Le Havre
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49° 29′ 24″ N 0° 06′ 00″ E / 49.49000, 0.100000

Le Havre
Le Havre : la plage, la ville et le port.
Le Havre : la plage, la ville et le port.
Armoiries
Détail
logo
Détail
Administration
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Arrondissement du Havre
Canton Chef-lieu de neuf cantons
Code commune 76351
Code postal 76600, 76610, 76620
Maire
Mandat en cours
Édouard Philippe
2010 - 2014
Intercommunalité CODAH (siège)
Site web lehavre.fr
Démographie
Population 178 769 hab. (2008)
Densité 3 808 hab./km²
Aire urbaine 296 773 hab. ()
Gentilé Havrais, Havraise
Géographie
Coordonnées 49° 29′ 24″ Nord
       0° 06′ 00″ Est
/ 49.49000, 0.100000
Altitudes mini. 0 m — maxi. 105 m
Superficie 46,95 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Le Havre est une commune française du nord-ouest de la France située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille en termes de taille, et le premier port français en capacité par an d’EVP[notes 1]. Ses habitants s’appellent les Havrais.

Administrativement, cette commune, située dans la région de Haute-Normandie, est avec Dieppe l'une des deux sous-préfectures du département de la Seine-Maritime. Le Havre est également chef-lieu de canton et siège d'un évêché. En 2008, Le Havre était la commune la plus peuplée de Normandie[notes 2], la treizième au niveau national et la deuxième plus grande sous-préfecture française après Reims[notes 3]. Cependant, la ville subit une perte prononcée d'habitants depuis 1982 (- 20 619) et continue (entre 2006 et 2008, -3 811 habitants) et l'agglomération havraise se situe loin derrière celle de Rouen en nombre d'habitants. Le taux de chômage est relativement élevé et la zone industrialo-portuaire fournit l'essentiel des emplois du secteur privé.

L'Unesco a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en raison de l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». Ce sont ainsi cent trente-trois hectares protégés qui constituent « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre », rare site contemporain inscrit au patrimoine mondial en Europe. Le musée André Malraux est le deuxième de France pour le nombre de toiles impressionnistes[1]. La ville entend diversifier son économie en développant des infrastructures comme la cité de la mer. Enfin, Le Havre possède les clubs de football et de rugby à XV les plus anciens de France ; la vie sportive est animée par plusieurs clubs d'envergure nationale (Le Havre Athletic Club en football, Saint-Thomas Basket et l'équipe féminine de handball du HAC).

Sommaire

Géographie

Localisation

Le Havre se trouve sur la pointe sud-ouest du Pays de Caux. La ville est enserrée entre le littoral de la Manche à l'ouest, l'estuaire de la Seine au sud et la côte, au nord. La Seine a longtemps marqué une frontière naturelle entre la Haute et la Basse-Normandie. Ainsi, Honfleur est, selon l'expression des Havrais, « de l'autre côté de l'eau ». Pour faire face à cette situation d'enclavement relatif, les aménagements se sont multipliés : le plus prestigieux est le pont de Normandie qui relie les deux rives de la Seine et place Honfleur à seulement un quart d'heure du Havre. Les géographes et les décideurs ont d'ailleurs créé une nouvelle entité autour des deux rives de l'estuaire, gérée par l'agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire de la Seine.

La région havraise

Article détaillé : Baie de Seine.

Le Havre est la plus grande ville du Pays de Caux et de l'estuaire de la Seine. De nombreuses personnes des communes limitrophes de Sainte-Adresse, Octeville-sur-Mer, Fontaine-la-Mallet, Montivilliers, Harfleur et Gonfreville L'Orcher viennent travailler quotidiennement au Havre. Le week-end, les Havrais fréquentent les stations balnéaires de la Côte d'Albâtre ou empruntent le pont de Normandie pour passer quelques heures à Honfleur dans le Calvados. Les Honfleurais et les Cauchois viennent faire leurs courses dans les centres commerciaux du Havre.

Rose des vents Octeville-sur-Mer Fontaine-la-Mallet Montivilliers Rose des vents
Sainte-Adresse
(Sur le front de mer)
N Harfleur
Gonfreville-l'Orcher
O    Le Havre    E
S
(la mer) Honfleur
(Rive gauche de la Seine)
Honfleur
(Rive gauche de la Seine)

Géologie et relief

Le site du Havre, en 1888

La commune du Havre se compose de deux ensembles naturels séparés par une falaise morte ou « côte » :

  • La ville basse comprend le port, le centre-ville et les quartiers périphériques. Elle a été construite sur d'anciens marais qui ont été drainés à partir du XVIe siècle. Le sol est constitué d'alluvions déposées par la Seine. Le centre-ville, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis[2].
  • La ville haute est constituée de banlieues résidentielles aisées, moyennes ou défavorisées (Mont-Gaillard, Caucriauville, Mare-Rouge, Bléville). Il s'agit d'une partie du plateau cauchois : la partie nord-ouest de la ville haute (Dollemard) est la plus haute (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le cap de la Hève se situe à une altitude d'environ 100 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Le plateau cauchois appartient à l'ensemble géologique du Bassin Parisien, formé à l'ère secondaire. Le sous-sol est constitué d'une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de profondeur[3]. Il est couvert d’une couche d’argile à silex et d'un limon fertile[4].

Le plateau de la ville haute est entaillé par des vallées et des vallons tapissés d’alluvions et de sédiments : vallon sec d'Ignauval à l'ouest, vallée de la Lézarde à l'est.

Climat

Graphique climatique du Havre

En raison de sa situation sur le littoral de la Manche, le climat du Havre est tempéré océanique. Les jours sans le moindre vent sont rares. Ils apportent les influences maritimes toute l'année. D'après les relevés de la station météorologique du Cap de la Hève (1970-1999), la température descend en dessous de 0 °C 24 jours par an, et elle s'élève au-dessus de 25 °C 14 jours par an. La durée moyenne de l'ensoleillement annuel est de 1 878 heures par an[5]. Les précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum en automne et en hiver. Les mois de juin et juillet sont marqués par quelques orages[6]. L’un des traits caractéristiques de la région est la grande variabilité du temps, même au cours d’une journée[7]. Les vents dominants sont de secteur sud-ouest pour les vents forts, et nord-nord-est pour les vents faibles[8] ; les tempêtes se produisent en hiver, surtout en janvier[6]. Le record absolu de vitesse du vent pour le Pays de Caux a été enregistré le 16 octobre 1987 au Cap de la Hève : 180 km/h[9].

Mois Jan Fev Mar Avr Mai Jui Jui Aou Sep Oct Nov Dec Année
Températures moyennes (°C) 4,6 4,9 6,8 8,8 12,1 14,8 17 17,2 15,7 12,6 8,2 5,6 10,7
Précipitations moyennes (mm) 62,6 49 54,3 42,9 52,7 52,6 50,2 48,5 64,5 74,1 88,1 69,4 708,6
Insolation moyenne (h) 62,9 87,7 136,2 179,5 214,6 224,4 237,8 218,5 168,3 124,5 74,7 56,7 1878
Source : « Cap de la Hève, Seine maritime(76), 100m - [1961-1990] », site d'Infoclimat.

Voies de communication et transports

Liaisons régionales, nationales et internationales

Articles détaillés : Ligne du Sud-Ouest et Gare du Havre.
Port du Havre, écluse François Ier
La gare du Havre

Depuis longtemps, Le Havre a exploité les atouts de sa situation littorale, mais a aussi souffert de son relatif enclavement (voir le paragraphe sur la situation en début d'article). C'est pourquoi les décideurs locaux (et parmi eux la Chambre de Commerce et d'Industrie) ont amélioré l'accessibilité de l'agglomération et du port : l'autoroute A131 (E05) relie Le Havre à l'A13 (autoroute de Normandie) par le pont de Tancarville. Ainsi la ville se trouve à une heure de Rouen et deux heures de Paris. Plus récemment, l'autoroute A29 (E44) relie l'agglomération havraise au nord de la France et aboutit au Pont de Normandie, ce qui met Amiens (au nord-est) à deux heures de route et Caen (au sud-ouest) à une heure.

Le réseau de chemin de fer est lui aussi bien développé. Ainsi, les TER ont été modernisés avec la création de la ligne LER en 2001 et de relations directes avec Fécamp en 2005. Une bonne dizaine de trains Corail de la ligne Paris - Le Havre dessert les gares de Bréauté-Beuzeville, Yvetot, Rouen, et la gare Saint-Lazare (avec parfois des arrêts intermédiaires entre Rouen et Paris). En outre, deux TGV quotidiens desservent Le Havre : l'un relie la ville à Marseille depuis décembre 2004 en desservant les gares de Rouen, Mantes-la-Jolie, Versailles, Massy, Lyon Part-Dieu, Avignon, Aix-en-Provence, et la gare Saint-Charles ; l'autre à Strasbourg depuis juin 2009 (avec des arrêts à Rouen, Mantes, Roissy, Champagne-Ardenne TGV, Meuse TGV, Lorraine TGV, terminus à la gare de Strasbourg).

Vers 2020, une liaison TGV vers Paris pourrait voir le jour, dans le cadre du Grand Paris, et mettrait Le Havre à environ 1h15 de la capitale avec un terminus dans une nouvelle gare à La Défense.

Aucune liaison ferroviaire directe ne relie Le Havre et Caen, pourtant de nombreux projets — connus sous le nom de ligne du Sud-Ouest — consistant à relier Le Havre à la rive gauche de la Seine en aval de Rouen, près de l'estuaire du fleuve, ont été étudiés dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais aucun ne fut réalisé par manque de volonté politique et à la suite de la forte opposition des autorités portuaires rouennaises. Par les transports en commun, il faut donc passer en train par Rouen ou utiliser l'autocar par la ligne n°20 des Bus verts). Les Autocars gris vers Étretat et Fécamp et, VTNI pour les destinations vers la vallée de la Seine et Rouen assurent la desserte inter-urbaine pour le compte du Département de la Seine-Maritime. Enfin, la compagnie AirPlus assure des navettes vers les gares et les aéroports de Paris.

Ferry (LD Lines) dans le port du Havre

Pour le transport aérien, l'agglomération dispose de l'aéroport du Havre-Octeville. Situé à 5 km au nord-ouest du Havre sur la commune d'Octeville-sur-Mer, il est géré par la CODAH. En 2007, le nombre de passagers commerciaux, les mouvements d'avions commerciaux et non commerciaux ont augmenté[10]. La principale destination est la plate-forme de correspondance de Lyon. De nombreuses destinations de vacances sont proposées chaque année (Tunisie, Baléares, Portugal, Grèce, Bulgarie, etc.) grâce aux agences de voyages locales qui affrètent les avions. À Octeville se trouve également l'aéroclub Jean Maridor. Un rapprochement avec l'aéroport de Deauville est à l'étude afin de créer une plateforme aéroportuaire régionale forte. Cet aéroport pourrait porter le nom de "Le Havre/Deauville". Celui du Havre-Octeville serait plutôt axé vers le fret.

Les liaisons maritimes trans-Manche avec Portsmouth dans le sud de l'Angleterre grâce à P&O Ferries se sont arrêtées le 30 septembre 2005 pour être reprises par LD Lines qui en a changé la configuration. Deux liaisons vers Portsmouth sont ainsi assurées quotidiennement. La liaison vers l'Irlande a été déplacée au départ du port de Cherbourg.

Transports urbains

La ville et l'agglomération ont un réseau de transports assez dense. Ce dernier répond à une problématique de rupture entre la ville basse et la ville haute, les deux parties de la ville étant reliées par de longs boulevards, de petites routes sinueuses, de nombreux escaliers, un funiculaire et enfin le tunnel Jenner. Pendant plus de 75 ans, le Havre disposa d'un réseau de tramways parmi les plus étendus et les plus modernes de France.

Automobile

Le Havre reste une des dernières grandes villes de France où la circulation automobile est relativement fluide. Les premiers problèmes apparaissent désormais aux heures de bureau car une forte proportion de travailleurs vit en dehors du Havre. Dès lors, de la sortie de la ville à la Brèque (gigantesque nœud routier), le ralentissement est fort.

Aujourd'hui, le nœud routier de la Brèque est en pleine modification pour permettre la fluidité du trafic aux heures de pointe. Une première partie du trajet a été rénovée avec la possibilité de rejoindre la ville haute et basse sans traverser Harfleur. Une deuxième partie est actuellement en cours de rénovation, il s'agit du croisement départementale Fécamp et Rouen. Un élargissement de 2×2 voies à 4×2 voies qui permettra enfin de faciliter la circulation sur ces voies empruntées par plus de 70 000 véhicules chaque jour. Finition des travaux à la fin de l'année 2009[11].

Un autre projet va commencer après l'installation du tramway en 2012, il s'agit de l'entrée de ville où les bouchons sont les plus fréquents. La suppression des 2 tunnels et la réalisation de carrefours à feux permettra une entrée de ville bien plus pratique. Début des travaux mi-2012 [12].

