuis les années 1990, la Chine est le premier fabricant mondial de jouet[61],[62] et est qualifiée d'« atelier du Père Noël ».

Contrôle de la qualité et de la sécurité des exportations

Au cours de l'été 2007, a eu lieu le scandale des fournisseurs de peintures et de pigments qui se sont avérés être des falsifications de matières premières à l'insu des ateliers chinois. S'inquiétant de la mise en cause de la sécurité des jouets[63], la Chine a renforcé les contrôles de qualité, sécurité et fiabilité afin de rassurer les importateurs de jouets dans le monde[64],[65],[66] et interdit l'utilisation de peintures au plomb dans la fabrication de jouets[67]. Par ailleurs, ses produits sont soumis aux normes de sécurité des pays importateurs[68],[69].

La monnaie chinoise

Le yuan (en sinogrammes simplifiés  ; en sinogrammes traditionnels 圓 ; en pinyin yuán) est la devise nationale de la République populaire de Chine. Il est appelé également yuan renminbi (renminbi signifiant en chinois « monnaie du peuple »), abrégé en RMB.

Bien que son nom officiel soit renminbi, c'est le terme yuan qui est en général employé, mais surtout 'kuai' dans le langage courant. Le yuan (ou kuai) se subdivise en 10 jiao (ou 10 mao), eux-mêmes subdivisés en 10 fen. On trouve des billets de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 yuans, des billets de 1, 2 et 5 jiaos, et des billets de 1, 2 et 5 fens (la production de ces trois derniers a été arrêtée en 2007). Les pièces, peu utilisées, sont de 1 yuan, 5 jiaos et 1, 2 et 5 fens[70].

La Chine est souvent accusée de maintenir volontairement un taux de change bas pour faciliter ses exportations. Cette accusation est cependant démentie par le Trésor américain qui, dans son rapport semestriel du 19 décembre 2007, reconnait que Pékin ne manipule pas sa monnaie pour en tirer des bénéfices commerciaux[71],[72],[73], même s'il considère toujours que le yuan est sous-évalué par rapport au dollar[74].

Politique

Institutions

Article détaillé : Politique de la Chine.

La RPC a adopté sa constitution actuelle le 4 décembre 1982.

Cette section concerne la Chine continentale.

Dans la terminologie des sciences politiques, la RPC a été un État communiste durant la majeure partie du XXe siècle, et est toujours considérée comme telle par beaucoup d'observateurs. Il est difficile de caractériser la nature de la structure politique de la RPC. Le régime a été décrit comme autoritaire, communiste, socialiste. Cependant, beaucoup préfèrent associer les termes « communiste » et « capitaliste » pour décrire la RPC. Deng Xiao Ping avait proposé la locution « socialisme de marché » pour qualifier l'évolution de la RPC.

Les communistes qui ont conservé l'idée qu'une société communiste doit être effectivement contrôlée par ceux qui travaillent ont refusé à la Chine l'étiquette communiste, et ont parfois préféré parler de « capitalisme d'État ».

Le gouvernement de la RPC est contrôlé par le Parti communiste chinois. Bien que des pas aient été faits dans le sens d'une libéralisation politique, notamment à travers des élections contestées au niveau des villages, le parti garde le contrôle effectif sur les décisions gouvernementales. Utilisant des méthodes autoritaristes pour mater les contrevenants, l'État tente de réduire les dissidences en améliorant l'économie, permettant dans une certaine mesure l'expression critique, et tolérant parfois des voix ouvertement critiques quand elles ne sont pas considérées comme subversives, c'est-à-dire organisées.

Les organes du pouvoir d'État sont l'Assemblée nationale populaire (ANP), le Président et le Conseil des affaires de l'État. Les membres du Conseil des affaires de l'État incluent le Premier ministre, un nombre variable de vice-Premiers ministres (actuellement quatre), cinq conciliateurs d'État (théoriquement égaux aux vice-Premiers ministres, mais avec des portefeuilles réduits), et vingt-neuf ministres et commissions du Conseil des affaires de l'État. Dans les années 1980, il y eut une tentative visant à séparer les fonctions d'État et de Parti, avec le Parti décidant des grandes lignes politiques et l'État ayant pour tâche de les mettre en œuvre. Cet effort de séparation a été abandonné au niveau du gouvernement central dans les années 1990, la direction politique de l'État étant détenue par les dirigeants du Parti, créant une concentration de pouvoir dans un faisceau unique.

En même temps, un accord a été décidé, séparant le Parti et les bureaux d'État à des niveaux autres que ceux du gouvernement, et on ne connaît pas aujourd'hui de membre de l'exécutif au niveau national qui soit en même temps secrétaire du Parti. Il y a des cas spéciaux pour les régions administratives spéciales de Hong Kong et Macao où le parti communiste ne fonctionne pas du tout, et dans les régions autonomes ou, sur le modèle soviétique, les chefs de l'exécutif sont les membres d'un groupe ethnique local, le secrétaire général du Parti étant un Han non indigène.

Sous le régime de la Constitution de la République populaire de Chine, l'ANP est le plus haut organe de pouvoir d'État en Chine. Il se réunit chaque année environ deux semaines et approuve les nouvelles grandes lignes politiques, les lois, le budget, et les principaux changements de personnel. La plus grande partie de la législation de la RPC est adoptée par le Comité permanent de l'ANP. La plupart des initiatives sont représentées au Comité permanent pour qu'elles soient considérées par le Conseil des affaires de l'État après qu'elles ont obtenu l'aval du Comité du Politburo du Parti communiste. Bien que l'ANP approuve généralement les directives et recommandations personnelles du Conseil des affaires de l'État, l'ANP s'est de plus en plus saisi de son rôle de balancier vis-a-vis de la législation nationale, et est parvenu à forcer la révision de certaines lois. Par exemple, le Conseil des affaires de l'État et le Parti ont été incapables de faire passer une taxe sur le gazole pour financer la construction d'autoroutes.

Politique intérieure

Censure

La censure est une routine assimilée dans toute l'infrastructure médiatique et le PCC réagit promptement à toutes les organisations qu'il considère comme une menace pour le régime, comme ce fut le cas lors des événements de Tian'anmen. Toutefois, la répression que le PCC emploie ou s'efforce d'opérer a ses limites. Les médias ont aujourd'hui une liberté d'action qui, même sans objectif concerté, expose publiquement nombre de problèmes issus de la corruption et de l'inefficacité de sous-cadres du Parti. Bien que les protestations contre le Parti soient illégales, elles surviennent régulièrement au niveau local, sont parfois tolérées, et c'est leur médiatisation qui est à son tour interdite. Il existe un ministère de la propagande qui applique la censure sur les moyens d'expression, notamment sur internet. Le Bureau du film garde le contrôle sur la diffusion des films : il a par exemple fait retirer des salles le film américain Da Vinci Code au mois de juin 2006[75]. La télévision n'échappe pas à la censure puisque le gouvernement a décrété que les dessins animés (en grande partie japonais et américains) seront interdits entre 17h et 20h à partir du 1er septembre 2006[76]. Internet est également contrôlé (toutes les connexions sont filtrées), et beaucoup de sites web sont donc inaccessibles, comme par exemple www.freetibet.org (libération du Tibet) ou encore Youtube, Twitter et la passerelle Live.com (Windows Live Messenger), Flikr et le nouveau moteur de recherche de Microsoft, Bing.

