Reting Rinpoche

Reting Rinpoché

Reting Rinpoche (1938-39)
Reting Rinpoche (1938-39)

Reting Rinpoché (tibétain : རྭ་སྒྲེང་རིན་པོ་ཆེ ; wylie : rwa-sgreng rin-po-che, pinyin tibétain : Razheng) est le titre du lama principal du monastère de Reting, ancien siège de l’école kadampa devenu monastère gelugpa, situé au Tibet central, dans la vallée Reting Tsampo au nord de Lhassa. La fonction se transmet par réincarnation. Les Reting Rinpoché ont parfois aidé à reconnaître le nouveau Dalaï Lama. Ce fut le cas du 5e, et c’est peut-être la raison pour laquelle les autorités chinoises ont voulu désigner elles-mêmes le 7e Reting Rinpoché[1].

Le 1e Reting Rinpoché, Jigten Ngawang Chokten, fut l'enseignant en lettres classiques du 7e Dalaï Lama ; le 4e Reting, Ngawang Lobsang, fut l'enseignant en lettres classiques du 9e Panchen Lama.

Sommaire

Le 5e Reting Rinpoché

Thupten Jampel Tishey Gyantsen (1911-1947), habituellement appelé Gyaltsap (Gyetsap) Rinpoché, est né à Dagpo de parents de condition modeste. Dès son jeune âge, il montra des signes de sagesse et fut identifié comme la 5e incarnation de Reting Rinpoché. Il étudia au monastère de Séra dont il obtint le diplôme de Géshé. En 1934, après la mort du 13e dalaï-lama, il fut nommé régent, conformément aux souhaits de ce dernier. En 1935, il se rendit en compagnie de différents dignitaires sur les rives du lac sacré de Lhamo-Latso, le lac des visions, non loin du monastère Chokhorgyal, à la recherche des signes de la réincarnation du Dalaï Lama [2]. Reting Rinpoché vit à la surface de l’eau trois syllabes : Ah, Ka et Ma. Il vit aussi apparaître un monastère aux toits de tuiles dorées et vertes ainsi qu’une petite ferme aux ardoises bleu turquoise. Deux ans plus tard, Kwetsang Rinpoché, un lama du monastère de Sera, découvrira au nord-est de la province de l'Amdo le monastère de Kumbum avec ses toitures dorées et vertes, puis un peu plus loin, dans un hameau voisin du nom de Taktser, une ferme couverte de tuiles turquoises et présentant des gouttières taillées dans le bois de genévriers. Ces deux bâtiments correspondent à la vision de Reting Rinpoché.

En 1936, Reting Rinpoché exprima par deux fois le désir de démissionner de sa fonction de régent. [2] Sa démission fut refusée, et il ne partit qu’après que la réincarnation du dalaï-lama fut découverte. En 1936, il réalisa une cérémonie de consécration à la ré-ouverture du monastère de Samye qui venait de subir des réparations importantes. [2] Il souhaita visiter l'Inde en pèlerinage. [2] Il n’en eu pas le temps, accusé de conspiration et de tentative d’assassinat contre un autre régent, Taktra Rinpoché[3], il fut enfermé dans la prison de Sharchen Chog à Lhassa où il est mort le 8 mai 1947[4]. Selon certaines sources [5], sa mort pourrait ne pas avoir été naturelle car un des officiers chargés de le surveiller, Lungshar Orgyen Namdol, avait un grief contre lui, Reting Rinpoché ayant jadis fait condamner son père. Par ailleurs, certains gelugpa « sectaires » comme Dzemey Tulku attribuent ses mésaventures au fait qu’il se serait éloigné de la tradition kadampa en s’intéressant à des pratiques nyingmapa comme le dzogchen.[réf. nécessaire]

Le 6e Reting Rinpoché

Tenzin Jigme (1948-1997), né à Lhassa, fut identifié comme réincarnation du 5e Reting Rinpoché en 1951. Il fut intronisé au monastère de Reting en 1955. Il fut le premier personnage religieux à occuper un poste au Comité du Tibet de l'Association des bouddhistes de Chine en 1956 à l'âge de 8 ans[6]. Pourtant, il a été persécuté pendant la révolution culturelle (1966-1976) où il subit des séances de « dénonciations publiques » et fut emprisonné pendant un an. Réhabilité à la fin des années 1970, il a été nommé à divers postes officiels[7]. Comme le 10e Panchen Lama, il s’est marié et a mené une vie laïque. Il est décèdé le 13 février 1997 [6],[8].