Les principaux axes de circulation sont payants pour le stationnement. Jusqu'aux débuts des années 2000, Le Havre était une ville épargnée dans ce domaine mais trois vagues successives (la dernière en janvier 2009) ont changé la donne. La municipalité possède aussi de nombreux parkings couverts, tandis que la société VINCI en possède un.

Transports en commun
Articles détaillés : CTPO et Funiculaire du Havre.

Le réseau de transports en commun de la CODAH est nommé Bus Océane et est exploité par la Compagnie des transports de la porte océane (CTPO), une filiale de Veolia Transport. Le remaniement du réseau de bus en 2008 a permis d'assurer un meilleur service pour toutes les villes de l'agglomération.

La CTPO exploite un réseau de bus constitué de 17 lignes régulières et 6 lignes de soirée.

Le funiculaire permet, depuis 1890, une liaison entre la ville haute à la ville basse par le biais de cabines tractées.

L'agglomération havraise dispose depuis 2001 de la LER, une ligne de TER reliant la gare du Havre à Rolleville en passant cinq autres gares SNCF de l'agglomération.

Ces infrastructures sont particulièrement fréquentées aux heures de pointe et restent incomplètes voire inexistantes en soirée. Les premiers problèmes de saturation commencent donc à apparaître.

Futur tramway
Article détaillé : Tramway du Havre.

La communauté d'agglomération cherche à développer l'offre de transport urbain. La solution du tramway sur rails a été retenue. Il sera en service le 12 décembre 2012.

Une première ligne reliera la plage à la gare, montant à la ville haute par un nouveau tunnel, proche du tunnel Jenner, pour se couper en deux : une direction vers Mont-Gaillard, une autre vers Caucriauville. Des prolongements sont déjà envisagés.

Une seconde ligne est à l'étude pour résoudre le problème de saturation de la ligne de bus 2 et pour une desserte des quartiers sud en plein développement.

Pistes cyclables

Le Havre a longtemps été en retard au niveau des pistes cyclables. C'est l'association SABINE qui a permis de faire évoluer les mentalités au sein de la municipalité. Ce fut dans la douleur car des expériences se sont révélées être des échecs, telle celle d'une piste cyclable à double sens mal indiquée dans une rue à sens unique. Pourtant, la municipalité semble désormais réconciliée avec les deux-roues : l'été 2005 a vu fleurir de nombreux travaux d'aménagement de pistes cyclables, avec notamment un raccordement à la Voie Verte, promettant un réseau important et de qualité. Cependant nombre de kilomètres sont implantés au sein même des trottoirs et aboutissent parfois à une quasi-absence de passage pour les piétons !

D'autre part, dans le cadre d'une collaboration appelée Vélocéane, il est possible de louer des vélos à la gare, à la plage et à l'Hôtel de ville dans les agences de bus Océane (en partenariat avec SABINE.)

Urbanisme

Morphologie urbaine

Ville basse

Ville reconstruite après 1945
Article détaillé : Centre-ville reconstruit du Havre.
Plan du Havre, centre-ville reconstruit après la Seconde Guerre mondiale

En grande partie détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, le centre-ville a été reconstruit d'après les plans de l'atelier Perret, dirigé par l'architecte français Auguste Perret. Seuls l'hôtel de ville (1952-1958) et l'église Saint-Joseph (1951-1957) (107 m de hauteur) ont été conçus personnellement par Auguste Perret. Venant féliciter ce travail de reconstruction, l'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en saluant l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». L'espace de 133 hectares représentant selon l'UNESCO « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre » est un des rares sites contemporains inscrits en Europe, rejoignant ainsi le parc Güell à Barcelone, les maisons Art nouveau de Victor Horta en Belgique ou encore les anciennes aciéries de Völklingen en Allemagne.

Une autre œuvre architecturale intéressante du centre-ville est celle de l'Espace Oscar Niemeyer, la Maison de la Culture du Havre, réalisée en 1982 par ce même architecte, et surnommée le Volcan, en raison de la forme du bâtiment.

Les quartiers Notre-Dame et du Perrey sont essentiellement résidentiels. Celui des Halles est l'un des pôles commerciaux de la ville. Quant au quartier Saint-François, il a été également reconstruit après 1945 mais dans un style architectural radicalement différent : les immeubles sont en briques et possèdent un toit à double pente en ardoise. C'est le quartier des restaurants.

Quartiers anciens du centre
L'église Saint Vincent a été épargnée par les bombardements.

À l'est et au nord du centre-ville reconstruit s'étendent des quartiers anciens[notes 4] épargnés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. L'habitat, généralement en briques, date du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Les commerces se concentrent le long de quelques rues et au niveau du quartier du Rond-Point. Au cours des années 1990 et 2000, ces quartiers ont fait l'objet de réhabilitations, notamment dans le cadre d'une OPAH.

Des projets urbains y ont aussi été développés à la fin du XXe et au début du XXIe siècle par la municipalité, notamment dans le quartier des gares, avec pour objectif de revaloriser l'entrée de la ville. Ainsi, la gare routière (bus, cars, taxis) a été réaménagée, elle se situe près de la gare ferroviaire (certifiée NF depuis 2005). Côté investissement privé, la société SPB a construit son siège, Novotel y a implanté un hôtel dessiné par l'architecte Jean-Paul Viguier en 2005 et la mutuelle d'assurances Matmut a terminé la même année l'immeuble de bureaux qu'elle occupe en partie. De l'autre côté du bassin se trouvent des établissements d'enseignement supérieur, les Docks Océane et la nouvelle Chambre de Commerce et d'Industrie.

Les quartiers portuaires et industriels
Des quartiers industriels et portuaires en voie de reconversion. Au fond, le quartier de Saint-Nicolas

Les quartiers sud du Havre sont fortement marqués par les activités industrielles et portuaires. On y trouve des quartiers du XIXe siècle, des grands ensembles (Chicago, Les Neiges), des cités ouvrières, des PME, des entrepôts, des bassins et des installations portuaires, des infrastructures de transport. Depuis la fin des années 1990, la municipalité a engagé la reconversion de la partie la plus proche du centre-ville de ces quartiers sud, avec les aides européennes : transformation des docks en salle de concert (Docks Océane), en hall d'exposition (Docks Café), en centre commercial et de loisirs (Docks Vauban) ou encore en musée (l'ancien Musée maritime et portuaire a fermé pour préparer son déménagement au sein de la Cité de la Mer). La nouvelle Chambre de commerce et d'industrie, ainsi que le nouveau pôle médical autour de la nouvelle clinique des Ormeaux ont été construits dans ces quartiers où de nombreux logements sont également programmés, avec pour objectif de favoriser la mixité sociale.

Ville haute

Le Havre sous la neige
  • La « côte »

Les quartiers situés sur la « côte » (la falaise morte) sont résidentiels, plutôt aisés dans la partie ouest (Les Ormeaux, Rue Félix Faure) et plutôt modestes à l'est (Frileuse, Aplemont). C'est aussi sur la côte que l'on trouve les deux forts de la ville (forts de Sainte-Adresse et de Tourneville) et le principal cimetière. Le tunnel Jenner passe sous la côte et permet de relier la ville haute et la ville basse.

  • Les quartiers pavillonnaires du plateau

Au-delà de la « côte » se sont développés, durant la première moitié du XXe siècle, des quartiers pavillonnaires tels que Frileuse (connu aussi sous le nom de son église : Sainte-Cécile) à l'est ; la Mare-au-Clerc et les Acacias au centre ; Sanvic, Bléville et Dollemard à l'ouest. Dans leur prolongement Nord-Ouest, entre Bléville et l’aéroport d’Octeville, un nouveau quartier est actuellement en cours de construction : « Les Hauts de Bléville ». Cet éco-quartier, composé d'habitations aux normes HQE, d'une ZAC et d'une école, devrait compter 1 000 logements au total[13].

  • Les grands ensembles périphériques

Les quartiers périphériques de la commune se sont développés dans l'après-guerre. Ce sont des grands ensembles de Caucriauville, du Bois de Bléville, du Mont-Gaillard et de la Mare-rouge où se concentre une population défavorisée. En octobre 2004, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a signé avec la municipalité du Havre la première convention afin de financer la réhabilitation de ces quartiers. Cette convention financera plus de 340 millions d'euros pour les grands ensembles des quartiers nord, où résident environ 41 000 habitants. Cette enveloppe prolonge le budget du Grand projet de ville (GPV). Elle permettra de démolir et de reconstruire plus de 1 700 logements.

Logement

Projets d'aménagements

Réhabilitation des docks (avril 2008)

Plusieurs projets d'aménagement visant notamment une revitalisation de la ville et de son centre ont été menés au cours des années 2000 ou sont actuellement en cours.

Un casino s'est installé dans l'ancien Palais de la Bourse le 1er juin 2006. Sous le nom de "jardins suspendus", le fort de Sainte-Adresse (qui, malgré son nom, ne se trouve pas à Sainte-Adresse, mais dans le quartier de Sanvic[14]) a été réaménagé en un jardin dans lequel les plantations de tous les continents sont présentées (notamment par le biais d'une serre tropicale). Dans son sillage, des projets de protection de l'environnement des falaises sont également en cours.

Zone commerciale des Docks Vauban, 2009, côté quartier St-Nicolas

Plus récemment, les anciens docks ont été transformés en lieu de commerce et de loisirs (cinémas, bowling, piscine, fosse de plongée). D'une superficie de 55 000 m² et propriété du groupe Unibail-Rodamco, ce nouveau centre a ouvert en 2009. Dans le même quartier, la Cité de la Mer et du Développement Durable (Odyssey 21) s'organisera autour d'une tour métallique d'une centaine de mètres de haut conçue par Jean Nouvel : le projet a été suspendu en 2007, mais les travaux devraient finalement commencer en 2013[15]. La municipalité compte y attirer quelque 300 000 visiteurs par an[16]. Les quartiers portuaires du sud sont progressivement désenclavés et réhabilités (notamment par le Pont des Docks, enjambant le bassin Paul Vatine). Au nord de ce quartier, le pôle universitaire est actuellement en cours d'extension, avec la construction de logements pour étudiants, d'une nouvelle bibliothèque universitaire et d'un nouveau restaurant universitaire.

Le 8 octobre 2009 s'est ouvert le débat public sur le projet d'extension des infrastructures portuaires et de prolongement du grand canal du Havre, prévoyant 14 réunions publiques. Conformément à la Directive Territoriale d'Aménagement (DTA) de l'Estuaire de la Seine du 10 juillet 2006, ce projet prévoit l'aménagement d'espaces à fonctions portuaires ou industrielles et la jonction du canal de Tancarville avec le Grand Canal du Havre[17].

Toponymie

Le nom de la ville est attesté en 1489, dès avant sa fondation par François Ier, sous la forme le Hable de Grâce, puis ville de Grâce en 1516, deux ans avant sa fondation officielle[18]. L'appellation savante et transitoire de Franciscopolis en hommage à ce même roi, rencontrée dans certains documents, puis celle du Havre-Marat en référence à Jean-Paul Marat au moment de la Révolution française, ne se sont pas imposées. Cependant, cette dernière explique pourquoi le déterminant complémentaire de Grâce n'a pas été rétabli[18].

De Grâce qualifiait sans doute la chapelle Notre-Dame, située à l'emplacement de la cathédrale du même nom. On remarque qu'elle faisait face à la chapelle Notre-Dame de Grâce de Honfleur de l'autre côté de l'estuaire[18].

Le nom commun havre « port », sorti de l'usage à la fin du XVIIIe ou au XIXe, est conservé dans l'expression « havre de paix ». Il est généralement considéré comme un emprunt au moyen néerlandais au XIIe siècle[19]. Son origine germanique explique l'« aspiration » du H initial.

