Ypres

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(nl) Ieper
La halle aux draps d'Ypres

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Ypres
Armoiries de la commune
IeperLocatie.png
Géographie
Pays Drapeau de Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Communauté Drapeau : Flandre Communauté flamande
Province Drapeau de la province de Flandre-Occidentale Province de Flandre-Occidentale
Arrondissement Ypres
Coordonnées 50° 51′ 00″ N 2° 53′ 00″ E / 50.85, 2.883333333333350° 51′ 00″ Nord
       2° 53′ 00″ Est
/ 50.85, 2.8833333333333
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
130,61 km² (2005)
77,73 %
3,52 %
17,47 %
1,26 %
Données sociologiques
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
34 812 (1er janvier 2008)
48,93 %
51,07 %
267 hab./km²
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2008)
19,36 %
61,00 %
19,64 %
Étrangers 2,33 % (1er janvier 2008)
Économie
Taux de chômage 6,00 % (janvier 2009)
Revenu annuel moyen 12 845 €/hab. (2005)
Politique
Bourgmestre Luc Dehaene (CD&V)
Majorité CD&V
Sièges
CD&V
sp.a
VLD
Groen!
Vlaams Belang
VIA
33
19
6
5
1
1
1
Sections de commune
Section Code postal
Ypres
Brielen
Dikkebus
Sint-Jan
Hollebeke
Voormezele
Zillebeke
Boezinge
Zuidschote
Elverdinge
Vlamertinge
8900
8900
8900
8900
8902
8902
8902
8904
8904
8906
8908
Autres informations
Gentilé Yprois(e)
Zone téléphonique 057
Code INS 33011
Site officiel www.ieper.be

Ypres (en néerlandais Ieper) est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d'arrondissement en province de Flandre-Occidentale.

Elle est située dans le Nord-ouest de la Belgique dans la région du Westhoek. La ville compte 36 120 habitants, ce qui en fait la 5e ville de Flandre-Occidentale.

Sommaire

Histoire d'Ypres

La ville d'Ypres a pris naissance autour d'un domaine carolingien et d'un marché éloignés l'un de l'autre d'environ 600 m. Au XIe siècle, ces deux centres avaient pratiquement fusionné pour former un bourg[1] doté d'attributions administratives, puisqu'un burgrave y gouvernait la châtellenie d'Ypres au nom du comte de Flandres.

Ce fut la ville natale de Guillaume d'Ypres, un capitaine de mercenaires qui combattit avec succès aux côtés du roi Étienne d'Angleterre contre l'impératrice Mathilde.

La cité drapière médiévale

C'est au XIIe siècle qu'Ypres devint florissante. En tant que troisième ville de Flandres (derrière Gand et Bruges), Ypres fut appelée à jouer un rôle de premier plan dans l'histoire du comté. Son marché annuel avait un rayonnement européen, et elle devint pour un temps la seconde plus importante ville de la Hanse flamande de Londres[2] ; dès le début du XIIe siècle, Ypres commerçait avec Novgorod, l'Angleterre, les villes de Champagne, l'Italie et les pays du Levant[3]. C'était aussi avec Arras l'un des grands centres artisanaux de la draperie, dont le commerce était alors des plus lucratifs, et pendant tout le XIIe siècle la capitale du drap en Flandres[4]. L'artisanat du drap (de laine) atteignit son apogée vers 1250. Ypres pouvait être facilement approvisionnée avec une laine de haute qualité, qui était acheminée par bateaux sur l'Yser et l'Ieperlee (qui n'est plus aujourd'hui navigable) depuis la côte où les moutons étaient élevés, puis vendus sur les faubourgs[5]. Ypres rejoignit la scabini Flandriæ, une ligue de villes du nord qui, par suite de l'invasion française entre autres, se réduisit finalement à quatre membres : Gand, Bruges, Ypres et le Franc de Bruges. Ypres y conserva son droit de vote jusqu'en 1678 . La cité drapière fut affectée par la plupart des conflits qui agitèrent le Moyen Âge, parmi lesquels la bataille des éperons d'or, la bataille de Mons-en-Pévèle, la paix de Melun qui suivit la bataille de Bouvines, la bataille de Cassel.

