Chasse

Chasse
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Joachim von Sandrart, Novembre, Huile sur toile, 1643

La chasse est la traque d'animaux dans le but de les capturer ou de les abattre. Quand la chasse est soumise à une réglementation, la pratique de la chasse en dehors de son cadre légal est appelée braconnage. La cynégétique est l'art de la chasse.

Le chasseur est défini par le Codex alimentarius comme une personne qui participe à l'abattage du gibier et/ou à la saignée, à l'éviscération partielle et à l'habillage partiel sur le terrain des animaux abattus[1].

Sommaire

Histoire et traditions

Scène de chasse, mosaïque romaine du IVe siècle, Villa De Casale, Sicile

Mythologie

Les mythes fondateurs évoquent souvent la chasse que des Dieux ou des animaux auraient enseignée à l’Homme. Certains pensent que l’opposition biblique de Caïn et Abel pourrait être le reflet de la supplantation du chasseur-cueilleur par l’agriculteur éleveur. La Grande Muraille de Chine a elle-même pu être interprétée comme une marque de séparation entre peuples cultivateurs sédentarisés et les nomades chasseurs.

Dans la mythologie romaine, la déesse de la chasse, Diane, est une femme. Historiquement et ethnographiquement, il semble pourtant que la chasse ait été essentiellement pratiquée par les représentants du sexe masculin dans l'espèce humaine.

Origines

Scène de chasse à l'arc dans l'art levantin espagnol (Néolithique)

La pratique de la chasse par les premiers représentants du genre Homo fait encore débat au sein de la communauté scientifique[2],[3]. Selon certains archéologues et paléontologues, l'analyse des traces d'outils et des ossements fossiles montre que nos ancêtres ont également consommé des cadavres d'animaux morts naturellement[4],[5],[6] ou des animaux blessés ou malades qu'ils achevaient plus facilement.

La chasse est clairement attestée dans les gisements archéologiques liés à l'homme de Néandertal[7],[8],[9]. À Coudoulous et à La Borde, les néandertaliens ont utilisés des avens comme pièges naturels pour abattre de nombreux grands bovidés (bisons et aurochs). Elle est également probable pour des périodes antérieures[10]

Le piégeage de petits animaux est une pratique très ancienne. Des populations préhistoriques ont pratiqué une chasse quasiment monospécifique (mammouth, renne) à tel point que certains auteurs ont évoqué une chasse spécialisée. Il semble que les chasseurs-cueilleurs suivaient leur gibier, remontant vers le nord l'été et revenant au sud bénéficier d'un climat plus doux l'hiver. Cette pratique a encouragé un nomadisme que les Inuits et certaines tribus amérindiennes pratiquaient encore il y a peu, mais qui n’existe pratiquement plus, les grands animaux (sauf les oiseaux migrateurs) étant par ailleurs totalement limités dans leurs déplacement par une fragmentation écopaysagère croissante, principalement due au morcellement du paysage par les infrastructures de transports (autoroutes, TGV clôturés, canaux aux berges infranchissables, etc.)

Avec l'apparition du sédentarité et de l'élevage, l'importance de la chasse en tant que moyen de subsistance diminua pour une grande partie des populations. Déjà dans certaines cultures antiques, la chasse n'était plus considérée que comme un passe-temps. De plus en plus, elle ne fut souvent pratiquée que par une petite partie de la population.

De nombreux écrits sont depuis l’Antiquité consacrés aux techniques cynégétiques et de piégeage. La notion de droit de chasse est évoquée pour la première fois dans le recueil de coutumes des Francs Saliens (riverains de la Sala ou Yssel) écrit sous Clovis (époque mérovingienne) et dénommé ultérieurement « loi salique ». L'évolution de ce concept s'est articulée alternativement à travers des périodes de permissivité et de restriction, voire de prohibition.

Moyen Âge

Article détaillé : Chasse en France.

