Comte de Nice

Comté de Nice

Le drapeau du comté de Nice

Le comté de Nice était une division administrative des Etats de la Maison de Savoie. Division créée en 1388 sous le nom de « Terres neuves de Provence » (de la Maison de savoie) devenant « comté de Nice » en 1526. Comté de Nice qui a disparu avec son rattachement à la France en 1860[1]. Le nom de « comté » vient de l'italien contàdo, qui signifie « campagne » ou « comtat », au sens médiéval du terme. Il a donc un sens administratif et non féodal. Le terme « comté de Nice » apparaît pour la première fois en 1526[réf. nécessaire], mais n'est plus officiellement utilisé au XIXème siècle (ainsi, le traité de cession de la Savoie et de la circonscripton de Nice à la France, en 1860, mentionne le nom de "circondario de Nizza", traduit comme "arrondissement de Nice"). En outre, il existait plusieurs autres comtés au sein de ce qui est généralement désigné aujourd'hui comme comté de Nice (par exemple le comté de Tende).

Le comté de Nice reste une région culturelle vivante. On l'appelle aussi pays niçois, bien que cette appellation soit moins traditionnelle.

En langue niçoise, son nom est comtat de Niça / país niçard selon la norme classique ou bien coumtat de Niço / païs niçart (coumtat de Nissa / païs nissart) selon la norme mistralienne.

Il correspond à peu près à l'arrondissement de Nice, dans le département des Alpes-Maritimes.

Sa capitale est la ville de Nice.

Sommaire

Histoire

En 1380, la comtesse Jeanne Ire de Provence (1348-1382) — mieux connue sous le nom de la reine Jeanne — sans enfants, adopte Louis d'Anjou, le frère du roi de France Charles V. Le cousin de Louis, le duc Charles de Duras (ou Durazzo), mène alors l'Union d'Aix, le parti provençal anti-angevin, et assassine Jeanne, entraînant une guerre de succession qui se terminera par la victoire du parti d'Anjou. Prenant avantage des troubles, le comte de Savoie Amédée VII le Rouge, qui souhaite avoir un accès vers la mer, négocie avec Jean Grimaldi de Bueil. Celui-ci, baron de Beuil, gouverneur de Nice et sénéchal, a en effet la volonté de soustraire à la suzeraineté du Comté de Provence, sa partie orientale située en rive gauche du Var et de l'Estéron.

Pour sa part, le comte de Savoie voit dans la réalisation d'une dédition de Nice à la Savoie l'occasion d'élargir ses terres. Sous l'influence de Jean Grimaldi de Bueil, qui commande la garnison de Nice, les Niçois se soumettent et accueillent leur nouveau suzerain selon les traditions provençales. L'accord est scellé à Saint-Pons en (1388), suivant lequel la ville de Nice et sa viguerie, la cité de Puget-Théniers et les vallées du Haut-Var[2] (hormis Guillaumes), du Cians (avec Beuil), de la Tinée et de la Vésubie constituent la division administrative des Terres Neuves de Provence incorporée aux Etats de Savoie. Division qui englobera aussi la vallée de l'Ubaye.

La Savoie était à l'époque un État puissant, doté d'une importante force armée, prospère et bien administré, contrairement à la Provence. Avec l'accord des populations, l'armée savoyarde s'installe alors dans ces terres neuves et Nice en devient la capitale sous l'autorité civile et militaire d'un gouverneur savoyard.

Le Comté de Nice dans l'Atlas de Johannes Blaeu en 1664.

Les grands féodaux, à l'exception de quelques familles : les Grimaldi, les Berre, les Lascaris, émigrent sur la rive droite du Var, de façon à rester provençaux. Quoique située sur la rive droite, Gattières sera aussi arrachée à la Provence à la même époque. Amédée VII lance la création d'une nouvelle noblesse (qui se développera surtout au XVIIe et XVIIIe siècles) et Jean Grimaldi reçoit une vingtaine de fiefs en reconnaissance de son action.