Le déclin de l'artisanat du drap s'amorça, comme un peu partout en Flandre, au tournant du XIVe siècle. La ville demeura malgré tout un centre administratif et hospitalier majeur. Les premières fortifications semblent dater de 1385 : une partie en est encore visible près de la Porte de Lille (Rijselpoort). La célèbre Halle aux draps date du XIIIe siècle. C'est vers cette époque qu'on précipitait les chats, qui symbolisaient alors le Malin et la sorcellerie, hors de la Halle aux draps, sans doute pour signifier par cet acte que les transactions seraient vierges de toute action maléfique. Ce rituel est commémoré aujourd'hui par la « fête du chat » triennale.

La concurrence avec la laine anglaise et hollandaise, la guerre avec la France, les jacqueries, le siège de la ville et un bombardement soutenu par l'armée anglaise en 1383, la grande peste de 1347 et les épisodes de disette accablèrent Ypres[6], dont la production manufacturière chuta à 50% de ce qu'elle était en 1300[7]. La ville ne parvint pas à préserver ses débouchés commerciaux aussi bien que d'autres villes flamandes (Bruges, par exemple). L'effondrement économique et les épidémies provoquèrent l'exode de la plus grande partie des familles ouvrières au XVe siècle. La peste ravagea encore la ville à de nombreuses reprises entre le XIVe et le XVIIe siècle[8].

L'échevinage

La ville était administrée par un bailli et des échevins. Ces magistrats étaient assistés par un Grand Conseil. Les échevins, après un mandat de deux ans, devaient attendre une année avant de pouvoir présenter à nouveau leur candidature à cet office. Ils pouvaient toutefois conserver une activité politique dans l'intervalle en siégeant au Grand Conseil[9]. Au Moyen Âge, l'échevinage était pratiquement détenu par une oligarchie de quelques familles. Contrairement à d'autres villes flamandes, un mandat d'échevin pouvait être détenu par la même personne pendant plusieurs années : tant que l'on restait fidèle au comte de Flandres, la charge était pérenne.

Le Grand Conseil était composé du bailli, des échevins, et de 27 conseillers, dont quatre représentants des quartiers, quinze représentants de la bourgeoisie et cinq représentants des artisans (tisserands et foulons essentiellement)[10]. Le collège des échevins était composé (en tout cas au XVIIe siècle) pour l'essentiel d'aristocrates, seigneurs et chevaliers, ce qui peut s'expliquer de la façon suivante : on sait qu'au cours du Moyen Âge, 75% des échevins se consacraient au commerce et à l'artisanat ; à la chute de Charles le Téméraire, tous les échevins étaient devenus propriétaires de terres, et en 1521, les trois quarts de ces échevins vivaient de rentes foncières et des tenures. C'est ainsi que les artisans devinrent minoritaires au sein du Grand Conseil.

Enfin il faut ajouter que, contrairement aux autres villes de Flandre, l'échevinage employait des clercs rémunérés. Ces fonctionnaires, qui devaient prêter serment, assuraient l'interim du collège des échevins.

Réforme et Contre-Réforme

La halle aux draps d'Ypres : gravure de 1872.

À la fin du XVe siècle, la ville commença à se repeupler. Des tisserands possédant leur propre métier à tisser s'y installèrent. Ils amenaient une nouvelle mentalité, faite de curiosité et de foi intériorisée (devotio moderna). Ces nouveaux citoyens grossirent les rangs de la vague évangélique. En 1525, les échevins de la ville mirent en application le programme politique proposé par le philosophe Juan Luis Vives, particulièrement la mise à contribution des congrégations pour le traitement social de la mendicité. Cette initiative, combattue par les Franciscains, fut finalement sanctionnée favorablement par la Sorbonne et l'empereur Charles Quint. C'est à Ypres, en 1566, que prirent naissance les premiers troubles de la fureur iconoclaste aux Pays-Bas[11]. Ce déchaînement de violence gagna rapidement les provinces du nord. Ypres, comme Bruges, tomba aux mains des calvinistes gantois en 1577. Le parti protestant conserva le pouvoir jusqu'en 1583, lorsque Farnèse envahit les Pays-Bas.