Au Moyen Âge, la chasse était de plus en plus devenue un privilège de la noblesse et des dignitaires de l'État ou du clergé. À cette époque s'est formalisée ce privilège : la chasse au grand gibier était réservée aux nobles et le petit gibier (lièvres, volatiles) laissé au reste de la population. Certaines zones étaient réservées pour les chasses royales.

En France au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, la chasse est un plaisir de gentilhomme et un privilège seigneurial. Les rois sont grands chasseurs et entretiennent des équipages importants. Être admis aux chasses du roi est un des plus grands honneurs de la Cour. Louis XIII, qui a appris la lecture dans les ouvrages de vénerie, pratiquait quotidiennement toutes les chasses[11] et chassa beaucoup en Sologne.

Le seigneur haut-justicier a ce droit dans l'étendue de sa haute-justice, le seigneur local dans sa seigneurie. Les roturiers n'ont pas ce droit sauf s'ils ont acheté un fief, une seigneurie ou une haute-justice (ordonnance sur les eaux et forêts de 1669). Les seigneurs ecclésiastiques, les dames hautes-justicières (pratiquant la chasse au vol), les nobles âgés sont tenus de faire chasser afin de réduire le surplus de gibier nuisible aux cultures (ordonnance de juillet 1701).

Les braconniers sont craints surtout à cause de l'éventualité du port d'arme. Les contrevenants sont sévèrement punis. L'édit de 1601 prévoit l'amende et le fouet pour la première infraction, le fouet et le bannissement pour la première récidive, les galères et la confiscation des biens à la seconde récidive, la mort en cas de troisième récidive. L'ordonnance de 1669 écarte la peine de mort. Les gardes-chasses n'ont pas le droit au fusil. Les registres des cahiers de doléances montrent cependant que la verbalisation est beaucoup plus importante pour les délits forestiers que pour les délits de braconnage[11].

Pour permettre l'existence du gibier, il est interdit de moissonner avant la Saint-Jean, d'enlever les chardons, d'enclore par des murs les terres. Il faut planter des haies d'« épines » auprès des forêts royales. Il est interdit de tuer les lapins sauf sous la direction des agents des eaux et forêts (les capitaineries).

Afin de protéger le travail des paysans et les récoltes, les chasseurs ne doivent pas passer dans les terres ensemencées et lorsque les céréales sont en « tuyaux ». Les vignes sont interdites de chasse du 1er mai jusqu'aux vendanges. Mais ces interdictions sont peu observées. Le droit de chasse, privilège et activité de détente, est un des plus haïs par les paysans car ils voulaient se défendre contre les « animaux féroces » (ours, loups) et les « animaux nuisibles » (sangliers, oiseaux granivores s'en prenant à leurs récoltes) en chassant eux-mêmes, sachant qu'il y avait peu d'indemnités pour les dégâts agricoles.

Il existait cependant quelques chasses populaires accordées aux populations dans les provinces récemment annexées ou aux bourgeois qui avaient payé pour cela un droit particulier. Seuls certains animaux dangereux (sanglier, cerf)[12] étaient l'exclusivité des nobles[11].

Coutumes

Nombre de chasseurs aujourd'hui en Europe

Nombre de chasseurs : la France est le pays européen qui compte le plus grand nombre de chasseurs (chasse aux oiseaux), 1 343 000 en 2009[13]. Suivent ensuite le Royaume-Uni (800 000), l'Espagne (980 000) et l'Italie (750 000). Ces valeurs sont toutefois à relativiser au regard de la forte variabilité de taille de population et de surface entre ces pays.

Proportion de chasseurs dans la population : ce taux est le plus fort en Irlande (8,9%), à Chypre (6,4%), en Finlande (5,8%) et en Norvège (4,75%) et le plus bas en Estonie, aux Pays-bas (0,1% dans ces deux pays) ou encore en Belgique (0,2%) et Roumanie (0,27%). Le taux en France est moyen : 2,1 %.