Monaco génoise mais détenue par les Grimaldi depuis 1297 se voit reconnaître son indépendance en 1489, par le roi de France et le duc de Savoie. Les Terres Neuves de Provence prennent le nom de comté de Nice en 1526. Le terme comté a ici un sens administratif et non féodal (à l'instar des "counties" anglais et plus tard américains).

Entre-temps, dans le reste de la Provence, le roi René s´avère être également le roi dont la faiblesse fait tomber la Provence entre les mains des rois de France. En effet, Louis XI lui fait comprendre que son héritage lui conviendrait. Le roi déshérite son successeur naturel (René II de Lorraine) au profit de Charles II du Maine. En 1481 ce dernier, sans successeur, est disposé à donner ses terres à Louis XI qui remporte ainsi une grande victoire sans aucune bataille. Louis XI s'empare donc de la Provence en 1481 qui devient définitivement française.

En 1543, Nice est assiégée par les troupes françaises du duc d'Enghien et la flotte ottomane de Barberousse (Khayr-al-Din), le bey de Tunis, résultat de l'alliance de François Ier et de Soliman le Magnifique contre l'empereur Charles Quint. La ville est prise après vingt jours, mais suite à la résistance des derniers défenseurs du château, la flotte se retire. C'est là que se place l'épisode légendaire de Catherine Ségurane.

Le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie, en 1614, fait de Nice un port franc et y établit un sénat. La révolte du comte de Beuil est arrêtée en 1621. Le comté de Nice connaît la stabilité, contrairement au reste de la Provence où les révoltes sont fréquentes. Cependant, la guerre entre la France et la Savoie reprend au cours du XVIIe siècle, et le comté de Nice est occupé par la France de 1691 à 1697 et de 1707 à 1713.

En 1713, le traité d'Utrecht détache vallée de l'Ubaye du comté de Nice et donc de la Savoie en faveur du royaume de France en compensation de la perte de vallées alpines du Piémont. Administrativement, la vallée de l'Ubaye fut rattachée à la Provence. La frontière entre le comté de Nice et le reste de la Provence est une nouvelle fois modifiée en 1760, le traité de Turin accordant Gattières et la rive droite de l'Estéron à la France, les communes de Guillaumes et de La Penne à la maison de Savoie.

L'Armée du Midi de la jeune République entre dans Nice le 29 septembre 1792 et le 31 janvier 1793, la Convention accepte l'intégration du comté au sein du territoire national au travers de la création du département des Alpes-Maritimes. Les Barbets, des contre-révolutionnaires , luttent contre l'occupation française dans le haut-pays niçois. Près de Duranus, le « Saut des Français » garde le souvenir de soldats français qui ont été jetés dans le vide au-dessus de la Vésubie. Durant le Premier Empire, le préfet Dubouchage œuvre au développement de Nice, avec l'aide des notables de la cité.

Le comté revient, le 23 avril 1814, sous le contrôle du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel Ier (1759-1824). Pour compenser s'il se pouvait l'influence de Gênes annexée au royaume en 1815, on crée alors une division (sorte de région) de Nice, englobant la province de Nice, la province de Sanremo et la province d'Oneglia. Mais cette réforme administrative retranche l'ancien marquisat de Dolceacqua du comté de Nice (avec Pigna et Seborga). La principauté de Monaco, dont les princes ont été restaurés dans leurs anciens droits en 1814, passe du protectorat français au protectorat sarde en 1815 ; ses habitants ne sont plus que des demi-étrangers pour les habitants du comté de Nice. Menton et Roquebrune se révoltent du reste contre leur prince en 1848 et deviennent des villes libres administrées en fait par la maison de Savoie ; ces deux villes voteront avec le reste du comté de Nice lors du plébiscite de 1860 et seront rattachées à la France en même temps que lui, puis rachetées par l'Empire français.

Carte du comté de Nice : en marron, la partie du comté rattachée à la France en 1860, en jaune, la partie du comté devenue italienne en 1861 puis française en 1947[3].