Le soutien que le PCC obtient de la part de la population est difficile à saisir, en l'absence d'élections nationales ; les conversations et points de vue exposés parcellairement reflètent un éventail de vues divergentes. Beaucoup semblent apprécier le rôle de stabilisateur social que joue le gouvernement, qui a permis à l'économie de se développer sans interruption. Un problème politique majeur est l'augmentation des disparités entre riches et pauvres et le mécontentement généralisé lié à la corruption répandue parmi les cadres du Parti.

Il existe d'autres partis au sein de la RPC, bien qu'ils soient de facto considérés comme des sous-organes du PCC. Le PCC s'entretient avec ces partis lors d'une conférence spéciale, appelée la Conférence consultative politique du peuple chinois. L'influence de ces partis est très réduite, bien qu'ils puissent agir comme point de vue extérieur, sans avoir de pouvoir réel.

Santé publique

Article détaillé : Santé publique chinoise.

Plusieurs problèmes de santé publique d'ampleur émergent en RPC : problèmes de santé liés à la mauvaise qualité de l'air et à la pollution de l'eau, l'épidémie de sida et le tabagisme [réf. nécessaire].

Une part importante de la diffusion actuelle du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) a pour origine l'usage de drogue par voie intraveineuse et la prostitution. Le nombre de personnes infectées par le VIH a été estimé entre 430.000 et 1,5 millions[77], voire, des estimations beaucoup plus hautes[78],[79]. Dans de nombreux secteurs ruraux de Chine, dans les années 90, notamment dans la province du Henan, des dizaines, voire des centaines de milliers d'agriculteurs et de paysans ont été infectés par le VIH lors de leur participation à des programmes d'état de collecte de sang dans lesquels l'équipement contaminé était remployé[80],[81].

L'hépatite B est endémique en Chine continentale, touchant un large pourcentage de la population : environ 10% [réf. nécessaire]. Elle entraîne des dérèglements ou des cancers du foie, causes courantes de mort en Chine [réf. nécessaire]. Une corrélation a été établie [réf. nécessaire] entre l'hépatite et la sous-natalité de filles à la naissance, qui expliquerait en partie la disparité numérique hommes-femmes. Un programme mis en place en 2002 a pour but de vacciner tous les nouveau-nés en Chine continentale [réf. nécessaire].

En novembre 2002, la pneumonie atypique ou SRAS apparait dans la province du Guangdong. La nouvelle étant tenue secrète, l'épidémie s'étend au territoire de Hong Kong, au Viêt Nam et par voie aérienne, dans des pays plus éloignés. En Chine même, 5 327 cas sont rapportés, dont 348 morts confirmées [réf. nécessaire]. En mai 2004, l'OMS annonce la fin de l'épidémie de SRAS en RPC.

La Chine est alors confrontée à une nouvelle épidémie, la grippe aviaire, qui touche diverses espèces d'oiseaux (dont la volaille). Plusieurs cas, parfois mortels, de contamination oiseaux-hommes sont recensés, laissant craindre une mutation de la transmissibilité d'animal-homme vers celle homme-homme.

Enfin, de récentes transmissions de streptocoques des porcs aux humains seraient à l'origine d'un nombre anormalement élevé de morts dans la province du Sichuan [réf. nécessaire].

Plusieurs cas d'intoxication alimentaire ont aussi été décelés, l'un d'entre eux ayant provoqué la condamnation à mort et l'exécution, en mai 2007, de Zheng Xiaoyu, directeur de l’Agence de réglementation des médicaments et des produits alimentaires, accusé d'avoir touché des pots-de-vin de la part de compagnies pharmaceutiques.

Défense

Le pays a développé sa bombe A en 1964. Il est membre du Traité de non-prolifération nucléaire.

« La Chine adopte une politique de défense nationale à caractère défensif. La Chine ne prétend aucunement à l'hégémonie ; tel est l'engagement fait par le peuple chinois devant le monde. » (...) « La Chine dispose d'une petite quantité d'armes nucléaires, pour son autodéfense. Elle s'engage à ne pas être la première à utiliser l'arme nucléaire, à ne pas l'utiliser, ou menacer de l'utiliser contre les pays qui ne détiennent pas d'armes nucléaires[82]. ».

Article détaillé : Armée Populaire de Libération.
Militaires de l'armée chinoise à Shanghai

Créée dans la première moitié du siècle pour chasser l'alliance des huit nations de Chine, la RPC maintient la plus grande armée du monde[83]. Toutefois, étant donné la composition de cette armée, son efficacité potentielle en matière militaire est jugée limitée. L'Armée de Libération du Peuple (ALP) comprend les forces navales et aériennes. Le budget officiel de l'ALP en 2005 est de 30 milliards de dollars, non inclus les fonds destinés à l'achat d'armes étrangères, à la recherche et au développement militaires, et aux structures paramilitaires. La RPC est accusée par certains critiques [réf. nécessaire] de présenter délibérément un budget sous-estimé. Les dépenses militaires réelles équivaudraient, selon certaines sources [réf. nécessaire], à 140% voire 170% du budget officiel.

Le budget militaire de la Chine représente officiellement 1,35 % de son PIB en 2005[84]. Ce budget correspond à 7,4 % des dépenses publiques en 2006. La Chine compte augmenter ses dépenses militaires pour l'année 2007 : cette hausse devrait atteindre 17,8 % et s'établir à 351 milliards de yuans, soit environ 34,4 milliards d'euros[84]. D'après d'autres estimation, la Chine se placerait au second rang mondial, derrière les États-Unis (au moins 400 milliards de dollars)[réf. nécessaire]. La RPC, malgré sa possession d'un arsenal nucléaire et de son matériel de propulsion, est considéré comme ayant des capacités limitées dans le cas d'un conflit en-dehors de ses frontières, ce qui l'empêcherait de prétendre au statut de « véritable » superpuissance mondiale.[réf. nécessaire] Ce constat est notamment lié à ses effectifs navals et aériens (flottes limitées et peu modernes).

La RPC s'équipe militairement en prévision d'un éventuel conflit autour de l'Île de Taïwan. Des chasseurs tels que le Su-27 et le Su-30 ont été achetés à cet effet, parallèlement à une production locale. La défense aérienne s'articule autour des missiles sol/air ultramodernes S-300, considérés comme le meilleur système d'interception au monde. La RPC est également en train d'améliorer rapidement ses forces blindées en y intégrant des fonctions de ciblage électroniques. La RPC est considérée comme leur seul véritable menace conventionnelle par les États-Unis [réf. nécessaire], qui ne cachent pas leur mécontentement à ce sujet, voyant leur anciennes chasses gardées menacées en Orient dans le monde devenu multipolaire.

L'image internationale de l'ALP a été sérieusement mise à mal lors des manifestations de la place Tian'anmen, au cours desquelles des protestataires pacifiques ont été tués[85].