Les différents quartiers du Havre sont, pour la plupart, d'anciennes communes rattachées à la principale :

  • L'Eure ou Leure : la graphie Leure étant conforme aux formes anciennes Lure vers 1050, Lodoro vers 1177, 1202 et Luere en 1177[20]. Albert Dauzat et Charles Rostaing donnent le gaulois lautro, signifiant « bain », comme étymologie probable de Lure (Haute-Saône), ce qui est phonétiquement acceptable pour Leure d'après les formes anciennes. Xavier Delamarre dans un récent ouvrage reprend leur analyse en la développant. Il cite le gaulois *lautron, attesté sous la forme lautro 'balneo' (bain) dans le Glossaire de Vienne. Lure / Leure < Lutra remonterait plus précisément à *lautrā, c'est-à-dire 'les bains' au pluriel. Pour François de Beaurepaire, il s'agit plutôt d'un "archétype" gaulois *Lugo-durum, formé sur l'élément bien connu duron « portes > marché enclos, place, forum > bourg ».
  • Sanvic : voir ce nom.
  • Graville-Sainte-Honorine : attesté sous la forme Gerarvilla 1148. Formation médiévale en -ville (mot issu du gallo-roman VILLA « domaine rural ») précédé du nom de personne Gérard sous sa forme normanno-picarde Guérard, prénom fréquent dans la Normandie ducale et que l'on retrouve dans Graval (Seine-Maritime, Gerarval 1177, avec -val), Gratot (Manche, Guerartot XIIe siècle, avec -tot < vieux norrois topt) et les différents Bosc-Guérard, Bosguérard et Fontaine-Guérard, ainsi que les patronymes Guérard et Grard.
  • Caucriauville : mentionné sous les formes Cokeresvilla (sd), Quoquerelvillam 1217, Cokerelvilla 1234. Nom semblable à celui d'un hameau de la commune de Beaurepaire (Seine-Maritime) dénommé Caucréauville (Coqueréauville 1817), ainsi que les divers Coqueréaumont (Seine-Maritime, Saint-Georges-sur-Fontaine), Coquereaumont, etc. Nom en -ville, précédé du nom de personne Coquerel encore fréquent en Normandie et en Picardie.
  • Rouelles : attesté sous les formes Rotuella, Rodewella en 1035[21]. Toponyme de type anglo-scandinave composé des éléments vieil anglais rod « clairière » ou norrois rauth « rouge » et du vieil anglais wella « source » On retrouve ces éléments à maintes reprises en Normandie : rauth est contenu dans le Robec, rivière de Rouen (Rodobeccum XIe siècle) et wella dans les Elbeuf (Wellebotum, etc. XIe siècle), Veules-les-Roses (Wellas XIe siècle). Il s'agit d'un homonyme des nombreux Rothwell anglais[21]. En revanche, homographie fortuite avec Rouelles, commune de Champagne.
  • Aplemont[22] est vraisemblablement un ancien *Apremont, comme les différents Apremont (Ain, Ardennes, Oise, Haute-Saône, Vendée, Savoie) qui remontent tous à un « mont âpre », c'est-à-dire « abrupt ». Cet épithète se réfère peut-être à la motte féodale du lieu.
  • Ingouville : ancienne commune rattachée au Havre en 1853. Attestée sous la forme Ingovilla vers 1210[23]. Même nom qu’Ingouville-sur-Mer, aujourd'hui Ingouville, autre commune de la Seine-Maritime, mentionnée dès 990 sous la forme Ingulfi villam. Nom médiéval en -ville au sens ancien de « domaine rural » précédé de l'anthroponyme norrois Ingulfr ou Ingólfr (variante vieux danois Ingulf[24]) et qui se perpétue dans les noms de familles normands Ygout (pays de Caux), Igout (Haute-Normandie) et Ingouf (Cotentin).

Histoire

Articles détaillés : Histoire du Havre et chronologie du Havre.

La ville du Havre est une création relativement récente (elle fut fondée le 8 octobre 1517 par François Ier). Elle connut un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port au XVIIIe siècle. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du XXIe siècle.

Avant François Ier

Abbaye de Graville, Le Havre.

Quelques vestiges préhistoriques ont été exhumés dans le territoire de l'estuaire et dans la forêt de Montgeon.

Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine était en relation avec le dynamisme des cités de l'estuaire (port de Caracotinum, ancêtre d'Harfleur). Une voie romaine reliait sans doute Lillebonne (Juliobona) à Sainte-Adresse (Chef de Caux) et passait par le territoire actuel de la commune du Havre. Plusieurs sites archéologiques de la période romaine ont été fouillés par les archéologues dans l'agglomération actuelle. Dans une chapelle de l'abbaye de Graville, le sarcophage de sainte Honorine a été redécouvert en 1867.

Ancien musée du vieux Havre, bâtisse des XVIIe et XVIIIe siècles.

Pendant le Haut Moyen Âge, le port de l'Eure (ou Leure) existait au sud-ouest d'Harfleur, sur la rive maritime de la Seine. Il servait d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur. Le port du Havre, quant à lui, n'existe pas encore. Au XIe siècle, le port de Honfleur est créé, sur la rive sud de l'estuaire de la Seine. Les navires trop chargés ne pouvant pas remonter la Seine, on utilise les avant-ports de Chef-de-Caux, au nord-ouest du Havre actuel, Harfleur et Leure. L'estuaire ne compte alors que quelques hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs : Graville, Ingouville, hameau du Lieu-de-Grâce, Saint-Denis-Chef-de-Caux (ancêtre de Sainte-Adresse), Harfleur. C'est aussi à cette époque que s'organisent les premières paroisses (voir paroisse).

Après la guerre de Cent Ans, le renouveau économique et la croissance des échanges transatlantiques font germer le projet d'un nouveau port sur la rive nord de l'estuaire de la Seine. L'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et avec lui la ville.

Valentin de Pardieu, gouverneur de Gravelines, fait construire à la fin du XVIe siècle, en 1598, un fort entre Gravelines et Le Havre et fait entrer des troupes espagnoles dans la région. Une rue du Havre porte le nom « De Pardieu ».

L'invention du Havre

Le blason du Havre.

Malgré les difficultés liées au terrain (marécages) et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation du port dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La « grosse tour » en défend l'entrée. Les armes de la ville sont celles de François Ier : une salamandre. Le roi se déplace lui-même en août 1520 et rend perpétuels les privilèges des Havrais. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Les arsenaux se développent et des navires partent pêcher la morue à Terre-Neuve. Si des constructions militaires eurent lieu à l'Arsenal dans le bassin du Roy, elles ne restaient pas basées au Havre mais allaient renforcer les flottes des cinq ports de guerre : Brest, Lorient, Rochefort, Toulon puis, par la suite Cherbourg.

Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre : ainsi, Villegagnon part du Havre pour fonder une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec le Nouveau Monde. À la fin du XVIe siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un Havrais explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.

En 1536, une chapelle Notre-Dame en bois avec des piliers en pierres sont entrepris par Guillaume de Marceilles (il s'agit du deuxième bâtiment Notre-Dame), à laquelle est ajointe une tour gothique (avec une grande flèche octogonale gothique) en 1540. En 1541, François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, hauteur des maisons limitée…).

Les guerres de religion

Détail de la façade de la cathédrale du Havre

La Réforme connaît un relatif succès en Normandie. Dès 1557, Jean Venable, libraire colporteur de Dieppe, diffuse en Pays de Caux et en Basse-Normandie, les écrits de Martin Luther et de Jean Calvin. Les premiers cultes protestants sont célébrés à partir de 1561 au Manoir de Bévilliers, résidence du seigneur d' Harfleur, puis 1571 au manoir de Vitanval, résidence de Guillaume du Voesin, seigneur d'Octeville, dans la cour basse du château fort (ces deux édifices existent toujours sur les communes d'Harfleur et Sainte-Adresse). Un premier temple est construit au Havre en 1600, dans le quartier de Sanvic[notes 5], sur un terrain donné par la famille Godin. Il est détruit en 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV, sur ordre du parlement de Rouen. La chapelle de la cour du manoir de Bévilliers est détruite en 1679 sur ordre du parlement de Paris. Il faut attendre 1787 et l'Édit de tolérance du roi Louis XVI, pour que les protestants du Havre ouvrent à nouveau une chapelle rue Percanville, dans le quartier Saint-François, dans une dépendance de la famille Eichhoff, raffineurs de sucre[25].

La ville est touchée par les guerres de religion : le 8 mai 1562, les réformés investissent Le Havre. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui envoient des troupes : 6 000 fantassins et 300 cavaliers commandés par le comte de Warwick. Les occupants construisent le fort Warwick et quatre bastions en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés (juillet 1563). Le fort Warwick est détruit et la tour de Notre-Dame est abaissée (sa flèche est détruite) sur les ordres du roi de France; la ville est réduite en l'obéissance du roi. Après cet épisode Sarlabos devient gouverneur de la ville; Sarlabos, un «ultra-catholique», c'est-à-dire une faction de catholiques qui veulent mettre fin au protestantisme, est connu pour avoir lancé les chantiers de l'église Notre-Dame (le bâtiment actuel).

Les XVIIe et XVIIIe siècles

La maison de l'Armateur, XVIIIe siècle, Le Havre

La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au XVIIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : un arsenal est aménagé, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite : c'est ici que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. À la fin du XVIIIe siècle, la citadelle est abandonnée et n'était plus qu'une simple caserne.

Mais surtout, Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du XVIIe siècle : la compagnie des Indes s'y installe dès 1642. On importe des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café, et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants havrais, surtout au XVIIIe siècle. Avec 441 expéditions négrières aux XVIIe et XVIIIe siècles Le Havre figure au 3e rang des ports français ayant pratiqué le commerce triangulaire, après Nantes (1 714) et La Rochelle (449)[26]. Cependant le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1694[27].

En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (20 000 habitants en 1789) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals. Lors d'une visite en 1786, Louis XVI approuve le projet d'extension de la ville : c'est François Laurent Lamandé qui se charge de multiplier par quatre la surface de la ville.

La période révolutionnaire (1789-1815)

Museum d'histoire naturelle, XVIIIe siècle, Le Havre

Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique. L'année 1793 fut difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'An VIII[28]. Sous l'Empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts[29]. À cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus continental, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à 16 000 habitants.

La prospérité du XIXe siècle

Le port du Havre au XIXe siècle, BNF
La rue Thiers et la place de l'hôtel-de-ville avant 1905

L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Quant aux riches négociants havrais, ils sont très minoritaires mais leur nombre augmente ; ils se font construire de belles résidences en dehors des remparts, sur la « Côte ». Mais les fortunes construites rapidement peuvent disparaître aussi vite et provoquer des ruines retentissantes. Tout au long du XIXe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main d'œuvre du Pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du XIXe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons, nordiques et alsaciens[30]. On rencontre des Italiens, des Polonais puis des Maghrébins sur les quais et dans les usines.

La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1836, de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement.

La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, si l'on met de côté quelques années de dépression (guerre de Sécession[31], guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel-de-ville, palais de justice, nouvelle bourse).

Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 1848[32] et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. À la veille de la Première Guerre mondiale, Le Havre est le premier port européen pour le café[33] ; il importe quelques 250 000 tonnes de coton et 100 000 tonnes de pétrole.

Le secteur industriel existe, mais reste minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.

Le Havre, quai de Southampton

Le port est toujours la porte de l'Amérique : il reçoit des produits tropicaux (café, coton). Le cabotage européen apporte du bois, de la houille et du blé d'Europe du Nord, du vin et de l'huile de Méditerranée. L'abolition de la traite des Noirs entraîne peu à peu une modification des trafics. Le Havre reste un point de passage pour les candidats à l'émigration vers les États-Unis. Les voyages transatlantiques deviennent importants dans la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1913, sur les 741 000 passagers qui transitent par Le Havre, 150 000 voyagent vers les États-Unis. C'est le début de l'ère des paquebots qui feront la fierté des Havrais.

Depuis les années 1830, Le Havre est une station balnéaire fréquentée par les Parisiens. La création des bains maritimes remonte à cette époque. C'est en 1890 que le boulevard maritime est construit, dominé par la villa maritime. Le casino Marie-Christine (1910) et le palais des Régates (1906) rassemblent la bourgeoisie. La fin du XIXe siècle et la Belle Époque annoncent cependant des tensions sociales exacerbées par l'inflation et le chômage. À partir de 1886, l'agitation ouvrière, que soutiennent les socialistes de plus en plus influents, secoue la ville. L'affaire Jules Durand est symptomatique de ce contexte[34].

Le temps des guerres (1914-1945)

Le Paquebot Normandie
L'un des blockhaus du mur de l'Atlantique

Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est lourd pour la cité : environ 6 000 morts havrais, pour la plupart des soldats partis au combat. La ville a été épargnée par les destructions massives, car le front se situait beaucoup plus au nord. Plusieurs navires ont néanmoins été torpillés par les sous-marins allemands, dans la rade du Havre. Un des faits notables de la guerre a été l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre, contraint de fuir l'occupation allemande[35]. La ville servit de base arrière pour l'Entente, notamment pour les navires de guerre britanniques.

L'entre-deux-guerres est marqué par l'arrêt de la croissance démographique, l'agitation sociale et la crise économique. Au sortir de la guerre, l'inflation ruine de nombreux rentiers. La ville est devenue largement ouvrière. Les pénuries et la vie chère provoquent la grande grève de 1922 au cours de laquelle l'état de siège est proclamé. En 1936, l'usine Bréguet du Havre est occupée par les grévistes : c'est le début du mouvement ouvrier sous le Front Populaire. Sur le plan économique, la forte croissance de la deuxième moitié du XIXe siècle semble révolue. Les ports du nord de l'Europe concurrencent sérieusement Le Havre et les grands travaux d'aménagement portuaire sont ralentis. Cependant, les importations de pétrole continuent d'augmenter et des raffineries voient le jour à l'est du Havre. La crise mondiale de 1929 et les mesures protectionnistes n'encouragent pas le développement du commerce. Seul le secteur du voyage se porte relativement bien, avec 500 000 voyageurs transportés en 1930. Le paquebot Le Normandie part pour New York en 1935. Mais rapidement se profilent les menaces de guerre et le danger nazi.

