La Souche

44° 37′ 48″ N 4° 11′ 53″ E / 44.63, 4.19805555556

La Souche
La Souche : vue sur le chef-lieu et l'église Saint-Sauveur
La Souche : vue sur le chef-lieu et l'église Saint-Sauveur
Administration
Pays France
Région Rhône-Alpes
Département Ardèche
Arrondissement Largentière
Canton Thueyts
Code commune 07315
Code postal 07380
Maire
Mandat en cours
Josiane Charbonnier (SE)
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Source de l'Ardèche
Site web www.la-souche.fr
Démographie
Population 336 hab. (2008)
Densité 11 hab./km²
Gentilé Souchois, souchoises
Géographie
Coordonnées 44° 37′ 48″ Nord
       4° 11′ 53″ Est
/ 44.63, 4.19805555556
Altitudes mini. 463 m — maxi. 1 498 m
Superficie 31,52 km2

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Voir la carte administrative

La Souche est une commune de la Cévenne ardéchoise située à 16 kilomètres d'Aubenas et à 29 kilomètres de Langogne. Les habitants de la municipalité s'appellent les souchois et les souchoises[1], ils étaient au nombre de 336 au recensement INSEE de 2008. Administrativement, la localité fait partie du canton de Thueyts, lui-même compris dans le département de l'Ardèche, en région Rhône-Alpes. La municipalité fait partie de la communauté de communes Source de l'Ardèche depuis sa création, le 21 décembre 2005.

La Souche fait partie du Parc naturel régional des Monts d'Ardèche et dispose d'un espace naturel préservé avec notamment la présence de plusieurs zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Le territoire municipal présente une flore et d'une faune variée, comptant des espèces endémiques des Cévennes. La Souche possède la source du Lignon, cours d'eau affluent de l'Ardèche. Le Lignon est une rivière aux crues dévastatrices, provoquées surtout par les épisodes cévenols survenant le plus souvent en automne. La commune connait un climat typiquement cévenol caractérisé par des cumuls annuels de précipitation parmi les plus hauts de France métropolitaine, supérieurs à 2 000 mm par an en moyenne, et pouvant atteindre 3 500 mm, comme en 2008.

La population souchoise, après avoir subie un intense exode rural pendant plus d'un siècle, s'est stabilisée depuis une vingtaine d'années aux alentours de 300 habitants permanents. La Souche est une localité restant partiellement à orientation agricole, mais l'après-guerre l'a aussi transformée en lieu de résidences estivales, grâce à l'émergence du tourisme vert et à la protection naturelle dont bénéficie son territoire communal. L'activité touristique profite également de l'enneigement hivernal avec la présence de la station de ski de la Croix de Bauzon.

Sommaire

Géographie

Localisation

Situation

Hameau de Charay et le massif du Tanargue avec le Mont Aigu (1 316 mètres) en arrière plan

La Souche (44°37′48″N 04°11′53″E / 44.63, 4.19806) est une commune située géographiquement dans le sud-est du Massif Central, à l'extrémité nord des Cévennes et à la lisière des Monts du Vivarais[2][3][4]. La localité fait partie du département de l'Ardèche et appartient administrativement à la région Rhône-Alpes, dont elle se place à la périphérie sud-ouest, non loin des régions :

La commune est placée plus précisément au pied de la face nord du massif du Tanargue et au sud du serre de la Croix de Bauzon. La localité possède en son sein la haute vallée du Lignon, ce cours d'eau prenant sa source à l'ouest du territoire communal. La municipalité abrite le col routier de la Croix de Bauzon, à l'extrême ouest de la localité, au triple point de rencontre du territoire communal avec ceux de Borne et de Mayres, le col étant situé à une altitude de 1 308 mètres. La Souche était sise sous l'Ancien Régime dans la province du Vivarais, et à quelques lieues des provinces du Gévaudan et du Velay. Par distance orthodromique[5], la commune se situe à :


Paris (493 km) Saint-Etienne (91 km) Lyon (136 km)
Mende (57 km) {{{Commune}}} Valence (64 km)
Toulouse (248 km) Montpellier (116 km) Marseille (176 km)

Communes limitrophes

La Souche est limitrophe de sept communes[6], toutes situées dans le département de l'Ardèche, à savoir :

Ces localités sont réparties géographiquement de la manière suivante :

Rose des vents Mayres Barnas Thueyts Rose des vents
Borne N Jaujac
O    La Souche    E
S
Valgorge Laboule

Axes de communication

Par voie routière, La Souche est accessible, via la route nationale N102, depuis Aubenas, située à 16 kilomètres de distance, par la seule route départementale D19, cette dernière traversant toute la localité d'ouest en est[7]. La route départementale D19 totalise 48 kilomètres et relie Luc en Lozère à Lalevade-d'Ardèche en passant par les cols du Bez et de la Croix de Bauzon. Au niveau de la desserte locale, la route relie La Souche à Jaujac, en aval dans la vallée du Lignon vers l'est ainsi que Borne et Mayres vers l'ouest, en parcourant 16 kilomètres sur le territoire communal[8]. La route actuelle reprend en grande partie le tracé d'une ancienne voie romaine qui menait alors au pays des Gabales[9]. La route départementale D19 possède un trafic routier mineur au niveau de La Souche, proche de 210 véhicules par jour[10]. Ce faible trafic est lié à l'absence de transit routier par le col de la Croix de Bauzon pour rejoindre la Lozère et la Haute-Loire, le trafic interégional transitant par la route nationale 102, parallèle au parcours de la route départementale D19, dans la haute vallée de l'Ardèche et le col de la Chavade.

La chaussée routière menant au col présente un caractère étroit et sinueux avec la présence de nombreux lacets. Le dénivelé est de 760 mètres lors des 15 kilomètres d'ascension depuis La Souche soit une pente affichant 5 2 % en moyenne[11]. La route est néanmoins plus utilisée lors de la période estivale par de nombreux motards et cyclistes se rendant au col de la Croix de Bauzon, cette haute fréquentation survenant également certains hivers enneigés, lorsque la station de ski de La Croix de Bauzon est ouverte. La route départementale D19 est considérée, à l'instar de la route nationale N102, comme une des portes d'entrée de la montagne ardéchoise depuis le Bas-Vivarais. La municipalité possède en outre une route communale de petit gabarit reliant, sur la rive droite du Lignon, La Souche et le hameau de Saint-Louis, sis 4 kilomètres à l'ouest. Des voies communales, dont certaines à peine carrossables, relient d'autres lieux-dits à la route départementale D19.

La Souche : vue sur la vallée du Lignon et la route D19

Transports collectifs

En termes de transports collectifs par voie routière, la compagnie de bus dépendant du conseil général de l'Ardèche dessert la municipalité, via trois points d'arrêt sur la commune : La Croze, Charay et La Souche (place de la mairie). La ligne 103, dont la localité constitue le terminus ouest[12], relie La Souche à Aubenas, via Prades et Labégude[13], le parcours complet de la ligne demandant 40 minutes. La commune est desservie par 3 allers-retours par jour[14]. Il existe également un service de ramassage scolaire pour les élèves du secondaire.

Par voie aérienne, les aérodromes les plus proches de La Souche sont situés respectivement à Aubenas, Mende et au Puy-en-Velay. Ces trois aéroports sont desservis par un nombre très restreint de lignes aériennes nationales ou européennes régulières, ils sont principalement utilisés par les pilotes amateurs ou pour les avions d'affaires.

Le département de l'Ardèche étant le seul à être dépourvu de gare voyageurs, les gares SNCF les plus proches sont celles de La Bastide-Puylaurent (25 kilomètres), Langogne (29 kilomètres) et Villefort (30 kilomètres) en Lozère, toutes trois situées sur la ligne des Cévennes. Les gares de Valence et de Montélimar, dans la Drôme, sont plus éloignées mais sont desservies par le TGV sud-est au départ de la Gare de Lyon à Paris. Pour palier l'absence de transport collectifs par voies ferrées, la SNCF a mis en place des lignes TER en bus (depuis les gares drômoises) jusqu'à Aubenas, Lalevade d'Ardèche et Vals-les-Bains.

