Patrimoine culturel immatériel de l'humanité
- Patrimoine culturel immatériel de l'humanité
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La notion de patrimoine culturel immatériel est apparue au début des années 1990, après les recommandations de 1989 sur la protection des cultures traditionnelles, et en contrepoint du patrimoine mondial tourné essentiellement vers les aspects matériels de la culture.
En 1997 s’est tenue à Marrakech, à l’initiative d’intellectuels marocains et de l’UNESCO, une réunion au cours de laquelle a été défini le concept de « patrimoine oral de l’humanité », et décidé d’établir une distinction pour la préservation et la mise en valeur des « chefs-d’œuvre » de ce patrimoine.
Cette distinction appelée « Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité »[1] a été octroyée pour la première fois en 2001 après étude approfondie, à une première liste de patrimoines sur candidatures proposées par les États. Une nouvelle liste est établie tous les deux ans par un jury international. Les chefs-d’œuvre proposés doivent être une expression culturelle vivante ou menacée. Ils doivent aussi faire l’objet de programmes de préservation et de promotion, le fait d’être inscrit sur la liste de l’UNESCO n’étant pas une garantie absolue de protection.
En 2003 les États membres de l’UNESCO ont adopté la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel[2]. Elle est entrée en vigueur au mois d’avril 2006, et la première Assemblée générale[3] s’est tenue au mois de juin 2006. Les directives opérationnelles de cette convention sont données par le Comité intergouvernemental[4]. Avec l’entrée en vigueur de la Convention, le programme de la proclamation a pris fin. À l’image du patrimoine mondial ont été créées des listes, une liste représentative et une liste de sauvegarde urgente, où ont été inscrits les chefs-d’œuvre précédemment proclamés, et où de nouveaux éléments sont inscrits annuellement depuis 2008[5].
Sommaire
Définition
En 2001, l’UNESCO a effectué une enquête[6] auprès d’États, d’organisations internationales et d’ONG afin de définir ce terme, et une Convention[7] a été adoptée pour sa protection.
Selon la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ratifiée au 20 juin 2007 par plus de 78 États, le patrimoine culturel immatériel (PCI) – ou patrimoine vivant – est la source principale de notre diversité culturelle et sa continuation une garantie pour une créativité continue et est défini ainsi :
« On entend par patrimoine culturel immatériel les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’à l’exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d’un développement durable. »
Modalités d’inscription et différences avec le patrimoine mondial
Contrairement à l’inscription à la liste du patrimoine mondial, il n’y a pas de sélection pour le patrimoine culturel immatériel[8]. Selon Cécile Duvelle, responsable de la division du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO : « La Liste représentative ne vise pas à récompenser les meilleures expressions culturelles du monde. La seule chose que l’on prend en compte, c’est l’importance subjective qu’a telle ou telle pratique pour la communauté qui la maintient en vie »[9].
Les dossiers d’inscription complexes doivent être réalisés par les pays concernés, ainsi certains pays motivés par les inscriptions comme la Chine ou la Croatie peuvent paraitre surreprésentés alors qu’aucun pays africain n’a présenté de dossier en 2010[8]. Cécile Duvelle regrette également l’« instrumentalisation politique à des fins nationalistes » après l’inscription de pratiques culturelles dans certains pays[9].
Listes du patrimoine culturel immatériel de l’humanité
Listes par pays
- Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en Afrique
- Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en Amérique
- Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en Asie et Océanie
- Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en Europe
Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité
Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente
En 2009 a été créée une liste des éléments en sauvegarde urgente.
Illustrations
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Le Mystère d'Elche, en Espagne.
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Le Carnaval de Binche en Belgique est reconnu depuis 2003.
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Le carnaval de Barranquilla en Colombie.
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Les chants Bauls en Bangladesh.
Notes et références
- Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité
- Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
- Assemblée générale
- Comité intergouvernemental
- Listes sur le site de l’UNESCO
- Réunion de 2001 - définition de l’UNESCO.
- Site officiel de l’UNESCO.
- Le patrimoine immatériel, un inventaire à la Prévert, Florence Evin, Le Monde, 17 novembre 2010
- La gastronomie française, ça intéresse qui ?, Lluís Uría, Courrier International d’après La Vanguardia, 25 novembre 2010
Voir aussi
Articles connexes
- Trésor humain vivant
- Patrimoine culturel
- Liste des traditions vivantes de Suisse, l'inventaire national suisse du patrimoine culturel immatériel
Liens externes
- (mul) Site officiel
- (fr)(en)(es) PCCIICH, veille électronique sur le patrimoine culturel immatériel
- (en) International Journal of Intangible Heritage
Wikimedia Foundation. 2010.
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