Lhassa
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Lāsà (lha sa) · 拉萨 (ལྷ་ས་)
Localisation de la ville de Lhassa dans la préfecture de Lhassa (en jaune)
Point de localisation
Localisation de la ville de Lhassa dans la préfecture de Lhassa (en jaune)
Pays Chine
Statut administratif Ville-préfecture
Province Tibet
Préfixe téléphonique 0891[1]
Code postal Ville : 850000[1]
Code aéroport LXA
Coordonnées 29° 39′ 11″ N 91° 07′ 55″ E / 29.652997, 91.13201529° 39′ 11″ Nord
       91° 07′ 55″ Est
/ 29.652997, 91.132015
  
Altitude env. 3 650 m
Températures
moyennes
Ville de Lhassa :
mois le plus froid -1 °C
mois le plus chaud +18 °C
annuelles +8,4 °C
Pluviométrie 431 mm
Population Préfecture : 420 000 hab. (2004)

Ville de Lhassa : 122 261 hab. (2007), env. 200 000 hab. avec la périphérie.

PIB total 10,2 milliards de yuans (2006)

Lhassa (拉萨 ; pinyin : Lāsà ; tibétain : ལྷ་ས་; translittération Wylie : lha sa), capitale du royaume du Tibet depuis le XVIIe siècle, fut le siège du gouvernement du Tibet, sous le règne du 5e dalaï-lama, est actuellement le chef-lieu de la région autonome du Tibet, région autonome chinoise, appelée plus couramment Tibet, bien qu'elle ne couvre qu'environ la moitié du Tibet historique. Sa population était d'environ 120 000 habitants en 2006 (200 000 avec la périphérie). Toutefois les sources chinoises et celles du gouvernement tibétain en exil divergent à ce sujet, ces dernières estimant que la ville compterait en fait plus de 200 000 habitants.

La ville s'est développée au pied du mont Gephel.

Le palais du Potala, ancien palais du dalaï-lama, chef de l'État antérieurement à l'administration du Tibet par la Chine, le temple de Jokhang et le palais de Norbulingka, l'ancienne résidence d'été des dalaï-lamas, sont classés au patrimoine mondial par l'UNESCO.

Sommaire

Origines du nom

D'anciens documents et inscriptions tibétaines pré-bouddhiques mentionnent l'appellation « Rasa », littéralement « la terre des chèvres »[2] ou le « lieu entouré » (par une enceinte de montagnes). L'installation du bouddhisme aurait converti cette appellation en « Lhassa » signifiant « la terre des dieux »[2] (Lha = déité, Sa = terre, sol).

Histoire

Article principal : Histoire du Tibet.

Avant le XXe siècle

Le Potala (dessin du jésuite autrichien Johann Grueber en 1661, publié dans Athanasius Kircher, China illustrata, 1667, p. 74)

Selon Liu Jiangqiang, la légende raconte que le second empereur tibétain Songtsen Gampo (Srong-brtsan Sgam-po) fit de Lhassa sa capitale et qu'il fit bâtir le temple de Jokhang, le temple de Ramoché et le palais du Potala[3].

Au XVe siècle, la cité s'éleva et acquit de l'importance avec l'appui de trois vastes monastères Gelugpa (Dge-lugs) par Tsong-kha-pa et ses disciples. Ces trois monastères sont Ganden (Dga'-ldan), Sera (Se-ra) et Drepung ('Bras-spung)[4].

Du fait de l'essor du bouddhisme, le nombre de pèlerins augmenta régulièrement. Des hôtels, des boutiques, des maisons et des bâtiments administratifs surgirent autour du temple de Jokhang, formant la rue circulaire connue sous le nom de Barkhor[3].

Le cinquième dalaï-lama, Lobsang Gyatso (Blo-bzang-rgya-mtsho) (1617-1682), conquit le Tibet et en déplaça le centre administratif à Lhassa. Il fit reconstruire le Potala, lui donnant une hauteur de près de 120 mètres (la reconstruction ne s'achèvera que quelques années après sa mort) et en faisant le siège du pouvoir religieux et politique. Lhassa connut alors un nouvel essor : des résidences officielles, des hôtels particuliers, des auberges et des boutiques vinrent flanquer le Barkhor[3].

Plan de Lhassa au XIXe siècle par Nikita Bichurin

Protectorat mandchou

Thomas Manning, le premier Anglais à visiter Lhassa qu'il atteignit au XIXe siècle, début décembre 1811[5], en fit une description d'un agréable exotisme, sans plus, la ville lui inspire peut-être en raison de la fatigue du voyage, une indifférence rêveuse : « Si le palais est plus important que ce que j'avais imaginé, la ville, jusque-là me déçoit. Il n'y a dans son apparence rien de frappant, rien de plaisant. Les bâtiments sont noires de suie et de crasse. Les rues sont remplies de chiens, dont certains grognent sans cesse en mâchonnant des débris de peaux qui traînent partout et dégagent une odeur de charnier ; d'autres boitent et sont hagards ; d'autres ont des ulcérations et d'autres meurent de faim que les corbeaux picorent ; certains sont morts et leur cadavre est dévoré. En bref, tout est minable, sordide, avec quelque chose d'irréel. Même la gaieté des habitants, leurs rires, je trouvai qu'ils paraissaient oniriques, hallucinants. C'était moi qui rêvais, sans doute, mais je ne pus me débarasser de cette idée. »[6],[7].

À la fin du XIXe siècle, le visiteur japonais Ekai Kawaguchi indique que le commerce à Lhassa est actif. Sur les marchés se vendent des articles provenant de Chine et de l'Inde. Les paiements s'effectuent en or, qui est alors pesé, ou en roupie indienne ou en utilisant la monnaie tibétaine. Les moines ont le monopole du commerce du thé et des images pieuses. Les Chinois tiennent de nombreux restaurants[8].

