Amiens
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49° 54′ N 2° 18′ E / 49.9, 2.3

Amiens
Cathédrale d'Amiens
Cathédrale d'Amiens
Armoiries
Administration
Pays France
Région Picardie (préfecture)
Département Somme (préfecture)
Arrondissement Amiens (chef-lieu)
Canton Amiens (chef-lieu de huit cantons)
Code commune 80021
Code postal 80000
Maire
Mandat en cours
Gilles Demailly
2008- 2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Amiens Métropole
Site web amiens.fr
Démographie
Population 134 381 hab. (2008)
Densité 2 717 hab./km²
Aire urbaine 274 700 hab. ()
Gentilé Amiénois
Géographie
Coordonnées 49° 54′ Nord
       2° 18′ Est
/ 49.9, 2.3
Altitudes mini. 14 m — maxi. 106 m
Superficie 49,46 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Amiens (API : /amjɛ̃/) est une ville française du nord de la France située sur la Somme. Administrativement, cette commune est la préfecture de la région de Picardie ainsi que du département de la Somme et chef-lieu de canton.

Commune la plus peuplée de la région, Amiens était en 2008 la vingt-huitième ville la plus peuplée de France avec près de 135 000 habitants appelés Amiénois. Son aire urbaine compte 274 700 habitants ce qui la place au 32e rang en France.

Amiens est célèbre pour ses canaux, les Hortillonnages, qui lui ont donné le surnom de petite Venise du Nord.

Sommaire


Géographie

Localisation

Amiens, préfécture régionale de la Picardie, est traversée par la Somme, fleuve au cours généralement très paisible, sauf lors d'exceptionnelles crues de plusieurs semaines (comme celles du printemps 2001). C'est aussi, à sa périphérie sud-est, près de Camon et Longueau, le confluent avec son affluent principal en rive gauche (au sud), l'Avre.

Amiens est également la préfecture de la Somme, un des trois départements (avec l'Aisne et l'Oise) de la région.

Amiens doit une partie de sa renommée à sa cathédrale gothique, l'une des plus vastes au monde.

La ville s'est développée au niveau d'un rétrécissement naturel des hortillonnages, dû à la présence au nord de la côte Saint-Pierre sur le tracé du fleuve.

Cette butte est toujours observable ; la Citadelle fut construite dessus et la Rue Saint-Pierre était un chemin légèrement incliné qui permettait de sortir de la ville par le nord. Au niveau de ce rétrécissement, un réseau de canaux étroits a permis la construction de ponts et d'édifices dont des filatures au Moyen Âge.

Le canal de la Somme ne date que du début du XIXe siècle et le pont situé au pied de la citadelle a été construit après la Seconde Guerre mondiale.

Mais c'est autour des quartiers Saint-Leu, Saint-Maurice et de la partie plus administrative et civile de l'actuel centre-ville que la ville s'est développée depuis l'Antiquité.

En superficie, elle est la troisième commune de la Somme, après Crécy-en-Ponthieu et Hornoy-le-Bourg.

Géologie et relief

Climat

Amiens possède un climat océanique typique du nord de la France, avec des hivers relativement froids, des étés frais, et des précipitations bien réparties toute l'année.

Voies de communication et transports

Amiens est un nœud d'axes de communications entre :

On peut y accéder par la route (Amiens est située au croisement de l'A16 et de l'A29), et le train (ligne Paris-Boulogne-sur-Mer).

Voies routières

Article détaillé : rocade d'Amiens.

La ville d'Amiens est desservie par les autoroutes A 16 & A 29.

Le viaduc Jules-Verne, long de 943 m, franchit la Somme à l'est de la ville et permet de réaliser le contournement de la ville par des voiries de type autoroutier.

Amiens est le centre d'une étoile de routes importantes, initialement constituant des voiries nationales mais aujourd'hui déclassées, pour la plupart, en routes départementales. Il s'agit des :

L'A16, l'A29, la RN1 et la RN25 forment un contournement de type autoroutier de forme circulaire autour de la ville. La population a pris l'habitude de l'appeler rocade d'Amiens.