Nombre de chasseurs par surface : en dehors du cas particulier de Malte (50 chasseurs/km²), ce ratio est le plus fort à Chypre et en Irlande (5 ch./km²), au Danemark (3,8 ch./km²), au Royaume-Uni (3,3%), au Portugal ou encore en Italie (2,5 ch./km² pour ces deux pays). Il est relativement faible en Pologne (0,3 ch./km²), aux Pays-bas, en Suède et en Hongrie (0,6 ch./km²) ou encore en Allemagne (1 ch./km²). Ce ratio en France est plutôt dans la moyenne haute : 2 chasseurs/km² comme en Espagne.

Données de 2007[14].

Les différents types de chasse

Chasse à tir (armes à feu et arcs)

Chasse individuelle

Abri cache pour la chasse aux cerfs.
  • Chasse devant soi (billebaude)
  • Chasse à l'affût
  • Chasse à l'approche

Chasse en groupe

Remarques sur la chasse à l'arc : celle-ci se développe, avec un matériel de plus en plus sophistiqué, et se présente également pour certains comme une chasse plus écologique. Elle a le mérite de ne pas émettre de substances polluantes dans l'environnement, et de limiter le dérangement de la faune par le bruit et le stress liés aux détonations, à l'usage des chiens et des battues. Elle permet aussi de chasser dans des zones "péri-urbaines" avec des risques bien moins grands pour les riverains grâce à la portée réduite des flèches. Pour mémoire, l'orde de grandeur de la portée d'une carabine de chasse type .300 WM est de 5 km, celle d'un arc moderne à la puissance maximale exploitable par un humain actuel (80 livres à poulies) est d'un kilomètre. Elle a été interdite en France par la loi du 2 mars 1844 qui considérait que ce type de chasse silencieuse favorisait le braconnage, puis autorisée en 1991 par un arrêté de la Cour de Cassation[15].

Autre modes de chasse

Illustration du traité de fauconnerie De arte venandi cum avibus

Chasse par type de gibier

Législation française

L'ouverture de la Chasse, peinture de Buss reproduite en estampe dans Les Musées chez soi
Article détaillé : Droit de la chasse en France.

Avec la Révolution française, la chasse s'est popularisée en Europe. Avec les vagues de colonisations, les modes de chasse par arme à feu se sont développées sur tous les continents et elle reste une pratique plutôt rurale, qui tend à être de plus en plus encadrée (permis de chasser, licence, plans de chasse, droits de chasse…) qui alimente une économie importante (jusqu’à 70 % des revenus forestiers et couramment au moins 50 % en France).

En France, le privilège du droit de chasse de la noblesse instauré par une ordonnance de 1396, relayé ultérieurement par un droit de chasse exclusif du propriétaire terrien et la constitution de vastes réserves de chasse pour « les plaisirs du roi » (les capitaineries) constitueront les règles essentielles pendant près de quatre siècles jusqu'à la Révolution conduisant à l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août 1789. En réalité, ce qui a été aboli à la suite de la nuit du 4 août, c'est le droit de chasse exclusif. Même si le droit de chasse continue à être considéré comme un attribut du droit de propriété, le principe de la liberté de chasser se substitue au droit exclusif. C'est ce qui explique qu'en 1844, le Parlement adoptera une solution de compromis qui permet à tous de chasser avec l'accord tacite du propriétaire.

La loi du 3 mai 1844 constitue encore, à l'heure actuelle, le fondement de l'organisation de la chasse dans son ensemble. Le gibier est alors considéré comme objet de cueillette et nul ne songe, à l'époque, à en gérer les effectifs, ni à en protéger les biotopes. Cette législation a largement perduré depuis, complétée par diverses dispositions adoptées au cours du XXe siècle.

Cette loi a notamment interdit le droit à chasser avec des lévriers.

En droit, la chasse est définie comme un prélèvement artificiel sur la faune terrestre. La loi dite Verdeille définit l'acte de chasse comme « tout acte volontaire lié à la recherche, à la poursuite ou à l'attente du gibier ayant pour but ou pour résultat la capture ou la mort de celui-ci » (article L.420-3 du code de l'environnement).