Espace naturel

Topographie et relief

Articles détaillés : Tanargue et Serre de la Croix de Bauzon.
Rocher d'Abraham (1 498 mètres), point culminant de La Souche

La superficie communale de La Souche est de 3 152 hectares, soit une surface largement supérieure à la moyenne des localités françaises (1 488 hectares). Cette superficie municipale étendue est une caractéristique des communes de la Cévenne ardéchoise voisines de la La Souche. Le territoire de la localité présente l'aspect d'une vallée longue et étroite orientée est-ouest, taillée par le Lignon dans les roches granitiques, deux puissantes crêtes entourant cette vallée : celle du serre de la Croix de Bauzon au nord et le Tanargue au sud. La première sépare La Souche de la haute-vallée de l'Ardèche et des villages de Mayres, Barnas et Thueyts ; et la seconde de la vallée de la Beaume et des communes de Laboule et Valgorge. L'altitude du territoire de La Souche varie de 463 à 1 498 mètres au Rocher d'Abraham, soit plus de mille mètres de dénivelé communal, l'altitude moyenne du territoire communal s'élevant à 979 mètres[15]. Les paysages de la municipalité adoptent le plus souvent la forme de hauts sommets, de pentes abruptes, voire de ravins. Localement, dans la Cévenne ardéchoise, les crêtes allongées des montagnes prennent le nom de "serres"[16], ces derniers délimitant fortement des vallées creusées par des cours d'eau torrentieux.

Sommet de Méjan (1 458 mètres)

Outre son point culminant, le Rocher d'Abraham, la commune comprend d'autres sommets parmi lesquels le mont Gros : 1 314 mètres, le mont Aigu : 1 316 mètres et le sommet de Méjan : 1 458 mètres, en commun avec Valgorge, dans le massif du Tanargue. Le point le moins élevé de La Souche se situe à l'est du territoire municipal au lieu-dit La Croze, sur le lit majeur du Lignon, au niveau de la frontière communale partagée avec Jaujac, à une altitude de 463 mètres. Le hameau de La Souche, comprenant la mairie, se situe à une altitude de 541 mètres, dans la vallée du Lignon et à l'aplomb du mont Aigu. Les surfaces planes sont rares, mais des terres cultivables avaient été aménagées dans les pentes escarpées sous forme de culture en terrasse[17], appelées faysses[18] ou faïsses[19] localement. La production vivrière était constituée de légumes et surtout de châtaignes. L'exode rural intense au cours du XXe siècle a provoqué l'arrêt de l'entretien des faysses. Les murets de pierre, établis en étages, s'effondrent progressivement, surtout par ravinement lors des forts orages.

Géologie

Le massif du Tanargue est de constitution majoritairement granitique. La mise en place géologique du relief date du Trias, consécutivement à l'érosion survenue après la surrection du Massif central durant la période hercynienne[20]. Le granite est une roche de composition cristalline, née du magma de l'écorce terrestre. Localement, sur certains affleurements du territoire communal, le granite subit une métamorphose suite à son altération progressive, donnant alors naissance à des roches métamorphiques comme des schistes, des gneiss et même du grès[21]. Consécutivement aux éruptions passées des volcans voisins, on note également des roches d'origine volcaniques comme des basaltes. La Souche constitue également l'extrémité ouest du bassin houiller de Lalevade d'Ardèche, aujourd'hui inexploité[22]. Ce charbon trouve son origine par la présence d'une enclave de terrain stéphanien (schisto-gréseux) au sein de la vallée du Lignon.

Zones de protection naturelle

Serre de la Croix de Bauzon, classé en ZNIEFF de type II

La Souche dispose sur son territoire municipal d'une importante zone de protection naturelle. La biodiversité bénéficie de la faible densité humaine, du modeste trafic des routes communales et de l'absence d'industrie polluante. Tout d'abord, la municipalité fait entièrement partie du parc naturel régional des Monts d'Ardèche. Ce parc naturel régional a été créé le 9 avril 2001, à l'initiative principalement des castanéiculteurs, il comprend actuellement 132 communes. Les objectifs à long-terme de la charte[23] du parc sont le maintien de l'activité agricole, la promotion du développement durable et la protection et la valorisation du patrimoine local. En outre, la localité se situe à une vingtaine de kilomètres de la zone périphérique du parc national des Cévennes. Les sols communaux sont marqués par une très faible surface bâtie et par l'abondance des zones humides et des forêts. L'urbanisation est globalement maîtrisée, aidée par la faible pression démographique. Le Lignon et ses affluents communaux possèdent des eaux affichant une très bonne qualité bactériologique et biologique[24]. Les nombreux ruisseaux, souvent bordés de ripisylves représentant des liens écologiques, arrosent des gorges humides, présentant souvent un fort intérêt paysager.

La Souche comprend deux zones ZNIEFF de type II, ces zones étant intégrées au réseau Natura 2000, elles sont respectivement nommées :

Ces deux espaces détiennent également en leur sein respectif deux zones ZNIEFF de type I, à la superficie plus restreinte. Ces deux zones représentent un espace homogène d’un point de vue écologique, abritant espèces et habitat rares ou menacés, d'intérêt aussi bien local que régional, national voire européen. Ces zones ZNIEFF de type I sont appelées :

Flore

Article connexe : Flore du Massif central.
Différence de végétation entre l'adret (à gauche) et l'ubac (à droite)

Autrefois principalement couvert de châtaigniers et de mûriers, le territoire communal souchois reste relativement boisé. Avec l'abandon progressif de la culture des châtaigniers, les conifères (pins sylvestre et douglas) ont petit à petit gagné une large part du territoire. Les forêts profitent également de la déprise agricole pour regagner du terrain. Les forêts représentent au total 1 026 hectares de terrain, soit 32,6 % du territoire communal[29]. Le domaine boisé comprend notamment la forêt domaniale du massif du Tanargue, la forêt des Chambons et la forêt domaniale du serre de la Croix de Bauzon, au nord de la localité.

Landes du Tanargue

L'orientation est-ouest de la vallée du Lignon et le dénivelé important entraînent à altitude égale une forte différence de température et d'ensoleillement et par voie de conséquence de végétation entre les parcelles exposées plein sud et l'ubac correspondant globalement sur le territoire de La Souche à la face nord du Tanargue. La flore communale est en partie constituée de plantes endémiques des Cévennes, comme l'œillet des rochers ou la centaurée pectinée. Les châtaigniers et les genêts purgatifs sont majoritaires dans la vallée du Lignon. Sur les adrets, les châtaigniers et même les mûriers sont présents jusqu'à une altitude de 800 mètres, alors qu'ils sont inexistants sur les pentes peu ensoleillées. Sur les hauteurs et l'ubac, on trouve des plantes subalpines comme des airelles des marais, des adenostyles, mais aussi des hêtres, des résineux et de lande. Les résineux, essentiellement constitués de Douglas, souffrent fortement de la sécheresse certaines années en dessous de 800 mètres, ils sont par contre prospères sur les sommets et sur une majorité de la face nord du Tanargue, plus froids et arrosés. On note également la présence d'herbages, sous forme de landes dénudées sur le plateau du Tanargue, qui servent d'estive à des troupeaux de chèvres et de moutons.

