Burgondes

Les Burgondes sont un peuple germanique appartenant au rameau ostique[1], probablement originaire l'île de Bornholm dans la mer Baltique[note 1].

Le nom de ce peuple apparaît pour la première fois au premier siècle de notre ère, sous la plume de Pline l'Ancien[note 2]. Cet écrivain romain le localise alors sur l’Oder, dans l'actuelle Pologne.

Le peuple burgonde participe aux invasions et migrations de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, période durant laquelle il s'établit durablement dans le sud-est de la Gaule comme peuple fédéré de l'Empire romain.

À la fin du Ve siècle, profitant de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, les Burgondes fondent un royaume qu'ils étendent vers la Suisse romande actuelle et le quart sud-est de la Gaule. Cependant, dès 534, le royaume des Burgondes est intégré au royaume des Francs mérovingiens, dans le cadre duquel, à la fin du VIe siècle, il prend le nom de regnum Burgundiæ (« royaume de Burgondie » ou « royaume de Bourgogne »), dont est issu le nom actuel de la Bourgogne.

Le particularisme burgonde, fondé sur la politique tolérante et habile d'harmonie inter-ethnique suivie par les rois burgondes, notamment Gondebaud, promulgateur de la loi gombette, se perpétue au Moyen Âge en un « sentiment national bourguignon », selon l'expression de Maurice Chaume[2].

Sommaire

Les origines

Les Burgondes près de la Vistule (Ier-IIIe siècles)

Pline l'Ancien écrit en l’an 78 que le peuple burgonde est localisé sur l'Oder[3], donc dans l'actuelle Poméranie. Plus précisément, son territoire aurait à cette époque été délimité à l'est par la Vistule, à l'ouest par la Warta jusqu'à sa confluence avec la Noteć, au nord par la vallée de la Noteć et au sud par le territoire des Ruges[4].

Au IIe siècle, le géographe Claude Ptolémée[5] les situe entre l'Oder et la Vistule[6].

Selon l'historien Jordanès, ils occupent le même territoire en l’an 245[7].

Peu après, ils migrent vers le sud-ouest[6], déplacement au cours duquel ils se heurtent, aux Gépides du roi Fastida qui leur fait subir une grave défaite et il semble même que l'existence de leur pays prit fin, mais même fortement diminué le tronc du peuple burgonde persistait ajoute Katalin Escher[8].

Jordanès raconte cet épisode comme suit[9]  :

« Donc, comme nous le disions, Fastida, souleva sa paisible nation et étendit par les armes les frontières de sa patrie. Il massacra en effet les Burgondions au point de presque les anéantir et se rendit maître de plusieurs autres nations. En provoquant aussi à mauvais escient les Goths, il viola le premier le lien du sang en suscitant un conflit qui n'aurait pas du être, exalté qu'il était par l'orgueil démesuré dont il était bouffi. Tandis qu'il entreprenait d'ajouter des terres à son peuple qui croissait, il diminuait le nombre des habitants de sa patrie. »

— Jordanès, Getica, XVII

Katalin Escher[10] préfère écrire que les Burgondes, établis à cette époque (entre 244/49 et 251 environ) entre La Vistule et l'Oder, furent attaqués par le peuple voisin des Gépides.

Il est possible aussi que ce soit cette défaite qui a entraîné leur mise en mouvement vers l'ouest[11], ils passèrent l'Oder et s'installèrent quelque temps près de l'Elbe.

Les Burgondes en Germanie (IIIe-IVe siècles)

Répartition des peuples germaniques au Ier siècle ap. J.-C.

Cette période n'est pas très bien connue. Les Burgondes sont cités par quelques auteurs, mais il est possible que les chroniqueurs romains des campagnes militaires ne les distinguent pas toujours des Alamans dont ils paraissent avoir été assez proches. Par ailleurs, des fouilles réalisées en Allemagne au cours des cinquante dernières années ont révélé deux sites burgondes[réf. nécessaire] en Germanie, antérieurement à l'entrée en contact avec l'Empire romain.

Les sources

Zosime (Ve siècle)

L'historien byzantin du Ve siècle, Zosime évoque les Burgondes à une époque très éloignée de lui. L'épisode qu'il relate se place en l'année 278, et se déroule dans une zone frontalière de l'Empire près du Danube. Katalin Escher[12] et J. Favrod[13] précisent que l'action s'est déroulée sur la rive du « Ligos », identifié comme le Lech, cours d'eau affluent du Danube. Quelques décennies après l'épisode de la guerre gépide, les Burgondes avaient continué leur migration vers le sud-sud-ouest et se trouvaient face au territoire des Alamans. Dans le récit que Zosime fait de l’expédition de l'empereur romain Probus en 278, en Gaule, l'historien byzantin raconte que les Burgondes alliés aux Vandales dirigés par le roi vandale Igillos, les Barbares ont été battus par Probus[6]. Probus s’est emparé d’ Igillos[6], et a déporté de nombreux prisonniers vandales et burgondes en Bretagne[14] (actuelle Grande-Bretagne). Zosime écrit :

« Les Romains provoquaient au combat les Barbares établis sur l'autre rive : irrités par ces démonstrations, tous ceux qui en furent capables traversèrent le fleuve ; mais les légions leur tombant sur le dos, les Barbares furent en partie massacrés, tandis que les autres furent pris vivants par les Romains. Le reste demanda de conclure un accord, en offrant de rendre aussi bien le butin que les prisonniers de guerre qu'ils se trouvaient avoir en leur possession, mais lorsque leur demande eut été agréée, ils ne rendirent pas tout ; l'empereur, indigné par ce procédé, les attaqua tandis qu'ils se retiraient et leur infligea le châtiment qu'ils méritaient en les massacrant et en s'emparant de leur chef Igillus vivant ; il fit conduire en Bretagne tous les barbares qu'il réussit à faire prisonniers ; ceux qui étaient établis dans cette île devinrent utiles à l'empereur lors d'un insurrection »

— Zosime, Histoire Nouvelle, Livre I. Cité par Katalin Escher, Les Burgondes, p. 10.

Claudius Mamertin (fin IIIe siècle)

Le rhéteur Claudius Mamertin parle des Burgondes dans le Panégyrique I de l’empereur Maximien Hercule, prononcé à Trèves le 21 avril 289. Énumérant les peuples qui ont ravagé la Gaule et qui ont été combattus par Maximien Hercule, il cite les Burgondes unis aux Alamans et à d'autres peuples. Claude Mamertin évoque en ces termes les Burgondes :

« ... alors que tous les peuples barbares menaçaient la Gaule entière de la destruction et que, avec les Burgondions et les Alamans, les Chaibones et les Hérules aussi, les plus redoutables des Barbares et les plus éloignés de nous, s'étaient rués d'un élan impétueux sur nos provinces... »

— (Panégyrique II [10], 5) cité par Katalin Escher, Les Burgondes, p. 10

Dans un autre Éloge de Maximien Hercule[15],[12] de 292, Claudius Mamertin indique que les Burgondes se sont emparés des terres des Alamans mais ont ensuite subi une défaite. Extrait du discours de Mamertin adressé à Maximien entre 291 et 293 à Trèves mentionnant la présence des Burgondes[16]:

« ...Les Goths exterminent complètement les Burgondes[note 3] et, à leur tour, les Alamans ainsi que les Tervinges s'arment pour la défense des vaincus ; une autre partie des Goths, avec l'aide d'un corps de Taïfales, fond sur les Vandales et les Gépides. (...) Les Burgondions ont occupé le territoire des Alamans, mais il leur en a coûté à eux aussi de lourdes pertes. Les Alamans dépossédés de leurs terres cherchent à les récupérer »

— (Panégyrique III), cité par Katalin Escher, Les Burgondes, p. 10.

Ammien Marcellin (IVe siècle)

L’historien Ammien Marcellin apporte des informations sur des évènements qui se sont déroulés en 359, date à laquelle l'empereur Julien dirigea une expédition contre les Alamans. Ammien Marcellin écrit que Julien ayant franchi le Rhin, il pénétra profondément sur leurs terres et atteignit le lieu « appelé Capellati ou Palas. Là se trouvent les bornes qui marquent la limite des territoires des Alamans et des Burgondes »[17],[note 4] puis vers 369, 370[note 5]. A cette époque, les Alamans et leur roi Macrien tiennent les Romains en alarme par leurs attaques incessantes. L'empereur romain Valentinien Ier, fait appel aux Burgondes, « ... dont la vaillante et inépuisable jeunesse était l’effroi de tous voisins et peuple qui est par là redoutable pour tous ses voisins. » et qui sont alors en conflit avec les Alamans pour des questions tenant à la délimitation des frontières et la propriété de salines. Romains et Burgondes envisagent une action concertée pour vaincre les Alamans. Les Burgondes mettent sur pied l’élite de leur troupe et un corps de 80 000 soldats descend sur les bords du Rhin. L’empereur romain « n’était pas au rendez-vous et rien n'indiquait un commencement de sa promesse ». Les Burgondes, indignés et furieux de la tromperie des Romains regagnèrent leurs terre natale après avoir massacrer tous les prisonniers.

Dans son récit, Ammien Marcellin donne aussi quelques indications sur l'exercice de l'autorité au sein du peuple burgonde.

Exercice du pouvoir et religion

Selon Ammien Marcellin, à cette époque, le peuple des Burgondes, composé de plusieurs clans, n'avait pas de roi. Chaque clan avait deux chefs de même rang à sa tête ; l’un militaire et politique qui porte le nom générique de hendinos, l’autre religieux nommé sinistus. Le hendinos a la responsabilité de la prospérité et de la réussite du peuple mais il peut être déposé « si la fortune l'abandonne à la guerre ou si la récolte vient à manquer ». Le grand-prêtre Sinistus est nommé à vie. À cette époque les Burgondes sont païens.