Au XXe siècle

Avant 1951

En 1904, le corps expéditionnaire de Francis Younghusband se fraye un chemin jusqu'à Lhassa. « Les Anglais découvrent une ville à la fois magnifique et sordide. Le Potala les émerveille et les inquiète », rapporte Jean Diff[9]. Le traité de Lhassa sera signé le 7 septembre 1904 entre les Britanniques et le gouvernement tibétain[10].

En 1906, il n'y avait qu'une petite zone résidentielle près du Jokhang[3]. Vers 1935, la ville s'étendit avec la construction du quartier résidentiel dit de la Montagne enneigée, face au Potala[3].

Vers 1950, Lhassa comptait entre 26 000 et 30 000 habitants et couvrait moins de trois kilomètres carrés, sans rues pavées ni égouts[3],[11]. Arrivée à Lhassa en 1951, Feu Du Tai, ancienne co-directrice de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision de la région autonome, rapporte dans ses mémoires que la pauvreté et le délabrement de la ville dépassaient son imagination. Lhassa ne comptait qu'une rue présentable, le Barkhor. Il n'y avait ni éclairage public, ni eau courante, ni égouts. À l'ouest du monastère de Jokhang, il y avait un village de mendiants appelé Lupubangcang[12].

Selon Victor et Victoria Trimondi[13], jusqu'au milieu du XXe siècle, Lhassa fut une des villes les plus sales au monde, ainsi que le rapportent nombre de voyageurs européens dans leurs mémoires. On jetait les détritus dans la rue, on laissait pourrir les charognes dans les lieux publics mais surtout, comme il n'y avait pas de toilettes dans les maisons, les habitants se soulageaient à l'extérieur. La puanteur était telle que les nobles portaient un mouchoir à leurs narines lorsqu'ils sortaient de chez eux[14].

Reconstitution de la porte de la vieille ville en forme de Chörten et le palais du Potala.

Cependant, lors des fêtes du Nouvel An, début mars, « toute la ville est toilettée » et acquiert une réputation de propreté, « ce qui n'est pas son état normal », rapporte le dernier visiteur occidental de la cité interdite, l'Autrichien Heinrich Harrer, à la fin des années 1940[15]. À la demande du gouvernement tibétain de l'époque, ce même Harrer devait établir, en compagnie de Peter Aufschnaiter, une carte de la ville et de ses environs en vue de concevoir un réseau d'égouts[16].

Après 1951

Les troupes de l'armée populaire de libération entrèrent à Lhassa le 9 septembre 1951[17] et y sont demeurées depuis lors[18].

En mars 1959, un soulèvement éclata dans la capitale tibétaine, entraînant la fuite du 14e dalaï-lama.

Pendant la famine au Tibet au début des années 1960, des témoignages d'anciens prisonniers tibétains attestent d'une mortalité liée à la pénurie de nourriture et à la famine dans les prisons de la région de Lhassa.

En 1966, éclata la Révolution culturelle qui atteignit le Tibet en août : 20 000 gardes rouges[19],[20] à Lhassa se livrent à des déprédations et se combattent en factions rivales. Tashi Tsering séjourna à Lhassa quelques mois en 1967, il décrit une ville transformée :

« Un des changements dans la ville elle même, c'était la disparition du marché central. Il n'y avait plus rien à vendre dans les rues. Disparues les petites échoppes regorgeant de marchandises, disparues les voix des vendeurs et des clients qui marchandaient en riant, disparus les inombrables bars à thé et à bières que j'avais fréquentés. À la place, il n'y avait que des magasins gouvernementaux chichement approvisionnés ».

Tashi Tsering constate que les tibétains sont mal nourris, la viande, le beurre, les pommes de terre ont pratiquement disparu alors qu'auparavant la nourriture étaient proposées en abondance. Mais ce qui a le plus frappé Tashi est l'attitude des Tibétains, ils semblaient en permanence démoralisé, l'air triste et renfrogné. Lors d' une rencontre dans la rue avec un des ses anciens amis, pourtant intialement favorable au régime communiste, celui-ci reste sans réaction les yeux fixés au sol, la peur inscrite sur son visage. Il constate alors que son ami est surveillé par un garde rouge, il est devenu « un objet de la lutte des classes et qu'il était sous la surveillance des masses ». Il quitte alors rapidement son ami, craignant par sa seule présence « d' aggraver son cas ».

En mars 1989, des troubles se produisirent, réprimées par les autorités, elles menèrent à l'imposition de la loi martiale.

Claude B. Levenson indique que les mendiants ont « fait leur apparition vers le milieu des années 1990 »[21].

Au XXIe siècle

Le sud-ouest de la ville depuis les remparts du Potala.
Article détaillé : Troubles au Tibet en 2008.

En mars 2008, Lhassa devait connaître des troubles violents visant l'ethnie Han et la minorité musulmane Hui[22] et entraînant l'incendie de bâtiments publics et de résidences, le pillage de commerces. Les autorités chinoises expulsèrent les journalistes et les touristes de la ville, et rétablirent l'ordre[23],[24],[25]. Les pertes matérielles sont estimées à plus de 244 millions de yuans (environ 34,59 millions de dollars) » [26].Le dalaï lama a indiqué que « des témoins fiables ont pu établir que 400 personnes ont été tuées dans la seule région de Lhassa. Tuées par balles, alors qu'elles manifestaient sans armes » [27].

Situation géographique

Lhassa se situe dans une vallée fluviale plate dans les montagnes de l'Himalaya.

Située sur le plateau du Tibet, au fond d'une vallée entourée de montagnes, son altitude de 3 650 m en fait l'une des villes les plus élevées au monde. Les montagnes entourant la ville s'élèvent à 5 000 m. La ville est longée par la rivière Kyi, qui traverse les montagnes Nyainqentanglha, et coule sur 315 km avant de se jeter dans le Brahmapoutre[28]. Le Chakpori est une montagne sacrée de Lhassa.