Les plantations artificielles d'arbres[30], datant pour beaucoup des années 1980, restent faibles, mais existent. Elles sont quasi-exclusivement constituées de résineux, comme souvent lors des opérations de reboisement menées après-guerre dans le département de l'Ardèche[31]. A cette époque, l'Office national des forêts encourageait les implantations de conifères, seule sylviculture viable économiquement. Cependant un récent mouvement de suppression des plantations artificielles se fait jour avec la suppression de 20 hectares de pins rendus au paysage pastoral des landes du Tanargue, grâce à l'aide financière du parc naturel régional[32]. La forêt domaniale du massif du Tanargue, composée de hêtres et de résineux, est également partiellement éclaircie sur 30 hectares, afin de maintenir les tourbières[33] et les plantes subalpines comme les myrtilles des marais.

Faune

Sur une surface communale de 31,52 km², La Souche abrite une faune variée, dont de nombreuses espèces protégées. Après une longue absence, de nombreux poissons sont de retour dans le cours supérieur du Lignon ces dernières années, grâce à l'amélioration générale de la qualité des eaux ardéchoises et à la mise en place d'échelles de poissons sur l'Ardèche[34]. Les espèces présentes sont des chabots, des truites, des goujons et des brochets[35]. Le Lignon abrite également des loutres, de plus en plus nombreuses ces dernières années[36]. On compte aussi des colonies de castors européens[37]. Parmi les invertébrés, on a recensé des papillons comme le cuivré des marais et l'azuré des moullières. Les amphibiens sont représentés par la grenouille rousse et les reptiles par le lézard des souches et la vipère péliade.

La Souche a une histoire ancienne avec le loup. En 1756, la première victime de la bête du Gévaudan fut tuée à Saint-Etienne de Lugdarès, à quelques kilomètres de la commune. Depuis, le loup a été chassé jusqu'à son extermination complète à la fin des années 1920, il était considéré à l'époque comme nuisible pour les nombreux bergers. Aujourd'hui espèce protégée, le loup semble revenir via les Alpes dans les environs, des traces de réimplantation se multipliant ces dernières années : une attaque de troupeaux avec de fortes présomptions d'un loup a été signalée en 2006, ainsi que des observations dans des localités voisines[38]. Ce retour probable à long-terme commence à être étudié par les collectivités locales[39], notamment en ce qui concerne la gestion des estives[40]. La commune compte aussi beaucoup de sangliers et de cervidés, en forte recrudescence ces dernières années.

Concernant les oiseaux, la commune est peuplée principalement de rapaces, mais aussi d'espèces plus petites, on peut citer le circaète Jean-le-Blanc, le bruant ortolan, le Busard cendré, la fauvette pitchou, le faucon pèlerin, le merle de roche et même l'aigle royal[41]. Les rapaces sont attirés par l'abondance de proies, la présence de parois rocheuses et aussi par leur statut d'espèces protégées, les mettant à l'abri de la chasse.

Hydrographie

Article détaillé : Lignon (Ardèche).

La Souche comprend la haute-vallée du Lignon, affluent en rive droite de l'Ardèche, qui naît près du col de la Croix de Bauzon. La source se situe précisément à une altitude de 1 340 mètres, à l'ouest de la commune près du lieu-dit Le Péage, à proximité immédiate du territoire communal de Borne. A sa naissance, le Lignon est un torrent dévalant des pentes très inclinées et ravinées, avec une direction est, traversant tout le territoire communal en son milieu. À sa sortie de La Souche en aval vers Jaujac, au lieu-dit La Croze, la déclivité du cours et donc la force du courant diminue quelque peu. Le Lignon présente des fluctuations saisonnières de débit typiques du régime cévenol, comme ses voisins le Chassezac ou la Beaume, avec un sévère étiage l'été, mais surtout des hautes eaux automnales se transformant parfois en crues dévastatrices. Les hautes eaux se prolongent en hiver et au printemps jusqu'à mai, en raison de la fonte des neiges et des précipitions. L'étiage estival, bien que sévère, n'entraîne jamais l'assèchement complet du Lignon au contraire de certains de ses affluents communaux les années sèches, mais son niveau peut descendre à quelques centimètres au niveau du hameau de La Souche.

Le Lignon à l'étiage longeant en rive droite le hameau de La Souche

Les fortes précipitations liées au climat cévenol particulièrement humide et le sol majoritairement granitique, par conséquent imperméable, induisent sur la commune un dense réseau hydrographique, modelant fortement le territoire communal. Le Lignon reçoit en conséquence de nombreux affluents venant grossir son débit, en prenant le plus souvent la forme de torrents dévalant les pentes du massif du Tanargue (rive droite) ou du serre de la Croix de Bauzon (rive gauche)[42]. Parmi ces affluents municipaux du Lignon, on peut citer :

  • le Rioumonas (rive droite) : 3,2 kilomètres ;
  • la Combe Longe (rive gauche) : 3,1 kilomètres ;
  • le Licheyre (rive gauche), également nommé le Dabrigeaon : 2,7 kilomètres, son cours est partagé entre Jaujac et La Souche ;
  • le Ravisinié (rive droite) : 2,5 kilomètres ;
  • l'Aygue-Bonne (rive droite) : 2,2 kilomètres ;
  • le Crozes (rive droite) : 2,1 kilomètres ;
  • le Gleyzal (rive gauche) : 1,7 kilomètre ;
  • la Triouleyre (rive droite) : 1,7 kilomètre ;
  • le Ribeyre (rive droite) : 1,7 kilomètre ;
  • le Suel (rive gauche) : 1,6 kilomètre ;
  • le Boudon (rive gauche) : 1,4 kilomètre ;
  • le Ranc Rognon (rive droite) : 1,4 kilomètre ;
  • le Peyreplane (rive gauche) : 1,4 kilomètre ;
  • le Crozes (rive gauche) : 1,3 kilomètre ;
  • la Mathe (rive gauche) : 1,3 kilomètre.

La Souche est située sur le bassin hydrographique du Rhône par l'intermédiaire de l'Ardèche. Par rapport à ce bassin hydrographique, la commune en constitue son extrémité ouest car la ligne de partage des eaux Atlantique-Méditerranée se situe au col du Bez, à 6 kilomètres du col de la Croix de Bauzon. Les eaux de certains ruisseaux de l'ouest du Tanargue rejoignent, via le Masméjean, l'Allier et la Loire. La commune possède de nombreuses réserves d'eau, certaines servant à la production de neige via les canons à neige de la station de ski, ou à l'alimentation en eau du bétail. L'omniprésence de l'eau sur La Souche est également soulignée par le nombre très important des sources d'eau, de cascades et également par l'existence de quelques tourbières. Le Lignon permet la pratique de la pêche, il est classé cours d'eau de première catégorie[43].

Climat

Derniers névés sur la face nord du Tanargue (mai 2009).

La Souche possède un climat typiquement cévenol, caractérisé par de très forts cumuls de précipitations annuelles et surtout par des pluies automnales diluviennes[44]. Les précipitations avoisinent 2 000 mm par an en moyenne, à cause des hautes crêtes environnantes où se déversent fréquemment des nuages chargés d'humidité. Ces derniers arrivent notamment par vent de sud-est, quand les masses d'air chaudes remontant de Méditerranée rencontrent l'air froid stationnant sur le Massif Central. Ce phénomène de confrontation de masses d'air à fort contraste thermique est commun dans les Cévennes, on le retrouve aussi au mont Aigoual et au Mont Lozère.

En fonction des années, avec le Mont Aigoual et les localités ardéchoises voisines de Loubaresse et Borne, La Souche figure régulièrement dans le classement des communes les plus arrosées de France métropolitaine, comme en 2002 avec 2 658 mm[45], 2006 avec 2 446 mm[46] ou encore en 2010 avec 2 797 mm. Le record date de 2008 avec 3 520 mm[47], la plus haute mesure de France métropolitaine cette année-là. On a noté plus de 600 mm de précipitation en novembre, 500 mm pour les mois de janvier, mai et octobre et 400 mm de précipitation en avril lors de cette année exceptionnelle[48]. Les mesures de pluviométrie proviennent de la station automatique de Météo-France[49], située plusieurs kilomètres à l'ouest de La Souche au lieu-dit Bazandès et à une altitude de 920 mètres[50], soit à une hauteur plus élevée que le chef-lieu de la municipalité[51].