Les Allemands ont occupé Le Havre à partir du printemps 1940, provoquant l'exode d'une partie de la population[36], avec une garnison qui a compté jusqu'à 40 000 soldats. Ils l'ont transformé en base militaire et aménagé la Festung Le Havre, ligne de casemates, blockhaus et batteries d'artillerie. Ce dispositif était intégré au mur de l'Atlantique. La rade ainsi que l'estuaire étaient minés. Les batteries des fortifications du Mont Canisy, ouvrage du Mur de l'Atlantique, étaient pointées sur le port du Havre. Pour les Havrais, la vie quotidienne fut difficile à cause des pénuries, de la censure, des bombardements et de la politique antisémite : ainsi, le maire Léon Meyer est contraint de quitter son poste à cause de ses origines juives ; de nombreux Havrais partent. La résistance havraise s'est constituée autour de plusieurs noyaux comme le groupe du lycée du Havre ou encore celui du Vagabond Bien-Aimé. Ces groupes ont participé au renseignement des Britanniques et à des actions de sabotage en vue du débarquement du 6 juin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Havre subit 132 bombardements planifiés par les Alliés ; les nazis ont également détruit les infrastructures portuaires et coulé des navires avant de quitter la ville. Mais les destructions les plus importantes surviennent les 5 et 6 septembre 1944 lorsque les avions anglais[37] bombardent le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant (Opération Astonia). L'objectif était de faciliter le ravitaillement et la progression des troupes alliées, qui débarquées trois mois plus tôt en Basse-Normandie, se trouvaient en Belgique à cours d'approvisionnements. Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts (dont 1 770 en 1944[38]),[39], 75 000[39] à 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits[40]. Le port est détruit et quelque 350 épaves gisent au fond de l'eau[39].

Le Havre après 1945

Le centre reconstruit du Havre

Le général De Gaulle fait une visite au Havre le 7 octobre 1944[41]. La ville du Havre reçoit la Légion d'honneur le 18 juillet 1949 pour « l'héroïsme avec lequel elle a supporté ses destructions »[41].

Au printemps 1945, le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme confie le projet de reconstruction du centre-ville du Havre à l'atelier Perret. Il souhaite faire table rase des anciennes structures et appliquer les théories du classicisme structurel. Le matériau retenu pour l'édification des bâtiments est le béton et le plan général est une trame orthogonale. Officiellement, la reconstruction s'achève au milieu des années 1960[42]. À partir des années 1970, les difficultés économiques sont dues à la désindustrialisation marquée par la fermeture des ACH en 1999 par exemple et aux transformations du commerce portuaire. La crise pétrolière explique aussi le marasme industriel. Le Havre est d'ailleurs resté un bastion communiste jusque dans les années 1990. Depuis, la ville s'est engagée dans un processus de reconversion et la municipalité a œuvré pour la renaissance du Havre en renforçant son image (voir les paragraphes sur l'urbanisme et l'économie).

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Du 25 juin 1995 au 23 octobre 2010, Antoine Rufenacht est maire du Havre sous l'étiquette RPR, ainsi que président de la CODAH depuis 2001. Depuis le 23 octobre 2010, le maire est Edouard Philippe, premier Directeur Général de l'UMP[43].

À l'élection présidentielle de 2007, la ville a porté la candidate socialiste Ségolène Royal devant son homologue UMP Nicolas Sarkozy avec respectivement 50,31% contre 49,69% des votes lors du second tour [44]. La ville du Havre a été pendant longtemps le plus grand bastion communiste de France, qui l'a dirigée de 1956 à 1995[30]. En 2007, lors des élections législatives, les Havrais ont notamment élu le député communiste Daniel Paul pour un troisième mandat consécutif.

Administration municipale

Logo de la CODAH

La ville est un chef-lieu de canton qui comprend la commune de Sainte-Adresse mais aussi un chef-lieu d'arrondissement. Cette sous-préfecture de la Seine-Maritime est la deuxième plus peuplée de France après Reims. Elle est par ailleurs le siège du diocèse du Havre-de-Grâce. Elle est également le principal membre de la Communauté d'agglomération havraise (CODAH). Le Havre a connu de nombreuses extensions territoriales en annexant des communes voisines :

  • 1852 : Ingouville et des parties de Graville-L'Eure et de Sanvic
  • 1919 : Graville-Sainte-Honorine en totalité
  • 1953 : Bléville
  • 1955 : Sanvic en totalité
  • 1971 : une partie d'Harfleur (quartier de Caucriauville)
  • 1973 : Rouelles (avec le statut de commune associée, 3 184 habitants en 2006)

Ces localités gardent aujourd'hui des mairies annexes.

Le nombre d'habitants au Havre étant supérieur à 150 000 et inférieur à 199 999, le nombre de conseillers municipaux est de 59.

Budget

Lors du vote du budget primitif principal 2007, la section de fonctionnement présentée se montait à la somme de 257 310 000 € et la section investissement présentée se montait à 65 560 000 € (les deux équilibrés en dépenses et recettes)[45]. Entre 1995 et 2006, la taxe d'habitation a augmenté de 5,4 %, celle sur le foncier a baissé de 2,1 %[45].

Découpage administratif

Le Havre est divisée en 9 cantons :

Conseiller général Canton Code cantonal Population (1999)
Annie Guillemet Canton du Havre-1 76 27 14 739 hab.
Jean-Louis Jégaden Canton du Havre-2 76 29 24 245 hab.
Gérard Heuzé Canton du Havre-3 76 30 23 320 hab.
Agathe Cahierre Canton du Havre-4 76 31 15 376 hab.
Édouard Philippe Canton du Havre-5 76 32 28 712 hab.
Brigitte Dufour Canton du Havre-6 76 56 24 966 hab.
Nathalie Nail Canton du Havre-7 76 57 27 642 hab.
Mireille Garcia Canton du Havre-8 76 58 15 186 hab.
Michel Barrier Canton du Havre-9 76 59 24 602 hab.

Liste des maires

Article détaillé : Liste des maires du Havre.

Depuis 1971, quatre maires se sont succédé au Havre :

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1994 André Duromea PCF député, sénateur
1994 1995 Daniel Colliard PCF député
1995 2010 Antoine Rufenacht RPR puis UMP député
2010 2014 Édouard Philippe UMP Conseiller général

Député suppléant

Instances judiciaires et administratives

Politique environnementale

Le parc Hauser
Le square Saint-Roch

2011 square saint-roch fleuri lehavre 2.jpg La ville a su garder des espaces verts étendus (727 hectares, soit 35 m2 par habitant[5]) : outre plusieurs parcs en ville haute, la forêt de Montgeon est le véritable poumon de la ville. On y trouve des lacs, une serre tropicale, une volière... Elle est constituée des restes de la grande forêt qui recouvrait tout le pays de Caux pendant la Préhistoire. Elle a été acquise par la municipalité en 1902 et aménagée par Michel Bejot entre 1966 et 1971.

D'autres espaces verts ont été préservés ou créés :

  • le parc de Rouelles s'étend sur 160 hectares[46] de bois, de marais et d'étangs, 20 kilomètres de promenade, un arboretum avec 200 essences différentes, un centre équestre.
  • Les jardins de la plage sont composés d'une dune artificielle plantée d'oyats, d'une rivière d'eau douce parsemée de plantes aquatiques et d'une pelouse où se dressent des restaurants l'été. La plage a reçu une fois encore le pavillon bleu en 2009, notamment grâce à tous ses aménagements, qui s'étendent sur 30 000 m2[5].
  • Le square Saint-Roch est situé dans le centre-ville reconstruit par Auguste Perret, il se trouve à l'emplacement d'un ancien cimetière pour pestiférés. Il a ouvert en 1868 et a subi de profonds remaniements après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
  • Les jardins de l'hôtel-de-ville respectent la trame urbanistique voulue par Perret. Ce sont des jardins à la française agrémentés de jeux d'eau et de plus de 1 000 m2 de parterres fleuris.
  • Le parc Hauser se compose d'un jardin paysager et d'une forêt naturelle sur une superficie de 7 000 m2. C'est un refuge pour les rapaces en plein cœur de la ville.
  • Les jardins du prieuré de Graville sont aménagés sur une terrasse qui surplombe l'estuaire de la Seine.
  • Les jardins suspendus situés dans le fort de Sainte-Adresse, d'une superficie de 17 hectares, ont été inaugurés le 20 septembre 2008.
  • Le jardin japonais.

Jumelages

Au 5 juillet 2010, Le Havre est jumelée avec :

Par ailleurs, Le Havre a signé des contrats de partenariat[47] :

Population et société

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués au Havre depuis cette date :

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 20 620 19 000 19 482 20 768 23 816 25 618 27 154 31 325 56 964
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 64 137 74 336 60 055 85 825 92 068 105 867 112 074 116 369 119 470
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 130 196 132 430 136 159 163 374 158 022 165 076 164 083 106 934 139 810
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
Population 185 029 207 150 217 882 199 388 195 854 190 924 182 580 179 751 178 769
Notes, sources, ...
Sources - Nombre retenu jusque 1962 : base Cassini de l'EHESS[48] et à partir de 1968 : Insee (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[49],[50]

Le Havre a connu un essor démographique dans la seconde moitié du XIXe siècle. La saignée démographique de la Première Guerre mondiale a été compensée par l'annexion de la commune de Graville (la ville gagne 27 215 habitants entre 1911 et 1921). Pendant la Seconde Guerre mondiale, la population baisse fortement (perte de 57 149 habitants entre 1936 et 1946) en raison de l'exode et des bombardements. Puis la commune voit sa population augmenter dans l'après-guerre jusqu'en 1975. Depuis cette date, elle connaît à nouveau une baisse, particulièrement importante entre 1975 et 1982 : pendant ces années de crise industrielle, la population a en effet diminué de 18 494 personnes. La tendance s'est poursuivie dans les années 1980, quoique à un rythme moins soutenu. La politique actuelle de la municipalité, qui consiste à construire de nouveaux logements, vise à attirer de nouveaux résidents avec pour objectif de dépasser des 200 000 habitants, barre qui avait été atteinte dans les années 1960. La population de la commune du Havre était de 190 905 habitants en 1999, ce qui plaçait la ville au 12e rang des villes les plus peuplées de France et à la première place en Normandie. En 2007, l'Insee recensait 183 600 habitants pour la commune du Havre. L'unité urbaine du Havre rassemblait 248 547 habitants en 1999[51] (25e rang national) et l'aire urbaine du Havre rassemblait 296 773 habitants[52].

Structure de la population havraise

Avec 26,8 % de moins de 20 ans, la ville du Havre est relativement jeune[53], même si cette catégorie de la population baisse. La population étrangère est estimée à 8 208 personnes[54] soit 4,3 % de la population, avec une tendance à la baisse. Avec les mutations économiques qui ont affecté la ville, les CSP ont fortement évolué depuis les années 1980 : entre 1982 et 1999, le nombre d'ouvriers a diminué d'environ un tiers (-10 593) ; leur part dans la population active était de 16 % en 1982, et de 12,5 % en 1999[55]. Dans le même temps, le nombre de cadres et de professions intellectuelles a augmenté de 24,5 %, ce qui s'explique en partie par la création et le développement de l'université du Havre.

Comparaison de quelques indicateurs démographiques et sociologiques
(Recensement Insee 1999)
Indicateur Le Havre Rouen France
Taux de natalité pour mille 15,2 15,3 12,7
Taux de mortalité pour mille 9,6 8,9 9,1
Taux de variation annuel de la population (en %) -0,28 0,41 0,37
Part des moins de 20 ans en % 27 20,7 24,5
Part des plus de 60 ans en % 20,4 20,7 21,3
Part des ouvriers en % 12,5 8,5 12,0
Population 190 905 106 592 58 518 395
Répartition par âge
En 1990 En 1999
  • De 0 à 14 ans : 20,9 %
  • De 15 à 29 ans : 23,8 %
  • De 30 à 44 ans : 21,7 %
  • De 45 à 59 ans : 14,3 %
  • De 60 à 74 ans : 12,5 %
  • De 75 à 94 ans : 6,6 %
  • De 95 ans ou plus : 0,2 %
  • De 0 à 14 ans : 19,2 %
  • De 15 à 29 ans : 22,8 %
  • De 30 à 44 ans : 20,5 %
  • De 45 à 59 ans : 17,1 %
  • De 60 à 74 ans : 12,6 %
  • De 75 à 94 ans : 7,4 %
  • De 95 ans ou plus : 0,4 %

Enseignement

Le Havre est situé dans l'académie de Rouen.

Établissements scolaires

La ville administre xx écoles maternelles et xx écoles élémentaires communales.

Le département gère seize collèges et la région Haute-Normandie neuf lycées[56].