Extrait du récit d'Ammien Marcelin :

« Le nom générique du roi chez ce peuple est Hendinos. La coutume nationale veut qu'il soit déposé si la fortune l'abandonne à la guerre, ou si la récolte vient à manquer. Les Égyptiens rendent aussi leur gouvernement responsable des mêmes circonstances. Chez les Burgondes le grand-prêtre s'appelle Sinistus et il est lui, nommé à vie sans se trouver exposé à aucun risque, comme le sont les rois »

— Ammien Marcelin, Histoire, Livre XXVIII

Les migrations successives. Synthèse

Kreuzwertheim, lieu d'implantation d'une fortification burgonde élevée vers la fin du IVe siècle dans un méandre du Main

Katalin Escher[10] indique que les spécialistes admettent qu'à la première moitié ou du milieu du IIe siècle, le territoire des Burgondes serait délimités à l'est par la Vistule ; à l'ouest, par la Warta jusqu'à son confluent avec la Notec ; au nord, par la vallée de la Noteć et au sud par le territoire des Lugiens. C'est ce territoire qui est attesté comme le berceau de ce peuple où il serait resté pendant environ deux siècles et demi. Le peuple burgonde se déplaça par migration successives. Les historiens Justin Favrod et Katalin Escher[18],[12] estiment qu'après avoir quitté la région Oder-Vistule, les Burgondes sont sur l’Elbe vers 270 ; ils sont alors associés aux Vandales.

À la fin du IIIe siècle, ils s'installent sur le Main[19],[12]et se trouvent au contact des Alamans, avec lesquels des relations difficiles s'établissent, comme l'attestent Claudius Mamertin et Ammien Marcellin. Ils séjournent un peu plus d'un siècle dans la vallée du Main.

La période qui suivit la descente sur le Rhin (370/373) jusqu'à l'invasion de la Gaule par les peuples Barbares (406/407) reste une partie obscure de l'histoire burgonde. Katalin Escher[20]écrit que c'est pendant cette période que les Burgondes acquirent de nouveaux territoires et qu'un personnage unique, le roi tribal de la fin du IV siècle Gibica, personnage historique, ou son successeur Gundahar (mentionné en 412) qui est probablement son fils (ou son neveu ou son petit-fils indique Katalin Escher) unifia les clans sous son autorité. Gundahar, écrit-elle, pourrait déjà avoir régné en 406[20].

En ce qui concerne l'Empire romain, les Burgondes sont à plusieurs reprises en conflit avec lui, à l'occasion de tentatives d'incursions, mais vers 369-370, ils font alliance avec les Romains contre les Alamans.

L'archéologie des Burgondes a permis de mettre en évidence l'existence d'un établissement fortifié de ce peuple datant de la fin du IVe siècle à Kreuzwertheim sur l'avancée rocheuse du Wettenburg, dans un méandre du Main[21].

Les Burgondes dans l'Empire romain : les royaumes fédérés

L'Empire d'Occident après la mort de Théodose

La dynastie théodosienne (395-455) et le gouvernement des magistri militum

Après la mort de Théodose en 395, le titre impérial reste dans sa famille jusqu'au milieu du Ve siècle, avec ses fils Arcadius en Orient et Honorius en Occident (jusqu'en 423). A Honorius succède son neveu Valentinien III, fils de Galla Placidia et du général romain Constance.

Mais dans l'Empire d'Occident, les véritables maîtres du pouvoir sont les commandants en chef, dotés du titre de magister militum et de patrice : ce sont successsivement Stilicon (déjà présent sous Théodose), Constance, élevé au titre d'Auguste en 421, mais décédé peu après, puis Aetius.

Le règne d'Honorius est marqué par l'abandon de la Bretagne en 407, ainsi que par l'invasion de l'Italie par les Wisigoths d'Alaric que Stilicon ne parvient pas à empêcher. Après l'assassinat de Stilicon en 408, Alaric réusssit (410) à prendre et à piller Rome, ville d'ailleurs sans intérêt stratégique, ni politique, puisque la résidence impériale est à Ravenne. Constance parvient à refouler les Wisigoths vers la Gaule et à les cantonner comme fédérés en Aquitaine.

D'une façon générale, Constance parvient à rétablir plus ou moins l'ordre en Gaule, envahie à partir de 406 par les Barbares, (Vandales, Alains, Suèves et une participation des Burgondes), et où ont eu lieu une série de tentatives d'usurpation (Constantin III, Jovin) ; en 418, un édit[22] réorganise les assemblées provinciales en leur donnant pour lieu de réunion Arles, siège depuis quelques années de la préfecture du prétoire des Gaules (à la place de Trèves, trop exposée).

Son œuvre en Italie et en Gaule est poursuivie par Aetius, qui en revanche est obligé d'abandonner le contrôle de l'Afrique aux Vandales de Genséric. Aetius réussit à mater les fédérés burgondes en 437, à contrôler les Francs saliens de Clodion, et surtout à écarter la menace hunnique en 451.

Le gouvernement de Ricimer (456-472) et de Gondebaud (472-474)

Dans cette période, les empereurs ne sont plus que les créatures du commandant en chef qui succède à Aetius, Ricimer. La période du gouvernement de Ricimer est très favorable aux Burgondes, puisqu'il est le beau-frère du roi Gondioc. Dans les années 460, Gondebaud, fils de Gondioc, est formé auprès de Ricimer et lui succède en 472. Il ne parvient pas cependant à maintenir son pouvoir, face à l'empereur d'Orient Zénon, qui impose Julius Nepos à la place du candidat de Gondebaud, Glycérius.

Le gouvernement d'Oreste et l'intervention d'Odoacre

Julius Nepos est renversé en 475 par le nouveau commandant en chef, Oreste, qui place sur le trône son fils, Romulus Augustule. Mais il chute à son tour suite à une action originale d'Odoacre, chef des Skires et général romain, qui, après avoir déposé Romulus, ne le remplace pas, mais renvoie à Zénon les insignes impériales.

Le royaume de Worms (411-436) : Gondicaire

Au début de l'année 407 le monde barbare s'ébranle de toute part. Vandales, Suèves et Alains venus des frontières d'Asie franchissent le Rhin gelé près de Mayence et déferlent sur la Gaule soumise au pillage. Les Burgondes qui, à cette époque, se trouvaient dans la vallée du Main et touchaient déjà peut-être le Rhin, sont entraînés à leur suite et participent aux saccages. Mayence et Worms sont détruites. Vandales, Suèves et Alain traversent la Gaule multipliant les atrocités pour atteindre deux ans après le territoire de la péninsule ibérique. Vandales et Alains passent même en Afrique du Nord qu'ils atteignent en 429. Les Burgondes ne s'éloignent pas de la frontière du Rhin[23]. D'après Katalin Escher, les Burgondes auraient occupé un territoire situé à proximité de Mayence, à la confluence du Main et du Rhin, sur la rive gauche du Rhin dans la province de Germanie supérieure (correspondant à l'actuel Rhénanie-Palatinat). Une branche du peuple alain, à la tête duquel était le roi Goar aurait fait de même.

Ils entretiennent des relations étroites avec les Romains et avec les Alains. Selon l'historien grec Olympiodore de Thèbes[24], Gondicaire, (Gundahar), chef des Burgondes, et Goar[note 6], chef des Alains, favorisent l'élection de l'usurpateur Jovin comme empereur en 411, dans une ville que l'on pense être Mayence,(Moguntiacum). Olympiodore de Thèbes, historien écrit cette phrase :

«  À Mundiacum (Il s'agit probablement de Moguntiacum, Mayence, même si cette ville se trouve en Germanie Première), en Basse-Germanie, (Germanie Seconde), Jovinus, grâce aux intrigues de l'Alain Goar et de Gunthiarus, qui tenait l'emploi de phylarque des Burgondes, fut proclamé tyran. »

— Olympiodore, Fragmenta, 17

Burgondes, Alains, Alamans, Francs et de nombreux nobles gaulois fournissent des troupes à Jovin qui deviennent ainsi des auxiliaires romains et les chefs des officiers romains[25]. « Après avoir fourni des troupes à Jovin, le roi burgonde aurait pu s'installer dans la ville de Vangiones (Worms) comme le haut officier de l'armée romaine qu'il était en réalité », explique Katalin Escher[25]. Le roi burgonde, d'après Katalin Escher[23] « avait des raisons de considérer que son armée était désormais fédérée, et que les territoires dans le coude du Rhin leur étaient attribués légalement. » Jovin et ses frères se font battre par l'armée officielle à Valence. Le vainqueur de Jovin, Constance III entérina la situation des Burgondes. D'après les Chroniques de Cassiodore et de Prosper Tiro d'Aquitaine , « Les Burgondes ont reçu en concession en 413 une partie de la Gaule près du Rhin, (Burgondiones partem Gallia Rheno conjuctam tenere) ». L'année 413 est considérée par la majeure partie des historiens comme la date d'attribution d'un fœdus[note 7] aux Burgondes et date officielle du séjour des Burgondes sur le Rhin. La tradition « transmise principalement par la littérature héroïque germanique a fait de Worms la capitale de ce royaume, mais les sources contemporaines n'établissent pas de lien entre cette ville et les Burgondes ». Le « royaume burgonde » n'en était pas moins constitué dans la vallée du Main depuis presque un demi-siècle et l'attribution d'un fœdus n'a pas provoqué un mouvement de migration massive. D'après Katalin Escher, il est vraisemblable que seule l'élite burgonde, constituant l'armée fédérée, s'installa dans le fœdus[26].

Les Burgondes, plus ou moins fédérés, avaient la jouissance de la partie de la Gaule près du Rhin et gardaient la portion de frontière le long du Rhin. L'historien ecclésiastique Socrate, (Ve siècle), témoigne que les Burgondes, restés à l'est du Rhin, les plus exposés, étaient constamment harcelés par les incursions des Huns[27]. Dans les années 428/429, le roi des Burgondes sur les deux rives du Rhin, Gondicaire, réussit à les vaincre. Le chef des Huns, Octar, (Optar ou encore Oktar), oncle d'Attila perdit la vie dans cette campagne[26].

