Tibet
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Tibet historique
Carte historique du Tibet
Localisation Chine : anciennes
provinces historiques tibétaines de
l'Ü-Tsang, de l'Amdo et du Kham.
Langues Geman Deng
Groma
Tibétain
Capitale Lhassa
29°39′23″N 91°7′42″E / 29.65639, 91.12833
Superficie 2 500 000 km2
Statut Entités autonomes tibétaines de
la République populaire de Chine
Population[1] 5 020 000 Tibétains
1 470 000 Hans
790 000 Autres ethnies
Tibet culturel/historique et revendications territoriales diverses
Tibet historique revendiqué par les Tibétains en exil
Territoires désignés comme tibétains par la RPC
Région autonome du Tibet
Revendiqué par l'Inde comme partie de l'Aksai Chin
Revendiqué par la RPC comme partie de la Région autonome du Tibet
Autres zones de la sphère d'influence historique tibétaine

La seule entité administrative portant aujourd'hui officiellement le nom de « Tibet » (en tibétain བོད་ Bod, en chinois : 西藏 ; en pinyin : Xīzàng) est l'actuelle région autonome du Tibet en Chine. À sa périphérie orientale et méridionale, existent des subdivisions administratives autonomes tibétaines incorporées dans les provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan.

Sur le plan culturel le Tibet est l'aire asiatique habitée par les Tibétains (on y trouve cependant d'autres ethnies : Han, Hui, Mongols, Tu, Qiang). Dans son acception la plus étendue, elle recouvre la région autonome du Tibet et les zones autonomes tibétaines en Chine, et les régions tibétaines existant dans les pays limitrophes.

Sous l'appellation « Tibet historique » cette aire, revendiquée par le gouvernement tibétain en exil, est composée de trois régions traditionnelles : l'Ü-Tsang (dont la plus grande partie du territoire est comprise dans la Région autonome du Tibet), l'Amdo (éclaté entre les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan) et le Kham (dont le territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la région autonome du Tibet)[2].

Au recensement de 2000, le nombre de Tibétains dans l'ensemble de ces régions était de 5 020 000, selon le bureau des statistiques de la Chine[1], et d'environ 6 millions selon le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala (Inde). La Région autonome comptait 2 616 000 habitants en 2000[3]. Au recensement national de 2010, elle en comptait 3 002 166, soit une hausse de 14,75%. 90% des habitants sont des Tibétains de naissance[4]. Quelque 150 000 Tibétains vivent actuellement en exil, principalement en Inde. Certains quittèrent le Tibet en 1959.

La superficie du Tibet varie de 1 221 600 km2 pour la Région autonome du Tibet (qui correspond à peu près au Tibet indépendant de facto entre 1912 et 1950, mais est plus réduite que celle du territoire administré par les dalaï-lamas sous la dynastie Qing)[5] à 2 500 000 km2 pour le « Tibet historique »[6] ou « Grand Tibet »[7]. La capitale historique qui, traditionnellement, concentre l'autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa.

Tibet se voit parfois orthographié Thibet, notamment dans les récits de l'exploratrice et orientaliste Alexandra David-Néel.

Les Tibétains parlent un des trois dialectes du tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et sont majoritairement bouddhistes, pratiquant plus précisément le bouddhisme vajrayâna.

Sommaire

Définitions du Tibet

Article détaillé : Définitions du Tibet.

La question « Qu'est-ce que le Tibet ? » appelle bien des réponses. On peut définir ce territoire sous les angles géographique, ethnique et politique (Stephanie Roemer)[8], mais aussi historique et culturel.

Tibet géographique

Article connexe : Géographie du Tibet.

Il s'agit du « toit du monde », le plateau Tibétain, plus grand plateau au monde, bordé de trois gigantesques chaînes de montagnes : les monts Kunlun, la chaîne de l’Himalaya et le Karakoram (ou Karakorum), qui constituent autant de frontières naturelles[9].

« Tibet politique »

Selon Melvyn C. Goldstein, le gouvernement tibétain ayant perdu le contrôle de la majeure partie du Kham et de l'Amdo au milieu du XVIIIe siècle au profit des empereurs mandchous, l'historiographie tibétaine en Occident a pris l'habitude de distinguer le « Tibet politique », c'est-à-dire le territoire resté sous le contrôle du gouvernement tibétain jusqu'en 1951 (l'entité politique gouvernée par le dalaï-lama), des autres régions habitées par des Tibétains. Ainsi, le diplomate et historien britannique Hugh Richardson, à la suite des travaux de Sir Charles Bell, différenciait le « Tibet politique » du « Tibet ethnographique » des anciennes provinces du Kham et de l'Amdo[10].

Anne-Marie Blondeau évoque la distinction faite par Melvyn Goldstein, entre « Tibet Politique » qui équivaudrait à la région autonome du Tibet, et « Tibet ethnographique », qui serait ceux que d'autres appellent « Tibet Historique » : « Ces définitions, pour commodes qu'elles soient nous semblent réductrices et dangereuses pour un éventuel réglement de la question tibétaine. Elles veulent nettement séparer le problème de la RAT de celui des provinces orientales incorporées dans les provinces chinoises »[11].

Région autonome du Tibet ou Xizang

La seule entité administrative portant aujourd'hui le nom de « Tibet » est l'actuelle région autonome du Tibet[12],[13]. En chinois le nom de la région autonome est Xizang.

Lorsque la République populaire de Chine utilise le terme Tibet, elle fait référence à la région autonome du Tibet, dont la capitale est Lhassa, l'une des cinq régions autonomes de la RPC[14]; elle y inclut la plus grande partie de l'État indien de l'Arunachal Pradesh dont elle revendique la possession[15].

La région autonome du Tibet est un ensemble administratif créé en 1965 et couvrant quelque 1,2 million de kilomètres carrés[12]. Cette zone administrative est désignée sous le nom de « Tibet » par le gouvernement de la Chine et la plupart des médias occidentaux[16], ainsi que par des encyclopédies et des guides de voyage[17].

Cette définition est contestée par Katia Buffetrille : « Les frontières actuelles du Tibet, donc ce qu’on appelle la Région autonome du Tibet, n’est de loin pas tout le Tibet. Cela correspond à une délimitation administrative imposée par les Chinois en 1965. Il faut y ajouter les régions tibétaines au Gansu, au Yun’nan, au Sichuan et au Qinghai »[18]. Françoise Robin précise que cette réalité de « couverture géographique du Tibet » est connue des spécialistes mais elle est restée invisible du grand public[19]. Les subdivisions administratives autonomes tibétaines de la République populaire de Chine existant à la périphérie orientale et méridionale de la région autonome du Tibet, font partie administrativement des provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan.

Pour le Département fédéral des affaires étrangères de la Confédération helvétique, « Le Tibet est une région de la République populaire de Chine. Elle bénéficie du statut de région autonome de l'ethnie tibétaine et a, administrativement, rang de province » ; il ajoute qu'« en tant que partie d'un État, le Tibet ne jouit d'aucune souveraineté propre au regard du droit international »[20].

Pour le Gouvernement tibétain en exil, le Tibet renvoie à une région plus vaste comprenant l’ensemble des anciennes provinces de l'Ü-Tsang, du Kham et de l'Amdo, à l'exception de l'Arunachal Pradesh[21].

Autres subdivisions autonomes tibétaines

La République populaire de Chine a par ailleurs créé des subdivisions autonomes tibétaines dans les provinces chinoises du Gansu, du Sichuan, du Qinghai et du Yunnan (le Tibet oriental, les anciens Kham et Amdo). Ces subdivisions sont au nombre de 12 avec 10 préfectures et 2 comtés[22] :

Définitions autres qu'administratives ou officielles

« Tibet culturel »

Article connexe : Culture tibétaine.

Le concept de « Tibet culturel » a une acception plus ou moins étendue, englobant soit uniquement un ensemble formé par la région autonome du Tibet et les zones autonomes tibétaines, soit cet ensemble augmenté des régions tibétaines existant dans les pays limitrophes du Tibet. Ainsi, pour le tibétologue Andrew Martin Fischer, la région autonome du Tibet, jointe aux autres zones tibétaines autonomes (préfectures et comtés) incluses dans d'autres provinces chinoises, forment ce qu'on appelle le Tibet culturel ou Grand Tibet[23]. Par contre, pour Annika Antoinetta Lundkvist, auteur d'une thèse sur le bouddhisme vajrayana dans l'État de New York aux États-Unis, le Tibet culturel englobe également les populations tibétaines présentes non seulement en Chine occidentale, mais aussi au Bhoutan, en Inde (Ladakh, Zanskar, Lahul, Spitti and Kinnaur), au Pakistan (Baltistan), au Népal, et au Sikkim[24].

« Tibet ethnique » ou « ethnologique »

Groupes ethno-linguistiques de la Chine communiste (carte du Bureau de renseignement géographique de la CIA, 1967). En violet, les langues tibéto-birmanes.

Selon Stephanie Roemer, le Tibet ethnique ou ethnologique dépasse les frontières naturelles. Il représente toutes les régions qui furent autrefois habitées uniquement ou majoritairement par des gens d’origine tibétaine. Il s’agit du Tibet géographique plus le Bhoutan, les régions orientales et occidentales du Népal, les régions, actuellement indiennes, du Ladakh, de Spiti et de Kinnaur, de l’Arunachal Pradesh (en partie) et du Sikkim[25],[26].

« Tibet des trois provinces »

L’empire tibétain et son voisin chinois au VIIe siècle       Empire tibétain (Royaume de Tubo)       Chine des Tang       Territoires turcs orientaux disputés entre plusieurs peuples, sous contrôle chinois de 630 à 682       Territoires turcs occidentaux disputés entre plusieurs peuples, sous contrôle chinois de 642 à 665

Selon le gouvernement tibétain en exil et la diaspora tibétaine, le Tibet est composé de trois régions[27] :

  • le dBus-gTsang ou Ü-Tsang (prononcé [ytsaŋ] en tibétain central), en chinois « Wei-Zang 卫藏 », correspond à l'actuelle Région autonome du Tibet,
  • l'A-mdo, en chinois Anduo 安多, au nord, concerne des provinces chinoises du Qinghai, du sud du Gansu, et du nord du Sichuan (district de rNga-ba 阿坝),
  • le Kham, en chinois Kang 康, à l'est et au sud-est, qui correspond aujourd'hui à une partie de l'est de la région autonome et de deux provinces chinoises : le Yunnan et le Sichuan (district de dKar-mdzes 甘孜).

L'ensemble de ces régions a été unifié au VIIe siècle sous le règne du roi Songtsen Gampo, mais aussi de Tri Ralpachen qui signa le traité de paix sino-tibétain de 822[28], ou au XVIIe siècle sous le 5e dalaï-lama[29].

Selon Melvyn C. Goldstein, cette unité ne s'applique pas toutefois aux onze siècles qui suivirent la dislocation de l'empire tibétain au IXe siècle et virent nombre de régions périphériques devenir indépendantes ou tomber sous la coupe d'États voisins[30].

Selon le gouvernement chinois, des populations non tibétaines sont installées depuis des siècles dans certaines zones ; c'est notamment le cas de Hans autour de Xining et dans l'est du Kham, de Mongols autour du lac Kokonor et dans le bassin du Qaidam, de Hui, de Tu (ou Mongour) et de Qiang[31].

« Tibet historique »

Le Tibet culturel

Pour certains historiens, la notion de « Tibet historique » renvoie aux VIIe et VIIIe siècles, lorsque le Tibet, dans son âge d'or, s'étendait sur une bonne partie de l'Asie y compris certaines parties de la Chine[32].

Divers auteurs utilisent l'expression de « Tibet historique » pour désigner l'ensemble formé par la Région autonome du Tibet, le Kham et l’Amdo[33],[34],[35],[36],[37],[38],[39]. Cette expression de « Tibet historique », appliquée à l'ensemble de la région autonome du Tibet et aux préfectures et comtés tibétains, est présente également sur le site de l'association Free Tibet Campaign[40] et sur le site du Comité Canada Tibet[41].

Pour le professeur Grunfeld, l'idée que le Tibet couvre la totalité des territoires habités par des Tibétains équivaut à inclure dans une carte du Mexique la totalité du sud-ouest des États-Unis[42].

« Grand Tibet »

Article connexe : Grand Tibet.

Le tibétologue américain Melvyn C. Goldstein emploie l'expression « Grand Tibet » (Greater Tibet) dans son livre The Snow Lion and the Dragon. Selon lui, le gouvernement en exil s'est fermement engagé à recréer le Grand Tibet, englobant dans une seule unité administrative le Tibet politique et le Tibet ethnographique, en raison du grand nombre de réfugiés issus du Tibet ethnographique et pour éviter le risque d'une scission dans la communauté des exilés[43].

Lors d'interviews en 2008 et en 2010, le dalaï-lama a indiqué que l'appellation de « Grand Tibet » est utilisée par le gouvernement chinois, mais que les autorités tibétaines en exil ne l’utilisent jamais[44],[45].

Géographie

Article détaillé : Géographie du Tibet.

S'étendant d'est en ouest sur une distance d'environ 2 400 km, et du nord au sud sur environ 1 000 km, le plateau du Tibet est situé entre les longitudes 78°24' et 104°47' Est et les latitudes 26°2' et 40°3' Nord au cœur du continent asiatique. C'est un pays gigantesque d'environ 2,5 millions de km² (soit 5 fois la France) avec une altitude moyenne de 4 200 m, qui rassemble les plus hautes montagnes du monde.

Le plateau du Tibet abrite, dans la province de Qinghai, la Réserve naturelle des Sources des trois rivières, plus grande réserve naturelle de Chine et la plus élevée au monde, d'où partent les trois grands fleuves chinois le Mékong, le Yángzǐ Jiāng (扬子江) et le Huáng Hé (黃河).

Le nom occidental Tibet, apparenté au nom mongol Töbüt, n'est pas lié au nom indigène Bod. En chinois, le nom ancien du Tibet est Tǔfān (吐蕃, incorrectement prononcé Tubo par beaucoup de Chinois), mais le nom actuel de la région autonome est Xīzàng (西藏, littéralement Zàng de l'Ouest). Selon certains auteurs, veut dire « ouest » et zàng désigne une des deux parties de la région de l'U-Tsang, Xīzàng ayant été employé pour la première fois par l' empereur Qiánlóng (乾隆, 1711-1799) de la dynastie mandchoue Qing au XVIIIe siècle. Pour d'autres auteurs et le gouvernement tibétain en exil, Xizang voudrait dire « trésor de l'Ouest » (développé en « maison des trésors de l'Ouest » ou encore « réservoir de ressources naturelles de l'Ouest »).

Les noms de lieux ont été changés depuis la promulgation du système unifié de romanisation par la RPC (République populaire de Chine) : le pinyin : gZhi-ka-rtse devient ainsi Xigaze. Aussi un même lieu au Tibet peut-il avoir de nombreuses « orthographes » : le nom en caractères chinois, dont la transcription peut être en pinyin ou dans les anciennes transcriptions occidentales, comme le Wade-Giles (anglo-saxons) ou la transcription EFEO (francophones), et le nom en tibétain, qui peut aussi être translittéré de différentes façons. La meilleure solution est d'utiliser la translittération Wylie de l'orthographe tibétaine, selon l'usage des tibétologues aussi bien occidentaux que chinois, bien que celle-ci rende compte de l'orthographe et non de la prononciation.

Climat

3 700 m d'altitude, la végétation est encore dense autour des lacs.

Le climat du Tibet est très continental, froid et sec. Paradoxalement, la température moyenne annuelle est supérieure à celle de l'atmosphère à une altitude équivalente (rayonnement de la terre). Cet effet provoque d'importants gradients nord-sud de pression, et participe activement au phénomène de mousson. Les changements de températures sont assez brusques sur le plateau du Tibet : par un temps ensoleillé et chaud, la température peut chuter brusquement de plusieurs dizaines de degrés, si des nuages viennent couvrir le ciel. Le climat varie également très fortement entre la nuit et le jour[46].

Géologie

Modèle numérique de terrain du plateau tibétain et des chaînes de montagne périphériques.

Le plateau tibétain résulte de la collision depuis 50 millions d'années entre les plaques indienne et eurasienne. Il est de loin le plus haut (plus de 5 000 m) et le plus vaste plateau au monde (plus de cinq millions de km²). Il est bordé par différentes chaînes de montagnes (Tien Shan au NO, Qilian Shan au NE, Himalaya au Sud. Sa taille exceptionnelle résulte directement de la collision de l'Inde et de l'Eurasie, à une vitesse rapide (15 cm/an avant la collision, 5 cm/an actuellement). Les déformations associées à cette collision se retrouvent dans une grande partie de l'Asie, jusqu'en Sibérie. Le très faible relief du plateau, malgré la haute altitude, est lié aux limites rhéologiques de la croûte continentale : la collision provoque son épaississement (60 à 90 km d'épaisseur), soit plus du double d'une croûte normale. La croûte continentale contient des isotopes radioactifs du thorium, de l'uranium et du potassium qui produisent de la chaleur. Cette plus forte concentration d'isotopes radioactifs provoque un réchauffement de la croûte : elle devient « molle », et ne permet plus de supporter un épaississement plus important. On observe alors une déformation extensive (failles normales au sein même de la zone en compression) et la propagation de la déformation horizontalement. Les tremblements de terre sont fréquents sur le plateau du Tibet : afin d'en limiter les effets, les maisons sont construites autour de gros piliers faits de troncs d'arbres entiers.

Histoire

Drapeau du Tibet, créé en 1916 par le 13e dalaï-lama et ayant servi à des fins militaires et officielles jusqu'en 1951, il continue à être employé par le Gouvernement tibétain en exil, mais est interdit depuis 1959 en République populaire de Chine
« Les Cinq peuples rassemblés », le Drapeau de la République de Chine de 1912 à 1928, représentant les Hans, les Mandchous, les Mongols, les Ouïgours et les Tibétains - les cinq peuples principaux de la République de Chine
Carte de la Chine des Qing en 1892 ; le Tibet y est représenté rattaché à la Chine (comme la Mongolie.) Toutefois ce genre de carte est sans valeur légale, et sur d'autres cartes il n'y est pas rattaché (Cartes-Maps)

Le drapeau du Tibet, créé par le 13e dalaï-lama en 1916, a été proscrit par la République populaire de Chine en 1959, neuf ans après l'intervention militaire chinoise. Il est aujourd'hui l'emblème du gouvernement tibétain en exil. Ce drapeau s'inspire des motifs de drapeaux antérieurs utilisés par les régiments tibétains, en particulier la figure du lion des neiges, laquelle remonterait au règne du roi du Tibet Songtsen Gampo au VIIe siècle[47].

L'histoire, notamment les événements du XXe siècle, ont donné lieu à une double interprétation relevant du domaine de l'historiographie.

Avant 1950

Au VIIe siècle, le Tibet unifié est fondé par Songtsen Gampo, qui crée un vaste et puissant empire. Pour consolider ses alliances politiques, il prend pour épouses la princesse népalaise Bhrikuti, fille du roi Amsuvarma, et la princesse chinoise Wencheng Gongzhu, nièce de l'empereur Tang Taizong. Les Tibétains attribuent l’introduction du bouddhisme et la fondation du temple de Jokhang à ces deux reines, considérées comme deux incarnations du bodhisattva Tara.

Entre 742 et 797 (?), Trisong Detsen, deuxième « roi selon la doctrine bouddhique », fait du bouddhisme la religion d'État, invite des maîtres indiens, dont Padmasambhava, Shantarakshita et Vimalamitra, à qui est attribuée l'introduction du bouddhisme tantrique au Tibet. Il y a traduction de textes bouddhiques du sanskrit en tibétain. L'expansion de l'empire se poursuit. Les Tibétains occupent la capitale chinoise Xi'an (Xi'an) en 763.

De 815 à 838, Tri Ralpachen est le troisième « roi selon la doctrine bouddhique ». On assiste à de nombreuses traductions en tibétain de textes bouddhiques sanskrits et chinois. La Chine et le Tibet signent plusieurs traités de paix. Le traité de paix sino-tibétain de 822, gravé sur trois piliers dont l'un est encore visible à Lhassa, place Chinois et Tibétains sur un rang d'égalité et établit les frontières entre les deux pays.

De 838 à 842, sous le règne de Langdarma, qui fut assassiné par un moine, on assiste à la fin de la « première diffusion du bouddhisme » et le pays est à nouveau morcelé en petits fiefs.

De la deuxième moitié du Xe siècle au XIIe siècle, on assiste à la « deuxième diffusion du bouddhisme ». Des Tibétains se rendent en Inde auprès de grands maîtres. L'activité de traduction de textes bouddhiques reprend. Plusieurs grands maîtres fondent des écoles, ainsi Marpa le traducteur (1012-1097), dont un disciple, le célèbre Milarepa (1040-1123), est à l'origine de l'ordre des kagyus, et Khön Köntchok Gyalpo (1034-1102), qui fonde en 1073 l'ordre des Sakya. Enfin, Atisha, moine indien, arrive au Tibet en 1042 et fonde l'ordre des kadampas. Ce dernier ordre influera tant les ordres existants qu'il se répandra dans les autres ordres et disparaitra en tant que tel dans les siècles suivants. L'école se référant à la « première diffusion du bouddhisme » prend le nom de Nyingma (« les Anciens»).

