Ministere de la Culture (France)

Ministère de la Culture (France)

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Ministère de la Culture
et de la Communication
Logo du ministère de la Culture et de la Communication

Création 3 février 1959
Type Ministère français
Siège Palais-Royal
3, rue de Valois
Drapeau de la France Paris 1er
Budget 2,821 milliards d’euros (2009)
Ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand
Personne(s) clé(s) André Malraux
Jack Lang
Site web http://www.culture.gouv.fr/

Le ministère de la Culture (dont la dénomination officielle est, depuis 1997, ministère de la Culture et de la Communication) a été créé en France en 1959 par le général de Gaulle, à l'instigation d'André Malraux, sous le nom de ministère des Affaires culturelles. Depuis, de nombreux pays se sont également dotés d'un ministère de la Culture. Le ministère est traditionnellement appelé, d'après son adresse principale, « rue de Valois ».

Auparavant, ces fonctions étaient exercées par le directeur des Beaux-Arts, dépendant du Ministère de l'Éducation nationale.

Le ministre de la Culture a pour mission de « rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de français, d'assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des œuvres de l'art et de l'esprit qui l'enrichissent »[1]

Sommaire

Historique

Le Palais-Royal, où se trouvent les bureaux et les salons d'honneur du ministère.

L'intervention de l'État dans le domaine des arts et des lettres a toujours été forte en France. Elle s'est développée durant l'Ancien Régime, avec le mécénat royal, la création du dépôt légal par François Ier, la création des manufactures royales de tapisseries, de la Comédie-Française et des académies sous Louis XIV.

Avec la Révolution, apparaît le souci de sauvegarde du patrimoine, avec le musée des monuments français d'Alexandre Lenoir, et les premiers musées d'arts, avec notamment la création du musée du Louvre. Ludovic Vitet et Prosper Mérimée recensent et protègent le patrimoine bâti avec l'apparition de la notion de monument historique. La Troisième République favorise l'éducation et la diffusion, avec les bibliothèques et les musées et crée la Direction générale des Beaux-Arts du ministère de l'Instruction publique. Le Front populaire introduit l'éducation culturelle et artistique. Jeanne Laurent, sous-directrice du théâtre et de la musique au ministère de l'éducation nationale pendant la Quatrième République favorise la décentralisation théâtrale, avec le Théâtre national populaire, le Festival d'Avignon et les centres dramatiques nationaux.

La création du ministère des Affaires culturelles en 1959

André Malraux (ici au centre avec Rafael Squirru), premier ministre des Affaires culturelles français

Lorsque Malraux conçoit le ministère des Affaires culturelles, il ne s'agit pas de la première tentative de création d'un ministère dédié à l'action culturelle. Entre le 27 janvier et le 28 août 1870, un ministère des Lettres, Sciences et Beaux-Arts est mis en place, avant que ses attributions ne soient rattachées au ministère de l'Instruction publique. En 1881, le gouvernement Léon Gambetta instaure un ministère des Arts qui ne vivra que quelques mois. Le Parlement rejette sous le Front populaire le ministère de la vie culturelle voulu par Jean Zay, pour unir un secrétariat d'État à l'Éducation nationale et un autre à l'Expression nationale, comprenant lettres et arts, musées, archives et bibliothèques[2]. En janvier 1947, est créé le ministère de la Jeunesse, des Arts et Lettres, dirigé par Pierre Bourdan. Mais cette première tentative d'autonomie d'un ministère lié à l'action culturelle ne survit pas au remaniement ministériel du gouvernement Paul Ramadier en octobre de la même année, la direction générale des Arts et Lettres réintégrant le ministère de l'Éducation nationale.

Le Ministère des Affaires culturelles est né en France avec la Cinquième République. André Malraux, soutenu par le général De Gaulle, voulait un nouveau ministère pour l'Art et la Culture. La création, actée le 3 février 1959, d'un ministère dédié permet à De Gaulle, de signifier que le rayonnement mondial de la France devait se faire aussi par la culture.