Dans le chapitre 30 du livre VII intitulé Les Bourguignons embrassent la Religion Chrétienne, Socrate le Scolastique relate en ces termes la victoire des Burgondes sur les Huns conduits par Oktar :

« [...] Le roi des Huns, dont le nom était Optar (Oktar), ayant suffoqué une nuit pour avoir englouti trop de nourriture, Les Burgondes se précipitèrent subitement sur les Huns privés de chef, et ayant à quelques-uns attaqué un grand nombre, remportèrent la victoire. En effet, alors qu'ils n'étaient pas plus de trois mille hommes, ils massacrèrent environ dix mille Huns. [...] »

— Socrate le Scolastique, Histoire de l'Église, livre VII, chapitre XXX.

C'est la création d'un État à l'intérieur de l'Empire roman, qui transforme la fonction d'hendinos[28]. Les textes concernant cette époque ne parlent que d'un seul chef, désigné comme phylarchos par Olympiodore, comme rex par Prosper Tiro (436)[29], qui est Gondicaire comme chef[30], successeur de Gibica[31].

La fin du royaume de Worms

En 435, Gondicaire veut élargir les frontières de ses domaines et attaque la province de Belgique première . Les Burgondes atteignent la région Toul et de Metz, mais ils sont alors arrêtés par le patrice Aetius, le « maître de la milice » et généralissime de Valentinien III appuyé par ses auxiliaires hunniques. Plusieurs sources, complémentaires mais aussi contradictoires, font état d'une nouvelle et terrible défaite survenue l'année suivante qui faillit les anéantir complètement et au cours de laquelle toute l'élite burgonde et leur roi Gondicaire perdit la vie. L'opinion des historiens diverge dans l'attribution de ce quasi anéantissement. S'agissait-il d'un triomphe d'Aetius sur les Burgondes, le généralissime fusse-t-il aidé par des auxiliaires hunniques ou au contraire s'agissait-il d'un conflit purement hunno-burgonde ? Quelques auteurs, dont Katalin Escher, admettent que la version de Prosper Tiro d'Aquitaine est la plus fiable et que l'anéantissement de l'armée burgonde en 436/437 résulte d'un fait d'armes qui opposa les Huns aux Burgondes ; fait d'armes qui s'insère dans une logique à la fois d'expansion et de vengeance des Huns après leur défaite de 428. Prosper Tiro d'Aquitaine relate la défaite des Burgondes en ces termes :

« En ce temps là, Aétius vainquit Gundicaire roi des Burgondes habitants en Gaule, et accorda la paix à ces supplications, mais celle-ci fut de peu de durée, puisque les Huns l'anéantirent avec son peuple »

— Prosper Tiro d'Aquitaine, Chroniques, 1322

La terrible défaite de 436/437 et la mort de Gondicaire a constitué une véritable coupure dans l'histoire des Burgondes. Elle a eu pour conséquence la fin de son royaume de Worms, dont le territoire revient sous le contrôle direct des Romains.

Cet épisode tragique de l'histoire burgonde est un des fondements de la légende des Nibelungen.

Conversion au christianisme

Dans les premiers temps de leur séjour sur le territoire romain, le christianisme se répand parmi les peuples barbares, Goths et Vandales, à la voix de l’évêque arien[note 8] Wulfila, (ou Ulfila), dépêché aux Goths vers les années 340 et traducteur de la bible en langue gotique. Les sources[32] apportent des témoignages contradictoires à la forme de christianisme - catholique ou arien- adoptée par les Burgondes lorsqu'ils ont délaissé le paganisme et soulèvent une controverse parmi les historiens. Socrate parle de la conversion des Burgondes au catholiscisme  :

« Comment, sous le principat de Théodose le Jeune, les Burgondes ont embrassé la religion chrétienne. Il y a une nation barbare, résidant outre-Rhin, ceux qui sont appelés Burgondes. [...] Les Huns, qui faisaient souvent irruption sur leurs territoires, dévastaient leur contrée et tuaient beaucoup des leurs. Et ainsi les Burgondes, réduits à l'impuissance, n'implorèrent l'aide de nul être humain, mais résolurent de s'en remettre à quelque dieu. Et comme ils avaient remarqué que le Dieu des Romains prêtait une assistance très sûre à ceux qui révèrent sa puissance, tous unanimes se confièrent à la foi du Christ. Se rendant aussitôt dans quelque cité de la Gaule, ils demandent à l'évêque de recevoir le baptême chrétien. Celui-ci, quand il les eut fait jeûner sept jours et les eut instruits des rudimens de la foi, les renvoya enfin baptisés le huitième jour. [...] Depuis ce temps, la nation des Burgondes a professé avec le plus grand zèle la religion chrétienne. [...]  »

— Socrate le Scolastique, Histoire de l'Église, livre VII, chapitre XXX.

Orose parle de la conversion des Burgondes :

« [...] bien que, par la providence de Dieu, tous étant depuis peu devenus chrétiens dans la foi catholique et ayant accueilli les membres de notre clergé pour se soumettre à eux, ils vivent avec douceur, avec tranquillité et sans faire le mal, regardant les Gaulois non comme des sujets, mais vraiment comme des frères chrétiens »

— Orose, Histoire, 32

Plus tard, alors que les Burgondes occupent la vallée de la Saône et du Rhône, Avit de Vienne et Grégoire de Tours indiquent que l'arianisme est bien implanté chez les Burgondes. Katalin Escher indique[33] que l'explication qui semble la plus rationnelle est de considérer que les Burgondes se sont convertis du paganisme au catholicisme dans le royaume rhénan et qu'un arianisme est apparu dans le royaume rhodanien.

Les Burgondes demeureront adeptes du christianisme arien jusqu'au règne de Sigismond au début du VIe siècle.

La conversion des Burgondes au christianisme fait disparaître le pouvoir du siniste.

Un foedus en Sapaudia (vers 440-476) : Gondioc et Chilpéric

Le nouveau foedus

L'auteur anonyme de la chronique historique dite Chronica Gallica de 452, a noté d'une façon brève et laconique l'évènement suivant pour le vingtième année du règne de Théodose en occident (année 443) :

« Sapaudia Burgundionum reliquiis datur cum indigenis dividenda ce qui est traduit par : La Sapaudia est donnée à ce qui reste des Burgondes pour être partagée avec les indigènes »

— Chronica Gallica ad 452, éd. Th. Mommsen, dans les Monumenta Germaniae historica, Auctorum antiquissimorum, t. IX, p. 660.

La Sapaudia[34], a son nom qui survit dans celui de la Savoie, mais sa localisation est différente. Les recherches récentes en définissent l'aire comprise entre l'Ain, le Rhône, le lac Léman, le Jura et l'Aar (partie méridionale de la Maxima Sequanorum), voire un territoire s'étendant dans le bassin de l'Aar jusqu'au Rhin, correspondant aux cités gallo-romaines de Genève, Nyon et Avenches)[note 9].

Après leur sanglante défaite de 436/437 le peuple burgonde avait perdu sa dynastie royale, son encadrement et son armée. Une partie des Burgondes de l'est de Rhin dut se soumettre aux Huns et devint l'un de leur peuple auxiliaire[35]. Une autre partie des survivants, peu après la bataille de 436/437 dut s'enfuir et se réfugier dans l'Empire en suivant une route qui les amena sur le bord du lac Léman dans la région que l'époque dénomme Sapaudia à une date qui doit être des années 438/439[36]. Les historiens font trois interprétations de cette installation. La plus répandue est que Aetius transféra les « restes des Burgondes » dans un nouveau territoire. Une autre interprétation est qu'Aetius permit aux Burgondes de s'installer en Sapaudia. L'interprétation émise par Katalin Escher est que les Burgondes sont arrivés en Maxima Sequanorum (Grande Séquanie), dans la partie septentrionale de la Sapaudia avec l'autorisation d'Aetius. L'attribution de l'ensemble de la Sapaudia, en tant que foedus, à statut militaire, intervint six à sept ans plus tard, en 443, quand régénérés, ils furent à nouveau capables de fournir une armée[37], avec mission de défendre cette portion de frontière de la Gaule. Les sources anciennes donnant le nombre de Burgondes installés en Sapaudia sont suspectées d'exagération. Les spécialistes s'accordent pour dire que la population burgonde représentait quelques dizaine de milliers de personnes. J. Favrod[38] donne environ 25 000 burgonde et Katalin Escher indique[36] entre 25 000 et 50 000 pour les estimations les plus optimistes.

Les Burgondes ont maintenant la mission de contenir la pression des Alamans qui menacent les cités de Langres, Bâle et Besançon et de sécuriser l'axe Rhin-Rhône et les cols alpins, couloirs essentiels de circulation des Gaules vers Rome.

Dans cette nouvelle contrée, les guerriers burgondes s'installent selon le principe de l'« hospitalité », qui a longtemps été conçu comme entraînant la répartition des biens-fonds entre les propriétaires et leurs « hôtes »[39], mais qui n'est peut-être qu'un partage entre l'État et les « hôtes » des impôts sur les terres et les esclaves[note 10]..

Les règnes de Gondioc et de Chilpéric Ier

Le royaume burgonde dans la deuxième moitié du Ve siècle

Dans les années suivantes, les Burgondes servent loyalement l'autorité romaine. En 451, aux Champs Catalauniques, ils apportent leur concours à Aetius contre les Huns d’Attila.

En 454, Aetius tombe sous les coups de l'empereur Valentinien III. L'Empire romain d'Occident est à l'agonie.

Les Burgondes sont dirigés par les deux fils de Gondicaire, Gondioc et Chilpéric, qualifiés tous deux de roi. Gondioc a sa cour à Lyon et Chilpéric Ier à Genève. « Les Burgondes avaient adopté un système successoral nommé par les modernes « tanistry » »[40] : les fils régnent ensemble et le pouvoir ne passe à un membre de la génération des petits-fils qu'après la mort du dernier fils.

À Ravenne, à la cour impériale, ils bénéficient de l'appui du patrice Ricimer, qui dirige véritablement l'Empire, faisant et défaisant les empereurs, qui est le beau-frère de Gondioc.

En 456, les deux rois burgondes entreprennent une expédition en Espagne afin de porter assistance au roi wisigoth Théodoric II dans la guerre contre les Suèves, qui sont vaincus dans une bataille près d'Astorga.