Climat

Le climat est de type montagnard avec influence de la mousson. Les températures moyennes pour la ville de Lhassa vont d'environ -2 °C pour le mois le plus froid à +15 °C pour le mois le plus chaud, avec une moyenne annuelle de +6,2 °C, et la pluviométrie y est de 420 mm. Les hivers sont très secs et la quasi-totalité des précipitations ont lieu en été lorsque les perturbations du Sud-Est asiatique liées au phénomène de la mousson parviennent plus ou moins atténuées jusque dans les hautes vallées du Tibet. Lhassa bénéficie d'un climat très ensoleillé avec environ 3000 heures d'ensoleillement par an.

Relevé météorologique de Lhassa-altitude : 3649 m (période 1961-1990)
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -10,1 -6,8 -3,0 0,9 5,0 9,3 10,1 9,4 7,5 1,3 -4,9 -9,0 0,8
Température moyenne (°C) -2,1 1,1 4,6 8,1 11,9 15,5 15,3 14,5 12,8 8,1 2,2 -1,7 7,5
Température maximale moyenne (°C) 6,9 9,0 12,1 15,6 19,3 22,7 22,1 21,1 19,7 16,3 11,2 7,7 15,3
Précipitations (mm) 0,5 0,7 2,0 5,2 26,6 72,3 119,4 122,6 58,3 10,2 1,7 1,0 420,5
Nombre de jours avec pluie 0,2 0,2 0,5 1,3 5,3 9,6 14,8 15,3 10,0 2,3 0,4 0,2
Source : Le climat à Lhassa (en ° C et mm, moyennes mensuelles) Hong-Kong Observatory


Démographie

En 1904, le lieutenant-colonel britannique Younghusband qui occupe la ville avec son corps expéditionnaire, estime la population de celle-ci à 30 000 habitants dont 20 000 moines[29].

Vers 1950, la ville couvre moins de trois kilomètres carrés et ne compte pas plus de 30 000 habitants [3]. Selon Emily T. Yeh, le palais du Potala et le village de Shöl en contrebas de celui-ci ne sont pas considérés comme faisant partie de la ville[29].

Selon Thomas H. Hahn, en 1953, au premier recensement, la zone urbaine de Lhassa compte environ 30 000 résidents, dont 4 000 mendiants, en plus de 15 000 moines[30].

En 1975, la ville couvre 18 kilomètres carrés et compte 100 000 habitants[3].

En 1992, la population de la ville est estimée à un peu moins de 140 000 personnes, dont 96 431 Tibétains, 40 387 Chinois (Hans) et 2 998 divers. À ce chiffre, qui ne tient compte que des résidents permanents, il convient d'ajouter entre 60 000 et 80 000 résidents temporaires, dont la majorité seraient des pélerins et des commerçants tibétains[31].

En 2000, la zone urbanisée atteint les 53 kilomètres carrés, pour une population d'environ 170 000 personnes, dont 63% de Tibétains, 34,5% de Hans et 2,7% de Huis principalement[29].

La population de la préfecture était estimée à 420 000 habitants en 2004[32], et celle de la ville de Lhassa à 122 261 habitants en 2007[33].

En 2009, les Chinois d'origine Han représentent entre 60% et 70% de la population[34],[35],[36]

Économie

Développement

Trabshi Lekhung, 1933

La mise en service, en 1927, de la centrale hydroélectrique de la vallée de Dodé, au nord de Lhassa[37][38] permit de desservir la capitale et le palais d'été du dalaï-lama[39],[40].

Selon le journaliste Israel Epstein, en 1955, il n'y avait pas de machines à Lhassa. Filage, tissage, travaux d'imprimerie, travail des métaux se faisaient à la main. En 1965, la ville avait une station de réparation des camions et une cimenterie. En 1976, elle fabriquait des machines agricoles basiques, des pièces de tracteur, de petits turbogénérateurs, et des moteurs électriques pour usage rural[41].

Industries

L'activité économique industrielle à Lhassa et dans sa région concerne principalement la chimie, les engrais, la fabrication de moteurs électriques, le montage de tracteurs, l'entretien et la réparation automobiles, la tannerie, les produits pharmaceutiques, la fabrication de tapis, la cimenterie[42].

Artisanat

Dans les années 1980 et 1990, des ateliers de fabrication de tapis s'ouvrirent à Lhassa, renouant avec une activité traditionnelle défunte depuis l'émigration des anciens fabricants aristocratiques en 1959 et la fermeture des monastères, leur principal débouché. La production des nouveaux ateliers est destinée principalement au marché touristique et à la pratique des cadeaux aux délégations officielles. Des ateliers créés récemment par des étrangers ou d'anciens émigrés revenus au pays se tournent vers l'exportation [43].

Mais derrière cette façade touristique, l'industrie chinoise se retrouve aussi dans cet artisanat. Selon Claire Goubier et Virginie Morel, deux journalistes de la revue Marianne, « l'artisanat tibétain est lui aussi fabriqué en série. Les Chinois se sont mis à produire des objets tibétains. Sur le marché, il est difficile de reconnaître les produits authentiques ». Par ailleurs les Chinois profitent des coûts de main-d'œuvre très bas pour acquérir cet artisanat et l'exporter vers les grandes villes chinoises où l'art tibétain est devenu à la mode[44].

La Bourse

Depuis janvier 1993, Lhassa possède sa propre bourse des valeurs[45].

Les chiffres

En 2006, le PIB total a été de 10,2 milliards de yuans[46].

Urbanisme

Le nouveau quartier de Barkor.
L'ancien quartier de Barkor en 1993.