En 2010, est publié au Journal officiel un décret créant une contravention de cinquième classe pour obstruction à un acte de chasse, passible de 1 500 euros d'amende[16].

Critiques envers la chasse

Annonce de battue

Le débat sur la chasse, sur certains types de chasse ou sur ses excès, est extrêmement ancien. Ainsi, Diderot regrette dans l'article consacré à la chasse dans l'Encyclopédie que le goût de la chasse « dégénère presque toujours en passion ; qu'alors il absorbe un temps précieux, nuit à la santé, et occasionne les dépenses qui dérangent la fortune des grands, et qui ruinent les particuliers ».

La chasse (et certains types de chasse en particulier) fait l'objet de nombreuses critiques de la part d'associations et de personnes soucieuses de comportement éthique envers les animaux (par exemple les hunt saboteurs (en)). Celles-ci remettent en question des éléments tels que :

  • les périodes de chasse ;
  • les jours de chasse ;
  • les zones de chasse (différend sur la réserve naturelle du Platier d'Oye par exemple) ;
  • les espèces chassables (chasse à l'ortolan par exemple) ;
  • les lâchers d'espèces d'élevage, qui font dégénérer les comportements des espèces sauvages (par exemple le faisan) ;
  • le nourrissage des espèces sauvages (alimentation de mangeoire à maïs pour que les sangliers restent plus ou moins aux mêmes endroits) ;
  • les classes d'âge chassables ;
  • l'évaluation des quantités d'animaux chassables ;
  • la pertinence de l'usage de la chasse en dehors de la régulation en zone de friction avec l'homme ;
  • le comportement des chasseurs durant la chasse, comme le non-ramassage des cartouches usagées (l'enveloppe est presque toujours en plastique) ;
  • les critères de délivrance du permis de chasser ;
  • l'utilisation du plomb, très polluant, notamment pour les plans d'eau et la chaine alimentaire (les cartouches à plomb ne sont interdites d'usage en France que depuis 2005, et uniquement pour un chasseur tirant vers une zone humide ou dans une zones humides, mais des dizaines de milliers de tonnes de billes de plomb sont encore présentes dans les sols et sédiments, facteur de saturnisme aviaire) ;
  • le danger que font courir certains chasseurs aux autres personnes (selon l'ONCFS, sur les 163 accidents de chasse de la campagne 2007/2008 en France, 10% concernent des non-chasseurs : 1 cas mortel, 9 accidents graves et 7 accidents légers[17]) ;
  • la banalisation des armes à feu ;
  • l'absence de contrôles d'alcoolémie sur les personnes armées.

Impacts environnementaux

Vers 1875, pile de crânes de bisons destinés à la fabrication d'engrais. Parfois les cadavres étaient abandonnés dans la prairie, simplement dépouillés de leur fourrure.

Tout en permettant la conservation de certaines zones humides ou forestières comme lieu de chasse, l'activité cynégétique a historiquement marqué les écosystèmes et les paysages, notamment quand elle s'est accompagnée de l'usage du feu, des chiens ou de rapaces dressés, du piégeage et du poison.

Si une espèce comme le tigre à dents de sabre semble avoir naturellement disparu, de nombreuses espèces qui ont facilement survécu aux trois dernières glaciations, ont brutalement disparu dans l'hémisphère nord et en Australie, et sur un certain nombre d'îles, semble-t-il du fait de la chasse, bien avant l'extension de l'agriculture et des villes. L'archéologie préhistorique et la paléontologie montrent que ces extinctions ont toujours commencé par la disparition des gros animaux (dont en Europe mammouth, éléphant, ours des cavernes, lion des cavernes, saïga, megaloceros, etc. ). Ces extinctions ont coïncidé avec l'extension des populations de l'Homme de Cro-Magnon ou de ses premiers descendants très habiles dans l'usage du silex, du propulseur de sagaies, de l'arc, et peut-être de techniques de piégeage et d'empoisonnement.