Développements technologiques dont programme spatial

Maquette du vaisseau Shenzhou en configuration de lancement.
Article détaillé : Programme Shenzhou.

Après la scission sino-soviétique, la Chine a commencé à développer son propre programme nucléaire et de systèmes de propulsion pour armes nucléaires. Le programme de lancements de satellites fut une excroissance naturelle de ce projet. Cela résulta en 1970 par le lancement de Dong Fang Hong I, le premier satellite chinois. La Chine devint alors le cinquième pays à avoir lancé indépendamment son satellite.

Un programme spatial habité était en projet depuis les années 1970, avec le Projet 714, qui devait assurer le lancement de la navette Shuguang. Ce projet avorta cependant en raison d'une série de retournements politiques et économiques.

En 1992, le Projet 921 connu actuellement fut autorisé. Le 19 novembre 1999, la navette inhabitée Shenzhou 1 a été lancée, comme premier test du programme. Après trois autres tests, Shenzhou 5 a été lancé le 15 octobre 2003, à l'aide d'une fusée Longue Marche 2F et du taïkonaute (du chinois 太空 taikong, espace) Yang Liwei, faisant de la Chine le troisième pays ayant propulsé un véhicule habité dans l'espace par ses propres moyens. La seconde mission, Shenzhou 6, a été inaugurée avec succès le 12 octobre 2005.

Des observateurs ont estimé que la fusée Longue Marche était calquée sur le modèle russe, Soyouz, ce qui est contesté par les Chinois. Le programme émergent de la RPC a suscité de vives réactions aux États-Unis, où un rapport du Congrès suite au lancement de 2003 observait, « si les motivations les plus immédiates dans ce programme s'avèrent être le prestige politique, les efforts de la Chine vont presque certainement contribuer à améliorer les systèmes spatiaux militaires entre 2010 et 2020 ». Des échos grinçants ont été émis via la presse indienne, qui ironise sur le déballage d'une « technologie vieille de quarante ans ». Parallèlement, le statut des frontières militaires spatiales est complexe et incertain.

Transports

Article détaillé : Transport en Chine.
La G030 en direction du nord dans le Hebei. Avec plus de 50 000 km de voies rapides, la Chine possède le second réseau du monde par sa longueur après celui des États-Unis.

Les transports en Chine continentale ont fait l'objet d'améliorations considérables depuis la fin des années 1990, dans le cadre de l'effort du gouvernement pour créer un réseau national de voies rapides. La longueur totale de ce réseau était de 53 600 km à la fin 2007, en faisant le deuxième du monde par sa longueur après celui des États-Unis[86], alors qu'il n'était que d'un millier de kilomètres en 1988[87].

Bien que le taux d'accroissement du parc de véhicules privés soit de 15% par an, leur nombre reste encore peu élevé, en raison du coût important de leur achat et de leur usage, causé notamment par l'importance des taxes et les péages routiers[88].

Le transport aérien s'est accru également, mais reste inabordable pour la plupart des Chinois. Entre 1978 et 2005, le nombre de Chinois ayant emprunté un vol domestique est passé de 2,3 millions à 138 millions[87]. Le transport à longue distance reste toujours dominé par le transport ferroviaire et les autobus.

Les villes les plus importantes possèdent une ou plusieurs lignes de métro. La ville de Shanghai possède en outre son Transrapid, première ligne à sustentation magnétique (maglev) à usage commercial du monde, reliant le centre à l'aéroport international Pu Dong.

Article connexe : Transport ferroviaire en Chine.

Politique extérieure et Affaires étrangères

La République populaire de Chine maintient des relations diplomatiques avec la plupart des pays du monde, faisant de la reconnaissance de la Politique d'une seule Chine (Taiwan comme province de la RPC) une condition préalable pour nouer des relations officielles avec la RPC. Elle interdit activement la venue en Chine de cadres politiques taïwanais, à l'exception notable des entrevues ayant eu lieu en 2005 et 2006. Les manifestations politiques du Guomindang, relayées par les télévisions ont pourtant eu lieu dans la ville de Xiamen dans le Fujian, lors des élections municipales taïwanaises de Taipei. Tenzin Gyatso, le 14e dalaï lama est également interdit de séjour en Chine. Li Hongzhi, fondateur du mouvement spirituel Fa Lun Gong[89] considéré par les autorités chinoises comme une secte est interdit de séjour.

En 1971, la RPC a remplacé la République de Chine comme seul représentant valable de la Chine aux Nations unies, et comme un des 5 membres permanents du Conseil de sécurité. La RPC est aussi considérée comme « membre fondateur » de l'ONU en tant qu'héritière de la Chine non communiste qui comprenait le territoire continental et qui avait pris part à cette fondation.

La RPC a été membre leader du Mouvement des non-alignés, mais en est aujourd'hui un simple observateur.

Échanges avec la République de Chine à Taiwan

Les relations entre RPC et RdC sont marquées par un statu quo : ni indépendance ni réunification forcée.

L'île de Taïwan est peuplé à 98% de Hans et 2% d'Aborigènes de Taïwan. Elle est considérée par la RPC comme la 23e province de Chine, même si elle n'y exerce pas de souveraineté de facto, et constitue pour elle une affaire intérieure. Historiquement, Taïwan en tant que République de Chine cherche la souveraineté sur la Chine continentale, et est indépendante de facto depuis 1949[90]. La République de Chine est un pays démocratique où les Chinois (en majorité descendant de Hans) sont partagés entre le désir de participer à une Grande Chine et celui d'une scission totale qui résulterait d'une indépendance de l'île[91].

La République populaire de Chine affirme en permanence son opposition aux velléités indépendantistes de certains partis politiques (camp vert) de la République de Chine (Taïwan)[92].

La RPC affirme que l'exécution d'une déclaration d'indépendance de l'île de Taïwan ainsi que le refus sine die des négociations en vue de la réunification, sera traduit comme un casus belli[93].

Élections législatives de 2008 en République de Chine à Taïwan : large victoire du camp bleu (favorable à la réunification avec la Chine) 86 sièges sur 113[94].

Échanges avec le Japon

Les relations entre la Chine et le Japon ont été mises à mal ces dernières décennies, jusqu'en 2006, à cause du refus du Japon de reconnaître ses crimes passés (voir Crimes de guerre japonais), notamment le massacre de Nankin et par le fait que le Premier Ministre de l'époque M. Koizumi rendait hommage aux tombes de criminels de guerre (reconnus pour crimes contre l'Humanité) au sanctuaire Yasukuni. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le régime Impérial du Japon a déployé une unité militaire Unité 731 qui expérimentait des armes biologiques sur des cobayes humains chinois. Le changement de Premier Ministre Japonais en 2006 met fin à ces querelles, celui-ci reconnaissant les massacres, et ouvrant l'année de la Culture Chinoise au Japon.

Le père de l'ancien Premier Ministre Japonais Yasuo Fukuda, qui fut lui aussi Premier Ministre, avait en 1978 initié un dégel des relations entre les 2 pays, grâce à la signature d'un Traité de Paix et d'Amitié[95]. Les relations sino-nippones sont en voie de normalisation grâce aux relations d'interdépendance intimement liées aux échanges commerciaux[96].