Les pluies automnales donnent lieu parfois à des épisodes cévenols dont le risque de survenance s’étend de début septembre à mi-décembre avec un maximum en octobre. On estime que lors de l'épisode cévenol de 1890, il est tombé 971 mm d'eau en cinq jours, du 18 au 23 septembre, à Montpezat-sous-Bauzon, à 10 kilomètres de La Souche. Plus récemment, en 1980, 627 mm d'eau sont tombés en deux jours dans la commune de Saint-Étienne-de-Lugdarès, situé sur le versant ouest du Tanargue[52]. La commune compte en moyenne plus de 12 jours par an où la pluviométrie dépasse 50 mm d'eau. La proximité immédiate du Tanargue, massif à très haut degré kéraunique (sensibilité à la foudre), provoque des orages estivaux beaucoup plus fréquents qu'en Bas-Vivarais. La neige est fréquente en hiver, parfois en quantité abondante (surtout par flux de sud perturbé) mais le manteau neigeux ne tient jamais très longtemps dans la vallée, car les périodes de gel prolongé sont rares. Les derniers névés, proches du col de la Croix de Bauzon sur la face nord du Tanargue, disparaissent généralement en mai, parfois mi-juin. En raison de la proximité de la Méditerranée, la période estivale peut par contre être très sèche certaines années, avec une sécheresse sévère (supérieure parfois à 20 jours) et des températures élevées.

La station météorologique de la commune ne mesurant que la pluviométrie, et n'étant de surcroit ouverte que depuis 1997, la station météorologique la plus proche possédant des relevés anciens est celle de Loubaresse, situé à 12 kilomètres de distance et connaissant des précipitations comparables à celles de La Souche.

Nuvola apps kweather.png Températures moyennes et précipitations à La Souche sur la période 1971 - 2000 :
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures minimales moyennes (°C) 1,7 1,8 3,4 5 9,2 12,3 15,3 15,5 13,5 9,1 4,7 3 7,7
Températures moyennes (°C) 4,7 4,9 6,8 8,8 13,1 16,6 20,1 20 16,5 12,3 7,7 5,9 11,4
Températures maximales moyennes (°C) 7,6 7,9 10,2 12,5 17 20,9 24,8 24,5 20,1 15,5 10,7 8,7 15
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 209 135 112 180 183 106 60 93 214 307 254 216 2069
Source : Archives climatologiques mensuelles - Loubaresse (1971-2000) - avec application du gradient d'augmentation de température de 0,6 °C pour une variation de 100 mètres

Risques naturels

En termes de risques naturels et à cause de son climat cévenol particulièrement pluvieux, La Souche est principalement soumise aux risques d'inondations[53], de coulées de boue[54] et de glissements de terrain. Suite aux nombreuses crues passées, le village dispose maintenant d'un système d'alerte (par automate téléphonique) mis en place par la préfecture du département, comme sur tout le bassin hydrologique de l'Ardèche, rivière aux montées d'eau rapides et puissantes. Il faut néanmoins noter que les habitations de La Souche et des autres lieux-dits municipaux sont souvent construites en hauteur par rapport au lit fortement encaissé du Lignon, ce qui limite considérablement les dégâts et pertes humaines. Il est courant que La Souche reçoive 300 mm de pluie en 24 heures sans perturbation notable sur l'activité des habitants, comme par exemple lors de l'épisode cévenol du 6 et 7 septembre 2010 : 307 mm en 24 heures dont 90 mm en 1 heure[55]. La puissance des eaux de crues entrainent certaines années dans leurs flots divers objets (des blocs de granite, des basaltes et des débris végétaux) qui peuvent provoquer des dégâts dans les habitations les plus proches du cours du Lignon, mais également modifier le cours mineur de celui-ci. La crue référence pour l'établissement des zones à risques est la crue millenale de 1890. Cette année-là, on estime que le niveau du Lignon monta de 6 mètres par rapport à son cours habituel, causant d'énormes dommages et tuant une personne.

L'aléa sismique est classifié comme faible, mais non nul[56]. Le volcan situé sur la commune voisine de Jaujac a connu sa dernière éruption il y a 12 000 ans, il est considéré comme éteint aujourd'hui. Les catastrophes naturelles récentes ayant frappé la commune sont des inondations et des coulées de boue en septembre 1992[57] et en octobre 1993, ainsi qu'une tempête en novembre 1982[58]. La commune est également vulnérable aux feux de forêt en fin de printemps et durant l'été. De petits feux de forêts ont lieu régulièrement les années sèches, surtout à cause d'écobuages mal maitrisés, mais ils ne mesurent rarement plus d'un hectare. Néanmoins, en août 2005, un important incendie s'est déclaré dans la forêt domaniale du Tanargue (coté Valgorge), combattu par des moyens aériens. Au cours de la lutte contre le feu, les secours perdurent 2 pilotes décédés lors du crash de leur tracker[59]. Les feux de forêts, au regard du réchauffement climatique, pourrait augmenter au cours du XXIe siècle, on constate néanmoins depuis une décennie une forte diminution des hectares brulés par an dans le département, grâce à la prévention et à l'efficacité des secours lors de la survenance du risque, l'année 2003 constituant une exception[60].

Urbanisme

Morphologie urbaine

Hameau de Girardon, avec ses faysses, sur la face nord du Tanargue

Sur une superficie de 3 152 hectares, la commune compte une trentaine d'écarts et lieux-dits, répartis de la sortie de Jaujac jusqu'aux hauteurs de l'ouest de la localité, près de la station de ski. La quasi-totalité des écarts de La Souche ne comportent que quelques maisons ou fermes, voire des bergeries. Les hameaux ont pour la plupart énormément souffert de l'exode rural et ne comptent plus que de rares habitants permanents. Certains de ces lieux-dits, situés près du col de la Croix de Bauzon, sont à près d'une demi-heure de route de la mairie de la municipalité, et sont difficilement accessible certains hivers.

Le chef-lieu de la commune, comprenant la mairie, l'école et l'église, englobe les hameaux de La Souche, Vissac, Charay et La Croze, liés par un lien urbanisé continu le long de la rive droite du Lignon. Le bourg prend la forme d'un village-rue dont la route départementale D19 constitue l'épine dorsale, traversée par quelques rues perpendiculaires.

Saint-Louis est le second hameau en importance après La Souche et possède une église depuis 1871[61]. Cet écart est situé à quatre kilomètres à l'ouest de La Souche, sur la rive droite du Lignon et sur la face nord du Tanargue, à une altitude de 765 mètres. Saint-Louis possédait au XIXe siècle siècle une importante agriculture vivrière, constituée essentiellement de châtaignes. Ce lieu-dit compta de nombreux habitants jusqu'au début du XXe siècle siècle et comprit également deux écoles, une publique et une laïque, fermées aujourd'hui suite à l'intense désertification du hameau.

Les autres lieux-dits de la commune, pour les principaux, sont les suivants : Les Azagades, Bazandès, Le Béage, Boulou, Bouteyre, Le Brouty, La Chabanne, Chevalet, La Clémenterie, Girardon, Le Gleyzal, Lioure, La Mathe, Le Mazel, Monflat, Montfrey, La Pause, Le Péage, Peyreplane, Rieusset, Les Sagnolles, La Sautellerie, Le Suel, La Téoule et Veyrès.