En Europe de l'Ouest, à la fin du Moyen Âge, la plupart des grands mammifères (cerf, chevreuil, aurochs, bison, renne, etc.) étaient en régression, hormis dans les forêts royales et les zones reculées. Même les gens d'église pouvaient pratiquer la chasse comme le rappelle un parchemin du moine Abélard qui interdit aux moines qu'il a sous son autorité de chasser l'ours plus de deux jours par semaine. Un menu commun de banquet de Louis XIV pouvait comprendre 300 oursons farcis.

Après la révolution française qui a démocratisé la chasse, les grands mammifères chassés et les oiseaux ont encore fortement régressé, disparaissant de régions entières (ou totalement pour l'aurochs) et partout hors des zoos puis des anciennes forêts royales de Pologne.

En Amérique du Nord, l'utilisation généralisée des fusils a très rapidement provoqué la régression d'espèces telles que le bison des prairies et la disparition totale des pigeons migrateurs qui par vols de millions d'oiseaux pouvaient obscurcir le ciel et cacher le soleil il y a deux siècles à peine. L'abattage systématique des bisons était plus politique que du fait des chasseurs, dans le but avoué d'affamer les indiens.

Ce n'est qu'à partir des années 1960/1970 que suite aux réglementations, aux plans de chasse (instauré sur l'initiative des chasseurs), et à des réintroductions, et grâce à une alimentation artificielle dite « agrainage » que ces populations se sont reconstituées, sur des bases génétiques appauvries, et dans le cas du sanglier après croisements avec des cochons, mais non sans succès quantitatifs, parfois au point de faire d'importants dégâts dans les cultures ou dans les forêts surexploitées, posant des problèmes dits de déséquilibres sylvocynégétiques. Les populations humaines des régions tropicales et équatoriales, hormis sur les îles, ne semblent pas avoir fait disparaître d'espèces par la chasse, alors que les disparitions et régressions ont été très significatives dans les zones tempérées de l'hémisphère nord et en Australie.

À la fin du XXe siècle, dans plusieurs pays a émergé un courant en faveur d'une chasse écologiquement responsable, représenté par l'ANCER (très minoritaire) en France.

Fonctions de la chasse

Un chasseur avec son cerf

À l'origine, la chasse est une source de nourriture carnée mais aussi de ressources diverses telles que la peau, la fourrure, la corne, les bois, l'os, les tendons, les dents, etc. Dans les régions arctiques, pour les Inuits, c'était jusqu'à il y a quelques décennies la seule source de nourriture avec la pêche. La chasse a pu aussi avoir comme fonction de repousser ou d'éliminer des prédateurs dangereux pour l'homme, tels que le lion des cavernes ou l'ours des cavernes, qui ont pu être en compétition avec l'homme pour occuper certaines cavités ou y hiverner. Les prédateurs menaçant son cheptel domestique (loup, lion, tigre…) ont longtemps été pourchassés, souvent jusqu'à leur extinction dans les grandes régions d'élevage.

La chasse a également une importance rituelle ou initiatique pour les jeunes adultes, comme c'est encore le cas chez certaines groupes humains. Pour être reconnu comme adulte, le jeune Inuit devait affronter et tuer un ours blanc adulte avec un couteau ou un poinçon[réf. nécessaire].

Avec la révolution néolithique et l'avènement de l'élevage, hormis dans les forêts tropicales et dans les régions polaires, la chasse pour la subsistance a beaucoup perdu en importance. Elle s'est peu à peu transformée en activité de loisir mais reste toujours incontournable en ce qui concerne la régulation d'herbivores en l'absence de prédateurs naturels. Souvent réservée aux classes dominantes (la noblesse, puis les notables en Europe) avant de se démocratiser, après la Révolution en France, retrouvant parfois sa fonction originelle dans les périodes de disette.