Échanges avec l'Union européenne

Le peuple du Pays du Milieu garde en mémoire le souvenir des Impérialistes européens du XIXe siècle et du début du XXe siècle (voir Traités inégaux, Guerre de l'opium, Révolte des Boxers, Alliance des huit nations) qui ont pillé et détruit plusieurs palais impériaux et ont été perçus comme des « barbares » qui n'ont pas respecté les règles qu'ils présentaient comme bases de la Civilisation.

C'est avec une certaine appréhension que le peuple du Pays du Milieu aborde les relations avec les Européens sachant qu'il recherche le dialogue dans un respect mutuel.

Beaucoup de nations ont critiqué les violations des droits de l'homme perpétrées par la RPC, ce qui a eu une incidence diplomatique, notamment à la suite des événements de la place Tian'anmen en 1989. Toutefois, cet argument s'est fait moins pressant depuis le renforcement des liens économiques de la RPC avec l'UE et les États-Unis. Dans Japan Focus, Michael T. Klare a cependant analysé la politique diplomatique de l'administration Bush comme marquée par la volonté d'endiguer la montée en puissance de la Chine[97].

avec la France

Les relations franco-chinoises ne sont pas des plus faciles, du fait que les pays sont très éloignés mais aussi du fait des différences de culture.

La France a établi un dialogue diplomatique avec la RPC à l'initiative du général de Gaulle le 27 janvier 1964[98]. Geste audacieux à l'époque, cela a été apprécié par les autorités chinoises et a été la base d'un dialogue constructif.

En 1997, la France et la Chine établissent un partenariat stratégique global qui va dans le sens d'un renforcement des échanges aussi bien culturel, économique que diplomatique. Pour commémorer l'établissement en 1964 du dialogue diplomatique, le président chinois Hu Jintao s'est rendu en visite d’État en France en janvier 2004, année qui fut déclarée année de la Chine en France. D'un point de vue économique, la France est le troisième partenaire européen de la Chine, après l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les exportations françaises en Chine atteigne la faible proportion de 3,1 %[réf. nécessaire]. Le déficit commercial entre les 2 pays en défaveur de la France s'est accru ces dernières années[99],[100]. Le déficit commercial de la Chine avec l'Union européenne s'est aussi creusé de façon importante, atteignant 100 milliards d'euros sur les 8 premiers mois de 2006[101].

Le 26 novembre 2008, la Chine a reporté un sommet Union européenne-Chine en raison de la rencontre prévue le 6 décembre 2008 en Pologne entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama, entraînant des critiques de la France[102]. Selon François Godement, professeur à Sciences Po et de Ifri et membre du Conseil européen des relations étrangères, la décision chinoise était calculée, et visait, à travers la France, l’Europe, incapable d'adopter une attitude commune à l'égard de la question tibétaine[103].

Suite à l’annulation du Sommet, José Manuel Barroso a plaidé pour l’unité de l’Europe. Vers la même date, l’exécution par la Chine de Wo Weihan, un scientifique accusé d’espionnage, a entraîné l’indignation de la plupart des pays européens, permettant à la France de ne pas être isolé sur la question des Droits de l’Homme en Chine à cette période[104].

avec l'Allemagne

Échanges avec la Russie

En 2004, la Russie a donné son accord pour transférer l'île Yinlong et la moitié de l'île Haixiazi à la Chine, mettant fin à une longue dispute. Ces deux îles se trouvent au confluent de l'Amour et de l'Oussouri, et ont été à l'origine d'un conflit menant à la dégradation des relations entre les deux pays dans les années 1960. Ce geste a été mené dans une volonté de réconciliation et de renforcement des liens économiques, et a été critiqué des deux côtés. Des manœuvres militaires sino-russes ont eu lieu en été 2005, ce qui témoigne en surface du moins de l'efficacité de cette volonté. Les critiques ont émané des fermiers kazakhs qui ont perdu leur territoire sur les îles, tandis que des Chinois et des communautés chinoises ont critiqué ce traité qui équivaut selon eux à une légitimation du contrôle russe de la Mandchourie extérieure, cédée à la Russie impériale par la dynastie Qing suite aux Traités inégaux, dont le traité d'Algun en 1858 et la Convention de Pékin en 1860, en échange de l'utilisation exclusive du pétrole russe.

Échanges avec l'Afrique : la Chinafrique

Article connexe : Consensus de Beijing.

Les relations de la Chine avec l'Afrique sont anciennes : les liens commerciaux avec la côte orientale du continent noir existaient dès la dynastie Han (IIIe siècle av. J.-C.-IIIe siècle après J.-C.)[105].

L'aide chinoise au développement serait en partie conditionnée par la non reconnaissance de Taiwan par les pays bénéficiaires[106].

Mais c'est surtout depuis quelques années que la République populaire de Chine s'intéresse de très près au potentiel économique du continent africain : en 2005, on comptait officiellement 820 entreprises chinoises[107] installées en Afrique. Les investissements chinois ont fortement augmenté au point de dépasser ceux consacrés à l'Asie du Sud-Est. Les échanges commerciaux se montent à 56 milliards d'euros[108] et la Chine est devenue le troisième partenaire commercial de l'Afrique en 2005. Le commerce entre l'Afrique et la Chine a été multiplié par deux entre 2000 et 2004[105]. L'Afrique constitue une source d'approvisionnement en minerais (cuivre de Zambie ; chrome du Zimbabwe), en bois et surtout en pétrole (Soudan) pour Pékin : 1/4 de ses besoins sont importés du continent noir[105],[109].

  • En retour, les Africains achètent des produits manufacturés chinois, notamment des produits textiles, des machines et des biens électroniques[105].
  • Les ventes d'armes chinoises contribueraient à alimenter les guerres en Afrique, comme au Soudan, en Angola et en Éthiopie[106].

L'influence chinoise repose sur une politique internationale discrète et pragmatique, ainsi que sur les réseaux de la diaspora déjà présente dans de nombreux pays africains[105]. Cette présence n'est pas toujours bien acceptée par les populations africaines. Les Chinois ont investi les chantiers des travaux publics et le marché des télécommunications[105].

Au Soudan

Afin de diversifier ses sources d'approvisionnement en énergie, la Chine a lourdement investi au Soudan. 40% des exportation pétrolières du pays sont désormais destinées à la Chine. La manne pétrolière étant reversée à l'État Soudanais, responsable d'exactions au Darfour, des pays critiquent l'implication et les investissements chinois comme un encouragement à un État voyou. La Chine considère elle qu'il s'agit d'une question de son seul ressort. Plus pragmatiquement, la Chine, nouvelle venue, n'a pas véritablement le choix de ses fournisseurs, et se sert là où les Occidentaux ne vont plus...