Dès 1559, suite au Concile de Trente, Ypres était devenu siège d'un évêché, suscitant l'arrivée de plusieurs congrégations religieuses. Elle eut notamment pour évêque Cornelius Jansen, dit Jansenius, le père du jansénisme. La ville retrouva une certaine prospérité au début du XVIIe siècle : on le voit à la recrudescence de construction d'édifices en pierre[12].

Plan des fortifications d'Ypres sur la carte Ferraris, vers 1775.

Ce n'est qu'à ce moment qu'on songea à reprendre les fortifications de la ville. Depuis Ypres, il était facile de contrôler tous les ports du littoral flamand : Nieuport, Bruges, Ostende, Furnes, et surtout Dunkerque[13]. Les Espagnols abattirent les vieilles murailles médiévales et entourèrent la ville d'un enceinte bastionnée, ce qui n'empêcha pas les Français de s'emparer d'Ypres, d'abord en 1658[14], puis à nouveau le 25 mars 1678[15] par les traités de Nimègue. Le rattachement de Ypres à la France est une conséquence de la bataille de la Peene livrée à Noordpeene un an plus tôt. Vauban, qui avait pu juger des défauts du dispositif en place, modifia à son tour profondément les ouvrages d'enceinte : il s'agissait pour lui d'une place frontière du « Pré carré ». La ville abrita dès lors une importante garnison (5 000 hommes), à laquelle toutes les activités manufacturières et commerciales étaient subordonnées[16]. Il se mit en place une économie autarcique et surtout très dépendante du contexte politique et militaire.

Lors des Traités d'Utrecht (1713), la ville fut finalement rattachée avec sept autres villes de Flandre aux Provinces-Unies.

En 1782, l'empereur Joseph II ordonna le démantèlement des fortifications. Cette décision facilita la prise de la ville par les Républicains français en 1794.

Première Guerre mondiale

Ypres en 1919

Après les inondations de Nieuport, les Allemands ont reporté leurs attaques sur la région d'Ypres, en octobre 1914. Depuis lors, Ypres a été le siège de plusieurs batailles extrêmement sanglantes, étant situé au centre de la zone dite du saillant d'Ypres, une saillie en forme de demi-cercle sur la ligne de front de l'ouest. L'armée allemande utilisa, pour la première fois, les gaz de combats contre les troupes canadiennes. Ceux-ci, n'étant pas équipés pour faire face à ce type d'attaque résisteront malgré les dommages que causent les gaz moutarde. C'est le premier usage militaire du gaz moutarde (qui sera appelé également dès lors ypérite), lors de la troisième bataille d'Ypres (bataille de Passchendaele) en juillet 1917. En avril 1918, une importante offensive allemande est arrêtée à Merkem, au nord, par les Belges, et aux monts de Flandre par les Britanniques et les Français. À partir de septembre, la contre-attaque des Alliés, commandée par le maréchal Foch, va permettre de libérer la Belgique. Plus de 300 000 Alliés dont 250 000 soldats du Commonwealth ont trouvé la mort au cours des combats. Soumise aux bombardements de l'artillerie allemande, la ville médiévale était presque entièrement détruite à l'issue de la guerre. La campagne environnant Ypres n'est qu'une vaste nécropole : on y compte quelque 170 cimetières militaires.

Géographie

Ville de plaine, Ypres fut longtemps la plaque tournante du commerce entre la côte flamande distante de 60 km et ses ports de commerce (Dunkerque, Furnes, Nieuport, Ostende et Bruges avant l'ensablement) d'une part, et la route des foires de Champagne. Desservie par quelques grandes routes, située au cœur d'un réseau de rivières et de canaux (la plupart impropres à la navigation moderne), cette ville opulente contrôlait l'accès à la mer du Nord, et ce fut encore le cas au début de la Première Guerre mondiale.

Démographie

Les archives d'Ypres ayant été détruites lors des bombardements allemands au début de la Première Guerre mondiale, les chiffres qui suivent, subordonnés aux publications d'historiens amateurs et d'érudits du XIXe siècle, doivent être considérés avec précaution.

Évolution démographique
1260 1315 1410 1437 1491 1500 1803 1904 1919 2006
40 000[17] 20 000 10 700 9 400 7 600[18] 10 000[19] 15 148[20] 17 073 0 34 897

Jumelage

Anciennes communes faisant partie d'Ypres

Boezinge, Brielen, Dikkebus, Elverdinge, Hollebeke, Sint-Jan, Vlamertinge, Voormezele et Zillebeke.