En 1859, la France du Second Empire et le Royaume de Piémont-Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord, la France devant recevoir le comté de Nice en récompense pour son aide. La même année, Napoléon III signe le traité de Villafranca di Verona qui met fin à la campagne d'Italie. Cependant, la Vénétie reste autrichienne, et la Grande-Bretagne et d'autres nations d'Europe, s'opposent à l'annexion de la Savoie et de Nice à la France, tout comme Garibaldi.

En 1860, Napoléon III et Victor-Emmanuel II signent le traité de Turin, qui prévoit l'annexion de Nice à la France en échange d'une aide de Napoléon III contre les Autrichiens et d'une assistance à Victor-Emmanuel II dans son désir d'unifier l'Italie. Un plébiscite est organisé. Le « comté de Nice » devient français, divisé en un arrondissement de Nice et un arrondissement de Puget-Théniers et augmenté de l'arrondissement de Grasse détaché du département du Var, et forme dorénavant le nouveau département des Alpes-Maritimes.

Le 14 juin 1860, les troupes impériales françaises entrent dans Nice et le rattachement est célébré. Le traité de Turin conserve dans le giron italien les localités de Tende, La Brigue, et de plusieurs hameaux dont Mollières et Morignole) parce qu'elles sont des réserves de chasse favorites du roi Victor-Emmanuel II (quoi qu'on ait suspecté à cela des objectifs militaires, la nouvelle frontière étant difficilement défendable par la France). Toutes ces localités finiront par devenir françaises à l'issue de la Seconde Guerre mondiale par le traité de Paris (1947), dernier ajout majeur au territoire national français et au département des Alpes-Maritimes.

L'arrondissement de Puget-Théniers est supprimé à des fins économiques en 1926, et réuni à celui de Nice.

L'évêque de Nice qui dépendait de l'archevêque de Gênes dépendit de l'archevêché d'Aix après 1860. C'est en 1886 que l'arrondissement de Grasse (à l'exception de l'île Saint-Honorat) fut détaché du diocèse de Fréjus pour être rattaché à celui de Nice ; Garavan qui appartenait alors au diocèse de Vintimille est également rattaché à celui de Nice. L'évêque de Nice perd cependant sa juridiction sur Monaco, qui est doté d'un abbé nullius en 1868 puis d'un évêque en 1887, élevé par la suite au rang d'archevêque (l'archidiocèse de Monaco dépendant directement du pape).

Du fait de l'annexion, toute forme d'enseignement supérieur disparaît à Nice après 1860, et il faudra attendre 1965 pour que soit créée une université de Nice. De plus, la cour d'appel de Nice est supprimée. Des mouvements culturels et politiques de type régionalistes militent pour une reconnaissance officielle de la spécificité culturelle niçoise.

Traditions

La danse la plus représentative du comté est la farandole et ses variantes : brandi, mourisca (ou mauresque), passa cariera (passe-rue). Filles et garçons dansaient dans les rues et sur les places, le jour de la fête patronale du village, au son du fifre et du tambour, parfois du violon ou de la vielle à roue.

Annexes

Notes

  1. Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, p. 107-108.
  2. « Une communauté aux libertés communales confirmées en 1388 par la Maison de Savoie » dans la rubrique « Histoire » de la commune d' « Entraunes » : « Le 14 novembre 1388, au château de Péone, les représentants des communautés des Entraunes obtinrent confirmation, dans la nouvelle Charte du Val-d'Entraunes de leurs libertés communales comme de la propriété de leurs biens de la part de Jean Grimaldi de Bueil, baron de Beuil, gouverneur de Nice et représentant officiel du nouveau suzerain avec qui il a négocié la dédition de Nice à la Savoie. »
  3. Les limites du Comté de Nice, site officiel de la mairie de Nice. Consulté le 22 novembre 2008.

Bibliographie

  • Alain Ruggiero (dir.), Nouvelle histoire de Nice, Toulouse, Privat, 2006, 383 p.
  • Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, 412 p.
  • Ralph Schor, Histoire du Comté de Nice en 100 dates, Alandis Editions, 2007.
  • Jean-Pierre Fouchy, Et Nice devient le port de la Savoie, Alandis Éditions, 2008, 258 p.

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