Controverse concernant le 7e Reting Rinpoché

Après le décès du 6e Réting Rinpoché, les autorités chinoises sélectionnèrent une vingtaine d'enfants et choisirent Soinam Puncog (Sonam Phuntsok en tibétain), né dans la région de Lhari le 13 juillet 1997. [6] Il a été 'reconnu' comme 7e Reting Rinpoché par les autorités chinoises en 2000, juste après l'évasion du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje. Pékin semble vouloir l'utiliser pour la reconnaissance du futur Dalaï Lama, tout comme le 5e Reting Rinpoché avait participé à la reconnaissance de l'actuel dalaï-lama. « La Chine s'efforce par tous les moyens possibles d'accroître son contrôle sur les activités religieuses au Tibet et notamment sur les réincarnations », a commenté à ce propos Richard Oppenheimer, du Tibet Information Network (Londres) [8].

A Dharamsala, le gouvernement tibétain en exil a indiqué en 2000 que Reting Rinpoché ne s'était pas encore réincarné[9]. Selon Tashi Wangdi, ministre des affaires religieuses et culturelles, « Le système de réincarnation est unique au bouddhisme tibétain et il y a une procédure établie qui n'a pas été suivie dans ce cas ». Il a ajouté qu'il s'agissait d'une « nomination politique », et expliqué que « Si quelqu'un est nommé politiquement, il n'aura aucune influence sur le peuple car celui-ci ne l'acceptera pas. C'est un exercice inutile. Le choix d'une réincarnation doit être fait avec l'approbation finale des lamas de haut rang, et dans le cas d'importants lamas tels que celui-là, par Sa Sainteté le Dalaï Lama »[10].

En mai 2000, 8 moines du monastère de Reting qui avaient protesté contre la sélection du 7e Reting Rinpoché avait été arrêtés et mises en détention par les autorités chinoises [7].

Références

  1. Control of Tibet a Question of Faith, 19 janvier 2000, World Tibet Network News
  2. a , b , c  et d Pitt Rivers Museum: tibet.prm.ox.ac.uk: 5. Reting Rinpoche
  3. The New York Times: nytimes.com: The Dragon in the Land of Snows: A History of Modern Tibet Since 1947 by Tsering Shakya (Tibet and its Neighbours)
  4. tibet.prm.ox.ac.uk: Reting monastery (1950)
  5. Notice biographique de Lungshar Kusho, père de Lungshar Orgyen Namdol ; Biographie du 5e Reting Rinpoche.
  6. a , b  et c Tibet, self, and the Tibetan diaspora: voices of difference ; PIATS 2000 Par P. Christiaan Klieger, International Association for Tibetan Studies. Seminar
  7. a  et b Reting monks detained following protest over reincarnation (TIN)
  8. a  et b tibet.ca: Beijing Discovers Another "Living Buddha" (AFP)
  9. [ China's Lama not true reincarnation, says exile Tibetans (AP)
  10. Tibetans denounce China's ordainment of two-year-old "living Buddha"(AFP)

Voir aussi

  • Biographie du 5e Reting Rinpoche
  • Gilles Van Grasdorff, Panchen Lama, otage de Pékin, Ramsay, 1999, (ISBN 2-84114-283-3).
  • Roland Barraux - "Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions" - Edition Albin Michel 1993. Réedité en 2002, Albin Michel, (ISBN 2226133178).
  • Michael H. Goodman, Le Dernier Dalaï-lama ?, Biographie et témoignages, Éditions Claire Lumière, 1999, (ISBN 2905998261).
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