Collèges publics

  • Collège Claude Bernard
  • Collège des Acacias
  • Collège Descartes
  • Collège Eugène Varlin
  • Collège Gérard Philipe
  • Collège Guy Moquet
  • Collège Henri Wallon
  • Collège Irène Joliot-Curie
  • Collège Jacques Monod
  • Collège Jean Moulin
  • Collège Jules Vallès
  • Collège Léo Lagrange
  • Collège Raoul Dufy
  • Collège Romain Rolland
  • Collège Théophile Gautier
  • Collège Marcel Pagnol

Collèges privés

  • Collège du Sacré Coeur
  • Collège Saint-Joseph
  • Collège Les Ormeaux
  • Collège Montesquieu

Lycées publics d'enseignement général

Lycées privés d'enseignement général

  • Lycée Saint-Joseph

Lycées professionnels publics

  • Lycée technique et professionnel Françoise de Grâce[62]
  • Lycée professionnel Jules Lecesne (métiers de l'hôtellerie et des services)[63]
  • Lycée professionnel Jules Siegfried (métiers de l’électronique et de la mécanique)[61]
  • Lycée professionnel Antoine Laurent de Lavoisier (transport et logistique - structure métallique - automobiles)[64]
  • Lycée professionnel Auguste Perret (métiers de l'habitat)[65]
  • Lycée professionnel Claude Monet (comptabilité - secrétariat)[66]
  • Lycée professionnel Porte Océane (comptabilité - secrétariat)[59]
  • Lycée professionnel Robert Schuman (Industrie)[60]

Lycées professionnels privés

  • Lycée professionnel Germaine Coty
  • Lycée professionnel Saint Vincent de Paul
  • Lycée professionnel Jeanne Darc

Enseignement supérieur et écoles spéciales

L'intérieur de la bibliothèque universitaire du Havre

En 2011, on compte 12 000 étudiants toutes filières confondues au Havre[67]. L'université du Havre avait 6 498 étudiants inscrits à la rentrée 2006[68] ; elle propose environ 120 diplômes d'État préparés par l'UFR des Sciences et Techniques, la Faculté des Affaires Internationales, ainsi que l'UFR des Lettres et Sciences Humaines.

L'institut universitaire de technologie comprend 10 départements qui préparent les étudiants à 13 licences professionnelles. Il existe en outre une antenne de l'IUFM de Rouen pour deux concours de l'enseignement (capet de technologie, CRPE professeur des écoles).

L'Institut supérieur d'études logistiques (ISEL) est une école d'ingénieurs.

Fondée en 1871[69], l'École Supérieure de Commerce du Havre, l'une des plus anciennes Grandes Ecoles de commerce de France, a fusionné en 2006 avec Sup Europe et l'Iper, pour donner naissance à l'École de Management de Normandie. Cet établissement compte plus de 2 000 étudiants sur ses trois campus (Le Havre, Caen et Deauville) en 2011.

Depuis la rentrée 2007, l'Institut d'études politiques de Paris a ouvert un cycle Euro-Asie[70] au Havre.

L'École nationale de la Marine marchande[71] (ou Hydro) forme des Officiers de Première Classe de la Marine Marchande.

Le Conservatoire à Rayonnement Départemental Arthur Honegger est fréquenté par 1 550 élèves (musique, danse et art dramatique).

L'École supérieure d'art du Havre (ESAH) propose plusieurs diplômes et prépare aux concours.

L'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) est une école d'ingénieurs spécialistes pétroliers, pétrochimistes et motoristes.

L'ITIP (Institut National des Transports Internationaux et des Ports) prépare aux métiers du transport multimodal (route, fer, air, fleuve et mer) sous toutes ses formes et aux métiers portuaires.

Saint Jo Sup[72] est une école privée qui forme aux métiers de l'informatique, de la communication d'entreprise et au concours national de la marine marchande.

L'IFSI (Institut de Formations en Soins Infirmiers) compte quelque 600 étudiants[73].

L'INSA (Institut National des Sciences Appliquées) a ouvert ses portes en 2008 avec un département Génie civil et construction durable. Il devrait rejoindre à la rentrée 2012 l'INSA et le SPI (pôle des Sciences Pour l'Ingénieur) dans un nouveau bâtiment du quartier Saint-Nicolas[74].

Manifestations culturelles et festivités

Le calendrier festif de la ville du Havre est rythmé par divers événements. Au printemps, un festival du livre jeunesse a été récemment créé. Au mois de mai a lieu la Fest Yves, une fête bretonne, dans le quartier Saint-François. Sur la plage du Havre et de Sainte-Adresse, se déroule un festival de jazz nommé Dixie Days en juin. En juillet, le roman policier est à l'honneur dans le salon Polar à la Plage. Ce dernier entre d'ailleurs dans le cadre des Z'Estivales, manifestation proposant de nombreux spectacles d'art de rue tout l'été. En août, c'est un corso fleuri qui défile dans les rues du centre-ville. Le premier week-end de septembre, c'est l'élément marin qui est mis en valeur lors de la Fête de la Mer. Tous les deux ans, la Transat Jacques Vabre réunit les plus grands navigateurs dans village autour du bassin Paul Vatine. La course relie Le Havre à Bahia au Brésil. Toujours en novembre est organisée la foire du Havre qui se tient dans les Docks Café. Du point de vue musical, de septembre à novembre se déroule dans toute la Normandie le festival Automne en Normandie. Depuis le 1er juin 2006, Biennale d'art contemporain organisée par le groupe Partouche.

Santé

Le Havre possède un centre hospitalier et plusieurs cliniques privées :

  • L'hôpital Jacques Monod (appartenant au groupe hospitalier du Havre) qui regroupe une offre complète de soins en médecine, chirurgie, gynécologie - obstétrique, pédiatrie, gériatrie, santé mentale, soins de suite - réadaptation - réinsertion et santé publique.
Article détaillé : groupe hospitalier du Havre.
  • La clinique privée de l'Estuaire qui regroupe les anciennes cliniques du Petit Colmoulins et François 1er.
  • La clinique privée des Ormeaux dans le quartier de l'Eure.

Sports

Port de plaisance du Havre
Article détaillé : Sport au Havre.
  • Nautisme : la SRH Société des régates havraises est le club doyen du nautisme en France[75]; le 29 juillet 1840 furent organisées les premières régates françaises de bateaux de plaisance à voile avec des départs par catégories groupant les bateaux selon leurs caractéristiques et leurs pénalités. La Société des régates havraises a organisé les régates en mer des Jeux olympiques d'été de 1900. Le Havre est reconnu station nautique et station balnéaire. Le port de plaisance en eaux profondes accueille les bateaux 24 heures sur 24 par tous les temps. Construit dans l'entre-deux-guerres, c'est aujourd'hui le plus grand de la Seine-Maritime, avec environ 1 300 anneaux[5]. 200 anneaux supplémentaires seront installés dans le bassin Vauban en 2011[76].
  • Football : Le club du Havre est le HAC Havre Athletic Club, club doyen du foot français[77] créé en 1872, d'abord connu sous le nom de Havre Football Club. Les couleurs du club, sont les bleu ciel et marine, en reconnaissance envers les Universités d'Oxford (bleu marine) et de Cambridge (bleu ciel)[réf. nécessaire] qui ont su transmettre la passion du ballon rond. Le club a remporté à l'issue de la saison 2007-2008 son cinquième titre de Champion de France de Ligue 2. Il évoluera en Ligue 1 en 2008-2009. Son centre de formation, est régulièrement classé dans les 10 meilleurs de France. Les internationaux français Vikash Dhorasoo, Jean-Alain Boumsong, Lassana Diarra ou encore Steve Mandanda ont été formés au Havre.
  • Basket-ball : L'équipe du STB (Saint-Thomas Basket) représente la ville en Pro A. En 2003-2004, elle a pu jouer la Coupe d'Europe mais les supporters n'ont pas suivi et le président du club refusa, pour des raisons financières, de la rejouer la saison suivante, malgré leur classement en Pro A qui leur en offrait la possibilité.
  • Handball : l'équipe féminine du HAC, qui joue en première division, compte de nombreuses internationales dans ses rangs. Placé dans les hauts du classements depuis plusieurs saisons, le groupe a pu goûter pour la première fois à la Coupe d'Europe en 2004-2005. L'équipe entraînées par Frédéric Bougeant, a remporté son premier grand titre national, la Coupe de France, en battant Mios sur le parquet des Docks Oceane du Havre, le 21 mai 2006.
Le nageur Hugues Duboscq
  • Natation : Hugues Duboscq a été médaillé de bronze sur 100 m brasse aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 et double médaillé de bronze sur 100 m et 200 m brasse aux Jeux olympiques de Pékin en 2008. Il a également été le premier Français à parcourir cette distance du 100 m en moins d'une minute le 19 mars 2008 à Eindhoven (Pays-Bas).
  • Pétanque : Cédric Le Foll a remporté plusieurs championnats de la Seine-Maritime et de ligue ; il a été champion de France ainsi que champion d'Europe en triplette et quart de finaliste au championnat du monde. Vainqueur de plusieurs tournois nationaux de pétanque, il fait partie de l'élite.
  • Aviron (sport) : La Société Havraise de l'Aviron, club doyen de l'aviron français[78] fût créée en 1838, époque à laquelle elle n'était encore qu'une section de la Société des Régates Havraises. Elle a formé quelques rameurs de haut niveau, notamment Thierry Renault, champion du monde d'aviron en double poids-léger en 1985 avec Luc Crispon, ou Eric Rousseaux, ancien membre de l'équipe de France d'aviron. La SHA atteignit en 2000 le meilleur classement de son histoire, faisant partie des vingt premiers clubs français. Elle organisa les 13, 14, et 15 octobre 2006 les championnats de France d'aviron de mer.
  • Judo : L'équipe de France de judo compte deux Havrais et un originaire de la région havraise. Le Montivillon Frédéric Lecanu en + de 100 kg, formé au club de judo de Montivilliers, dernièrement récompensé comme 3e aux championnats du monde universitaire et le jeune Dimitri Dragin, en -60kg, champion du monde universitaire qui lui a été formé au Judo Club Paul Eluard. Baptiste Leroy est aussi originaire du Havre, formé au club du port autonome (ASPHH) il combat en -60kg.
  • Skateboard : Le Havre abrite le plus grand skatepark français gratuit de plein air avec environ 7 000 m2 dédiés à la glisse urbaine[80].

Médias

Quatre journaux couvrent l'agglomération havraise : Le Havre libre, Le Havre Presse, Paris-Normandie dans son édition havraise, en collaboration avec Le Havre Presse, et Liberté-Dimanche (édition dominicale commune des trois précédents). Plusieurs magazines donnent des informations locales : Océanes (magazine municipal) et Terres d'Agglo (magazine de l'agglomération), auxquels il faut ajouter plusieurs magazines gratuits : Aux Arts (informations culturelles), Bazart (actualités culturelles), HAC Magazine (actualités du HAC). Plusieurs journaux sont également disponibles sur Internet : actualités et revue de presse de la ville du Havre[82], Infocéane : Le Havre sur Internet[83] et le portail normand de l'information économique : Drakkar On Line[84].

Une édition télévisée locale de France 3, France 3 Baie de Seine, est diffusée chaque soir, repris ensuite sur France 3 haute Normandie. Radio Albatros[85] est une station locale installée dans le quartier Sanvic du Havre, émettant en FM sur la fréquence 88.2. Radio Apple Pie[86], Radio Vallée de la Lézarde[notes 6], RESONANCE sur 98.9 et RCF Le Havre sont les autres radios locales. Plusieurs radios nationales ou régionales font des décrochages pour Le Havre : informations locales sur France Bleu Haute Normandie, décrochage local de 12 à 16 heures sur Virgin radio Normandie 101,8 FM, décrochage local de 12 à 20 heures sur Nrj Le Havre 92.5 FM[notes 7].

Le Havre Infos

Le Havre Infos[87] est un hebdomadaire d'informations gratuit paraissant le mercredi. Il est lancé le 17 novembre 2010 par Publihebdos, filiale du Groupe SIPA - Ouest-France ; son rédacteur en chef actuel est Francis Gaunand.

Le Havre Infos emploie sept personnes, dont quatre journalistes[88]. Son premier numéro est tiré à 40 000 exemplaires[88]. Il compte 24 pages en couleur au format tabloïd[89]. La publicité est confiée à Hebdoscom, filiale de Précom.

Cultes

La nef de la cathédrale du Havre

À la demande de Mgr André Pailler, alors archevêque de Rouen, le pape Paul VI a décidé, le 6 juillet 1974 par la bulle Quae Sacrosanctum, la création du diocèse du Havre (Portus Gratiae en latin, diocèse du « Port de Grâce ») à partir des paroisses de l'Archidiocèse de Rouen situées à l'ouest d'une ligne reliant Norville à Sassetot-le-Mauconduit. Mgr Michel Saudreau son premier évêque est ordonné le 22 septembre 1974. L'église Notre-Dame est promue cathédrale. Aujourd'hui, la commune du Havre est découpée en huit paroisses[90] et 24 lieux de culte (églises et chapelles). La plus ancienne chapelle est celle de Saint-Michel d'Ingouville et remonte au XIe siècle. Il existe plusieurs établissements monastiques (Carmel de la Transfiguration, Couvent des Franciscains, Petites sœurs des pauvres, etc.).

Le temple protestant[notes 8] est bâti dans le centre ville en 1857 par l'architecte Deconchy. Bombardé en 1941, il perd son fronton, son clocher et sa toiture. Reconstruit en 1953 par les architectes Jacques Lamy et Gérard Dupasquier, travaillant dans le cabinet Auguste Perret, c'est le seul édifice du Havre réunissant en un même bâtiment l'architecture XIXe siècle et l'architecture de l'école Perret.

Le Havre compte par ailleurs sept Églises protestantes évangéliques : l'Armée du Salut, l'Église Adventiste, l'Église Apostolique, l'Église des Assemblée de Dieu, l'Église Baptiste, l'Église de la Bonne Nouvelle et l'Église du Havre ainsi que plusieurs Églises protestantes d'origine africaine.

