Hu Yaobang
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Dans ce nom chinois, le nom de famille, Hu, précède le prénom.
Hu Yaobang
胡耀邦
Hu Yaobang 1953.jpg
Hu Yaobang en 1953

Mandats
Secrétaire général du Parti communiste chinois
septembre 1980mars 1987
Prédécesseur Deng Xiaoping (vacant depuis 1967)
Successeur Zhao Ziyang
Président du Parti communiste chinois
juin 1981octobre 1982
Prédécesseur Hua Guofeng
Successeur Poste supprimé à son initiative.
Biographie
Date de naissance 20 novembre 1915
Lieu de naissance Hunan, Chine
Date de décès 15 avril 1989 (à 74 ans)
Lieu de décès Jiangxi, République populaire de Chine
Nationalité Drapeau de Chine Chine
Parti politique Parti communiste chinois

Hu Yaobang (chinois: 胡耀邦 Pinyin: Hú Yàobāng, Wade-Giles: Hu Yao-pang) (20 novembre 191515 avril 1989) a été le secrétaire général du Parti communiste chinois de 1980 à 1987. En 1987 il est limogé de ses fonctions à la tête du Parti suite à des manifestations étudiantes qu'il avait sans doute soutenues dans leurs revendications démocratiques.

Sommaire

Jeunesse et maturité

Hu Yaobang dans les années 1940.

Né à Linyang, province de Hunan dans une famille de paysans, Hu quitte la maison à l'âge de 14 ans pour rejoindre la Ligue de la jeunesse communiste. En 1933, il se rend dans la base soviétique chinoise du Jiangxi et adhère au Parti communiste chinois[1]. Il participe à la Longue Marche et sert dans l'Armée rouge sous Deng Xiaoping. Il est alors membre de l'équipe de travail du Comité central et secrétaire de la Ligue de la jeunesse communiste dans une unité de l'Armée[2].

Après la fondation de la République populaire de Chine le 1er octobre 1949, il devient secrétaire du comité du Parti pour la région du Sichuan du Nord et président de l'admnistration régionale. En 1952, il suit Deng à Beijing et devient secrétaire du Comité central de la Ligue de la jeunesse communiste chinoise poste qu'il conservera pendant 15 ans. Puis en 1965 premier secrétaire du comité du Parti de la province du Shaanxi[2]. Il se fait alors connaitre en Chine et à l'étranger à l'occasion de nombreux voyages[3].

Lors de la Révolution culturelle, considéré comme un proche de Liu Shaoqi, il est écarté du pouvoir en novembre 1966[3]. Il est alors contraint de vivre à la campagne puis sera pendant 2 ans placé en résidence surveillée[4]

En 1972, il revient au premier plan dans le sillage de Deng Xiaoping. En 1975, il réorganise l'Académie chinoise des sciences et il est chargé de réhabiliter les intellectuels victimes de la Révolution culturelle, ainsi il acquière une popularité dans les milieux réformistes[4].

Après les manifestations de Tian'anmen d'avril 1976, lors de l’enterrement de l'ancien premier ministre Zhou Enlai, Deng et Hu sont de nouveau écartés du pouvoir.

De nouveau réhabilité en 1977, Hu Yaobang est élu en août de cette même année au Comité central lors du 11e Politburo du PCC. Puis il entre au Bureau politique en décembre 1978. En 1980 il est secrétaire général du parti et accède à la présidence du parti suite à la démission de Hua Guofeng[4] en juin 1981. Il joue les premiers rôles au XIIe congrés du Parti en 1982. Il choisit d'abandonner le titre de Président du Parti « trop évocateur du passé maoïste » pour reprendre celui de secrétaire général[3].

Bien que Deng Xiaoping ait gardé le pouvoir réel, Hu Yaobang est formellement le numéro 1 en occupant le poste de Secrétaire général du PCC de 1980 à 1987[5].

Un réformateur

Comme Deng Xiaoping a regagné graduellement le contrôle du PCC, le rival de Deng Hua Guofeng a été remplacé par Zhao Ziyang comme Chef du gouvernement du Conseil de l'état en 1980, et par Hu Yaobang comme le Président de Parti en 1981. Hu a été aussi promulgué Secrétaire général du Parti communiste chinois en 1980 mais, jusqu'à ce qu'à la moitié des années 1990, c'était Deng qui était aux commandes bien que son seul titre officiel était président de la Commission militaire centrale du parti communiste.

Selon les sinologues, Hu Yaobang est célèbre pour avoir d'une part fait réhabiliter des milliers de Chinois qui ont été persécutés pendant la révolution culturelle (1966 -1976) et d'autre part « fait une autocritique de la politique chinoise au Tibet, où il a prôné une autonomie »[6] et « proclamer le respect de la liberté de croyance » [7].

Réhabilitation des victimes de la Révolution culturelle

Mao Zedong disparait en 1976, la Bande des Quatre est arrétée en octobre 1976 et Deng Xiaoping est réhabilité en juillet 1977.