À la fin du XXe siècle, en Occident, le monde de la chasse tente de faire comprendre à la mouvance écologiste la fonction de régulation des populations animales herbivores, en remplacement des grands prédateurs disparus ou devenus rares, notamment dans les régions fortement anthropisées. Ses fonctions écologiques s'étendent aussi à la préservation d'espèces menacées par les activités humaines, comme le petit tétras dans les Alpes, et au développement d'espèces autrefois chassées de façon aléatoire. Le tir sélectif a ainsi fait ses preuves pour une gestion restauratrice de populations de cerfs ou de quelques espèces emblématiques comme le chamois ; les plans de chasse ont dynamisé les populations de sanglier à des niveaux souvent trop importants dans certaines régions, ce qui pose des problèmes quant au financement de l'indemnisation des agriculteurs victimes de dégâts.

En revanche, de nombreux territoires ont recours à des lâcher de gibier de tir, qui affaiblissent considérablement les populations existantes quand celles-ci n'ont pas déjà disparu du fait de la dégradation de leurs milieux et de la prolifération d'espèces classées nuisibles comme la corneille noire. Les lâcher de gibier de tir sont donc à proscrire, au profit de véritables politiques de restauration des milieux, seules capables de permettre un retour des espèces sensibles comme les perdrix, le lapin ou le lièvre, voire d'espèces protégées comme le râle des genêts ou l'outarde canepetière.

Pour certains opposants, la fonction de régulation écologique de la chasse reste très discutée, car la sélection naturelle pratiquée par les grands prédateurs qui pistent et tuent préférentiellement les animaux jeunes et inexpérimentés, mal-formés, vieux et malades, n’est que rarement comparable dans ses effets aux résultats du tir au fusil, en particulier pour la chasse de nuit (oiseaux d’eau) qui ne permet pas de distinguer l’état des oiseaux ni même d’identifier avec certitude toutes les espèces, ou concernant une multitude d’espèces non chassées par l’homme (souris, mulots et autres campagnols, par exemple) qui sont les principales proies du loup, du renard, etc., longtemps empoisonnés ou piégés en tant que concurrents de l'homme, mais que le chasseur semble difficilement pouvoir remplacer. De plus, certaines études laissent penser que les déplacements de chiens et d'espèces gibier ou certaines introductions de gibiers ont des impacts sanitaires importants sur les populations sauvages : zoonoses, parasites, appauvrissement ou dérives génétiques, pollution génétique par introduction d’animaux exotiques, d’élevages, ou issus de croisements et marronnage.

Un autre problème est l'utilisation massive et encore préférentielle de munitions toxiques (au plomb) contenant des amorces composées de métaux lourds. Ce plomb est notamment à l'origine d'un problème grave et avéré de saturnisme aviaire malgré une évolution vers la substitution des cartouches au plomb par des munitions moins toxiques depuis les années 1980 dans certains pays et pour certains types de chasse. Dans plusieurs pays, la chasse avec des cartouches de plomb est interdite sur toutes les zones humides (étangs, rivières, marais, littoral…) ; les chasseurs ont l'obligation, dans ces zones, d'utiliser des cartouches de billes d'acier, ou d'alliages à base de bismuth ou de tungstène.

Chasse et santé

Le chasseur est plus exposé que la moyenne à plusieurs risques sanitaires, notamment dans certaines régions à risque, s'il dépèce lui-même et sans précaution son gibier, s'il ingère une viande mal cuite (trichinose), s'il pratique des modes de chasse où l'on est couché au sol, en forêt. Le contact avec l'animal ou avec des chiens infectés est également une source de risques sanitaires.