L'alliance à la fois familiale et politique entre Gondioc et Ricimer fait la fortune des Burgondes et joue un grand rôle dans l'extension de leur territoire. Ricimer, aux prises en Gaule avec la rébellion d'Ægidius, achète leur concours par des concessions territoriales[réf. nécessaire]. Pour prix de sa fidélité, Gondioc est récompensé par Ricimer qui l'élève, sous l'empereur Libius Severus, au rang de « maître de la milice des Gaules » (Magister militum Galliarum) et ajoute de nouvelles provinces à ses états. Par son titre de Magister militum Gondioc disposait des forces romaines en Gaule.

Gondebaud, un des quatre fils de Gondioc, séjourne à de la cour impériale à la fin des années 460 et au début des années 470. Avant de mourir en septembre 472, Ricimer obtient pour lui de l’empereur Olybrius la dignité de patrice[41]. Investi de ce titre, Gondebaud porta Glycerius sur le trône de l'Empire d'Occident (3 mars 473).

Revêtus des hautes dignités romaines qui leur donne le seul titre de légitimité auquel ils pouvaient prétendre sur leur sujets romains[42], les rois burgondes disposent des pouvoirs civil et militaire d'origine romaine dans le quart sud-est de la Gaule.

Gondioc meurt après 463[43]).

La mort de Gondioc permet à son frère cadet Chilpéric (Chilpéric l'Ancien) d’exercer seul le pouvoir. Comme Gondioc, il a reçu le titre de « maître de la milice des Gaules » qui lui donne une légitimité aux yeux des Gallo-Romains. Il s'installe à Lyon. Profitant de la faiblesse de l'Empire, il pousse les frontières du royaume en direction de la Méditerranée, mais en 476, face au roi Wisigoth Euric, il ne réussit pas à s'emparer des villes d'Arles et de Marseille[44]. Conscient de la faiblesse numérique des Burgondes, il veille, comme l'avait fait son frère aîné, à maintenir une bonne harmonie entre ses sujets burgondes et ses sujets gallo-romains, préparant la voie d'une future fusion entre les deux communautés.

Chilpéric Ier meurt probablement vers 476[réf. nécessaire].

L'extension du territoire burgonde

Les Burgondes commencent par s'étendre vers l’ouest. En 457, la Gaule est agitée par le conflit entre partisans et adversaires de l'empereur Majorien, que Ricimer vient de placer sur le trône. Selon Justin Favrod[45], c'est pendant l’été 457 que le Valais, la Tarentaise, les cités de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble et Lyon, la vieille capitale des Gaules, se livrent aux Burgondes[46].

Marius d'Avenches écrit : « Les Burgondes occupèrent une partie de la Gaule et partagèrent les terres avec les sénateurs gaulois » et Frédégaire : « [...], les Burgondes furent invités par les Romains ou les Gaulois qui habitaient la Lyonnaise à s'établir parmi eux avec femmes et enfants, pour leur permettre de ne plus pays le tribut à l'Empire[47] ».

Ægidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprend aussitôt Lyon mais il abandonne aux rois burgondes leurs nouvelles terres.

Lyon revient aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric Ier s’en empare, à la même époque que la cité de Vienne. Il profite probablement des troubles qui secouent l'Empire d’Occident entre 469 et 475 pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les cités de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon deviennent burgondes. Ces conquêtes sont reconnues par l'empereur Népos.

A ce moment, le royaume burgonde comprend vingt-cinq cités qui forment son territoire définitif[48] : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lyon, Genève, Windisch, [[Octodurum (Martigny, en Valais]], Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt.

Le royaume burgonde touche, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s'étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire.

Au sud de la Durance, la domination burgonde est intermittente : Marseille, Arles et la Provence sont gagnés vers 484[réf. nécessaire], mais perdus après la guerre contre les Francs[réf. nécessaire].

Le nom de Burgundia apparaît dans une lettre de Cassiodore rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand, peut-être pour désigner le royaume des Burgondes[49]. Mais Reinhold Kaiser[50], pense que Burgundia ne désigne ici que les Burgondes ; le sens territorial n'apparaît que dans Marius d'Avenches, à propos de la conquête du royaume par les Mérovingiens en 534, puis dans Grégoire de Tours.</ref> dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

Le royaume des Burgondes

Les débuts (476-501) : les fils de Gondioc

La fin de l'Empire d'Occident (476)

La fin de l'Empire d'Occident introduit un certain nombre de changements.

Les droits de l'Empire d'Occident sont transférés à l'Empire d'Orient, mais de façon assez formelle : c'est de facto la fin du statut de fédéré, déjà théorique depuis un certain temps. Il arrive cependant que l'empereur d'Orient confère des titres romains aux rois germaniques. Dans les années 530, Justinien lancera une tentative de reconquête de l'Occident, mais le royaume burgonde aura déjà perdu son indépendance.

Un changement plus important est l'effondrement de l'armature administrative romaine au-dessus du niveau des cités, devenues sièges épiscopaux. Le dernier préfet du prétoire des Gaules, nommé en 475, maintient la fonction seulement jusqu'en 477. Cela entraîne un élargissement du rôle des rois fédérés, désormais responsables non seulement des leurs guerriers "barbares", mais aussi des citoyens romains (tous les hommes libres de l'Empire depuis l'édit de Caracalla en 212) qui vivent dans leur ressort territorial, ainsi que de leurs familles. Ils ont désormais la disposition des bâtiments administratifs romains : en ce qui concerne les Burgondes, ceux de Lyon, capitale des Trois Gaules, et de Vienne, capitale de la province de Viennoise première.

Le principal changement est d'ordre géopolitique : les peuples fédérés ne sont plus confrontés seulement aux envahisseurs potentiels de l'Empire, mais aux autres fédérés d'Occident, sans pouvoir compter sur la protection d'une instance supérieure. En 476, les Burgondes ont pour voisins, outre les Alamans, le royaume d'Odoacre en Italie (conquis par les Ostrogoths de Théodoric le Grand vers 490), les Wisigoths d'Euric en Aquitaine (capitale : Toulouse), et un reliquat romain entre la Loire, la Somme et la Germanie, le royaume de Syagrius (capitale : Soissons). Au nord de la Gaule, se trouvent les Francs, alors répartis en deux groupes : les Francs Rhénans (capitale : Cologne) et les Francs saliens, répartis entre plusieurs chefferies, notamment les "royaumes" de Tournai (Childéric) et de Cambrai.

En 481, le fils de Childéric, Clovis, devient roi de Tournai. En 486, il s'empare du royaume de Syagrius, devenant à son tour voisin des Burgondes. Il unifie ensuite l'ensemble des Francs sous sa direction.

La succession de Chilpéric Ier

Chilpéric Ier disparaît dans les années 476-480, apparemment sans descendance. La succession a lieu entre ses neveux, les fils de Gondioc, mais le détail est mal connu et a donné lieu à une certaine affabulation.

Grégoire de Tours nous fait connaître que Gondioc avait quatre fils[51] : « Gondioc avait été roi des Burgondes : il appartenait à la famille d'Athanaric, le roi persécuteur de qui nous avons parlé ci-dessus. Il avait eu quatre fils : Gondebaud, Godégisèle, Chilpéric et Godomar ».

Selon une version traditionnelle, les quatre fils de Gondioc auraient succédé à leur oncle Chilpéric (l'Ancien), et par la suite, Chilpéric le Jeune et Godomar auraient tenté d'éliminer Gondebaud, l'auraient vaincu lors d'une bataille près d'Autun, mais Gondebaud se serait finalement rétabli et les aurait éliminés.

Si on se reporte à l'Histoire des Francs, Grégoire de Tours ne dit rien concernant le destin de Godomar, mais indique formellement que Chilpéric est mort du fait de Gondebaud : « Gondebaud égorgea Chilpéric son frère et noya la femme de celui-ci en lui attachant une pierre au cou », sans rien préciser sur les circonstances de ces exécutions. Grégoire de Tours écrit dans les années 570-580, mais il faut souligner que Chilpéric (le Jeune) est le père de Clotilde, qui deviendra reine des Francs en épousant Clovis et qui, de la mort de Clovis en 511 à sa propre mort vers 545, vivra à Tours, dont Grégoire devient évêque une trentaine d'années plus tard.

En 1739, Dom Plancher, historien de la Bourgogne[52], réfute ce qu'il appelle « les inventions et fictions de quelques auteurs modernes » concernant les prétendues guerres civiles de Gondebaud contre Godomar et Chilpéric et la bataille livrée devant Autun.

A l'heure actuelle, Justin Favrod[53] précise que : « [... Chilpéric] mourut selon toute vraisemblance avant son oncle [Chilpéric Ier (l'Ancien)] et que, vraisemblablement, Godomar est, comme son frère, avant son oncle, et ne régna pas non plus. Michèle Laforest, dans Clovis, un roi de légende[54], écrit que « Godomar disparut sans laisser de traces. Carence des archives ou crime parfait on ne saura jamais ».

Ce qui est absolument certain, c'est qu'à la mort de Chilpéric Ier, la royauté est partagée au moins entre Gondebaud et Godégisèle.

Godégisèle roi à Genève

Godégisèle, le cadet, reçoit la partie nord du royaume : les cités de Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Genève et le Valais. Godégisèle installe sa capitale à Genève.

Durant son règne, il fait face aux Alamans qui poussent leurs incursions dévastatrices sur les territoires de Langres et de Besançon. Ils ont sans doute ruiné la cité de Langres, provoquant la fuite de l'évêque Aprunculus et l'obligeant à se réfugier à Dijon. Selon Justin Favrod, les Alamans allèrent peut-être jusqu'à menacer Godégisèle dans sa capitale à Genève.

Godégisèle, de croyance arienne, a une épouse de confession catholique, Théodelinde, dont le nom suggère une origine alémanique ou franque rhénane. Il manifeste ainsi sa volonté d'entente entre les Burgondes ariens et les Gallo-Romains catholiques. Théodelinde peut fonder à Genève une église dédiée à saint Victor, un des martyrs de la légion thébaine.