Stationnement

Amiens est dotée de plusieurs parcs souterrains en centre-ville :

Carte du stationnement en centre-ville d'Amiens en 2009.
     Hôtel de Ville     Halles     Jacobins     Trois Cailloux     Saint-Leu     Amiens 2     Perret     Parkings extérieurs gratuits
Nom Accessible par À proximité de
Halles Rue du Général Leclerc Centre commercial des Halles, beffroi
Hôtel de Ville Rue de Beauvais Espace piétonnier, hôtel de ville
Jacobins Rue des Jacobins Espace piétonnier, préfecture
Trois Cailloux Rue Robert de Luzarches Espace piétonnier, palais de justice, cathédrale
Saint-Leu Rue des Huchers Facultés de droit science politique et d'économie gestion, cathédrale
Amiens 2 Boulevard d'Alsace-Lorraine, rue de la Vallée Centre commercial Amiens 2, gare routière, gare SNCF
Perret Boulevard de Belfort, rue Vulfran Warmé Cinéma, gare SNCF

Un 8e parking souterrain nommé Oxygène doit ouvrir derrière la gare, rue de la Vallée, courant 2009.

Depuis le 15 janvier 2007, un parking situé en périphérie de la ville, près de la citadelle a été mis en place. Jusqu'alors relié par une navette gratuite au centre-ville, la nouvelle municipalité a choisi de supprimer cette navette, obligeant les utilisateurs du parking à utiliser les lignes de bus payantes.

Mais le problème du stationnement a été un des éléments de débat lors de la campagne pour l'élection municipale de 2008[1]. Un an après le changement de majorité, l'équipe de Gilles Demailly lance une consultation auprès de la population[2]

Transport aérien

L'Aéroport d'Amiens - Glisy se situe à 10 km à l'est de la ville.

Transport ferroviaire

Il existe 3 gares :

De nombreuses liaisons régionales et extra régionales (Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardenne et Île-de-France) passent par Amiens, notamment par le TER Picardie.

Une quatrième gare, très excentrée (45 km d'Amiens), la gare TGV Haute Picardie permet l'accès au réseau TGV. Elle est desservie par des autocars.

Transport en commun

Articles détaillés : Tramway d'Amiens et Ametis.
La place Gambetta était au début du XXe siècle un pôle important du réseau de tramway d'Amiens, comme la Place Léon Goblet, près de la gare d'Amiens
Entre 2007 et 2009, le réseau de transport en commun comprenait une ligne (la 8) en centre-ville, assurée par des minibus gratuits

Deux lignes de tramway sur 10,7 kilomètres sont inaugurées en 1887. Les deux se croisent place Gambetta, l'une reliant le cimetière de la Madeleine à l'église Saint-Acheul, par le pont Cagnard, la rue de Noyon et la rue Jules-Barni ; l'autre allant de l'église Saint-Pierre à l'hippodrome, par les rues Saint-Leu, Frédéric-Petit et Colbert.

Électrifié en 1899, le réseau s'allonge avec sept lignes pour 19 kilomètres en 1906. À partir de 1932, Longueau est reliée à Amiens par un service de bus à gazogène, qui remplace totalement le tramway de mai 1940 à 1946, date à laquelle les trolleybus assurent les transports en commun. En 1964, les bus prennent le relais[3]. Cependant, une négociation est en cours quant à la réintroduction de lignes de tramway au sein de la ville.

La gestion du réseau de bus est aujourd'hui assurée par la société d'économie mixte Ametis, dont le réseau couvre Amiens Métropole, l'agglomération d'Amiens. La mise en place de voies de bus en site propre a débuté en 2006. L'ancien maire, Gilles De Robien avait envisagé la création d'un tramway ; le choix d'une circulation de bus en site propre a été préférée pour des raisons de rapport coût / fréquentation.

En février 2008, la municipalité a lancé le Vélam, service de vélos partagés adaptation du système Cyclocity géré par JCDecaux, similaire aux Vélo'v lyonnais et Vélib' parisiens.

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Urbanisme

Morphologie urbaine

Le quartier Saint-Leu

Canal dans le quartier Saint-Leu
Quai Bélu
Rue piétonne.

Au pied de la cathédrale, parcouru de canaux, ce quartier pittoresque a été en grande partie réhabilité pendant les années 1990. Il s'étend jusqu'au canal de la Somme situé plus au nord au pied du coteau Saint-Pierre sur lequel la forteresse de Jean Errard, appelée Citadelle, a été construite. Historiquement, il s'agissait du quartier pauvre de la ville, où se regroupaient tanneurs, bouchers et teinturiers.

La faculté des sciences, présente depuis les années 1960 a été pour l'occasion rénovée et agrandie. La faculté de droit et d'économie a été également transférée au milieu des années 1990 depuis le campus (excentré au sud de la ville) vers sa nouvelle situation au pied de la cathédrale. Le parking à ciel ouvert qu'elle remplace était une « fracture » dans le paysage datant de la Seconde Guerre mondiale. Il permettait toutefois d'avoir une vue dégagée de la cathédrale[4]. La plupart des bâtisses ont été rénovées et transformées en logement dont une grande partie pour les étudiants, nombreux dans le quartier.