Situation en 1948

En 1948, la ville est délimitée par le Lingkhor, voie circulaire destinée à la circumambulation. Le temple de Jokhang se dresse au cœur de l'agglomération, avec à l'ouest le palais du Potala et l'institut médical sur la colline de Chakpori. Dans la vallée non encore urbanisée, les autres sites sites importants sont le palais d'été du dalaï-lama, les monastères de Sera, Ganden et de Drepung, le siège de l'oracle d'État à Nechung. De petits villages agricoles et des domaines nobles sont disséminés dans toute la vallée, sans oublier les résidences d'été de l'aristocratie. A Drapchi, se trouve le siège de la monnaie tibétaine[47].

Dans les années 1980

Trois décennies plus tard, la vallée de Lhassa comporte de nouvelles zones bâties, pour nombre d'entre elles des installations administratives et techniques. Des voies modernes sont en construction. Le Lingkor, malgré quelques modifications, reste voué à la circumambulation de la vieille ville. La porte de la vieille ville, en forme de stupa bouddhiste, a été détruite, ainsi que plusieurs autres sites religieux. En 1985, le réseau routier urbain existe déjà dans ses grandes lignes[48]. Les vieux quartiers sur le côté ouest du Jokhang sont démolis pour faire place au square de Barkhor, ceinturé de boutiques commerçantes. La vieille ville reste néanmoins une entité cohérente et le centre de Lhassa[49].

Dans les années 1990

La vallée de Lhassa est désormais occupée par une vaste agglomération desservie par un réseau routier moderne[50].

En 1995 commence l'époque des grands projets, 62 constructions sont ainsi réalisées. Sur ordre direct de Pékin est créée, devant le Potala, à l'emplacement d'un groupe de bâtiments connu sous le nom de Shol extérieur et situé à l'extérieur des murailles du village de Shol[51], une vaste esplanade avec au centre un mât pour lever les couleurs et une fontaine posée sur le dos de deux dragons chinois en pierre. Cette place imposante permet des manifestations publiques où, selon Katia Buffetrille et Charles Ramble, les dirigeants peuvent proclamer des discours devant le peuple réuni[52]. Les démolitions se sont effectuées rapidement et cela « en dépit de la convention signée avec l'Unesco qui cherche à respecter l'intégrité du cadre historique d'un lieu » [53].

Nouveau quartier devant le Potala[passage problématique]

Selon Frédéric Lenoir, les vieux quartiers tibétains sont rasés pour construire des bâtiments respectant les normes chinoises[54]. Les quartiers commerçants traditionnels laissent place aux bars, karaokés et bordels. Lhassa compterait en 2008 plus de 300 bordels[55], soit un des taux les plus élevés des villes chinoises au regard de la population.

Pour le juriste Barry Sautman, prostitution, jeu et drogue ne sont pas particulièrement « chinois ». Il rapporte que le vice-président de la région autonome du Tibet affirme que les autorités ne manquent pas de dénoncer jeu et prostitution et de lancer des raids contre ces pratiques. Sautman ajoute que les « vices » au Tibet dénoncés par les émigrés sont pour la plupart d'entre eux également présents dans des centres religieux comme Dharamsala et Kathmandou[56].

En voyage dans la région autonome du Tibet en 2004, Jean Dif déclare à propos de Lhassa : « on rencontrerait plus de 4000 prostituées dans la cité, mais je n'en ai pas vues » [57].

Le palais du Potala est restauré et une réplique de l'ancienne porte de la ville est construite à l'emplacement originel[58].

En 2000 et 2001, le Temple de Jokhang et le Norbulingka ont été admis sur la liste de l’Unesco [59].

Dans les années 2000

Mettant en avant la nature des matériaux (pierre, bois et terre) de construction, l'insalubrité des maisons (basses, obscures et humides), l'absence de tout à l'égout et l'entassement des ordures, les risques sanitaires et d'incendie liés à l'exiguïté des ruelles, le gouvernement régional dit avoir pris des mesures pour réhabiliter le vieux quartier de Lhassa. Ainsi, de 2001 à 2004, 68 cours intérieures ont été restaurées[60],[61].

Prison

Une ancienne photo de Drapchi

La prison de Drapchi, connue en chinois sous l'appellation de « prison Di Yi Jianyu-No 1», située à Lhassa, est la plus grande prison du Tibet. Construite à l'origine pour servir de garnison militaire tibétaine, elle fut transformée en prison après le soulèvement tibétain de 1959 contre la Chine[62].

Ouverte officiellement comme prison en 1965, elle est formée d'une série de neuf unités et a été récemment agrandie et restructurée. La population carcérale est estimée à 1000 détenus dont 600 considérés comme prisonniers politiques, âgés de 18 à 85 ans, parmi lesquels beaucoup de moines et nonnes.

Selon les réfugiés tibétains en exil, la prison a acquis une réputation tristement célèbre et est redoutée des Tibétains en raison de sa gestion dure. Des associations de Tibétains en exil ont fait état de brutalités[63].

Transports

Façade de la gare ferroviaire de Lhassa

L'avion
Il existe neuf vols quotidiens (six par Air China et trois par Sichuan Airlines) entre l'aéroport de Lhassa Gonggar (code AITA LXA) et Chengdu, deux vols entre Lhassa et Chongqing (Sichuan Airlines et China Southern Airlines), et un vol entre Lhassa et Qamdo (Air China) et entre Lhassa et Xi'an (China Eastern Airlines)[64].

Depuis le 10 juillet 2009, un vol direct quotidien Beijing-Lhassa est assuré par le transporteur aérien Air China sur des Airbus A320. Le trajet prend 3 h 50 min, soit un gain de 2 heures par rapport à l'ancien vol qui nécessitait une correspondance à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan[65].

Le train
Une liaison ferroviaire avec le Qinghai (Golmud) a été ouverte en juillet 2006 et inaugurée par le président chinois Hu Jintao. Elle relie désormais le Tibet au reste de la Chine, mettant Pékin à deux jours de train[66]. Les voitures sont pressurisées (et très résistantes pour supporter les vents de sable, la foudre, les rayons ultra-violets, etc.). La Chine prévoit 2 000 touristes en plus par jour, ce qui aura un impact important sur l'économie locale.