Logement

La Souche comptait selon le recensement INSEE de 2007 un nombre de 437 logements. Le tableau ci-dessous indique l'usage des logements au sein de la commune :

La Souche Moyenne des communes d'Ardèche
Ensemble des logements 437 535
Résidences principales 36,5 % 72,8 %
Résidences secondaires (y compris les logements occasionnels) 51,4 % 19,9 %
Logements vacants 12,2 % 7,2 %
Sources : Dossier INSEE sur La Souche[62] (logement en pourcentage par type d'usage)

La Souche compte plus de logements (437) que d'habitants permanents (336). Particularité notable, la majorité des habitations de la commune (51,4 %) sont des résidences secondaires, ces dernières n'étant habitées que quelques semaines par an, principalement l'été. Près d'un logement sur 8 est vacant (12,2 %) et seulement 36,5 % des logements sont occupés à titre de résidence principale. Comme souvent dans les zones rurales, la quasi-totalité des logements (95 %) sont des maisons individuelles. La part des ménages propriétaires de leur résidence principale est très forte : 79,5 %, soit bien plus que la moyenne départementale (66 %) et nationale (59,5 %). En termes de niveau d'ancienneté des logements sur la commune, les habitations de La Souche apparaissent comme anciennes, en effet, le pourcentage de résidences construites avant 1949 est de 53,4 %, alors que seuls 8,7 % des habitations datent d'après 1999. Le parc de logements de la commune offre une grande superficie puisqu'en moyenne les appartements souchois possèdent 4,3 pièces et les maisons 4,4 pièces. Par nombre de pièces, les logements de la municipalité se répartissent de la manière suivante[63] :

  • studio : 1,4 % ;
  • 2 pièces : 12,9 % ;
  • 3 pièces : 21,6 % ;
  • 4 pièces : 23 % ;
  • 5 pièces ou plus : 41 %.

Toponymie et homonymie

Le nom de La Souche proviendrait de l'époque moyenâgeuse où le lieu comprenait des charbonnières issues des nombreuses souches d'arbres parsemant les environs, dont une particulièrement volumineuse[64]. Le charbon de bois en étant tiré était nommé provenant "de la souche". La première mention, datant de 1173, est précisément Zocha, puis Sochia au début du XVIe siècle[65]. Depuis cette époque, le terme s'est progressivement déformé en Lasouche, attesté en 1793, puis rapidement en La Souche en 1801, dénomination qui s'est finalement imposée à toute la vallée du Lignon en amont de Jaujac. Le nom de la localité s'écrit Soucho en occitan. Les nombreux hameaux et lieux-dits de la municipalité portent parfois le nom de ruisseaux coulant à proximité, comme par exemple Croze ou Peyreplane, et aussi le nom de sommets environnants[66]. Le nom du massif du Tanargue proviendrait quant à lui du dieu celte du tonnerre, nommé selon les sources Tanaris ou Tarann. Cette hypothèse est liée au très fort degré kéraunique (sensibilité à la foudre) de cette montagne.

Deux communes de France métropolitaine possèdent des noms approchant fortement celui de La Souche, il s'agit des localités de :

Histoire

Article connexe : Histoire de l'Ardèche.

Préhistoire et Antiquité

Il existe de nombreux vestiges de la présence de l'homme préhistorique dans le département de l'Ardèche, les plus connus étant les grottes de Soyons (datant de 150 000 ans av. J.-C.) et la Grotte Chauvet, près des Gorges de l'Ardèche. Le territoire a d'abord connu l'homme de Néandertal, jusqu'à - 50 000 ans av. J.-C. et ensuite l'homme de Cro-Magnon. On trouve également des monuments de type mégalithique comme des dolmens et des menhirs, apparus vers la fin du Néolithique, avant l'âge du bronze ( - 2 500 à - 1 500 ans av. J.-C.). L'Ardèche est un des départements les plus pourvus en dolmens. Lors de la conquête de la Gaule par Jules Cesar, La Souche se situait dans la région des Helviens (en latin Helvii), peuple gaulois voisin des Gabales. Les Helviens sont englobés dans la province romaine de Narbonnaise après la fin des hostilités.

Moyen Âge

Après la chute de l'Empire romain, aux Ve et VIe siècles, le territoire correspondant à l'actuelle Ardèche se trouvait sous la suprématie des Burgondes, peuple d'origine germanique. La zone fut intégrée au diocèse de Viviers durant le IXe siècle, suite à un don d'un notable local[67]. La commune de La Souche était précédemment rattachée à la commune voisine de Jaujac, et ce dès le milieu du XIIe siècle, date de sa création. La Souche est devenue une paroisse autonome au milieu du XIVe siècle, et était rattachée sous l'Ancien Régime à la province du Vivarais[68]. Cette dernière fut incorporée en 1271 dans le Languedoc, comme le Gévaudan et le Velay. La commune était sous domination de la famille Montlaur lors de l'indépendance de la municipalité.

Renaissance

Représentation artistique de La Souche en 1908

Durant les guerres de Religion, et contrairement à la majorité des Cévennes et du Vivarais[69], La Souche resta catholique, ce qui mit la commune à la merci des troupes huguenotes. La province du Vivarais fut de manière plus globale fortement impactée durant tout le XVIIe siècle par ces événements, avec notamment le siège de Privas (1629), les dragonnades (1683) dans les communes protestantes voisines de La Souche et même des massacres de civils. Les derniers soubresauts datant du début du XVIIIe siècle, avec la guerre des camisards, dans toute la zone des Cévennes. La région de La Souche a connu aussi l'épisode de la bête du Gévaudan dans les années 1760. La Révolution se déroula par contre sans incident notable, les objets et livres anciens provenant de l'église étant notamment mis en sécurité.

Après 1789

La Souche rejoignit le département des Sources de la Loire lors de sa création le 4 mars 1790, intégrant le district du Tanargue. Le village fut dévasté à de nombreuses reprises par les crues du Lignon au cours du XIXe siècle, lors d'épisodes cévenols, notamment en 1840 et 1856. En septembre 1890 surtout, la crue emporta l'école et la mairie du village, la montée des eaux entrainant également la perte irréversible des terres agricoles situées dans le lit majeur du Lignon, à cause des blocs de granite, pesant parfois plusieurs tonnes, déposés sur les champs. 23 maisons au total furent emportées par les flots lors de cet épisode cévenol de survenance millennale, où on estime qu'il est tombé environ 950 mm d'eau en 5 jours sur la commune[70]. Charles Flahault, professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier, assista à la crue alors qu'il réalisait une étude sur la flore locale[71] ; il y décrivit le phénomène dans les lignes suivantes :

« Depuis hier matin, nous avons vu des choses inimaginables comme effets de torrents, sur les cours du Lignon, de l’Ardèche et la Fontaulière. Sur le Lignon surtout, les effets sont épouvantables… Le 21 septembre, vers quatre heures du matin, les habitants les moins dormeurs se réveillèrent entendant un grand bruit ; il pleuvait à torrents, c’était la rivière qui descendait et qui roulait des rochers. Quelques minutes après, on reconnaissait qu’il fallait réveiller et faire lever tout le monde, et opérer le sauvetage. A six heures et demie, pendant que le ruisseau emportait le pont, devant lequel s’était formée une digue de rochers grande comme votre salon, pendant que se jetant dans une direction nouvelle, il emportait l’école et l’usine au bord de l’eau, pour ne laisser pas même une trace des fondations, ni des jardins, pendant que le flot dévastait peu à peu, rongeait les jardins, puis les maisons situées du côté de la route qui regarde la rivière et les renversait, voici que tout à coup, un petit ruisseau descendant de la montagne et toujours à sec commence de son côté à rouler des blocs qui battent en brèche les maisons ; ces blocs ont toutes les dimensions jusqu’à un demi-mètre cube de granite ; les malheureux habitants sont obligés de chercher un refuge ailleurs, les pierres entrant par les fenêtres, s’accumulant, écrasant finalement le toit, les maisons s’effondrant les unes sur les autres. »

Dès la deuxième partie du XIXe siècle, la commune vécue comme toute la zone des Cévennes un fort exode rural[72]. Les maladies frappant les châtaigniers (maladie de l'encre) et les mûriers (pébrine) provoquèrent une perte massive d'emplois agricoles. Les actifs émigraient essentiellement vers les grandes villes à la recherche de travail industriel, surtout vers Lyon, Saint-Etienne et Marseille. La Première Guerre mondiale tua de nombreux hommes du village au front et mit encore plus à mal la démographie communale durant l'Entre-deux-guerres. Après la Seconde Guerre mondiale, La Souche continua à subir continuellement une diminution de population, celle-ci passant de 617 habitants en 1946 à 288 habitants en 1990. Elle remonte dès lors régulièrement, grâce à la périurbanisation d'Aubenas, à l'activité touristique et au cadre de vie.