Ce quartier est devenu le cœur des soirées amiénoises, avec de nombreux établissements (bars, restaurants, etc.) place du Don et quai Bélu.

Rue Saint-Leu se trouve l'église éponyme, sise juste entre la faculté des sciences et celle de droit-économie.

Deux théâtres sont établis dans le quartier, celui des Cabotans et la Maison du Théâtre, au pied de l'église Saint-Leu.

Le quartier Saint-Maurice

Situé à l'ouest de la Citadelle et à l'est du cimetière de la Madeleine, ce très ancien quartier populaire d'Amiens, haut lieu industriel du XVIIIe siècle, est en cours (2006) de réhabilitation avec la construction et la rénovation de nombreux logements.

Bordé par le canal de la Somme, il offre une escale pour les plaisanciers, qui doivent y passer une écluse.

Le quartier abrite l'ancienne teinturerie d'Amiens, transformée pour accueillir l'École Supérieure d'Art et de Design (ESAD) et la faculté des Arts. Non loin se trouve l'École supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et électronique (ESIEE).

Le Jardin des Plantes dit « le Jardin du Roi » intra muros appartient aussi au quartier.

Henriville

Le quartier d'Henriville nait au XIXe siècle, après la démolition des remparts de la ville. On y trouve des maisons bourgeoises, avec une prédominance de la brique, mêlant les styles néoclassique, troubadour et néogothique. S'y trouvent également des hôtels particuliers, comme celui d'Acloque et la maison Jules Verne.

Quartiers populaires

Amiens, comme d'autres grandes villes, possède ses grandes barres HLM. Tout d'abord

  • au nord de la ville les quartiers : du Pigeonnier, Messager, Mozart, Fafet-Brossolette-la Cité, Balzac, Léo Lagrange-Schweitzer, etc.
  • au sud-est de la ville : Victorine Autier, Philéas Lebesgue, Condorcet, Pierre Rollin ;
  • à l'ouest : Étouvie, Montières (un écoquartier est prévu dans cet espace industriel, où sont présents des bâtiments du XIXe en brique)[5].

Les quartiers nord ont été le théâtre d'évènements violents en 1994, 1999 et 2000 (affrontement entre plusieurs quartiers de la ville puis entre les quartiers d'Amiens et les quartiers de Creil) et tout récemment 2006 et 2008 (suite aux incidents en banlieue parisienne)[réf. nécessaire]. Un vaste programme de réaménagement urbain de ces quartiers a été récemment entrepris, des barres hlm détruites et de nouvelles infrastrucures ont été construites, pour les écoles notamment. En 2009, le réseau de transport en commun de l'agglomération amiénoise a été sensiblement modifié.

Saint-Acheul

Biface de Saint-Acheul - collection Félix Régnault- Muséum de Toulouse
La Somme depuis le boulevard de Beauvillé.
Passage vers le parc de Beauvillé.

Le quartier Saint-Acheul (API : /aʃœl/) « existait » avant Amiens puisque les hommes y vivaient dès la préhistoire. Les recherches archéologiques ont donné le nom d'Acheuléen (API : /aʃØleɛ̃/) à une période de la préhistoire. Un jardin archéologique peut y être visité librement.

C'est aussi le quartier des hortillonnages, de l'église Saint-Acheul, d'une nécropole militaire de 1914-1918 et de l'ancienne École normale d'instituteurs devenue le lycée Robert-de-Luzarches. Une partie du quartier comprend des maisons au style purement anglais, d'où son nom de « Quartier anglais ».

Nombre de personnages célèbres sont inhumés dans le cimetière Saint-Acheul ancien tel J.P. Pinchon (dessinateur de Bécassine) et de nombreux Résistants.

Logement

Projets d'aménagements

Toponymie

Le toponyme est issu du nom du peuple gaulois local, les Ambiani, qui s'est substitué vers le IVe siècle à l'ancien nom de la ville Samarobriva (le pont sur la Somme). Amiens devient alors siège épiscopal[6].

Histoire

Antiquité

Article détaillé : Samarobriva.

L’enceinte du Bas-Empire protège une superficie de 20 ha[7]. La prospérité de la cité la désigne aux premiers assauts des barbares, Alains, Vandales, Burgondes, qui s'emparent successivement d'Amiens[Quand ?].

Moyen Âge

Au Ve siècle arrivent les Francs sous la conduite de Clodion le Chevelu. Mérovée y est élu roi par ses compagnons d'armes et élevé sur le pavois en signe du pouvoir qui lui est conféré.