Chine, Dynastie Yuan mongole, 1294

Après l'invasion et le contrôle par le pouvoir mongol de la Chine au XIIe siècle et la fondation de la dynastie Yuan par Kubilai Khan, les relations politiques entre les chefs des écoles du Bouddhisme tibétain et l'Empereur de Chine, Mongol à l'époque, débutèrent. Kubilai Khan interagit avec les Sakya qui conserveront leur rôle politique.

1357 voit la naissance de Tsongkhapa, fondateur de l'ordre des Gelugpa (les « Vertueux »), école dont seront issus les dalaï-lamas.

En 1368 débute la dynastie chinoise des Ming qui durera jusqu'en 1644. La dynastie Ming patronnait l'activité religieuse du Tibet selon les historiens de la RPC. Cependant, la plupart des lettrés hors de la RPC disent que la relation était une suzeraineté, que les titres Ming étaient seulement nominaux de sorte que le Tibet est resté une région indépendante.[réf. nécessaire]

De 1643 à 1949, le Tibet était gouverné par le dalaï-lama et le gouvernement tibétain, parfois en tant que chef d'État, parfois en tant que vassal de l'Empereur de Chine et soit comme 1er grand Lama, soit en partageant le pouvoir avec le panchen-lama.[réf. nécessaire]

Carte de la Chine, de la Tartarie-chinoise et du « Thibet » en 1734 par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville

Selon le Ministre conseiller de la RPC Hong XiaYong, de 1727 à 1911, ce sont en tout 57 ambans (ministres chargés des affaires tibétaines sous la dynastie Qing) qui sont en poste au Tibet où ils ont la haute main sur l'administration locale pour le compte de l'autorité centrale[48].

Selon Michael Harris Goodman, l’amban était sans pouvoir réel, se contentant d’une observation des formalités[49].

Selon le sociologue chinois Rong Ma[50], sous la dynastie Qing, la principale mission échue aux deux ambans et à leurs troupes était de s'assurer de la subordination du Tibet au pouvoir impérial, de maintenir le Tibet en paix et de le défendre contre toute invasion étrangère. Il y avait 3 000 soldats (han, mongols et mandchous) à Lhassa au début du XVIIIe siècle, leur nombre croissant jusqu'à 10 000-15 000 pendant la guerre contre les Gurkhas en 1791. « Il ne saurait y avoir aucun doute quant à la subordination du Tibet à la Chine gouvernée par les Mandchous dans les premières décennies du XVIIIe siècle (Melvyn C. Goldstein) »[51].

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, une situation de concurrence se développe entre la Russie et la Grande-Bretagne, cette dernière cherchant à contrôler le Tibet depuis l'Inde, et la Russie cherchant à l'en empêcher pour maintenir son influence en Asie centrale.[réf. nécessaire]

En 1904 le Gouverneur général des Indes britannique, lors de ce qui mena à une expédition militaire britannique au Tibet, jugea que la Chine ne disposait d'aucun pouvoir ou autorité sur le gouvernement tibétain. L'expédition militaire, conduite par le colonel Francis Younghusband, écrase dans le sang en 1904 la défense tibétaine et les Britanniques s'imposent au Tibet et s'y attribuent des privilèges commerciaux et diplomatiques.

À la suite des réactions internationales et du mécontentement de l'opinon publique en Angleterre, le traité est rapidement remis en cause et réaménagé, notamment avec le traité sino-anglais de 1906 ou traité de Pékin (en anglais Convention between Great Britain and China respecting Tibet) par lequel il n’y aura pas d’occupation anglaise du territoire tibétain, l’indemnité de guerre se règlera en trois fois et les Britanniques réaffirment la suzeraineté de la Chine sur le Tibet. Pékin règle les sommes dues aux Anglais par les Tibétains[52].

En 1908, profitant du départ des troupes britanniques, la Chine reprendre provisoirement le contrôle du Tibet[53] en tant que puissance suzeraine, jusqu'à la révolution de 1911 qui marque l'effondrement de l'Empire Qing et l'installation de la République de Chine. Après sa fuite en Inde, le 13e dalaï-lama est déposé par la Chine[53].

Les troupes et les autorités officielles chinoises sont expulsées du Tibet en 1912 par les Tibétains.

En 1912, à la suite d'une lettre de Yuan Shikai souhaitant restaurer le rôle du dalaï-lama, celui-ci répond qu'il ne demande aucun titre du gouvernement chinois car il entend exercer son pouvoir spirituel et temporel au Tibet[54]. Cette lettre est considérée comme une déclaration d'indépendance[53]. Le 13e dalaï-lama proclame publiquement puis par un édit le 14 février 1913 l'indépendance du Tibet[55]

Alfred P. Rubin, un expert américain en droit international qui a étudié les déclarations d'indépendance du Tibet, estime qu'elles n'étaient aucunement des déclarations politico-juridiques mais simplement l'affirmation par le 13e dalaï-lama que la relation prêtre-protecteur ou chapelain-patron (mchod-yon) entre les dalaï-lamas et les empereurs chinois s'était éteinte du fait de la fin de l'empire[56].

En 1912, le Tibet et la Mongolie (qui avait adopté le bouddhisme tibétain et était devenue vassale de l'Empire chinois et était indépendante depuis 1911) signent un traité de reconnaissance mutuelle de leur indépendance de la Chine en présence d'Agvan Dorzhiev. Selon Charles Bell le Kashag et le 13e dalaï-lama n'ont pas reconnu cet accord[citation nécessaire][57],[58]. Toujours selon Bell, la communauté internationale n'avait pas reconnu l'indépendance de la Mongolie, ni celle du Tibet[58]. Selon le juriste Barry Sautman, le Tibet et la Mongolie en 1913 n'étant pas reconnus comme États par les autres États, le fait pour l'un et l'autre de se reconnaître mutuellement n'a pas plus d'importance que la reconnaissance mutuelle de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie aujourd'hui[59]. Selon Elliot Sperling le fait que Tibétains et Mongols aient affirmé dans leur traité de 1913 être sortis de la domination par l'État mandchou, et n'être ainsi plus liés à la Chine, est significatif sur le plan de la terminologie[60].

Selon Barry Sautman, aucun État ne reconnaît le GTE ni l'assertion que le Tibet était indépendant[61].

Pour Elisabeth Martens, l'indépendance du Tibet ne s'appuie sur aucun document officiel et ne fut jamais reconnue par aucun pays au monde, ni par les Nations unies[62]. L'auteur ajoute que l'« indépendance de fait » du Tibet au début du XXe siècle est en réalité une dépendance économique et politique vis-à-vis de l’Angleterre[63].

Dans sa lettre au Secrétaire général de l'ONU datée du 9 septembre 1959, le 14e dalaï-lama donne une série d'arguments démontrant la reconnaissance internationale de la souveraineté du Tibet, notamment le fait que la Mongolie et la Grande-Bretagne ont signé des traités avec le Tibet (le Traité d'amitié et d'alliance entre le Gouvernement de Mongolie et le Tibet et la Convention de Simla), et que des représentants tibétains munis de passeports tibétains sont reçus par l'Inde, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d'Amérique[64].

Dès 1913 le 13e dalaï-lama engage d'importantes réformes administratives et économiques[65]. Il décide en particulier de créer en complément des pièces de monnaie tibétaines, des billets de banque tibétains, des timbres spécifiques au Tibet. On lui doit aussi la création du drapeau du Tibet à partir des différents drapeaux des armées des frontières. Pour autant, drapeau, passeports, timbres et monnaie sont, selon Barry Sautman, des signes superficiels de l'existence d'un État. Ces « prétendus indices de souveraineté », ainsi qu'il les appelle, sont également l'apanage de territoires qui ne sont pas des États[66].

Article détaillé : Tibet (1912-1951).

En 1914, à la Conférence de Simla, où la Grande-Bretagne, le Tibet et la Chine sont représentés, les Britanniques proposent que les régions de population tibétaine soient divisées en deux parties :

  • un « Tibet extérieur » (composé de la partie occidentale de l'actuelle région autonome, à l'ouest de Lhassa, celle-ci incluse), administré directement par le dalaï-lama,
  • un « Tibet intérieur » (composé des régions de Koukou-Nor – l'actuel Qinghai) – et de Tchouan-Pieng – ou Kham, c'est-à-dire l'est de l'actuelle région autonome et l'ouest du Sichuan), administré par la Chine et sous l'autorité uniquement spirituelle du dalaï-lama.

Les deux secteurs seraient considérés comme étant sous la « suzeraineté » de la Chine et non plus sa « souveraineté »[67]. L’accord initial fut invalidé par le rejet, de la part du gouvernement chinois, du paraphe de son délégué sur le texte de l’accord[68].

Durant la Longue Marche en 1935 effectuée par l'Armée rouge pour échapper à l'armée nationaliste du Kuomintang durant la Guerre civile chinoise, les troupes de Mao Zedong traversent des régions tibétaines et subissent plusieurs embuscades des Tibétains.[réf. nécessaire] Selon Frédéric Lenoir et Laurent Deshayes, la population tibétaine conserve un souvenir dramatique des communistes et des nationalistes qui ont jalonné leurs périples de scènes d'horreur, tortures et pillages[non neutre][69].

En 1946, après la guerre sino-japonaise, les représentants du gouvernement tibétain rencontrent le gouvernement du Guomindang qui dirige aujourd'hui Taiwan et considère toujours le Tibet comme faisant partie de la Chine à Nankin[70].

Après 1950

En 1950, l'Armée populaire de libération pénètre dans la région tibétaine orientale de Chamdo[71] et rencontre peu de résistance de la part d'une armée tibétaine faible et mal équipée[72].

Le 23 mai 1951, des représentants du Dalaï-lama signent à Pékin l'Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet, sous la menace d'une poursuite de l'avancée de l'APL[73].

En 1954, le 14e dalaï-lama, le 10e panchen-lama et le 16e karmapa se rendent à Pékin pour discuter de la question du Tibet avec Mao Zedong[74]. Lors d'une entrevue avec le dalaï-lama, Mao lui donne l'assurance que l'identité tibétaine sera respectée et qu'aucune grande réforme ne sera entreprise au Tibet pendant six ans[75].

En 1956 a débuté à Litang dans le Kham une révolte des Tibétains, appuyée par la CIA[76] ,[77], contre l'occupant chinois, qui s'est étendue aux autres secteurs du Kham, puis en 1957 et 1958 dans les secteurs de l'Amdo, puis en 1958 et 1959, dans le Ü-Tsang, la Région autonome du Tibet, avant de s'étendre à l'ensemble du territoire. En 1959, l'insurrection éclate à Lhassa, le dalaï-lama fuit le Tibet pour se réfugier en Inde. Il sera suivi d'environ 100 000 Tibétains. Cette révolte armée, menée avec l'aide de la CIA, fut sévèrement réprimée par le gouvernement chinois.

La CIA, dans la visée anticommuniste des États-Unis, apportent leur soutien à la guérilla tibétaine opposée au parti communiste chinois, entraînent les guerriers tibétains[78], leur livrant des équipements militaires[79], et incite le dalaï-lama à s'exiler en Inde[80],[81],[82],[76].

Le nombre de victimes tibétaines de ces différents conflits, un important sujet de désaccord entre la Chine et le gouvernement tibétain en exil, est généralement estimé à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

À partir de 1959, après avoir réprimé ce qu'il qualifie de révolte de l'ancienne classe privilégiée de l'ancien Tibet, le gouvernement communiste met en place au Tibet une série de réformes, notamment et selon ce même gouvernement, l'abolition du servage[83]. Cependant, l'existence du servage au Tibet a donné lieu à une controverse universitaire[84].

En 1980, après une visite d'inspection au Tibet, le secrétaire général du parti communiste chinois, Hu Yaobang « demande une plus grande autonomie et proclame le respect de la liberté de croyance »[85]. Pendant les années 1980, les modérés du parti communiste chinois frayent la voie à une utilisation accrue de la langue tibétaine, à la reconstruction des bâtiments religieux (débouchant dans certaines régions sur un plus grand nombre de temples aujourd'hui qu'avant 1951) et à l'encouragement de la culture tibétaine[86]

Selon Amnesty International, depuis 1987, plus de 214 tentatives de manifestations pour l'indépendance ont été réprimées et les manifestants arrêtés expédiés dans des camps de travail. Tous ont été condamnés à des peines allant de 3 à 20 ans de prison.

En mars 1989, il y eu des troubles sociaux au Tibet, réprimés par les autorités chinoises et menant à l'imposition de la loi martiale. En 1990, une estimation de plus de 450 personnes tuées par les forces de sécurité avait été donnée par Tang Daxian, un journaliste chinois dissident réfugié en Occident, qui affirma aussi que la police de Lhassa avait reçu l'ordre de Pékin de provoquer un incident[87]. Le gouvernement chinois pour sa part avait fait état d'une douzaine de morts les 5 et 6 mars 1989[88].

Jeunes moines bouddhistes du monastère de Drépung.

Les autorités chinoises ont installé des caméras de surveillance à Lhassa pour contrôler les manifestations éventuelles. De nombreuses associations internationales dénoncent une répression de la religion au Tibet, comme l'illustrent par exemple la mise en résidence surveillée de Gedhun Choekyi Nyima, en 1995, juste après sa reconnaissance comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï-lama, ou la destruction en 2001 de l'institut bouddhiste de Serthar fondé par Khenpo Jigme Phuntsok, également mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses, ou encore la condamnation à une peine de prison à vie de Tenzin Delek Rimpoché en 2005. La plupart des grands maîtres du bouddhisme tibétain ont été contraints à l'exil, comme l'ont illustré la fuite à la veille de l'an 2000 du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje[89].

En mars 2008, des manifestations de moines contre le pouvoir chinois à Lhassa dégénèrent en violentes émeutes dirigées contre les habitants non tibétains et leurs biens. Elles surviennent quelques mois avant les Jeux olympiques d'été de 2008. D'autres manifestations ont également lieu en dehors de la capitale, en particulier dans la région tibétaine de l'Amdo, autour du monastère de Labrang dans la province du Gansu. Selon les autorités de la Région autonome du Tibet, le bilan est de 19 morts, victimes des émeutiers, et d'un millier de commerces et bâtiments publics détruits. Selon le Gouvernement tibétain en exil, au moins 209 Tibétains seraient morts, victimes de la répression. Des manifestations de soutien aux partisans d'un Tibet indépendant ont eu lieu lors des étapes de Londres et de Paris du relais de la flamme olympique 2008.

Article détaillé : Troubles au Tibet en mars 2008.

Démographie

Groupes ethnolinguistiques de langue tibétaine (1967) (Voir la carte complète, qui comporte une légende)

L'ethnie tibétaine est historiquement la principale composante de la population du Tibet. Les groupes ethniques monba, lhoba, mongol et hui (Chinois musulmans) y sont également présents.

Selon la tradition, les premiers ancêtres du peuple tibétain, représentés par les six bandes rouges du drapeau tibétain, sont les Se, les Mu, les Dong, les Tong, les Dru et les Ra.

La question de la proportion des Hans dans la population du Tibet est politiquement très sensible. Le gouvernement tibétain en exil affirme que la République populaire de Chine pratique une politique favorisant l'immigration han dans le but de rendre les Tibétains minoritaires dans leur propre pays, ce que conteste vigoureusement le gouvernement chinois.

Vision de la République populaire de Chine

L'évolution démographique tibétaine entre 1953 et 2000[90],[1]

La République populaire de Chine ne se considère pas comme une puissance occupante et dément avec force les allégations de submersion démographique. Elle ne reconnaît pas non plus l'existence de ce qu'elle appelle le « Grand Tibet »[91] revendiqué par le gouvernement tibétain en exil. Selon elle, cette idée a été forgée par des impérialistes étrangers dans le cadre d'un complot destiné à diviser la Chine. Elle rapproche cette idée du fait que l'Empire japonais avait créé un Manzhouguo en Mandchourie pendant la Seconde Guerre mondiale et que la Mongolie aurait gagné son indépendance - décrétée cependant en 1913 - grâce au soutien de l'Union soviétique sur laquelle elle s'est alignée par la suite, ce qui constituerait pour la Chine un précédent qui a marqué les esprits. Elle s'appuie sur le fait que les territoires de population tibétaine qui n'appartiennent pas à la région autonome n'étaient pas contrôlés par le gouvernement tibétain en 1959, mais auraient été administrés depuis des siècles par les provinces avoisinantes[92].

Selon la RPC, le nombre de Tibétains dans la région autonome était de 2,4 millions lors du recensement mené en 2000, pour 190 000 non-Tibétains, et le nombre de Tibétains dans l'ensemble des entités autonomes tibétaines (légèrement plus petit que le Tibet historique revendiqué par les Tibétains en exil) était de 5 millions, pour 2,3 millions de non-Tibétains. Dans la région autonome elle-même, la plus grande partie des Hans se trouvent à Lhassa. Les autorités chinoises affirment qu'elles respectent la différence culturelle tibétaine (par exemple en assouplissant pour les minorités le contrôle démographique sévère imposé aux Hans). Les politiques de contrôle démographique telles que la politique de l'enfant unique s'appliquent uniquement aux Hans, et non aux minorités comme les Tibétains[93].

Jampa Phuntsok, un Tibétain originaire de Chamdo (Kham) et actuel président de la Région autonome du Tibet, a déclaré que le gouvernement central n'avait aucune politique de migration vers le Tibet en raison des conditions difficiles liées à l'altitude, que les 6 % de Hans dans la RAT constituent un groupe très fluide venu principalement pour les affaires ou le travail, et qu'il n'y a pas de problème d'immigration[94].

En ce qui concerne la population d'ethnie tibétaine proprement dite, le gouvernement chinois affirme que, selon le premier recensement national mené en 1954, il y avait 2 770 000 Tibétains en Chine, dont 1 270 000 dans la région autonome, alors que, selon le quatrième recensement mené en 1990, il y avait 4 590 000 Tibétains en Chine, dont 2 090 000 dans la région autonome. Selon lui, ces chiffres constituent la preuve que la population tibétaine a doublé depuis 1951, et que les allégations des Tibétains en exil sont mensongères[95],[96]. 160 000 Tibétains vivraient en exil (dont 120 000 en Inde).

Le tableau ci-dessous[1] donne les chiffres de population, selon le recensement mené dans toute la Chine en 2000, pour toutes les entités autonomes tibétaines ainsi que pour les juridictions de Xining et de Haidong. La présence de ces deux dernières juridictions dans le tableau permet de présenter l'ensemble des chiffres de la province du Qinghai, et correspond également à la vision du gouvernement tibétain en exil qui revendique ces juridictions comme partie intégrante du Tibet historique. Les chiffres présentés ne tiennent pas compte des membres de l'Armée populaire de libération en service actif.

Les principaux groupes ethniques par région dans le Tibet historique ou « Grand Tibet » (recensement 2000)
Total Tibétains Hans Autres
Région autonome du Tibet : 2 616 329 2 427 168 92,8 % 158 570 6,1 % 30 591 1,2 %
- Juridiction de Lhassa 474 499 387 124 81,6 % 80 584 17,0 % 6 791 1,4 %
- Préfecture de Qamdo 586 152 563 831 96,2 % 19 673 3,4 % 2 648 0,5 %
- Préfecture de Shannan 318 106 305 709 96,1 % 10 968 3,4 % 1 429 0,4 %
- Préfecture de Xigazê 634 962 618 270 97,4 % 12 500 2,0 % 4 192 0,7 %
- Préfecture de Nagchu 366 710 357 673 97,5 % 7 510 2,0 % 1 527 0,4 %
- Préfecture de Ngari 77 253 73 111 94,6 % 3 543 4,6 % 599 0,8 %
- Préfecture de Nyingchi 158 647 121 450 76,6 % 23 792 15,0 % 13 405 8,4 %
Province du Qinghai : 4 822 963 1 086 592 22,5 % 2 606 050 54,0 % 1 130 321 23,4 %
- Juridiction de Xining 1 849 713 96 091 5,2 % 1 375 013 74,3 % 378 609 20,5 %
- Préfecture de Haidong 1 391 565 128 025 9,2 % 783 893 56,3 % 479 647 34,5 %
- Préfecture autonome tibétaine de Haibei 258 922 62 520 24,1 % 94 841 36,6 % 101 561 39,2 %
- Préfecture autonome tibétaine de Huangnan 214 642 142 360 66,3 % 16 194 7,5 % 56 088 26,1 %
- Préfecture autonome tibétaine de Hainan 375 426 235 663 62,8 % 105 337 28,1 % 34 426 9,2 %
- Préfecture autonome tibétaine de Golog 137 940 126 395 91,6 % 9 096 6,6 % 2 449 1,8 %
- Préfecture autonome tibétaine de Yushu 262 661 255 167 97,1 % 5 970 2,3 % 1 524 0,6 %
- Préfecture autonome mongole et tibétaine de Haixi 332 094 40 371 12,2 % 215 706 65,0 % 76 017 22,9 %
Territoires tibétains de la province du Sichuan :
- Préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba 847 468 455 238 53,7 % 209 270 24,7 % 182 960 21,6 %
- Préfecture autonome tibétaine de Garzê 897 239 703 168 78,4 % 163 648 18,2 % 30 423 3,4 %
- Xian autonome tibétain de Muli 124 462 60 679 48,8 % 27 199 21,9 % 36 584 29,4 %
Territoires tibétains de la province du Yunnan :
- Préfecture autonome tibétaine de Dêqên 353 518 117 099 33,1 % 57 928 16,4 % 178 491 50,5 %
Territoires tibétains de la province du Gansu :
- Préfecture autonome tibétaine de Gannan 640 106 329 278 51,4 % 267 260 41,8 % 43 568 6,8 %
- Xian autonome tibétain de Tianzhu 221 347 66 125 29,9 % 139 190 62,9 % 16 032 7,2 %
Total pour le Tibet historique ou « Grand Tibet » :
Avec Xining et Haidong 10 523 432 5 245 347 49,8 % 3 629 115 34,5 % 1 648 970 15,7 %
Sans Xining et Haidong 7 282 154 5 021 231 69,0 % 1 470 209 20,2 % 790 714 10,9 %

D'après les résultats du sixième recensement national (2010), 3 002 166 personnes résident dans la région autonome du Tibet, soit une hausse de 14,75% par rapport au recensement de 2000. 90% d'entre elles sont des Tibétains de naissance. La population tibétaine a connu une croissance démographique annuelle de 1,4%, soit plus que la moyenne nationale de 0,57%. Le nombre de résidents par famille a légèrement diminué depuis 2000 : dans les 670 835 foyers du Tibet, on compte 4,23 membres en moyenne, contre 4,75 personnes en 2000[97].