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, paroisse du Havre, a sa chapelle rue Pierre-Favre.

La ville compte également 7 lieux de culte musulman : l'association socio-culturelle des musulmans de Haute-Normandie, la mosquée En-Nour rue Paul-Claudel, mosquée El Fath rue Victor-Hugo, mosquée de Bellevue rue Gustave-Brindeau ainsi que 3 autres salles de prières situées rue Audran, bd Jules-Durant et rue Lodi.

La synagogue, située dans le centre reconstruit, avait reçu la visite du Président de la République Jacques Chirac en avril 2002[91].

Économie

Revenus de la population et fiscalité

En 2006, le revenu fiscal médian par ménage était de 14 667 €, ce qui plaçait Le Havre au 22 251e rang parmi les 30 687 communes de plus de 50 ménages en métropole[92].

Données générales

L'économie havraise se concentre autour de trois grands secteurs économiques :

Bien que développée et diversifiée, l'économie locale est essentiellement constituée de sites industriels, de groupes internationaux et de PME sous-traitantes de ceux-ci. L'économie havraise est donc éloignée des centres de décisions qui sont localisés pour l'essentiel en région parisienne et dans les grandes métropoles économiques européennes. Cela implique une faible représentation des sièges sociaux dans la ville à l'exception de quelque réussites économiques locales comme le groupe Sidel (devenue filiale de Tetra Pak), du distributeur de Meuble Interior's et de l'armateur Delmas (racheté récemment par le groupe CMA-CGM).

Principaux employeurs de la zone havraise[93]
Nom Commune Secteur
Renault Sandouville Sandouville Automobile
Centre Hospitalier Général Le Havre Santé
Commune du Havre Le Havre Administration publique
Total Gonfreville Raffinage
Port autonome du Havre Le Havre Services portuaires
Aircelle Gonfreville Construction aéronautique
Total Petrochemicals Gonfreville Pétrochimie
SNCF Le Havre transports
Dresser-Rand Le Havre équipement mécanique
Chevron Gonfreville Pétrochimie

Port

Article détaillé : Port du Havre.
Terminal à conteneurs, près de l'écluse François Ier, 2004

Le port du Havre[notes 9] se place en deuxième position française derrière le port de Marseille pour le volume total de marchandises, mais en première place en termes de valeur des marchandises traitées[94].

Conteneurs, bassin Vétillart

En ce qui concerne le trafic de conteneurs, Le Havre est le premier port français et le 7e port européen avec 2 158 000 evp en 2004[95] (2 130 000 evp en 2006[96]). Marseille est 17e, Rouen 40e, Nantes-Saint-Nazaire 44e. Le port a également accueilli 359 987 passagers en 2006[97].

Le port a été développé dès le XVIe siècle (voir l'article sur l'histoire du Havre) et dispose de nombreux atouts géographiques : c'est le port le plus à l'ouest sur la Manche, la mer la plus fréquentée du globe. Port d'estuaire, il a derrière lui un hinterland peuplé et riche (agglomérations de Rouen et de Paris). Il est bien relié par un réseau dense de voies de communication : autoroutes, voie ferrée, canal, fleuve. (voir l'article transport).

Le projet « Port 2000 » développe la capacité d'accueil des navires en créant de nouveaux quais dans l'estuaire de la Seine. La digue de 3,5 km est achevée depuis 2005. L'objectif est de réduire les délais d'attente des porte-conteneurs. Le projet « Port 2030 » entend accroître encore les terminaux pour accueillir des bateaux encore plus grands[98]. Il prévoit également de prolonger le Grand Canal, d'installer des unités de production électrique et de doubler l'écluse maritime[98]. Enfin, le port du Havre est une pièce majeure du Grand Paris[99].

Port de pêche

En outre, Le Havre est le fondateur de l'Association Internationale Ville & Port qui regroupe désormais une centaine de ports sur les cinq continents. Le port reçoit plus de 34 millions de tonnes de pétrole brut chaque année et peut accueillir des super-tankers de 550 000 tpl. De plus, au milieu des années 1970, le port du Havre a été complété par celui du Havre-Antifer, situé à une trentaine de kilomètres au nord. Ce port devait accueillir les supertankers sur ses terminaux pétroliers. La Chine est le premier partenaire commercial du port ; en décembre 2006 s'est tenue la convention d'affaires industrielles « China Europa 2006 » : elle a accueilli au Havre 300 patrons européens et 200 chefs d'entreprises chinois[100].

Le bassin de la Citadelle abrite un petit port de pêche.

Industrie

Centrale thermique EDF du Havre.

La plupart des industries se situent dans la zone industrialo-portuaire, au nord de l'estuaire et à l'est de la ville du Havre.

Le premier employeur industriel (6 300 salariés[101]) de la région havraise est la régie Renault sur la commune de Sandouville. En 2001, elle a produit 271 267 véhicules.

Le deuxième secteur important de la zone industrielle est la pétrochimie. En effet, la région havraise concentre plus du tiers de la capacité française de raffinage. Elle assure environ 50 % de la production de plastiques de base et 80 % des additifs et des huiles ; plus de 3 500 chercheurs y travaillent en laboratoires privés et publiques. Les grandes firmes multinationales de l'industrie chimique sont présentes en Basse-Seine. Dans l'agglomération havraise, elles se situent essentiellement sur la commune de Gonfreville-l'Orcher : Exxon Mobil, Total, Esso, Hoechst, Chevron Oronite SA ; mais aussi à Sandouville tel Goodyear Chemicals Europe. Au total, 28 établissements industriels fabriquent des plastiques dans la zone d'emploi du Havre.

D'autres industries sont dispersées dans l'agglomération : on peut citer la brûlerie du Havre, qui appartient à Legal-Legoût, située dans le quartier de Dollemard, qui torréfie du café.

L'entreprise Aircelle-Groupe Safran est un sous-traitant d'Airbus qui s'occupe des inverseurs de poussée et qui emploie 1 200 personnes au Havre[102].

Sidel, implanté à la fois dans la zone industrielle du port du Havre et à Octeville-sur-Mer conçoit et fabrique des machines de soufflage et ligne complète de remplissage de bouteilles plastiques.

Enfin, Dresser-Rand SA, la centrale thermique EDF du Havre et Areva y sont présentes.

Secteur tertiaire

Chambre de Commerce et d'Industrie

La ville a depuis longtemps de nombreuses entreprises tertiaires dont l'activité est en relation avec les activités portuaires : en premier lieu les sociétés d'armateur mais aussi les sociétés d'assurance maritime. Les sièges sociaux de Delmas (entreprise de transports et de communication, 1 200 employés) et de SPB (assurance, 500 collaborateurs) sont venus s'installer récemment à l'entrée de la ville (quai Colbert). Le siège de Groupama Transport (300 collaborateurs) y est également présent. Le secteur du transport constitue le premier secteur économique du Havre avec 15,5 % des emplois. L'activité logistique concerne une grande part de la population et l'ISEL forme des ingénieurs dans ce domaine. Depuis septembre 2007, la CCI accueille dans ces locaux les étudiants en première année du campus délocalisé Europe-Asie de l'Institut d'études politiques de Paris. Enfin, l'université du Havre accueille 6 498 étudiants et emploie 470 enseignants-chercheurs en 2006[103] .

Pour accompagner la reconversion industrielle, les pouvoirs locaux misent sur le développement des activités touristiques. Ainsi, Le Havre a accueilli 54 paquebots en 2004. En 2009, la cité a accueilli quelque 86 000 croisiéristes, se classant au deuxième rang français et au cinquième rang européen[104]. 43 % des passagers sont Américains, les autres viennent essentiellement d'Allemagne et d'Angleterre[104]. Le port du Havre est accessible 24 heures sur 24, quelle que soit la marée.

La plage du Havre a reçu de nouveau le pavillon bleu en 2007 et le classement du centre-ville sur la liste du patrimoine de l'Humanité devrait avoir des retombées en termes de fréquentation. La cité possède le label Villes et pays d'art et d'histoire attribué par le Ministère de la Culture. Au début de l'année 2007, la ville comptait 26 hôtels soit un total de 1 105 chambres[105]. Le Havre est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Havre. Elle gère l'aéroport du Havre-Octeville.

Vue panoramique du bassin Vauban

Culture locale et patrimoine

Vue depuis la plage
La plage à marée basse

Monuments et lieux touristiques

Architecture des XXe et XXIe siècles :

Patrimoine culturel

Le Havre a obtenu le label « Ville d'Art et d'Histoire » en 2001.

Le Havre possède deux fleurs pour le label du Comité National des Villes et Villages Fleuris, et a été désigné en 2003 et 2004 « meilleur site Internet de France » pour le site de la ville avec le label Ville Internet @@@@@.

En 2006, Le Havre accueille la première Biennale d'Art contemporain et invite le sculpteur Jean-Pierre Raynault.

Vie militaire

Unités militaires ayant été en garnison au Havre :

Théâtres, salles de spectacle et de concert

Il existe deux grands pôles culturels au Havre : l'Espace Oscar Niemeyer réunit le Grand Volcan, scène nationale de 1093 places[107] et qui abrite le Centre chorégraphique national du Havre Haute-Normandie dirigé par Hervé Robbe ; le Petit Volcan, une salle polyvalente de 250 places[107] qui présente des spectacles vivants ; le cinéma l'Eden de 300 places (aujourd'hui fermé suite aux recommandations de la Commission de sécurité) [107] ; le Cabaret Electric un café-musiques, scène des musiques actuelles, également dans l'Espace Oscar Niemeyer. Le deuxième pôle culturel de la ville se trouve près du bassin Vauban : Docks Océane est une salle polyvalente (concerts, compétitions sportives), qui peut accueillir jusqu’à 4700 spectateurs sur 1 800 m2[108] ; les Docks Café sont un parc des expositions de 17 500 m2 qui sert aux salons, aux foires et aux expositions. Le théâtre de l'Hôtel de Ville (700 places)[109], le Petit Théâtre (450 places[110]), le Théâtre des Bains Douches (94 places), le Théâtre Akté[111] (60 places) ou encore le Poulailler (salle de théâtre associative de 50 places) accueillent de nombreux spectacles chaque année. Le Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie est spécialisé dans la création et la production de spectacles de danse. D'autres spectacles et représentations sont donnés dans d'autres lieux et au Conservatoire Arthur Honegger.

Musées et lieux d'exposition

  • La Maison de l'armateur a été transformée en musée depuis 1990 qui présente divers objets de l'Ancien Régime et du XIXe siècle : meubles, cartes anciennes, statues, peintures.
  • Fondé en 1881, le Muséum d'histoire naturelle siège dans un bâtiment du XVIIIe siècle. Il abrite notamment près de 8 000 dessins et manuscrits naturalistes[113] qui forment la collection Lesueur, du nom de Charles-Alexandre Lesueur.
  • Le musée de l'abbaye de Graville donne à voir des objets du Moyen Âge et des chapiteaux.
  • Il est également possible de visiter l'appartement-témoin, caractéristique de l'architecture Perret (1947-1950), en face de l'hôtel-de-ville.
  • Le musée maritime et le musée de l'Ancien Havre ont fermé leurs portes en 2004-2005.Ce dernier rouvrira après travaux, début 2010.
  • Il existe enfin de nombreux lieux d'exposition dans la ville comme le SPOT[114], un centre d'art contemporain, des galeries d'art ou Le Portique, espace d'art contemporain ouvert en 2008 ; la bibliothèque municipale organise régulièrement des expositions.

Bibliothèques et archives

La principale bibliothèque, située en centre-ville, porte le nom de l'écrivain Armand Salacrou. Elle possède des antennes de quartier. Plusieurs milliers de références sont disponibles dans les bibliothèques spécialisées de l'École Supérieure d'Art, du Musée André Malraux et du Muséum d'histoire naturelle. Des manuscrits médiévaux et des incunables sont conservés à la bibliothèque municipale. Les archives de la ville, au fort de Tourneville, possèdent des documents allant du XVIe au XXe siècle[115].

Le Havre dans les arts plastiques

Havre de Grâce, gravure de William Miller, 1836.
Eugène Boudin, Bateaux au Havre.
Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, peint dans le port du Havre.

Le port du Havre et la lumière de l'estuaire de la Seine ont inspiré de nombreux peintres : dès le XVIIIe siècle, Louis-Philippe Crépin peint Le Havre, vu de la mer (musée André Malraux). Gustave Courbet (1819-1877) réalise dans la région l'une de ses premières toiles en 1841, L'Embouchure de la Seine (musée des Beaux-Arts de Lille). Parmi les pré-impressionnistes, Jean-Baptiste Corot (1796-1875) exécute Le Havre. La mer vue du haut des falaises (musée du Louvre) et Le Havre (collection Moreau-Nélaton). Adolphe-Félix Cals (1810-1880), peint une Vue du Havre. Paysage normand (musée des Beaux-Arts de Caen). Mais c'est à Eugène Boudin (1824-1898) que l'on doit de nombreuses représentations du Havre au XIXe siècle (Ciel d’orage sur l’estuaire du Havre, Crépuscule sur le Bassin du Commerce au Havre, Entrée des jetées du Havre par gros temps, Les régates au Havre, Le port du Havre, Coup de vent à Frascatti, Le Havre, Le Havre, sortie du port, etc.).