Personnalités liées à la ville

Lieux et monuments

Halle aux draps (Lakenhal) d'Ypres (11 octobre 2004)
  • la grand-place
  • la Halle aux draps (Lakenhal)
  • la cathédrale Saint Martin
  • le mémorial de la porte de Menin (Menenpoort)
  • la porte de Menin, sous laquelle se déroule les soirs depuis 1928 au son du clairon, le "Last Post", cérémonie d'hommage aux victimes de guerres.
  • la promenade sur les remparts construits par Vauban. Peut se faire au départ de la porte de Menin.
  • la « maison Biebuyck » (1544) - Diksmuidsestraat 48
  • le musée de la guerre "In Flanders Field" dans les halles.
  • le musée Merghelynck (XIXe siècle) - A. Merghelynckstraat 2
  • le parc d'attractions et animalier Bellewaerde.

Fêtes

Lors de la fête des Chats (Kattenfeest) qui a lieu chaque année, des animaux en peluche sont lancés du deuxième étage du beffroi. L'origine de cette fête remonterait au Xe siècle. Les chats, complices du diable et des sorcières, étaient alors jetés vivants du haut du beffroi. Depuis 1955, la manifestation est précédée du grand cortège des Chats (Kattenstoet) qui se déroule tous les trois ans.

Cortège des chats
Cortège des chats


Diocèse titulaire d'Ypres

Ypres fut le siège d'un diocèse de 1559 à 1801. Aujourd'hui ce siège n'est plus résidentiel mais titulaire.

Article détaillé : Diocèse d'Ypres.

Voir aussi

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Liens externes

Sources

Notes

  1. Octaaf Mus, De stedelijke ontwikkeling van de Middeleeuwen tot 1914, in Omtrent de vestingstad Ieper (1992, éd. par H. Stynen & J.M. Duvosquel), Bruxelles, Gemeentekrediet van België & Koning Boudewijnstichting, p. 6.
  2. Cf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie in 26 delen » (1990), éd. Elsevier, Amsterdam, vol. XII, p. 47. La première ville de la hanse londonienne était alors Bruges.
  3. Octaaf Mus, op. cit., p. 8.
  4. Ibid., p. 8.
  5. Cf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie », p. 47.
  6. Octaaf Mus, op. cit., pp. 8-12.
  7. Octaaf Mus, op. cit., p. 13.
  8. L'expression flamande « j'ai l'air d'un mort d'Ypres » ('hij ziet eruit als de dood van Ieperen'), c'est-à-dire « je suis livide », fait allusion à l'épidémie de 1347.
  9. P. Trio, « Bestuursinstellingen van de stad Ieper (12e eeuw - 1500) », in « De gewestelijke en lokale overheidsinstellingen in Vlaanderen tot 1795 » (1997), sous la dir. de W. Prevenier et B. Augustyn, Bruxelles, Algemeen Rijksarchief, p. 335.
  10. P. Trio, ibid. », p. 344.
  11. Octaaf Mus, op. cit., p. 14.
  12. Octaaf Mus, op. cit., p. 15.
  13. Octaaf Mus, op. cit., p. 16.
  14. Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant. Vauban - L’intelligence du territoire. Éditions Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, Paris, 2006. Préface de Jean Nouvel. 175 p, ISBN 2-35039-028-4, p 166
  15. Barros et alii, p 167
  16. Octaaf Mus, op. cit., p. 18.
  17. Octaaf Mus, ibid., p. 10. Les chiffres les plus fantaisistes courent sur la population de la ville à cette époque. Mais il paraît bien évident que la superficie même de la ville ne permettait pas de nourrir ni d'abriter plus de 40 000 habitants, effectif qui n'a jamais été atteint depuis.
  18. Octaaf Mus, ibid., p. 13 ; l'auteur ne cite malheureusement pas ses sources.
  19. D. Morsa, L’urbanisation de la Belgique (1500-1800). Taille, hiérarchie et dynamique des villes, in Revue du Nord (1997), LXIX, pp. 320-321.
  20. Recensement du département de la Lys.



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