Point de vue du gouvernement tibétain en exil

Entre les années 1960 et 1980, de nombreux prisonniers (plus d'un million, selon Harry Wu, le directeur de la Laogai Research Foundation, une fondation américaine financée par la National Endowment for Democracy)[98] ont été envoyés dans des camps de travail (laogai) de la province tibétaine de l'Amdo (Qinghai). Depuis les années 1980, la mise en œuvre de la libéralisation économique et une plus grande mobilité à l'intérieur de la Chine ont entraîné un afflux de Hans au Tibet. Leur nombre réel reste cependant contesté. Le gouvernement tibétain en exil donne le chiffre de 7,5 millions de non-Tibétains dans le Tibet historique, pour 6 millions de Tibétains. Selon lui, c'est la conséquence d'une politique active de submersion démographique du peuple tibétain qui réduit les chances d'indépendance politique du Tibet, en violation de la Convention de Genève de 1946 qui interdit aux puissances occupantes l'installation de colons dans les territoires qu'elles contrôlent[99].

Le gouvernement tibétain en exil conteste les statistiques fournies par le gouvernement chinois au motif qu'elles ne tiennent compte ni des membres de l'Armée populaire de libération en garnison au Tibet, ni de l'importante population flottante de migrants non enregistrés[100],[101]. La ligne ferroviaire Qing-Zang reliant Xining à Lhasa est également un sujet majeur de préoccupation, dans la mesure où elle facilite l'afflux de nouveaux immigrants.

Le gouvernement tibétain en exil cite un article du Quotidien du Peuple publié en 1959 pour affirmer que la population tibétaine a diminué de façon significative depuis 1959. Selon cet article, les chiffres du Bureau national de statistiques de la RPC montrent que la population de la région autonome du Tibet était alors de 1 273 969 personnes. Dans les secteurs tibétains du Kham, on comptait 3 381 064 Tibétains. Au Qinghai et dans les autres secteurs tibétains incorporés au Gansu, on comptait 1 675 534 Tibétains. La somme de tous ces chiffres conduisait à une population tibétaine de 6 330 567 en 1959[102]. En 2000, le nombre total de Tibétains dans l'ensemble de ces régions était d'environ 5 400 000 selon le Bureau national de statistiques[103]. Ces chiffres impliqueraient qu'entre 1959 et 2000 la population tibétaine a décru d'environ un million de personnes, soit un déclin de 15 %. Au cours de la même période, la population chinoise a doublé, et la population mondiale a triplé[104]. Cette analyse fournit un argument supplémentaire concernant l'estimation du nombre de morts tibétains durant la période allant de 1959 à 1979. Elle suggère l'existence d'un déficit démographique de la population tibétaine dont les causes et l'évolution temporelle restent à préciser.

Ces chiffres étant plus de deux fois supérieurs à ceux de 1953 et 1964 (d'origine chinoise), respectivement 2,77 et 2,50 millions de tibétains[90], il est possible qu'ils incluent des habitants non tibétains. De son côté, le Kashag évaluait en 1950 la population tibétaine à un peu moins de 3 millions, mais rien n'indique que ce chiffre corresponde à la population totale, et pas uniquement à celle du Tibet central alors menacé par l'avancée chinoise[105]. Il n'en demeure pas moins que les chiffres de source chinoise font apparaître une diminution de la population entre 1953 et 1964, clairement visible sur le graphique présenté au chapitre suivant ; ses causes restent toutefois à déterminer précisément[106],[107].

Économie

L'économie du Tibet est peu développée. Les principales activités sont l'élevage du mouton, de la chèvre et du yack, la culture des céréales (dans les vallées du Sud et du Sud-Est) et l'exploitation du bois (dans le Sud). Le tourisme, bien qu'encore encadré, représente une part importante de l'économie.

Développement

Dans le Tibet d'avant 1950, selon le philosophe et écrivain slovène Slavoj Žižek, l'élite dirigeante empêchait tout développement de l'industrie par crainte d'une disruption de la société, à telle enseigne que tout métal devait être importé d'Inde[108].

L'industrie a commencé à apparaître à la fin des années 1950 avec l'ouverture de plusieurs usines à Lhassa. Vers 1980, l'économie tournait autour du tourisme et de la transformation des produits agricoles. À la fin du XXe siècle, la croissance industrielle s'est poursuivie de façon graduelle mais le Tibet reste la province la moins prospère de Chine[109].

Selon Les Échos, la croissance a largement profité aux Hans venus s'installer au Tibet et « À l'écart d'une petite classe moyenne tibétaine, travaillant avec les décideurs hans, la majorité des Tibétains n'aurait que peu profité de cette croissance chinoise et vivrait encore dans une grande misère. »[110].

Certains avancent que la présence chinoise au Tibet n'est pas désintéressée d'un point de vue économique en ce qui concerne :

  • les matières premières minières : le Tibet « est surtout riche par son sous-sol truffé d'or, de cuivre, et de plomb. », rappelle le quotidien Libération[111].
  • les ressources hydrauliques : « S'y ajoutent les fleuves himalayens, prometteurs en barrages hydroélectriques et en eau. La Chine, avec ses 7 % des ressources de la planète pour un quart de la population est obsédée par l'eau » poursuit Libération[111].

Tourisme

Après s'être ouverte aux touristes étrangers en 1979, la Région autonome du Tibet en reçut 300 en 1980, 2 000 en 1984 et 28 000 en 1994[112]. En 2004, le chiffre grimpa à 1,1 million de visiteurs[113], en 2005 à 1,6 million et en 2007 à 4 millions[114], dont 90% étaient chinois. En raison des événements de mars 2008 et de leurs séquelles, le chiffre est descendu à quelque 2,2 millions[115].

Selon Jim Underwood, qui a travaillé dans le secteur de la construction rurale au Tibet, le tourisme dans la région peut être perçu comme une influence positive pour la pérennité de l'architecture traditionnelle dans la mesure où les touristes viennent pour découvrir cette architecture. Les divers corps de métier ne peuvent que profiter de la réhabilitation des bâtiments anciens[116].

Désenclavement du Tibet

Façade de la gare ferroviaire de Lhassa

Liaison ferroviaire directe Pékin-Lhassa

Article détaillé : Ligne ferroviaire Qing-Zang.

Le 1er juillet 2006, Hu Jintao inaugure le premier train pour Lhassa à la gare de Golmud, dans la préfecture autonome mongole et tibétaine de Haixi de la province du Qinghai. Cette nouvelle ligne ferroviaire relie désormais le Tibet au reste de la Chine, mettant Pékin à deux jours de train[117]. Grâce à elle, 4 561 km sont franchis pour environ 80 Euros.

Elle devrait, à ce que dit le gouvernement chinois, favoriser l'intégration économique, le développement économique et touristique de la région autonome du Tibet, mais, d'après les anciens prisonniers tibétains du Gu-Chu-Sum cités par le journaliste Bruno Philip, accélérer la sinisation du Tibet[118].

Pour le gouvernement régional, le chemin de fer va réduire de plus de la moitié le coût d'acheminement des marchandises dans la région. Deux trains de marchandises quotidiens doivent apporter à Lhassa pour 7,5 millions de tonnes de fret chaque année. Le président de la région autonome, Champa Phuntsok, a déclaré que de nouveaux tronçons étaient à l'étude entre Lhassa et les autres villes de la région, y compris aux frontières[119].

La chanteuse tibétaine Han Hong a composé une chanson intitulée « La Voie du ciel » (天路, tian lu en chinois mandarin), qui décrit cette ligne de chemin de fer, qu'elle nomme le « Dragon de fer ». Elle rappelle l'ouverture qu'elle va donner au plateau du Tibet, cette région enclavée, sur le reste du monde, et ses bienfaits pour la population (apports de ressources vitales), comme pour le reste du monde (découverte de la culture et de l'accueil tibétains)[120]. Cette chanson est également interprétée en tibétain par la chanteuse tibétaine Basang (巴桑, bāsāng)[121] sur un album portant le nom de la chanson.

Pour Gregory Clark, ancien responsable au Ministère australien des affaires étrangères et vice-président de l'université internationale Akita, si l'établissement de cette ligne ferroviaire de 1 142 km de long à 5 000 m d'altitude est un péché, faut-il pour autant laisser les Tibétains à jamais confinés dans un isolement rétrograde[122] ?

Les exilés tibétains craignent que cette ligne ne favorise une migration en provenance du reste de la Chine (notamment de l'ethnie han majoritaire) et qu'elle n'amène les Tibétains à devenir minoritaires dans leur région. Ils craignent également que le gouvernement chinois n'utilise la ligne pour renforcer sa présence militaire au Tibet, et qu'il n'augmente l'exploitation des ressources naturelles avec tous les risques que cela représente pour l'environnement fragile du Tibet[123].

L’Inde, pays voisin de la Chine, considère cette ligne de chemin de fer avec inquiétude en raison des implications militaires et du renforcement potentiel de l'armée chinoise, déjà importante au Tibet, y compris dans sa capacité à déployer des armes nucléaires tactiques[124].

Lors de l’ouverture de la voie de chemin de fer, le dalaï-lama demandait aux Tibétains d’attendre pour évaluer le bénéfice ou les nuisances qu'elle pourrait apporter. Il accueillait favorablement la voie ferrée « à la condition qu’elle bénéficie à la majorité des Tibétains ». Mais, fin janvier 2007, il affirma que Pékin utilisait la nouvelle liaison ferroviaire pour inonder le Tibet de mendiants, de prostituées et de sans-emploi, mettant en danger la survie de la culture et des traditions tibétaines[125],[126].

Infrastructure routière

À la date de 2003, 41 302 km de routes avaient été construits. La région possédait 5 nationales, 14 régionales et 6 qui s'entrecroisent. En plus des 3 200 km de routes asphaltées, il y avait désormais 32 195 km de voies rurales reliant quelque 683 communes et 5 966 villages[127].

Le 15 janvier 2009, la Chine a annoncé la construction de la première autoroute du Tibet, un tronçon de 37,9 kilomètres de route dans le sud-ouest de Lhassa. Le projet coûtera 1,55 milliard de yuans (227 millions de dollars)[128].

Statut du Tibet : état de la question

Statut du Tibet selon le droit international

Article détaillé : Colonisation du Tibet.
Le monde en 1945, Carte des Nations unies[129]. Cependant, cette présentation ne reflète nullement l’expression d’une opinion du secrétariat de l’ONU sur le statut légal d’un pays ou territoire[130].

Selon le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky (1967), le Tibet a été reconnu internationalement comme étant une région de la Chine. Ce statut a été accepté par l'Inde ainsi que par la Chine communiste et la Chine nationaliste et n'a jamais été remis en question officiellement par les États-Unis[131].

Ainsi que le signale Martine Bulard, journaliste au Monde diplomatique, en charge de l’Asie, le Tibet n'a jamais été répertorié par les Nations unies comme « pays à décoloniser », que ce soit avant ou après 1971, date de l'entrée de la Chine populaire au sein de cette organisation internationale, et aucun pays n'a reconnu à ce jour le gouvernement tibétain en exil[132]. Dans la liste des pays et territoires à décoloniser publiée en 2008 par l'ONU, le Tibet n'est pas mentionné, et la Chine n'est pas citée au nombre des « puissances administrantes »[133].

Selon le Ministère des affaires étrangères de la France, en accueillant la République populaire de Chine en son sein en 1971, l'ONU n'a pas contesté la souveraineté de Pékin sur le Tibet, souveraineté qui est admise par tous les États ayant noué des relations diplomatiques avec la RPC depuis 1949[134].

Cependant, à ce jour, le peuple tibétain n’a jamais été consulté sur le statut du Tibet. Selon le droit international, à ce qu'affirme la Commission internationale de juristes, il bénéficie d’un droit à l’autodétermination qu’il n’a pas encore exercé. Selon elle, un référendum sur le futur statut de la région contribuera à résoudre le conflit politique au Tibet[135].

Pour Barry Sautman, qui fait état de « la non reconnaissance, par les États et les organisations internationales, aussi bien de l'ancien Tibet que du gouvernement tibétain en exil », il n'existe pas, en droit international, de « droit à l'indépendance », à la sécession, pour une quelconque partie d'un pays[136].

L'ONU a défini en 1960 les limites et les conditions de l'application du droit à l'autodétermination nationale et mais ne les jugea pas pertinentes lors de ses appels au respect du droit du peuple tibétain à l'autodétermination.

Statut du Tibet selon la Chine

Argument historique

Les cinq langues de la dynastie Mandchoue des Qing (palais d'été à Chengde) : de gauche à droite, caractères mandchous, ouïghours, chinois, tibétains et mongols

La République populaire de Chine souligne que les relations entre la Chine et le Tibet sont anciennes et remontent au XIIe siècle : c'est ainsi, par exemple, que la majorité des bâtiments impériaux chinois comportent depuis plusieurs centaines d'années les cinq principales écritures que sont les sinogrammes, le mandchou, le mongol, l'ouïghour et le tibétain, une habitude qui semble dater de la dynastie mandchoue des Qing.

En 1260, le Mongol Kubilai Khan s’installe à Pékin, fonde la dynastie Yuan à la façon chinoise et lui-même devient empereur de Chine[137]. À cette époque là, le Tibet est incorporé dans l’Empire du Grand Khan, qui s'étend au-delà de la Chine jusqu'à la Mandchourie et au lac Baïkal.

La dynastie Ming (1368-1644) hérite de la dynastie Yuan le pouvoir d'administration du Tibet[138].

En 1722, l'empereur Kangxi de la dernière dynastie Qing institue le Yonghegong de Pékin comme temple tibétain. L'empereur Qianlong fait construire un palais tibétain au Palais d'été de Pékin et des monastères tibétains à Chengde, dont en 1771 le Putuo Zongcheng qui est une réduction du Palais du Potala de Lhassa. La dynastie Qing (1644-1911) affirme également sa souveraineté sur le pays, en laissant à Lhassa deux ministres (Amban) et une petite garnison[139]. En 1846, les missionnaires français Évariste Huc et Joseph Gabet sont expulsés du Tibet sur ordre de l'Amban[140].

Carte de la République de Chine, 1914

La chute de la dynastie Qing en 1911 va cependant bouleverser la donne : ainsi, le lien personnel unissant l'empereur mandchou au dalaï-lama étant de facto supprimé, les liens entre les deux pays seraient, selon certains, rompus.

En 1913, la République de Chine ne manifeste aucune considération pour la proclamation de l'indépendance du Tibet par le 13e dalaï-lama et ne réagit pas. Elle récuse la Convention de Simla de 1914 qui divise la région peuplée par les Tibétains en un Tibet externe autonome administré par le gouvernement du Tibet et un Tibet interne où seule l'autorité spirituelle du dalaï-lama serait reconnue, les deux étant sous suzeraineté chinoise et l'appartenance du Tibet à la Chine est également reconnue[141].

Dans la relation internationale, le Tibet reste une province chinoise[142],[143].

Argument politique

Le gouvernement chinois affirme être retourné au Tibet en 1949 afin de libérer le pays des « impérialistes étrangers »[144],[145] et son peuple vivant sous la domination d'une oligarchie et d'une théocratie féodales. Par exemple, avant la prise de pouvoir des communistes, le servage était légal et pratiqué au Tibet[146], et les aristocrates et religieux tibétains possédaient 95% du territoire[147].

Les autorités chinoises affirment que la liberté religieuse est de nouveau assurée depuis 1983[148].

Les Tibétains, comme les autres ethnies (appelées « nationalités » en Chine) minoritaires, bénéficient d'une discrimination positive[149]Par exemple, les étudiants appartenant à l’ethnie tibétaine ont des bonus pour rentrer à l'université[150],[151], les travailleurs appartenant à l’ethnie tibétaine sont prioritairement recrutés par les établissements publics par rapport à ceux de l'ethnie Han[152].

Le Tibet est la seule région de la Chine qui bénéficie des soins gratuits[153] et d'une éducation primaire gratuite avec le logement et la nourriture gratuits, cette éducation est bilingue[154],[155].

Arguments économiques et sociaux

Le développement économique du Tibet mené depuis des dizaines d'années par la Chine a permis de désenclaver le pays, notamment grâce à la construction de routes, de voies ferrées et d'aéroports[156], qui favorisent le développement du tourisme[157], de l'industrie et du commerce dans la région autonome du Tibet.

Depuis 1950, la population tibétaine a été multipliée par trois grâce aux progrès des soins de santé et aux améliorations dans les domaines agricole et économique[158].

Le correspondant du quotidien économique français Les Échos note en mars 2008 que « Depuis sa « libération » par la Chine, la région a enregistré un recul de la mortalité infantile et de l'analphabétisme ainsi qu'une hausse de l'espérance de vie. » De même, « Les experts indépendants admettent que le PIB du Tibet a doublé entre 2002 et 2007 et que sa croissance annuelle dépasserait régulièrement les 12 %. »[159].

Argument géopolitique

La Chine considère le Tibet comme une région stratégique pour sa sécurité[160].

Certains considèrent cette présence comme défensive, le Tibet étant « Un immense désert qui fait office de bouclier contre l'Inde, puissance aujourd'hui menaçante » selon le quotidien français Libération[111].

D'autres, y voient une position potentiellement plus offensive. Pour le géopolitologue Aymeric Chauprade, « celui qui tient le Tibet peut déferler sur la Chine, l'Inde, le Xinjiang et la Mongolie intérieure »[161].

Statut du Tibet selon le gouvernement tibétain en exil

Le gouvernement tibétain en exil considère la présence chinoise comme une occupation étrangère ayant débuté lors de ce qu'il appelle l'invasion de 1950-1951 par l'armée populaire de libération. Il accuse la politique de la Chine d'avoir été responsable de la mort de 1 200 000 Tibétains, de pratiquer un transfert massif de population Han et de détruire la culture tibétaine, induisant une sinisation culturelle et démographique du Tibet. Depuis 1979, le 14e dalaï-lama ne demande plus l'indépendance, mais une autonomie réelle pour l'ensemble des régions de population tibétaine[162].

La question des résolutions 1353, 1723 et 2079 de l'Assemblée générale des Nations unies

Teneur des résolutions

L'assemblée générale de l'ONU a adopté 3 résolutions[163],[164] condamnant les violations des droits fondamentaux et des libertés du peuple tibétain, les coups portés à sa culture et sa religion, ceci en 1959 (résolution 1353 (XIV)[165]) et en 1960 (résolution 1723 (XVI)[166]). Dans cette 2e résolution, le droit à l'autodétermination du peuple tibétain est mentionné explicitement. Enfin, la dernière résolution en date, celle de 1965 (résolution 2079 (XX)[167]), fait référence aux précédentes dont elle reprend les thèmes mais sans mention explicite à l'autodétermination. La Chine n'est pas désignée explicitement dans ces Résolutions. Selon Jean-Claude Buhrer, un écrivain et un journaliste, les 3 résolutions de l’Assemblée générale demandaient la reconnaissance du droit à l’autodétermination des Tibétains et le respect de leurs droits fondamentaux[168].

Contexte historique et portée des résolutions

Ces résolutions votées par l'Assemblée générale sont de simples recommandations, elles ne sont pas juridiquement contraignantes. De plus, comme elles ont été adoptées alors que la République populaire de Chine ne faisait pas partie de l'ONU, ce pays n'a pas pu participer aux débats et de ce fait ne reconnaît pas ces résolutions[169]. Depuis 1965, celles-ci n'ont jamais été reconduites, et lors de l'admission de la Chine à l'ONU, en 1971, il n'en n'a pas été tenu compte. Selon le Ministère des affaires étrangères de la France, en accueillant la République populaire de Chine en son sein en 1971, l'ONU n'a pas contesté la souveraineté de Pékin sur le Tibet, souveraineté qui est admise par tous les États ayant noué des relations diplomatiques avec la RPC depuis 1949[170].

Selon Bhaskar Vyas et Rajni Vyas, « après la résolution de l'ONU de 1965 et la confirmation internationale du génocide », on espérait que la Chine, sous l'effet de la honte se conformerait au moins à l'Accord en 17 points, dans un esprit réaliste et appliquerait une autonomie authentique. Même si les résolutions de l'ONU ne changèrent rien dans les faits, la Chine prit conscience qu'elle devait s'occuper de cette question[171].

L'accusation de « génocide tibétain »

Exposé de la question

Selon le gouvernement tibétain en exil, plus d'un million deux cent mille Tibétains seraient morts directement ou indirectement du fait de l'occupation du Tibet par la République populaire de Chine entre 1949 et 1979[172],[173],[174],[175],[176],[177].