Grogne montante et versatilité africaines

  • Angola
    • Le pays de José Eduardo dos Santos bénéficia de 2004 à 2006 de crédits massifs et avantageux sur une courte période et devint grâce aux ventes de pétrole, le premier partenaire africain de la Chine.
    • Au printemps 2007, Luanda annule le contrat de la compagnie Sinopec de construction d’une raffinerie géante à Lobito, 3 milliards de dollars.
    • De nombreux autres projets chinois, comme le nouvel aéroport de Luanda ou la reconstruction des lignes de chemin de fer sont gelés, en raison évoquée de problèmes entre coordinateur chinois des travaux et entreprises sous-traitantes.

Le motif de ce revirement serait avant tout que les avances chinoises se sont noyées dans les milliards du pétrole angolais : 34 en 2006, près de 45 en 2007. Avec un prix du baril de brut passé de 26 à 66 dollars de 2001 à 2006 et une production de 740 000 barils à 1,5 millions par jour…

Échanges avec les États-Unis d'Amérique

Le Pays du Milieu a été allié des États-Unis d'Amérique pendant la Seconde Guerre Mondiale contre l'impérialisme japonais.

Au cours de la Guerre froide, à l'occasion de la Guerre de Corée, le Général d'Armée Douglas MacArthur voulait attaquer la Chine puis la Corée du Nord avec des bombes atomiques avant de commencer des négociations avec les Soviétiques. Il demanda à plusieurs reprises l'autorisation de procéder à des frappes en guise de représailles sur les grandes villes chinoises et souhaitait utiliser entre 30 et 50 bombes atomiques dans le cadre de l'opération. Il fut démis de ses fonctions par le Président des États-Unis d'Amérique Truman pour ces positions trop agressives.

En mai 1999, un bombardier américain B-2[réf. nécessaire] a lâché trois bombes guidées par satellites sur l'ambassade de Chine à Belgrade, pendant le conflit au Kosovo, tuant trois citoyens chinois. Les États-Unis d'Amérique ont déclaré avoir agi par erreur en raison de cartes non à jour en provenance de l'Agence Nationale pour l'Imagerie et la Cartographie (aujourd'hui Agence nationale d'Intelligence Géo-spatiale), qui aurait confondu le bâtiment avec un local du gouvernement yougoslave. Le gouvernement chinois a réuni d'urgence le conseil de securité[110].

En avril 2001, un avion espion[111] américain EP-3e Aries II en reconnaissance près de l'espace aérien chinois, près de l'île de Hainan, est entré en collision avec un avion de chasse chinois. L'avion chinois s'est écrasé avec son pilote, l'avion-espion américain a fait un atterrissage d'urgence sur l'île de Hainan. Les versions divergent : les États-Unis déclarent avoir opéré au-dessus des eaux internationales, la RPC assure que c'était dans sa Zone économique exclusive (ZEE) (cf relevé de positions). De plus, chaque pays accuse l'autre d'avoir provoqué la collision. Les 24 membres de l'équipage américain ont été détenus 12 jours avant d'être relâchés, alors que la tension entre les deux pays s'était considérablement accrue.

Un autre sujet de tension est le rapport Cox de 1999, qui déclare que l'espionnage de la RPC a compromis les secrets nucléaires américains pendant plusieurs dizaines d'années. [réf. nécessaire]

Malgré ces incidents, les États-Unis ne considèrent pas la RPC comme une ennemie.

Territoires controversés

En plus de Taiwan, la RPC est impliquée dans plusieurs différends territoriaux. La RPC prend l'irrédentisme [réf. nécessaire] comme argument dans ces différends, qui est contre-argumenté par l'intérêt que la RPC prendrait pour les ressources naturelles ou l'intérêt stratégique des zones contestées.

Dans les îles de la Mer de Chine :

[réf. nécessaire] Les nationalistes chinois réclament régulièrement la Mongolie, Tuva et la Mandchourie extérieure, les îles Ryukyu, le Bhoutan, le Sikkim, le Ladakh, la vallée de Hukawng, le nord de la Birmanie.

Organisation administrative

Carte administrative de la Chine
Article détaillé : Provinces de Chine.

la RPC comprend 22 provinces (省) (l'île de Taïwan constitue selon les dirigeants de Pékin une 23e province "rebelle" ; voir l'article sur Taïwan pour plus d'information). En plus des provinces, il y a 5 régions autonomes (自治区) où vivent un important pourcentage de plusieurs minorités nationales ; 4 municipalités (直辖市) pour les plus grandes villes de Chine et 2 régions administratives spéciales (RAS) (特别行政区).

23 Provinces

5 Régions Autonomes


4 Municipalités


2 Régions administratives spéciales

Plus grandes villes

Plus grandes villes de Chine

Shanghai
Shanghai
Guangzhou
Guangzhou
Hong Kong
Hong Kong
Nanjing
Nanjing
Dalian
Dalian

Rang Ville Division Population Rang aggl. Population aggl. Région

Beijing
Beijing
Shenzhen
Shenzhen
Tianjin
Tianjin
Chongqing
Chongqing
Wuhan
Wuhan

1 Shanghai Municipalité de Shanghai 14 460 000 2 18 542 200 Est
2 Beijing Municipalité de Beijing 12 770 000 3 17 430 000 Nord
3 Guangzhou Province du Guangdong 11 810 000 4 15 000 000 Sud
4 Shenzhen Province du Guangdong 11 710 000 5 13 300 000 Sud
5 Dongguan Province du Guangdong 7 650 000 34 7 650 000 Sud
6 Tianjin Municipalité de Tianjin 7 200 000 6 11 500 000 Nord
7 Hong Kong RAS de Hong Kong 6 985 200 30 6 985 200 Sud
8 Wuhan Province du Hubei 5 240 000 15 9 400 000 Centre
9 Shenyang Province du Liaoning 4 560 000 22 7 500 000 Nord-Est
10 Nanjing Province du Jiangsu 4 150 000 27 7 100 000 Est
11 Chongqing Municipalité de Chongqing 4 150 000 1 31 442 300 Sud-Ouest
12 Chengdu Province du Sichuan 3 860 000 8 11 300 000 Sud-Ouest
13 Hangzhou Province du Zhejiang 3 410 000 29 7 000 000 Est
14 Xi'an Province du Shaanxi 3 340 000 11 10 500 000 Nord-Ouest
15 Qingdao Province du Shandong 3 330 000 18 8 000 000 Est
16 Harbin Province du Heilongjiang 2 980 000 12 8 499 000 Nord-Est
17 Changchun Province du Jilin 2 440 000 25 7 400 000 Nord-Est
18 Changsha Province du Hunan 2 390 000 38 6 103 000 Centre
18 Nanchang Province du Jiangxi 2 310 000 50 4 507 000 Est
19 Shijiazhuang Province du Hebei 2 270 000 14 9 500 000 Nord
Dalian Province du Liaoning 2 270 000 36 6 200 000 Nord-Est
20 Jinan Province du Shandong 2 230 000 35 6 300 000 Est
Chiffres actualisés en 2008

Éducation

Classe dans une école publique de la région autonome du Xinjiang, dans l'ouest de la Chine

En 1986, la Chine a défini comme objectif à long terme la mise en place d'un enseignement obligatoire sur neuf ans pour tous les enfants. En 1997, la République populaire comptait 628 840 écoles primaires, 78 642 écoles secondaires et 1 020 établissements d'enseignement supérieur[112]. En février 2006, le gouvernement révisa ses objectifs à la hausse en promettant de rendre entièrement gratuit l'enseignement obligatoire de neuf ans, y compris les manuels scolaires et les frais de scolarité, dans les provinces pauvres de l'ouest de la Chine[113]. En 2002, la proportion de Chinois sachant lire et écrire était de 90,9%, dont 95,1% d'hommes et 86,5% de femmes[114], celle des jeunes Chinois (de 15 à 24 ans ) étant respectivement de 98,9%, 99,2% et 98,5% en 2000[115]. En Mars 2007, la Chine annonça la décision de faire de l'éducation une « priorité stratégique » nationale, avec un budget national triplé en deux ans et un financement additionnel de 223,5 milliards de yuans (environ 22 milliards d'euros) prévu sur cinq ans pour améliorer l'enseignement obligatoire dans les zones rurales[116].