Gondebaud roi à Lyon

Gondebaud
Roi des Burgondes
Façade d'une maison de la vieille-ville de Genève

Gondebaud reçoit les dix-huit cités du sud du royaume. Il fait de Lyon sa capitale.

L'épouse de Gondebaud serait aussi une catholique, Carétène, qui élève Clotilde, recueillie au palais, dans la même confession.

En 492, alors qu'une lutte farouche oppose Odoacre à l'Ostrogoth Théodoric le Grand pour la domination de l'Italie, il entreprend, probablement accompagné de Godégisèle, une expédition dans la péninsule italienne dans le but de se procurer des esclaves pour la cultures des nouvelles terres[55]. Il pénétre dans la péninsule sans rencontrer de résistance et avance dans les provinces de Ligurie, de Lombardie, et même jusqu'en Emilie. Il aurait ramené plus de 6 000 prisonniers de cette expédition. En 493, une ambassade composée des évêques Epiphane de Pavie et Victor de Turin est envoyée par Théodoric le Grand pour le rachat des prisonniers italiens. Cette ambassade est l'occasion de conclure avec Théodoric une alliance scellée par le mariage d'Ostrogotha, la fille de Théodoric, et de Sigismond, fils aîné de Gondebaud. La même ambassade prit ensuite le chemin de Genève pour se rendre auprès de Godégisèle.

La guerre entre Gondebaud et Godegisèle (vers 500)

Selon Grégoire de Tours, en 500 ou 501, Clovis reçoit favorablement une sollicitation de Godegisèle, frère de Gondebaud, qui lui promet sa soumission si le roi franc l'aide à vaincre son frère afin de s'emparer de tout le royaume burgonde.

La bataille de Dijon

Les trois armées, celle de Gondebaud, celle de Godegisèle et celle de Clovis, se rencontrent près de Dijon. La bataille se déroula presque sous les murs du castrum de Dijon[note 11]. Le combat à peine commencé, Godegisèle dévoile sa trahison et joint ses troupes à celles de Clovis. Gondebaud, poursuivi par l'ennemi, s'enfuit pour trouver une protection jusqu'à Avignon

Le siège d'Avignon

Clovis établit le siège de la ville. Les talents diplomatiques de Gondebaud, aidés par une alliance du roi wisigoth finirent par renverser la situation. Clovis leva le siège, peut-être sous la menace d'une attaque wisigothique.

Le châtiment de Godegisèle

Après le départ des Francs, les représailles de Gondebaud à l'encontre de son frère ne tardèrent pas. En 501, il attaque son frère rebelle retranché dans Vienne et le tue, ainsi que plusieurs de ses proches[56],[57].

Le traité de la Cure

L'année suivante, à la suite d'un accord signé entre les deux protagonistes sur la rivière Cure (alors appelée Quoranda), le vaincu cède au roi des Francs la Champagne[réf. nécessaire][note 12] et l'Auxerrois. « Les histoires postérieures ont admis que le traité passé entre les deux souverains avait détaché du royaume burgonde la cité d'Auxerre amputée de la nouvelle cité de Nevers ; ce serait, à long terme, l'acte de naissance du Nivernais[58] ». Gondebaud devint même l'allié de Clovis Ier. C'est peut-être par l'intermédiaire de Gondebaud que Clovis s'entend avec l'empereur d'Orient Anastase Ier[59].

À la faveur de ce traité, le royaume burgonde, dont Gondebaud est devenu le seul maître, jouit ensuite de la paix pendant plusieurs années.

Gondebaud seul roi des Burgondes (501-516)

Arianisme et catholicisme

Pendant les seize années qui lui restent à vivre, il mène, comme ses prédécesseurs, une politique d'équilibre entre les Burgondes et les Gallo-Romains, deux ethnies de langues, de mœurs et de religions différentes. Il veille particulièrement[réf. nécessaire][note 13] à l'application de la règle qui voulait que deux comtes, un Romain et un Burgonde soient en fonction dans chaque cité.

Son souci de maintenir la concorde entre les ariens et les catholiques lui fait mener un jeu complexe de soutien ouvert à l'Église arienne et de faveurs cachées à l'Église catholique[60]. Malgré les efforts répétés d’Avit de Vienne pour le persuader de se convertir, il reste arien, mais Carétène son épouse, de confession catholique, fonde à Lyon l'église dédiée à saint Michel où elle sera inhumée en 506. Le couple royal donne l’exemple de l’entente entre ariens et catholiques.

Patient, évêque de Lyon, accepte de partager ses repas avec Gondebaud et Avit de Vienne ne lui ménage pas son soutien. Il lui donne le titre de « roi très glorieux » et de « maître » (magister militum). Tolérant, Gondebaud ne met pas d'obstacle à la conversion des Burgondes ariens. Il proteste cependant lorsque Hymnémode[note 14], (Hymnémodus), fonctionnaire royal, se convertit. Au sein de la famille royale se trouvent des enfants catholiques : Clotilde, la fille de Chilpéric II était catholique, sa sœur Croma est religieuse. Et Sigismond, le fils de Gondebaud se convertit au catholicisme vers 506. Les enfants de Sigismond, Suavegotha et Sigeric semblent avoir reçu une éducation catholique par Carétène leur grand-mère[60].

La loi Gombette

Le désir de Gondebaud de rapprocher les deux ethnies burgonde et gallo-romaine se retrouve dans la loi gombette qu'il fait promulguer au début des années 500 ; « aucun texte ne montre mieux la fusion de l'élément romain avec l'élément germanique[61] ». Grégoire de Tours indique : « Gondebaud donna aux Burgondes des lois plus douces pour qu'ils n'oppriment pas les Romains »

Vers l'an 501-502, Gondebaud pose, avec l'aide de ses juristes les bases d'une législation à la fois civile et criminelle qui resta consignée dans ses codes :

  • la lex Burgundionum, désignée du nom de son promulgateurcomme lex Gundobada, puis Lex Gumbata, ce qui en français a donné "loi Gombette", qui s'applique aux cas où sont impliqués des Burgondes non clercs (droit germanique influencé par le droit romain) ;
  • la lex romana Burgundionum, qui s'applique aux gens d'Église et aux cas où sont impliqués seulement des Gallo-romains (droit romain).

Outre les articles propres aux crimes et délits, la loi Gombette établit le principe de l'« hospitalité » qui fixe les conditions d'installations des nouveaux venus et le mode de répartition des terres.

Article détaillé : Loi Gombette.

Le mariage de Clotilde

Le mariage de Clotilde avec Clovis est traditionnellement situé vers 493 ; mais d'autres chercheurs penchent pour une date plus tardive (501). La datation du mariage de Clovis est un problème historiographique en partie lié à celle de la victoire de Tolbiac sur les Alamans et à celle de son baptême (de 496 à 508), la seule chose certaine étant que le baptême de Clovis est postérieur à son mariage[note 15].

L'alliance avec Clovis

La victoire remportée par Clovis sur les Alamans à Tolbiac en 496[note 16] en fait un prince redoutable. Sa conversion du paganisme à la foi catholique lui assure le soutien des évêques de Gaule, pas seulement dans son royaume. Les évêques catholiques sont particulièrement hostiles à la royauté de Toulouse qui exilait les évêques. La lutte contre l'hérésie arienne du royaume d'Alaric II sert de prétexte à Clovis pour lancer la conquête.

Au printemps 507, le roi franc se met en campagne malgré les appels à la modération lancés par Théodoric le Grand. Gondebaud lui apporte son concours avec un détachement burgonde commandé par Sigismond, qui après avoir reçu la bénédiction de saint Avit, traverse les monts d'Auvergne et du Limousin. Le castrum d'Idunum (actuel Dun-le-Palestel) et la cité de Brioude où ils pillent le sanctuaire de saint Julien, subissent les effets dévastateurs de son passage. Une intervention d'Eptadius (saint Eptade du Morvan) auprès de Sigismond aurait cependant permis la libération des captifs d' Idunum[62].

Poitiers est le lieu de rendez-vous des belligérants, avant l'affrontement avec les Wisigoths qui a lieu à Vouillé, non loin de là. Alaric II trouve la mort de la main même de Clovis et l'immense territoire des Wisigoths tombe sous la domination du roi des Francs. Les forces conjointes des Francs et des Burgondes sont à Toulouse au printemps 508.

Clovis repart alors, bien que la conquête ne soit pas terminée, les Wisigoths conservant le contrôle de la Narbonnaise et de la Provence. En 508, Gondebaud s'empare de Narbonne tenue par Gésalic, un fils d'Alaric II. Arles subit pendant plusieurs mois le siège des armées burgonde et franque.

Théodoric le Grand, après avoir surmonté une agression, peut-être concertée avec Clovis et Gondebaud, de l'empereur d'Orient Anastase, décide d'intervenir. Une armée commandée par le général Ibba libère Arles et reprend Narbonne, infligeant de lourdes pertes aux troupes burgondes et franques tandis que des renforts commandés par le général Mammo, ayant franchi les Alpes à Montgenèvre, ravagent les cités d'Orange et de Valence.

Gondebaud obtient la restitution d'Avignon et de Viviers[63], mais la Provence reste en possession de Théodoric, brisant définitivement l'espoir des Burgondes d'atteindre les rives de la Méditerranée.

Article détaillé : Gondebaud.

Le règne de Sigismond (516-523)

Le nouveau roi

Gondebaud décède en 516, ayant placé son royaume sur le chemin de la paix et de la prospérité. Il a pour seul héritier son fils Sigismond, malgré la présence de son frère Godomar. Sigismond a épousé vers 493 Ostrogotha, la fille arienne du roi d'Italie Théodoric le Grand, renforçant l'influence arienne à la cour de Gondebaud. Ostrogotha lui donne un fils nommé Sigéric. Comme son père, Sigismond a reçu de l'empereur d'Orient Anastase, le titre de patrice. Il a été associé au trône[64]vers ou 505[65]ou 513[66] en le faisant couronner à Carouge, lui donnant à gouverner la partie du royaume burgonde qui comprend l’Helvétie occidentale et la Séquanie, Sigismond ayant Genève pour capitale.