859 : la ville est pillée par les Normands.

882 : nouvelle attaque des Normands qui prennent la ville et incendient la cathédrale.

Amiens bénéficie, vers 1095, d'une ébauche d'organisation municipale ; la commune est jurée en 1113 avec l’accord de l’évêque, et reconnue par la suite par le roi de France[8]. D’autres villes de la région (Beauvais, Cambrai, Laon, Noyon, Saint-Quentin) l’ont devancée sur le terrain des libertés municipales. Le dimanche des Rameaux 1115, le roi Louis VI le Gros est présent à Amiens, pour soutenir l'évêque Geoffroi et les habitants contre le comte Enguerrand de Boves qui refuse de reconnaître l'institution communale.

Réunie à la couronne en 1185, puis donné à la Bourgogne par le Traité d'Arras (1435), Amiens est acquise par Louis XI en 1477.

En 1218, La foudre détruit les archives de l'évêché et celles du chapitre, et anéantit la cathédrale qui avait été reconstruite après l'invasion des Normands.

Le 23 janvier 1264, Saint Louis rend un arbitrage, le Dit d'Amiens, dans un conflit opposant le roi d'Angleterre Henri III à ses barons révoltés.

Époque moderne

En 1597 (11 mars), les Espagnols attaquent par surprise : les soldats du comte de Fuentes déguisés en paysans viennent devant les portes des ramparts avec des noix et des pommes. Les Amiénois affamés ouvrent alors les portes et les Espagnols entrent dans la ville et s'emparent de la cité. Après les six mois du siège d'Amiens, Henri IV reprend la cité, mettant fin à son autonomie de gestion.

Amiens est réputée au XVIIIe et XIXe siècle pour ses textiles dont le célèbre velours d'Amiens. La famille Cosserat est alors une des plus grandes familles de l'industrie textile amiénoise.

XIXe siècle

Au XIXe siècle, le chemin de fer occupe l'emplacement des anciens remparts.

Le 25 mars 1802, le Royaume-Uni et la France signent à la mairie d'Amiens un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition européenne contre la France.

Durant le XIXe siècle, Amiens tire profit du développement de l'industrie. La ville s'étend et se modernise. Les remparts sont démontés pour laisser place à de larges boulevards qui ceinturent le centre-ville. Sur les parcelles des Hospices d'Amiens, éloignés des faubourgs de Saint-Honoré et Saint-Acheul, nait le quartier Henriville. La rue de la République est créée et devient la rue du pouvoir et du savoir, avec l'érection de la bibliothèque municipale et du musée de Picardie, ainsi que l'installation de la Préfecture.

La première ligne de chemin de fer passant par Amiens est construite en 1848 : elle permet de relier la ville à Boulogne-sur-Mer[9]. Certains anciens fossés jouxtant les remparts sont utilisés pour le passage de voies de chemin de fer. Ce progrès modifie la géographie de la ville, qui tourne désormais le dos à la Somme, à l'instar de l'Hôtel de ville qui transfère son entrée de la place au fil, vers l'actuelle rue des Trois cailloux.

En 1849, comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure peut, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel. La ville est touchée en 1866 par une épidémie de choléra.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, la Somme est envahie par les Prussiens, on se bat pour Amiens qui est finalement occupée, tandis que la citadelle résiste quelques jours de plus.

Depuis 1900

En 1906, la CGT y tient un congrès historique, qui élabore la Charte d'Amiens.

La Première Guerre mondiale

Carré musulman de la nécropole nationale de Saint-Acheul. Au premier plan, tombe d'un soldat du 45e régiment de tirailleurs sénégalais tombé pendant la Bataille de la Somme

Amiens connaît des dégâts lors des deux guerres mondiales. Ville de l'immédiat arrière-front en 1914-1918, la ville subit une courte occupation en septembre 1914. De 93 000 habitants à l'entrée en guerre, la population passe à 110 000 pendant le conflit du fait de la présence des troupes alliées. Population et industries subissent de lourdes privations (gaz, charbon, pain…), qui engendrent plusieurs grèves, vingt-cinq rien que pour l'année 1917. Face aux bombardements réguliers, la municipalité met en place dès 1915 la protection des monuments historiques, comme la cathédrale. Fin mars 1918, une vague de bombardements intense détruit la gare du Nord, les Nouvelles Galeries et la Halle aux blés, entraîne l'évacuation de la population, et de la municipalité qui se réfugie à Neufchâtel-en-Bray.