Cité par Patrick French, l’historien du droit Warren W. Smith Jr qui a étudié les déficits de croissance de la population, affirme que les statistiques chinoises « confirment les thèses tibétaines d'un nombre massif de morts et réfutent les dénégations chinoises ». Selon ses estimations plus de 200 000 Tibétains « manqueraient » à la population de la Région autonome du Tibet. Le nombre de morts tibétains semble aussi élevé dans les régions du Gansu, du Sichuan et du Qinghai, trois régions où les taux de mortalité au début des années 1960 sont élevés et vérifiables. Si cela est exact, on peut estimer qu'environ un demi-million de Tibétains sont directement morts en raison de la politique appliquée au Tibet par la République populaire de Chine[178] Concernant la famine en Chine et dans les régions du Tibet, Patrick French indique qu'il n'existe pas de statistique pour le centre Tibet mais il signale que :

« la sauvagerie qui présida à la répression de la révolte contre le pouvoir chinois ne permet pas de savoir si les morts ont été provoquées par la faim, par la maladie, par la guerre ou par les persécutions. »

Par contre des statistiques existent pour les 3 autres provinces chinoises partiellement tibétaines. Ainsi, si pendant la période 1959-1962 (comparé aux données des années 1956 - 1958) le taux global de mortalité augmenta de 115 %, celui des 3 provinces augmenta en moyenne de 233 %[179].

Ce chiffre est estimé d'après un calcul de Warren W. Smith Jr[180], basé sur les recensements du Tibet montrant 200 000 Tibétains « manquants » au Tibet, nombre que les Chinois attribuent à la famine qui causa plus de 20 millions de morts en Chine après le Grand Bond en avant[181].

Critiques et réfutations

En 2003 dans son livre Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, l'écrivain et journaliste anglais Patrick French remet en cause le nombre de 1 200 000 morts tibétains. Ayant été autorisé à consulter les données brutes et à vérifier leur traitement, il constata que celles-ci, obtenues à partir du témoignage de réfugiés, ne permettaient pas d'obtenir le chiffre total annoncé. En lieu et place de noms, French ne trouva que « des chiffres insérés de façon apparemment aléatoire dans chaque rubrique et dupliqués de façon systématique, incontrôlée », par exemple un même affrontement armé, relaté par cinq réfugiés différents, se retrouvait comptabilisé cinq fois. De plus, il s'aperçut que sur les 1,1 million de morts comptabilisés, il n'y avait que 23 364 femmes, ce qui impliquait la disparition de 1,07 million des 1,25 million de Tibétains du sexe masculin, une impossibilité. Le livre de French a été critiqué par Jamyang Norbu[182], un écrivain tibétain en exil considéré comme la voix persistante de l'indépendance du Tibet[183].

Le chiffre de 1,2 million de morts est récusé par le démographe chinois Yan Hao qui affirme que les chiffres sont exagérés et que les évaluations données par le gouvernement tibétain en exil reposent en partie sur des sources fabriquées[184].

Toutefois l'analyse présente un oubli. Lorsqu'il tente de dénombrer le nombre de morts lors des combats, Yan Hao indique qu'au « Tibet politique » (la future région autonome) : « la résistance atteignit son apogée en 1959, mais le soulèvement fut surtout confiné à Lhassa et il fut maté par l'armée populaire de Chine en deux jours. La résistance organisée ne s'est poursuivie ailleurs que pendant un autre mois ». Or la guérilla Kampa a perduré pendant de nombreux mois, Yan Hao n'évoque pas celle-ci[185].

La thèse du génocide physique est rejetée également par l'universitaire Barry Sautman, qui met en avant l'absence de données vérifiables :

« Les chiffres employés régulièrement par les milieux exilés ne reposent sur aucune base. Ils avancent le chiffre de 1,2 million de Tibétains morts à partir des années 1950 jusqu'aux années 1970, mais sans donner aucune source. En tant que juriste, je n'accorde aucun crédit à des statistiques non étayées par des données, par des sources visibles[186]. »

L'accusation de « génocide culturel »

Exposé de la question

Les Tibétains en exil, notamment en Inde et au Népal, dénoncent un risque de disparition de leur culture, qui était intimement associée au bouddhisme. [réf. nécessaire]

Celle-ci peut se faire par la répression. Ainsi, durant la Révolution culturelle chinoise, au Tibet, l'Institut Chakpori de médecine tibétaine fut totalement détruit par l'armée chinoise. En 1961, le 14e dalaï-lama refonda à Dharamsala l'Institut de médecine et d'astrologie tibétaine. L'Institut Chakpori de médecine tibétaine fut refondé à Darjeeling également en Inde. [réf. nécessaire]

Elle serait également due à une désacralisation de certains aspects de cette culture qui leur ferait perdre leur signification originelle. Selon le TCHRD, les monastères au Tibet servent souvent davantage un intérêt touristique que spirituel[187]. À Pékin, un temple lamaïque tibétain, le temple de Yonghe, lamasserie en activité aujourd'hui, est une des principales attractions touristiques.[réf. nécessaire]

Moine dans le temple de Yonghe Gong à Pékin.

Certains soulignent cependant que c'est dans toute la Chine que les religieux ont subi des interdictions et répressions depuis la prise de pouvoir du parti communiste, surtout pendant la Révolution culturelle, et pas seulement au Tibet.[réf. nécessaire]

Selon le linguiste Nicolas Tournadre « En moins de cinquante ans, la langue tibétaine est devenue une langue menacée, condamnée à un déclin irréversible, voire à la disparition en deux générations si la politique linguistique actuelle est maintenue. La responsabilité du gouvernement régional et du gouvernement central est, dans ce domaine, évidente[188] ».

Critiques et réfutations

Ce discours sur la mort annoncée de la langue tibétaine tranche avec le fait que le Tibet culturel ou ethnographique dispose de trois chaînes télévisées, une pour chacun des trois dialectes tibétains parlés. Lhassa et la Région autonome du Tibet possèdent une chaîne de télévision en langue tibétaine qui émet 24 heures sur 24 depuis le 1er octobre 2007. À sa création en 1999, elle n'émettait que 11 h par jour[189]. Il existe une deuxième chaîne en langue tibétaine au Qinghai, en dehors de la Région autonome[190]. Enfin, une troisième chaîne de télévision par satellite, destinée aux 2,4 millions de Tibétains parlant le dialecte khampa, a été inaugurée le 28 octobre 2009, à Chengdu, capitale de la province du Sichuan. Elle émet 6 h et demi par jour[191].

Selon Elisabeth Martens « Depuis les années 1980, la culture et la religion du Tibet s’exercent librement, les enfants sont bilingues, des instituts de tibétologie ont été ouverts à l’intention des jeunes Tibétains, les monastères regorgent de lamas (même des jeunes enfants), et, en rue, les fidèles font allègrement tourner leurs moulins à prière. Il ne s’agit nullement d’un « génocide culturel », tel qu’on le présente chez nous. En réalité, la très grande majorité des six millions de Tibétains se méfie de la communauté tibétaine en exil qui représente pour eux un danger de déstabilisation »[192].

En 2008, le professeur Robert Barnett, de l'université Columbia aux États-Unis, déclare qu'il faut en finir avec l'idée que les Chinois sont mal intentionnés ou qu'ils essaient de faire disparaître le Tibet[193]. Dans un compte rendu d'ouvrage qu'il écrit pour la revue New York Review of Books, il évoque la question suivante :

« si la culture tibétaine à l'intérieur du Tibet est en train d'être prestement annihilée, comment se fait-il que tant de Tibétains de l'intérieur paraissent malgré tout avoir une vie culturelle plus dynamique – à preuve la centaine de revues littéraires en tibétain – que celle de leurs homologues exilés[194] ? »

La question de la « sinisation par peuplement »

Les exilés tibétains à Dharamsala soulignent que de nombreux Hans, l'ethnie majoritaire de la Chine, viennent s'installer au Tibet[195], alors qu'en même temps, les Tibétains trouvent difficilement du travail[196].

Le sinologue Jean-Luc Domenach estime que la question tibétaine sera « résolue par la colonisation, puisque les Chinois, d'une façon ou d'une autre, vont inonder le Tibet »[197].

Selon le Livre blanc publié par le gouvernement de la RPC, la modernisation et le développement du Tibet expliquent l'arrivée d'ouvriers Han[198] et des spécialistes occidentaux[199]. Depuis l'instauration de l'économie de marché en 1992, selon Xinhua, tout habitant de la RPC a le droit de se déplacer librement dans le pays et de travailler à l'endroit de son choix[200]. Selon Robert Marquand, le Tibet étant considéré par les Chinois comme faisant partie de leur pays depuis des milliers d'années, ces derniers estiment avoir le droit de s'y établir[201].

Droits de la personne au Tibet

Article détaillé : Droits de l'homme au Tibet.

Environnement

Panneau prévenant des hauts risques d'incendie, dans le parc protégé de Pota tso en tibétain zang, chinois han et anglais.
Article détaillé : Arme nucléaire au Tibet.

L'équilibre écologique du plateau tibétain est très fragile en raison du climat et de l'altitude qui ralentissent le renouvellement biologique. On y trouve une biodiversité importante, localement comparable à celle de la forêt amazonienne[réf. nécessaire]. Une partie du Tibet est aujourd'hui encore considérée comme une des dernières zones écologiques vierges de notre planète ; il s'agit du nord-ouest du Chang Tang ou plateau Tibétain, au sud du désert du Taklamakan dans le Xinjiang. Michel Peissel l'a partiellement exploré avec son équipe[202].

Les régions tibétaines s'étendent de la haute steppe glacée jusqu'aux déserts des hauts plateaux, aux forêts tropicales, et aux prés alpestres. Elles concernent la région autonome du Tibet, les provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan et du Yunnan, et la province non limitrophe du Gansu.

Le Tibet est également la source de l'ensemble des grands fleuves d'Asie, comprenant le Gange, le Salween, le Huang He (ou fleuve Jaune), le Mékong, le Brahmapoutre, le Yangzi Jiang (ou Yangtzé), le Sutlej et l'Indus ; ils sont alimentés par une précipitation moyenne de 100 mm dans le nord du pays jusqu’à plus de 1 000 mm dans le sud-est, mais avec le réchauffement climatique, ces fleuves tendent à se tarir. En raison d'une pluviométrie très basse en 2009, la production hydroélectrique devrait chuter de 30 %, ce qui a justifié la construction d'une centrale thermique de 100 MW pour alimenter Lhassa[203].

Mesures de protection

Le gouvernement de la région autonome du Tibet interdit les projets industriels très polluants et gourmands en énergie tels que les usines de fabrication de pâte à papier, ainsi que les fonderies, les aciéries et les usines chimiques[204].

L'usage des sacs en plastique, qui parsèment les paysages les plus magnifiques dans tant de pays pauvres, est interdit depuis vingt ans dans la région autonome du Tibet[205].

Depuis 2011, Lhassa possède une usine de traitement des eaux usées, conçue pour traiter 50 000 tonnes d'eaux usées par jour. Pour sa construction, il a fallu tenir compte de l'altitude élevée, de la pression atmosphérique et des températures basses, de la rareté de l'oxygène à Lhassa[206].

Extraction de l'uranium au Gansu (1980-2002)

En 2002, le ministère d'État de l'industrie nucléaire a fermé la mine d'uranium de Têwo, située dans la préfecture autonome tibétaine de Gannan, dans la province de Gansu (non limitrophe avec la région autonome du Tibet), qui avait été ouverte en 1980. Selon l'association Tibet Libre et le Centre des citoyens pour le désarmement nucléaire, le matériel radioactif a été incorrectement manipulé, induisant un nombre élevé de cancers et de malformations congénitales chez les populations avoisinantes. Le corps médical tibétain a attribué près de la moitié des décès dans la région à une variété de cancers liés à la radioactivité et à des maladies du système immunitaire. Le bétail a souffert également d’un taux de mortalité exceptionnellement élevé. L’environnement est devenu une terre stérile [207],[208].

Centre de recherches sur les armes nucléaires au Qinghai (1962-1987)

Près des rives du lac Kokonor (district de Haiyan, préfecture autonome tibétaine de Haibei), dans la province du Qinghai, Deng Xiaoping supervisa la construction d'un centre de recherche d'armes nucléaires au début des années 1960 appelé la Neuvième Académie[209]. C'est là, entre 1958 et 1964, que furent mises au point la première bombe atomique chinoise et 2 ans plus tard la première bombe à hydrogène chinoise, lesquelles furent testées par 46 explosions nucléaires sur le site de Lop Nor au Xinjiang[210].

Aujourd'hui, cette base est déclassifiée et ouverte au public. Fermée en 1987, elle avait été cédée au gouvernement local en 1993. On peut en visiter certaines parties : laboratoire de recherche, salle des commandes, salle de production d'électricité et salle de transmission télégraphique. Un musée a été établi à la base de Xihai. Des hôtels et des restaurants ont été construits dans le bourg[211],[212].

Stockage de déchets nucléaires (Qinghai et Gansu)

À la fin des années 1970, une usine d'enrichissement d'uranium fut construite près du lac Kokonor, usine qui produisait quotidiennement près de 400 kg d'uranium. Dans le livre Industrie nucléaire contemporaine écrit par Li Jue, directeur de la Neuvième Académie, les Chinois reconnaissaient que jusqu'en 1991, l'usine de Haiyan était toujours leur centre principal de recherche militaire nucléaire. Leurs déchets nucléaires auraient été longtemps stockés dans le lac lui-même et dans les années 1970 de nombreux enfants de nomades ont été atteints de leucémies et de malformations. Le lac Kokonor, le plus grand lac d'eau salée du Tibet, est contaminé par la radioactivité.

Selon le gouvernement tibétain en exil, l'agence de presse chinoise Xinhua aurait reconnu que des déchets nucléaires étaient déposés dans la province du Qinghai. Le 19 juillet 1995, elle rapportait l'existence d'un dépôt de 20 m2 pour les polluants radioactifs dans la préfecture autonome tibétaine de Haibei, près des rives du lac Kokonor[213].

En 1993, la Chine débuta la construction d'un centre de stockage de déchets nucléaires dans une région aride de la province de Gansu, rapportait une dépêche de l’agence Reuters. Ce centre était censé avoir une première capacité de stockage de 60 000 m2 de déchets radioactifs, devant être portée ensuite à 200 000 m2. À l’époque, aucune précision n’avait été apportée sur le mode de traitement et de stockage des déchets radioactifs[214].

Selon le gouvernement tibétain en exil, il existe plusieurs sites fortement contaminés par la radioactivité au Tibet. Pourtant, les effets des polluants radioactifs déversés dans l’eau du plateau tibétain se feront sentir bien au-delà car dix des plus grands fleuves d’Asie y prennent source. De plus, les vents de haute altitude qui soufflent au Tibet peuvent transporter la radioactivité à de grandes distances[215].,[216].

Ressources naturelles

Articles détaillés : Économie du Tibet et Colonisation du Tibet.
Yaks décorés.

Le Tibet a de nombreuses ressources naturelles notamment en pétrole[217], en gaz[réf. nécessaire], en bauxite, en étain, en arsenic, en charbon, en jade, en saphir, en quartz, en sel[218], en chrome, en cuivre, en borax, en uranium, en lithium, en fer, en or, en argent, en plomb, en zinc et en cobalt. Le potentiel du Tibet en ressources minérales est estimé à 78,4 milliards de dollars[219]. Décidées par Pékin, l'ouverture des voies d'accès et l'exploitation des gisements miniers ont souvent été réalisées sans considération pour l'environnement. Le résultat : des niveaux alarmants de pollution qui affectent l'hydrographie, l'atmosphère et les sols[220].,[221]

Par ailleurs le Tibet est la source de nombreux fleuves : le Yangzi Jiang, le Huang He, le Mékong, l'Indus, le Brahmapoutre, le Salween, l'Irrawaddy, le Sutlej et deux affluents du Gange : le Ghaghara et le Gandaki. Le potentiel hydraulique et hydroélectrique est donc énorme. 30% des ressources hydrauliques chinoises se situeraient au Tibet[219].

Des zones forestières autrefois verdoyantes comme le Kongpo au sud-est du Tibet, ont été transformées en un paysage lunaire[222]. En 1949, les forêts recouvraient 222 000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. En 1989, la moitié de la surface de la forêt était rasée[223]. Selon une étude du World Watch Institute datant de 1998, la déforestation atteindrait 85 %[224]. En l’an 2000, on a estimé, que 80 à 90 % des forêts qui protégeaient le sol sur les montagnes en amont du bassin du Yangzé Kiang avaient été détruites[225].

Poubelle à tri séléctif dans le parc naturel protégé de Pota Tso

Le déboisement cause de graves problèmes d'érosion et de glissements de terrain, et représente l'une des causes de l'augmentation du niveau de la vase et du relargage de sédiment des fleuves tels que le Yangzi Jiang ou le fleuve jaune, qui représente 10% du relargage de sédiments dans le monde[226] Selon certains experts, cités notamment par Tibet Information Network, les effets dépassent maintenant le Tibet et se traduisent par des inondations dévastatrices en Chine continentale, en Inde et au Bangladesh[227],[228]. D'après un rapport publié en 2000 par le ministère de l’information et des relations internationales du gouvernement tibétain en exil, et un rapport du National Center for Atmospheric Research, un institut de recherche américain, et des scientifiques chinois, le gouvernement chinois a reconnu le rôle de cette déforestation massive dans les inondations catastrophiques de 1998, on a recensé entre 3 600 et 10 000 morts, 223 millions de sinistrés et des millions de sans-abris suite aux crues du Yangzi jiang[229],[230],[225]

Le gouvernement chinois a mis en place des réserves naturelles protégées, comme le Parc national de Pota tso afin de preserver faune et flore. Seuls les éleveurs de yaks peuvent y exercer librement leur travail. Des circuits touristiques y sont autorisés, mais placés sous la vigilance de services de propreté, des panneaux solaires sont utilisés pour produire l’énergie nécessaire à certaines installations, les poubelles à tri séléctif y sont systématiques, des cabines fumeurs (le milieu est hautement inflammable) et des toilettes vertes y sont aménagées.

En mars 2011, un règlement (de 38 articles) sur la protection des zones humides est entré en vigueur dans la région autonome du Tibet. Il porte notamment sur la protection écologique des zones humides, la mise en place d'archives sur ces ressources et l'interdiction de leur destruction. Le Tibet, qui dispose de la plus grande surface de zones humides en Chine, se trouve ainsi au nombre des premières provinces faisant l'objet de protection en matière de zones humides[231].

Des équipes de lutte contre le braconnage ont été mises en place, comme la patrouille sauvage de Kekexili qui lutte contre le braconnage de l'antilope du Tibet en voie de disparition, et dont le travail a donné lieu à un film destiné à sensibiliser la population locale.

Culture

Maisons traditionnelles du Kham

Médecine tibétaine traditionnelle

La médecine tibétaine traditionnelle est une des plus anciennes médecines au monde. Elle utilise jusqu'à deux mille types de plantes et cinquante minéraux. Une des personnalités clé dans son développement fut le médecin Yutok Yonten Gonpo (VIIIe siècle), qui a écrit les « Quatre tantras médicaux », l'ouvrage fondateur de la médecine traditionnelle tibétaine, intégrant différents éléments des médecines de Perse, d'Inde et de Chine. Cet ouvrage fut ensuite modifié et complété par les générations suivantes, et notamment par le 13e descendant de Yutok Yonten Gonpo, Yuthok Sarma Yonten Gonpo, qui y ajouta 18 ouvrages médicaux. Un de ses livres comporte des tableaux dépeignant la remise à l'état initial d'un os cassé ou des images anatomiques d'organes internes.

Elle est généralement pratiquée par des lamas, comme à Xianggelila.

Religion

Bön

Article détaillé : Bön.

Selon le tibétologue norvégien Per Kværne, le Bön désigne trois phénomènes religieux différents.

Tout d'abord c'est une religion tibétaine préexistante au bouddhisme et qui est supplantée par celui-ci au VIIIe siècle et IXe siècle. La deuxième signification concerne une religion qui apparait au Tibet au Xe siècle - XIe siècle, à cette époque le bouddhisme, après une période de décadence, se propageait à partir de l'Inde pour devenir, la foi dominante. Jusqu'à aujourd'hui le Bön a continué à exister comme religion minoritaire. Enfin le terme Bön est souvent employé pour désigner les croyances populaires, souvent mal définies, qui ne sont pas d'origine bouddhique et qui sont communes chez les bönpos et les bouddhistes[232].

Bouddhisme tibétain

Article détaillé : bouddhisme tibétain.

La spiritualité est extrêmement importante pour les bouddhistes tibétains. Le Tibet est l'écrin traditionnel du bouddhisme tibétain, une forme distincte de Vajrayana, qui est aussi relié au Shingon, la tradition bouddhiste au Japon.[réf. nécessaire] Le bouddhisme tibétain est non seulement pratiqué au Tibet, mais aussi en Mongolie, en République de Bouriatie, en République de Touva, en République de Kalmoukie et chez les mandchous[233],[234],[235],[236].

L'un des rites funéraires les plus pratiqués par les Tibétains est celui de la sépulture de l'Air, par lequel le corps du défunt est offert aux vautours[237].

Islam

Article détaillé : Islam au Tibet.