Monuments

Patrimoine architectural et religieux

Le palais du Potala.

Le Palais du Potala

Le Palais du Potala est un palais-forteresse ou dzong du XVIIe siècle, situé à Lhassa, sur la colline de Marpari (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Comprenant un « palais blanc » et un « palais rouge », ainsi que leurs bâtiments annexes, l'édifice incarne l'union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel et leur rôle respectif dans l'administration du Tibet. Construit par le cinquième dalaï-lama, Lobsang Gyatso (1617-1682), le palais fut notamment le lieu de résidence principal des dalaï-lamas successifs, jusqu'à la fuite du quatorzième dalaï-lama en Inde après le soulèvement contre l'armée chinoise en 1959. Aujourd'hui, le quatorzième dalaï-lama réside à Dharamsala dans le nord de l'Inde et le palais est devenu un musée de la République populaire de Chine.

Le Lingkhor

Le Lingkhor ou « grand tour » est le chemin circumambulatoire dévotionnel qui ceinturait la vieille ville de Lhassa avant l'incorporation du Tibet dans la République populaire de Chine et dont il ne subsiste qu'une portion aujourd'hui. À l'origine, il faisait 8 km de long et englobait la vieille ville, le palais du Potala et la colline de Chakpori. Il devait être parcouru par les pèlerins avant leur entrée dans la ville. La route traversait de petits parcs ombragés de saules où les citadins allaient pique-niquer en été et regarder des opéras en plein air les jours de fête.

Le Barkhor

La façade du Jokhang.

Le Barkhor ou « moyen tour » est le parcours de circumambulation, long d'un kilomètre, entourant le temple de Jokhang, l'ancien siège de l'Oracle d'état de Lhassa, ainsi que nombre d'anciennes maisons de la noblesse tibétaine. Il y avait, disposés aux quatre points cardinaux, quatre grands brûleurs d'encens (sangkangs) où l'encens brûlaît continuellement pour apaiser les dieux protégeant le Jokhang[67].

Le Jokhang

Le Jokhang, aussi appelé Temple de Jokhang ou Monastère de Jokhang, est le premier temple bouddhiste construit au Tibet. Cœur spirituel de Lhassa et lieu de pélerinage depuis des siècles, il en est aussi un des hauts-lieux touristiques avec le palais du Potala et le parc de Norbulingka. Depuis 2000, il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO dans le cadre de l'« ensemble historique du palais du Potala ».

Le Norbulingka

Le « nouveau palais d'été » au Norbulingka.

Le Norbulingka, le « parc aux joyaux »[68], est une enclave de 40 ha, comprise dans les faubourgs ouest de Lhassa, et remplie de jardins, de bassins, de pavillons et de palais. Avant la construction de la ville nouvelle à partir de 1959, le site était à l'extérieur de Lhassa[69]. Le parc, qui se divise en deux parties : le Norbulingka proprement dit, à l'est, et le Chensel Lingka ou Jianselingka, à l'ouest[70], servit de résidence d'été aux dalaï-lamas depuis le milieu du XVIIIe siècle jusqu'au 17 mars 1959, date où le 14e dalaï-lama s'exila en Inde[71]. Hormis le palais du 7e dalaï-lama (le Kelsang Phodrang), construit en 1755, les grands palais et leurs bâtiments ancillaires (le Chensel Phodrang et le Takten Migyür Phodrang) furent édifiés au XXe siècle respectivement par le 13e dalaï-lama et le 14e dalaï-lama[72]. Le site fut un deuxième centre religieux, politique et culturel du Tibet, après le Potala[73]. En 2001, l'UNESCO inscrivit le Norbulingka sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité en tant que partie de l'ensemble historique du Palais du Potala.

Le pilier de pierre

Lhassa, le pilier de Zhol (rdo-rings) en 1993.

Le pilier de pierre, le rdo-rings de Zhol à Lhassa, dans le vieux village de Zhol devant le palais du Potala, datant des alentours de 764, sous le règne de Trisong Detsen. Il contient un compte rendu de la brève prise de Chang'an, la capitale chinoise, en 763, sous le règne de Daizong, l'empereur des Tang[74]. En 1993, le pilier a été entouré de bâtiments et de fils télégraphiques si bien qu'on ne peut pas s'en approcher.

La tablette de pierre de l’unité du long terme

La stèle connue sous le nom de « Tablette de pierre de l’unité du long terme » fut érigée en 823 devant la porte principale du Temple de Jokhang en mémoire du traité de paix sino-tibétain de 822[75].

Le monument de la libération pacifique du Tibet

Le monument de la libération pacifique du Tibet sur l'esplanade du Potala.

Le monument de la libération pacifique du Tibet, érigé sur l'esplanade du Potala à Lhassa, célèbre ce que la Chine appelle la libération pacifique du Tibet par l'armée populaire de libération en 1951 (c'est-à-dire l'expulsion des forces impérialistes du Tibet et l'unification de la Chine continentale), ainsi que le développement socio-économique qu'a connu le Tibet depuis[76]. Haut de 37 m, entièrement en béton, le monument est une représentation abstraite du Mont Quomolangma (le Mont Everest des Occidentaux). Le nom du monument y est inscrit en signes calligraphiés par l'ancien président de la république Jiang Zemin, et une inscription relate le développement du Tibet[77].

Selon le gouvernement tibétain en exil, le monument a été construit « malgré l'hostilité de la population tibétaine, pour qui il s'agit d'un rappel quotidien de l'humiliation subie par le peuple tibétain.»[78],[79].

Les mosquées

Mosquée de Gya Kache Lhakhang aussi appelée mosquée principale de Lhassa

La ville comporte quatre mosquées destinées aux musulmans tibétains. Ces derniers, au nombre de plus de 2 000, descendent, pour une partie, de commerçants venus au Tibet au XVIIe siècle du Ladakh et du Cachemire (d'où leur nom de Khache, Cachemire en tibétain), et, pour l'autre partie, de migrants venus récemment de la région de Sala au sud de Xining dans la province du Qinghai[80].

