Alain Peyrefitte
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Alain Peyrefitte
Alain Peyrefitte.jpg

Parlementaire français
Date de naissance 26 août 1925, Najac
Date de décès 27 novembre 1999, Paris
Mandat Député (1958 - 1997)
Circonscription Seine-et-Marne
Groupe parlementaire UNR - UDR - RPR
Ve république

Alain Peyrefitte, né le 26 août 1925 à Najac dans l'Aveyron et mort le 27 novembre 1999 à Paris, était un homme politique, écrivain et diplomate français.

Sommaire

La jeunesse d'Alain Peyrefitte

Son grand-père paternel, était originaire de Salsein, petit village pyrénéen situé dans le département de l'Ariège. Il partit exercer sa profession de gendarme à Saint-Beauzély, dans l'Aveyron. C'est là qu'il rencontra sa future épouse, la grand-mère d'Alain Peyrefitte.

Les grands-parents maternels d'Alain Peyrefitte sont quant à eux originaires de Vines, à l'extrême nord du département de l'Aveyron. Le grand-père y était à la fois paysan, instituteur, secrétaire de mairie, et correspondant local de « La Dépêche ». Il était plutôt gagné aux idées modernes et laïques. Cela lui valut l'hostilité du curé qui, en 1909, lui refusa des obsèques religieuses. La mère d'Alain Peyrefitte gardera de cet événement un fort sentiment anti-religieux, qui se ressentira dans l'éducation donnée à son fils.

C'est à l'école normale de Rodez que ses parents se connurent et à Najac qu'ils commencèrent à exercer leur profession d'enseignants. René, leur premier enfant, y naît en 1920, et Alain suit en 1925.

À la naissance, Alain Peyrefitte se prénommait Roger Antoine. Il change de prénom au cours de ses études pour éviter la confusion avec son homonyme Roger Peyrefitte, écrivain à l'époque très controversé[1]. Roger Peyrefitte avait également des ancêtres originaires de Salsein, ce qui laisse présumer un cousinage éloigné entre les deux hommes. Cette parenté n'a cependant jamais été établie avec certitude.

Alain Peyrefitte passe ensuite son enfance à Aubin, puis à Rodez et à Montpellier, au gré des affectations successives de ses parents. Il conserve cependant des attaches à Saint-Beauzély, où il vient passer régulièrement ses vacances.

À la Libération, il « monte » à Paris et postule à l'École normale supérieure. Il rate une première fois le concours d'entrée, avant d'être reçu l'année suivante. En 1946, il intègre l'École nationale d'administration. Il fait ainsi partie de la première promotion, dite « France combattante », de cette école nouvellement créée.

À sa sortie de l'ENA, il est pendant quelques mois attaché, puis chargé de recherche au CNRS. Il entame alors des travaux sur la notion de confiance, qu'il relatera plus tard dans Le Mal français et La Société de confiance. Dans cette optique, et sur les conseils de René Le Senne, il effectue alors un séjour de quelques mois dans le village corse de Corbara.

Le 14 décembre 1948, il épouse Monique Luton (Paris, 4/11/1924- Paris, 9/1/2005) avec qui il aura cinq enfants.

Alain Peyrefitte diplomate

À l'issue de son séjour à Corbara, il embrasse une carrière de diplomate.

Il travaille d'abord en Allemagne, sous la direction d'André François-Poncet, alors Haut commissaire de la Zone d'occupation française en Allemagne. De son aveu même, il mène alors une vie faite de réceptions officielles et mondaines en tous genres. Mais surtout, il assiste également au décollage économique de l'Allemagne de l'Ouest, dont il fera état plus tard dans le Mal français.

Alain Peyrefitte rentre à Paris fin 1952. Mais ce séjour en Allemagne inspirera à Monique, l'épouse d'Alain, un roman intitulé Ton pays sera mon pays, qu'elle publie courant 1953, quelques mois après leur retour à Paris, sous le pseudonyme Claude Orcival. Les principaux collaborateurs d'Alain Peyrefitte ont pu se reconnaître sans difficulté dans les personnages du roman. Ils y sont décrits de manière souvent assez négative, ce qui valut à Alain Peyrefitte une profonde inimité de leur part, et notamment de la part d'André François-Poncet.