En mars 1918, les allemands lancèrent l'opération Michael, qui fut stoppée par la Brigade de cavalerie canadienne (Lord Strathcona's Horse - Royal Canadians) le 4 avril à Villers Bretonneux et Moreuil. En aout, le corps expéditionnaire britannique du maréchal sir Douglas Haig dirige l'offensive qui deviendra la bataille d'Amiens. L'attaque est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens.

À la fin de la Première Guerre mondiale, on dénombre 7 000 maisons détruites et 3 000 endommagées, auxquelles s'ajoutent les pillages[10].

Un plan de reconstruction est engagé par Louis Duthoit, remplacé en 1921. L'État rejette en 1924 la demande de la municipalité de dommages de guerre. Une reconstruction moins ambitieuse débute en 1925, dont témoignent quelques façades art déco.

La Seconde Guerre mondiale

La reconstruction du centre-ville, déjà fortement touché en 1918, n'est pas terminée, que la ville est à nouveau sinistrée par les nombreux bombardements de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, en particulier en juin, lors de la bataille d'Amiens. Le 20 mai, la ville était tombée aux mains des Allemands de la 1re Panzerdivision. Le quartier bourgeois d'Henriville, le pittoresque quartier populaire de Saint-Leu, aujourd'hui réhabilité, et la cathédrale sont épargnés. En 1942, les premiers plans de reconstruction sont échafaudés par les officiers allemands, et par Pierre Dufau. En 1944, l'aviation britannique vise la prison lors de l'opération Jéricho, puis les voies ferrées. Amiens sort du conflit détruite à 60 %.

L'après-guerre

Articles détaillés : Tour Perret et Gare d'Amiens.

La ville est reconstruite sur les plans de Pierre Dufau : son plan de reconstruction et d'aménagement est adopté dès juillet 1942. Il repose sur la volonté d'améliorer la circulation par l'élargissement des rues et la densification des îlots. La place Gambetta est aménagée par l'architecte Alexandre Courtois, la place de la gare est conçue par Auguste Perret, comprenant sa fameuse Tour, Dufau se concentrant quant à lui sur la place du Marché et la place de la cathédrale[11].

Le vent de contestation qui souffle sur la France et dans le monde à la fin des années 1960, touche également Amiens. D'abord, une manifestation opposée à la Guerre du Viêt Nam est organisée le 21 octobre 1967. Ensuite, alors que la Maison de la Culture avait accueilli le ministre de l'Éducation nationale Alain Peyrefitte en mi-mars 1968, à l'occasion d'un colloque sur l'éducation, les étudiants amiénois emboitent le pas des événements parisiens en défilant les 6 et 7 mai.

Les ouvriers de la Somme rejoignent le mouvement de contestation le 17, tandis que le lendemain, les cheminots de Longueau bloquent les aiguillages. Les ouvriers de Férodo occupent leur usine à partir du 20 mai pour cinq semaines.

Sans connaître d'affrontements comparables aux nuits parisiennes, la ville est rapidement paralysée : l'absence de collecte des déchets ménagers donne aux rues des odeurs nauséabondes, et le département est à court d'essence à partir du 22. Face à ce mouvement de gauche, l'extrême-droite ne reste pas absente : alors que des militants avaient lancé un engin explosif sur la permanence communiste de la ville le 23 décembre 1967, des membres d'Occident s'opposent aux étudiants le 21 mai, devant le cinéma Picardy. Dans la nuit du 27 au 28 mai, les étudiants tentent de prendre la Maison de la Culture. Au lendemain de l'allocution de De Gaulle, ses partisans amiennois défilent le 31 mai, tandis que la reprise s'engage la semaine suivante. La Loi Faure promulguée, l'Université d'Amiens est créée le 26 octobre suivant[12].

Depuis les années 1970

Dans les années 1970, la ville achète peu à peu les maisons du quartier Saint-Leu et le rénove dans les années 1980. Dans les années 1990, le parc Saint-Pierre est réaménagé et une partie l’Université de Picardie s'installe dans de nouveaux bâtiments, au pied de la cathédrale, tandis que le quartier nord fait l'objet d'aménagements importants. Ces quinze dernières années[Quand ?], la ville s'est également développée à travers le quartier commercial de la Vallée des vignes, au sud de la ville.

Depuis 2006, un vaste programme de réaménagement du quartier de la gare, le projet Gare la Vallée, est en cours[13]. Depuis juin 2008, la vaste transformation architecturale de la place de la gare permet de faciliter l'accès à la gare aux personnes à mobilité réduite et d'assurer une continuité piétonne entre l'hôtel de ville et cette dernière, au prix d'une polémique sur la qualité de la mise en valeur de l'œuvre de Perret.

Vie militaire

Unités ayant été stationnées à Amiens :


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