Hu Yaobang est alors chargé de la réhabilitation des dirigeants du Parti éliminés par Mao au cours de la Révolution culturelle. Les intellectuels sont réhabilités par milliers. Les dirigeants du Parti éliminés reprennent peu à peu leur place : Peng Zhen, Chen Yun, Bo Yibo… Les victimes décédées sont aussi réhabilitées à titre posthume  : Peng Dehuai, Liu Shaoqi… En 1979 c'est au tour des « droitiers ». En 1980 Hu Feng est aussi réhabilité[8].

Mesures politiques au Tibet

Voir le chapitre « Hu Yaobang au Tibet (1980) : constat et mesures prises » pour une présentation complète.

Le 14 mars 1980 se tenait le premier Forum de travail sur le Tibet organisé par le secrétariat du comité central. Hu Yaobang présidait les réunions de travail et deux mois plus tard, il a mené une tournée d'inspection au Tibet[9]. Selon l'écrivain Woeser, à l'issue de celle-ci il proposa six mesures pour résoudre la question tibétaine[10].

« 1-  Le Tibet doit jouir d'une autonomie réelle et, pour se faire, les cadres tibétains doivent trouver le courage de défendre les intérets de leur ethnie ».
« 2-  Les paysans et les éleveurs tibétains doivent être exemptés de redevances et de taxes à l'achat ».
« 3-  Il faut passer d'une politique économique idéologique à une politique économique pragmatique, qui tient compte des spécificités locales ».
« 4- Les subventions du gouvernement central doivent être revues à la hausse ».
« 5- Le statut de la culture tibétaine doit être renforcée ».
« 6- Les cadres Hans doivent démissionner au profit des cadres tibétains ».

Selon le mouvement International Campaign for Tibet, les Tibétains se souviennent de Hu Yaobang comme du seul dirigeant chinois à avoir formulé des excuses officielles envers eux pour les actions du Parti au Tibet[11].

Démission du secrétariat général du PCC

Bien que Hu fût un réformateur dévoué et un des associés importants de Deng Xiaoping, il a été contraint de démissionner en 1987 de sa fonction de Secrétaire général du Parti communiste chinois ; partant officiellement le 16 janvier[12]. Hu a été accusé de commettre « des erreurs dans les questions à propos des principes politiques importants » et de « libéralisme bourgeois »[13]. Deng a forcé Hu à démissionner sur fond d'une série de manifestations d'étudiants fin 1986, que les partisans de la ligne dure pensait être une conséquence de la tolérance de Hu et peut-être de son attitude empathique envers l'intelligentsia d'une Chine libérale, qui poussaient vers la liberté et la réforme plus politiques. Il a été aussi accusé de « commettre des erreurs dans les relations sino-japonaises »[14].

Limogeage, décès et événements de la place Tiananmen

En janvier 1987, Hu Yaobang est contraint de démisionner de son mandat de Secrétaire général du Parti communiste chinois. Une vague de manifestations étudiantes favorables à la démocratie avaient en effet eu lieu fin 1986, dont il partageait sans doute les convictions démocratiques. Toutefois Hu Yaobang conservera son siège au sein du comité permanent du bureau politique.[réf. nécessaire]

Il meurt d'un infarctus le 15 avril 1989, et deux mois avant le début des Manifestations de la place Tian'anmen.[réf. nécessaire]

Sa mort bouleverse l'équilibre entre réformateurs et conservateurs au sein du comité permanent du bureau politique et a été un élément déclencheur majeur des manifestations de la place Tian'anmen au printemps 1989. Selon le sinologue Jean-Pierre Cabestan il était une figure tutélaire du mouvement estudiantin « parce qu'il était le symbole des réformes politiques, qui avaient connu un coup d'arrêt après son limogeage »[6].

Vers une réhabilitation ?

L'histoire et les idées de Hu Yaobang subissent une chape de silence en Chine, où le Parti fait tout pour qu'on parle le moins possible de cet encombrant personnage. Cependant, de façon inattendue, le pouvoir chinois a célébré officiellement l'anniversaire de sa naissance en novembre 2005 lors d'une discrète cérémonie. Certains diplomates pensent qu'il s'agit de l'expression d'une volonté réformatrice de la part de l'actuel président Hu Jintao, pourtant peu connu jusqu'ici pour ses idées démocratiques. D'autres pensent que le message est interne au Parti, en direction des cadres issus de la Ligue de la jeunesse communiste, dont Hu Yaobang fut le numéro 1 à la fin des années 70. Cette commémoration serait alors un hommage à cette génération et une opération de séduction de Hu Jintao.

En avril 2010 le premier ministre chinois Wen Jiabao écrit dans le Quotidien du Peuple, organe officiel du PCC, un vibrant hommage et un témoignage d'affection à Hu Yaobang : «Je garde dans mon cœur ses précieux enseignements, je ne m'autorise pas moi-même le relâchement, ni à oublier son exemple. Son style et son attitude ont grandement influencé mon travail, mes apprentissages et ma vie». Et de conclure : «J'écris cet article pour témoigner à quel point il me manque»[15],[16].