Courant 1954, Alain Peyrefitte part à Cracovie, en Pologne, où il est nommé Consul général de France. Malgré des conditions de vie parfois difficiles, malgré une surveillance policière certes moins pesante que dans d'autres villes du monde communiste, mais bien réelle, Alain Peyrefitte profitera de ce jour pour observer attentivement les conditions de vie d'habitants passés depuis peu sous la domination soviétique. Il livre alors ses témoignages dans de multiples dépêches adressées au Quai d'Orsay. Ces observations alimentent évidemment ses réflexions sur le développement, développées plus tard dans Le mal français et La société de confiance.

Alain Peyrefitte rentre à Paris en 1956. Il reste alors travailler au Quai d'Orsay, où il se consacre aux affaires européennes.

Alain Peyrefitte homme politique

Les débuts en politique

Il se présente pour la première fois au suffrage universel en avril 1958, c'est-à-dire avant le retour au pouvoir du Général de Gaulle, lors d'une élection cantonale dans le canton de Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne. Il met en ballotage le candidat sortant, mais cède finalement au second tour.

Quelques mois plus tard, il devient député UNR de Seine-et-Marne lors des premières élections législatives ayant suivi le retour au pouvoir de Charles de Gaulle. Il sera continuellement réélu par la suite, jusqu'en 1981, où il est battu par le socialiste Marc Fromion, dans la foulée de la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Mais l'élection de Fromion est invalidée, et Peyrefitte retrouve son siège dès janvier 1982, à la faveur d'une législative partielle. Il conservera ce siège jusqu'en 1995. Cette année-là, Alain Peyrefitte abandonne en effet son siège de député pour devenir Sénateur de Seine-et-Marne, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort.

Alain Peyrefitte sera également conseiller général de Bray-sur-Seine de 1964 à 1988, premier vice-président du conseil général de Seine-et-Marne de 1982 à 1988, et maire de Provins pendant 32 ans, de 1965 jusqu'à mars 1997.

En 1958, Alain Peyrefitte présente un profil atypique parmi les députés gaullistes, de par son jeune âge et sa formation d'énarque. Cette originalité séduit le général de Gaulle, qui en fait alors un de ses collaborateurs, chargé notamment du dossier algérien et des questions européennes. Alain Peyrefitte s'impose alors peu à peu comme un proche du Général.

Les débuts au gouvernement

En avril 1962, il fait assez logiquement son entrée au gouvernement. Mais, alors qu'il rêvait plutôt du Quai d'Orsay, il est nommé secrétaire d'État à l'information. Il occupe cette fonction quelques mois seulement, puisqu'en septembre de la même année, il devient Ministre des Rapatriés.

Alain Peyrefitte, ministre de l'Information

Avec Ludwig Erhard à Bonn, 1964

Mais en décembre 1962, il revient à l'Information, avec cette fois-ci un grade de ministre. Pendant trois ans, il devient une sorte de porte-parole du gouvernement, entretenant alors des relations privilégiées, tant avec les journalistes qu'avec le Général de Gaulle.

Il œuvre également à la modernisation et à la libéralisation de l'audiovisuel public, avec notamment le développement des chaînes de télévision régionales et la création de l'ORTF.

Pourtant, malgré cette entreprise de libéralisation, il fut souvent considéré par l'opinion publique comme « le ministre de la censure. »

Alain Peyrefitte, ministre de la Recherche

En janvier 1966, dans la foulée de la réélection du général de Gaulle à la présidence de la République, il devient ministre de la Recherche. Il œuvre alors au développement commercial du procédé français de télévision couleur SECAM. Il connaît sur ce point un succès très mitigé. Surtout, il initie un programme de mise au point de la bombe H, dont il confie la direction à Robert Dautray, et qui aboutira en août 1968 avec l'explosion, à Moruroa de la première bombe H française.

Alain Peyrefitte, ministre de l'Education nationale

En avril 1967, il devient ministre de l'Éducation nationale. Mais il est contraint à la démission, du fait des événements de Mai 68.

La « traversée du désert »

Alain Peyrefitte ne redeviendra ministre qu'en 1973. Il ne reste cependant pas inactif pendant cette période au cours de laquelle il n'est plus au gouvernement.

Il occupe ainsi, de 1968 à 1972, la fonction de président de la Commission des Affaires culturelles et sociales de l'Assemblée nationale.

En 1971, il effectue, dans le cadre d'une mission parlementaire, un voyage en Chine. De ce voyage, il ramènera un de ses plus célèbres ouvrages : Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera, publié en 1973, dans lequel il prédit le prochain développement économique et politique de la Chine et tente d'en cerner les conséquences.