Dans les villes tibétaines, il existe de petites communautés musulmanes, comme les Kachee (Kache), dont les origines remontent aux immigrants de trois régions principales : le Cachemire (Kachee Yul en tibétain ancien), le Ladakh et les pays turcs d’Asie Centrale. L'influence islamique au Tibet est aussi venue de Perse[238].

Après 1959, un groupe de Musulmans tibétains a demandé la nationalité indienne du fait de leurs racines historiques au Cachemire et le gouvernement indien a déclaré citoyens indiens tous les Musulmans tibétains cette année-là[239].

Il existe aussi une communauté musulmane chinoise bien établie (gya kachee), dont les origines remontent au peuple Hui, un groupe ethnique de Chine.

Christianisme

Les monastères bouddhistes

Mandala de sable du Tibet.
Grands monastères et monastères-forteresses (ou dzongs)
Article détaillé : Dzong du Tibet.

Alors qu'au Bhoutan, les monastères-forteresses ou dzongs réunissaient pouvoir religieux et pouvoir politique, leurs homologues tibétains en revanche avaient surtout un rôle administratif, la fonction religieuse étant dévolue aux grands monastères, forts de plusieurs milliers de moines, tels Séra, Drépung et Ganden autour de Lhassa, et Tashilhunpo à Shigatsé[240].

Le Palais du Potala, ancienne résidence d'hiver des dalaï-lamas, est un exemple de tout premier plan des monastères-forteresses du Tibet[241]. Il figure au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Dob-dob, Lhassa, 1938

Les monastères tibétains, selon la tibétologue Lydia Aran, entretenaient des armées privées qui étaient déployées en cas de conflit avec le gouvernement ou avec d'autres monastères ou parfois même au sein d'écoles concurrentes à l'intérieur d'un même monastère. Les moines de combat dits dob-dob représentaient 15% des moines des grands monastères gélougpa à l'intérieur et aux alentours de Lhassa[242]. Selon Stéphanie Roemer, les troupes des grands complexes monastiques de Sera, Ganden et Drepung disposaient de fusils et de munitions et faisaient figure de force armée concurrençant et éclipsant l'armée tibétaine[243].

Vicissitudes au cours des siècles

Selon Elisabeth Martens, en 1617, lors de la guerre civile entre bouddhistes karmapa et bouddhistes gelukpa, les moines-soldats karmapa, secondés par l'armée du roi de Ü, mirent Lhassa à feu et à sang et rasèrent le monastère de Drepung[244].

Selon Sanderson Beck, lors de l'incursion d'un corps expéditionnaire britannique en 1903-1904, il fut ordonné aux Britanniques de ne pas piller mais ils se servirent en représentations et peintures dans les monastères qui leur résistèrent[245]. Selon Roland Barraux, des rumeurs de pillages ont mené à des discussions jusqu’au Parlement britannique, mais l’armée britannique n’est pas allée jusqu’à de pareilles extrémités[53]. Aux dires du 14e dalaï-lama, les Britanniques sont restés célèbres dans la mémoire des Tibétains, pour n’avoir pas détruit ou pillé les monastères tibétains, au contraire de l’invasion menée par Zhao Erfeng quelques années plus tard[246],[247].

En 1914, sous le 13e dalaï-lama, le monastère de Tengyeling aurait été privé de financement et transformé une école de médecine et d'astrologie tibétaine (selon Sanderson Beck), ou démoli (selon Heinrich Harrer) pour collusion avec les Chinois et le général Zhao Erfeng[248]. Les traîtres furent bannis et les moines restants furent répartis entre différents monastères[249].

En 1947, lors de la répression gouvernementale contre les partisans de l'ancien régent Reting Rinpoché, le monastère de Séra fut bombardé par les mortiers de l'armée tibétaine et pris d'assaut, ce qui coûta la vie à environ 200 moines. Les bâtiments furent entièrement pillés par les soldats, si bien que pendant des semaines des objets précieux réapparurent dans les boutiques de Lhassa[250],[251].

Controverse sur le chiffre des destructions (années 1950-1960)

Dans leur livre On the margins of Tibet[252], Åshild Kolås, Monika P. Thowsen indiquent qu'il y avait, d'après des archives tibétaines, 5 542 monastères sur le plateau tibétain avant 1958, dont 3 897 situés en dehors des frontières actuelles de la région autonome (soit 1645 pour celle-ci). Ils ajoutent, sur la foi d'archives chinoises, que dans les zones tibétaines faisant partie des provinces du Sichuan, Gansu, Yunnan, et Qinghai, de nombreux bâtiments monastiques furent démolis, d'autres furent simplement abandonnés et laissés sans entretien, d'autres encore furent reconvertis en écoles, entrepôts, voire en habitations.

Il n'existe pas de recensement des monastères et lieux saints du Tibet ayant subi des destructions, à ce que fait remarquer l'auteur d'un projet de cartographie du Tibet : « Si on dit que plus de 2000 monastères et lieux-saints ont été détruits par les Gardes Rouges (...), personne ne peut en fournir la liste, ni les localiser sur une carte »[253].

Après l'intervention chinoise de 1950-1951, selon le gouvernement tibétain en exil, plus de 6 000 monastères furent détruits[citation nécessaire][254], dont certains à l'occasion des bombardements de l'armée chinoise contre la résistance tibétaine[citation nécessaire][255] et d'autres durant la révolution culturelle par les gardes rouges tibétains. Selon Laurent Deshayes, à partir du Grand Bond en avant (1958), le gouvernement central renforce sa politique au Tibet : les communistes transforment les monastères en bâtiments administratifs ou en casernes et plus rarement en hôpitaux[256].

En juin 1959, la Commission internationale de juristes (CIJ), une association dont la formation avait été financée par la CIA en tant qu'instrument de la guerre froide, à l'insu de la plupart de ses membres[257], mentionne notamment la destruction des monastères comme un des éléments permettant de conclure à une volonté d'éliminer les croyances religieuses, en violation de l'Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet[citation nécessaire][258].

Au début des années 1980, le journaliste américain Fox Butterfield rapporte que des fonctionnaires chinois l’informèrent qu’avant 1959, il y avait 2464 monastères au Tibet, et qu’après la révolution culturelle, il n’en subsistait plus que 10. Ils mentionnèrent notamment que l’un d’entre eux, Ganden, le troisième en importance et qui contenait 10 000 moines, avait tout simplement disparu[259],[260].

L'institut bouddhiste de Serthar et le monastère de Yachen Gar (2001)

Selon la Campagne internationale pour le Tibet, un organisme œuvrant pour l'indépendance du Tibet[261], l’Institut bouddhiste de Serthar (également appelé Institut bouddhiste de Larung Gar ou Larong Gar), fondé en 1980 par Khenpo Jigme Phuntsok dans la région de préfecture autonome tibétaine de Garzê, près de la ville de xian de Sêrtar (en chinois Seda), fut rasé durant l’été 2001. Les quelque 8 000 étudiants furent expulsés et environ 2 000 maisons détruites sous la supervision d'équipes militaires et policières armées. En raison du traumatisme infligé aux nonnes, certaines d'entre elles se suicidèrent[262]. Selon Pierre-Yves Ginet, en quelques mois, Larung Gar a été détruit à 70% et les religieux « en excès » expulsés[263].

Restauration du patrimoine architectural religieux

En 20 ans (jusqu'en 2011), le gouvernement central et la région autonome du Tibet ont dépensé 700 millions de yuans, soit plus de 100 millions de dollars, pour la conservation et la restauration de plus de 1400 temples, monastères et palais[264].

Art tibétain

L'art tibétain est intrinsèquement lié au bouddhisme tibétain : cela explique que les œuvres représentent généralement des divinités bouddhiques sous diverses formes allant de statues en bronze doré et de sanctuaires à des thangkas et des mandalas de sables colorés.

Les arts Regong, nés dans ce qui est aujourd'hui la préfecture autonome tibétaine de Huangnan, ont été inscrits en 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité[265].

La sculpture des statuettes en bronze doré constitue ce qu'on appelle l'art sino-tibétain.

Architecture

L'architecture religieuse tibétaine a subi des influences orientales et indiennes, et reflète profondément l'approche bouddhiste. La roue bouddhiste, aux deux dragons, peut être vue sur presque chaque monastère du Tibet. La conception des chörtens tibétains peut varier, depuis des murs arrondis dans le Kham à des formes carrées et des murs à quatre côtés au Ladakh.

Tour d'une dizaine de mètres de haut, tournée par les moines et les visiteurs bouddhistes, à Zhongdian, Xianggelila.

L'architecture tibétaine est caractérisée par la construction fréquente des maisons et des monastères sur des sites élevés et ensoleillés face au sud, et par la combinaison de divers matériaux : pierre, bois, ciment et terre. Les techniques de construction permettent de pallier la rareté des combustibles utilisés pour le chauffage : toits plats pour préserver la chaleur et fenêtres multiples pour laisser entrer la lumière du soleil. Les murs sont habituellement inclinés de dix degrés vers l'intérieur et soutenus par des gros piliers faits de troncs d'arbres massifs, à titre de précaution contre les tremblements de terre, fréquents dans ce secteur montagneux.

Avec ses 117 mètres de hauteur et 360 mètres de largeur, le Palais du Potala est considéré comme l'exemple le plus important d'architecture palatiale tibétaine. Anciennement résidence du dalaï-lama, il comprend plus d’un millier de pièces réparties sur treize étages et abrite les sépultures des dalaï-lamas passés et des statues du Bouddha. Il est divisé en un Palais Blanc extérieur, qui abritait les quartiers administratifs, et des Quartiers Rouges intérieurs, qui abritaient la salle de réunion des Lamas, les chapelles, 10 000 sanctuaires et une importante bibliothèque contenant les écritures bouddhistes. Il existe un petit potala, à Zhongdian, au sud-est du plateau du Tibet, dans la province du Yunnan, dans la région autonome de Xianggelila.

Musique

Article détaillé : Musique tibétaine.
Musiciens dans les rues du Ladakh en Inde du nord.

La musique tibétaine reflète l'héritage culturel de la région himalayenne, centrée sur le Tibet mais aussi sur les régions où l’on trouve des groupes ethniques Tibétains : en Inde, au Bhoutan, au Népal ainsi qu’à l'étranger. Elle est avant tout religieuse, reflétant l'influence profonde du bouddhisme tibétain sur la culture, quoique de nombreux éléments chamaniques subsistent.

La musique tibétaine, sous la forme de chants en tibétain ou en sanscrit, fait partie intégrante de la religion. Ces chants complexes, souvent des récitations de textes sacrés, sont également pratiqués lors de la célébration de divers festivals. Le chant yang, exécuté sans moment de mesure, est accompagné de tambours et à un niveau bas, de syllabes soutenues. Il existe également des styles spécifiques à diverses écoles de bouddhisme tibétain, comme la musique classique populaire des Gelugpa, et la musique romantique des Nyingmapa, Sakyapa et Kagyupa.

Une autre forme de musique populaire est le style classique Gar, qui est exécuté pour les rites et les cérémonies. La musique Lu fait appel à un type de chansons qui présentent des vibrations glottales et aigües. Il y a aussi les chants épiques de héros du Tibet, comme l’épopée de Gesar de Ling.

Festivals

Le Festival de prière de Monlam.

Le Tibet a divers festivals organisés en général en l'honneur de Bouddha. Losar est le Festival de Nouvel An tibétain; il est suivi par le Festival de prière de Monlam qui se déroule durant le premier mois du calendrier tibétain; ce second festival implique beaucoup de Tibétains réunis pour danser, participer à des événements sportifs et partager des pique-niques.

Éducation tibétaine traditionnelle

Avant que l'organisation de l'enseignement soit totalement transformée par les Chinois dans les années 1950[266], mais aussi par les Tibétains en exil en Inde dont l'enseignement attire chaque année un nombre important de jeunes Tibétains vers l'exil[267], trois modes d'enseignement collectif coexistaient au Tibet : l'enseignement bouddhiste assuré dans les monastères, l'enseignement officiel organisé par le gouvernement tibétain et enfin l'enseignement privé[268],[269].

L'enseignement des métiers manuels s'effectuait le plus souvent par transmission de père en fils, mais également par formation interne au sein des ateliers[270].

Bien que l'on ne dispose pas de statistiques précises sur le nombre d'écoles et le nombre d'élèves au sein des monastères bouddhistes, il est cependant certain que cette forme d'enseignement était largement prépondérante, mais qu'elle ne prenait en charge qu'une partie des enfants tibétains, ceux qui y étaient envoyés par leurs parents pour devenir moines[271],[272],[273] ; le chiffre de moins de 2 % d'enfants scolarisés avancé par des sources chinoises paraît néanmoins caricatural[274]. Selon le gouvernement tibétain en exil, avant 1959, on comptait 592 000 moines[275], tandis que le nombre de nonnes étaient de 27 000[276], soit au total près de 10 % de l'ensemble des Tibétains. Ces écoles donnaient aux élèves, aux jeunes moines et nonnes bouddhistes, une formation religieuse, philosophique et artistique, et leur enseignaient également la lecture et l'écriture de la langue tibétaine, ainsi que les bases de la médecine tibétaine traditionnelle et du calendrier tibétain[277].

L'enseignement officiel, organisé par le gouvernement tibétain autour de 3 centres principaux, était destiné essentiellement à la formation des futurs cadres du pays, à celle des médecins et des spécialistes du calendrier astronomique. L'école de Tse, située au sommet du Palais du Potala et fondée par le 7e dalaï-lama, formait les cadres du gouvernement du Tibet. Les diplômés de cette école qui désiraient travailler dans la fonction publique devaient suivre un enseignement plus poussé dans une école religieuse. Les fonctionnaires laïcs étaient principalement formés à l'école de Tse[278]. Selon le gouvernement chinois, les futurs cadres étaient pratiquement tous issus de familles nobles[279], alors que les études médicales étaient ouvertes à tous[280].

Selon des sources chinoises, il existait une seule école de formation des cadres destinée aux laïcs, sise à Lhassa, qui comptait une vingtaine d'élèves, et deux écoles destinées aux religieux, l'une à Lhassa, et l'autre à Xigaze. L'enseignement des futurs cadres laïcs comprenait l'éthique, la grammaire et l'écriture de la langue tibétaine, la composition des documents officiels et les techniques de calcul et de recouvrement des taxes. L'enseignement des futurs cadres religieux comprenait les cérémonies religieuses, les écritures et objets bouddhistes, la grammaire tibétaine, la composition des documents officiels et les mathématiques[281],[282].

L'enseignement destiné aux futurs spécialistes de la médecine et du calendrier astronomique tibétains était délivré par plusieurs écoles, notamment l'Institut Chakpori de médecine tibétaine fondé au XVIIe siècle par le 5e dalaï-lama et son régent Sangyé Gyatso, qui fut détruit en 1959 par l'armée chinoise[283], ainsi qu'au Men-Tsee-Khang de Lhassa, fondé en 1916 par le 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso[284],[281],[285]. Cet établissement sera fermé par les communistes, et les médecins tibétains comme Tenzin Choedrak emprisonnés.

Les familles nobles ou aisées avaient fréquemment recours à des précepteurs qui étaient chargés de l'éducation de leurs enfants à domicile. Dans les villes les plus importantes (notamment Lhassa, Shigatse, Zedang et Gyangzê), des écoles privées ont été créées. Celles-ci, au nombre d'une dizaine dans les années 1840, se sont multipliées pour atteindre la centaine sous la République de Chine. La ville de Lhassa comptait au moins une vingtaine d'écoles privées renommées, comme Dakang ou Gyiri[282],[285],[286]. Les Britanniques ont ouvert un dispensaire dans la ville de Gyantse après la signature des traités consécutifs à leur intervention militaire de 1904. C'est dans cette même ville qu'en 1923, le 13e dalaï-lama a établi la première école anglaise, qui a dû fermer en 1926 en raison de l'opposition des monastères[287],[288]. La tentative de généraliser l'enseignement primaire voulue par le 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso date de son retour d'exil en Inde, après la chute de la dynastie chinoise Qing en 1911. Il décida d'instituer un enseignement obligatoire de la langue tibétaine pour tous les enfants âgés de 7 à 15 ans, mais se heurta à l'opposition des monastères[281]. Une école anglaise s'ouvrit à Lhassa en 1944, mais cette tentative fut aussi sans lendemain, cependant que quelques Tibétains envoyaient leurs enfants dans les écoles occidentales en Inde[289],[290],[291].

Éducation tibétaine moderne

Selon Rong Ma, un système éducatif moderne commence à être mis en place, principalement à partir de 1959. Toutefois, il est interrompu à partir de 1966, à cause de la Révolution culturelle. Ce n'est qu'en 1976 qu'il est rétabli. Dans le quart de siècle qui suit, la région autonome du Tibet se dote d'un système éducatif complet, allant de l'école primaire à l'université[292].

Langues

Article détaillé : Tibétain.

Tibétain (de la famille des langues tibéto-birmanes), mandarin (langue officielle de la RP de Chine).