Le nouveau ministère incluait les services qui dépendaient jusqu'alors de divers ministères : l'Éducation nationale (Direction générale des Arts et Lettres, Direction de l'Architecture, Direction des Archives de France), l'Industrie et du Commerce (Centre national de la cinématographie), et les activités culturelles du Haut-Commissariat à la Jeunesse et aux Sports. Plus tard, en 1975, la Direction du livre rassembla également divers services gouvernementaux.

La politique culturelle du Ministère est définie comme un désir de démocratisation de la culture, même si André Malraux n’a jamais employé ce mot. Le décret du 24 juillet 1959 créant le ministère, lui donnait la « mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français ». Il s’agissait moins de faire venir tout le monde à la culture, que de permettre à tous ceux qui le désirent, d’y accéder. Les Maisons de la Culture, qui ouvrirent dans plusieurs capitales régionales (Grenoble, Amiens, Bourges...), ainsi que les comités régionaux des affaires culturelles (ancêtres des DRAC) illustrent l'effort de diffusion régionale, axé sur les arts nobles.

L’autre grande caractéristique de la politique malrucienne est son refus des dispositifs pédagogiques. Pour lui, l’action culturelle doit être fondée sur le « choc artistique », qui consiste à croire aux qualités intrinsèques de l’œuvre pour procurer une émotion au public, sans qu’il y ait besoin de médiation. L’éducation populaire est écartée du giron de la culture, alors que l’excellence artistique prime, d’où la mise en place d’un système fort de soutien à la professionnalisation des artistes. Malraux développe peu à peu son ministère, créant en 1961 la Direction du Théâtre, de la musique et des spectacles. En accentuant l'action culturelle de l'État gaulliste, le but était également d'affaiblir l'influence du Parti communiste auprès des artistes.

La politique culturelle entre 1969 et 1981

Après le départ de Malraux suite à démission De Gaulle, Pompidou décide de pérenniser le jeune ministère. Du fait de la personnalisation du ministère à l'écrivain gaulliste, et le peu de soutien pour une telle institution au sein de l'UNR ni à gauche, le nouveau président de la République aurait pu choisir de mettre fin à un « phénomène exceptionnel »[3]. Pourtant, il nomme Edmond Michelet, figure importante du gaullisme, et lui attribue le titre de ministre d'État comme Malraux.

Durant ces années post-gaullienne, apparaît peu à peu l’idée d’une politique culturelle qui dépasserait son secteur de prédilection pour une vision plus large, devant conduire la société à se transformer. Les années 1970 voient apparaître un autre concept, celui du « développement culturel », illustré par Jacques Duhamel.

En 1971, Jacques Duhamel, dans la ligne d'une recommandation du VIe plan, crée le Fonds d'intervention culturelle (FIC) pour soutenir des initiatives et des expériences originales susceptibles de répondre à des « besoins nouveaux » et dépasser les cloisonnements des administrations de l'État intervenant dans le champ culturel.

Parallèlement, de nouveaux équipements culturels sont lancés. Ils sont plus modestes que les maisons de la culture de Malraux :

  • centres d'action culturelle (CAC), lancés en 1967 mais qui se développent réellement à partir de 1969, structures légères axées sur l'animation plutôt que sur la création ;
  • centres culturels communaux, qui visent à favoriser la constitution d'un réseau culturel ;
  • établissements culturels intégrés (ECI) regroupant divers équipements collectifs dans les domaines social, culturel, scolaire, sportif et socio-éducatif.

Surtout, Georges Pompidou, devenu Président de la République en 1969, lance le projet du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, qui sera inauguré en 1977, équipement culturel novateur alliant un musée d'art moderne, un centre de création contemporaine, un institut de recherche musicale et une grande bibliothèque de lecture publique. Il est également à l'origine d'une grande exposition de la scène artistique contemporaine française, organisée par François Mathey au Grand Palais en 1972, et qui suscite la polémique lorsque certains artistes refusent d'y participer en déclarant refuser toute récupération par l'État.