En 1872, Claude Monet (1840-1926) peint Impression, Soleil Levant au Havre, un tableau qui donna son nom au mouvement Impressionniste. En 1867-68, il réalise de nombreuses marines dans la région havraise, comme à Sainte-Adresse. Plusieurs de ses œuvres prennent pour cadre le port (Le grand quai au Havre). Camille Pissarro (1830-1903) a également marqué l'impressionnisme en Normandie avec L’anse des pilotes au Havre et l'avant-port du Havre, tous deux conservé au musée André Malraux. Maxime Maufra (1861-1918), l'un des représentants de l'école de Pont-Aven et de l'impressionnisme, figure un Transatlantique sortant du port (musée André Malraux) ou encore Le port du Havre (Maier & Co. Fine Art).

Puis vient l'école du fauvisme, dont plusieurs artistes ont fait leur formation au Havre : Othon Friesz (1879-1949), Henri de Saint-Delis (1876-1958), Raoul Dufy (1877-1953), Georges Braque (1882-1963), Raimond Lecourt (1882-1946), Albert Copieux (1885-1956), ont suivi les cours de l’École des Beaux-Arts du Havre du temps de Charles Lhuillier. Ils ont laissé de nombreuses toiles ayant pour thème la ville et le port : Raoul Dufy (Fête maritime et visite officielle au Havre, Le Casino Marie-Christine, Le Yacht pavoisé au Havre, La Plage du Havre, etc.), Othon Friesz (Avant-Port du Havre avec darses et l'Ile de France sortant, Le Havre - Bassin du Roy), Raimond Lecourt (Marine du Havre-Bassin du Roi). Dans la première moitié du XXe siècle, Albert Marquet (1875-1947) peint l'Avant-port du Havre, l’anse des pilotes (musée André Malraux) et une Fête foraine au Havre (musée des Beaux-Arts de Bordeaux).

Parmi les autres peintres qui ont peint Le Havre et/ou ses environs proches comme Sainte-Adresse, on peut plus particulièrement citer Edouard Adam, Bazille, Bonington, Couture, Dubuffet (école d'art de la ville), Garneray, Géricault (qui y a fait ses esquisses pour la mer du Radeau de la Méduse), Isabey, Jongkind, Millet, Picasso, Pignon, Signac, les Saint-Delis (E.A.), Stevens, Toulouse-Lautrec, Turner, Vlaminck.

Le Havre au cinéma

Article détaillé : Liste des films tournés au Havre.

Avec près de 70 films, Le Havre est l'une des villes de province les plus représentées au cinéma[116]. Plusieurs réalisateurs ont choisi les installations portuaires pour cadre de leur film : L'Atalante de Jean Vigo (1934), Le Quai des brumes de Marcel Carné (1938) ou encore Ce qu'ils imaginent d'Anne Théron (2004). Un homme marche dans la ville de Marcello Pagliero se déroule dans le port et le quartier Saint-François de l'après Seconde Guerre mondiale[116]. La cité a également accueilli le tournage de plusieurs comédies comme Le Cerveau de Gérard Oury (1968), La Beuze de François Desagnat et de Thomas Sorriaux (2002) ou encore de Disco de Fabien Onteniente (2008). Le film de Sophie Marceau, La Disparue de Deauville sorti en 2007, comporte plusieurs scènes tournées sur le port du Havre, au centre commercial Coty et dans les rues du centre-ville.

Le Havre sert aussi de décor au film Le Havre d'Aki Kaurismaki présenté au festival de Cannes en 2011 et à La Fée du trio Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2011 également.

Le Havre dans la littérature

Le Havre apparaît dans plusieurs œuvres littéraires comme un lieu de départ vers l'Amérique : au XVIIIe siècle, l'abbé Prévost fait s'embarquer Manon Lescaut et Des Grieux pour la Louisiane française. Fanny Loviot raconte son départ du Havre en 1852 comme émigrante en Californie de la Loterie des lingots d'or dans Les pirates chinois.

Au XIXe siècle, Le Havre sert de cadre à plusieurs romans français : Honoré de Balzac décrit dans Modeste Mignon la faillite d'une famille de négociants havrais. Plus tard, Guy de Maupassant situe plusieurs de ses récits au Havre[117]. Plusieurs dizaines de contes d'Alphonse Allais se déroulent au Havre ou font allusion à la ville.

Au XXe siècle, Henry Miller situe au Havre une partie de l'action de son chef d'œuvre Tropique du cancer, publié en 1934. Bouville, ville où vit l'écrivain qui écrit son journal dans La Nausée (1938) de Jean-Paul Sartre s'inspire de la cité havraise où il a écrit ce premier roman. On peut lire aussi les témoignages de Raymond Queneau, né au Havre, ville servant par ailleurs de cadre à son roman Un rude hiver (1939). L'intrigue d'Une maison soufflée aux vents d'Émile Danoën, Prix du roman populiste en 1951, et de sa suite Idylle dans un quartier muré, se situe au Havre pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous le nom de « Port de Brume » c'est aussi Le Havre qui sert de décor à trois autres romans de cet auteur : Cerfs-volants, L'Aventure de Noël et La Queue à la pègre. Michel Leiris écrit De la littérature considérée comme une tauromachie, au Havre en décembre 1945.

Deux romans policiers se déroulent au Havre : Le Bilan Maletras de Georges Simenon et Le Crime de Rouletabille de Gaston Leroux. Dans Rouge Brésil Prix Goncourt 2001, Jean-Christophe Rufin décrit Le Havre du XVIe siècle, port de départ des expéditions françaises vers le Nouveau Monde : le héros Villegagnon part du port normand pour conquérir de nouvelles terres pour la couronne française, dans ce qui deviendra le Brésil. Martine-Marie Muller raconte la saga d'un clan de dockers du Havre des années 1950 aux années 1970 dans Quai des Amériques[118].

Benoît Duteurtre, né à Sainte-Adresse en 1960, situe souvent l'action de ses romans au Havre. Ainsi, dans Le Voyage en France, publié en 2001 et pour lequel B. Duteurtre a reçu le prix Médicis, le personnage principal, un jeune Américain passionné par la France, débarque au Havre qu'il décrit dans la première partie du roman. En 2008, Benoît Duteurtre publie Les pieds dans l'eau, ouvrage fortement autobiographique dans lequel il détaille sa jeunesse entre Le Havre et Etretat.

Le Havre apparaît également dans la bande dessinée : ainsi, dans L'Oreille cassée (1937), Tintin embarque sur le Ville de Lyon au Havre, en direction de l'Amérique du Sud. La rencontre entre Tintin et le Général Alcazar dans Les Sept Boules de cristal (1948) se fait au Havre, selon les notes d'Hergé sur les marges du Soir, premier support de parution de cette aventure. La première aventure de Ric Hochet (1963), du dessinateur Tibet et André-Paul Duchâteau, Traquenard au Havre présente le bord de mer et le port. De même, en 1967, pour l'album Rapt sur le France, le héros passe par Le Havre. Frank Le Gall, dans Novembre toute l'année (2000), fait embarquer Théodore Poussin au Havre, sur le Cap Padaran.

Les Ancres noires organise tous les ans un festival « Le Polar à la plage ».

Le Havre et la musique

Article détaillé : Musique au Havre.

Le Havre a longtemps été considéré comme un berceau du rock et du blues. En effet, dans les années 1980, de nombreux groupes se sont multipliés, après un premier développement dynamique dans les années 60 et 70. L'exemple à suivre est bien évidemment Little Bob. La tradition portuaire faisait que beaucoup de ces formations répétaient dans des hangars inutilisés du port, par exemple le fameux hall Bovis qui pouvait contenir 20 000 spectateurs. Un festival de blues, impulsé par Jean-François Skrobek, Blues à Gogo a existé durant huit ans, de 1995 à 2002. Plusieurs artistes s'y sont produits comme Youssou N'Dour, Popa Chubby, Shemekia Copeland, Amadou & Mariam, Patrick Verbeke, Smokey Wilson... Il était organisé par l'association Coup d'Bleu, dont l'ancien président fut à la tête du Café-musiques L'Agora où se produisait, entre autres, la nouvelle scène havraise.

Durant ces mêmes années, la Fête de l'Avenir, version locale de la Fête de l'Humanité, attirait un public nombreux, tandis que dans le même temps, la municipalité organisait « Juin dans la rue ». Il s'agissait d'une sorte festival de la musique qui animait les rues de la ville durant tout le mois de juin. On a pu voir de célèbres artistes comme Michel Fugain, Jimmy Cliff, Gilberto Gil, Johnny Clegg, le groupe Urban Sax, Eddy Mitchell, etc.

Actuellement, la tradition musicale se perpétue dans des écoles de musique telles que le Centre d'Expression Vocale Et Musicale (rock) ou le JUPO (dominante jazz), les associations ou des labels comme Papa's Production (la Folie Ordinaire, Mob's et Travaux, Dominique Comont...). L'organisation par le label Papa's Production du festival Ouest Park (deux éditions en 2004 et 2005 avec la venue de la Phaze, The Toasters ou encore les Caméléons), à Harfleur, en est une démonstration.

Par ailleurs, depuis 2008, l'association I Love LH a vu le jour et vise à promouvoir la culture havraise et en particulier sa scène musicale par l'organisation d'évènements culturels originaux, ainsi que par la distribution gratuite d'une compilation musicale d'artistes locaux[119].

Le rap a lui aussi fait son apparition sur les scènes havraises. Après le succès de Ness&Cité, primé découverte du Printemps de Bourges 2000, d'autres formations se sont constituées : Bouchées Doubles, Médine ou encore La Boussole, collectif regroupant les membres de ces formations. La majorité de la scène rap havraise est regroupée au sein du label Din Records.

Comme toutes les villes de cette importance, Le Havre voit tourner de nombreux groupes aux styles allant du punk au rock, en passant par le metal, comme par exemple un groupe appelé tout simplement Les Havrais. Constitués de jeunes musiciens, ils sont souvent éphémères. Ils ont toutefois la possibilité de s'exprimer sur scène dans de petits endroits comme la Cafet', le Music Bar ou le pub McDaid's.

Le Havre abrite un orchestre symphonique : l'Orchestre Symphonique de la ville du Havre, dirigé par Xavier Le Roux.

Plusieurs ensembles vocaux participent à la vie musicale locale et régionale.[réf. nécessaire]

Enfin, à l'échelle régionale, le festival Automne en Normandie, organisé par les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure et par la Région Haute-Normandie, propose de septembre à novembre, de nombreux concerts dans toute la région, en plus de ses représentations de théâtre et de danse. C'est le festival de tous les arts de la scène.

La langue normande

Articles détaillés : Normand et Cauchois.

L'héritage de la langue normande est présent dans les expressions utilisées par les Havrais, dont une partie s'identifie comme parlant le cauchois.

Parmi les mots normands les plus utilisés par les Havrais, nous retrouvons boujou (Bonjour, au revoir), clenche (poignée de porte), morveux(seuse) (enfant) et bezot(te) (dernier(e) né(e)). Ex.: "Boujou l'bezot ! t'es rien biaux, dès !" (Bonjour petit, tu es bien beau !)[réf. nécessaire]

Expressions havraises

  • De l'autre côté de l'eau : l'autre côté de l'estuaire de la Seine, la côte du Calvados (également employé le long de la Seine jusqu'à Rouen).
  • Le bout du monde : la plage située sous le cap de la Hève (début de la côte d’Albâtre)[120].
  • Le pot de yaourt : Le Volcan d'Oscar Niemeyer.
  • Auchmouth : nom donné au centre commercial Auchan (ex-Mammouth) situé à Montivilliers, afin de le distinguer de celui du Mont-Gaillard.[réf. nécessaire]
  • Dè : exclamation. "c'est rien beau, dè!"
  • Bézot : Synonyme de gamin "ca va t'y ta mon bézot"
  • De c'temps là : avec ce temps (pourri)
  • Archi : devant chaque adjectif. "c'est archi bien!" veut dire "c'est trop bien!"