Notes et références

  1. a, b, c et d Department of Population, Social, Science and Technology Statistics of the National Bureau of Statistics of China (国家统计局人口和社会科技统计司) and Department of Economic Development of the State Ethnic Affairs Commission of China (国家民族事务委员会经济发展司), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000年人口普查中国民族人口资料》). 2 vols. Beijing: Nationalities Publishing House (民族出版社), 2003 (ISBN 978-7-105-05425-1).
  2. Cf. Quelle solution politique pour le Tibet ?, rapport présenté par M. Louis de Broissia, sénateur, série Relations interparlementaires France-Tibet, 2006, p. 17 : « Le territoire revendiqué par le gouvernement tibétain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-à-dire au « Tibet des trois provinces » : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ 3,8 millions de km2, soit sept fois la France. Il représente donc près de 40 % de la superficie de la Chine dans ses frontières actuelles (9,6 millions de km2) ».
  3. Quelle solution politique pour le Tibet ?, op. cit., III - Le développement du Tibet : lumières et ombres.
  4. Chine: trois millions d'habitants au Tibet, dont 90% sont des Tibétains, Le Quotidien du peuple en ligne, 5 mai 2011.
  5. Il comprenait en effet la haute vallée du Yangzi Jiang (sud de l'Amdo), actuellement située dans la province du Qinghai : voir Histoire du Tibet de Laurent Deshayes, carte p. 218.
  6. Tibet 1999, Le Dessous des cartes, Jean-Christophe Victor.
  7. Cf. Quelle solution politique pour le Tibet?, op. cit., p. 17 : « Le territoire revendiqué par le gouvernement tibétain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-à-dire au « Tibet des trois provinces » : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ 3,8 millions de km2, soit sept fois la France.
  8. (en) Stephanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile. Politics at large, Routledge, 2008, pp. 8-10 (Definition of the area of Tibet) : « The questions: 'What is Tibet?' and 'Who are the Tibetans?' can be answered in many ways. The area of Tibet can be defined from a geographical, ethnic or political point of view (...) ».
  9. Stephanie Roemer, op. cit., pp. 8-10 (Definition of the area of Tibet) : « Geographical Tibet is known as the world’s largest plateau – the ‘roof of the world’ – which is enclosed by giant mountain ranges : the Kunlun, the Himalayas and the Karakoram. The definition of ethnic Tibet goes beyond these natural frontiers ».
  10. Sur les définitions du Tibet, cf. (en) Melvyn C. Goldstein, What is Tibet? – Fact and Fancy, extrait de Change, Conflict and Continuity Among a Community of Nomadic Pastoralists — A Case Study from western Tibet, 1950-1990, in Resistance and Reform in Tibet (sous la direction de Barnett et Akiner), Londres, Hurst & Co., 1994 : « The ‘modern’ Sino-Tibetan border in these two regions was generally established during the mid-18th century when the Tibetan Government lost political control over most of these areas to Manchu (Qing) China. While the Tibetan Government has never accepted the loss of these regions as permanent or de jure – for example it claimed all of Kham and Amdo in the Simla Convention of 1913-14 – most of these areas in fact were not a part of its polity for the two centuries preceding the rise to power of the Communists in China in 1949. Consequently, the convention used in Tibetan historiography in the West has been to differentiate analytically between the political entity Tibet and other areas outside it where ethnic Tibetans lived. For example, Hugh Richardson, the well-known British diplomat and historian, for practical purposes differentiated the Tibetan world into two categories. Following the work of Sir Charles Bell, he used the term ‘political’ Tibet for the polity ruled by the Dalai Lamas, and the term ‘ethnographic’ Tibet for other areas such as Amdo and Kham which were outside that state ».
  11. Le Tibet est-il chinois ? de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002
  12. a et b (en) VAJRAYANA FORMS IN UPSTATE NEW YORK, A Thesis Presented to the Faculty of the Graduate School of Cornell University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of Master of Arts by Annika Antoinetta Lundkvist, May 2008, p. 19 : « When one looks for Tibet on the map today, one finds Xizang, Chinese for “Western Treasury House.” The Tibetan Autonomous Region (TAR) is an administrative unit, established in 1965, covering a region of approximately 1.2 million square kilometers ».
  13. Alex McKay, Tibet (Xizang) Autonomous Region Xizang Zizhiqu, in Berkshire Encyclopedia of China, 2009, Berkshire Publishing Group LLC : « Tibet – since 1965 officially known as the Tibet (Xizang) Autonomous Region (TAR) ».
  14. Tibet - - Questions-Réponses, Site de l'Ambassade de Chine en France «  Le Tibet a été officiellement proclamé Région autonome en septembre 1965. »
  15. (en) John Powers, History as propaganda: Tibetan exiles versus the People's Republic of China, Oxford University Press, 2004 (ISBN 978-0-19-517426-7).
  16. (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, in Population and Development Review, 34(4), pp. 631-662 (December 2008), note 1 p. 656 : « the TAR is the administrative area that the PRC government and most of the Western media usually mean when they refer to Tibet ».
  17. C'est le cas de l'encyclopédie Britannica Concise Encyclopedia et du guide Lonely Planet Chine.
  18. La répression est féroce, sur le site helvétique 24 heures (entretien avec Katia Buffetrille), 26 mars 2008
  19. Françoise Robin, « Tibet : des vérités qui dérangent », dans Perspectives chinoises, no 1 « Sport et Politique », 2008, p. 102-107 (ISSN 1996-4609) [texte intégral (page consultée le 2 mars 2011)] .
  20. Relations bilatérales Suisse - Tibet.
  21. Tibet at a Glance : « The term TIBET here means the whole of Tibet known as Cholka-Sum (U-Tsang, Kham and Amdo). It includes the present-day Chinese administrative areas of the so-called Tibet Autonomous Region, Qinghai Province, two Tibetan Autonomous Prefectures and one Tibetan Autonomous County in Sichuan Province, one Tibetan Autonomous Prefecture and one Tibetan Autonomous County in Gansu Province and one Tibetan Autonomous Prefecture in Yunnan Province. »
  22. Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille (sous la direction de), Le Tibet est-il chinois ?, ouvrage collectif, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, pp. 254-255. (ISBN 978-2-226-13426-4).
  23. (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, in Population and Development Review, 34(4), pp. 631-662 (December 2008), note 1 p. 656 : « In this article, “China” refers to the People’s Republic of China (PRC), and “Tibet” refers to all of the Tibetan areas in China, including the Tibet Autonomous Region (TAR) and the Tibetan areas incorporated into the provinces of Qinghai, Gansu, Sichuan, and Yunnan. Often known as “Greater Tibet” or “cultural Tibet,” this region is about the size of Western Europe or about 25 percent of China ».
  24. Annika Antoinetta Lundkvist, Vajrayana forms in upstate New York, op. cit. : « cultural Tibet is nearly as extensive as its historic territory had been, with Tibetan population in Western China, Bhutan, India, Pakistan, Nepal, and Sikkim ».
  25. Stephanie Roemer, op. cit., pp. 8-10 (Definition of the area of Tibet) : « The definition of ethnic Tibet goes beyond these natural frontiers. It represents all those regions that were once entirely, or at least by a majority, of people of Tibetan origin, i.e. geographical Tibet, Bhutan, the eastern and western territories of Nepal and the present northern Indian regions of Ladakh, Lahul, Spitti and Kinnaur, parts of Arunachal Pradesh and Sikkim (Clarke 1997:7-9; Dhondup 1977; Shakya 1982; Samuel 1993:100-12) ».
  26. (en) Margaret Evelyn Miller, Educational Practices of Tibetan Lama Training, B - Definitions of Terms, p. 189 : « Such areas as Sikkim, Ladak, and Tibetan populated areas of adjoining Chinese provinces provide religious training similar or almost identical with Tibet proper. Including this wider area, which is sometimes called ethnological Tibet, makes possible a more complete discussion of the lama training ».
  27. Voir page 1548 in Encyclopedia of the developing world, Volume 3, sous la direction de Thomas M. Leonard, Routledge, 2006.
  28. Texte du traité sino-tibétain de 822 sur Wikisource
  29. Une histoire du Tibet : Conversations avec le dalaï-lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, (ISBN 978-2-259-19891-2).
  30. Melvyn C. Goldstein, op. cit. : « Although all of these regions were once united under the rule of the early kings of Tibet, during the eleven centuries following the breakup of that kingdom in the 9th century many of the regions on the periphery became independent or fell under the authority of neighbouring states ».
  31. Administrative Division of Tibetan Areas : « History proves that the Qinghai-Tibet Plateau is a place many Chinese nationalities once lived. They include the Tibetan nationality formed during the 7th century when the Tubo Kingdom unified many tribes in the Qinghai-Tibet Plateau. As the Tibetan have since been living and multiplying in the Qinghai-Tibetan Plateau, the lion's share of the plateau is referred to as the Tibetan areas. But the plateau is not a place solely inhabited by Tibetans. It has been home to many nationalities, including the Han, Mongolian, Tu, Hui and Qiang, who have played an important role in the development of the plateau ».
  32. Howard Giles, Tenzin Dorjee, Cultural Identity in Tibetan Diasporas, in Journal of Multilingual and Multicultural Development, vol. 26, Issue 2, March 2005, pp. 138-157 : « Historical Tibet once stretched across much of Asia, including some parts of China, during its golden era in the 7th and 8th centuries (Shakabpa, 1967; van Walt van Praag, 1987). Administrative Tibet oversees the Tibetan Autonomous Region only ».
  33. Pierre-Antoine Donnet, Guy Privat, Jean-Paul Ribes, Tibet: des journalistes témoignent
  34. Stéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international
  35. Claude B. Levenson, La Chine envahit le Tibet: 1949-1959
  36. Les marges culturelles du territoire chinois
  37. Archives de sciences sociales des religions, Numéros 121-124, Institut de sciences sociales des religions.
  38. Claude Chancel, Éric-Charles PielbergLe monde chinois.
  39. Max Derruau, La Terre et les hommes: mélanges offerts à Max Derruau , Université de Clermont-Ferrand II. Faculté des lettres et sciences humaines « Dès 1951 on a détaché certaines parties du Tibet historique : l'Amdo au nord (province duprovince du Qinghai), ... vallées du Kham (provinces du Sichuan et du Yunnan. »
  40. (en) Ten Facts about Tibet, sur le site FreeTibet : « The Chinese government has divided historical Tibet into one region and several prefectures and counties, with the TAR encompassing only the central area and some eastern regions of Tibet. (...) Historical Tibet was a vast country, with an area roughly equal to Western Europe ».
  41. (en) History of Negotiations between Tibet and China 1949-2004 : « 2003: The Dalai Lama’s envoys returned to Beijing for follow-up meetings with Chinese officials and a visit to the eastern Tibetan province of Kham (ch. Sichuan). Permission to travel to a Tibetan area outside the TAR is considered significant because it implies that 'all of historical Tibet, not just the TAR, could potentially be under discussion in an eventual negotiation process ».
  42. (en) A. Tom Grunfeld, compte rendu de Lee Feigon, Demystifying Tibet: Unlocking the Secrets of the Land of the Snows (Ivan R. Dee, Chicago, 1996), H-Asia, June 1997 : « Feigon also accepts the notion that the country of “Tibet” is the entire area of Tibetan inhabitation (p. 6). This is somewhat like drawing a map of Mexico to include the entire southwest of the United States ».
  43. Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon. China, Tibet, and the dalai Lama, University of California Press, 1997, p. 71 : « {{{1}}} ».
  44. His Holiness the Dalai Lama discusses the recent unrest inside Tibet with the editors of the Financial Times (FT). « "Greater Tibet", now, this very word comes from the Chinese government side. We never state the greater Tibet ».
  45. Le Tibet survivra-t-il ?, Interview du Dalaï Lama par Chen Yan, traduction par Yang Mei et Marie Holzman, Tibet-info.net « C’est le gouvernement chinois qui parle de Grand Tibet. Jamais nos représentants n’ont utilisé cette expression. La vérité, c’est qu’il existe, en dehors de la région autonome, des départements et des districts autonomes tibétains dans plusieurs provinces limitrophes du Tibet, qui possèdent leurs propres radios et journaux en langue tibétaine. Ce que nous demandons, c’est une réelle autonomie du Tibet qui permette de protéger la religion et la culture tibétaines. Pendant plus de mille ans, les régions de U-Tsang, d’Amdo et de Kham, qui se trouvent aujourd’hui en dehors de la région autonome tibétaine proprement dite, ont largement contribué au rayonnement de notre culture. Parmi les Tibétains qui ont quitté la Chine en 1959 nombreux sont ceux qui sont originaires de ces contrées ».
  46. Vers 4 000 m, il vaut mieux avoir un gros blouson d'hiver au petit matin, avant le lever du soleil, et être en vêtements d'été à midi. Ces variations brusque expliquent la forme du vêtement traditionnel tibétain, une grosse fourrure recouverte de tissu et souvent portée avec un bras couvert, l'autre découvert, la manche étant tout simplement enlevée de l'apaule pour ne pas souffrir de la chaleur.
  47. (en) Pierre Charles Lux-Wurm, The Story of the Flag of Tibet, in Flag Bulletin, Vol. XII, 1973, No. 1.
  48. (en) Hong Xiayong, China Did Well by Tibet', The Straits Times, 23 avril 2008, reproduit sur le site AsiaoneNews : « From 1727 to 1911, altogther 57 Ambans (ministers in charge of Tibet affairs in the Qing Dynasty) were stationed in Tibet to supervise local administration on behalf of the central authority. »
  49. Michael Harris Goodman, Le dernier Dalaï-Lama ? Biographie et témoignages, Éditions Claire Lumière, 1993, (ISBN 978-2-905998-26-2).
  50. (en) Rong Ma sur National School of Development.
  51. (en) Ma Rong, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 350 pages, p. 155 : « The main goal of the Qing Dynasty with respect to Tibet was to maintain the subordination of Tibet, keep Tibet peaceful and defend Tibet from foreign invasions. That was the mission of its two commissioners (Ambans) and troops in Lhassa in the early 18th century, although at times they reached 10,000 to 15,000 during the war against the Gurkhas (Grunfeld, 1996:45-46) in 1791. "There can be no question regarding the subordination of Tibet to Manchu-ruled China in the first decades of the 18th century (Goldstein, 1989a:44)." »
  52. Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2), op. cit., en part. texte de l'accord, article I: « The Government of Great Britain engages not to annex Tibetan territory or to interfere in the administration of Tibet. The Government of China also undertakes not to permit any other foreign State to interfere with the territory or internal administration of Tibet ».
  53. a, b, c et d Roland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993. Réedité en 2002, Albin Michel, (ISBN 978-2-226-13317-5).
  54. Brief History of Tibet.
  55. (en) The Status of Tibet, sur le site tibet.com : « After returning to Lhasa, the Thirteenth Dalai Lama issued a proclamation reaffirming the independence of Tibet on 14 February 1913 ».
  56. (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, in Maryland Series in Contemporary Asian Studies, No 3-2009 : « A US international law scholar who studied Tibet’s “declarations of independence” found they were not political-legal declarations at all, but merely the 13th Dalai Lama’s affirmations that the mchod-yon (priest-patron) relationship between Dalai Lamas and Chinese emperors had been extinguished due to the end of the empire (note : Alfred P. Rubin, “Tibet’s Declarations of Independence,” AJIL 60 (1966):812-814 and Rubin, “A Matter of Fact,” AJIL 60 (1966):586 ».
  57. Tom A. Grunfeld, The Making of Modern Tibet, 2e édition, M.E. Sharpe, 1996, 352 p., p. 65.
  58. a et b Charles Bell, Tibet Past and Present, 1924, pp. 150-151.
  59. (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, 2009 : « Tibet was not recognized by any established state in the modern era, the era that matters to the modern concept of statehood. Mongolia was not a recognized state in 1913. (...) Mongolia was not recognized until decades later by Russia and China, (...) or by Japan, (...). The Soviet Union and ROC recognized Mongolia only in 1946 and the latter withdrew its recognition in 1953. It did not recognize Mongolia again until 2002. Japan recognized Mongolia in 1972; the US did so only in 1987. (...) The treaty [with Mongolia] was apparently inspired and executed with Russian interests at the fore; yet, whether that is so is not the main point, because Tibet and Mongolia were not recognized as states. Thus, for them to recognize each other had no more significance than the present-day mutual recognition by South Ossetia and Abhazia (...) ».
  60. (en) Elliot Sperling, The History Boy, Rangzen Alliance, 24 juin 2010 : « That the Tibetans and Mongols asserted in their 1913 treaty that they had emerged from under rule by the Manchu State and were thus no longer linked with China (Rgya-nag) is significant in terms of terminology. »
  61. (en) Barry Sautman, China's strategic vulnerability to minority separatism in Tibet, in Asian Affairs: An American Review, 32, 2 (Summer 2005), 87 (32) : « no state recognizes the TGIE or the claim that Tibet was independent ».
  62. Elisabeth Martens, Lettre au Monde diplomatique en réponse à l'article de Mathieu Vernerey, Bourgeonnement précoce du printemps de Lhassa, avril 2008, sur le site du Monde diplomatique, Archives, mai 2008 : « L’indépendance du Tibet ne s’appuie sur aucun document officiel et ne fut jamais reconnue par aucun pays au monde, ni par les Nations unies. »
  63. Elisabeth Martens, op. cit. : « On parle toutefois d’une « indépendance de fait » du Tibet au début du XXe siècle : qu’en est-il ? Elle est en réalité une dépendance économique et politique du Tibet vis-à-vis de l’Angleterre, dépendance qui profitait largement à l’élite tibétaine composée de marchands aisés, de familles de la noblesse et, surtout, des responsables des monastères bouddhistes puisque ceux-ci possédaient plus de 70 % des terres tibétaines sous le millénaire de régime théocratique (Xe au XXe siècle). »
  64. The Political Philosophy of His Holiness the XIV Dalai Lama, Selected Speeches and Writings, 1998, Edité par A.A. Shiromany, Tibetan Parliamentary and Policy Research Centre, dalaï-lama, lettre au Secrétaire général de l'ONU datée du 9 septembre 1959, « Sixth, the sovereign status has also been recognised by other powers. In 1948 when the Trade Delegation from the government of Tibet visited India, France, Italy, the United Kingdom, and the United States of America, the passport issued by the Tibetan government was accepted by the governments of these countries. »
  65. Clémence de la Robertie, Il était une fois, les Dalaï-Lamas, www.buddhachannel.tv
  66. (en) Barry Sautman, "All that Glitters is Not Gold": Tibet as a Pseudo-State, op. cit. : « Exile leaders argue that Tibet’s statehood is based on (...) superficial indicators of a state, such as flags, passports, stamps and currency (note 31: The ICT, for example, in arguing that Tibet is under “Chinese occupiers,” states that Tibet had its own flag and currency. Most people do not know that such supposed indicia of sovereignty are also found among non-state territories ».
  67. Cette convention indique que le Tibet demeure entre les mains du gouvernement tibétain à Lhassa (The changing face of recognition in international law: A case study of Tibet, Boston University School of Law, note 147 p. 148)
  68. (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951: The Demise of the Lamaist State, Berkeley, University of California Press, 1989, p. 75 : « The British and Tibetan plenipotentiaries were willing to sign the draft accord, but I-fan Chan, the Chinese plenipotentiary, refused. After considerable pressure from the British, he initialed the draft and then referred it to his government, which immediately repudiated his initialing ».
  69. Frédéric Lenoir et Laurent Deshayes, L'épopée des Tibétains : entre mythe et réalité Fayard, 2002 (ISBN 978-2-213-61028-3).
  70. (zh)rencontre en 1946 entre le gouvernement tibétain et chinois du guomindang sur CCTV
  71. Invasion du Tibet sur l'encyclopédie Universalis
  72. Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 322, « En septembre 1950, le général Liu Bocheng et Deng Xiaoping, alors représentant de la RPC dans son Sichuan natal, ont annoncé que le Tibet serait « libéré ». C'est le 7 octobre que 40 000 hommes aux ordres du général Zhang Guohua franchissent le Yangtsé en une demi-douzaine de points. [...] Le 17, Ngabo Ngawang Djigmé accepte la capitulation de Chamdo. »
  73. Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 325, « Les représentants de la RPC, de leur côté, ont déjà préparé le texte de l'acccord qu'ils finissent par imposer en jouant sur un ultimatum simple : sans accord, l'APL continuera sa progression. »
  74. (zh)Vidéo documentaire de la rencontre de Mao Zedong du 14e dalaï-lama et du 10e panchen-lama sur CCTV
  75. Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 329
  76. a et b The Dalai Lama has CIA connections
  77. Tibet : le soutien ambigu des États-Unis au dalaï lama
  78. Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 331, « Pendant l'hiver 1955-1956, [...] les États-Unis voient dans cette levée d'armes contre la RPC un moyen de renforcer leur politique anticommuniste en Asie. La CIA dans le cadre de l'opération « Garden » va alors former des centaines de membres de l'ANVD (l'Armée nationale volontaire de défense) ou d'autres groupes de résistants aux techniques de guérilla. »
  79. (en)Relations extérieures des États-Unis
  80. Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, p. 327, l'épreuve de force (1950-1959) : (en 1952) « Peu après son retour dans sa capitale, le dalaï-lama reçoit un nouveau message des États-Unis lui proposant de fuir son pays, de renier l'accord en dix-sept points et d'organiser la résistance en exil. »
  81. Tibet : le soutien ambigu des Etats-Unis au dalaï lama
  82. John Kenneth Knaus, ancien de la CIA, Orphans of the Cold War
  83. Cent questions sur le Tibet, publication du gouvernement chinois, 2001. Extrait de la réponse à la question 13 : « Des gens de l'échelon supérieur du Tibet considéraient comme une faiblesse l'attitude du gouvernement central d'attendre patiemment la réforme du système social du Tibet, et ils déclenchèrent sans vergogne une rébellion armée en 1959. Dans ces circonstances, se conformant au désir de la majorité de la population du Tibet, le gouvernement central réprima rapidement la rébellion et lança une réforme démocratique. Celle-ci abolit le régime féodal du servage, extrêmement corrompu et ténébreux, et la théocratie, et elle permit à un million de serfs et d'esclaves de s'émanciper. Ces derniers n'étaient plus considérés comme les biens individuels des propriétaires de serfs, c'est-à-dire pouvant être vendus, achetés, transférés, échangés et utilisés pour payer une dette, et ils n'étaient plus forcés à travailler pour leurs propriétaires. Ces serfs et ces esclaves, traités depuis longtemps comme des « bœufs et des chevaux doués de la parole », devinrent dès lors des « êtres humains » à part entière. Ils obtinrent la jouissance de la liberté individuelle et devinrent les maîtres de leur propre destin et de la société. C'est une transformation qui fait époque dans l'histoire du Tibet et aussi un grand progrès dans l'histoire de son développement des droits de l'homme. »