Lhassa compte deux quartiers musulmans : le Khache Lingka et le Gyal Lhakhang.

Le Kache Lingka
Situé sur la route de Drepung, à 3 km l'ouest du Potala, ce quartier regroupe deux mosquées, des habitations et un cimetière. Sa naissance remonte au XVIIIe siècle.

Le Gyal Lhakhang
Il se trouve à une courte distance de l'angle sud-est du Barkhor. La rue musulmane (Moslem Street) y conduit, qui est jalonnée de restaurants halal. Edifiée en 1716, la mosquée fut agrandie en 1793, devenant la plus grande de Lhassa. Incendiée dans les combats de 1959, elle fut reconstruite l'année suivante. Le site comprend une salle d'assemblée, une maison de bains, un minaret, une cour et des résidences. Une vaste porte marque l'entrée du quartier.

La petite mosquée
Une autre mosquée, construite au XXe siècle, se dresse dans le vieux quartier tibétain, dans une ruelle au sud du Jokhang. Elle comprend, au nord, un bâtiment de style tibétain abritant une maison de bains et une salle de classe, et, au sud, une salle d'assemblée[81].

Subdivisions administratives

Les subdivisions de la préfecture de Lhassa

La ville-préfecture de Lhassa exerce sa juridiction sur huit subdivisions - un district et sept xian :

  • le district de Chengguan - 城关区 Chéngguān Qū ;
  • le xian de Lhünzhub - 林周县 Línzhōu Xiàn ;
  • le xian de Damxung - 当雄县 Dāngxióng Xiàn ;
  • le xian de Nyêmo - 尼木县 Nímù Xiàn ;
  • le xian de Qüxü - 曲水县 Qūshuǐ Xiàn ;
  • le xian de Doilungdêqên - 堆龙德庆县 Duīlóngdéqìng Xiàn ;
  • le xian de Dagzê - 达孜县 Dázī Xiàn ;
  • le xian de Maizhokunggar - 墨竹工卡县 Mòzhúgōngkǎ Xiàn.

Vues contemporaines de Lhassa (août 2005)

Autres photos actuelles de Lhassa(fr)