Analyses politiques

Selon Jean-Philippe Béja, directeur de recherches au CERI[17], Hu Yaobang était « un partisan du socialisme à visage humain qui croyait au socialisme mais qui était prêt à discuter  avec ceux qui n'y croyaient pas»[18].

Le 14e Dalaï Lama a déclaré que l'attitude de la Chine pour réhabiliter le dirigeant chinois Hu Yaobang était un développement positif : « J'admire le courage de Hu Yaobang. En 1980, il a visité le Tibet et a réduit le nombre de colons chinois Han au Tibet », ajoutant que les problèmes fabriqués par l'homme sont créés à cause de l'ignorance et du manque de connaissance et d'information correctes. Les Tibétains se souviennent de Hu Yaobang comme du seul dirigeant chinois à avoir formulé des excuses officielles envers eux pour les actions du Parti au Tibet. Hu Yaobang était une voix solitaire de soutien au Tibet. Parmi ses propositions de réforme, négligés par le Parti, on peut noter : accord d'une autonomie régionale au Tibet ; retrait des cadres superflus ; aide aux Tibétains pour l'élevage et l'agriculture ; et revivifier l'économie du Tibet en diminuant les charges fiscales pesant sur ses citoyens[11].

En 2006, Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix en 2010, indiquait qu'au sein même du PCC, au cours des années 1980, est apparue une « faction réformatrice éclairée », disposant du pouvoir de décision, qui préconisait la mise en œuvre des réformes politique et économique au même rythme. Les deux secrétaires généraux « éclairés » du PCC, Hu Yaobang et Zhao Ziyang, agirent en fonction de la volonté du peuple chinois, ils marginalisèrent la faction conservatrice et mirent fin aux courants gauchistes. Ils proposèrent un début de démocratisation politique. Mais ce mouvement démocratique n'était pas mûr et n'a pas fait preuve de la résolution et de l'habilité politique nécessaires. La faction des durs du parti, représentée par Deng Xiaoping, a éliminé les membres de la faction éclairée considérés comme des traitres[19].

Notes et références

  1. Courrier international : Hu Yaobang réhabilité, mais pas le mouvement de Tian’anmen
  2. a et b Beijing Information : Biographie de Hu Yaobang juillet 1981
  3. a, b et c , Marie-Claire Bergère La République populaire de Chine de 1949 à nos jours, Page 230, Armand Colin, Paris, 1989.
  4. a, b et c Encyclopédie Larousse : Hu Yaobang
  5. Glorious life of Hu Yaobang marked, People's Daily, 19 November 2005
  6. a et b Le Point : Il y a 20 ans, la mort de Hu Yaobang, détonateur du printemps de Pékin Avril 2009
  7. Encyclopédie Larousse : Tibet
  8. Jean-Philippe Béja. Un modernisateur pragmatique et cassant. In: Perspectives chinoises. N°39, 1997. pp. 10-16.doi : 10.3406/perch.1997.2085 url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/perch_1021-9013_1997_num_39_1_2085 Consulté le 21 juillet 2011
  9. Laurent Deshayes Histoire du Tibet, Page 352, Fayard 1997 (ISBN 978-2213595023)
  10. Tsering Woeser, Mémoire interdite. Témoignages sur la Révolution culturelle au Tibet, Réflexions sur la question tibétaine par Wang Lixiong pages 487 à 542, traduit par Li Zhang & Bernard Bourrit, éd. Gallimard. 2010.
  11. a et b Dalai Lama praises China on Hu Yaobang, says convention not anti-Chinese.
  12. Antoine Najan Marianne 2 : Tiananmen: Hu Yaobang, dans les oubliettes du Parti Mai 2009
  13. Courrier International : Des mémoires qui dérangent le Parti
  14. Seurre Jacques, Bing Luo, Zhengming. Chronologie secrète du renversement de Hu Yaobang par la gauche. In: Perspectives chinoises. N°26, 1994. pp. 6-11. doi : 10.3406/perch.1994.1798 url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/perch_1021-9013_1994_num_26_1_1798 Consulté le 21 juillet 2011
  15. Radio 86: Wen Jiabao nostalgique de Hu Yaobang
  16. 1. Je me souviens de Hu Yaobang comme je reviens au Xingyi (再回兴义忆耀邦), Renmin Ribao 人民日报, 15 avril 2010.
    2. Chinese Premier Offers a Tribute to a Reformer, article de Sharon LaFraniere, The New York Times, 16 avril 2010, page A14 - NY edition.
  17. Note : le CERI est le Centre d'Etudes et de Recherches Internationales CERI
  18. RTBF : La mort de Hu Yaobang en 1989, détonateur du Printemps de Pékin
  19. Liu Xiaobo, La philosophie du porc et autres essais, p. 293 et suivantes

Voir aussi


Précédé par Hu Yaobang Suivi par
Deng Xiaoping (poste vacant depuis 1967)
Danghui.svg
Secrétaire général du Parti communiste chinois
1980-1987
Zhao Ziyang


Précédé de :
Hua Guofeng
Président du PCC
1981–1982
Suivi de :
poste supprimé




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