Administration

Administration territoriale

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Josiane Charbonnier SE Maire
Toutes les données ne sont pas encore connues.

La Souche porte le code INSEE 07315 et est associée au code postal 07380, comme une dizaine de municipalités voisines du canton de Thuetys. Depuis 2001, la maire de la commune est Madame Josiane Charbonnier, cette dernière étant réélue en 2008[73]. Le nombre d'habitants à La Souche étant supérieur à 100 et inférieur à 499, le nombre de conseillers municipaux est de 11. La municipalité appartient au canton de Thueyts. Le conseiller général actuel est Gérard Bruchet (DVG), maire de Meyras, élu en 2001 et réélu en 2008. Le village est placé dans l'arrondissement de Largentière, dans le département de l'Ardèche et la région Rhône-Alpes.

Budget municipal

Les recettes du budget annuel de la commune de La Souche pour l'année 2009 était de 414 000 euros, dont 74 000 euros proviennent des impôts locaux et 13 000 euros d'autres impôts et taxes[74]. La somme de 124 000 euros est versée aux titres des dotations globales de fonctionnement au bénéfice de la localité. L'évolution de l'endettement de La Souche et des ses dépenses d'équipement sur la dernière décennie sont les suivantes :

Évolution de l'endettement (en milliers d’euros)[75] :

Évolution des dépenses d’équipement (en milliers d’euros)[76] :

En comparaison avec la moyenne nationale des communes de taille comparable, le niveau des taxes communales apparait légèrement inférieur concernant celles supportées par les particuliers, à l'exception notable de la taxe foncière sur le non-bâti (68 %), contre 28,79 % au niveau nationale. Si le taux de cette taxe foncière sur les propriétés non bâties peut sembler important, il est à mettre en relation avec la très faible valeur locative des terrains non bâtis en Ardèche qui en constitue l'assiette. La taxe professionnelle s'élève à 11,9 %, plus que la moyenne française. Dans le détail, les taxes relevant directement de la municipalité de La Souche se décomposent de la manière suivante :

Imposition des ménages et des entreprises à La Souche en 2009 :

Taux appliqué (part communale) Recettes dégagées en 2009 et en €
Taxe d'habitation 7,00 % 35 000
Taxe foncière sur le bâti 9,00 % 27 000
Taxe foncière sur le non-bâti 68,00 % 9 000
Taxe professionnelle 11,90 % 3 000
Sources : Taxes locales de La Souche en 2009 sur www.taxe.com[77] (taxes en pourcentage de la valeur locative cadastrale)

Intercommunalité

La Souche appartient à la Communauté de communes Source de l'Ardèche (C.C.S.A ou aussi abrégée en ARDE), dont elle représente à peine 7,8 % de la population, mais 19,6 % de sa superficie totale. Cette structure intercommunale a été créée le 21 décembre 2005[78] et fédère des localités des hautes vallées du Lignon et de l'Ardèche mais Mayres et Thueyts, le chef-lieu de canton, n'en font pas parties, ce qui sépare géographiquement Astet des neuf autres communes membres. La localité est membre fondateur de la Communauté de communes Source de l'Ardèche, qui regroupe à ce jour dix communes : Astet, Barnas, Chirols, Fabras, Jaujac, Meyras, Pont de Labeaume, Saint-Cirque de Prades, Saint Pierre de Colombier et La Souche elle-même, pour un total de 4 346 habitants en 2008. Monsieur Gérard Bruchet en est le président depuis sa création[79]. Le siège administratif de la communauté de communes se situe à Meyras[80].

La Souche participe également à de nombreux syndicats intercommunaux de l'Ardèche, notamment :

  • S.I.V.U des inforoutes de l'Ardèche, dont La Souche est adhérente depuis le 29 juin 2001 ;
  • S.I.E 07 : syndicat départemental d'énergies de l'Ardèche ;
  • S.D.E.A : syndicat départemental d'équipement de l'Ardèche, dont les champs d'action sont le développement économique et l'aménagement rural ;
  • S.I.D.O.M.S.A : syndicat intercommunal de destruction des ordures ménagères du secteur d'Aubenas ;
  • S.A.C : syndicat Ardèche claire, organisme visant à l'amélioration de la qualité environnementale du bassin de l'Ardèche.

Le syndicat intercommunal d’aménagement du Tanargue (S.I.A.T), à vocation essentiellement touristique et agricole, a été dissous le 22 février 2007[81] par arrêté préfectoral, il regroupait jusqu'alors 13 communes limitrophes du Massif du Tanargue : Astet, Cellier du Luc, Jaujac, Laval d'Aurelle, Lanarce, Laveyrune, Le Plagnal, Loubaresse, Montselgues, Saint-Alban en Montagne, Saint-Laurent les Bains, Valgorge et la Souche elle-même. Les compétences de ce syndicat était parfois redondantes avec celles des communautés de communes auxquels appartenaient les municipalités adhérentes.

Tendances politiques

Article détaillé : Vie politique à La Souche.

A l'instar de la plupart des villages composant la communauté de communes source de l'Ardèche et le canton de Thueyts, La Souche est une commune plutôt située à gauche de l'échiquier politique avec une tendance principalement socialiste et une composante radicale non-négligeable[82]. Il est également à noter que les candidats CPNT, comme dans de nombreux villages ardéchois, réalisent souvent dans l'électorat communal des scores bien plus élevés que la moyenne nationale. De manière quasi-systématique, et comme souvent dans les zones rurales, la participation au scrutin est plus importante que la moyenne nationale. Le corps électoral souchois affiche un fort euro-scepticisme[83][84].

Population et Société

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à La Souche depuis cette date.

Évolution démographique de 1793 à 2008 :

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 1 119 1 037 1 218 1 326 1 479 1 584 1 606 1 720 1 642
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 1 699 1 642 1 682 1 616 1 658 1 644 1 609 1 391 1 374
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 1 244 1 243 1 063 829 799 728 693 617 483
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 -
Population 424 385 334 312 288 290 322 336 -
Notes, sources, ...
Sources - Nombre retenu jusque 1962 : base Cassini de l'EHESS[85] et à partir de 1968[86] : INSEE (population sans doubles comptes)

Depuis la Révolution française, la population de La Souche a été divisée par 3 et quasiment par 5 depuis son optimum en 1846, avec 1 720 habitants. Dès la deuxième moitié du XIXe siècle, les calamités agricoles frappant les cultures des Cévennes ont provoqué un départ massif des habitants vers les grandes villes comme Lyon, Marseille, Valence ou Paris. Ce phénomène n'est donc pas singulier à la commune. Après plus d'un siècle d'érosion lié à l'exode rural et à la Première Guerre mondiale, la population municipale retrouve une certaine progression depuis 1990. Ce mouvement est d'ailleurs général au canton de Thueyts dont la municipalité fait partie, ce canton figure parmi les plus fortes hausses de population d'Ardèche entre 1999 et 2006 : + 1,7 % par an en moyenne[87]. Depuis 1999, La Souche a gagné en moyenne 1,7 % de population par an, soit plus que la moyenne départementale (+ 1 %) et ce malgré un solde naturel négatif ( - 0,2 %), à cause de la faiblesse des naissances sur la commune[88]. Cette augmentation de population est en partie due à la périurbanisation de l'agglomération d'Aubenas, ville située 16 kilomètres à l'est de la localité. La Souche fait partie de son aire urbaine, dont elle constitue son extrémité ouest[89].