L'élargissement du champ culturel

Avec l’arrivée de la gauche aux affaires en 1981, et de Jack Lang rue de Valois, le champ culturel s’est élargi. Les arts majeurs et mineurs ont disparu, les pratiques amateurs sont autant mises en avant que la création et l’économie via l’industrie culturelle est prise davantage en compte. Jack Lang introduit une dimension festive, et des événements nationaux qui existaient peu (Fête de la Musique, Journées nationales du patrimoine…).

Ainsi le décret du 10 mai 1982, relatif à l’organisation du ministère précise : « Le ministère chargé de la culture a pour mission : de permettre à tous les Français de cultiver leur capacité d’inventer et de créer, d’exprimer librement leurs talents et de recevoir la formation artistique de leur choix ; de préserver le patrimoine culturel national, régional ou des divers groupes sociaux pour le profit commun de la collectivité tout entière ; de favoriser la création des œuvres de l’art et de l’esprit et de leur donner la plus vaste audience ; de contribuer au rayonnement de la culture et de l’art français dans le libre dialogue des cultures du monde ».

Jack Lang associe également art et apprentissage, en opposition à l'esprit malrucien. Outre un ministère l'Éducation nationale et de la Culture, qu'il a mené pendant moins d’un an, sous le gouvernement Pierre Bérégovoy, c'est aussi l'époque du développement de l'enseignement du théâtre et du projet Collège au cinéma. Catherine Trautmann ensuite travailla sur l'éducation à l’art et la médiation culturelle.

Depuis 1986, et à l'exception de la période 1993-1995, le ministère de la Culture a toujours été également chargé de la Communication, c'est-à-dire de la politique du gouvernement en direction des médias (presse, audiovisuel et, pour partie, internet). Pour l'exercice de ces attributions, le ministre dispose d'un service du Premier ministre, la direction du développement des médias (DDM – anciennement Service juridique et technique de l'information et de la communication, SJTIC).

Dénominations successives

  • 1959 : Ministère des Affaires culturelles
  • Janvier 1974 : ministère des Affaires culturelles et de l’Environnement
  • Juin 1974 : secrétariat d’État à la Culture
  • 1976 : ministère de la Culture et de l’Environnement
  • 1978 : ministère de la Culture et de la Communication
  • 1981 : ministère de la Culture
  • 1986 : ministère de la Culture et de la Communication
  • 1988 : ministère de la Culture, de la Communication, des Grands travaux et du Bicentenaire
  • 1991 : ministère de la Culture et de la Communication
  • 1992 : ministère de l’Éducation nationale et de la Culture
  • 1993 : ministère de la Culture et de la Francophonie
  • 1995 : ministère de la Culture
  • 1997 : ministère de la Culture et de la Communication

Organisation

Frédéric Mitterrand, actuel ministre de la Culture depuis le 23 juin 2009

Le ministère est situé rue de Valois, à Paris (1er arrondissement), dans une partie du Palais-Royal. Une partie des ses services, jusque-là dispersés dans la capitale, ont été regroupés à proximité en 2004, dans l'immeuble dit « des Bons-Enfants », restructuré par les architectes Francis Soler et Frédéric Druot, rue Saint-Honoré.

Administration centrale

L'administration centrale du ministère de la Culture et de la Communication est régie par le décret no 2004-822, modifié par le décret no 2006-1453 du 24 novembre 2006. Elle comprend plusieurs services directement rattachés au cabinet, un service d'inspection, l'Inspection générale des affaires culturelles, le haut fonctionnaire de défense et de sécurité et le Département de l'information et de la communication.

Elle possède aussi un secrétariat général, six directions propres, trois délégations et le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), qui a un double statut. En outre, la direction du développement des médias (DDM), rattachée aux services du Premier ministre, est aussi mise à sa disposition au titre de la communication et des médias.

Le secrétariat général, créé en 2006, coordonne l'activité des différentes directions et délégations et a la charge de tout ce qui est commun aux différents services du ministère, comme la politique de ressources humaines ou le budget. Le secrétaire général a autorité sur la direction de l'administration générale, qui est dirigée par le secrétaire général adjoint. La délégation au développement et aux affaires internationales dépend également du secrétariat général.