La politique religieuse de Sigismond

Vers 506, Sigismond s'est converti à la religion de son précepteur Avit de Vienne, provoquant un renversement d'alliance au profit des Francs et au détriment des Goths ariens. Un an avant la mort de Gondebaud, il manifeste sa dévotion en fondant dans le Valais la grande abbaye royale d'Agaune qu'il dote de biens immenses. Saint Avitus, alors métropolitain du Valais préside la cérémonie de dédicace.

Dès son arrivée au pouvoir, il convertit au catholicisme ses deux enfants Suavegotha et Ségéric[67]. Voulant se rapprocher des Francs, il donne sa fille Suavegotha en mariage à Thierry Ier, le fils aîné de Clovis.

En 517 Sigismond fait convoquer un concile à Épaone, ville aujourd'hui identifiée à Saint-Romain d'Albon, afin de régler diverses questions relatives aux relations entre catholiques et ariens. L'esprit d'intolérance se faisant jour dans les propositions des prélats, Avit se voit obliger de modérer le zèle de ses collègues.

En tant que fervent catholique, Sigismond peut compter sur l'appui et la sympathie de tous les prélats catholiques, mais il commet une première maladresse en voulant maintenir sa prérogative royale contre le haut clergé dans l'affaire du mariage de Stephanus, un haut fonctionnaire du royaume. Le mariage étant considéré comme illicite, Stephanus est excommunié. Sigismond intervient vigoureusement auprès des évêques pour demander la levée de la sanction. L'épiscopat refuse et confirme la sentence d'excommunication. Sigismond est obligé d'accepter la décision, mais il s'est aliéné le soutien de ceux sur lesquels il pouvait le plus compter.

La mort de Ségéric (522)

En 522, le roi burgonde accorda du crédit aux propos calomnieux répandus par sa seconde femme[réf. nécessaire] à l'encontre de Ségéric, le fils de sa première femme. Il le fit mettre à mort en l'étranglant dans son lit. Puis, déchiré par les remords, il vient s'humilier pour expier son crime au monastère de saint-Maurice d'Agaune. Une tempête de réprobations s'abat sur Sigismond. Les grands du royaume sont indignés et Sigismond perd leur soutien. Il peut s'attendre à des représailles de la part de Théodoric le Grand qui ne peut pas laisser impunie la mort de son petit-fils.

Mais c'est de ses alliés francs que vient le châtiment, précisément du roi d'Orléans Clodomir Ier, premier fils de Clovis Ier et de Clotilde.

L'intervention de Clodomir, roi d'Orléans (523)

Grégoire de Tours écrit[68] que Clotilde excitait ses enfants à venger contre les Burgondes le meurtre de ses parents par Gondebaud. Les historiens s'interrogent sur la véracité de ce récit. Ils s'interrogent sur la raison de cette revendication tardive : Gondebaud, l'auteur du crime contre ses parents, est mort depuis six ans et Clotilde aurait eu la possibilité, du vivant de Clovis, de l'exhorter à la venger ; par ailleurs, Clotilde entretenait d'excellentes relations avec Sigismond.

L'étude effectuée par l'historien Maurice Chaume « qui avance quelques indices convaincants, et dont l'explication, même si elle n'est pas démontrée, s'avère si séduisante qu'il n'en a pas de meilleure à proposer », permet à Justin Favrod de soutenir une autre thèse[69]. Clodomir était marié à une burgonde nommée Gondioque. Cette burgonde, de sang royal, puisqu'à la mort de Clodomir, Clotaire, son frère, l'épousa aussitôt, serait la fille d'un fils de Godégisèle décapité par Gondebaud après la prise de Vienne en 501. C'est en fait Gondioque qui aurait appelé à la vengeance.

Clodomir a sans doute des visées expansionnistes vers les importantes possessions de Sigismond. Peut-être a-t-il voulu profiter des circonstances pour faire valoir des droits sur le royaume burgonde[70].

La défaite et la mort de Sigismond

Clodomir part combattre les Burgondes qui, sans doute peu motivés à soutenir Sigismond, sont vaincus. Sigismond s'enfuit vers l'abbaye de saint Maurice d'Agaune pour y trouver asile, poursuivi par ses propres sujets, qui se joignirent aux Francs[66]. Découvert alors qu'il a revêtu un habit de moine, il est pris et livré à Clodomir. Sa femme et ses enfants, sans doute réfugiés à Lyon, sont mis entre ses mains, preuve d'une vaste conjuration, selon J. Favrod[71].

Clodomir amène ses prisonniers près d'Orléans. Malgré une intervention d'Avitus d'Orléans qui l'aurait mis en garde en prédisant sa mort s'il les faisait mourir, il les fait mettre à mort en les précipitant dans un puits à Saint-Péravy-la-Colombe[note 17].

Le règne de Godomar III (523-534)

Après la défaite de Sigismond, son frère Godomar est proclamé roi.

La bataille de Vézeronce

Article détaillé : Bataille de Vézeronce.

En 524, la situation paraît propice aux héritiers de Clovis Ier pour une grande opération. Clodomir et ses frères Childebert et Clotaire[72] lancent leurs troupes sur les Burgondes.

Les armées se rencontrent le 25 juin 524 à Vézeronce[73]. Le premier choc est favorable aux Francs, mais Clodomir s'étant éloigné des siens, est reconnu par les Burgondes qui s'en emparent et le mettent à mort. Grégoire de Tours raconte la mort de Clodomir en ces termes[74] :

« [...]. Or, tandis que Godomar tournait le dos avec son armée et que Clodomir qui le poursuivait, s'était écarté des siens à une grande distance, les adversaires contrefaisant son signe (de ralliement) lui crient : "tourne toi par ici ! dirent-ils car nous sommes tes hommes". Mais, lui, leur ajoutant foi, partit et se jeta au milieu des ennemis. Sa tête fut coupée et on l'éleva en l'air fixée à une lance. ... »

Grégoire de Tours présente ensuite la bataille de Vézeronce comme une victoire franque, mais il est clair que cela ne correspond pas à la réalité, que les Francs ont été vaincus et que Godomar a repris le contrôle de son royaume.

Cependant, Théodoric le Grand prend possession de toutes les cités situées au sud de l'Isère : Gap, Apt, Cavaillon, Carpentras, Orange, Sisteron, Embrun, doivent être abandonnées au roi d'Italie.

La fin du royaume burgonde

Les dernières lois burgondes témoignent d'un état de guerre et de perturbation des rapports sociaux[réf. nécessaire] résultant d'un état de guerre avec les Francs.

En 532 ou 533, les frères de Clodomir, Childebert et Clotaire décident d'en finir et reprennent la guerre. Thierry refuse de s'associer à leur entreprise.

Godomar résiste et se retranche dans Autun. Les Francs assiégent la ville pendant un an[75]. Autun finit par tomber et Godomar s'enfuit (son destin ultérieur n'est pas connu). Les Francs, sans doute échaudés par cette résistance opiniâtre, ne poussent pas plus avant leur conquête.

C'est alors que Thierry meurt (534). Son fils aîné Théodebert Ier qui lui succéda, issu du premier mariage de Thierry, n'est pas lié aux Burgondes par des liens de parenté. Il accepte de se joindre à ses oncles dans une campagne décisive qui met fin au royaume burgonde.

Les rois francs se partagent le royaume :

  • Théodebert Ier reçoit les cités du nord : Langres, Dijon, Besançon, Nevers, Autun, Chalon, Windisch et le Valais ;
  • Childebert reçoit Lyon, Vienne, Genève et Grenoble ;
  • Clotaire reçoit probablement la majorité des villes comprises entre l'Isère et la Durance[76].

Les Burgondes n'opposeront pas de résistance soutenue face aux Francs et pourront garder un temps leurs lois et leurs coutumes.

Naissance de la Bourgogne

Malgré l'effondrement de la dynastie burgonde et la victoire définitive des fils de Clovis, la cohésion entre les deux ethnies burgonde et gallo-romaine, née des actions pacificatrices et unificatrices des rois burgondes avait fait naître un particularisme et un état d'esprit bourguignon que le temps n'éteindra pas. Sous le sceptre mérovingien la Bourgogne demeura. Le royaume burgonde s'était évanoui mais la Bourgogne était née. Elle porte dans son nom le souvenir de ce premier royaume.

Une fois devenu mérovingien, le royaume de Bourgogne inféodé en duché de Bourgogne récupère un conflit territorial avec ce qui devient le royaume alaman, à savoir le duché d'Alémanie. Cette dispute emmène jusque après l'an mille, illustrant l'empreinte identitaire laissée par l'arrivée des Burgondes dans ces régions.

Territoires disputés entre le duché d'Alémanie en Souabe et le duché de Bourgogne en l'an 1000.