Depuis 2004, et la mise en place du recensement annuel de la population française, une nouvelle méthode remplace le comptage traditionnel organisé auparavant. À La Souche, comme dans toutes les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête portant sur toute la population a lieu tous les cinq ans, mais des chiffres sont néanmoins publiés chaque année, avec ceux du reste de la France. Concernant La Souche, la première enquête annuelle a eu lieu en 2007[90].

La densité communale apparait très faible : 11 habitants/km2, soit un dixième environ de la moyenne française métropolitaine, elle est aussi inférieure à la moyenne du canton de Thueyts (36 habitants/km2) et de celle du département (56 habitants/km2). La Cévenne ardéchoise, où se situe La Souche, appartient à la diagonale du vide, comme une grande partie du Massif Central. Les cantons voisins de celui de la municipalité comme celui de Valgorge (8,5 habitants/km2) ou de Saint-Etienne de Lugdarès (6,3 habitants/km2) affichent des densités cantonales parmi les plus basses de France métropolitaine.

Pyramides des âges

Les dernières données sur la pyramide des âges de La Souche datent du recensement INSEE de 2007 :

Pyramide des âges de La Souche (2007) en pourcentage[91]
Hommes Classe d'âge Femmes
90 ans ou +
8,5 
75 à 89 ans
13,2 
25,5 
60 à 74 ans
23,1 
22,9 
45 à 59 ans
19,2 
16,3 
30 à 44 ans
19,8 
11,8 
15 à 29 ans
8,2 
15 
0 à 14 ans
16,5 
Pyramide des âges en Ardèche (2007) en pourcentage[92]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,5 
90 ans ou +
1,5 
7,6 
75 à 89 ans
11,4 
15,4 
60 à 74 ans
15,7 
21,7 
45 à 59 ans
20,6 
20,5 
30 à 44 ans
19,5 
15,7 
15 à 29 ans
14,4 
18,7 
0 à 14 ans
16,8 


L'absence de personnes âgées de plus de 90 ans sur la commune peut s'expliquer par les difficultés rencontrées par les personnes du quatrième âge à résider sur le territoire communal en l'absence de service médical et de maison de retraire, et aussi par les déficiences de service à la personne à domicile dans les environs. Néanmoins, la population municipale apparaît comme âgée par rapport à la moyenne départementale. La sous-représentation des 15-29 ans est due au manque d'enseignement supérieur dans le département de l'Ardèche et à la faiblesse du marché de l'emploi dans le canton de Thueyts.

Composition des ménages

Le nombre total de ménages souchois, c'est-à-dire les habitants occupant leurs logements à titre de résidence principale, était de 139 en 1999. Voici dans le tableau ci-dessous, les résidences principales sont données en pourcentage de leur répartition par personne y résidant, par rapport au nombre total de ménages de la municipalité :

Ménages de 1 personne 2 pers. 3 pers. 4 pers. 5 pers. 6 pers. ou +
La Souche 38,1 % 36,7 % 10,8 % 7,2 % 6,5 % 0,7 %
Moyenne Nationale 31 % 31,1 % 16,2 % 13,8 % 5,5 % 2,4 %
Sources des données : INSEE[93]

On constate par rapport à la moyenne nationale une sur-représentation nette des ménages de 1 ou 2 personnes, et ce malgré le fait que 95 % des logements disponibles soient des maisons individuelles. Les foyers de 3 personnes ou plus sont tous sous-représentés, à l'exception de ceux de 5 personnes. Plusieurs données expliquent ces phénomènes : le fort taux de personnes retraitées, vivant sans enfant et parfois seule, et aussi l'absence de structure d'enseignement supérieur et d'un bassin d'emploi réduit, ce qui entraîne le départ des jeunes actifs.

Éducation

Située administrativement dans l'académie de Grenoble, la commune administre une école maternelle et une école élémentaire, rassemblées dans un même bâtiment, en raison de la faiblesse des effectifs : 23 enfants pour 8 niveaux de classe[94]. L'école ne compte que deux employées : une institutrice et une assistance maternelle. Le collège le plus proche se situe à Montpezat-sous-Bauzon, à 10 kilomètres. Pour les lycéens, les établissements scolaires se situent à Aubenas et Largentière. La Souche dispose d'une garderie périscolaire municipale ainsi qu'une cantine. Il y a également une nourrice agréée.

Santé

La Souche ne compte aucun professionnel libéral (médecin ou infirmière) de santé, les plus proches exerçant à Jaujac (5 kilomètres) et Thueyts (6 kilomètres). La pharmacie la plus accessible est celle de Jaujac, cette municipalité abritant également une maison de retraite. Le service de soins le plus proche est le Centre Hospitalier d'Ardèche Méridionale[95] à Aubenas. Cet hôpital, situé à une vingtaine de kilomètres de La Souche, assure notamment les services médicaux d'urgence (SMU) et possède aussi un service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR).

Cultes

Vue sur l'église Saint-Sauveur de La Souche

La Souche ne possède sur son territoire que des lieux de culte catholique, malgré sa situation au sein du Vivarais, province anciennement acquise dans sa majorité au Protestantisme[96]. La communauté catholique souchoise est rattachée au diocèse de Viviers, dont l'évêque actuel est Mgr François Blondel, et à la paroisse de Lalevade d'Ardèche. Cette paroisse comprend deux lieux de culte au sein de la localité :

L'église Saint-Sauveur n'accueille plus maintenant qu'une messe mensuelle, le deuxième dimanche de chaque mois, alors que l'église de Saint-Louis n'est plus active[98]. La municipalité compte également deux cimetières, situés à proximité des deux églises municipales.

Économie

Revenus de la population et fiscalité

En 2007, le revenu net imposable moyen à La Souche s'élevait à 18 232 euros, niveau légèrement inférieur à celui de l'Ardèche (19 503 euros) et nettement plus bas que celui de la France métropolitaine (22 947 euros). Seuls 43,5 % des foyers étaient imposés à l'IRPP (49,2 % dans le département et 55,5 % en France métropolitaine). La même année, le revenu fiscal de référence par ménage s'élevait à 14 876 euros, plaçant La Souche au 23 991e rang des communes de France dans ce domaine.

Emploi

En 2007, le taux d'activité de la population âgée de 15à 64 ans de La Souche s'élevait à 62 % soit 8 points de moins que la moyenne française la même année. Seulement 14,6 % de cette population active travaille dans la localité, une grande partie travaillant dans l'agglomération d'Aubenas. Le taux de chômage de la commune s'élevait en 2007 à 12,1 %, soit plus qu'au niveau départemental. La commune compte un très fort taux de retraités par rapport aux personnes âgés de plus de 15 ans : 39,9 %, soit le double de la moyenne française (18,2 %). La Souche compte 37 actifs travaillant sur son territoire communal[99], dans 14 établissements actifs. Le domaine d'activité de ces entreprises, dont aucune ne compte plus de 10 salariés, comprend l'industrie, la construction, le commerce et les services.

Structure des emplois à La Souche :

Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers
La Souche 12,5 % 8,3 % 0 % 12,5 % 25 % 41,7 %
Moyenne nationale 2,4 % 6,4 % 12,1 % 22,1 % 29,9 % 27,1 %
Sources des données : INSEE[100]

La structure des emplois à La Souche montre une sur-représentation nette des ouvriers et des employés. Un autre fait marquant est l'absence de cadres ou de professions intellectuelles. Les artisans et chefs d'entreprise compte pour 8,3 % et les agriculteurs pour 12,5 %. Seuls 54,1 % des actifs travaillant dans la municipalité ont le statut de salariés et 29,2 % des emplois sont à temps-partiel. La Souche fait partie des communes ardéchoises situées en zones de revitalisation rurale (ZRR)[101], permettant aux entreprises participant au développement du territoire de bénéficier de l'exonération de la taxe professionnelle sous certaines conditions.