De 1972 à 1973, il est secrétaire général du mouvement gaulliste, l'UDR.

Parallèlement, Alain Peyrefitte fut également chargé de missions de réflexion sur des problèmes de société : la participation (1968-1969) ; la drogue (1969-1970) ; et plus tard la décentralisation (1973-1974), puis la violence, la criminalité et la délinquance (1976-1977).

Le retour au gouvernement

En mars 1973, il devient ministre des Réformes administratives et du Plan, puis, en 1974, ministre des Affaires culturelles et de l'Environnement, jusqu'à la mort de Georges Pompidou. Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing et la nomination de Jacques Chirac comme Premier ministre, il ne fait pas partie du nouveau gouvernement.

Ce n'est que partie remise, puisqu'en mars 1977, peu après son élection à l'Académie française, il devient Garde des Sceaux, ministre de la Justice, du gouvernement de Raymond Barre. Il occupera cette fonction jusqu'en mai 1981.

Alain Peyrefitte, ministre de la Justice

Dans un contexte d'hostilités croissante entre les gaullistes, emmenés par Jacques Chirac, et les non-gaullistes, fidèles à Valéry Giscard d'Estaing, Alain Peyrefitte fait alors partie des rares ministres gaullistes, avec notamment Robert Boulin. Sans renier son appartenance à la famille gaulliste, il défend publiquement la politique du gouvernement et prend ses distances avec les chiraquiens, ce qui lui vaut de nombreuses attaques de la part de ces derniers. Cette opposition atteint son paroxysme fin 1978, lorsque Alain Peyrefitte se désolidarise de l'appel de Cochin.

Au ministère de la Justice, Alain Peyrefitte lança notamment l'informatisation du casier judiciaire. Il mit en place des « conciliateurs de justice », dont la création avait été décidée par son prédécesseur, Olivier Guichard. Il obtint également une augmentation des crédits consacrés à son ministère. Il décida également de rendre les procédures judiciaires moins onéreuses pour les justiciables. Cette décision donna d'ailleurs lieu à un malentendu avec une opinion publique croyant majoritairement que tous les frais des procès allaient être remboursés et que les procédures judiciaires deviendraient ainsi totalement gratuites, alors qu'il s'agissait uniquement de supprimer les taxes et droits que l'État percevait jusqu'alors à l'occasion des procès civils.

Par la suite, d'autres décisions lui valurent d'intenses critiques de la part de l'opposition de gauche, d'une partie de la presse et d'une partie de la magistrature.

À l'automne 1977, il décida l'extradition en Allemagne de Klaus Croissant, ancien avocat de la Bande à Baader, malgré une intense campagne de presse en faveur de sa libération.

Alain Peyrefitte décide également de modifier le mode de recrutement des magistrats, en posant le principe d'un recrutement latéral : des hommes et des femmes disposant d'une solide culture juridique pouvaient, après quinze ans d'expérience professionnelle, devenir magistrats, sur concours spécifique ou sur titres. Cette décision lui valut l'hostilité d'une partie de la magistrature attachée à un recrutement unique des magistrats par le biais de l'École nationale de la magistrature.

La mort de Robert Boulin, survenue le 30 octobre 1979, plaça Alain Peyrefitte au centre de la tourmente médiatique. En effet, dans une lettre rendue publique peu après sa mort, Robert Boulin s'était indigné d'une procédure judiciaire dont il faisait alors l'objet. Il avait notamment indiqué que : « Ce dévoiement dans la révélation du secret de l'instruction laisse froid un garde des Sceaux plus préoccupé de sa carrière que du bon fonctionnement de la Justice. » Il n'est alors question que de suicide. Mais une grande partie de la presse ainsi que les chiraquiens lui imputent une responsabilité morale dans ce suicide. Les interrogations sur la mort de Robert Boulin grandissent peu à peu, ce qui donne lieu à une véritable affaire Robert Boulin, et alimente d'autant les spéculations sur une implication quelconque d'Alain Peyrefitte, même si rien n'a jamais été prouvé.

Par la suite, il fit voter plusieurs lois destinées à lutter fermement contre la délinquance, notamment la loi « Sécurité et Liberté » et la loi « Anticasseurs », lois jugées « liberticides » par l'opposition de gauche à l'époque, et qui seront d'ailleurs abrogées par la gauche revenue au pouvoir. Il prend position en faveur de Valéry Giscard d'Estaing dès le premier tour de l'élection présidentielle de 1981.