Annexes

Portrait des Burgondes par Sidoine Apollinaire

Voici comment les Burgondes sont décrits par Sidoine Apollinaire, un noble arverne pétri de culture latine, en 469 :

« Qui ? moi chanter l'hymen en vers fescennins quand je vis au milieu des hordes chevelues, assourdi par les sons de la langue germaine, obligé d'avoir l'air de louer quelquefois ce que chante, bien repu, le Burgonde aux cheveux graissés d'un beurre rance ? Veux-tu savoir ce qui brise ma lyre ? Effrayée par les rauques accents des Barbares, Thalie dédaigne les vers de six pieds depuis qu'elle voit des patrons qui en ont sept. Heureux tes yeux, heureuses tes oreilles, heureux même ton nez ! car il ne sent pas dix fois le matin l'odeur empestée de l'ail ou de l'oignon. Tu n'as point à recevoir avant le jour, comme si tu étais le vieux père de leur père, ou le mari de leur nourrice, ces géants auxquels suffirait à peine la cuisine d'Alcinoüs. Mais ma muse se tait et s'arrête, après ce petit nombre d'hendécasyllabes, de peur que, dans ces vers badins, quelqu'un n'aille trouver encore une satire.
(Carmina XII.) »

Liste des rois burgondes

Liste des rois burgondes
Les données concernant les rois burgondes sont très incertaines
Le roi Gondebaud, dans la loi Gombette :
TITRE III, De la liberté de nos esclaves, cite les noms de ses aïeux « de royale mémoire » :
Gibica, Godomar, Giselher (ou Gisclar-Gislahar), Gundahar (ou Gondicaire-Gondichaire)
En Germanie
Gibica ?
Ancêtre historique ou mythique des rois burgondes
Godomar ? Giselher (Gislahar) ? Gundahar (Gondichaire ou Gondicaire) (nom latin : Gondicarius) ?
Ont-ils régné en même temps ou l'un après l'autre ?
Royaume de Worms ?
Gondichaire (Gondichaire ou Gondicaire) († vers 436/437 ?)
Installation en Sapaudia, (région de Genève)
et expansion du royaume : vallées Rhône, Saône et Alpes (Future Burgondie)
Gondioc († vers 460-463 ?) Chilpéric Ier (Hilpéric) († vers 476 ?)
Chilpéric Ier seul († vers 476 ?)
Pas de postérité masculine
Quatre fils de Gondioc
Godomar II
(† date inconnue : avant 476. Ne règne pas[53])
Chilpéric II
(† date inconnue : avant 476. Ne règne pas[53])
Père de Clotilde
Godégisèle
épouse Théodelinde
Gondebaud
épouse Carétène († 506)
Godégisèle († 500) Gondebaud († 516)
Gondebaud seul († 516)
Gondebaud († 516) Sigismond
épouse vers 494 Ostrogotho fille de Théodoric, roi d'Italie
Sigismond († 523)
Godomar III
(† date inconnue ; après 534)
Chute et fin du royaume. Partagé entre les rois Francs

Bibliographie

Sources

Textes législatifs
Chroniques
Textes littéraires
  • (fr) Sidoine Apollinaire, Œuvres, éd. et trad. par A. Loyen, Paris, Belles Lettres, 19760-1970 (3 vol.).

Ouvrages anciens

  • (fr)Urbain Plancher, Histoire Générale et particulière de Bourgogne, Dijon, 1739 
  • (fr)Dominique-François-Louis Roget, Questions bourguignonnes, ou Mémoire critique sur l'origine et les migrations des anciens Bourguignons, et sur les divers peuples, royaumes ou contrées qui ont porté leur nom, Dijon, 1846 

Travaux récents

Sur les Burgondes
  • (fr)Katalin Escher, Les Burgondes : Ie-VIe siècle apr. J-C, Éditions Errance, coll. « Civilisations et cultures », 2006 (ISBN 2-87772-325-9) 
  • (fr)Katalin Escher, Genèse et évolution du deuxième royaume burgonde (443-534) : les témoins archéologiques, Oxford, British Archaeological Reports Ltd, coll. « British Archaeological Reports British Series », 15 Sep 2005, 1101 p. (ISBN 1841718416) 
  • (fr) Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l'Europe, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2002 (ISBN 2880745969) [lire en ligne] 
  • (fr)Odet Perrin, Les Burgondes : Leur histoire, des origines à la fin du premier Royaume (534), Éditions de la Baconnière Neuchâtel, 1968, 590 p. 
  • (fr)Émilienne Demougeot, La Formation De L'Europe et Les invasions barbares, Paris, Aubier Montaigne, coll. « Historique », 1979, 615 p. (ISBN 978-2700701463).
    Deux tomes. Tome Ie : Des Origines Germaniques A L'Avènement De Dioclétien. Tome II : (2 volumes) De L'Avènement De Dioclétien (284) à L'Occupation Germanique De L'Empire Romain D'Occident (début Du VIe Siècle)
     


Sur l'histoire régionale
  • (fr) Jean Marilier, Histoire de l'Église en Bourgogne, Éditions du Bien Public, 1991 (ISBN 2-905441-36-4) 
  • (fr) Jean Richard, Histoire de la Bourgogne, Éditions Privat, 1988 (ISBN 2-7089-1680-7).
    Collectif, sous la direction de J. Richard : Joseph Joly, Roland Martin, Jean Marilier, Pierre Quarré, Daniel Ligou, Pierre Lévêque, François Caron
     
  • (fr) Alain Merchandisse et Jean-Louis Kupper, À l'ombre du pouvoir. Les entourages princiers au Moyen Âge, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège, 2003 (ISBN 2-870-19-283-5).
    Études réunies par Alain Marchandisse . Étude sur l'entourage des rois du Regnum Burgundiae faite par Reinhold Kaiser
     
  • (fr) Jacques Marseille, Journal de Bourgogne, Larousse, 2002 (ISBN 2-03-575104-7) 
  • (fr) Jean Prieur, Aimé Bocquet, Michel Colardelle, Jean-Pierre Leguay, Jean Loup, Jean Fontanel, La Savoie des origines à l'an mil, Rennes, 1983 (ISBN 2858824959)
Sur le Haut Moyen Âge

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

Articles génériques :

Postérité :

Notes et références

Notes

  1. Le nom de cette île, peut-être à l'origine Burgundarholm, pourrait signifier « îlot des Burgondes ». Cf. Favrod, page 18.
  2. « Il y a cinq races germaines : les Vindiles, (Vandales), auxquels appartiennent les Burgondes, les Varins, les Carins, les Guttons. Seconde race, les Ingévons, auxquels appartiennent les Cimbres, les Teutons et les nations des Chauques. Troisième race, la plus voisine du Rhin, les Istévons, auxquels appartiennent les Cimbres. Quatrième race dans l'intérieur des terres, les Hermions, auxquels appartiennent les Suèves, les Hermondures, les Chattes et les Chérusques. Cinquième race, les Peucins et les Bastarnes, limitrophes des Daces précédemment nommés. »

    — Pline L'Ancien, Histoire Naturelle, Livre IV

    .
  3. D'après Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon et Katalin Escher, dans Les Burgondes, les Burgondes et les Burgondions sont deux peuples différents. Les Burgondes, dont il est question dans cette citation sont des Burgondes orientaux qui habitaient sur les bords du Danube, différents des Burgondes occidentaux appelés ici Burgondions. L'interprétation généralement admise, selon Katalin Escher est qu'il faut comprendre que les Burgondes du bord du Danube sont vaincus par les Goths, alors que ce sont les Burgundiones qui sont voisins des Alamans.
  4. Katalin Escher, indique que les manœuvres de Julien se seraient déroulées dans la région de Wiesbaben et que le lieu Capelliti ou Palas n'a pas été identifié mais qu'il a été proposé de localiser les Capellati dans la région d'Öhringen.
  5. Ammien Marcellin écrit : « Sous le troisième consulat de Valentinien Ier et de Valens »
  6. Ne doit pas être confondu avec saint Goar, ermite d'Aquitaine.
  7. Katalin Escher note que Max Martin, historien des Burgondes, propose sur la base de la signification la plus répandue du verbe latin obtinere à cette époque, de comprendre que les Burgondes occupèrent d'eux-mêmes cette partie de la Gaule en 413. Un traité serait intervenu plus tard, entre 413 et 435.
  8. La doctrine arienne voit dans la Trinité trois substances hétérogènes l'une à l'autre : le Père seul est éternel et mérite vraiment le nom de Dieu, le Fils est la première des créatures, le Saint-Esprit est une créature inférieure au Fils. L'arianisme est incompatible avec la doctrine chrétienne exprimée dans les actes du concile œcuménique de Nicée (325) qui condamne l'arianisme comme hérésie. Cf. Jean Marilier, Histoire de l'Église en Bourgogne, Éditions du Bien Public, Dijon, 1991, p.27.
  9. Justin Favrod p. 44-47. et Alain Merchandisse p. 79, r. 9. pour les discussions sur la localisation de la Sapaudia.
  10. Justin favrod in Justin Favrod p. 49. explique, en s'appuyant sur l'étude réalisée par l'historien Walter Goffart (en) en 1980, qu'il n'y a pas eu de révoltes dues au "partage". S'il y avait eu un partage effectif des domaines, dit J. Favrod, les Burgondes auraient dû se répartir sur l'ensemble de la Sapaudia.
  11. En prenant en compte tout un faisceau d'indications précises fournies par les chroniques, l'auteur nous indique que cette bataille a dû se dérouler près de Saint-Apollinaire « environ à deux mille du castrum de Dijon » selon J. Marilier, in Histoire de la Côte-d'Or, chapitre Le Moyen Âge, p. 115. L'auteur cite comme source Les miracles de saint Apollinaire, texte du Xe siècle, éd. Acta sanctorum, juillet, V, p. 353.
  12. A priori, il paraît curieux que la Champagne (le comté de Reims) ait été en possession de Gondebaud.
  13. Y a-t-il des faits pour étayer ces considérations générales ?
  14. Hymnémode (saint Hymnémode), sera religieux du monastère de Grigny. Il quitta ce monastère en 515, sur la demande des évêques du concile d'Agaune (515 ?), qui l'instituent abbé du monastère d'Agaune nouvellement fondé par Sigismond.
  15. Mariage en 493 : Stéphane Lebecq, Les Origines franques, Editions du Seuil, 1990, page 50. Selon Michèle Laforest, dans Clovis, un roi de légende, la conclusion du traducteur de l'Histoire des Francs en 1963 semble toujours valable : « Il y a lieu de maintenir pour cette victoire de Clovis (Tolbiac, aujourd'hui Zülpich), et son baptême la date traditionnelle de 496 ». Au contraire, Justin Favrod, dans Les Burgondes, un royaume oublié au cœur de l'Europe, soutient la thèse de l'historien belge d'André Van de Vyver, qui a démontré que la chronologie traditionnellement admise était « irrémédiablement contredite par des témoignages contemporains » (REMARQUE : encore faudrait-il fournir la démonstration "irrémédiable" d'André Van de Vyver). Maurice Chaume, historien de la Bourgogne du Moyen Âge avait apporté, « dans une étude posthume parue en 1947 de nouveaux arguments décisifs », écrit-il (même REMARQUE). J. Favrod ajoute : « Il convient de suivre une autre chronologie : en 500, Clovis attaque les Burgondes. L'année suivante, il épouse la princesse Clotilde. Ce n'est qu'en 506 qu'il vainc les Alamans à Tolbiac et qu'il reçoit le Baptême. [...] ».
  16. L'année 496 paraît en effet plausible, écrit Laurent Theis, in Clovis : De l'histoire au mythe, mais la difficulté vient de l'interprétation d'une lettre de Théodoric à Clovis, datant de la fin de 506 ou du tout début de 507, faisant allusion à une victoire écrasante de Clovis sur les Alamans qui se sont réfugiés en Rhétie, dont le roi a péri, et que le roi d'Italie a pris sous sa protection. Cette lettre peut-elle faire allusion à des événements remontant à dix ans, ou doit-on supposer qu'une autre guerre contre les Alamans, se concluant elle aussi par la mort d'un roi, a eu lieu en 506 ? Longtemps repoussée, cette solution, accréditée par la recherche archéologique, est aujourd'hui plus facilement acceptée.
  17. « Clodomir », dit Grégoire de Tours, « se disposant à marcher de nouveau contre les Bourguignons, résolut de faire mourir Sigismond. Le bienheureux Avitus, abbé de Saint Mesmin de Micy, à deux lieues environ d'Orléans, prêtre fameux dans ce temps-là, lui dit à cette occasion : — Si, tournant tes regards vers Dieu, tu changes de dessein, et si tu ne souffres pas qu'on tue ces gens là, Dieu sera avec toi, et tu obtiendras la victoire ; mais si tu les fais mourir, tu seras livré toi-même aux mains de tes ennemis et tu subiras leur sort : il arrivera à toi, à ta femme et à tes fils ce que tu auras fait à Sigismond, à sa femme et à ses enfants. Mais Clodomir, méprisant cet avis, répondit à Avitus : — Ce serait une grande sottise de laisser un ennemi chez moi quand je marche contre un autre : car l'un m'attaquerait par derrière, et l'autre de front, et je me trouverais jeté entre deux armées. La victoire sera plus sûre et plus facile si je les sépare l'un de l'autre. Le premier une fois mort, il sera aisé aussi de se défaire du second ». Il livra donc au glaive Sigismond, avec sa femme et ses deux fils, et les fit jeter dans un puits, près de Coulmiers, village du territoire d'Orléans (524).