Agriculture

La commune possède encore une agriculture non-négligeable, les agriculteurs représentant 12,5 % de la population active communale, soit cinq fois la proportion constatée en France métropolitaine. La Souche compte des castanéiculteurs (producteurs de châtaignes) et une confiturerie artisanale, employant deux salariés. On note également une production fruitière comprenant des cerises, des framboises et des myrtilles des marais[102]. Le pastoralisme continue à exister avec la dernière transhumance d'Ardèche comptant aux alentours de 1 500 bêtes qui passent l'estive sur les crêtes herbagées du Tanargue, principalement des moutons. Le territoire communal de La Souche fait partie de l'aire AOC du Picodon (fromage de chèvre) et des châtaignes d'Ardèche[103]. Quelques troupeaux de vaches pâturent également sur les pentes les moins fortes de l'ouest communal, principalement des races à viande. Une exploitation bovine est exploitée avec la certification agriculture biologique[104], avec vente directe au consommateur.

Industrie

La sériciculture fut, depuis les travaux d'Olivier de Serres au début du XVIIe siècle, une activité florissante pour l'Ardèche tant par la culture du mûrier et l’élevage de la graine, que par la transformation industrielle : filature et tissage de la soie. Le hameau de La Souche a longtemps possédé une magnanerie, comme dans de nombreuses vallées voisines, mais cette activité a périclité depuis la fin du XIXe siècle, à cause des maladies comme la pébrine touchant les vers à soie et de la concurrence asiatique. Depuis, plus aucune industrie rattachée à la sériciculture n'est présente sur le territoire municipal. En 2007, la part de l'industrie dans l'emploi de la municipalité s'élevait à 14,3 % soit un niveau plus élevé[105] que celui du département (9,5 %). Le domaine de la construction apparait sur-représentée par rapport aux moyennes locales et nationales.

Secteur tertiaire

Article connexe : Tourisme en Ardèche.
Station de ski en période hivernale

La principale activité tertiaire est le tourisme, principalement l'été, sous forme de chambres d'hôtes et de locations de gîtes, La Souche ne possédant plus d'hôtel. La commune comporte 14 gîtes labellisés gîtes de France et compte aussi des gîtes municipaux, notamment au lieu-dit Monflat[106]. Le tourisme vert est valorisé par l'adhésion de La Souche au parc naturel régional des Monts d'Ardèche et sa présence sur la route touristique du Tanargue, via la route départementale D19[107]. La commune profite aussi indirectement de la proximité des stations thermales ardéchoises de Neyrac-les-Bains8 kilomètres), Vals-les-Bains14 kilomètres) et Saint-Laurent-les-Bains19 kilomètres). Un camping 2 étoiles est situé à proximité du Lignon, 2 kilomètres en aval de La Croze, au lieu-dit Le Chambon, sur la commune de Jaujac.

Il existe également un tourisme hivernal avec la station de ski alpin de la Croix de Bauzon, possédant un enneigement et donc une activité aléatoire selon les années. De surcroît, la proximité relative de la Méditerranée entraine le plus souvent dès le début du printemps une fonte rapide des neiges et donc la quasi-impossibilité de profiter des vacances de Pâques. La station est menacée à long-terme par le réchauffement climatique, comme de nombreuses stations de ski du Massif Central. En pleine saison hivernale, la station de ski emploie jusqu'à une vingtaine de salariés, majoritairement saisonniers. Certains de ces emplois étant occupé par des agriculteurs pouvant ainsi augmenter leurs revenus[108]. La Souche possède une épicerie et un bar ouvert principalement l'été, situés dans le bourg principal, sur le tracé de la route départementale D19. Le village ne compte aucun marché, le plus proche se situant à Jaujac.

Lieux et monuments

La Souche ne compte aucune construction classée aux monuments historiques, seule l'école communale actuelle est mentionnée dans les archives culturelles comme représentative de l'habitat lyonnais de la fin du XIXe siècle[109]. Les principaux lieux et centres d'intérêts de la localité sont :

  • l'église Saint-Sauveur de La Souche, l'édifice actuel rebâti en 1870 possède un clocher de 43 mètres de haut comprenant trois cloches[110] ;
  • l'église du hameau de Saint-Louis, achevée en 1871 ;
  • l'école communale maternelle et primaire[111], dans le même corps de bâtiment que l'ancienne mairie, et qui comporte également une poste. L'école a été bâtie en 1894, quatre années après que l'ancienne école du hameau de La Souche eue été emportée par la crue historique du Lignon ;
  • le monument aux morts, situé dans le hameau de La Souche, précisément à proximité de la mairie, rendant hommage aux victimes communales des deux guerres mondiales ;
  • le Château de Charay, datant du XVIe siècle, démantelé à la Révolution et dont ne subsiste aujourd'hui qu'une tour ;
  • le village coopératif de La Clémenterie, hameau associatif autogéré à vocation agricole et culturelle créé en 1996[112].

Vie locale

Services Publics

La Souche bénéficie de quelques services publics à savoir un bureau postal (sans partie bancaire) et une école maternelle et primaire, récemment agrandie grâce au déménagement de la mairie dans un autre bâtiment plus récent[113]. Il n'y a pas contre ni de gendarmerie ou de caserne de pompiers, ni présence d'administration publique, à part les agents de l'Office national des forêts et de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques travaillant sur les forêts et les cours d'eau de la commune. La mairie compte deux agents administratifs et quatre agents techniques. Elle est ouverte au public 7 heures par semaine, reparties en 2 jours : le lundi de 13 heures 30 à 17 heures 30 ainsi que le jeudi de 9 heures à midi.

Équipements sportifs

Vue partielle sur le domaine skiable de la Croix de Bauzon

Médias et Télécommunications

Étant donné son bassin de population réduit, La Souche ne possède aucune rédaction ou agence locale de presse écrite. La presse quotidienne régionale et nationale est disponible via un point de vente sur la commune. La presse néerlandophone est également présente l'été, à l'adresse des nombreux touristes.

Après avoir été jusque récemment une zone blanche, La Souche bénéficie d'une couverture des principaux opérateurs de téléphonie mobile grâce à l'implantation d'un relai communautaire commun aux opérateurs (mutualisation des moyens avec aide du conseil général de l'Ardèche). Ce relai apparait sur les mobiles sous le réseau « F-Contact 34 » et permet également pour les smartphones des connexions au réseau 2G, mais à un débit faible. La couverture de ce relai n'est pas optimale et de nombreux points de la commune sont encore hors de portée. Les antennes-relais dans les zones rurales à très faible densité comme la Cévenne ardéchoise n'ont pas le niveau d'utilisation requise pour assurer leur rentabilité sans subvention publique, le relief et la faible accessibilité des points hauts engendrant de surcroit des coûts d'installation et de maintenance des relais bien plus élevés qu'en plaine[121].

L'ensemble du hameau de La Souche et les lieux-dits proches de Jaujac sont desservis par l'ADSL, grâce à la présence près de la mairie d'un NRA, dont le nom technique est SOU07[122]. Le débit maximal est de 2 Mbits et les principaux FAI nationaux sont accessibles, mais sans accès à la Télévision par ADSL toutefois. Les écarts éloignés de plus de 3 kilomètres de la mairie n'ont par contre pas accès au haut-débit.

Festivités et événements culturels

Vue sur La Souche : au premier plan le massif du Tanargue avec le mont Aigu (1 316 mètres), en arrière-plan le serre de la Croix de Bauzon et le rocher d'Abraham (1 498 mètres)

Annexes

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

Notes et références

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