  84. Robert Barnett, Le Tibet est-il chinois ?
  85. Encyclopédie Larousse
  86. (en) A. Tom Grunfeld, Reassessing Tibet Policy, sur le site Foreign Policy in Focus, October 12, 2005 : « During the 1980s, CCP moderates paved the way for increased usage of the Tibetan language, the reconstruction of religious buildings (with more temples in some regions now than before 1951), and the encouragement of Tibetan culture. »
  87. (en) Chinese Said to Kill 450 Tibetans in 1989.
  88. (en) Chinese Said to Kill 450 Tibetans in 1989 : « A former Chinese journalist says security forces killed more than 450 Tibetans in the capital of Lhasa in 1989, the Observer newspaper has reported. The Chinese Government has reported that about a dozen people were killed on March 5 and March 6 of last year, the newspaper said in its Sunday issue ».
  89. La fulgurante épopée des Karmapas : entretien avec Francesca Yvonne Caroutch
  90. a et b Source (le document n'est plus disponible sur le site tibetology.ac.cn) : (zh) 1950—1990年藏族人口规模变动及其地区差异研究 (les chiffres de la RAT en 1953 et 1964 présentés dans cette étude correspondent à des évaluations, tous les autres chiffres proviennent de recensements)
  91. Lors d'une interview le 31 mai 2008, le Dalaï Lama a déclaré : « "Greater Tibet", now, this very word comes from the Chinese government side. We never state the greater Tibet » His Holiness the Dalai Lama discusses the recent unrest inside Tibet with the editors of the Financial Times (FT).
  92. (zh) Xinhua News report
  93. (en) The law of birth control, The People's Republic of China
  94. (zh) SINA News report
  95. (zh) Population of Tibet 1950-1990
  96. Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet Selon le recensement national de 1953, le nombre des Tibétains, y compris ceux du Tibet, était de 2,77 millions ; lors du recensement de 1990, on comptait 4,59 millions de Tibétains dans toute la Chine.
  97. Chine: trois millions d'habitants au Tibet, dont 90% sont des Tibétains, Le Quotidien du peuple en ligne, 5 mai 2011.
  98. (en) CIA Operations in China Part III, Ralph McGehee's Archive on JFK Place, 5/2/96 : « the Laogai Research Foundation, (funded by the National Endowment for Democracy, a surrrogate CIA) of which Wu is the executive director ».
  99. (en) Population transfer and control, Bureau du Tibet, 1996.
  100. « Although Chinese officials asserted that 92 percent of the officially registered population in the TAR was Tibetan, they acknowledged that these figures did not include the large number of "temporary" Han residents, including military and paramilitary troops and their dependents, many of whom had lived in the TAR for years. Furthermore, freer movement of persons throughout China, government-sponsored development, and the prospect of economic opportunity in the TAR have led to a substantial increase in the non-Tibetan population, including both China's Muslim Hui minority and Han Chinese, in Lhasa and other urban areas, as migrant workers from China's large transient population sought to take advantage of the new economic opportunities. Most of these migrants professed to be temporary residents, but small businesses run by Han and Hui citizens, mostly restaurants and retail shops, predominated in almost all TAR cities. Many observers estimated that more than half of Lhasa's population was Han Chinese, and even official estimates put the number of temporary Han Chinese residents in Lhasa at over 100,000 out of a total population of 409,500. Elsewhere in the TAR, the Han percentage of the population was significantly lower. In rural areas, the Han presence was often negligible. », China (includes Tibet, Hong Kong, and Macau) - Country Reports on Human Rights Practices, 25 février 2004. Consulté le 16 novembre 2007.
  101. Susette Cooke, « La culture tibétaine menacée par la croissance économique », Perspectives chinoises, n° 79, 2003, §23, En ligne, mis en ligne le 2 août 2006. Consulté le 11 novembre 2007.
  102. People's Daily, Beijing, November 10, 1959, in Population transfer and control
  103. 5 416 021 lors du recensement de 2000: (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48.
  104. L'évolution démographique dans le monde : I - La Chine
  105. À la veille de l'arrivée des communistes chinois, le Kashag a écrit, dans une lettre adressée à l'ONU : « a weak and peace loving people, hardly exceeding 3 million. ». Goldtein, Melvyn C., A History of Modern Tibet, 1913-1951 (Berkeley and Los Angeles: University of California Press, 1989-1991), pp. 746-747; FO 371/84455, Copy of UN file A/1658. original English version of Tibetan appeal, dated 11 December 1950.
  106. « In the official doctrinaire explanation the sharp decline in population, which ran contrary to the national trend, is attributed to the prevalence of feudal serfdom. 'Cruel persecution and oppression of the labouring people by the ruling classes was the root cause for the decline in population. The serfs and slaves had to do corvée labour like beasts of burden. Many of them were prohibited from getting married or having children. The heavy work for women after birth, and epidemic deseases were among the reasons for the shrinking population.' No mention is made, however, of the state of intermittent civil war which has existed since the Chinese entered Tibet in 1951, and the flight of refugees which occurred especially after the 1959 uprising. », Changing Population Characteristics in Tibet, 1959 to 1965, Michael Freeberne, Population Studies, Vol. 19, No. 3 (Mar., 1966), p. 317. Extrait en ligne.
  107. « The decline in population between 1953 and 1964 can be explained by several factors, including the deaths following the various revolts of the 1950s and that of 1959; the famines of the late 1950s and early 1960s (mainly in the Tibetan areas outside Tibet itself); and continuing decline due to factors similar to those already attributed to the period before 1950 [(the high proportion of males in the monastic order, together with the custom of polyandry; widespread venereal diseases; high infant mortality rates as well as frequent smallpox epidemics and in some places endemic goitre; a declining ecological base; and a violent lifestyle in Kham, then part of the Chinese province of Xikang, at least in the 1930s and 1940s)]. Another major factor is emigration, which accounted for many thousands of people through the 1950s and after and formed the basis of the Dharamsala community [...] », People’s Republic of China: Background paper on the situation of the Tibetan population, A Writenet Report by Professor Colin P. Mackerras, p. 19-20. Consulté le 16 novembre 2007 [PDF].
  108. Slavoj Žižek, Tibet: dream and reality, sur le site mondediplo.com (édition anglaise du Monde diplomatique), mai 2008 : « Facing social unrest and disintegration, the ruling elite prohibited any development of industry, so all metal had to be imported from India »; voir aussi Le Tibet pris dans le rêve de l’autre (édition française du Monde diplomatique), mai 2008.
  109. Understanding Tibet in Time and Space, UROP China Project Group, 14 août 2001 : « Modern industries in Tibet were close to non-existent prior to 1950. Industrial development finally surfaced in the late 1950s with the opening of several factories in Lhasa and the establishment of a hydroelectric power facility. By 1980, the economy was centered around tourism and agricultural industries. Tibethas seen gradual industrial growth during the late 20th Century, but still is one of the least prosperous provinces in China ».
  110. Les Échos, jeudi 27 mars 2008.
  111. a, b et c Libération, 19 mars 2008, page 4.
  112. Pierre Chapoutot, Géopolitique de l'Everest, Cimes, 2002.
  113. Paul Miles, Tourism drive is destroying Tibet, Telegraph.co.uk, 8 avril 2005.
  114. (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China.
  115. Le Tibet réduit le prix de ses transports et hôtels pour attirer les touristes, Les nouvelles à travers la Chine et le monde, 23 décembre 2008.
  116. Jim Underwood, Tibetan Stone Journey, Stonexus Magazine, issue #1, 2002, p. 12-15.
  117. Julien Chatelin, Lhassa aujourd'hui, National Geographic, France, janvier 2008, n°100, p.33.
  118. Pékin inaugure le train du Toit du monde, voué à désenclaver et à siniser le Tibet.
  119. (en) Pallavi Aiyar, Train to Lhasa, in Frontline, India's National Magazine, vol. 23, livraison 14, 15-28 juillet 2006 ; « The railway is espected to reduce the cost of transporting goods into the region by more than half. (...) two trains (...) have begun to arrive in Lhasa every day and are expected to carry in a cargo of 7.5 million tonnes every year. Champa (Phuntsok) (...) stressed that (...) plans for expanding the track to other cities, including border areas, are being discussed. »
  120. (zh)Han Hong interprétant Tianlu à Canton sur la chaîne de télévision CCTV.
  121. (zh)Interprétation en tibétain de Tianlu par Ba Sang sur une vidéo de présentation de la ligne sur CCTV.
  122. Gregory Clark, The Fusillade Against China, site Journey East.
  123. (en) Rail link brings AIDS, beggars to Tibet - Dalai Lama, Reuters, 1er février 2007  ; « Tibetan exiles - about 80,000 of them live in India - have dubbed the rail link to the “second invasion of Tibet”. They say it will only increase Chinese migration, dilute Tibetan culture and militarise the region. »
  124. (en) Shibayan Raha (Coordinator of the Calcutta chapter of Friends of Tibet (India), China's Tibet Railway is permanent threat to India, site Phayul.com, 1er juillet 2006.
  125. Tibet : Tanggula Express, un train sur le toit du monde.
  126. (en)Rail link brings AIDS, beggars to Tibet - Dalai Lama.
  127. Zhao Zongzhi and Jia Lijun, op. cit. : « By the end of 2003, some 41,302 kilometres of roads had been completed. (...) To date, the region has five national-level, 14 regional-level and six criss-cross highways, which basically satisfy the social and economic development needs of Tibet. (...) In addition to the 3,200 kilometres of asphalted roads, 32,195 kilometres of rural roads have also been built, linking some 683 townships and 5,956 villages across the region ».
  128. (en) Peng, James, « China Says ‘Sabotage’ by Dalai Lama Supporters Set Back Tibet », 16 janvier 2009
  129. The world in 1945 sur United Nations.
  130. The World in 1945, no. 4135 « The designations employed and the presentation of material on this map do not imply the expression of any opinion whatsoever on the part of the Secretariat of the United Nations concerning the legal status of any country, territory, city or any area or of its authorities, or concerning the delimitation of its frontiers boundaries. »
  131. (en) Noam Chomski, An exchange on "The Responsibility of Intellectuals", Noam Chomsky debates with Fryer Calhoun, E.B. Murray, and Arthur Dorfman, The New York Review of Books, April 20, 1967 : « Tibet has been recognized internationally as a region of China. This status has been accepted by India as well as Communist and Nationalist China, and to my knowledge, has never been officially questioned by the United States. »
  132. Martine Bulard, Chine-Tibet, des identités communes, article du blogue Planète Asie du Monde Diplomatique à la date du 30 avril 2008, reproduit sur le site de l'UPMF de Grenoble : « Rappelons que les Nations unies n’ont jamais inclus le Tibet dans les pays à décoloniser (avant comme après 1971 – date du remplacement de Taïwan par la Chine populaire) et qu’aucun pays n’a reconnu le “gouvernement” tibétain en exil et donc la possibilité d’une indépendance ».
  133. Les Nations unies et la décolonisation.
  134. Réponse du Ministère des affaires étrangères à une question écrite No 11393 de Gilbert Chabroux (Rhône - SOC), publiée dans le JO Sénat du 13/05/2004, page 1028 ; reproduite sur le site Bienvenue au Sénat, Situation du Tibet, 12e législature : « L'assemblée générale des Nations unies, en accueillant en 1971 la Chine en son sein, n'a pas contesté la souveraineté de Pékin sur le Tibet. Cette souveraineté a d'ailleurs été admise par la totalité des États ayant engagé depuis 1949 des relations diplomatiques avec la Chine ».
  135. Commission internationale de juristes, Tibet: Human Rights and the Rule of Law, 1997.
  136. (en) Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, pp. 5 et 7 : « Exile leaders argue that Tibet’s statehood is based on a lack of Chinese central government influence in Tibet from 1913 (when the Lhasa government “declared independence”) to 1951 (...). Most people do not know that (...) legal standards for statehood exist or that hiatuses in national government control over a territory do not automatically convert the territory into a state. They are often unaware that parts of countries have no “right to independence. (...) the non-recognition by states and international organizations of both “old Tibet” and the TGIE ».
  137. «Tibet: une civilisation blessée » Françoise Pommaret, Page 62 : Khubilaï Khan devient empereur de Chine en 1260.
  138. Qui détient la souveraineté sur le Tibet
  139. « Encyclopédie Microsoft Encarta », l’article «Tibet » : Les empereurs Qing affirment leur souveraineté sur le pays, en laissant dans la capitale des représentants et une petite garnison
  140. Souvenirs d'un voyage en Tartarie, Evariste Huc, 1854
  141. Cf. l'annexe de la Convention de Simla.
  142. Dans les cartes de la Chine, publiées par les Occidentaux et les Japonais, de l'entre deux guerres présentent le Tibet, soit comme province, soit comme région autonome de la Chine : Titre : China – political, Auteur : Bartholomew, J. G. (John George), 1860-1920; John Bartholomew and Son. Date: 1922 (carte britannique datée de 1922, où le Tibet apparaît comme une province de la Chine), Carte de la République de Chine issue de l'Université Harvard, édition 1935 (l'Ü-Tsang, équivalant aux deux tiers de la Région autonome du Tibet actuelle, a un statut de la Région autonome de la Chine), 中印国境はマクマホン・ライン(ヒマラヤ稜線近く)ではなく、ヒマラヤ山脈の麓に引かれています。(1933年発行) La Carte de frontière sino-indienne, publiée par les Japonais en 1933
  143. Mikel Dunham, Les guerriers de Bouddha, 2004, l'édition française, p. 18, (l'époque de la Seconde Guerre mondiale). En ce cas, la Chine dirigeait donc les affaires internationales du Tibet, p. 20 : (l'époque de la Seconde Guerre mondiale). Le Tibet n'est pas une zone vide sur les cartes des espions. Le pays est universellement identifié comme une partie de la Chine, sous le nom de « région autonome du Tibet ».
  144. (en) Chronology, in Resistance and Reform in Tibet (sous la direction de Robert Barnett et Shirin Akiner), Londres, Hurst, 1994, p. xviii : « The PLA announced its intention to "liberate Tibet from foreign imperialists" ».
  145. (en) Thomas Laird, The Story of Tibet, 2007, p. 296 : « And who was Tibet to be peacefully liberated from? Imperialist Americans and British spies ».
  146. Livre blanc : La modernisation du Tibet, Office d'information du conseil des affaires d'État de la République populaire de Chine, 2003 (voir version française en ligne)
  147. Dominique Bari, Qui est vraiment « Sa Sainteté le dalaï-lama » ?, L'Humanité, 12 août 2008.
  148. Liberté religieuse.
  149. 人民日報評論:“西藏問題”不是民族問題
  150. (en) Barry Sautman, Preferential Policies for Ethnic Minorities in China: The Case of Xinjiang, ln Working Papers in the Social Sciences, No 32, The Hong Kong University of Science and Technology, 30 septembre 1997, p. 14 : « Universities are adjured to "give ethnic minorities priority over others with equal qualifications." In fact, minorities are eligible for admissions with lower entrance examination scores as a matter of course. »
  151. Benito Perez, Les coulisses de la révolte tibétaine, Le Courrier, 28 mars 2008 : « A contrario, Elisabeth Martens vante la politique de discrimination positive menée, selon elle, par Pékin, qui « facilite l'enseignement aux minorités ethniques par des taxes universitaires moins élevées et des examens d'entrée moins sévères ». »
  152. 西藏民族区域自治政策概况.
  153. 《天葬:西藏的命运Funérailles célestes : le Destin du Tibet》de 王力雄Wang Lixiong Dans cette édition, Page 267.
  154. 透视历史看西藏:记者在拉萨学校采访
  155. 《天葬:西藏的命运Funérailles célestes : le Destin du Tibet》de 王力雄Wang Lixiong Dans cette édition, page 312.
  156. Un aéroport à 4436 mètres au Tibet ?, LE FIGARO.fr, 12/01/2010.
  157. Le tourisme au Tibet amplifié par le chemin de fer Qinghai-Tibet.
  158. Elisabeth Martens, Violences au Tibet : un avis alternatif, Mondialisation.ca, 27 mars 2008.
  159. Yann Rousseau, Pékin face à son énigme tibétaine, in Les Échos, jeudi 27 mars 2008.
  160. Yves Lacoste, Dictionnaire de géopolitique, Flammarion, 1993, article Tibet, pp 1497-1501
  161. Aymeric Chauprade, Géopolitique, constantes et changements dans l'Histoire, 3e édition, ellipses, 2007, p 189 (citation : « occuper le Tibet situé sur son flanc ouest, de manière à empêcher toute tentative étrangère de s'établir sur le toit du monde avec l'aide des Tibétains. Car celui qui tient le Tibet peut déferler sur la Chine, l'Inde, le Xinjiang et la Mongolie intérieure. Au-delà donc des problèmes médiatisés liés aux entorses aux droits de l'homme dans la région, il faut comprendre les raisons géopolitiques de la présence chinoise au Tibet. »)
  162. The Middle-Way Approach: A Framework for Resolving the Issue of Tibet.
  163. Chronologie du Tibet sur le site Clio.fr
  164. Legal Materials on Tibet, Third Edition
  165. Résolution numéro 1353 de l'ONU
  166. Résolution numéro 1723 de l'ONU
  167. Résolution numéro 2079 de l'ONU
  168. L'ONU captive de la Chine à propos du Tibet (J.Buhrer).
  169. Réponse du Ministère des affaires étrangères à une question écrite No 11393 de M. Gilbert Chabroux (Rhône - SOC), publiée dans le JO Sénat du 13/05/2004, page 1028; reproduite sur le site Bienvenue au Sénat, Situation du Tibet, 12e législature : « S'agissant du droit à l'autodétermination des Tibétains, il convient de replacer dans son contexte historique la résolution 1723 (XVI) du 20 décembre 1961 de l'Assemblée générale des Nations unies. À cette époque, la Chine populaire ne siégeait pas à l'ONU. (...) En tout état de cause, les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas juridiquement contraignantes et n'ont qu'une portée recommandatoire ».
  170. Réponse du Ministère des affaires étrangères à une question écrite No 11393 de M. Gilbert Chabroux (Rhône - SOC), publiée dans le JO Sénat du 13/05/2004, page 1028; reproduite sur le site Bienvenue au Sénat, Situation du Tibet, 12e législature : « L'assemblée générale des Nations unies, en accueillant en 1971 la Chine en son sein, n'a pas contesté la souveraineté de Pékin sur le Tibet. Cette souveraineté a d'ailleurs été admise par la totalité des États ayant engagé depuis 1949 des relations diplomatiques avec la Chine ».
  171. Bhaskar Vyas, Rajni Vyas, Experiments with truth and non-violence: the Dalai Lama in exile from Tibet, Concept Publishing Company, 2007 (ISBN 978-81-8069-359-5), (ISBN 978-81-8069-359-5), p. 88 : « There was a hope that, following 1965 resolution by the UN and confirmation of genocide internationally, China would be put to shame. At least they will abide by the Seventeen Point Agreement in true spirit and effectively implement genuine autonomy. Though the UN resolutions did not materially change anything, China became aware that they have to deal with the issue. »
  172. Chinese population - Threat to Tibetan identity. « The exiled Tibetan government, however, revealed in 1984 that since the invasion over 1.2 million Tibetans died as a direct result of China's invasion of their nation. This figure was compiled after years of analysis of documents, refugee statements and interviews, and by official delegations sent to Tibet by the Tibetan Government between 1979 and 1983. The fact-finding delegations travelled to most parts of Tibet ». "Over 1.2 Million Tibetans Died Under Chinese Rule," Tibetan Review, March 1984, p 7.
  173. 'Tibet: Proving Truth from Facts', The Department of Information and International Relations: Central Tibetan Administration, 1996. p. 53. « Over 1.2 million Tibetans have died as a direct result of the Chinese invasion and occupation of Tibet. Today, it is hard to come across a Tibetan family that has not had at least one member imprisoned or killed by the Chinese regime. ».
  174. Dans le cadre du chapitre intitulé « The 'Genocide' Myth Re-examined » de son étude Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, le démographe Yan Hao (de la Commission du département de planification d'État à l'Institut de recherche économique à Pékin) décortique un tableau dont la source indiquée est le Bureau du Tibet, Droits de l'homme, 1984 (dépendant du GTE) et qui avance le chiffre de 1 278 387 morts tibétains, page 19 « (Table 4 : Distribution of Tibetan deaths directly resulting from China’s invasion, by causes of death and regions (1949–79)) ».
  175. La page Human rights sur http://www.tibet.com/] le site basé à Londres du gouvernement tibétain en exil, au chapitre "1949-1979: Killings and destructions", on peut lire: « Over 1.2 million Tibetans have died as a direct result of the Chinese invasion and occupation of Tibet. Today, it is hard to come across a Tibetan family that has not had at least one member imprisoned or killed by the Chinese regime. According to Jigme Ngabo, "after the suppressions of 1959 and 1969, almost every family in Tibet has been affected in some way". » et « According to information compiled by the Tibetan Administration in exile, over 1.2 million Tibetans died between 1949 and 1979. » avec un tableau détaillé donnant le chiffre total de 1 207 387 morts tibétains.
  176. Tendzin Choegyal, le conseiller du dalaï-lama, dans un discours fait en 1999 au Hillsdale’s Center pour un seminaire sur les alternatives constructives, intitulé "Faith and Freedom Around the World" : (en) Tendzin Choegyal, « The Truth about Tibet » sur Guaracabuya, Revista Electronica, Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), avril 1999. « More than 1,2 million Tibetans are dead as a result of the Chinese occupation ».
  177. Un dossier du groupe interparlementaire d'amitié liant le Sénat français au Tibet, intitulé "Un Tibet pour le XXIe siècle", chapitre "2.3. Bilan de l'occupation du Tibet par la Chine" avance : « Massacres et déni des droits individuels : si l'on doit donner une comptabilité des pertes en vies humaines depuis 1949, on estime à plus de 1,3 million le nombre de Tibétains (un cinquième de la population) morts directement ou indirectement du fait de l'occupation ».
  178. Patrick French, op. cit., « L'historien Warren Smith, travaillant sur les déficits dans la croissance des populations, a écrit que les statistiques du gouvernement chinois « confirment les thèses tibétaine d'un nombre massif de morts et réfutent les dénégations chinoises ». D'après ses estimations, ce sont plus de 200 000 Tibétains qui « manqueraient » à la population de la Région autonome du Tibet. Avec les taux élevés et vérifiables de mortalité dans le Ganzou, le Sichuan et le Qinghai, au début des années 1960, il semble que le nombre de morts tibétains ait été aussi élevé dans ces régions que dans le Tibet central. Si cela est vrai, on peut avancer avec un certain degré de probabilité qu'environ un demi-million de Tibétains sont directement morts à cause de la politique appliquée au Tibet par la République populaire de Chine. Chiffre de toute façon terrifiant, en conséquence, et qui ne diminue en rien l'horreur de ce qui a été fait au Tibet. »
  179. Source :Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, de Patrick French traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, pp. 83, 84, 326 et 327.
  180. Warren W. Smith, a broadcaster with the Tibetan Service of Radio Free Asia.