Personnalités liées à la commune

Personnes nées au Havre

Article détaillé : Liste de personnes nées au Havre.
Bernardin de Saint-Pierre

Un nombre important de personnalités ont vu le jour au Havre : parmi les plus renommées, on trouve le naturaliste Charles Alexandre Lesueur (1778-1846), l’écrivain Raymond Queneau (1903-1976), ou plus récemment le journaliste et animateur de télévision Laurent Ruquier (né en 1963). De nombreux artistes ont participé au rayonnement du Havre et de sa région : Raoul Dufy (1877-1953), Othon Friesz (1879-1949), Raimond Lecourt (1882-1946) et Jean Dubuffet (1901-1985) sont les principaux. Le Havre est également le berceau de nombreux musiciens et compositeurs tels que Henri Woollett (1864-1936), André Caplet (1878-1925) ou Arthur Honegger (1892-1955) ainsi que du célèbre fondateur de la maison Mustel & fils, Victor Mustel (1815-1890) qui perfectionna l'harmonium. Deux historiens célèbres, Gabriel Monod (1844-1912) et André Siegfried (1875-1959), sont originaires de la ville. Hubert Noël (1924-1987) et Jean Bouise (1929-1989), acteurs français nés au Havre. Plusieurs édifices de la Porte Océane et lieux publics rendent hommage à d’autres Havrais célèbres : l’écrivain Casimir Delavigne (1793-1843) possède une rue à son nom et une statue devant le palais du justice, aux côtés d’un autre homme de lettres, Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814). Un centre commercial et une avenue portent le nom du Havrais René Coty (président de la République française de 1954 à 1959). Un bassin a été baptisé en l’honneur du navigateur havrais disparu en mer Paul Vatine (1957-1999). Enfin, plusieurs sportifs natifs du Havre font actuellement une carrière internationale : Jérôme Le Banner dans le kickboxing ou encore Julien Faubert dans le football. Jacques-François Ancelot (1794 - 1854), est un dramaturge et écrivain. Michel Dubocage de Bléville père (1676 - 1727) corsaire, grand navigateur, découvreur de l'île Clipperton. Jean-Baptiste d'Après de Mannevillette (1707-1780) hydrographe de la Compagnie des Indes, auteur du Neptune Oriental. Guillaume Le Testu (vers 1510 - 1573) corsaire, pilote hauturier, cosmographe.

Personnes vivant ou ayant vécu au Havre

De nombreux peintres ont vécu au Havre : Eugène Boudin (1824-1898) et Claude Monet (1840-1926) sont parmi les plus connus. Ce dernier est né à Paris puis a résidé au Havre à partir de l'âge de cinq ans. Ensuite, l’École des Beaux-Arts du Havre avec comme professeur Charles Lhuillier (1824 - 1898), a formé des peintres fauves parmi lesquels Othon Friesz, Henri de Saint-Delis, Raoul Dufy, Georges Braque, Raimond Lecourt et Albert Copieux.

C'est au lycée François Ier du Havre que les philosophes Jean-Paul Sartre (1905-1980) et Raymond Aron (1905-1983) ont enseigné. Quant à l'écrivain Armand Salacrou (1899-1989), il étudia dans cet établissement. Le Havre a accueilli des écrivains comme Emile Danoën (1920-1999), qui a grandi dans le quartier Saint-François, Yoland Simon (1941) ou encore Philippe Huet (1955). Le poète canadien Octave Crémazie (1827-1879) est mort au Havre et enterré au cimetière Sainte-Marie.

Augustin Normand (1839-1905): ingénieur et constructeur naval français.

Enfin, plusieurs hommes politiques ont passé une partie de leur existence dans la ville : Jules Lecesne (1818-1878), Jules Siegfried (1837-1922), Félix Faure (1841-1899) qui fut élu municipal et député, Christine Lagarde (1956), ancienne ministre française de l'Économie et directrice générale du FMI (Fonds monétaire international) depuis le 5 juillet 2011.

Héraldique

Armes du Havre

Les armes de la commune du Havre se blasonnent ainsi :
De gueules à la salamandre d'argent couronnée d'or sur un brasier du même, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or, au franc-canton cousu de sable chargé d'un lion d'or armé et lampassé de gueules
Le lion, issu des armoiries de la Belgique, a été ajouté en 1926 en substitution d'une des fleurs de lys, en souvenir de l'accueil du gouvernement belge en exil pendant la Première Guerre mondiale.

Armes du Havre sous le 1er Empire.

Les armes de la commune du Havre sous le 1er Empire.

Compléments

Bibliographie

  • André Corvisier, Histoire du Havre et de l'estuaire de la Seine, 1987 
  • Michel de Boüard, Histoire de la Normandie, Toulouse, 2001 (ISBN 2-7089-1707-2) 
  • Jean-François Massé, Le Havre, port d'attache, 2003 (ISBN 2-84942-003-4) 
  • Pierre Gras, Le temps des ports. Déclin et renaissance des villes portuaires (1940-2010), Tallandier, 2010, 298 p. (ISBN 978--2-84734-675-6) 
  • John Barzman, Claude Bec, Jacques Doublet, CMCAS du Havre, Elisabeth James, Quelque part, ça laisse des traces : Mémoire et histoire des électriciens et gaziers de la région du Havre, Presses Universitaires de Rouen (1er octobre 2003), ISBN 2-87775-352-2
  • Cartes Epshom, Abords du Havre et d'Antifer, Epshom, 2003, ISBN B0000C6VP9
  • Tristan Gaston-Breton, Le Havre 1802-2002 : Deux siècles d'aventure économique, Le Cherche midi, 2002 (ISBN 2-7491-0028-3) 
  • E. Simon et A. Fiszlewicz, Le Havre : Ah quel estuaire !, Petit à Petit, 2002 (ISBN 2-914401-26-4) 
  • Collectif, Les Bâtisseurs. L'album de la reconstruction du Havre, Point de Vues, 2002, ISBN 2-9516020-2-2
  • Alain Niderst, Les Trois Scudéry : Actes du Colloque du Havre, 1-5 octobre 1991, Klincksieck, 2000, ISBN 2-252-02840-8
  • Pierre Ardaillou, Les républicains du Havre au XIXe siècle 1815-1889, Presses Universitaires de Rouen / Publications de l'Université de Rouen (PUR), 2000, ISBN 2-87775-254-2
  • Armand Frémont, La Mémoire d'un port, Arléa, 1997, ISBN 2-86959-345-7
  • Jean Peter, Le Port et l'arsenal du Havre sous Louis XIV, Economica, 1996, ISBN 2-7178-3017-0
  • Collectif, Voyage en industrie : métiers, hommes, entreprises de la zone industrielle du Havre, Métailié, 1991, ISBN 2-86424-102-1
  • Eddy Florentin, Le Havre, 1944 : À feu et à sang, Presses de la Cité, 1988, ISBN 2-258-01655-X
  • Pierre-André Grosfillex, Le Havre à la belle époque, 1973, ISBN B0000DW037
  • Pierre Dardel, Commerce, industrie et navigation à Rouen et au Havre au XVIIIe siècle, 1966, ISBN B0000DLGAU
  • Madeleine Brocard, Laurent Lévêque (dir.), Atlas de l'estuaire de la Seine, Rouen, Presses de l'université de Rouen, 1996
  • Emmanuelle Real, Le Paysage industriel de la Basse-Seine, Connaissance du patrimoine en Haute-Normandie, 2009, broché, 264 p. (ISBN 2-910316-33-5) 
  • Claire Étienne-Steiner, Le Havre. Ville, port et agglomération, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, Rouen, 1999, ISBN 2-910316-19-X
  • Claire Étienne-Steiner, Le Havre. Auguste Perret et la reconstruction, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, déc. 1999, ISBN 2-910316-21-1
  • « Le Havre patrimoine mondial », numéro spécial du quotidien Havre Libre, 16 juillet 2005, n°18.677
  • Stéphane Siret, « Le Havre : ville laboratoire », Le Point n°1695, 10/03/2005
  • Claude Malon.- Le Havre et les colonies françaises (1880-1960).- Thèse de Doctorat d'Histoire à l'Université de Paris IV-Sorbonne, sous la direction de M. Le Professeur Dominique BARJOT. Consulté le 6 février.
  • Max Lagarrigue, Comment les Français vivent-ils les bombardements alliés ?, in 99 questions... La France sous l'occupation, Montepellier, CNDP, 2007.
  • Père Gilbert Décultot, Le Havre - Ses Églises, 1972 (304 pages)
  • Abensur-Hazan Laurence, Auberges et Hôtels de Normandie Du Havre à Deauville, Mémoire en Images, éd. Alan Sutton, 2e trimestre 2009, (ISBN 978-2-8138-0011-4)
  • Julien Guillemard, L'Enfer du Havre, L'Écho des vagues, 2010, 300 p. 

Articles connexes

Histoire

Infrastructures

Politique et société

Sport et culture

Monuments

Quartiers

Lien externe

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Notes et références

Notes

  1. équivalent vingt pieds : taille standard du conteneur
  2. 178 769 habitants, devant Caen (109 899 habitants) et Rouen (109 425 habitants)
  3. 183 837 habitants
  4. Quartiers de Danton, Saint-Vincent, Graville, Massillon, etc.
  5. à l'emplacement du 85 rue Romain Rolland
  6. basée à Épouville, il est possible de la capter en ville haute
  7. Décrochages ponctuels (infos + météo) de 6h à 13h30
  8. Le Temple protestant se trouve au 47 rue Anatole-France (quartier Coty) ; secrétariat ouvert de 10 h à 12 h du lundi au vendredi ; cultes tous les dimanches à 10 h 30
  9. Code : LH, selon la liste des quartiers maritimes

Références

  1. Musée Malraux. Les collections, Ville du Havre. Consulté le 03-04-2008
  2. C. Étienne-Steiner, Le Havre. Ville, port et agglomération, 1999, p. 15
  3. P. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p. 33
  4. J. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p. 6.
  5. a, b, c et d Chiffres clés et statistiques, Le Havre Développement. Consulté le 02-04-2008
  6. a et b (fr) Cap de la Hève, Seine-Maritime (76), 100m - [1961-1990], Infoclimat. Consulté le 03-11-2007
  7. P. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p. 42.
  8. Courants, vagues et marées : les mouvements de l'eau, Pierre Le Hir, Ricardo Silva Jacinto, Ifremer, 2001
  9. (fr) Météo en Seine-Maritime, Météo France. Consulté le 03-11-2007
  10. Rapport d'activité 2007, CCI du Havre. Consulté le 03-04-2008
  11. « On achève bien La Brèque », Paris Normandie, 25 juillet 2009
  12. extrait du magazine Oceane de juin 2007 L'entrée de ville transformée
  13. extrait du site de la ville du Havre L'éco quartier "Les Hauts de Bléville
  14. Sanvic s’est doté d’un véritable poumon vert, les Jardins Suspendus, implantés sur les 17 hectares de l’ancien fort de Sainte-Adresse sur www.ville-lehavre.fr. Consulté le 1er avril 2011
  15. Gras 2010, p. 238
  16. Gras 2010, p. 239
  17. Dossier du maître d'ouvrage du projet de prolongement du Grand Canal du Havre sur www.debatpublic-prolongementdugrandcanalduhavre.org. Consulté le 1er avril 2011
  18. a, b et c François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, 1979, 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1) (OCLC 6403150) p. 92 - 93.
  19. Étymologie du mot havre, CNRTL
  20. F. de Beaurepaire, op. cit. p. 76.
  21. a et b F. de Beaurepaire, op. cit. p. 130.
  22. Motte médiévale d'Aplemont
  23. F. de Beaurepaire, op. cit. p. 98.
  24. Nordic Names : Ingulf (anglais)
  25. Sources: Récits d'Histoire protestante régionale, T1 Normandie, Charles Bost, Éd. Union Fraternelle des Églises Réformées de Normandie, 1928 et Cahier du Patrimoine no 71, Le Havre, Éd. Momum 2005
  26. The Transatlantic Slave Trade (A Database on CD-Rom) Cambridge 1998
  27. de Boüard 2001, p. 284
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  31. de Boüard 2001, p. 433
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  37. Gras 2010, p. 24
  38. Bernard Garnier (dir.), Michel Pigenet (dir.), M. Dandel, G. Duboc, A. Kitts et E. Lapersonne (préf. Antoine Rufenacht), Les Victimes civiles des bombardements en Haute-Normandie. 1er janvier 1944-12 septembre 1944, CRHQ-IRED-La Mandragore, 1997, relié, 350 p. (ISBN 2-912468-02-7), p. 14 
  39. a, b et c Gras 2010, p. 24
  40. Table rase, Ville du Havre
  41. a et b Gras 2010, p. 25
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  43. L'histoire d'Edouard Philippe, maire du Havre.
  44. Ville du Havre : Résultats des présidentielles 2007.
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  49. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 5 juillet 2010
  50. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 5 juillet 2010
  51. Recensement de la population. Unité urbaine du Havre. Evolutions démographiques 1962-1999, INSEE
  52. Recensement de la population. Aire urbaine du Havre. Evolutions démographiques 1962-1999, INSEE
  53. L'internaute : Encyclopédie des villes de France Classement : elle apparaît comme la ville de plus de 100 OOO h. la plus jeune de France]
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  58. Jumelé avec le Lincoln-Sudbury Regional High School dans l'état du Massachusetts aux États-Unis.
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  110. Salles de spectacles, Ville du Havre. Consulté le 02-04-2008
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  112. Le Musée Malraux, Ville du Havre. Consulté le 23-07-2007
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  114. SPOT
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  117. Exemples : « Au muséum d'histoire naturelle », texte publié dans Le Gaulois du 23 mars 1881 ; ou encore Pierre et Jean dont l'intrigue se situe au Havre
  118. Martine-Marie Muller, Quai des Amériques, Robert Laffont, 2006 (ISBN 2-221-10612-1)
  119. http://www.welovelehavre.com/
  120. Portail officiel de la ville du Havre
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