Références

  1. Germains orientaux
  2. Maurice Chaume (historien de la Bourgogne du Moyen Âge), Le sentiment national bourguignon : de Gondebaud à Charles le Téméraire, Dijon, 1922.
  3. Favrod, page 18 ; Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, IV, XXVIII.
  4. K. Escher, Les Burgondes, Editions Errance, Paris, 2006, p. 7-8.
  5. Ptolémée, Géographie, II, 11
  6. a, b, c et d Favrod, page 18.
  7. Jordanès, Histoire des Goths, ch. IV.
  8. Katalin Escher, p. 9-10
  9. Favrod, page 18, qui ne cite pas Jordanès.
  10. a et b Katalin Escher, p. 9
  11. Revue du Lyonnais, tome XXI, 1860, p. 346.
  12. a, b, c et d Katalin Escher, p. 10
  13. Les Burgondes, p. 18.
  14. Zosime, Histoire romaine ; Labeau, Histoire du Bas-Empire, t. V, p. 267, r. 4, 1826.
  15. Lire en ligne Google books Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon - Page 96
  16. Lire en ligne : Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon - Page 96
  17. Ammien Marcellin, Histoire de Rome, livre XVIII, Chapitre 2, 15.
  18. Justin Favrod p. 18.
  19. Favrod, page 19.
  20. a et b Katalin Escher, p. 20
  21. Katalin Escher, p. 56
  22. Ferdinand Lot, page 220. Point à approfondir.
  23. a et b Katalin Escher, p. 21
  24. Photius, Bibliothèque (IXe s.), p. 183, trad. du grec, Les Belles Lettres.
  25. a et b Katalin Escher, p. 23
  26. a et b Katalin Escher, p. 25
  27. Socrate, Historia Ecclesiastica 7, 30.
  28. Roget de Belloguet, Questions bourguignonnes, p. 107.
  29. Voir Alain Merchandisse p. 79.
  30. Il n'est pas certain que Gondicaire ait, à cette époque, abandonné son titre de chef pour l'élévation à la royauté.
  31. Selon la loi gombette dans laquelle Gondebaud nomme ses ancêtres et cite Gibica et Gondicaire comme ses aïeux et ses prédécesseurs.
  32. Socrate, Histoire de l'Église, livre VII, chapitre XXX et Orose, Histoire, VII, 32.
  33. Katalin Escher, p. 28
  34. L'étymologie a été dérivée du nom d'hommes Sapaudus, plusieurs fois attesté ; ou de racines celtiques, sapa, 'résine, et vidu, 'bois' ce qui se rapporterait aux forêts de sapins de ces contrées. La Sapaudia n'est pas la Savoie et son nom signifie le « Pays des Sapins » et ce mot a donné en français Savoie
  35. Katalin Escher, p. 66
  36. a et b Katalin Escher, p. 68
  37. Katalin Escher, p. 65
  38. Justin Favrod , p. 50.
  39. Le grand propriétaire gallo-romain doit abandonner une proportion considérable de ses biens : les deux tiers des terres arables, un tiers des esclaves et la moitié des vignes, des jardins et des bois
  40. Justin Favrod p. 22.
  41. Annales Francs-comtoises.
  42. Alain Merchandisse p. 81.
  43. Les historiens ne s’accordent pas sur l’année de la mort de Gondioc. Justin Favrod p. 64. donne la date de 463. Katalin Escher in Genèse et évolution du deuxième royaume burgonde (443-534), V. 2, p. 773, indique : « à une date indéterminée après 463 ».
  44. Sidoine Apollinaire, en exil à Bordeaux, (Lettre IX), évoque les ambassadeurs burgondes prosternés devant Euric. « Sidonius à son cher Lampridius, salut. [...], Ici le Burgonde, haut de sept pieds, fléchit souvent le genou, et demande la paix. »
  45. Cf. Justin Favrod p. 61.
  46. Marius d’Avenches « les Burgondes occupèrent une partie de la Gaule et partagèrent les terres avec les sénateurs gaulois ». In Alain Merchandisse p. 82, r. 24. : avec cette précision : « probablement dès 457 ».
    On retrouve une indication de date différente, concernant leur expansion vers le nord : in Jean Marilier p. 27. qui donne comme indication de date « vers 475 », comme date d'occupation de Dijon par les Burgondes, en précisant que les territoires que tenait Gondebaud dépendaient des diocèses de Langres, Auxerre, Autun, et Chalon sur Saône.
  47. Frédégaire, Chroniques, II, 46.
  48. Les anciennes cités romaines sont devenus des diocèses : or, les signatures des évêques portées sur les éditions du Concile d'Épaone, tenu sous Sigismond en 517, sont au nombre de vingt-cinq.
  49. H. Drouot et J. Calmette, Histoire de Bourgogne, p. 57.
  50. L'Entourage des rois du Regnum Burgundiae, dans Alain Merchandisse p. 80.
  51. Grégoire de Tours, Historia francorum, Livre II, § XXVIII, traduction Robert Latouche, cité dans Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Âge, volume 27, p. 116-117.
  52. Urbain Plancher, Histoire générale et particulière de Bourgogne, p. 38-39.
  53. a, b et c Justin Favrod, p. 74
  54. Michèle Laforest, p. 148
  55. Justin Favrod, p. 80-82
  56. Selon Guichard, dans Essai sur l'histoire du peuple Burgonde, p. 258, la prise de Vienne eut lieu en 501. D'après Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs, les troupes de Gondebaud auraient pénétré dans la ville de Vienne par les canalisations d'un aqueduc.
  57. Il aurait également noyé dans le Rhône, Théodelinde, l'épouse de Godegisèle, et décapité ses deux fils. Seules les deux petites-filles de Godegisèle, Guntheuca et Sédéleubeude auraient été épargnées. Voir Justin Favrod, p. 87
  58. Jean Richard, p. 94
  59. Jacques Marseille, p. 61
  60. a et b Reinhold Kaiser, p. 90
  61. Mémoires lus à la Sorbonne - De la famille chez les Burgondes, par Valentin Smith, 1864, p. 2 et 3
  62. Selon un passage de la Vie de saint Eptadius
  63. Justin Favrod, p. 99
  64. Frédégaire, Histoire des Francs, « Sigismond, fils de Gondebaud est élevé au trône par ordre de son père, auprès de la cité de Genève ».
  65. J. Favrod, Les Burgondes, p. 94
  66. a et b La vie de saint Sigismond, des Petits Bollandistes
  67. J. Favrod, p. 106
  68. « il ne faudrait pas mes très chers, que je me repente de vous avoir nourris tendrement, manifestez, je vous prie, de l'indignation pour l'outrage que j'ai subi, et vengez la mort de mon père et de ma mère avec une sagace ténacité » Ce sont les termes que Grégoire de Tours met dans la bouche de Clotilde pour raconter l'origine de le conquête du royaume burgonde. Grégoire de Tours, Historia Francorum, Livre III, paragraphes VI et XI, traduction Robert Latouche, Les classiques de l'histoire de France au Moyen Âge, volume 27, p. 146-147 et 152, in La Bourgogne au Moyen Âge, Académie de Dijon, Centre régional de recherche et de documentation pédagogique, Dijon, 1972, p. 17.
  69. J. Favrod, p. 114
  70. Jean Richard, in Histoire de la Bourgogne, p. 95. L'auteur n'apporte pas de réponse certaine.
  71. J. Favrod, p. 115
  72. Thierry est le beau-fils de Sigismond.
  73. Grégoire de Tours et Agathias donnent des indications sur cette bataille.
  74. Grégoire de Tours, Historia Francorum, Livre III, paragraphe VI et XI, p. 146-147 et p. 152 ; La Bourgogne au Moyen Âge, CRDP, Dijon, 1972, p.17-18, r. 9.
  75. J. Favrod, p. 125
  76. J. Favrod, p. 128



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Burgondes de Wikipédia en français (auteurs)

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