L'éloignement progressif avec les responsabilités

La dernière demeure d’Alain Peyrefitte, 111 rue du Ranelagh (Paris 16e)

Le 15 décembre 1986, il échappe de peu à un attentat d'Action directe près de son domicile de Provins. Un employé municipal (Serge Langer) est tué dans l'explosion de sa voiture[2].

Alain Peyrefitte écrivain

Parallèlement à sa carrière politique, Alain Peyrefitte s'est distingué par une bibliographie abondante. Son œuvre littéraire lui valut notamment d'être élu membre de l'Académie française le 10 février 1977, au fauteuil de Paul Morand. En 1987, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil de Raymond Tournoux.

Son premier essai, Le Mythe de Pénélope, en 1949, fut couronné par l'Académie française. Outre le Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera (le titre cite une phrase apocryphe attribuée à Napoléon Ier, qui considérait que Quand la Chine s'éveillera, le Monde tremblera). On peut également citer Le Mal français paru en 1976, qui connut un important succès en librairie.

Plus récemment, en 1995, Alain Peyrefitte a publié un essai intitulé La Société de confiance, dans lequel il étudie les causes du développement et du sous-développement dans le monde, approfondissant ainsi une idée déjà abordée dans Le Mal français. Nombreux exemples à l'appui, il avance l'idée selon laquelle les principaux facteurs du développement et du sous-développement ne sont pas à rechercher dans certaines causes matérielles classiquement avancées telles que le climat ou les ressources naturelles, mais dans ce qu'il appelle le « tiers facteur immatériel », c'est-à-dire la culture, les mentalités. Plus précisément, le ressort du développement résiderait dans la constitution d'une société de confiance, confiance que l'État accorde à l'initiative individuelle, et surtout confiance que les individus accordent à l'État, se reconnaissent entre eux et se font à eux-mêmes. Ce serait notamment cet « éthos de confiance » qui, en bousculant des tabous traditionnels et en favorisant l'innovation, la mobilité, la compétition, l'initiative rationnelle et responsable, aurait permis le développement de l'Europe occidentale ces derniers siècles.

Tout au long de sa carrière politique, Alain Peyrefitte fut un proche du général de Gaulle. Il publie ainsi C'était de Gaulle, recueil de propos du général de Gaulle paru en trois tomes, le premier en 1994 et le dernier de manière posthume, en 2000.

Alain Peyrefitte a également collaboré à plusieurs journaux et revues, dont le Figaro.

Fonctions politiques

Mandat de député

Mandat de sénateur

Mandats locaux

Fonction politique

Fonctions gouvernementales

Précédé par Alain Peyrefitte Suivi par
Christian Fouchet
Ministre français de l'Éducation nationale
1967-1968
François-Xavier Ortoli
Maurice Druon
Ministre des Affaires Culturelles
1973-1974
Michel Guy
Robert Poujade
Ministre chargé de l'Environnement
1974
Gabriel Péronnet
Olivier Guichard
Ministre français de la Justice
1977-1981
Maurice Faure

Ouvrages

  • 1946 : Rue d'Ulm, chroniques de la vie normalienne
  • 1947 : Le Sentiment de confiance, essai
  • 1948 : Les Roseaux froissés, roman
  • 1949 : Le Mythe de Pénélope, essai
  • 1961 : Faut-il partager l'Algérie ?, essai
  • 1973 : Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera, essai
  • 1976 : Le Mal français, essai
  • 1981 : Les Chevaux du lac Ladoga - la justice entre les extrêmes, essai
  • 1983 : Quand la rose se fanera, essai
  • 1985 : Encore un effort, Monsieur le Président, essai
  • 1989 : L’Empire immobile ou le choc des mondes, récit historique
  • 1990 : La Tragédie chinoise, essai
  • 1995 : La Société de confiance
  • 1997 : La Chine s'est éveillée.
  • 1994-2000 : C'était de Gaulle, mémoires

Voir aussi

Sources

Alain Peyrefitte, par Jean-Claude Michaud, éditions de Fallois-Fayard, 2002

Notes et références

  1. Il obtient le changement officiel par jugement du tribunal de Villefranche-de-Rouergue le 17 mai 1957.
  2. http://www.ina.fr/

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Précédé par
Paul Morand
Fauteuil 11 de l’Académie française
1977-1999
Suivi par
Gabriel de Broglie

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