La qualité des universités chinoises varie considérablement à travers le pays. Les plus cotées de Chine continentale sont l'Université de Pékin, l'Université du peuple de Chine (Renmin University of China), et l'Université Qinghua à Pékin; l'Université Fudan, l'Université Jiao-tong de Shanghai et l'Université Normale de la Chine de l'Est à Shanghai; l'Université Jiaotong de Xi’an à Xi'an; l'Université de Nankin à Nanjing; l'Université de Sciences et Technologie de Chine à Hefei; l'Université du Zhejiang à Hangzhou; l'Université de Wuhan à Wuhan [117],[118].

De nombreux parents sont très impliqués dans l'éducation de leurs enfants, y investissant une grande partie de leurs revenus. Les cours privés et les activités récréatives, comme les langues étrangères et la musique, rencontrent un grand succès auprès des familles de la classe moyenne qui en ont les moyens[119].

La plupart des parents chinois espèrent que leurs enfants partiront à l'étranger et cela malgré les tentatives du gouvernement à retenir les plus brillants, en mettant l'accent sur le sens de la patrie[réf. nécessaire].

Caractères culturels propres à la République populaire de Chine

Langues parlées en Chine
Article détaillé : Culture chinoise.

Les valeurs traditionnelles chinoises sont en grande partie issues de la version orthodoxe du confucianisme, qui a connu son apogée sous la dynastie Song, et est devenue une partie centrale des contenus éducatifs, et des examens mandarinaux. Toutefois, le terme confucianiste est lui-même le résultat d'une série de tendances divergentes, dont le légalisme, toutes sujettes à interprétation de la doxa originelle. Notamment, le problème de la conscience éthique individuelle, de la critique des gouvernements a largement été muselé par les penseurs « orthodoxes ». Certains néo-confucéens contemporains interprètent le confucianisme dans cette potentialité critique, à l'opposé de l'interprétation commune du confucianisme, synonyme de soumission et de stabilité politique.

Depuis le mouvement du 4 mai 1919, la culture impériale chinoise et son confucianisme orthodoxe ont été taxés de « féodaux » ; toutefois, malgré cette tabula rasa rhétorique, de nombreux aspects de la culture chinoise traditionnelle ont survécu. Mao Zedong, instigateur de la Révolution Culturelle, a en un certain sens imité le premier unificateur de la Chine, Qin Shi Huangdi, qui avait organisé un autodafé et massacré les intellectuels à son époque. Mao, employé à la bibliothèque de Pékin, était un grand admirateur de la culture chinoise classique. Certains observateurs ont remarqué que l'instauration de la République populaire de Chine ne se distingue en rien de celle des dynasties impériales précédentes, suite au « mandat céleste » obtenu suite aux années de lutte. Le culte voué à Mao Zedong a une dimension religieuse indéniable, celle qui suggère justement une ambiguïté entre nation moderne et des traditions politiques ancestrales.

Durant la Révolution culturelle, de nombreux aspects de la culture traditionnelle chinoise, arts, littérature et autres, ont été taxés de « vestiges féodaux », et détruits en grande partie. Cette tabula rasa, comme plusieurs fois dans le passé, a constitué une étape de la réappropriation du patrimoine symbolique de la Chine, décliné sous diverses formes : l'opéra révolutionnaire réunit ainsi une tradition millénaire à la propagande réaliste-socialiste, de même que la calligraphie de Mao Zedong. Par la suite, suite à l'ouverture du pays dans les années 1980, toutes les formes traditionnelles d'art ont ré-émergé, de plus en plus encouragées par le Bureau culturel : les échanges culturels sont notamment un des types d'échanges privilégiés entre la RPC et Taiwan ; ils sont un vecteur d'échanges diplomatiques, comme dans le cas des Années croisées entre la France et la Chine. On peut aussi remarquer le soutien du Bureau culturel à la chorégraphe transsexuelle Jing Xing, qui bénéficie, de par sa particularité sexuelle, d'un statut unique au monde.

D'autres exemples rappellent toutefois que la culture en RPC reste soumise à la censure du Bureau culturel, connue notamment pour son filtrage du réseau internet. Des groupes de punk sont régulièrement interdits quand leurs paroles se font trop politiques ; le rockeur Cui Jian, idole des événements de la place Tian'anmen, est interdit d'apparitions dans des concerts de grande envergure. L'émergence de l'art contemporain en Chine a permis une certaine forme de liberté d'expression, dont la valeur subversive est largement modérée par la dimension cryptique de son langage.

État laïque, nation multiconfessionnelle

Article détaillé : Religions en Chine.
Tàijí 太极图

La RPC est un État laïque[120] qui n'accepte pas le prosélytisme, les activités menant à des guerres de religion, de conversions forcées, de chasse aux sorcières... les groupes de religieux radicaux, les sectes et l'ingérence dans les affaires de l'État de religions quelles qu'elles soient.

De nombreuses religions coexistent en Chine, où les activités religieuses sont réglementées par la loi. Le gouvernement chinois estime qu'il y a environ 100 millions de croyants dans le pays, ce qui représenterait 7,7 % de la population. Ce chiffre doit toutefois être nuancé par l'encadrement strict de la pratique religieuse dans le contexte d'une culture fondée sur l'athéisme d'État, et sur la notion de religion ou de croyance elle-même, sujette à controverse eu égard en particulier au taoïsme et au bouddhisme. En 2007, le magazine Oriental Outlook, proche de l'agence de presse Chine nouvelle (Xinhua), annonce qu'un tiers des Chinois sont croyants[121]. Ce taux est confirmé par une étude réalisée par deux enseignants d'une université de Shanghai, le East China Normal University, en 2005[122],[123]. La religion est avec la politique le sujet le plus délicat en République Populaire de Chine. Pékin mène une politique de répression contre les sectes et les religions établies : le 29 juillet 2006, le temple protestant non officiel de Dashan a été détruit et plusieurs fidèles et pasteurs ont été arrêtés[124].