Jokhang Square, the first destination or drop-off for most tourists.jpg

À voir

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

  1. a et b (en) Codes postaux et téléphoniques de la région autonome du Tibet, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. a et b (en) Josef Kolmaš, Tibet and Imperial China, A Survey of Sino-Tibetan Relationship to the End of the Mandchu Dynasty in 1912, Occasional Paper No 7, The australian National University, Centre of Oriental Studies, Camberra, 1967. Page 7/67.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Liu Jiangqiang, Preserving Lhasa's history (part one), in Chinadialogue, october 13, 2006.
  4. (en) Gyurme Dorje, Footprint Tibet Handbook, 2nd Edition, Bath, England, 1999, p. 69.
  5. (en) Thomas Manning, sur le site Bookrags : « Thomas Manning was the fourth Westerner and the first Englishman to visit Lhasa, the capital of Tibet and the center of Lamaism, a Buddhist sect. »
  6. Peter Bishop, The Myth of Shangri-La: Tibet, travel writing, and the western creation of sacred landscape, University of California Press, 1989, 308 p., p. 94 : « "If the palace had exceeded my expectations," he wrote, "the town as far fell short of them. There is nothing striking, nothing pleasing in its appearance. The habitations are begrimed with smut and dirt. The avenues are full of dogs, some growling and gnawing bits of hide which lie around in profusion, and emit a charnel-house smell; other limping and looking livid; others ulcerated; others starved and dying, and pecked at by the ravens; some dead and preyed upon. In short everything seems mean and gloomy, and excites the idea of something unreal." »
  7. Michael Taylor, Le Tibet - De Marco Polo À Alexandra David-Néel, Payot, Office du Livre, Fribourg (Suisse), 1985 (ISBN 978-2-8264-0026-4), p. 100-102.
  8. Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde.
  9. Jean Diff, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2).
  10. Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, pp. 235 et suivantes (ISBN 978-2213595023).
  11. (en) Mirenda Wu, Development of Barkor Street Indicates the Civilization and Progress of Lhasa, Tibet.cn, 26 novembre 2008.
  12. Feu Du Tai, L'évolution du Tibet comme je l'ai vue, dans Jianguo Li, Cent ans de témoignages sur le Tibet : reportages de témoins de l'histoire du Tibet, 2005, 196 p., p. 118.
  13. Pseudonymes de Herbert et Mariana Roettgen.
  14. (en) Victor et Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalaï Lama, part II - 16, Tactics, Strategies, Forgeries and Illusions : « The Lhasa of tradition, (...), as a number of world travelers have reported, was until the mid-twentieth century one of the dirtiest cities on the planet. As a rule, refuse was tipped unto the street. The houses had no toilets. Everywhere, wherever they were, the inhabitants unburdened themselves. Dead animals were left to rot in public places. For such reasons the stench was so penetrating and nauseating that the XIII Dalai Lama felt sick every time he had to traverse the city. Nobles who stepped out usually held a handkerchief over their nose ».
  15. (en) Heinrich Harrer, Seven years in Tibet, E. P. Dutton, 1954 : « the whole place is tidied up, and during the season Lhasa is renowned for its cleanliness – which is not a normal condition ».
  16. (en) Martin Brauen, Peter Aufschnaiter's Eight Years in Tibet, Orchid Press, 2002, 208 p.
  17. (en) Invasion and illegal annexation of Tibet: 1949-1951.
  18. (en) Robert McCorquodale, Nicholas Orosz, Tibet, the position in international law, p. 179.
  19. Sur l'origine des gardes rouges tibétains.
  20. La Région autonome du Tibet, site de l'Université de Laval au Québec.
  21. Claude B. Levenson : Le Tibet, PUF, "Que sais-je ?", deuxième édition 2009, (ISBN 978-2-13-056543-7)
  22. (en) Interview de James Miles par CNN ; citation : « une violence organisée ciblée contre (...) l'ethnie Han vivant à Lhassa, mais aussi les membres de la minorité musulmane Hui ».
  23. Bruno Philip, Au Tibet, des moines ont défié le régime chinois au cœur de Lhassa.
  24. La semaine qui ébranla le Tibet.
  25. Jours d’émeutes à Lhassa, The Economist, 19 mars 2008. Consulté le 19 avril 2008.
  26. 18 civils et un officier de police tués par les émeutiers à Lhasa, Xinhua, 22 mars 2008. Consulté le 24 avril 2008.
  27. [1].
  28. Encyclopédie UniversalisLhasa ou Lhassa par Pierre Trolliet
  29. a, b et c (en) Emily T. Yeh, Living Together in Lhasa. Ethnic Relations, Coercive Amity, and Subaltern Cosmopolitanism.
  30. (en) Thomas H. Hahn, Urban Planning in Lhasa. The traditional urban fabric, contemporary practices and future visions, Presentation Given at the College of Architecture, Fanzhu University, October 21, 2008.
  31. (en) Heidi Fjeld, Commoners and Nobles. Hereditary Divisions in Tibet, Nordic Institute of Asian Studies, Copenhagen, 2005, en part. p. 18 : « The most detailed figures made available to me are from the 1992 China Population Statistical Yearbook, where Lhasa city is stated to hold 96,431 Tibetans, 40,387 Chinese, and 2,998 others, yielding an overall total of somewhat less than 140,000. Thsese figures include permanent city dwellers only. Luo notes that in addition to the 140,000 residents there are some 60,000-80,000 'transients', the majority of which, he claims, are Tibetan pilgrims and traders (Lio 1989). »
  32. (en) Tibet AR population - Source: China Admin Divisions, 2004.
  33. (en) Fiche de World Gazetteer sur Lhassa.
  34. Guide du Routard — Népal, Tibet, 2008-2009, page 244
  35. Aujourd'hui Lhassa compte 100 000 Chinois pour 70 000 Tibétains qui continuent à opposer une résistance passive à la désintégration de leur patrie sur quid.fr (consulté le 29 septembre 2009)
  36. Près des deux tiers de la population de Lhassa sont des Chinois, qui peuplent désormais 40% de l’ensemble de la région autonome du Tibet sur Grands reporters.com (consulté le 14 octobre 2011)
  37. (en) W. D. Shakabpa, Derek F. Maher, One hundred thousand moons, Volume 1, p. 804
  38. (en) Library of Tibetan Works & Archives, The Tibet journal, Volume 24, 1999, p. 30 : « In that period Rigzin Dorje Ringang who had received his education at Rugby in England and who had studied electro-engineering at the University of London and in Birmingham, was working as chief engineer for the mint and was also in charge of the hydro-electric power station in the Dode valley. In 1924 he ordered a 125 HP generator and coining presses from British firms. In 1927 the generator was installed at the hydro-electric power station in the Dode valley, while the modern machinery was destined for the extension of the Trabshi mint, north of Lhasa, which was reopened in November 1931 with Tsarong. »
  39. Robert W. Ford, Tibet Rouge. Capturé par l’armée chinoise au Kham, Olizane, 1999 (édition originale en 1957) (ISBN 2-88086-241-8), pp. 98-100.
  40. (en) The Tibet Album, Ringang Biography.
  41. (en) Israel Epstein, My China Eye: memoirs of a Jew and a journalist, Long River Press, 2005, 358 p., p. 282 (ISBN 1-59265-042-2) : « In 1955, Lhasa had no machines. Spinning, weaving, printing, and metal work existed – but all were done by hand. By 1965 the city had had a truck repair station and a cement works, and by 1976 was turning out simple farm machinery, tractor parts, small turbine generators, and electric motors for rural power. »
  42. Rubrique « Lhasa » dans Encyclopaedia Britannica : « Small-scale industries include chemical production, electric-motor manufacturing, tanning, wool processing, pharmaceutical and fertilizer production, motor-vehicle maintenance and repair, tractor assembly, rug and carpet making, and cement production. »