  181. Tibet, Tibet, (ISBN 978-1-4000-4100-8), pages 278-282, citation de la page 600 de Warren W. Smith Jr, Tibetan Nation: A History of Tibetan Nationalism and Sino-Tibetan Relations, Westview Press, 1996, (ISBN 978-0-8133-3155-3).
  182. (en) The Incredible Weariness of Hope (Jamyang Norbu).
  183. (en) Topden Tsering, 'Hands off' isn't enough for Tibet. Dalai Lama stops short of autonomy, site SFgate.com, July 24, 2005 : « (...) Jamyang Norbu, a 51-year-old Tibetan novelist, playwright and activist who is widely seen as the enduring voice of Tibetan independence ».
  184. « [...] the death figures provided by the TGIE are exaggerations not sustained by the evidence. », Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, Yan Hao (Institute of Economic Research, State Department of Planning Commission, Beijing).
  185. Le Tibet est-il chinois ? ouvrage collectif publié sous la direction de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, p. 144.
  186. Leslie Evans, How repressive is the Chinese government in Tibet?, sur le site UCLA International Institute, 4 décembre 2002, compte rendu d'une conférence du professeur Barry Sautman à l'université de Californie à Los Angeles; « There are no bases at all for the figures used regularly by the exile groups. They use the figure of 1.2 million Tibetans dying from the 1950s to the 1970s, but no source for this is given. As a lawyer, I give no credence to statistics for which there is no data, no visible basis » ».
  187. Briefing paper for travellers to Tibet (cf Religion)
  188. Le bilinguisme tibétain-chinois : situation et enjeux, op. cit.
  189. (en) China launches Tibetan channel for India, Nepal, PTI, 1er octobre 2007 (en ligne sur le site rediff NEWS) : « China launched the first-ever 24-hour Tibetan language television channel on Monday to mark its 58th National Day (...). The channel only broadcast 11 hours a day when it was opened in 1999 ».
  190. (en) The wishes of a Tibetan, China Digital Times, 27 mars 2009 : « At present, the two most popular television channels in the Tibetan areas are the Qinghai Tibetan language channel and the Tibet Tibetan language channel » (« Actuellement, les deux chaînes télé les plus regardées dans les régions tibétaines sont la chaîne en langue tibétaine du Qinghai et la chaîne en langue tibétaine du Tibet »).
  191. (en) Zhang Mingyu, Cheer up for opening khampa Tibetan TV Channel, tibet.new.cn, 17 janvier 2010.
  192. Elisabeth Martens, Violences au Tibet : un avis alternatif, site mondialisation.ca, 27 mars 2008.
  193. (en) Seven Questions: What Tibetans Want, site Foreign Policy, mars 2008 : « I think we have to get over any suggestion that the Chinese are ill-intentioned or trying to wipe out Tibet ».
  194. (en) Robert Barnett, Thunder for Tibet, compte rendu du livre de Pico Iyer, The Open Road: The Global Journey of the Fourteenth Dalai Lama, Knopf, 275 p., in The New York Review of Books, vol. 55, number 9, May 29, 2008 : « Why, if Tibetan culture within Tibet is being "fast erased from existence", (do) so many Tibetans within Tibet still appear to have a more vigorous cultural life, with over a hundred literary magazines in Tibetan, than their exile counterparts? ».
  195. Lors du recensement mené en 2000, la population de la région autonome du Tibet comptait 6 % de Hans, et l'ensemble des entités administratives tibétaines 20 %
  196. See An Appeal from Tibet
  197. Le Figaro : Domenach-Jullien:l'Occident peut-il comprendre la Chine ?
  198. Livre blanc : La modernisation du Tibet (1), Beijing, Office d'information du conseil des affaires d'État de la République populaire de Chine, 31 juillet 2003 [lire en ligne]  : « Depuis 1984, avec le concours de l'Etat, 9 provinces ( municipalités) ont envoyé des travailleurs et fourni des matériaux pour entreprendre au Tibet 43 projets de construction. »
    Livre blanc : La modernisation du Tibet (2), Beijing, Office d'information du conseil des affaires d'État de la République populaire de Chine, 31 juillet 2003 [lire en ligne]  : « Elles (Le DL et les forces hostiles internationales) ont prétendu que le développement rapide de l'économie du Tibet était le "sabotage de l'environnement du Tibet" et que la sollicitude et les contributions du gouvernement central et du peuple chinois au processus de modernisation du Tibet étaient un "pillage des ressources du Tibet" et un "renforcement du contrôle sur le Tibet par les Hans" ».
  199. Pour Pierre Picquart, beaucoup de médias occidentaux ne connaissent pas bien la Chine et le Tibet Interview de Pierre Picquart par Xinhua 25/03/2008. Cela résulte d'une ignorance de l'histoire du Tibet (...), a expliqué Pierre Picquart, qui préfère personnellement « les termes du progrès, de la tolérance et de la construction économique, sociale et culturelle ».
  200. (en) Netizens condemn biased reporting on riots, China View, 9 juillet 2009.
  201. (en) Robert Marquand, 'Seeking truth from facts' in Tibet, The Christian Science Monitor, August 30, 2004 : « Since Tibet is viewed as part of the Chinese motherland dating back thousands of years, Chinese assume the right to establish themselves here ».
  202. Michel Peissel, Le Dernier Horizon, éditions Robert Laffont, 2001, (ISBN 978-2-221-09272-9).
  203. Agence Xinhua, relayée par le magazine Enerpress, N° 9976, 23 décembre 2009.
  204. (en) High noon for Tibet's development, English.new.cn, 19 juillet 2011 : « The regional government bans highly-polluting, energy-consuming projects such as paper-making factories, as well as iron, steel and chemical plants. »
  205. Maxime Vivas, Choses vues au Tibet (2), sur le site Le Grand Soir, 2 août 2010.
  206. Chine : fin de la construction de la première entreprise de traitement des eaux usées à Lhassa, Le Quotidien du peuple en ligne, 15 juillet 2011.
  207. Contamination radioactive au Tibet : Sun Xiaodi reçoit le prix de l’avenir sans nucléaire, Agoravox, section Tribune libre, 14 décembre 2006.
  208. Le Chinois Sun Xiaodi a reçu le prix international de militantisme anti-nucléaire, 12 décembre 2006.
  209. Raymond Meyers, La politique militaire nucléaire de la Chine au Tibet et son impact, sources : Green Tibet, Dharamsala, et Free Tibet, Londres, 2000, reproduit sur le site de l'asssociation Les amis du Tibet.
  210. La première base de recherche sur les armes nucléaires de la Chine ouverte au public, sur www.french.xinhuanet.com, 3 mai 2007 : « La base, berceau des premières bombes atomiques et à hydrogène de la Chine. ».
  211. La première base de recherche sur les armes nucléaires de la Chine ouverte au public, op. cit.
  212. (en) A nuclear attraction, The Standard, China Business Newspaper, 30 juin 2007. Mis en ligne le 30 juin 2007, consulté le 9 septembre 2007
  213. (en)China Admits to Nuclear Waste on Tibetan Plateau, sur tibet.com (ancien site du gouvernement tibétain en exil), 1996.
  214. (en)China to Start Building Centres for Nuclear Waste; First to Be in Gansu.
  215. GEO, Tibet, N° 186, août 1994 (p. 69).
  216. (en) Tibet 2000, Environment and Development Issues Nuclear Threats, DIIR, site officiel du gouvernement tibétain en exil.
  217. (en) China finds oil in Tibet, article sur le site de BBC News du 21 août 2001
  218. "Tibet : la question qui dérange" par Claude B. Levenson, article sur AgoraVox du 8 avril 2008
  219. a et b Crise du Tibet : des enjeux cruciaux pour Pékin, article du Monde du 26 mars 2008
  220. (en) Mining Tibet: Mineral Exploitation in Tibetan Areas of the PRC, Tibet Information Network, London 2002.
  221. (en) A Briefing Paper Submitted for the 75th session (3 – 28 August 2009) of the United Nations Committee On The Elimination Of Racial Discrimination, TCHRD
  222. GEO, Tibet, N 186 août 1994, p. 69 « Dans la région du Kongpo, au sud-est de l'U-Tsang, des prisonniers tibétain, encadrés par des soldats chinois doivent abattre des arbres et transporter les grumes comme des bêtes de somme. Avant l'occupation, les paysans pratiquaient de simples coupes de subsistance, maintenant ce sont des saignées à blanc. »
  223. Jean-Paul Ribes, Préserver l'écosystème le plus vaste d'asie GEO Tibet N° 186 août 1994 (p. 98-99) : « En 1949, les forêts séculaires couvraient 222 000 km2. En 1989, ce chiffre serait tombé à 134 000 km2, un peu plus de la moitiè (...) Ces forêts ont été massivement dévastées par des coupes "à nu" particulièrement redoutables lorsqu'elles touchent les vallées pentues (...) Ce sont essentiellement les troupes d'occupation chinoises, qui, en utilisant la main-d'œuvre fournie par les camps de travail, sont à l'origine de la coupe de près de 2,5 millions de mètres cubes de bois pour une valeur de plus de 54 milliards de dollars. Conséquences : une disparition irreversible des couches d'humus dans les régions pentues, l'extinction de certaines espèces de la flore et de la faune, l'embourbement des fleuves dont les crues ne sont plus régulées, une exposition sans écran aux fortes variations de température. »
  224. (en) The Yangtze flood: the human hand, local and global, World Watch Institute, Lester R. Brown et Brian Halweil, 13 août 1998.
  225. a et b (en) Qian Ye et Michael H. Glantz, The 1998 Yangtze Floods: The Use Of Short-Term Forecasts In The Context Of Seasonal To Interannual Water Resource Management
  226. (en) The Huanghe (Yellow River)and Changjiang (Yangtze River) deltas: a review on their characteristics, evolution and sediment discharge during the Holocene « The increase has occurred during the last 2000 years due to human activities in Asia, especially from cultivation and deforestation ».
  227. (en) Logging Ban, TIN News Update, 26 août 1998 (ISSN 1355-3313), « Policy decisions regarding deforestation on the Tibetan plateau also have implications for countries in South Asia, such as Bangladesh, where flooding is frequent and often devastating, and attributed by some experts to the soil erosion brought on by deforestation in Tibet »
  228. (en) Flooding in Bangladesh, 1998 : « The Ganges and Brahmaputra rivers have their headwaters in Nepal and in Tibet where recent years the rapidly increasing populations have caused the removal of vast areas of forest (...) The removal of the forest cover has reduced interception and increased landslides, soil erosion and overland flow ».
  229. (en) Tibet 2000: The State of Environment
  230. The 1998 Flood on the Yangtze, China, Yongqiang Zong et Xiqing Chen : «  »
  231. Tibet : la protection de l'environnement sur le même plan que le développement, Le Quotidien du Peuple en ligne, 17 mars 2011.
  232. Tibétains, 1959-1999, quarante ans de colonisation, Ouvrage collectif dirigé par Katia Buffetrille et Charles Ramble avec Robbie Barnett, Georges Dreyfus, Samten G. Karmay, Per Kværne et Jigmé Namgyèl; Pages 58 à 63, Le Bön, l'autre religion par Per Kværne. Ed Autrement, coll. Monde 1998 (ISBN 286260822X).
  233. Mandchous 在清朝建立之前,滿族與蒙古族形成了政治聯盟,蒙古族信仰的喇嘛教(藏傳佛教)也很快傳入滿族,因此,佛教在滿族人中有著。 Avant la fondation de la dynastie Qing, les Mandchous et les Mongols créent une alliance politique, grâce à laquelle, la croyance des mongols - le lamaïsme (le bouddhisme tibétain) se répand vite chez les mandchous.
  234. «中国的亚洲内陆边疆 » 喇嘛教与满族势力在蒙古的兴起(17与18世纪)
  235. [« Histoire du Tibet » de Laurent Deshayes ] P151, Le bouddhisme (tibétain) est bien implanté parmi les population mandchoues. Depuis le milieu des années 1620, leurs chefs clament haut et fort qu'ils souhaitent exercer un patronage sur les territoires mongols dont la plupart ont été convertis par les religieux tibétains.
  236. [« Le Lama et L'Empereur »]P43-44, ...Abahai fait construire un temple bouddhiste en 1636 à Moudken, la capitale de son jeune empire. Il fait savoir qu'il souhaite rassembler les peuples nomades mongols et ceux de l'Asie centrale et devenir le nouveau patron du bouddhisme. La même année, il change le nom de la dynastie fondée par Nurhaci (Jin) en Daqing (grands Qing). Il se met en relation avec les Gélougpa. ...Le successeur de Shunzhi, Kangxi, est autant séduit par le bouddhisme que son prédécesseur, sinon plus....
  237. Le rituel funéraire tibétain pratiqué depuis 1 000 ans survivra grâce à la protection du gouvernement chinois, Xinhuanet, 13 janvier 2006. Mis en ligne le 13 janvier 2006, consulté le 25 juillet 2008
  238. Masood Butt, 'Muslims of Tibet', Bureau du Tibet, janvier-février 1994 : « Tibetan Muslims trace their origin from immigrants from four main regions: China, Kashmir, Ladakh and Nepal. Islamic influence in Tibet also came from Persia and Turkestan. Muslims are known as Khache among Tibetans. This appear to be because the earliest Muslim settlers to Tibet were from Kashmir which was known as Khache Yul to Tibetans ».
  239. Masood Butt, op. cit.
  240. (en) Ingun B. Amundsen, On Bhutanese and Tibetan Dzongs, in Journal of Bhutan Studies, vol. 5, hiver 2001, pp. 8-41, en part. p. 24.
  241. Michael Buckley, Tibet, édition No 2, Bradt Travel Guides, 2006, 310 p. (ISBN 978-1-84162-164-7) : « the Potala in Lhasa is a prime example of fortress architecture ».
  242. (en) Lyndia Aran, Inventing Tibet, Commentarymagazine.com, January 2009 : « Tibetan monasteries maintained private armies that were deployed in conflicts with the local government, with other monasteries, and sometimes even among schools within the same monastery. Fighting “dobdos” were known to constitute 15 percent of the monks of the great Gelugpa monasteries in and around Lhasa ».
  243. Stéphanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile. Politics at large, Routledge, 2008, p. 12 : « These monastic complexes maintained their own monastic forces, which had access to guns and munitions and appeared as competing armed power by dwarfing the Tibetan army ».
  244. Elisabeth Martens, Histoire du Bouddhisme tibétain : La Compassion des Puissants, L'Harmattan, 2007, p. 132 (ISBN 978-2-296-04033-5).
  245. Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The British were ordered not to loot (...); but they did take some images and paintings from monasteries that resisted ».
  246. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, 2000, Calmann-Lévy.
  247. Le 14e dalaï-lama affirme à ce propos : « Personne ne savait ce qu’allait faire l’armée britannique. Mais plus tard, elle parut disciplinée. Quand ils rencontraient des obstacles, ils tuaient, c’est vrai. Mais sinon, ils n’incendièrent pas les monastères, ne volèrent pas, ne pillèrent pas. Quand ils sont arrivés à Lhassa, ils ont campé dans leurs propres camps, et ont négocié avec le gouvernement tibétain. Ils étaient très disciplinés et plus tard, les Tibétains comparèrent leur façon d’agir avec celle des Chinois et des Mandchous lors de leur invasion (en 1910). Eux brûlaient les monastères et pillaient les villages », cf. Une histoire du Tibet : Conversations avec le Dalaï Lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007 (ISBN 978-2-259-19891-2).
  248. Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 978-0-87477-888-5) : « The penalties for political offenses are very strict. People still speak of the monks of Tengyeling, who forty years ago sought to come to terms with the Chinese. Their monastery was demolished and their names blotted out ».
  249. Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The Tengyeling monastery was disendowed; traitors were banished, and the rest of the monks were distributed to other monasteries ».
  250. Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, translated from the German by Richard Graves; with an introduction by Peter Fleming; foreword by the Dalai Lama, E. P. Dutton, 1954, (ISBN 978-0-87477-888-5) ; « It was not until the government bombarded the town and monastery of Sera with howitzers and knocked down a few houses that the resistance ceased.(...) The monastery was thoroughly ransacked by the soldiers, and for many weeks afterward gold cups, brocades, and other valuable objects kept turning up in the bazaars ».
  251. Sanderson Beck, Tibet, Nepal, and Ceylon 1800-1950 : « The Tibetan army attacked the Che College again on April 27 and took it over, killing about two hundred monks while 15 soldiers died ».
  252. Åshild Kolås, Monika P. Thowsen, On the margins of Tibet: cultural survival on the Sino-Tibetan frontier, University of Washington Press, 2005, 276 pages, en part. p. 48 et 50 (ISBN 978-0-295-98481-0), (ISBN 978-0-295-98481-0).
  253. Projet de cartographie du Tibet.
  254. Monastic Education in the Gönpa.
  255. Michel Peissel, Les Cavaliers du Kham. Guerre secrète au Tibet, Robert Laffont, Paris, 1972.
  256. Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, p. 334 (ISBN 978-2-213-59502-3).
  257. (en) Richard Pierre Claude, compte rendu de Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists: Global Advocates for Humam Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994, in Human Rights Quarterly, August 1994 : « Based on documentation and named respondents, the author presents the tale of the United States Central Intelligence Agency (CIA) in secretly bankrolling the formation of the ICJ as an instrument of the Cold War. [...] Tolley shows that the tainted source of funding was unknown to most ICJ officers and members, [...] ».
  258. Commission internationale de juristes, La question du Tibet et la primauté du droit, Genève, 1959, pp. 39-49.
  259. Fox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume - Paris, Presses de la Cité, 1983, page 309.
  260. « Since the Chinese assumed full control over Tibet after an abortive Tibetan uprising in 1959, the number of Buddhist monasteries has been cut from 2464 to 10, Chinese officials told me during a week's tour of of "the roof of the world." Some, like the Gadan monastery, once the third largest in Tibet with nearly 10000 monks, simply disappeared »
  261. (en) Michel Chossudovsky, China and America: The Tibet Human Rights Psy Op, site Global Research, 13 avril 2008 : « The most prominent pro-Dalai Lama Tibet independence organization funded by the NED is the International Campaign for Tibet (ICT), founded in Washington in 1988. The ICT has offices in Washington, Amsterdam, Berlin and Brussels. Distinct from other NED funded Tibet organizations, the ICT has a close cozy and " overlapping" relationship with the NED and the US State Department ».
  262. *When the Sky Fell to Earth: The New Crackdown on Buddhism in Tibet (Chapter 6: Destruction of Monasteries & Persecution of Leaders p. 63-80), International Campaign for Tibet, 2004
  263. Pierre-Yves Ginet, Destruction du plus grand monastère du monde.
  264. La Chine restaure des sites tibétains soigneusement choisis, sur le site artclair, 3 mars 2011.
  265. UNESCO : Les arts Regong : Inscrit en 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité
  266. (en) General background to the state of education in Tibet, Tibetan Centre for Human Rights and Democracy, 1997
  267. Education in Tibet, TCHRD
  268. Le Tibet Journal, Editions Dharma pour la traduction française, 1985, ISBN 978-2-86487-010-4
  269. Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom
  270. Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Other Forms of Education
  271. « For centuries, monasteries and nunneries in Tibet were the principal centers of learning and education. Tibetan tradition required all families with more than two sons (to) send one of them to a monastery to become a monk. » China's impact on Tibetan cultural and linguistic identity, Tibetan Bulletin online, January-April 2007
  272. « In independent Tibet, monasteries and nunneries, numbering over 6,000, served as schools and universities, fulfilling Tibet's educational needs. » Tibet: Proving Truth from Facts - Socio-economic conditions and colonialism
  273. « Before the peaceful liberation in 1951, school enrolment in Tibet was no more than 3,000 at its highest » China's Tibet Facts & figures 2002 - Education
  274. « Less than 2 percent of school-age children attended school and the illiteracy rate amounted to 95 percent on the eve of Tibet's peaceful liberation in 1951. » Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom. Ce chiffre est à mettre en relation avec la proportion indiquée dans ce même document de 10 % de moines et nonnes dans la population tibétaine : « Before 1959, there were some 2,000 monasteries in Tibet with 110,000 monks and nuns, who made up 10 percent of total population. » Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Monastic Education
  275. Le Tibet est-il chinois ? Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, 2002, ISBN 978-2-226-13426-4
  276. Combats des Nonnes Tibétaines, Havnevik Hanna, 1995, Ed Dharma, ISBN 978-2-86487-025-8
  277. « Students of the monastery schools, mainly monks, majored in Buddhist scriptures, but also gained some knowledge of Tibetan language, handwriting, literature and art, philosophy logic, astronomical Calendar and medicine. » Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Monastic Education
  278. Tibet, mon histoire, Jetsun Pema, Éd : Ramsay
  279. « Schools run by local governments were divided into schools for the training of lay and monk officials. Instead of providing students with systematic study, these schools were actually training centers for nurturing local government officials. Most of the students were from noble families. » Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Official Education
  280. « Unlike schools set up to train lay and monk officials, its students came from ordinary families. » Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Official Education
  281. a, b et c Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Official Education
  282. a et b Tibetan education as I see it, Qangngoiba Doje Ngoizhub
  283. Histoire de la médecine tibétaine
  284. History of Tibetan Medicine
  285. a et b China's Tibet Facts & figures 2002 - Education
  286. Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Private Education
  287. “The Birth of a Clinic”? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910 An English school existed in Gyantse in the period 1923–26; it was closed as part of a general Tibetan movement against modernization at that time
  288. « Durant les quelques années qui suivirent la Convention de Simla, le dalaï-lama tenta de développer un rapprochement avec les Anglais [...]. Une école anglaise fut créée à Gyantsé mais, devant la réaction des grands monastères [...], l'école dut rapidement fermer ses portes. », Jérôme Édou et René Vernadet, Tibet, les chevaux du vent, Paris, L'Asiathèque, 2007 (ISBN 978-2-915255-48-5), p. 76-77 
  289. “The Birth of a Clinic”? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910 An English school opened in Lhasa in the 1940s but was also short-lived, although by this time some Tibetans were sending their children to Western schools in India
  290. « En 1944, à l'inspiration du Régent Takra, une deuxième tentative pour installer une école anglaise s'acheva, elle aussi, par un échec, quelques mois après son inauguration. », Tibet, les chevaux du vent, Ibid.
  291. « Cependant l'aristocratie de Lhassa prit l'habitude d'envoyer ses enfants dans les écoles anglaises de Kalimpong et Darjeeling. », Tibet, les chevaux du vent, Ibid.
  292. (en) Rong Ma, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 350 p., p. 325 : « Education in Tibet has experienced great changes since 1952. A Middle Ages-style monastic education system has been transformed into a modern school system. The monastic education system was essentially destroyed after 1959. The new school system was established from 1959 to 1966 but it was interrupted during the Cultural Revolution. The schools were rebuilt when the political riots ended in 1976. After concerted efforts in the last quarter-century a complete educational system from primary schools to universities has been established in the TAR. »

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