Les principales religions connues en Chine sont : le bouddhisme, l'islam, le catholicisme et le protestantisme, auxquelles peuvent être ajoutées le taoïsme et la religion populaire (deux religions spécifiques à la Chine), le chamanisme, l'Église orthodoxe et le Dongba, qui est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.

Le bouddhisme fut introduit en Chine vers le Ier siècle. Il se répandit largement après le IVe siècle et est devenu, progressivement, la religion qui exerce la plus grande influence en Chine. Il se répartit entre deux écoles : le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie-Intérieure, et le bouddhisme du Petit Véhicule. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.

Lao Zi, Mythes et Légendes de Chine, 1922 par E. T. C. Werner 老子

Le taoïsme est apparu au IIe siècle, inspiré a posteriori par les écrits du philosophe Lǎo Zi (ou Lao-tseu) (老子), dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu, (en chinois 道德经 Dàodé Jīng), est, avec le Livre des Mutations (易经 Yì Jīng), aux sources de l'ésotérisme chinois. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine. [réf. nécessaire]

Jours fériés et fêtes

Jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an 元旦 yuán dàn Férié
1er jour du 1er mois lunaire Festival de Printemps (Nouvel An chinois) 春節 Chūnjié Basé sur le calendrier chinois
1er mai Fête du Travail 勞動節 Láodòngjié
4 mai Fête de la jeunesse 青年節 Qīngniánjié Commémoration du Mouvement du Quatre Mai
1er juin Fête d'enfant 兒童節 Értóngjié
1er juillet Fondation du Parti communiste chinois 建党节 Jiàndǎngjié Formation du 1er Congrès du parti le 1er juillet 1921
1er août Jour de l'armée 建军节 Jiànjūnjié Soulèvement de Nanchang (南昌起义)
le 1er août 1927
1er octobre Fête nationale 国庆节 Guóqìngjié Fondation de la RPC le 1er octobre 1949
Fêtes (节日, Jiérì) traditionnelles
Date Nom français Nom local Remarques
15e jour du 1er mois lunaire Fête des lanternes 元宵节 Yuánxiāojié D'après le calendrier chinois
Début avril Qīngmíng, Lumière Pure 清明节 Qīngmīngjié D'après le calendrier chinois.

Environ 15 jours après l'Équinoxe de printemps
Jour pour porter le respect aux morts
Officiellement férié depuis le 4 avril 2008

5e jour du 5e mois lunaire Fête des bateaux dragons (Fête du dragon) 端午节 Duānwǔjié D'après le calendrier chinois
15e jour du 7e mois lunaire Fête des fantômes affamés 中元节 Zhōngyuánjié D'après le calendrier chinois
15e jour du 8e mois lunaire Fête de la mi-automne (Fête de la lune) 中秋节 Zhōngqiūujié D'après le calendrier chinois
9e jour du 9e mois lunaire Fête du double neuf 重阳节 Chóngyángjié D'après le calendrier chinois

Sport

Article détaillé : Sport en Chine.

La Chine est actuellement la deuxième nation sportive au monde, derrière les États-Unis[125].

Aux Jeux olympiques d'été de 2008, la Chine termine pour la première fois au sommet du classement des médailles d'or, devant les États-Unis (et deuxième pour le nombre total de médailles)[126].

Monuments

Codes

La République Populaire de Chine a pour codes :

Articles connexes

Bibliographie

  • Barbier-Kontler, Christine, Sagesses et religions en Chine : de Confucius à Deng-Xiaoping, Paris, Bayard, 1996.
  • Catinot-Crost, Laurence, La Chine impériale : histoire des dynasties, Anglet, Atlantica, 2002.
  • Charbonnier, Jean, Histoire des chrétiens de Chine, Paris, Les Indes savantes, 2002.
  • Collectif, China in the twenty-first century : politics, economy and society, New York : United Nations university press, 2003.
  • Collectif, Dictionnaire de la civilisation chinoise, Paris, A. Michel, Encyclopaedia universalis, 1998.
  • Farah, Paolo D, L’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce : les règles internationales et les barrières culturelles internes, Lettre de l’Antenne franco-chinoise, janvier 2006, pp. 1–12. Accessible en ligne : http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=924757
  • Farah, Paolo D, Five Years of China’s WTO Membership. EU and US Perspectives about China’s Compliance with Transparency Commitments and the Transitional Review Mechanism, Legal Issues of Economic Integration, Kluwer Law International, Volume 33, Number 3, pp. 263-304, 2006. Accessible partiellement en-ligne: http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=916768
  • Fairbank, John King, China, a new history, Cambridge, London, the Belknap press of Harvard university press, 1994.
  • Gascoigne, Bamber, The dynasties of China: a history, New York, Carroll and Graf, 2003.
  • Goepper, Roger, La Chine ancienne : l'histoire et la culture de l'Empire du Milieu, Paris]: Bordas, 1988.
  • Roland Lew, L'intellectuel, l'État et la révolution. Essai sur le communisme chinois et le socialisme réel, 1997.
  • Lin, Yi-min, Between politics and markets : firms, competition, and institutional change in post-Mao China, Cambridge, Cambridge university press, 2001.
  • Lorot, Pascal, Le Siécle de la Chine. Essai sur la nouvelle puissance chinoise, Paris, Choiseul, 2007.
  • Pairault, Thierry, Petite introduction à l’économie de la Chine, Paris, EAC/AUF, 2008.
  • Piques, Marie-Chantal, Les miroirs de la négociation en Chine : voyage dans l'univers mental et social chinois, Arles, P. Picquier, 2001.
  • Seiwert, Hubert Michael, Popular religious movements and heterodox sects in Chinese history, Leyde, Brill, 2003.