Les six directions propres au ministère sont les suivantes :

Les trois délégations sont :

Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) présente l'originalité juridique d'être à la fois une direction de ministère et un établissement public.

Le Conseil de modernisation des politiques publiques du 12 décembre 2007 a annoncé la réduction de moitié du nombre de directions du ministère de la Culture et de la Communication d'ici à la fin du quinquennat présidentiel. L'administration centrale se recentrera sur les « missions de pilotage et de stratégie », la DMDTS et la DAP pourraient être réunies, tandis que la Direction des musées de France perdrait la gestion des musées au profit de la Réunion des musées nationaux, qui pourrait se voir alliée au Centre des monuments nationaux[4].

Services déconcentrés

L'hôtel Maledent de Feytiat, à Limoges, siège de la DRAC du Limousin

À l'échelon déconcentré, le ministère de la Culture et de la Communication dispose :

Le rôle des DRAC est de coordonner l'action des SDAP au niveau régional, toutefois une réforme est en préparation voulant faire des SDAP des guichets de proximité, dès lors rattachés aux politiques locales. Le Ministère de la Culture souhaite distinguer deux niveaux :

  • un niveau conceptuel assuré par les DRAC afin de programmer, d'orienter et d'animer une politique culturelle.
  • un niveau opérationnel assuré par les SDAP afin d'assurer le suivi des procédures étant donné leur connaissance du terrain.

Enfin, il est question de créer un collège régional des chefs de services, réunissant les chefs des DRAC et ceux des SDAP, afin de mieux coordonner les actions entre eux.

Les ministres de la Culture

Frédéric Mitterrand est l'actuel ministre de la Culture et de la Communication.

Voir aussi

Bibliographie

  • Bernard Beaulieu et Michèle Dardy, Histoire administrative du ministère de la Culture, 1959-2002 : Les services de l'administration centrale, Comité d'histoire du ministère de la Culture / La Documentation française, Paris, 2002, 207 p. (ISBN 2-11-005282-1) 
  • Marc Fumaroli, « Malraux et la fin du système français des Beaux-Arts », Revue Commentaire no124, Julliard-Plon-Fayard, 2009
  • Dominique Jamet, Isabelle Cabillie et Sylvie Longueville, Développement culturel, La Documentation française, Paris, 1984
  • Dominique Jamet et Geneviève Gentil, Politiques culturelles : études et documents, 1976-1983, La Documentation française, Paris, 1986
  • Dominique Jamet, Jean Fosseyeux, Christian Pattyn, Les établissements publics sous tutelle du Ministère de la Culture : histoire administrative, La Documentation française, 2004
  • Philippe Poirrier, L'Etat et la culture en France au XXe siècle, Le Livre de Poche, 2006
  • Philippe Poirrier, Art et pouvoir de 1848 à nos jours, Cndp, 2006
  • Philippe Poirrier, Les politiques culturelles en France, Paris, La Documentation française, 2002
  • Marie-Ange Rauch, Le bonheur d'entreprendre, les administrateurs de la France d'outremer et la création du ministère des Affaires culturelles, La Documentation française et comité d'histoire du Ministère de la Culture, 1998. 195 pages
  • Serge Regourd, L'exception culturelle, Puf, 2004.
  • Maryvonne de Saint-Pulgent, Culture et communication. Les missions d'un grand ministère, Découvertes Galllimard, 2009
  • Philippe Urfalino, L'invention de la politique culturelle, Hachette Littératures, 2004, 427p. (ISBN 2-01-279206-5)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Décret n°2007-994 du 25 mai 2007 relatif aux attributions du ministre de la Culture et de la Communication, porte-parole du Gouvernement
  2. Pascal Ory, La Belle illusion. Paris : Plon, 1994
  3. D'après Jacques Rigaud, dans « Rendre la culture au peuple : 50 ans de politique culturelle française : L’entre deux mai : création et créativité (1969-1981) », documentaire de Martin Quenehen et Philippe Rouy, diffusée le 10 avril 2007 sur France culture.Transcription par Taos Aït Si Slimane
  4. « Réforme de l'Etat : l'Elysée lance l'essoreuse », Libération, 13 décembre 2007


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