  43. (en) Source : Tibetan rug.
  44. Claire Goubier et Virginie Morel, Tibet, les touristes chinois à l'assaut, in Marianne, 11 août 2007].
  45. (en) Lhasa Today ; citation : « The downtown Lhasa Stock Exchange opened for business in January 1993 ».
  46. (en) Market Profiles on Chinese Cities and Provinces (actualisation 12/2007).
  47. (en) Lhasa map: 1948 (carte de Lhassa en 1948) : « In 1948, the city of Lhasa is defined by the Lingkor [...]. This is a circular road for the religious purpose of circumambulation. The Jokhang temple lies at the heart of the city proper, with the Potala Palace and the medical college at the Chakpori Hill to the west. Other important sites in the Lhasa valley are the Summer palace of the Dalai Lama, the monasteries of Sera and Drepung, and the seat of the Tibetan state oracle at Nechung. The other small settlements scattered throughout the valley are farming villages and noble estates. Not shown here are the various parks and individual summer houses of the aristocracy. Trapchi is the site of the government mint, with an ancient monastery nearby. »
  48. (en) Lhasa map: 1980 (carte de Lhassa en 1980) : « In 1980, the Lhasa valley is filled with patches of new structures, many of which are administrative and technical facilities. Modern roads are being built or planned. The Lingkor, although somewhat changed, is still used for circumanbulation of the old city boundary. The old city gate, in the form of a Buddhist stupa, has disappeared, like several other religious sites. By 1985, the basic road network in Lhasa has been completed. »
  49. Lhasa map: 1980 (carte de Lhassa en 1980), op. cit. : « By 1985, [...] A new open square has been created in front of the Jokhang temple. The old inner City is still a coherent entity and remains the center of Lhasa. »
  50. (en) Lhasa Map: 1998 (Carte de Lhassa en 1998) : « The period of twelve years following the 1985 survey is marked by rapid increase in development. The previous "patches" in the valley have grown into one another and are linked by a system of modern roads. »
  51. (en) Kate Saunders, More demolition of Traditional Tibetan Housing Planned in Lhasa, The Guardian, 30 août 2003 : « The area known as 'outer Shol', representing the buildings outside the Shol fortification walls, was demolished to create the Potala Square in 1994-95. »
  52. Katia Buffetrille et Charles Ramble, Tibétains 1959-1999 : 40 ans de colonisation, Édition Autrement, 1998, page 140 et suivantes.
  53. Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, op. cit., p. 274.
  54. Frédéric Lenoir : Tibet Le moment de vérité, Édition Plon, 2008, page 104.
  55. Frédéric Lenoir, op. cit., page 105.
  56. (en) Barry Sautman, "Cultural genocide" and Tibet, in Texas International Law Journal, April 1, 2003 : « none of the "vices" complained of are particularly "Chinese." Billiards is a Western invention, karaoke was born in Japan, and prostitution and drugs are universals. When questioned about Lhasa's discos and nightclubs, the Tibetan vice-chairman of the TAR (...) said that they added diversity to the Tibetan and Han cultures found among local people, although TAR authorities do denounce gambling and prostitution and stage raids in an effort to rid the TAR of those vices. "Vices" in Tibet decried by the emigres are for the most part also present in such religious centers as Dharamsala and Kathmandu and are not uncommon among Buddhist monks in some countries. »
  57. Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (Suite 3) : « Et, pour le tourisme sexuel, on rencontrerait plus de 4000 prostituées dans la cité, mais je n'en ai pas vues ».
  58. Lhasa Map: 1998 (Carte de Lhassa en 1998, op. cit. : « The Potala itself, extensively restored by the government, has been listed as a World Heritage site since 1994. A replica of the old city gate has been built at the original site. »
  59. La protection de l'UNESCO.
  60. (en) Lily Dong, Figures show living conditions' change in Lhasa, China Tibet Information Center, 26 novembre 2008.
  61. En 1936, Freddie Spencer Chapman, membre de la mission du gouvernement britannique à Lhassa, rapporte avoir vu, devant le Potala, deux femmes déversant toutes sortes de détritus, en tas de 3 m de haut, sur le bord de la route ; cf. (en) F. Spencer Chapman, Lhasa the Holy City, Books for Libraries, 1977.
  62. (en) Drapchi Prison : Tibet's Most Dreaded Prison - TCHRD - Publications.
  63. (en) Political Prisoners.
  64. (en) Lhassa - Airport Fact Sheet (accès à la fiche le 09/03/2007).
  65. (en) Air China launches direct Beijing Lhasa flights, China View, 1er juillet 2009.
  66. Julien Chatelin, Lhassa aujourd'hui, National Geographic, France, janvier 2008, No 100, p. 33.
  67. (en) Keith Dowman, The Power-Places of Central Tibet: The Pilgrim's Guide, Routledge & Kegan Paul, London and New York, 1998, pp. 40-41 (ISBN 0-7102-1370-0).
  68. À proprement parler, lingka désigne un jardin horticole. Cf (en) 安才旦, Tibet China: travel guide, 五洲传播出版社, 2003, (ISBN 7508503740 et 9787508503745), 203 p., p. 92 : : « In Tibetan language, horticultural gardens are called "Lingka". »
  69. Jean Dif, Carnet de route d'un voyage au Tibet, septembre - octobre 2004 : « Autrefois à l’extérieur de Lhassa, le site est maintenant englobé dans la ville nouvelle, construite depuis 1959 [...]. »
  70. Jean Dif, op. cit.
  71. Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lama, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Éditions Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel (ISBN 2-226-13317-8), p. 341.
  72. Victor Chan, TIBET. Le guide du pèlerin, Éditions Olizane, 1998, (ISBN 2-88086-217-5 et 9782880862176), p. 194.
  73. (en) Historic Ensemble of the Potala Palace, Lhasa, sur le site World Heritage Convention.
  74. (en) H. E. Richardson, A Corpus of Early Tibetan Inscriptions, in Royal Asiatic Society, 1985, pp. 1-25 (ISBN 0-947593-00-4).
  75. Document d'évaluation du patrimoine mondial, UNESCO, 1994.
  76. Pour Zhu Weiqun, directeur adjoint permanent du Département de Travail du Front uni du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), « la Libération pacifique du Tibet a achevé la libération et l'unification de la Chine continentale et constitué une victoire sur les forces impérialistes et quelques membres de l'élite tibétaine qui voulaient arracher le Tibet à la Chine » (source : (en) Peaceful Liberation Ushers in a New Era, BEIJING REVIEW.com.cn, July 25, 2011 : « The peaceful liberation of Tibet completed the liberation and unification of China's mainland and was a victory over imperialist forces and a few upper-class Tibetans who wished to split Tibet from China. »
  77. (en) Monument Erected to Commemorate Tibet Liberation, peopledaily.com.cn, Thursday, May 23, 2002 : « The inscription on the monument says the People's Liberation Army expelled the imperialist forces from Tibet in 1951, which led Tibet to advancement, prosperity, democracy and opened a new era. »
  78. Un monument devant le Potala, site Tibet-info, citant AFP, et TIN, 5 fevrier 2002
  79. (en) Anger over Tibet monument, BBC News, 5 février 2002.
  80. Quartier musulman (de Lhassa), site Visiter le Tibet.
  81. Victor Chan, TIBET. Le guide du pèlerin, coll. Les guides du voyageur, Éditions Olizane, 1998, 1211 p., en part. pp. 216-217, (ISBN 2-88086-217-5 et 978-2-88086-217-6).


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