Notes et références

  1. Le mandarin est la langue officielle, sauf à Hong Kong (cantonais et anglais) et à Macao (cantonais et portugais). Dans certaines régions autonomes, le mongol, l'ouïgour et le tibétain ont également un statut officiel.
  2. La République populaire de Chine naquit en 1949 à côté de la République de Chine qui a succédé directement à la dernière dynastie Mandchoue (1644-1912). Les deux États héritent de la civilisation chinoise en occupant des territoires séparés.
  3. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds Monétaire International (FMI).
  4. PIB nominal, d'après le Fonds Monétaire International (FMI).
  5. La République populaire de Chine est couramment désignée sous le nom de Chine, bien que la République de Chine (couramment appelée Taïwan) revendique également cette appellation.
  6. "" CIA world-factbook
  7. "" Juillet 2008 : source ChinoFrance.net (fr) & CIA world-factbook
  8. L'Empire du Milieu : pourquoi appelle-t-on la Chine ainsi ?
  9. « La Chine, en plein boom, est moins riche qu'on ne le croit », Le Figaro, 28 décembre 2007.
  10. « Une étude de la Banque mondiale, publiée le 17 décembre, classe l'économie chinoise au deuxième rang mondial derrière celle des États-Unis. La Chine devance le Japon, l'Allemagne, l'Inde, le Royaume-Uni et la France, selon le calcul du produit intérieur brut (PIB) en parité de pouvoir d'achat. Selon le critère monétaire traditionnel, elle figure à la troisième place, devant l'Allemagne. », « La Chine devient la troisième puissance économique mondiale », Le Monde, 16 juillet 2007.
  11. Mao, The Unknown Story; by Jung Chang and Jon Halliday
  12. INVASION DU TIBET PAR LA CHINE
  13. Le défi chinois, Serge Bésanger
  14. Michel Bonnin : Comment définir le régime politique chinois aujourd'hui ?
  15. RFI - Commerce des armes - Chine : l’Europe souhaite lever son embargo
  16. J.P. Cabestan, « Recrudescence de tension « d’État à État » dans le détroit de Formose La nouvelle approche taiwanaise de ses relations avec la Chine populaire et ses répercussions » [lire en ligne]
  17. La Chine en quête de ses frontières, J.-P. Cabestan et B. Vermander, p. 31.
  18. Déclaration en neuf points de Ye Jiangying [lire en ligne]
  19. Relations Across The Taiwan Straits, Published by Mainland Affairs Council The Executive Yuan, Republic of China, July 1994.[lire en ligne]
  20. Taiwan Chine populaire : l'impossible réunification, Jean Pierre Cabestan, p92
  21. « Un pays, deux systèmes », ce n’est pas pour Taiwan [lire en ligne]
  22. Kyoto protocol - Status of ratification sur unfccc.int, 26 septembre 2006. Consulté le 17 février 2008
  23. Le 13 juin 2008, l'agence néerlandaise d'évaluation environnementale relevait que la Chine était passée devant les USA en tant que plus gros contributeur de CO2.
  24. Le Monde.fr : La Chine en passe de devenir le premier émetteur de gaz à effet de serre
  25. Le Monde du 6 janvier 2005
  26. Bruno Philip, « Dans le sud de la Chine, les montagnards miaos restent à la traîne du décollage économique », par Bruno Philipdans Le Monde du 17/12/2006, [lire en ligne]
  27. La politique de "l'enfant unique" a empêché 400 millions de naissances en Chine, selon Pékin
  28. Le Monde du 6 janvier 2005
  29. Articles sur les sanctions conçernant des membres du parti communiste chinois : [1], [2], [3]
  30. Thierry Sanjuan, « Atlas de la Chine, les mutations accélérées », Autrement, Paris, 2007, p.21
  31. Chine un pays à la dérive sexuelle
  32. Trafic humain en Chine
  33. Chine informations; Chine : nouveau programme pour lutter contre le trafic humain
  34. Constitution of the People's Republic of China (Full text after amendment on March 14, 2004), site du gouvernement chinois
  35. La politique chinoise à l'égard des minorités nationales, Chine-informations.com
  36. « Depuis le début des années 80, le gouvernement central chinois a approuvé l'application du planning familial dans les régions des minorités nationales pour élever leur niveau économique et culturel excepté au Tibet et dans les régions des minorités nationales peu peuplées. Les règlements sont déterminés par le gouvernement du département autonome ou par la province et la région autonome intéressées selon les conditions locales. », Unir le guide de l'État avec le désir de la masse, China Internet Information Center
  37. Rapport de la sous-commission établi en application de la résolution 8 (XXIII) de la Commission des Droits de l'Homme, 24 juin 1999
  38. « Quelle solution politique pour le Tibet ? », rapport du groupe interparlementaire français d'amitié n° 77 (2007-2008) - 17 octobre 2007 : L'envers du décor
  39. « Le sentiment d’être dominées par la Chine au profit des chinois han et à leurs dépens a rapidement généré chez les populations locales un profond mal-être. » Opposition politique, nationalisme et islam chez les Ouïghours du Xinjiang, Rémi Castets, Les Études du CERI, N° 110 - octobre 2004, p. 4.
  40. « De nombreuses politiques alimentent en effet le mécontentement des minorités nationales. La Loi sur le contrôle des naissances et les avortements imposés sont par exemple mal tolérés par les populations musulmanes de la région. [...] Les interdits et la répression autour des activités religieuses et culturelles potentiellement subversives sont devenus particulièrement étouffants. Cependant, c’est sans doute la politique massive de colonisation han qui aux yeux des populations autochtones a eu les conséquences les plus désastreuses et les plus difficiles à accepter. », Ibid, p. 19
  41. « Nous nous devons d’exposer son caractère réactionnaire et son hypocrisie religieuse. Nous devons reconnaître le dalaï-lama pour ce qu’il est : le chef d’un groupe de séparatistes politiques qui conspirent pour l’indépendance du Tibet, l’outil fidèle des forces anti-chinoises dans le monde, la dernière source de désordre social au Tibet, et le premier obstacle dans la création d’un ordre normal dans le bouddhisme tibétain. », Dixième Plan quinquennal de la RAT, chapitre 19, rapporté par Susette Cooke, Perspectives chinoises, n°79, 2003, note 60, La culture tibétaine menacée par la croissance économique, mis en ligne le 2 août 2006. Consulté le 11 novembre 2007
  42. « Après la libération pacifique du Xinjiang, les forces en faveur du « Turkestan oriental » n’ont pas accepté leur défaite. Une minorité de séparatistes du Xinjiang réfugiés à l’étranger agissaient de connivence avec les séparatistes en territoire chinois, tentant de mener des activités de séparation et de sabotage grâce au soutien des forces internationales antichinoises. Depuis les années 1990 en particulier, certaines forces en faveur du « Turkestan oriental » en Chine et à l’étranger, influencées par l’extrémisme religieux, le séparatisme et le terrorisme international, ont commencé à mener des activités de séparation et de sabotage par le terrorisme et la violence. Certaines organisations en faveur du « Turkestan oriental » ont déclaré ouvertement vouloir obtenir la séparation par les moyens terroristes et violents. Au Xinjiang en Chine et dans certains pays concernés, les forces en faveur du « Turkestan oriental » ont comploté et organisé une série d’incidents sanglants terroristes et violents par l’explosion, l’assassinat, l’incendie, l’empoisonnement et l’attaque, portant gravement atteinte à la vie et à la fortune des grandes masses de toutes les ethnies chinoises, à la stabilité sociale de la Chine et à la sécurité et à la stabilité des pays et régions concernés. Après l’attentat du 11 Septembre, la voix internationale de la lutte et de la coopération antiterroristes devient de plus en plus forte. Afin de sortir d’une situation embarrassante, les forces en faveur du « Turkestan oriental » ont commencé à brandir la bannière de sauvegarder « les droits de l’Homme », « la liberté religieuse » et « les droits des ethnies minoritaires ». Elles ont forgé un mensonge selon lequel « le gouvernement chinois a profité de l’occasion pour réprimer les ethnies minoritaires » afin d’induire l’opinion publique en erreur, de tromper l’opinion publique mondiale et d’éviter les coups antiterroristes internationaux. », L’histoire et le développement du Xinjiang IV. L’origine de la question du « Turkestan oriental », Office d’information du Conseil des Affaires d’Etat de la République populaire de Chine, Beijing, mars 2003. Consulté le 11 novembre 2007
  43. One Nation Divided
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  125. Classement mondial des grandes nations du sport
  126. Classement officiel des médailles aux JO 2008

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