Les principaux risques sont :

Notes

  1. [PDF] Codex alimentarius.
  2. Binford, L.R. (1981) - Bones : ancient men modern myths, New York, Academic Press.
  3. Brain, C.K. (1981) - The Hunters or the hunted ? An introduction to African cave taphonomy, Chicago, University of Chicago Press, 365 p.
  4. Shipman, P. (1986) - « Scavenging or hunting in early hominids : theoretical framework and tests », American Anthropologist, 88, pp. 27-43.
  5. Joulian, F. (1993) - « Chasse, "charognage" et hominisation », Préhistoire Anthropologie Méditerranéennes, 1993, pp. 7-14.
  6. Brugal, J-P. et Jaubert, J. (1991) - « Les gisements paléontologiques pléistocènes à indices de fréquentation humaine : un nouveau type de comportement de prédation ? », Paléo, n° 3, pp. 15-41.
  7. Jaubert, J., Kervazo, B., Brugal, J.-Ph., Chalard, P., Falguères, Ch., Jarry, M., Jeannet, M., Lemorini, C., Louchart, A., Maksud, F., Mourre, V., Quinif, Y. et Thiébaut, C. (2005) - « Coudoulous I (Tour-de-Faure, Lot), site du Pléistocène moyen en Quercy. Bilan pluridisciplinaire », in: Données récentes sur les modalités de peuplement et sur le cadre chronostratigraphique, géologique et paléogéographique des industries du Paléolithique inférieur et moyen en Europe, Molines, N., Moncel, M.-H. et Monnier, J.-L., (Éds.), BAR International Series 1364, Actes du Colloque International de Rennes, 22-25 septembre 2003, pp. 227-251.
  8. Jaubert, J., Lorblanchet, M., Laville, H., Slott-Moller, R., Turq, A. et Brugal, J.-Ph. (1990) - Les chasseurs d'Aurochs de La Borde - un site du Paléolithique moyen (Livernon, Lot), Paris, MSH, Documents d'Archéologie Française n° 27, 157 p.
  9. Farizy, C., David, F. et Jaubert, J. (1994) - Hommes et bisons du Paléolithique moyen à Mauran (Haute-Garonne), Paris, CNRS, XXXe supplément à Gallia Préhistoire, 267 p.
  10. Isaac, G.L. (1968) - « Traces of Pleistocene hunters : an East African example », in: Man the hunter, Lee, R.B. et Devore, I., (Éds.), Chicago, Aldine, pp. 253-61.
  11. a, b et c Andrée Corvol, Histoire de la chasse, éditeur Perrin, 2010
  12. D'où le dicton : « Au sanglier, blessure de barbier, au cerf blessure de bière »
  13. Nombre de chasseurs en fonction des pays et superficie de chasse, Univers Nature
  14. Recensement des chasseurs en Europe, FACE-Fédération des associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l'UE
  15. Annie Charlez, La chasse à l'arc évolue [PDF], Faune sauvage n°283, janvier 2009
  16. Décret n° 2010-603 du 4 juin 2010 créant une contravention pour obstruction à un acte de chasse
  17. Accidents de chasse, Ligue ROC. Consulté le 31 août 2011

Voir aussi

Bibliographie

  • Collectif sous la direction de Dominique Venner, La chasse, dernier refuge du sauvage, Musée de la chasse et de la nature, 2007 (ISBN 978-2-7089-0242-8)
  • J.-L. de Waziers, La chasse. Fusils, chiens et gibiers, Coll. Chasse et Pêche, Paris, Flammarion, 1967, 281p.
  • P.L. Duchartre, La Chasse, NRF la Galerie Pittoresque. Gallimard 1958. 126 gravures.
  • Jacques du Fouilloux, La Vénerie', 1573. Fac-similé : Éditions Roger Dacosta, Paris, 1979.
  • Gérard Henrotin, Les fusils de chasse à percussion et à broche expliqués" , Editions H&L HLebooks.com - 2010
  • Paul Cunisset-Carnot
    • Du Lièvre (1888)
    • Flâneries d'un chasseur (1905)
    • La Chasse à tir (1911)
    • Pour les chasseurs. Faites bien vos cartouches ! Calmez vos nerfs ! (1908)

Articles connexes

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  • châsse — CHÂSSE. sub. f. (La prem. syllabe est longue.) Sorte de caisse, de coffre où l on garde les reliques de quelque Saint. Châsse de bois doré, d argent, d or. Châsse enrichie de pierreries. La châsse d un tel Saint. On a descendu la châsse de Sainte …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798


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